Latest / Le Slow Tour / #4 - Le caviar d'Aquitaine l'excellence au service du territoire avec Michel Berthommier
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- 0:04Je m'appelle Michel Bertomier,
- 0:06j'ai 54 ans,
- 0:08je suis éleveur d'esturgeons et producteur de caviar depuis
- 0:1230 ans au Teche,
- 0:16sur les bords du bassin d'Arcachon,
- 0:18dans une pisciculture qui maîtrise la production de cet animal depuis l'éclosion,
- 0:26même depuis la génétique,
- 0:27depuis la reproduction,
- 0:30jusqu'à l'élaboration du caviar.
- 0:33Alors je n'ai pas créé l'entreprise.
- 0:34L'entreprise,
- 0:35je l'ai reprise en 1999.
- 0:37Elle avait été créée par un marieur d'Arcachon en 1991 et très fortement aidée par,
- 0:43en tout cas incitée par les pouvoirs publics de l'époque parce qu'il y avait un intérêt pour les élus à installer dans une zone où l'activité était quand même essentiellement liée au tourisme,
- 0:55d'y installer une activité permanente autour de...
- 1:01d'un certain patrimoine et entre autres de l'eau chaude qui jaillit ici naturellement à proximité du bassin d'Arcachon.
- 1:11L'entreprise aujourd'hui c'est 20 personnes,
- 1:14dont
- 1:1513 à 14 personnes au niveau de la production et le reste pour la partie administrative,
- 1:22comptable et commerciale.
- 1:25Le liste urgenaire,
- 1:26c'est un peu plus de 3 millions d'euros de chiffre d'affaires entre 3 et 3,5 suivant les années,
- 1:31très variable parce que c'est intimement lié à la production du caviar.
- 1:36Malheureusement,
- 1:37on ne sait jamais en début d'année ce qu'on va produire en fin d'année.
- 1:41On a des années qui sont plutôt plus abondantes que d'autres.
- 1:45La moyenne se situe quelque part autour de 3 millions,
- 1:483 millions,
- 1:493.
- 1:50D'abord,
- 1:51le bassin caspien qui était la source principale d'esturgeon et de la production de caviar jusque dans les années
- 1:572000, le bassin caspien a disparu.
- 1:59Il y a un moratoire en 2008 qui fait que le commerce de caviar issu de poissons sauvages est interdit.
- 2:07Donc malheureusement,
- 2:09aujourd'hui,
- 2:1030 ans après,
- 2:12un certain nombre de personnes ou de consommateurs pensent
- 2:16que le caviar provient encore de cette source-là,
- 2:19mais ça n'existe plus.
- 2:20Ça,
- 2:20il faut le dire,
- 2:21il faut le redire,
- 2:22il faut le marteler.
- 2:23Aujourd'hui,
- 2:24100%
- 2:24du caviar qui est proposé et qui est disponible sur le marché provient de fermes d'élevage du type de celle-ci.
- 2:30C'est vraiment l'avenir de cette production.
- 2:33Alors le béluga,
- 2:34c'est un poisson qui vivait et qu'on trouvait dans la mer Caspienne.
- 2:37C'est un poisson qui est élevé aujourd'hui.
- 2:39On en a quelques-uns.
- 2:42Quelques spécimens ici dans la pisciculture,
- 2:44c'est un gros poisson,
- 2:45c'est dans la famille des esturgeons ce poisson qui a la capacité à croître la plus forte.
- 2:53Pas mal de problèmes pour la manutention,
- 2:54notamment quand on vise l'objectif de production du caviar.
- 2:59Son cycle est beaucoup plus long que la plupart des autres esturgeons,
- 3:02on parle d'un cycle de 20 à 25 ans.
- 3:05Et que là,
- 3:06pour le coup,
- 3:06on est avec les aléas que ça représente.
- 3:08On est vraiment dans une notion de rentabilité qui est plus que difficile à obtenir.
- 3:13Donc on trouve du caviar de beluga,
- 3:16en tout cas c'est proposé ainsi,
- 3:19issu de poissons élevés,
- 3:21mais les élevages sont plutôt en Bulgarie,
- 3:24en Italie et dans certains autres pays du reste de l'Europe.
- 3:28En France en tout cas il n'y en a pas ou peu.
- 3:30Et à nouveau l'objectif,
- 3:35la qualité...
- 3:36du produit final n'est pas forcément celle qu'on trouvait dans le bassin Caspien.
- 3:42Donc le jeu,
- 3:44à mon sens,
- 3:47ne vaut pas le coup,
- 3:48compte tenu des risques et de la durée du cycle.
- 3:51Le poisson sauvage,
- 3:53qui est celui d'origine,
- 3:56celui sur lequel toute l'histoire s'accroche,
- 3:59puisque,
- 3:59répétons-le,
- 4:02l'esturgeon,
- 4:02ce n'est pas uniquement le bassin Caspien,
- 4:04mais il y avait ici
- 4:06Un animal sauvage,
- 4:07les surgeons européens qui vivaient à la fin du
- 4:1319e et au début du 20e,
- 4:15qui était pêché,
- 4:16dont la chair était consommée,
- 4:18valorisée par les familles de pêcheurs,
- 4:20et le caviar était élaboré et généralement consommé plutôt à Paris.
- 4:26Mais cet animal sauvage existe,
- 4:28existait et existe.
- 4:29Aujourd'hui,
- 4:31il n'est plus autorisé à la capture et naturellement...
- 4:36pour tout type d'exploitation.
- 4:38Il est parfaitement protégé.
- 4:40Mais le poisson que nous élevons dans nos bassins et son cousin,
- 4:44c'est un autre esturgeon,
- 4:45l'espèce sibérienne,
- 4:48et qui a véritablement emprunté toutes les techniques,
- 4:53tout ce qui avait été mis au point sur la préparation et l'élaboration du caviar.
- 5:00Notre but,
- 5:00évidemment,
- 5:01un jour,
- 5:03c'est d'imaginer que nous aurons accès à cet esturgeon européen pour pouvoir faire exactement ce qu'on a fait avec l'esturgeon sibérien.
- 5:13Aujourd'hui,
- 5:14si les espèces dont on parle,
- 5:16que ce soit l'espèce sibérienne,
- 5:17que ce soit l'osciètre,
- 5:19mais d'autres encore,
- 5:20le transmontanus,
- 5:21si toutes ces espèces aujourd'hui sont considérées comme sauvées et même si elles restent et demeurent protégées,
- 5:27ne sont en tout cas plus au niveau de menaces.
- 5:30qui était le leurre il y a un certain nombre d'années,
- 5:32c'est bien,
- 5:33bel et bien grâce à l'élevage.
- 5:35Maintenant,
- 5:37il est vrai que c'est un marché et c'est un produit qui est assez méconnu pour tout un tas de raisons et que la réflexion qui a été la nôtre en France,
- 5:48puisqu'on a été les pionniers,
- 5:49on a été les premiers à mettre au point la reproduction artificielle d'abord et puis ensuite l'élevage de l'esturgeon.
- 5:58La réflexion qui nous est venue,
- 5:59c'est de dire qu'il faut qu'on ait une démarche qui puisse rassurer nos clients,
- 6:05rassurer le consommateur,
- 6:07lui expliquer ce qu'on fait étape par étape et naturellement qu'il puisse aussi lui apporter toutes les garanties que le produit qu'il va acheter est un produit de qualité correspondant aux critères d'un caviar de qualité.
- 6:21Et ça a été l'origine de la démarche de caviar d'Aquitaine en 2012 avec trois de mes collègues.
- 6:28Et notre but était de conduire toute cette réflexion pour aboutir à un label d'identification géographique protégée.
- 6:38C'est ce que nous avons réussi à obtenir 13 ans après,
- 6:41donc cette année,
- 6:43en 2025,
- 6:45au printemps 2025,
- 6:46puisque ça date du Salon d'agriculture 2025.
- 6:49Et donc la première campagne de commercialisation sous signe officiel de qualité
- 6:55IGP Caviar d'Aquitaine,
- 6:56c'est en ce moment même.
- 6:58à l'automne 2025.
- 7:01Et cette démarche,
- 7:01elle vise vraiment,
- 7:03au même titre que d'autres produits pour un label qui est bien connu des Européens,
- 7:08vise vraiment à rassurer.
- 7:10Ce label d'IGP,
- 7:11on le trouve sur les vins,
- 7:12on le trouve sur un certain nombre de produits,
- 7:14sur des foie gras,
- 7:15on le trouve sur des huîtres,
- 7:16on le trouve sur de la noix,
- 7:18on le trouve sur un certain nombre de produits à nouveau.
- 7:23Et on est vraiment là.
- 7:24À la fois sur quelque chose de contrôlé,
- 7:26puisque c'est complètement l'émanation d'un signe officiel,
- 7:32donc public,
- 7:33contrôlé par les services de l'État de qualité,
- 7:37d'une part.
- 7:38Et d'autre part,
- 7:39et ça,
- 7:40c'est le cahier des charges de Caverd-Aquitaine qui l'a voulu ainsi,
- 7:43aller jusque au plus près des consommateurs,
- 7:46puisque nous avons prévu une dégustation par un panel d'experts qui sont tout à fait indépendants.
- 7:53Et qui,
- 7:54au gré de prélèvements tout à fait aléatoires et inopinés,
- 7:59viennent confirmer que tout ce travail autour de Caverne d'Aquitaine correspond bien à un produit de qualité disponible sous ce référentiel et ce petit logo que tout le monde connaît,
- 8:13identification géographique protégée,
- 8:16et qui apporte véritablement pour un produit à nouveau...
- 8:21peu connus et avec peu de références,
- 8:24qui apporte véritablement l'assurance et la certitude pour le consommateur qu'il est en présence de quelque chose de qualité.
- 8:32La pisciculture a été faite à cet endroit-là parce que la lair était à proximité,
- 8:38parce que la source d'eau chaude existait et que les bœufs avaient un intérêt commun pour l'élevage des poissons et en particulier l'élevage des poissons.
- 8:49à cycle long.
- 8:50Ça aussi,
- 8:51c'est une spécificité de l'esturgeonnière.
- 8:52D'abord,
- 8:53toutes les étapes se font sur le même site.
- 8:57À ma connaissance,
- 8:58ça n'existe pas ailleurs en France.
- 9:01Donc,
- 9:01on a la partie amont,
- 9:03les closeries,
- 9:04avec des géniteurs qui sont sélectionnés en fonction d'un programme qu'on a mis en place,
- 9:09notamment avec Inrae,
- 9:10depuis un certain nombre d'années,
- 9:12qui vise à améliorer l'espèce et le résultat final.
- 9:16Chaque année...
- 9:17Donc on fait naître la génération nouvelle puisque pour le moment on ne sait pas récolter le caviar sans sacrifier l'animal.
- 9:24Donc on fait naître des mâles et des femelles.
- 9:26Ces mâles et ces femelles vont passer leur premier été dans les installations d'écloserie,
- 9:32d'abord à l'intérieur du bâtiment pour les questions de prédation,
- 9:34puis ensuite on les sort dans la partie extérieure quand la taille est suffisante.
- 9:40Et à l'issue du premier été,
- 9:42ces poissons qui...
- 9:44feront entre 50 et 80 grammes,
- 9:46seront transférés dans les bassins d'élevage.
- 9:49D'abord,
- 9:50une première série de bassins.
- 9:52de petite taille.
- 9:53Ces poissons mâles et femelles vont séjourner en général pendant deux ans dans cette partie dite de pré-grossissement et à partir de deux ans donc on réalisera une première opération importante où on va trier les mâles des femelles et
- 10:09grâce aux ultrasons,
- 10:11donc grâce à un examen échographique et donc les mâles sont destinés
- 10:18à être vendu et à quitter la pisciculture assez rapidement.
- 10:21Le but étant de valoriser la chair,
- 10:24c'est le métier d'origine historique de l'éleveur d'esturgeons,
- 10:29puisqu'au départ on a commencé à élever des esturgeons pour valoriser la chair et non pas pour le caviar.
- 10:35Et puis ensuite,
- 10:37les femelles vont suivre un chemin différent,
- 10:40puisqu'elles vont être conservées,
- 10:41gardées ici,
- 10:42marquées individuellement,
- 10:44et ensuite suivi très régulièrement.
- 10:48pour leur croissance et le grossissement.
- 10:52Et puis ensuite,
- 10:52à partir de la sixième,
- 10:53septième année,
- 10:55réexamen par échographie pour vérifier la taille des grains et l'évolution convenable de la gonade.
- 11:02Et puis c'est à nouveau un examen échographique qui permettra de faire la sélection des poissons pour la production du caviar.
- 11:10Donc ça,
- 11:12dans le meilleur des cas,
- 11:12ça dure sept ans pour les poissons les plus précoces,
- 11:15et ça peut aller jusqu'à onze ans.
- 11:17Bien souvent,
- 11:19la question de la densité est évoquée comme étant un élément absolu de qualité.
- 11:25La densité,
- 11:26c'est un élément relatif qui ne s'apprécie que par rapport à d'autres éléments.
- 11:31Si vous parlez uniquement de densité sans parler par exemple de circulation d'eau ou de renouvellement,
- 11:37ça n'a aucun sens.
- 11:38Ici,
- 11:38on a des bassins qui font à peu près
- 11:41200 m3.
- 11:43On a un renouvellement de l'eau à chaque heure.
- 11:48Et donc on a une qualité qui est entretenue en permanence pour ces poissons qui est parfaitement optimale.
- 11:55Il y a rien là ?
- 11:55Donc les poissons,
- 12:07une fois qu'on a prélevé le calyre,
- 12:10sont vidés sur la table en face et mis en centre de poids.
- 12:17Pour la valorisation de la chair,
- 12:19c'est-à-dire soit d'avant,
- 12:20comme ça,
- 12:21en collis serré,
- 12:23soit en filet.
- 12:25Et on continue évidemment à valoriser la chair.
- 12:43Donc derrière on tamise,
- 12:45opération à rempour,
- 12:48on rince,
- 12:49on sale.
- 13:12C'est vraiment à ce stade que le produit devient...
- 13:17Avant c'était assez neutre,
- 13:22c'était vraiment le sel qui apporte le bon et les saveurs.
- 13:31Là ça va se sécouter,
- 13:31ça sera mis en boîte au moment où les parties,
- 13:35le fumat,
- 13:40le gaz,
- 13:40on est dans la bonne humilité.
- 13:41Chaque haut qui arrive dans la pièce va recevoir tout un tas d'informations et de notes et en contre le diamètre.
- 13:5310,
- 13:5320,
- 13:5430,
- 13:5550,
- 13:56100,
- 13:56125,
- 13:57200,
- 13:57250,
- 13:58500.
- 14:26C'est un marché qui est un marché très exportateur.
- 14:31Le marché du caviar,
- 14:32c'est un marché qui est complètement mondial.
- 14:33C'est un produit qui voyage très bien,
- 14:35qui part d'ici un matin et qui est à Singapour le lendemain matin.
- 14:41On a à peu près la moitié de nos clients qui sont à l'étranger et principalement au grand export,
- 14:47avec notamment un marché important aux États-Unis.
- 14:52mais pas que,
- 14:52pas mal de clients également en Asie et un peu partout sur la planète.
- 14:57Donc ça,
- 14:57c'est vraiment une de ses caractéristiques.
- 14:59Le caviar français,
- 15:00caviar d'Aquitaine,
- 15:03s'exporte très fortement.
- 15:04Le marché français représentant quand même évidemment à peu près l'autre moitié.
- 15:09Alors le marché français,
- 15:11c'est d'abord un marché saisonnier,
- 15:13très saisonnier.
- 15:14Ça,
- 15:14c'est une de ses caractéristiques.
- 15:16les autres marchés dans les autres pays du monde sont aussi...
- 15:21un peu centré sur la période de la fin de l'année,
- 15:23sur Noël en particulier,
- 15:26mais moins qu'en France.
- 15:27En France,
- 15:27c'est vraiment très très marqué Noël.
- 15:29Le mois de décembre,
- 15:29c'est le plus gros mois et de très loin de l'année.
- 15:33Donc les clients sont,
- 15:36à cette époque de l'année,
- 15:38pour beaucoup des particuliers.
- 15:41Ça peut être pour nous des professionnels qui vont revendre du type épicerie ou...
- 15:48caves,
- 15:48poissonneries,
- 15:49etc.,
- 15:49mais qui ont évidemment l'objectif de revendre à des particuliers.
- 15:52Ça peut être des particuliers en direct.
- 15:54La partie de la restauration,
- 15:56elle,
- 15:57quant à elle,
- 15:57est évidemment beaucoup moins saisonnière,
- 16:00parce que la définition dans un restaurant,
- 16:02c'est qu'on peut proposer les produits,
- 16:04à partir du moment où ils sont disponibles,
- 16:06on peut les proposer un peu n'importe quand.
- 16:09Bon,
- 16:10malheureusement,
- 16:11ou enfin en tout cas,
- 16:12c'est un fait chez nous.
- 16:14La proportion de la clientèle de restaurant a eu tendance ces dernières années à baisser,
- 16:21ce qui nous a amené à la remplacer par d'autres profils de clientèle.
- 16:26Néanmoins,
- 16:27la restauration reste un objectif important et que nous poursuivons pour la vente de caviar.
- 16:34La restauration,
- 16:35ça a été pour nous jusqu'à 30-40%.
- 16:38Aujourd'hui,
- 16:39on est plus aux alentours de 10%.
- 16:42Le particulier étant aux alentours d'entre 15 et 20%.
- 16:47Et ensuite,
- 16:48on a tout le réseau de professionnels,
- 16:51de revente,
- 16:53un peu de grande distribution.
- 16:55La grande distribution est devenue l'acteur,
- 16:56en tout cas en Europe et en France,
- 16:59est devenue l'acteur majeur en termes de distribution de caviar.
- 17:03Et puis les exportations dont je parlais tout à l'heure.
- 17:07On nous trouve dans un certain...
- 17:09D'abord,
- 17:09on nous trouve chez nous.
- 17:11On insiste lourdement auprès des clients pour que,
- 17:16si effectivement c'est ce produit qu'ils veulent,
- 17:18qu'ils viennent le chercher ici.
- 17:20On expédie évidemment tous les jours,
- 17:22donc il n'y a pas besoin physiquement,
- 17:23on est ravis d'accueillir les gens,
- 17:25pas besoin physiquement de passer à la pisciculture.
- 17:27La cavière,
- 17:27ça voyage très bien en 24 heures.
- 17:29Vous passez une commande un jour,
- 17:31vous recevez votre cavière le lendemain.
- 17:33Mais on est aussi distribué dans un réseau d'épiceries fines,
- 17:37de poissonneries,
- 17:39de caves.
- 17:40Tous les produits,
- 17:42tous les commerces où on est susceptible de trouver des produits fins.
- 17:47Dans une période qui va grosso modo de Pâques à la Toussaint,
- 17:50correspond au moins les plus favorables,
- 17:53on reçoit ici un jour,
- 17:55deux jours,
- 17:55parfois trois jours par semaine,
- 17:56des groupes constitués ou pas,
- 18:00des particuliers qui viennent visiter la pisciculture.
- 18:02Ça dure une heure et demie à peu près.
- 18:04Expérience donc sur le terrain où on réexplique chaque étape.
- 18:09de l'élevage et puis donc une partie audiovisuelle dans le bâtiment avec évidemment une dégustation de caviar qui vient couronner l'ensemble de la visite.
- 18:23C'est important parce que dans l'esprit,
- 18:26alors d'abord c'est un produit qui reste quand même un produit consommé par une petite partie de la population,
- 18:33bien souvent par méconnaissance.
- 18:36Il y a beaucoup de gens qui se disent que c'est un produit qui a un certain prix,
- 18:39donc je ne suis pas sûr de l'aimer,
- 18:40je ne suis pas certain de le comprendre,
- 18:42donc par prudence,
- 18:44je n'en rends pas.
- 18:45Donc nous,
- 18:46on essaye au contraire,
- 18:47un peu à l'image de ce qui s'est fait pour le vin il y a une trentaine d'années,
- 18:51on essaye au contraire d'attirer les gens et de les faire venir à la dégustation du caviar,
- 18:54en leur expliquant qu'il y a un tas de choses qui sont assez communes à la dégustation du vin,
- 19:00en leur expliquant qu'il n'y a pas besoin d'être expert pour pouvoir apprécier ce produit.
- 19:04et en leur faisant comprendre un peu chaque étape,
- 19:07comme étant un métier agricole au même titre que d'autres,
- 19:13et d'élevage,
- 19:14et donnant ce produit comme on pourrait en récolter d'autres.
- 19:21C'est plutôt sur la filière piscéaqua,
- 19:23il y a pas mal de lycées en France qui proposent des formations de
- 19:30CAP ou BTS.
- 19:32ou BTA,
- 19:34AQUA,
- 19:36on est plutôt bien doté de ce côté-là.
- 19:39Le ministère de l'Agriculture qui est en charge de tout ça est plutôt très à l'œuvre dans ces métiers.
- 19:47On n'a pas trop de difficultés de recrutement,
- 19:50pas mal de jeunes.
- 19:52Bon,
- 19:52c'est des métiers durs,
- 19:53donc beaucoup de gens passent et n'y restent pas.
- 20:00En tout cas,
- 20:01en général...
- 20:03Quand on a un collaborateur qui vient chez nous,
- 20:07c'est généralement parce qu'il y a déjà bien réfléchi et qu'il est passionné par le métier.
- 20:12En fait,
- 20:12on vient rarement par hasard à la pisciculture.
- 20:17Il n'y a pas de gens ici qui viennent en disant « Tiens,
- 20:19je ne sais pas trop quoi faire,
- 20:20la pisciculture,
- 20:21il faut que je le voie,
- 20:21c'est peut-être pas mal. »
- 20:22En général,
- 20:24ce sont des gens qui ont connu,
- 20:26qui peuvent venir de l'ostriculture,
- 20:28qui peuvent venir de la pêche.
- 20:30mais qui savent ce que c'est que de travailler à l'extérieur dans des conditions qui,
- 20:34parfois,
- 20:34sont quand même assez difficiles.
- 20:38Bon,
- 20:38la question relative au climat est évidemment une question centrale.
- 20:43On constate depuis qu'on est installé,
- 20:45c'est-à-dire depuis le début des années 90,
- 20:49et que l'on a les relevés,
- 20:49on constate qu'il y a une évolution lente mais rapide de la température de l'eau,
- 20:55que les périodes estivales de haute température et surtout de périodes de sécheresse sont de plus en plus intenses et de plus en plus longues.
- 21:05donc ça
- 21:06Ça contrarie incontestablement l'élevage de l'esturgeon.
- 21:09On est obligé de travailler de plus en plus sur,
- 21:12notamment,
- 21:14de la vaccination,
- 21:15de la protection contre un certain nombre de pathologies en renforçant l'immunité naturelle de nos animaux.
- 21:22Donc on essaye en permanence d'avoir un coup d'avance sur ce que risquent de nous apporter ces modifications du climat et de la température,
- 21:30sur ces durées d'ensoleillement qui ont tendance à s'allonger.
- 21:35mais bon c'est parfois et même assez souvent une course contre la montre.
- 21:40Donc ça c'est un enjeu important.
- 21:45Il y a des enjeux évidemment environnementaux.
- 21:48On vit dans un cadre qui est quand même un cadre assez exceptionnel où notre engagement est celui de ne pas impacter la ressource qui est la nôtre.
- 21:57Donc on travaille en permanence sur des systèmes qui nous permettent d'être
- 22:03et de travailler le plus proprement possible,
- 22:05non seulement de le dire,
- 22:06mais en plus,
- 22:07évidemment,
- 22:08de le prouver.
- 22:09L'énergie est aussi un sujet très important,
- 22:13puisqu'on consomme beaucoup d'électricité,
- 22:15notamment en raison de nos systèmes de filtration et de nos systèmes de recirculation.
- 22:24Cette énergie,
- 22:25on la produit de plus en plus.
- 22:27Il faudrait qu'on la produise encore un peu plus.
- 22:30On a un gros projet.
- 22:31de couverture de la totalité des bassins et d'une part pour limiter les problèmes de l'incidence du soleil en période d'été et limiter aussi l'accroissement de la température,
- 22:44nous permettant sans doute et également de mettre en place une centrale photovoltaïque qui équilibrera un peu mieux la consommation d'électricité de l'exploitation.
- 22:58Le marché il est...
- 23:00Il évolue très vite,
- 23:01beaucoup plus vite malheureusement que la durée du cycle,
- 23:04ce qui fait qu'en fait c'est très difficile de s'adapter à un marché qui évolue de manière radicale en 3-4 ans quand on a des poissons pour lesquels les cycles les plus courts sont plutôt de 7 à 8 ans.
- 23:20On essaye pour autant de se tenir au courant de ce qui se fait ailleurs à travers la planète.
- 23:25On essaye à nouveau au travers des labels,
- 23:30des certifications,
- 23:31de tout ce qu'on peut présenter de différenciant.
- 23:34La marque France et le bleu blanc rouge étant une valeur qui demeure extrêmement forte,
- 23:42notamment à l'export.
- 23:43Donc ce sont tous ces points qu'on essaye de mettre en avant,
- 23:48sachant que de toute façon on est évidemment sur le plan des coûts et de la production.
- 23:53loin d'être les mieux placés en Europe,
- 23:56mais aussi,
- 23:57et qui plus est,
- 23:59ailleurs dans le monde.
- 24:00Donc il faut qu'on se batte avec des éléments différents.
- 24:04Le caviar,
- 24:05c'est vrai que c'est un produit d'un certain prix,
- 24:09c'est un produit qui est assez connoté,
- 24:12ce que nous regrettons.
- 24:14C'est un produit qui aujourd'hui est consommé principalement par des...
- 24:22Un public qui a plus de 40 ans,
- 24:28donc il y a aussi une volonté,
- 24:29un enjeu d'essayer de rajeunir et de capter un jeune public,
- 24:34des picuriens,
- 24:35des gens qui recherchent plutôt des sensations gustatives intéressantes,
- 24:40des alliances,
- 24:41et on en fait de plus en plus avec notamment un certain nombre de vins,
- 24:45mais pas que.
- 24:50proposer ce type d'expérience soit
- 24:52au travers de cours de cuisine,
- 24:54soit au travers de dégustations qu'on peut faire ici ou ailleurs,
- 25:02pour véritablement affirmer,
- 25:04confirmer qu'on peut consommer du caviar à tout âge,
- 25:08qu'on peut consommer du caviar à toute époque de l'année.
- 25:11Ça aussi,
- 25:12c'est une idée qui voudrait que le caviar se consomme uniquement à Noël.
- 25:15En réalité,
- 25:16il s'en consomme effectivement à Noël,
- 25:18mais on peut en consommer...
- 25:19sans le moindre problème et sans le moindre risque tout au long de l'année.
- 25:24Donc ça,
- 25:24c'est un travail et un effort que l'on porte en permanence pour à la fois capter de nouvelles cibles de clientèle,
- 25:34mais aussi expliquer au travers des influenceurs,
- 25:38des réseaux,
- 25:39de tout ce qui peut être à notre disposition,
- 25:43que c'est une expérience unique et qu'il n'y a pas besoin non plus d'une très grande quantité de caviar
- 25:49pour éprouver une belle sensation.
- 25:52Donc c'est un plaisir qui peut se faire à partir de budgets tout à fait abordables.
- 25:58On voit qu'il y a pas mal d'influenceurs qui travaillent autour de la cuisine,
- 26:05des recettes de cuisine ou de la pratique de nouveaux ustensiles de cuisine.
- 26:11Donc c'est-à-dire qu'il y a un véritable public et un engouement autour de toutes ces choses-là et un engouement d'un public plutôt jeune,
- 26:2330 ans,
- 26:2430-40 ans.
- 26:25Donc nous,
- 26:26on est ravis et on veut cultiver évidemment notre clientèle de 40 ans et plus,
- 26:33mais on aimerait penser effectivement au renouvellement et attirer un public un peu plus jeune.
- 26:39Et incontestablement,
- 26:40les réseaux aujourd'hui sont incontournables et sont un bon support pour assurer cette promotion.
- 26:47La façon la plus simple de déguster le caverne,
- 26:49c'est vraiment très simplement...
- 26:51On peut l'associer à un autre produit très simple,
- 26:55ça peut être une pomme de terre,
- 26:56ça peut être simplement avec un peu de crème si on veut y apporter un côté un peu de douceur,
- 27:03mais ça peut être aussi et simplement à la cuillère.
- 27:07Mais en tout cas c'est un produit qui ne nécessite pas de préparation particulière et ou d'ingrédients ou de supports particuliers.
- 27:17Je crois qu'il y a une chance et une opportunité aujourd'hui.
- 27:20qui est celle du label de l'IGP,
- 27:24qui est véritablement,
- 27:26pour celui qui se lance,
- 27:28qui ne sait pas encore,
- 27:29qui est véritablement un repère et l'assurance d'être satisfait.
- 27:33Je crois que c'est plus vers ça qu'il faut aller.
- 27:36Il faut inciter aussi,
- 27:38et ça,
- 27:38je ne le redirai que trop,
- 27:40il faut inciter aussi les gens qui veulent consommer du caviar à se renseigner sur son origine.
- 27:48Dans le commerce,
- 27:49c'est une information qui est due au consommateur.
- 27:52Donc quand on achète ou quand on voit une boîte de caviar et que l'origine n'est pas clairement s'y pêler dessus,
- 27:58on doit exiger du commerçant qu'il étiquette et qu'il revendique clairement l'origine.
- 28:05Après,
- 28:05on fait son choix d'origine.
- 28:06Et je dirais que cette traçabilité,
- 28:10elle est encore beaucoup plus difficile,
- 28:12pour ne pas dire quasiment systématiquement absente,
- 28:15de la restauration.
- 28:16Et ça aussi...
- 28:17Je crois que c'est extrêmement important quand on a du caviar quelque part dans un menu ou dans une préparation ou chez un chef,
- 28:24on se doit de lui poser la question de savoir d'où vient le caviar.
- 28:27De la même manière qu'on lui poserait la question de savoir d'où vient sa viande,
- 28:30d'où vient son poisson ou d'où proviennent ses légumes.
- 28:33Et généralement,
- 28:33ils ont plus de facilité à communiquer les chefs sur leur maraîcher du coin ou sur leur boucher du coin.
- 28:42Il faut faire pareil avec le caviar.
- 28:44Le caviar,
- 28:45d'où vient-il ?
- 28:47Est-ce qu'il vient de France ?
- 28:49Est-ce qu'il vient du Sud-Ouest ?
- 28:50Est-ce qu'il vient d'ailleurs si ouidou ?
- 28:52Je crois que c'est véritablement comme ça qu'on fera progresser aussi sa connaissance et le produit.
- 28:58Il ne faut pas hésiter à poser des questions sur la traçabilité du produit.