Latest / Le Déclic | Podcast par Alec Henry / La Folie Douce : comment transformer une idée folle en 60M€ de chiffre d’affaires | Luc Reversade | Déclic 371
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- 0:00Depuis 2017,
- 0:01j'accompagne et côtoie des entrepreneurs à succès.
- 0:03Chaque rencontre est unique et permet d'identifier ce qui crée la réussite.
- 0:07Je suis Alec Henry,
- 0:08l'initiateur du mouvement Entrepreneurs.com et dans ce podcast,
- 0:11j'ai l'opportunité d'échanger avec des personnalités inspirantes qui ont su créer la différence.
- 0:16Avec Le Déclic,
- 0:17je vous offre une perspective unique afin que vous puissiez,
- 0:20à votre tour,
- 0:21faire la différence.
- 0:22Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode du podcast Le Déclic.
- 0:25Je suis avec Luc Reversat.
- 0:27Comment tu vas ?
- 0:27Très bien,
- 0:28ce matin,
- 0:28parfait.
- 0:29Magnifique.
- 0:30Merci d'être là avec nous.
- 0:31Tu es le fondateur de La Folie Douce.
- 0:34Rapidement,
- 0:34je te présente ta particularité,
- 0:36c'est d'avoir cassé les codes de la montagne en mélangeant deux univers qui ne se croisaient jamais forcément,
- 0:41la cuisine locale d'un côté et la fête de l'autre.
- 0:45On va en reparler justement parce qu'il y a bien plus que ça.
- 0:48Après avoir fait tes débuts chez Paul Bocuse,
- 0:50tu as eu un déclic,
- 0:51tu ne voulais pas rester…
- 0:52caché uniquement derrière les fourneaux.
- 0:54Tu voulais créer un vrai spectacle.
- 0:56En 1980,
- 0:57tu achètes un restaurant d'altitude sans eau courante.
- 0:59En 2007,
- 1:00tu lances officiellement le concept La Folie Douce en t'inspirant de l'énergie d'Ibiza notamment.
- 1:05Aujourd'hui,
- 1:05La Folie Douce,
- 1:06c'est 1000 collaborateurs,
- 1:078 destinations mythiques,
- 1:08Val d'Isère,
- 1:09Meribel,
- 1:10Avoria et d'autres.
- 1:12Un groupe qui sert jusqu'à 10 000 couverts par jour,
- 1:1515 000 clubbers quotidiens également.
- 1:17Une aventure
- 1:18100% familiale aussi où tu pilotes les opérations avec Corinne,
- 1:21ta femme
- 1:22tes fils Arthur et César.
- 1:24Dans cet épisode,
- 1:25on va comprendre comment créer un concept mondial et comment rester numéro 1 quand tout le monde essaie de vous copier.
- 1:31Bienvenue Luc sur Le Déclic.
- 1:33Très belle présentation.
- 1:35Merci.
- 1:36Rapidement,
- 1:37je commence par le commencement.
- 1:39Tes parents étaient directeurs d'école et tes frères et sœurs de hauts fonctionnaires.
- 1:42Toi,
- 1:43tu étais un petit peu le mouton noir si j'ose dire qui n'avait pas forcément envie
- 1:50de continuer dans les études.
- 1:51Comment est-ce que ce décalage a forgé ton envie de prouver que tu pouvais réussir autrement et t'as peut-être orienté vers l'entrepreneuriat ?
- 1:59Je vais déjà vous reprendre.
- 2:00J'ai essayé de travailler,
- 2:02de rejoindre mon frère et ma sœur au niveau de leurs études.
- 2:06Le problème,
- 2:07c'est que je ne savais pas à l'époque,
- 2:09je ne connaissais pas l'hyperactivité,
- 2:11je suis plus tard,
- 2:12mais même ma maman était hyperactive et moi je suis hyperactif,
- 2:18mon fils César est hyperactif.
- 2:19Alors,
- 2:19quand on sait qu'on est hyperactif,
- 2:21c'est plus facile parce que c'est un manque de concentration qui a fait que je me suis arrêté effectivement très tôt.
- 2:27Je n'ai pas dépassé la quatrième,
- 2:29mais j'avais la volonté de faire des études,
- 2:31mais je n'y arrivais pas.
- 2:32Voilà,
- 2:33c'est juste une petite parenthèse.
- 2:36C'est bien que tu le spécifies,
- 2:37c'est se connaître soi-même pour pouvoir ensuite avancer avec ses forces et comprendre aussi à quel égard peut-être on en a moins pour pouvoir derrière faire de grandes choses,
- 2:47chose que tu as fait.
- 2:49Et justement,
- 2:49un de tes premiers chocs professionnels,
- 2:51contredis-moi si je me trompe,
- 2:53mais c'est chez Paul Bocuse à 17 ans.
- 2:54Qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ?
- 2:57Ce qui s'est passé,
- 2:58c'est que je voulais être cuisinier,
- 3:01que j'avais fait l'école hôtelière avec des jeunes dont les parents étaient étoilés michelins.
- 3:10Et le problème,
- 3:11c'est qu'on a tous été virés en même temps de l'école hôtelière de Grenoble.
- 3:14Donc ça nous a...
- 3:17conforté,
- 3:17bien sûr qu'à l'époque les parents n'étaient pas très contents.
- 3:20Mais moi j'étais le seul dont les parents n'étaient pas professionnels avec Jean-Paul Lacombe et d'autres qui avaient à l'époque Léon Delion,
- 3:29etc.
- 3:30Et puis Georges Blanc.
- 3:46des cheveux longs,
- 3:51des caleçons renommés,
- 3:53des chemises à fleurs Antoine etc.
- 3:55Et il se trouve que j'ai eu après la première année chez
- 4:00Paul, j'ai eu un accident de moto et ma maman m'avait acheté à l'époque une perruque parce que Paul Bocuse nous obligeait d'aller chez le coiffeur toutes les semaines à Colonge au Mont-Dor et on était rasé.
- 4:15Et le problème,
- 4:16c'est que j'avais
- 4:1817 ans et un peu peut-être,
- 4:21on va dire,
- 4:21comme tout le monde le fait aux fesses à cette époque-là.
- 4:25Et je n'avais aucun succès,
- 4:27bien sûr,
- 4:28avec les jeunes filles,
- 4:29vous le comprenez bien,
- 4:29en étant rasé,
- 4:30alors que tout le monde avait les cheveux longs.
- 4:32Donc pour rester chez Bocuse,
- 4:35j'avais dit à ma mère,
- 4:36écoute,
- 4:36tu m'achètes une perruque à Noël parce que sinon je vais partir,
- 4:39je ne peux pas rester comme ça.
- 4:40Elle m'a acheté une perruque pendant cet accident de moto.
- 4:44Ma perruque a disparu sous la voiture.
- 4:47J'étais bloqué,
- 4:48j'avais le genou bien sûr cassé.
- 4:54On est allé à l'hôpital,
- 4:55et à l'hôpital bien sûr,
- 4:56il a fallu,
- 4:58j'avais récupéré entre temps ma perruque,
- 5:00il a fallu avant l'opération que je l'enlève,
- 5:03et puis que j'enlève mon caleçon Ronoma,
- 5:05c'est un caleçon Ronoma à fleurs,
- 5:06etc.
- 5:08Et il se trouve que le chirurgien qui m'a opéré connaissait bien Paul Bocuse,
- 5:11et quand je suis sorti après trois semaines de l'hôpital,
- 5:17il se trouve que quand je suis,
- 5:19et après j'ai eu un mois de convalescence à la maison,
- 5:24Quand je suis revenu chez Paul Bocuse,
- 5:26il m'a dit « mais tu ne reviens pas chez moi ? »
- 5:29Je lui ai dit « mais pourquoi
- 5:30Paul ? »
- 5:31Et Paul m'a dit « je ne veux pas de pédés dans ma cuisine » .
- 5:34À cette époque-là,
- 5:35c'était comme ça.
- 5:37Et donc j'ai dit « mais non,
- 5:38je ne tue pas un pédé » .
- 5:39Enfin,
- 5:39ça a été une histoire invraisemblable.
- 5:42Mon père est venu,
- 5:42il ne voulait pas le croire.
- 5:44Et bien sûr,
- 5:46je n'ai pas pu continuer chez Paul Bocuse à cause de ça.
- 5:49Et en plus de ça,
- 5:50mon père m'a...
- 5:53m'a mis ce qu'on appelait à l'époque une dérouillée,
- 5:57et je ne suis plus revenu à la maison pendant deux ans.
- 5:59Voilà la petite anecdote de Paul Bocuse,
- 6:01comment ça s'est fini.
- 6:02Mais effectivement,
- 6:03j'aurais bien aimé continuer en cuisine.
- 6:06Je ne sais pas si j'aurais été à la hauteur des étoiles actuelles.
- 6:10Mais voilà,
- 6:11ma formation en cuisine a été plutôt écourtée.
- 6:15Et comment tu le vis à ce moment-là ?
- 6:17Parce que quand tu le racontes aujourd'hui,
- 6:20c'est quand même assez injuste.
- 6:21D'autant plus que tu es « puni »
- 6:24pour une situation qui ne méritait pas forcément cette punition,
- 6:28puis qui plus est n'était même pas vraie.
- 6:32Derrière,
- 6:32est-ce que ça t'a donné une force,
- 6:34une envie de prouver,
- 6:36de faire encore plus ?
- 6:38Comment tu l'as vécu ?
- 6:39Parce que je te pose cette question,
- 6:41beaucoup de gens dans leur parcours vont peut-être faire face à des moments,
- 6:45et c'est normal,
- 6:45c'est partie de la vie,
- 6:46mais des déconvenus,
- 6:47voire des injustices ou autres.
- 6:51face et y répondre,
- 6:51qui détermine est-ce que ça a été plutôt quelque chose qui nous a aidés ou quelque chose qui nous a desservis ?
- 6:59Moi personnellement pas du tout parce que même avant l'entrée chez Paul Bocuse j'avais toujours été confronté c'était un peu ce qu'on appelait d'ailleurs à l'époque on m'appelait le fou furieux j'avais aucune amertume
- 7:15après Paul Bocuse ou même avant ou après je traçais toujours ma ligne
- 7:21Je savais que de toute façon je voulais réussir,
- 7:24ça c'est clair.
- 7:25Mais ça ne dépendait que de moi,
- 7:28j'en voulais pas du tout.
- 7:31Ni à la maison Bocuse,
- 7:33ni à d'autres personnes.
- 7:34Après sur d'autres anecdotes encore bien pires que celle de chez Bocuse.
- 7:41Non,
- 7:41non,
- 7:41j'ai tracé ma vie et quand j'ai quitté
- 7:46Paul, j'ai continué à travailler.
- 7:49Il est clair qu'à un moment donné,
- 7:50c'est vrai qu'à cette époque-là,
- 7:52en quittant la cuisine,
- 7:54je suis allé plutôt en salle.
- 7:57Mais à ce moment-là,
- 8:00je commençais déjà à très bien skier,
- 8:02à faire de la compétition et je voulais passer mon diplôme de ski.
- 8:05Donc en même temps,
- 8:06je suis parti aux Deux Alpes dans les années 69 après être parti chez Paul.
- 8:13J'ai passé une partie de mon diplôme de moniteur de ski.
- 8:18j'ai continué ma trace et je voulais même l'été,
- 8:21je travaillais dans l'Ogdo Croussillon et je voulais être instructeur de plongée donc j'avais passé mon premier et deuxième échelon et là encore j'ai échoué à passer mon diplôme d'instructeur de plongée donc je voulais me lancer dans le sport et
- 8:36avoir des activités mais être entrepreneur là aussi,
- 8:40acheter mon bateau j'avais des grandes ambitions puis j'ai continué j'ai pas pu continuer
- 8:47Et c'est là que j'ai,
- 8:49en 68,
- 8:52il y a eu les Jeux Olympiques de 1968 dans le Vercors.
- 8:56Ma maman habitait dans le Vercors et c'est là que j'ai décidé de reprendre la restauration et je me suis relancé à ouvrir ma première affaire dans le Vercors.
- 9:07Il faut dire aussi,
- 9:08si vous voulez savoir comment je suis arrivé dans la région de
- 9:12Ronalp, c'est qu'à l'époque,
- 9:14en 1964,
- 9:15j'étais dans les Charentes.
- 9:16Et ma maman a reçu un appel du préfet de l'ISER pour lui dire :
- 9:23"Est-ce que vous voulez ouvrir votre colonie de vacances ? " Elle avait une colonie de vacances à Autran.
- 9:27"Est-ce que vous voulez ouvrir votre colonie de vacances pour faire le centre de ski de fond des Jeux Olympiques de 1968 ? " Ma maman a répondu très clairement qu'elle acceptait,
- 9:37mais qu'elle voulait détacher l'éducation nationale.
- 9:39Donc c'est toute une petite période...
- 9:42où mon père et ma mère ont été détachés de l'éducation nationale.
- 9:45Et on est rentrés,
- 9:45donc,
- 9:464 ans avant,
- 9:47à partir de 1964,
- 9:48dans la région Rhône-Alpes.
- 9:49Et j'avais commencé déjà à apprendre le ski à ce moment-là.
- 9:52C'est sûr que si j'avais skié depuis l'âge de...
- 9:55Aujourd'hui,
- 9:56le font tous les gamins,
- 9:575,
- 9:576 ans,
- 9:587 ans,
- 9:588 ans.
- 9:58Je pense que j'aurais fait certainement une carrière plus assidue,
- 10:04meilleure certainement dans le ski.
- 10:06Bon,
- 10:06mais j'ai quand même passé mon diplôme de ministère de ski.
- 10:10J'aurais préféré faire de la compétition à cette époque-là.
- 10:13et comment on en arrive à commencer créer la Folie Douce parce que tu nous racontes justement cette inspiration entrepreneuriale de vouloir entreprendre des choses,
- 10:23de vouloir construire des choses t'as parlé d'ambition notamment il y a ce premier restaurant comment l'idée te vient de faire en sorte de créer ce concept ce côté festif etc et la symbiose de tous ces mondes que représente la marque
- 10:40La Folie Douce
- 10:41C'est une période sur plusieurs années.
- 10:44Quand je vous parle d'Autran,
- 10:45après les Olympiques,
- 10:46je me suis installé,
- 10:47j'ai eu ma première affaire,
- 10:50mon premier hôtel avec un restaurant et c'était à Autran.
- 10:53Et ça marchait bien,
- 10:54mais il y avait déjà le côté festif,
- 10:57un peu de musique et on sortait beaucoup,
- 11:00on s'amusait beaucoup.
- 11:02Donc voilà.
- 11:03Et ensuite,
- 11:05j'ai acheté encore une autre affaire qui s'appelait La Forge et là où il y avait déjà un club.
- 11:10Alors,
- 11:11il faut dire aussi que,
- 11:14si on revient tout petit peu en arrière,
- 11:15parce que vous me posez la question d'où tout cela est venu,
- 11:20je dirais que je vais faire un peu de rétrospective.
- 11:23À 17 ans,
- 11:24j'étais également moniteur de ski dès que j'ai passé mes diplômes à Orsières-Merlettes.
- 11:28Et à 17 ans,
- 11:29avec un copain,
- 11:31on avait ouvert une boîte de nuit à 17 ans sous un monsieur qui s'appelait M.
- 11:39Krièf à l'époque.
- 11:42et qui avait un supermarché.
- 11:43Il y avait une petite boîte de nuit qui ne marchait pas et on avait pris cette boîte de nuit.
- 11:46Et ça marchait très fort déjà,
- 11:48on avait 17 ans.
- 11:49Et je me souviens parce que quand on allait au cours de ski,
- 11:52il fallait avoir une tenue.
- 11:53On n'était jamais habillés correctement parce qu'on se couchait bien sûr à
- 11:564h, 5h du matin.
- 11:57Il fallait se lever à 8h pour prendre les clients pour aller au ski.
- 12:00On prenait des amendes parce qu'on n'avait jamais la bonne tenue.
- 12:03On n'a pas gagné d'argent pendant un ou deux ans.
- 12:06Mais voilà,
- 12:06déjà.
- 12:07Si je reviens encore en arrière,
- 12:09là je vous parle de 17 ans,
- 12:10je me souviens très bien quand j'étais dans ce petit village des Charentes où j'étais.
- 12:15Un petit village où mes parents étaient directeurs d'école,
- 12:17il s'appelait Brossac.
- 12:20Et un jour,
- 12:21je dis à mes parents,
- 12:23je veux être danseur.
- 12:24J'étais dans le salon.
- 12:26Déjà ma maman était assez branchée,
- 12:27donc c'était,
- 12:28vous savez,
- 12:30le salon très années 70,
- 12:31mais un peu avant Gardis,
- 12:34etc.
- 12:35Et je me mets à danser.
- 12:36Et je dis,
- 12:37écoute,
- 12:37je vais arrêter les études et je veux être danseur.
- 12:40Non mais là j'ai cru que le ciel me tombait sur la tête,
- 12:43mais ça a été la guerre entre ma mère qui se posait des questions,
- 12:49mais essayait de me comprendre,
- 12:51et mon père qui refusait totalement,
- 12:53et je n'ai jamais pu être danseur.
- 12:54Donc voilà,
- 12:54simplement,
- 12:55c'est la vie,
- 12:56c'est comme ça,
- 12:57il faut l'accepter,
- 12:58mais j'avais toujours cette envie de m'amuser,
- 13:02de danser,
- 13:03d'écouter de la musique,
- 13:04etc.
- 13:05simplement pour faire un petit point sur l'historique.
- 13:08Très clair.
- 13:09En 2007,
- 13:10tu décides donc de transformer les pistes de ski en boîte de nuit à ciel ouvert,
- 13:13si j'ose dire,
- 13:14en journée.
- 13:15Les stations te prennent pour un fou à ce moment-là parce que c'est un concept qui n'existe pas.
- 13:20Comment tu réussis à faire accepter l'idée et à quel point en fait tu crois à ce concept alors que beaucoup,
- 13:27peut-être même tout le monde,
- 13:28te dit que ça ne fait peut-être pas de sens ?
- 13:30Je te pose cette question parce que c'est le propre de beaucoup d'entrepreneurs qui ont une conviction,
- 13:34qui ont une vision,
- 13:35qui ont une idée,
- 13:35qui ont un projet et qui justement innovent.
- 13:38Comment tu l'as vécu à ce moment-là ?
- 13:40Moi sur l'innovation,
- 13:41la conviction,
- 13:42c'est que je me suis toujours appuyé sur l'expérience.
- 13:47Comme j'ai quitté l'école presque avant 16 ans,
- 13:51c'était une difficulté,
- 13:53certes de quitter l'école très vite,
- 13:55mais j'ai eu beaucoup plus d'expérience que tout le monde parce que
- 13:5810 ans après...
- 13:59J'avais 25 ans,
- 14:0026 ans.
- 14:01Mais j'avais une expérience folle par rapport à des gens qui étudient.
- 14:05Donc moi,
- 14:06c'est l'expérience qui m'a fait ça.
- 14:08Et si vous me parlez du moment où se déclenche la fouille douce sur le côté festif,
- 14:15il faut regarder quelques années auparavant.
- 14:18J'allais beaucoup aux États-Unis.
- 14:19J'avais vu à l'époque,
- 14:23particulièrement à Miami.
- 14:25C'est là que commençaient les choses sur Ocean Drive.
- 14:28J'avais remarqué que les gens s'amusaient,
- 14:30il y avait des fêtes.
- 14:31Ça n'existait pas avant.
- 14:32Et je regardais tout ça,
- 14:34les gens qui commençaient à s'amuser,
- 14:35etc.
- 14:36Et à l'époque,
- 14:37quand je revenais en France,
- 14:38il n'y avait qu'une seule affaire,
- 14:41une seule affaire qui m'interloquait,
- 14:44qui commençait juste.
- 14:45C'était la voile rouge à Saint-Tropez.
- 14:48Mais le début,
- 14:49début,
- 14:49début de la voile rouge.
- 14:50Vraiment les premières allées.
- 14:52Moi,
- 14:52je me suis dit...
- 14:53J'étais en montagne,
- 14:55j'enseignais à l'école d'esquive.
- 14:57Je me suis dit,
- 14:57mes clients...
- 14:59À partir de 14-15 heures,
- 15:00quand j'ai fait de plus en plus skier,
- 15:02j'étais fatigué.
- 15:03Et à
- 15:0414h-15h, surtout si on se levait à 9h et qu'on allait très vite,
- 15:07il faut aussi savoir que dans ces années-là,
- 15:10les remontées mécaniques,
- 15:12ce qu'on appelle les délégations de services publics,
- 15:15ont beaucoup investi dans les remontées mécaniques.
- 15:18Et donc la montée allait de plus en plus vite,
- 15:19ce qui fait que quand on skiait 4h-5h...
- 15:21On était très fatigués.
- 15:22Il faut dire qu'avant,
- 15:23à l'époque,
- 15:24les bronzés font du ski.
- 15:26Il est clair qu'on n'était pas fatigués parce qu'on restait toujours en panne sur les délits sièges et sur les circuits.
- 15:33Donc voilà.
- 15:33Mais là,
- 15:35à cette époque-là,
- 15:35moi,
- 15:35quand je vous parlais dans ces années-là,
- 15:38j'ai compris qu'effectivement,
- 15:40les gens voulaient autre chose.
- 15:41Et bon,
- 15:43j'ai commencé...
- 15:44Je connaissais bien la musique.
- 15:45J'ai commencé à mettre quelques tournudistes.
- 15:46Et en mettant les tourne-disques,
- 15:48on a vu tout de suite que les gens commençaient à animer et rester l'après-midi.
- 15:51Bon,
- 15:52on avait un petit problème,
- 15:53c'était que c'était des vinyles à l'époque.
- 15:54Et dès qu'il y avait un rayon de soleil,
- 15:56les vinyles fondaient.
- 15:57Ben voilà,
- 15:57on s'est arrangé,
- 15:58on a mis des plaques à pâtisserie devant,
- 16:00on a bricolé pendant une année.
- 16:02Et puis la deuxième année,
- 16:03j'ai vraiment regardé voir ce que ça faisait.
- 16:06J'ai dit mais c'est pas possible,
- 16:08il y a un concept à trouver.
- 16:09Et là,
- 16:10c'est là le déclencheur.
- 16:11Dans ces années-là,
- 16:12puisqu'on n'a plus exactement de la date,
- 16:14on a...
- 16:15déposer un permis de construire et on a construit
- 16:171000 m² de sous-sol.
- 16:19C'était gigantesque les travaux à cette époque-là.
- 16:22Et donc,
- 16:22on a mis des enceintes,
- 16:24on a mis des cordons chauffants pour réguler la bière,
- 16:28bien sûr,
- 16:28parce que les groupes de bière étaient dessous et la bière elle gèle par définition par moins 15,
- 16:32moins 20.
- 16:33Donc les gens,
- 16:33les clients avec le doigt,
- 16:34cassaient la glace de la bière,
- 16:36mais au moins elle pouvait couler.
- 16:38Et on a commencé à gagner un peu d'argent avec ça et la fête a commencé à ce moment-là.
- 16:42Ah,
- 16:43c'est dingue aujourd'hui !
- 16:44Vous êtes présent dans 8 stations.
- 16:46En 2024,
- 16:48c'est plus de 60 millions d'euros de chiffre d'affaires.
- 16:50Et ce qui est intéressant aussi,
- 16:51c'est que tu l'évoquais notamment dans une autre interview,
- 16:54c'est environ 70%
- 16:55du chiffre qui vient encore de la restauration,
- 16:58contredis-moi si je me trompe.
- 16:59Mais étape par étape,
- 17:01comment vient cette croissance ?
- 17:02Comment on passe d'un concept qui paraît dingue,
- 17:05qui est complètement innovant,
- 17:06tu l'as très bien dit,
- 17:08au fait que c'est une évidence et les gens se bousculent.
- 17:13pour y aller,
- 17:14d'autant plus qu'avec aujourd'hui l'ère des réseaux sociaux,
- 17:17beaucoup de gens partagent ça.
- 17:19Il y a ce côté aussi festif,
- 17:20dynamique.
- 17:21Les gens viennent pour vivre une expérience.
- 17:23D'ailleurs,
- 17:23le premier élément de ta réponse,
- 17:24tu partages avant tout et tu es obsédé par le fait de créer une expérience client avant tout.
- 17:30Quelles ont été les différentes étapes pour passer de cette idée,
- 17:33ce projet qui est un petit peu fou,
- 17:35en tout cas perçu comme fou,
- 17:37à un mastodonte de plus de 1000 collaborateurs et une présence dans 8 stations ?
- 17:43Il ne faut pas se tromper.
- 17:45Il faut,
- 17:46je pense,
- 17:48si les gens nous écoutent,
- 17:49c'est les fondamentaux du concept de la fouille douce.
- 17:53Ça dépend de ce que l'on veut faire.
- 17:54Si on veut faire ce qu'on appelle du clubbing,
- 17:57danser les gens,
- 17:58les amuser,
- 17:59à ce moment-là,
- 18:00c'est difficilement,
- 18:02à mon avis,
- 18:03identifiable,
- 18:04acceptable de faire danser des gens à 9h,
- 18:0610h du matin.
- 18:07Bon,
- 18:08si on veut commencer à les faire s'amuser,
- 18:12Ils ont déjà fait du style,
- 18:13puisque nous,
- 18:14on s'est développé exclusivement en montagne.
- 18:16Mais les fondamentaux,
- 18:19c'est le bien manger.
- 18:20C'est la cuisine française.
- 18:22Et donc,
- 18:23effectivement,
- 18:24j'ai toujours été très impliqué dans la bonne cuisine.
- 18:29C'est quelque chose de fondamental.
- 18:31Et on a pris notre temps pour se développer sur le fait qu'on s'est entouré de très bons collaborateurs,
- 18:38de très bons cuisiniers,
- 18:40et qu'on n'a rien lâché dans la cuisine.
- 18:42Et c'est à partir du moment où les gens avaient confiance dans notre cuisine,
- 18:48qu'ils ont commencé à avoir confiance en nous sur le fait de s'amuser après le repas.
- 18:56Voilà,
- 18:56c'est d'abord la restauration et ensuite on a commencé à s'amuser.
- 19:02Et cette confiance,
- 19:03elle s'est faite entre les gens qui consommaient,
- 19:06qui mangeaient,
- 19:07et les gens qui venaient faire la fête.
- 19:11les choses se sont rendues plus cohérentes,
- 19:14et on a effectivement écouté les clients.
- 19:17Moi je dis souvent,
- 19:19vous savez le marketing,
- 19:22c'est quelque chose qui était en nous,
- 19:23moi j'ai rien inventé,
- 19:25on s'est toujours occupé des clients,
- 19:26mais tout le temps,
- 19:28même quand ils étaient gamins,
- 19:30donc les gens aujourd'hui qui nous fréquentent,
- 19:33puisque vous me parlez de cette fréquentation,
- 19:35c'est d'abord tous les remercier,
- 19:36puisqu'ils avaient,
- 19:38au début ça a été difficile,
- 19:40Ils avaient 15 ans,
- 19:4116 ans,
- 19:41on avait le droit de sortir à 15-16 ans.
- 19:43Vous oubliez que dans les années
- 19:4580-90, on avait le droit à 16 ans de boire de l'alcool.
- 19:49Cette loi est venue après la tradition de consommer de l'alcool à 18 ans.
- 19:53Mais nous,
- 19:53on commençait déjà à faire la fête,
- 19:55ils avaient 16 ans.
- 19:57Et 16 ans,
- 19:57ils s'en souviennent toujours,
- 19:58mais on les a toujours aidés,
- 20:01c'est les jeunes qui étaient chez nous.
- 20:03Ce qui fait qu'aujourd'hui,
- 20:04on les voit tous les jours.
- 20:05Ils nous disent « mais vous vous souvenez,
- 20:06j'étais avec mes parents,
- 20:08avec mes grands-parents » .
- 20:09Ils ont 35-40 ans aujourd'hui,
- 20:12mais ils étaient là il y a 30-40 ans avec nous à la folie douce.
- 20:16Et c'est ça qui fait qu'on est très famille et qu'on a une réussite parce qu'il y a dans toute la fréquentation,
- 20:24vous voyez ce que je veux dire,
- 20:25de la transparence,
- 20:26des vérités.
- 20:27Et ils nous revoient toujours en famille.
- 20:29Je ne sais pas,
- 20:30je vais même bien vous donner un exemple cette année-là.
- 20:33Bon,
- 20:34alors depuis 3-4 ans,
- 20:35on a 3 guests sur l'échelle qui sont des guests sur l'échelle.
- 20:38Ce sont des filles qui s'occupent un peu comme des...
- 20:40Alors on a des métiers de discuteurs aussi,
- 20:43des gens qui parlent avec les gens.
- 20:45Ce n'est pas rien à voir avec l'accueil des clients,
- 20:49ça n'a rien à voir.
- 20:49Ce sont des gens qui parlent avec les clients.
- 20:51Les filles,
- 20:52elles font partie de la famille.
- 20:53Elles ont du mal quelquefois à expliquer aux clients quels sont...
- 20:57de la famille,
- 20:58mais de la famille.
- 20:59Vous voyez ce que je veux dire ?
- 21:00Et ça,
- 21:02chez nous,
- 21:02c'est très important qu'un client est là,
- 21:04il est dans une petite maison.
- 21:06Voilà.
- 21:07Alors justement,
- 21:07je rebondis sur un point.
- 21:09Tu as dit qu'il y a des personnes dont les jobs,
- 21:12c'est d'être discuteur.
- 21:13Donc de discuter,
- 21:14d'échanger avec les clients,
- 21:15de créer du lien,
- 21:16etc.
- 21:17Et c'est un job à part entière,
- 21:19un métier à part entière.
- 21:20Donc cette notion du service,
- 21:23à quel point elle est poussée ?
- 21:24Parce qu'on a beaucoup d'entrepreneurs qui nous écoutent.
- 21:27Et peut-être qu'on a des entrepreneurs,
- 21:29assurément on a des entrepreneurs qui justement sont à la recherche de la rentabilité,
- 21:33de la performance,
- 21:34de l'efficience.
- 21:36Peut-être même se disent qu'est-ce que je peux mettre en place pour maximiser la rentabilité et le revenu de chacun de mes collaborateurs.
- 21:42Et en l'occurrence,
- 21:43on veut miser énormément sur l'expérience client.
- 21:46Il y a plein d'avantages,
- 21:47mais parfois il y a aussi des choses qu'on peut un petit peu moins maîtriser,
- 21:51identifier.
- 21:55concentrer quasi exclusivement sur le fait d'échanger,
- 21:59de discuter,
- 22:01de créer de la relation avec les clients soit un avantage,
- 22:05soit un bénéfice pour le groupe tout entier.
- 22:08Est-ce que c'est cette notion intergénérationnelle ?
- 22:10Est-ce que c'est parce qu'il y a de la récurrence derrière ?
- 22:12Est-ce que c'est autre chose ?
- 22:13Ça peut être intéressant que tu nous partages ce point.
- 22:15Le sujet,
- 22:16c'est qu'à un certain moment,
- 22:18les établissements se développent et ont du monde une grande fréquentation.
- 22:23On ne peut pas dire qu'à la fois d'où...
- 22:25Il n'y a pas de monde,
- 22:26il y a une foule.
- 22:27Mais souvent,
- 22:29les grands établissements appartiennent à des groupes qui gèrent d'ailleurs très bien les groupes.
- 22:32Mais un groupe n'aura pas la même sensibilité qu'une famille.
- 22:36Quand je vous parle d'éducateur,
- 22:37c'est ça.
- 22:38C'est de dire aux gens qu'on est une famille.
- 22:40Et dans une famille,
- 22:42il y a des émotions tous les jours.
- 22:44Il y a du service.
- 22:45J'ai inventé,
- 22:46moi,
- 22:47je ne dis pas le jeu,
- 22:49mais la notion de mentorat.
- 22:52Mais ça fait 20 ans.
- 22:53que je fais du mentorat et que j'aide énormément les seigneurs.
- 22:58Moi,
- 22:58je le dis avant,
- 23:00on a une grande messe en début de saison,
- 23:02à Val d'Isère,
- 23:02on est 240.
- 23:03Mais beaucoup de nos francisés font la même chose des grandes messes.
- 23:07On loue une grande salle au palais des congrès,
- 23:11on est 240.
- 23:12La première chose que je leur dis,
- 23:13je leur dis,
- 23:13écoutez,
- 23:14vous allez vous présenter,
- 23:15mais je peux vous assurer que quand vous allez vous présenter,
- 23:18vous allez voir que celui qui est là devant vous,
- 23:22Et le plus faible,
- 23:23celui qui ne connaît rien,
- 23:25c'est moi.
- 23:26Et oui,
- 23:26puisque vous avez fait tous les 240 plus d'études que moi.
- 23:30Et ça,
- 23:31ce n'est pas que j'allais tout,
- 23:32c'est que c'est la vérité.
- 23:33La vérité,
- 23:34c'est qu'on apprend beaucoup des autres.
- 23:38Moi,
- 23:39je n'en suis là que parce que j'ai écouté et que je l'ai toujours recruté,
- 23:43toujours en recrutant des gens plus forts que moi,
- 23:46même quand j'étais gamin.
- 23:47Et aujourd'hui,
- 23:47ça continue.
- 23:48Quand je fais du mentorat,
- 23:49on a beaucoup de gens...
- 23:51Par exemple,
- 23:51on va dire dans la cuisine,
- 23:52dans la salle.
- 23:53Je viens de rentrer encore une fille dont les parents nous ont beaucoup aidés en salle.
- 24:00Mais on fait des formations perpétuelles.
- 24:02Et on a des chefs qui sont étoilés,
- 24:04qui sont à l'âge de la retraite et qui accompagnent et forment les jeunes en permanence.
- 24:10Et ça,
- 24:10c'est très important.
- 24:11C'est toujours cette notion d'excellence et de qualité.
- 24:14Je peux vous dire qu'il ne faut rien lâcher tous les jours.
- 24:17C'est un plaisir.
- 24:21Les 240,
- 24:21et je vous assure que vous le voyez sur les réseaux sociaux,
- 24:24on a eu,
- 24:25sur les 240 personnes qui sont arrivées,
- 24:29on n'a eu aucun turnover cette année.
- 24:31On n'a pas de départ,
- 24:32les gens sont heureux.
- 24:34Bon,
- 24:34pourquoi ?
- 24:34Il faut dire aussi que ça nous est plus facile pour nous,
- 24:37pour des petits établissements c'est peut-être un peu moins facile,
- 24:40mais nous on a deux jours de congés consécutifs,
- 24:43le matin ils prennent le travail à 9h,
- 24:46ils terminent à 10h,
- 24:47ils ont une heure et demie de coupure,
- 24:50ils peuvent faire du ski,
- 24:51enfin voilà.
- 24:52Il faut apporter des choses pour que,
- 24:54effectivement,
- 24:55si vous voulez rendre les clients heureux,
- 24:57il faut que les équipes,
- 24:59nos employés,
- 25:01soient heureux.
- 25:01S'ils sont heureux,
- 25:02ils vont transmettre parce qu'on est nombreux.
- 25:04Donc ce n'est pas à moi de transmettre le côté d'être sympa et que ça soit une bonne ambiance.
- 25:08C'est vraiment à nos équipes,
- 25:10ils sont formés pour ça.
- 25:12Tu parles de mentorage justement.
- 25:15Aujourd'hui,
- 25:15c'est 1000 personnes,
- 25:17c'est 8 stations,
- 25:17c'est des franchisés.
- 25:19il y a aussi une vraie...
- 25:21comment dirais-je,
- 25:22lucidité sur l'importance de la culture d'entreprise.
- 25:26Ce dont tu parles,
- 25:26c'est aussi de la culture d'entreprise.
- 25:27C'est un cadre,
- 25:28c'est un contexte qui est favorable et propice à l'épanouissement et donc au développement de chacun.
- 25:34J'imagine que tu as aussi fait plein d'erreurs.
- 25:37Il y a aussi eu plein d'apprentissages au cours de ces dizaines d'années d'entreprenariat et de croissance avec la Polydousse.
- 25:46C'est quoi justement cette,
- 25:48comment dirais-je,
- 25:50Évolution,
- 25:50comment tu as évolué en tant qu'entrepreneur ?
- 25:52Parce qu'aujourd'hui,
- 25:54il y a beaucoup d'informations partout.
- 25:57Il y a souvent trop d'informations et il est presque plus compliqué de réussir à trouver la bonne information que d'avoir accès à de l'information.
- 26:06Et ce qui fait la différence souvent entre un entrepreneur qui réussit et un entrepreneur qui a des difficultés,
- 26:12c'est sa posture,
- 26:14sa capacité à prendre les bonnes décisions
- 26:19aller dans la mauvaise direction.
- 26:21Quel conseil tu aurais justement à partager à ceux qui nous écoutent à ce sujet avec toute l'expérience que tu as accumulée ?
- 26:28Là,
- 26:28je pense réellement que nous,
- 26:31on a réussi grâce aux formations.
- 26:32Il faut bien comprendre une chose,
- 26:34c'est que dans tous les métiers,
- 26:36que ce soit dans l'industrie,
- 26:38la technicité,
- 26:41le savoir-faire changent énormément.
- 26:43Si vous voulez,
- 26:43pour notre métier,
- 26:44la folie douce,
- 26:45on recrute à partir de...
- 26:47Aussi,
- 26:48également,
- 26:48comme tout le monde,
- 26:49à partir de grandes écoles.
- 26:50Les grandes écoles hôtelières que sont
- 26:53Glion, Les Roches,
- 26:55Lausanne,
- 26:57Beau Soleil,
- 26:57etc.
- 26:58Ce sont des grandes écoles hôtelières.
- 27:01Le problème,
- 27:02c'est que je pense que c'est comme dans l'industrie.
- 27:05Aujourd'hui,
- 27:05au bout de deux ans,
- 27:07la technicité,
- 27:09l'évolution des marchés est différente.
- 27:12Vous ne pouvez plus,
- 27:13avec un diplôme...
- 27:15prend un diplôme d'ingénieur.
- 27:17Nous,
- 27:17on n'a pas besoin d'un ingénieur.
- 27:18Mais je suis sûr que dans les entreprises aujourd'hui,
- 27:21un ingénieur qui est formé a besoin de se reformer tous les 2-3 ans.
- 27:25Ce n'est pas comme à l'époque où vous faisiez polytechnique ou centrale,
- 27:29etc.,
- 27:29et vous aviez une technicité fantastique.
- 27:32Le monde évolue très vite,
- 27:34et nous aussi,
- 27:35dans l'hôtellerie,
- 27:36dans la restauration.
- 27:37Donc,
- 27:37la question que vous me posez,
- 27:39c'est par les formations très modernes qu'on fait énormément,
- 27:44d'expression corporelle,
- 27:46on fait du management,
- 27:47du coaching.
- 27:48Tous nos collaborateurs qui ont plus de 2-3 ans de saison font de la PNL.
- 27:52On fait des formations à l'excellence,
- 27:55l'intelligence émotionnelle.
- 27:58C'est par la formation que vous pouvez y arriver.
- 28:00Bien sûr,
- 28:00il faut que les formateurs comprennent notre concept,
- 28:04notre cadre à nous.
- 28:06On explique aux formateurs ce que l'on est et ensuite,
- 28:10ces gens-là sont formés.
- 28:11Il faut investir dans les formations.
- 28:14effectivement,
- 28:15il y a quelques années,
- 28:16on avait beaucoup d'aide sur les formations.
- 28:19Maintenant,
- 28:20on n'a plus d'aide.
- 28:21Tant pis,
- 28:21on investit nous-mêmes.
- 28:22C'est sûr qu'on a beaucoup moins de marge,
- 28:24moins de réussite,
- 28:25mais on investit beaucoup dans les formations.
- 28:27Voilà.
- 28:27Très clair.
- 28:28Merci pour ça.
- 28:29Un autre point aussi,
- 28:30toujours dans la lignée de la formation,
- 28:32tu as créé ta propre école avec la Folie Douce Académie.
- 28:35Comment on en vient à créer cette école et à quel moment peut-être il y a un déclic,
- 28:40il y a une prise de conscience
- 28:43La transmission,
- 28:44la formation,
- 28:45le mentorat.
- 28:47Aujourd'hui,
- 28:47c'est vrai sur Internet,
- 28:48on parle beaucoup de formation,
- 28:49on parle beaucoup de tous ces sujets.
- 28:51La réalité,
- 28:52c'est que là,
- 28:52ça fait des dizaines d'années qu'il y a eu cette prise de conscience et cette volonté de transmettre pour,
- 28:58tu en parlais d'ailleurs dans une interview,
- 29:00aller chercher l'excellence et créer un standard de cette excellence.
- 29:05Il faut identifier les métiers.
- 29:06Quand on a effectivement une petite entreprise de restauration,
- 29:13ou d'hôtellerie,
- 29:15vous n'avez à faire dans l'hôtellerie qu'à quelques métiers de l'hôtellerie.
- 29:20Nous le problème à la Folie Douce c'est qu'on touche beaucoup de métiers et c'est ça,
- 29:24c'est d'être très rigoureux dans ses métiers.
- 29:26Je vais peut-être être très découdu mais parlons des métiers d'artistique.
- 29:32Vous devez chez nous,
- 29:34la formation,
- 29:35on a des chorégraphes et les chorégraphes sont là toute la saison et ils ont une vingtaine de danseurs.
- 29:42à gérer.
- 29:44Costumier,
- 29:45c'est les couturières,
- 29:46c'est des métiers.
- 29:47Compositeur de musique,
- 29:49on a...
- 29:49En permanence,
- 29:50nous deux compositeurs de musique,
- 29:51on compose des musiques.
- 29:52On a un compositeur de musique classique,
- 29:54un compositeur de musique un peu plus électronique et puis après,
- 29:57on a ce qu'on appelle des DJ,
- 29:59des programmateurs.
- 30:00Mais ce que je veux dire,
- 30:02c'est que dans chaque pôle de la fouille douce,
- 30:06il y a des métiers.
- 30:07Donc là,
- 30:07je vous ai parlé des médias artistiques.
- 30:09Il faut aussi que les chanteurs,
- 30:11par moins 15,
- 30:11moins 20,
- 30:12ils économisent leur code vocal parce qu'effectivement,
- 30:16chanter par moins 10,
- 30:17moins 15 dehors,
- 30:18c'est...
- 30:18plus difficile que de chanter effectivement dans une salle.
- 30:24Si on prend les cuisines,
- 30:25c'est la même chose,
- 30:25l'évolution des cuisines.
- 30:27Sur Badizère,
- 30:27on est plus de 95 cuisiniers.
- 30:29Vous pensez bien qu'il faut effectivement,
- 30:32là encore,
- 30:33les driver,
- 30:33les former.
- 30:34On a la même logistique que sur un bateau,
- 30:38puisque à partir du moment où,
- 30:40à partir de 9h du matin,
- 30:42on ne peut plus réclamer quoi que ce soit comme marchandise,
- 30:45C'est le matin qu'on monte les marchandises pendant une heure de 8h à 9h.
- 30:50C'est de la logistique.
- 30:51Il faut aller chercher des camions dans les chalets,
- 30:54dans les garages,
- 30:54etc.
- 30:55Vous voyez ?
- 30:56C'est des métiers logisticiens.
- 30:58Et les logisticiens ne font que de la logistique.
- 31:01Vous voyez ce que je veux dire ?
- 31:01Après,
- 31:02il y a le décartonnage.
- 31:03Il faut identifier les métiers et vous rajouter ces métiers.
- 31:08Et après,
- 31:08avec de la cohérence et l'organisation,
- 31:11ça fonctionne.
- 31:12Mais aujourd'hui,
- 31:13il faut être extrêmement…
- 31:15professionnels,
- 31:16et je ne vous ai pas parlé de la sécurité.
- 31:19La sécurité chez nous,
- 31:21c'est très important.
- 31:22Ça fait,
- 31:23je dirais carrément,
- 31:2330 ans,
- 31:2440 ans qu'on n'a jamais eu d'accident grave.
- 31:29Ça peut arriver.
- 31:30On ne va pas penser à Grand-Montana parce que ça ne peut pas nous arriver,
- 31:33ça.
- 31:33Mais un accident peut toujours arriver.
- 31:36Quelqu'un qui avait bu,
- 31:39je ne sais pas,
- 31:40trop mangé,
- 31:41mais on fait attention à tout.
- 31:43C'est-à-dire que dès qu'on a...
- 31:45identifié avec,
- 31:46on a sur site chaque site,
- 31:48il faut 12 environ entre 10 voire plus 15,
- 31:52nous on est un peu plus de 12 agents de sécurité et ça c'est pour que les gens puissent descendre en ski normalement et ne pas créer de troubles à l'ordre public sur les pistes etc.
- 32:03Donc à partir du moment où on fait son métier c'est plus facile je dirais c'est plus facile de pouvoir communiquer je dirais avec l'administration pourquoi ?
- 32:14Parce que
- 32:14À partir du moment où il y a plusieurs parties en sécurité,
- 32:22si vous voulez,
- 32:23on est confronté par exemple au service des pistes,
- 32:26à la police municipale,
- 32:28aux pompiers,
- 32:30au cabinet médical,
- 32:31avec la gendarmerie.
- 32:32À partir du moment où vous travaillez avec ces gens-là et qu'ils n'ont aucun reproche à vous faire,
- 32:37au contraire que les félicitations nous accompagnent,
- 32:41le concept d'un folios est né.
- 32:43Si c'est de le désordre,
- 32:45la folie douce ne peut pas exister.
- 32:47Un point également,
- 32:48quand un tel succès arrive,
- 32:51qu'il y a beaucoup de partage sur les réseaux et autres,
- 32:54beaucoup ont essayé de copier le concept partout dans le monde.
- 32:58Selon toi,
- 32:59autant pourquoi personne n'a vraiment réussi à reproduire cette recette de la folie douce ?
- 33:05Après tout ce que tu nous as partagé,
- 33:07on comprend vraiment qu'il y a le souci du détail,
- 33:09il y a cette volonté d'excellence,
- 33:13L'expérience client,
- 33:14la compréhension des métiers,
- 33:15la transmission,
- 33:16la montée en compétence,
- 33:17la culture d'entreprise,
- 33:19aussi l'art de la table.
- 33:21Tu parlais justement de la gastronomie française,
- 33:23la nourriture française,
- 33:24etc.,
- 33:25qui est mondialement connue et appréciée.
- 33:28Mais je te pose cette question parce que beaucoup d'entrepreneurs,
- 33:30lorsqu'ils ont un concept,
- 33:32lorsqu'ils ont du succès,
- 33:33lorsqu'ils maîtrisent quelque chose,
- 33:36vont à un moment donné ou un autre se faire copier.
- 33:41Comment tu l'as vécu ?
- 33:42Comment tu l'expliques ?
- 33:43Et qu'est-ce qui fait qu'il y a cet ingrédient supplémentaire que personne ne peut voler ?
- 33:48C'est-à-dire que la complexité,
- 33:51si vous voulez,
- 33:52elle a fait qu'on est resté en montagne et qu'on se développe en montagne.
- 33:57Les enfants Arthur et César dont vous avez parlé vont se développer effectivement aux États-Unis,
- 34:03peut-être en Suisse,
- 34:05ils vont se développer.
- 34:06Nous,
- 34:06on n'a pas voulu se développer sur le...
- 34:10l'été parce qu'on s'est dit...
- 34:13Très clairement que les nuisances,
- 34:16l'été il y avait beaucoup plus de nuisances parce que c'est très construit la côte d'Azur,
- 34:23très construit où on s'installe et que le volume sonore crée des nuisances.
- 34:28Notre volume sonore ne peut pas nuire à personne puisqu'il n'y a pas de construction.
- 34:35Si on peut nuire à la limite l'environnement aux marmottes mais on a compris qu'on ne dérangeait pas les marmottes.
- 34:42Donc,
- 34:42si vous voulez,
- 34:43le développement,
- 34:44on a maîtrisé notre développement pour rester comme en montagne et ne pas se développer.
- 34:47Et puis,
- 34:48en plus,
- 34:49sur la musique,
- 34:51nous,
- 34:51on crée notre propre musique.
- 34:53On prend,
- 34:54bien sûr,
- 34:54des morceaux connus,
- 34:55mais ils sont tous remixés à la musique électronique.
- 35:11avant tout des créatifs.
- 35:12Et dans tous ces segments,
- 35:14dans tous ces pôles dont je vous ai parlé,
- 35:16on a un pôle d'innovation.
- 35:18Et ça,
- 35:19les jeunes,
- 35:20aujourd'hui,
- 35:22vous parliez d'Ibiza,
- 35:24on peut rendre à César ce qui appartient à César,
- 35:26à Ibiza,
- 35:27ils ont depuis très longtemps,
- 35:29moi j'allais à Ibiza déjà dans les années 68,
- 35:32avec les
- 35:33Pink Floyd,
- 35:34Mercury,
- 35:34Freddie Mercury,
- 35:35etc.
- 35:36Mais la musique s'est créée à Ibiza.
- 35:40Et il y a une légitimité à ce que Ibiza,
- 35:44aujourd'hui,
- 35:45soit Ibiza.
- 35:45Alors bon,
- 35:46il y a des débordements,
- 35:47certes,
- 35:47peut-être comme nous,
- 35:48mais on est légitime.
- 35:50Et à la Fouillous,
- 35:51on est effectivement légitime sur la cuisine,
- 35:54sur la musique,
- 35:55sur tous ces pans qui font ce concept.
- 35:58Je rebondis sur le parcours,
- 36:00presque le début du parcours.
- 36:02On l'a compris quand tu l'évoquais rapidement,
- 36:04c'est une succession de circonstances,
- 36:06d'éléments.
- 36:10presque à l'arrache si j'ose dire,
- 36:13est-ce que tu penses qu'on peut encore entreprendre de la même manière dans le monde d'aujourd'hui ?
- 36:18Un monde aussi complexe,
- 36:19concurrentiel,
- 36:20etc.
- 36:21Est-ce que ça reste possible de juste exprimer sa créativité ?
- 36:24Tu parlais d'être créatif.
- 36:26D'avoir un bon concept,
- 36:27de mettre au centre le client et d'aller chercher ce type de résultat.
- 36:31Oui,
- 36:31disons que moi j'ai démarré très tôt,
- 36:35mais j'ai fait une coupure il y a une quinzaine d'années,
- 36:38grâce à ma mère et grâce aux enfants.
- 36:40J'ai pu l'hiver passer presque la moitié de mon temps,
- 36:45mais bien au moins un minimum d'un mois à l'étranger.
- 36:49C'était en Europe,
- 36:50dans les stations américaines,
- 36:53mais surtout maintenant l'Europe.
- 36:55Je pense que si c'est pour parler de ce développement à la montagne,
- 37:00il faut vraiment se rendre compte de ce qui se passe dans les stations étrangères.
- 37:03Les Français ne vont pas assez,
- 37:06et tant mieux pour nous d'ailleurs.
- 37:08Ils m'ont passé à voir dans les stations étrangères qui ont pris,
- 37:11je dirais,
- 37:13dans certains secteurs,
- 37:14beaucoup d'avance sur nous.
- 37:16Et je pense qu'on continue,
- 37:18nous,
- 37:19à être très sollicités,
- 37:22notamment à Val d'Isère et dans d'autres stations,
- 37:23parce qu'on est plus haut qu'en Autriche.
- 37:28Nos stations sont un petit peu plus hautes que la majorité des stations autrichiennes,
- 37:31bien qu'il y en ait qui soient hautes comme nous,
- 37:34au-dessus de 2000 mètres.
- 37:36Mais sur les Dolomites,
- 37:37qui sont un petit peu plus basses,
- 37:39vous voyez,
- 37:39sur la Suisse également.
- 37:41Il y a des grandes stations en Suisse qui ont la même attitude que nous.
- 37:45Mais il faut aller voir quand même ce qui se passe ailleurs parce que,
- 37:48vous savez,
- 37:49c'est un peu le mal français et surtout en montagne de dire « je sais tout » .
- 37:57J'ai tout vu d'être prétentieux.
- 37:58Non,
- 37:58non,
- 37:59on n'est vraiment,
- 38:00nous,
- 38:00pas prétentieux parce qu'on sait que certaines stations sont meilleures que nous à l'étranger.
- 38:05Dans des domaines,
- 38:07sur notre domaine French Tech qu'on pourrait appeler,
- 38:10si on voulait appeler Folie-Ouest,
- 38:11ça va.
- 38:12On est plutôt au même niveau,
- 38:15peut-être même un peu en avance.
- 38:17Mais sur certains domaines,
- 38:19sur l'hôtellerie aussi,
- 38:20on est très bien.
- 38:22En France,
- 38:23il y a les stations françaises,
- 38:23mais il y a vraiment des stations étrangères qu'il faudrait visiter.
- 38:27Je conseillerais à des jeunes ou à des gens qui veulent s'implanter d'aller regarder ce qui se passe ailleurs parce que...
- 38:34on aurait tendance à prendre,
- 38:36je dis nous en France,
- 38:37un peu de retard.
- 38:38J'ai deux dernières questions pour toi.
- 38:41Tu as parlé de tes fils notamment avec lesquels tu travailles.
- 38:44Tu parlais de la notion familiale,
- 38:47donc travailler en famille.
- 38:48Pour les entrepreneurs qui nous écoutent et qui sont dans cette optique de travailler en famille,
- 38:53qui travaillent peut-être déjà en famille et peut-être même de transmission pour la suite,
- 38:57toi qui le vis,
- 38:59qui l'as vécu,
- 39:00qui as construit aussi autour de tout ça,
- 39:02Quel conseil tu partagerais ?
- 39:05Parce qu'il y a aussi un vrai sujet en France,
- 39:07c'est qu'il y a énormément de sociétés saines qui malheureusement déposent le bilan ou s'arrêtent faute de repreneurs parce que parfois des membres de la famille ou autres n'ont pas envie ou parfois certains n'ont pas de famille où il y a toute cette notion de reprise et de transmission et de continuité qui effectivement est
- 39:24en douleur malgré de belles opportunités,
- 39:26malgré de belles entreprises.
- 39:28Toi qui l'as vécu là aussi,
- 39:30quel conseil tu partagerais à ceux qui nous écoutent ?
- 39:32C'est sûr que je n'aurai aucun conseil à donner à ce sujet.
- 39:38Je vais simplement vous donner mon parcours.
- 39:41Mais je pourrais commencer par dire quelque chose que j'aime beaucoup,
- 39:47dire pour ceux qui connaissent le Jean Gabin,
- 39:50c'est « je sais,
- 39:50je sais,
- 39:51mais je sais qu'on ne sait jamais » .
- 39:52Alors,
- 39:53je vais commencer par là parce que moi,
- 39:54mon parcours,
- 39:57et avec mes enfants,
- 40:00On faisait des conseils de famille quand ils étaient gamins.
- 40:02On a continué jusqu'à l'âge de
- 40:0415-16 ans.
- 40:05Après,
- 40:05on ne les a plus beaucoup vus,
- 40:07Arthur et César.
- 40:09Dans ces conseils de famille,
- 40:12on les changeait beaucoup et un jour,
- 40:13on leur a demandé,
- 40:14un petit peu plus tard,
- 40:15vous ne regrettez pas tout ce qu'on n'a pas fait pour vous,
- 40:19le fait qu'on vous ait mis des coups de pied aux fesses pour vous faire partir de Val d'Isère très tôt,
- 40:24enfin des stations.
- 40:26Bon,
- 40:26peut-être qu'ils auraient aimé apprendre plus,
- 40:29mais ce n'est pas ce qu'on avait choisi.
- 40:31On était loin,
- 40:34l'école était difficile,
- 40:36il fallait aller à Bourg-Saint-Maurice,
- 40:37d'abord la première école,
- 40:38mais surtout après.
- 40:40Et concernant les deux,
- 40:44sur premier Arthur,
- 40:45qui avait deux ans de plus que César,
- 40:47derrière ce 14 ans,
- 40:49on a décidé de lui faire faire une scolarité d'une année aux États-Unis.
- 40:54Donc on l'avait mis à Washington DC,
- 40:55dans une famille d'accueil qu'on ne connaissait pas.
- 40:58Et là,
- 40:58on est allé le voir quand même parce que maman avait la larme à l'œil.
- 41:01Donc,
- 41:02avant Noël,
- 41:03avant d'ouvrir la saison,
- 41:05on est allé le voir.
- 41:06Il pleurait,
- 41:06il voulait repartir avec nous.
- 41:08Je n'ai pas cédé à
- 41:11Corinne, à ma femme.
- 41:11Je lui ai dit « Écoute,
- 41:12non,
- 41:12non,
- 41:12on repart maintenant,
- 41:13on part deux jours avant. »
- 41:14Mais il est hors de question qu'il revienne avec nous.
- 41:17Donc,
- 41:17on est parti et donc,
- 41:19il est resté là-bas.
- 41:20Nous,
- 41:20à l'époque,
- 41:21on n'a pas eu les moyens de laisser plus d'un an aux États-Unis.
- 41:24Donc,
- 41:24il est rentré.
- 41:26Et il a fait une mauvaise scolarité rentrant dans une école internationale à Aix-en-Provence.
- 41:30Et donc,
- 41:31on lui dit « mais qu'est-ce que tu veux faire ? »
- 41:32Il a dit « bon ben écoute,
- 41:33je vais faire ce que j'ai fait aux États-Unis,
- 41:34je vais partir en Espagne,
- 41:36je vais passer mon bac en Espagne » .
- 41:38Et quand on l'a amené en Espagne,
- 41:40malheureusement c'est un peu trompé,
- 41:43on l'a mis dans une famille d'accueil mais qui était des Catalans.
- 41:47Donc voilà,
- 41:48il a continué,
- 41:48il a passé le bac en Catalan.
- 41:50Il ne voulait pas aller à l'école espagnole.
- 41:54Après on lui a dit qu'est-ce que tu veux faire après le bac ?
- 41:56Il a dit je pars en Asie,
- 41:57je ne veux pas chinois,
- 41:59je veux partir de là.
- 41:59On est parti l'accompagner,
- 42:01on a fait Hong Kong,
- 42:01on a fait Shanghai,
- 42:02on a fait Pékin,
- 42:03différentes villes et le voilà parti dans une école à 200 km de Shanghai.
- 42:11Et puis là il vivait toujours depuis les États-Unis,
- 42:15depuis l'Espagne,
- 42:16partout il vivait avec des locaux.
- 42:18Et ce qu'on ne savait pas,
- 42:19c'est qu'à l'université où il était,
- 42:21il avait l'intention de vivre avec des Chinois.
- 42:22Mais lui,
- 42:23il était parti,
- 42:23il vivait avec des Chinois.
- 42:25Et donc au bout d'un an et demi d'école,
- 42:26ils se sont aperçus,
- 42:27ils ont dit
- 42:28« Vous rejoignez l'école,
- 42:30sinon vous êtes viré » .
- 42:33Il ne nous a rien dit.
- 42:35Il n'a pas accepté,
- 42:36il est resté,
- 42:36il a été viré.
- 42:37Et après,
- 42:37il a voyagé tout le temps.
- 42:38Bon,
- 42:39je vous fais le parcours,
- 42:40mais
- 42:40Arthur connaît la planète entière.
- 42:42On était très surpris de le voir revenir.
- 42:44Mais vraiment très surpris.
- 42:46On pensait que c'était un citoyen du monde.
- 42:48Il était citoyen du monde,
- 42:49il voyageait,
- 42:49il ne faisait que ça.
- 42:52Il est venu nous rejoindre.
- 42:53Mais naturellement,
- 42:54c'est pour ça que je peux vous dire que la transmission a été plus facile.
- 42:58C'est de lui-même qu'il est revenu.
- 42:59Quand à César,
- 43:00à 13 ans,
- 43:00il était sportif,
- 43:03il était en équipe de France de snowboard.
- 43:06Il devait aller aux Jeux Olympiques de Sochi.
- 43:09Ils se sont blessés,
- 43:10tous les snowboardeurs qui étaient avec lui.
- 43:12À l'époque,
- 43:13c'était du billard.
- 43:15Il est parti entraîner une équipe au Canada,
- 43:17à Whistler.
- 43:18Voilà il a étudié et
- 43:20César, à l'âge de 13 ans était parti à Stratton Mountain School.
- 43:24Et il a fait une année,
- 43:26il aurait dû faire deux ans,
- 43:27il s'entraîne avec l'équipe américaine.
- 43:29Bon,
- 43:29il est rentré.
- 43:30Et à l'époque,
- 43:31il a quitté l'école lui encore plus tôt que moi.
- 43:34Donc il n'est jamais allé à l'école.
- 43:36Mais il suivait des cours.
- 43:38Chaque fois qu'il avait le sens d'abord,
- 43:39il partait dans les pays de l'Est courir.
- 43:43Sa mère l'a obligé à passer le bac.
- 43:46Il a eu,
- 43:46sans jamais étudier,
- 43:4720 en maths.
- 43:48Alors bon,
- 43:48voilà,
- 43:49je vous raconte cette histoire parce que nous on n'a pas compris pour quel il y avait 20 en maths.
- 43:52Bon,
- 43:53peu importe.
- 43:54Et sa mère l'a obligé donc d'aller au Canada pour faire un master.
- 43:58Il est allé faire un master en gestion internationale,
- 44:02comptabilité et puis...
- 44:04Comme il a réussi,
- 44:05voyamment,
- 44:06son master,
- 44:06on est retourné le voir,
- 44:08ses diplômes.
- 44:09On lui dit « Écoute,
- 44:10toi qui aimes le sauvage et qui surfes beaucoup,
- 44:13on va t'amener à Hawaii. »
- 44:15Mais à Hawaii,
- 44:16il y a une bonne université,
- 44:17tu sais,
- 44:18à Honolulu,
- 44:19même que Paracomama,
- 44:21on lui a raconté un peu des histoires.
- 44:23Et quand on est arrivé là-bas,
- 44:24il a dit « Je vais vous dire la vérité tous les deux.
- 44:27Vous n'avez pas compris,
- 44:27je déteste les maths.
- 44:29Je déteste les maths.
- 44:30Donc j'arrête de travailler.
- 44:32C'est fini.
- 44:32Vous entendez ?
- 44:33C'est fini. »
- 44:35on n'a plus rien dit et
- 44:39César a continué sa vie et il est revenu il y a environ 3 ans et à 28 ans il a monté sa boîte de BTP il a une quarantaine de maçons aujourd'hui qui travaillent pour lui et voilà c'est pour ça qu'on n'a pas de leçon à donner nous on leur a plutôt mis des coups de pied aux fesses pour pas qu'ils reprennent la fouille douce et maintenant un
- 44:59s'occupe des travaux du développement de la fouille douce César et l'autre Arthur
- 45:04s'occupe de la promotion et du développement.
- 45:06Voilà.
- 45:07Merci Luc pour tout ce que tu as partagé dans le cadre de cet épisode.
- 45:10J'ai une toute dernière question à te poser,
- 45:12mais avant ça,
- 45:13si vous avez apprécié cet épisode,
- 45:15écoutez cet épisode autant que je n'ai eu de plaisir à l'animer comme à chaque fois.
- 45:18Faites-le nous savoir en partageant cet épisode,
- 45:21en commentant également le post LinkedIn qu'on va faire dans le cadre de cet épisode et puis en mettant 5 étoiles sur votre plateforme de streaming préférée.
- 45:28Luc,
- 45:28j'ai une toute dernière question.
- 45:30Est-ce que tu peux nous partager
- 45:33toute la différence dans ta vie,
- 45:35professionnelle comme personnelle,
- 45:37peu importe,
- 45:37mais que tu n'as pas encore partagé dans le cadre de cet échange.
- 45:40Ça peut être une simple phrase,
- 45:42une situation,
- 45:43quelque chose de positif,
- 45:44quelque chose de moins positif,
- 45:46une anecdote,
- 45:47peu importe,
- 45:47tu as carte blanche pour le mot de la fin.
- 45:51C'est difficile ne pas avoir peur et effectivement,
- 45:57je me suis rendu compte que dans les cas vraiment critiques...
- 46:00très difficile de la vie comme tout le monde a,
- 46:02je me suis rendu compte que je n'avais absolument pas peur et pas peur,
- 46:07je dirais,
- 46:08voilà,
- 46:08de la mort.
- 46:09Un jour,
- 46:10je m'entraînais pour le monitorat de ski,
- 46:13c'était dans le Vercors et à l'époque,
- 46:17dans les années 70,
- 46:19les fagnons,
- 46:20ce n'est pas des fagnons comme maintenant,
- 46:21ils ont des boules et puis ils se couchent,
- 46:23ils sont en plastique.
- 46:25À l'époque,
- 46:25c'était des bâtons comme des noisetiers qui étaient taillés.
- 46:30Donc avec l'épaule,
- 46:31j'ai pris un piqué que j'ai bien sûr,
- 46:33par exemple,
- 46:34le seul homme envoyé devant moi.
- 46:35Je l'avais repéré,
- 46:37mais je voulais faire un temps,
- 46:38je ne voulais pas m'arrêter.
- 46:40Donc au moment de passer le piqué,
- 46:42j'ai mis mes gants sur le fagnon et malheureusement,
- 46:46j'ai mal calculé la hauteur du fagnon.
- 46:51Ça a glissé et le fagnon m'a transpercé de part en part au-dessus du bassin.
- 46:59J'étais sur le côté,
- 47:01je voyais que je n'avais pas fait l'hémorragie,
- 47:02j'avais bien sûr très mal.
- 47:04Et les médecins qui sont arrivés à l'époque m'ont dit « Oh là là,
- 47:08donc ils ont fait venir un hélicoptère » .
- 47:09Et on a scié le bâton
- 47:1120 cm au-dessus du ventre et bien sûr
- 47:1520 cm à l'arrière.
- 47:16Et donc je suis parti en hélicoptère à Grenoble.
- 47:21Je me suis dit :
- 47:22« Qu'est-ce qui va se passer ? »
- 47:22Le médecin m'a dit :
- 47:23« Bon,
- 47:23écoutez,
- 47:24ce n'est pas grave.
- 47:25On va vous opérer.
- 47:28En principe,
- 47:30normalement,
- 47:30vous avez une partie du sexe qui est touchée,
- 47:37mais normalement ça devrait fonctionner en forme andorre,
- 47:40etc. »
- 47:41Et donc,
- 47:43après l'opération,
- 47:45je reste un mois à l'hôpital avec les drains.
- 47:48à la fin de mon séjour,
- 47:49mais pas tout à fait à la fin.
- 47:50Bien sûr,
- 47:51j'ai voulu voir si,
- 47:52effectivement,
- 47:53je pouvais toujours avoir quand même une érection.
- 47:56Et donc,
- 47:58je me suis mis de côté.
- 48:02Et bien sûr,
- 48:03j'ai tous les points le long de mon sexe qui ont explosé.
- 48:06L'infirmière est arrivée avec le chirurgien.
- 48:07Ils ont dit,
- 48:08bon,
- 48:08lui,
- 48:08il faut qu'il parte.
- 48:09Il m'a renvoyé chez moi.
- 48:11Mais ce que je veux dire,
- 48:12c'est qu'à aucun moment de cet accident,
- 48:15vous voyez,
- 48:16c'était un moment de la vie,
- 48:17mais je n'ai eu peur.
- 48:18Voilà.
- 48:20Après,
- 48:20j'ai beaucoup,
- 48:21beaucoup d'autres anecdotes à vous raconter.
- 48:24Mais voilà,
- 48:25c'est quelque chose qui me revient et qui me revient souvent,
- 48:27c'est tout le long du parcours de vie que j'ai eu parce que j'ai vraiment eu des moments très difficiles.
- 48:36Même pas peur,
- 48:36comme on dit.
- 48:37Voilà.
- 48:37Merci Luc.
- 48:38À bientôt.