Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / Ne pas pouvoir avoir d’enfants : parcours de femmes et flamme intérieure.
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- 0:03Flamme des années 80.
- 0:05Le podcast qui allume la femme.
- 0:10Moi,
- 0:11c'est Sarah.
- 0:12Et moi,
- 0:12c'est Angélica.
- 0:13Alors,
- 0:13au mois de janvier,
- 0:14on va vous parler de la maternité.
- 0:16Et pour ça,
- 0:17aujourd'hui,
- 0:17on reçoit deux femmes inspirantes qui,
- 0:19elles,
- 0:20n'ont pas eu d'enfants par circonstance de la vie.
- 0:22Donc,
- 0:23Séverine et Pascal,
- 0:24qui sont là pour nous raconter leur histoire.
- 0:26Bonjour.
- 0:27Bonjour.
- 0:29Ça va ?
- 0:30Oui.
- 0:32Un peu intimidée,
- 0:33mais ça va.
- 0:35Normal.
- 0:36Alors,
- 0:37qui veut commencer,
- 0:38se présenter,
- 0:39peut-être ?
- 0:40Pascale ?
- 0:41Rapidement.
- 0:41Rapidement.
- 0:42Je suis Pascale,
- 0:43j'ai 67 ans et je suis à la retraite maintenant,
- 0:46donc c'est assez court.
- 0:49J'habite en région parisienne.
- 0:51D'accord.
- 0:51Tu faisais quoi avant ?
- 0:53La plus grande partie du temps,
- 0:54j'étais informaticienne,
- 0:55j'étais chef de projet informatique et puis à la fin,
- 0:57je me suis reconvertie pour faire de l'orientation.
- 1:00professionnelle.
- 1:01J'ai créé un cabinet de bilan de compétences,
- 1:04orientation professionnelle.
- 1:05Voilà.
- 1:07Ok.
- 1:09Séverine ?
- 1:10Alors,
- 1:11moi,
- 1:11je suis Séverine.
- 1:12Je vis en région parisienne.
- 1:16Un peu comme Pascal,
- 1:17j'ai eu un autre métier avant.
- 1:18J'étais dans la sécurisation de recettes douanières.
- 1:21Et puis,
- 1:22j'ai fait une reconversion vers l'âge de 30 ans.
- 1:24Et aujourd'hui,
- 1:25je suis comédienne et voix off.
- 1:27Super.
- 1:28Et donc,
- 1:28vous n'avez pas d'enfants,
- 1:29toutes les deux ?
- 1:30Non.
- 1:30Et non.
- 1:31C'est un point commun.
- 1:32C'est un point commun.
- 1:34On en a découvert un autre avec Pascal,
- 1:35puisqu'on a vécu à Sèvres toutes les deux,
- 1:37mais oui,
- 1:39c'est notre point commun.
- 1:40D'accord.
- 1:40Et donc,
- 1:41en fait,
- 1:41c'est par circonstance de la vie,
- 1:42on peut appeler ça comme ça ?
- 1:44Oui,
- 1:45c'est-à-dire que moi,
- 1:45j'ai jamais choisi d'en avoir ou de ne pas en avoir.
- 1:49C'est surtout que je ne me voyais pas avoir un enfant sans homme avec moi,
- 1:52enfin sans père,
- 1:53quoi.
- 1:54Et comme je n'ai pas trouvé le père,
- 1:55bon,
- 1:55je n'ai pas eu d'enfant.
- 1:56Et puis...
- 1:57Voilà,
- 1:58mais je n'avais pas de projet d'avoir un enfant à tout prix.
- 2:02Donc,
- 2:03ça s'est fait comme ça.
- 2:04Et est-ce que dans ton parcours,
- 2:05il y a eu des moments où du coup,
- 2:06tu aurais voulu avoir rencontré quelqu'un ?
- 2:10J'aurais bien aimé,
- 2:11oui,
- 2:11avoir rencontré quelqu'un.
- 2:12Des fois,
- 2:12je l'ai pensé que je rencontrais la bonne personne,
- 2:15puis ce n'était pas le cas.
- 2:16D'ailleurs,
- 2:16assez vite,
- 2:17je m'imaginais avec des enfants quand je rencontrais un homme.
- 2:20Mais bon,
- 2:21voilà,
- 2:21après,
- 2:22ça s'est fait comme ça.
- 2:23Je n'ai pas vraiment regret.
- 2:27du point de vue de ma vie individuelle.
- 2:29J'ai plutôt regretté à cause du regard des autres.
- 2:33Je pensais que c'était un choix vraiment individuel,
- 2:35que ça ne regardait que moi.
- 2:37Et en fait,
- 2:38je me suis rendue compte que non,
- 2:39ça posait problème,
- 2:41question,
- 2:42pour être bien insérée dans la société.
- 2:46C'est surtout le regard des autres.
- 2:48Les paroles,
- 2:49le regard,
- 2:50oui.
- 2:51Et à tous les âges de la vie,
- 2:52tu la ressens ?
- 2:53Alors,
- 2:53plus particulièrement quand j'étais en âge d'avoir des enfants à la maison,
- 2:58enfin donc jusqu'à l'âge de 45 ans,
- 3:00quelque chose comme ça,
- 3:02vis-à-vis des collègues,
- 3:03par exemple,
- 3:04qui m'en parlaient,
- 3:06ou des voisins,
- 3:07enfin tout ça.
- 3:09La première question,
- 3:10tu as des enfants,
- 3:12donc que dire ?
- 3:13Ben non,
- 3:13et puis je ne savais pas quoi dire.
- 3:15Parce que ça faisait un peu comme un froid.
- 3:17Je n'ai jamais trouvé la bonne réponse.
- 3:19J'ai failli dire,
- 3:20j'en ai plus,
- 3:21par exemple,
- 3:21pour me dire,
- 3:22pour arrêter de dire que voilà,
- 3:25inventer une histoire tragique,
- 3:26au moins,
- 3:27voilà,
- 3:28qu'il y ait quelque chose qui ait du contenu.
- 3:30Mais là,
- 3:30qu'est-ce qu'on peut dire ?
- 3:31Je ne sentais qu'un peu comme une consternation.
- 3:35Alors,
- 3:35je disais que j'avais un charme,
- 3:36mais bon,
- 3:37ça n'allait pas non plus.
- 3:38Donc,
- 3:38je n'ai jamais trouvé d'heure,
- 3:39j'aimerais bien.
- 3:40Il y a des femmes qui ont une réponse à ça,
- 3:42que dire quand on n'a pas d'enfant,
- 3:44et puis que soi-même on n'en est pas spécialement gênée,
- 3:46mais on sent que ça ne colle pas par rapport à quoi d'ailleurs.
- 3:52Et puis maintenant,
- 3:56j'ai 67 ans,
- 3:57c'est complètement différent.
- 3:59En plus je suis à la retraite,
- 4:00alors le bonheur par rapport à ce thème-là,
- 4:03c'est que moi je vois maintenant que les gens qui me conviennent.
- 4:07Donc,
- 4:07s'il y a des gens qui commencent à me...
- 4:09à m'embêter par rapport au fait de ne pas avoir d'enfants.
- 4:12Je ne les vois pas.
- 4:13Alors que quand on travaille,
- 4:15on est tenu d'avoir des relations avec plein de gens différents,
- 4:19ne serait-ce que pour garder son travail ou en trouver.
- 4:24Donc,
- 4:24je n'ai plus trop ce problème.
- 4:27Peut-être qu'on en parlera un petit peu plus avant.
- 4:30Et du coup,
- 4:30ça fait écho,
- 4:31toi,
- 4:31Séverine,
- 4:31le regard des autres par rapport à...
- 4:33Ça fait énormément écho parce que moi,
- 4:37j'ai beaucoup vécu à l'étranger.
- 4:39Je suis issue de plusieurs cultures et la notion de famille,
- 4:42de construction de famille est importante.
- 4:44Et moi,
- 4:45j'ai toujours voulu être maman.
- 4:46Mais j'ai toujours voulu être maman depuis que j'ai l'âge de 14 ou 15 ans,
- 4:49quoi.
- 4:50Et j'avais le projet d'être une maman de famille nombreuse.
- 4:55Et par contre,
- 4:56il y avait une chose dont j'étais...
- 4:59Il y avait quelque chose de très clair chez moi,
- 5:01un petit peu comme toi,
- 5:02Pascal.
- 5:03C'était,
- 5:04je n'amènerai pas un être humain pour qu'il soit malheureux sur Terre,
- 5:07je veux un environnement pour cet enfant.
- 5:10Et donc,
- 5:11du coup,
- 5:11je veux le papa et je veux la famille qui va avec,
- 5:14je veux le copain.
- 5:16C'est certainement en lien avec mon parcours.
- 5:20Et la vie a fait que j'ai eu des compagnons.
- 5:24Quand on est jeune,
- 5:25on a tous ce projet-là un petit peu.
- 5:26et puis...
- 5:27Dans les pays où j'ai grandi et j'ai évolué en tant que jeune adulte,
- 5:32les gens se mariaient très jeunes.
- 5:34Et en fait,
- 5:34j'étais un petit peu la vieille fille.
- 5:36Mais à 23,
- 5:3724 ans,
- 5:37j'étais la vieille fille parce que je n'étais pas maquée,
- 5:39parce que je n'étais pas mariée et parce que je n'avais pas d'enfant.
- 5:42Donc,
- 5:42j'étais un petit peu pointée du doigt parce que j'étais un petit peu l'incasable.
- 5:48Mais pour moi,
- 5:49il y avait quelque chose qui était beaucoup plus important,
- 5:51c'était de trouver le bon partenaire de vie pour pouvoir accueillir.
- 5:56comme je le dis souvent,
- 5:57une âme,
- 5:58amener un enfant sur Terre,
- 5:59c'est une responsabilité.
- 6:01Et très jeune,
- 6:02j'avais conscience de cette responsabilité-là et je ne voulais pas amener un être humain sur Terre pour qu'il soit malheureux.
- 6:09En tout cas,
- 6:09il fallait que je fasse tout pour que le cadre soit au minimum là.
- 6:12Après la vie,
- 6:14elle se passe comme elle se passe,
- 6:15mais en tout cas,
- 6:15je devais essayer de donner le maximum de chance pour que tout se passe bien.
- 6:20Et puis,
- 6:20j'ai rencontré un compagnon de vie à l'âge de 25 ans.
- 6:24avec qui j'ai été pendant 5 ans.
- 6:27Et ça a fonctionné plutôt bien.
- 6:28Moi,
- 6:28j'étais dans une position de travail très établie.
- 6:31Je gagnais extrêmement bien ma vie,
- 6:33mon compagnon pareil et tout.
- 6:35Et puis,
- 6:35la vie a fait que je suis tombée enceinte.
- 6:38Et c'est pour ça que je dis,
- 6:39je n'ai pas d'enfant aujourd'hui,
- 6:40mais je répète,
- 6:42je n'ai pas d'enfant vivant.
- 6:43Parce que pour moi,
- 6:44cet enfant,
- 6:44il a existé.
- 6:45Et ce compagnon,
- 6:46en fait,
- 6:47n'a pas voulu de cet enfant parce que la chose qui était importante pour lui,
- 6:51c'était l'ascension professionnelle.
- 6:53C'était la richesse,
- 6:54etc.
- 6:55Alors qu'on avait vraiment tout ce qu'il fallait,
- 6:56on était plutôt bien l'outil.
- 6:58Et il m'a un petit peu laissée avec cette responsabilité-là.
- 7:03Donc je vais le dire en deux mots,
- 7:04parce que sur le moment,
- 7:06c'est très violent,
- 7:07mais vous allez voir comment les choses peuvent se passer des fois.
- 7:08Ça va peut-être inviter les personnes qui écoutent à mettre un peu plus de rondeur,
- 7:13même quand on veut dire un nom.
- 7:15Très contente,
- 7:16je lui ai annoncé que j'attendais un bébé.
- 7:18Ça faisait cinq ans qu'on était ensemble.
- 7:19Voilà,
- 7:20c'était la suite logique.
- 7:21Et il m'a regardée,
- 7:22il m'a fait « Bon,
- 7:24d'accord.
- 7:25Alors écoute,
- 7:26je vais aller faire du sport et je vais réfléchir. »
- 7:30Et je suis restée comme ça,
- 7:32avec ce truc-là en latence.
- 7:35J'habitais à l'époque dans un 500 mètres carrés et je tournais en rond dans le 500 mètres carrés.
- 7:42Et il y avait déjà ma petite voix intérieure qui me disait
- 7:44« Il ne veut pas de cet enfant et il ne le prendra pas,
- 7:47il ne l'acceptera pas. »
- 7:49Et moi,
- 7:49pendant ces deux heures où il est parti faire du sport,
- 7:52dans ma tête,
- 7:53j'ai commencé à me faire à l'idée et j'ai commencé à parler à voix haute à ce petit ou cette petite,
- 8:00mais je pense que c'est un petit garçon parce que je l'ai vraiment ressenti comme tel.
- 8:03Et j'ai commencé à lui parler,
- 8:04à lui expliquer que je ne pourrais peut-être pas l'accueillir parce que son père n'est pas en capacité et en maturité d'accueillir,
- 8:11de l'accueillir maintenant,
- 8:12mais que moi,
- 8:12je l'aimais déjà.
- 8:14Et au bout de deux heures,
- 8:15il est revenu et il m'a dit écoute,
- 8:18non.
- 8:18parce que ma carrière professionnelle est plus importante.
- 8:23J'ai dit très bien.
- 8:24Donc moi,
- 8:24je vais prendre la responsabilité,
- 8:27je vais l'enlever,
- 8:28je ne vais pas le garder.
- 8:29Parce que je t'ai toujours dit qu'un enfant,
- 8:31ça s'accueille à deux,
- 8:32et je n'ai pas l'intention de reproduire un schéma où l'enfant n'est pas accueilli,
- 8:36donc je vais faire le nécessaire.
- 8:37Et ce qui a été terrible dans ce moment-là,
- 8:40c'est que finalement,
- 8:41il m'a laissé tout gérer toute seule.
- 8:43Et comme moi,
- 8:44je vivais dans un pays un peu particulier à l'époque,
- 8:48Et que pour moi,
- 8:49c'était une sorte de honte de venir face à mes parents et à leur dire,
- 8:53écoutez,
- 8:53je suis avec quelqu'un depuis cinq ans qui n'accepte pas d'avoir un enfant avec moi.
- 8:56Je ne l'ai pas dit à mes parents.
- 8:58Donc,
- 8:58j'ai affronté tout ça toute seule.
- 9:00Il n'est même pas venu à l'hôpital.
- 9:03Et quand je suis...
- 9:04L'intervention en elle-même s'est très mal passée parce que je l'ai très mal vécue,
- 9:07parce que cet enfant,
- 9:07je le voulais.
- 9:09J'ai terminé cet IVG,
- 9:12on va dire le mot comme ça,
- 9:14dans une détresse absolue.
- 9:16Et il est venu me chercher avec 30 minutes de retard parce qu'il avait une réunion.
- 9:21Et je savais à ce moment-là que cet homme-là,
- 9:23je le quitterais.
- 9:25J'ai pris le temps,
- 9:26j'ai pris une année,
- 9:28le temps de me réparer,
- 9:30d'encaisser ce moment-là.
- 9:32Et je me suis séparée de cette personne.
- 9:34Et ça a été le point de mire pour moi,
- 9:38de me dire plus jamais je vivrai cette situation-là.
- 9:41Plus jamais je revivrai ça parce que je pense qu'il n'y a pas plus grande détresse qu'on puisse vivre.
- 9:46que quand on a envie d'un enfant et qu'au final,
- 9:48voilà.
- 9:49Et les années se sont passées,
- 9:52j'ai eu d'autres compagnons.
- 9:54Je n'en ai pas eu 50,
- 9:54mais j'en ai eu quelques-uns.
- 9:56Et ce n'étaient pas les partenaires avec lesquels je voyais une construction possible.
- 10:01Et puis,
- 10:03il y a maintenant sept ans...
- 10:04J'ai rencontré mon compagnon actuel,
- 10:08et lui est papa de deux filles.
- 10:10Et j'ai vu en lui un homme fantastique,
- 10:13mais un super papa,
- 10:14etc.
- 10:15Et c'est quelqu'un qui a tout de suite été dans la générosité de compréhension que lui avait deux enfants et qu'on entamait une nouvelle relation qui ne pouvait pas m'interdire,
- 10:25entre guillemets,
- 10:25d'avoir un enfant.
- 10:26Et il m'a tout de suite mis à l'aise vis-à-vis de ça en disant
- 10:28« Si jamais tu tombes enceinte,
- 10:30on le garde » .
- 10:31Et pour moi,
- 10:32rien que le fait d'avoir ce truc-là,
- 10:34je me suis dit
- 10:35« waouh » .
- 10:37Et puis la vie a fait quelque chose.
- 10:38Et la vie,
- 10:39elle est comme ça.
- 10:40Suite à un problème de santé,
- 10:43on m'a annoncé très violentement,
- 10:45quelques mois après cette rencontre,
- 10:47qu'en fait je ne pourrais pas avoir d'enfant.
- 10:49Et là,
- 10:50ça a été la déflagration.
- 10:52Parce que tout revient,
- 10:55on repense à la décision qu'on a prise quelques années plus tôt et on se dit « est-ce que j'ai fait le bon choix ? »
- 11:03Et là,
- 11:03on se retrouve avec la gestion de « bon,
- 11:06là en fait,
- 11:06je ne peux pas et je ne peux plus » .
- 11:09Une sorte de culpabilité peut-être ?
- 11:12Oui,
- 11:12une culpabilité,
- 11:15un sentiment d'injustice absolu parce que je crois qu'il faudrait avoir un permis pour avoir des enfants.
- 11:26Moi,
- 11:26pour moi,
- 11:27c'est quand je vois le nombre d'enfants en souffrance et le nombre de personnes qui peuvent avoir des enfants avec leur corps parce que leur corps leur permet qu'ils ne se rendent pas compte du privilège que c'est d'avoir un enfant et d'en prendre soin et que c'est une responsabilité.
- 11:39C'est pas parce que juste on tire un coup et que moi,
- 11:43je me rends compte de toute la prise de conscience que dans laquelle je suis depuis des années et dans laquelle j'étais finalement déjà à l'adolescence.
- 11:52Je me dis mais quelle injustice parce que moi,
- 11:54finalement,
- 11:54j'en demandais.
- 11:55Au départ,
- 11:55j'en voulais 25,
- 11:56mais au final,
- 11:58j'aurais été très heureuse d'en avoir juste un.
- 12:00Mais au moins,
- 12:01je lui aurais donné le tout,
- 12:02le maximum.
- 12:04Je me rendais compte du privilège que c'était.
- 12:06Et là,
- 12:06moi,
- 12:06par contre,
- 12:06je ne peux pas en avoir.
- 12:08Et ça a été terrible.
- 12:10Et ce qui a été le plus terrible,
- 12:11ça a été de le vivre dans un silence absolu parce que la société fait que c'est un peu ce que tu disais tout à l'heure,
- 12:20Pascal.
- 12:20Tu n'as pas encore d'enfant.
- 12:23Mais en fait,
- 12:23on ne sait pas les combats invisibles que nous menons.
- 12:26Je dis les combats invisibles parce que c'est vraiment des combats invisibles.
- 12:29C'est des combats invisibles.
- 12:30Et quand vous m'avez proposé de me rencontrer,
- 12:33tu le sais,
- 12:34Sarah,
- 12:35j'ai beaucoup hésité à me présenter parce que c'est des combats qu'on ne soupçonne pas.
- 12:39Parce que quand on me voit comme ça,
- 12:40je pète la forme et c'est vrai,
- 12:41je vais très bien et tout.
- 12:43Mais oui,
- 12:43beaucoup de gens mènent des combats invisibles.
- 12:45Et c'est ce qu'il faudrait,
- 12:46c'est qu'on soit indulgents les uns envers les autres.
- 12:49Et pas jugés.
- 12:50Et pas jugés.
- 12:51Parce qu'en fait,
- 12:51on ne sait pas.
- 12:52Et ce que tu disais tout à l'heure par rapport au regard des autres,
- 12:55moi,
- 12:55je me suis retrouvée des fois en tournage où j'avais des copains,
- 12:58mais que je ne connaissais pas plus que ça,
- 12:59qui venaient et disaient « Eh oh,
- 13:01t'as vu l'heure qui tourne là ?
- 13:02C'est quand tu nous fais un mioche,
- 13:03toi ? »
- 13:03Mais en public.
- 13:04Ah bon ?
- 13:05Ouais.
- 13:05Ça m'est arrivé au travail.
- 13:07Et je me rappelle,
- 13:08d'une fois,
- 13:08c'était il y a trois ans,
- 13:10j'étais donc dans ce deuil de la non-maternité,
- 13:12parce qu'on parle de la maternité,
- 13:14mais c'est important de parler de la non-maternité.
- 13:16C'est aussi autre chose.
- 13:17et j'avais une réaction extrêmement violente.
- 13:19Je me disais,
- 13:20qu'est-ce que tu sais de ma vie ?
- 13:21Est-ce que tu sais que je ne peux pas avoir d'enfant ?
- 13:23Est-ce que tu sais la douleur que moi je vis et la force qu'il faut que je trouve chaque matin pour faire le deuil de ma non-maternité ?
- 13:29Est-ce que tu te rends compte ?
- 13:30Et ça avait laissé la personne un peu gênée et tout,
- 13:33mais ouais,
- 13:34les gens s'autorisent en fait à faire des réflexions,
- 13:37à imaginer des choses,
- 13:38de comment les choses devraient être.
- 13:39Mais des fois,
- 13:41les choses ne se passent pas comme on a envie,
- 13:43quoi.
- 13:44Ça,
- 13:44c'est certain.
- 13:45Voilà.
- 13:47Donc ouais,
- 13:47c'est des combats invisibles et ça me demande du courage d'en parler.
- 13:52Merci en tout cas,
- 13:53merci de partager ça avec nous
- 13:55C'est vrai que...
- 13:56Et est-ce que Pascal,
- 13:57il y a des choses qui résonnent dans ce que vient de dire Séverine par rapport à ton expérience ?
- 14:03Je me disais,
- 14:03c'est que moi j'ai même pas de raison d'avoir souffert de quelque chose tu vois,
- 14:08c'est-à-dire que je me sens pas à l'aise de me présenter sans enfant,
- 14:14alors que je peux même pas dire oui,
- 14:16c'est parce que j'ai pas pu j'ai été malade,
- 14:18oui,
- 14:18j'aurais bien voulu mais j'ai pas pu,
- 14:20non ...
- 14:21Donc,
- 14:22je ne sais même pas quoi dire.
- 14:24C'est-à-dire que c'est une absence ?
- 14:26Oui,
- 14:26parce qu'il t'est arrivé quand même quelque chose.
- 14:28Oui,
- 14:28mais oui.
- 14:30J'avais 36 ans,
- 14:31en fait,
- 14:31oui,
- 14:31parce que je me suis fait opérer d'une petite intervention,
- 14:34vraiment,
- 14:35qui devait être mineure.
- 14:35C'était un fibrome.
- 14:37Et puis,
- 14:37en fait,
- 14:38le chirurgien s'est rendu compte que j'avais des trompes qui étaient très fines.
- 14:43Et donc,
- 14:43il a jugé que c'était dangereux,
- 14:45que je pouvais avoir une grossesse extra-utérine.
- 14:47Donc,
- 14:47il les a coupées.
- 14:48Mais non.
- 14:49Sans me demander.
- 14:50Sans me demander,
- 14:50oui.
- 14:50Mais non.
- 14:51Si,
- 14:51si.
- 14:52Et j'avais 36 ans,
- 14:54puis ce n'était pas que l'époque comme maintenant.
- 14:56Maintenant,
- 14:57on irait se plaindre,
- 14:58enfin tout ça,
- 14:58je veux dire.
- 14:59J'ai été scotché et puis j'ai accepté,
- 15:01j'ai rien dit,
- 15:02enfin accepté,
- 15:03j'ai pleuré,
- 15:04il est venu me dire,
- 15:05mais vous savez maintenant on fait des PMA,
- 15:11des choses comme ça,
- 15:11ne vous inquiétez pas,
- 15:12d'ailleurs on a un service là,
- 15:14puis je vais faire venir la personne qui est spécialisée dans ce domaine,
- 15:18qui va venir vous expliquer,
- 15:19ce que j'ai appris par ailleurs,
- 15:21par après.
- 15:22Comme j'étais célibataire,
- 15:23je n'aurais jamais eu droit à cette fameuse PMA à l'époque.
- 15:27Donc,
- 15:28c'était interdit à l'époque.
- 15:30Ce n'était pas autorisé pour les personnes.
- 15:31C'était autorisé depuis très peu de temps.
- 15:32Très peu de temps,
- 15:32exactement.
- 15:33Oui,
- 15:33tout à fait.
- 15:34Donc,
- 15:34bon,
- 15:34je n'aurais même pas pu.
- 15:37Et voilà.
- 15:38Mais c'est vrai que ça m'a...
- 15:41J'ai pris quand même...
- 15:42J'étais quand même restée dans l'idée que peut-être je pouvais avoir,
- 15:44par une intervention médicale,
- 15:46avoir un enfant.
- 15:48Et donc,
- 15:48je ne sais pas,
- 15:49c'est passé comme ça.
- 15:49J'ai fait un petit cauchemar quand même.
- 15:52Mais je ne l'ai pas...
- 15:55Comme,
- 15:55ouais,
- 15:56j'étais quand même assez,
- 15:58je ne sais pas,
- 15:58un peu enfantine ou naïve dans ma tête,
- 16:00en fait.
- 16:01Réagir un peu comme un enfant et qui on dit,
- 16:03c'est comme ça,
- 16:05c'est comme ça.
- 16:05Et puis voilà,
- 16:06c'est tout.
- 16:07Puis comme je n'avais pas une volonté absolue d'avoir un enfant,
- 16:10que je n'avais toujours pas de père,
- 16:12j'avais 36 ans et je me disais,
- 16:14à cet âge-là,
- 16:15c'est quand même déjà un peu mal barré.
- 16:17Je ne me voyais pas avoir un enfant après 40 ans.
- 16:20C'était...
- 16:20Maintenant,
- 16:21c'est vrai que les femmes en ont beaucoup plus tardivement.
- 16:24Mais à cette époque,
- 16:25ça me semblait...
- 16:26Je ne voulais pas être une vieille maman,
- 16:27en fait.
- 16:28Et donc,
- 16:29je me disais,
- 16:30de toute façon,
- 16:30c'était déjà assez mal parti.
- 16:32Donc voilà,
- 16:33je l'ai pris comme ça.
- 16:34Pas trop mal quand même.
- 16:36Oui,
- 16:37on est un peu sans...
- 16:39Moi,
- 16:39je suis choquée.
- 16:42Parce qu'en fait,
- 16:42je me rends compte que les choses ne changent finalement pas.
- 16:45On décide pour nous,
- 16:46on décide pour nos corps.
- 16:48Comment est-ce qu'on peut s'autoriser ?
- 16:49en tant que médecin,
- 16:50quand on a prêté le serment d'Hippocrate.
- 16:53J'ai argumenté quand même en disant qu'il fallait que c'était pour mon bien.
- 16:57Il aurait fallu me réouvrir.
- 16:59Oui,
- 17:00mais c'est une décision qui t'appartenait.
- 17:03En cas où tu décidais.
- 17:05C'est ça.
- 17:06C'est une décision que notre corps nous appartient.
- 17:09On n'a pas le droit d'en disposer.
- 17:12Hormis en cas d'urgence vitale.
- 17:14Quand on prête le serment d'Hippocrate,
- 17:16mon père est chirurgien,
- 17:17quand on prête le serment d'Hippocrate,
- 17:19Mais on ne s'autorise pas à faire ce genre de choses.
- 17:22Moi,
- 17:22je trouve ça extrêmement violent pour moi.
- 17:24Parce que c'était à toi de décider si tu avais envie ou pas qu'on t'enlève un morceau de ton corps ou pas,
- 17:31et de faire ou pas.
- 17:32Et on est en 2023,
- 17:342024,
- 17:37aube 2024.
- 17:39Mais pitié,
- 17:40laissez les femmes décider de leur corps.
- 17:41Demandez-leur,
- 17:42posez-leur la question.
- 17:43Nous sommes concernées.
- 17:44Arrêtez de prendre les décisions pour nous.
- 17:46Arrêtez de décider pour nous de ce qui est bien et de ce qui n'est pas bien.
- 17:49C'est comme dernièrement,
- 17:49j'ai vu il n'y a pas très longtemps sur une émission de télé,
- 17:52où tu avais sept bonhommes qui étaient en train de parler de la ménopause.
- 17:54Mais est-ce que vous savez de quoi vous parlez ?
- 17:56Mais parce qu'il y a votre putain de place en fait !
- 17:59Est-ce qu'on vient de vous parler de l'endropause ?
- 18:00Est-ce qu'on sait nous ce que vous vivez au moment de l'endropause ?
- 18:03Mais foutez-nous la paix !
- 18:04Ils ne savent pas souvent que ça existe l'endropause.
- 18:07Oui !
- 18:07Si je peux me permettre,
- 18:08c'est bizarrement qu'ils ne connaissent pas trop.
- 18:12Je trouve ça extrêmement violent pour les hommes qui se comportent bien.
- 18:15Et pour le personnel médical qui a la bonne approche.
- 18:19Parce que finalement,
- 18:19on les assimile à ceux qui ne se comportent pas bien.
- 18:21Tu sais,
- 18:21c'est comme quand tu prends un morceau de neige et que tu mets une tâche d'encre noire.
- 18:25On va voir que la tâche d'encre...
- 18:27Et malheureusement,
- 18:28il y a des hommes et des médecins qui se permettent de faire...
- 18:30Moi,
- 18:31c'est...
- 18:31C'est un gros sujet.
- 18:32Tout le monde se fait un sujet de la médecine,
- 18:34surtout actuellement.
- 18:34Donc,
- 18:35je crois qu'on peut...
- 18:36On va parler de la santé.
- 18:38Oui,
- 18:39au mois de mars,
- 18:39on va parler de la santé.
- 18:40Exactement.
- 18:41Mais pour revenir,
- 18:43du coup,
- 18:43Pascal...
- 18:45Donc,
- 18:45tu te réveilles de ton opération et donc,
- 18:48le médecin te dit...
- 18:49Il passe dans la chambre,
- 18:51gentiment,
- 18:51il ferme la porte et puis il vient m'annoncer ça avec beaucoup de douceur,
- 18:54oui.
- 18:54Oui,
- 18:55ben oui.
- 18:56Et après,
- 18:57il te dit que tu peux faire un parcours.
- 18:59Oui.
- 18:59Et après,
- 18:59est-ce qu'il décide de te suivre quand même ?
- 19:01Est-ce qu'on te propose de voir un psychologue ?
- 19:03Ah non,
- 19:03non.
- 19:04C'était il y a 30 ans.
- 19:05Ah non,
- 19:05il y a...
- 19:06Non,
- 19:06non,
- 19:06un psychologue,
- 19:07non.
- 19:07Non,
- 19:07le psychologue,
- 19:08disons que c'était surtout le médecin qui est venu m'expliquer comment,
- 19:11au cas où j'ai envie d'un enfant,
- 19:13comment je pourrais faire.
- 19:14C'était plutôt,
- 19:15je pense qu'il le prenait comme ça.
- 19:17On ne t'a pas proposé d'être accompagnée par rapport à ce qui est arrivé ?
- 19:20Non,
- 19:21non,
- 19:21ça,
- 19:21oui.
- 19:21Ah non,
- 19:22non,
- 19:22puis je ne l'aurais pas.
- 19:23Oui,
- 19:24c'est vrai que non,
- 19:25pas du tout.
- 19:26C'est vrai qu'à l'époque,
- 19:27c'était différent,
- 19:28même si on a fait quand même quelques scolées.
- 19:29C'était l'hôpital des Diaconesses.
- 19:31Alors pour moi,
- 19:31les Diaconesses,
- 19:32ça veut dire des femmes qui sont,
- 19:34je ne sais pas,
- 19:34j'imagine quelque chose de très maternel.
- 19:36D'ailleurs,
- 19:36il y avait une maternité,
- 19:37bien sûr,
- 19:37dans cet endroit.
- 19:38Ah bah,
- 19:38dis donc !
- 19:40Non,
- 19:40mais je n'ai pas mal pris,
- 19:41finalement.
- 19:42Peut-être que je l'ai enfouie,
- 19:43je ne sais pas.
- 19:46Non,
- 19:46j'avoue que ça m'a fait un peu de mal,
- 19:49mais pas trop,
- 19:50quand même.
- 19:51Je pense qu'à un moment donné,
- 19:53l'être humain est bien fait,
- 19:54il y a une part du cerveau qui protège aussi.
- 19:56Oui,
- 19:56peut-être,
- 19:56oui,
- 19:57je sais.
- 19:57Oui,
- 19:58il fait en sorte que ça ne fait pas partie des choses qui m'ont beaucoup traumatisée en fait.
- 20:08Très bien,
- 20:09mais du coup parce que moi je vais poser une question peut-être bête ça sert à ça aussi Donc voilà,
- 20:16en fait du coup une fois qu'on t'avait enlevé les trompes,
- 20:19il était impossible de faire un enfant à part un enfant Quand il reste les ovules parce qu'on n'a pas atteint les ovaires mais il n'y a pas de tuyau quand il permet de...
- 20:31D'aller nicher.
- 20:32Oui,
- 20:32donc du coup,
- 20:32il faut passer par une intervention externe,
- 20:34mais c'est possible.
- 20:35Oui,
- 20:35c'est possible.
- 20:36Si tu étais à l'époque,
- 20:37donc il fallait être mariée.
- 20:38Ah oui,
- 20:39d'accord.
- 20:39Et donc,
- 20:40c'est ce qu'on ne m'a pas dit.
- 20:41Oui,
- 20:42oui,
- 20:42oui.
- 20:42En couple,
- 20:43peut-être,
- 20:43il fallait,
- 20:43je ne sais pas.
- 20:44En tout cas,
- 20:44il y avait un côté administratif qui se mêlait de ta vie.
- 20:47Bien sûr,
- 20:48oui.
- 20:48Et qui disait si tu avais le droit ou pas.
- 20:49Alors,
- 20:50quand tu fais naturellement,
- 20:51tu ne demandes rien.
- 20:53Ça se fait comme tu disais,
- 20:54très facilement.
- 20:55Et là,
- 20:56ça devenait compliqué.
- 20:57D'où le permis d'être parent.
- 20:58Le permis de parole.
- 21:01Ah oui.
- 21:04Ah,
- 21:04il y a du boulot,
- 21:05hein ?
- 21:07Ah bah oui,
- 21:07c'est sûr.
- 21:08Ah,
- 21:08il y a du boulot,
- 21:09hein.
- 21:09Et est-ce que,
- 21:10vu comme,
- 21:11enfin,
- 21:12on va aller dans quelque chose de plus positif,
- 21:15vous avez quand même réussi,
- 21:16finalement,
- 21:19à accepter,
- 21:19en fait,
- 21:20une forme de résilience,
- 21:22dans un sens,
- 21:23et pour toi,
- 21:23et pour toi,
- 21:24Séverine.
- 21:25Et qu'est-ce que,
- 21:26si aujourd'hui,
- 21:27des femmes nous écoutent et sont en train de vivre,
- 21:29soit,
- 21:30peut-être...
- 21:30Quelque chose de différent,
- 21:31mais une intervention chirurgicale ou un événement.
- 21:33Moi,
- 21:34ce n'est pas ça qui m'a fait une barrière.
- 21:36C'est plutôt quand j'ai eu 40 ans.
- 21:38Là,
- 21:38je me suis dit,
- 21:39c'était la date.
- 21:40La date m'a été donnée,
- 21:41la date,
- 21:42l'âge.
- 21:43Et je me suis dit,
- 21:44là,
- 21:44ça y est,
- 21:44c'est terminé.
- 21:45C'est plutôt une décision,
- 21:48je ne sais pas,
- 21:49ça venait de l'intérieur.
- 21:50Là,
- 21:50je maîtrise.
- 21:51C'est moi qui avais décidé qu'à 40 ans,
- 21:53je ne ferais plus d'enfants.
- 21:55Et quand c'est arrivé,
- 21:56c'est là que ça m'a fait un choc beaucoup plus que quand j'ai eu ce problème.
- 21:59Ça a été un choc que tu as fait.
- 22:01Oui,
- 22:01oui.
- 22:02Parce qu'au jour de tes 40 ans,
- 22:03tu t'es dit,
- 22:03bon,
- 22:03ça y est,
- 22:04moi,
- 22:04je m'étais donné ça.
- 22:05Et donc,
- 22:05voilà,
- 22:05je n'aurais pas d'enfants.
- 22:06Je pensais que je n'aurais plus d'enfants.
- 22:07Et d'ailleurs,
- 22:08un truc bizarre,
- 22:09enfin,
- 22:09qui m'a un peu surpris,
- 22:10c'est que je me suis moins intéressée aux hommes.
- 22:12C'est bizarre.
- 22:13Oui,
- 22:13oui.
- 22:15C'est bien.
- 22:15Je veux dire,
- 22:16même du point de vue sexuel,
- 22:17j'étais étonnée que ça avait moins de magie en coche,
- 22:21donc j'étais moins motivée.
- 22:22Oui,
- 22:22parce qu'il y avait moins la recherche du père idéal.
- 22:24Oui,
- 22:24et puis de ce miracle aussi,
- 22:27qu'un acte sexuel puisse déboucher sur une nouvelle vie.
- 22:32Je ne me rendais pas compte de tout ça avant de savoir qu'il n'y aurait plus.
- 22:38Inconsciemment,
- 22:39en fait.
- 22:39Oui,
- 22:39oui,
- 22:40tout à fait.
- 22:40Inconsciemment,
- 22:41oui.
- 22:41Est-ce qu'il y a d'autres choses qui t'ont sauté aux yeux,
- 22:43du coup ?
- 22:44Parce qu'il y a ça,
- 22:45une fois que tu t'es dit,
- 22:46c'est bon,
- 22:46je n'aurai plus d'enfant.
- 22:48Est-ce qu'il y a d'autres choses dont tu ne te rendais pas compte avant ?
- 22:52Non,
- 22:53je ne me souviens pas en tout cas.
- 22:55Non,
- 22:55je ne crois pas.
- 22:57Je ne m'en souviens pas.
- 23:00Et est-ce que vous auriez des conseils,
- 23:01par exemple,
- 23:02à donner à des femmes qui nous écoutent et qui viennent justement d'avoir soit des nouvelles de santé,
- 23:07soit arriver à l'âge justement ?
- 23:10Oui,
- 23:10ça peut flirter à la fois ou en avant.
- 23:12Ce moment en fait un peu charnière,
- 23:16est-ce que vous avez des conseils ou des choses que vous aimeriez partager ?
- 23:19En fait,
- 23:21je ne pense pas qu'on puisse donner de conseils parce que chaque femme va vivre ce moment de maternité ou de non-maternité à sa manière,
- 23:28en fonction de son vécu,
- 23:29en fonction de l'accompagnement aussi des personnes qui sont autour d'elle,
- 23:32etc.
- 23:33Moi,
- 23:33ce que je voudrais dire,
- 23:33c'est que tout à l'heure,
- 23:34tu disais quelque chose sur le côté un peu,
- 23:37on est venu t'annoncer comme ça,
- 23:39bon,
- 23:39on vous a enlevé le machin.
- 23:40Moi,
- 23:41je voudrais revenir sur une étape qui est cruciale pour la question que tu viens de poser.
- 23:47C'est le moment où moi,
- 23:47j'étais partie faire des tests pour voir si tout fonctionnait bien,
- 23:50parce que j'étais au taquet et qu'il y avait peut-être une possibilité d'avoir un enfant.
- 23:55C'est la manière dont ma gynéco m'a reçue.
- 23:57Donc,
- 23:57je suis arrivée dans le truc et elle me dit « Bon,
- 24:00Séverine,
- 24:00je ne vais pas passer par quatre chemins.
- 24:02Donc,
- 24:02voilà,
- 24:02vous ne pouvez pas avoir d'enfant,
- 24:03donc il va falloir faire votre deuil.
- 24:04Je suis désolée,
- 24:05il faut que je vous laisse parce qu'en fait,
- 24:06j'ai une patiente juste derrière. »
- 24:08Mais non.
- 24:09Mais si.
- 24:10Et c'est comme ça que moi,
- 24:11je l'ai eue,
- 24:12la nouvelle.
- 24:13Donc vous imaginez,
- 24:14entre la manière de vous le dire...
- 24:16et la manière de le vivre,
- 24:19l'annonce du truc,
- 24:20ça a été absolument terrible.
- 24:22Je ne sais même pas comment j'ai fait pour rentrer chez moi.
- 24:25Moi,
- 24:26ce que je veux dire,
- 24:27je ne vais pas mentir ou cacher les années qui viennent de passer.
- 24:33Je viens de passer certainement les années les plus difficiles de ma vie.
- 24:37Mais en même temps,
- 24:38ce que je voudrais dire à la femme ou aux femmes qui m'entendent et qui ont une résonance avec ce que moi j'ai vécu ou avec ce que Pascal a vécu,
- 24:46C'est vous dire,
- 24:47une maternité ou une non-maternité ne vous définit pas.
- 24:51Ce n'est pas ça qui va faire de vous la femme et ce que vous allez accomplir par la suite.
- 24:57Moi,
- 24:57j'ai eu une phase de deuil très importante.
- 25:00Je l'ai eu inconsciente et consciente à un point que je m'étais teint les cheveux en noir.
- 25:04Alors,
- 25:04je suis blonde.
- 25:05Je l'ai réalisé il n'y a pas très longtemps.
- 25:07C'était comme si je portais le voile noir sur la non-maternité que j'aurais voulu avoir.
- 25:11Et c'est vrai qu'au tout départ,
- 25:13je n'arrivais pas à imaginer qu'il pouvait y avoir autre chose après.
- 25:17Et quelque chose de lumineux,
- 25:18quelque chose de bien.
- 25:20Pour moi,
- 25:21la vie,
- 25:21elle s'arrêtait,
- 25:22mais parce que ce n'était pas finalement le regard que moi j'avais.
- 25:25C'était le regard qu'on pouvait me porter.
- 25:27Et moi,
- 25:28ce que j'ai envie de dire à ces femmes-là,
- 25:30c'est que ça m'a demandé un travail personnel profond.
- 25:33J'ai entamé un cheminement avec quelqu'un qui m'a accompagnée.
- 25:37C'est important de se faire accompagner,
- 25:38parce qu'on ne peut pas tout dire à ses proches.
- 25:42On n'a pas l'espace de tout dire à ses proches,
- 25:43parce que nos proches ne sont pas dans nos baskets et peuvent ne pas comprendre.
- 25:46Et c'est OK.
- 25:47On a besoin d'être avec quelqu'un qui soit impartial,
- 25:49quelqu'un qui soit objectif et qui soit juste là à l'écoute,
- 25:53qui soit là pour entendre,
- 25:55pour accueillir la parole,
- 25:56la souffrance et qui va nous donner des clés objectives,
- 25:59pas des clés avec des jugements parce que c'est un amoureux,
- 26:03c'est une amie,
- 26:04etc.
- 26:05Je trouve que c'est important de se faire accompagner.
- 26:07Il ne faut pas hésiter à faire des recherches d'associations,
- 26:10de groupes de paroles.
- 26:11Il existe des groupes de femmes où on peut s'exprimer et on a la liberté de s'exprimer dans...
- 26:16Toute la détresse et aussi dans toute la colère,
- 26:19parce que ça génère aussi beaucoup de colère.
- 26:21Et ce que j'ai envie de dire,
- 26:22c'est que si aujourd'hui je vais bien,
- 26:24c'est parce que j'ai accueilli toutes les émotions qui m'ont traversée,
- 26:32qui m'ont noyée.
- 26:34J'ai décidé d'embrasser ma misère la plus profonde sur ma non-maternité.
- 26:42J'ai décidé qu'il fallait que j'aille au bout de ça.
- 26:46pour que quelque chose de plus lumineux en ressorte.
- 26:49Et donc j'ai fait un cheminement personnel,
- 26:51je me suis remis au sport,
- 26:53j'ai réétabli mes objectifs de vie,
- 26:57j'ai surtout compté les belles choses que j'avais autour de moi et sur lesquelles je pouvais compter.
- 27:00Et on a de belles choses autour de nous,
- 27:02on a de belles personnes autour de nous.
- 27:06Et j'ai décidé que ça n'allait pas me définir.
- 27:09Et j'ai décidé que j'allais,
- 27:10à partir de ce moment-là,
- 27:12arrêter de laisser les autres me définir par rapport à leur regard.
- 27:15Je suis ce que je suis et votre regard ne me définit pas.
- 27:19Et à partir de ce moment-là,
- 27:20j'ai mis en place plein de choses qui ont permis beaucoup de libération émotionnelle,
- 27:25beaucoup de compréhension,
- 27:27de prise de conscience aussi,
- 27:28de schéma peut-être dans lesquels j'étais.
- 27:30Et j'ai décidé que j'allais faire du reste de ma vie ma plus belle vie.
- 27:35Et donc,
- 27:37je me suis jetée à corps perdu dans le travail.
- 27:41Je me suis jetée à corps perdu dans mon couple.
- 27:44Et cette non-maternité et ce deuil de la non-maternité arrivait à...
- 27:51En fait,
- 27:52j'ai vécu les deux,
- 27:52la maternité et la non-maternité.
- 27:59J'ai compris à travers mon cheminement que être maman avec son corps,
- 28:02c'est une chose,
- 28:04mais on peut être maman avec son cœur.
- 28:06Et j'ai décidé d'être la maman de beaucoup d'enfants.
- 28:09Et donc,
- 28:09ce que j'ai fait,
- 28:10c'est que je suis avec une association.
- 28:13où je suis la marraine de
- 28:15José et de Thomas,
- 28:16si vous m'entendez,
- 28:17je vous embrasse,
- 28:17mes petits pouliennes,
- 28:19qui sont au Togo.
- 28:20Et j'essaye de pouvoir leurs besoins,
- 28:24j'essaye de pouvoir leurs besoins scolaires,
- 28:26etc.,
- 28:26les cadeaux,
- 28:27les trucs,
- 28:27les machins.
- 28:28J'ai la chance d'avoir deux nièces et deux neveux,
- 28:31dont je suis très proche.
- 28:33Et c'est surtout,
- 28:33je suis...
- 28:35J'ai une espèce d'ouverture avec les enfants,
- 28:37je me rends compte,
- 28:38qui font que...
- 28:39Enfin,
- 28:40qui fait que...
- 28:43je vais être maman d'une certaine manière,
- 28:46sans l'avoir été avec mon corps finalement,
- 28:48mais je vais l'être dans mon cœur et dans ma tête.
- 28:51Et je vais être très portée justement sur le bien-être de l'enfant,
- 28:55sur le soutien à l'enfant.
- 28:57Et donc du coup,
- 28:58j'ai décidé d'axer mon champ d'action là-dessus.
- 29:02Et ce qu'il y a de fou,
- 29:03c'est qu'il y a une vie après ça.
- 29:06Et on peut être très bien.
- 29:08Et on peut être très bien dans ses baskets.
- 29:11Et on peut faire le deuil de tout ça.
- 29:13et on peut même réaliser que finalement en tout cas moi,
- 29:15tout ce cheminement là m'a permis de réaliser que je n'ai peut-être pas eu d'enfant là dans cette vie mais ça m'a permis en fait de me rapprocher de mon propre enfant intérieur de me réconcilier avec mon propre enfant intérieur et
- 29:31de vivre tout simplement et donc je vis,
- 29:35je profite j'apprécie,
- 29:37j'essaye de faire le maximum de choses qui m'enrichit
- 29:43Et comment tu fais par rapport aux gens qui ont des enfants ?
- 29:46Comment tu te comportes ou comment tu te sens ?
- 29:50Je me sens très bien au départ,
- 29:51les deux premières années.
- 29:53Dès que je voyais des enfants ou des personnes qui avaient des poupons,
- 29:56je pleurais.
- 29:59Et maintenant ?
- 30:00En fait,
- 30:01il y a une bascule qui s'est passée un petit peu comme toi.
- 30:04C'est-à-dire qu'à un moment donné,
- 30:05je me suis dit,
- 30:05en fait,
- 30:06tu ne peux pas.
- 30:07Ton corps ne peut pas.
- 30:09Et en fait,
- 30:10ça sert à quoi de te laisser aller dans quelque chose que tu ne peux pas maîtriser ?
- 30:14Et moi,
- 30:14je suis quelqu'un de très spirituel.
- 30:15Et du coup,
- 30:17je vais du principe que les épreuves que nous vivons sont là.
- 30:22On a un choix.
- 30:23Soit on en tire de la peine,
- 30:25soit on en tire une leçon ou un enseignement.
- 30:28Et moi,
- 30:28j'ai décidé d'en prendre un enseignement.
- 30:30Et je me suis dit que je devais être heureuse pour ces gens qui avaient des enfants.
- 30:37Et que c'était bien que ces enfants aient des parents comme ceux que je croisais,
- 30:40parce que c'était des super parents.
- 30:42Et que j'allais être la tati qui déchire pour tous ces gamins-là.
- 30:45Et donc,
- 30:46pour tous les couples autour de moi qui ont des enfants,
- 30:49j'ai le surnom de la tati qui déchire.
- 30:51C'est-à-dire que je vais être la tati un peu folding,
- 30:54qui va faire plein de trucs un peu cinglés,
- 30:55avec lesquels les gamins vont s'éclater et tout.
- 30:57Et ça,
- 30:58en fait,
- 30:58ça a réveillé vraiment mon enfant intérieur et je le vis très bien.
- 31:04Et je le vis très bien.
- 31:04Et aujourd'hui,
- 31:06je réalise que...
- 31:08Alors,
- 31:08je ne sais pas,
- 31:09c'est très ambivalent.
- 31:11Je ne sais pas si c'était une bonne chose de ne pas avoir d'enfant vivant.
- 31:15Parce que le premier que j'ai eu,
- 31:17voilà,
- 31:17ça restera mon enfant.
- 31:20Mais aujourd'hui,
- 31:20ça me permet de me...
- 31:21consacrer à moi-même ce que je ne faisais pas avant.
- 31:24J'ai une grande famille,
- 31:26j'ai eu beaucoup de responsabilités très jeune et en fait,
- 31:29pour la première fois de ma vie,
- 31:30j'apprends à m'occuper de moi et j'apprends donc à m'occuper de mon enfant intérieur.
- 31:35Et j'en éprouve beaucoup de plaisir et ce que je découvre est plutôt sympa.
- 31:39Donc,
- 31:40ouais,
- 31:41ça va plutôt pas mal en fait.
- 31:43Et j'ai vraiment envie de dire,
- 31:47tout dépend de la manière dont vous avez envie de...
- 31:51de vivre cet événement.
- 31:52Il faut accueillir le deuil,
- 31:53il faut accueillir l'annonce parce qu'on n'est pas des robots,
- 31:55on est des êtres humains.
- 31:57Mais il y a une vie après et elle peut être très jolie.
- 32:00Et aujourd'hui,
- 32:01quand je vois un enfant,
- 32:02je n'ai pas de douleur.
- 32:03Quand je vois mes amis avec leurs enfants,
- 32:05je n'ai pas de douleur.
- 32:06En fait,
- 32:06je suis heureuse pour eux.
- 32:08Je suis heureuse pour ces enfants parce qu'ils sont accueillis et ils représentent ce que moi,
- 32:15je voulais pour mon enfant.
- 32:16Moi,
- 32:17je n'ai pas eu cette chance-là,
- 32:17mais eux l'ont.
- 32:21Ce qui est intéressant,
- 32:21c'est que tu racontes aussi le parcours et qu'il y a eu des moments où tu ne pouvais pas justement les regarder et qu'il y a eu une transformation qui s'est faite.
- 32:27Donc,
- 32:27c'est ça qui est intéressant,
- 32:28c'est que rien n'est figé dans le marbre et qu'à un moment donné,
- 32:30ça peut être ça,
- 32:31mais qu'après,
- 32:31ça évolue.
- 32:32En fait,
- 32:32il faut se donner le temps et les femmes qui m'entendent aujourd'hui et qui vivent ça,
- 32:36mais accordez-vous le temps,
- 32:37vous avez le droit parce que c'est une déflagration terrible.
- 32:41Et les proches qui entendent et qui ont des proches et des femmes qui sont dans cette situation,
- 32:46mais soyez doux avec ces femmes.
- 32:48Soyez indulgents,
- 32:49soyez...
- 32:50calme,
- 32:51soyez réconfortant,
- 32:53soyez pas jugeant,
- 32:53parce que vous n'imaginez pas la douleur que ça peut provoquer.
- 32:58Et ce qu'il y a,
- 32:59c'est qu'il y a une espèce de...
- 33:00pas de fierté,
- 33:01mais on veut montrer qu'on va tenir,
- 33:05on veut donner le change,
- 33:06parce que quelque part,
- 33:07la société ne nous donne pas l'espace pour nous écrouler.
- 33:10C'est à nous de nous donner l'espace pour nous écrouler.
- 33:13Il faut s'écrouler pour pouvoir remonter.
- 33:15Et moi,
- 33:15c'est un espace que j'ai créé pour moi.
- 33:17Je me suis écroulée.
- 33:18J'ai pris 20 kilos.
- 33:20J'étais défaite,
- 33:23mais j'ai décidé que j'allais m'en sortir.
- 33:24Mais j'ai accueilli,
- 33:25c'est ce que je disais,
- 33:26j'ai accueilli ma misère la plus profonde.
- 33:28Et j'ai été voir un thérapeute.
- 33:30Et après,
- 33:31j'ai recommencé à faire du sport.
- 33:32Et j'ai commencé à me dire,
- 33:33mais qu'est-ce que tu peux faire pour...
- 33:35Eh bien,
- 33:35j'ai trouvé les voies et moyens.
- 33:37Et il faut s'écouter soi,
- 33:38il faut s'écouter.
- 33:39Voilà.
- 33:40Le regard des autres,
- 33:41en fait,
- 33:41n'est que leur regard.
- 33:43Et ça ne nous définit pas.
- 33:45On parle de deuil en plus et comme...
- 33:47tous les deuils,
- 33:47il y a un vrai processus au deuil qui est reconnu psychologiquement et des étapes.
- 33:53Et c'est vrai qu'un deuil,
- 33:55ce n'est pas forcément la mort d'un être proche,
- 33:58c'est la mort de quelque chose qu'on accepte aussi pour donner un nouveau.
- 34:03Donc c'est hyper important de mettre ce nom de deuil et d'accueillir effectivement les étapes et de savoir qu'elles existent et qu'il y a un après.
- 34:11Il y a un après.
- 34:13Et moi,
- 34:13je l'appelle mon deuxième printemps.
- 34:16Et c'est vrai que
- 34:16que quand ça m'est arrivé,
- 34:17je n'aurais pas pu croire que c'était possible.
- 34:22Et ce qu'il y a,
- 34:22c'est qu'en France,
- 34:23on n'a pas les infrastructures pour ça.
- 34:25On n'a pas vraiment un soutien là-dessus.
- 34:27Et quand on regarde la manière dont les médias souvent parlent de ça,
- 34:30etc.,
- 34:31c'est toujours très...
- 34:33Je n'ai pas envie de dire cadré,
- 34:34mais on a un a priori,
- 34:36on a un axe et on ne peut pas en sortir.
- 34:38Mais en fait,
- 34:40les femmes,
- 34:40c'est comme un diamant.
- 34:42C'est multifacette et chaque femme va vivre cette expérience-là.
- 34:45D'une manière,
- 34:47différente avec son parcours,
- 34:49etc.
- 34:49Et on se doit d'accueillir la manière dont chaque femme vit ça.
- 34:53Et il n'y a pas une manière de le vivre.
- 34:55Il y a 50 manières.
- 34:56Et tu vois,
- 34:56moi,
- 34:57je trouve ça remarquable,
- 34:58ton expérience,
- 34:59Pascal,
- 35:00parce que ça montre que,
- 35:02ouais,
- 35:02toi,
- 35:03tu ne savais pas trop.
- 35:04Et c'est OK.
- 35:04Et en fait,
- 35:05ces femmes-là,
- 35:06elles ont le droit d'exister.
- 35:07Elles ont le droit d'avoir ce sentiment-là.
- 35:09Elles ont le...
- 35:10Foutez-nous la paix.
- 35:11C'est notre corps.
- 35:13Moi,
- 35:13j'avais cette envie.
- 35:14Toi,
- 35:14tu ne savais pas trop.
- 35:15Et c'est OK,
- 35:16on ne devrait pas avoir à se justifier et à essayer de trouver...
- 35:20C'est ça,
- 35:21c'est un peu un mystère.
- 35:22Je me dis,
- 35:22pourquoi ?
- 35:25Qu'est-ce qui échappe dans ces conversations où on nous demande,
- 35:28oui,
- 35:28tu as des enfants,
- 35:30ou que quelqu'un nous parle beaucoup de ses enfants sans se rendre compte que toi,
- 35:33tu n'en as pas.
- 35:33Donc,
- 35:34peut-être qu'il faut un peu moins parler,
- 35:36comme des sujets qui ne sont pas en commun.
- 35:39Ou alors,
- 35:39après,
- 35:39c'est les petits-enfants.
- 35:40Moi,
- 35:40je croyais que j'allais être tranquille une fois avec l'âge.
- 35:44En fait,
- 35:44non,
- 35:44je n'avais pas pensé aux petits-enfants.
- 35:46En plus,
- 35:46ça se multiplie,
- 35:47il y en a encore plus.
- 35:50Par contre,
- 35:50moi,
- 35:50je regrette un peu.
- 35:51Je regrette de ne pas avoir de petits-enfants.
- 35:53Par contre,
- 35:53j'aurais bien aimé en avoir.
- 35:54Ça m'aurait fait très plaisir.
- 35:56Des enfants,
- 35:56non,
- 35:56c'est marrant,
- 35:57ça ne m'a pas manqué.
- 35:58Mais des petits-enfants,
- 35:59oui.
- 36:00Ne serait-ce que pour rester en contact avec la jeunesse.
- 36:03Et je trouve ça sympa.
- 36:04Je ne sais pas,
- 36:06je leur aurais montré plein de choses.
- 36:07Je les aurais emmenées dans plein d'endroits.
- 36:09Mais ça,
- 36:09j'ai...
- 36:10On partage ça parce que tu vois,
- 36:12moi,
- 36:12ce que j'ai décidé de faire,
- 36:13c'est que comme je ne peux pas avoir d'enfant,
- 36:16moi,
- 36:16je suis issue d'un premier mariage et je suis le seul enfant de ce mariage.
- 36:20Ma maman s'est remariée avec mon papa de cœur.
- 36:24C'est mon phare,
- 36:24c'est ma lumière,
- 36:25c'est la personne qui m'a accueillie,
- 36:26qui m'a choisie.
- 36:29Tu vois,
- 36:29c'est ce que je disais par rapport au fait d'accueillir un enfant.
- 36:31Lui,
- 36:31il m'a accueilli alors que je n'étais pas son enfant.
- 36:33Donc,
- 36:33j'ai eu aussi un très bel exemple d'accueil d'un enfant qui n'est pas le sien.
- 36:37Et en fait,
- 36:38quand tu regardes avec ma fratrie...
- 36:39En fait,
- 36:40il n'y a pas de différence.
- 36:41Je suis sa fille et je suis sa fille aînée.
- 36:43Et en fait,
- 36:43j'avais besoin de léguer quelque chose.
- 36:45Et moi,
- 36:46là où c'était douloureux pour moi,
- 36:48c'était de me dire que je n'allais rien léguer,
- 36:50qu'après moi,
- 36:50il n'y aurait rien.
- 36:52Et ça,
- 36:52ça a été le deuil aussi très dur pour moi.
- 36:54C'est de me dire,
- 36:55après moi,
- 36:55il n'y aura plus rien.
- 36:57Mes frères,
- 36:59qui sont issus de ce second mariage avec mon papa,
- 37:02ont des enfants et la vie va continuer.
- 37:04Mais après moi,
- 37:04il n'y aura plus rien.
- 37:05Je ne vais laisser aucune trace.
- 37:08Je rebondis juste parce que moi,
- 37:09c'est quelque chose aussi qui me parle vachement et qui,
- 37:12je ne sais pas si je veux des enfants spécialement ou pas,
- 37:15mais cette espèce de question qui n'est rien après,
- 37:18qu'on ne laisse pas de traces,
- 37:20parce que c'est vrai,
- 37:20il y a la transmission.
- 37:22Et puis,
- 37:22il y a quand même,
- 37:23on ne va pas se mentir,
- 37:25l'être humain a quelque chose comme ça,
- 37:27la mort,
- 37:27la disparition sans rien laisser.
- 37:29En fait,
- 37:30c'est très compliqué.
- 37:31Et le problème de laisser la trace derrière nous et puis de...
- 37:35Moi,
- 37:35pareil,
- 37:36je suis fille unique du côté de mon père,
- 37:39pas du côté de ma mère,
- 37:40mais je me dis,
- 37:40c'est-à-dire qu'avec moi,
- 37:42du côté de mon père,
- 37:43en fait,
- 37:44cette filiation s'arrête,
- 37:46en fait.
- 37:47Et je me dis,
- 37:48mon Dieu,
- 37:48je n'ai pas fait le travail de continuer cette filiation aussi,
- 37:51cette espèce de culpabilité et de peur par rapport à ça.
- 37:53Donc,
- 37:53je trouve ça hyper intéressant,
- 37:55la question de laisser une trace.
- 37:58Alors,
- 37:58la trace,
- 37:58on la laisse,
- 37:59en fait.
- 38:00Mais ça m'a pris beaucoup de temps pour le comprendre et c'est tout mon cheminement personnel et spirituel qui m'amène à cette réflexion-là.
- 38:07Et d'ailleurs,
- 38:07je remercie deux personnes,
- 38:09je vais dire leur nom parce que c'est important,
- 38:11c'est Pierre-Antoine Catrice,
- 38:13qui m'accompagne depuis trois ans sur ce sujet-là,
- 38:15et Améio Malm.
- 38:16Allez les rechercher sur Internet,
- 38:18ce sont des personnes qui pourront vous aider dans ce cheminement.
- 38:23Ce sont des thérapeutes psychomotionnels,
- 38:25etc.,
- 38:25avec des vraies qualités et qui prennent l'ensemble,
- 38:28c'est-à-dire que ce n'est pas juste le physique.
- 38:30Il y a l'émotionnel,
- 38:30il y a le subtil,
- 38:33il y a le physique.
- 38:34Il y a tout un accompagnement.
- 38:36Et je leur dois beaucoup et je vous remercie si vous m'entendez.
- 38:39La notion de la trace,
- 38:40pour moi,
- 38:40elle était importante.
- 38:42Après moi,
- 38:42il n'y avait plus rien.
- 38:44Et du coup,
- 38:44ça me remettait moins en question par rapport à mais qui je suis ?
- 38:48Quelle est mon importance ?
- 38:50En fait,
- 38:50du coup,
- 38:51je suis importante pour personne.
- 38:53Je ne suis rien pour personne.
- 38:54Après moi,
- 38:55il n'y a plus rien.
- 38:57Et ça,
- 38:57ça a été un moment très douloureux.
- 38:59Et grâce à ces deux thérapeutes et aussi au travail que j'ai fait moi,
- 39:03parce que finalement le thérapeute il est là pour vous aider,
- 39:05mais le travail vous le faites vous,
- 39:07donc ne lâchez rien,
- 39:08faites-le le travail.
- 39:11J'ai réalisé que la trace elle n'est pas que physique,
- 39:13elle n'est pas que filiale.
- 39:15La trace elle est émotionnelle.
- 39:17La trace elle est dans l'amour aussi que l'on apporte à nos proches,
- 39:22à nos amis,
- 39:23à ce que l'on partage,
- 39:26à ce que l'on lègue aussi d'une autre manière.
- 39:29Et moi,
- 39:29j'ai trouvé plusieurs voies.
- 39:33J'ai repris mon arbre généalogique et j'ai pris la décision,
- 39:38puisque moi,
- 39:38j'étais le seul enfant de mes deux parents,
- 39:41j'ai réalisé en fait que moi,
- 39:43petite Séverine,
- 39:45En fait,
- 39:46j'étais le lien avec six familles différentes à moi toute seule,
- 39:51avec les mariages,
- 39:52les remariages,
- 39:53etc.
- 39:54Et quand je vois mon arbre généalogique à partir de moi,
- 39:58je ne l'ai pas créé à partir de mes parents,
- 40:00je l'ai créé à partir de moi seule,
- 40:02mes parents avec leur remariage,
- 40:04etc.
- 40:05Je me suis rendu compte que moi,
- 40:07j'étais le lien entre toutes ces personnes-là.
- 40:10Et ce que j'ai décidé de faire ?
- 40:11C'est que même avec des membres de ma famille que je n'ai pas connus,
- 40:14etc.,
- 40:14j'ai fait des recherches,
- 40:15ça m'a pris plus de 4 ans.
- 40:17Je vais offrir,
- 40:18au prochain Noël,
- 40:19cet arbre généalogique à tous les membres de cette famille que j'ai retrouvés.
- 40:24Et je crois qu'il y en a 200 ou 300.
- 40:26Et je vais léguer cet arbre généalogique à mes neveux,
- 40:28à mes nièces,
- 40:30à mes cousins,
- 40:31pour qu'eux le continuent et me fassent exister à travers cet arbre.
- 40:36Ça,
- 40:36c'est la première manière que j'ai trouvée d'exister après.
- 40:40C'est hyper beau,
- 40:41ça me met des frissons.
- 40:43C'est la première manière que j'ai trouvé d'exister.
- 40:46Ensuite,
- 40:46ma deuxième manière d'exister,
- 40:49une fois que je serai partie,
- 40:50c'est que les vêtements,
- 40:53c'est très futile.
- 40:55Beaucoup de gens sont dans la consommation,
- 40:56etc.
- 40:57Moi,
- 40:57j'ai décidé d'investir mes petits deniers dans des bijoux,
- 41:01mais des bijoux de valeur.
- 41:03Et ces bijoux,
- 41:04je les léguerai à mes nièces,
- 41:07à mes neveux,
- 41:07à tous les membres de ma famille.
- 41:09Et ils vont se le passer,
- 41:11de génération en génération.
- 41:13Et j'ai décidé de faire comme ça.
- 41:15Ça sera ma manière.
- 41:16Et puis,
- 41:16je pense que la meilleure trace qu'on puisse laisser au monde,
- 41:19mais ça,
- 41:19c'est après tout le travail de deuil et de renaissance,
- 41:24c'est l'amour que je leur porte.
- 41:26Est-ce que ça fait écho pour toi ?
- 41:30Le manque,
- 41:30l'absence de trace,
- 41:31moi,
- 41:31je le vois plutôt comme une épreuve à affronter.
- 41:35Pas justement à chercher quelque chose pour s'en...
- 41:38s'en extraire.
- 41:40C'est un peu comme la mort,
- 41:41quoi.
- 41:42C'est une fin,
- 41:44c'est plutôt la regarder en face,
- 41:46regarder en face l'absence de traces et la disparition.
- 41:50Moi,
- 41:50je le prends plutôt comme une épreuve philosophique à affronter et à se transformer soi-même à partir de ça,
- 41:58d'accepter ça profondément.
- 42:01Et ça te touche,
- 42:02du coup ?
- 42:03Disons que c'est quelque chose que j'essaye de faire maintenant,
- 42:05parce que...
- 42:06lié à mon âge,
- 42:07parce qu'évidemment,
- 42:09l'idée de la mort sera plus présente.
- 42:14Ça me touche.
- 42:16De faire ça,
- 42:17tu veux dire,
- 42:17de faire ce travail,
- 42:18d'accepter le manque de traces,
- 42:23c'est une épreuve,
- 42:24oui,
- 42:24qui n'est pas forcément drôle,
- 42:27mais que je me dis qu'il faut que je la fasse.
- 42:29Et puis pour l'arbre généalogique,
- 42:31c'est drôle parce que
- 42:32Moi qui n'ai pas d'enfant,
- 42:34je pense que c'est moi qui suis chargée aussi de l'arbre.
- 42:38C'est ça ?
- 42:39C'est ça,
- 42:40mais oui.
- 42:41Moi aussi,
- 42:41j'ai fait l'arbre,
- 42:42j'ai cherché,
- 42:43je suis allée dans des archives.
- 42:46Parce qu'à l'époque,
- 42:47il n'y avait pas tout sur Internet,
- 42:48tout ça.
- 42:49Et donc,
- 42:49moi aussi,
- 42:50c'est moi qui connais le plus la famille.
- 42:52Et puis,
- 42:53je suis en tâche de renouer,
- 42:56de relier,
- 42:57plutôt de garder le lien.
- 43:00qui n'étaient pas vidantes,
- 43:01avec certains types.
- 43:03On a ce truc-là.
- 43:06Je me dis,
- 43:06dans une fratrie,
- 43:10je ne sais pas,
- 43:11une fratrie,
- 43:12disons,
- 43:12j'ai l'impression qu'il y en a toujours un qui est chargé de garder le lien.
- 43:17Il y aura
- 43:1813, mais au moins,
- 43:19il n'y aura rien après,
- 43:22mais il y aura le avant qui sera conservé.
- 43:24On a ce truc-là en commun,
- 43:25parce que souvent,
- 43:26dans ma venue,
- 43:26on dit c'est toi qui maintiens le lien.
- 43:28et c'est vrai et même avec des membres de notre famille qu'on n'a pas forcément vu parce que nous on est un peu aux quatre points du monde là dernièrement on était dans une cousinade ma mère elle n'avait pas vu ses cousins depuis 40 ans et donc on s'est retrouvés ça recrée le lien et
- 43:45je leur ai annoncé qu'ils allaient recevoir cet arbre généalogique et tout le monde disait ah mais moi j'ai toujours eu l'idée mais je n'ai jamais pu le faire mais peut-être parce qu'en fait c'est à moi de le faire ils sont pris aussi dans beaucoup parce qu'on a aussi beaucoup de disponibilité Merci.
- 43:57Ça dépend.
- 43:58Ça dépend.
- 44:00Ah oui,
- 44:00moi,
- 44:00je n'en ai pas beaucoup.
- 44:01J'aimerais que mes journées fassent 36 heures,
- 44:03des fois.
- 44:03C'est peut-être le temps de se consacrer à la famille,
- 44:05entre guillemets,
- 44:06de ce lien.
- 44:07Oui,
- 44:07voilà,
- 44:07c'est ça.
- 44:08Nous,
- 44:08on participe quelque part à la famille,
- 44:10même si on ne participe pas avec des enfants.
- 44:13En fait,
- 44:13ça vient,
- 44:13tu vois,
- 44:13de l'inné et de l'acquis,
- 44:15je trouve.
- 44:15Ça tient de l'idée de l'inné et de l'acquis.
- 44:17Parce que finalement,
- 44:18quand on est,
- 44:18je pense,
- 44:19dans une vie de famille normale,
- 44:20où les choses se font,
- 44:22on n'est pas dans cette recherche intérieure.
- 44:25Et je pense que quand on est dans une recherche,
- 44:26quelle qu'elle soit,
- 44:28du coup,
- 44:29c'est vrai qu'on va avoir tendance à chercher.
- 44:32C'est vrai qu'il y a tout le monde dans la famille.
- 44:33En cas où on n'a pas d'enfant non plus,
- 44:36c'est mon seul frère et il n'a pas d'enfant non plus,
- 44:38il ne s'intéresse pas du tout à la famille.
- 44:43Donc,
- 44:43ce n'est pas fatal.
- 44:44Je veux dire,
- 44:44ce n'est pas parce qu'on n'a pas d'enfant qu'on ne s'intéresse pas.
- 44:47Mais vous êtes deux femmes,
- 44:47vous êtes célibataires.
- 44:48Mais peut-être sous une femme,
- 44:50je ne sais pas.
- 44:52Et moi,
- 44:52Pascal,
- 44:52j'avais une question parce que est-ce que tu as l'impression que ça a changé depuis des années ?
- 44:58Parce que toi,
- 44:58tu nous parles de ton expérience il y a 30 ans.
- 45:02Est-ce que le regard sur les femmes,
- 45:03tu as l'impression qu'il y a quand même une évolution ?
- 45:05Nous,
- 45:05on a l'impression,
- 45:06mais est-ce que toi,
- 45:06tu le ressens par rapport à il y a 30 ans.
- 45:10Sur ce sujet-là ?
- 45:11Oui.
- 45:11Oui,
- 45:12je ne saurais pas dire.
- 45:14Tu as l'impression qu'on en parle plus ?
- 45:17J'ai l'impression qu'il y a toujours peut-être de plus en plus cette mise en avant sur un piédestal de l'enfant.
- 45:24Je trouve que ça s'est au contraire aggravé.
- 45:26Je pense que dans mon jeune temps,
- 45:29on était plus libre justement.
- 45:30C'est pour ça que j'ai toujours pensé que c'était à moi de décider et que ça n'avait rien à voir avec la société.
- 45:35Elle n'avait rien à voir avec ça.
- 45:36Je pensais que quand on était dans une société comme ça,
- 45:38qui donnait la liberté complète...
- 45:40Et c'est petit à petit,
- 45:41au contraire,
- 45:42que la maternité a été vraiment mise en valeur.
- 45:44Beaucoup,
- 45:45beaucoup,
- 45:45beaucoup.
- 45:45Ça m'a vraiment étonnée.
- 45:47Je me suis demandé pourquoi,
- 45:49qu'est-ce qu'il y avait derrière.
- 45:51Quel intérêt ça servait de faire ça.
- 45:55Et donc,
- 45:55je me suis dit,
- 45:56ça n'a pas arrangé les choses,
- 45:58je trouve.
- 45:59Parce que ça devenait encore plus difficile d'être sans enfant.
- 46:03Parce que c'était tellement valorisé.
- 46:06Non,
- 46:06je trouve que ça s'est plutôt allé.
- 46:07Enfin,
- 46:07c'est allé,
- 46:08non,
- 46:08ça a changé.
- 46:09Mais dans ce sens-là,
- 46:09je trouve,
- 46:10oui.
- 46:11Je suis d'accord.
- 46:12Pourtant,
- 46:13on n'a pas le même âge,
- 46:15mais moi,
- 46:15je suis assez d'accord avec toi.
- 46:19Cette valorisation,
- 46:20voilà.
- 46:21En fait,
- 46:22c'est comme si on était déterminés par le fait qu'on puisse avoir un enfant ou pas.
- 46:27Ce qui est intéressant,
- 46:27c'est les nouvelles générations qui arrivent,
- 46:29qui ont 20 ans.
- 46:31Quand on les interroge et quand on leur parle,
- 46:34ils ne veulent plus faire d'enfants.
- 46:35Mais avant...
- 46:37Oui,
- 46:38ça,
- 46:38c'est vrai.
- 46:38C'est là qu'il y en a beaucoup.
- 46:39C'est assez nouveau.
- 46:40Oui,
- 46:41oui,
- 46:41ça,
- 46:41c'est assez nouveau.
- 46:42C'est une espèce de revendication.
- 46:43Mais alors aussi,
- 46:44peut-être que c'est valorisé aussi par les médias,
- 46:46parce qu'il y a l'écologie et tout ça.
- 46:48Alors,
- 46:48l'écologie étant tellement mise en avant,
- 46:51que c'est encore peut-être une idéologie encore.
- 46:55J'ai l'impression que c'est toujours dans des idéologies.
- 46:57Idéologie,
- 46:58exactement.
- 46:59Et on sert à l'idéologie du moment.
- 47:02Tu sais,
- 47:02c'est un petit peu comme si on était les fusibles.
- 47:04Oui.
- 47:04Tu sais ?
- 47:06et
- 47:06La femme,
- 47:07alors la femme,
- 47:07voilà,
- 47:08alors il y a le truc de la sexualité.
- 47:11Alors,
- 47:12en fait,
- 47:12on ne nous fout jamais la paix.
- 47:13Parce qu'à partir du moment où,
- 47:14avant que tu sois réglée,
- 47:15c'est déjà problématique.
- 47:17Déjà,
- 47:17quand tu nais que tu es une fille,
- 47:18ça peut des fois être problématique.
- 47:20Tu as le souci au moment de tes règles.
- 47:24Après,
- 47:24est-ce que tu vas être assez baisable ?
- 47:26Après,
- 47:26tu vas avoir le truc de l'accouchement.
- 47:28En tout cas,
- 47:28de la maternité.
- 47:29Après,
- 47:29accouchement.
- 47:30Après,
- 47:30est-ce que tu vas être assez baisable ?
- 47:31Parce qu'en fait,
- 47:31voilà,
- 47:31tu as les vergetures,
- 47:33les trucs.
- 47:33En fait,
- 47:34on ne nous fout pas.
- 47:34pas la paix.
- 47:35Et en fait,
- 47:35on n'accepte pas on n'accepte pas le cycle de la vie de la femme telle qu'elle doit le vivre.
- 47:43C'est-à-dire que c'est l'ordre des choses de vouloir un enfant ou de ne pas en vouloir,
- 47:52ça nous appartient.
- 47:53C'est dans l'ordre des choses,
- 47:54à un moment donné,
- 47:55que le corps s'arrête de fonctionner avec la ménopause et qu'on ne puisse plus.
- 47:59Et c'est pas une...
- 48:00tard,
- 48:00il faut arrêter avec ça,
- 48:01parce que ça,
- 48:02ça fait souvent écho avec le poids aussi qu'on peut avoir.
- 48:04Ah,
- 48:04t'as pas d'enfant ?
- 48:05Ah ouais,
- 48:05bah attends,
- 48:05t'es ménopausée.
- 48:06Enfin,
- 48:07il y a des espèces d'imbrications,
- 48:09des fois,
- 48:10qui sont insupportables.
- 48:12Et quand tu vas dans d'autres pays,
- 48:13tu te rends compte que c'est pas vécu du tout de la même manière.
- 48:15Dans quel pays,
- 48:16par exemple ?
- 48:16Bah,
- 48:16par exemple,
- 48:17en Asie,
- 48:17parce que je reprends le...
- 48:18Moi,
- 48:18j'ai halluciné quand j'avais vu cette espèce d'émission avec les sept bonhommes qui étaient en train de parler de la ménopause.
- 48:23non mais pitié quoi,
- 48:25arrêtez invitez au moins une femme qui va savoir de quoi elle parle mais arrêtez de...
- 48:28de décider pour nous et de parler de choses que vous ne connaissez pas.
- 48:31Ok,
- 48:31il y a un médecin,
- 48:32il reste un bonhomme.
- 48:33Le médecin,
- 48:33à la limite,
- 48:34il est un peu plus légitime quand même.
- 48:36Par exemple,
- 48:36dans certains pays d'Asie ou du Moyen-Orient,
- 48:39une femme,
- 48:39par exemple,
- 48:40qui n'a pas eu d'enfant pour des questions,
- 48:42etc.,
- 48:42elle ne va pas forcément être rejetée.
- 48:45Elle va plutôt être considérée dans certains pays comme une personne sage,
- 48:48qui va avoir une mission,
- 48:49entre guillemets,
- 48:50pour la communauté,
- 48:52un peu comme une,
- 48:53j'ai envie de dire,
- 48:55une femme sagesse,
- 48:56oui.
- 48:57Par exemple,
- 48:57les femmes ménopausées en Asie ou dans certains pays,
- 49:00surtout en Afrique,
- 49:01et ça c'est génial,
- 49:02parce que moi j'ai beaucoup vécu en Afrique,
- 49:04c'est considéré comme un deuxième prénom.
- 49:05Cette femme-là,
- 49:06elle a une puissance,
- 49:08j'ai envie de dire de frappe,
- 49:10très importante dans la société.
- 49:11Elle est respectée.
- 49:13Aujourd'hui,
- 49:13elle ne peut pas faire d'enfant ou elle n'a pas eu d'enfant,
- 49:15etc.
- 49:16Mais c'est une femme qui a une sagesse,
- 49:17qui a une expérience de vie et qui va servir à la communauté,
- 49:21qui va servir aux jeunes générations.
- 49:24De par sa différence.
- 49:25De par sa différence.
- 49:26de son expérience.
- 49:27On a vécu des choses qui nous permettent aujourd'hui de pouvoir partager.
- 49:33On ne va pas avoir forcément des choses qui vont être tout le temps en corrélation,
- 49:36mais le fait de partager va peut-être résonner à un moment donné ou à un autre.
- 49:40On n'est pas juste un corps,
- 49:41quoi.
- 49:42On n'est pas juste un ventre.
- 49:43On est bien plus que ça.
- 49:46Et ça,
- 49:46je n'ai pas la sensation qu'on aille dans le bon sens.
- 49:49Alors,
- 49:49il y a des mouvements qui essayent de changer ça et là où je pense que les choses changent,
- 49:55c'est que les femmes prennent la parole,
- 49:57et que les femmes osent s'exprimer,
- 49:59et que les femmes osent prendre l'espace médiatique pour exprimer leur réalité.
- 50:05Et les réseaux sociaux ont ce côté positif parce que ça peut avoir d'autres côtés négatifs.
- 50:10Mais pour moi,
- 50:10les réseaux sociaux ont ce côté positif de pouvoir laisser les femmes s'exprimer.
- 50:16Elles ont un son pour pouvoir s'exprimer dans leur réalité.
- 50:19Ce qu'on n'a pas forcément avec les médias qui continuent toujours avec la case dans laquelle on doit rentrer.
- 50:25Voilà,
- 50:25t'as 20 ans,
- 50:26t'es là-dessus.
- 50:27T'as 30 ans,
- 50:27t'es là-dessus.
- 50:27À partir de 40 ans,
- 50:28ta vie,
- 50:29elle est foutue.
- 50:29À 45 ans,
- 50:30t'es là.
- 50:31Et c'est insupportable.
- 50:32Et là,
- 50:33la nouvelle génération,
- 50:33tu as entièrement raison.
- 50:35Je trouve qu'elle vient bousculer tout ça.
- 50:37On est en train de bousculer des codes.
- 50:39Alors,
- 50:39c'est très inconfortable parce que du coup,
- 50:40on ne sait pas trop où on va.
- 50:43Mais ils ont le mérite de mettre les pieds dans le plat,
- 50:45pour moi.
- 50:46Et puis,
- 50:46ils s'assument complètement.
- 50:47Ils n'ont pas d'enfants et ils n'ont pas...
- 50:50Et comme ils s'assument tellement,
- 50:51c'est qu'on ne va pas aller les faire chier parce que c'est clair,
- 50:54c'est net.
- 50:55Ce n'est pas nos générations.
- 50:56Il faut presque qu'ils se justifient maintenant d'en avoir.
- 50:59Oui,
- 51:00c'est vrai.
- 51:01C'est un pacte écologique.
- 51:03Presque justifié l'inverse.
- 51:06Donc,
- 51:07je ne sais pas si c'est plus qu'avant un choix vraiment individuel.
- 51:12Il faut toujours expliquer par rapport à une position dominante,
- 51:15en fait.
- 51:15Ça s'inverse.
- 51:17Et là où tu as aussi raison,
- 51:19Pascal,
- 51:19parce que ça résonne là pendant que je t'entends parler,
- 51:22c'est en fait toute notre vie,
- 51:24en tant que femme,
- 51:25on doit se justifier d'avoir eu des enfants ou pas.
- 51:29Et ça peut être dans des cercles de famille.
- 51:31trois,
- 51:31il faut que tu te...
- 51:32Exactement.
- 51:33Quatre,
- 51:33ça va.
- 51:34Voilà.
- 51:35Un,
- 51:35ça ne va pas.
- 51:35C'est une copine qui m'a dit ça un jour.
- 51:37Elle m'a dit,
- 51:37te trompe-toi.
- 51:38Moi,
- 51:38j'ai qu'un enfant.
- 51:39On ne me laisse pas tranquille parce qu'on me dit,
- 51:40pourquoi un seul ?
- 51:42Donc,
- 51:42c'était deux qu'il fallait.
- 51:43Trois,
- 51:44il faut se justifier aussi.
- 51:45Pas bon.
- 51:46Trois,
- 51:46bien raisonnable.
- 51:47Et si tu en as plus que quatre,
- 51:48alors là...
- 51:49Voilà.
- 51:49Et quand tu n'en as pas,
- 51:50et là...
- 51:51Et en fait,
- 51:51tu te rends compte que finalement,
- 51:52on se justifie tout le temps et à tous les âges et à tout moment.
- 51:57à tout moment.
- 51:58Je pense qu'encore aujourd'hui.
- 51:59C'est à nous de le justifier.
- 52:01Mais en fait,
- 52:01pourquoi tu poses la question à un moment donné ?
- 52:05On peut parler d'autres choses que ce n'est pas ça qui me définit,
- 52:09en fait.
- 52:10Ce n'est pas ça qui définit toi.
- 52:12Ça définit un contexte.
- 52:13Si on te demande où tu habites,
- 52:14des choses comme ça,
- 52:15ça fait partie un peu d'un ensemble.
- 52:16Ce n'est pas forcément intrusif aussi,
- 52:20mais c'est quand on répond.
- 52:23Non,
- 52:23c'est vrai,
- 52:23ça fait partie.
- 52:23C'est pas la question qui est un problème,
- 52:26c'est la réponse qui pose problème.
- 52:27Comment on a posé cette réponse ?
- 52:29On n'est pas forcément obligé de répondre,
- 52:31on se doit dans l'obligation de répondre exactement la vérité.
- 52:35Oui,
- 52:35c'est vrai,
- 52:35oui.
- 52:36Une fois,
- 52:36j'étais avec une de mes meilleures amies qui commençait à se lancer dans une explication de son histoire.
- 52:40Et j'ai arrêté,
- 52:41j'ai dit,
- 52:42tu sais que t'es pas obligé de répondre en fait.
- 52:44Mais c'était pas à moi qu'elle posait la question et je sentais qu'elle se lançait dans une explication.
- 52:48Mais ça montre.
- 52:49Ça montre qu'en fait,
- 52:50on est obligé de se justifier tout le temps.
- 52:52C'est qu'on n'a pas forcément envie.
- 52:56Mais parce qu'en fait,
- 52:57on est dans le déni de ce que nous sommes.
- 53:00La société,
- 53:01ou en tout cas les personnes qui ont ce type de comportement,
- 53:04sont dans le...
- 53:05En fait,
- 53:06je bafouille un peu parce qu'en fait,
- 53:07il y a deux choses pour moi.
- 53:09Est-ce qu'en fait,
- 53:10notre présence les confronte ?
- 53:13Est-ce qu'on fait effet miroir avec des choses auxquelles ces personnes-là ne veulent pas faire face ?
- 53:17Est-ce qu'en fait...
- 53:18On ne fait pas effet miroir avec ce que la société n'a pas envie de voir,
- 53:22n'a pas envie de découvrir.
- 53:24Parce que finalement,
- 53:26ça dérange peut-être.
- 53:27Peut-être,
- 53:28oui.
- 53:29Oui,
- 53:29j'en ai fait.
- 53:30Pourquoi ?
- 53:31Pourquoi ?
- 53:31Tu vois ?
- 53:32Parce qu'on a quand même plus de temps quand on n'est pas maman.
- 53:34On a le temps de savoir qui on est,
- 53:36de se rencontrer.
- 53:37Chose que quand tu as un,
- 53:38deux ou trois enfants...
- 53:39C'est ton projet.
- 53:40Oui,
- 53:40c'est mon projet.
- 53:42Voilà.
- 53:43Et du coup,
- 53:43ça fait...
- 53:45Alors ça,
- 53:45on me l'a souvent dit.
- 53:46Oui,
- 53:47mais toi,
- 53:47tu as du temps.
- 53:47Oui,
- 53:48bien sûr.
- 53:48Mais bien évidemment.
- 53:49Oui,
- 53:49même pour appliquer.
- 53:50Voilà,
- 53:51vous travaillez des choses très anodines.
- 53:52Tiens,
- 53:52je vais partir une semaine à tel endroit.
- 53:55Ben oui,
- 53:55toi,
- 53:56évidemment.
- 53:57Tu as le temps.
- 53:58Tu peux.
- 53:59Donc,
- 53:59on te remet dans un truc de culpabilité.
- 54:01Je ne m'y attendais pas du tout.
- 54:02Non,
- 54:02mais tu te rends compte ?
- 54:04Et c'est ça,
- 54:05finalement,
- 54:05la charge mentale qui est sur la femme,
- 54:07en fait,
- 54:08tout le temps.
- 54:08C'est,
- 54:08en fait,
- 54:09quoi que tu fasses,
- 54:10c'est jamais bien.
- 54:12C'est jamais là où on veut,
- 54:13c'est jamais...
- 54:14C'est pas avec tout le monde,
- 54:15c'est ça.
- 54:16Là,
- 54:17je parle vraiment dans un contexte général de société.
- 54:20Ça ne correspond jamais vraiment.
- 54:22C'est pour ça que je dis,
- 54:23il faut s'affranchir,
- 54:24il faut s'écouter,
- 54:24il faut faire comme on sent.
- 54:26Parce que finalement,
- 54:27on aura beau tout faire,
- 54:28et je suis sûre,
- 54:29si on faisait tout comme tout le monde voulait et comme la société voudrait,
- 54:32ça n'irait pas.
- 54:34Donc pourquoi ?
- 54:37Faisons comme on a envie,
- 54:38comme on le peut,
- 54:39souvent.
- 54:39Parce que des fois,
- 54:40on ne fait pas toujours ce qu'on veut.
- 54:41Fais ce qu'on peut.
- 54:42Avec ce qu'on a.
- 54:43Et avec ce qu'on a.
- 54:44Et dans le temps qui nous est imparti.
- 54:47Et ce n'est pas forcément facile.
- 54:49On a pu s'accorder le droit de dire,
- 54:53non,
- 54:53je n'ai pas envie de répondre à cette question.
- 54:55Je me dis que c'est tout comme répondre quand on est au chômage,
- 54:58par exemple,
- 54:59qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
- 55:00Bon,
- 55:00on sait bien que c'est notre métier qui est questionné et qu'on est justement au chômage.
- 55:06Je me dis que ça doit faire un petit peu pareil dans un blanc.
- 55:11Quand on est dans le non,
- 55:13on n'a pas quoi.
- 55:15On n'a pas l'enfant,
- 55:16on n'a pas le travail,
- 55:16on n'a pas la maison peut-être.
- 55:18Ben oui,
- 55:18t'habites où ?
- 55:18Ben non,
- 55:18je suis...
- 55:19Je n'ai pas de domicile,
- 55:20j'habite chez des copains,
- 55:22je ne sais pas.
- 55:23Je pense qu'à chaque fois,
- 55:24ça doit...
- 55:26C'est valorisé.
- 55:27Ce qui est valorisé,
- 55:29c'est la maison,
- 55:30le package.
- 55:31Et l'intérieur de comment est-ce que tu te sens et comment est-ce que tu vis ta vie,
- 55:35on ne nous pose pas forcément la question.
- 55:37Non,
- 55:37c'est vrai.
- 55:37On veut savoir comment...
- 55:39L'extérieur,
- 55:40c'est génial.
- 55:41Mais si l'extérieur est super,
- 55:42et on en connaît tous...
- 55:43Si on manque des choses...
- 55:45Non mais ça...
- 55:46Il n'y a plus de lumière à l'intérieur,
- 55:54mais au moins,
- 55:54ça passe.
- 55:56Je suis assez d'accord avec ce que tu viens de dire,
- 55:58Sarah,
- 55:58parce qu'en fait,
- 55:59finalement,
- 56:00qu'on soit un homme ou qu'on soit une femme,
- 56:02parce que ce qui est important,
- 56:05c'est sa maison intérieure au final.
- 56:06Et ces fameuses cases dans lesquelles nous sommes.
- 56:13parce que nous le restons quand même.
- 56:14La société,
- 56:15les grégores,
- 56:16est des fois très fort.
- 56:18On reste quand même dans des cases,
- 56:19etc.
- 56:20Je pense qu'en fait,
- 56:21on vient réveiller quand on a des parcours différents,
- 56:23des parcours atypiques,
- 56:25des parcours en dehors des cases et de la société.
- 56:28Je pense qu'on vient inconsciemment réveiller les insécurités des autres.
- 56:33Mais complètement.
- 56:35Et en fait,
- 56:37ce qui se passe,
- 56:38c'est de voir quelqu'un qui fonctionne différemment ou qui a une expérience de vie différente.
- 56:43ou qui voient la vie de manière différente,
- 56:46ça nous met face à nous et ça nous met en fait face Ausha et au non-choix que l'on a pris tout au long de notre vie.
- 56:55Et la chose que l'on n'a pas envie de faire,
- 56:57et je m'inclus dedans,
- 56:59c'est que souvent on n'a pas envie d'aller voir,
- 57:01on n'a pas envie de faire le bilan,
- 57:04de se poser la question.
- 57:06Quand on regarde,
- 57:07et ça va être le sujet d'un cours que je vais réaliser dans pas longtemps,
- 57:10La société ne se pose plus de questions.
- 57:12Aujourd'hui,
- 57:12c'est blanc,
- 57:13noir,
- 57:14c'est bien,
- 57:14c'est pas bien,
- 57:15j'aime,
- 57:15j'aime pas,
- 57:16j'achète,
- 57:16j'achète pas.
- 57:17En fait,
- 57:17on n'est plus dans un recul,
- 57:19on n'est plus dans une...
- 57:20Juste,
- 57:20on se pose en conscience en se disant,
- 57:23est-ce que c'est juste ?
- 57:24Est-ce que ça me parle ?
- 57:26Est-ce que je le ressens ?
- 57:27Est-ce que j'en ai envie ?
- 57:29Et du coup,
- 57:31quand on est,
- 57:32nous,
- 57:33dans ces questionnements-là,
- 57:34à travers les parcours qu'on a eus,
- 57:35parce que je pense que quand on a des parcours aussi comme ça,
- 57:37on se pose peut-être un peu plus de questions.
- 57:40en fait,
- 57:40ça va réveiller des questions chez les autres qui les terrorisent.
- 57:43Parce que si jamais la réponse qu'ils recevaient n'était pas celle,
- 57:47n'était pas la bonne,
- 57:47et s'ils s'étaient trompés,
- 57:49mais bienvenue dans notre monde,
- 57:50vous savez quoi ?
- 57:50Il n'y a personne qui réussit tout du premier coup.
- 57:53Et on se trompe tous.
- 57:54Et ça fait partie du chemin.
- 57:55Ce qui est important,
- 57:56c'est de savoir de quelle manière on répond à l'erreur ou au trauma ou au deuil.
- 58:02Qu'est-ce qu'on décide d'en faire,
- 58:03en fait ?
- 58:04Et en fait,
- 58:04je pense que c'est ça que nous réveillons chez les gens qui ont...
- 58:08décidés ou qui,
- 58:10malgré eux,
- 58:10sont dans ce truc très...
- 58:12dans cette case,
- 58:13dans cette maison d'extérieur,
- 58:14je crois qu'on vient réveiller des...
- 58:17Si moi je vais regarder,
- 58:17qu'est-ce qui va se passer chez moi ?
- 58:19Et surtout,
- 58:21quand on est parvenu,
- 58:22comme Pascal,
- 58:23parce que je pense qu'on est dans le même cas,
- 58:25je me permets de le dire un peu,
- 58:26où on a passé le cap de la non-maternité et de la maternité,
- 58:30et qu'on est bien notre peau,
- 58:31et qu'on se construit,
- 58:32qu'on est heureux,
- 58:33et qu'on avance,
- 58:34et qu'on s'établit,
- 58:35en fait,
- 58:36ça les dérange encore plus,
- 58:37parce que...
- 58:38Ça leur montre qu'il y a aussi une vie après.
- 58:40Et si nous,
- 58:41qui avons fait le choix ou le non-choix de ne pas avoir d'enfant,
- 58:45en fait,
- 58:46c'est eux,
- 58:46c'est à quel moment qu'ils se sont posé des questions.
- 58:48Et comment ça se fait qu'ils sont...
- 58:50Et du coup,
- 58:50ça,
- 58:51voilà,
- 58:53on les dérange quelque part.
- 58:54En fait,
- 58:54ça dérange le confort.
- 58:56Mais on sait très bien que la magie se produit quand on sort de sa zone de confort.
- 59:00Donc,
- 59:01nous,
- 59:01on est sortis de notre zone de confort,
- 59:02pour le coup.
- 59:03C'est joli de finir avec la magie.
- 59:05Votre zone de confort pour qu'il y ait de la magie.
- 59:07Exactement.
- 59:08Est-ce que vous voulez rajouter un dernier quelque chose ?
- 59:11On arrive à la fin de notre interview.
- 59:15Non,
- 59:15moi j'ai juste envie de vous dire,
- 59:16peu importe ce que vous êtes en train de vivre par rapport à la maternité ou la non-maternité,
- 59:21faites de votre mieux,
- 59:21soyez indulgente avec vous,
- 59:23entourez-vous des personnes qui vont vous valoriser,
- 59:25qui vont vous aider dans cette étape et surtout dites-vous que ce n'est qu'une étape,
- 59:30elle ne vous définit pas et vous allez vivre des choses extraordinaires.
- 59:33Je ne suis pas mieux que vous.
- 59:35Pascal non plus et on a voulu témoigner en tout cas moi j'ai voulu témoigner,
- 59:38ça m'a demandé beaucoup de courage parce que je suis quelqu'un qui protège mon intimité mais parce que tout ça n'est pas vain et qu'il fallait que ça vous serve il y a une vie après et elle va être super,
- 59:48vous allez voir
- 59:49La magie est plus fine.
- 59:50Voilà.
- 59:53Bon,
- 59:53ben,
- 59:53merci beaucoup.
- 59:54Merci beaucoup.
- 59:54Merci à vous.
- 59:55Merci.
- 59:56On a réussi à ce sujet.
- 59:57Exactement.
- 59:58Oui,
- 59:58mais c'est intéressant.
- 59:59Oui.
- 1:00:01Et,
- 1:00:02ben,
- 1:00:02merci à toutes celles et ceux qui nous ont écoutés.
- 1:00:06On vous mettra les informations des thérapeutes et de l'association aussi,
- 1:00:11peut-être,
- 1:00:12sous le podcast.
- 1:00:13On vous donnera les noms et les adresses pour les femmes que ça intéresse et qui veulent euh...
- 1:00:18qui veulent consulter tout ça pour s'inspirer des parents.
- 1:00:23Merci beaucoup,
- 1:00:24Pascal.
- 1:00:24Merci,
- 1:00:25Sarah.
- 1:00:25Merci,
- 1:00:26Angelica.
- 1:00:27Merci,
- 1:00:27Sarah,
- 1:00:27aussi.
- 1:00:29Merci,
- 1:00:29à très bientôt,
- 1:00:30à la semaine prochaine.
- 1:00:31Voilà,
- 1:00:32avec une autre histoire de maternité ou de non-maternité.
- 1:00:37Flamme des années 80.
- 1:00:40Le podcast qui allume la femme.