Latest / SAFE PACE - Le podcast des sports d'endurance, présenté par Hugo Clément / GÉRER LA DOULEUR DANS L’EFFORT avec Marie-Laure Brunet et Mathis Desloges
Transcript
- 0:06« Safe Pace » ,
- 0:08le podcast des sports d'endurance,
- 0:10présenté par Hugo Clément.
- 0:13Avoir les jambes qui brûlent,
- 0:15être dans le mal ou dans sa pen cave,
- 0:17se battre contre soi-même,
- 0:19toutes ces expressions qu'on utilise quand on pratique un sport d'endurance regroupent une même réalité.
- 0:24La souffrance,
- 0:25la douleur,
- 0:26est-elle physique,
- 0:27psychologique ?
- 0:27ou les deux,
- 0:28faut-il s'entraîner pour ne plus la ressentir ou simplement pour mieux la tolérer,
- 0:32mieux l'accepter ?
- 0:33Pourquoi continue-t-on à pratiquer du sport à haute intensité alors que ça fait mal ?
- 0:37Sommes-nous tous maso ?
- 0:38On va répondre à ces questions aujourd'hui.
- 0:40Safe Pace,
- 0:41c'est parti !
- 0:44Cet épisode vous est présenté grâce à notre partenaire Nomio.
- 0:48Nomio,
- 0:48c'est une boisson à base d'ingrédients naturels et faciles à digérer comme les pousses de brocoli et de citron.
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- 1:10Et je suis ravi de retrouver pour cet épisode mes durs au mal.
- 1:14Hugo Tormento,
- 1:15Charlotte Morel,
- 1:15Fred Belobre,
- 1:16les experts de SafePay.
- 1:17Ça va les amis ?
- 1:18On adore souffrir.
- 1:19Ouais,
- 1:19vous vous aimez la douleur.
- 1:21Vive le Sado.
- 1:22Sado,
- 1:22toi t'es plus dans Sado,
- 1:23c'est qui aime faire souffrir c'est pas pareil
- 1:27Fred par exemple,
- 1:27il est un peu plus Sado que Maso j'ai l'impression il aime faire souffrir les athlètes qui l'entraînent pour parler de ce sujet qui concerne tous les sportifs d'endurance deux invités qui savent se faire mal et qu'on est ravis d'accueillir dans Safe Pace salut Mathis Deloge,
- 1:41merci d'être avec nous tu es skieur de fond,
- 1:44le grand public t'as découvert cet hiver pendant les Jeux Olympiques de Milan Cortina où tu as remporté
- 1:48Non pas une,
- 1:48non pas deux,
- 1:49mais trois médailles d'argent.
- 1:50Deux en individuel et une en équipe.
- 1:52Alors qu'on a eu l'idée de faire ce sujet,
- 1:54on a directement pensé à toi.
- 1:55Parce qu'honnêtement,
- 1:56on a mal aux jambes rien qu'à te regarder skier.
- 2:00On va en parler,
- 2:00on va parler de ces images des JO de Milan Cortina.
- 2:03Et on reçoit aussi une autre double médaillée olympique,
- 2:06rien que ça.
- 2:07Salut Marie-Laure Brunet.
- 2:08Salut.
- 2:09Merci d'être avec nous.
- 2:10Tu es ex-biathlète professionnelle.
- 2:12Tu as été médaillée en 2010 aux Jeux Olympiques de Vancouver.
- 2:17Et depuis 2018,
- 2:18tu es préparatrice mentale,
- 2:20tu accompagnes notamment le triathlète Léo Berger,
- 2:22qu'on embrasse et qu'on adore à SafePace,
- 2:24et on a hâte de t'entendre sur notre sujet du jour,
- 2:27à la fois avec ton expérience d'athlète et ta double casquette de coach mentale.
- 2:31On a plein de questions.
- 2:32J'adore le sujet.
- 2:33Ah bah écoute,
- 2:34nous aussi,
- 2:35ça tombe bien,
- 2:35et on a plein de questions pour toi.
- 2:37Pour commencer,
- 2:37c'est quoi la plus grande douleur physique de votre vie,
- 2:41en un mot,
- 2:42Mathis ?
- 2:43C'est lié au sport ou pas du tout ?
- 2:44Le moment où tu as eu le plus mal ?
- 2:47Je pense que c'était au jeu
- 2:49Là ? C'est un long sujet mais je pense que je suis allé vraiment loin dans l'effort et donc dans la douleur
- 2:58Sur l'individuel skate l'effort solitaire d'Iborn
- 3:02Douleur physique,
- 3:03douleur psychologique,
- 3:04les deux ?
- 3:05Les deux je pense que c'est un peu lié
- 3:06Et t'as réussi à la surpasser ?
- 3:08Surpasser non parce qu'elle était là mais en tout cas j'ai réussi à aller euh
- 3:13À l'accepter.
- 3:14Très loin et à faire avec.
- 3:16En tout cas,
- 3:16tu t'es dit que tu allais quand même continuer ton sport.
- 3:20Marie-Laure,
- 3:21même question.
- 3:21La plus grande douleur physique de ta carrière ?
- 3:23J'ai été maman.
- 3:25Et là,
- 3:26je me dis que les athlètes qui deviennent mamans en carrière,
- 3:29elles ont un avantage sur les autres dans l'acceptation de l'effort et de la douleur.
- 3:34Donc,
- 3:34ta plus grande douleur,
- 3:35c'était l'accouchement ?
- 3:36Après,
- 3:36j'ai fait un physio,
- 3:38ça a duré 24 heures.
- 3:3924 heures !
- 3:41Mais c'est hyper intéressant.
- 3:42Ok,
- 3:43intéressant,
- 3:44c'est marrant comme objectif.
- 3:45On pourra en parler parce que ça m'a permis aussi,
- 3:48alors moi je suis une passionnée de la perf,
- 3:50et en fait je m'étais préparée avec une hypnothérapeute,
- 3:54et du coup ça m'a permis après de le transposer dans l'accompagnement des athlètes,
- 3:56parce qu'on en parlait,
- 3:58mais il y a des choses hyper intéressantes à faire en hypnose,
- 4:00en préparation et acceptation de la douleur.
- 4:02Donc tu t'es préparée pour la perf,
- 4:04même pour l'accouchement ?
- 4:05Ah bah tu sais,
- 4:05c'est une grosse perf,
- 4:06donc ouais,
- 4:06je me suis préparée,
- 4:08bien sûr je me suis préparée.
- 4:09Charlotte,
- 4:09du coup je me tourne vers toi tu viens d'avoir un enfant et quelques mois avec Fred vous venez d'avoir un enfant mais bon c'est toi qui as accouché jusqu'à preuve du contraire j'ai pas fait d'hypnose moi j'ai pas eu le même accouchement que Marie-Laure donc du coup ça s'est fini en césarienne j'ai pu percevoir le début de la douleur d'un accouchement mais
- 4:27pas la fin et je pense que c'est certainement ce qui est le plus douloureux et la plus grande douleur physique du coup de ta carrière sportive ?
- 4:33je pense que sur Ironman on pousse les curseurs de la douleur quand même assez loin
- 4:38sur le marathon surtout ?
- 4:39ouais sur le marathon en fin de course t'as un souvenir en particulier ?
- 4:44je m'en avais parlé sur un autre épisode mais c'est ce qui m'en vient c'est encore l'Ironman de Taïwan où il faisait extrêmement chaud extrêmement humide et en fait c'était très dur de continuer d'avancer avec cette douleur dans le corps qui était là Fred ?
- 4:59La pire douleur de ta vie de sportif ?
- 5:00Le dernier marathon que j'ai fait,
- 5:02où déjà au 20ème j'avais plus de jambes,
- 5:05j'ai lutté contre les courbatures,
- 5:07les crampes et tout ça,
- 5:08et j'ai tenu
- 5:0920 bornes et là franchement c'était un calvaire quoi.
- 5:12Donc je dirais là de mémoire cette douleur là.
- 5:15T'as fini en combien de temps ?
- 5:162h38.
- 5:17Une grosse explosion.
- 5:19Le dernier semi,
- 5:20feu d'artifice.
- 5:21Feu d'artifice au
- 5:2225ème, c'est long après.
- 5:24Je confirme,
- 5:25pour maintenant avoir fait un marathon je vois de quoi tu parles.
- 5:28Hugo,
- 5:29moi je pense que c'est une course de trail que j'ai fait en fin 2024,
- 5:32qui s'appelle les Templiers,
- 5:33qui fait 80 km.
- 5:34Il y a à peu près...
- 5:35Assez roulant,
- 5:35je crois.
- 5:36C'est assez roulant,
- 5:37il y a 3500 mètres de dénivelé à peu près,
- 5:38mais c'est globalement assez roulant.
- 5:40Et en fait,
- 5:40juste à la fin,
- 5:41vers le
- 5:4278ème, il y a un mur.
- 5:43Et là,
- 5:43il faut enjamber des espèces d'énormes marches qui font bien 50-60 cm de haut.
- 5:49Ça fait pas très grand dit comme ça,
- 5:51mais quand t'as 78 km dans les jambes et que t'es bien rincé,
- 5:54t'as l'impression que tu vas cramper et que tout va se péter à chaque pas.
- 5:57Et ça,
- 5:57c'était une douleur assez horrible.
- 5:59Mathis,
- 6:00pour commencer sur la douleur physique,
- 6:01déjà,
- 6:02question hyper simple.
- 6:03Pourquoi on a mal aux jambes ?
- 6:05Pourquoi on a mal aux jambes quand on est à fond en ski de fond ou en course à pied ?
- 6:09Parce qu'on ne sait pas s'entraîner.
- 6:12Dans ton cas,
- 6:12c'est quand même difficile de s'entraîner plus.
- 6:15Parce que non,
- 6:16physiologiquement,
- 6:17je ne serais pas apte à répondre vraiment pourquoi.
- 6:20Mais c'est parce que tout simplement,
- 6:22l'effort physique et musculaire est...
- 6:24trop important par rapport à ce qu'on a l'habitude.
- 6:27On s'entraîne pour créer des adaptations et être habitué à fournir un effort.
- 6:32Et je pense que quand on fait une course,
- 6:34c'est juste parce qu'on va toujours de plus en plus lent.
- 6:36Et ça devient de plus en plus dur.
- 6:37Pourquoi on souffre ?
- 6:38Quand on dépasse un certain état physique,
- 6:42physiologiquement,
- 6:43alors on parle de l'acide lactique,
- 6:44mais c'est pas tellement l'acide lactique,
- 6:45c'est en fait...
- 6:46Justement,
- 6:46Fred va en parler dans quelques instants.
- 6:48Donc je pète pas le truc,
- 6:48mais du coup,
- 6:49c'est en fait cette réaction physiologique qui fait que du coup,
- 6:53notre corps...
- 6:54à une perception de la douleur,
- 6:56et j'ai bien une perception parce que finalement,
- 6:58comme le dit Mathis,
- 6:59on s'entraîne pour mieux supporter.
- 7:02Alors la question c'est est-ce qu'on supporte ou est-ce qu'au bout d'un moment on ne ressent plus ?
- 7:06À n'importe quel niveau,
- 7:08même les meilleurs ils ont mal.
- 7:09Tout le monde souffre.
- 7:10Ah ouais,
- 7:11même le meilleur sur n'importe quelle course.
- 7:15Après voilà,
- 7:15déjà on a tous une tolérance différente,
- 7:17donc c'est plutôt ça qu'on va aller chercher et par l'entraînement physique et par l'entraînement mental.
- 7:23et c'est vraiment un sujet qui est hyper intéressant parce que ça se joue sur plusieurs leviers
- 7:28Fred, alors on parle beaucoup et je pense que c'est important de commencer ce podcast par cette fameuse question du lactate de l'acide lactique parce que dans la tête de la plupart des pratiquants d'endurance,
- 7:41c'est ça le problème on a un problème d'acide lactique et c'est ça qui nous fait mal aux jambes,
- 7:45est-ce que tu peux nous en dire plus,
- 7:46qu'est-ce que c'est le lactate déjà ?
- 7:48Alors tout à fait,
- 7:49déjà pour les puristes et pour éviter qu'on se fasse
- 7:52taper sur les doigts.
- 7:54Hugo,
- 7:54je t'informe qu'en 2026,
- 7:56on ne dit plus acide lactique.
- 7:58Ah !
- 7:58Et oui.
- 7:59Et je t'explique pourquoi.
- 8:00Quand on accélère,
- 8:01les muscles ont besoin d'énergie vite.
- 8:03Ils puisent massivement dans le glycogène.
- 8:05Ce processus produit du lactate.
- 8:07Donc,
- 8:07attends,
- 8:07le glycogène,
- 8:07c'est quoi ?
- 8:08Le glycogène,
- 8:09c'est la forme de sucre qu'il y a dans les muscles.
- 8:12Dans les muscles,
- 8:12qui est stocké dans les muscles.
- 8:13Voilà.
- 8:14Donc,
- 8:14il est transformé en...
- 8:16En glucose et après il est utilisé pour produire de l'énergie.
- 8:19C'est l'essence pour les muscles.
- 8:20Exactement.
- 8:21Et ce processus produit du lactate et des ions H+.
- 8:25Ok.
- 8:25Et pendant longtemps on a accusé le lactate d'être responsable de la brûlure,
- 8:29alors que le fameux,
- 8:30enfin c'était le fameux acide lactique,
- 8:32mais le vrai coupable c'est les ions H+.
- 8:34Les ions H+.
- 8:35Les ions H+,
- 8:37en gros c'est l'acide.
- 8:38C'est l'acide qui brûle les jambes.
- 8:39Oui donc c'est de l'acide lactique.
- 8:41On s'est trompé en fait.
- 8:41Bah non c'est pas,
- 8:42non c'est de l'acide tout court.
- 8:44C'est de l'acide tout court,
- 8:45pas lactate.
- 8:45Le lactate,
- 8:46lui,
- 8:46c'est ton poteau.
- 8:47Et oui,
- 8:48le lactate,
- 8:48lui,
- 8:48dans l'histoire,
- 8:49il tamponne une partie de l'acidité.
- 8:51C'est un allié,
- 8:52pas un ennemi.
- 8:53Et l'entraînement sert à améliorer le recyclage du lactate.
- 8:56Et l'entraînement mental sert à améliorer la tolérance à la douleur.
- 9:01Mais puisqu'on est sur le lactate,
- 9:03on parle donc ensuite de seuil lactique,
- 9:05ou deuxième seuil,
- 9:06ou LT2,
- 9:06deuxième seuil lactique,
- 9:07etc.
- 9:08C'est qu'à une certaine intensité d'effort,
- 9:11la production de lactate et d'ion H+,
- 9:13explose.
- 9:14on dépasse
- 9:15La capacité du muscle à recycler l'ensemble.
- 9:19Et les lactates s'accumulent dans le sang,
- 9:21mais sont recyclés par le cœur et d'autres muscles.
- 9:24Donc pas trop de soucis pour le lactate.
- 9:25Par contre,
- 9:26les ions H+,
- 9:27ils s'accumulent.
- 9:28Et là,
- 9:29fin du game.
- 9:30Est-ce que je me plante si je dis qu'en gros,
- 9:32à partir d'un certain seuil d'intensité,
- 9:34on produit des déchets pour vulgariser,
- 9:36et que le corps n'arrive plus à se débarrasser de ces déchets,
- 9:38et c'est ça qui va rendre l'effort musculaire insupportable ?
- 9:42Exactement,
- 9:42on peut dire ça.
- 9:43Ces déchets acides.
- 9:44qui sont les ions H+.
- 9:46Et pourquoi c'est intéressant de parler du lactate quand même ?
- 9:49Parce que dans le quotidien d'un sportif,
- 9:51c'est intéressant car on peut mesurer le lactate sanguin en prélevant une goutte de sang pendant l'effort,
- 9:57comme beaucoup d'athlètes l'ont fait.
- 9:59pendant un test
- 10:00VO2max. Et sur cette goutte de sang,
- 10:03ça nous dit exactement à quelle intensité on travaille grâce à la quantité de lactate sanguin.
- 10:07Donc c'est un indicateur assez fiable pour savoir en gros si on peut encore rajouter de l'intensité ou si on a atteint un niveau où ça y est,
- 10:14notre corps n'y veut plus.
- 10:15Exactement,
- 10:16le lactate est très lié à la consommation de glucose,
- 10:19de glycogène.
- 10:20Donc on sait exactement combien de glycogène on brûle.
- 10:23C'est donc un outil de précision au bout du doigt.
- 10:26C'est très clair,
- 10:26merci beaucoup Fred,
- 10:27franchement j'y vois beaucoup plus clair.
- 10:30Mathis,
- 10:30est-ce que tu surveilles ce lactate quand tu t'entraînes sur les grosses séances d'intensité ?
- 10:36Ouais,
- 10:36sur quasi toutes les séances d'intensité au final.
- 10:40Comme beaucoup d'athlètes pros ?
- 10:41Ouais,
- 10:43c'est hyper pratique,
- 10:44c'est une toute petite machine.
- 10:45Donc c'est quoi en gros,
- 10:46on te pique ton coach,
- 10:47il te pique le doigt ?
- 10:48Ouais,
- 10:48je le fais moi-même,
- 10:50c'est juste un petit picot qui vient faire sortir une petite goutte de sang et après tu as un...
- 10:54une sorte de tout petit téléphone.
- 10:57Et en fonction du résultat ?
- 10:58En fait,
- 10:58le résultat va juste te donner une valeur qui va déterminer une allure.
- 11:04En gros,
- 11:05à quel état physiologique t'es à un moment donné.
- 11:08Donc en gros,
- 11:09tu te mets une cartouche,
- 11:10tu regardes ton lactate et tu vois si tu peux te remettre une cartouche derrière.
- 11:13Ouais,
- 11:13tu vois si la cartouche que tu t'es mise était un peu trop grosse par rapport à ce qui était prévu,
- 11:17surtout.
- 11:17Ouais.
- 11:18et si après t'adaptes la fin de la suite de la séance et c'est aussi un indicateur de forme
- 11:23Marie-Laure vas-y des fois c'est utile de le faire avant de se mettre la cartouche pour savoir s'il y a besoin d'adapter avant l'entraînement du coup ?
- 11:30si du coup t'attends un jour,
- 11:32je sais pas toi Mathis mais ça peut aider à adapter l'entraînement est-ce que les amateurs peuvent aussi s'entraîner en surveillant leur lactate ou franchement ça sert pas à grand chose et c'est plutôt pour les pros parce que en vrai
- 11:44On le sait quand on est amateur,
- 11:46quand on est cramé et qu'on ne peut plus trop pousser.
- 11:49Est-ce que le lactate,
- 11:49ça a un intérêt pour les amateurs ?
- 11:51Marie-Laure ?
- 11:52Mon point de vue,
- 11:52c'est que déjà,
- 11:53c'est propre à chacun.
- 11:54Les valeurs,
- 11:54c'est comme les allures d'entraînement.
- 11:56Ça dépend de chacun.
- 11:58Ça veut dire qu'il faut faire des tests en amont pour établir les valeurs qui correspondent aux allures d'entraînement.
- 12:04Vas-y Charlotte,
- 12:05après Hugo,
- 12:05après Fred.
- 12:06Je trouve que logistiquement,
- 12:07pour un amateur,
- 12:08ce n'est pas simple à mettre en place.
- 12:10Il faut la machine déjà.
- 12:11Il faut faire des tests.
- 12:12Il faut avoir la machine,
- 12:13il faut se piquer,
- 12:14donc bien sûr c'est possible de le faire pour un amateur,
- 12:17mais c'est pas simple.
- 12:18C'est un protocole qui est assez lourd parce qu'il n'y a pas de normes par rapport à ça.
- 12:22Comment ça fonctionne ?
- 12:23Vous allez courir à une allure et puis à chaque allure on va prendre votre niveau de lactate.
- 12:27Ça fait des courbes qui permettent de suivre la progression et en fait il va y avoir deux cassures dans cette courbe-là,
- 12:32deux changements de pente,
- 12:35et en fait ces deux changements de pente sont les fameux seuils lactiques 1 ou seuils de ventilateur 1 et SV1,
- 12:40SV2.
- 12:41c'est la même chose que LT1,
- 12:42LT2,
- 12:42et ça permet de montrer à quel moment vous changez,
- 12:45plus ou moins,
- 12:46c'est la bascule dans la façon de gérer les glycoses.
- 12:48Soit on est vraiment en lipides,
- 12:49soit on passe du coup à fond plein gaz.
- 12:51Et c'est ce qui permet de juger ça.
- 12:54Donc déjà,
- 12:54pour pouvoir faire ce protocole-là,
- 12:56il est très personnel,
- 12:57donc on ne peut pas se baser sur des normes,
- 12:59donc il faut le faire en amont.
- 13:00Et après,
- 13:01c'est une logistique,
- 13:02c'est des bandelettes qui coûtent pas mal d'argent,
- 13:04surtout s'il faut le faire à chaque séance.
- 13:06Donc c'est un budget,
- 13:07oui.
- 13:07Moi,
- 13:08perso,
- 13:08je ne me suis jamais entraîné en surveillant mon lactate.
- 13:11Je pense que pour la plupart des amateurs,
- 13:13ce n'est pas forcément un passage obligé.
- 13:15Quand on veut vraiment aller chercher la perf,
- 13:17ça doit aider,
- 13:17ça c'est sûr.
- 13:18Il n'y avait que ça comme indicateur,
- 13:20mais il y en a d'autres.
- 13:21Il y a les pulsations cardiaques.
- 13:22Il y a d'autres choses,
- 13:23j'imagine,
- 13:23à faire bien avant.
- 13:25Alors,
- 13:25quoi par exemple,
- 13:26Marie-Laure ?
- 13:26Déjà,
- 13:27je pense que ça passe par un entraînement cohérent.
- 13:31Et ça passe aussi par avoir une planification cohérente avec ses objectifs.
- 13:35Bien définir ses objectifs.
- 13:37On en parle souvent,
- 13:37mais je pense que c'est bien de répéter les choses,
- 13:40définir ses objectifs.
- 13:41Je veux dire,
- 13:41pour chacun,
- 13:42c'est vraiment propre à chacun.
- 13:44Et pour éviter d'être dans la frustration ou même aller jusqu'à la blessure,
- 13:48je pense que c'est intelligent de bien fixer ses objectifs et du coup d'avoir une planif qui soit cohérente avec ce qu'on a envie d'atteindre.
- 13:54Est-ce qu'on fonctionne tous pareil ou est-ce qu'on a des prédispositions génétiques de résistance à la douleur ou de production de lactate ?
- 14:01Par exemple,
- 14:01Mathis,
- 14:02toi autour de toi,
- 14:02tes potes avec qui tu t'entraînes,
- 14:04est-ce qu'il y en a qui sont plus ou moins durs au mal ?
- 14:06plus ou moins résistants.
- 14:07Ça,
- 14:07c'est difficile à déterminer.
- 14:08Il y en a qui vont très loin dans la douleur,
- 14:09mais après,
- 14:10c'est hyper dur de comparer.
- 14:12Par contre,
- 14:12physiologiquement,
- 14:13il y en a qui peuvent avoir des valeurs lactates assez...
- 14:16élevé,
- 14:17c'est courant de voir plus de 20,
- 14:1922,
- 14:1925 même pour certains,
- 14:21alors que moi je suis incapable de monter à plus de 10 par exemple donc il y a un facteur génétique il y a un facteur aussi du fait de qu'est-ce que t'as fait durant ces 10 dernières années à l'entraînement,
- 14:31ça influence aussi beaucoup plus t'as de fibres rapides plus tu produis justement ce lactate du coup moins t'en produis après la douleur je saurais pas trop dire
- 14:42Hugo Tormento,
- 14:43chez les nageurs
- 14:44ça se passe comment ?
- 14:45Parce que toi tu as été nageur de haut niveau le lactate c'était notamment un enjeu assez fort sur la récupération pour Léon Marchand aux derniers Jeux Olympiques à Paris entre ces deux finales la finale du 200 mètres bras,
- 14:59c'est la finale du 200 mètres papillon quelques minutes plus tard je crois que le lactate a joué un rôle pour savoir s'il était capable d'enchaîner ces deux finales ce qui était une performance assez inédite à ce niveau là.
- 15:10C'est vrai qu'en natation ils ont mis en base tout un tas de protocoles par rapport à ça et au final les lactates
- 15:14ils les utilisent à fond dans la récupération surtout et comment ils le font c'est qu'en fait après ta course tu te mets à nager dans un bassin et au bout de 5 minutes on te prend les lactates et on te les reprend tant que ton niveau de lactate n'est pas descendu en dessous d'un certain seuil donc attends que je comprenne bien tu te tapes une finale olympique tu
- 15:32sors de la piscine,
- 15:33ton coach te remet dans un autre bassin il te dit tu continues à nager pour prendre ton lactate et tant que c'est par descendu tu continues à nager Alors
- 15:40jusque là c'est un peu cohérent,
- 15:41même quand tu cours à la fin on fait souvent le petit footing de décrassage comme à chaque fin de séance mais là,
- 15:47pour être sûr en fait que t'es vraiment éliminé tous les déchets de ton corps,
- 15:51on s'assure qu'ils sont descendus au plus bas et comme on s'est fait,
- 15:53c'est grâce au lactate qu'ils arrivent à le juger Oui mais si c'est pas redescendu,
- 15:57il fait pas la deuxième finale du coup ?
- 15:59Alors bien sûr quand le cas de Léon Marchand est un peu spécifique il y a une question de timing mais si on n'est pas Léon Marchand,
- 16:07ce qui reste quand même unique sur Terre
- 16:09On continue à nager.
- 16:11Après,
- 16:11globalement,
- 16:12ça finit par s'éliminer.
- 16:13Ça ne prend pas non plus
- 16:1430 minutes.
- 16:15Mais c'est cette valeur-là qui permet de dire « Ok,
- 16:19c'est bon,
- 16:19tu as récupéré,
- 16:19tu peux sortir de l'eau. »
- 16:20Mais je crois que Léon Marchand,
- 16:22il est quand même réputé pour sa capacité assez unique à récupérer à une vitesse folle d'efforts extrêmement intenses.
- 16:29Et d'ailleurs,
- 16:29il a montré avec ses deux finales enchaînées qu'il a gagné,
- 16:32je crois,
- 16:32les deux.
- 16:33il me semble,
- 16:34d'affilé,
- 16:34il a montré qu'il arrivait à récupérer d'un effort très dur et à être très performant quelques minutes plus tard.
- 16:41Exactement,
- 16:41et puis c'est ce qu'a un peu relevé
- 16:43Mathis, c'est très dépendant,
- 16:45et justement,
- 16:46Léon Marchand,
- 16:47on le connaît,
- 16:47il est ultra polyvalent,
- 16:49il est capable de faire plein de choses,
- 16:50et donc c'est un peu lié aussi avec l'endurance.
- 16:52Généralement,
- 16:52plus on est endurant,
- 16:53plus on a cette capacité aussi à mieux réagir aux lactates et à mieux éliminer toutes ces lactates.
- 16:58Donc,
- 16:59qu'on soit très clair,
- 17:00les jambes qui brûlent,
- 17:01La sensation de jambes qui brûlent que tous les gens qui pratiquent la course à pied ont,
- 17:06c'est pas l'acide lactique,
- 17:08c'est pas le lactate.
- 17:09On dit l'acide lactique,
- 17:10mais c'est pas le lactate.
- 17:11Non.
- 17:11C'est les ions H+.
- 17:13Les ions H+.
- 17:14Très bien.
- 17:14Donc arrêtons d'accuser le lactate.
- 17:17Mathis,
- 17:18on aimerait parler d'une vidéo qui a fait le tour du monde pendant les Jeux Olympiques de Milan-Cortina.
- 17:22Je pense que vous voyez tous et toutes de quoi je parle,
- 17:25y compris les gens qui nous écoutent.
- 17:27ton concurrent norvégien Johannes Klebo,
- 17:29qui est la légende mondiale du ski de fonds.
- 17:31Et on a tous vu cette image où il est en sprint,
- 17:34en montée,
- 17:35à une allure complètement folle avec ses skis de fonds.
- 17:38Je vous laisse regarder sur internet si jamais vous ne l'avez pas vu,
- 17:40vous qui nous écoutez.
- 17:42Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
- 17:44Quand il est,
- 17:44je crois que l'allure c'est quoi ?
- 17:45C'est 3 minutes 20 au kilomètre ?
- 17:47Ouais,
- 17:47c'est stratosphérique surtout avec la pente.
- 17:49En montée !
- 17:49Avec des skis !
- 17:51Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
- 17:53Et ben faut aller lui demander !
- 17:55Non mais toi comment tu l'analyses ?
- 17:57Aujourd'hui il n'y a que lui qui est capable de courir à cette vitesse.
- 18:00Toi t'arrives pas à faire ça ?
- 18:01Non non j'en suis incapable,
- 18:02mais même personne n'a été capable avant lui.
- 18:05Puis ouais ces images elles ont fait le tour des réseaux,
- 18:09des sports aussi,
- 18:11parce qu'avec la pente ainsi que la vitesse,
- 18:15tout le monde arrive vraiment à visualiser,
- 18:17à se rendre compte de la performance.
- 18:173 minutes 20 avec des skis en montée,
- 18:20en plus il soutient l'effort pendant un certain temps.
- 18:22Pourquoi c'est une performance,
- 18:23toi qui es spécialiste du ski de fond,
- 18:25pourquoi c'est une performance stratosphérique cette image-là ?
- 18:27Parce que du coup j'invite tout le monde à essayer de courir à 3,20 à plat,
- 18:31et sans ski,
- 18:33c'est déjà quand même une belle allure.
- 18:34Et non,
- 18:35lui il arrive à le faire surtout à la fin d'un sprint,
- 18:39qui est un effort d'un kilomètre cinq,
- 18:41et il monte à une allure...
- 18:44Et c'est stratosphérique au point que tu penses ne pas y arriver dans ta carrière,
- 18:46t'es quand même encore jeune,
- 18:47t'as un peu de temps,
- 18:48est-ce que tu penses y arriver un jour ?
- 18:50J'espère,
- 18:50en tout cas je vais m'entraîner pour.
- 18:53Après,
- 18:54chaque boss est différent,
- 18:55chaque condition de neige change aussi d'un événement à l'autre.
- 18:58Donc je pense que ce n'est pas spécialement possible de comparer les efforts.
- 19:03Mais c'est sûr que là,
- 19:04vu comment c'était déterminant dans la distribution des médailles sur cette course,
- 19:08il va falloir.
- 19:10que je me mette aussi.
- 19:11Marie-Laure,
- 19:11qu'est-ce qui se passe,
- 19:12à ton avis,
- 19:12dans sa tête,
- 19:13à Clébo,
- 19:13à ce moment-là ?
- 19:14Mentalement,
- 19:15qu'est-ce qui se passe pour arriver à fournir un effort comme ça ?
- 19:18En tout cas,
- 19:18j'imagine qu'il est très déterminé et c'est exactement là où il veut aller.
- 19:23Et je pense que dans des sports d'endurance,
- 19:25alors après,
- 19:26chaque sport a sa particularité,
- 19:28mais bien connaître le parcours,
- 19:29et là,
- 19:30c'est vrai qu'au jeu,
- 19:31cette bosse,
- 19:31elle était déterminante,
- 19:32en plus,
- 19:32elle est longue,
- 19:33donc il y a vraiment cette gestion de l'effort,
- 19:36mais aussi de la douleur et de la perception de la douleur.
- 19:38et je pense que vraiment il a réussi à traverser en fait je pense que la douleur elle ne se dépasse pas elle se traverse et est portée par un truc qui l'anime énormément donc c'est ça et c'est des choses qu'on se prépare pour,
- 19:50les athlètes se préparent pour ils connaissent parfaitement la physionomie de la piste et lui c'est sûr que tout ça il le connaissait au millimètre donc je pense que oui il est comme n'importe quelle personne aujourd'hui qui a fait le marathon d'Annecy Merci.
- 20:02Il avait mal partout.
- 20:03C'est moi !
- 20:05J'ai mal partout,
- 20:06je confirme.
- 20:06J'imagine qu'il souffre,
- 20:09en tout cas j'espère.
- 20:10Oui,
- 20:10j'espère qu'il souffre quand même.
- 20:13Mais en tout cas,
- 20:14il a ce truc qui lui permet de transcender positivement là où d'autres lâcheraient.
- 20:19Et je pense que c'est là où la perfesse se fait.
- 20:21Peut-être que c'est quelque chose qu'il a spécifiquement travaillé à l'entraînement.
- 20:24C'est sûr même.
- 20:25Parce qu'il allait déjà très vite,
- 20:27même avant cette accélération.
- 20:29Donc en fin de parcours comme ça,
- 20:31être capable d'accélérer aussi vite,
- 20:32c'est vraiment un effort spécifique que tu peux répéter à l'entraînement.
- 20:36Peut-être que c'était clairement une stratégie qu'il avait élaborée un an à l'avance en fonction du parcours.
- 20:42C'est sûr,
- 20:43quand on est au courant de où va se distribuer les médailles,
- 20:45où va être l'endroit clé,
- 20:47on travaille tous spécifiquement là-dedans.
- 20:49Mathis,
- 20:50mon point de vue de non-expert du ski de fond,
- 20:53de néophyte,
- 20:54quand je regarde des courses de ski de fond,
- 20:56notamment au JO,
- 20:56j'ai l'impression que c'est une discipline où tu es tout le temps dans le rouge.
- 20:59où t'es au rupteur,
- 21:02t'es tout le temps dans la zone rouge.
- 21:03C'est le cas ou c'est une erreur de quelqu'un qui connaît pas bien le sport ?
- 21:07Non,
- 21:07c'est le cas.
- 21:10En fait,
- 21:10c'est super vallonné,
- 21:11donc t'as tout le temps un effort à produire.
- 21:15C'est pas du tout linéaire comme pourrait être la course à pied ou même le vélo maintenant.
- 21:20Aujourd'hui,
- 21:20plus ça va,
- 21:20plus ça commence à être linéaire.
- 21:23Ce qu'ils te font,
- 21:23c'est vraiment...
- 21:24T'as des moments où t'es dans le rouge et...
- 21:27T'as une toute petite descente et après t'es re dans le rouge et c'est assez...
- 21:29C'est une micro-récupération avant de se remettre.
- 21:32C'est ça,
- 21:33ouais.
- 21:33Et comment tu gères ça ?
- 21:35À la fois mentalement et physiquement ?
- 21:38Moi,
- 21:38mentalement,
- 21:39j'aime bien dire que le fait d'être en forme et de préparer un événement,
- 21:44ça se fait aussi dans la tête.
- 21:45Ça veut dire que pour ma prépa perso,
- 21:47je me suis conditionné à bosser à des allures justement dans des pourcentages assez importants qui étaient dans cette dernière bosse,
- 21:55par exemple.
- 21:55Du coup,
- 21:55je pense que j'étais prêt physiquement et mentalement à faire cette bosse-là et à produire un effort max là-dedans.
- 22:01Et je pense que c'est comme ça qu'on se prépare à ça.
- 22:04Ça rejoint justement ce que disait Marie-Laure,
- 22:06le choix de la course.
- 22:08C'est bien d'analyser sa course et de se rendre compte où vont être les difficultés.
- 22:11C'est d'ailleurs comme ça qu'on crée une programmation d'entraînement.
- 22:14C'est de faire du spécifique par rapport à la difficulté du jour J.
- 22:17Et donc,
- 22:17si jamais on se retrouve à avoir un trail avec une énorme montée de 2 km vertical non-stop,
- 22:23Bon,
- 22:23bye !
- 22:24il faut s'y préparer.
- 22:26Et ce n'est pas le plus dur.
- 22:27Le plus dur,
- 22:27c'est plutôt la descente d'un kilomètre non-stop.
- 22:29Ça qui te fracasse les jambes.
- 22:31Est-ce que la douleur physique,
- 22:33il faut arriver à l'accepter ?
- 22:38À faire qu'elle fasse partie du jeu,
- 22:40en fait ?
- 22:41Et pas en avoir peur,
- 22:42pas essayer de l'éviter,
- 22:44Mathis ?
- 22:44Moi,
- 22:44je ne me suis jamais fait autant mal que quand j'étais le plus en forme de toute ma vie.
- 22:50Et je pense que c'est lié.
- 22:51ça veut dire qu'être en forme...
- 22:53Physiquement,
- 22:55ça va aussi avec le fait de mentalement se dépasser parce que le fait d'avoir préparé un événement,
- 23:01tu t'y attends.
- 23:01En tout cas,
- 23:03je m'étais conditionné à faire ces formats-là et ces courses-là dans des vitesses et des pentes spécifiques.
- 23:10Et je pense que ça m'a aidé mentalement de dire je suis prêt,
- 23:14je l'accepte.
- 23:15Et c'est comme ça parce qu'en fait,
- 23:16ça fait
- 23:1850 séances que je me suis mis dans la tête que ça allait être comme ça.
- 23:21Et tu t'étais dit,
- 23:22au moment où ça va faire le...
- 23:23plus mal,
- 23:25qu'est-ce que je peux faire pour justement pas penser à la douleur ou passer outre après ça je pense que ça dépend des caractères quand tu prends à dépendre d'une course tu sais que tu vas avoir mal,
- 23:35ça va avec c'est un package ce qui est important c'est aussi de voir en fonction des disciplines et je suis d'accord avec Mathilde sur le fait que se préparer physiquement,
- 23:44d'avoir tout fait le job avant aide aussi à arriver et bien mentalement et pré-physiquement maintenant selon les formats il y a une
- 23:53Une notion qui est intéressante,
- 23:55c'est qu'on parle souvent de sensation.
- 23:58Entre les sensations où vraiment tu es super bon,
- 24:00tu vas aller chercher ta médaille,
- 24:01et puis le jour où tu as l'impression que tu n'es pas très bon,
- 24:04très bien en tout cas,
- 24:05dans la perception,
- 24:06il peut y avoir vraiment un gros écart,
- 24:08alors que dans les faits,
- 24:09l'écart n'est pas si gros.
- 24:10Et c'est là où c'est intéressant d'aller travailler.
- 24:13J'aimerais qu'on parle de
- 24:14Nomio, qui est le partenaire de cet épisode,
- 24:15parce que je crois savoir,
- 24:17Mathis,
- 24:17que tu as utilisé Nomio pendant les Jeux Olympiques,
- 24:20justement.
- 24:21Qu'est-ce que c'est Nomio et comment tu l'as utilisé ?
- 24:24Nomio,
- 24:25c'est une boîte scandinave suédoise,
- 24:27il me semble,
- 24:27basée à Stockholm.
- 24:29C'est des petits shots.
- 24:31C'est de la boisson ?
- 24:32C'est de la boisson,
- 24:32oui.
- 24:33C'est un mélange de jus de pousse de brocoli et de citron,
- 24:36il me semble.
- 24:38Les ratios,
- 24:38je ne connais pas plus que ça.
- 24:40J'ai utilisé au jeu,
- 24:41bien sûr,
- 24:42sur les courses,
- 24:43sur même les soirs d'avant et les soirs d'après pour aider aussi à la récup.
- 24:48Mais je l'ai aussi beaucoup utilisé sur toute la prépa,
- 24:49en fait.
- 24:51sur vraiment pendant mes
- 24:528 semaines de prépa spécifique aux Jeux j'étais déjà préparé parce que j'étais sur le circuit de la Coupe du Monde ça sert à quoi ?
- 24:57ça sert à améliorer la récup,
- 25:00à améliorer la performance ?
- 25:02les deux,
- 25:03avoir l'effet
- 25:05à pouvoir aller plus loin dans l'effort.
- 25:07D'accord.
- 25:08Ça,
- 25:08tu l'as constaté ?
- 25:09C'est difficile de le constater en ski de fond parce qu'on n'a pas de référentiel en course à pied.
- 25:13Tu fais une course,
- 25:14tu as une moyenne,
- 25:15une allure et puis la perf,
- 25:17elle est assez facile à identifier et surtout à comparer.
- 25:20Et en ski de fond,
- 25:21c'est impossible parce que la neige,
- 25:22elle change,
- 25:23les skis,
- 25:23ça change,
- 25:24les parcours,
- 25:24ils changent.
- 25:25Même d'un jour à l'autre,
- 25:26sur le même parcours,
- 25:27on n'arriverait même pas à comparer les performances.
- 25:30Donc moi,
- 25:31je n'ai pas réussi à le constater sur le terrain,
- 25:34sur les datas.
- 25:36Mais par contre,
- 25:36j'ai réussi à le constater sur...
- 25:39des capacités de récupération d'une course à l'autre,
- 25:41on enchaîne quand même énormément.
- 25:42Tu récupères plus vite.
- 25:43Je récupère plus vite et aussi sur un feeling.
- 25:47Il me semble que tu es quand même bien convaincu parce que je crois,
- 25:50sauf erreur de ma part,
- 25:51que tu étais en rupture pendant les Jeux et tu t'étais livré.
- 25:54Alors que c'est un peu compliqué d'arriver au village olympique,
- 25:56tu t'es fait livrer au village olympique.
- 25:57Ouais,
- 25:58moi je ne devais pas du tout courir autant de courses et en fait le fait de ramener des médailles sur chaque course que je prenais,
- 26:04et en fait j'ai couru des choses que je n'avais jamais l'habitude de faire.
- 26:07Par exemple le Team Sprint qui est un format Le sprint qu'on a vu
- 26:12Ces images là
- 26:13Sauf que c'est un relais à deux Où on fait le parcours du sprint Et ça c'est un effort que j'ai découvert sur les jeux
- 26:20Et donc ouais j'étais en rupture de Nomio
- 26:23Et donc est-ce que ça aide à réduire La douleur quelque part A l'effort ou
- 26:27Non c'est surtout sur la récup je crois Ouais je pense que réduire la douleur
- 26:31C'est simple tu réduis la douleur Peu importe ce que tu sais Si c'est Nomio c'est autre chose
- 26:36Toi tu vas aller encore un peu plus loin et en fait la douleur tu vas aller à la même.
- 26:39Oui c'est ça.
- 26:40C'est juste que tu serais allé un peu plus vite.
- 26:41Donc tu prenais ton shot de nomio à quel moment ?
- 26:44Trois heures avant le départ.
- 26:45Trois heures avant le départ.
- 26:46Et la veille au soir juste avant le coucher et le soir d'après la course pour le récup.
- 26:52Si on parle de douleur non pas dans l'effort mais après l'effort,
- 26:57il faut absolument qu'on parle des courbatures évidemment.
- 27:00Charlotte,
- 27:00est-ce que tu peux nous expliquer comment ça fonctionne ?
- 27:02physiologiquement les courbatures ?
- 27:04Qu'est-ce qui se passe dans notre corps quand on a des courbatures ?
- 27:07Contrairement à ce que l'on pense,
- 27:08ce n'est pas dû à l'acide lactique,
- 27:10le fait d'avoir des courbatures,
- 27:12mais c'est un mécanisme qui est lié à des micro-lésions musculaires.
- 27:17Il y a une réaction inflammatoire qui se déclenche dans le corps pour lutter contre ces micro-lésions et ça crée des courbatures.
- 27:24Donc en gros,
- 27:24on s'abîme les muscles en s'entraînant fort ou en faisant une course.
- 27:28Et c'est ça qui nous fait mal.
- 27:30C'est que nos muscles sont abîmés après l'effort.
- 27:32Oui,
- 27:32tout à fait.
- 27:33Et c'est aussi ce que l'on recherche pour créer des adaptations et progresser.
- 27:37Et ça vient aussi surtout quand on fait des efforts plutôt nouveaux,
- 27:40dont on n'a pas l'habitude,
- 27:42ou des efforts excentriques,
- 27:43par exemple,
- 27:44sur des descentes en trail,
- 27:46etc.
- 27:46Des efforts qu'on n'a pas l'habitude de faire.
- 27:48Donc,
- 27:48ce n'est pas grave d'avoir des courbatures ?
- 27:50Ce n'est pas grave et c'est un processus qui est totalement normal,
- 27:53voire même recherché pour créer des adaptations et progresser.
- 27:56Ça veut dire qu'on s'est bien entraîné ou qu'on s'est bien donné sur une course ?
- 28:00Notamment.
- 28:01Mathis t'as encore des courbatures ?
- 28:02Les jeunes non,
- 28:03aujourd'hui non Non mais oui
- 28:05Après une grosse course de ski de fond t'as encore des courbatures ?
- 28:09Malgré ton niveau
- 28:11Sur beaucoup de séances spécifiques
- 28:13Moi je fais aussi pas mal de Muscu et de renforcement musculaire Je pense que c'est ce qu'on recherche aussi C'est vraiment les adaptations Marie-Laure même question,
- 28:21est-ce que tu continues à avoir des courbatures ?
- 28:23Est-ce que quand t'étais à haut niveau à Biathlon T'avais quand même des courbatures ?
- 28:26Oui,
- 28:26j'avais des courbatures et là je pense à Mathis parce que c'est la coupure pour les sports d'hiver et quand il va reprendre,
- 28:33il va redécouvrir son corps.
- 28:35Et donc oui,
- 28:39c'est un processus logique et qu'on va aussi rechercher.
- 28:42Donc c'est ce qui est intéressant dans tout ce processus d'entraînement.
- 28:45En revanche,
- 28:46ce n'est pas normal d'avoir des courbatures en permanence.
- 28:48On n'est pas censé avoir en permanence tout au long des blocs d'entraînement des courbatures.
- 28:52Si la récupération est bonne et si la planification est bonne,
- 28:55normalement,
- 28:56non,
- 28:56ce n'est pas du quotidien.
- 28:58On va maintenant parler spécifiquement de la douleur,
- 29:00de la souffrance,
- 29:01je pense que le mot est plus adapté,
- 29:03psychologique.
- 29:03Quand on n'arrive plus à avancer,
- 29:05que l'effort nous semble insurmontable.
- 29:07Pour commencer,
- 29:08j'aimerais vous citer Courtney DeWalter,
- 29:10probablement la plus grande ultra-traileuse du monde,
- 29:14sur sa fameuse pen cave,
- 29:16c'est une expression qu'elle utilise beaucoup,
- 29:17dans le podcast de notre confrère de course épique.
- 29:20qu'on adore ici à Sci-Face et qu'on salue.
- 29:22Elle explique,
- 29:23Courtney,
- 29:24je la cite,
- 29:24en général quand je suis dans la Pen Cave,
- 29:27je suis totalement concentré sur le fait de faire simplement le prochain mouvement.
- 29:31Donc je pense à faire un pas de plus,
- 29:32puis un après un autre,
- 29:34à respirer,
- 29:34à balancer mes bras.
- 29:36Je suis vraiment focalisé uniquement sur le mouvement.
- 29:39Ça Marie-Laure,
- 29:40ça te parle ?
- 29:41Oui,
- 29:41ça me parle beaucoup parce que j'accompagne des athlètes en ultra-trail,
- 29:46mais aussi beaucoup de cyclistes.
- 29:50C'est vraiment important de travailler sur des notions qui sont vraiment importantes.
- 29:58C'est vraiment variable d'un sport à l'autre selon les disciplines.
- 30:01On ne va pas travailler de la même façon,
- 30:03mais sur des longs formats où on va passer par plein d'états physiques et émotionnels.
- 30:08C'est vraiment important de pouvoir séquencer la compétition.
- 30:13Un ultra,
- 30:13c'est très long.
- 30:15Donc la reco du parcours,
- 30:16tout ce qu'on disait tout à l'heure,
- 30:17tout ce qui se passe avant la course.
- 30:20La recours du parcours,
- 30:21bien segmenter le parcours,
- 30:22savoir où vont se faire les assistances,
- 30:24qu'est-ce qui va se passer pendant aussi ces moments-là,
- 30:27qui va parler,
- 30:29quels sont les discours qu'on va pouvoir donner à l'athlète pour l'encourager plutôt que de le plomber.
- 30:35Toutes ces choses-là,
- 30:36c'est des choses qu'on prépare en amont et qui permettent...
- 30:38Justement,
- 30:39comme pouvait le dire Mathis,
- 30:40d'arriver le jour de la course en disant « Ok,
- 30:42tout est prêt et maintenant,
- 30:43il n'y a plus qu'à suivre la stratégie. »
- 30:45Et donc,
- 30:46un pas après l'autre,
- 30:46il y a un moment où oui,
- 30:47c'est ça,
- 30:48c'est quand tu es vraiment au plus mal après avoir fait 100 miles.
- 30:50Enfin,
- 30:52tu vois,
- 30:54100 kilomètres pour ceux qui font des 100 miles.
- 30:57C'est vraiment important de savoir où tu en es dans ton parcours,
- 31:00qu'est-ce qui va arriver comme portion et d'être très concentré sur soi.
- 31:03Et là,
- 31:03à ce moment-là,
- 31:04en fait,
- 31:04tu t'en fiches de ce qui se passe autour parce que déjà c'est...
- 31:08C'est un battle avec toi-même.
- 31:10Déjà,
- 31:10c'est de se recentrer sur soi et le côté technique,
- 31:15lucidité,
- 31:15bien se nourrir,
- 31:16s'alimenter,
- 31:17respiration,
- 31:18de se recentrer sur soi pour continuer à avancer.
- 31:21Ce que je disais,
- 31:21c'est de traverser cette phase-là parce qu'il y a un moment où tu vas te refaire.
- 31:26Il faut avoir conscience qu'il y a un moment où tu vas te refaire.
- 31:28Je vais me refaire,
- 31:29je vais me refaire.
- 31:30Parfois,
- 31:30on ne se refait jamais.
- 31:31Parfois,
- 31:31on perd tout.
- 31:34ça arrive mais du coup c'est qu'il y a un petit tu vois un moment quoi il y a un truc que t'as pas respecté quoi
- 31:38Mathis tu te reconnais dans ce que dit Courtenay de Walter me concentrer juste sur le prochain mouvement je suis pas capable de faire autre chose ouais en plus nous en ski de fond on fait un sport qui est super technique maintenant tous les sports sont techniques mais le ski de fond on a vraiment sur le ski c'est les
- 31:56bras,
- 31:56les jambes,
- 31:56les appuis on est sur la neige,
- 31:58il y a des virages il y a tout ça et c'est sûr que
- 32:01Forcément on a de la douleur,
- 32:04on a mal,
- 32:05on souffre,
- 32:05mais je trouve que se reconcentrer et juste de dire je me concentre sur ma technique,
- 32:09sur quelle trajectoire je vais prendre ça,
- 32:11et bien en fait au final ça fait un peu oublié et je trouve que c'est super important parce que quand la technique se dégrade,
- 32:19la douleur elle arrive encore plus rapide.
- 32:20Du coup c'est un peu tout lié.
- 32:22Hugo,
- 32:23c'est presque comment...
- 32:24faire oublier au cerveau qu'on a mal.
- 32:26C'est pas se concentrer sur la douleur.
- 32:27Alors justement,
- 32:28la perche est parfaite.
- 32:30Parce qu'on nous dit beaucoup,
- 32:33il faut écouter son corps,
- 32:34il faut s'écouter,
- 32:35il faut écouter les signaux,
- 32:37etc.
- 32:37Là,
- 32:38vous êtes un peu en train de me dire l'inverse.
- 32:39C'est-à-dire,
- 32:40il faut pas écouter la douleur,
- 32:41il faut pas écouter la souffrance,
- 32:42il faut continuer quand même.
- 32:43Où est-ce qu'on met la limite entre j'écoute ce que me dit mon corps,
- 32:46stop,
- 32:47arrête,
- 32:47tu te fais du mal,
- 32:48Et entre ça et non,
- 32:51je fais abstraction de cette souffrance et je continue malgré tout.
- 32:54C'est dur de placer le curseur,
- 32:56Marie-Laure.
- 32:56Je pense que déjà,
- 32:57il faut identifier.
- 32:59Il y a deux types de douleurs.
- 33:00Tu as la douleur parce que tu es dans l'effort,
- 33:01tu es dans une course et ça fait mal.
- 33:03Et là,
- 33:03c'est logique.
- 33:04Et tu as la douleur,
- 33:04déjà avant de partir faire un marathon,
- 33:06tu as ton tendon d'Achille qui te chatouille.
- 33:08Là,
- 33:08tu vois,
- 33:08ce n'est pas la même chose.
- 33:10Donc pour moi,
- 33:10là,
- 33:11il vaut mieux s'écouter parce que sinon,
- 33:12tu vas forcer dessus.
- 33:13Tu as de grandes chances de te faire mal et du coup d'en prendre pour...
- 33:17quelques semaines voire des mois.
- 33:19Donc déjà c'est de dissocier ça.
- 33:21Et en fait il y a toute la phase de préparation où c'est important d'écouter son corps pour justement adapter l'entraînement et pas aller jusqu'à la blessure qui va te mettre à l'arrêt.
- 33:30Mais quand t'es dans l'effort,
- 33:31je prends mon exemple personnel,
- 33:32après tout pourquoi pas,
- 33:34tu vois le
- 33:3535ème kilomètre du marathon,
- 33:37où tu te dis mais là il faut que je ralentisse,
- 33:40mon corps tout me crie de ralentir.
- 33:42À quel point j'écoute ça ou pas ?
- 33:44Non mais là après il y a un moment,
- 33:45je pense que si tu te connais tu sens.
- 33:47entre la douleur liée à ce que tu es en train de faire ou la douleur juste avant la blessure.
- 33:53Ça,
- 33:53je pense que c'est quand même...
- 33:54Franchement,
- 33:54ce n'est pas facile.
- 33:55Avec l'expérience,
- 33:56non.
- 33:56Si,
- 33:57là,
- 33:57c'était de la souffrance due à l'effort,
- 33:59pas parce que tu avais mal au temps d'Achille.
- 34:01Oui,
- 34:01oui.
- 34:02Mais à un moment,
- 34:02je me suis quand même dit que j'allais mourir.
- 34:03Oui,
- 34:04mais tu vois,
- 34:05c'est déjà différencié,
- 34:06ça.
- 34:06Peut-être prendre une petite consultation avec Marie-Laure.
- 34:08Ça,
- 34:08c'est parce que tu n'as pas de mental,
- 34:09ça.
- 34:09C'est pour ça.
- 34:10C'est parce que j'ai pas de mental ?
- 34:12Je peux toujours compter sur toi pour avoir un soutien inconditionnel en toutes circonstances En tout cas ça montre que t'as de la marge donc c'est plutôt intéressant Il y a Mathieu Blanchard qui a une phrase que j'aime bien
- 34:21Il dit il faut pas confondre la souffrance avec la blessure et je trouve ça intéressant c'est que parfois tu souffres,
- 34:28t'as mal mais ça veut pas dire que tu te blesses et donc il faut être capable d'occulter ça
- 34:33Et au final si on prend un peu des images conceptuelles la souffrance c'est un état
- 34:39au global,
- 34:40ça ne va pas.
- 34:41Et la blessure,
- 34:42c'est j'ai un point à un endroit qui titille.
- 34:45Et ça,
- 34:46c'est pas bon.
- 34:47L'état au global,
- 34:48bah oui,
- 34:48on est fatigué,
- 34:49il faut le dépasser.
- 34:50Alors j'aimerais vous parler des travaux d'un chercheur qui a été le premier dans les années
- 34:5490-2000 à théoriser que dans la résistance à la douleur,
- 34:58c'est toujours le cerveau qui dit stop au corps et pas l'inverse.
- 35:01Ce chercheur,
- 35:02il s'appelle Tim
- 35:03Knox. Il suggère que le cerveau agit comme un capitaine de bateau.
- 35:06Il surveille en permanence l'état du corps,
- 35:08la température,
- 35:09les réserves d'énergie,
- 35:10la fréquence cardiaque,
- 35:10le taux d'oxygène,
- 35:11etc.
- 35:12Et avant que le corps atteigne un état réellement dangereux,
- 35:15il envoie un signal de fatigue,
- 35:17de souffrance,
- 35:18pour forcer à ralentir ou à s'arrêter.
- 35:21Ce signal,
- 35:21c'est la douleur,
- 35:22c'est la sensation d'épuisement,
- 35:24l'envie irrésistible de tout plaquer,
- 35:26de se mettre sur le côté,
- 35:27de mettre le clignotant.
- 35:28C'est pas une panne mécanique au sens premier du terme,
- 35:31c'est vraiment une alarme de protection.
- 35:33Marie-Laure,
- 35:33c'est ça qui explique que dans un 10 km par exemple...
- 35:36Quand j'aperçois la ligne d'arrivée,
- 35:38tout d'un coup je trouve l'énergie pour accélérer,
- 35:41remettre du rythme,
- 35:42alors que
- 35:435 minutes avant j'avais l'impression que c'était fini.
- 35:46Je trouve ça hyper intéressant parce que ça montre à quel point on a de la marge entre le moment où on a les signaux et le moment où le corps il t'arrête.
- 35:53Je peux très bien parler parce que j'ai fini en burn-out en pleine course olympique.
- 35:56Ah bon ?
- 35:58Là,
- 35:58c'est mon corps qui a disjoncté.
- 35:59J'étais en surentraînement,
- 36:00mais du coup,
- 36:01c'est quelque chose que je traînais depuis des années et je compensais par le mental.
- 36:04Et là,
- 36:06le disjoncteur,
- 36:07il a fait sauter les fusibles parce que là,
- 36:09c'était trop.
- 36:10Donc,
- 36:10je peux dire que pour l'avoir testé...
- 36:12Alors je ne le conseille pas,
- 36:14ce n'est pas du tout agréable.
- 36:15Bon après je te rassure,
- 36:15il y a peu de gens qui font des courses olympiques.
- 36:17Donc a priori...
- 36:18Le burn-out c'est quelque chose qu'on fiert parfois avec.
- 36:22Et du coup pour l'avoir expérimenté,
- 36:24je peux dire qu'il y a du temps qui se passe.
- 36:26Donc quand on est juste en plein effort dans une course,
- 36:28on peut seulement y aller.
- 36:30Et c'est ça qui est intéressant de travailler mentalement.
- 36:32Parce que physiquement on l'entraîne toute la préparation.
- 36:37Mais mentalement c'est aussi des choses qu'on peut préparer et entraîner.
- 36:41en prépa pour arriver à le dépasser le jour J,
- 36:43parce que c'est pas quand t'es dedans que d'un coup tu vas être touché par la grâce et que tu vas arriver à le dépasser mais vraiment cette douleur là je le répète,
- 36:53il y a vraiment de la marge avant que le corps il t'arrête et c'est juste,
- 36:56voilà,
- 36:57c'est un mécanisme de défense,
- 36:59mais on peut aller bien plus loin que ça.
- 37:00Mathis,
- 37:01sécurité elle est pas un peu nécessaire quand même parce que si on dépasse cette marge finalement,
- 37:06qu'on arrive à aller au bout ça finit par euh...
- 37:09Un accident,
- 37:10justement ?
- 37:12Je pense qu'en pleine course,
- 37:13et qu'il y a un point de départ,
- 37:14un point d'arrivée,
- 37:16normalement,
- 37:16on est capable d'aller jusqu'au bout.
- 37:19C'est un peu comme quand on s'entraîne à retenir sa respiration le plus longtemps possible sous l'eau.
- 37:24Évidemment,
- 37:25ne faites pas ça seul,
- 37:26c'est une très mauvaise idée.
- 37:27Jamais d'apnée tout seul,
- 37:28non surveillée,
- 37:29je le précise.
- 37:30Mais c'est vrai,
- 37:31quand tu t'entraînes à essayer de retenir ta respiration le plus longtemps possible,
- 37:34les apnéistes te disent toujours,
- 37:35quand tu as l'impression que tu es au bout et qu'il faut que tu remontes pour respirer,
- 37:38t'as une marge.
- 37:39Mais d'arriver à trouver cette marge et de ne pas aller jusqu'à la syncope,
- 37:44voilà,
- 37:45c'est pas forcément évident.
- 37:46En fait,
- 37:46déjà,
- 37:47ce qui est intéressant,
- 37:47et pour le coup,
- 37:48moi,
- 37:49c'est ce que je travaille avec les personnes que j'accompagne,
- 37:51c'est d'arriver à devenir un peu observateur de soi et voir qu'on est en train de partir dans ces schémas où j'ai mal et là,
- 37:59d'un coup,
- 37:59je me laisse embarquer dans ces pensées,
- 38:01on appelle ça les pensées négatives ou comme on veut,
- 38:03mais ce truc où du coup,
- 38:04ça nous sort de ce qu'on est en train de produire.
- 38:06donc déjà
- 38:07la première chose c'est de se voir partir pour revenir dans ce qu'on est à faire et là après il y a plein de stratégies qui existent Mathis quand t'es dans le mal,
- 38:13qu'est-ce qu'il faut qu'on te dise pour te faire tenir,
- 38:15c'est quoi les phrases,
- 38:16les encouragements qui te font tenir ?
- 38:18Moi j'essaye de me les dire moi-même je pense que en tout cas je suis le plus à même de m'encourager là-dessus Et tu te dis quoi alors ?
- 38:25Je me dis que c'est normal et que si moi je ressens ça la personne d'à côté de moi c'est sûrement pire et en fait non moi j'essaye tout le temps de frôler cette limite d'aller
- 38:36plus en plus loin dans l'effort d'année en année et en tout cas je pense qu'on a tous une marge en fait au final et que j'ai jamais frôlé la limite de mon corps il me dit d'arrêter quoi et en fait c'était à chaque fois la tête qui dit bah là t'es super fatigué là t'as mal aux jambes et
- 38:53je pense que d'année en année l'expérience elle montre qu'en fait on se rapproche de cette limite mais qu'on l'atteint quand même jamais je pense donc toi t'es pas de l'école j'écoute les signaux j'écoute mon corps en prépa je m'écoute énormément
- 39:06mais pas en course vraiment tout le temps je suis quelqu'un qui s'écoute et qui vraiment qui essaye de se concentrer sur ce que je ressens à tel moment quelle séance va me faire éprouver ça ou des choses comme ça et je suis vraiment quelqu'un qui s'écoute sur toute la prépa mais par contre non en cours j'essaye de pas du tout m'écouter et comme
- 39:22je l'ai dit d'essayer tout le temps de me reconcentrer sur la technique de me recentrer sur l'instant présent qu'est-ce que je dois faire à tel moment mais pas du tout essayer d'écouter mon corps ce que je ressens
- 39:31Chers auditeurs,
- 39:32n'hésitez pas à nous dire en commentaire sur les réseaux sociaux,
- 39:35sur les plateformes d'écoute sur YouTube,
- 39:38ce que vous faites vous quand vous êtes dans le mal,
- 39:41dans le bad,
- 39:42dans la pen cave,
- 39:43quelle méthode vous avez pour vous pousser à continuer.
- 39:46Ça nous intéresse de lire tout ça et pensez à vous abonner à SafePace évidemment sur tous les réseaux sociaux.
- 39:51On va donner quand même pour finir quelques conseils concrets pour essayer d'apprendre à accepter,
- 39:57à contrôler,
- 39:57à mieux supporter cette douleur.
- 40:01Marie-Laure,
- 40:01est-ce qu'on peut entraîner sa tolérance à la douleur comme on entraîne sa VO2max,
- 40:05par exemple ?
- 40:06Oui,
- 40:06moi,
- 40:06je suis convaincue que c'est quelque chose qui s'entraîne.
- 40:09Et déjà,
- 40:10le préalable,
- 40:10c'est pour pouvoir se faire mal en compète,
- 40:12en tout cas,
- 40:13arriver à traverser ces moments-là,
- 40:15ça demande beaucoup d'énergie,
- 40:16et physique,
- 40:16et mentale.
- 40:17Donc,
- 40:17souvent,
- 40:17on parle de fraîcheur mentale.
- 40:18En fait,
- 40:19ça sert à quoi,
- 40:19la fraîcheur mentale ?
- 40:20Ça sert,
- 40:21justement,
- 40:22à être capable de serrer la vis dans ces moments qui sont hyper importants et qu'on a cochés dans nos objectifs.
- 40:28Donc,
- 40:28ça,
- 40:28c'est le préalable.
- 40:29Et finalement,
- 40:30moi,
- 40:30en tout cas,
- 40:30dans ma manière de travailler,
- 40:32je travaille beaucoup sur créer les conditions pour générer de la performance durable.
- 40:36Alors,
- 40:37c'est quoi la fraîcheur ?
- 40:37Comment on prépare de la fraîcheur mentale ?
- 40:39Comment on fait pour arriver frais mentalement sur une ligne de départ ?
- 40:42C'est comment tu organises toute ta préparation et physique et aussi comment tu acceptes par moment de décharger et physiquement et mentalement.
- 40:50En fait,
- 40:50ça va ensemble.
- 40:51Donc,
- 40:52c'est d'être capable d'arriver sur une compétition en ayant le sentiment d'avoir fait le travail.
- 40:57mais aussi avoir su couper à certains moments clés pour se régénérer physiquement et mentalement.
- 41:01Donc ça,
- 41:01c'est la première chose.
- 41:04Ce qui me paraît vraiment important,
- 41:06c'est aussi de bien travailler toute la reconnaissance du parcours.
- 41:11Et ça,
- 41:11c'est accessible pour tout le monde.
- 41:13Ça permet de se projeter mentalement aussi dans ce qu'on va traverser.
- 41:15Et vraiment de découper.
- 41:16Parce qu'en fait,
- 41:17sinon,
- 41:17on se fait écraser par l'ampleur,
- 41:20l'enjeu,
- 41:21soit du résultat ou du parcours.
- 41:22Parce que quand tu pars pour un marathon,
- 41:24bon,
- 41:25tu vois,
- 41:25ça peut...
- 41:25Ça peut faire un peu peur,
- 41:26donc c'est vraiment important de bien segmenter.
- 41:29Et du coup,
- 41:29après,
- 41:29pendant l'effort,
- 41:30ça permet de revenir dans...
- 41:33mes points techniques,
- 41:33ce que j'ai à produire.
- 41:35Alors,
- 41:35j'aimerais qu'on parle d'outils concrets qui existent,
- 41:38enfin qu'on lit sur Internet,
- 41:40notamment pour mieux tenir la douleur.
- 41:43Moi,
- 41:43j'ai vu la dissociation.
- 41:45C'est quoi ça,
- 41:46la dissociation,
- 41:47comme outil pour résister à la douleur ?
- 41:50Fred ?
- 41:51Je pense que c'est ce que tu disais tout à l'heure peut-être,
- 41:53mais sous un autre langage,
- 41:54c'est-à-dire le fait de prendre du recul,
- 41:56de s'observer et de séparer l'esprit et le corps.
- 42:00De se regarder faire le mouvement,
- 42:02de se regarder souffrir,
- 42:04de déconnecter en fait.
- 42:06D'arriver à prendre de la hauteur sur ce que tu es en train de produire.
- 42:09Honnêtement,
- 42:09moi,
- 42:09c'est des outils que je n'utilise pas parce que j'ai une formation d'accompagnement mental qui est beaucoup plus sur un accompagnement global et systémique des personnes.
- 42:17Et moi,
- 42:17je travaille beaucoup en programmation neurolinguistique,
- 42:19la PNL.
- 42:20Ça veut dire quoi ça ?
- 42:21Du coup,
- 42:21c'est déjà tout le discours interne.
- 42:23Donc,
- 42:23c'est vraiment aller travailler sur les états ressources.
- 42:25Plutôt que d'aller regarder ce qui ne va pas,
- 42:27je vais plutôt renforcer les compétences,
- 42:29souvent.
- 42:29inconsciente,
- 42:30donc c'est qu'est-ce que tu fais quand ça fonctionne,
- 42:32parce que souvent pour aller chercher de la régularité et de la performance durable que tu es capable de répéter chaque week-end,
- 42:38pour certains sports c'est important d'identifier ce que tu fais de bien Et donc concrètement,
- 42:42ça veut dire quoi le dialogue interne,
- 42:44le discours interne Alors c'est déjà des travails sur des états-ressources par exemple Matisse...
- 42:48C'est quoi un état-ressource pardon,
- 42:49moi je pose que des questions Non mais c'est important,
- 42:52l'état-ressource c'est un état par exemple Matisse,
- 42:54je vais lui dire mais...
- 42:55Cite-moi trois situations dans lesquelles tu t'es senti confiant,
- 42:58efficace et serein.
- 42:59Vas-y Mathis,
- 43:00cite-moi trois situations.
- 43:02Les trois médailles,
- 43:02ok.
- 43:03Et donc là par exemple,
- 43:04il va en prendre un sur les trois qui vraiment s'extrait des autres parce que le souvenir est très fort et intense,
- 43:10même si c'était il y a dix ans par exemple.
- 43:11Donc lequel,
- 43:12s'il faut en choisir un ?
- 43:13En termes de souvenirs plus intenses ?
- 43:15Ouais,
- 43:15où t'es vraiment en confiance,
- 43:17efficace.
- 43:17C'était l'individuel skate là où justement je me suis dépassé le médaille d'argent.
- 43:21Médaille d'argent.
- 43:22Et donc là,
- 43:23par exemple,
- 43:23je vais aller questionner,
- 43:24ok,
- 43:24qu'est-ce que tu fais,
- 43:25de quoi tu es capable,
- 43:26qu'est-ce qui se passe,
- 43:27juste avant,
- 43:28qu'est-ce qui se passe,
- 43:28juste après,
- 43:29enfin,
- 43:29on va tout décortiquer.
- 43:31Et du coup,
- 43:32ça va l'amener à revivre cette situation,
- 43:34et pas juste dans sa tête,
- 43:34mais au niveau corporel.
- 43:35Donc il y a des sensations qui vont revenir.
- 43:37Et là,
- 43:38derrière,
- 43:38ça permet d'aller travailler sur un ancrage.
- 43:40Donc on entend souvent parler d'ancrage en préparation mentale.
- 43:43Donc souvent,
- 43:44je vais faire dessiner.
- 43:46Donc il va matérialiser par une métaphore posée sur un dessin ce qu'il ressent.
- 43:50Et ça,
- 43:51après,
- 43:51ça va faire un ancrage qui va entraîner.
- 43:5321 jours,
- 43:54comme la plupart des ancrages,
- 43:55parce que c'est le temps qu'il faut pour reprogrammer.
- 44:00En fait,
- 44:00c'est juste au niveau cellulaire.
- 44:01Pardon,
- 44:01je comprends.
- 44:02C'est quoi un ancrage ?
- 44:03Un ancrage,
- 44:03c'est un souvenir fort identifiable,
- 44:06facilement,
- 44:06rapidement.
- 44:07Le dessin.
- 44:08Là,
- 44:08il va matérialiser son dessin.
- 44:09Donc après,
- 44:10il va s'associer tous les jours.
- 44:12Il va juste...
- 44:12Mais ça va prendre une minute.
- 44:13Il va regarder son dessin.
- 44:15Il y a des choses qui vont se passer.
- 44:16Et en fait,
- 44:17l'intérêt,
- 44:17c'est que derrière,
- 44:18quand il aura besoin de retrouver cet état ressource,
- 44:21soit ça sera une image,
- 44:23un mot,
- 44:23ça c'est propre à chacun,
- 44:24il y a un truc qui va se passer et qui va le faire basculer en une seconde dans cet état.
- 44:28Tu fais des dessins Mathis ?
- 44:30Je dessine très mal mais...
- 44:31Tu fais pas des dessins pour t'ancrer ?
- 44:33Non,
- 44:34non.
- 44:34Ces techniques-là tu les utilises ou pas ?
- 44:36Non,
- 44:36j'ai aucun suivi jusqu'à présent,
- 44:39en tout cas après je suis pas du tout...
- 44:40Attends mais triple médaillé au JO,
- 44:42t'as pas de suivi mental ?
- 44:43J'ai rien.
- 44:44Après j'ai forcément des techniques qui me sont propres.
- 44:49Je pense qu'il a développé ses propres stratégies.
- 44:51Moi je marchais assez simplement Je me suis dit Si je me perçois le plus souvent Dans des vitesses et des pentes
- 45:01Je me disais Si tu vas peut-être un kilomètre plus vite Tu pourras faire une médaille
- 45:07J'ai tellement vu cette situation là Que quand je suis arrivé au jeu
- 45:12C'était pas quelque chose de nouveau Et ça marche très bien L'équipe,
- 45:15une astuce très concrète
- 45:17Pour nos auditeurs,
- 45:17pour mieux tenir,
- 45:18mieux résister à la douleur Fred
- 45:20Alors moi je mélange un peu tout ce que tu dis,
- 45:23mais sans trop le développer sur une technique.
- 45:26C'est l'ancrage avec un mot.
- 45:28Je sais que quand j'ai vraiment les jambes qui brûlent,
- 45:30que ce soit à cause de l'acide ou à cause des courbatures,
- 45:34mon truc c'est la fréquence gestuelle.
- 45:38Je me concentre là-dessus.
- 45:39Mettre de la fréquence dans ton geste.
- 45:41Je m'entends respirer fort,
- 45:43mais en fait,
- 45:44c'est comme si c'était quelqu'un d'autre qui respirait.
- 45:46Moi,
- 45:46je mets de la fréquence.
- 45:48C'est mon seul truc et c'est un mot.
- 45:50La fréquence,
- 45:50c'est le geste.
- 45:51Et comme ça,
- 45:52je peux durer plus longtemps.
- 45:54Charlotte ?
- 45:55Moi,
- 45:55sur Ironman,
- 45:56ce que j'aimais bien faire,
- 45:57et ça mélange aussi un peu tout ce qu'on a dit,
- 45:58c'est que je repérais le parcours,
- 46:00mais je me le remémorais le soir dans mon lit.
- 46:04En fait,
- 46:04c'est un peu l'imagerie mentale.
- 46:06Et je me refaisais toute la course,
- 46:08l'entrée dans l'eau,
- 46:09la sortie d'eau,
- 46:10la partie natation.
- 46:12Je prends mon vélo,
- 46:13où est mon vélo,
- 46:14pour ne pas avoir de points noirs,
- 46:15points bloquants dans ma tête.
- 46:17Je me refaisais tout le parcours.
- 46:18Et sur le parcours,
- 46:20j'imaginais aussi des points de difficulté,
- 46:23par exemple au bout d'un moment sur le parcours vélo,
- 46:26ou des points d'écœurement sur la nutrition et tout.
- 46:28Et pour mettre en place des stratégies sur ce que je vais faire à ce moment-là,
- 46:31quand ça devient difficile.
- 46:32ou qu'est-ce que je vais faire quand je serai pas bien.
- 46:34Anticiper les moments difficiles.
- 46:36Pour que quand on vit le moment difficile,
- 46:38on sache quoi faire.
- 46:39Et soit avec des ancrages,
- 46:42soit avec des choses très positives qu'on se répète sur le moment de la course pour rester focalisé et pas partir sur des dérives négatives.
- 46:49Monsieur Tormento,
- 46:50on sait que tu souffres pas parce que t'es surhumain,
- 46:52mais si jamais un jour tu dois souffrir...
- 46:55Je passe beaucoup par l'anticipation,
- 46:57exactement ce que disait Charlotte avant,
- 46:59donc je vais pas forcément le redire.
- 47:01Sur des moments où je viens dans un moment très compliqué et que je n'avais pas forcément anticipé,
- 47:06j'essaye de me rappeler des séances ou des moments où j'ai passé ces mêmes douleurs.
- 47:11Et je me ramène sur des choses un peu plus terre à terre.
- 47:15C'est que la mise en confiance.
- 47:16C'est-à-dire,
- 47:16à ce moment-là,
- 47:17j'ai réussi à faire ça,
- 47:18j'ai réussi à le faire.
- 47:18Donc,
- 47:19pourquoi je n'y arriverais pas aujourd'hui ?
- 47:20Je l'ai fait.
- 47:21Et je me ramène à des choses très simples.
- 47:23Mais c'est un peu un mix entre Charlotte et Fred,
- 47:24au final.
- 47:26C'est l'anticipation.
- 47:27Et puis après,
- 47:28sur le moment...
- 47:29Tu te remets dans une confort zone avec des basiques,
- 47:31j'y arrive,
- 47:32je l'ai fait avec un pied devant l'autre,
- 47:34j'ai fait gaffe à ça,
- 47:34je soufflais comme ça,
- 47:36allez ça va le faire,
- 47:36ça va le faire,
- 47:37ça va le faire,
- 47:37et puis bon an mal an,
- 47:39tu finis par le passer.
- 47:40Vous voulez mon petit conseil ou tout le monde s'en fout ?
- 47:41Allez !
- 47:42Ouais je vous le donne,
- 47:42c'est sûr ?
- 47:43T'es en merde !
- 47:44Bon je vous le donne,
- 47:45alors moi mon petit conseil,
- 47:46Marie-Laure,
- 47:47hésite pas à prendre des notes.
- 47:48On a toujours à apprendre.
- 47:51Non tu vas me dire si c'est une bêtise ou pas.
- 47:53En tout cas pour moi ça marche,
- 47:54moi je visualise la ligne d'arrivée,
- 47:56je m'imagine le moment où je vais franchir la ligne d'arrivée en me disant à ce moment-là tu seras trop content,
- 48:01tu seras trop soulagé,
- 48:03machin.
- 48:04Et dans les moments difficiles j'essaye de visualiser cette arrivée,
- 48:06de m'imaginer comment ça va se passer,
- 48:08le repas que je vais manger après.
- 48:10Je réfléchis à la bouffe que je vais pouvoir manger juste après la course.
- 48:16Les moments cools que je vais passer avec les copains une fois que j'aurai franchi la ligne d'arrivée.
- 48:20Franchement,
- 48:20ça marche plutôt bien pour moi.
- 48:22C'est ça que je trouve intéressant,
- 48:23c'est que ça marche bien pour toi.
- 48:25Et finalement,
- 48:25on est tous singuliers.
- 48:27Il n'y a pas de recette magique et c'est là où c'est important de bien se connaître.
- 48:30Parce que d'autres feraient ça,
- 48:32ça les plombe et ils ne vont pas jusqu'à la ligne.
- 48:34Ah oui ?
- 48:34Ah ben oui.
- 48:35Et vraiment,
- 48:36parce que parfois la ligne paraît...
- 48:37tellement loin que pour certains ça peut du coup les stopper.
- 48:41Enfin je sais pas ce que ça veut dire.
- 48:43Si t'es au 15ème kilomètre de ton marathon que tu souffres et tu te dis allez vas-y pense à la ligne d'arrivée,
- 48:48c'est bon tu vas y arriver alors que t'es déjà en PLS.
- 48:50T'es pas censé souffrir dès le 15ème kilomètre si t'as bien préparé ton marathon.
- 48:53Non mais je suis d'accord avec toi quand même.
- 48:55En théorie.
- 48:55Moi je vois ce que tu veux dire et je pense que ça m'est déjà arrivé de penser à ça.
- 48:58Le repas d'après.
- 49:00Est-ce que c'est important de se faire mal à l'entraînement pour avoir moins mal en course ?
- 49:06La fameuse formule
- 49:08Hard Training Easy War Entraînement difficile,
- 49:11course facile
- 49:12Clairement, on parle d'adaptation Si tu veux progresser
- 49:17Sauf Matisse,
- 49:19il fait entraînement difficile,
- 49:19course difficile
- 49:21Comme tu l'as très bien dit,
- 49:22au plus tu progresses Au plus tu te fais mal mais à une vitesse supérieure
- 49:27Mais quand tu veux progresser,
- 49:29il faut des adaptations
- 49:30Et pour finir,
- 49:31pourquoi on aime se faire mal ?
- 49:34Pourquoi on aime se faire mal quand on fait du sport d'endurance ?
- 49:36Est-ce qu'on est tous tarés ou est-ce qu'il y a un phénomène physique derrière,
- 49:39Charlotte ?
- 49:40C'est ce que j'allais dire,
- 49:41tout le monde n'aime pas se faire mal,
- 49:42je pense.
- 49:43Ah ouais ?
- 49:44Ben non,
- 49:44il y en a qui aiment bien rester dans leur zone de confort,
- 49:47justement.
- 49:47C'est les hormones,
- 49:48quoi.
- 49:48Après l'effort,
- 49:49après la douleur,
- 49:50t'as un pic d'hormones qui te fait du bien,
- 49:53l'hormone du plaisir,
- 49:55au plus t'as souffert,
- 49:56au plus après ça te fait plaisir.
- 49:57C'est corrélé,
- 49:58la souffrance avec le plaisir.
- 49:59Est-ce que plus tu souffres,
- 50:00plus tu profites après ?
- 50:02Non mais par contre...
- 50:03Quand tu souffres à un niveau 1
- 50:05Tu as un niveau
- 50:071 de plaisir,
- 50:09mais au bout d'un moment tu t'habitues.
- 50:10Donc pour avoir ton niveau de plaisir,
- 50:12il faut souffrir un peu plus,
- 50:13puis encore un peu plus.
- 50:14Et c'est ça le danger.
- 50:15Après je pense que ça dépend des drivers et des motivations et du pourquoi.
- 50:20On parle souvent du sens,
- 50:21mais c'est important aussi de savoir pourquoi tu fais ça.
- 50:24Et je pense que ça contribue aussi à dépasser ce moment-là.
- 50:28Et je pense que c'est vachement important ce que tu as dit Charlotte,
- 50:29parce qu'en vrai,
- 50:30c'est vrai que nous...
- 50:31tous autour de cette table,
- 50:32on s'entraîne beaucoup à des niveaux différents,
- 50:34bien sûr,
- 50:34mais on est tous à fond dans notre pratique.
- 50:36Il y a beaucoup de gens qui aiment juste aller courir parce que ça leur fait du bien,
- 50:39parce que ça leur aère la tête,
- 50:40parce que ça leur fait du bien à la santé.
- 50:43Et on n'est pas obligés de vouloir se faire absolument mal pour faire du sport,
- 50:47pour bouger.
- 50:47C'est important de le rappeler.
- 50:49Et déjà,
- 50:50avoir une activité physique,
- 50:51c'est super important,
- 50:52c'est super bien,
- 50:53même quand on se fait pas mal.
- 50:54Oui,
- 50:54Marie-Laure ?
- 50:54Et aussi,
- 50:54juste de dire,
- 50:55oui,
- 50:55c'est bien de se faire mal à l'entraînement,
- 50:57mais...
- 50:57pas tous les entraînements de Simone.
- 50:59Oui,
- 50:59bien sûr.
- 51:00Tout ça dans un entraînement structuré et raisonnable.
- 51:03Merci beaucoup tous les deux pour vos témoignages.
- 51:05Merci Mathis,
- 51:06merci
- 51:06Marie-Laure.
- 51:07Exceptionnellement, pas d'interview tapis dans cet épisode de Safe Pays puisque non seulement Mathis est blessé,
- 51:12Marie-Laure aurait pu s'y coller,
- 51:14mais on a un petit problème technique de tapis.
- 51:16Il a fallu que le tapis retourne dans sa maison de tapis avant la fin du tournage.
- 51:22Mais tu reviendras,
- 51:23Marie-Laure,
- 51:23t'inquiète pas.
- 51:24pas,
- 51:26tu n'y couperas pas la prochaine fois que tu viendras dans SafePay,
- 51:29ce sera un plaisir de te recevoir et de te recevoir également Mathis merci à vous l'équipe,
- 51:34je remercie également notre partenaire pour cet épisode qui a rendu possible cet épisode,
- 51:38Nomio apparemment ça marche très bien pour Mathis,
- 51:41j'ai hâte de le tester,
- 51:43de voir ce que ça donne vous l'équipe vous avez testé,
- 51:46pas encore ?
- 51:46Yes,
- 51:47moi je l'ai fait,
- 51:47j'ai fait un protocole juste avant le semi-marathon de Paris et je l'ai pris autour du semi-marathon de Paris et bon
- 51:52Actuellement,
- 51:53j'ai fait mon RP,
- 51:54mon recours personnel.
- 51:55Donc,
- 51:55ça semble marcher.
- 51:56Ça semble marcher.
- 51:57Et je vous dis à très vite pour un prochain épisode.
- 51:59Bye bye.
- 52:06Safe Pace,
- 52:07le podcast des sports d'endurance présenté par Hugo Clément.