Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / TCA et quête d’émotions vraies : le parcours lumineux de Victoire Dauxerre
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- 0:03Flamme des années 80.
- 0:05Le podcast qui allume la femme.
- 0:10Bonjour,
- 0:11donc on parle toujours de nutrition et on a la chance de recevoir aujourd'hui
- 0:16Victoire.
- 0:17Est-ce que tu veux te présenter Victoire ?
- 0:20Avec plaisir,
- 0:21bonjour,
- 0:21merci de me recevoir sous cette belle tente.
- 0:26Qu'est-ce que je pourrais dire ?
- 0:27J'ai envie de dire que je suis redevenue une petite fille déjà,
- 0:30mais je m'appelle Victoire Doxer,
- 0:32je suis...
- 0:32Je suis comédienne,
- 0:34auteure de Jamais Assez Maigre et thérapeute aussi.
- 0:38J'ai créé Emopy,
- 0:40qui est ma méthode thérapeutique holistique spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire.
- 0:47Super,
- 0:47oui,
- 0:47parce qu'on va parler des troubles de comportement alimentaire aujourd'hui,
- 0:50principalement avec toi.
- 0:52Est-ce que c'est des choses qui sont fréquentes ?
- 0:53Parce que toi,
- 0:54tu reçois justement des femmes,
- 0:55des jeunes femmes,
- 0:56ou des femmes plus âgées et aussi des hommes,
- 0:58j'imagine,
- 0:59qui ont ce genre de comportement.
- 1:02Est-ce que c'est dur à définir ?
- 1:03J'imagine que chaque personne a ses propres façons de...
- 1:07C'est des troubles en fait,
- 1:08donc il n'y a pas un protocole complètement défini par rapport à ce que c'est.
- 1:11Est-ce que toi,
- 1:11tu pourrais nous donner une petite définition par rapport justement à ta position de thérapeute aussi ?
- 1:17Oui,
- 1:18effectivement,
- 1:18il y en a plusieurs.
- 1:19Les plus connus,
- 1:20c'est l'anorexie mentale,
- 1:22la boulimie,
- 1:23l'hyperphagie.
- 1:24Donc l'anorexie,
- 1:25c'est quand on se prive principalement de nourriture.
- 1:28La boulimie,
- 1:29c'est quand on...
- 1:30mange des grandes quantités en très peu de temps et qu'on rend cette nourriture,
- 1:34soit par des vomissements ou des laxatifs.
- 1:36Et l'hyperphagie,
- 1:37c'est le même fonctionnement.
- 1:38Donc on mange beaucoup en très peu de temps,
- 1:41mais on garde cette nourriture.
- 1:42Et il faut savoir que la nourriture mentale,
- 1:44c'est une maladie mentale,
- 1:46ce qu'on appelle aujourd'hui un trouble psychique.
- 1:48Et c'est des troubles qui peuvent arriver à n'importe qui,
- 1:52à plein de moments différents de la vie,
- 1:54principalement effectivement pour des jeunes filles,
- 1:56adolescentes,
- 1:57mais aussi pour des jeunes hommes.
- 1:59également à la ménopause,
- 2:00en fait c'est principalement à des périodes de changement et ce n'est de la faute de personne,
- 2:05c'est quelque chose aussi dont on guérit et effectivement on en guérit aussi avec des thérapies cognitives et comportementales donc moi c'est quelque chose que je fais,
- 2:15que je pratique avec la mindfulness,
- 2:19avec la psychologie positive parce que c'est des troubles,
- 2:23des maladies addictives qui viennent principalement parce qu'on ne sait pas gérer ses émotions.
- 2:29Et malheureusement,
- 2:30beaucoup de personnes aujourd'hui ne savent pas gérer leurs émotions,
- 2:32donc on peut tomber aussi dans d'autres addictions,
- 2:35que ce soit la drogue,
- 2:36la cigarette.
- 2:37Bon ben là,
- 2:37il se trouve qu'on tombe dans la nourriture,
- 2:40un excès ou une rétention de nourriture parce qu'on ne sait pas communiquer autrement.
- 2:45Et donc,
- 2:45en général,
- 2:46ça vient aussi d'une grande sensibilité,
- 2:49d'un certain perfectionnisme,
- 2:50d'une peur de décevoir.
- 2:51C'est des jeunes filles en général qui sont assez bonnes élèves.
- 2:55on retrouve malheureusement des profils types.
- 3:01Donc ce n'est pas du tout une maladie superficielle,
- 3:04c'est juste un mal-être qui se définit avec ces comportements-là.
- 3:08Mais en fait,
- 3:08il faut comprendre que la nourriture,
- 3:10c'est juste le haut de l'iceberg.
- 3:13Et que tout le reste,
- 3:14effectivement,
- 3:15c'est les émotions qu'on a du mal à digérer ou à explorer.
- 3:22Moi,
- 3:22j'aime dire que déjà,
- 3:24on n'est pas anorexique ou boulimique,
- 3:26on souffre de ça parce qu'on ne dit pas à quelqu'un tuer cancer.
- 3:29On va lui dire qu'on souffre d'un cancer.
- 3:31Et il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas en disant mange ou arrête de manger.
- 3:37Mais on ne va pas dire ça à quelqu'un qui s'est cassé une jambe ou à quelqu'un qui,
- 3:40effectivement,
- 3:40sur son scan a un cancer,
- 3:41par exemple.
- 3:42Donc,
- 3:43c'est une maladie du même type.
- 3:45C'est juste que c'est une maladie psychique et non physique,
- 3:48mais malheureusement qui...
- 3:50se définit ensuite et se voit par des troubles physiques.
- 3:53Mais au départ,
- 3:55c'est quelque chose qui vient d'une perte de sens.
- 3:57Et donc,
- 3:58il faut trouver ce sens en soi.
- 4:01Donc moi,
- 4:01je travaille beaucoup sur les émotions,
- 4:04sur trouver effectivement l'origine de ce manque en soi qu'on essaie de combler par quelque chose d'autre.
- 4:11Et donc,
- 4:11je parlais de cette sensibilité,
- 4:14parce que moi,
- 4:14en tout cas,
- 4:15de ce que j'ai vécu.
- 4:17Je pense que l'anorexie,
- 4:19c'était une peur d'être dévorée par mes émotions et un trop-plein de ressentir tout en XXL.
- 4:28Et donc,
- 4:29de ne plus rien manger,
- 4:30c'était une manière de me couper du monde et de me dire,
- 4:34au moins,
- 4:34je ne vais plus être dérangée par telle ou telle émotion,
- 4:38que ce soit,
- 4:40ou même des sentiments,
- 4:41mais l'amour,
- 4:42la colère,
- 4:43la tristesse,
- 4:43quoi que ce soit,
- 4:44je me coupe de tout.
- 4:46Et du coup,
- 4:46tu ne ressens plus rien.
- 4:48Et je ne ressens plus rien,
- 4:49absolument.
- 4:49Mais quelque part,
- 4:50c'est une bonne défense.
- 4:52C'est assez intelligent.
- 4:53comme maladie.
- 4:54Après,
- 4:55c'est terrible,
- 4:56c'est un mal-être que les gens qui ne le vivent pas ou de très loin ont du mal,
- 5:03effectivement,
- 5:03à comprendre parce que c'est totalement irrationnel.
- 5:07Et même quand on est dedans,
- 5:09ça rend fou parce qu'en fait,
- 5:10c'est comme ce que je décris dans mon livre.
- 5:12C'est une petite voix que j'appelle la connasse parce qu'en fait,
- 5:15elle envahit tout.
- 5:17Et elle dit,
- 5:18alors moi,
- 5:18c'était particulier en plus parce que c'était dans le monde du mannequinat.
- 5:22Et donc c'était une petite voix qui me disait mais t'es trop grosse,
- 5:25tu vas jamais rentrer dans les fringues,
- 5:27t'es bonne à rien,
- 5:28si t'arrives pas à faire ça tu pourras pas correspondre.
- 5:30Parce que moi c'était pour répondre à des dictats de la mode.
- 5:34Donc c'était pour un truc bien spécifique.
- 5:37Et d'ailleurs ces troubles-là en général effectivement viennent de quelque chose.
- 5:40C'est-à-dire qu'on peut avoir une fragilité émotionnelle mais ensuite il faut toujours un déclencheur environnemental.
- 5:48C'est-à-dire que peut-être que j'ai le...
- 5:51le gêne en moi par exemple d'une possibilité de tomber dans la schizophrénie mais rien dans mon environnement ne va faire que ça va se déclencher j'avais le gêne en moi de pouvoir tomber dans l'anorexie c'est la mode qui me l'a déclenché mais peut-être que je ne serais pas tombée dans l'environnement de la mode qui m'a déclenché cette fragilité je
- 6:11ne serais jamais tombée dans l'anorexie ou peut-être que ça aurait été plus tard un chagrin d'amour ou un connard au travail ou j'en sais rien mais il y a toujours...
- 6:19plusieurs facteurs qui font que ça arrive.
- 6:22Il y a aussi effectivement l'entourage,
- 6:23est-ce qu'il y a un soutien ou pas ?
- 6:27En fait,
- 6:28c'est toujours multifactoriel,
- 6:29les troubles psychiques.
- 6:31C'est pour ça que si quelqu'un vous dit c'est de ta faute à toi ou de la faute de ta mère c'est stupide comme argument.
- 6:38Il y a toujours plein de choses.
- 6:40Et ensuite,
- 6:40c'est pour ça qu'en thérapie,
- 6:41il faut trouver aussi plein de ressources en soi pour avoir une raison valable d'en sortir.
- 6:48Parce qu'ensuite,
- 6:48ça devient tellement une identité qu'on s'y accroche et le changement fait aussi peur.
- 6:53Donc quand on connaît quelque chose auquel on est tant habitué,
- 6:58pourquoi aller vers quelque chose d'autre ?
- 7:00Il faut que ça vaille le coup,
- 7:01vraiment,
- 7:01de changer ses habitudes.
- 7:06C'est intéressant d'avoir ce point de vue-là sur ces troubles alimentaires.
- 7:10Et toi,
- 7:11par rapport à ton histoire,
- 7:12c'est la mode ?
- 7:14Mais c'est arrivé,
- 7:15t'avais quel âge ?
- 7:15Comment est-ce que ça s'est déclenché ?
- 7:16Comment est-ce qu'on glisse,
- 7:17entre guillemets,
- 7:18je sais pas si c'est un bon terme,
- 7:20mais je sens vraiment qu'on glisse en fait vers cette perte de poids.
- 7:26Et très vite malheureusement.
- 7:27En fait,
- 7:27moi c'est arrivé à 17 ans,
- 7:29parce que j'ai été repérée par une très grande agence de mannequins.
- 7:32Je voulais pas du tout faire ça.
- 7:33J'étais en train de préparer Sciences Po,
- 7:35mais j'avais toujours rêvé d'être comédienne.
- 7:37Et mes parents voulaient pas du tout que je fasse ça.
- 7:40Ils voulaient très fortement que je fasse Sciences Po.
- 7:43Et en fait,
- 7:44j'étais à fond dans mes révisions.
- 7:46J'étais très bonne élève,
- 7:48à fond dans tout bien faire,
- 7:50tout préparer.
- 7:52Et ma mère m'a traînée presque de force un week-end en me disant Bon,
- 7:55tu vas quand même faire une pause et on va aller faire du shopping toutes les deux pour te changer les idées.
- 8:00Et en regardant une vitrine,
- 8:02puisque je n'ai jamais aimé faire du shopping,
- 8:04mais elle adore faire ça,
- 8:04donc je l'attendais dehors,
- 8:07dans une rue du Marais.
- 8:09Et un mec,
- 8:10ce qu'on appelle un scout,
- 8:12donc c'est ceux qui cherchent les mannequins pour les agences de mannequins,
- 8:16est venu vers moi en me disant tu as un nez extraordinaire
- 8:21Alors, je me suis dit c'est quand même très,
- 8:23très bizarre comme approche
- 8:26Et donc,
- 8:26moi,
- 8:2717 ans,
- 8:27je me suis dit mais qui est ce taré ?
- 8:30Et ensuite,
- 8:31il m'a donné sa carte en me disant non,
- 8:33non,
- 8:34mais je travaille pour une grande agence de mode,
- 8:36tu es faite pour devenir mannequin Moi,
- 8:38j'ai dit j'ai.
- 8:39très grande,
- 8:40je faisais presque 1m80 et fine.
- 8:45Oui,
- 8:45je faisais du 36 donc oui,
- 8:47j'étais très fine,
- 8:48mince.
- 8:49Et il m'a dit mais tu es faite pour ça,
- 8:51il faut absolument que tu deviennes mannequin.
- 8:54Alors moi,
- 8:54j'étais là,
- 8:55vraiment pas du tout.
- 8:56Enfin,
- 8:56aucun intérêt pour ça.
- 8:59À part peut-être ce petit truc dans ma tête de me dire bon,
- 9:04cinéma,
- 9:05mode,
- 9:05il y a peut-être un lien.
- 9:07Ce sera peut-être une...
- 9:08passerelle pour passer de l'un à l'autre.
- 9:10Bon,
- 9:10c'était à la limite mon seul truc.
- 9:13Et ensuite,
- 9:14il se trouve que je n'ai pas été prise au concours de Sciences Po.
- 9:18Et alors ça,
- 9:18pour moi,
- 9:19ça a été la honte.
- 9:21C'était un drame absolu de me dire,
- 9:24mais en fait,
- 9:26je suis débile,
- 9:28je vais décevoir mes parents,
- 9:29ils vont être tellement déçus par moi.
- 9:31Ça m'a...
- 9:33Et il fallait,
- 9:34ça a peut-être changé,
- 9:35mais regarder sur Internet pour voir s'il n'y avait pas son nom.
- 9:38et alors moi en plus j'ai un nom double parce que j'ai le nom de mes deux parents donc je suis allée voir aux deux noms et j'y étais pas donc je me suis dit là il faut que je trouve un autre truc à dire à mes parents parce que je peux pas leur dire et pourtant j'étais prise en hippocampe donc j'avais à la limite un mais
- 9:57je sais pas je me disais pour mes parents il faut que je fasse un truc grandiose entre guillemets
- 10:01Et j'ai rappelé ce mec,
- 10:03parce que j'avais sa carte,
- 10:04en lui disant est-ce que tu te souviens de moi ?
- 10:06Et puis alors,
- 10:07ils sont toujours,
- 10:08vous savez,
- 10:08c'est à l'américaine de mais comment pourrais-je t'oublier ?
- 10:12Bon,
- 10:12et puis moi,
- 10:13dans mon égo,
- 10:14sûrement,
- 10:14j'ai été flattée de me dire ah bah oui,
- 10:17alors que,
- 10:17enfin,
- 10:18si ça se trouve,
- 10:19ils ne savaient même pas qui j'étais.
- 10:22Et donc,
- 10:22j'ai dit à mes parents,
- 10:25je suis descendue après avoir pleuré,
- 10:27je pense,
- 10:27deux heures toute seule dans ma chambre,
- 10:29je n'ai pas été prise à Sciences Po.
- 10:30mais je ne veux jamais qu'on m'en parle et je vais devenir top modèle je vais partir à New York en gros vous allez être fiers de moi c'était un truc de...
- 10:41mais donc pour revenir à ce truc des émotions et t'es partie à New York ça ça m'intéresse et ça j'étais trop contente puisque j'étais jamais allée à New York ça c'était ma première erreur que je vois maintenant avec le recul c'est que j'ai totalement alors j'ai quand même pleuré deux heures mais j'ai totalement étouffé le truc de l'échec
- 10:59entre guillemets
- 11:01J'avais quand même bossé pour ce truc.
- 11:04Et je voulais tellement avaler une honte ou une déception d'un truc que je ne voulais même pas faire.
- 11:10C'est ça qui est hallucinant.
- 11:12Tu ne t'es pas laissé le temps de digérer et tu t'es jetée dans autre chose.
- 11:15Exactement.
- 11:17Et je pense que ça,
- 11:18c'est un des principes.
- 11:19Aujourd'hui,
- 11:20je bosse beaucoup aussi sur la prévention et comprendre ces émotions.
- 11:26Mais on ne les connaît pas.
- 11:28La plupart du temps,
- 11:28on se dit Ah,
- 11:29je suis en colère mais en fait,
- 11:30on est triste.
- 11:30Ce n'est pas de la colère.
- 11:32Et on mélange tout.
- 11:33Et en fait,
- 11:34ça,
- 11:34c'est dramatique.
- 11:36Je pense que ce n'est pas un trop gros mot pour ça,
- 11:39parce que c'est ce qui crée plein de troubles dans le corps.
- 11:41Et la maladie,
- 11:42si on décortique,
- 11:43c'est ça,
- 11:43c'est le mal à dire.
- 11:45Donc,
- 11:45au bout d'un moment,
- 11:46le corps parle pour nous mettre sur un autre chemin,
- 11:49parce qu'en fait,
- 11:49on s'est trompé.
- 11:50Et moi,
- 11:50je me suis trompée de chemin,
- 11:51donc mon corps m'a arrêtée pour que j'en reprenne un bon.
- 11:54Alors,
- 11:54effectivement,
- 11:54c'est violent.
- 11:55Mais quelque part,
- 11:56bon.
- 11:57J'avais 18 ans,
- 11:57j'ai eu de la chance,
- 11:59comme maintenant ça va très bien,
- 12:00pour me remettre ensuite sur le bon chemin et prendre le bon cap.
- 12:05Mais à ce moment-là,
- 12:05en tout cas,
- 12:06j'étais tellement dans un truc de il ne faut pas décevoir,
- 12:08il ne faut pas décevoir que je ne vivais que pour les valeurs et les aspirations pour moi de mes parents.
- 12:15Et donc,
- 12:16je ne vivais pas du tout ma vie quelque part.
- 12:19Et donc,
- 12:20ce fameux mec m'a emmenée dans cette agence de mannequins où là,
- 12:24on a pris mes mensurations.
- 12:27Et où j'étais donc trop grosse en faisant du 36 pour
- 12:301m79.
- 12:33Et tu pesais combien de kilos à l'époque ?
- 12:3656 je crois.
- 12:38Et donc là on m'a dit,
- 12:39alors en fait il y a un composite dans les agences de mannequins,
- 12:41donc ça c'est comme une carte de visite,
- 12:44sauf que la carte de visite c'est vos mensurations,
- 12:47vu que votre outil de travail c'est votre corps.
- 12:49Ils m'ont noté d'autres mensurations.
- 12:51Donc pour me faire comprendre que si je voulais travailler à la Fashion Week de New York,
- 12:56qui avait lieu deux mois après,
- 12:57il fallait que je corresponde à ces mensurations-là.
- 13:01Et donc que je perde 3 cm de tour de hanche,
- 13:04en sachant que les hanches,
- 13:05dans la mode,
- 13:05c'est les fesses.
- 13:06C'est le plus gras des fesses,
- 13:08c'est pas au-dessus,
- 13:09les hanches.
- 13:11Mais moi,
- 13:1217 ans,
- 13:13je me dis,
- 13:143 cm de tour de hanche,
- 13:15c'est 3 kg.
- 13:16Enfin,
- 13:18je sais pas à quoi ça correspond vraiment.
- 13:20Donc je me dis,
- 13:20bon,
- 13:213 kg,
- 13:21c'est pas dingue.
- 13:23Enfin,
- 13:23ça va,
- 13:24je peux...
- 13:25Et donc très volontaire,
- 13:28je cherche sur
- 13:29Internet. Alors,
- 13:30quand je dis des trucs comme ça,
- 13:32ce n'est pas à faire.
- 13:34C'est justement,
- 13:35c'est un red flag.
- 13:37La fin de mon livre,
- 13:39c'est un spoiler,
- 13:42mais voilà,
- 13:42c'est que j'ai quand même fait une tentative de suicide et que j'ai fini à l'hôpital psy pendant trois mois.
- 13:47Mais parce qu'ensuite,
- 13:47des gens,
- 13:48je sais,
- 13:49ont utilisé mon livre comme,
- 13:51heureusement pas la plupart,
- 13:52mais comme truc pour maigrir.
- 13:54Ça,
- 13:54forcément,
- 13:55je n'y ai pas pensé en l'écrivant.
- 13:56Moi,
- 13:56je l'écrivais comme,
- 13:58voilà la fin,
- 13:59voilà ce qui est arrivé,
- 14:01donc juste ne le faites pas.
- 14:04À moins que vous vouliez vous bousiller la santé.
- 14:06Mais moi,
- 14:07ça m'a bousillé la santé et physique et mentale ensuite pendant dix ans.
- 14:10Donc,
- 14:11ne mangez pas trois pommes par jour.
- 14:13Mais moi,
- 14:13j'ai fait ça.
- 14:15Tu ne mangeais que trois pommes par jour ?
- 14:17En même temps,
- 14:17ce n'est pas un très grand secret.
- 14:18Je pense que les gens,
- 14:19s'ils veulent vraiment maigrir et qu'ils mangent trois pommes par jour...
- 14:22Oui,
- 14:22mais du coup,
- 14:23quand on est déjà dans un truc où ça ne va pas,
- 14:27on cherche partout où on veut.
- 14:30J'étais comme ça aussi.
- 14:31Oui,
- 14:31toi,
- 14:31tu as cherché sur Internet.
- 14:34J'ai fait,
- 14:35je pense,
- 14:36tous les régimes qui existent.
- 14:37Je n'ai pas fait les trucs les plus tarés parce qu'il y a des gens vraiment malades sur Internet qui vous proposent des choses où vous pouvez,
- 14:44je pense,
- 14:44mourir dans l'instant.
- 14:45C'est terrible.
- 14:48encore plus je pense sur les réseaux sociaux,
- 14:49moi c'était en 2010 ça,
- 14:51il n'y avait pas Instagram,
- 14:52je crois pas,
- 14:53enfin en tout cas j'étais pas dessus,
- 14:54moi je l'ai créé pour mon livre,
- 14:56mais ça c'est vraiment catastrophique les choses qu'on peut trouver pour se faire du mal.
- 15:02Donc,
- 15:03je sais quand on peut être dans un malheur très profond,
- 15:07à quel point on peut chercher des choses pour aller encore plus mal,
- 15:10parce qu'on pense à très court terme.
- 15:12Et moi,
- 15:12j'ai été dans un mal-être si profond que je voulais tuer cette souffrance et ne plus faire partie de ce monde.
- 15:17Donc,
- 15:18je sais.
- 15:20Mais sachez aussi que même si on est dans ce moment le plus noir,
- 15:24on peut ensuite aller bien,
- 15:25parce que c'est mon cas aujourd'hui et je suis très heureuse.
- 15:29Et je sais qu'on peut se dire,
- 15:31ça n'arrive qu'aux autres et c'est faux,
- 15:33mais en tout cas,
- 15:34je suis une preuve vivante que non,
- 15:36parce que je trouvais tout monstrueux.
- 15:40Et aujourd'hui,
- 15:41ça va très bien,
- 15:42je suis hyper heureuse.
- 15:44Donc,
- 15:44on peut vraiment totalement se sortir de ça et se sortir de l'anorexie,
- 15:49se sortir de la boulimie,
- 15:50se sortir de tous les TCA,
- 15:52de la dépression,
- 15:54des envies suicidaires.
- 15:55Il faut juste effectivement trouver les bonnes personnes.
- 15:58et demander de l'aide et ne pas avoir honte d'en parler en fait,
- 16:01parce que c'est ni un choix,
- 16:03ni une faiblesse.
- 16:04Et les gens qui vous disent ça ne l'ont juste pas traversé et ont peur de le traverser.
- 16:09Donc ils le rejettent très loin d'eux.
- 16:12Mais malheureusement,
- 16:12ça peut leur arriver aussi.
- 16:14Ça peut arriver à tout le monde parce qu'on est tous humains.
- 16:16Et une dépression,
- 16:17par exemple,
- 16:17ça touche une personne sur trois.
- 16:20Donc ça touche bien plus de personnes qu'on ne le pense.
- 16:23Et il y a plein de personnes en fait qui se taisent aussi.
- 16:26Parce qu'ils se disent,
- 16:27c'est terrible,
- 16:28j'ai pas le droit d'en parler,
- 16:28mais c'est pas grave.
- 16:30On est tous humains,
- 16:31on est tous vulnérables et il n'y a vraiment pas de honte à parler de ça.
- 16:35C'est vraiment OK,
- 16:36en fait.
- 16:37Est-ce que tu penses qu'on peut se surestimer des fois et penser que tout seul,
- 16:40on va y arriver ?
- 16:40Puisque tout seul,
- 16:41on a réussi à perdre du poids,
- 16:42donc on peut réussir tout seul à s'en sortir.
- 16:46Certainement.
- 16:47Parce que,
- 16:48alors surtout dans ces maladies-là,
- 16:49en fait,
- 16:50c'est tellement une maladie de contrôle qu'il y a un truc aussi de...
- 16:55de...
- 16:55telle volonté,
- 16:56parce qu'il y a une grande,
- 16:58grande volonté.
- 17:00Je pense être d'une volonté et d'une détermination très fortes,
- 17:06mais c'est pas grave,
- 17:09en fait,
- 17:09de demander de l'aide.
- 17:11Je pense pas que ce soit de la faiblesse de demander de l'aide.
- 17:16Parce que,
- 17:17au final,
- 17:17en plus,
- 17:18on ne se sauve toujours que soi-même.
- 17:20Enfin,
- 17:21moi,
- 17:21je le vois aujourd'hui en étant thérapeute.
- 17:24Les personnes que j'aide,
- 17:26je leur montre des pistes et j'écoute ce qu'elles me disent et je rebondis sur des choses qu'elles ne voient peut-être pas,
- 17:34mais elles me le disent.
- 17:36Et moi,
- 17:36je leur renvoie,
- 17:37je suis un effet miroir,
- 17:38mais je ne vais jamais dire à quelqu'un faites-ci,
- 17:40faites-ça
- 17:41C'est en rien mon rôle.
- 17:43Moi,
- 17:43je ne suis qu'un récepteur,
- 17:47un réceptacle,
- 17:48c'est ça.
- 17:49Et je renvoie des choses qu'on me donne.
- 17:52Mais c'est en rien mon rôle de donner une orientation à des gens ou de prendre en charge leur vie.
- 18:00Et surtout que c'est la personne qui choisit de demander de l'aide.
- 18:03Donc c'est son pas à elle d'y aller.
- 18:07C'est pas quelqu'un qui vient la chercher et lui dit je suis là pour vous,
- 18:11je vais vous sauver
- 18:12Je crois pas que personne ne nous sauve.
- 18:18C'est une croyance.
- 18:19C'est comme quand on est en couple,
- 18:20on se dit…
- 18:21Je vais changer telle ou telle personne,
- 18:22mais on ne change jamais quelqu'un.
- 18:24La personne peut s'améliorer et faire des efforts pour l'autre.
- 18:27On évolue avec quelqu'un ou pour l'autre,
- 18:30mais ça vient toujours de nous.
- 18:31On a envie de le faire pour l'autre.
- 18:33Je pense qu'on est le seul et la seule à faire des choses pour soi,
- 18:38si on en a véritablement envie.
- 18:40Et on décide de guérir ou non.
- 18:42Moi,
- 18:42j'ai des patients qui restent des mois au même endroit,
- 18:47qui n'entendent pas ce que je leur dis.
- 18:50Parce qu'ils ne sont pas à cette place-là.
- 18:52Et c'est
- 18:53OK, je ne vais pas les forcer.
- 18:55Et il y en a d'autres qui vont à toute vitesse parce que c'est le bon moment pour eux et c'est leur timing.
- 19:01Et le psychologue est là pour écouter et pour guider au maximum.
- 19:06Mais on ne peut pas forcer la personne.
- 19:09En revanche,
- 19:09ça peut être totalement un accélérateur.
- 19:11Moi,
- 19:11j'ai rencontré un psychiatre.
- 19:14Et d'ailleurs,
- 19:15je disais effectivement ça,
- 19:16qu'il m'avait sauvé la vie.
- 19:17Mais il m'a toujours dit,
- 19:19vous,
- 19:19vous êtes sauvé la vie.
- 19:21mais c'était la en fait c'était vraiment moi je trouve la bonne personne parce qu'il a m'a reconnecté à mon humanité parce qu'après la mode qui est quand même un monde atroce enfin je parle spécifiquement de la haute couture parce que je sais que moi j'ai jamais bossé dans la mode commerciale mais là il n'y a pas du tout de critères de
- 19:44poids ou de
- 19:46Moi,
- 19:46c'était vraiment un truc où...
- 19:48Oui,
- 19:48voilà.
- 19:49La manière dont ça s'est passé ensuite,
- 19:51c'est qu'en mangeant les trois pommes,
- 19:54en fait,
- 19:54l'engrenage a été hyper rapide.
- 19:56Tu l'as fait combien de temps,
- 19:57ça ?
- 19:58Deux mois.
- 19:59Pendant deux mois,
- 20:00tu t'es nourrie uniquement que de trois pommes par jour ?
- 20:02Oui.
- 20:03Et j'ai perdu 12 kilos.
- 20:05Du coup,
- 20:0512 kilos,
- 20:06c'est 3 centimètres de fête ?
- 20:08Absolument.
- 20:08Même si c'était 4.
- 20:09C'est énorme.
- 20:10J'avais...
- 20:10Ah,
- 20:10mais on m'a applaudie à l'agence.
- 20:13Ah,
- 20:13on t'a applaudie quand même.
- 20:13Oui,
- 20:14parce que c'est vraiment...
- 20:15On t'encourage...
- 20:16Totalement.
- 20:18Oui.
- 20:18Et là,
- 20:18j'entrais dans,
- 20:19effectivement,
- 20:20tous les vêtements de créateurs.
- 20:21Je faisais du 32.
- 20:23Attends,
- 20:23mais du coup,
- 20:23tu faisais 56 kilos.
- 20:24Et là,
- 20:24tu faisais moins 12 kilos.
- 20:26Tu faisais 45 ?
- 20:27Oui.
- 20:28En deux mois ?
- 20:28Oui.
- 20:30Et tes parents,
- 20:31ils n'ont pas...
- 20:34C'est ça qui est...
- 20:35Oui,
- 20:35tout le monde m'a demandé ça.
- 20:37J'imagine.
- 20:38Mes parents,
- 20:40j'étais en vacances avec eux,
- 20:41effectivement,
- 20:42pendant l'été.
- 20:44Alors,
- 20:45mon père,
- 20:45ça l'a rendu...
- 20:46Au départ,
- 20:46je leur ai dit,
- 20:47en fait,
- 20:47je vais manger trois pommes juste pendant une semaine.
- 20:52Bon,
- 20:52déjà,
- 20:52ils n'étaient pas ravis,
- 20:54mais je leur ai dit non,
- 20:54mais c'est juste pour perdre trois centimètres.
- 20:56Et ensuite,
- 20:57c'est comme ça,
- 20:57pour la mode,
- 20:58je pourrais partir dans le truc,
- 20:59partir à New York et machin.
- 21:01Ensuite,
- 21:02j'ai continué le truc.
- 21:04Et c'est là,
- 21:05non,
- 21:05effectivement,
- 21:06qu'au mois d'août,
- 21:06comme on partait en voyage aux États-Unis,
- 21:09mon père ne voulait pas que je mange seulement trois pommes.
- 21:13Et donc,
- 21:13je mangeais du poisson devant lui et je n'avais jamais réussi à me faire vomir.
- 21:17Mais du coup,
- 21:18je prenais des laxatifs.
- 21:19Donc,
- 21:19devant eux,
- 21:20je mangeais des trucs et ensuite,
- 21:21je prenais des trucs et j'ai même fait des lavements.
- 21:25Oui,
- 21:25c'est ça,
- 21:25parce que tu peux faire aussi.
- 21:27Parce qu'ensuite,
- 21:27ça,
- 21:27et puis je prenais au départ deux petits comprimés et puis en fait,
- 21:31je prenais une plaquette de trucs.
- 21:33Parce que ça ne marchait plus.
- 21:37Et c'est là,
- 21:37en fait,
- 21:38que c'est dingue.
- 21:41Quand tu disais,
- 21:42pardon,
- 21:43c'est un truc dans lequel on glisse.
- 21:44C'est ça qui est monstrueux.
- 21:45C'est-à-dire que d'un truc que je pensais faire une semaine,
- 21:49même si c'était quand même assez extrême,
- 21:52je suis tombée dans un truc monstrueux où j'ai commencé à entendre vraiment cette...
- 22:01Petite voix,
- 22:02j'ai eu l'impression de me dissocier et j'ai commencé à avoir peur de toute la nourriture.
- 22:07Parce que je commençais là à me peser tous les jours,
- 22:11à prendre mes mensurations de partout.
- 22:14Parce que je me disais,
- 22:15il faut absolument que j'entre dans ces vêtements,
- 22:16parce que là,
- 22:17ça va être ma seule valeur en fait.
- 22:19Parce que je ne peux pas,
- 22:19après Sciences Po,
- 22:20rater en plus ça.
- 22:21Parce que tu vas être bête et moche.
- 22:23Voilà.
- 22:25Merde.
- 22:26C'est pas possible.
- 22:27Donc là,
- 22:28c'était l'objectif.
- 22:30C'était impossible de le rater.
- 22:34Et donc,
- 22:35ça devenait un truc terrorisant.
- 22:38Mais j'avais des crises d'angoisse.
- 22:40On était allées justement dans un resto avec mes parents.
- 22:43En plus,
- 22:43on était aux Etats-Unis.
- 22:44Donc bon,
- 22:45bonjour les terras,
- 22:46les burgers.
- 22:47Et donc moi,
- 22:48je commandais des assiettes de légumes,
- 22:49mais ils m'avaient mis de l'huile dedans.
- 22:51J'avais pleuré parce qu'il y avait de l'huile.
- 22:54Oui,
- 22:54tout prend des dispositions.
- 22:56Mais un mois avant...
- 22:58Je n'étais pas comme ça.
- 23:00Je n'avais jamais eu de problème avec la nourriture.
- 23:04Parce que moi,
- 23:04ma seule obsession avant,
- 23:05c'était les notes,
- 23:07mes cours.
- 23:09Je ne m'étais jamais posée de questions sur la nourriture.
- 23:11C'est ça qui est...
- 23:13Donc oui,
- 23:13effectivement,
- 23:14j'ai glissé,
- 23:15mais bien vite et bien profondément dans un truc de contrôle,
- 23:19mais obsessionnel avec ça.
- 23:23Et ensuite,
- 23:23comme en plus j'étais extrêmement encouragée,
- 23:25c'est-à-dire que quand je suis arrivée à New York,
- 23:26j'étais dans ce qui s'appelle les apparts de mannequins,
- 23:29je vivais avec deux autres mannequins,
- 23:31qui étaient considérées trop grosses parce qu'elles faisaient ma taille et mon poids avant,
- 23:35enfin quand j'ai été repérée,
- 23:37donc elles étaient prises à rien.
- 23:39Et donc notre agent débarquait dans l'appart,
- 23:42il fouillait nos placards,
- 23:45les petites culottes,
- 23:45les machins,
- 23:46parce qu'elle planquait des M&M's.
- 23:48Et il disait,
- 23:48mais regardez Victoire,
- 23:49elle ne mange qu'une salade,
- 23:50elle enlève le fromage.
- 23:52Elle prend le poulet sans sauce,
- 23:54machin,
- 23:54nan,
- 23:55nan,
- 23:55nan.
- 23:55Donc,
- 23:55en plus,
- 23:55ses filles me détestaient.
- 23:57Donc,
- 23:57ça créait une ambiance de merde.
- 23:58Oui,
- 23:58puis tu étais devenue une espèce d'exemple horrible.
- 24:03La bonne élève,
- 24:04quoi.
- 24:05Bah oui,
- 24:05la bonne élève.
- 24:06Il suit bien les règles,
- 24:07c'est ce qu'on lui demande.
- 24:08Et cet agent,
- 24:10à un moment donné,
- 24:10il ne voit pas que tu es en danger.
- 24:12Mais il s'en fiche.
- 24:14totalement.
- 24:15Lui,
- 24:15il veut juste qu'il ait sa commission parce que moi,
- 24:17je fais bien ce qu'on me demande et je les enrichis tellement.
- 24:20Ils prennent 70% de ce que tu gagnes.
- 24:22Donc,
- 24:23ils sont bien contents que tu manges rien.
- 24:26Donc,
- 24:26ils peuvent te regarder dépérir s'il t'arrive quelque chose.
- 24:29Mais totalement.
- 24:29Mais il y a une nana qui a fait une crise cardiaque qui est morte à 19 ans d'anorexie mentale.
- 24:37D'accord.
- 24:39Et c'est pour ça qu'ensuite,
- 24:40moi,
- 24:40je me suis énormément engagée.
- 24:43Avec le ministère de la Santé,
- 24:45parce que je trouve ça honteux qu'en France,
- 24:47on est censé être le pays des droits de l'homme,
- 24:49la santé qui est si importante,
- 24:51pour des raisons économiques,
- 24:52parce que oui,
- 24:53la mode rapporte beaucoup d'argent à la France,
- 24:56mais c'est secondaire.
- 24:59Et là,
- 24:59on parle des mannequins,
- 25:00donc d'un petit groupe de jeunes femmes,
- 25:02mais c'est aussi toute l'influence que ça a sur les jeunes filles qui s'identifient.
- 25:07à ça.
- 25:07Et maintenant,
- 25:08d'autant plus avec les réseaux sociaux.
- 25:10Donc,
- 25:10c'est dramatique,
- 25:11en fait,
- 25:11l'impact que ça a sur la société.
- 25:13Est-ce que ça a un peu évolué depuis ton époque,
- 25:15entre guillemets ?
- 25:16C'était pas il y a si longtemps,
- 25:16c'était en 2016,
- 25:17c'est ça ?
- 25:18Alors,
- 25:182016,
- 25:19c'est quand j'ai écrit mon bouquin.
- 25:20Ah,
- 25:20donc c'était avant encore.
- 25:21Et la mode,
- 25:22enfin,
- 25:22moi,
- 25:22quand j'étais mannequin,
- 25:23c'était en 2010.
- 25:25Le livre,
- 25:26quand je l'ai écrit,
- 25:26c'était en 2016.
- 25:28Et est-ce que ça a évolué ?
- 25:29C'est-à-dire qu'aucune des,
- 25:31comment dire,
- 25:32des réformes qu'Olivier Véran a passées...
- 25:34ne sont appliquées,
- 25:35parce que lui,
- 25:35il voulait que ce soit des majeurs qui soient employés,
- 25:38parce qu'il y en a qui ont quand même 14-15 ans.
- 25:40Donc effectivement,
- 25:40si on emploie des jeunes filles qui ne sont même pas dans leur puberté,
- 25:45oui,
- 25:45il n'y a pas de poitrine,
- 25:46il n'y a pas de hanches,
- 25:47mais en fait,
- 25:48on nous empêche de devenir des femmes.
- 25:50Donc c'est vraiment une annihilation du corps féminin.
- 25:53On nous fait taire jusque dans notre corps.
- 25:55C'est hallucinant.
- 25:58Et il voulait aussi qu'il y ait la mention photo retouchée.
- 26:01Oui,
- 26:01mais ça,
- 26:02parce que ça,
- 26:02ça a été beaucoup parlé à un moment donné.
- 26:04Les magazines n'avaient plus le droit.
- 26:07Et c'est vrai qu'on en a entendu beaucoup parler.
- 26:08Et maintenant,
- 26:09je n'ai pas l'impression d'avoir beaucoup cette mention.
- 26:10Alors,
- 26:10j'ai l'impression que toutes les femmes ne ressemblent pas à des vraies femmes quand même.
- 26:14Alors,
- 26:14soit c'est écrit tellement minuscule que tu dois prendre une loupe pour vraiment vérifier le truc.
- 26:19Mais il faut savoir qu'en fait,
- 26:20pour les défilés,
- 26:21tu dois être totalement décharné.
- 26:23Parce que comme c'est le vêtement roi,
- 26:25il faut qu'il tombe sur toi,
- 26:26comme sur moi,
- 26:27comme sur toi.
- 26:27De la même manière,
- 26:28sauf que...
- 26:29On n'a pas la même poitrine,
- 26:30on n'a pas la même taille.
- 26:32Donc effectivement,
- 26:33ça les fait chier les créateurs de s'adapter à chacune.
- 26:35En fait,
- 26:36c'est un cintre.
- 26:37Totalement.
- 26:37Mais dans ce cas,
- 26:38qui prennent des cintres,
- 26:39en fait.
- 26:39Pas des êtres humains,
- 26:40surtout qu'ensuite,
- 26:40c'est censé aller à des femmes.
- 26:42Donc moi,
- 26:43je pense que l'humain devrait passer avant le tissu.
- 26:46Et j'entends que c'est une œuvre d'art,
- 26:48etc.
- 26:49Mais c'est censé magnifier la femme et pas l'affaiblir.
- 26:53Donc ça,
- 26:54déjà,
- 26:54non.
- 26:55Et ensuite,
- 26:56pour les séances photo.
- 26:58Alors là,
- 26:59comme ils trouvent ça moche quand même de voir les os,
- 27:02ils te photoshoppent.
- 27:03Et puis,
- 27:04ils peuvent te mettre aussi le visage d'une mannequin,
- 27:06le buste d'une autre,
- 27:07les jambes d'une troisième.
- 27:11Et ensuite,
- 27:11ça,
- 27:11c'est le modèle donné aux jeunes filles qui,
- 27:13du coup,
- 27:13ne sont jamais contentes d'elles-mêmes et qui sont comparées les unes aux autres.
- 27:17Et on va se dire,
- 27:18ah,
- 27:18il faut ressembler à ci et à ça et machin.
- 27:21Et comme,
- 27:21en plus,
- 27:22pendant le Covid,
- 27:23la Covid,
- 27:23malheureusement,
- 27:24il y avait,
- 27:25enfin,
- 27:25tout le monde était enfermé.
- 27:27Et avec les masques,
- 27:28alors là,
- 27:28je ne parle même pas des émotions où personne,
- 27:32on était tous totalement coupés de ça.
- 27:35Et donc tous encore plus sur les réseaux sociaux,
- 27:37etc.
- 27:38Maintenant,
- 27:38on parle carrément d'anorexie infantile,
- 27:40où ça commence à partir de 8 ans,
- 27:42parce que tout le monde a accès plus jeune à un téléphone,
- 27:44tout le monde se compare d'autant plus.
- 27:47Essayer de ressembler à une image virtuelle.
- 27:50Et donc,
- 27:50il y a encore moins de...
- 27:54On est beaucoup moins connecté à nos émotions et beaucoup plus à de la fausseté et de la comparaison.
- 27:59Donc c'est dramatique et tout a augmenté,
- 28:00que ce soit les troubles du comportement alimentaire,
- 28:03ou la dépression,
- 28:04ou les addictions,
- 28:05ou les tentatives de suicide.
- 28:07Donc il faut revenir,
- 28:08moi je trouve,
- 28:10le plus possible aux connexions vraies.
- 28:13C'est ce sur quoi je travaille beaucoup avec des associations,
- 28:18que ce soit Nightline ou
- 28:20Imhotep, qui travaillent beaucoup sur la prévention.
- 28:23pour essayer d'avoir des...
- 28:24En fait,
- 28:25il faudrait des groupes de parole dans les écoles pour dire,
- 28:28voilà,
- 28:28quelles sont tes émotions,
- 28:30que ce soit aussi le consentement,
- 28:31qu'il n'y ait aucun tabou,
- 28:33en fait,
- 28:33pour parler de tout ça.
- 28:34Mais c'est tout un travail à faire pour changer la perception,
- 28:37au final,
- 28:37de la santé mentale en France,
- 28:39parce qu'on est très loin de penser comme ça.
- 28:42Et même,
- 28:43comme tu le disais,
- 28:44pour demander de l'aide,
- 28:45de se dire que c'est une faiblesse ou honteux ou qu'on ne le fait pas nous-mêmes,
- 28:50parce qu'aujourd'hui,
- 28:50en France,
- 28:51on est très...
- 28:52Ah,
- 28:52vous souffrez de ça ?
- 28:54Prenez des médicaments et restez chez vous et surtout n'en parlez pas.
- 28:57Alors que si on était très à l'aise de parler de tout ça,
- 29:00en fait,
- 29:01je trouve que dès qu'on est ouvert à sa propre vulnérabilité,
- 29:04les autres se disent aussi
- 29:06Oh, ben ok,
- 29:06je peux en parler.
- 29:08Et justement,
- 29:08moi,
- 29:09le fameux médecin qui m'a aidée,
- 29:10c'est le docteur Vincent Jost.
- 29:12J'étais à la clinique du château de Garches parce qu'on m'avait d'abord emmenée à Saint-Anne.
- 29:19Alors,
- 29:20il y a certainement des médecins très bien à Saint-Anne.
- 29:22Ce n'est pas pour dire que tout le monde est bien dans une clinique,
- 29:25pas dans un hôpital,
- 29:26mais en l'occurrence,
- 29:27le médecin sur lequel j'étais tombée.
- 29:29On m'avait quand même fait un lavage d'estomac parce que j'avais pris absolument tous les médicaments qui m'étaient passés sous la main parce que je n'en pouvais plus du monde de la mode.
- 29:42On me repassait à même la peau,
- 29:44on m'arrachait les ongles,
- 29:45j'avais perdu la moitié de mes cheveux parce que pour un défilé,
- 29:48on m'avait mis de la vraie colle parce que c'était plus pratique pour eux.
- 29:52Descouvrez-vous.
- 29:53Vous êtes tellement déshumanisé.
- 29:57Vous êtes un objet.
- 29:58Et c'est ça que j'ai trouvé le plus...
- 30:01Violon ?
- 30:02Ah ouais.
- 30:04J'ai trouvé ça très dur.
- 30:07Et surtout,
- 30:08effectivement,
- 30:09à 17 ans,
- 30:10il y a plein d'autres choses,
- 30:11on s'en rend compte après.
- 30:12Parce que toute la perte,
- 30:13effectivement,
- 30:15d'estime de soi,
- 30:16de confiance en soi,
- 30:17tout ce qui est attaché à la valeur.
- 30:19Parce que de l'extérieur,
- 30:20il y a plein de gens qui vous disent...
- 30:23T'étais considérée comme une des plus belles filles,
- 30:26t'as voyagé partout,
- 30:27c'est trop bien.
- 30:29Mais la réalité,
- 30:30c'est qu'on vous dit sans cesse que vous avez un défaut.
- 30:33Parce qu'il y a toujours une fille qui a des jambes plus grandes,
- 30:36des cheveux plus beaux,
- 30:37un nez plus fin.
- 30:39Donc,
- 30:39quand vous êtes dans ce milieu-là,
- 30:40personne ne vous dit ça.
- 30:43Et puis en plus,
- 30:44c'est quand même terrible d'être réduite à ça,
- 30:47qui est en plus un truc qui va évoluer,
- 30:49qui va partir.
- 30:50Enfin,
- 30:51c'est...
- 30:52L'intérêt est nul,
- 30:53en fait.
- 30:54Il n'existe pas.
- 30:55Et puis,
- 30:56alors,
- 30:56on vous dit aussi,
- 30:57mais vous avez dû gagner tellement d'argent.
- 30:58Alors,
- 30:59moi,
- 30:59en un an de travail complet,
- 31:01j'ai gagné 10 000 euros.
- 31:02Parce que j'aurais dû gagner 100 000,
- 31:04mais l'agence prend tout et déduit tout.
- 31:07Les avions,
- 31:08les apparts.
- 31:09Alors,
- 31:09je ne dis pas que 10 000 euros n'est pas d'argent,
- 31:12mais en un an où vous bossez tous les jours,
- 31:15je ne me dis pas...
- 31:17Voilà.
- 31:18Et pour,
- 31:19en plus,
- 31:19être...
- 31:21traité comme un objet.
- 31:23C'est pas le...
- 31:25Tout ça pour dire que c'est pas le rêve et l'illusion que les gens pensent que vous êtes en train de vivre.
- 31:31Et donc oui,
- 31:32j'ai eu un moment où effectivement je me suis dit,
- 31:35je pense que j'ai eu trop soif et faim d'humanité,
- 31:38et donc j'ai mangé absolument tous les trucs qui me passaient sous la main,
- 31:43ce qui a fini par me sauver,
- 31:46quelque part.
- 31:47Mais moi,
- 31:47du coup,
- 31:48c'était un dégoût de moi-même.
- 31:50atroce parce que c'est ça qui est terrible aussi,
- 31:54en tout cas dans la société française et certainement dans plein d'autres vivant ici,
- 31:58je l'ai vécu ici,
- 32:00où les gens vous félicitent quand même quand vous êtes mince et maigre.
- 32:05On a toujours ce truc,
- 32:06en tout cas envers les femmes,
- 32:07de Oh mais t'as maigri,
- 32:08ça te va bien,
- 32:09bravo
- 32:11Mais on ne sait pas en fait si c'est bien ou pas.
- 32:12Enfin moi,
- 32:13en l'occurrence,
- 32:13c'était une maladie,
- 32:14donc ce n'était pas du tout bien de me dire ça.
- 32:16Mais alors quand j'ai pris du poids,
- 32:18c'était terrible,
- 32:19là.
- 32:20C'était un truc de...
- 32:21Oh là là !
- 32:24Le monstre,
- 32:24quoi.
- 32:25Donc,
- 32:26c'est vraiment le rejet.
- 32:27Mais ça,
- 32:28c'est dans le monde de ton métier.
- 32:29Parce que j'imagine que tes amis ou tes parents te disaient Ah,
- 32:32c'est super,
- 32:33t'as repris du poids !
- 32:35Parce que le problème,
- 32:36c'est que c'était et quand j'ai maigri et quand j'ai grossi,
- 32:40c'était beaucoup d'un coup.
- 32:42D'accord,
- 32:42ouais.
- 32:43C'est un gros yo-yo,
- 32:44quoi.
- 32:44Un grand écart.
- 32:45Et du coup,
- 32:45c'était pas du...
- 32:46Enfin,
- 32:47en tout cas,
- 32:48moi,
- 32:48dans...
- 32:49Ce que j'ai vécu.
- 32:50Je ne pense pas que c'est comment je l'ai ressenti.
- 32:54C'était la réalité.
- 32:55Comment tu l'as ressenti dans la réalité,
- 32:56mais comment toi,
- 32:57en plus,
- 32:57tu l'as pas reçu.
- 32:58Parce que les autres,
- 32:59ils avaient une autre réalité.
- 33:00Ils se disaient,
- 33:02il faut rester dans des espèces de standards.
- 33:04Et là,
- 33:05qu'est-ce qui se passe ?
- 33:07Et du coup,
- 33:07c'était terrible.
- 33:12Et j'ai vraiment eu un moment où je me suis dit,
- 33:16là,
- 33:16je ne vois pas d'issue.
- 33:19Mais aussi parce que je n'arrivais pas à en parler.
- 33:21Donc,
- 33:22j'étais totalement enfermée dans un désespoir et une honte.
- 33:27Et je voulais faire taire cette souffrance qui était atroce.
- 33:30Donc,
- 33:31encore une fois,
- 33:32je ne me disais pas que cette émotion est tellement énorme et envahissante que je ne sais absolument pas la reconnaître,
- 33:41l'analyser,
- 33:41en parler.
- 33:42C'est atroce.
- 33:47Un sac de nœuds,
- 33:49je ne sais pas faire.
- 33:51Et en arrivant à Saint-Anne,
- 33:53le psychiatre s'est adressé à mes parents et pas à moi.
- 33:58Déjà,
- 33:58j'avais vécu une année déshumanisée.
- 34:01C'est fou ça.
- 34:02Et le mec parle à mes parents en disant Oh,
- 34:04elle fait une crise d'ado
- 34:06Donc là,
- 34:06moi qui suis normalement toujours très bien élevée et tout,
- 34:10j'ai dit C'est un gros con
- 34:11Et je suis partie.
- 34:13Et heureusement,
- 34:13mes parents...
- 34:15sont parties avec moi pour m'emmener ailleurs.
- 34:19C'est quand même chouette,
- 34:20ça.
- 34:21Mais c'est ça aussi,
- 34:22c'est qu'effectivement,
- 34:23il y a des médecins top,
- 34:26des psychologues top.
- 34:27Il y en a qui ne le sont pas aussi.
- 34:28Et il faut trouver la bonne personne qui nous correspond.
- 34:32Et donc,
- 34:32quand on est déjà dans une souffrance,
- 34:34ça peut être décourageant de se dire Waouh,
- 34:36il y a encore une personne qui ne me comprend pas.
- 34:38C'est sûr que c'est...
- 34:40C'est un long chemin.
- 34:41Oui,
- 34:41ça,
- 34:41c'est compliqué.
- 34:43Mais ensuite,
- 34:44quand je...
- 34:44J'ai rencontré donc un autre médecin.
- 34:46Lui,
- 34:46alors c'est des trucs tout bêtes,
- 34:48mais il m'a parlé à moi.
- 34:50Il m'a vouvoyée.
- 34:52Je me suis dit Waouh !
- 34:53Et il m'a dit Victoire,
- 34:54est-ce que vous voulez que je vous reçoive seule ou avec vos parents ?
- 34:58Oui,
- 34:58déjà,
- 34:58ça n'avait rien à voir.
- 34:59Oui,
- 34:59mais je n'ai même pas su répondre,
- 35:00en fait.
- 35:01Parce que,
- 35:02comme moi,
- 35:02ça faisait un an qu'on ne m'avait pas posé de questions.
- 35:06Et pourtant,
- 35:07à la fin,
- 35:07en plus,
- 35:08dans la mode,
- 35:08je marchais hyper bien.
- 35:10Je faisais toutes les couvertures,
- 35:11tous les trucs.
- 35:12Les photographes m'appelaient par mon prénom,
- 35:14machin,
- 35:14machin,
- 35:14machin.
- 35:15Mais j'étais un bout de viande,
- 35:18quoi.
- 35:18C'est-à-dire que les six premiers mois,
- 35:19c'était...
- 35:21française,
- 35:2218 ans.
- 35:24C'est sale,
- 35:25vous êtes une marchandise.
- 35:26Et donc,
- 35:27quand il m'a dit ça,
- 35:28j'ai regardé mes parents en mode c'est hyper bizarre,
- 35:31ils s'adressent à moi.
- 35:33Et donc,
- 35:33mes parents m'ont dit,
- 35:34vas-y,
- 35:35toi.
- 35:36Et je n'arrive pas à me souvenir de ce qu'il m'a dit,
- 35:37mais il m'a fait rire et il m'a fait pleurer.
- 35:40Et je me suis dit,
- 35:41lui,
- 35:41il me considère et il me comprend.
- 35:44Enfin,
- 35:45il sait me parler.
- 35:47Et ça m'a...
- 35:49redonner foi en l'humanité.
- 35:51Vraiment,
- 35:51je me suis dit qu'il voit qui je suis.
- 35:55Il ne me considère pas comme un cas,
- 35:59que ce soit dans la mode un bout de bétail ou l'autre mec qui se disait qu'il avait un numéro de dossier comme les autres.
- 36:06Lui,
- 36:06il était là pour moi,
- 36:08ma personne.
- 36:09Il ne voulait pas forcément me sauver parce qu'on se sauve que soi-même,
- 36:13mais il voulait m'aider à aller mieux.
- 36:16Et moi,
- 36:16je trouve que la thérapie,
- 36:19c'est ça.
- 36:20On considère la personne pour ce qu'elle est et on est censé la voir entièrement et l'aider au maximum.
- 36:30Puis l'aider à reconnecter avec les émotions.
- 36:32Donc si tu as réussi à rire et à pleurer,
- 36:34peut-être que c'est ça qui manque.
- 36:38Et ça m'a énormément aidée.
- 36:41Je suis restée trois mois dans cet hôpital.
- 36:44Et je voulais pas partir.
- 36:46Franchement.
- 36:47Non,
- 36:47mais en fait,
- 36:48je me suis dit...
- 36:50C'était hyper dur pour plein de choses.
- 36:54Mais tous les patients étaient tellement bienveillants.
- 36:58Parce que justement,
- 36:59en fait,
- 36:59là,
- 37:00tout le monde,
- 37:00effectivement,
- 37:01était dans une certaine souffrance.
- 37:03Mais en fait,
- 37:03il y a beaucoup de gens aussi qui sont dans beaucoup de souffrances dans le monde,
- 37:07en dehors des hôpitaux,
- 37:09et qui ne le reconnaissent pas.
- 37:12Et donc là,
- 37:12il n'y avait pas de jugement.
- 37:14Les gens étaient hyper gentils,
- 37:17à l'écoute.
- 37:18Il y avait plus de temps.
- 37:19Alors,
- 37:20bien sûr,
- 37:20quand on est dans une ville,
- 37:21tout le monde est très...
- 37:22Il faut dépêcher.
- 37:25Et c'était dur,
- 37:25du coup,
- 37:27de sortir et de retomber dans la frénésie,
- 37:31dans la folie,
- 37:32en fait.
- 37:32La folie est à l'extérieur.
- 37:34Et est-ce que,
- 37:35du coup,
- 37:35comme on dit que c'est un peu comme une addiction,
- 37:37est-ce que tu as...
- 37:40peur ?
- 37:40C'est-à-dire qu'on dit qu'un ancien fumeur restera toujours fumeur.
- 37:44Est-ce que quand tu as été anorexique comme ça,
- 37:46il y a quelque chose qui plane ?
- 37:48Comme quoi,
- 37:48tu peux avoir cette espèce de peur de replonger un jour dedans ?
- 37:52Alors moi,
- 37:53c'est resté quand même longtemps après.
- 37:55C'est-à-dire que je n'ai pas passé trois mois à l'hôpital et hop,
- 37:58soudainement,
- 37:58j'étais guérie.
- 38:00Ça m'a guérie des idées suicidaires et de la dépression dans laquelle j'étais,
- 38:07d'être dans cet hôpital.
- 38:09mais ça ne m'a pas guéri des TCA d'être dans cet hôpital.
- 38:15Ensuite,
- 38:16je pense qu'il m'a fallu bien huit ans pour sortir de ça.
- 38:21Maintenant,
- 38:21sincèrement,
- 38:23je ne pense plus du tout avoir de problème avec ça,
- 38:26mais parce que j'ai fait un autre travail après,
- 38:28plus justement avec les émotions et parce que j'ai vécu à Londres et qui sont beaucoup plus dans un travail avec le corps,
- 38:37avec...
- 38:38On ne disait pas qu'est-ce qui s'est passé dans ta petite enfance avec ta mère ?
- 38:42Ça marche peut-être pour certaines personnes,
- 38:44et tant mieux,
- 38:45parce que,
- 38:46encore une fois,
- 38:47je crois que tout le monde est différent et qu'il faut trouver le chemin qui nous convient à nous.
- 38:50Ce n'était pas le mien.
- 38:52Et moi,
- 38:53ce qui m'a vraiment aidée,
- 38:54c'est la mindfulness,
- 38:56la méditation,
- 38:57faire du pilates.
- 38:59Alors tout un travail aussi dans le théâtre,
- 39:01quand même,
- 39:01parce que me reconnecter à mon corps,
- 39:03parce que j'étais beaucoup dans ma tête.
- 39:06Mais plein de lectures aussi spirituelles.
- 39:10Mais vraiment,
- 39:12principalement un truc dans l'émotion.
- 39:14Et un exercice que je peux donner maintenant d'ailleurs.
- 39:17Où au début,
- 39:19je ne voulais pas le faire.
- 39:20J'étais bloquée,
- 39:21bloquée,
- 39:21bloquée.
- 39:22Mais au fur et à mesure.
- 39:23Et c'est un truc qui dure trois minutes.
- 39:26Parce qu'en fait,
- 39:26une émotion peut nous traverser en trois minutes.
- 39:29Et on peut mettre son minuteur sur son téléphone en trois minutes.
- 39:33Et fermer les yeux et visualiser l'émotion dans son corps.
- 39:37Parce qu'en fait,
- 39:37très souvent,
- 39:38on l'intellectualise.
- 39:40Mais ce qui nous fait du bien aussi...
- 39:42pour la digérer,
- 39:44c'est de se dire où est-ce qu'elle est en nous.
- 39:45Et en général,
- 39:46elle est dans le plexus solaire,
- 39:48coincée,
- 39:49dans le ventre.
- 39:52Et vraiment,
- 39:52c'est essayer de la visualiser.
- 39:53Ça peut être une boule,
- 39:54ça peut être un gros bâton,
- 39:58un tuyau.
- 39:59Et se dire,
- 40:00ok,
- 40:00je sais que c'est là,
- 40:02mais je le sens,
- 40:03je la laisse évoluer.
- 40:04Et elle peut monter dans la gorge,
- 40:06ça peut bloquer la gorge,
- 40:07être très désagréable,
- 40:09boucher le nez,
- 40:10piquer les yeux,
- 40:10les oreilles.
- 40:11Oui.
- 40:12On allait sortir.
- 40:13Et alors ça,
- 40:14c'est un truc qui m'a vachement aidée.
- 40:17Ou plein de trucs aussi de visualisation,
- 40:22de voir son émotion,
- 40:23par exemple,
- 40:23dans le ventre,
- 40:25si c'est de la colère ou en tout cas une émotion négative,
- 40:28et de lui associer une couleur.
- 40:31Donc une émotion qu'on n'aime pas.
- 40:33Chacun une couleur qu'il n'aime pas trop.
- 40:37Et ensuite,
- 40:38l'accepter.
- 40:39Parce que...
- 40:40Il ne faut pas rejeter les émotions,
- 40:41mais la vivre.
- 40:43Mais ensuite se dire,
- 40:44ok,
- 40:45elle est là,
- 40:45je l'accepte,
- 40:46mais maintenant je vais la transformer avec de l'apaisement et donc avec une couleur qui nous apaise.
- 40:53Et visualiser dans son ventre l'autre couleur qui envahit tout.
- 40:58Et faire des exercices comme ça,
- 41:00corporels et de mindfulness,
- 41:04ça m'a vachement aidée.
- 41:05Oui,
- 41:05d'être vachement aussi dans des trucs de moments présents.
- 41:09de me rendre compte que mon émotion n'est pas moi.
- 41:12Je parlais d'identité tout à l'heure,
- 41:14mais la maladie que j'ai traversée n'est pas moi.
- 41:17Tout comme la peur que je ressens n'est pas moi.
- 41:20Tout passe en fait.
- 41:22Et avoir des...
- 41:24Je parlais des lectures spirituelles,
- 41:25juste lire
- 41:27Le pouvoir du moment présent.
- 41:29Après,
- 41:30il y a les lire au bon moment et machin.
- 41:32Là,
- 41:32je suis en train de lire
- 41:34Penser comme un moine de
- 41:37Jay Shetty.
- 41:38Et il y a plein de trucs comme ça.
- 41:40Après,
- 41:41il y a la vie qui passe.
- 41:43Forcément,
- 41:43il y a des choses qui...
- 41:45De déménager à Londres aussi,
- 41:46ça m'a beaucoup aidée.
- 41:48Alors certainement juste de partir et donc d'associer des émotions à un autre lieu.
- 41:55J'y allais pour mes études,
- 41:56pour du théâtre.
- 41:57Je faisais enfin ma passion.
- 41:59C'était mon chemin,
- 42:01mon choix,
- 42:02ma vie,
- 42:03ma liberté.
- 42:05Et par exemple,
- 42:05là,
- 42:05pendant un an...
- 42:07J'avais eu aucun souci,
- 42:11aucun trouble du comportement alimentaire.
- 42:13Ensuite,
- 42:14je suis tombée folle amoureuse.
- 42:16Le mec m'a quittée et bim,
- 42:19je suis bien retombée dedans.
- 42:20Donc,
- 42:21je sais que j'avais cette fragilité.
- 42:25Effectivement,
- 42:26sauf qu'ensuite,
- 42:27à chaque fois,
- 42:28j'ai appris.
- 42:31Pendant ces huit ans,
- 42:31oui,
- 42:32j'ai eu des récidives,
- 42:33mais pendant chacune d'entre elles,
- 42:35j'ai pu...
- 42:37construire un peu ma boîte à outils et me dire Ok,
- 42:39je sais que là,
- 42:40ça,
- 42:40ça a marché,
- 42:41ça,
- 42:41ça a marché,
- 42:42ça,
- 42:42ça a marché.
- 42:43Ensuite,
- 42:43pendant la Covid,
- 42:46j'ai repris des études de psycho.
- 42:49Et ça,
- 42:49je pense que ça m'a beaucoup aidée aussi pour moi.
- 42:55Au départ,
- 42:55je l'ai fait parce que j'étais en Angleterre et je n'avais pas de rôle là-bas.
- 42:58Je faisais juste des voix et tout.
- 43:00Mais tous les studios étaient fermés.
- 43:03Et suite à mon livre,
- 43:04en fait,
- 43:05j'avais donné.
- 43:05énormément de conférences,
- 43:07et dans les médias,
- 43:08mais aussi auprès de politiques,
- 43:10et dans des hôpitaux,
- 43:11dans des écoles,
- 43:12et tout ça.
- 43:13Mais c'était à chaque fois basé que sur mon expérience.
- 43:15Et donc je me disais,
- 43:17il y a quand même des jeunes filles qui mettaient leur vie entre mes mains.
- 43:25Il y en avait qui sortaient de l'hôpital avec leur sonde pour venir me voir,
- 43:29et en me disant Vous êtes mon dernier recours,
- 43:31aidez-moi
- 43:32Donc moi j'avais 24 ans.
- 43:34Et là,
- 43:35je me disais,
- 43:35bon,
- 43:36j'ai quand même un peu de pression parce qu'en plus,
- 43:39comme je voulais répondre à chacune de manière personnalisée,
- 43:44en disant...
- 43:44Enfin,
- 43:45je prenais le truc hyper à cœur.
- 43:47Sur Instagram,
- 43:47j'ai mis deux ans à répondre à tous les messages.
- 43:51Mais ça,
- 43:53c'était très dur,
- 43:53le livre,
- 43:54la sortie du livre.
- 43:55Là,
- 43:56c'est le deuxième gros truc où je suis retombée.
- 43:59Là,
- 43:59je suis tombée dans la boulimie.
- 44:00On peut voir au fur et à mesure des interviews que je grossis.
- 44:05Je me suis dit,
- 44:05oh là là,
- 44:06qu'est-ce que j'ai fait ?
- 44:06Pourquoi j'ai parlé de ça ?
- 44:08Mais au moins,
- 44:09après ça,
- 44:10j'ai vu une psy et ça,
- 44:12je pense que ça m'a permis de bien clôturer le truc.
- 44:15Et c'est ce qui m'a véritablement soignée.
- 44:19Ça,
- 44:19plus les études de psycho.
- 44:22Et là,
- 44:23vraiment,
- 44:23depuis deux ans ou trois ans,
- 44:27je dirais que je n'ai plus aucun...
- 44:30Je sais qu'à des moments,
- 44:31ça peut...
- 44:33Taper à la porte.
- 44:34Oui,
- 44:34mais du coup,
- 44:35je me dis,
- 44:36maintenant,
- 44:36j'ai vraiment ce truc de pleine conscience de me dire...
- 44:39Ok,
- 44:40donc là,
- 44:40par exemple,
- 44:43si j'ai quelqu'un de mon entourage qui souffre de ça,
- 44:46là,
- 44:46c'est le dernier truc qui m'est arrivé en date,
- 44:49il y a deux,
- 44:50trois ans,
- 44:50de famille proche.
- 44:52Et donc,
- 44:52j'ai dû passer du temps avec cette personne et partager des repas avec cette personne.
- 44:56Et là,
- 44:56je me disais,
- 44:56oh là là.
- 44:59Donc ça,
- 44:59je voyais que ça faisait un truc en moi,
- 45:02alors que j'y pensais plus jamais.
- 45:04Avant,
- 45:04c'était compliqué pour moi,
- 45:05par exemple.
- 45:06Il fallait checker le resto,
- 45:08la carte du resto,
- 45:11savoir où j'allais déjeuner,
- 45:13avec qui,
- 45:14machin.
- 45:15Tu y allais encore déjeuner au restaurant ?
- 45:18J'y allais quand même,
- 45:19mais il fallait que je check avant.
- 45:22Alors que là,
- 45:22depuis 2-3 ans,
- 45:23je n'ai plus rien de tous ces trucs.
- 45:26Mais là,
- 45:26d'avoir cette personne qui souffre de ça,
- 45:28qui arrive,
- 45:30et qui du coup regarde ce que je mange,
- 45:32me parle des trucs,
- 45:33je me disais,
- 45:34mon Dieu,
- 45:34compliqué,
- 45:36mais...
- 45:38Ça a réveillé des trucs en moi,
- 45:39mais comme je le sais,
- 45:42je me suis dit ok.
- 45:43Alors,
- 45:43il y a des moments où si je sais que j'ai mes règles,
- 45:46par exemple,
- 45:47donc là je suis dans un état de vulnérabilité,
- 45:49je ne vais pas y aller.
- 45:51Je me choisis.
- 45:52Je sais que pas la peine.
- 45:55Mais sinon,
- 45:56je me dis ok,
- 45:57je sais que je vais déjeuner ou dîner avec cette personne,
- 46:00ou là que je vais passer l'après-midi avec elle.
- 46:02En fait,
- 46:03je n'entre pas dans le discours.
- 46:06Parce que là,
- 46:06en plus,
- 46:07je ne suis pas la thérapeute de ces personnes.
- 46:09Je pense,
- 46:09en fait,
- 46:10d'avoir,
- 46:10au fur et à mesure,
- 46:11acquis des outils qui m'ont aidée et sortie du truc.
- 46:17Je me dis,
- 46:17OK,
- 46:18c'est son problème et ce n'est plus le mien.
- 46:23Donc,
- 46:23je n'ai pas envie de le vivre.
- 46:25Non,
- 46:25c'est sûr.
- 46:27Et d'où le fait qu'on puisse en sortir.
- 46:30Ça,
- 46:30c'est vraiment...
- 46:31Une super bonne nouvelle.
- 46:33C'est important aussi de dire qu'on peut s'en sortir parce que c'est quand même une fenêtre d'espoir pour toutes les jeunes filles ou les jeunes hommes,
- 46:40entre guillemets,
- 46:41qui vivent des troubles alimentaires.
- 46:43Et on arrive presque à la fin.
- 46:45Est-ce que tu aurais justement...
- 46:48Tu as déjà beaucoup de choses,
- 46:49mais...
- 46:50conseil ?
- 46:50Je ne sais pas si en tant que thérapeute,
- 46:51on ne donne pas de conseil.
- 46:52Enfin,
- 46:55moi,
- 46:55je donne quand même effectivement au maximum le conseil d'essayer de se connecter à ses émotions et ses sens.
- 47:03Quand on est déconnecté du moment présent,
- 47:06moi,
- 47:06j'aime bien l'exercice des cinq sens.
- 47:10De voir cinq choses autour de soi.
- 47:14Quatre choses qu'on entend,
- 47:16trois choses qu'on sent,
- 47:18deux choses qu'on touche.
- 47:19une chose qu'on goûte parce que ça on peut le faire à n'importe quel moment et en fait quand on est hyper stressé enfin je dis on peut même avant une réunion ou un truc aller le faire dans les toilettes c'est pas le mieux parce qu'au niveau des sensations et des odeurs c'est pas dingue qu'est-ce qu'on goûte dans les toilettes mais au moins en fait c'est juste pour dire qu'on a tous
- 47:37en soi les ressources pour s'en sortir s'en connecter après je dis pas ça pour que les gens qui ne vont pas bien s'en veuillent
- 47:45Parce qu'on peut aussi être vraiment dans un moment de désespoir et c'est pas pour dire allez,
- 47:49on se bouge,
- 47:50machin Moi,
- 47:50quand j'étais en dépression,
- 47:51j'étais effectivement au bout de ma vie dans mon lit et lever le bras était un effort surhumain.
- 47:56Donc je dis ça quand on a un petit stress et sinon qu'effectivement,
- 48:03c'est toujours OK de demander de l'aide et d'avoir des gens qui nous mettent sur ce chemin pour s'en sortir.
- 48:10Parce qu'on peut tous en fait avoir des moments où ça va un peu moins bien.
- 48:13Mais ce n'est pas pour ça que le lendemain,
- 48:15ça n'ira pas mieux.
- 48:16Et pour prendre la métaphore des réseaux sociaux,
- 48:19en fait,
- 48:19parfois,
- 48:19c'est juste une question de perception.
- 48:21Donc,
- 48:21on change le filtre et on se dit Ah oui,
- 48:23je voyais la situation comme ça,
- 48:24mais en fait,
- 48:25si je la vois autrement,
- 48:26c'est beaucoup plus sympa.
- 48:28Donc,
- 48:28il y a toujours une manière de voir la vie aussi autrement.
- 48:33C'est comme si,
- 48:33par exemple,
- 48:35on renverse son café le matin et on se dit Putain,
- 48:37ça va être une journée de merde.
- 48:39Et en général,
- 48:40c'est le cas.
- 48:40Est-ce qu'on balance tellement d'ondes négatives ?
- 48:43qu'effectivement,
- 48:43on va enchaîner le truc.
- 48:45Alors que si,
- 48:45là aussi,
- 48:46on se remet en conscience et on se dit
- 48:48Ok, j'ai renversé mon café,
- 48:50mais c'est pas très grave,
- 48:52en fait.
- 48:53Donc,
- 48:53on peut juste se dire
- 48:55Allez, maintenant,
- 48:55je fais un petit truc sympa pour moi.
- 48:58Je vais respirer l'air dehors.
- 49:00Je vais caresser mon chat si j'ai la chance d'en avoir un.
- 49:03Ou je sais pas,
- 49:04lire une page d'un truc sympa.
- 49:06Et je me remets dans une pensée positive.
- 49:08Et c'est ok de faire ça.
- 49:11On peut toujours,
- 49:14je pense,
- 49:15voir le truc autrement.
- 49:16Et en fait,
- 49:16c'est ça qui est merveilleux avec la plasticité neuronale,
- 49:20c'est qu'on peut changer.
- 49:22Parce qu'on se dit souvent,
- 49:25je fonctionne comme ça depuis 20 ans,
- 49:27donc c'est foutu.
- 49:28Mais à tout moment,
- 49:29on peut choisir de changer de chemin.
- 49:32C'est un peu chiant,
- 49:33parce que c'est un exercice et des nouveaux rituels à mettre en place.
- 49:37Mais en fait,
- 49:37c'est un peu comme un...
- 49:39Un exercice de sportif,
- 49:40il faut le refaire et le refaire et le refaire.
- 49:43Le petit challenge pas mal à se mettre,
- 49:44c'est de se dire je le fais pendant 21 jours.
- 49:47Parce que c'est comme ça en général qu'on crée une habitude.
- 49:53Et puis comme ça,
- 49:53ça donne un but,
- 49:56un objectif pas trop lointain pour voir des résultats.
- 50:00On espère que nos auditeurs ou auditrices ont plein de tips à mettre en place pendant les prochains 21 jours.
- 50:07Voilà.
- 50:07Et puis,
- 50:08j'essaie d'en donner sur...
- 50:10J'ai ma petite page Instagram,
- 50:12Emopy,
- 50:13que j'ai créée,
- 50:14en fait,
- 50:14parce que c'est justement émotions et pilates.
- 50:17Moi,
- 50:17c'est les trucs qui m'ont aidée parce que c'est...
- 50:20Les émotions,
- 50:21c'est quand même ce qui bouge en nous.
- 50:24Et le pilates,
- 50:25c'était aussi le mouvement du corps.
- 50:27Et en fait,
- 50:27c'est pour dire que c'est le...
- 50:29Oui,
- 50:29le mouvement de tout.
- 50:30Enfin,
- 50:30tu vois,
- 50:30c'est de se dire,
- 50:32on peut toujours avoir un impact sur sa vie.
- 50:35Et donc,
- 50:35c'est pour ça que j'avais...
- 50:37que j'ai créé ça.
- 50:38On mettra toutes les infos de toute façon,
- 50:40évidemment.
- 50:41Oui,
- 50:42on va aller voir aussi.
- 50:44En tout cas,
- 50:44merci beaucoup pour ta générosité et ton partage d'expérience.
- 50:48Merci beaucoup et à la semaine prochaine.
- 50:54Flamme des années 80.
- 50:56Le podcast qui allume la femme.