Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / Cassandre : Résilience, respiration et réparation – Avec Hélène Merlin
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- 0:03Flamme des années 80.
- 0:05Le podcast qui allume la femme.
- 0:10Bonjour !
- 0:11Alors,
- 0:11je suis très heureuse aujourd'hui parce qu'on fait un peu une émission spéciale.
- 0:16On a un peu tout chamboulé les emplois du temps de tout le monde et surtout d'Hélène.
- 0:20Parce que je reçois donc Hélène Merlin aujourd'hui,
- 0:23qui est la réalisatrice et l'autrice de ce film,
- 0:26moi,
- 0:26que je trouve vraiment fantastique et fabuleux,
- 0:29qui est d'utilité même publique,
- 0:30je vais aller jusque là,
- 0:31qui s'appelle Cassandre.
- 0:32Et je suis hyper heureuse en plus de retrouver Hélène grâce à cette émission.
- 0:36Donc merci Hélène d'être avec moi aujourd'hui.
- 0:39Merci.
- 0:41Alors Hélène,
- 0:41est-ce que tu veux te présenter un petit peu déjà directement pour parler de toi un petit peu,
- 0:44ton parcours ?
- 0:45Enfin nous on se connaît depuis quand même un petit peu,
- 0:46un petit temps,
- 0:47un petit moment.
- 0:47Oui,
- 0:48donc j'ai commencé par être comédienne et donc j'étais à l'école de théâtre,
- 0:51le Sédène Théâtre avec Sarah,
- 0:54il y a une vingtaine d'années.
- 0:55Et puis j'ai tourné un peu dans des courts métrages.
- 0:58Après j'ai repris des études de médiation culturelle.
- 1:01Après,
- 1:01j'ai bossé en radio,
- 1:02j'ai fait une formation de journaliste,
- 1:04reporter d'image aussi.
- 1:06Et puis,
- 1:06à un moment,
- 1:07cette histoire m'est venue et elle s'est un peu imposée à moi avec la nécessité de la raconter pour le cinéma.
- 1:13Et donc,
- 1:13voilà,
- 1:13et neuf ans plus tard,
- 1:15le film sort.
- 1:17Oui,
- 1:17parce que le film est sorti il y a déjà quelques...
- 1:19Il y a une semaine.
- 1:20Il y a une semaine.
- 1:21Et c'est vrai que c'est un film qui est fantastique et que vraiment,
- 1:25on a envie que les gens...
- 1:26Et surtout,
- 1:27c'est vraiment dans...
- 1:28Pour les auditrices qui écoutent,
- 1:29c'est exactement des choses qui peuvent correspondre à des questionnements du moment.
- 1:33C'est vraiment sociétal en plus.
- 1:35Comment ça t'est venu cette idée qui t'est imposée à toi ?
- 1:38Comment elle est arrivée ?
- 1:40Je me suis rendue compte que dans ma vie,
- 1:42j'étais confrontée de manière très régulière à des violences sexistes et sexuelles.
- 1:47Quand j'étais comédienne,
- 1:48je me suis fait tripoter par des acteurs.
- 1:51J'ai un des courts-métrages dans lequel j'avais tourné,
- 1:53c'est retrouvé sur un site de BDSM américain.
- 1:55Je recevais chez moi pendant dix ans des photos pour des demandes de dédicaces.
- 1:59Ou,
- 2:00je ne sais pas,
- 2:02à la radio,
- 2:03il y avait des relations un peu de pouvoir et hyper sexistes.
- 2:08J'ai été violée par un prof de la Sorbonne,
- 2:11enfin bref,
- 2:12il y a une quinzaine d'années.
- 2:14Et à force,
- 2:15je me suis dit qu'il y a forcément quelque chose que je porte en moi.
- 2:18qui fait que je me retrouve dans des situations compliquées,
- 2:22où je suis en « danger » ,
- 2:23en insécurité et que je ne me rends pas compte.
- 2:26Je dois être
- 2:28« attirée » par des personnes qui vont facilement pouvoir abuser de moi,
- 2:31etc.
- 2:32Et donc,
- 2:34je me suis dit qu'il fallait vraiment que je règle mon problème,
- 2:38entre guillemets,
- 2:39et que j'autopsie,
- 2:40on va dire,
- 2:41mon histoire de famille,
- 2:42que je retourne un peu visiter toute mon adolescence.
- 2:45Et que,
- 2:46aussi,
- 2:46je me documente sur tous les livres féministes qui décryptent un peu la société dans laquelle on est et en quoi elle est le terreau de ce type de violence.
- 2:55Et donc,
- 2:56j'ai démissionné de Radio France à l'époque.
- 2:58J'étais chroniqueuse radio à Mouv'.
- 3:00Et puis,
- 3:00je me suis mise à écrire cette histoire avec ce désir de comprendre en moi et dans la société ce qui se jouait.
- 3:06Ça se ressent vachement dans le film,
- 3:07en fait.
- 3:08Je trouve que ça...
- 3:10Alors,
- 3:10c'est un film qui parle...
- 3:12On ne va pas spoiler l'histoire,
- 3:14mais...
- 3:15Il ne faut pas avoir peur.
- 3:16On sort de là avec...
- 3:18On rit.
- 3:20L'image est sublime.
- 3:22C'est un vrai film de cinéma où on rentre complètement dans une histoire et ça se sent en fait que...
- 3:28On sent un travail.
- 3:29En tout cas,
- 3:30moi,
- 3:30je l'ai senti.
- 3:31J'ai senti un travail personnel,
- 3:32un travail abouti.
- 3:34Une femme prête justement à...
- 3:37Mais on est dans le podcast qui allume la flamme.
- 3:39Donc,
- 3:40à transmettre...
- 3:42ce flambeau et cette lumière et d'éclairer aussi cette part,
- 3:46moi,
- 3:46que je trouve aussi assez sombre de l'adolescence,
- 3:48cette part,
- 3:49ce début de sexualité,
- 3:50ce début de changement de corps,
- 3:52ce début,
- 3:52en fait,
- 3:53qu'on a tous vécu parce qu'on a tous,
- 3:55mais dont personne ne parle et qui peut avoir des dérives.
- 3:59Et je trouve que tu en parles d'une façon très fine,
- 4:02très intelligente et très lumineuse.
- 4:05Et n'ayez pas peur d'aller voir ce film,
- 4:07au contraire,
- 4:07parce que c'est un rayon de soleil.
- 4:09Les actrices que tu as choisies,
- 4:10elles sont d'une lumière folle.
- 4:14C'est vrai qu'évidemment,
- 4:16le film est nourri de 15 ans de thérapie,
- 4:19de stages divers et variés,
- 4:22de chamanisme,
- 4:23de CNV,
- 4:24de thérapie MDR.
- 4:26Il y a eu vraiment un gros travail aussi sur le transgénérationnel et j'avais envie de transmettre un peu des solutions,
- 4:33moi ce qui m'avait fait du bien,
- 4:35ce qui m'avait fait comprendre des choses.
- 4:37Et effectivement,
- 4:39dans le film,
- 4:39il y a une chouette histoire d'amitié,
- 4:41donc de sororité.
- 4:43Il y a la présence des chevaux qui,
- 4:45moi,
- 4:45m'ont fait beaucoup de bien aussi.
- 4:46J'ai travaillé beaucoup en équithérapie pour un peu explorer,
- 4:51on va dire,
- 4:51mes émotions et mon histoire.
- 4:55Il y a un moment aussi où il y a un passage dansé.
- 4:58La danse a été,
- 5:00comment dire,
- 5:01très...
- 5:03Salvatrice ?
- 5:03Ouais,
- 5:04pour moi,
- 5:04c'est vraiment un moyen d'être dans le...
- 5:05le corps,
- 5:06de ne pas être dans la tête,
- 5:07de lâcher les mouvements,
- 5:08de lâcher les tensions du corps,
- 5:10d'être dans la musique et en même temps d'être dans,
- 5:12quand je danse du rock,
- 5:14du tango,
- 5:15de la salsa,
- 5:15du fourreau,
- 5:16enfin beaucoup de danses de couple et aussi dans la relation au partenaire,
- 5:19en fait,
- 5:20d'être dans une relation de confiance,
- 5:21de lâcher prise.
- 5:23En fait,
- 5:23tout ce qui dans ma vie m'a permis,
- 5:26moi,
- 5:26de transcender des choses,
- 5:28de m'ouvrir,
- 5:29de me libérer de plein de choses,
- 5:31j'ai essayé de le distiller comme ça dans le film.
- 5:34le rapport à la nature.
- 5:37Et voilà.
- 5:38Et je pense que tout ce film est nourri de...
- 5:41de toutes les solutions,
- 5:42de tout ce qui m'a aidée dans le film.
- 5:43Et donc,
- 5:44je suis très contente que tu trouves qu'il est lumineux parce qu'il y a quelque chose,
- 5:48un mouvement de vie,
- 5:49je trouve,
- 5:49qui est plus fort que tout et qui nous emporte et qui nous mène vers une libération.
- 5:53Oui,
- 5:54et c'est vrai que ce que tu dis sur le transgénérationnel,
- 5:56pour moi,
- 5:56ça transe parce qu'en fait,
- 5:58je suis assez...
- 5:59Avec les émissions,
- 6:00forcément,
- 6:00je fais des émissions sur le transgénérationnel,
- 6:02sur les constellations familiales,
- 6:04sur le MDR.
- 6:05Et ça se sent,
- 6:06en fait.
- 6:07Il y a des références,
- 6:07il y a des passages.
- 6:08Il y a un passage fabuleux que je trouve sur...
- 6:11Il y a beaucoup de métaphores aussi dans ce film.
- 6:13Les métaphores sur les loups,
- 6:15le loup blanc et le loup noir.
- 6:17On ne vous en dit pas plus.
- 6:19Pour moi,
- 6:19j'ai trouvé que c'était une vraie façon d'écrire la vie,
- 6:23mais d'une façon très profonde.
- 6:24Et c'est un film,
- 6:25je pense,
- 6:25on a besoin aujourd'hui d'aller dans d'autres niveaux de conscience.
- 6:29Et je trouve que si on ne les a pas,
- 6:30ce n'est pas grave,
- 6:31le film est super.
- 6:31Mais quand on les a,
- 6:34ça m'a sauté aux yeux.
- 6:35Les histoires,
- 6:36les références,
- 6:37le travail que tu as fait intérieur.
- 6:39pour pouvoir arriver justement à tout ça,
- 6:41ça se ressent énormément.
- 6:42Je suis ravie et c'est marrant que tu parles des constellations parce que j'en ai fait avec un troupeau de chevaux,
- 6:47en fait,
- 6:47où on était au milieu d'une carrière avec un troupeau en liberté et donc tout un travail de constellation.
- 6:54En fait,
- 6:55il y a des émotions qui remontent,
- 6:57des images qui remontent et du coup,
- 6:58tu vas pouvoir associer,
- 7:00par exemple,
- 7:01une jument dominante dans le troupeau.
- 7:03Moi,
- 7:03je l'ai associée à ma mère et elle est venue au galop vers moi,
- 7:06hyper agressive et tout,
- 7:07ça fait remonter des trucs.
- 7:09où il y avait une ponette qui était blessée par exemple dans ce jour-là.
- 7:16Et donc ça me rappelait moi adolescente en fait,
- 7:18je me voyais moi adolescente en elle.
- 7:21En fait c'est fou,
- 7:22j'ai fait aussi beaucoup de constellations familiales avec des hommes,
- 7:25avec des humains.
- 7:26Mais avec les chevaux il y a quelque chose de complètement fou parce qu'on n'est pas dans du verbal,
- 7:30on n'est pas dans l'interprétation psychologique ou toute la part qu'on peut mettre dans ça,
- 7:37la part consciente.
- 7:38et donc je trouvais ça assez fort et je suis très contente que ça se sente parce qu'évidemment pour le grand public ceux qui ne sont pas sensibilisés à tout ça je pense qu'ils reçoivent des choses mais ils ne perçoivent pas dans le détail tout ce qui est présent mais du coup toi en experte en fait je pense que oui ça se sent effectivement même à la fin la scène de libération
- 8:00où on la voit à cheval,
- 8:02où sa copine joue du tam-tam et tout.
- 8:05Pour moi,
- 8:05c'est clairement relié à mes stages que j'ai faits en chamanisme,
- 8:10avec les chevaux.
- 8:11Donc,
- 8:11je suis hyper touchée que ça se sente et que tu le traverses.
- 8:16Je l'ai vu hier soir,
- 8:17le film,
- 8:17et moi,
- 8:17j'ai mis du temps à en sortir parce que je me suis ressentie transportée dans cette ambiance aussi qu'il peut y avoir dans une famille qui peut être assez lourde,
- 8:24même si moi,
- 8:25je suis très loin de...
- 8:27Ce n'est pas une référence par rapport à moi,
- 8:29à ce que j'ai vécu,
- 8:29mais...
- 8:30Mais ces énergies qu'on sent,
- 8:31en fait,
- 8:31et qu'on sent quand on rentre quelque part et comment ça peut nous envahir,
- 8:35ce manoir qui est la reine,
- 8:37entre guillemets,
- 8:38du film,
- 8:39c'est aussi une espèce de...
- 8:40Ces scènes avec ces grilles que tu fermes,
- 8:42c'est un...
- 8:43Pour moi,
- 8:43il y a vraiment ce truc de...
- 8:44Il y a beaucoup de subtilités,
- 8:46de prison dorée,
- 8:46d'images,
- 8:47de symboles,
- 8:48de métaphores qui sont super belles et hyper fortes.
- 8:51Et c'est bien dosé,
- 8:52en fait.
- 8:52C'est-à-dire que c'est très,
- 8:54très bien dosé.
- 8:55Et tout ce rapport aux chevaux.
- 8:57Et c'est marrant parce que...
- 9:00Quand moi,
- 9:00je suis ordée du film hier soir,
- 9:02j'étais bouleversée.
- 9:03Et en même temps,
- 9:05ça allait plus loin que ça,
- 9:06parce que je n'arrivais pas à en vouloir non plus.
- 9:07Il n'y a pas de méchant et il n'y a pas de gentil,
- 9:10en fait.
- 9:10Je n'arrivais pas à en vouloir.
- 9:11Alors,
- 9:12je suis désolée peut-être de dire ça,
- 9:13mais ni au père,
- 9:14ni à la mère.
- 9:16En fait,
- 9:16je sentais que c'était pris dans quelque chose vraiment de transgénérationnel.
- 9:20Et c'était des codes qui étaient différents à l'époque.
- 9:22On n'avait pas forcément les mots et les choses.
- 9:24Et je sentais tout le monde qui pataugeait dans cette Ausha.
- 9:27Et c'est tout.
- 9:27petite Cassandre qui,
- 9:29elle,
- 9:30sans le faire exprès,
- 9:31entre guillemets,
- 9:32cette naïveté,
- 9:34cette force,
- 9:34entre guillemets,
- 9:35de tout envoyer balader,
- 9:37en fait,
- 9:37de mettre le gros coup de pied dans la fourmière et je trouve que en tout cas,
- 9:40moi,
- 9:40je vous invite vraiment à y aller.
- 9:41Oui,
- 9:42c'est vrai que,
- 9:42évidemment,
- 9:43tout ce qui est histoire de famille,
- 9:44je pense que déjà,
- 9:45ça peut résonner avec plein de gens,
- 9:46même si t'es pas immédiatement confronté à la thématique qui est abordée dans le film,
- 9:51mais toutes les histoires de famille,
- 9:52entre guillemets,
- 9:53se ressemblent à des degrés différents.
- 9:55Il y a toujours dans notre famille un oncle un peu fou,
- 9:59une tante un peu excentrique,
- 10:00un cousin bizarre.
- 10:03Je pense que ça peut parler à toutes les familles.
- 10:05Effectivement,
- 10:06je n'ai pas du tout voulu faire un procès aux parents du film ou cibler des gens,
- 10:14accuser des gens.
- 10:14Il y a une problématique familiale,
- 10:16il y a une problématique de société derrière qui est très grande.
- 10:19Et évidemment,
- 10:20quand on regarde une famille sur plusieurs générations ou une époque,
- 10:25aussi les années 70,
- 10:2680,
- 10:2690 qui sont quand même des époques très particulières où Mads Neff était reçu à la télé où on avait
- 10:32Depardieu, Jaco,
- 10:34Doyon qui régnaient sur les plateaux de cinéma où PPDa était à la télé etc enfin c'est quand même une époque très particulière et donc de voir aussi comment dans l'infiniment petit d'une famille on peut dire,
- 10:45il y a des résonances avec la société entière et sur l'héritage des violences de guerre en fait,
- 10:51la seconde guerre mondiale J'allais y venir,
- 10:53c'est exactement ça ...
- 10:54Je trouve que c'est très intelligent d'avoir mis ces violences de guerre.
- 10:58Et pour moi,
- 10:58dans tout le travail que j'ai fait,
- 10:59à la fois personnellement et dans le podcast,
- 11:02on a fait beaucoup d'émissions sur les violences faites aux femmes.
- 11:05Moi,
- 11:05je m'y intéresse énormément.
- 11:07Et c'est vrai qu'une espèce de voir que l'homme prend tellement de violences.
- 11:11Et c'est intéressant que ce personnage du père soit justement militaire et qu'il soit dans ce truc de violences très fortes.
- 11:17Et en fait,
- 11:18ces violences-là,
- 11:18à un moment donné,
- 11:19elles se répercutent.
- 11:20Et dans les années 70,
- 11:2180,
- 11:2190,
- 11:22c'est les après-guerres.
- 11:23C'est ce qui reste des violences qui ont été faites,
- 11:25qui font en sorte que ça se répercutait.
- 11:28C'est sociétal,
- 11:29en fait.
- 11:29C'est-à-dire qu'en vouloir aux hommes,
- 11:30en vouloir aux femmes qui ont accepté...
- 11:33Enfin,
- 11:33c'est en vouloir à personne.
- 11:34C'est juste que la vie,
- 11:34elle est faite comme ça et ça se voit très bien.
- 11:37En tout cas,
- 11:37je l'ai vachement ressenti.
- 11:38Oui,
- 11:39oui,
- 11:39je ne suis pas là pour juger les personnages,
- 11:41mais pour observer une époque et pour observer sur le temps long d'une société comment l'époque évolue.
- 11:50Et quels sont les défis aussi de chaque génération ?
- 11:52Parce que la génération de nos parents post-mai 68,
- 11:55avec mai 68 justement,
- 11:56ils ont envoyé valser un cadre hyper rigide de la génération précédente.
- 12:03C'est la libération sexuelle entre guillemets,
- 12:05mais qui est allée très loin jusqu'à l'objectivation de la femme,
- 12:09l'hypersexualisation des femmes,
- 12:10des jeunes filles,
- 12:11des adolescentes,
- 12:11etc.
- 12:12Donc de dire en fait,
- 12:13c'est oui,
- 12:14la génération qui nous a précédés a,
- 12:16on va dire,
- 12:17bouleversé les mœurs.
- 12:19Il y a eu le droit de vote,
- 12:19il y a eu le droit des comptes en banque pour les femmes,
- 12:22etc.
- 12:24Les femmes se sont mises à travailler,
- 12:25à avoir une autonomie financière.
- 12:27Et avec Mai 68,
- 12:28on est allé très loin dans la libération des corps et des mœurs.
- 12:32Et aujourd'hui,
- 12:33c'est quelque chose qu'on requestionne,
- 12:35qu'on remet en perspective.
- 12:36Et notre génération a d'autres enjeux,
- 12:38d'autres défis à relever.
- 12:41Et c'est important,
- 12:42je pense,
- 12:42d'observer cette évolution de société pour évoluer dans le bon sens.
- 12:47Mais ça,
- 12:47ça se ressent énormément,
- 12:48je trouve.
- 12:48Et c'est très intelligent,
- 12:50en fait,
- 12:50de l'avoir amené de cette manière-là.
- 12:53Donc moi,
- 12:53je trouve que c'est un film vraiment hyper intelligent,
- 12:55hyper brillant,
- 12:55ce rapport aux chevaux aussi,
- 12:56par rapport à tout ce qui est l'équithérapie.
- 12:58J'invite les auditrices à écouter ou auditeurs.
- 13:00On a fait une émission sur,
- 13:01justement,
- 13:02l'équithérapie.
- 13:03Comment réussir à avoir,
- 13:05en fait,
- 13:06cette vision plus large pour aller se connecter au fait qu'on est tous interconnectés.
- 13:13C'est-à-dire,
- 13:13c'est ça qu'on ressent.
- 13:14On peut ressentir ça dans ton film,
- 13:16on ressent ça aussi quand on fait des constellations familiales,
- 13:20tu sais,
- 13:20cet inconscient collectif en fait,
- 13:22qui fait en sorte que dans les années 70,
- 13:2480,
- 13:2490,
- 13:25cet inconscient collectif va nous pousser à ça.
- 13:27Aujourd'hui,
- 13:28je pense que notre inconscient collectif nous pousse à une réparation,
- 13:31à le fait de grandir,
- 13:32de plus s'entendre,
- 13:34s'écouter.
- 13:35Et je trouve que ce film,
- 13:36entre guillemets,
- 13:37tu es vraiment dans l'air du temps et la force que tu en dégages,
- 13:42moi je trouve ça hyper beau.
- 13:43De voir cette petite Cassandre qui a une force incroyable de parler.
- 13:48Et toi,
- 13:49Hélène,
- 13:50la force incroyable d'avoir fait ce film.
- 13:52Parce que ce n'est pas rien,
- 13:54tu vois ce que je veux dire.
- 13:54Je ne sais pas si tu t'en rends compte.
- 13:56Je ne sais pas trop parce que ce qui me reste là encore,
- 13:59c'est encore Fred.
- 14:00Donc il y a tout ce que j'ai raté,
- 14:02tout ce que j'ai mal fait,
- 14:03tout ce que j'aurais voulu faire différemment,
- 14:05tous les petits défauts du film que moi je vois qui évidemment...
- 14:09sont invisibles pour la plupart des gens,
- 14:11mais qui,
- 14:12moi,
- 14:12me font encore beaucoup souffrir.
- 14:13Donc,
- 14:13j'ai encore pas mal de choses à libérer.
- 14:15Mais par rapport à l'équithérapie,
- 14:18c'est ce que tu dis,
- 14:18c'est une méthode qui est employée aussi beaucoup pour les traumatisés de guerre,
- 14:22en fait,
- 14:22pour ceux qui sont en syndrome post-traumatique suite à des guerres,
- 14:26à la guerre du Golfe,
- 14:27la guerre en Afghanistan,
- 14:29et toutes les guerres qu'il y a eues.
- 14:31C'est une pratique qui se fait,
- 14:33qui se fait aussi dans les EHPAD,
- 14:35dans les hôpitaux.
- 14:37auprès des enfants handicapés,
- 14:38des enfants autistes,
- 14:39etc.
- 14:40Il y a tout un travail qui peut être fait et on se rend compte qu'en fait,
- 14:43on est tous,
- 14:43entre guillemets,
- 14:44traumatisés.
- 14:45Et c'est ce qu'on montre aussi le film,
- 14:46que chaque personnage,
- 14:47dans sa trajectoire,
- 14:48a été heurté à un moment,
- 14:50a subi des violences.
- 14:51Et comment on fait ?
- 14:53Et aussi,
- 14:53comme tu dis,
- 14:54selon l'époque à laquelle on appartient,
- 14:56aujourd'hui,
- 14:56c'est plus facile d'aller voir un psy,
- 14:57c'est plus facile de parler,
- 14:58de se confier,
- 15:00de trouver des manières de guérir.
- 15:03Donc,
- 15:04on a cette Ausha aujourd'hui de pouvoir être...
- 15:06à une époque où la parole se libère et où on peut peut-être prendre soin davantage les uns des autres.
- 15:11Oui,
- 15:13et ça,
- 15:14tu le fais très bien,
- 15:14je trouve,
- 15:15dans ce film parce que c'est vraiment,
- 15:16on sent qu'il y a beaucoup de soin.
- 15:18Et ce personnage de l'ami aussi,
- 15:20cette amie qui est importante,
- 15:22la sororité qui ressort énormément avec cette...
- 15:26C'est un peu comme cet élément extérieur qui arrive dans une famille,
- 15:28tu sais,
- 15:29quand t'es toujours dans le même endroit,
- 15:30tu vois plus vraiment grand-chose et puis elle,
- 15:32elle arrive avec ce...
- 15:35C'est un peu comme nous,
- 15:36le spectateur.
- 15:37On vient,
- 15:37on rentre dans cette maison,
- 15:39on voit ce qui se passe.
- 15:41Est-ce que ça fait peut-être un peu partie de la prise de conscience peut-être aussi de Cassandre à ce moment-là,
- 15:45quand son amie...
- 15:47Oui,
- 15:47bien sûr.
- 15:48L'adolescence,
- 15:49déjà,
- 15:50c'est un âge vraiment clé dans la construction identitaire.
- 15:53Parce que quand on grandit dans sa famille,
- 15:55on pense que sa famille est normale,
- 15:57que toutes les familles fonctionnent comme la nôtre,
- 15:59que les relations et tout ça sont les mêmes partout ailleurs.
- 16:03Et puis,
- 16:03quand notre cercle social s'ouvre à l'adolescence,
- 16:06c'est là qu'on a des copains,
- 16:08c'est là qu'on va dormir chez les uns,
- 16:09chez les autres,
- 16:10qu'on part en vacances avec nos potes.
- 16:12Vraiment,
- 16:12le cercle social s'agrandit et du coup,
- 16:14on est confronté à d'autres modèles,
- 16:16d'autres familles,
- 16:17d'autres modes de relations.
- 16:19Et donc,
- 16:19à cet âge vraiment clé,
- 16:21c'est là qu'Ascende va rencontrer effectivement cette jeune adolescente qui a aussi une histoire de famille un peu compliquée.
- 16:29On n'en parle pas vraiment,
- 16:30mais on l'évoque.
- 16:33Et puis le fait qu'elle arrive dans sa maison,
- 16:35ça va être un moyen de revoir à travers ses yeux ce qui peut paraître dysfonctionnel dans sa famille.
- 16:41Et ça va être vraiment cette prise de conscience aussi dans sa relation aux chevaux,
- 16:45dans la relation au moniteur d'équitation,
- 16:47où elle va vraiment changer de regard sur sa famille parce qu'elle découvre une autre manière d'être au monde,
- 16:52une autre manière d'être en relation avec les humains,
- 16:55avec les animaux.
- 16:56Et surtout,
- 16:58j'ai construit vraiment les deux écosystèmes,
- 17:00les deux univers en parallèle.
- 17:01C'est que dans le manoir,
- 17:03il y a beaucoup,
- 17:03beaucoup de logoré verbal.
- 17:05C'est envahi par la parole,
- 17:06par des théories,
- 17:07etc.
- 17:09Alors que l'espace au centre équestre est très silencieux.
- 17:12Le moniteur est à l'écoute.
- 17:14Il parle peu.
- 17:16Il accueille ses émotions,
- 17:17même la colère.
- 17:18Il ne la rejette pas dans sa colère.
- 17:19Il ne la juge pas dans sa colère.
- 17:21Il lui pose des limites fermes,
- 17:23mais il l'accompagne.
- 17:24Il est présent,
- 17:25il est là.
- 17:25Donc c'est vraiment faire une construction en parallèle de ces deux univers et voir ce petit personnage de Cassandre qui évolue de l'un à l'autre et qui va changer de regard,
- 17:35oui,
- 17:35absolument.
- 17:36Je trouve ça hyper intéressant quand elle est dans l'équitation,
- 17:38elle lui dit beaucoup de fois « respire » .
- 17:40Oui,
- 17:40parce qu'on est tous en apnée dans nos sociétés.
- 17:43On est tous en apnée en vrai.
- 17:45Et la respiration,
- 17:46c'est quelque chose d'extrêmement intime et qui libère déjà,
- 17:51si on prend le soin de respirer soi,
- 17:53mais ça libère déjà énormément de choses.
- 17:56Ça nous fait redescendre dans notre corps,
- 17:58dans notre chair,
- 18:00dans notre intérieur.
- 18:02Respirons.
- 18:05Une petite méditation de respiration.
- 18:06Non,
- 18:06mais c'est vrai.
- 18:07Non,
- 18:07mais c'est vrai.
- 18:08On n'en peut plus sous les mois de méditation.
- 18:09Mais c'est vrai que c'est tout bête,
- 18:11mais c'est vrai que respirer,
- 18:13ça permet de changer énormément de choses dans le cours,
- 18:14ne serait-ce que d'une journée.
- 18:15Puis dans le cours d'une vie,
- 18:16si on le fait au quotidien.
- 18:17Oui,
- 18:18ralentir.
- 18:19Ralentir,
- 18:19faire baisser la pression.
- 18:21Nous,
- 18:22on est au taquet,
- 18:22on parle comme...
- 18:24Mais oui,
- 18:24mais...
- 18:25Oh là là,
- 18:25je suis venue,
- 18:27il y avait tellement de monde dans Paris,
- 18:28je me faufilais en scooter comme une dingue pour arriver à l'heure.
- 18:32On est dans nos villes citadines et notamment à Paris.
- 18:35C'est dingue comme on est dans une sorte d'électricité pression permanente.
- 18:39Et du coup,
- 18:40moi,
- 18:40j'ai énormément besoin de me ressourcer dans la nature et auprès des animaux comme ton petit chat trop mignon.
- 18:48Les animaux ont une intelligence,
- 18:50une intuition,
- 18:51quelque chose qu'on a perdu en fait.
- 18:53C'est comment essayer de retrouver ça,
- 18:55aussi bête que ce soit.
- 18:56Comme les bébés,
- 18:56mais quand un bébé vient au monde,
- 18:58il est tout ouvert.
- 19:01Je ne sais pas,
- 19:02il y a un truc qu'on perd avec l'éducation.
- 19:05Et c'est retrouver le chemin.
- 19:08Oui,
- 19:09alors nous,
- 19:09on fait beaucoup d'émissions pour essayer justement de retrouver le chemin.
- 19:14Et la respiration fait partie.
- 19:16Mais il y a plein de petits types,
- 19:16l'équithérapie.
- 19:17C'est génial parce que dans le film,
- 19:20tu donnes plein d'infos de pouvoir justement...
- 19:23Et puis c'est un film sur la guérison dans un sens.
- 19:25C'est comment est-ce que...
- 19:27Parce que c'est toi qui l'as fait.
- 19:30Et comment est-ce que tu arrives ?
- 19:32C'est un énorme message d'espoir pour dire,
- 19:36je suis debout,
- 19:37j'arrive à en parler,
- 19:38je vais bien,
- 19:40je me suis renseignée.
- 19:42J'ai trouvé plein de petits cailloux sur la route pour retrouver mon chemin et j'ai réussi.
- 19:48Et je trouve ça super,
- 19:50je trouve ça assez incroyable.
- 19:52C'est marrant que tu fasses cette analogie,
- 19:55on dit,
- 19:55avec les petits cailloux.
- 19:57Pour moi,
- 19:57j'ai vraiment construit ce film comme un conte noir,
- 20:00avec l'idée de cette famille dans ce château un peu hanté,
- 20:04de ce manoir un peu hanté de fantômes,
- 20:06et puis l'idée d'un petit paradis au milieu de la forêt.
- 20:10Le personnage de Cassandre part un peu toute seule à travers la forêt pour aller à la rencontre de gens qui vont l'aider,
- 20:18un peu comme dans les contes.
- 20:20Et puis dans le manoir,
- 20:21il y a aussi les personnages des parents qui sont...
- 20:25qui sont pour moi comme des archétypes,
- 20:27on va dire,
- 20:30du roi hyper puissant et un peu ridicule,
- 20:32et de la vieille marâtre un peu méchante,
- 20:35comme dans Blanche-Neige ou ces choses-là.
- 20:37Donc de travailler un peu sur ces figures archétypales,
- 20:40et puis sur l'idée d'un cheminement exactement comme le petit poussé avec ses petits cailloux qui va à travers la forêt,
- 20:47c'est tout à fait ça.
- 20:48On le ressent,
- 20:48et on ressent beaucoup de poésie avec cette marionnette aussi.
- 20:52Il y a quand même des...
- 20:53On ne vous spoile pas,
- 20:54mais on vous donne envie d'y aller.
- 20:58Et je trouve ça très joli,
- 20:59en fait.
- 20:59Et c'est marrant,
- 21:01peut-être parce que j'ai le chaton depuis pas longtemps,
- 21:03mais cette marionnette avec cette douceur et cette petite main,
- 21:06elle m'a vraiment fait penser à la petite main de Flamme qui me fait du bien,
- 21:10tu sais.
- 21:10Qui,
- 21:11le soir,
- 21:11me fait une petite caresse.
- 21:12C'est très doux.
- 21:13Et donc,
- 21:14du coup,
- 21:14ce qui est génial avec cette marionnette,
- 21:15c'est qu'on peut mettre ce qu'on veut aussi.
- 21:17Et c'est ça qui est intéressant.
- 21:18Donc,
- 21:18moi,
- 21:18j'ai mis Flamme.
- 21:19mon petit chat parce que j'ai trouvé que c'était très joli et en même temps ce côté marionnette en fait à un moment donné tu fais les choses mais c'est toi qui guide mais est-ce que c'est toi vraiment qui guide quand t'es adolescente enfin tu vois moi il y a une phrase que j'ai retenue dans le film et
- 21:34vraiment je pense qu'elle peut résonner ça m'émeut énormément de la dire elle peut résonner avec beaucoup de femmes je pense c'est à un moment donné tu dis voilà je l'ai fait pour qu'il m'en parle plus et qu'il arrête d'en parler oui
- 21:47Et ça fait 30 ans que j'en parle encore.
- 21:48Oui,
- 21:48c'est ça.
- 21:49Mais j'ai trouvé que ça résumait extrêmement bien des milliards de situations où des femmes,
- 21:54des fois,
- 21:55se disent
- 21:55« Allez, c'est bon,
- 21:56comme ça,
- 21:57on n'en parle plus. »
- 21:58Mais sauf qu'après,
- 21:59il faut mesurer ce tact.
- 22:01Et je trouve ça sublime.
- 22:04Cette phrase,
- 22:04vraiment,
- 22:04je trouve que ça fait un écho.
- 22:06C'est vraiment une balle en plein cœur qu'on peut recevoir.
- 22:08Et c'est surtout...
- 22:09Par rapport aux jeunes filles,
- 22:10surtout,
- 22:11aux jeunes femmes,
- 22:12c'est très important de l'avoir en tête.
- 22:14J'entends tout ce que tu dis et ça m'émeut,
- 22:16parce que c'est vrai que parfois,
- 22:19pour clore une situation ou se sortir d'une situation,
- 22:25on a tendance à se trahir soi d'abord.
- 22:27On va se dire,
- 22:28pour ne pas blesser l'autre,
- 22:28ne pas rejeter l'autre,
- 22:29ne pas être désagréable,
- 22:31ne pas être impoli.
- 22:33Pour mille raisons,
- 22:34on va soi-même se trahir.
- 22:38quelque chose,
- 22:38poser un acte,
- 22:39poser des gestes qui vont à l'encontre de ce qu'on est nous,
- 22:42au plus profond.
- 22:43Et on le fait pour,
- 22:45en gros,
- 22:45effectivement,
- 22:46comme tu dis,
- 22:46ne plus en entendre parler.
- 22:48Et en fait,
- 22:50force sacrée des séquelles.
- 22:53Voilà,
- 22:53légère.
- 22:55Et donc,
- 22:55c'est de ça aussi dont il faut revenir et avoir conscience qu'à chaque instant,
- 23:01on a...
- 23:02Peut-être le choix,
- 23:04la possibilité,
- 23:05la responsabilité individuelle de décider et de faire en sorte d'essayer avant tout de se respecter soi et pour être respecté des autres.
- 23:15Il y a une part de responsabilité,
- 23:18je pense,
- 23:18mais pas dans l'idée de la responsabilité culpabilité,
- 23:21c'est-à-dire de la responsabilité comme on peut être responsable d'un animal ou d'une petite fille,
- 23:26d'un enfant dont on aurait la garde,
- 23:28se dire j'ai la responsabilité de prendre soin de lui.
- 23:30Et réussir à trouver en soi cette responsabilité-là de se parentaliser soi,
- 23:37de prendre soin de soi,
- 23:38de se protéger soi,
- 23:40pour se sortir de situations ou juste avancer dans la vie,
- 23:46mais en se respectant soi d'abord avant toute chose.
- 23:49Et ça,
- 23:49je trouve que tu l'expliques très très bien,
- 23:52parce que toute cette culpabilité que justement Cassandre peut ressentir,
- 23:56ou ce truc de des fois aller faire un pas,
- 23:58ou aller vers quelque chose pour que ça s'arrête,
- 24:00en fait,
- 24:00parce qu'il n'y a plus de solution.
- 24:02Enfin,
- 24:02tout est très bien.
- 24:03Enfin,
- 24:03vraiment,
- 24:04moi,
- 24:05je vous crois qu'on va arrêter de rentrer dans les détails du film,
- 24:08parce que j'espère qu'on vous a donné,
- 24:10en tout cas,
- 24:10envie d'aller le voir,
- 24:12parce que c'est hyper important.
- 24:14D'ailleurs,
- 24:15ton film est passé à l'Assemblée nationale.
- 24:16Oui,
- 24:16tout à fait.
- 24:17Le 1er avril,
- 24:18on a eu la chance d'être soutenus,
- 24:19du coup,
- 24:19par une députée qui a trouvé que c'était important d'aborder...
- 24:26le sujet du film à travers le prisme d'une œuvre d'art qui permet de sensibiliser mais en racontant une histoire,
- 24:33il n'y a pas une approche théorique ou politique vraiment,
- 24:36il y a une approche sensible et donc je pense que ça peut aider les politiques à prendre des décisions sur la protection de l'enfant,
- 24:45sur l'accompagnement des victimes des agresseurs,
- 24:47sur tout ce qui est le travail pédagogique qu'on devrait faire à l'école dès l'enfance,
- 24:51l'apprentissage du consentement de ces notions.
- 24:54toute simple mais qu'on n'apprend pas.
- 24:56Et puis il y avait aussi beaucoup de médecins,
- 24:58on a sollicité énormément d'assos et moi j'ai sollicité beaucoup de médecins,
- 25:03des psychiatres spécialisés en psychotrauma,
- 25:08en...
- 25:08en toute chose quoi.
- 25:10Et tous m'ont dit que c'était vraiment un outil pédagogique ce film pour eux,
- 25:15pour leurs élèves.
- 25:16Donc ils ont envoyé leurs élèves voir le film,
- 25:18ils vont l'étudier en classe et ça va être vraiment pour eux une source émotive.
- 25:24référence en fait,
- 25:25une référence pour former les futurs médecins,
- 25:28les futurs psychologues,
- 25:29les futurs psychiatres,
- 25:30comprendre aussi la spécificité du psychotrauma,
- 25:33de tous les phénomènes de sidération,
- 25:36dissociation,
- 25:37qui sont aussi un peu illustrés dans le film.
- 25:40Qui sont très bien expliqués.
- 25:41En tout cas,
- 25:44j'ai vraiment essayé de mettre toute la technique cinématographique au service de l'histoire,
- 25:49de ce que je raconte,
- 25:50de comment je veux
- 25:51toucher le spectateur,
- 25:52à quel endroit je veux le mettre au plus proche du personnage de Cassandre et j'ai travaillé avec un chef opérateur incroyable qui s'appelle David Caillet,
- 26:02qui a eu le César l'an dernier pour le règne animal
- 26:06qui est un homme extrêmement sensible,
- 26:10attentif,
- 26:11qui a essayé vraiment d'écouter toutes les références que j'ai pu lui donner,
- 26:16tout ce que je pouvais lui raconter sur le film,
- 26:18sur les émotions que je voulais transmettre.
- 26:20Et avec toute son équipe,
- 26:23ça a été incroyable le travail.
- 26:26Vraiment,
- 26:27on était extrêmement reliés,
- 26:28en connivence,
- 26:29et on se comprenait,
- 26:30on n'avait pas besoin de se parler.
- 26:31Il y avait quelque chose d'extrêmement fluide.
- 26:35Et il a sublimé cette histoire.
- 26:37L'image est sublime.
- 26:38Il y a un photographe qui me disait « à chaque plan,
- 26:41j'avais envie de prendre une photo »
- 26:43tellement il trouvait ça beau.
- 26:45Donc je suis très heureuse que ce soit un film qui soit à la fois utile et artistique.
- 26:51Ça montre combien la culture est importante dans nos pays et combien c'est alarmant de voir les budgets qui sont sucrés.
- 26:59Au niveau politique,
- 27:00je pense que les artistes et la créativité,
- 27:04la création en général,
- 27:05est très salvatrice dans ce trajet de transcendance de nos blessures,
- 27:10de compréhension,
- 27:11de questionner nos humanités,
- 27:13de questionner la complexité de la vie.
- 27:18Je suis heureuse que ce film puisse être à la fois beau et utile.
- 27:23C'est vrai que je me suis posé la question en sortant,
- 27:25parce que je suis allée avec une amie qui a une fille adolescente,
- 27:27qui a 14 ans,
- 27:28donc l'âge de Cassandre.
- 27:29Elle a pleuré à la fin.
- 27:31Elle était très émue.
- 27:32Elle est très sensible.
- 27:34C'est vrai qu'on s'est posé la question.
- 27:35Je lui ai dit que ce serait chouette qu'elle aille voir le film.
- 27:38Je pense que pour les adolescentes,
- 27:40je trouve que c'est hyper important.
- 27:41Ou adolescents.
- 27:42Parce que ça se passe dans les deux ans.
- 27:43Bien sûr.
- 27:44Pour moi,
- 27:45je trouve que c'est un film qui peut complètement...
- 27:47Ce week-end,
- 27:47je vous invite toutes les mamans,
- 27:49parents d'ados à prendre vos ados,
- 27:52à aller au ciné.
- 27:53Ce que j'ai trouvé très,
- 27:54très,
- 27:55très...
- 27:55Vraiment,
- 27:56je trouve ça génial.
- 27:57C'est qu'il n'y a pas...
- 27:58Enfin,
- 27:58ce n'est pas des scènes de violence,
- 27:59entre guillemets.
- 28:00Oui,
- 28:00il y a des choses qui ressortent.
- 28:02Qui sont confrontantes.
- 28:02Mais en fait,
- 28:03elles sont confrontantes.
- 28:04Et surtout,
- 28:04je trouve que tu nous fais une leçon de cinéma.
- 28:07C'est-à-dire qu'on peut montrer des choses.
- 28:09On voit que ce n'est pas forcément filmé,
- 28:11entre guillemets,
- 28:12comme ça devrait l'être.
- 28:13Mais ça suffit largement,
- 28:14en fait.
- 28:14Tu vois,
- 28:14dans ce moment-là,
- 28:15avec les ados.
- 28:16Et ça,
- 28:16j'ai trouvé ça fabuleux,
- 28:17en tout cas.
- 28:18J'ai toujours veillé à ne pas confronter ni les acteurs ni les spectateurs à une brutalité gratuite.
- 28:26Donc je confronte à des scènes qui sont complexes dans ce qui se joue,
- 28:29mais il n'y a pas de brutalité.
- 28:31Et on voit comment le glissement se fait de façon imperceptible et ça arrive comme ça dans les familles.
- 28:36Et aussi dans ma manière de filmer,
- 28:39jamais je n'ai voulu être intrusive,
- 28:41impudique.
- 28:42Donc il y a beaucoup de pudeur,
- 28:43on ne voit rien de ce qui se passe,
- 28:45on comprend ce qui se passe.
- 28:46On ne voit rien et les acteurs sont protégés,
- 28:51habillés.
- 28:53Il y a des draps qui les protègent.
- 28:56Il y a une mise en scène qui fait qu'ils ne sont pas en contact ou vraiment très peu.
- 28:59De toute façon,
- 29:00il y avait une coordinatrice d'intimité qui a accompagné ces scènes plus intimes.
- 29:04Mais il y a beaucoup de pudeur dans la manière de filmer.
- 29:08C'est suggestif,
- 29:09mais en même temps,
- 29:10ça confronte.
- 29:12La mise en scène permet d'être vraiment à l'endroit.
- 29:16de l'abstraction à certains moments.
- 29:18Et donc,
- 29:19je pense que c'est là qu'on est au plus juste,
- 29:21parce que je ne suis pas pour la brutalité et la violence gratuite.
- 29:25Et voilà,
- 29:28donc je suis contente qu'on y soit arrivés.
- 29:30Oui,
- 29:31et puis ça nous fait même ce sentiment de dissociation.
- 29:34Je trouve qu'il est vachement bien amené d'une façon artistique.
- 29:37On le ressent.
- 29:38Il y a plein de choses très,
- 29:40très belles avec...
- 29:41Je ne sais pas comment ça s'appelle,
- 29:42tu sais,
- 29:42le court-tube.
- 29:43Il y a toutes les images qui se mettent.
- 29:44Ah,
- 29:44le caléidoscope.
- 29:45Voilà,
- 29:45j'ai juste dit qu'elle dure,
- 29:46mais comme je suis sexy.
- 29:48Et je trouve ça vachement joli parce qu'en fait,
- 29:50c'est un film vraiment très poétique avec des belles images qui peuvent donner...
- 29:55On a à la fois une histoire qui est racontée,
- 29:57mais on a aussi la place,
- 29:59je trouve que tu laisses la place au spectateur d'être intelligent et de pouvoir avoir des respirations et de se raconter les choses qui vont faire écho à sa propre histoire et que lui peut peut-être potentiellement avoir la place de se le raconter.
- 30:10Tout à fait.
- 30:10Et ça,
- 30:11c'est très juste.
- 30:12C'était très important pour moi de ne pas imposer une vision,
- 30:16de ne pas imposer un jugement ou quoi que ce soit,
- 30:19et de laisser le spectateur aussi avec des moments de respiration où lui-même peut revisiter son histoire,
- 30:26ou en tout cas ses émotions,
- 30:27et laisser émerger des choses qui viennent de lui.
- 30:30Je pense que vraiment,
- 30:31c'est le spectateur qui termine le film.
- 30:33Et donc,
- 30:33il y a ces espaces-là pour moi où je n'impose rien.
- 30:37ces temps de silence,
- 30:38notamment avec la marionnette ou avec les chevaux,
- 30:40quand on est dans des moments de connexion entre Cassandre et le cheval,
- 30:45d'être dans quelque chose de silencieux,
- 30:47de non théorique,
- 30:50qui laisse l'espace à autre chose.
- 30:51Je suis heureuse que ça se ressente aussi.
- 30:55En tout cas,
- 30:56c'était génial.
- 30:56On arrive déjà à la fin.
- 30:59Prendre un train !
- 31:01Est-ce que tu veux rajouter quelque chose,
- 31:02un petit mot ?
- 31:03À part dire aux gens,
- 31:04allez-y,
- 31:05parce qu'on va absolument aller-y.
- 31:08Si le film vous plaît,
- 31:10parlez-en autour de vous un maximum.
- 31:12L'industrie du cinéma,
- 31:14c'est une industrie qui est complexe.
- 31:15Il y a des gros enjeux financiers.
- 31:18Et évidemment,
- 31:19il y a des blockbusters qui sont en face.
- 31:21Il y a des comédies.
- 31:22Et puis,
- 31:23faire exister un petit film d'auteur comme ça,
- 31:25d'une inconnue.
- 31:28ce n'est pas évident dans le paysage cinématographique aujourd'hui.
- 31:33Il a besoin de soutien le plus possible sur Allociné,
- 31:36sur les réseaux sociaux.
- 31:37Si le film vous a touché,
- 31:38n'hésitez pas.
- 31:39Le Bouchaouaï,
- 31:39c'est ce qui marche le mieux aussi,
- 31:41entre vos amis,
- 31:42votre famille,
- 31:42etc.
- 31:44J'espère qu'on saura le défendre tous ensemble,
- 31:50parce que je pense que c'est un film important.
- 31:52C'est un film super important.
- 31:53En tout cas,
- 31:53moi,
- 31:53j'étais ravie de pouvoir avoir le privilège de passer ce temps avec toi.
- 31:58Et on vous mettra toutes les infos.
- 32:00Et voilà,
- 32:01je vous invite vraiment à y aller ce week-end en famille,
- 32:03avec vos ados et d'en parler.
- 32:05Merci.
- 32:06Moi,
- 32:06je vous dis à la semaine prochaine.
- 32:07Bonne route à vous.
- 32:12Flamme des années 80.
- 32:14Le podcast qui allume la femme.