Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / Célibat & santé mentale : rire de l’amour et des injonctions avec Sophie Loustalot.
Transcript
- 0:03Flamme des années 80.
- 0:05Le podcast qui allume la femme.
- 0:10Bonjour,
- 0:10alors je suis très heureuse aujourd'hui de recevoir Sophie Loustalo.
- 0:14Bonjour,
- 0:14très heureuse aussi d'être là.
- 0:16Parce qu'on a décidé de vous faire une émission spéciale
- 0:19Saint-Valentin. Bon,
- 0:19même si c'était hier,
- 0:21on est un peu dans cette semaine,
- 0:22nous on l'enregistre quelques jours avant.
- 0:24Avant le spectacle Fantasme,
- 0:25justement.
- 0:28Est-ce que tu peux te présenter brièvement pour ceux qui ne te connaissent pas encore tes super vidéos sur Insta et ton spectacle ?
- 0:33Alors moi je suis comédienne et humoriste donc du coup je fais du stand-up.
- 0:37J'ai un spectacle depuis un an maintenant qui s'appelle Fantasme.
- 0:40C'est pour toute la vie que je ne vis pas,
- 0:42tout est mis là-dedans.
- 0:45Du coup voilà c'est un spectacle que je joue une fois par semaine le mercredi à 19h30 au théâtre Beau Saint-Martin.
- 0:51C'est un petit théâtre à République,
- 0:52il faut venir découvrir ça.
- 0:54Et je fais effectivement aussi des vidéos.
- 0:57depuis pas très longtemps aussi.
- 0:59Depuis une petite année,
- 1:00je fais des vidéos sur Instagram,
- 1:02TikTok,
- 1:03sur,
- 1:03au départ,
- 1:04c'était vraiment le fait de voir des psys,
- 1:06d'être en dépression et tout ça.
- 1:07Ça s'est un petit peu élargi au fait d'être célibataire.
- 1:12Et voilà.
- 1:12Et après,
- 1:13aussi,
- 1:13plein de,
- 1:13parfois,
- 1:14retours sur des choses du quotidien qui nous font rire ou qui nous agacent.
- 1:17Et voilà.
- 1:18Bon,
- 1:18en tout cas,
- 1:18moi,
- 1:18je vous invite vraiment à la suivre parce que c'est hyper drôle.
- 1:20Ça fait du bien.
- 1:21Et puis,
- 1:21t'as une énergie vraiment chouette.
- 1:24Merci beaucoup.
- 1:25Je vous invite tous à venir voir le spectacle à
- 1:2819h30 au Théâtre
- 1:29Beau. Ouais,
- 1:30Beau Saint-Martin ou Beau.
- 1:31Beau Saint-Martin.
- 1:32Donc,
- 1:33comment on va faire cette petite émission spéciale Saint-Valentin ?
- 1:35J'ai envie de commencer par une première question.
- 1:38Alors,
- 1:39toutes ces vidéos genre fantasmes,
- 1:41oui,
- 1:41mythes ou réalité,
- 1:42est-ce que c'est vraiment,
- 1:43tu te livres vraiment ou est-ce que tu inventes un petit peu ?
- 1:49Tout part de choses réelles,
- 1:51de choses,
- 1:51de sentiments vraiment sincères.
- 1:53Parce que sinon,
- 1:53moi,
- 1:54je n'arrive pas à écrire de l'humour si ça ne vient pas de moi.
- 1:56J'ai essayé parfois de prendre des sujets qui ne m'appartenaient pas et d'essayer d'en faire des blagues.
- 2:00Je n'y arrive pas parce que l'humour,
- 2:03ça vient de là.
- 2:03L'humour,
- 2:04c'est du drame au départ,
- 2:04je trouve.
- 2:05Et pour avoir du drame,
- 2:06il faut avoir émotionnellement senti quelque chose.
- 2:10Et du coup,
- 2:11oui,
- 2:11non,
- 2:11non,
- 2:13tout est vraiment sincère.
- 2:15Après,
- 2:15c'est grossi.
- 2:16C'est le principe de l'humour aussi.
- 2:18Et sur le mot fantasme,
- 2:20il y a quelque chose dans le spectacle qui explique pourquoi ce titre.
- 2:27Mais du coup,
- 2:27je ne vais évidemment pas le dire.
- 2:29Il faudra venir voir le spectacle.
- 2:30C'est un petit teaser.
- 2:32Exactement.
- 2:32Oui,
- 2:32parce que l'humour,
- 2:33c'est un peu la meilleure arme.
- 2:34Enfin,
- 2:34c'est une arme hyper puissante,
- 2:36je trouve.
- 2:37C'est une arme hyper puissante.
- 2:38C'est même une solution.
- 2:40C'est une décision,
- 2:42presque.
- 2:43Moi,
- 2:43tu vois,
- 2:44quand il s'est passé des choses pas forcément faciles dans ma vie,
- 2:47comme plein de gens.
- 2:48Et on peut soit choisir de s'en alourdir,
- 2:53soit au contraire de dire à un moment donné,
- 2:54je vais en rire.
- 2:55Je vais en rire et d'un seul coup,
- 2:59rien ne s'annule,
- 2:59mais tout devient un peu plus léger.
- 3:01Et c'est tellement plus agréable de déjouer une situation qui vient d'être lourde,
- 3:06qui vient d'être dure,
- 3:07qui vient d'être presque traumatisante,
- 3:09par une explosion de rire,
- 3:10en fait,
- 3:10parce que c'est un relâchement et ça fait du bien.
- 3:12Donc ouais,
- 3:13c'est presque un choix de vie,
- 3:14en fait,
- 3:14de décider d'en rire.
- 3:15C'est une façon de reprendre son pouvoir aussi,
- 3:17d'en rire.
- 3:18Bien sûr,
- 3:18de plus subir,
- 3:19en fait.
- 3:21Et est-ce que,
- 3:23j'ai une petite question,
- 3:23est-ce que dans la salle,
- 3:24les hommes rient de la même manière que les femmes ?
- 3:25Ou est-ce qu'il y a beaucoup d'impliques féminins qui viennent te voir ?
- 3:28Ou c'est un petit piégé ?
- 3:30J'ai de plus en plus d'hommes.
- 3:31D'ailleurs,
- 3:32c'est drôle,
- 3:32la semaine dernière,
- 3:33j'avais quatre mecs au premier rang qui m'ont presque intimidée un peu.
- 3:37C'était quatre beaux gosses.
- 3:38Je me disais,
- 3:38mais attends,
- 3:39ils viennent faire quoi,
- 3:39eux,
- 3:40là ?
- 3:41Et ils étaient là,
- 3:41puisqu'ils aimaient bien les vidéos et tout.
- 3:43Ça m'a encore plus fait plaisir,
- 3:44quoi,
- 3:44de toucher aussi des hommes.
- 3:46Dans un sujet de santé mentale qui est parfois un peu féminin et malheureusement qui devrait être plus universel.
- 3:51Mais non,
- 3:53ça arrive de la même manière.
- 3:54Après,
- 3:54ça n'arrive pas de la même manière si on est en couple,
- 3:56si on est célibataire ou si on est seul,
- 3:59tout simplement.
- 4:00Donc ça,
- 4:01c'est différent parce que forcément,
- 4:02j'attaque un peu les couples aussi.
- 4:04Je l'attaque aussi beaucoup moins et le fait d'être seul et d'être célibataire.
- 4:07Donc oui,
- 4:07non,
- 4:07ça n'arrive pas de la même manière plutôt dans ce sens-là que femmes-hommes.
- 4:11En tout cas,
- 4:12moi,
- 4:12j'ai trop envie d'y aller.
- 4:13Petit spoiler,
- 4:13j'y vais ce soir.
- 4:14Je ne suis pas encore allée.
- 4:16Donc,
- 4:16on fait l'émission avant le spectacle.
- 4:17Du coup,
- 4:18j'ai trop envie d'y aller.
- 4:21Et du coup,
- 4:21en fait,
- 4:22pour toi,
- 4:22comme on est en spécial Saint-Valentin,
- 4:24comment est-ce que tu décrirais cette magnifique fête de la Saint-Valentin ?
- 4:28Même si on va dire qu'est-ce qu'on s'en fiche un petit peu.
- 4:30Genre,
- 4:30tout le monde,
- 4:30mais est-ce que c'est politique ?
- 4:32Est-ce que c'est à la fois ?
- 4:33Genre,
- 4:33comment tu le décris ?
- 4:35En vrai,
- 4:35on s'en fiche un peu.
- 4:36Et en vrai,
- 4:37ça fait toujours un petit truc quand même d'être seule à ce moment-là.
- 4:40Mais comme ça fait toujours un petit truc d'être seule à Noël,
- 4:42comme ça fait toujours un petit truc d'être seule quand le printemps arrive.
- 4:46Donc oui,
- 4:50c'est beaucoup une fête commerciale aussi.
- 4:52Ça,
- 4:52on le sait très bien.
- 4:54Mais bon,
- 4:54je souhaite à ceux qui sont en couple de passer une très belle Saint-Valentin.
- 4:56Franchement,
- 4:57je ne suis pas aigrie à ce niveau-là.
- 4:59Et tout va bien.
- 5:00Moi,
- 5:00je serai sur scène à ce moment-là.
- 5:02Je ferai rire les couples et tout va bien.
- 5:05Et du coup,
- 5:05comment ça t'est venu cette idée ?
- 5:06Donc,
- 5:06tu étais comédienne et après tu t'es dit,
- 5:07ah,
- 5:08je vais faire du stand-up.
- 5:10Non,
- 5:10pas du tout.
- 5:11Comment ça m'est venu ?
- 5:14J'ai toujours fait du théâtre en amateur,
- 5:16entre guillemets,
- 5:16en prenant des cours et en pratiquant,
- 5:18en tout cas,
- 5:20en toujours pratiquant.
- 5:21J'avais un boulot avant que je faisais presque à temps plein,
- 5:24qui était de l'événementiel.
- 5:25Je travaillais dans le cinéma et dans la mode.
- 5:27Mais voilà,
- 5:28je n'ai jamais abandonné cette pratique de la comédie.
- 5:33Et ce boulot,
- 5:34je l'arrête à un moment donné un peu en burn-out,
- 5:36quoi.
- 5:37Et c'est un moment où j'ai très envie d'écrire.
- 5:40Et d'écrire,
- 5:41mais ce qui pour moi s'appelle à ce moment-là,
- 5:44du sketch,
- 5:45du one-woman show,
- 5:46je sais pas où je vais du tout.
- 5:47Je sais que l'idée est de faire rire,
- 5:50mais je sais pas du tout quelle forme ça va prendre,
- 5:52ni comment l'exercer,
- 5:53en fait.
- 5:54Je sais même pas que les plateaux de stand-up existent.
- 5:57Et donc je commence par écrire,
- 5:59et après je me renseigne un peu,
- 6:00je commence par faire une première scène.
- 6:03qui est un peu la seule scène qui laisse la chance sans du tout connaître la personne,
- 6:08n'avoir rien vu avant,
- 6:09qui est vraiment une...
- 6:10ça s'appelle les auditions à l'aveugle,
- 6:11c'est le principe,
- 6:13c'est au Café Oscar.
- 6:14Et donc c'est ma première scène,
- 6:16je fais
- 6:175-6 minutes,
- 6:17c'est ce qu'on nous donne comme temps,
- 6:19où je parle de ma famille,
- 6:21il me semble,
- 6:22de la dépression déjà,
- 6:24voire du suicide même,
- 6:25je ne sais plus exactement,
- 6:26mais je crois que c'était un peu lourd.
- 6:27Et c'est incroyable,
- 6:29c'est génial,
- 6:29la puissance de faire rire,
- 6:30elle est folle.
- 6:32La puissance de ne pas faire rire,
- 6:33c'est-à-dire de prendre un bide,
- 6:34elle est terrifiante aussi,
- 6:36mais quand on arrive à faire rire,
- 6:38c'est magique.
- 6:40Et à ce moment-là,
- 6:41j'ai vraiment compris ce que c'était que le stand-up,
- 6:43et j'ai travaillé beaucoup,
- 6:45pour être drôle,
- 6:48meilleure,
- 6:49plus incisive,
- 6:50me trouver aussi,
- 6:51parce que c'est un vrai challenge ça aussi.
- 6:54Quand on commence à faire du stand-up,
- 6:56on a tous envie de faire rire,
- 6:57c'est le principe,
- 6:58mais du coup,
- 6:58on écrit des blagues pour des blagues.
- 7:01Et au fur et à mesure,
- 7:02on se dit « Ok,
- 7:03qu'est-ce que je veux vraiment dire ?
- 7:04Comment je veux vraiment le dire ?
- 7:05Est-ce que ces blagues-là,
- 7:06oui,
- 7:06elles sont marrantes,
- 7:07mais est-ce que c'est vraiment moi que de dire ça ? »
- 7:09Non,
- 7:09pas forcément.
- 7:10Donc,
- 7:10on commence à faire du tri.
- 7:11Ça prend du temps.
- 7:13Et en fait,
- 7:14j'ai envie de te dire,
- 7:14comme la source d'inspiration,
- 7:15c'est toi-même.
- 7:17Il y a des fois des moments où tu peux...
- 7:18Est-ce que tu vois des fois,
- 7:19tu vis peut-être des bides en amour ou des choses,
- 7:20tu vois,
- 7:21en te disant,
- 7:22est-ce que t'arrives à avoir le recul pendant que t'es en train de vivre,
- 7:24en se disant,
- 7:24ça va faire un super sketch ou pas du tout ?
- 7:27Souvent,
- 7:27je vis des expériences en me disant,
- 7:29j'ai pas envie d'y aller.
- 7:30Je me dis,
- 7:30bon,
- 7:30vas-y,
- 7:31au pire,
- 7:31ça fera des blagues.
- 7:32Je me le dis,
- 7:33c'est vrai.
- 7:34Mais la réalité est qu'il faut quand même un peu de distance pour arriver à faire des blagues.
- 7:38C'est-à-dire que sur des choses un peu difficiles ou honteuses ou ce que tu veux...
- 7:45C'est parfois difficile de les raconter tout de suite.
- 7:46On a envie,
- 7:47mais on va un peu manquer de recul pour que ce soit vraiment drôle.
- 7:53Donc oui,
- 7:55mais pour plus tard,
- 7:56du coup.
- 7:57Je me souviens d'avoir fait un date un peu...
- 8:01Enfin,
- 8:01un peu beaucoup horrible il y a quelques mois.
- 8:04Et j'ai tout écrit en me disant,
- 8:07il faut que je m'en souvienne,
- 8:09mais trop tôt pour faire des blagues.
- 8:11Oui,
- 8:11que les hommes se rassurent,
- 8:12si vous voulez la dater,
- 8:13elle ne va pas vous.
- 8:14J'ai directement,
- 8:15pendant quelques années.
- 8:17Seulement,
- 8:17on a le temps de ne plus le voir.
- 8:20Non,
- 8:20mais c'est intéressant parce que c'est un vrai sujet.
- 8:21Quand tu racontes,
- 8:22tu es exposée comme ça sur les réseaux et que tu es célibataire,
- 8:24mais que tu rencontres quelqu'un,
- 8:26tu peux faire vachement peur aussi de vouloir...
- 8:27Évidemment,
- 8:28je suis sûre que ça fait hyper peur.
- 8:29Encore plus en étant une femme et tout.
- 8:31Mes collègues d'humoristes ont beaucoup plus de succès que nous,
- 8:34femmes humoristes.
- 8:35On fait beaucoup plus peur que les hommes.
- 8:38En ayant ce pouvoir de faire rire avec la vie et les choses qui nous arrivent.
- 8:42C'est marrant parce que,
- 8:44est-ce que tu penses qu'être indépendante,
- 8:46ça fait peur à un homme ?
- 8:49Je pense que ça fera pas peur à la bonne personne.
- 8:51Voilà,
- 8:52j'ai pas envie de dire les hommes ont peur de ça ou quoi,
- 8:54mais...
- 8:57Non,
- 8:57moi je pense que...
- 8:59Moi,
- 9:00j'admirerais quelqu'un qui a une grande liberté et qui a une grande indépendance.
- 9:04Je pense que les temps changent et que les couples vont de plus en plus être comme ça,
- 9:08il me semble.
- 9:09Je pense que là,
- 9:10on le voit bien.
- 9:11Il y a une crise,
- 9:11tout le monde,
- 9:12il y a le célibat mis en avant.
- 9:15Plus personne n'a envie d'être ensemble pour des années.
- 9:18Donc,
- 9:18je pense qu'il y a une mutation vraiment à ce niveau-là et qu'à un moment donné,
- 9:22on va apprendre à faire couple différemment.
- 9:24Et c'est pour des très bonnes choses que ça change.
- 9:28On n'est plus fait pour...
- 9:29Ça n'existe plus,
- 9:30la femme au foyer,
- 9:31l'homme qui ramène l'argent.
- 9:32Heureusement que ça change.
- 9:34Donc non,
- 9:34non.
- 9:36On n'est pas encore dans l'apothéose de cette période-là,
- 9:40mais elle va arriver.
- 9:41Oui,
- 9:41tu as raison.
- 9:42Et puis surtout,
- 9:42je pense qu'en ce moment,
- 9:44on a encore envie du grand amour,
- 9:45mais on a surtout envie d'être en paix.
- 9:47On n'a plus envie d'être dans un grand amour à tout prix et de faire...
- 9:50Ça,
- 9:50c'est l'âge aussi,
- 9:51je pense,
- 9:51non ?
- 9:52Je pense que quand on est plus jeune,
- 9:53on croit encore à...
- 9:54Et heureusement,
- 9:55parce qu'il faut vivre des passions,
- 9:56il faut y croire,
- 9:57parce que c'est très beau.
- 9:58Mais oui,
- 10:00on a envie de sérénité.
- 10:02On a envie que ça se passe bien,
- 10:03que ce soit calme,
- 10:04que ce soit cool.
- 10:06Alors,
- 10:06j'aimerais qu'on fasse un petit jeu,
- 10:07parce que dans le spectacle,
- 10:09tu nous proposes un panel de psy,
- 10:11dont docteur psy,
- 10:12qui n'est pas forcément sympathique.
- 10:15Je pense que ça nous est tous arrivé des fois,
- 10:17parce que,
- 10:17bon,
- 10:17je fais une petite parenthèse,
- 10:19il y a des psy qui sont extraordinaires,
- 10:21mais c'est comme partout,
- 10:21il y a des psy qui sont moins extraordinaires.
- 10:23Et je trouvais ça...
- 10:24Attention,
- 10:24un psy qui est dur n'est pas forcément un mauvais psy.
- 10:27Moi,
- 10:27j'ai eu des psy qui parlaient pas beaucoup,
- 10:29et puis quand ils parlaient,
- 10:30c'était toujours...
- 10:32Ça tombait...
- 10:33pique quoi,
- 10:33ça a été un peu violent on ressort,
- 10:35on est en larmes et tout,
- 10:36mais en vrai ça fait vachement avancer parfois,
- 10:38donc attention,
- 10:39mais c'est vrai que dans le spectacle souvent,
- 10:42je suis docteur psy un peu rentre dedans mais j'ai l'impression que c'est ce que veut le public aussi,
- 10:47donc c'est ce que je leur donne et puis comme tu n'es pas vraiment psy,
- 10:50de toute façon tu n'es pas extraordinairement fort je leur demande pas de repartir avec des conseils absolument,
- 10:56vraiment non,
- 10:56ça reste un jeu évidemment.
- 10:58Et donc on pourrait jouer à ça si ça te dit ?
- 10:59Bien sûr !
- 11:01On va inviter Doc Théopsie parce qu'on a des questions à lui poser.
- 11:04Oui,
- 11:04alors bonsoir,
- 11:06je suis donc Docteur C.
- 11:07J'ai un petit feu sur la langue parce que je me suis rendu compte dans toutes les séances que ça désamorçait les situations et que ça avait beau dire des trucs difficiles,
- 11:16les gens,
- 11:16ça les faisait rire.
- 11:18Du coup,
- 11:18on va faire un petit jeu.
- 11:19Donc moi,
- 11:19j'ai préparé des petites questions qui ne sont pas forcément personnelles.
- 11:22Ce n'est pas ma vie personnelle,
- 11:23mais je précise juste pour le petit jeu.
- 11:27Donc bonjour Docteur.
- 11:28Bonsoir.
- 11:30Alors,
- 11:32en fait,
- 11:32je viens vous voir parce que j'ai vraiment le problème.
- 11:35J'ai l'impression que les hommes,
- 11:36ils disparaissent au bout de trois semaines que je les rencontre.
- 11:38Après,
- 11:38ils ghostent.
- 11:40En ce moment,
- 11:40il y a beaucoup de gens qui font ça.
- 11:41Ils ghostent,
- 11:42c'est-à-dire ?
- 11:43Je ne connais pas cette expression.
- 11:45Alors,
- 11:46ghoster,
- 11:46c'est un peu comme en anglais,
- 11:47c'est un peu un fantôme.
- 11:48C'est-à-dire que hop,
- 11:50il n'est plus là.
- 11:50Vous n'avez plus du tout de nouvelles ?
- 11:52Voilà.
- 11:52Ah,
- 11:52mais ça,
- 11:53il faut contacter la police.
- 11:54Moi,
- 11:54ça ne peut rien faire pour ça.
- 11:55C'est pas de recerche.
- 11:58Ou alors,
- 11:58il faut arrêter de voir les hommes,
- 11:59tout simplement.
- 12:00C'est ce que je vous conseille.
- 12:01Je pense que la police,
- 12:02ils auraient beaucoup d'appels si jamais on...
- 12:04Parce que c'est quelque chose qui est assez fréquent.
- 12:06Enfin,
- 12:06je ne sais pas si vous n'êtes pas trop renseignée,
- 12:07mais le ghosting,
- 12:08c'est une nouvelle manière de...
- 12:09Les hommes disparaissent.
- 12:11Ouais.
- 12:12En même temps,
- 12:12c'est vrai que moi,
- 12:13je les ai rarement vus dans mon cabinet.
- 12:15Donc,
- 12:15ça peut vous dire qu'effectivement,
- 12:16je ne les vois pas beaucoup.
- 12:18Écoutez,
- 12:19je pense que la meilleure solution est d'arrêter de voir les hommes.
- 12:22Comme ça,
- 12:23vous n'aurez pas à les recercher après.
- 12:25Donc,
- 12:25il faut que je reste célibataire ?
- 12:26Oui,
- 12:27tout à fait.
- 12:27C'est ça que je vous propose.
- 12:29Ça vous a beaucoup aidé ce que je viens de vous proposer ?
- 12:31Ce n'est pas trop le projet,
- 12:33mais...
- 12:34Mais si vous n'avez plus d'hommes,
- 12:35vous n'avez plus de problème.
- 12:38Oui,
- 12:38mais du coup...
- 12:39C'est binaire.
- 12:40C'est un peu binaire,
- 12:41mais vous pensez que les hommes sont émotionnellement indisponibles ?
- 12:49Je ne pense pas que tous les hommes sont émotionnellement indisponibles.
- 12:51Je pense que c'est vous qui cercez les hommes émotionnellement indisponibles.
- 12:56Difficile à dire.
- 12:57D'accord,
- 12:57donc on attire ceux qu'on mérite,
- 12:59c'est ça que vous êtes en train de dire ?
- 13:00Je pense que c'est d'ailleurs pour ça que vous êtes là.
- 13:03Ok.
- 13:04On a du travail ensemble.
- 13:06Oui.
- 13:11Non,
- 13:11c'est très drôle.
- 13:11En tout cas,
- 13:12j'ai trop envie d'aller consulter ce docteur.
- 13:15Le docteur consulte à Disney.
- 13:16Le plus dur,
- 13:16c'est de rester sérieux.
- 13:17Et c'est toujours,
- 13:17on me dit comment les psys font pour rester sérieux parfois.
- 13:21Non,
- 13:21mais c'est vrai que...
- 13:22C'est le plus difficile,
- 13:22je trouve.
- 13:23Évidemment,
- 13:24pendant le spectacle,
- 13:24je ne reste pas sérieuse.
- 13:25J'en rigole aussi parce qu'il faut rire.
- 13:27Mais c'est dur d'être psy,
- 13:29franchement.
- 13:30C'est d'écouter,
- 13:30d'essayer de conseiller.
- 13:32Parfois,
- 13:32c'est pour ça que je n'ai pas du tout cette prétention.
- 13:36Moi,
- 13:36je suis coach,
- 13:37donc ce n'est pas psy.
- 13:37Mais quand même,
- 13:39j'ai beaucoup d'histoires.
- 13:40Et puis,
- 13:41on repart aussi avec ces histoires chez nous.
- 13:44C'est comme des phénomènes.
- 13:45J'avais fait une interview avec une thérapeute justement qui disait qu'on vit avec quand même pas mal de phénomènes autour de nous.
- 13:51Même le chat.
- 13:52On témoigne.
- 13:53On témoigne.
- 13:54Moi aussi,
- 13:54c'est ma...
- 13:54Oui,
- 13:55moi aussi,
- 13:55je supporte cette...
- 13:56Et c'est vrai que c'est assez compliqué.
- 13:58Après,
- 13:58c'est très drôle de pouvoir en rire.
- 14:00Et comme on disait en off,
- 14:02souvent,
- 14:02des fois,
- 14:02quand on a des...
- 14:04Il y a des psys qui peuvent être très incisifs et on a aussi besoin de ça pour sortir un peu de quelque chose.
- 14:08Encore une fois,
- 14:09posée dans le spectacle,
- 14:10si je suis là juste pour faire un vrai psy qui va vraiment donner des vrais conseils,
- 14:17en fait,
- 14:17ce n'est pas drôle du tout.
- 14:19Donc,
- 14:19j'ai été obligée de prendre un peu le contre-pied,
- 14:21d'essayer de m'en moquer un peu aussi et de...
- 14:24Mais ce n'est même pas une caricature,
- 14:26c'est une fausse séance.
- 14:27C'est ce qui aurait été pire chez un psy,
- 14:29en fait.
- 14:29Donc oui,
- 14:30oui,
- 14:30c'est vraiment un personnage.
- 14:32Ce n'est pas du tout représentatif des psys.
- 14:34Et puis,
- 14:36il y a des gens qui me disent des vraies choses.
- 14:39Et ça m'est arrivé une fois.
- 14:41Et presque,
- 14:42j'ai regretté de ne pas avoir trouvé une blague.
- 14:43Parce qu'encore une fois,
- 14:45c'est mon métier de faire des blagues.
- 14:46Et de ne pas être dans la surempathie non plus.
- 14:48Même si je le suis beaucoup par la force des choses,
- 14:50mais une jeune fille qui s'est confiée sur le fait qu'elle était en procès contre un prêtre pour attouchement.
- 14:56Ouais,
- 14:57on était en plein spectacle et on te dit ça.
- 15:00Et je te jure que je m'en suis voulu de ne pas avoir trouvé une manière de désamorcer,
- 15:03mais pas du tout son histoire,
- 15:04une manière de désamorcer moi,
- 15:06le psy,
- 15:06pour quand même qu'on puisse en rire.
- 15:08Parce qu'encore une fois,
- 15:09c'est ça que je propose,
- 15:10et c'est ça que je veux passer comme message.
- 15:13Mais c'était trop intense ce qu'elle venait de dire,
- 15:14et on l'a juste écouté,
- 15:15on l'a juste applaudi,
- 15:16et on est passé à autre chose.
- 15:18Parfois,
- 15:19les histoires sont tellement fortes,
- 15:20elle a osé se confier dans un spectacle devant 50 personnes,
- 15:24je l'ai laissé faire.
- 15:25Je me dis,
- 15:25bon,
- 15:25là,
- 15:25c'est plus mon moment,
- 15:26c'est le sien,
- 15:27elle le prend,
- 15:27et c'est très bien aussi comme ça,
- 15:28c'est pas grave.
- 15:30Oui,
- 15:30c'est particulier parce que moi,
- 15:31je me rends compte aussi,
- 15:32entre l'émission,
- 15:33le coaching,
- 15:34en fait,
- 15:34aujourd'hui,
- 15:36on a tous ces réseaux sociaux,
- 15:37on a les différences entre les hommes et les femmes.
- 15:40Dans une période aussi,
- 15:41on n'est pas en train de vivre la guerre,
- 15:42tout va bien.
- 15:43Enfin,
- 15:43pas encore.
- 15:45Nous,
- 15:45en tout cas,
- 15:46on a de la chance en France de ne pas le vivre.
- 15:48Mais c'est vrai que ce n'est pas forcément évident.
- 15:52Et je pense qu'en fait,
- 15:53les gens,
- 15:53ils ont vraiment besoin de parler et de laisser des espaces comme ça.
- 15:56Alors,
- 15:57même si c'est pour en rire.
- 15:58de dédramatiser,
- 15:59c'est vrai qu'il n'y a pas tout le monde qui a la chance d'avoir un cercle social aussi assez développé.
- 16:03C'est clair.
- 16:03Et puis même si parfois on a des amis,
- 16:05ce n'est pas forcément les bonnes personnes à qui parler.
- 16:08C'est difficile d'être à l'écoute,
- 16:11juste à l'écoute.
- 16:12Et les amis,
- 16:13en général,
- 16:13la famille,
- 16:14on n'arrive pas à être juste à l'écoute.
- 16:16Parce qu'on a envie d'aider,
- 16:17parce qu'on a envie de conseiller,
- 16:18parce que parfois on n'a pas envie que quelqu'un d'autre nous parle de ses problèmes parce que pour soi,
- 16:23c'est trop dur à prendre.
- 16:24Et donc très vite,
- 16:24on va...
- 16:25Merci.
- 16:26Bref,
- 16:27c'est dur de trouver des gens à qui se plaindre ou à qui parler de ces problèmes.
- 16:32Parfois,
- 16:33pour des gens,
- 16:33c'est difficile d'aller voir un psy.
- 16:35C'est cher d'aller voir un psy.
- 16:38Maintenant,
- 16:40il y a quand même 10 séances offertes par le gouvernement.
- 16:42C'est toujours ça.
- 16:44C'est toujours ça,
- 16:45mais ce n'est pas grand-chose pour un travail de fond.
- 16:46C'est toujours ça,
- 16:47bien sûr.
- 16:48Ça aide sur un moment précis.
- 16:49Ça peut carrément aider,
- 16:50évidemment.
- 16:51Mais il faut aussi que tous les psys acceptent de jouer sur le jeu,
- 16:55parce que tous les psys ne le font pas.
- 16:57Donc oui,
- 17:01c'est pas rien,
- 17:02mais quand il a mis la santé mentale comme grand sujet de son quinquennat,
- 17:08on se moque un peu des gens,
- 17:10clairement.
- 17:10On n'aide pas les gens et on les laisse passer 10 heures sur TikTok,
- 17:14ce qui ne rend pas les gens plus heureux,
- 17:15moi la première.
- 17:17Il y a toute cette amalgame entre être sur les réseaux,
- 17:20parce que c'est aussi comme ça qu'on arrive à se faire connaître,
- 17:23et aussi la balance entre les deux.
- 17:25On peut trouver des choses très bien,
- 17:26comme on peut trouver des choses très bien,
- 17:28j'entends,
- 17:29mes réseaux,
- 17:30par exemple.
- 17:31Évidemment.
- 17:31Évidemment.
- 17:33Mais comme on peut aussi juste abrutir le cerveau,
- 17:36en fait.
- 17:38Mais pour revenir en tout cas au psy,
- 17:41au fait d'aider et d'entraider.
- 17:44Encore une fois,
- 17:45je joue le psy dans le spectacle pour rigoler de ça,
- 17:48pour créer un petit moment d'échange aussi avec les gens,
- 17:51pour dire que c'est OK de parler,
- 17:53de dire que ça ne va pas.
- 17:55On n'est pas des mauvaises personnes pour autant.
- 17:57On n'est pas des gens qui ont aigri.
- 17:59On a parfois juste envie de dire que ça ne va pas.
- 18:01Et c'est rigolo,
- 18:01et ce n'est pas grave.
- 18:02On en rigole après.
- 18:03Tu as une super vidéo que je trouve kiffée.
- 18:05En fait,
- 18:05ça fait vachement bien de tes vidéos,
- 18:06parce que c'est aussi tellement sincère et tellement vrai que tu en as une où tu dis « j'ai envie de me plaindre » .
- 18:11Et souvent,
- 18:11des fois,
- 18:12t'as juste besoin de te plaindre et t'as pas forcément...
- 18:14Enfin,
- 18:14tu vois,
- 18:14si tu veux en parler de cette vidéo...
- 18:16Bien sûr,
- 18:16c'est ça,
- 18:17c'est exactement ça.
- 18:18C'est-à-dire que dans cette vidéo,
- 18:21je commence à me dire,
- 18:21à dire à mon ami que ça va pas et tout,
- 18:24et tout de suite,
- 18:24il veut me trouver des solutions.
- 18:25Et je suis là,
- 18:25mais non,
- 18:25j'ai pas envie que tu me trouves des solutions.
- 18:27Moi,
- 18:27j'ai juste envie de me plaindre,
- 18:28en fait.
- 18:29J'ai envie,
- 18:29là,
- 18:29pendant 10 minutes,
- 18:30de dire que ça va pas.
- 18:31À la limite,
- 18:31si tu veux,
- 18:32tu me remets une petite pièce à mon moulin en me disant « Ah ouais,
- 18:34c'est dur ce qui t'arrive » ,
- 18:35et moi,
- 18:35je repars et ça me va très bien.
- 18:37Et parfois,
- 18:37on a juste besoin de ça.
- 18:39Et apparemment,
- 18:39ce que je n'avais pas du tout pensé en faisant cette vidéo,
- 18:43et ce que j'ai vu après beaucoup dans les commentaires,
- 18:45à quel point c'était féminin de faire ça,
- 18:47et masculin de proposer une solution.
- 18:49Alors moi,
- 18:49je ne l'ai pas du tout pensé comme ça,
- 18:51mais c'est fou à quel point les gens se sont retrouvés là-dedans.
- 18:54Mais apparemment,
- 18:55c'est féminin,
- 18:55et apparemment,
- 18:56c'est masculin de vouloir trouver des solutions.
- 18:57Je ne me poserai pas d'avis là-dessus,
- 19:00parce qu'encore une fois,
- 19:00je ne l'ai pas pensé comme ça.
- 19:02Mais ce qu'il y a en tout cas,
- 19:03c'est que parfois,
- 19:04aider un pote ou une pote,
- 19:05c'est juste être là.
- 19:07être là et dire ah ouais c'est horrible et puis si à un moment donné on demande une solution et bah on propose mais je trouve que vouloir tout de suite trouver des solutions quand ça va pas il y a un petit côté genre oh la la me saoule pas avec tes problèmes vas-y mets un pansement et laisse moi tranquille non parfois on a juste envie de se plaindre et c'est très bien et
- 19:23puis on a besoin aussi d'avoir des moments où on n'a pas la solution je pense que c'est aussi féminin en fait on l'a la solution,
- 19:30on en a 40 on sait pas encore laquelle prendre et en attendant de la prendre on est angoissé et ce qu'on a juste envie c'est un peu de vider son sac qu'il y a
- 19:36Et ça va,
- 19:37on ne l'est pas non plus.
- 19:38On le fait dans une certaine mesure.
- 19:40On ne va pas saouler l'autre non plus.
- 19:41Mais les amis,
- 19:44souvent,
- 19:44on est là pour ça aussi.
- 19:47Et c'est important d'avoir des amis justement pour les saouler.
- 19:50Bien sûr.
- 19:51Et tu as fait aussi une super vidéo sur les célibataires et comment le regard extérieur qu'on peut avoir sur nous est de le transformer.
- 19:58Et ça,
- 19:59je trouve ça génial.
- 20:02La norme fait qu'il faut être en couple.
- 20:05Et que du coup,
- 20:05l'anomalie,
- 20:06c'est d'être seule.
- 20:08Et encore une fois,
- 20:08seule et célibataire,
- 20:09pour moi,
- 20:09ce n'est pas la même chose.
- 20:10C'est quoi du coup la différence pour toi ?
- 20:11On peut être en couple et être seule.
- 20:13Tu vois ce que je veux dire ?
- 20:16Être célibataire,
- 20:18forcément,
- 20:18met un enjeu amoureux là-dedans,
- 20:20mais comme si on manquait de quelqu'un.
- 20:22Et du coup,
- 20:23il y a un point de vue négatif sur le fait d'être célibataire.
- 20:27Être seule,
- 20:28c'est encore autre chose.
- 20:29Mais oui,
- 20:29en tout cas,
- 20:30la société nous renvoie en permanence que
- 20:33« Ah, t'es célibataire,
- 20:34ça doit être dur. »
- 20:35Et encore,
- 20:36moi,
- 20:36j'en ris dans mon histoire,
- 20:38parce que moi,
- 20:38je suis célibataire depuis de nombreuses années,
- 20:40donc c'est encore plus « Oh ! »
- 20:41Et t'es encore célibataire encore maintenant,
- 20:45après tant de temps.
- 20:46Donc forcément,
- 20:47j'ai un problème.
- 20:48Forcément,
- 20:48ça vient de moi.
- 20:50Forcément,
- 20:50il y a un truc qui cloche.
- 20:52Et j'avais fait une vidéo comme ça en me disant que si on posait toutes ces phrases,
- 20:55mais qu'on les retournait contre les couples,
- 20:57de « Ah,
- 20:58t'es en couple depuis 12 ans,
- 20:59Ah mais c'est qu'il y a un problème,
- 21:00il y a un truc qui ne va pas chez toi,
- 21:01mais écoute,
- 21:03ça va pas tarder à te tomber dessus.
- 21:05Voilà,
- 21:06c'est quand on ne cherche pas qu'on trouve,
- 21:07mais vraiment à l'inverse,
- 21:08pour le couple,
- 21:09c'est bientôt la rupture,
- 21:11c'est sûr.
- 21:13Évidemment,
- 21:14quand on se pose sur le couple,
- 21:15on se dit,
- 21:15bah non,
- 21:16c'est pas sympa,
- 21:16mais c'est pareil pour les autres en fait.
- 21:18Donc voilà,
- 21:19c'est juste parfois dire,
- 21:21arrêtez de...
- 21:22Mais bon,
- 21:23c'est...
- 21:25Quand on parle encore des enfants,
- 21:26c'est encore un autre truc.
- 21:27D'être une femme,
- 21:28d'avoir passé la quarantaine et de ne pas avoir d'enfants,
- 21:31de ne pas en vouloir,
- 21:32mais mon Dieu,
- 21:32qui on est,
- 21:33quoi.
- 21:33Ça,
- 21:33c'est encore un vrai sujet.
- 21:34Et c'est des sujets qui éclatent aujourd'hui dans la société,
- 21:36je trouve.
- 21:37D'être célibataire,
- 21:38il y en a de plus en plus.
- 21:40On dit que dans 30 ans,
- 21:41il y aura 60%
- 21:42des femmes qui le seront.
- 21:44Les enfants,
- 21:44on en fait de moins en moins.
- 21:46Voilà,
- 21:47c'est en train de changer.
- 21:48C'est pas encore du tout valorisé.
- 21:50C'est pas encore du tout,
- 21:53comment dire...
- 21:54On reste des personnes anormales à être célibataire.
- 22:00Et sans enfant aussi.
- 22:01Et sans enfant et sans sexe.
- 22:04C'est encore un autre sujet,
- 22:05ça.
- 22:06J'ai un ami,
- 22:08un collègue humoriste qui me disait ça il y a quelques jours.
- 22:10Mais toi,
- 22:10du coup,
- 22:11vraiment,
- 22:118 ans sans relation et tout.
- 22:13Je fais,
- 22:13bah oui.
- 22:14Et c'est un vrai sujet,
- 22:16quoi.
- 22:17Ça questionne les gens.
- 22:18Et du coup,
- 22:19il y a un regard,
- 22:20je le sens,
- 22:20qui se pose sur moi de...
- 22:22Mais il est où le pourquoi ?
- 22:24Pourquoi ça ?
- 22:24C'est quoi le problème ?
- 22:26Parfois,
- 22:26il n'y a pas de problème.
- 22:27Parfois,
- 22:27c'est juste comme ça.
- 22:29Ça s'est passé comme ça.
- 22:30Ou alors,
- 22:31un homme ou une femme qui a des relations sexuelles toutes les semaines avec une personne différente,
- 22:35peut-être que là aussi,
- 22:36ça peut...
- 22:38Oui,
- 22:38bien sûr,
- 22:39cette personne-là sera beaucoup plus valorisée sociétalement que moi.
- 22:43Donc,
- 22:44c'est là où c'est très injuste.
- 22:45C'est là où,
- 22:46en plus de vivre ce qu'on vit,
- 22:47bien ou pas bien,
- 22:48parce que ça,
- 22:49c'est à chacun.
- 22:50Mais en plus,
- 22:50on doit se battre avec un regard de la société et parfois,
- 22:55on s'en passe bien.
- 22:57Oui,
- 22:57parce que de vivre en couple et d'avoir des moments qui sont difficiles ou de moments de crise...
- 23:00Je n'ai que des amis en couple,
- 23:02ça va mal,
- 23:03c'est dur.
- 23:04Mais c'est normal,
- 23:05alors que quand nous,
- 23:06on ne vit pas bien en couple,
- 23:07c'est qu'on est célibataire,
- 23:08ça veut dire qu'on a peut-être un problème.
- 23:10Exactement.
- 23:10Alors que vraiment,
- 23:11en ce moment,
- 23:11je n'ai que des amis qui sont en couple et qui vont,
- 23:14c'est très dur.
- 23:17Et même quand je vois mon frère et ma sœur qui ont des enfants,
- 23:19quand je les vois évoluer avec les enfants,
- 23:21les enfants qui grandissent,
- 23:22toutes les problématiques que ça engendre,
- 23:24moi-même qui suis la première à avoir voulu des enfants qui en veulent absolument,
- 23:28parfois je remets le truc en question en me disant « ouais,
- 23:30c'est dur en fait » .
- 23:31Et c'est pas juste dur de fatigue,
- 23:33de financier,
- 23:35c'est dur aussi parce que les questions psychologiques que ça entraîne,
- 23:38mon Dieu,
- 23:39être parent c'est difficile.
- 23:41ouais,
- 23:43pas n'importe comment,
- 23:44pas à n'importe quel prix,
- 23:45quoi.
- 23:46Il faut...
- 23:46Je pense que c'est vraiment très difficile et qu'il faut être armé,
- 23:49il faut être prêt.
- 23:51Oui,
- 23:51tu devrais faire une vidéo sur tout ce qu'on peut te dire,
- 23:53je pense que tu l'as déjà fait,
- 23:53parce que j'ai pas l'air qu'avec toutes les vidéos de ton Insta,
- 23:56sur justement tout ce qu'on peut entendre sur « vas-y,
- 23:59mais pourquoi t'en fais pas ?
- 24:00Vas-y,
- 24:00prends n'importe qui,
- 24:01fais un enfant comme si c'était simple de faire un enfant. »
- 24:03Ben tu vois,
- 24:03non,
- 24:03c'est...
- 24:04Quand je disais tout à l'heure,
- 24:05il faut prendre de la distance pour arriver à rigoler de certains sujets,
- 24:08pour le coup,
- 24:08les enfants,
- 24:09moi,
- 24:10j'ai 15 pages écrites,
- 24:12mais il n'y a pas de blague.
- 24:13Enfin,
- 24:14il y a des blagues,
- 24:14mais je n'ai...
- 24:14Merci.
- 24:16C'est le delivery qui ne fonctionne pas.
- 24:17Comme c'est très...
- 24:19Ça reste très sensible,
- 24:20tu vois.
- 24:21Rien que là,
- 24:21d'en parler,
- 24:21c'est compliqué.
- 24:22Mais donc,
- 24:23pour l'instant,
- 24:23je n'arrive pas à faire des bacs dessus.
- 24:24Ça reviendra parce que c'est écrit,
- 24:26c'est prêt,
- 24:26c'est là.
- 24:27Mais il y a même tout un passage dans le spectacle que j'ai enlevé parce que je n'ai pas assez de prix de distance sur le sujet.
- 24:32Je ne sais pas encore où je me positionne.
- 24:34Tu as quel âge,
- 24:35si ce n'est pas indiscret ?
- 24:35J'ai 35 ans.
- 24:37Oui,
- 24:37mais 35 ans,
- 24:37pour une femme,
- 24:38je trouve que c'est un âge hyper difficile.
- 24:39Moi,
- 24:39j'ai 43.
- 24:40Et j'ai écrit un film sur le désir de maternité à 35 ans.
- 24:43Justement,
- 24:44j'ai interviewé plein de femmes là-dessus.
- 24:46ce film va sûrement réexister à un moment donné et c'est marrant j'avais une pression par rapport à la maternité à 35,
- 24:52j'ai 43 j'ai pas d'enfant,
- 24:54que j'ai beaucoup moins oui,
- 24:55et parce que t'as pris une décision ?
- 24:58C'est clair dans ta tête ?
- 24:59Non,
- 24:59je n'ai pas ni décision.
- 25:00Pour le moment,
- 25:01je suis célibataire.
- 25:03Je verrai,
- 25:03mais je laisse vraiment la vie faire.
- 25:05Mais à la différence,
- 25:06c'est qu'on ne me pose plus la question.
- 25:08Je préviens,
- 25:10parce que j'ai prévenu pas mal de copines pour les 35 ou 35 vraiment.
- 25:14Avant 35,
- 25:14on dit,
- 25:15mais c'est bon,
- 25:15tu as le temps de faire des enfants et tout.
- 25:1635,
- 25:16c'est pourquoi tu n'en as pas fait ?
- 25:17C'est maintenant,
- 25:18tu es là.
- 25:18OK,
- 25:18les gars,
- 25:19il y a une semaine,
- 25:21j'avais le temps.
- 25:21Là,
- 25:21il faut que je fasse ça maintenant.
- 25:23Et à partir de 40 ans,
- 25:24moi,
- 25:25aujourd'hui,
- 25:25on me dit,
- 25:26donc pourquoi tu n'en as pas fait ?
- 25:28C'est fini.
- 25:29Alors qu'en fait,
- 25:29moi,
- 25:31je suis fertile.
- 25:31Il y a tout un rapport à la fertilité aussi.
- 25:33Aujourd'hui,
- 25:34j'ai des copines qui sont ménopausées.
- 25:37J'ai fait des émissions où il y a des femmes qui peuvent tomber enceintes à 46,
- 25:4048.
- 25:40Et puis,
- 25:40il y a aussi un truc en disant,
- 25:41non,
- 25:41mais il ne faut pas les faire aussi tard.
- 25:42Une espèce de prisme absolument de cartes,
- 25:47comment ça doit se passer.
- 25:48Et assez infernal,
- 25:49en fait.
- 25:50Oui,
- 25:50et puis ça,
- 25:51je trouve que c'est vraiment tellement personnel.
- 25:54Et tellement difficile d'être une femme pour ces questions-là.
- 25:57mon dieu si vraiment tu vois si j'arrive à écrire à continuer à vivre de ça et à faire un deuxième spectacle moi mon deuxième spectacle j'ai vraiment envie qu'il soit là-dessus sur le fait d'être une femme et pas pas avec un étendard absolument féministe ou quoi mais juste de dire putain que c'est difficile c'est
- 26:12difficile en plus de tout d'avoir ça dans le coeur dans le ventre physiquement et émotionnellement tu vois de se dire enfant,
- 26:21pas enfant maintenant,
- 26:23pas maintenant si c'est pas maintenant est-ce que j'y arriverai plus tard et en même temps avec Merci.
- 26:26Moi,
- 26:26je sais que j'ai une foi absolue là-dedans.
- 26:29Je ne suis pas quelqu'un de religieux,
- 26:31je suis athée,
- 26:32je ne crois pas en grand-chose,
- 26:33mais si je crois en une chose,
- 26:34c'est ça.
- 26:36Si j'ai envie,
- 26:37ça arrivera.
- 26:39Il se trouve que ce n'est pas maintenant.
- 26:43Ça doit arriver,
- 26:44ça arrivera.
- 26:46Et je crois vachement en ça,
- 26:47pour le coup,
- 26:48et c'est pour ces raisons-là que j'ai fait des choix.
- 26:53Voilà,
- 26:53après,
- 26:53on ne va pas rentrer dans un truc trop personnel,
- 26:55mais...
- 26:57Je trouve que c'est,
- 26:58pour beaucoup de ces questionnements-là,
- 27:00et tu vois,
- 27:00on parlait juste de célibataire,
- 27:02on se pense sans parler d'enfant,
- 27:04un homme célibataire n'est pas du tout traité comme une femme célibataire.
- 27:06Nous,
- 27:07on a les expressions de femme à chat,
- 27:08de machin,
- 27:09de truc,
- 27:10de vieille fille.
- 27:12Eux,
- 27:12ce sera jamais ça.
- 27:13Et je trouve ça très injuste,
- 27:15quoi.
- 27:16Vraiment très injuste qu'on doive se battre en plus de tout le reste avec ça.
- 27:22Et en même temps,
- 27:22je trouve ça sublime d'être une femme.
- 27:25Je préférais pas être un homme,
- 27:26tu vois ce que je veux dire ?
- 27:27Mais je trouve qu'on part avec un fardeau bien plus lourd.
- 27:34Et c'est bien pour ça d'ailleurs qu'on est plus vaillante,
- 27:37parce qu'on se bat tous les jours.
- 27:40C'est très engagé,
- 27:41mais je le pense vraiment.
- 27:45Et c'est dur aussi de faire des blagues sur ça,
- 27:46par exemple,
- 27:46parce que comment faire des blagues sur ça ?
- 27:49J'ai pas de blague en fait,
- 27:49que c'est très sérieux en fait comme sujet.
- 27:52J'ai très envie de faire des blagues là-dessus parce que j'ai très envie de parler de ça.
- 27:55Tous les jours en tout cas je m'indigne du fait qu'on n'ait pas le même traitement et la même vie.
- 28:01C'est assez intéressant ce que tu racontes parce que c'est ce qu'on vit quotidiennement et chaque âge a son lot entre guillemets.
- 28:07Chaque âge,
- 28:08chaque travail qu'on fait,
- 28:09il n'y a pas un travail où une femme,
- 28:12un homme n'est pas traité de la même manière.
- 28:17C'est fou quoi.
- 28:18j'ai pas fait mille trucs dans ma vie mais j'ai fait un peu des trucs différents la position de l'homme et de la femme n'a jamais été traitée de la même manière et encore une fois peut-être c'est normal parce qu'on n'est pas les mêmes personnes non
- 28:33puis je pense que c'est aussi sociétal dans la mesure où le droit de vote et d'ouvrir un compte en banque c'était il n'y a pas assez longtemps c'était la semaine dernière j'ai envie de dire donc l'évolution se fait aussi en positif ça arrive petit à petit et les choses sont en train de changer et
- 28:46Et ça,
- 28:47c'est quand même chouette.
- 28:48Après,
- 28:48tout ce qui est du célibat,
- 28:49de la sexualité et en plus de la maternité,
- 28:52ou de la paternité,
- 28:53on en parle un peu de plus en plus,
- 28:54mais pour faire un enfant,
- 28:55spoiler,
- 28:56il faut avoir un papa aussi.
- 28:57C'est difficile aussi que...
- 28:58Pas forcément,
- 28:59pas forcément.
- 29:00Mais il faut quand même trouver des solutions.
- 29:02C'est-à-dire que trouver,
- 29:03soit aller maintenant,
- 29:05soit en pays étranger.
- 29:06Il faut quand même...
- 29:08On ne peut pas faire ça toute seule.
- 29:09C'est aussi un engagement.
- 29:10Ne serait-ce qu'on lui sait zovocyte,
- 29:12maintenant,
- 29:12c'est démocratisé.
- 29:13Mais en même temps,
- 29:14ce n'est pas rien.
- 29:14On va pas se démocratiser.
- 29:16Et puis encore une fois,
- 29:16pour moi,
- 29:16ça,
- 29:17c'est une grande hypocrisie,
- 29:17tu vois,
- 29:18les ovocytes,
- 29:19parce que c'est...
- 29:20Bien sûr que c'est bien que ça existe.
- 29:21Ça a mis du temps et c'est pas encore très bien fait parce que c'est blindé,
- 29:26parce que ça n'est que dans le public et que du coup,
- 29:29c'est blindé.
- 29:30C'est des listes d'attente de malades et que souvent,
- 29:33du coup,
- 29:33on est un peu découragé avant même d'avoir commencé.
- 29:36Que ça existe dans le privé,
- 29:37mais ailleurs et cher,
- 29:40mais au moins,
- 29:40ça a le mérite d'exister ailleurs.
- 29:43Et que là,
- 29:43ça va beaucoup plus vite.
- 29:44Là,
- 29:44c'est rapide,
- 29:46c'est cool.
- 29:47Et que surtout,
- 29:50je ne sais pas si c'est problématique de dire ça ou pas,
- 29:51mais moi,
- 29:52je trouve qu'il faudrait dire ça beaucoup plus tôt.
- 29:54Tu vois,
- 29:55offrir la possibilité à une femme de 20 ans de congeler ses ovocytes,
- 29:57elle voit la vie un peu différemment aussi,
- 29:59derrière.
- 29:59Puis il y a moins de stress.
- 30:01Puis ils sont en bonne santé à ce moment-là,
- 30:03les ovocytes.
- 30:03C'est pas à 37 ans,
- 30:04quand on va le faire,
- 30:05quand il reste la moitié des trucs,
- 30:06et qu'on est parasité par le monde pourri dans lequel on vit,
- 30:09avec des particules et que nos corps sont,
- 30:12comme tout le monde,
- 30:14un peu moins en forme.
- 30:15Pourquoi on fait pas ça beaucoup plus tôt ?
- 30:17Mais attention,
- 30:18faut pas toucher au corps humain,
- 30:19faut pas toucher à machin.
- 30:20Non,
- 30:20mais c'est...
- 30:21C'est la France,
- 30:21pour le coup,
- 30:22ça,
- 30:22on est...
- 30:23Je sais pas pourquoi,
- 30:24on a un temps de retard de malade sur ça,
- 30:25quoi.
- 30:26Sur ça,
- 30:29sur l'autre sujet,
- 30:30où on est méga en retard,
- 30:31c'est la possibilité d'euthanasie,
- 30:34le droit à mourir.
- 30:35Pareil,
- 30:36je trouve ça fou qu'on ait autant ce temps de retard.
- 30:38Comment ?
- 30:39Mais parce que les élites sont des hommes vieux de 80 ans qui sont là,
- 30:44non,
- 30:44faut surtout pas toucher à ça,
- 30:45ça touche à la moralité,
- 30:46je ne sais quoi.
- 30:48Bref.
- 30:49Deuxième spectacle,
- 30:49ce sera vraiment tout ça.
- 30:50Donc deuxième spectacle sur les femmes.
- 30:53Ouais,
- 30:53ouais.
- 30:54Les trucs où je comprends pas pourquoi on avance pas plus vite.
- 30:58J'écoutais un gars tout à l'heure à la radio qui disait que les gens très fatigués sont des gens qui vivent avec un sentiment d'injustice permanent.
- 31:07Et je me disais,
- 31:07moi je suis très fatiguée tout le temps,
- 31:08et je me disais,
- 31:09putain mais j'ai pas l'impression de ressentir de l'injustice.
- 31:11Et là je me dis tout ça,
- 31:12et je me dis,
- 31:13ah oui c'est en fait de ouf.
- 31:14Pourquoi j'ai l'impression en permanence en fait de l'injustice ?
- 31:16Merci.
- 31:16Mais tu sais,
- 31:17c'est sous-jacent,
- 31:17on a appris à vivre avec.
- 31:19Mais oui,
- 31:19clairement.
- 31:20Et tu penses que la fatigue,
- 31:21c'est aussi un vrai sujet plus féminin que masculin ?
- 31:23Ça,
- 31:23je ne sais pas.
- 31:24Pour le coup,
- 31:26moi,
- 31:26j'ai l'impression d'être un ovni à ce niveau-là,
- 31:28d'avoir besoin de tellement de sommeil.
- 31:31Ou d'avoir besoin du sommeil,
- 31:32ou d'être fatigué en permanence,
- 31:33ou du coup d'être en permanence dépressif.
- 31:37Parce que quand on est en dépression,
- 31:38on l'est,
- 31:39fatigué tout le temps.
- 31:41Donc je ne sais pas,
- 31:41je me dis...
- 31:42Peut-être ça ou juste un manque de fer,
- 31:44je ne sais pas.
- 31:45Je ne sais plus trop où me situer en ce moment.
- 31:48Et tu parles beaucoup de la dépression,
- 31:49c'est un vrai sujet.
- 31:51Est-ce que tu as déjà vécu une dépression éventuelle ?
- 31:53C'est pour ça que je peux en parler.
- 31:54Et pour le coup,
- 31:55c'est quelque chose de plus ou moins résolu,
- 31:57même si je pense qu'à partir du moment où on l'a été,
- 32:01c'est une nature un peu.
- 32:02Donc ça reste un peu en soi toute la vie.
- 32:04Mais oui,
- 32:05en tout cas,
- 32:05c'est pour ça que je peux en faire des blagues et tout.
- 32:07C'est parce que je l'ai vécu que des proches à moi...
- 32:12dans ma famille l'ont vécu aussi,
- 32:14et que,
- 32:16oui,
- 32:16oui,
- 32:16je peux beaucoup témoigner de ça,
- 32:18quoi,
- 32:18de ce que c'est vraiment d'être à l'état limite,
- 32:21quoi,
- 32:21en tout cas,
- 32:22de ne plus vouloir être là,
- 32:24et tout en en faisant pas un drame,
- 32:27tout en disant,
- 32:27ça me soulagera,
- 32:28quoi.
- 32:29Ça,
- 32:29c'est quelque chose que j'ai eu beaucoup de mal à comprendre quand je l'ai vu chez des proches,
- 32:34et puis que j'ai beaucoup compris quand ça m'est arrivé à moi,
- 32:37quoi,
- 32:37et que j'ai fait,
- 32:37ok,
- 32:37je peux comprendre,
- 32:38du coup,
- 32:38quoi.
- 32:38C'est très dur.
- 32:40Je parle évidemment de mettre fin à sa vie,
- 32:41hein.
- 32:44Mais c'est quelque chose que je peux vraiment comprendre.
- 32:46Au bout d'un moment,
- 32:48ça semble tellement être la solution.
- 32:49Je ne l'encourage pas du tout à le faire.
- 32:51Évidemment que non.
- 32:52Et il faut se faire aider.
- 32:53Et on peut évidemment s'en sortir.
- 32:56Au contraire,
- 32:56tu es un super modèle,
- 32:57entre guillemets,
- 32:58justement de dire qu'à un moment donné,
- 33:00c'est un peu ma croyance,
- 33:01de tout ce qui nous arrive,
- 33:03c'est important de le transformer,
- 33:04d'en faire quelque chose et de le transmettre.
- 33:07Mais sur le moment,
- 33:07c'est impossible d'entendre tout ça.
- 33:09quand on n'est pas bien et quand la vie est trop pesante.
- 33:12Mais il y a aussi quelque chose de très beau là-dedans,
- 33:15moi,
- 33:15je trouve,
- 33:16dans l'état dépressif et dans l'état un peu second dans lequel on se trouve dans ces moments-là.
- 33:23Second dans le sens où on a l'impression de ne plus faire partie du monde,
- 33:28on a l'impression de ne plus avoir aucun rapport avec ces gens qui marchent dans la rue,
- 33:33qui ont un sens,
- 33:34que personne n'a vraiment de sens à sa vie.
- 33:36En tout cas,
- 33:37qui donne l'impression d'en avoir,
- 33:39sent tellement à l'écart.
- 33:41Et c'est ça,
- 33:42en plus,
- 33:42qui renforce le sentiment d'isolement,
- 33:44quoi,
- 33:45dans la dépression.
- 33:45Mais en tout cas,
- 33:46il y a quelque chose de très beau dans le lâcher-prise que ça donne,
- 33:50je trouve.
- 33:51J'avais fait une vidéo là-dessus en disant que quand on touche le fond,
- 33:54évidemment,
- 33:54l'image est de remonter,
- 33:55bien sûr,
- 33:56mais il y a un truc vraiment de...
- 33:57Putain,
- 33:57on n'a plus rien à foutre de rien.
- 33:59Et il y a un truc très beau là-dedans.
- 34:01Moi,
- 34:01je ne me suis jamais autant sentie moi-même que dans ces moments-là.
- 34:04parfois c'est un peu cyclique,
- 34:05ça revient,
- 34:06il y a des périodes où je ne me sens pas bien,
- 34:07où je touche un peu le fond et je me dis c'est que mon corps doit y aller il faut qu'il y ait ce relâchement il faut qu'il y ait une sorte de plénitude là-dedans un peu étrange,
- 34:18un peu vraiment quand on ne l'a pas vécu,
- 34:19on ne sait pas trop de quoi on parle mais ceux qui l'ont vécu se reconnaîtront et là-dedans il faut prendre ce qu'il y a à prendre là-dedans aussi,
- 34:27il y a un truc épais je trouve on est vraiment
- 34:31Dans son centre,
- 34:32c'est se respecter aussi,
- 34:32que de se dire que ça ne va pas et accepter le mal-être.
- 34:37Et après,
- 34:37dès qu'on le sent,
- 34:39il faut prendre la main et la main de qu'on nous tend,
- 34:41ou en tout cas,
- 34:42voir un peu revenir à la surface.
- 34:45En coaching,
- 34:45si je l'explique en quatre phases,
- 34:47parce que c'est assez intéressant et ce que je leur explique,
- 34:48c'est qu'on a une première phase,
- 34:49c'est le modèle Hudson,
- 34:50c'est la phase d'élan,
- 34:51où là,
- 34:51c'est comme quand on rencontre un mec,
- 34:53c'est génial,
- 34:53c'est fabuleux,
- 34:54c'est super,
- 34:55tout est génial.
- 34:56Et après,
- 34:57on a une deuxième phase qui est la phase de déclin.
- 34:59Et donc,
- 34:59cette phase de déclin,
- 35:00c'est finalement,
- 35:01il n'est pas si génial que ça.
- 35:03Il m'emmerde un peu avec ses histoires.
- 35:04Il n'y a pas toujours les mêmes.
- 35:05Enfin,
- 35:05au bout d'un moment,
- 35:06on est un peu en déclin.
- 35:07Et
- 35:0980% des gens se disent,
- 35:11oh,
- 35:11ma grand,
- 35:12une petite transition.
- 35:13Et puis,
- 35:13on part en vacances une semaine.
- 35:15Et oh,
- 35:15c'est génial.
- 35:15En fait,
- 35:16il est super.
- 35:16Mais en fait,
- 35:16non,
- 35:16il fait chier.
- 35:18Et ça,
- 35:18en fait,
- 35:18on reste un peu dans une roue de hamster.
- 35:20Et ce qui se passe quand on peut faire une dépression,
- 35:22surtout une dépression ou quand on rentre dans une phase 3,
- 35:25c'est qu'on descend et c'est une phase de marasme.
- 35:28Et en fait...
- 35:28elle n'est pas assez valorisée cette phase-là,
- 35:30et c'est ce que tu dis très justement,
- 35:31parce que c'est dans ces phases-là où en fait on se rend compte de ce qu'on veut,
- 35:34ce qu'on n'a pas envie,
- 35:35comment on veut imaginer sa vie,
- 35:36quel sens on veut y mettre.
- 35:38Et c'est très agréable,
- 35:39parce que c'est dans ces moments-là qu'on prend des décisions un peu folles.
- 35:41On prend des décisions de quitter son job,
- 35:43de quitter son mec,
- 35:43de quitter sa famille,
- 35:44je ne sais pas,
- 35:45c'est des décisions un peu folles.
- 35:47Mais c'est des décisions qu'on avait envie de prendre.
- 35:50Peut-être qu'on les regrettera ou quoi.
- 35:51Mais je veux dire,
- 35:54quand est-ce que t'as pris dernièrement une forte décision ?
- 35:56On n'arrive plus à prendre des décisions.
- 35:57C'est trop dur de prendre des décisions.
- 35:59Donc on est là,
- 35:59non,
- 35:59on a trop peur de...
- 36:00Mais si je fais ça,
- 36:01nanana...
- 36:01Et prendre des mauvaises décisions,
- 36:04ça fait du bien aussi,
- 36:05quoi.
- 36:05Alors c'est peut-être vindicatif.
- 36:07Elles sont peut-être un peu folles.
- 36:08Elles sont peut-être un peu...
- 36:09Mais quand je dis vraiment,
- 36:11ce moment de la dépression,
- 36:13il est important parce que,
- 36:15déjà,
- 36:16il ne va pas durer toute la vie.
- 36:17Ça,
- 36:17c'est hyper important de le dire.
- 36:18Bien sûr.
- 36:20Encore une fois,
- 36:20sur le moment,
- 36:21il nous semble qu'il va durer toute la vie.
- 36:23Il nous semble que c'est interminable et que ça ne se terminera pas.
- 36:26Et qu'on pense en plus qu'on n'a pas la force,
- 36:29le courage,
- 36:30tout ce qu'on veut pour s'en sortir.
- 36:32Mais il faut attendre.
- 36:34Vraiment,
- 36:34il faut attendre.
- 36:35Il faut prendre ce qu'il y a à prendre dans ces moments-là.
- 36:39Il va y avoir un second souffle et ce second souffle,
- 36:41il sera trop bien.
- 36:43Mais voilà,
- 36:43il faut attendre.
- 36:44Après,
- 36:45il y a la phase 4,
- 36:45qui est la phase de réintégration,
- 36:47de comprendre un peu ce qui s'est passé.
- 36:48Et une fois qu'on a tout réintégré,
- 36:50qu'on est redevenu une nouvelle personne,
- 36:52et après,
- 36:54dans ce modèle,
- 36:55on repart à l'élan.
- 36:56On y repart directement.
- 36:57Je les chéris presque ces moments-là,
- 36:58quand ils me réarrivent encore aujourd'hui,
- 37:01de me dire,
- 37:01bon,
- 37:02là,
- 37:02je ne suis pas bien,
- 37:02je suis dans le dur,
- 37:03ça va durer quelques jours,
- 37:05mais je ne lutte plus.
- 37:07Je les laisse arriver la tristesse,
- 37:12tous ces sentiments qui peuvent être un peu durs dans ces moments-là.
- 37:15Et je me dis,
- 37:18par expérience,
- 37:18il en sortira du bien.
- 37:21Trop bien,
- 37:21mais il faut que je te laisse parce qu'il faut que tu ailles jouer.
- 37:24Et donc,
- 37:24en tout cas,
- 37:24c'était génial.
- 37:25On vous invite à venir au Théâtre Beau Saint-Martin à
- 37:2919h30 tous les mercredis.
- 37:31Et est-ce que je te laisse un petit mot de la fin ?
- 37:33Oui,
- 37:34surtout qu'on a dit des choses très lourdes et très importantes.
- 37:37Mais en tout cas,
- 37:39il faut en rire et c'est ça qu'il faut retenir.
- 37:43En tout cas,
- 37:43moi,
- 37:43je vais aller rire ce soir.
- 37:44Je suis très contente.
- 37:46Bon,
- 37:46moi,
- 37:46je vous dis à la semaine prochaine.
- 37:47Merci beaucoup.
- 37:52Flamme des années 80.
- 37:54Le podcast qui allume la femme.