Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / Le Passage – parler de la mort, de l’amour et de la vie.
Transcript
- 0:03Flamme des années 80.
- 0:05Le podcast qui allume la femme.
- 0:10Bonjour !
- 0:11Alors aujourd'hui c'est une émission un peu spéciale.
- 0:14Donc j'ai invité Anne Fleur que vous connaissez du conte Soleil de Quartz qui présente la météo des flammes toutes les semaines.
- 0:21Et là,
- 0:22comme on est aux alentours du 1er novembre,
- 0:26on s'est dit qu'on avait envie de faire une émission toutes les deux sur la mort.
- 0:30parce que ça fait aussi partie de la vie et je trouve qu'on en parle peu.
- 0:33Donc bonjour Anne-Fleur,
- 0:34merci de partir dans notre aventure commune sur ce sujet très intéressant.
- 0:40Et bonjour Sarah,
- 0:41bonjour tout le monde.
- 0:43Oui,
- 0:43c'est un vrai challenge.
- 0:44Un vrai challenge et puis c'est né d'une histoire commune aussi.
- 0:47On a vécu un peu des choses similaires en peu de temps et on a eu envie de témoigner,
- 0:52je crois.
- 0:54Oui,
- 0:54parce qu'Anne-Fleur a perdu son papa il y a plus longtemps que moi et moi j'ai perdu mon papa il y a quelques mois.
- 1:00même pas un mois et demi,
- 1:01le 15 septembre.
- 1:02Et du coup,
- 1:03Anne-Fleur m'a beaucoup accompagnée dans ce passage.
- 1:07On a vécu des moments assez forts.
- 1:09Et heureusement qu'elle a été là,
- 1:11parce qu'il y a des choses que je ne savais pas et qui m'ont été très précieuses dans ce passage,
- 1:17justement.
- 1:18Et donc,
- 1:18comme avec Anne-Fleur,
- 1:19nous sommes des personnes très généreuses,
- 1:20nous avons envie de partager.
- 1:22Exactement.
- 1:24On a eu envie,
- 1:24en tout cas,
- 1:25on a eu envie...
- 1:26c'est...
- 1:27On ne savait pas qui c'est qui a eu l'idée,
- 1:28mais ensemble,
- 1:28on s'est dit,
- 1:29il faut vraiment en parler.
- 1:30Et on n'a même pas de structure en plus.
- 1:33On y va au feeling.
- 1:35Comme avec Anne-Fleur,
- 1:36on est très créative.
- 1:38Juste après cette émission,
- 1:39on fait un petit spoil,
- 1:40on a mis un petit montage qu'on a mis juste avant,
- 1:42donc on vous met maintenant.
- 1:45On a décidé,
- 1:46Anne-Fleur,
- 1:46qu'est-ce qu'on a décidé ?
- 1:47Raconte notre petite folie.
- 1:50On avait déjà l'envie de créer un programme et en discutant de ça,
- 1:57On a décidé d'ouvrir un questionnaire pour récolter un maximum de témoignages,
- 2:03si des personnes veulent bien témoigner de ce qu'ils ont vécu,
- 2:06du moment où peut-être du diagnostic jusqu'au moment de passage de la personne qu'elles ont accompagnée,
- 2:13qu'ils ou elles ont accompagnée.
- 2:15Donc on a décidé de mettre dans le lien du podcast l'accès à ce questionnaire.
- 2:23On ne sait pas encore exactement la forme.
- 2:25L'accès au questionnaire pour récolter un maximum d'histoires,
- 2:29de témoignages,
- 2:31je ne sais pas si c'était un autre mot.
- 2:32Oui,
- 2:33de partage en fait.
- 2:33Et c'est surtout,
- 2:36comme tu fais les poubelles à crottes et les poubelles à vœux,
- 2:38c'est dans l'idée de vous faire du bien aussi.
- 2:41Et souvent,
- 2:41c'est important d'avoir une oreille parce qu'on ne peut pas forcément avoir des oreilles partout bienveillantes pour écrire des choses ou pour déposer ce que vous avez envie de déposer.
- 2:51Après,
- 2:52évidemment,
- 2:52on ne va pas l'utiliser.
- 2:53Ça restera très personnel.
- 2:55Vous vous inquiétez.
- 2:56C'est anonyme.
- 2:58Anonyme,
- 2:58non,
- 2:58puisque vous mettrez votre nom quand même pour nous l'envoyer.
- 3:00Ou alors,
- 3:00si vous voulez créer une boîte mail spéciale.
- 3:02Mais en tout cas,
- 3:03nous,
- 3:03on ne va pas l'utiliser pour rien.
- 3:05C'est juste pour vous,
- 3:06vous faire du bien.
- 3:07Et puis,
- 3:07pour qu'on ait une notion aussi de ce que vous avez recherché,
- 3:10des manques que vous avez pu avoir à ces moments-là.
- 3:13Et pour au mieux créer notre programme qu'on va mettre tranquillement.
- 3:20qu'on est en gestation.
- 3:23Donc si ça vous intéresse,
- 3:24n'hésitez pas à remplir ce petit questionnaire où on vous met le lien.
- 3:28Et puis voilà,
- 3:30merci beaucoup.
- 3:31Oui,
- 3:31merci à vous.
- 3:32Oui,
- 3:32parce que je pense qu'on avait vraiment besoin de partager ça.
- 3:35Et donc du coup,
- 3:35moi je vais commencer par une question pour toi,
- 3:37Anne-Fleur,
- 3:37par rapport à ce que tu as vécu.
- 3:39Et qu'est-ce que tu aurais aimé savoir sur ce passage de la mort ?
- 3:43Qu'est-ce que tu aurais aimé savoir avant que tu le vives comme tu l'as vécu il n'y a pas si longtemps,
- 3:48il y a quelques mois ?
- 3:49Ça,
- 3:50c'est une bonne question.
- 3:53Mon papa est décédé en avril.
- 3:57Qu'est-ce que j'aurais aimé savoir ?
- 3:58Peut-être que les dernières 24-48 heures sont quand même assez difficiles.
- 4:03Hyper intenses émotionnellement,
- 4:04bien sûr.
- 4:07Alors nous,
- 4:08c'était un contexte particulier parce que mon papa avait un glioblastome.
- 4:13Donc c'est un cancer du cerveau dont le pronostic vital est engagé dès le diagnostic.
- 4:18En fait,
- 4:19il savait qu'il allait mourir,
- 4:21mais il ne savait pas quand.
- 4:22Et donc on a vécu avec une épée de Damoclès,
- 4:24un peu au-dessus de la tête pendant...
- 4:26le temps qu'il lui restait à vivre.
- 4:28Il s'est trouvé qu'il lui restait 4 mois.
- 4:29Donc il y avait peut-être ça aussi,
- 4:30le côté,
- 4:31en fait,
- 4:31il faut kiffer,
- 4:32vraiment kiffer,
- 4:34tous les jours,
- 4:35à partir de ce moment-là.
- 4:36Mais il y a quand même une mention spéciale pour les 24...
- 4:39Je ne sais pas toi,
- 4:40Sarah,
- 4:40comment tu l'as vécu,
- 4:41mais tu vois,
- 4:42ces dernières heures,
- 4:43les 24-48 heures avant le décès,
- 4:47elles sont dures,
- 4:47je trouve.
- 4:48Moi,
- 4:48je trouve qu'elles sont primordiales,
- 4:49mais surtout,
- 4:49je fais juste une petite parenthèse pour les auditeurs et auditrices qui nous écoutent.
- 4:53Nous,
- 4:53on a eu la chance,
- 4:53si on peut dire ça,
- 4:54une chance.
- 4:55En tout cas,
- 4:55moi,
- 4:55je le prends comme une chance.
- 4:56D'être dans des fins de maladie,
- 4:58même si toi,
- 4:59la maladie était rapide,
- 5:00tu étais quand même au courant.
- 5:02Moi,
- 5:02je vais mettre beaucoup de pincettes par rapport à des accidents qui sont très soudains par rapport à la mort.
- 5:06Et à ce moment-là,
- 5:07tu ne peux pas être préparé parce qu'on t'appelle,
- 5:10c'est terminé.
- 5:11Et pour moi,
- 5:11je trouve ça vraiment dramatique.
- 5:13Mais quand on est dans des processus de longue maladie ou alors,
- 5:16comme ton papa,
- 5:17des maladies dégénératives du cerveau ou alors un Alzheimer,
- 5:20des choses qui prennent du temps,
- 5:22entre guillemets.
- 5:23À la fois,
- 5:23moi,
- 5:23j'ai eu la chance de faire un deuil blanc pendant toutes ces années-là.
- 5:27Toi,
- 5:27c'était quand même plus rapide.
- 5:28Donc,
- 5:28l'émission,
- 5:28elle va vraiment être centrée là-dessus,
- 5:30sur les accompagnements de fin de vie quand on sait.
- 5:33Après,
- 5:33quand on ne sait pas,
- 5:34c'est toujours bien d'écouter l'émission parce qu'il y a peut-être des tips ou des choses à avoir.
- 5:38Mais nous,
- 5:38on se concentre vraiment là-dessus parce que c'est là où nous,
- 5:40on peut,
- 5:41entre guillemets,
- 5:43faire quelque chose,
- 5:44donner des conseils ou des choses que nous,
- 5:45on a vécues qui pourraient faciliter ce passage.
- 5:48Oui,
- 5:48on peut témoigner de ce qu'on a vécu,
- 5:49pas de ce qu'on a jamais vécu,
- 5:51en l'occurrence.
- 5:51Mais c'est vrai que...
- 5:55Les morts traumatiques,
- 5:56mais les morts soudaines,
- 5:57c'est difficile de les accompagner puisqu'on ne les prévoit pas.
- 6:00Nous,
- 6:01on le savait,
- 6:02ça nous pendait au nez,
- 6:03comme on dit,
- 6:03on le savait.
- 6:07Et le truc,
- 6:08en plus,
- 6:08c'est que quelques mois avant,
- 6:11j'avais vécu,
- 6:12j'avais pressenti des décès.
- 6:14Ce que je ne fais pas du tout dans mon activité,
- 6:17je ne fais aucun accompagnement des fins,
- 6:20message de défunt,
- 6:20etc.
- 6:21Ce n'est pas quelque chose qui m'attire à la base.
- 6:25Mais en l'été 2024,
- 6:28sans trop savoir comment ni pourquoi,
- 6:30j'ai senti le décès de quelqu'un de la famille.
- 6:35Et je ne comprenais pas pourquoi j'avais vécu ça.
- 6:38Après,
- 6:38j'ai eu,
- 6:40dans mes accompagnements en magnétisme,
- 6:42en chimiothérapie,
- 6:44enfin j'accompagnais en radiothérapie,
- 6:45tu sais,
- 6:45pour couper le feu,
- 6:47j'ai la maman aussi d'une amie.
- 6:49qui a été malade et en fin de vie,
- 6:51je l'ai accompagnée pareil sur ces deux derniers jours.
- 6:54Elle,
- 6:54mon amie et sa maman.
- 6:56Mais je ne savais pas pourquoi ça se réveillait à ce moment-là.
- 6:58Donc,
- 6:58tout est juste.
- 6:59Et puis,
- 7:00en novembre 2024,
- 7:02la mère de mon amie est décédée début novembre.
- 7:05Je me souviens en plus parce que c'était 1er novembre.
- 7:08Tu vois,
- 7:08c'était il y a un an.
- 7:101er novembre,
- 7:11je montais à Paris avec mon père pour me déménager.
- 7:13Il venait avec moi m'aider à déménager.
- 7:15Mais dans le même temps,
- 7:17cette amie perdait sa maman.
- 7:18que j'avais accompagné en chimio.
- 7:22Et en fait,
- 7:23ça a pris du sens après.
- 7:24J'ai accompagné mon propre père parce qu'il a fait de la radio et de la chimio,
- 7:28etc.
- 7:28Lui,
- 7:29il avait l'instinct de survie de fou.
- 7:30Il voulait vivre aussi longtemps que possible.
- 7:34Donc aujourd'hui,
- 7:34effectivement,
- 7:35on témoigne de ce qu'on a vécu,
- 7:36de ce qu'on connaît.
- 7:37Toi,
- 7:37l'accompagnement qui a été beaucoup plus long que moi,
- 7:39parce que moi,
- 7:39ça a été finalement condensé sur quatre mois.
- 7:42Moi,
- 7:42c'était cinq bonnes années.
- 7:45Ouais.
- 7:45C'était cinq bonnes années et puis en fait,
- 7:47la fin,
- 7:48elle arrive vite.
- 7:49En fait,
- 7:49tu vois,
- 7:50c'est ça qui est paradoxal.
- 7:51C'est que même si on accompagne pendant longtemps,
- 7:53des mois ou alors des années,
- 7:54quand c'est fini,
- 7:55on n'est jamais forcément prêt à ce que ce soit fini.
- 7:58Il faut aussi se préparer à ce que les gens peuvent nous dire.
- 8:00C'est un soulagement.
- 8:01Moi,
- 8:03j'avais peur de ça parce que quand j'imaginais que mon père allait partir,
- 8:05j'avais peur qu'on me dise des choses comme ça qui allaient me mettre en colère parce que je n'avais jamais envie qu'il disparaisse.
- 8:10Mais c'est vrai que quand,
- 8:11en fait,
- 8:12moi,
- 8:12je l'ai vraiment ressenti,
- 8:14mais à l'intérieur de mon corps,
- 8:15comme un soulagement,
- 8:15mais mutuel,
- 8:16apaisé de toutes parts,
- 8:19j'étais plus à même,
- 8:21parce que j'étais au bon endroit,
- 8:22d'entendre tout ce que les gens pouvaient me dire.
- 8:23Ça ne me mettait pas du tout en colère,
- 8:24parce que j'étais au bon endroit.
- 8:26Je pense que de réussir à s'apaiser,
- 8:28et donc on va parler surtout de ces 24-48 dernières heures,
- 8:31ce que tu voulais faire à la base,
- 8:33et je trouve qu'elles sont primordiales grâce à toi,
- 8:35parce que
- 8:36Anne-Fleur accompagne maintenant,
- 8:37justement,
- 8:38si vous êtes dans...
- 8:39dans ces moments-là.
- 8:39Et je trouve que c'est hyper important d'avoir une personne extérieure qui peut accompagner à la fois énergétiquement et à la fois psychologiquement pour ces moments qui ne sont pas faciles parce que c'est les derniers moments de vie.
- 8:50Donc dans les 24 à 48 heures,
- 8:51après,
- 8:52on pense qu'on peut encore communiquer,
- 8:53mais c'est différent.
- 8:54Là,
- 8:54on a vraiment encore le corps qui est là et avec qui on peut vraiment toucher,
- 8:57dire tout.
- 8:58Du coup,
- 8:59est-ce que tu veux expliquer les étapes de ce que tu m'as transmis à ce moment-là et comment est-ce que tu m'as accompagnée et comment tu pourrais accompagner les gens qui vivent des moments hyper difficiles ?
- 9:08En réalité,
- 9:11c'est plutôt toi.
- 9:13Je ne sais pas si tu es OK,
- 9:15mais de reparler du contexte.
- 9:17On venait juste d'enregistrer le podcast pour la météo,
- 9:21je ne sais plus laquelle.
- 9:22Et en fait,
- 9:22c'est à la sortie où toi,
- 9:24tu as un message assez soudain disant qu'il faut que tu descendes.
- 9:28Et le lendemain,
- 9:28on était toutes les deux dans le train.
- 9:29Moi,
- 9:29je remontais à Paris,
- 9:30toi,
- 9:30tu descendais.
- 9:33Et en fait,
- 9:33en discutant avec toi,
- 9:34tu m'as raconté la situation,
- 9:36l'état de la situation,
- 9:37l'état de ton papa,
- 9:38etc.
- 9:39Et l'état de la situation.
- 9:41Et à ce moment-là,
- 9:41c'est ce que je t'ai dit.
- 9:43J'étais dans le train,
- 9:44donc physiquement,
- 9:45j'étais avec mon fils.
- 9:46On était en plus en train de bosser,
- 9:47je ne sais plus ce que c'était comme leçon,
- 9:48bref.
- 9:49Mais mentalement,
- 9:50je n'étais pas dans le train.
- 9:52Je t'écoutais,
- 9:54je te lisais.
- 9:55Mais je me voyais aussi,
- 9:56je visualisais la chambre où était ton papa,
- 9:58assise à côté de lui,
- 9:59parce qu'en plus,
- 10:00il était seul,
- 10:00je crois,
- 10:00à ce moment-là.
- 10:01Je l'ai senti très angoissé.
- 10:03Donc,
- 10:03j'ai eu vraiment à cœur,
- 10:04tu vois,
- 10:05j'ai eu...
- 10:06C'est très bizarre de parler de ça parce que ce n'est pas du tout quelque chose que j'ai l'habitude de faire.
- 10:10En plus,
- 10:12je ne fais pas ce genre de...
- 10:13Tu vois,
- 10:13je ne visualise pas souvent.
- 10:15C'était la première fois que je vivais cette expérience où je me suis assise à côté de ton père.
- 10:19Donc,
- 10:19mentalement,
- 10:20j'avais les images dans la tête.
- 10:20Je m'asseyais à côté de ton père.
- 10:22Je lui parlais en lui tenant la main et je t'ai même dit,
- 10:24il a la peau très douce.
- 10:26Je crois que je t'ai dit quelque chose comme ça.
- 10:28Il a la peau très douce et je sentais.
- 10:30Et dès lors que j'ai posé ma main sur la sienne,
- 10:32il était plus calme.
- 10:35Parce que toi,
- 10:36tu n'arrivais que dans l'après-midi,
- 10:37tu avais un autre âge à faire.
- 10:38Tu n'arrivais que dans l'après-midi.
- 10:40Et on a échangé comme ça.
- 10:41Tu m'as donné le prénom de ta maman,
- 10:42de ta sœur.
- 10:43J'ai pu du coup lui parler.
- 10:44Et donc là,
- 10:45je me suis sentie...
- 10:47enfin tu vois j'étais avec lui en train de l'accompagner j'étais à deux endroits en même temps en réalité et puis
- 10:51Et d'ailleurs,
- 10:52j'ai foncièrement passé le week-end à plusieurs endroits.
- 10:54Parce que je remontais à Paris,
- 10:56mais j'étais avec toi là-bas.
- 10:58J'étais avec ton père dans sa chambre.
- 11:00Enfin,
- 11:00j'arrivais à sentir en tout cas.
- 11:02Donc,
- 11:02c'était assez particulier à ce moment-là.
- 11:05J'ai été d'ailleurs très contente de le faire,
- 11:06mais en même temps,
- 11:07hyper surprise de ce qui se passait parce que tu me racontais la situation.
- 11:14Et on ne savait pas,
- 11:15toi et moi,
- 11:15à ce moment-là,
- 11:16qu'il restait peu de temps.
- 11:18Oui,
- 11:18on se doutait que c'était vers la fin,
- 11:19mais c'est ça qui est intéressant,
- 11:20c'est surtout,
- 11:21n'hésitez pas à demander à un moment donné,
- 11:22avec justement Anne-Fleur qui est assez…
- 11:25parce que ça rassure vachement,
- 11:26à la fois moi ça me rassurait,
- 11:27et puis je sentais que mon père ça l'apaisait,
- 11:29et je pense que c'est des moments où c'est des moments de passage où on voit vraiment le corps qui va disparaître,
- 11:36c'est des choses où on n'est pas prêt,
- 11:37c'est complètement irréel,
- 11:37je ne sais pas comment tu as vécu toi quand ton père est décédé,
- 11:40mais ce fait de,
- 11:40en fait,
- 11:41tu as une personne et puis qu'elle soit malade ou pas,
- 11:42puis après elle n'existe plus et puis tu ne la verras plus jamais,
- 11:45et ça on en parle très peu je trouve dans la vie.
- 11:48Non,
- 11:48on n'en parle pas.
- 11:50Je vais revenir parce qu'il y a beaucoup de choses que tu as dit dans un message.
- 11:52Mais tu vois,
- 11:52parce que le samedi,
- 11:53on ne le savait pas.
- 11:53Je me souviens d'avoir dit ça passe ou ça casse.
- 11:56C'était vraiment la phrase que je...
- 11:57Je ne t'ai pas dit le samedi,
- 11:59c'est fini.
- 11:59C'est le dimanche que je te l'ai dit.
- 12:01Mais le samedi,
- 12:02moi,
- 12:02j'avais cette information de ça passe ou ça casse.
- 12:04Et c'est ce que je t'ai toujours dit.
- 12:05Je transmets les messages que j'ai.
- 12:07je ne prédis pas la date de la mort parce que ce n'est pas un truc que j'ai envie de faire mais j'ai cette capacité à sentir quand c'est les derniers instants
- 12:15Et le dimanche,
- 12:16quand tu m'as envoyé cet enregistrement,
- 12:17je t'ai dit,
- 12:17c'est pour moi,
- 12:18et en plus je l'avais senti.
- 12:20Le dimanche,
- 12:20quand j'ai essayé de me connecter à ton...
- 12:22parce que je l'ai accompagné à différents moments,
- 12:23je me souviens le samedi soir avant de me coucher vers minuit,
- 12:25pareil,
- 12:28j'ai essayé d'apaiser ces angoisses à distance.
- 12:31Le dimanche,
- 12:31tu m'as envoyé ce message où j'ai entendu sa respiration.
- 12:35Ça,
- 12:35c'est un truc qui me marquera toujours,
- 12:38ça me met encore les poils,
- 12:38parce que j'ai entendu mon père,
- 12:40parce qu'il y a dix ans,
- 12:40j'ai accompagné mon beau-père.
- 12:43Cette respiration.
- 12:44tu sais juste avant je ne sais pas si on peut dire les termes mais juste avant que la personne décède elle est hyper particulière je la reconnaîtrais parmi mille autres et quand tu me l'as envoyé j'ai eu les poils tu vois et je te l'ai dit et je me souviens que tu m'as répondu ouais l'infirmière nous a dit que c'était normal à cause de sa de
- 13:03son infection mais moi je savais je te l'ai dit il est à moitié déjà parti je le sentais je le savais et donc du coup je t'ai laissé l'espace de vivre ce que tu avais à vivre.
- 13:11Ça,
- 13:11c'est vachement intéressant pour les gens,
- 13:12justement,
- 13:13de cette respiration.
- 13:14De toute façon,
- 13:15les gens qui nous écoutent et qui ont déjà entendu celle-là,
- 13:17ça ne peut pas être à nous.
- 13:20Donc,
- 13:20cette respiration-là,
- 13:21je ne sais pas comment on pourrait la définir,
- 13:22mais c'est vraiment une respiration extrêmement forte qui est proche d'un ronflement.
- 13:27Parce que moi,
- 13:27on me disait,
- 13:27maintenant,
- 13:27il ronfle,
- 13:28mais moi,
- 13:28je voyais bien qu'il ne ronflait pas.
- 13:29Et en fait,
- 13:31à la fois,
- 13:31le corps est bien fait.
- 13:32Encore une fois,
- 13:33dans tous les moments,
- 13:33vous avez la chance,
- 13:34parce que moi,
- 13:35je trouve que ça a une chance de pouvoir accompagner,
- 13:37justement les gens qui s'en vont.
- 13:39C'est un moment où,
- 13:40à ce moment-là,
- 13:40il faut quand même pouvoir dire tous les conseils que tu m'as donnés,
- 13:44dire tout ce que tu veux dire.
- 13:46C'est le samedi soir,
- 13:47on a échangé,
- 13:48j'ai pris le temps de t'appeler.
- 13:50En fait,
- 13:50toi,
- 13:50tu as surtout pris le temps de discuter avec moi au téléphone,
- 13:53parce que tu étais hyper sollicitée.
- 13:55Et je t'ai dit,
- 13:56Sarah,
- 13:56c'est le moment.
- 13:57C'est le moment que vous lui disiez ce que vous avez à lui dire.
- 13:59C'est le moment que...
- 14:00Enfin,
- 14:01voilà,
- 14:02je ne sais plus exactement les mots que j'ai employés,
- 14:04mais je t'ai dit,
- 14:04Sarah,
- 14:04il faut lui parler.
- 14:05Dis-lui tout ce que tu as à lui dire.
- 14:08pour préparer parce que vraiment,
- 14:10j'avais la sensation que ça passait ou que ça cassait.
- 14:12J'étais...
- 14:14C'est difficile d'être certaine.
- 14:15Mais c'est le dimanche.
- 14:16Quand tu es arrivé à l'hôpital et que tu m'as dit « il est très angoissé » ,
- 14:18je t'ai dit
- 14:20« envoie-moi un enregistrement de la respiration » .
- 14:22Je la reconnaîtrai parmi des milliards d'autres respirations.
- 14:26Et je savais que c'était à ce moment-là que c'était la fin.
- 14:28Tu étais sur la dernière ligne droite.
- 14:31Et à la fois,
- 14:31tu étais prête à l'entendre et à la fois,
- 14:33tu n'étais pas prête à l'entendre.
- 14:34Il y avait cette dualité,
- 14:35parce que tu me l'as toujours dit « dis-moi les choses » .
- 14:39C'est pour ça qu'accompagner,
- 14:40oui,
- 14:41sur les 24-40,
- 14:44mais il faut quand même être conscient qu'il faut être prêt à entendre que c'est la fin parce que toi tu le savais et pour autant il y a eu ce truc de je le sais sans le savoir et moi quand j'ai accompagné mon père et qu'on était à la fin,
- 14:55alors ça a été particulier parce que j'ai dû un peu me battre pour que mon père soit apaisé,
- 14:58il y a aussi ça les personnes qui partent elles sont souvent très angoissées et elles ont besoin d'être apaisées avec des médicaments,
- 15:07et il a fallu que je me batte pour qu'il en ait parce qu'il en avait pas
- 15:11et mon père en plus ce qui est vraiment particulier c'est que tout s'est fait très vite il marchait il était debout parce qu'on meurt en bonne santé du glioblastome il faut le savoir donc corporellement tout va très bien c'est le cerveau qui dysfonctionne et mon père on l'avait mis au lit le dimanche à
- 15:2717h parce qu'il avait passé 24 enfin un week-end difficile assis au bord de son lit à divaguer et donc on l'a allongé à 4 à 17h le dimanche soir et ça a été je ne savais pas mais c'était la dernière fois que je l'allongeais
- 15:44Et le lundi matin,
- 15:45on a eu l'appel.
- 15:47Et ça,
- 15:47c'est vrai que c'est quand même la chance qu'on peut avoir dans ces moments-là.
- 15:51Moi,
- 15:51de mon témoignage,
- 15:52c'est d'avoir eu de la chance qu'on nous appelle.
- 15:54Parce qu'en fait,
- 15:55dans ces moments-là,
- 15:55il ne faut pas avoir forcément peur d'aller jusqu'au bout de l'accompagnement.
- 15:59C'est-à-dire que moi,
- 15:59quand on nous appelait,
- 16:00c'était 23h.
- 16:01on est parti,
- 16:01on est retourné à la clinique alors qu'on y avait passé tout le dimanche et on l'a veillé de 23h30 à 6h du matin
- 16:07Il y a plein de moments où on nous a dit,
- 16:08alors on a eu encore une fois énormément de chance,
- 16:11parce que les médicaments,
- 16:12les docteurs sont extrêmement bien formés aussi pour l'accompagnement,
- 16:15pour apaiser les souffrances.
- 16:17Et voilà,
- 16:17nous on ne voulait pas d'acharnement thérapeutique parce qu'on n'a pas été malade depuis longtemps.
- 16:22Et du coup,
- 16:23c'est vrai que ce moment-là,
- 16:24où déjà on formule qu'on ne veut pas,
- 16:26justement qu'on a envie que ça s'arrête,
- 16:29mais c'est aussi quelque chose qui peut être aussi très beau et très apaisé dans ces fins de vie-là,
- 16:34d'avoir justement...
- 16:36Le courage et en même temps,
- 16:37je trouve que c'est encore plus dur d'imaginer comment il est parti parce qu'on reste avec des zones d'ombre qu'on n'aura jamais.
- 16:42Et là,
- 16:42la chance que moi j'ai,
- 16:43c'est de pouvoir être allée jusqu'au bout.
- 16:44Après,
- 16:44c'est un peu long,
- 16:46mais en même temps,
- 16:46on a eu le chance de tout dire,
- 16:47de partager des moments,
- 16:48de rire.
- 16:49On a eu des fourris.
- 16:50On a été vraiment en famille et avec beaucoup d'amour jusqu'au bout.
- 16:53Et moi,
- 16:53je sais que dans mon deuil aujourd'hui,
- 16:55même si je suis profondément triste,
- 16:57ça m'aide énormément.
- 16:58et je pense que j'avais vraiment envie de faire cette émission parce qu'avec ma mère et ma soeur,
- 17:02à un moment donné,
- 17:02ça faisait déjà 4 ou 5 heures.
- 17:03qu'on le veillait,
- 17:04toujours avec cette respiration qui n'est pas très agréable.
- 17:07Et je leur ai dit,
- 17:07mais quand il va mourir,
- 17:09il va se passer quoi ?
- 17:12Je leur ai demandé,
- 17:12en fait,
- 17:12elles n'avaient jamais vu personne mourir non plus,
- 17:14même ma mère qui est quand même plus âgée.
- 17:16Et du coup,
- 17:17ma mère m'a dit,
- 17:17je ne sais pas,
- 17:18la tête va tomber.
- 17:19On imaginait peut-être qu'il allait y avoir des secousses,
- 17:21qu'il allait se passer un truc improbable.
- 17:22En fait,
- 17:24spoiler,
- 17:24il ne se passe rien.
- 17:25C'est juste que c'est très doux.
- 17:27Et que du coup,
- 17:28ça peut être très doux,
- 17:30surtout quand on a la chance.
- 17:31Ça aussi,
- 17:32c'est des idées reçues que moi j'avais.
- 17:33C'est vachement bien de mourir chez soi et tout.
- 17:35Je pense que quand on est malade,
- 17:36mourir à l'hôpital avec des médecins qui apaisent les souffrances et dont le corps ne souffre pas,
- 17:41je trouve que c'est vachement agréable.
- 17:42Ce qui est important,
- 17:43c'est de mourir aussi avec beaucoup d'amour et accompagné.
- 17:46Si vous avez la chance de pouvoir le faire,
- 17:47encore une fois.
- 17:48Et du coup,
- 17:50parce que ça n'arrive pas toujours et que nous,
- 17:51on a eu de la chance dans tout ce qui s'est passé.
- 17:53et c'est vrai que quand on a le choix je trouve que c'est vachement
- 17:57vachement jolie et que la mort,
- 17:59pour moi,
- 17:59ça a été un moment incroyable qu'on a tous partagé.
- 18:01Alors moi,
- 18:01je suis plus spirituelle que certains membres de ma famille,
- 18:03mais on a tous eu la même sensation de délivrance et d'apaisement.
- 18:09Parce qu'on avait à la fois,
- 18:10nous,
- 18:10on était apaisés et lui,
- 18:11on sentait qu'il était apaisé et c'était un super joli moment.
- 18:14Alors,
- 18:14je n'aurais jamais imaginé parler de la mort comme ça avant que mon père meure,
- 18:20d'ailleurs,
- 18:20parce que ça ne m'était jamais arrivé.
- 18:22Et du coup,
- 18:22c'est aussi pour ça que j'avais envie de faire cette émission.
- 18:25Pour plein de moments où des fois les gens sortent avant qu'ils s'en aillent parce qu'ils pensent que ça va être trop dur.
- 18:28Et alors qu'en fait,
- 18:29au final,
- 18:30ça peut être beau.
- 18:31Et ça peut être,
- 18:32je pense que c'est important maintenant de le faire rentrer aussi dans les mœurs parce que tout le monde va mourir.
- 18:36On va devoir se confronter à la mort encore plein de fois dans notre vie si on vit le plus longtemps possible.
- 18:40Et je trouve que c'est important d'en parler en fait.
- 18:43Parce que c'est vrai que moi,
- 18:44si j'avais eu,
- 18:45après chaque mort est différente comme chaque naissance.
- 18:47Mais moi,
- 18:47j'ai vraiment pris ça aussi comme un accouchement.
- 18:50J'imaginais mon père accoucher de sa mort en fait pendant ces heures-là.
- 18:55Et bizarrement,
- 18:56je me faisais plein de choses dans ma tête.
- 18:59Je me disais,
- 18:59là,
- 18:59c'est fou.
- 19:00Et pour moi,
- 19:01je le sens encore.
- 19:02Il est encore vraiment là.
- 19:03Et j'ai ces croyances-là qui m'aident peut-être.
- 19:05Ça dépend des croyances de chacun.
- 19:06mais donc voilà,
- 19:08moi,
- 19:08à la différence de toi,
- 19:09Anne-Claire,
- 19:09j'ai eu la chance.
- 19:11pouvoir aller au bout.
- 19:12Et je trouve que,
- 19:12je ne sais pas de ton expérience,
- 19:13mais c'est vrai que le coup de téléphone et la chose,
- 19:15elle est glaçante,
- 19:16en fait.
- 19:16Et il y a un moment où peut-être il y a des zones d'ombre dans lesquelles tu n'étais pas là,
- 19:19où je ne sais pas ce que tu penses de ce moment-là,
- 19:22en fait,
- 19:22qui est assez particulier.
- 19:25Quand la personne décède,
- 19:26quand elle a respiré,
- 19:27du coup,
- 19:28nous,
- 19:29nous,
- 19:31on n'imaginait pas,
- 19:34ça s'est fait comme ça.
- 19:35Ma mère voulait rester avec lui,
- 19:36donc c'est ma mère qui restait avec lui.
- 19:38Après,
- 19:38il y a juste une petite aparté que je vais apporter.
- 19:40C'est que ça arrive aussi que les personnes qui meurent s'arrêtent de respirer quand il n'y a plus personne.
- 19:47Et c'est ce qui s'est passé pour mon père.
- 19:48Ma mère a veillé sur lui toute la nuit.
- 19:50Et à 7h30,
- 19:51elle lui a dit écoute,
- 19:52je vais faire pipi.
- 19:53Pour tout te dire,
- 19:54tu vois.
- 19:54Et elle lui a dit,
- 19:55je te mets...
- 19:56Il avait une musique que je ne peux plus écouter aujourd'hui.
- 20:00Elle lui dit,
- 20:00je te mets ta musique préférée.
- 20:01Elle a mis la musique,
- 20:02elle est partie faire pipi.
- 20:03Elle est revenue,
- 20:03il avait arrêté de respirer.
- 20:05Donc il y a des gens qui partent en présence de leur famille et d'autres qui partent en plus en intimité.
- 20:11On nous avait prévenu de ça avant.
- 20:15Nous,
- 20:15on a eu les soins palliatifs qui nous ont accompagnés.
- 20:18On a été pris en charge à domicile.
- 20:20Pareil pour l'histoire,
- 20:21mon père voulait mourir à domicile au départ.
- 20:23Lui,
- 20:24il préférait mourir à domicile parce qu'il avait envie.
- 20:27Mais en fait,
- 20:28en discutant entre nous dans la famille et un peu avec les soins palliatifs,
- 20:33Je me souviens,
- 20:33je crois que c'est ma sœur qui nous a fait la réflexion.
- 20:39Mourir à domicile,
- 20:40tu ne retournes plus dans la pièce avant des mois et des mois après.
- 20:42Si mon père mourait dans sa chambre,
- 20:44ma mère n'aurait jamais pu dormir à cet endroit-là après.
- 20:48Et du coup,
- 20:49il a réajusté sa vision des choses et on a décidé de mourir à l'hôpital.
- 20:55Mais ça,
- 20:55c'est pareil.
- 20:56Il faut être au courant que mourir à l'hôpital,
- 20:58ça ne veut pas dire être les six derniers mois à l'hôpital.
- 21:01Ça veut dire que tu...
- 21:02et chez toi en hospitalisation à domicile,
- 21:04ou alors tu as une place en EHPAD,
- 21:05comme nous on a fait à la fin,
- 21:07l'hôpital nous a demandé de récupérer mon père,
- 21:11parce que pour lui,
- 21:12il lui restait encore 2-3 mois à vivre,
- 21:15et il l'aurait récupéré 24-48 heures avant le décès,
- 21:19c'est-à-dire au moment de cette fameuse respiration.
- 21:23Et quand on a compris que l'hôpital récupère les personnes à ce moment-là,
- 21:27on s'est dit,
- 21:27mais c'est horrible de faire ça pour la personne.
- 21:31qui est en train de mourir,
- 21:32elle a mal partout,
- 21:33enfin mon père avait mal partout,
- 21:35elle est dans le coma,
- 21:36elle respire mal,
- 21:37et on les transporte pour les emmener mourir à l'hôpital.
- 21:40Mais c'est horrible de faire ça.
- 21:42Et donc on a pris la décision,
- 21:45étant donné qu'il avait une maladie dégénérative du cerveau,
- 21:47il déambulait,
- 21:48il se cassait la figure,
- 21:48etc.
- 21:49On a cherché un EHPAD,
- 21:50et comme la vie est bien faite,
- 21:52on a été guidés,
- 21:53on lui a trouvé une place dans un EHPAD extraordinaire avec des gens hyper bienveillants,
- 21:59qui s'en sont occupés
- 22:01d'une manière incroyable pendant une semaine.
- 22:03Ils ont tout mis en place.
- 22:04Ils ne savaient pas combien de temps mon père resterait,
- 22:06mais ils ont tout mis en place et on pouvait venir quand on voulait,
- 22:09jour et nuit.
- 22:10Et mon père pouvait déambuler comme il voulait.
- 22:13Il n'était pas contraint à rester au lit,
- 22:15ce qui fait qu'il y avait moins de chutes.
- 22:17Et je me souviens aussi,
- 22:18il y a une aide-soignante qui m'a dit,
- 22:20quand il est décédé,
- 22:21on a trouvé que c'était beaucoup,
- 22:22parce que c'est vrai qu'on a toujours été une famille très soudée.
- 22:25Donc,
- 22:26il y avait tout le temps du monde auprès de mon père.
- 22:29Et pour eux,
- 22:29c'était beaucoup trop.
- 22:31parce qu'ils n'ont pas l'habitude de voir autant de personnes de la famille venir.
- 22:36Et à la fin,
- 22:36elle nous a dit,
- 22:37mais en fait,
- 22:37on a compris après.
- 22:38C'est parce que vous ne saviez pas combien de temps il restait et qu'il était difficile à gérer parce qu'il perdait,
- 22:44cognitivement,
- 22:45il était atteint.
- 22:46Et puis,
- 22:47comme on lui a dit,
- 22:48nous,
- 22:48ça s'est fait en quatre mois.
- 22:49Il a fallu qu'on accuse le coup,
- 22:51qu'on accepte le diagnostic et qu'on accepte qu'il parte.
- 22:55Et comme tu le dis,
- 22:56en fait,
- 22:56tu ne le sers plus jamais.
- 22:57Après,
- 22:58dans tes bras,
- 22:58le corps physique disparaît.
- 23:00Je me souviens,
- 23:01moi,
- 23:01je m'étais dit,
- 23:02il est parti en voyage.
- 23:03Au début,
- 23:03c'était moins compliqué pour moi de me dire qu'il partait en voyage,
- 23:05parce que mon père a toujours voyagé beaucoup.
- 23:07Bon,
- 23:07là,
- 23:08après,
- 23:08il y a un moment donné où la réalité te rattrape un peu en disant,
- 23:11en fait,
- 23:12il est parti un petit peu plus longtemps qu'en voyage.
- 23:14Voilà.
- 23:14Oui,
- 23:15puis c'est joli.
- 23:15Puis de toute façon,
- 23:16on se raconte tous des choses dans le deuil.
- 23:18Il y a plusieurs étapes du deuil.
- 23:19Et je pense qu'il y a un deuil déjà,
- 23:21quand il y a plusieurs deuils,
- 23:22il y a un deuil d'accident,
- 23:23il y a les deuils des...
- 23:24Moi,
- 23:24je sais qu'avec ma maman,
- 23:25on a beaucoup pensé à un moment donné,
- 23:26quand on l'accompagnait,
- 23:27en se disant,
- 23:27mon Dieu,
- 23:28imagine que ce soit un enfant.
- 23:29Alors là,
- 23:30du coup,
- 23:31tout de suite,
- 23:31la capacité de l'être humain est de toujours voir le pire.
- 23:34Et au final,
- 23:35on se contente de ce qu'on a et on se dit,
- 23:40c'est vachement bien,
- 23:41on a de la chance.
- 23:42Parce qu'on imagine toujours le pire que des gens auraient pu vivre.
- 23:45Et je pense qu'à chaque fois que les gens imaginent le pire,
- 23:46ils imaginent encore pire.
- 23:47Donc,
- 23:47il y a une échelle comme ça de dureté où l'humain,
- 23:51avec son instinct de survie,
- 23:52va toujours dire qu'en fait,
- 23:53il n'est pas si mal et on s'adapte beaucoup.
- 23:57Même cette respiration,
- 23:58c'est vachement adapté.
- 23:59Alors qu'au début,
- 24:00en rentrant,
- 24:00j'étais incapable de rentrer dans la pièce.
- 24:02Et puis au final,
- 24:02j'ai passé six heures dans cette pièce.
- 24:04Et puis on s'adapte en fait.
- 24:06Et on fait avec ce qu'on a et on transforme.
- 24:09Et voilà,
- 24:09moi j'aime bien l'alchimie de tout ça pour le transformer en quelque chose de positif.
- 24:16En ce passage où,
- 24:17en fait,
- 24:18on est toujours très surpris de la mort ou ça nous dévaste,
- 24:22mais en fait,
- 24:23on est nés sur Terre pour rester et pour partir à un moment donné.
- 24:25Et dans notre culture occidentale,
- 24:28ça n'existe pas,
- 24:29en fait.
- 24:29On n'en parle pas.
- 24:30Cette émission,
- 24:31je ne sais pas s'il y a encore des gens qui nous écoutent après
- 24:3320 minutes,
- 24:34parce que peut-être que tout le monde est parti,
- 24:35parce que c'est trop dur et qu'on ne veut pas le voir et on se met des œillères.
- 24:38Mais c'est pas grave,
- 24:38on aura fait notre émission pour nous.
- 24:40mais ce que je veux dire c'est que c'est et qu'au contraire de pouvoir
- 24:44l'affronter et l'accepter.
- 24:45Toi,
- 24:45tu as accepté en 4 mois,
- 24:47ce qui est quand même fou.
- 24:47Moi,
- 24:47j'ai mis du temps,
- 24:48j'ai eu 5 ans pour accepter la maladie,
- 24:50accepter que mon père,
- 24:51à la fin,
- 24:51il ne savait pas trop qui j'étais,
- 24:52mais il savait toujours qui j'étais quand même.
- 24:54Il y avait toujours ce lien qui existait.
- 24:56Ça,
- 24:56c'est aussi tout ce qui est maladie dégénérative et d'Alzheimer.
- 25:00On dirait,
- 25:01mon Dieu,
- 25:01il ne te reconnaît plus,
- 25:02mais c'est dramatique.
- 25:02Et en fait,
- 25:03moi,
- 25:03je ne le voyais pas comme ça,
- 25:04parce que moi,
- 25:05le lien avec mon père,
- 25:05il était toujours là.
- 25:12Mais pas forcément...
- 25:15Parce que tu as su y mettre de la légèreté.
- 25:18Après,
- 25:18pour tout le monde,
- 25:19on n'a pas tous les mêmes capacités d'adaptation et on ne développe pas tous les mêmes stratégies.
- 25:24On a mis beaucoup d'humour dans le cancer de mon père parce que ça l'exaspérait quand il était encore conscient qu'il faisait des bourdes.
- 25:30On avait surnommé son cancer Roger.
- 25:35Je lui avais donné le nom de Roger.
- 25:36Après,
- 25:36c'est pareil,
- 25:37il avait un déambulateur qu'on appelait Marcel.
- 25:39Les cannes,
- 25:39c'était Cunégonde.
- 25:40Et on dédramatisait comme ça.
- 25:42parce qu'on y a mis,
- 25:43toi et moi,
- 25:44on a cette capacité à s'adapter de la même façon qu'on voulait aller jusqu'au bout de l'accompagnement.
- 25:50Et c'est hyper important.
- 25:52Et je suis sortie de cette expérience en me disant mais on ne s'est pas préparé les gens à ça en France.
- 25:57Parce que même mes parents,
- 25:59c'était compliqué.
- 26:00Au début,
- 26:00ça a été compliqué de parler des vrais sujets.
- 26:03Nous,
- 26:03on n'a eu que quatre mois finalement pour le préparer.
- 26:06Et un jour,
- 26:06je me souviens avoir dit à mon père attends,
- 26:08tu prépares un mariage pendant deux ans.
- 26:10Tu prépares ta retraite pendant deux ans.
- 26:12Mais ton départ de cette vie-ci,
- 26:14tu ne le prépares jamais.
- 26:16C'est tabou,
- 26:17on ne peut pas en parler,
- 26:18on ne peut rien faire.
- 26:19Je lui ai dit,
- 26:19je comprends bien que ce soit difficile.
- 26:21Et si tu me dis,
- 26:22je ne veux pas.
- 26:23Mais en réalité,
- 26:23il faut le préparer pour toi,
- 26:25pour nous,
- 26:25pour tout le monde.
- 26:25Ça se prépare aussi un passage comme ça.
- 26:27C'est un moment de passage.
- 26:29Et là,
- 26:30mon père m'a dit,
- 26:30c'est vrai,
- 26:30tu as raison.
- 26:31En fait,
- 26:31il faut que je le vois comme ça.
- 26:33Je vais me faire coacher pour passer.
- 26:37Et donc,
- 26:37du coup,
- 26:37là,
- 26:37on a pu dénouer des langues.
- 26:39Mais ce n'est pas facile.
- 26:40c'est hyper tabou hein
- 26:42En tout cas en France,
- 26:42je ne sais pas ailleurs dans le monde,
- 26:43mais en France c'est hyper tabou,
- 26:45même le milieu médical n'en parle pas.
- 26:47Tu vois,
- 26:48personne ne m'a dit,
- 26:51dans les 24-48 dernières heures,
- 26:53ton père va respirer avec un truc qui va être hyper oppressant,
- 26:56va falloir être solide pour rentrer dans cette chambre et l'accompagner.
- 26:59Parce qu'en réalité,
- 27:00c'est un peu,
- 27:01je ne sais pas si c'est notre rôle,
- 27:02je ne sais pas comment toi tu l'as vécu,
- 27:04mais je me disais,
- 27:05il faut que je sois à côté de lui.
- 27:07Donc apprends à gérer cette respiration hyper oppressante.
- 27:11Je pense que moi,
- 27:12c'est-à-dire que comme ma mère ne voulait pas partir et qu'elle a une force incroyable et qu'elle voulait vraiment l'accompagner et que moi,
- 27:16je ne me sentais pas du tout de laisser ma mère,
- 27:18il y a eu un espèce de truc qui s'est fait d'adaptation et d'ensemble,
- 27:23en fait,
- 27:23de bloc.
- 27:24Et c'est vrai que le fait de,
- 27:25moi,
- 27:25je dis,
- 27:26on a regardé la mort pendant six heures dans les yeux et c'est vrai.
- 27:29Et en fait,
- 27:29ça,
- 27:30moi,
- 27:31c'est un cadeau que mon père m'a fait en partant parce qu'avec la force maintenant que ça m'a donné et surtout ce...
- 27:38cette zone d'ombre que j'ai éclairée avec de la lumière et de l'amour,
- 27:42maintenant je me sens beaucoup plus capable.
- 27:44Alors je ne dis pas,
- 27:45si demain il ne se passe rien,
- 27:47d'ailleurs même pas le formuler,
- 27:48parce que je pense que j'aurais du mal à me relever d'autres choses,
- 27:52comme on a dit,
- 27:53mais là,
- 27:54dans tout ce qui était créé en restant que sur mon père,
- 27:57toute cette bulle des 5 ans et même ces 5 ans de maladie,
- 27:59je les remercie,
- 27:59parce que s'il était parti en
- 28:024 mois comme toi,
- 28:02vu que ce n'est pas mon histoire,
- 28:04je me dis,
- 28:04waouh,
- 28:04ça a l'air assez difficile,
- 28:06alors que nous,
- 28:07on a eu le temps.
- 28:08temps,
- 28:10tout a été très doux.
- 28:11Alors qu'en fait,
- 28:12quand on raconte notre histoire à des gens ou quand ils ont vu notre accompagnement,
- 28:15ils trouvent ça hyper violent,
- 28:17hyper difficile.
- 28:18Mais je pense que,
- 28:19comme tu le disais,
- 28:19on n'a pas tous les mêmes capacités,
- 28:21mais je pense que,
- 28:21je ne suis pas complètement d'accord,
- 28:23je pense qu'on les a et qu'il faut justement aller les travailler,
- 28:27les traverser et qu'on est tous capables de le faire.
- 28:31C'est comme je lisais un livre hier de Fabrice Midel sur le roseau et le...
- 28:35Il y avait une métaphore entre le roseau et le chêne.
- 28:37Et en fait,
- 28:39des fois,
- 28:39on pense qu'on est solide et puis des fois,
- 28:40on pense qu'on ne sera pas capable.
- 28:42Et quand on vit des choses qui sont dramatiques ou qui sont vraiment extrêmement difficiles,
- 28:48on arrive à s'adapter.
- 28:49Et en fait,
- 28:50on ne rompt pas.
- 28:50Et au contraire,
- 28:51et à la fin,
- 28:51on devient encore plus fort de cette expérience.
- 28:55Et je trouve que c'est très riche,
- 28:56en fait,
- 28:57d'aller au bout de ça.
- 28:58En tout cas,
- 28:59pour le coup,
- 28:59c'est un cadeau.
- 29:00Alors,
- 29:00j'aurais préféré qu'ils ne soient jamais malades et qu'ils soient encore là en pleine forme et qu'ils soient un peu relous.
- 29:04Ça m'aurait fait plus plaisir.
- 29:06En général,
- 29:08accepter ce qui se passe et accepter des diagnostics qui ne sont vraiment pas faciles.
- 29:13Après,
- 29:13encore une fois,
- 29:14mon père,
- 29:14il avait 72 ans.
- 29:17C'est une belle vie quand même,
- 29:19c'est pas un accident,
- 29:20c'est pas un ado,
- 29:20c'est pas un enfant,
- 29:21c'est pas un jeune père de famille qui décède.
- 29:24Il y a plein de choses comme ça aussi à mettre en perspective.
- 29:27C'est encore plus dans la normalité des choses.
- 29:29Pour les gens où c'est pas la normalité des choses,
- 29:33j'ai pas trop de conseils à leur donner,
- 29:34à part que peut-être que...
- 29:37Je sais pas en fait.
- 29:39Quand c'est brutal,
- 29:40quand les personnes sont jeunes,
- 29:41mon ex-beau-père est décédé,
- 29:42il avait 56 ans et il est décédé en 9 mois d'un cancer aussi.
- 29:45À croire que je suis douée,
- 29:47parce que je l'ai aussi accompagné,
- 29:49il m'avait demandé si je pouvais être sa personne de confiance là-dedans,
- 29:52donc je l'ai aussi accompagné.
- 29:55Et j'avais d'ailleurs dit à mon ex-mari en septembre,
- 30:00le mois de septembre qui a précédé son décès,
- 30:02il va mourir le jour de mon anniversaire,
- 30:03je te le donne dans le mail.
- 30:04Il est décédé le jour de mon anniversaire.
- 30:09quand c'est des morts précoces,
- 30:10comme ça,
- 30:11jeunes,
- 30:14quand c'est des morts précoces suite à une maladie,
- 30:16il faut kiffer.
- 30:17Même mon père,
- 30:18qui avait 72 ans aussi quand il est décédé,
- 30:21je lui avais dit,
- 30:22une fois qu'il s'est terminé son opération,
- 30:23on va se faire un kiff par jour.
- 30:25Tous les jours,
- 30:26je répondais à ses moindres demandes,
- 30:28quand il en avait,
- 30:29bien sûr.
- 30:30Et même les gens qui meurent précocement,
- 30:32parce que le glioblastome atteint des personnes
- 30:36assez jeunes,
- 30:36finalement,
- 30:37des hommes assez jeunes.
- 30:38Et donc,
- 30:38il faut kiffer sa vie,
- 30:39en fait.
- 30:39Et la mort,
- 30:41on ne peut pas savoir quand est-ce qu'elle arrive.
- 30:43Donc,
- 30:44il faut vraiment vivre comme si...
- 30:46Pas comme si c'était notre dernier jour,
- 30:47mais presque,
- 30:47tu vois.
- 30:48Ne pas avoir de regrets et faire des choses.
- 30:50Et je reviens sur ce que tu as dit,
- 30:51on a tous cette capacité en nous,
- 30:52mais on n'est pas tous prêts au même moment,
- 30:53tu vois.
- 30:55Comme tu l'as dit,
- 30:55il faut travailler à l'intérieur de nous et s'adapter et avoir envie de s'adapter aussi.
- 31:00Parce qu'il y en a qui font un vrai blocage sur ces sujets-là.
- 31:04Oui,
- 31:04après,
- 31:05je pense que c'est...
- 31:05Mais en tout cas,
- 31:06ce n'est pas irréel.
- 31:08Ce n'est pas irréalisable.
- 31:09Et du coup,
- 31:12j'ai envie de te poser une question.
- 31:13Qu'est-ce que,
- 31:14de cette expérience-là,
- 31:16qu'est-ce que tu as envie d'en faire ?
- 31:17Qu'est-ce que tu en as tiré ?
- 31:18Et comment est-ce que tu peux le transformer,
- 31:21toi,
- 31:22dans ta vie aujourd'hui,
- 31:23de Anne-Fleur qui est médium,
- 31:26à ton coach ?
- 31:29Ou est-ce que tu as d'autres idées ?
- 31:31Ce que j'en tire,
- 31:32c'est un peu ce que je viens de dire là.
- 31:35Vivre chaque jour,
- 31:38kiffer sa vie,
- 31:38ne pas avoir de regrets.
- 31:40Et ce que j'ai envie,
- 31:41j'aimerais bien,
- 31:42j'imagine que je n'ai pas vécu ça par hasard et que toi non plus.
- 31:45On ne s'est pas retrouvés au même moment dans ce chemin-là pour ne rien faire derrière.
- 31:54J'aimerais être la personne qui accompagne les 24...
- 31:58Enfin,
- 31:58tu vois,
- 31:59de...
- 31:59Je ne sais pas si ça t'a aidé,
- 32:00toi,
- 32:00que je te dise que c'est le moment.
- 32:02Il faut que tu lui dises tout ce que tu as à lui dire.
- 32:06Oui,
- 32:06ça m'a vachement aidée parce que du coup,
- 32:07ça m'a permis d'avoir une conversation de l'extérieur.
- 32:09Parce que quand on le vit,
- 32:10cette dualité,
- 32:11comme tu l'as très bien expliqué,
- 32:12à la fois,
- 32:13il y avait une part de moi qui le savait,
- 32:14mais depuis même le début où il a été malade quelques jours avant.
- 32:18Parce que moi aussi,
- 32:18je ressens beaucoup les choses.
- 32:20mais la part de moi qui n'avais pas du tout envie de penser que c'était réel.
- 32:24Et donc,
- 32:25peut-être qu'elle aurait pris le dessus et qu'après,
- 32:27je n'aurais pas dit les choses.
- 32:28Mais c'est vrai que du coup,
- 32:29comme tu m'as dit ça,
- 32:30j'ai pu avoir une conversation avec toute ma famille et leur dire.
- 32:33Et puis surtout,
- 32:34je pense que ça,
- 32:35c'est un truc que tu m'avais dit et qui est assez important.
- 32:37C'est qu'à des moments donnés,
- 32:38les gens aussi,
- 32:39qui ont un caractère très fort et étaient très famille,
- 32:43et leur dire qu'on est d'accord aussi qu'ils s'en aillent,
- 32:47que ce n'est pas un abandon,
- 32:48qu'en fait,
- 32:49on est OK avec lui,
- 32:50qu'on va l'accompagner et que...
- 32:53Et qu'on est d'accord,
- 32:54en fait,
- 32:54et qu'on est dans l'amour et qu'on se retrouvera plus tard ou qu'on est toujours là.
- 32:57Et ça,
- 32:58c'est vraiment une super belle preuve d'amour.
- 33:00Ça m'émerge.
- 33:01Parce que c'est hyper dur à dire,
- 33:03en fait,
- 33:03à dire à quelqu'un que,
- 33:05vas-y,
- 33:05tu peux partir,
- 33:06ne t'inquiète pas.
- 33:07On va réussir à rebondir,
- 33:11à vivre,
- 33:12à continuer à avoir le sourire,
- 33:13à continuer à vivre parce qu'il y a une part qui est là.
- 33:18Et c'est intéressant,
- 33:19je rebondis là-dessus,
- 33:20c'est que moi,
- 33:20depuis le deuil,
- 33:22depuis qu'il est décédé,
- 33:23je vois le deuil.
- 33:24Maintenant,
- 33:24j'ai l'impression d'avoir un espèce de trou béant qui n'est pas à l'intérieur de moi.
- 33:30Donc ça,
- 33:30je suis déjà contente,
- 33:31puisque j'ai quand même pris un peu de recul.
- 33:33Il est à côté.
- 33:35Et en fait,
- 33:36si on rentre dedans,
- 33:37c'est abyssal.
- 33:38C'est-à-dire qu'il n'y a pas de fin.
- 33:39C'est-à-dire que c'est un trou tellement profond qu'on peut vraiment s'y noyer.
- 33:43Et que du coup,
- 33:44moi,
- 33:45je suis à côté.
- 33:47Et puis,
- 33:47il y a des moments,
- 33:49en fait,
- 33:49ça ne prévient pas du tout.
- 33:50Il y a des moments complètement anodins où,
- 33:52du coup,
- 33:53on va tomber dans ce trou.
- 33:55Et alors qu'en fait,
- 33:56voilà.
- 33:56Et maintenant,
- 33:57comment ?
- 33:59Pour moi,
- 33:59j'ai une première partie de vie avant mon papa.
- 34:01Et là,
- 34:01je commence une deuxième partie de vie.
- 34:03J'ai vraiment cette sensation d'avoir un avant et un après le décès.
- 34:07Et comment est-ce que je vis maintenant quotidiennement ?
- 34:09Alors,
- 34:09ça ne fait pas longtemps.
- 34:09Ça fait un mois,
- 34:10deux mois,
- 34:11enfin même pas.
- 34:12Donc,
- 34:12comment est-ce que je vis avec ça ?
- 34:17On va voir quotidiennement,
- 34:18mais je pense que de le symboliser et d'en avoir conscience quand ça monte,
- 34:23c'est vachement important pour moi de visualiser et de dire qu'en fait,
- 34:26voilà,
- 34:27c'est toujours là,
- 34:28ça fera toujours partie,
- 34:30mais que moi,
- 34:30je suis quand même une personne à part entière et que j'arrive à le mettre à côté.
- 34:34Voilà.
- 34:35Je ne sais pas si tu le vois comme ça,
- 34:36toi,
- 34:36ou...
- 34:38Je suis tombée dedans,
- 34:39dans ce trou abyssal,
- 34:41pour la simple et bonne raison que j'ai gérée.
- 34:43J'ai été dans le fer pendant tout l'accompagnement de la maladie.
- 34:46Je me suis mise de côté,
- 34:48j'ai arrêté mon activité,
- 34:50puisque je venais d'arriver chez mes parents.
- 34:52J'ai essayé d'épauler ma mère.
- 34:53Ma mère,
- 34:53elle s'est retrouvée,
- 34:54son monde a changé.
- 34:55Ça faisait 50 ans qu'elle vivait avec mon père.
- 34:58Elle vivait un truc,
- 35:02pour elle,
- 35:02c'était complètement lunaire,
- 35:03irréel.
- 35:05Et quand mon père est décédé,
- 35:06je suis passée de mes journées,
- 35:08je courais partout et on était sur le qui-vive à plus rien.
- 35:13Donc,
- 35:13j'y suis tombée dans le trou abyssal.
- 35:15J'ai essayé de me raccrocher en me plongeant dans le travail,
- 35:17mais ça m'a rattrapée.
- 35:19Et du coup,
- 35:19quand tu en parlais,
- 35:21je me disais mais c'est ça que j'ai envie de faire.
- 35:22J'ai envie de pouvoir accompagner les personnes un petit peu avant la fin,
- 35:25juste avant la fin,
- 35:27pour leur dire comment ça va se passer.
- 35:28Mais surtout être là pour les aider à atterrir plus en douceur derrière.
- 35:32Je ne dis pas d'être une accompagnatrice du deuil,
- 35:35tu vois,
- 35:35c'est pas forcément ça,
- 35:36parce qu'il y a plein de gens qui le font et qui le font très bien.
- 35:39Mais en fait,
- 35:39c'est d'aider à ce passage,
- 35:41parce qu'on passe vraiment d'un truc à un autre,
- 35:44d'un état à un autre.
- 35:45Et en réalité,
- 35:46je crois qu'il n'y a personne qui dit,
- 35:47ça y est,
- 35:47c'est la fin,
- 35:50c'est le moment de lui parler.
- 35:52Alors,
- 35:52ce n'est pas facile,
- 35:53je ne sais pas si je serais capable de le faire pour tout le monde,
- 35:56mais peut-être que ce que j'aimerais en tirer,
- 35:59c'est de pouvoir aider les personnes.
- 36:02que ce soit la personne qui est en train de partir ou sa famille,
- 36:06à mieux vivre le passage,
- 36:08tu vois ?
- 36:08Oui,
- 36:08et puis surtout d'avoir des réponses.
- 36:10Après,
- 36:11c'est des croyances,
- 36:11tout est croyance,
- 36:12mais d'avoir des réponses de...
- 36:15En fait,
- 36:15même si tu ne me l'avais pas dit,
- 36:16et c'était génial que tu me le confiernes,
- 36:18mais moi,
- 36:18je savais que mon père,
- 36:19il est parti apaisé.
- 36:20Je le savais,
- 36:21en fait.
- 36:21Je le ressentais.
- 36:22Mais surtout d'avoir quelqu'un en plus qui te dit,
- 36:24bah oui,
- 36:24il est parti apaisé,
- 36:25ça peut paraître ridicule pour certaines personnes.
- 36:28Ah ouais,
- 36:29pour moi,
- 36:29dans le corps,
- 36:30c'était le jour et la nuit,
- 36:32tu vois.
- 36:33Mais en plus,
- 36:33parce que je suis restée connectée à ton père un peu après,
- 36:35j'ai eu d'autres mots qui me venaient derrière.
- 36:37Tu vois,
- 36:38j'avais des phrases,
- 36:38etc.
- 36:39Même si ce n'est pas mon cœur de métier.
- 36:41Mais j'ai été connectée pendant ces journées de passage.
- 36:44Et ça,
- 36:44je trouve que c'est hyper précieux.
- 36:45Et ça fait du bien parce qu'on n'a pas la sensation de l'abandonner complètement parce qu'on a quand même ce lien qui existe et qui fait en sorte que ça crée le lien pour eux-mêmes par rapport à la suite.
- 36:54Alors après,
- 36:55moi,
- 36:55j'ai plein de gens qui me disent,
- 36:56par rapport à ce scope,
- 36:57ça fait que deux mois,
- 36:58donc qui me disent « Ah,
- 36:59mais de toute façon,
- 36:59t'inquiète pas,
- 37:00tu vas t'effondrer,
- 37:01tu vas tomber. »
- 37:03Et en même temps,
- 37:04j'ai envie de dire « Bah,
- 37:04peut-être,
- 37:05mais dans tous les cas,
- 37:06il y a quand même toute cette préparation qui est là et qui est aussi ces cinq ans de deuil blanc dont on parle très peu,
- 37:11en fait.
- 37:11Le deuil blanc,
- 37:11on n'en parle pas.
- 37:12Enfin,
- 37:12qu'est-ce que c'est un deuil blanc ? »
- 37:14Moi,
- 37:14je n'ai pas volé le fait aujourd'hui d'être plus ou moins encore pas dans ce trou parce que ça fait cinq ans que j'y suis,
- 37:20dans le trou.
- 37:21Donc là,
- 37:21j'ai décidé d'en sortir.
- 37:22Donc,
- 37:23c'est...
- 37:24En fait,
- 37:24c'est que du cas par cas.
- 37:26Là,
- 37:27je partage mon cas à moi.
- 37:28Ça,
- 37:28je ne veux pas qu'il y ait...
- 37:29Enfin,
- 37:29voilà,
- 37:29ça,
- 37:29c'est mon histoire.
- 37:31J'espère qu'il y a des gens qui pourront se reconnaître.
- 37:33Et moi,
- 37:33j'aimerais bien aussi,
- 37:34on en a parlé avec Anne-Fleur,
- 37:35en tant que coach et avec Anne-Fleur.
- 37:37On m'a peut-être ouvert à quelque chose.
- 37:38On n'est pas encore sûr de la forme que ça prendra,
- 37:40ou individuellement ou collectivement.
- 37:42mais voilà c'est des choses en tout cas qui nous tenaient vraiment à coeur de partager
- 37:46parce que en tout cas moi d'avoir Anne-Pleur à mes côtés ça a été extrêmement bénéfique et je pense pas que j'aurais vécu ce passage sans elle de la même manière donc j'en profite pour te remercier encore infiniment avec mon plaisir et voilà c'est des choses qui sont hyper importantes parce que comme quand on fait un burn-out on a besoin d'être accompagnée comme quand on se marie des fois on a besoin d'une wedding planner quand quelqu'un meurt qu'on aime plus que tout on a quand même besoin à côté d'avoir
- 38:14quelqu'un
- 38:16Ça sera la petite touche drôle du truc.
- 38:18Avec mes frères et sœurs,
- 38:19quand on organisait l'enterrement de mon père,
- 38:22on s'est dit,
- 38:23on parle d'une baby shower.
- 38:24Eh bien,
- 38:25nous,
- 38:25on va parler d'une dark shower.
- 38:27Et du coup,
- 38:27à l'enterrement de mon père,
- 38:28on a fait des trucs,
- 38:29des activités style un peu inspirées des baby showers parce qu'on avait besoin de rendre ça plus léger et non pas à pleurer toute la journée,
- 38:38etc.
- 38:39On fait des préparations au mariage,
- 38:41des préparations à l'accouchement,
- 38:42des préparations dans toutes les étapes de la vie.
- 38:44Et peut-être qu'aujourd'hui,
- 38:45il serait temps qu'on se mette à accompagner aussi ce moment de passage hyper important,
- 38:49pour que chacun puisse filer à l'anglaise,
- 38:52comme disait mon père,
- 38:53mais de manière plus posée et plus sereine.
- 38:58Oui,
- 38:58plus apaisée.
- 38:59Et puis tous ces rituels qui sont mis en place,
- 39:01comme un enterrement ou une crémation ou quelque chose,
- 39:04c'est des choses qui sont hyper importantes,
- 39:05en fait,
- 39:06qui font en sorte que moi,
- 39:07je sais que j'ai...
- 39:09Ma sœur,
- 39:09on a fait des beaux discours,
- 39:11mais pour moi,
- 39:11c'était vachement important de le faire revivre à ce moment-là.
- 39:14Mais ça,
- 39:14c'était mon truc à moi.
- 39:16Ça peut être des rituels qui ne sont pas forcément des discours,
- 39:17mais c'est hyper important.
- 39:19Il y a des rituels,
- 39:20je pense que dans toutes les coutumes du monde,
- 39:24il y en a.
- 39:25Et je pense que ce n'est pas pour rien,
- 39:26parce que ça accompagne vraiment aussi ce passage pour les gens qui restent.
- 39:31Comme toi,
- 39:32tu as fait ta dark shower.
- 39:32Je ne t'ai pas au courant,
- 39:33mais ça devait être hyper rigolo.
- 39:35Mais ça peut être...
- 39:35Ça a ramené beaucoup de légèreté,
- 39:37quoi.
- 39:38On a dû choquer des gens,
- 39:39parce que c'est un peu bizarre quand tu n'as pas l'habitude.
- 39:43Mais mon père,
- 39:44c'était quelqu'un de joyeux,
- 39:46qui aimait beaucoup recevoir,
- 39:48qui aimait pas faire la fête.
- 39:50Mais tu vois,
- 39:50elle était très famille,
- 39:51très conviviale.
- 39:52Il aurait adoré savoir qu'à son enterrement,
- 39:54on a organisé.
- 39:56Mais c'était déjà symbolique.
- 39:57On leur avait fait...
- 39:59Il y avait un truc où...
- 40:01Tu connais l'arbre à vœux ?
- 40:02Oui,
- 40:02oui.
- 40:03Chez mes parents,
- 40:04on venait juste d'installer une espèce de fil.
- 40:07en faire pour délimiter quelque chose,
- 40:10on a fait accrocher des petits tissus d'arbres de vœux,
- 40:15en fait,
- 40:16et chacun a posé une intention à ce moment-là,
- 40:18et tous les invités ont joué le jeu.
- 40:19Donc c'était plutôt drôle.
- 40:21On avait imprimé des photos de mon père,
- 40:22chacun est reparti avec la photo qu'il avait envie de prendre.
- 40:25C'était pas grand-chose,
- 40:26mais au moins,
- 40:27à l'image de mon père.
- 40:28Ah,
- 40:28c'est marrant,
- 40:28on se l'est pas dit,
- 40:29mais nous aussi,
- 40:29on a fait imprimer des petites cartes pour que les gens repartent avec la photo.
- 40:34Et ça,
- 40:34je trouve ça sympa,
- 40:35puis...
- 40:37Oui,
- 40:37voilà.
- 40:38Nous,
- 40:38on a fait un truc qui était assez joli.
- 40:39Petit tips pour les gens.
- 40:42Je trouve que les couronnes mortuaires,
- 40:43surtout dans une crémation,
- 40:44c'est compliqué parce qu'après,
- 40:45tout le monde dépense déjà beaucoup d'argent.
- 40:48Ce n'est pas très écolo.
- 40:48Et puis,
- 40:49tu te retrouves avec plein de couronnes mortuaires qu'après,
- 40:51tu ne vas pas les récupérer chez toi pendant dix jours.
- 40:55En général,
- 40:55c'est des associations.
- 40:56C'est intéressant pour des EHPAD qui se partent avec les fleurs pour faire des choses.
- 40:59Donc,
- 40:59c'est joli.
- 41:00Mais nous,
- 41:00on a demandé à chaque personne de venir avec une fleur de son choix.
- 41:04Et je ne pensais pas,
- 41:04mais les gens se sont vraiment cassés la tête pour choisir la fleur qui correspondait.
- 41:09Et on s'est dit peut-être que les gens ne vont pas oser aller la mettre sur le cercueil.
- 41:12Et en fait,
- 41:13tout le monde allait porter sa fleur.
- 41:14Et mon père,
- 41:15il est parti avec un cercueil rempli de fleurs que chacun avait mis.
- 41:20Il y a des gens qui avaient fait des trucs un peu particuliers,
- 41:22qui avaient dessiné des choses.
- 41:24Il y en a qui sont avec une pierre qu'ils aimaient bien.
- 41:26Enfin,
- 41:27on laissait aussi ce temps-là à chaque personne d'être dans sa créativité.
- 41:31Et de pouvoir l'accompagner à sa manière.
- 41:33Et c'était aussi un rituel,
- 41:34en fait,
- 41:34de pouvoir mettre quelque chose.
- 41:37En tout cas,
- 41:37n'hésitez pas à être créatif pendant ces moments-là.
- 41:39Parce que je pense que ça fait du bien aussi à tous les gens qui nous accompagnent.
- 41:44Et à tous les gens et aux gens qui perdent.
- 41:46Tout le monde perd quelqu'un le jour d'un enterrement.
- 41:48Mais quand on perd un parent,
- 41:50un enfant,
- 41:50ou quand on perd quelqu'un qui est un ami éloigné,
- 41:54on a toujours une peine.
- 41:55Mais ce n'est pas forcément la même peine et ce ne sont pas les mêmes choses qu'on perd.
- 41:57Donc,
- 41:59ça fait du bien à tout le monde,
- 41:59en fait.
- 42:00En tout cas,
- 42:00ça fait une belle communion.
- 42:01Nous,
- 42:02on avait...
- 42:03Les gens nous demandaient,
- 42:04pareil,
- 42:05on ne voulait pas trop de fleurs de partout.
- 42:07Et donc,
- 42:08on avait demandé aux gens d'acheter un...
- 42:12Enfin,
- 42:13de se regrouper pour acheter des arbres.
- 42:15Mon père aurait voulu.
- 42:16Et donc,
- 42:16on a eu plein d'arbres à planter dans la maison de ma mère,
- 42:19là.
- 42:19Donc,
- 42:20un olivier,
- 42:20machin.
- 42:21Et comme ça,
- 42:21ça a évité le trou plein de fleurs,
- 42:23quoi.
- 42:23Voilà,
- 42:23je crois qu'on a donné les tips de enterrement.
- 42:27Exactement.
- 42:28Est-ce que tu veux conclure en disant quelque chose que tu as envie de partager pour finir cette émission ?
- 42:33J'allais dire sur l'amour,
- 42:34mais sur la mort et l'amour en fait,
- 42:35parce que je pense que c'est beaucoup d'amour dans notre émission qu'on a essayé de partager.
- 42:40Il y avait beaucoup d'amour et d'émotion.
- 42:43Je crois que la seule phrase qui me vient,
- 42:45c'est n'ayez pas peur de la mort.
- 42:46Oui,
- 42:46c'est vrai.
- 42:47Mais moi,
- 42:47vraiment,
- 42:48ça résonne énormément parce que...
- 42:51Oui,
- 42:52et puis ça vous donnera encore plus envie de vivre en fait,
- 42:54et encore plus envie de...
- 42:57En fait,
- 42:57c'est...
- 42:58Pour moi,
- 42:58il y a l'amour et la peur.
- 43:00Et en fait,
- 43:01la peur et la mort sont très liées.
- 43:04Et quand on arrive à le transcender ça et qu'on va jusqu'au bout de quelque chose,
- 43:08on le transforme vraiment en amour.
- 43:10Et en fait,
- 43:11tout peut être amour.
- 43:12Même la mort peut être amour et ça peut porter aussi la vie encore plus loin.
- 43:19Voilà.
- 43:21Merci Anne-Fleur.
- 43:22J'espère qu'il y a encore des gens qui nous ont écouté jusqu'au bout,
- 43:24je ne suis pas sûre.
- 43:26On verra.
- 43:27En tout cas,
- 43:27on vous tiendra au courant si on crée quelque chose par rapport à ça.
- 43:30On ne sait pas encore.
- 43:31On va y réfléchir.
- 43:33Et merci beaucoup Anne-Fleur.
- 43:34Et on se retrouve quand même.
- 43:35Enfin,
- 43:35on s'est retrouvés déjà dimanche pour la météo.
- 43:37Parce qu'on ne lâche pas la météo des flammes.
- 43:39C'est quelque chose d'un peu plus ludique quand même que l'émission sur la mort.
- 43:42Et on se retrouve ce soir pour la météo de la semaine du 3 au je ne sais plus combien de mois.
- 43:47Oui,
- 43:47elle est déjà sortie d'ailleurs.
- 43:48En même temps.
- 43:49J'ai tout sorti en même temps.
- 43:56Flamme des années 80,
- 43:58le podcast qui allume la femme.