Latest / Lait'Change : Du lait au fromage et bien plus encore / Lait'Change #07 - 50 ans de Passion Fromagère avec Jean-Marc NORMAND
Transcript
- 0:04Bienvenue sur Lait'Change,
- 0:05le podcast qui donne la parole aux actrices et aux acteurs de la filière laitière et fromagère.
- 0:09Je suis Romain LE GAL et aujourd'hui je suis dans le plus grand marché alimentaire du monde.
- 0:16Je me retrouve même en dessous terre,
- 0:18je suis dans des caves chez un des grossistes de Rungis,
- 0:22Delon,
- 0:23où j'ai la chance d'être avec
- 0:25Jean-Marc Normand.
- 0:26Bonjour Jean-Marc.
- 0:27Bonjour Romain.
- 0:28Jean-Marc c'est un ami de longue date et...
- 0:31Je suis vraiment content aujourd'hui de faire cet épisode avec toi.
- 0:34Peux-tu te présenter en quelques mots Jean-Marc,
- 0:38même si présenter en quelques mots les plus de 50 ans de fromage,
- 0:43il va falloir un petit peu de temps.
- 0:45Comme j'ai dit une fois à Madame Fortin,
- 0:49que tu connais,
- 0:51lorsque je me suis présenté,
- 0:53j'ai commencé l'introduction en lui disant,
- 0:55ça l'a fait beaucoup rire,
- 0:57je suis né dans un bidon de lait,
- 0:59ou presque.
- 1:01Pour résumer les choses.
- 1:04Mes parents étaient crêmiers fromagers sur les marchés en région parisienne.
- 1:08Donc durant mon enfance,
- 1:11j'ai été bercé avec un peu tout le milieu du monde des crêmiers fromagers,
- 1:20de tout le travail et la préparation et l'accompagnement,
- 1:25les achats et la vente bien sûr.
- 1:28Voilà,
- 1:29c'est...
- 1:30Pour résumer...
- 1:32Tu te rappelles un petit peu à quel âge tu as vendu ton premier fromage ?
- 1:36J'ai commencé à aller sur les marchés,
- 1:38bien sûr,
- 1:38comme tous les enfants de commerçants lors des congés scolaires ou des jours où il n'y avait pas d'école,
- 1:46bien sûr.
- 1:46Et donc,
- 1:47j'ai dû commencer à aller sur les marchés à l'âge de 10 ans à peu près.
- 1:51On reviendra un petit peu finalement au début de ta carrière sur les marchés.
- 1:55Voilà.
- 1:55Et après,
- 1:55pour expliquer un peu ton parcours rapidement...
- 1:59Au fur et à mesure,
- 2:00tu as commencé sur les marchés,
- 2:01tu as repris l'entreprise de tes parents.
- 2:03Non,
- 2:03je n'ai pas repris l'entreprise.
- 2:06J'ai travaillé avec mes parents pendant 18 ans.
- 2:10À l'âge de 16 ans,
- 2:12après les études secondaires et après avoir décroché le BEPC,
- 2:19mais bon,
- 2:21les longues études,
- 2:22ce n'était pas vraiment ma vocation.
- 2:25Et donc,
- 2:26je me suis dirigé dans la vie active.
- 2:28Donc,
- 2:29dès 16 ans,
- 2:30j'ai commencé l'apprentissage chez mes parents et l'école de la crèmerie à raison de trois jours par semaine pendant deux ans.
- 2:40Là où est la fédération,
- 2:42alors acteur,
- 2:42le Rue de Saint-Opportune dans le quartier du Châtelet à Paris.
- 2:46D'accord,
- 2:46donc c'était déjà une très vieille école.
- 2:49Alors à l'époque,
- 2:50oui,
- 2:51c'était ça n'était pas une école nationale,
- 2:55mais...
- 2:56J'ai décroché mon diplôme de
- 2:59CAP de vendeur en crèmerie-romagerie.
- 3:02J'ai été lauréat en 1974.
- 3:05Et à cette époque-là,
- 3:07l'apprentissage était complètement différent.
- 3:09A savoir que si les gens travaillaient en boutique ou sur les marchés,
- 3:15maintenant l'apprentissage,
- 3:17c'est une alternance environ d'une semaine en entreprise et une semaine à l'école.
- 3:23A cette époque-l��,
- 3:24c'était...
- 3:25pas comme ça,
- 3:25on commençait,
- 3:26pour ceux qui faisaient les marchés,
- 3:28la journée à 6h,
- 3:30à midi,
- 3:31on décrochait en fonction de l'endroit où on se trouvait,
- 3:34on prenait les transports en commun,
- 3:36on allait dans le centre de
- 3:37Paris, et puis on rentrait le soir chez soi à 19h,
- 3:42voilà.
- 3:42Donc,
- 3:44ce qui représentait bien des heures de travail,
- 3:50mais je rassure tout le monde,
- 3:52ça n'a jamais tué personne.
- 3:53Donc tu as travaillé avec tes parents et après tu as...
- 3:56Oui,
- 3:56j'ai travaillé avec mes parents pendant 18 ans.
- 3:58Ici,
- 3:59je connais bien le marché de Rungis parce que je l'ai connu depuis le déménagement de Paris.
- 4:08J'ai connu les anciennes halles de Paris avec mon père.
- 4:11On y allait à cette époque-là,
- 4:14la journée de repos pour les enfants,
- 4:17ça n'était pas le mercredi mais le jeudi.
- 4:19Et donc il m'est arrivé bien des fois d'accompagner mon père faire les achats.
- 4:23aux anciennes Halles de Paris.
- 4:25Et donc j'ai aussi connu le démarrage d'Orangis et bien sûr son évolution.
- 4:33D'accord.
- 4:34Et du coup,
- 4:34les anciennes Halles d'Orangis,
- 4:36c'était quoi l'ambiance ?
- 4:37De Paris,
- 4:38tu veux dire ?
- 4:39Oui,
- 4:39de Paris,
- 4:40c'était quoi l'ambiance ?
- 4:41C'était tout à fait autre chose.
- 4:43Alors,
- 4:46j'avais une dizaine d'années quand les premières fois j'y suis allé.
- 4:51Donc il y a des...
- 4:52surtout des clichés ou des photos qui restent en mémoire.
- 5:00Alors si une anecdote pour justement les nouvelles générations est quelque chose qui est un peu l'anecdote inattendue,
- 5:10c'est que par exemple à cette époque-là les crèmes et fromagers vendaient beaucoup d'œufs.
- 5:14Et donc il y avait des négociants en œufs qui ne vendaient que des œufs.
- 5:20Pour la petite histoire,
- 5:23le mandataire avec qui on travaillait,
- 5:26ses bureaux c'était une...
- 5:28table dans un café.
- 5:29On allait au café,
- 5:31on buvait un coup,
- 5:31on s'asseyait en face de lui.
- 5:33À cette époque-là,
- 5:35les oeufs étaient vendus au cours.
- 5:36Il y avait les cours de halle où il y avait le cours du beurre,
- 5:40le cours des volailles et puis le cours des oeufs.
- 5:43Donc,
- 5:43tous les matins,
- 5:44il fallait regarder le cours et la tendance des oeufs parce que c'était très fluctuant.
- 5:49Et eh bien,
- 5:50il fallait s'asseoir en face du vendeur,
- 5:54discuter un petit peu,
- 5:56déterminer.
- 5:57Et puis,
- 5:58il avait son carnet,
- 6:00son crayon et il notait,
- 6:02il demandait,
- 6:03donc il avait un certain nombre de commis,
- 6:06où est-ce qu'on était garé,
- 6:08les gars avec des diables,
- 6:09ils allaient livrer les canadiennes d'œufs dans le camion du client.
- 6:14Voilà comment ça se passait.
- 6:15C'était au café.
- 6:16Voilà,
- 6:16c'était au café,
- 6:17c'était le lieu de rencontre,
- 6:19le lieu d'échange et là que ça faisait pas mal de business aussi.
- 6:25que tu as arrêté finalement de travailler avec tes parents.
- 6:28Ça a été quoi la suite de ta vie professionnelle ?
- 6:30La suite de ma vie,
- 6:31alors toujours dans le monde du fromage bien sûr,
- 6:33mais j'ai basculé de l'autre côté de la filière,
- 6:40puisque je suis rentré à la grande époque de la fromagerie papillon,
- 6:47le Roquefort.
- 6:50Une très belle entreprise avec laquelle je suis resté 13 ans et ensuite
- 6:5619 ans avec mon nom
- 6:59Normand pour être en cohérence et puis ça se présentait.
- 7:04Où j'ai représenté et travaillé pour la fromagerie Réau.
- 7:09Oui,
- 7:09quand on vient à Rungis avec toi,
- 7:10on ne peut pas s'arrêter.
- 7:12On doit s'arrêter toutes les deux secondes parce que Jean-Marc connaît tout le monde.
- 7:17Il y a passé quelques années.
- 7:20Avec le temps,
- 7:21un peu moins,
- 7:22parce qu'au fur et à mesure,
- 7:23il y a un relais.
- 7:27Mais bon,
- 7:28je connais encore pas mal de monde à Rungis,
- 7:30c'est vrai.
- 7:31Aussi bien les clients que les vendeurs ou les entrepreneurs.
- 7:38C'était quoi la vie de crémier fromager sur les marchés dans les années 70 ?
- 7:43C'était quoi ?
- 7:44Alors c'est...
- 7:45C'était beaucoup de travail parce que souvent les marchés,
- 7:52c'était les marchés de plein air qui n'étaient pas aménagés.
- 7:58Donc il fallait tout monter.
- 8:00C'était un travail de forain.
- 8:03On amenait les traiteaux,
- 8:04les tables,
- 8:05les...
- 8:07Non,
- 8:08les piquets et les toiles étaient montés,
- 8:10mais si vous mettiez un barnum,
- 8:12des protections derrière et tout,
- 8:14c'était déjà beaucoup,
- 8:15beaucoup de travail d'installation,
- 8:17quelle que soit la saison et la période.
- 8:21Parce que dans les années 80,
- 8:24il y a eu des années et des hivers très rigoureux.
- 8:27Et quel que soit le temps,
- 8:31on y allait,
- 8:32que ce soit début de semaine ou pas.
- 8:34Il n'y avait pas de piquets.
- 8:34peu de marchés que l'on manquait et il est arrivé que des années où il y a eu des plus de moins 15 et tout,
- 8:42et on allait quand même...
- 8:44Et il faut dire qu'à cette époque-là,
- 8:46il y avait également la fidélité des clients qui,
- 8:49quel que soit le temps,
- 8:51venaient et à la même heure.
- 8:54C'est quelque chose...
- 8:56Voilà,
- 8:57ça c'est quelque chose...
- 9:00Tout à fait,
- 9:00c'est ça.
- 9:02Et du coup,
- 9:02à l'époque,
- 9:02pas de matériel frigorifique ?
- 9:05Très peu.
- 9:05Très très peu.
- 9:06Il fallait,
- 9:07avec les moyens du bord,
- 9:09si je peux m'exprimer ainsi,
- 9:12les premiers matériels frigorifiques pour lesquels on s'est équipé,
- 9:19ça a été parce qu'on vendait beaucoup de lait frais.
- 9:21D'accord.
- 9:22Pour donner une idée,
- 9:24à cette époque-là,
- 9:27le lait frais était livré directement par les laiteries.
- 9:33C'était un lait qui était cru ?
- 9:35Non,
- 9:35les pasteurisés.
- 9:37Les pasteurisés frais.
- 9:39Dans des bouteilles en verre ?
- 9:41Non,
- 9:42j'ai pas connu l'époque des bouteilles en verre.
- 9:45C'était des bouteilles carton en pack de 10,
- 9:55filmées.
- 9:56Et un crème-fromager qui avait une belle affaire vendait en moyenne entre
- 10:04100 et 200 litres de lait tous les jours.
- 10:08Donc les fournisseurs nous livraient tous les jours sur nos points de vente.
- 10:12Donc les premiers équipements,
- 10:14ça a été pour les périodes chaudes,
- 10:16d'avoir un grand réfrigérateur ou un congélateur qui était amené à...
- 10:26température basse pour pas le congeler,
- 10:32mais avoir une température suffisante.
- 10:34C'est vrai que c'était pas complètement,
- 10:37complètement adapté.
- 10:38Mais il fallait jongler énormément.
- 10:39Finalement,
- 10:41vous installiez vos fromages quasiment sur les tables.
- 10:45Oui,
- 10:46oui,
- 10:46tout à fait.
- 10:49Ce qui aujourd'hui,
- 10:49normalement,
- 10:50n'est plus faisable ou pensable.
- 10:52Non,
- 10:52tout à fait.
- 10:53Ça,
- 10:54c'est arrivé il y a...
- 10:56Je dirais...
- 10:57Alors,
- 10:58oui,
- 11:03c'est arrivé au début des années 2000.
- 11:06La généralisation,
- 11:08même pour les marchés extérieurs,
- 11:11c'est devenu quasi obligatoire.
- 11:14C'est même obligatoire aujourd'hui.
- 11:15C'est même obligatoire,
- 11:16tout à fait.
- 11:17Ça,
- 11:17c'est l'évolution.
- 11:18Par contre,
- 11:22à cette époque-là,
- 11:24il y avait énormément de débit.
- 11:25de rotation de marchandises,
- 11:28et du fait de la difficulté,
- 11:33une conscience et une gestion de la marchandise,
- 11:36de façon à la surveiller et à la suivre.
- 11:41Parce qu'au final,
- 11:42les fromages que tu remballais,
- 11:44ce qui restait,
- 11:47vous aviez finalement un genre de cave d'affinage,
- 11:50vous aviez des caves à la maison ?
- 11:52Ce qui n'était pas le cas de tous.
- 11:54D'accord.
- 11:54C'est là que la différence se faisait entre les gens qui avaient vraiment une conscience professionnelle,
- 12:01et puis,
- 12:02je ne vais pas être péjoratif,
- 12:03mais j'appellerais ça les fromageons un peu,
- 12:07parce qu'il y a des gens qui n'avaient pas de scrupules à laisser la marchandise dans les camions et à la ressortir le matin.
- 12:16Mais pour les vrais professionnels,
- 12:18parce que sur les marchés,
- 12:19il y avait aussi des vrais professionnels,
- 12:23des gens qui avaient les connaissances et le respect des produits,
- 12:27et qui justement,
- 12:28c'est pour ça que c'était beaucoup de travail,
- 12:30c'est-à-dire qu'à la fin du marché,
- 12:33tout était redescendu,
- 12:36remis dans les espaces appropriés en termes de froid,
- 12:41les fromages triés et tout,
- 12:43pour repréparer le marché du lendemain,
- 12:46pour encore une fois,
- 12:47le suivre,
- 12:48les vérifier et les adapter.
- 12:52par rapport aux besoins de la vente et du cycle.
- 12:56Quand tu étais dans les années 70,
- 12:58au démarrage finalement,
- 12:59c'était beaucoup de produits régionaux que tu vendais ou il y avait quand même déjà cette ouverture ?
- 13:03Non,
- 13:03il y avait déjà une gamme parce que la zone d'installation était une zone assez aisée et donc une clientèle en recherche de spécialités et de vrais produits qualitatifs.
- 13:19qui avaient des gens avec un certain pouvoir d'achat.
- 13:22Et donc,
- 13:23on était axé sur le haut de gamme,
- 13:25sur les produits de qualité.
- 13:28Et on avait déjà entre
- 13:31100 et 150 références de produits.
- 13:35Bien sûr,
- 13:36aujourd'hui,
- 13:37il y a beaucoup de choses qui ont changé.
- 13:38Pour donner une idée caractéristique,
- 13:42on avait en moyenne un fromager important,
- 13:47qui avait cinq ou six sortes de camembert.
- 13:49D'accord.
- 13:52Et le camembert dans les années 70,
- 13:54du coup,
- 13:54il était comment ?
- 13:57De quel point de vue ?
- 13:58De point de vue déjà visuel,
- 13:59organoleptique.
- 14:00Alors,
- 14:01bien sûr,
- 14:02c'était quasiment uniquement des laits crus,
- 14:09avec déjà différentes typicités en fonction des terroirs.
- 14:14Et déjà,
- 14:15c'est toujours le cas aujourd'hui.
- 14:17Et des fromages comme justement par rapport à l'époque avec des goûts et des affinages un peu plus marqués que ça n'est le cas aujourd'hui.
- 14:28Ça c'est certain.
- 14:29Tu te rappelles c'était quoi tes plus grosses ventes à l'époque ?
- 14:34Le comté.
- 14:35Pour être un bon fromager,
- 14:38il fallait se fixer un choix sur une clientèle et ne pas s'écarter.
- 14:49du choix qu'on avait proposé à ses clients.
- 14:51A savoir qu'il y avait 4-5 produits essentiels,
- 14:56le bris de mots,
- 14:58le comté,
- 15:00le Saint-Nectaire-Fermier,
- 15:05et les matales,
- 15:06puisque par rapport justement s'il y a une différence par rapport aux ventes d'aujourd'hui,
- 15:12c'est qu'à cette époque-là,
- 15:14toute la génération qui avait connu l'aïr était grosse consommatrice des matales.
- 15:22Et les matales représentaient une part très importante
- 15:28des ventes.
- 15:30Je me rappelle,
- 15:30moi,
- 15:30quand je faisais des achats dans les années 80,
- 15:34on achetait 2,5 môles,
- 15:353 môles d'hématales.
- 15:38Pour ceux qui ne le savent pas,
- 15:39une môle d'hématales,
- 15:40ça fait en moyenne 80 kilos.
- 15:42Et pour voir à peu près les proportions en comté,
- 15:47on vendait,
- 15:48on achetait autant de comté,
- 15:50sauf qu'un comté,
- 15:51ça fait la moitié de poids.
- 15:54Tu vendais deux fois plus d'emmental.
- 15:56Voilà,
- 15:57tout à fait.
- 15:57Ce n'est plus forcément le cas aujourd'hui en crème de la fromagerie.
- 16:00Bien loin.
- 16:01Bien loin.
- 16:02Et du coup,
- 16:03sur les comtés,
- 16:03comment tu as vu l'évolution aussi de la qualité des comtés ?
- 16:05Parce qu'à l'époque,
- 16:06dans les années 70...
- 16:07Ça,
- 16:07c'est intéressant.
- 16:09C'est quelque chose qu'on en parle avec des anciens.
- 16:12Tu fais partie,
- 16:13Jean-Marc.
- 16:14Oui,
- 16:14oui,
- 16:14tout à fait.
- 16:15De la profession.
- 16:16Alors,
- 16:16ce qu'il faut savoir,
- 16:17justement,
- 16:17il y a des gens qui ne soulignent pas assez.
- 16:20Et si...
- 16:24des grands connaisseurs du monde du comté,
- 16:27qui me contrarieront si je dis une grosse bêtise,
- 16:30mais je ne pense pas.
- 16:32Il faut se rappeler,
- 16:33dans les années 70 à 80,
- 16:37on ne vendait pas de comtés vieux comme maintenant.
- 16:40La moyenne des comtés qui étaient vendus était entre 8 et
- 16:4412 mois.
- 16:45Quand il y avait des 18 mois,
- 16:47c'était quelque chose d'exceptionnel.
- 16:49La moyenne était ça,
- 16:51autour de 8 mois.
- 16:52Pour une simple raison,
- 16:54c'est qu'il partait du principe qu'un comté,
- 17:02c'est une immobilisation de capitaux.
- 17:06Et que quelque part,
- 17:07de faire une rotation de l'année,
- 17:10c'était à peu près cohérent par rapport aux besoins.
- 17:16Et donc,
- 17:17dans les années
- 17:1870 à 80...
- 17:21Même les fabricants essayaient de trouver d'autres débouchés que celui du comté parce qu'ils trouvaient que c'était pas assez rémunérateur.
- 17:33C'est là qu'est arrivée la période du Mont d'Or.
- 17:38Et pour cette région-là,
- 17:41le Mont d'Or c'était l'Eldorado,
- 17:44parce qu'un fromage avec une évolution très rapide.
- 17:49Donc...
- 17:52donc beaucoup moins de soins à apporter de travail de soins de travail et donc une bonne valeur ajoutée donc les francs-comptois avaient eu tendance à un petit peu miser
- 18:09tout sur le Mont d'Or sauf que de mémoire en 82 il y a eu un gros gros gros problème de l'hystéria et patatrac
- 18:19Du jour au lendemain,
- 18:20les ventes du Mont d'Or terminaient.
- 18:23Donc là,
- 18:24il y a eu une remise en cause des jurassiens,
- 18:30des francs-comptois,
- 18:32pour savoir quelle option prendre.
- 18:35Et c'est là que,
- 18:36quelque part,
- 18:36ils ont eu l'intelligence à tous les niveaux de se réorganiser,
- 18:41de se remettre en cause,
- 18:44et de pourconstruire sur des bases avec des...
- 18:49un plan rigoureux pour obtenir et faire un produit qui apporte un intérêt et qui soit rémunérateur pour tout le monde.
- 19:00Donc c'est un travail qui a duré à peu près 30 ans et qui aujourd'hui porte ses fruits,
- 19:06puisque c'est une des appellations d'origine qui se porte le mieux.
- 19:09C'est la première appellation d'origine protégée française.
- 19:13Je vais vous expliquer justement ce qui m'avait interpellé.
- 19:19À cette époque-là,
- 19:19c'est que dans le Jura,
- 19:21il y a un autre fromage qu'aujourd'hui tout le monde connaît qui s'appelle le Morbier.
- 19:25Il faut savoir que dans les années
- 19:2780, pour trouver un Morbier au lait cru,
- 19:31c'était mission impossible.
- 19:33Ça n'existait pas.
- 19:36Pour ceux qui ont connu,
- 19:38ce que j'arrivais...
- 19:39Alors,
- 19:39bien sûr,
- 19:40c'est des produits qu'on trouvait localement,
- 19:42mais par exemple ici sur le marché de Rungis,
- 19:44ce que j'arrivais à trouver au mieux,
- 19:47ça s'appelait du Solé Pro.
- 19:49C'était un fromage semi-industriel avec une croûte un peu orangée.
- 19:55Et qualitativement,
- 19:57c'était à peu près ce qu'il y avait de mieux à proposer.
- 20:01Alors qu'aujourd'hui,
- 20:02on connaît bien d'autres produits.
- 20:05Bien plus sympas et bien pires.
- 20:06Voilà,
- 20:07tout à fait.
- 20:07Et les comtés à l'époque qui venaient en région parisienne,
- 20:09ils avaient des ouvertures ou pas d'ouverture en pâte ?
- 20:12Alors moi,
- 20:13ça,
- 20:13je n'ai jamais fait.
- 20:14Je me rappellerai toujours,
- 20:16à l'école de la crèmerie,
- 20:17il y avait le prof de pratique,
- 20:22qui était un fromager.
- 20:24de la rue Saint-Antoine qui s'appelait Monsieur Istas.
- 20:27Et lui,
- 20:27c'était un jurassien,
- 20:28justement.
- 20:29Et lui,
- 20:30il a plutôt tendance à vendre des comtés jeunes.
- 20:34Pour lui,
- 20:35un comté avec un certain âge,
- 20:38c'était une aberration.
- 20:40Et il nous faisait goûter plutôt des comtés,
- 20:46justement,
- 20:46qui pouvaient avoir des petits yeux,
- 20:49des petites ouvertures.
- 20:50Chose que même moi,
- 20:52dans mes...
- 20:53dans mes connaissances de nos pratiques et Ausha,
- 20:59je ne connaissais pas et que ça ne faisait pas partie des références que je pouvais avoir.
- 21:05Aujourd'hui,
- 21:05on cherche plus à avoir des pattes pleines que d'avoir d'ouverture,
- 21:08même si on regarde dans le cahier des charges de l'épérité sur la comptée,
- 21:12on peut avoir une petite ouverture,
- 21:14une petite bulle.
- 21:15Et si on regarde même des vieilles affiches,
- 21:19quand on remonte dans les années 70,
- 21:21même un peu avant,
- 21:22on peut voir sur des photos ou des dessins des ouvertures sur le côté.
- 21:27Tout à fait,
- 21:28c'est pour ça que ça m'est encore resté en mémoire.
- 21:31Et du coup,
- 21:32comment tu as vu,
- 21:33toi,
- 21:33évoluer le métier de crémier fromager à travers les décennies,
- 21:37puisque tu as maintenant plus de 50 ans de fromage.
- 21:41C'était quoi la différence entre un crémier fromager avant et aujourd'hui ?
- 21:45Comment tu l'as vu évoluer,
- 21:46ça ?
- 21:46À cette époque-là,
- 21:48c'était...
- 21:51Le métier consistait à avoir une clientèle beaucoup plus régulière.
- 21:57Des gens qui,
- 21:58bon,
- 21:58si c'était les marchés,
- 22:00les marchés en moyenne c'était deux jours par semaine.
- 22:03Donc des gens qui venaient deux fois la semaine.
- 22:06Il n'y avait pas beaucoup de supermarchés non plus à l'époque.
- 22:08C'était le démarrage de la grande saga à Michel-Edouard.
- 22:13Donc il fallait répondre à tous les besoins en matière de produits laitiers et de fromage de notre clientèle.
- 22:20Donc fournir le lait,
- 22:24le beurre,
- 22:26les laitages.
- 22:27Je disais d'ailleurs que tu vendais énormément de beurre à la coupe.
- 22:30Ce qui s'est bien perdu aujourd'hui,
- 22:32même si on essaye de le remettre en place et de le refaire venir.
- 22:36On est bien d'accord.
- 22:37Tu vendais combien de kilos de beurre par semaine ?
- 22:42En moyenne,
- 22:45entre 250 et 300 kilos.
- 22:48Ça fait pas mal de beurre.
- 22:50Un expert de la découpe au fil.
- 22:51C'est ça.
- 22:52Et les modes,
- 22:53c'était des modes de 10 kilos à l'époque.
- 22:54D'accord.
- 22:56Et c'était mieux avant ou maintenant au niveau de la qualité des produits ?
- 23:01Mieux avant pour certains peut-être.
- 23:08Mais il y a aussi une évolution des goûts et des tendances.
- 23:15Des gens qui franchissent les portes des crèmeries.
- 23:19Ou qui viennent sur les marchés.
- 23:20Tout à fait,
- 23:21tout à fait.
- 23:22Donc ce n'était pas mieux avant ni maintenant,
- 23:24c'est juste une évolution ?
- 23:25Non,
- 23:26le constat qu'on peut faire,
- 23:27c'est qu'il y a encore une fois des fromages qui ont complètement disparu.
- 23:30C'était obligatoire par exemple d'avoir une gamme aujourd'hui qui est vendue soit en libre-service et tout,
- 23:41les fromages hollandais,
- 23:41vous aviez l'obligation d'avoir un Edam,
- 23:46une Mimulette.
- 23:47tendre et un goût d'attendre.
- 23:50C'était incontournable.
- 23:53Tu avais l'obligation d'avoir un Saint-Paulin.
- 23:54Aujourd'hui,
- 23:56on va trouver du Saint-Paulin dans une gamme et dans un rayon.
- 24:03En fonction des localisations,
- 24:05je ne te rejoins pas tout à fait parce que,
- 24:06par exemple,
- 24:08pour avoir quand même parcouru un peu le nord de la France,
- 24:10justement,
- 24:10dans les campagnes,
- 24:12ça reste,
- 24:13pour les personnes qui ont un certain âge,
- 24:14ils viennent chercher leur morceau de Saint-Paulin.
- 24:18pour le matin au petit déjeuner et puis derrière ou de bris pasteurisés parce qu'ils ont toujours vécu avec ça.
- 24:25Et qu'à côté de ça,
- 24:26ils vont venir chercher la spécialité.
- 24:27C'est là où on peut voir des fois des différences entre la province et la capitale.
- 24:32Voilà,
- 24:33c'est ça.
- 24:33Ce qui était,
- 24:34disons,
- 24:35devenu national,
- 24:37aujourd'hui est revenu sur un plan régional et,
- 24:41comme tu le dis,
- 24:43une consommation de génération.
- 24:45Et puis après,
- 24:46ces produits-là...
- 24:47rentrent plus dans les offres qui sont faites.
- 24:54dans les cantines,
- 24:58en fromage portionné et autres,
- 25:01plus que sur les étals pour composer le plateau de fromage de fin de semaine.
- 25:07Toi qui as fait finalement l'école des crémiers fromagés il y a quelques temps maintenant,
- 25:15comment tu vois l'évolution des gens qui sont formés aujourd'hui ?
- 25:20Comment je vois ça ?
- 25:21Sur un plan de conseil ?
- 25:24Oui,
- 25:25par exemple.
- 25:27Ce que je remarque parfois,
- 25:31et même souvent,
- 25:33de gens nouvellement installés ou reconvertis,
- 25:37c'est peut-être d'aller un peu trop vite.
- 25:39Et de vouloir un peu griller les étapes.
- 25:43Alors il y a des gens qui se débrouillent très bien parce que ce sont des passionnés.
- 25:47Et la passion,
- 25:48c'est ce qui guide avant tout,
- 25:51parce que ça permet de s'informer,
- 25:53d'écouter.
- 25:54Et donc,
- 25:56à certains,
- 25:57je dirais,
- 25:58regardez un peu plus,
- 26:00écoutez un peu plus.
- 26:01Prendre un peu plus de recul.
- 26:02Et puis,
- 26:04faites davantage d'expériences professionnelles.
- 26:09Allez voir un peu partout ce qui se fait,
- 26:14comment on travaille.
- 26:15Parce que...
- 26:17personne,
- 26:18c'est pas quelque chose de standard,
- 26:21chacun sa petite touche personnelle,
- 26:22c'est un monde indépendant et c'est important d'aller voir parce qu'on trouve d'excellentes idées et d'inspiration.
- 26:30Voilà,
- 26:30et c'est vraiment le conseil que tu donnerais à la personne qui s'installe aujourd'hui ou même qui est déjà installée depuis quelques années,
- 26:37c'est de continuer finalement à franchir des portes.
- 26:40Et il vaut mieux le faire avant parce qu'une fois qu'on est installé on rentre rapidement.
- 26:44dans la spirale de son entreprise et de son travail.
- 26:49Et le conseil que j'ai,
- 26:51c'est avant de s'installer,
- 26:53de faire ces différentes expériences à droite à gauche de façon à confirmer ces façons de voir.
- 27:04Pour revenir un petit peu,
- 27:05parce que là on est dans une cave,
- 27:06enfin une cave,
- 27:07on est dans un des sous-sols où sont en attente les meules avant d'être livrées chez les clients à Rungis.
- 27:13Comment tu as vu évoluer les anciennes Halles de Paris ?
- 27:17Et puis comment tu as vu évoluer la vie du mine à Rungis ?
- 27:22Alors,
- 27:23il n'y a plus du tout de comparaison possible.
- 27:28C'était quoi avant du coup ?
- 27:31Avant,
- 27:32tout commerçant se déplaçait pour aller faire ses achats.
- 27:36Tu venais combien de fois sur Rungis par semaine ?
- 27:39Moi je venais une seule fois par semaine.
- 27:41Mais j'y consacrais toute ma vie.
- 27:43toute la matinée.
- 27:45Et justement,
- 27:45ce que je reporte à beaucoup,
- 27:48je comprends qu'aujourd'hui,
- 27:50un crème au fromager soit aussi un chef d'entreprise,
- 27:53un gestionnaire.
- 27:55Il y a souvent beaucoup moins de personnel et donc il faut faire des choix dans la façon de conduire son entreprise.
- 28:05Mais je trouve anormal,
- 28:08tout simplement anormal.
- 28:10Parce qu'on est dans un métier avec des produits vivants.
- 28:17Et puis,
- 28:18il y a des créations.
- 28:19Il y a des gens qui cherchent à créer la nouveauté,
- 28:25à proposer d'autres choses.
- 28:27Et que des gens ne se déplacent jamais.
- 28:30Oui,
- 28:30venir une fois de temps en temps.
- 28:31Voilà.
- 28:32Voir ce que tu disais avant,
- 28:34toujours l'ouverture.
- 28:36Ou même sur des salons régionaux.
- 28:38Au téléphone,
- 28:39sur...
- 28:39catalogue,
- 28:41ça ne suffit pas.
- 28:42Aujourd'hui,
- 28:43les méthodes techniques,
- 28:45l'évolution technique a permis beaucoup de choses.
- 28:48Elles sont très intéressantes,
- 28:49mais c'est un métier de contact,
- 28:52de produit,
- 28:53et il faut rester en lien et être à l'écoute,
- 28:58découvrir,
- 28:59voir.
- 29:00C'est important pour moi.
- 29:01Donc toi,
- 29:02dans les années 70,
- 29:04c'est quand tu faisais les achats ?
- 29:07Les achats,
- 29:07je les faisais entre...
- 29:09années 80 et 90.
- 29:10Et du coup,
- 29:11tu venais une fois par semaine ?
- 29:12Une fois par semaine.
- 29:13C'était quoi le petit rite ?
- 29:14Parce qu'on a un rite quand on vient à Rungis.
- 29:18Mais le rite,
- 29:21non,
- 29:21j'avais...
- 29:24disons,
- 29:26mon cheminement avec les fournisseurs.
- 29:29Déjà,
- 29:30à cette époque-là,
- 29:30il y avait une fréquentation.
- 29:31Il fallait qu'il y ait un fer de vin qui te cheminait.
- 29:34Non,
- 29:34parce que...
- 29:35Je rigole.
- 29:37À cette époque-là,
- 29:38on n'avait pas trop de temps pour ça.
- 29:40Si,
- 29:41à la fin.
- 29:42À la fin,
- 29:43quand tout était fait.
- 29:45Mais en plus de ça,
- 29:46il y avait une fréquentation beaucoup plus importante.
- 29:49Donc,
- 29:50des fois,
- 29:51il fallait agripper un vendeur.
- 29:52pour arriver à...
- 29:53D'accord,
- 29:54oui,
- 29:54on était à la...
- 29:54Ok,
- 29:55c'était pas le vendeur qui vivait vers toi,
- 29:57c'était toi qui devais attraper un vendeur pour pouvoir choisir tes caisses et être servi.
- 30:02Tout à fait.
- 30:03Donc il y avait vraiment une grosse fréquentation.
- 30:05Oui,
- 30:06oui.
- 30:06Et cette fréquentation,
- 30:07finalement,
- 30:08l'évolution,
- 30:08ça s'est fait comment ?
- 30:10Vers quand ?
- 30:11Les gens commençaient à moins...
- 30:13Les parisiens,
- 30:14parce que les provinciaux,
- 30:16ça s'entend qu'ils ne venaient pas tous les matins sur un gis.
- 30:18Oui,
- 30:20ça a commencé...
- 30:21Oh !
- 30:22ça a été flagrant avec l'arrivée de l'internet les mails et autres après les premiers qui commençaient à espacer leur venue à Ravjic,
- 30:32bon il y avait comme seul moyen de commande,
- 30:34il y avait le téléphone ou le fax après avec internet les nouvelles méthodes de communication de transmission ont fait que justement les gens pouvaient passer leur commande quand ils le souhaitaient et tout pour...
- 30:53Donc oui,
- 30:54l'évolution a commencé à se faire au début des années 2000,
- 31:01et progressivement.
- 31:03Aujourd'hui,
- 31:04je ne connais pas la proportion des gens qui se déplacent sur un gis,
- 31:08mais à mon avis elle est infime,
- 31:10ça ne représente pas 10%.
- 31:12Toi tu as vu finalement la baisse des crémiers fromagés,
- 31:15et après tu as revu la réhausse.
- 31:18Ah oui,
- 31:19ça c'est le principe.
- 31:21principalement en boutique,
- 31:23puisque justement,
- 31:24de par la reconversion dans le monde commercial,
- 31:30les plus grosses disparitions de boutiques de cremier fromager,
- 31:36je peux parler principalement de Paris,
- 31:37mais de toute façon,
- 31:38c'est un peu partout pareil,
- 31:42ça a été les années 90.
- 31:44Les années 90,
- 31:45t'as eu vraiment une...
- 31:46Oui,
- 31:46là,
- 31:47il y avait changement de génération,
- 31:50il y avait...
- 31:51Dans les centres-villes,
- 31:53les commerces de bouche étaient un peu délaissés.
- 31:57Les pas de porte se revendaient soit à des agences bancaires,
- 32:01à des marchands de vêtements ou à des agences immobilières.
- 32:06Et au fur et à mesure,
- 32:09la petite anecdote,
- 32:10à cette époque-là,
- 32:11il n'y avait pas Internet et pas les téléphones portables.
- 32:15Donc le seul outil,
- 32:18quand on était commercial,
- 32:19pour aller trouver des clients,
- 32:20C'était l'annuaire de la crèmerie.
- 32:22Et l'annuaire de la crèmerie,
- 32:25il n'avait pas été mis à jour depuis une belle lurette.
- 32:30Et quand tu commençais une prospection pour faire tes cadenciers...
- 32:37Voir finalement tes clients.
- 32:38Voilà,
- 32:39pour trouver tes clients,
- 32:40t'enrayais
- 32:428 sur 10.
- 32:43Ah oui,
- 32:43carrément.
- 32:43Ah,
- 32:44carrément.
- 32:44Ah oui.
- 32:45Ah,
- 32:45carrément.
- 32:46Il y avait vraiment une grosse grosse grosse
- 32:50Tout à fait
- 32:52Pour terminer Jean-Marc j'aurais une dernière question Oui
- 32:55Quelle est ta pizza préférée ?
- 32:57Ma pizza préférée ?
- 33:00Alors là c'est une colle parce que
- 33:02Pourquoi la pizza ?
- 33:04Et pourquoi pas ?
- 33:06Ma pizza préférée
- 33:09J'ai pas de pizza
- 33:12J'aime qu'une pizza soit bien garnie
- 33:14D'accord
- 33:15Généreuse
- 33:17avec des ingrédients.
- 33:19Et alors,
- 33:21justement,
- 33:21pour en revenir à nos métiers,
- 33:24et au monde des produits laitiers,
- 33:26souvent,
- 33:27je rajoute toujours un petit peu de Roquefort sur les pizzas que je fais réchauffer pour les consommer.
- 33:38Ça donne un petit peps supplémentaire.
- 33:42Et ça te rappelle quand tu étais plus jeune et que tu vendais du Roquefort ?
- 33:46Oui,
- 33:46mais voilà,
- 33:47je trouve qu'avec beaucoup de pizzas,
- 33:51ça l'enrichit et ça l'améliore.
- 33:54Donc pas vraiment de pizza préférée,
- 33:56à part remettre quelque chose dessus.
- 33:58Voilà,
- 33:58c'est ça.
- 33:59Pour plus de gourmandise,
- 34:01on te reconnaît bien là Jean-Marc.
- 34:03Merci beaucoup Jean-Marc.
- 34:04Mais ça a été un plaisir.
- 34:06Merci à toutes et à tous de nous avoir écoutés.
- 34:09J'espère que cet épisode vous a plu.
- 34:11N'hésitez pas à le commenter et à le partager.
- 34:14Je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode.
- 34:16Au revoir.
- 34:16Salut Jean-Marc.
- 34:18Salut.
- 34:24Sous-titrage Société Radio-Can