Latest / L'état d'esprit / L'état d'esprit : François Tillos, à la tête du Berry, institution de la gastronomie paloise depuis 1934
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- 0:04Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de l'état d'esprit.
- 0:07Aujourd'hui,
- 0:08je reçois François Thillios,
- 0:10le patron du Berry,
- 0:11une véritable institution de la gastronomie paloise depuis 1934.
- 0:17Nous allons découvrir son itinéraire personnel,
- 0:19ses motivations,
- 0:20ses doutes,
- 0:20ses réussites marquantes.
- 0:22Bonjour François,
- 0:23je vous remercie de nous accueillir dans cette belle salle du Berry,
- 0:26bien calme pour l'instant.
- 0:28Combien de repas vous servez tous les jours ?
- 0:32On doit être entre 500 et 700 couverts par jour.
- 0:35Alors,
- 0:36l'avantage,
- 0:36c'est que c'est quand même assez linéaire.
- 0:39On ne se fait jamais surprendre par le nombre.
- 0:43C'est équivalent à peu près toutes les semaines et tous les mois de l'année.
- 0:47À quoi ressemble une journée type de François Thios ?
- 0:49Alors,
- 0:49la journée type,
- 0:51elle commence par la réception des marchandises.
- 0:54Alors,
- 0:54je le fais avec un de mes collaborateurs qui est économe,
- 0:58qu'on a installé il y a 4-5 ans.
- 1:00Donc,
- 1:01on contrôle la qualité de la marchandise,
- 1:03la quantité.
- 1:05Et après,
- 1:05on organise la mise en place de la salle,
- 1:08de la terrasse,
- 1:10le rôle de chacun le jour même,
- 1:12parce que ça varie suivant le planning.
- 1:16Et après,
- 1:16on aborde,
- 1:17on va dire,
- 1:17ce qui est le plus facile,
- 1:18le service.
- 1:20Qu'est-ce qu'on ressent dans ces moments-là,
- 1:21quand il y a le feu,
- 1:22comme on dit ?
- 1:23Si en amont,
- 1:24tout le travail a été fait correctement,
- 1:27on ne se fait pas surprendre.
- 1:28C'est...
- 1:30Il n'y a pas de quoi.
- 1:32Tout est cadré.
- 1:34Chacun connaît exactement sa tâche.
- 1:36Comment on gère le stress ?
- 1:38On n'a pas beaucoup de stress.
- 1:39J'ai plus de stress avec vous que de gérer un service.
- 1:43Franchement,
- 1:46je dis toujours que c'est assez simple parce que je suis quasi sûr de la qualité des produits que je vous envoie.
- 1:55Bien évidemment que je me doute que dans le nombre...
- 1:58Il y a quelqu'un qui ne va pas aimer mes frites,
- 2:01qui ne va pas aimer la cuisson,
- 2:02mais là,
- 2:03on change la cuisson.
- 2:04Il n'y a pas de souci.
- 2:05Mais le dessert,
- 2:06c'est fait par les plus gros pâtissiers de peau.
- 2:10Les boissons,
- 2:11c'est un bon rapport qualité-prix.
- 2:14Je sais ce que je propose.
- 2:18Je suis content de le trouver quand je vais manger ailleurs.
- 2:20Vos parents tenaient la brasserie du centre,
- 2:24juste derrière les Halles.
- 2:26Quels souvenirs vous gardez de cette époque ?
- 2:29Un souvenir ému parce que c'était quand même mes débuts.
- 2:32Avec mon frère,
- 2:33on rentrait de l'école,
- 2:35lui passait au bar,
- 2:36moi je faisais un peu de service,
- 2:38on mangeait sur un coin de table en cinq minutes.
- 2:41On a appris déjà le métier,
- 2:45on a appris à connaître les gens,
- 2:46on s'est fait connaître.
- 2:48Et c'était une belle période de ma vie ça aussi.
- 2:50Qu'est-ce que vous avez appris à leur côté ?
- 2:54Bon,
- 2:54la rigueur,
- 2:55franchement la rigueur.
- 2:57La rigueur,
- 2:59parce qu'on ne peut pas se permettre,
- 3:01on est en contact avec tout,
- 3:03avec l'alcool,
- 3:04on peut faire n'importe quoi dans un bar,
- 3:06dans un restaurant,
- 3:07dans une brasserie.
- 3:08Non,
- 3:08non,
- 3:08la rigueur du travail,
- 3:10les horaires,
- 3:12le respect des autres.
- 3:14Et ça c'est essentiel,
- 3:15le respect des autres quand on travaille,
- 3:17c'est la base de la réussite.
- 3:18Je pense parce que tout seul on n'y arrive pas.
- 3:20Moi je dis toujours nous,
- 3:21nous,
- 3:22nous,
- 3:22nous et le Berry.
- 3:23J'essaie vraiment de ne pas me mettre en avant.
- 3:26Moi je suis juste le chef d'orchestre.
- 3:27En 1997,
- 3:29vous décidez de créer votre propre affaire.
- 3:32Qu'est-ce qui vous pousse ?
- 3:34On avait envie de connaître autre chose parce que j'étais avec des associés,
- 3:37mon frère en l'occurrence,
- 3:39et on avait envie de vivre une autre expérience au Hall.
- 3:45C'était plutôt 5h du matin,
- 3:4718h,
- 3:48et le soir,
- 3:49il n'y avait pas d'activité.
- 3:51Nous on avait 25 ans,
- 3:5222 ans,
- 3:5223 ans.
- 3:54Et on s'est dit,
- 3:55il faut qu'on crée quelque chose.
- 3:56Et on a créé quelque chose qui n'existait pas sur Pau.
- 3:58C'est le pub au bureau.
- 4:00Il y en avait 100 dans l'Est,
- 4:01dans le Nord de la France.
- 4:02Et il n'y en avait aucun dans le Sud-Ouest.
- 4:03Donc on a été voir cette franchise.
- 4:05Et voilà,
- 4:06on a monté ça.
- 4:07Parce que c'était une nouveauté.
- 4:08C'était plein centre.
- 4:11Quand on crée une affaire comme ça,
- 4:13est-ce qu'on doute ?
- 4:14Est-ce qu'on se dit qu'on ne va pas être forcément à la hauteur ?
- 4:17Alors,
- 4:17je n'ai jamais douté de...
- 4:20Pas de moi,
- 4:21de la réussite.
- 4:22Parce que je...
- 4:23Toujours pareil,
- 4:24j'ai toujours mis tous les moyens pour que ça se passe bien.
- 4:26En amont,
- 4:27c'est tout le travail d'avant.
- 4:28Donc je n'ai pas eu de doute.
- 4:30J'ai des doutes tous les matins quand je me lève par contre.
- 4:33Ça c'est sûr que je me dis tous les matins,
- 4:35est-ce qu'il va y avoir du monde ?
- 4:37Est-ce que tout va rouler ?
- 4:39Il y a toujours des imprévus,
- 4:40des aléas.
- 4:42Alors je doute plutôt quotidiennement que sur un projet.
- 4:46Si je vais sur un projet,
- 4:47c'est que je pense que ça va marcher.
- 4:50Et ce doute du matin,
- 4:51comment on fait pour le gérer ?
- 4:54On ne gère pas,
- 4:55on fait avec et puis il s'instompe au fur et à mesure.
- 5:00C'est la mesure de la matinée,
- 5:01parce que le soir c'est la conséquence du travail du matin,
- 5:04parce que c'est le matin que tout se joue.
- 5:08La préparation,
- 5:09c'est surtout la préparation qui se joue le matin.
- 5:11Donc,
- 5:11création du pub,
- 5:13et puis en 2005-2006,
- 5:16vous reprenez le Berry.
- 5:18C'est un lieu emblématique,
- 5:19vous l'avez expliqué.
- 5:21Déjà,
- 5:21pourquoi ce choix ?
- 5:22Un jour,
- 5:23Jacqueline est venue me voir en me disant...
- 5:25François,
- 5:25je veux que tu reprennes le Berry.
- 5:27C'était en vendre depuis un petit moment quand même.
- 5:29Et puis,
- 5:29personne n'osait trop venir sur le Berry.
- 5:31Parce que passer après Jacqueline,
- 5:33c'était quand même très...
- 5:35Alors,
- 5:36on peut le dire 20 ans après,
- 5:37mais personne ne donnait cher de ma peau.
- 5:40Il est sympa François,
- 5:41mais ce n'est pas Jacqueline.
- 5:42Tout s'est enchaîné.
- 5:43J'ai acheté le Berry.
- 5:44Après,
- 5:45on a fait le comptoir du Berry qui était notre salle d'attente.
- 5:48Et ça,
- 5:48ça a été un élément.
- 5:49C'est mon frère Claude qui a développé quand même le Berry.
- 5:53Parce qu'on avait quand même...
- 5:55Une salle d'attente pour faire patienter les gens et plus dans le couloir aux 80.
- 5:59Ça,
- 6:00ça a été quand même un élément prépondérant.
- 6:01Dans le feu de l'action,
- 6:03vous êtes de suite pris par là-bas,
- 6:05par les gens.
- 6:06Vous n'avez pas le temps de réfléchir,
- 6:07de dire est-ce que là je suis bon,
- 6:09est-ce que là je ne suis pas bon.
- 6:10Bon Jacqueline m'a accompagné en moi,
- 6:11elle m'a présenté.
- 6:12Mais sincèrement,
- 6:13j'étais connu quand même.
- 6:14J'avais ma clientèle,
- 6:17il s'est passé ce que j'avais prévu.
- 6:18J'avais dit il y a 10%
- 6:20des gens qui vont partir parce que c'est plus Jacqueline.
- 6:23Mais il y a un 10%
- 6:23qui va en venir parce que c'est moi.
- 6:25Et ça s'est équilibré très vite.
- 6:27Et on a toujours été à la croissance depuis l'ouverture.
- 6:32Neuf ans plus tard,
- 6:33vous changez de lieu.
- 6:35On arrive là où on est,
- 6:36place Clémenceau toujours d'ailleurs.
- 6:39Vous doublez quasiment la capacité du restaurant.
- 6:43Pourquoi ce choix ?
- 6:45Je dirais même,
- 6:45pourquoi ce pari ?
- 6:46Ici,
- 6:47il était prévu de se monter un hippopotamus.
- 6:51Il y avait mon ami Bernard à la taverne de Metcanteur,
- 6:53avec qui je m'entendais très très bien.
- 6:56On s'est concertés et il me dit « mais tu devrais prendre peut-être,
- 7:00regarder à côté » .
- 7:03Le bailleur est venu me voir en me disant « mais t'es,
- 7:04j'ai un local peut-être » .
- 7:07Je me suis posé la question,
- 7:08mais j'ai surtout appelé Jacqueline,
- 7:11la fondatrice du Berry,
- 7:13en lui demandant ce qu'elle pensait de cette opportunité de déménager,
- 7:17de s'agrandir.
- 7:18Et elle m'a dit « mais vas-y » .
- 7:20fonce,
- 7:20feu,
- 7:21vas-y,
- 7:21je suis à fond derrière toi.
- 7:23Si tu as besoin de moi,
- 7:23je suis là,
- 7:24quoi qu'il arrive.
- 7:25Je pourrais t'aider financièrement,
- 7:27je pourrais t'aider en venant travailler,
- 7:30je ferais ce que tu veux,
- 7:30voilà.
- 7:31Dans l'entrepreneuriat,
- 7:32ce qu'il y a,
- 7:32c'est les gens qui font et les gens qui commentent ce que les gens font.
- 7:36Moi,
- 7:36je ne me pose pas de questions,
- 7:39je fais ce que je sens et je fais toujours avec mon cœur.
- 7:42Je n'ai jamais douté,
- 7:43en fait.
- 7:43Je n'ai jamais douté parce que,
- 7:45toujours pareil,
- 7:46pas à cause de moi,
- 7:46parce que j'avais une super équipe.
- 7:49Alors là,
- 7:50ils sont partis tous à la retraite,
- 7:51parce que tous les gens me disent qu'on n'est plus personne,
- 7:53mais bon,
- 7:55ça fait 20 ans que les gens partent à la retraite.
- 7:58Et ça,
- 7:58il a fallu construire aussi l'après-ancien du Béry.
- 8:03Ça fait 11 ans que vous êtes ici,
- 8:08ça fait près de 20 ans que vous avez repris cette affaire.
- 8:11Quelle satisfaction vous éprouvez justement par rapport à tout le chemin qui a été parcouru ?
- 8:15Je suis content du travail quand même engagé parce que c'est beaucoup de travail.
- 8:19Les gens en mesure,
- 8:20ils voient que juste la face de lumière quand on est devant la porte.
- 8:26Mais bon,
- 8:27je suis fier du travail engagé,
- 8:29je suis fier de mes équipes,
- 8:31je suis fier de tous les collaborateurs que j'ai eu ici.
- 8:34Franchement,
- 8:34je n'ai pas eu un prud'homme.
- 8:37Je suis plutôt fier de ça,
- 8:41d'être apprécié ou d'avoir été apprécié par mes collaborateurs.
- 8:45C'est quoi qui fait l'âme du Berry aujourd'hui ?
- 8:49Est-ce qu'il y a une âme ou est-ce que finalement c'est une affaire commerciale comme une autre ?
- 8:54C'est plutôt une institution,
- 8:55mais ça c'est pas moi qui le dis,
- 8:56c'est ce que disent les gens.
- 8:58Bon voilà,
- 8:58on va manger au Berry.
- 8:59Le Berry,
- 9:01c'est pas une mode.
- 9:03On est sortis de ces standards-là.
- 9:04On vient pas au Berry parce que c'est la mode de devenir au Berry.
- 9:07On vient au Berry parce qu'on veut manger vite fait.
- 9:10Jacqueline a créé cette institution.
- 9:13Jacqueline,
- 9:13c'est la...
- 9:15Ma maman de cœur qui m'a vendu l'affaire il y a 20 ans de ça,
- 9:18qui m'a fait confiance parce qu'elle voulait vraiment que l'esprit du Berry soit respecté,
- 9:23qu'on garde toute l'équipe.
- 9:26Moi j'ai mis mon égo de côté mais bien souvent les gens ne savent pas que je suis le patron ou je sers comme les autres ou que j'ai eu servi.
- 9:32Alors maintenant j'ai vieilli un peu mais à mes débuts je servais,
- 9:38je portais,
- 9:38je renais,
- 9:39je faisais,
- 9:40je m'invitais en cuisine donc j'ai fait tout ce qu'il y avait à faire.
- 9:44Et ça c'est important justement de...
- 9:45de connaître tous les aspects.
- 9:47C'est obligatoire.
- 9:48En fait,
- 9:48c'est obligatoire.
- 9:50Je contrôle tous les jours.
- 9:51Je goûte.
- 9:52Je goûte un escargot.
- 9:53Ils ont fait maison.
- 9:53On fait notre beurre d'ail.
- 9:55On fait notre sauce escargot.
- 9:57Et ça,
- 9:57c'est le charme de faire.
- 10:00de préparer et de ne pas acheter tout prêt.
- 10:02Parce que moi,
- 10:02j'ai dit toujours,
- 10:03la personne qui veut l'escargot avec toujours le même goût,
- 10:07il faut qu'il aille chez Picard et il achète un escargot,
- 10:09il a toujours le même goût.
- 10:10Nous,
- 10:10en fonction du cuisinier qui le prépare,
- 10:13il va être plus salé,
- 10:14moins salé,
- 10:15un peu plus piquant.
- 10:16Bon voilà,
- 10:17c'est fait maison.
- 10:18Comment on cultive cette motivation et cet engagement de toute l'équipe ?
- 10:22Parce que là,
- 10:22pour le coup,
- 10:23il ne faut pas qu'il y ait de grains de sable dans ce dispositif que vous venez de nous écrire.
- 10:28Ce qu'il faut,
- 10:28c'est essayer de donner à notre équipe l'envie de venir vous servir.
- 10:34Pour ça,
- 10:34ça passe par des phases de repos qu'il faut respecter.
- 10:37C'est fini le temps du serveur qui faisait 80 heures par semaine.
- 10:41Je l'ai connu il y a 20 ans,
- 10:42il faisait 70 heures par semaine.
- 10:45En cuisine,
- 10:46ils ont un planning top.
- 10:49Je pense que quand ils arrivent,
- 10:51il faut manager,
- 10:52il faut que ce soit de bons enfants.
- 10:55Il faut que ça reste humain.
- 10:58Ce n'est pas que mes employés,
- 11:01c'est mes collaborateurs.
- 11:02On passe plus de temps avec eux qu'avec notre famille,
- 11:04des fois.
- 11:05Vous l'avez dit au début,
- 11:06votre fille Lisa vous a rejoint.
- 11:09Qu'est-ce que ça représente pour vous ?
- 11:10Déjà,
- 11:10qu'est-ce que vous avez dit quand elle vous a dit « Tiens,
- 11:14j'aimerais bien venir travailler avec toi » .
- 11:15Je lui ai demandé si elle était vraiment prête.
- 11:18Parce que c'est quand même un engagement de
- 11:22100% de notre vie.
- 11:23Alors,
- 11:23ça,
- 11:23elle ne le mesure pas encore parce que ce n'est pas à elle totalement.
- 11:27Moi,
- 11:27je me lève Berry,
- 11:29je mange Berry,
- 11:30je me couche Berry,
- 11:31je dors Berry,
- 11:32je rêve du Berry.
- 11:36Quand les gens me disent,
- 11:36ça me fait rigoler,
- 11:37« Oh,
- 11:38t'as pas vu hier,
- 11:38tu travaillais pas ? »
- 11:39Non,
- 11:39non,
- 11:39mais si je travaillais pas ici,
- 11:40je travaillais chez moi.
- 11:41Et je travaillais du chapeau aussi.
- 11:44Mais je suis très fier,
- 11:46je lui ai dit,
- 11:47« Est-ce que tu es prête ? »
- 11:48Et je n'ai pas du doute du tout sur sa capacité à mener le projet à bien.
- 11:52Et puis,
- 11:53elle va peut-être amener un souffle nouveau.
- 11:55Alors,
- 11:55toujours pareil.
- 11:57Avec des pincettes,
- 11:58on y va petit à petit,
- 11:59on ne touche pas grand chose au Berry.
- 12:01On essaie toujours d'améliorer,
- 12:03mais on n'a pas changé grand chose.
- 12:04C'est toujours les mêmes cartes,
- 12:05c'est toujours les mêmes sel,
- 12:06poivre.
- 12:07Je lui montre sur le tas ce que j'ai appris moi.
- 12:10Je lui confie les clés du camion sans problème.
- 12:12Hier soir,
- 12:13c'était la fête de la musique,
- 12:14on a fait un très très gros service.
- 12:15C'était elle à l'accueil,
- 12:16je l'ai laissé gérer.
- 12:18Moi j'étais dans l'ombre,
- 12:19je faisais,
- 12:20je redressais,
- 12:20je serrais des mains,
- 12:21j'allais voir si tout allait bien,
- 12:23mais elle a géré ça parfaitement bien.
- 12:27Et ça,
- 12:27c'est important justement d'avoir une famille derrière vous parce que...
- 12:31Ça a été la clé de la réussite parce que ça permet de ne pas se perdre.
- 12:35Quand on rentre à la maison,
- 12:36on est rattrapé par la routine de tous les jours,
- 12:38comme toutes les familles.
- 12:39Mais ça,
- 12:41c'est quelque chose dont je suis le plus fier.
- 12:43Ça,
- 12:43c'est sûr.
- 12:44J'ai réussi ma vie familiale.
- 12:46Comment on arrive à trouver cet équilibre entre le travail,
- 12:49vous l'avez dit,
- 12:50vous pensez beaucoup au Berry,
- 12:51et l'équilibre avec sa famille ?
- 12:54Pour partager avec sa famille,
- 12:55c'est...
- 12:56Ses doutes,
- 12:57ses réussites,
- 12:58c'est quand même très important de partager.
- 13:02Il ne faut pas garder tout pour soi.
- 13:04Au début,
- 13:04je gardais pas mal,
- 13:05je me disais.
- 13:06Et puis,
- 13:06en fait,
- 13:07je me suis rendu compte qu'en discutant,
- 13:09en échangeant,
- 13:12ça faisait avancer les choses.
- 13:13C'est quand même,
- 13:14il faut toujours parler.
- 13:15Si vous pouviez parler au jeune François Tillos,
- 13:18qui avait à l'époque 25 ans,
- 13:20qu'est-ce que vous lui diriez ?
- 13:22Alors là,
- 13:23sincèrement,
- 13:23je ne change rien.
- 13:25Vas-y,
- 13:25fonce !
- 13:26Il n'y a que comme ça que ça marchera.
- 13:28Ce n'est pas,
- 13:29comme je disais tout à l'heure,
- 13:30en regardant ce que font les autres,
- 13:32qu'on réussit.
- 13:33Qu'est-ce qui vous motive encore aujourd'hui ?
- 13:36Ce qui me motive,
- 13:38c'est de former ma fille pour le futur.
- 13:41Ça,
- 13:41c'est ce qui me motive.
- 13:42Et puis,
- 13:43il y a quand même la charge économique.
- 13:45Et ça,
- 13:46c'est quelque chose que mesurent que les chefs d'entreprise.
- 13:51C'est de faire vivre 38 familles parce qu'il y a 38 salaires.
- 13:55Il faut que tout le monde soit payé le 1er du mois.
- 13:56Et ça,
- 13:57c'est la motivation,
- 13:58quand même,
- 13:59la motivation numéro 1.
- 14:00Au-delà de tout l'aspect commercial,
- 14:03on a la charge quand même de faire vivre 38 familles.
- 14:06Si quelqu'un nous écoute et qui a envie de monter une affaire,
- 14:09un restaurant,
- 14:11quel conseil vous lui diriez ?
- 14:13De trouver un bon comptable.
- 14:15Moi,
- 14:15j'ai le même comptable depuis 20 ans.
- 14:17C'est quelqu'un qui soit à l'écoute de votre projet.
- 14:21Bon,
- 14:21maintenant...
- 14:23On ne monte plus un restaurant ou un bar comme on montait avant.
- 14:26Avant,
- 14:26on le montait,
- 14:27on y allait à fond,
- 14:28on fonçait.
- 14:28Moi,
- 14:28le premier,
- 14:30on faisait une espèce de prévisionnel.
- 14:31Maintenant,
- 14:32le prévisionnel est plus important que tout le reste.
- 14:36Les marges se sont réduites,
- 14:40le personnel a changé.
- 14:42Depuis le Covid,
- 14:43tout le monde le dit,
- 14:44mais c'est vrai,
- 14:44quand même,
- 14:45les gens aspirent à un peu plus de tranquillité.
- 14:48Mesurez bien,
- 14:49calculez bien votre projet parce que c'est quand même...
- 14:52Très très compliqué.
- 14:53Il y a la fréquentation,
- 14:54parce que même quand on a la fréquentation,
- 14:55c'est pas dit du tout qu'à la fin du mois,
- 14:58on puisse payer tout le monde.
- 15:01C'est quand même compliqué.
- 15:02Le titre de ce podcast,
- 15:03c'est l'état d'esprit.
- 15:05C'est quoi l'état d'esprit de François Tillos ?
- 15:08Fonceur.
- 15:09Oui,
- 15:10quand même,
- 15:10à la base,
- 15:11il faut...
- 15:15Alors maintenant,
- 15:15je suis plus posé qu'avant.
- 15:17Mais franchement,
- 15:18je ne me suis jamais trop posé de questions.
- 15:20Tous les jours,
- 15:21je me pose des questions,
- 15:21savoir s'il y a du monde,
- 15:22et si tout va bien se passer.
- 15:23Mais sur l'entrepreneuriat,
- 15:25j'ai toujours été...
- 15:27J'ai mené deux projets,
- 15:28le haut bureau et le mairie.
- 15:30Mais j'ai toujours foncé.
- 15:32Il faut croire en ses idées,
- 15:33croire en soi,
- 15:34croire en ses projets,
- 15:36et puis bien s'entourer.
- 15:37Ça,
- 15:37c'est essentiel.
- 15:39Merci François Tillos pour ce moment d'échange et de sincérité.
- 15:43N'hésitez pas à partager cet épisode autour de vous,
- 15:45sur quoi t'es.
- 15:47les autres conversations de l'état d'esprit sur toutes les bonnes plateformes des podcasts spotify apple google ou encore Ausha on se retrouve très vite pour un nouvel épisode