Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / La vie malgré tout : résilience, liberté et joie de vivre avec Cécilia.
Transcript
- 0:03Flamme des années 80.
- 0:05Le podcast qui allume la femme.
- 0:09Avant de plonger dans l'épisode,
- 0:11j'avais envie de te dire que si ce podcast résonne pour toi,
- 0:14si mon énergie te parle et que tu ressens l'envie d'aller plus loin,
- 0:17je peux t'accompagner en coaching,
- 0:19en individuel ou en groupe,
- 0:21pour t'aider à révéler ta flamme et prendre ta place.
- 0:24Je suis coach certifié RNCP et je crée des espaces bienveillants,
- 0:28sécurisants et transformateurs.
- 0:31Je propose aussi une retraite,
- 0:32donc la prochaine aura lieu du 10 au 14 octobre 2026,
- 0:35près d'Aix-en-Provence,
- 0:36autour des constellations familiales et de la libération émotionnelle,
- 0:40avec Emma Nicolas de la chronique L'âme des flammes.
- 0:43Tu peux retrouver toutes ces infos sur mon site sarahginac.com,
- 0:47le lien est dans la description.
- 0:48Et maintenant,
- 0:49je te laisse avec l'épisode de la semaine.
- 0:51Bonjour,
- 0:52alors je suis très heureuse aujourd'hui de vous retrouver en cette première semaine de rentrée,
- 0:55en fait,
- 0:56ça y est.
- 0:57Les vacances sont terminées pour beaucoup d'entre nous.
- 1:00Et en fait,
- 1:00c'est une émission un peu spéciale que je vous propose aujourd'hui parce que,
- 1:04comme vous savez,
- 1:04dans Flamme des années 80,
- 1:06je parle de tout,
- 1:07de ce que je traverse,
- 1:08de mes questionnements,
- 1:09des choses qui m'inspirent,
- 1:10que j'ai envie de découvrir,
- 1:12mais aussi des personnes qui m'inspirent et que je rencontre au fil du temps.
- 1:15Voilà.
- 1:16Donc,
- 1:17Cécilia est avec nous.
- 1:18On l'avait déjà invitée il y a quelques temps,
- 1:20mais là,
- 1:20j'avais envie de la réinviter pour cette rentrée.
- 1:22Donc,
- 1:22bonjour Cécilia.
- 1:23Bonjour.
- 1:25Bonjour.
- 1:26Pourquoi est-ce que vous m'avez invitée dans cette émission ?
- 1:29Donc en fait,
- 1:31Cecilia c'est mon amie,
- 1:32c'est mon amie que j'adore,
- 1:34et j'ai passé beaucoup de temps avec elle cet été,
- 1:36et je me suis dit qu'on devrait tous avoir une Cecilia dans sa vie,
- 1:39alors aujourd'hui j'avais envie de vous la partager un petit peu,
- 1:42je la récupère après,
- 1:42ne vous inquiétez pas.
- 1:45Et donc,
- 1:46parce que voilà,
- 1:46pourquoi est-ce que je vous l'invite pour la rentrée ?
- 1:48Parce que souvent la rentrée c'est le moment où on a envie de changer,
- 1:51de repartir,
- 1:52d'avoir de nouveaux objectifs.
- 1:54Et parfois,
- 1:55on ne choisit pas forcément ce qui nous arrive ou les changements qu'on est en train de vivre.
- 2:00Et on doit s'adapter et se réinventer.
- 2:01Et je pense que Cécilia,
- 2:03pour moi,
- 2:04c'est la personne.
- 2:06C'est un peu un teasing incroyable que je suis en train de faire.
- 2:08Qui a vraiment réussi à se réinventer de la plus belle des manières.
- 2:12Et quand on est avec Cécilia,
- 2:14on voit la joie,
- 2:15la beauté,
- 2:15la lumière.
- 2:16Non,
- 2:16je vous jure que c'est vrai.
- 2:17Je vous mettrai des photos de Cécilia pour que vous alliez voir.
- 2:20Donc voilà,
- 2:21c'est pour ça.
- 2:22Alors,
- 2:23Cécilia,
- 2:23est-ce que tu veux te présenter un peu plus ?
- 2:26Vas-y,
- 2:27présente-moi.
- 2:29Donc,
- 2:29c'est ce que je vous disais.
- 2:30Donc,
- 2:30Cécilia,
- 2:30en fait,
- 2:30elle a vécu d'une manière,
- 2:32on va dire,
- 2:33extrêmement brutale,
- 2:34le fait qu'il y a quelques années,
- 2:35elle a eu un grave accident de scooter qui a bouleversé sa vie,
- 2:38son corps.
- 2:38Et aujourd'hui,
- 2:39donc,
- 2:39elle est paralysée et amputée d'une jambe.
- 2:42Et pourtant,
- 2:42quand on la voit,
- 2:43c'est exactement la joie de vivre et c'est tout ce qu'on aimerait nous être,
- 2:47entre guillemets,
- 2:48au quotidien.
- 2:49Voilà.
- 2:49Mais bon,
- 2:50Cécilia,
- 2:50ce n'est pas que ça,
- 2:50c'est une art.
- 2:51artiste,
- 2:51c'est une créatrice,
- 2:53c'est quelqu'un d'assez extraordinaire.
- 2:55Et donc voilà,
- 2:56j'avais un petit peu envie de vous la présenter.
- 3:03Qu'est-ce que tu peux nous dire de toi ?
- 3:05C'est difficile de rebondir là-dessus.
- 3:07Merci pour cette belle présentation,
- 3:09ça me touche beaucoup.
- 3:12Que dire de moi ?
- 3:15J'ai 45 ans,
- 3:16je suis photographe réalisatrice.
- 3:19Et effectivement,
- 3:20à l'âge de 40 ans,
- 3:21j'ai été gravement blessée,
- 3:25même si on peut dire ça comme ça,
- 3:27gravement accidentée par un chauffard alors que j'étais en scooter.
- 3:31Et donc,
- 3:32j'ai eu plusieurs blessures mortelles et je m'en suis sentie par je ne sais quel miracle,
- 3:39même si je sais à peu près pourquoi.
- 3:41J'ai quelqu'un qui m'a sauvée,
- 3:42qui a fait deux gestes pour me sauver et qui m'a fait deux garrots.
- 3:47en groupe,
- 3:47mais bon,
- 3:47il n'y a pas que lui,
- 3:48il y a les médecins et après,
- 3:49on ne sait pas pourquoi j'ai survécu,
- 3:51mais je suis toujours là,
- 3:53bien coriace.
- 3:55Et donc,
- 3:55depuis 5 ans maintenant,
- 3:57je vis avec ce handicap et ma vie,
- 3:59comme tu disais,
- 3:59a complètement été chamboulée puisque,
- 4:02comme on s'en doute,
- 4:04photographe,
- 4:04réalisatrice,
- 4:05faire fauteuil,
- 4:06c'est compliqué.
- 4:07Surtout qu'en plus,
- 4:07tu étais allée voyager dans le monde entier,
- 4:10tu partais avec ton sac à dos,
- 4:12avec tes appareils photos,
- 4:13enfin,
- 4:13tu vois,
- 4:13c'était vraiment une aventurière.
- 4:15Alors oui,
- 4:16là,
- 4:16c'est totalement incompatible avec la vie de fauteuil.
- 4:19C'est-à-dire que vraiment pour mes reportages et pour mon travail,
- 4:23j'étais JRI également,
- 4:24donc journaliste,
- 4:24reporter d'image,
- 4:26pour des boîtes de prod.
- 4:27Donc,
- 4:27je travaillais à la fois à mon compte,
- 4:30pour des gens,
- 4:31en photo,
- 4:32en vidéo.
- 4:33Et je réalisais ou simplement je filmais.
- 4:36Et donc,
- 4:36j'étais envoyée aux quatre coins de la France,
- 4:38aux quatre coins du monde.
- 4:39Je voyageais avec mon backpack et mon appareil photo autour du coup.
- 4:43j'allais à l'étranger,
- 4:44seule.
- 4:45pendant plusieurs semaines parcourir un pays.
- 4:48Donc effectivement,
- 4:48là aujourd'hui,
- 4:49en fauteuil,
- 4:51c'est plus possible,
- 4:53parce que déjà,
- 4:55comme je suis paraplégique à partir du nombril,
- 4:58je n'ai plus mes abdos pratiquement,
- 5:00donc mon appareil photo pèse une tonne,
- 5:02là où avant il était lourd,
- 5:04certes,
- 5:04mais voilà,
- 5:05il était plus facile à porter.
- 5:07Et je ne peux pas mettre un poids trop lourd sur mes épaules,
- 5:11parce que sinon je suis entraînée par la...
- 5:13en arrière et puis de toute façon,
- 5:16au-delà du sac à dos,
- 5:18le backpack et autres appareils photo à transporter,
- 5:21il y a aussi l'accessibilité.
- 5:23Là,
- 5:23les allées,
- 5:24les pays comme l'Afrique ou l'Amérique du Sud,
- 5:27l'Asie,
- 5:27c'est compliqué d'accès seul en tout cas.
- 5:30Je ne dis pas que c'est impossible mais en tout cas,
- 5:32il faut quelqu'un pour porter,
- 5:33pour aider à se lever,
- 5:35à traverser les rues esquintées,
- 5:39les marches,
- 5:39etc.
- 5:41Alors moi qui te côtoie quand même assez quotidiennement,
- 5:42on n'a pas besoin d'aller en Amérique du Sud ou en Afrique du Sud ou n'importe où dans le monde pour que ce ne soit pas forcément facile d'accès.
- 5:49Alors effectivement,
- 5:50ça commence en bas de chez moi.
- 5:53Oui,
- 5:54l'accessibilité,
- 5:54de toute façon,
- 5:55ce n'est pas qu'à l'étranger.
- 5:56D'ailleurs,
- 5:56il y a certains pays qui sont bien plus accessibles,
- 5:59comme les États-Unis ou les pays anglo-saxons.
- 6:05Ils sont bien plus en avance.
- 6:06Je crois que là au Japon aussi.
- 6:08Mais c'est vrai que la France,
- 6:09c'est assez catastrophique de ce point de vue-là.
- 6:12Et c'est pour ça aussi que je t'ai invitée,
- 6:13c'est pour aussi remettre les choses en perspective.
- 6:17Parce qu'en fait,
- 6:18quand on peut tout faire,
- 6:19moi j'appelle ça la théorie du nez bouché,
- 6:21qui est un peu nulle,
- 6:21mais ça va parler à tout le monde.
- 6:24Quand on a le nez bouché et qu'on ne peut plus respirer normalement,
- 6:27on se rend compte de la capacité qu'on a tous les jours de respirer.
- 6:31Alors qu'en fait,
- 6:32quand on a le nez bouché et qu'on ne peut plus le faire,
- 6:34ça commence à être compliqué.
- 6:35Parce qu'on se dit,
- 6:36ah là là,
- 6:36mon Dieu,
- 6:37la vie,
- 6:37c'est très dur et tout.
- 6:38Donc,
- 6:38Cécilia,
- 6:39quotidiennement,
- 6:39quand elle se lève,
- 6:41quand elle met vraiment beaucoup de temps à se préparer,
- 6:43j'en parle beaucoup dans mes coachings,
- 6:44parce que pour moi,
- 6:45c'est une vraie source d'inspiration.
- 6:46Le matin,
- 6:47quand je me dis,
- 6:48je ne sais pas,
- 6:49ça ne va pas,
- 6:50je pense à Cécilia et je me dis,
- 6:51attends,
- 6:51qu'est-ce que Cécilia est en train de faire en ce moment ?
- 6:53Donc,
- 6:54c'est vrai que c'est aussi une bonne piqûre de rappel,
- 6:55Cécilia,
- 6:56pour se dire,
- 6:56en fait,
- 6:57alors,
- 6:57tu n'es pas la seule,
- 6:58évidemment,
- 6:59sur la planète à être en fauteuil,
- 7:01mais c'est vrai que...
- 7:02Nous,
- 7:02comme on peut fonctionner normalement,
- 7:04marcher et tout,
- 7:04on ne se rend pas compte de la chance qu'on a de pouvoir accéder à tout.
- 7:08Et ne serait-ce que d'aller,
- 7:09j'en sais rien,
- 7:09au café d'à côté,
- 7:11si un mec s'est mal garé,
- 7:12tout devient hyper compliqué.
- 7:13Ne serait-ce que l'ascenseur quand il est en panne.
- 7:16Tout est compliqué,
- 7:16ça c'est vrai.
- 7:18Je suis restée depuis le début de l'année,
- 7:21une quinzaine de jours bloquée chez moi.
- 7:23Et encore,
- 7:23ça ne sert à rien,
- 7:24j'ai plein d'amis qui restent trois semaines d'affilée bloqués et plus.
- 7:29Parce que l'ascenseur ne fonctionne pas.
- 7:30Parce que l'ascenseur ne fonctionne pas,
- 7:31mais effectivement,
- 7:32c'est au quotidien,
- 7:33on ne se rend pas compte.
- 7:35Alors là,
- 7:35c'est l'accessibilité,
- 7:36c'est-à-dire que c'est le côté émergé de l'iceberg.
- 7:39Donc oui,
- 7:39un vélo garé en plein milieu d'être un trottoir,
- 7:43un trottoir trop étroit,
- 7:44ou avec des cagnes ou des crottes de chien,
- 7:46ou une voiture garée sur un passage piéton pile-poil là où il y a le bateau pour que je puisse descendre,
- 7:51etc.
- 7:53C'est l'accessibilité au quotidien que les gens peuvent s'apercevoir.
- 7:57Mais après,
- 7:58le handicap implique énormément de choses qu'on ne voit pas et généralement dont on ne parle pas,
- 8:05entre nous six,
- 8:05mais pas avec les valides.
- 8:07Et comme tu dis,
- 8:08moi,
- 8:08je me suis rendue compte de l'incroyable machine qu'était le corps humain,
- 8:12qui est complètement fou.
- 8:14Parce que,
- 8:15bon,
- 8:15un exemple tout simple,
- 8:16mais moi aujourd'hui,
- 8:17je n'ai plus les mêmes,
- 8:18les mêmes,
- 8:19comment je ferais appeler ça,
- 8:21donc sensations,
- 8:22bien évidemment.
- 8:23Mais par exemple,
- 8:24si j'ai envie de faire pipi,
- 8:25je ne l'ai plus.
- 8:25Moi,
- 8:26c'était...
- 8:27ce phénomène-là.
- 8:28Et donc,
- 8:29il faut que je calcule,
- 8:30il faut que je mette,
- 8:31alors maintenant,
- 8:32je ne le mets plus,
- 8:32mais je mettais un réveil les trois heures pour penser à me sonder parce qu'en fait,
- 8:38notre corps humain est tellement bien fait que lorsqu'il faut qu'on se sonde entre guillemets naturellement,
- 8:43eh bien,
- 8:43on nous envoie un message et on va aux toilettes.
- 8:46Moi,
- 8:46je n'ai plus ce message-là,
- 8:47donc il faut tout anticiper,
- 8:49tout réfléchir,
- 8:50tout programmer,
- 8:51etc.
- 8:52Et c'est là où on s'aperçoit que le corps humain est quand même assez extraordinaire.
- 8:55Et toi,
- 8:56en fait,
- 8:57le fait d'être ton ami et de te voir au quotidien avec la joie de vivre et le bonheur que tu dégages en soirée avec Cécilia.
- 9:05On est avec Cécilia,
- 9:06il y a toute la soirée qui va venir nous parler.
- 9:08C'est à dire,
- 9:08c'est un magnétique.
- 9:10Et c'est vrai que je pense qu'il y a aussi beaucoup de gratitude parce que quand on parle justement de Réustin,
- 9:16des fois quand on se dit quand on n'a pas de problème de santé,
- 9:19quand on est bien,
- 9:20on se dit il faut que je fasse ma gratitude.
- 9:21Ah bah en fait il m'arrive rien de bien en ce moment.
- 9:24Et en fait,
- 9:24bah non mais Merci.
- 9:25juste de pouvoir aller aux toilettes,
- 9:26de marcher,
- 9:26de pouvoir respirer,
- 9:27de pouvoir...
- 9:28Enfin,
- 9:28tout ça,
- 9:29c'est vraiment aussi...
- 9:30C'est pour ça aussi que j'avais envie de faire cette émission avec toi,
- 9:32pour montrer aussi que cette gratitude,
- 9:34comment toi tu fais justement à la trouver tous les matins ?
- 9:36Et c'est quoi en fait ce déclic qu'il y a eu à un moment donné dans ta vie ?
- 9:39Alors,
- 9:40moi,
- 9:40la petite différence,
- 9:41c'est que je pense que j'ai toujours été comme ça.
- 9:45L'accident,
- 9:46le handicap ne m'a pas changée.
- 9:47J'ai toujours été très reconnaissante d'être en vie,
- 9:50d'avoir la chance d'avoir cette vie.
- 9:52J'ai adoré ma vie.
- 9:53Je me donnais les moyens aussi,
- 9:55mais on peut se dire que j'étais bien née dans une famille,
- 9:59on va dire,
- 9:59somptueuse,
- 10:00modeste et classique.
- 10:01Mais je suis quand même née à Nice,
- 10:03où il fait beau,
- 10:04en France,
- 10:05où même s'il y a des petits soucis,
- 10:07globalement,
- 10:08on n'a quand même pas à se plaindre,
- 10:09etc.
- 10:11Je me suis donné les moyens pour faire le métier de mes rêves,
- 10:13je voyageais.
- 10:14Enfin bon,
- 10:15j'étais en bonne santé,
- 10:16donc je n'avais pas de soucis.
- 10:17donc j'étais déjà très...
- 10:19reconnaissante pour ce qu'on m'avait offert à ma naissance,
- 10:23on va dire.
- 10:24Et l'accident,
- 10:26après,
- 10:27je ne sais pas,
- 10:28est-ce que ça m'a...
- 10:29Non,
- 10:30ça ne m'a pas changé.
- 10:32Après,
- 10:33effectivement,
- 10:33pour moi,
- 10:34aujourd'hui,
- 10:34une bonne journée,
- 10:35c'est une journée où je ne me suis pas tombée,
- 10:36où je ne me suis pas fait mal aux épaules en juste roulant,
- 10:41en allant chercher quelque chose à la pharmacie,
- 10:43où je n'ai pas eu une fichure de nerfs ou quelque chose comme ça.
- 10:47C'est des choses beaucoup plus basiques.
- 10:49Là où,
- 10:50effectivement,
- 10:50nous,
- 10:51on va dire occidentaux,
- 10:54on est tout le temps à la recherche de sensations ou de choses peut-être incroyables.
- 10:58Et on oublie peut-être un peu le fondamental.
- 11:00C'est-à-dire que juste vivre normalement sans avoir trop de galères.
- 11:05Mais bon,
- 11:05après,
- 11:06c'est la perspective que chacun a.
- 11:09Et je ne pourrais pas donner de conseils spécialement parce qu'en fait,
- 11:13c'est tellement inné,
- 11:13je pense.
- 11:14Quand j'ai eu l'accident,
- 11:15j'étais tellement heureuse d'être en vie.
- 11:18Les médecins avaient dit à mes parents que c'était incroyable que je sois en vie et que si je me réveillais de mon coma,
- 11:23je devais être un légume.
- 11:24Donc j'ai toute ma tête,
- 11:26j'ai encore mes bras,
- 11:27donc je peux faire encore beaucoup de choses.
- 11:28Alors c'est vrai que c'est compliqué.
- 11:31Comme tu disais,
- 11:31le matin,
- 11:32j'en ai une heure et demie,
- 11:33deux heures à me préparer.
- 11:34Je ne peux pas raccourcir.
- 11:37Donc il faut de la motivation.
- 11:38Et après la préparation,
- 11:39je reste fatiguée parce que c'est compliqué.
- 11:42Mais donc il faut de la motivation.
- 11:44Mais à la fois,
- 11:46la vie est belle quand même.
- 11:47Donc,
- 11:48il n'y a pas de raison.
- 11:48On peut tout faire,
- 11:49en fait,
- 11:49même si on a un handicap.
- 11:50Et au contraire,
- 11:51je pense que c'est là où on s'aperçoit qu'on a de la chance.
- 11:55Donc,
- 11:55encore plus,
- 11:56peut-être.
- 11:57Et les jours où ça ne va pas trop pour...
- 12:01Je pense que tous les jours,
- 12:01après-midi,
- 12:02ils vont penser à toi le matin.
- 12:03Tous les matins,
- 12:04tu vas avoir plein de pensées.
- 12:05Ah oui,
- 12:05OK,
- 12:05d'accord.
- 12:06Mais qu'est-ce que quand les jours où ça ne va pas trop,
- 12:08tu as des petits tips ?
- 12:09Qu'est-ce que tu fais pour te redonner la motivation quand même ?
- 12:12Oui,
- 12:12parce que...
- 12:13J'ai le fourrir tout le temps,
- 12:14je suis de bonne humeur et je suis heureuse de vivre,
- 12:17mais il y a des jours où ça ne va pas et c'est normal,
- 12:19comme tout le monde.
- 12:20Et puis je trouve que c'est dur et j'ai beaucoup de douleurs,
- 12:23c'est compliqué.
- 12:24Et puis tout devient compliqué quand on est en fauteuil.
- 12:28Et moi,
- 12:29mon petit remède,
- 12:30quand je suis sortie de centre de rééducation,
- 12:34c'est là où je me suis pris la claque.
- 12:35Après neuf mois de centre de rééducation,
- 12:37c'est quand on sort dans la vraie vie,
- 12:39entre guillemets,
- 12:40donc on ne retrouve pas sa vie.
- 12:41que j'avais mis 40 ans à construire,
- 12:44qu'effectivement,
- 12:45je mets deux heures le matin,
- 12:46que dès que je me réveille,
- 12:47j'ai d'énormes douleurs.
- 12:48Donc,
- 12:49on se dit,
- 12:49mais comment je vais vivre avec tout ça ?
- 12:51Et moi,
- 12:51mon petit tip,
- 12:52c'est la musique.
- 12:54Donc,
- 12:55je m'inonde de musique aléatoire.
- 12:58Alors,
- 12:58parfois,
- 12:58il y a des musiques un peu tristes et ça me plante et je pleure quand même.
- 13:02Mais j'accueille mes sentiments.
- 13:04Si je ne vais pas bien,
- 13:05je les accueille déjà.
- 13:06Je n'essaie pas de masquer les jours où je ne vais pas bien.
- 13:09Il y a des jours où ça ne va pas.
- 13:11ou c'est plus dur parce qu'on est plus fragile,
- 13:13on est plus sensible et on a de mauvaises nouvelles ou alors on a accumulé trop de petits problèmes d'accessibilité ou de soucis liés au handicap,
- 13:25etc.
- 13:26Ou tout simplement,
- 13:27je ne sais pas,
- 13:30quelqu'un qui m'appelle pour faire un boulot mais en fait je ne peux plus le faire et donc ça me prend le cœur et donc la journée est un peu plus triste qu'une autre.
- 13:39Et en fait,
- 13:40déjà,
- 13:40je l'accueille.
- 13:41Donc,
- 13:41le sentiment,
- 13:42je ne vais pas bien,
- 13:43ce n'est pas grave.
- 13:43Demain,
- 13:43ça ira mieux ou peut-être dans une heure.
- 13:45Et je m'aide quand même avec beaucoup de musique.
- 13:47Et là,
- 13:48je mets de la musique dès le matin et tout au long de la journée.
- 13:52Et tu danses aussi.
- 13:53Ah oui,
- 13:53je danse.
- 13:54Oui,
- 13:54ça,
- 13:55typiquement,
- 13:55moi,
- 13:56j'avais toujours aimé danser.
- 13:57Et c'était un crève-cœur.
- 13:59Je pensais que je n'allais plus pouvoir danser.
- 14:01Alors,
- 14:01danser sous toutes ses formes.
- 14:03Ma mère était prof de danse,
- 14:04donc j'ai fait toute ma jeunesse de la danse.
- 14:06Et après,
- 14:07j'ai dansé...
- 14:08Que ce soit du jazz classique claquette,
- 14:10mais après en soirée également.
- 14:13Et en fait,
- 14:13depuis trois ans,
- 14:15j'ai incrusté un cours de valide en danse contemporaine.
- 14:18Donc,
- 14:18ils ont vu arriver Cécilia en fauteuil.
- 14:20La prof,
- 14:20elle a fait une tête ?
- 14:22Avant,
- 14:22c'était une courante.
- 14:23Ah d'accord.
- 14:24La prof m'a dit,
- 14:25je suis tombée sur une terre et je pense que je n'aurais pas pu mieux tomber parce qu'elle m'a accueillie alors qu'elle ne connaissait rien au handicap et qu'elle n'était pas du tout spécialisée.
- 14:34Et moi,
- 14:34je ne savais pas comment on allait avancer toutes les deux.
- 14:37Elles non plus.
- 14:38Et en fait,
- 14:39comme quoi,
- 14:40quand on accueille les choses et que chacun aimait du sien,
- 14:43en fait,
- 14:44on s'éclate aujourd'hui.
- 14:45Mes copines de danse aussi,
- 14:47j'ai l'impression qu'elles ont changé leur regard sur le handicap.
- 14:53Et je me sens totalement danseuse avec elles,
- 14:57complètement inclue,
- 15:01vraiment totalement.
- 15:02Donc voilà,
- 15:03quand on veut et quand...
- 15:05On se donne un peu les moyens,
- 15:06on peut totalement faire de l'inclusion.
- 15:09Et la danse,
- 15:09c'est merveilleux.
- 15:10C'est-à-dire que c'est vrai que...
- 15:12Après,
- 15:12je pense que...
- 15:13Chacun le voit aussi,
- 15:15chacun a ses attractions.
- 15:16Moi,
- 15:16c'est l'art sous toutes ses formes.
- 15:18C'est vrai que si je vais voir une exposition de peinture,
- 15:21ou un film,
- 15:22ou écouter de la musique,
- 15:24ou de la danse,
- 15:24un ballet,
- 15:25ou une pièce de théâtre,
- 15:26moi je suis en trance,
- 15:27on va dire.
- 15:29Mais ça,
- 15:29c'était avant mon accident,
- 15:31et je continue à clôturer ça.
- 15:35C'est-à-dire que l'art sous toutes ses formes,
- 15:38moi ça me transporte,
- 15:39ça me fait oublier mon handicap.
- 15:42mes douleurs,
- 15:42le temps de danser ou le temps d'un spectacle.
- 15:45Par exemple,
- 15:45je me rappelle quand j'étais en centre de rééducation,
- 15:48avec mes parents,
- 15:48on voulait aller voir une exposition à Louis Vuitton.
- 15:51J'étais du côté de Garches à l'époque.
- 15:54Et en fait,
- 15:54ça n'allait pas.
- 15:55On avait galéré à trouver une place pour se garer.
- 15:57Mon père n'avait pas pu venir avec nous.
- 15:59J'étais tombée à l'arrivée de la fondation Louis Vuitton.
- 16:05Donc,
- 16:05je n'étais pas très bien.
- 16:07Il y avait beaucoup de monde.
- 16:08Les gens me regardaient bizarrement.
- 16:10Je n'étais pas en grande forme ce jour-là.
- 16:12Et en fait,
- 16:13je suis arrivée devant un tableau de Picasso,
- 16:15portrait d'Hombreuse Vollard,
- 16:16que j'adore.
- 16:18Et tout de suite,
- 16:19j'ai tout oublié.
- 16:20J'en avais les larmes aux yeux,
- 16:21mais de bonheur.
- 16:22Et tous les problèmes que j'avais eus depuis le matin se sont volés.
- 16:29Donc voilà,
- 16:29je pense qu'il faut chacun trouver son petit réconfort.
- 16:33Moi,
- 16:34c'est l'art.
- 16:35Je ne sais pas pour d'autres.
- 16:36Alors,
- 16:37je sais que beaucoup...
- 16:38de personnes en situation de handicap se penchent vers le sport.
- 16:41Moi,
- 16:41je n'ai pas à mettre cette injonction-là.
- 16:43C'est sûr que c'est important de faire du sport.
- 16:45Moi,
- 16:45j'adore ça aussi,
- 16:46je fais beaucoup de sport.
- 16:47Mais ce n'est pas non plus une obligation pour aller mieux.
- 16:51Ça fait partie,
- 16:52mais il faut s'entretenir.
- 16:53Mais ça peut être la lecture,
- 16:56ça peut être son petit jardin à soi,
- 16:59ses petits clésias.
- 17:00Mais en tout cas,
- 17:00c'est faire clésias.
- 17:02Par contre,
- 17:02ce qui est génial,
- 17:03parce que je pense que tout le monde l'a noté,
- 17:04sauf toi,
- 17:05ce qui est génial,
- 17:06c'est que Cécilia...
- 17:07handicap ne l'arrête pas elle voit un cours de danse qui lui plaît pour les gens valides elle l'appelle parce qu'elle a envie de le faire et ça c'est une super leçon alors moi je suis un peu comme ça aussi donc toutes les deux c'est vrai que c'est pour ça qu'on s'entend bien mais on ose demander en fait c'est à dire qu'à un moment donné si on a envie de faire quelque chose ben
- 17:24on y va et au pire bah elle t'aurait dit non mais en fait le fait d'essayer et ça ouvre des portes parce que ça permet en fait à cette prof de danse par exemple si on prend cet exemple là
- 17:34De maintenant pouvoir justement faire danser des personnes en fauteuil,
- 17:37ça peut ouvrir aussi d'autres voies en fait.
- 17:40Mais totalement.
- 17:41D'ailleurs,
- 17:41la danse,
- 17:41elles me le disent.
- 17:43J'ai une coaching de danse.
- 17:44Et ma prof notamment,
- 17:46à chaque fois qu'elle me voit danser,
- 17:47donc déjà j'ai pas mal évolué bien évidemment.
- 17:48Parce que moi quand je suis arrivée,
- 17:50j'étais toute cassée.
- 17:51Ça faisait pas longtemps que j'étais sortie de centre.
- 17:53Ça faisait pas longtemps que j'avais eu mon accident.
- 17:55Mon corps était complètement raide,
- 17:57rigide et en douleur horrible.
- 17:59Même si j'ai encore beaucoup de douleur,
- 18:00mais donc j'ai évolué.
- 18:03C'est vrai qu'elles me disent souvent
- 18:05« Ah, tu m'inspires,
- 18:06j'aimerais bien faire quelque chose avec toi » .
- 18:09Ça leur donne même des idées pour créer quelque chose,
- 18:15comme quoi ça peut ouvrir les horizons.
- 18:17Après,
- 18:18effectivement,
- 18:18le problème souvent qu'on peut rencontrer,
- 18:23valide ou non valide,
- 18:25c'est qu'on a toujours peur que ça ne marche pas,
- 18:27que ça ne se fasse pas,
- 18:29ou alors qu'on ne soit pas à notre place,
- 18:30etc.
- 18:31Moi,
- 18:31je suis comme toi,
- 18:32je pars du principe où,
- 18:33en fait,
- 18:33on essaye.
- 18:34Et si on me refuse,
- 18:35ce n'est pas grave,
- 18:36on me refuse et j'essaierai autre chose.
- 18:37Et je vais le faire,
- 18:38il n'y a pas de raison.
- 18:40Mais j'essaie,
- 18:41voilà.
- 18:42Et c'est vrai que ça,
- 18:43je pense,
- 18:44beaucoup de personnes handicapées,
- 18:45en tout cas,
- 18:47à juste titre,
- 18:48je peux comprendre.
- 18:48Parce que déjà,
- 18:50quand tu es valide,
- 18:50ça demande beaucoup de motivation d'aller chercher les choses,
- 18:54de les faire.
- 18:55Alors,
- 18:55quand tu es en situation de handicap et encore plus en s'autoroulant,
- 18:59Enfin bon.
- 18:59Encore plus,
- 19:00je ne sais pas,
- 19:00mais en tout cas,
- 19:01en situation de handicap général,
- 19:02on va dire,
- 19:03ça demande encore plus d'efforts.
- 19:05Et je comprends que certains soient découragés avant même d'essayer.
- 19:10Mais c'est dommage parce que du coup,
- 19:12on passe à côté de beaucoup de choses qui sont assez incroyables.
- 19:15Moi,
- 19:15c'est vrai que je ne m'arrête pas depuis,
- 19:17parce que c'est ma nature et que je me faisais avant l'accident.
- 19:20Mais je n'arrête pas de faire des tonnes de choses.
- 19:21Dimanche,
- 19:22je vais faire du VFTT,
- 19:23donc c'est du fauteuil tout terrain.
- 19:25C'est à la montagne comme du VTT.
- 19:27Et j'ai plein d'autres exemples comme ça.
- 19:29Et en fait,
- 19:31tout peut être adapté,
- 19:32tout peut se faire.
- 19:33Ça demande plus de temps,
- 19:34plus de patience et plus de motivation peut-être.
- 19:38Parce que tout est un peu plus compliqué,
- 19:39mais tout est faisable.
- 19:41Pratiquement tout.
- 19:43Oui,
- 19:43et puis surtout,
- 19:43Cécilia change les choses.
- 19:45Parce que souvent,
- 19:47parce que moi,
- 19:47c'est mon amie.
- 19:47Donc,
- 19:48par exemple,
- 19:48je vais vous donner cette petite anecdote de cet été.
- 19:50On est allé au concert de Moziman,
- 19:52qu'on embrasse s'il nous écoute d'ailleurs.
- 19:54Et donc,
- 19:54Cécilia...
- 19:55À un concert,
- 19:56quand on est en fauteuil,
- 19:57on ne voit pas grand-chose.
- 19:58On est d'accord.
- 19:59Si,
- 20:00on voit des fesses et des blocs.
- 20:01Voilà.
- 20:02Donc,
- 20:03Cécilia,
- 20:03comme vous l'avez compris,
- 20:04a envie de voir un petit peu.
- 20:06Donc,
- 20:06on a demandé,
- 20:07parce qu'on était...
- 20:08Bon,
- 20:08bref,
- 20:09moi,
- 20:09je ne peux pas la porter,
- 20:10ce n'est pas possible,
- 20:11mais on a besoin d'être quatre personnes pour porter un fauteuil.
- 20:12Donc,
- 20:13on a quand même demandé à des gens qui la portent.
- 20:15Donc,
- 20:15Cécilia,
- 20:15moi,
- 20:16mon cœur s'arrête parce que je la vois monter dans les airs.
- 20:19Et
- 20:20Mosiman a quand même dit,
- 20:22mademoiselle,
- 20:23venez sur le côté.
- 20:25Mais ça,
- 20:25c'est génial.
- 20:25Mais ce qu'il y a,
- 20:26c'est que surtout,
- 20:26il y avait trois ou quatre fauteuils.
- 20:29dont un jeune homme qui était en fauteuil et qui était vraiment...
- 20:32Enfin,
- 20:32le pauvre,
- 20:33il était derrière une enceinte.
- 20:33En fait,
- 20:34il voyait rien,
- 20:34quoi.
- 20:35Mais c'est ça,
- 20:36ça n'en est pas rendu compte.
- 20:37Mais en fait,
- 20:37tous les gens en fauteuil ont eu l'accès privilégié à côté du concert et ont pu voir quelque chose,
- 20:44quoi.
- 20:44Donc en fait,
- 20:44je trouve ça extraordinaire quand toi,
- 20:46tu te dépasses et quand tu fais en sorte que,
- 20:48OK,
- 20:49moi,
- 20:49j'ai envie de voir ou moi,
- 20:50j'ai pas envie d'être parquée au VIP hyper loin,
- 20:52j'ai envie de vivre le concert.
- 20:54En fait,
- 20:54tous les gens,
- 20:54après,
- 20:55en profitent.
- 20:56Et puis,
- 20:56c'est des leçons de vie aussi pour,
- 20:57je pense,
- 20:57tous les gens qui étaient là,
- 20:58de te voir.
- 20:59On a fini sur scène quand même avec Multiman.
- 21:02En fait,
- 21:02c'est ça.
- 21:02C'est-à-dire que...
- 21:03Mais après,
- 21:03je pense que,
- 21:04que ce soit handicap ou pas handicap,
- 21:06c'est ça dans la vie.
- 21:07Moi,
- 21:07j'ai toujours fait un peu ce genre de choses.
- 21:11Disons que je provoque un peu la chance,
- 21:13si je peux dire ça.
- 21:14Je ne sais pas si c'est vraiment le terme,
- 21:17mais en tout cas,
- 21:18je ne vais pas...
- 21:20Si on me propose de me soulever ou c'est même moi qui demande,
- 21:23ben oui,
- 21:23j'y vais.
- 21:24C'est comme s'il y a un endroit qui n'est pas accessible.
- 21:27C'est vrai qu'au premier abord,
- 21:30on pourrait se décourager.
- 21:30Mais non,
- 21:31on va demander à quelqu'un de nous porter pour y aller.
- 21:33Parce que sinon,
- 21:33on ne fait rien.
- 21:35Quand tu es en fauteuil,
- 21:36sinon,
- 21:36tu ne fais pratiquement rien.
- 21:38Et là,
- 21:39c'est vrai que d'avoir été porté,
- 21:41Mosiman m'a vu.
- 21:42Il m'a dit,
- 21:42attends,
- 21:42tu viens derrière.
- 21:44Et de fil en aiguille,
- 21:45on était à côté de la scène.
- 21:46Et à la toute fin,
- 21:47on était sur la scène.
- 21:48Donc,
- 21:49il est même venu nous voir.
- 21:51Et ce genre de choses,
- 21:51ça ne serait jamais arrivé.
- 21:53Si j'étais partie du principe où je me disais,
- 21:55ah l'espace PMR,
- 21:57bon là il n'y en avait même pas tu me diras,
- 21:58mais souvent les espaces PMR ils sont sur les côtés,
- 22:01à côté des toilettes,
- 22:03très loin,
- 22:03on ne voit rien,
- 22:04on est parqué un peu comme des bêtes,
- 22:06moi je n'aime pas trop ça.
- 22:08Alors je sais qu'on est obligé de le faire,
- 22:11il y a des gens ça les aide aussi à voir quelque chose,
- 22:13moi j'aime bien être comme tout le monde,
- 22:15je n'ai pas envie d'être parqué.
- 22:17Alors c'est vrai que je vois des fesses et des dos,
- 22:19mais tant pis,
- 22:19je préfère voir des fesses et des dos.
- 22:21que d'être dans un coin avec tous les fauteuils et manquer la soirée,
- 22:26on va dire.
- 22:27Mais c'est vrai que d'être dedans et d'oser demander à des gens de m'aider ou de faire des choses,
- 22:32ça a été dur d'ailleurs,
- 22:33parce que je dis ça,
- 22:34mais j'ai encore beaucoup de mal à demander de l'aide.
- 22:37J'aime bien faire ça,
- 22:38mais quand il est question de rigoler ou de faire quelque chose,
- 22:41ça,
- 22:42ça me gêne un peu moins.
- 22:43Et ça amène,
- 22:45en fait,
- 22:46c'est l'effet boule de neige.
- 22:48Tu fais quelque chose.
- 22:49Et en fait,
- 22:50quelqu'un te voit et du coup,
- 22:52te propose quelque chose et ainsi de suite.
- 22:54Mais ça s'adapte à tout,
- 22:55en fait.
- 22:55C'est-à-dire que ça s'adapte à toi en photo avec le handicap,
- 22:57parce que c'est d'une façon extrêmement forte,
- 22:59parce que c'est soit ça et soit si tu commences un peu à réfléchir,
- 23:02tu ne te lèves même plus le matin parce que ça devient trop compliqué.
- 23:04Alors moi,
- 23:05je ne me lève plus le matin.
- 23:08Non,
- 23:08mais tu m'as compris.
- 23:11Tu t'assoies quand même.
- 23:13Mais ce que je veux dire,
- 23:14c'est que voilà,
- 23:15c'est ça.
- 23:15Sinon,
- 23:16on peut...
- 23:18On peut se dire en fauteuil,
- 23:19bah non,
- 23:19je vais pas aller au concert,
- 23:20ça va être chiant,
- 23:20je vais rien voir,
- 23:21puis je vais pas être bien,
- 23:22puis je vais être parquée.
- 23:22Donc en fait,
- 23:23au fur et à mesure,
- 23:23c'est comme quand on n'est pas très bien,
- 23:25tu vois,
- 23:25parce que ça,
- 23:26même quand on est là,
- 23:26bah non,
- 23:27en fait,
- 23:27au final,
- 23:28on va pas aller se faire violence pour faire ci,
- 23:30pour faire ça.
- 23:31Alors des fois,
- 23:31c'est important,
- 23:31mais c'est aussi important de,
- 23:33bah tant pis,
- 23:34je vais aller demander,
- 23:34et puis peut-être,
- 23:36moi ça m'est arrivé dans mes coachings,
- 23:37par exemple,
- 23:37tu vois.
- 23:38S'il y a des gens que des fois,
- 23:39ils osent pas demander,
- 23:40mais si quelqu'un me demande,
- 23:41par exemple,
- 23:42ah bah j'ai pas du tout d'argent,
- 23:42mais j'aimerais bien faire ça et le troquer,
- 23:44bah je l'ai déjà fait,
- 23:44en fait.
- 23:45Mais je le fais aux gens qui me demandent.
- 23:47Mais il n'y a pas beaucoup de monde qui me demande.
- 23:48Tu vas se le dire ?
- 23:49Oui,
- 23:49on n'ose pas et c'est exactement pour ça que je t'ai dit.
- 23:51C'est-à-dire que ce n'est pas lié au handicap.
- 23:54Alors,
- 23:55c'est plus visible avec le handicap parce que c'est plus facile de rester...
- 23:59J'en connais des personnes handicapées qui ne bougent pas de chez eux parce que c'est compliqué.
- 24:04Parce qu'effectivement,
- 24:05c'est les claques qu'on se prend au quotidien.
- 24:07Mais ce n'est pas lié au handicap parce qu'en fait,
- 24:10n'importe quelle raison...
- 24:13peut nous pousser à ne pas faire les choses,
- 24:15à ne pas y aller.
- 24:15Alors moi,
- 24:16parfois,
- 24:16je me faisais violence.
- 24:18Et encore aujourd'hui,
- 24:20je me fais violence pour faire des activités ou des choses.
- 24:23Mais à chaque fois que je vais,
- 24:25je passe des bonnes soirées.
- 24:26Je rencontre des gens qui m'amènent dans des situations où,
- 24:30tu vois,
- 24:31par exemple,
- 24:32j'ai répondu,
- 24:33enfin,
- 24:34il y a le département qui propose pas mal d'activités pour les personnes en situation de handicap.
- 24:39Et il y a trois ans,
- 24:40il y a une journée en dix voiles qui le font.
- 24:42Bon,
- 24:42j'y suis allée,
- 24:42je ne savais pas trop ce que ça allait donner.
- 24:45Grâce à ça,
- 24:47j'ai rencontré quelqu'un qui m'avait proposé de faire du muni-ji.
- 24:50C'est une petite barque et d'apprendre à naviguer seule.
- 24:52Et donc,
- 24:53pendant un an,
- 24:53j'ai fait ça.
- 24:54Mais si j'avais entraîné des pieds,
- 24:57ce n'est pas la bonne expression,
- 24:58mais si j'avais un peu lésiné à y aller,
- 25:01jamais je n'aurais rencontré cette fille qui m'aurait proposé de faire cette expérience,
- 25:05qui était dingue.
- 25:06Et en fait,
- 25:07c'est ça pour tout,
- 25:08c'est-à-dire dans la vie.
- 25:09Moi,
- 25:10j'adore les rencontres et je trouve que les trois quarts des choses qu'on vit,
- 25:14même plus,
- 25:15ils sont liés aux rencontres qu'on fait.
- 25:18Et c'est vrai que moi,
- 25:20de toute ma vie,
- 25:21même pour le travail,
- 25:22ça a marché beaucoup comme ça.
- 25:24Je filmais sur quelqu'un et en fait,
- 25:27je rencontre quelqu'un d'autre qui me fait filmer autre chose,
- 25:30qui me donne un autre projet et puis je rencontre quelqu'un d'autre via ce projet,
- 25:34qui me propose un autre projet et ça fait,
- 25:36comme je te dis,
- 25:37boule de neige.
- 25:37et c'est pareil pour...
- 25:40pour tout ce qui est professionnel,
- 25:41mais tout ce qui est ludique,
- 25:43tout ce qui est...
- 25:43Enfin,
- 25:44la vie,
- 25:45en fait,
- 25:45je pense.
- 25:47Moi,
- 25:47c'est vraiment,
- 25:47quand je réfléchis à les expériences de foot que j'ai pu faire,
- 25:52c'était parce que je m'étais un petit peu bougée au début pour faire quelque chose.
- 25:56Et puis après,
- 25:56voilà,
- 25:57c'est ça.
- 25:57C'est un peu sortir de sa zone de confort,
- 25:59quand même.
- 25:59Oui,
- 26:00oui.
- 26:00Mais ça,
- 26:01pour moi,
- 26:01il y a toujours fait...
- 26:02C'est-à-dire qu'effectivement,
- 26:03c'est très facile.
- 26:04Ah ben,
- 26:05c'est sûr que moi,
- 26:06tu vois,
- 26:06parce que...
- 26:07Je vais revenir...
- 26:09Le matin,
- 26:09quand je me prépare,
- 26:10etc.,
- 26:10c'est compliqué.
- 26:11Chez moi,
- 26:12c'est le mieux adapté.
- 26:13Et j'ai mon environnement,
- 26:14c'est le plus sûr,
- 26:15c'est le plus tranquille.
- 26:16Et parfois,
- 26:17sortir de chez moi,
- 26:19ça complique.
- 26:19Parce que dans les hôtels qui se disent soi-disant adaptés,
- 26:23ce n'est pas adapté.
- 26:24Il manque des choses qui peuvent même nous amener à nous mettre en danger.
- 26:28Et en fait,
- 26:29c'est sortir de sa zone de confort.
- 26:31Donc,
- 26:31c'est au quotidien.
- 26:32Mais si on ne le fait pas,
- 26:33qu'est-ce qu'on fait ?
- 26:33On reste chez soi et il ne se passe rien.
- 26:36Donc oui,
- 26:36il faut...
- 26:36Enfin,
- 26:37moi,
- 26:37c'est ma philosophie de vie.
- 26:39C'est de sortir de sa zone de confort.
- 26:43Et on s'aperçoit vite qu'en fait,
- 26:44finalement,
- 26:45même si ça demande des efforts,
- 26:49il y a quand même beaucoup plus de positifs qui en ressort.
- 26:53Et tu rencontres combien de personnes par jour,
- 26:54j'ai envie de savoir ?
- 26:55Trop.
- 26:57Tu ne me rappelles plus mes prénoms ?
- 26:58C'est une catastrophe,
- 26:58je vexais énormément de gens.
- 27:01Mais oui,
- 27:02beaucoup trop.
- 27:03Je ne sais pas,
- 27:03mais j'en rencontre beaucoup de personnes.
- 27:05C'est vraiment tout le temps.
- 27:07Mais c'est chouette,
- 27:08c'est comme ça.
- 27:09Moi,
- 27:09j'adore l'humain.
- 27:10Alors,
- 27:11même si je sais que parfois,
- 27:13l'humain n'est pas toujours beau,
- 27:15mais globalement,
- 27:16quand même,
- 27:17les gens sont intéressants,
- 27:19sont sympas et avenants.
- 27:21Mais je pense qu'on a fait des émissions là-dessus,
- 27:22c'est aussi un truc de fréquence.
- 27:24Donc,
- 27:24Cecilia a une très grande fréquence vibratoire.
- 27:26Je vous le dis,
- 27:27elle est magnétique.
- 27:28Et c'est dingue parce que c'est à la portée de tout le monde,
- 27:30entre guillemets.
- 27:31C'est pas,
- 27:31on se dit pas,
- 27:32ah bah ça y est.
- 27:33Enfin,
- 27:35évidemment,
- 27:35elle est sublime.
- 27:36Mais elle est sublime aussi parce qu'elle rayonne et qu'elle est dans cette pulsion de vie de vouloir faire des choses.
- 27:41C'est pour ça vraiment que j'avais envie de t'inviter en cette rentrée où souvent on va se plaindre pour rien,
- 27:46en fait.
- 27:47Mais moi,
- 27:47la première.
- 27:48Je vais me plaindre pour rien,
- 27:49je vais être là,
- 27:49ah mon Dieu,
- 27:50mais là,
- 27:50ça c'est...
- 27:50Je vais recommencer,
- 27:51tout ça.
- 27:52Alors qu'en fait,
- 27:52tous les jours,
- 27:53il peut se passer quelque chose de différent si on est dans la bonne fréquence.
- 27:56Oui,
- 27:56après,
- 27:57se plaindre...
- 27:58Bon,
- 27:58ça dépend à quel...
- 27:59Parce que se plaindre,
- 28:00c'est une main et c'est normal.
- 28:01Après,
- 28:01ça dépend si on peut se plaindre un petit peu et puis passer à autre chose.
- 28:06Je pense que là où ça commence à être problématique,
- 28:08c'est quand on se plaint qu'on ne voit plus que ça et qu'on n'arrive plus à en sortir.
- 28:13Là,
- 28:13parce que...
- 28:14Là,
- 28:14ça devient compliqué.
- 28:15Mais on a le droit de se plaindre quand même.
- 28:17Mais il ne faut pas s'endormir ici.
- 28:21Non,
- 28:22mais accepter,
- 28:22comme tu disais très justement tout à l'heure,
- 28:23on a le droit de se plaindre,
- 28:24on a le droit d'avoir des jours où ça ne va pas trop.
- 28:26Mais justement,
- 28:27réussir à accepter ses émotions,
- 28:29pleurer quand on a envie de pleurer,
- 28:30rire quand on a envie de rire.
- 28:31En fait,
- 28:31si on pleure quand on a envie de pleurer ou quand on est en colère,
- 28:33quand on a envie d'être en colère,
- 28:35la joie,
- 28:35elle revient toujours.
- 28:36Et ça se cultive aussi,
- 28:38la joie.
- 28:39Oui,
- 28:40oui,
- 28:40ça,
- 28:40c'est sûr.
- 28:41Déjà,
- 28:41je pense qu'il faut être doux avec soi-même.
- 28:43C'est bête,
- 28:43mais...
- 28:44On est dans une société où il faut toujours être productif,
- 28:48il faut toujours être le meilleur.
- 28:50Et tout est là pour nous stresser.
- 28:55La semaine dernière,
- 28:56j'en ai fait une émission sur la productivité,
- 28:57donc c'est parfait que tu dises ça.
- 29:01Mais c'est vrai que notre société aujourd'hui nous demande de faire tout.
- 29:05Alors,
- 29:07les repas maison.
- 29:08Moi,
- 29:08je vois,
- 29:08j'ai des amis qui ont des enfants,
- 29:10mais elles n'en peuvent plus parce que...
- 29:11elles se mettent une pression à faire tout maison,
- 29:14à faire tout parfaitement.
- 29:16Mais alors,
- 29:17c'est superbe,
- 29:18c'est magnifique,
- 29:18c'est top.
- 29:19Mais à côté,
- 29:19elles travaillent.
- 29:20À côté,
- 29:20elles ont leur vie de couple.
- 29:22À côté,
- 29:22elles ont leur vie...
- 29:23Bon,
- 29:24c'est compliqué à gérer.
- 29:25Eh bien,
- 29:25ce n'est pas grave si tu n'es pas parfaite.
- 29:28Personne ne l'est,
- 29:28de toute façon.
- 29:29Et si,
- 29:30de temps en temps,
- 29:30ton enfant,
- 29:31il mange un petit pot déjà préparé,
- 29:33ce n'est pas très grave.
- 29:34Et si tu es doux...
- 29:34Et voilà,
- 29:35être doux avec soi-même.
- 29:36Mais arrêtez d'être trop durs.
- 29:38Et je dis ça,
- 29:39pourtant,
- 29:40moi,
- 29:40j'étais là...
- 29:40pire personne envers moi-même.
- 29:43Ça,
- 29:43c'est un truc que le handicap a changé par rapport au rapport à ton corps ?
- 29:48Oui,
- 29:48je pense que je me suis un peu lâchée la grappe.
- 29:51Je pense qu'il y a l'âge aussi,
- 29:52parce que j'ai eu l'accident à 40 ans,
- 29:54et 40 ans,
- 29:55c'est quand même un âge charnière.
- 29:56J'avais fait beaucoup de travail sur moi-même,
- 29:59de réflexion et autres.
- 30:02C'est vrai qu'avec l'âge,
- 30:03déjà,
- 30:04je pense qu'on apprend à se lâcher la grappe,
- 30:08à être un peu plus doux.
- 30:10et un peu plus assez acceptée.
- 30:12Mais pour tout,
- 30:13moi,
- 30:13j'étais ultra exigeante,
- 30:15perfectionniste,
- 30:16c'était jamais assez bien.
- 30:17Et ce que je faisais,
- 30:19j'étais jamais assez mince,
- 30:21ou assez...
- 30:21Alors,
- 30:22avec mon corps,
- 30:22avec la profession,
- 30:24avec tout,
- 30:25en fait,
- 30:25pas assez productive,
- 30:26alors que je travaillais comme une folle.
- 30:29Mais donc,
- 30:30j'ai appris à me lâcher un peu la grappe avec l'âge.
- 30:33Et je pense,
- 30:34oui,
- 30:34que le handicap,
- 30:36là,
- 30:37j'ai pas trop le choix.
- 30:42ça m'a fait bondir d'un coup là-dessus.
- 30:44C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
- 30:45par exemple,
- 30:46mon corps,
- 30:46je ne le vois plus comme un corps qui doit répondre à des injonctions à la beauté que cette société m'attraque depuis mon plus jeune âge.
- 30:56En fait,
- 30:56je vois juste que c'est un corps qui m'a permis de survivre à d'innombrables blessures complètement dingues et qui est encore en bonne santé et qui me permet de vivre encore des choses incroyables.
- 31:07Et donc,
- 31:08rien que cet exemple-là sur le corps,
- 31:11par exemple,
- 31:12je me suis dit,
- 31:13en fait,
- 31:15ça m'a fait changer la vision des objectifs,
- 31:18on va dire,
- 31:18de la vie.
- 31:19Et aujourd'hui,
- 31:20si je passe une journée sans être productive,
- 31:23ce n'est pas grave.
- 31:25Je me suis reposée,
- 31:26c'est peut-être parce que j'en avais besoin et je serai productive demain.
- 31:30Et en fait,
- 31:31il n'y a pas de raison qu'on se maltraite.
- 31:35Et tu es en train d'écrire un livre ?
- 31:37Oui.
- 31:38J'avais envie de donner le titre,
- 31:39mais je vais te laisser le faire toute seule.
- 31:41Bon,
- 31:41c'est encore un titre provisant.
- 31:43Je ne sais pas si je vais le garder,
- 31:43mais oui,
- 31:44je pense.
- 31:45Mais il s'appelle Bon courage.
- 31:47Alors,
- 31:47Bon courage,
- 31:48pourquoi pas ?
- 31:48Parce que j'aime qu'on me dise Bon courage.
- 31:50Au contraire,
- 31:51je n'en veux plus.
- 31:53Le livre,
- 31:53c'est sur mon histoire.
- 31:57Je commence le livre à partir de mon rêve et de coma.
- 32:01Donc c'est comment,
- 32:03quand on a construit sa vie,
- 32:06on se retrouve,
- 32:06tout est bouleversé via le comportement d'une tierce personne qu'on ne connaît pas.
- 32:15Et donc c'est tout le rapport au corps,
- 32:18le rapport à la vie,
- 32:19au changement.
- 32:19Enfin bon,
- 32:20je parle de tout ça.
- 32:21Et bon courage,
- 32:22pourquoi ?
- 32:22Parce qu'en fait,
- 32:24depuis que je suis accidentée,
- 32:26plus personne ne me dit au revoir,
- 32:28on me dit tous bon courage.
- 32:30Tout le monde me dit bon courage au moment de partir.
- 32:31Alors bon,
- 32:32après mon kiné qui est portugais me dit que c'est très français de dire ça.
- 32:36Mais avant mon accident,
- 32:37on ne me disait pas bon courage ou très peu.
- 32:39Là,
- 32:39aujourd'hui,
- 32:40il n'y a plus personne qui me dit bonne journée.
- 32:41Tout le monde me dit bon courage.
- 32:43Et c'est assez insupportable à entendre parce que bon courage,
- 32:48mais je n'ai pas besoin de courage en fait.
- 32:50Mais tu sais ce que ça veut dire courage ?
- 32:52C'est de mettre du cœur à l'ouvrage.
- 32:54Oui,
- 32:54je sais.
- 32:55Mais justement,
- 32:56je n'ai pas...
- 32:58Si,
- 32:58on a plus besoin de courage dans ce cas,
- 33:01mais j'en ai pas besoin de plus que d'autres.
- 33:02Mais peut-être que tu mets tellement de cœur dans tout ce que tu fais que les gens te disent de mettre...
- 33:07Enfin,
- 33:07tu vois,
- 33:07peut-être,
- 33:07je sais pas.
- 33:08En tout cas,
- 33:08moi,
- 33:08je suis comme toi,
- 33:09je déteste qu'on me dise bon courage.
- 33:10Ça m'énerve,
- 33:10en fait.
- 33:11Ben,
- 33:11c'est sûr que je pense que la plupart des gens qui disent bon courage,
- 33:13ils savent pas l'étymologie,
- 33:15ils savent pas que ça veut dire mettre du cœur à l'ouvrage.
- 33:18C'est juste,
- 33:19ils voient que c'est dur.
- 33:20Ils ont l'impression que ta vie est dure.
- 33:21Donc,
- 33:22du coup,
- 33:22ils te disent bon courage.
- 33:23Mais moi,
- 33:23on m'a dit...
- 33:25Tu vois,
- 33:26depuis que je suis en fauteuil,
- 33:27c'est hallucinant le nombre de personnes qui me font des réflexions.
- 33:31Parce qu'en fait,
- 33:31ils ont leurs idées reçues.
- 33:32C'est-à-dire que tu disais,
- 33:33je suis solaire,
- 33:34je suis souriante.
- 33:35Ben voilà,
- 33:36typiquement,
- 33:40dans l'idée des gens,
- 33:41une personne en fauteuil,
- 33:43en situation de handicap,
- 33:44ne peut pas être souriante et heureuse de vivre.
- 33:46C'est incompatible pour eux.
- 33:47Donc moi,
- 33:48ils me voient sourire.
- 33:49Les gens,
- 33:49ils viennent vers moi et me disent...
- 33:51« Ah,
- 33:51vous êtes formidables ! »
- 33:51Mais ils ne me connaissent pas,
- 33:52ils ne savent pas qui je suis,
- 33:53ce que j'ai fait,
- 33:54pourquoi je serais formidable.
- 33:55C'est juste parce qu'ils me voient sourire alors que je suis en fauteuil roulant et amputée.
- 33:59Et donc,
- 34:00pour eux,
- 34:00c'est déjà extraordinaire de sourire en étant dans cette situation-là.
- 34:03Mais moi,
- 34:04j'ai envie de leur dire,
- 34:05il y a sûrement des gens qui sont valides,
- 34:08mais qui ont une vie,
- 34:09même sans moi,
- 34:11je l'affirme totalement,
- 34:12il y en a plein,
- 34:12malheureusement,
- 34:13qui ont une vie bien moins drôle et sympathique que la mienne,
- 34:16alors qu'ils sont valides.
- 34:18Et c'est...
- 34:19Le handicap,
- 34:20il envoie une image.
- 34:22Les gens ont peur du handicap.
- 34:24Et donc,
- 34:24du coup,
- 34:26ils se font tout un...
- 34:28Je ne dis pas,
- 34:28ce n'est pas facile.
- 34:29C'est dur.
- 34:30Je ne souhaite à personne d'être handicapé.
- 34:34Mais bon,
- 34:34voilà,
- 34:34quand ça arrive,
- 34:35ça arrive.
- 34:35Et on n'a pas le choix,
- 34:36finalement.
- 34:38Si j'avais le choix,
- 34:38je ne serais pas en fauteuil.
- 34:39Et il faut continuer à vivre.
- 34:43Et donc,
- 34:44les gens,
- 34:44quand ils te voient,
- 34:46ils pensent que c'est tellement catastrophique,
- 34:48qu'ils n'arrivent pas.
- 34:49pas,
- 34:49il y a une dichotomie devant leurs yeux,
- 34:51c'est-à-dire qu'ils n'arrivent pas à imaginer qu'on puisse sourire et profiter de la vie en étant en fauteuil.
- 34:56C'est une forme de résilience pour moi,
- 34:58je pense que c'est ton mot.
- 34:59C'est la résilience.
- 35:01Si on se demande ce que c'est la résilience,
- 35:03on peut rencontrer Cécilia.
- 35:05Et c'est Cécilia en fait.
- 35:06Et c'est vrai qu'il y a une question souvent,
- 35:08parce que nous Cécilia,
- 35:09on s'est rencontrées après son accident,
- 35:10on ne se connaissait pas avant.
- 35:12Et du coup,
- 35:12il y a une question qui revient des fois où on parle toutes les deux en se disant,
- 35:16est-ce que...
- 35:17Si tu avais une baguette magique et que tu devais ne pas avoir l'accident,
- 35:22et donc du coup,
- 35:23ne pas avoir l'accident,
- 35:23ça voudrait dire ne pas avoir la vie que tu as ces cinq dernières années,
- 35:26est-ce que tu serais prête à l'avoir et ne pas,
- 35:28je ne parlais pas par rapport à moi évidemment,
- 35:30mais ne pas avoir parce qu'évidemment,
- 35:31tu as rencontré ce parcours-là.
- 35:33Tu vois,
- 35:34c'est la vraie question des fois que tu te poses aussi.
- 35:37Alors,
- 35:37moi,
- 35:37je ne me la pose pas parce que c'est impossible.
- 35:40Mais c'est vrai que si on me pose la question,
- 35:43qui t'as choisi hier ?
- 35:44Alors,
- 35:44je ne reviendrai pas avant l'accident.
- 35:47Mais par contre,
- 35:48je me referais marcher et repousser une jambe.
- 35:50Allez,
- 35:50à la rigueur,
- 35:51je garde l'amputation,
- 35:52mais au moins marcher.
- 35:54Mais en gardant les épreuves que j'ai vécues ces dernières années.
- 35:59Et épreuve et tout ce qui va avec.
- 36:01Donc,
- 36:01toutes les rencontres,
- 36:02que ce soit toi et toutes les autres personnes formidables que j'ai pu rencontrer.
- 36:05Et même toutes les vécures,
- 36:08enfin même si ça a été dur.
- 36:09C'est vrai que les gens vont croire que c'était idyllique.
- 36:13Non,
- 36:13ça a été très dur.
- 36:14Et un accident comme ça,
- 36:15c'était violent.
- 36:17Et aujourd'hui,
- 36:17j'ai énormément de douleurs et tout est dur au quotidien,
- 36:20bien évidemment.
- 36:21Mais malgré tout,
- 36:23dans toute épreuve,
- 36:26il y a des choses incroyables qui existent.
- 36:29Moi,
- 36:29j'ai rencontré des gens,
- 36:30mais que ce soit dès l'hôpital,
- 36:32des infirmières,
- 36:33des aides-soignantes,
- 36:34il y a eu des connexions avec ces personnes.
- 36:37Et puis,
- 36:37j'ai découvert un monde aussi,
- 36:39ces gens qui bossent dans des conditions qui sont quand même assez compliquées.
- 36:45pas rémunéré comme il se doit.
- 36:47Et voilà,
- 36:48donc j'ai découvert tout un monde,
- 36:50que je ne connaissais pas parce que je n'étais pas malade et j'avais eu la chance de ne pas contrôler ce monde-là.
- 36:57Et il n'y a pas que eux,
- 36:58j'ai rencontré des pompiers,
- 37:02c'est une association de pompiers qui emmène chaque année des personnes en situation de handicap faire le tour de la Corse en catamaran.
- 37:09Bon ben voilà,
- 37:10c'est des aventures complètement extraordinaires.
- 37:12Les gens que j'ai pu rencontrer tout au long de ces cinq années,
- 37:16puis même les amis que j'avais avant,
- 37:18ma famille,
- 37:19j'en parle pas parce que bien sûr elle a été extraordinaire,
- 37:21mais même mes amis qui sont...
- 37:24qui ont été incroyables avec moi,
- 37:26qui sont toujours là.
- 37:27Tout ça,
- 37:28en fait,
- 37:30ça aide à accepter aussi.
- 37:31Oui,
- 37:31ça aide.
- 37:32Et je n'aimerais pas l'effacer.
- 37:34C'est sûr que tu me dis
- 37:36« rewind » et on revient avant l'accident.
- 37:39Non,
- 37:40tu me fais marcher,
- 37:41mais je garde toutes les épreuves avec le côté positif qu'il y a eu.
- 37:45Oui,
- 37:45parce qu'avec toutes les épreuves,
- 37:46c'est vrai qu'on est très bien fait,
- 37:47entre guillemets,
- 37:48le corps humain.
- 37:48C'est qu'on accepte souvent l'inacceptable.
- 37:51que ce soit,
- 37:51là,
- 37:52c'est inacceptable ce qui t'est arrivé par rapport à ce mec qui t'a renversé.
- 37:55C'est quelque chose qui n'est pas acceptable,
- 37:57mais qu'à un moment donné,
- 37:58on accepte parce qu'on n'a pas le choix,
- 38:00en fait.
- 38:01En fait,
- 38:01c'est surtout,
- 38:02je ne sais pas si c'est en accepter ou inaccepter,
- 38:05en tout cas,
- 38:06ce qui est fou avec le corps humain et l'humain,
- 38:10c'est qu'on s'adapte.
- 38:11Voilà.
- 38:12Quoi qu'il arrive,
- 38:14c'est fou le pouvoir d'adaptation qu'un être humain peut avoir.
- 38:19Et alors...
- 38:20Encore une fois,
- 38:21ça demande des efforts.
- 38:24Ce n'est même pas des efforts,
- 38:25c'est que c'est difficile.
- 38:27Ce n'est pas évident.
- 38:29Mais voilà,
- 38:31je vois quand je réfléchis,
- 38:32je me remémore il y a quatre ans,
- 38:35quand je suis sortie de centre.
- 38:37Et aujourd'hui,
- 38:38c'est fou comme on évolue.
- 38:39En fait,
- 38:40on s'adapte,
- 38:40on évolue.
- 38:41Je ne dis pas qu'on oublie,
- 38:43mais les choses insurmontables deviennent un peu plus faciles à vivre,
- 38:49ou moins dures.
- 38:50je ne sais pas,
- 38:50je n'ai pas les termes,
- 38:52mais peut-être moins dur,
- 38:53et on arrive à faire de belles choses.
- 38:56Alors après,
- 38:56moi,
- 38:56je ne serais pas comme j'ai certains amis qui disent,
- 38:59moi,
- 39:00limite,
- 39:00ce n'est pas qu'ils sont contents d'avoir un accident,
- 39:02mais voilà,
- 39:03ils ne changeraient pas parce qu'ils se sont reconstruits,
- 39:05il n'y a pas de souci.
- 39:06Ça,
- 39:07je peux comprendre ce qu'ils veulent dire.
- 39:09Après,
- 39:09c'est quand même une épreuve ultra difficile,
- 39:11donc c'est compliqué au quotidien.
- 39:14Surtout que toi,
- 39:16là,
- 39:16on prend ton exemple,
- 39:17après,
- 39:17on ne va pas en parler.
- 39:17on ne peut pas parler de tous les gens,
- 39:18mais toi,
- 39:19ta vie,
- 39:19tu te l'étais créée,
- 39:20c'était ta vie rêvée,
- 39:22tu as quitté une vie que tu aimais énormément,
- 39:24ne serait-ce que professionnellement et financièrement,
- 39:26puisque après,
- 39:27ça c'est le côté aussi,
- 39:28quand on la voit comme ça et quand on l'entend,
- 39:29mais après,
- 39:30tout ce côté-là,
- 39:31ce n'est pas le même aujourd'hui,
- 39:32parce que bon,
- 39:33évidemment tu écris,
- 39:34mais bon,
- 39:34ce que je veux dire,
- 39:35c'est que tu écris,
- 39:37tu dessines,
- 39:38enfin il y a plein de choses,
- 39:38parce que tu es créatrice,
- 39:40mais tout ce que tu faisais avant,
- 39:41c'est aussi un deuil qu'on doit transformer,
- 39:43et ce n'est pas forcément...
- 39:45quotidiennement,
- 39:45j'ai mis plein de questions en une.
- 39:47L'art,
- 39:48l'argent,
- 39:49tout ce changement.
- 39:50C'est un changement radical.
- 39:52C'est vrai que quand j'ai eu l'accident,
- 39:55je m'étais donné les moyens de faire le métier de mes rêves,
- 39:58de partir voyager comme j'adorais ça.
- 40:02Je gagnais bien ma vie,
- 40:03etc.
- 40:03Et c'est vrai que quand il arrive un accident comme ça,
- 40:07c'est...
- 40:09Moi,
- 40:09toute ma vie a explosé en mille morceaux,
- 40:11que ce soit
- 40:12professionnelle puisque je ne peux plus travailler,
- 40:15je ne peux plus voyager comme je voyageais,
- 40:17j'avais un petit ami,
- 40:19il m'a abandonné.
- 40:20Donc,
- 40:20c'est vrai que tout a explosé totalement.
- 40:23Donc,
- 40:23il faut réapprendre à se reconstruire et repartir un peu de zéro.
- 40:27Et ça peut faire peur et ça peut être complètement...
- 40:31Mais bon,
- 40:31je n'avais pas le choix de toute façon.
- 40:33Et je pense que ce qui est important,
- 40:37c'est de se raccrocher aussi à certaines euh...
- 40:40valeurs et certaines choses essentielles.
- 40:41Moi,
- 40:41ça a été ma famille,
- 40:42mes amis et la vie que j'aime quand même parce que je suis une passionnée par la vie,
- 40:48ma passionnée de vie.
- 40:49Et c'est vrai que le fait d'être encore en vie,
- 40:56ça m'a portée en fait.
- 40:57Je me disais,
- 40:58moi,
- 40:58avec ce que j'ai traversé,
- 40:59je suis encore en vie.
- 41:01Bon,
- 41:01c'est que là,
- 41:02il faut que je me donne tous les moyens pour me reconstruire.
- 41:04Alors effectivement,
- 41:05aujourd'hui,
- 41:05je n'ai plus du tout la vie que je me suis construite.
- 41:08plus du tout du tout j'ai même déménagé j'étais à Paris je suis retournée vivre à Nice près de ma famille ça a été un changement radical vraiment mais je pense que je saurais même pas comment dire
- 41:26parce qu'en fait j'avais pas le choix donc c'est soit tu baisses les bras et en fait si je baisse les bras qu'est-ce qu'il se passe bah je sors pas de mon lit je fais plus rien et là vraiment ce mec que j'ai croisé quelques secondes il a bousillé
- 41:38toute ma vie.
- 41:39Alors que là,
- 41:40il a bousillé ma vie,
- 41:41bien évidemment.
- 41:42Tout ce que j'avais construit est le futur ancien moi.
- 41:47Je ne sais pas si c'est compréhensible.
- 41:49Mais bien sûr que les projets que j'avais,
- 41:51ils ont été explosés.
- 41:55Il était hors de question qu'il me bousille trop non plus,
- 41:59ma vie.
- 42:00Donc,
- 42:00en fait,
- 42:01il faut continuer à faire des choses,
- 42:03à créer.
- 42:04Enfin,
- 42:04moi,
- 42:05de mon point de vue,
- 42:05en tout cas,
- 42:07j'ai la chance d'avoir l'art.
- 42:08Et c'est vrai que l'art,
- 42:09ça m'a toujours portée.
- 42:11Et je trouve que c'est très porteur,
- 42:13que ce soit en tant que spectateur ou en tant que créatrice.
- 42:16Par exemple,
- 42:17tu vois,
- 42:19quelque chose de tout bête,
- 42:20mais quand je dessine,
- 42:21je n'ai plus de douleur.
- 42:22Alors que j'ai des douleurs constamment du matin au soir.
- 42:25qui sont très violentes et très fortes,
- 42:28c'est un peu un état un peu méditatif.
- 42:31Et quand je dessine,
- 42:32je n'ai plus du tout de douleur.
- 42:34Alors,
- 42:34je ne sais pas si elles ont disparu ou si je n'y prête plus attention.
- 42:37Mais dès que j'arrête de dessiner,
- 42:39ça revient.
- 42:40Et c'est pareil quand je vais regarder une exposition.
- 42:45Donc,
- 42:45moi,
- 42:46j'ai réussi,
- 42:46entre guillemets,
- 42:47à trouver quand même mon petit réconfort,
- 42:50mon petit doudou,
- 42:51quoi.
- 42:51Mais ce qui me rend la vie un peu plus...
- 42:55supportable.
- 42:56Et je pense que c'est ça qu'il faut faire,
- 42:57en fait.
- 42:58Quand on a la vie qui explose comme ça,
- 43:00c'est essayer déjà de ne pas...
- 43:02Parce qu'en fait,
- 43:03c'est très facile de broyer du noir.
- 43:04On voit le côté négatif,
- 43:06on voit le verre à moitié vide.
- 43:08Et en fait,
- 43:09c'est un cercle vicieux.
- 43:10Et du coup,
- 43:11on ne voit plus que le côté négatif.
- 43:13Moi,
- 43:13je pourrais,
- 43:14si je veux.
- 43:15Ah bah,
- 43:15je ne peux pas sortir,
- 43:16je ne peux plus voyager,
- 43:17je ne peux plus travailler.
- 43:18J'ai plus d'argent.
- 43:19J'ai plus d'argent parce qu'effectivement,
- 43:21c'est pas la même chose.
- 43:22Plus d'argent,
- 43:22plus de petits amis,
- 43:23etc.
- 43:24Et en fait,
- 43:26je n'ai plus un corps qui ressemble à la normale,
- 43:29etc.
- 43:29Donc,
- 43:30je pourrais m'entraîner vers le bas très facilement.
- 43:35Mais je peux aussi faire l'inverse et me dire,
- 43:38wow,
- 43:38je suis quand même en vie.
- 43:40Bon,
- 43:40j'ai un super fauteuil qui m'amène quand même,
- 43:43qui me permet de bouger.
- 43:46J'ai pu passer le permis,
- 43:47donc j'ai une voiture,
- 43:48donc je peux encore plus bouger.
- 43:51J'ai des sports qui sont adaptés.
- 43:53J'ai ma famille qui est là,
- 43:54mes amis qui sont là,
- 43:55je peux encore faire beaucoup de choses.
- 43:57Il fait beau,
- 43:57il y a le soleil.
- 43:59J'ai la chance d'être près de la mer aussi,
- 44:01soleil et mer,
- 44:01donc je vais voir la mer quand ça ne va pas.
- 44:03Et puis quand je vois ça,
- 44:04je me dis,
- 44:05je ne vais pas me plaindre.
- 44:09J'ai encore beaucoup de choses à vivre et c'est incroyable.
- 44:11Je trouve que j'ai de la chance de pouvoir encore le vivre et le voir et avoir tous ces gens-là autour de moi,
- 44:19la mer,
- 44:20la montagne.
- 44:22cette vie qui est belle,
- 44:24malgré tout.
- 44:25Donc,
- 44:25en fait,
- 44:25c'est vrai que c'est un point de vue et on peut vite se laisser soit déborder,
- 44:30soit on remonte à la surface.
- 44:33Et ça,
- 44:33c'est valable,
- 44:34je pense,
- 44:34quotidiennement pour tout le monde.
- 44:36Oui,
- 44:36c'est ça.
- 44:37Après,
- 44:37je ne veux pas culpabiliser,
- 44:40faire culpabiliser les gens qui n'y arrivent pas parce qu'il y a des gens...
- 44:44Alors,
- 44:44soit c'est parce que c'est dans leur caractère,
- 44:46ils sont plutôt négatifs et tout.
- 44:47Et donc,
- 44:47là...
- 44:48J'aurais envie de dire oui.
- 44:49Regardez,
- 44:49après,
- 44:50il y a des gens qui sont foncièrement dépressifs ou qui ne vont pas.
- 44:55Et donc,
- 44:56m'entendre,
- 44:57ça va peut-être les faire,
- 44:58limite,
- 44:58encore plus culpabiliser parce qu'eux n'arrivent pas à avoir le côté positif.
- 45:01Donc,
- 45:01je ne veux pas mettre encore plus d'injonctions aux injonctions qu'on me met sans arrêt sur le dos.
- 45:06Mais parce que moi,
- 45:07j'ai eu la chance d'être comme ça.
- 45:09Tu vois,
- 45:09je n'ai jamais eu...
- 45:11En fait,
- 45:12j'ai pris un mois d'antidépresseurs forcés.
- 45:14Je ne savais même pas que je les prenais.
- 45:15Je les ai arrêtés direct.
- 45:17Donc,
- 45:17on pourrait dire...
- 45:18C'est vrai qu'il y a plein de gens qui en prennent alors qu'ils ont 100 fois moins de problèmes que moi.
- 45:22Mais il n'y a pas d'échelle de douleur ou d'échelle de...
- 45:26Bien sûr,
- 45:26après,
- 45:27tout ce qui est santé mentale,
- 45:28c'est quelque chose du cas par cas.
- 45:29C'est une des vraies maladies quand on est en dépression.
- 45:32Quand on est en dépression,
- 45:33on ne peut pas se dire « Ah,
- 45:34va boire le verre à moitié plein et à moitié vide » .
- 45:36C'est ça,
- 45:36parce que sinon,
- 45:36ça serait trop douloureux.
- 45:38Mais après,
- 45:38pour quelqu'un qui n'est pas en dépression ou malade ou quoi que ce soit,
- 45:42effectivement,
- 45:43peut-être être...
- 45:46J'écoute aussi beaucoup de podcasts de philosophie.
- 45:49Et la philosophie,
- 45:51comme son nom l'indique,
- 45:53permet de relativiser aussi pas mal sur la vie.
- 45:57Et j'écoute pas mal de podcasts sur le stoïcisme.
- 46:02Et notamment,
- 46:03tu vois,
- 46:03ils disent de noter ce pourquoi on a de la gratitude ou pourquoi on est content,
- 46:11etc.
- 46:11Voilà,
- 46:12des petites astuces.
- 46:13Je ne dis pas qu'il faut qu'on le fasse tous,
- 46:14mais en tout cas,
- 46:15trouver des petits moyens pour se faire plaisir au quotidien,
- 46:20pour voir les choses positives du quotidien.
- 46:22Par exemple,
- 46:22après une journée,
- 46:23quand on a tendance à broyer du noir,
- 46:25maintenant on regarde ce qui s'est passé.
- 46:26Alors c'est vrai que tu t'es fait insulter par le mec en voiture,
- 46:29tu n'as peut-être pas eu ta copine,
- 46:32tu as foutu un lapin,
- 46:34et je ne sais pas ce qui s'est passé,
- 46:37quelque chose de négatif.
- 46:38Mais à côté de ça,
- 46:39tu as fait un super repas à midi.
- 46:42ton autre ami qui t'a appelé,
- 46:43t'as passé un super moment au téléphone avec,
- 46:45t'as programmé un week-end dans deux jours pour partir je sais pas où,
- 46:51à la montagne.
- 46:51Et en fait,
- 46:52voilà,
- 46:52c'est ça.
- 46:52C'est-à-dire que c'est ce...
- 46:54On peut vraiment...
- 46:56C'est vraiment une manière de voir la vie.
- 47:00Et puis,
- 47:00c'est un choix aussi quotidien de temps en temps,
- 47:03et de temps en temps,
- 47:04laisser couler,
- 47:05et puis surtout être connectée à ses émotions,
- 47:07et puis toujours accepter ce qui se passe,
- 47:11et le transformer,
- 47:12et faire en sorte que la vie,
- 47:14elle peut être magnifique.
- 47:15En tout cas,
- 47:16aux côtés de ce ciel,
- 47:16la vie est quand même assez chouette.
- 47:19Tu vas recevoir plein de demandes d'amis.
- 47:20Oui,
- 47:20c'est ça.
- 47:22Je suis trop bouquée,
- 47:23je n'ai plus le temps.
- 47:24Non,
- 47:24je plaisante.
- 47:26En tout cas,
- 47:26c'était un plaisir de vous recevoir,
- 47:28Cécilia,
- 47:29dans cette émission.
- 47:30Un plaisir partagé.
- 47:31Et la prochaine fois,
- 47:32on t'invitera pour que tu nous parles beaucoup de ce livre,
- 47:34parce que quand même,
- 47:37c'est un livre,
- 47:37à mon avis,
- 47:37que j'attends de lire avec impatience.
- 47:41Il n'est pas prêt de sortir pour l'instant,
- 47:42je pense,
- 47:43mais je suis en train de terminer de l'écrire et il va falloir le relire.
- 47:46Et voilà,
- 47:47il peut penser à comment l'éditer,
- 47:49etc.
- 47:50Donc,
- 47:50il y a encore beaucoup de travail dessus.
- 47:52Et si vous voulez suivre son Instagram avec toutes ses peintures,
- 47:55Tu peux donner ton Insta,
- 47:56du coup ?
- 47:56Oui,
- 47:56c'est Cécilia Conant,
- 47:57photographie,
- 47:58avec un Y à la fin,
- 48:00sur Insta.
- 48:01Bon,
- 48:01en tout cas,
- 48:02moi,
- 48:02j'ai quand même passé la soirée avec Cécilia.
- 48:03Vous êtes tous jaloux.
- 48:04Et puis,
- 48:05je vous souhaite une belle rentrée.
- 48:08Je vous dis à la semaine prochaine et très vite,
- 48:10Cécilia,
- 48:10j'espère.
- 48:10À bientôt.
- 48:16Flamme des années 80.
- 48:18Le podcast qui allume la femme.