Latest / SAFE PACE - Le podcast des sports d'endurance, présenté par Hugo Clément / PROGRESSER GRÂCE AU MENTAL Avec Martin Fourcade et Makis Chamalidis
Transcript
- 0:06Safe Pace,
- 0:08le podcast des sports d'endurance présenté par Hugo Clément.
- 0:13Dans les sports d'endurance,
- 0:14le mental joue un rôle central.
- 0:16À quoi sert d'être bien entraîné physiquement si le jour de la course,
- 0:20notre cerveau nous lâche ?
- 0:22Entre deux personnes d'un niveau similaire,
- 0:24le mental peut faire toute la différence.
- 0:26Alors comment entraîner son cerveau pour progresser ?
- 0:29Comment atteindre le fameux flow,
- 0:31cet état unique où le...
- 0:32Le corps,
- 0:33le mental et la conscience s'alignent parfaitement pour accomplir de grandes choses.
- 0:37On va essayer de répondre à ces questions aujourd'hui.
- 0:39SafePace,
- 0:40c'est parti !
- 0:43Pour cet épisode,
- 0:43nous sommes toujours à Tignes,
- 0:45à l'occasion des Étoiles du Sport,
- 0:46un événement qui regroupe de nombreux sportifs de tous les horizons.
- 0:49Et bien sûr,
- 0:50l'équipe d'experts de SafePace est là.
- 0:52Charlotte Morel,
- 0:53Fred Belombre,
- 0:54Hugo Tormento.
- 0:55Bienvenue les amis,
- 0:55j'espère que vous avez la forme.
- 0:57Et avec nous pour parler de notre cerveau,
- 0:59deux invités qu'on est heureux de recevoir.
- 1:02Martin Fourcade,
- 1:03bienvenue dans SafePace.
- 1:04Merci.
- 1:04Ai-je besoin de te présenter,
- 1:06Martin ?
- 1:07Tu as
- 1:0737 ans,
- 1:08tu es une légende du sport français avec 6 titres olympiques en biathlon.
- 1:12Tu es tout simplement le français le plus titré au JO,
- 1:15rien que ça.
- 1:16C'est vraiment un honneur pour nous de te recevoir dans SafePace aujourd'hui et je pense que tu as beaucoup à nous apprendre sur comment se forger un mental de champion.
- 1:23Makis Chamalidis,
- 1:24bienvenue dans SafePace.
- 1:25Bonjour.
- 1:26Tu es docteur en psychologie.
- 1:28Tu étais le psychologue de l'équipe de France au JO de Paris en 2024.
- 1:32Tu as préparé plus de 500 sportifs et entraîneurs de haut niveau dans une vingtaine de disciplines.
- 1:37Je pense qu'on peut dire que tu en connais un rayon sur la préparation mentale.
- 1:40Merci beaucoup d'être avec nous.
- 1:41On a plein de questions à te poser et on est très content que tu sois là.
- 1:44Avant d'entrer dans le vif du sujet,
- 1:46Martin,
- 1:46est-ce que je peux te demander en quelques mots pourquoi tu as refusé de prendre la présidence des JO d'hiver ?
- 1:50Ça attaque fort.
- 1:53J'allais dire,
- 1:54il va me parler,
- 1:55il sait que je suis auditeur de SafePay,
- 1:57il va me lancer là-dessus.
- 1:58Non,
- 1:59pas du tout.
- 2:00Ce n'était pas un problème de préparation mentale,
- 2:02donc ça ne fait pas forcément écho au sujet d'aujourd'hui.
- 2:05Par contre,
- 2:06pour avoir eu le bonheur de vivre l'aventure Paris 2024 aux côtés de Tony Estanguet,
- 2:11je crois que j'avais pleinement conscience de l'implication que cela nécessite,
- 2:16de l'engouement total qu'il faut mettre dans une...
- 2:20dans un tel projet.
- 2:21Et on va dire que les grandes pierres fondatrices de ce projet-là,
- 2:24moi,
- 2:25me gênaient un petit peu à certains égards.
- 2:27Et donc,
- 2:27je n'avais pas envie de me lancer dans un projet dans lequel je ne croyais pas totalement.
- 2:32C'est toujours une balance.
- 2:33Il y a une partie vie privée qu'on doit mettre en balance avec quelque chose,
- 2:38un projet professionnel qui nous attire et qui fait,
- 2:40comme dans une carrière sportive de haut niveau,
- 2:42qu'on peut s'engager.
- 2:44Et moi,
- 2:44je ne trouvais pas cet équilibre dans ce dossier-là.
- 2:46On a beaucoup entendu et lu que c'était pour des questions environnementales que tu avais refusé de prendre ce job.
- 2:51Ce n'était pas vraiment le cas ?
- 2:52Ce n'était pas vraiment le cas et le cas à la fois.
- 2:55Pas vraiment le cas parce que c'est sûr que ça a été repris de ce point de vue-là.
- 3:01Je suis loin d'être un ayatollah écologiste.
- 3:04Je ne l'ai pas fait parce que je pensais que ce projet était une catastrophe environnementale.
- 3:08Loin de là.
- 3:09Par contre,
- 3:10je l'ai fait en étant persuadé que ce projet,
- 3:12pour moi,
- 3:13n'avait de sens.
- 3:14que s'il permettait d'enclencher et de permettre cette réflexion et cette action autour de la transition de la montagne française.
- 3:23Et je sentais que ce n'était pas la valeur sur laquelle était construit ce projet-là.
- 3:28Donc à la fois,
- 3:29c'est quelque chose de très important pour moi et j'avais envie que ça fasse partie de toutes les strates du dossier.
- 3:34Et de l'autre côté,
- 3:35je ne l'ai pas fait en me disant que c'est une aberration écologique absolue,
- 3:39je ne veux pas y aller.
- 3:39Voilà un peu l'équilibre.
- 3:41Martin,
- 3:41tu es auditeur de Safe Space,
- 3:42je crois.
- 3:43voilà une question ouais j'écoute Safe Pace je suis ami de longue date avec Fred et Charlotte et donc c'est comme ça que j'ai entendu parler de Safe Pace au début et donc voilà aujourd'hui ça fait partie de mon quotidien dans les trajets donc j'ai pas écouté tous les épisodes j'avoue que j'ai fait l'impasse sur j'ai
- 4:02fait l'impasse sur celui de comment concilier sa vie de maman avec ses impératifs de sportif de haut niveau,
- 4:09je me sentais un peu moins conservé que sur d'autres thématiques
- 4:12Maintenant,
- 4:12c'est génial d'avoir un podcast qui parle de sport et qui apporte sa pierre à l'édifice.
- 4:20Merci beaucoup,
- 4:20ça nous fait plaisir.
- 4:21Martin,
- 4:22quelle place a joué ton cerveau,
- 4:23ton mental dans ta carrière sportive,
- 4:25selon toi ?
- 4:25Beaucoup.
- 4:27Beaucoup,
- 4:27parce que je pense que comme tous les sportifs à très haut niveau,
- 4:30j'ai bien sûr des qualités.
- 4:32Je les ai bien sûr travaillées,
- 4:34optimisées.
- 4:35Mais je suis un peu gêné avec ces deux notions.
- 4:37Parce que des qualités,
- 4:38je crois qu'à haut niveau,
- 4:38on en a tous des très différentes.
- 4:40Et moi,
- 4:40je prends l'exemple de mon grand frère.
- 4:42Avec qui j'ai couru en carrière,
- 4:44qui est quelqu'un de très musculeux,
- 4:45qui avait des qualités lactiques notamment qui étaient bien plus élevées que les miennes.
- 4:51A l'inverse,
- 4:51j'avais des qualités cardiaques qui étaient beaucoup plus élevées,
- 4:55etc.
- 4:55Et je pense qu'à haut niveau,
- 4:56ça se compense un petit peu.
- 5:00Entraînement,
- 5:00j'ai toujours trouvé très réducteur,
- 5:03de dire si je gagne c'est parce que je m'entraîne mieux que les autres.
- 5:07D'un très prétentieux et d'un très réducteur.
- 5:10Et donc pour moi,
- 5:11le dernier volet du sport de haut niveau qu'on a du mal à explorer,
- 5:15qu'on a du mal à quantifier,
- 5:17c'est le mental.
- 5:18Et à mon sens,
- 5:19c'est celui-là qui fait la différence.
- 5:21C'était ta force ou ta faiblesse par rapport à tes concurrents,
- 5:23le mental ?
- 5:24J'ai envie de dire que c'était plutôt une force.
- 5:28Il peut y avoir toujours plus préparé là-dessus que nous.
- 5:32Clairement,
- 5:32je pense que c'était plutôt une force.
- 5:33Je ne me suis jamais senti intrinsèquement bien plus fort que mes concurrents physiologiquement.
- 5:39Par contre,
- 5:39oui,
- 5:39je me sentais sans doute à de nombreux moments de ma carrière plus fort mentalement qu'eux.
- 5:43Est-ce que tu te souviens d'un moment particulier où le mental t'a fait basculer du bon côté alors que ça semblait mal barré ?
- 5:49On est en 2016,
- 5:50je me bats pour le classement général de la Coupe du Monde contre l'allemand Simon Schemp.
- 5:54qui est un grand rival et un mec super.
- 5:57Et moi,
- 5:57j'ai eu un début de saison qui était magnifique.
- 6:00Lui,
- 6:00il a un milieu de saison qui est exceptionnel.
- 6:01Et en fait,
- 6:02on se retrouve du coup à peu près au coude à coude pour les trois dernières étapes de Coupe du Monde.
- 6:06Moi,
- 6:07forcément,
- 6:07je me dis qu'il est quand même dans la bonne dynamique.
- 6:10Donc,
- 6:10il a cet avantage-là.
- 6:12Et du coup,
- 6:13quand la télévision allemande me demande de réaliser une poignée de mains avec lui en se regardant dans les yeux,
- 6:19je dis non,
- 6:20on ne va pas aller sur cet exercice-là.
- 6:21Je ne me sens pas en monstre confiance en ce moment.
- 6:24Donc je décline l'interview de la télévision allemande.
- 6:27Sauf qu'on est dans le même hôtel avec Simon Schempp et qu'au détour dans le couloir,
- 6:32lui avait une interview avec la télé allemande,
- 6:34moi je passe à ce moment-là,
- 6:35et du coup il m'attrape et il me dit « Martin,
- 6:37on veut que tu fasses une poignée de main avec Simon Schempp. »
- 6:39Et du coup moi je me retrouve dans une posture où c'est compliqué de dire « Ben non,
- 6:43ça me fait un peu peur. »
- 6:45Et donc du coup je dis « Ben pas de souci. »
- 6:46Et là j'attrape sa main,
- 6:48et sa main est moite.
- 6:50Donc au moment où je sens la moiteur de sa main,
- 6:52je lève le regard.
- 6:53Au moment où je le regarde dans les yeux,
- 6:54lui,
- 6:54il baisse les yeux et regarde ses chaussures.
- 6:56Ah,
- 6:57et là,
- 6:57tu t'es dit,
- 6:57j'ai pris l'ascendant.
- 6:59J'avais des doutes,
- 7:00mais il en a plus que moi.
- 7:03Il n'arrive même pas à les cacher face à moi.
- 7:05Donc,
- 7:05c'est vrai que ce jour-là,
- 7:07et je crois que c'est une des rares fois dans ma carrière,
- 7:09ou sur l'extra-sportif,
- 7:10parce que des moments sur le sportif,
- 7:12je crois qu'on en a tous,
- 7:12des moments de bascule.
- 7:14Mais sur l'extra-sportif,
- 7:15j'ai pris conscience de la puissance de cette bataille mentale-là.
- 7:20un des spectres du mental.
- 7:24En tout cas,
- 7:24ce jour-là,
- 7:24j'ai gagné le général de la Coupe du Monde parce qu'il a baissé les yeux et qu'il a regardé ses chaussures.
- 7:28J'en suis intimement persuadé.
- 7:30Makis,
- 7:31pourquoi la préparation mentale ?
- 7:32Ça concerne aussi les athlètes amateurs qui nous écoutent et pas seulement les athlètes professionnels comme Martin.
- 7:37Moi,
- 7:37je pense que quand on soit un numéro un mondial dans sa discipline ou un amateur qui aime la compétition,
- 7:44tout le monde a des marges de progression.
- 7:46et les principes
- 7:49de performance mentale sont les mêmes.
- 7:52Si je dois définir la performance mentale,
- 7:54pour moi c'est exprimer mon potentiel sous pression et tenir dans la durée.
- 8:00Et dans cette idée,
- 8:01et je pense que ça parle à tout le monde,
- 8:03il y a d'abord une première idée,
- 8:05c'est le jour J quand ça compte pour de vrai,
- 8:09je sais ce que j'ai à faire,
- 8:10le mot clé c'est faire,
- 8:12c'est pas espérer.
- 8:13Parfois on entend la veille d'une compétition,
- 8:16j'espère que ça va bien se passer.
- 8:18Pour moi,
- 8:19ça veut dire que cette personne n'a pas de plan.
- 8:21Et un athlète amateur,
- 8:23il peut avoir un plan parce qu'il va défendre son identité,
- 8:27parce qu'il a un fil conducteur,
- 8:29une tactique.
- 8:30En revanche,
- 8:31la deuxième partie,
- 8:32tenir dans la durée,
- 8:33ce n'est pas donné à tout le monde d'être un compétiteur régulier.
- 8:37Souvent,
- 8:37on peut faire un ou deux résultats dans l'année et la plupart du temps,
- 8:41c'est quand on n'est pas attendu,
- 8:42quand on ne devait pas être là,
- 8:44quand on n'est pas échauffé,
- 8:47quand on a une excuse.
- 8:48et finalement ça se goupille bien dès lors que les attentes montent quand on a un statut à défendre c'est plus du tout le même exercice On va entrer dans les détails des méthodes qui permettent de sortir de cette pression et de se recentrer
- 9:05Est-ce que tu as le sentiment que l'aspect mental est suffisamment pris en compte aujourd'hui par les pratiquants de sport d'endurance ?
- 9:13pris de plus en plus en compte grâce notamment à des initiatives comme la vôtre ici parce qu'il y a plus d'informations qui circulent,
- 9:22parce qu'il y a aussi plus d'intervenants même si tous les sportifs amateurs ne font pas spécialement appel à un préparateur mental ou un psychologue du sport mais il y a suffisamment de matériel pour se former,
- 9:34pour aller dans le détail.
- 9:36Il y a aussi une nouvelle génération d'entraîneurs qui ont fait elles-mêmes de la préparation mentale.
- 9:42Je pense que c'est en train d'arriver.
- 9:44On connaît tous cette phrase,
- 9:46« Allez,
- 9:46c'est dans la tête » .
- 9:48À quel point c'est vrai,
- 9:49Martin ?
- 9:50Quand ça devient dur et qu'on se dit « Allez,
- 9:51c'est dans la tête » .
- 9:52Non,
- 9:52mais il y a une grande partie de mental,
- 9:54y compris dans le physique,
- 9:55entre le moment où,
- 9:57dans un dernier tour,
- 9:58la douleur arrive à vous transcender ou elle arrive à vous inhiber et à être un peu ce plafond de verre.
- 10:04Oui,
- 10:05beaucoup de choses se passent dans la tête.
- 10:07Ensuite,
- 10:07pour faire écho aux propos de Macky's juste devant,
- 10:11Moi je reste persuadé par contre que le mental rentre quand même en jeu aussi à un certain niveau,
- 10:19à une certaine strate.
- 10:21Moi j'ai eu,
- 10:21et des fois regardez ça avec le sourire,
- 10:24des entraîneurs à un niveau régional dont les athlètes n'ont aucune formation en prêve physique,
- 10:32sont techniquement très loin de la performance de haut niveau,
- 10:36dont l'hygiène de vie est celle d'un jeune d'une douzaine d'années.
- 10:40dire...
- 10:41Là,
- 10:41on a mis en place un process avec un préparateur mental.
- 10:44Et à la fois,
- 10:45c'est bien parce qu'il y a tout l'extra sportif.
- 10:46Et à la fois,
- 10:47sur le volet sportif,
- 10:48je suis aussi persuadé qu'en fait,
- 10:49c'est à certaines étapes de développement où on arrive à identifier certains blocages.
- 10:56qu'on peut se dire,
- 10:57bon ben là,
- 10:57il y a besoin d'effectuer un travail spécifique.
- 10:59Et moi,
- 11:00ça a vraiment été en tout cas ma vision de la préparation mentale.
- 11:05Comme le disait Maquis,
- 11:05moi je suis un mauvais élève,
- 11:06parce que je n'ai jamais eu de prête mentale dans ma carrière.
- 11:10Parce qu'en fait,
- 11:10je me suis toujours dit,
- 11:13pourquoi pas un jour ?
- 11:14Si je n'arrive pas à atteindre les objectifs que je me fixe,
- 11:18et finalement,
- 11:19moi j'ai eu la chance de jamais être dans cette situation.
- 11:21Et du coup,
- 11:22peut-être que ma kisse va s'arracher les cheveux,
- 11:26il en a beaucoup.
- 11:28Mais j'avais de mon côté aussi peur que de travailler avec un prêtre mental,
- 11:33ce soit finalement l'occasion d'ouvrir des fêlures.
- 11:38Et moi je me disais en fait ça va bien,
- 11:40j'
- 11:40réalise mes objectifs,
- 11:41j'ai pas de plafond de verre,
- 11:43j'ai pas de contraintes.
- 11:44C'est un peu comme surveiller son sommeil quand tu dors bien quoi.
- 11:47Voilà,
- 11:48exactement,
- 11:49c'est la même chose.
- 11:50Et donc moi,
- 11:51oui,
- 11:51j'ai volontairement jamais fait la démarche de consulter un préparateur mental,
- 11:56un psychologue,
- 11:58tout ça.
- 11:59Par contre,
- 11:59j'ai recommandé à des collègues à moi,
- 12:00en équipe de France,
- 12:01d'aller consulter en me disant « Mais là,
- 12:02quand même,
- 12:03regarde factuellement,
- 12:05tu loupes toutes tes dernières balles. »
- 12:06C'est quelque chose qui est spécifique au biathlon.
- 12:10La dernière balle,
- 12:11c'est la balle où on commence à en passer au ski,
- 12:13où on se dit « Ah,
- 12:13si je la mets,
- 12:15ça engendre... »
- 12:16Et j'avais un collègue qui loupait,
- 12:18Un jour,
- 12:19je lui ai dit,
- 12:19va voir un traitemental.
- 12:22Ou un opticien.
- 12:25Quand tu n'es que la dernière,
- 12:26c'est vraiment l'opticien.
- 12:29C'est particulier.
- 12:29On va reparler de cet aspect pression.
- 12:31Parce qu'avec ton statut d'ultra-favori quand tu es arrivé sur les compétitions,
- 12:35tu as pu,
- 12:35par moments,
- 12:36ressentir le poids de la pression.
- 12:38Tu nous diras si ça t'a inhibé ou si,
- 12:39au contraire,
- 12:40ça t'a...
- 12:40Je crois qu'on a la réponse vu les résultats.
- 12:42Mais ça t'a aidé à être encore meilleur.
- 12:46Fred ?
- 12:46Toi,
- 12:46c'était ton point fort ou ton point faible,
- 12:48le mental au JO en triathlon ?
- 12:51Que ce soit au JO ou ailleurs,
- 12:53il y a eu des jours où ça a été mon point fort,
- 12:55où c'est vrai que peut-être que c'est mon mental qui m'a permis de me transcender,
- 13:01mais je sais éperdument que ça a été aussi mon point faible à des moments où la pression a pris le dessus.
- 13:07Bien d'un moment en particulier ?
- 13:09Non,
- 13:09mais je sais qu'il y a des courses où j'étais complètement absent,
- 13:12que je sois favori ou pas.
- 13:13Ce n'était pas au lieu de viser le podium,
- 13:16je fais sixième ou septième.
- 13:18J'étais carrément
- 13:2045e et pourtant,
- 13:21j'avais l'impression d'avoir tout donné.
- 13:22Là,
- 13:23je me dis vraiment,
- 13:23je pense que soit je me suis vidé d'énergie avant la course à cause de la pression,
- 13:29soit il y a un truc que je n'ai pas fait,
- 13:30mais mon corps,
- 13:31il était quand même prêt pour faire au pire huitième.
- 13:34Et je passe complètement à côté.
- 13:36Donc,
- 13:36tout s'est bien passé sur l'aspect tactique,
- 13:40logistique,
- 13:40etc.
- 13:41Donc,
- 13:41il n'y a que le mental qui a pu me faire défaut,
- 13:43je pense.
- 13:44Charlotte ?
- 13:44Non,
- 13:45mais c'est sûr qu'il y a,
- 13:46comme Fred,
- 13:46il y a des moments où le mental m'a transcendé.
- 13:50Il y a même des courses où tu arrives,
- 13:51tu as tout mis en place.
- 13:53Tu sais que tu es prêt à l'entraînement,
- 13:56mais tu ne sais jamais qui sont tes adversaires,
- 13:58comment ça va se passer,
- 13:59etc.
- 14:00Et puis,
- 14:01quelquefois,
- 14:01le jour où tu te sens bien,
- 14:04ton mental t'aide à te surpasser.
- 14:07Si tu commences à douter,
- 14:08je trouve que c'est là où le mental peut te faire défaut et où il faut essayer de sortir du négatif pour te recentrer sur la course.
- 14:17À l'époque,
- 14:17on n'avait pas du tout de préparateur mental.
- 14:19Je rejoins ce que disait tout à l'heure Martin.
- 14:21Maquise,
- 14:21ça n'existait pas à l'époque ?
- 14:24On n'avait pas aussi facilement accès.
- 14:26Et plutôt en fin de carrière,
- 14:29j'ai rencontré Maquise d'ailleurs.
- 14:30J'ai adoré les discussions qu'on a eues ensemble.
- 14:33Mais je pense qu'après coup...
- 14:35En étudiant et en écoutant tous les conseils qu'on pouvait donner sur la prépa mentale,
- 14:39je me disais « Ok,
- 14:40je comprends pourquoi je faisais ça.
- 14:42C'était peut-être des processus que je faisais naturellement.
- 14:45Peut-être que Martin le faisait aussi,
- 14:47mais on n'avait pas conscientisé le truc. »
- 14:51Maquis,
- 14:51est-ce qu'on a des preuves scientifiques sur l'effet du mental,
- 14:54de la détermination sur les performances sportives ?
- 14:57Est-ce que ça a été étudié et validé par la science tout ça ?
- 15:00Oui,
- 15:01encore faut-il bien définir ce qu'on entend par mental.
- 15:06Nous,
- 15:06il y a 25 ans,
- 15:07avec François Ducasse,
- 15:08quand on avait écrit le livre « Champion dans la tête » ,
- 15:10on a fait un brainstorming qui a duré des mois et des mois pour dire qu'est-ce qu'on met dans ce mot valise ?
- 15:15Est-ce que c'est la concentration,
- 15:16la motivation,
- 15:17la confiance ?
- 15:19Et on a essayé d'être le plus précis possible parce que les « c'est dans ta tête »
- 15:23ou « fais-toi plaisir »
- 15:25On ne peut pas aller très loin avec ça.
- 15:27Les biomécaniciens ou les physiologistes,
- 15:29bon,
- 15:30c'est des vraies sciences.
- 15:32Or,
- 15:32la psychologie,
- 15:33elle est un peu moins objective.
- 15:36Ils poussent les curseurs très loin.
- 15:38Et nous,
- 15:38on a essayé d'être très précis aussi dans le langage pour justement mettre des mots sur ce qu'on peut vivre lors d'une performance,
- 15:45lors d'une contre-performance.
- 15:46J'ai envie de dire,
- 15:47la performance,
- 15:48elle est ni...
- 15:50rationnelle ni mystérieuse.
- 15:52On peut la traquer mais pour ça il faut vraiment quand on s'y attarde aller dans le détail et du côté scientifique évidemment on peut parler de la visualisation,
- 16:01des effets que ça peut avoir mais il y a encore quelques zones d'ombre.
- 16:05Maintenant les neurosciences montrent à quel point le cerveau il est musclé,
- 16:11il est intelligent et comment on peut l'utiliser
- 16:15Alors tu vas nous donner les techniques,
- 16:16les secrets pour bien muscler son cerveau
- 16:18Je voudrais juste donner quelques chiffres avant.
- 16:20Il y a eu une étude américaine en 2023 qui a été faite sur 33 participants de niveaux sportifs similaires,
- 16:25divisés en deux groupes.
- 16:27La moitié qui ont suivi une préparation mentale et l'autre moitié qui n'ont pas suivi de préparation mentale.
- 16:32On leur a fait passer un test sur un vélo ergomètre pour voir combien de temps il tenait avant épuisement.
- 16:38Le groupe qui a suivi la préparation mentale a amélioré son temps jusqu'à épuisement d'environ 10%.
- 16:4280%.
- 16:42par rapport au test de base,
- 16:44contrairement au groupe qui n'a pas fait de prépa mental et qui lui a stagné au niveau de cette performance.
- 16:49Donc ça semble quand même fonctionner,
- 16:51selon cette étude en tout cas,
- 16:53la préparation mentale sur la capacité à se faire mal,
- 16:56à aller plus loin dans l'effort.
- 16:58Est-ce que vous avez des exemples d'athlètes avec un immense potentiel,
- 17:03mais qui sont passés à côté de leur carrière à cause du mental ?
- 17:06Martin,
- 17:06tu en connais peut-être ?
- 17:08Moi j'en connais,
- 17:08ça rejoint un peu ce que je disais au début sur le fait que physiologiquement,
- 17:13J'ai plein de collègues en équipe de France qui ont toujours été bien meilleurs que moi en muscu,
- 17:17en VO2,
- 17:18sur des tests purement physiologiques qu'on peut mesurer.
- 17:21Et oui,
- 17:22des exemples,
- 17:23j'en ai tout au long de ma carrière en équipe de France.
- 17:27Des athlètes où,
- 17:28factuellement,
- 17:29en regardant les résultats physiologiques,
- 17:30tu disais,
- 17:31bon,
- 17:31lui,
- 17:32cet hiver,
- 17:32il va être dur à aller chercher.
- 17:34Et puis,
- 17:34il y a un moment où il y a d'autres facteurs qui rentrent en jeu.
- 17:36et puis j'ai bien aimé le...
- 17:39l'attention des mots de Machis parce que oui,
- 17:43le mental est très large et donc là-dedans,
- 17:46il y a la confiance,
- 17:47là-dedans,
- 17:48il y a comment atteindre cet état de flot dont on parlait.
- 17:52On parlait du flot.
- 17:53Et donc,
- 17:53il y a pas mal de petites choses comme ça qui rentrent dans ce mot valise qui est le mental et qui font la différence par rapport au physiologique.
- 18:01Je trouve que souvent,
- 18:02on a tendance justement à voir un sportif
- 18:06par le côté un peu grec,
- 18:08Grèce ancienne de la chose,
- 18:11le dieu grec au profil physique,
- 18:12musclé,
- 18:13etc.
- 18:14Et avec des tout petits sexes.
- 18:18Les statues de sportifs grecs,
- 18:20elles ont des tout petits sexes.
- 18:21Est-ce que ça ne rentre pas vraiment dans mon propos ?
- 18:25Je le précise,
- 18:26le détail historique c'est important pour moi,
- 18:28Martin.
- 18:29Et donc souvent,
- 18:31on identifie le sportif à la force physique.
- 18:33Et je suis...
- 18:35Je suis intimement persuadé qu'à haut niveau,
- 18:37la différence se fait aussi sur la force mentale.
- 18:40Et la force mentale,
- 18:42comme elle est un peu plus difficile à quantifier,
- 18:44comme elle est un peu plus difficile à déclencher,
- 18:47souvent on a du mal à la valoriser autant que la force physique.
- 18:51Alors Makis,
- 18:53si je suis un athlète amateur qui veut juste progresser,
- 18:56je ne parle pas des sportifs professionnels qui veulent devenir champions du monde,
- 19:00sportif amateur,
- 19:01je veux juste progresser,
- 19:02je veux réussir à atteindre mes objectifs,
- 19:04par quoi je commence ?
- 19:05Comment j'entraîne mon cerveau ?
- 19:07Alors j'ai envie de faire une distinction entre deux approches,
- 19:10une que je qualifierais de macro et une autre de micro.
- 19:14La partie micro,
- 19:15c'est toutes les techniques de visualisation,
- 19:18de méditation,
- 19:19de mindfulness,
- 19:21de tout ce qui permet...
- 19:22Mindfulness,
- 19:22c'est pleine conscience.
- 19:23Pleine conscience,
- 19:24oui.
- 19:25Donc il y en a plein aujourd'hui,
- 19:28et ils sont très utiles à une condition,
- 19:31c'est que la partie macro...
- 19:34Elle soit solide.
- 19:34C'est quoi la partie macro ?
- 19:36Pour moi,
- 19:36c'est la solidité de mon projet.
- 19:39Est-ce que j'ai un vrai pourquoi ?
- 19:41Et ça veut dire quoi ?
- 19:43Mes motivations profondes ?
- 19:44Est-ce que je suis en mission ?
- 19:45Pourquoi je fais ça ?
- 19:46Voilà.
- 19:47Moi,
- 19:47demain,
- 19:47tu me demandes « cours ce week-end le marathon de Berlin ou d'Athènes » ,
- 19:51je vais te dire « je ne peux pas » .
- 19:53Je ne suis pas préparé,
- 19:54je ne vais pas finir,
- 19:55je vais me blesser.
- 19:56Si tu me dis,
- 19:57cours ce week-end le marathon,
- 19:59sinon tu ne vas pas voir ta famille pendant 5 ans.
- 20:02je peux te garantir que je vais le finir,
- 20:04je ne sais pas comment,
- 20:05mais je serai porté par quelque chose qui va au-delà du résultat.
- 20:08Et donc,
- 20:09la partie macro,
- 20:10c'est savoir pourquoi je suis là.
- 20:12Deux,
- 20:12je dirais avoir un entourage qui tient la route,
- 20:15parce que dans ton entourage,
- 20:16tu as des gens qui te donnent de l'énergie,
- 20:18qui te pompent de l'énergie.
- 20:19D'ailleurs,
- 20:20parfois,
- 20:20c'est la même personne,
- 20:21en concluant le contexte.
- 20:23Mais on arrive aussi à l'idée de savoir baliser son chemin,
- 20:27quand j'ai un plan.
- 20:28Mais aussi,
- 20:29qu'est-ce que tu fais si...
- 20:31Tu as le meilleur entraîneur du monde et tu rentres chez toi et un parent se prend pour l'entraîneur.
- 20:37Là,
- 20:37tu vas être entre deux.
- 20:39Et tu peux faire de la méditation,
- 20:40évidemment,
- 20:41de la visualisation,
- 20:42mais à un moment donné,
- 20:43tu dois vraiment savoir qui sont les gens avec qui je peux composer et accepter que je ne peux pas plaire à tout le monde.
- 20:51Même les amateurs peuvent se retrouver dans cet état entre deux,
- 20:54où on est un peu tiraillé,
- 20:56où les choses ne sont pas claires.
- 20:57Et parfois,
- 20:58c'est le corps qui décide parce que je n'arrive pas à...
- 21:00trouver un espace pour m'exprimer et c'est le corps qui dit stop d'une manière ou d'une autre.
- 21:05Donc la base,
- 21:06si je résume,
- 21:06c'est 1.
- 21:07Savoir pourquoi on est là.
- 21:082.
- 21:08Avoir un entourage qui nous soutient.
- 21:103.
- 21:10Accepter qu'on ne peut pas plaire à tout le monde.
- 21:12Ça,
- 21:13c'est la base.
- 21:13Et ensuite,
- 21:14est-ce qu'il y a des techniques assez simples à utiliser ?
- 21:17Oui,
- 21:17oui.
- 21:18Et elles sont très individuelles,
- 21:20évidemment.
- 21:20Si je dis,
- 21:21comme c'est la mode en développement...
- 21:25personnel,
- 21:25il faut faire ci,
- 21:26il faut faire ça,
- 21:26être la meilleure version de toi-même,
- 21:28comme si tu es un iPhone,
- 21:29bon,
- 21:29on ne va pas aller très loin.
- 21:31Même si l'idée,
- 21:32elle est intéressante au départ,
- 21:33devenir la meilleure version de soi-même,
- 21:36la vie,
- 21:36parfois,
- 21:37décide aussi autrement.
- 21:39J'ai envie de dire,
- 21:40avoir un plan,
- 21:42un plan de course,
- 21:43alors ça,
- 21:43c'est la tactique,
- 21:44mais ma mise en condition,
- 21:46comment je me prépare pour me mettre dedans avant chaque entraînement.
- 21:50Moi,
- 21:50je me...
- 21:52J'aime bien regarder ce que font les athlètes à n'importe quel niveau,
- 21:565-10 minutes avant leur entraînement.
- 21:58Est-ce qu'ils vont à l'entraînement ou est-ce qu'ils vont s'entraîner ?
- 22:01Pas pareil comme démarche.
- 22:02Est-ce que j'ai un objectif personnel ?
- 22:05Est-ce que je me mets en condition ?
- 22:08Est-ce que je m'échauffe mentalement pour être prêt dès le début de l'entraînement ?
- 22:12Ça,
- 22:12c'est déjà la base et ça va aider aussi à bien démarrer sa compétition,
- 22:15cette habitude-là.
- 22:16Donc ça,
- 22:17c'est une première idée,
- 22:18avoir une routine pour se mettre dedans.
- 22:21Et surtout les jours où c'est difficile,
- 22:23je dois avoir accès à mon pourquoi.
- 22:25Ensuite,
- 22:26quand c'est dur...
- 22:26Pourquoi je fais ça ?
- 22:27Pourquoi je fais tout ça ?
- 22:27Voilà.
- 22:28Après,
- 22:28j'aime bien les what-if scénarii,
- 22:30c'est-à-dire qu'est-ce que j'ai prévu au cas où ?
- 22:33Au cas où j'ai du mal,
- 22:34au cas où j'ai envie d'arrêter ?
- 22:36Comment je vais gérer mes pensées parasites ?
- 22:39Est-ce que j'ai préparé des parades ?
- 22:41Est-ce que je saurais parler à mon corps aussi ?
- 22:44De faire corps commun avec son corps,
- 22:46parce que c'est un peu comme le chevalier avec son cheval.
- 22:48On peut transmettre la confiance au cheval,
- 22:50en même titre qu'on peut le faire douter.
- 22:52Et notre corps,
- 22:53c'est pareil.
- 22:54Quelle nourriture mentale on va lui donner pour tenir,
- 22:57pour avoir cette endurance mentale ?
- 23:00Donc avant une course,
- 23:01se préparer différents scénarios.
- 23:02Se dire scénario 1,
- 23:04tout se passe bien,
- 23:05ça va comme j'ai prévu.
- 23:08Scénario 2,
- 23:09j'ai une petite douleur,
- 23:10une baisse d'énergie,
- 23:11qu'est-ce que je fais,
- 23:12comment je réagis ?
- 23:12anticiper les différents scénarios.
- 23:15Oui,
- 23:15et c'est un entraînement pour le cerveau.
- 23:17C'est que je ne serai pas surpris,
- 23:19par exemple,
- 23:20et on va en parler,
- 23:21quand je sors du flot.
- 23:22Le flot,
- 23:23il ne dure jamais très longtemps.
- 23:24Parfois oui,
- 23:25parfois non,
- 23:26mais qu'est-ce que j'ai prévu pour me réadapter et pour avoir un minimum syndical sous lequel je ne descends pas ?
- 23:33Est-ce qu'il y a des méthodes de visualisation ?
- 23:37Moi,
- 23:37j'ai beaucoup entendu parler de la visualisation positive,
- 23:40c'est à dire
- 23:41je corrige si je me trompe,
- 23:44pendant que tu es dans un moment difficile dans la course,
- 23:46plutôt que de penser à la douleur,
- 23:48à quel point c'est difficile,
- 23:49à se demander pourquoi je fais ça,
- 23:51essayer de visualiser le moment où je passerai la ligne d'arrivée,
- 23:54où je serai content de moi,
- 23:55où j'aurai le droit de manger les trucs qu'il y a à l'arrivée,
- 23:58de boire quelque chose,
- 24:01de visualiser les choses positives qui vont venir après.
- 24:03Est-ce que ça,
- 24:04ça fonctionne ?
- 24:05Pour certains,
- 24:06oui,
- 24:06mais tout dépend si ça a du sens pour moi.
- 24:09Certains vont se voir arriver à la ligne d'arrivée,
- 24:12d'autres,
- 24:12pour d'autres,
- 24:13c'est déjà sortir du moment présent.
- 24:15Donc,
- 24:16je pense qu'il faut trouver la bonne formule personnalisée.
- 24:20Et ça,
- 24:21certains peuvent la trouver tout seuls,
- 24:23d'autres ont besoin d'un accompagnement pour être très précis sur ce qui marche pour moi,
- 24:28ce qui me rend performant finalement.
- 24:30Est-ce qu'on peut répondre à cette question ?
- 24:32à n'importe quel niveau,
- 24:33si on peut le faire,
- 24:34on a déjà bien avancé.
- 24:36Martin,
- 24:37un truc que tu faisais tout le temps avant les courses importantes pour te mettre dedans ?
- 24:42Maquis en parlait,
- 24:43je crois que la routine,
- 24:44en tout cas chez moi,
- 24:46était à la fois une manière de m'assurer que mon monde allait bien et à la fois une manière de me rassurer,
- 24:54de commencer à me projeter.
- 24:55Donc moi,
- 24:56j'avais cette routine qui commençait la veille de la course,
- 24:58au moment où je faisais mon sac.
- 25:00et qui se...
- 25:00prolonger jusqu'à la minute avant le départ avec ces derniers gestes qui sont tellement importants de remettre ses dragons,
- 25:06de resserrer ses chaussures.
- 25:09Cette routine qui m'a emmené du soir la veille de la compétition jusqu'au départ,
- 25:15pour moi c'était en tout cas un socle sur lequel je pouvais m'appuyer à tout moment,
- 25:20qui me rassurait,
- 25:21qui me donnait confiance,
- 25:22qui me permettait de ne pas m'évader de manière négative.
- 25:25On dit souvent qu'il faut débrancher le cerveau.
- 25:27quand on est dans une course difficile.
- 25:31Est-ce que c'est une bonne idée,
- 25:32ça,
- 25:32de débrancher le cerveau,
- 25:33Makis ?
- 25:34Finalement,
- 25:34est-ce que ce n'est pas l'inverse qu'il faut faire ?
- 25:36C'est brancher le cerveau et compter dessus ?
- 25:37Moi,
- 25:37je pense qu'il y a deux étapes.
- 25:39Une,
- 25:39c'est à quel moment je me prends la tête et à quel moment je ne me prends plus la tête.
- 25:44Et si la veille au soir,
- 25:45on est stressé,
- 25:46on a peur ou on est parasité,
- 25:48pour moi,
- 25:48ce n'est pas un souci parce que ça ne compte pas encore.
- 25:52Il vaut mieux se poser les questions qui fâchent ou les questions essentielles avant.
- 25:57pour ne pas se les poser pendant la course.
- 25:59D'accord,
- 25:59donc ce n'est pas grave de stresser la veille.
- 26:01Moi,
- 26:01je trouve que non,
- 26:02à moins de laisser beaucoup d'énergie.
- 26:05Mais le management d'énergie,
- 26:06il est important pour des courses,
- 26:08des courses longues.
- 26:09Mais je pense que le plus important,
- 26:12c'est d'avoir des routines qui rassurent,
- 26:15qui mettent en condition.
- 26:16Et si la veille au soir,
- 26:18on n'est pas bien,
- 26:19moi,
- 26:19je pense que ça renvoie plutôt à l'entourage.
- 26:22Est-ce que j'ai moi-même...
- 26:24les solutions ou est-ce qu'autour de moi il y a des gens qui savent me rassurer ?
- 26:27Je dirais même qu'ils savent transmettre de la confiance,
- 26:30ce qui n'est pas donné partout.
- 26:32C'est quoi les routines qui font du bien
- 26:34Fred ?
- 26:35Quel type de routine on peut mettre en place pour se rassurer ?
- 26:37Par rapport à ce que tu disais,
- 26:38parfois la veille de la course,
- 26:40le soir on n'arrive pas à s'endormir mais ce n'est pas forcément un stress qui va puiser énormément d'énergie.
- 26:46C'est aussi l'excitation.
- 26:48On se voit déjà en train de faire la course.
- 26:50donc euh
- 26:51On est déjà un petit peu sur cette ligne de départ et on a du mal à trouver le sommeil.
- 26:55Mais comme on dit,
- 26:56la dernière nuit,
- 26:57importe peu.
- 26:58Si c'est juste un stress positif,
- 27:00à la limite,
- 27:00ce n'est pas trop grave.
- 27:03Et sinon,
- 27:03pour répondre à la question,
- 27:06nous,
- 27:06les routines,
- 27:07c'est tout bête.
- 27:08C'est un peu comme toi,
- 27:10Martin.
- 27:10C'est la veille au soir,
- 27:12tu alignes tes chaussures,
- 27:13les chaussures de vélo,
- 27:14les chaussures de course à pied.
- 27:15Tu les mets au même endroit dans le sac à dos,
- 27:17les petits élastiques.
- 27:18En triathlon,
- 27:18on a quand même beaucoup de matos.
- 27:20Et chaque étape compte,
- 27:21donc tu te refais un peu le truc dans la tête,
- 27:23la combi,
- 27:24le bonnet,
- 27:24les lunettes,
- 27:25les chaussures,
- 27:25etc.
- 27:26Si tout est bien en place,
- 27:27bien calé,
- 27:28bien réglé.
- 27:29Ça t'occupe l'esprit.
- 27:30Et finalement,
- 27:31cette routine,
- 27:31elle te permet de penser à autre chose qu'à la course.
- 27:33Et moi,
- 27:34c'était un peu ce que je faisais.
- 27:35Et puis après,
- 27:37une heure avant la course,
- 27:37tu vas t'échauffer,
- 27:38quoi.
- 27:39J'aimerais bien ça.
- 27:39En fricot,
- 27:39c'était plus facile.
- 27:40Bonnet,
- 27:40lunettes,
- 27:41c'est réglé.
- 27:41Ouais,
- 27:41c'est ça.
- 27:43C'est beaucoup moins de questions.
- 27:45Non,
- 27:45mais oui,
- 27:45quand t'étais nageur de haut niveau,
- 27:47là,
- 27:47moi,
- 27:47il y a un truc qui me fait stresser quand je regarde la natation à la télé,
- 27:49c'est les chambres d'appel,
- 27:50là.
- 27:50Tu sais,
- 27:51où ils arrivent un par un.
- 27:53ils vont se mettre devant leur plot alors certains ont des écouteurs pour être un peu dans leur bulle
- 27:58Je me dis,
- 27:58mais ça doit être un moment horrible,
- 28:00ce moment juste avant le coup de pistolet.
- 28:04En vrai,
- 28:04j'ai découvert ça post-carrière en discutant avec Camille Lacour,
- 28:07le célèbre dossiste,
- 28:09qui lui me racontait que justement,
- 28:10en chambre d'appel,
- 28:12il faisait beaucoup de jeux et de guerres mentales là-dessus.
- 28:15Il venait se mettre derrière ton cou,
- 28:16il te soufflait dans le cou,
- 28:18il te regardait fixement dans les yeux,
- 28:20il faisait plein de trucs,
- 28:20il faisait du bruit,
- 28:21il parlait fort,
- 28:22il essayait de te faire des blagues.
- 28:23Si je voyais que tu étais concentré,
- 28:24il cherchait tout à te sortir de ta zone.
- 28:27En fait,
- 28:27moi,
- 28:27je ne m'en suis jamais rendu compte de toute ma carrière,
- 28:29parce que j'étais là,
- 28:31voilà,
- 28:32on va nager.
- 28:34Avec Hugo Tormento,
- 28:35la préparation mentale,
- 28:36c'est simple,
- 28:36de toute façon,
- 28:37on va nager.
- 28:40On a bossé.
- 28:41J'aimerais bien qu'on fasse une petite simulation,
- 28:43Makis.
- 28:44Admettons que je fais mon premier marathon,
- 28:46je me suis dit que je voulais faire absolument 3h30.
- 28:49Je suis un amateur,
- 28:50j'ai un travail à côté,
- 28:51je me suis préparé pendant des mois,
- 28:53je veux faire 3h30 au marathon.
- 28:54C'est pour un copain.
- 28:57J'ai tout bien fait,
- 28:57j'ai suivi toutes mes séances,
- 28:59je me suis bien alimenté,
- 29:00etc.
- 29:00Bon,
- 29:01la course commence et puis il se trouve que ça ne va pas,
- 29:05je ne me sens pas dedans,
- 29:06je n'ai pas d'énergie,
- 29:07etc.
- 29:08Comment,
- 29:09mentalement,
- 29:10je peux réussir à me sortir de la zone où je vais commencer à me dire « Oh là là,
- 29:14je ne vais pas y arriver,
- 29:15je regarde ma montre,
- 29:16oh là là,
- 29:16je vais faire plus que 3h30,
- 29:17ça va être une catastrophe,
- 29:18j'ai dit à tout le monde que j'allais faire 3h30,
- 29:20en fait,
- 29:20je ne vais pas faire 3h30 » .
- 29:22On va se moquer de moi,
- 29:23etc.
- 29:23Comment on arrive à se sortir de ce brouillard mental ?
- 29:26C'est un podcast,
- 29:26pas un épisode personnel.
- 29:27Il y a bien un petit souris que là,
- 29:29Hugo,
- 29:29il est en train de gratter une séance à pisteur.
- 29:32Non,
- 29:32pas du tout,
- 29:33je n'ai jamais fait de marathon.
- 29:33Tu factures à la fin,
- 29:34Mike,
- 29:34et ça,
- 29:34s'il te plaît.
- 29:37Assumer d'avance le risque d'échouer.
- 29:39Alors,
- 29:39la plupart des gens vont retenir échouer,
- 29:42mais l'idée d'assumer en avance que peut-être ça ne va pas le faire,
- 29:46c'est déjà une manière de lâcher prise,
- 29:48c'est déjà une manière de ne plus contrôler.
- 29:51et de ne plus être prisonnier de ce chrono.
- 29:55Je vais quand même donner une anecdote.
- 29:57L'année dernière,
- 29:58avec l'équipe de France de voler,
- 29:59on est devenu champion olympique et on avait préparé cette échéance justement avec cette idée-là.
- 30:06Le statut,
- 30:07c'est que la conséquence de ce qu'on met en place.
- 30:09On défend d'abord notre identité.
- 30:13Donc gagner,
- 30:13ce n'était pas une obligation.
- 30:15C'était éventuellement un résultat.
- 30:18Mais la seule obligation,
- 30:19la seule responsabilité,
- 30:21c'était de défendre mon identité.
- 30:23Donc,
- 30:23si sur une course,
- 30:25je ne fais pas mon truc,
- 30:26je ne joue pas ma partition,
- 30:29évidemment,
- 30:29je vais passer à côté parce que peut-être j'ai accéléré trop vite ou je n'ai pas respecté mon rythme.
- 30:34Moi,
- 30:34je pense que quand on n'y est plus,
- 30:36il faut revenir sur les bases,
- 30:38bien faire les choses simples,
- 30:40les bases de mon identité et accepter que peut-être ça ne sera pas parfait,
- 30:45mais...
- 30:45j'ai trois fois plus de chances de réussir m'emparer que si je force et si je suis prisonnier du résultat et afficher son objectif à l'avance est-ce que c'est pas une erreur finalement parce que avec les réseaux sociaux c'est vrai que beaucoup de gens donnent leur objectif ils disent voilà je vais participer à telle course et j'ai envie de faire ça pourquoi donner l'objectif ?
- 31:05alors si c'est un engagement et derrière ça me pousse à bien m'entraîner pourquoi pas ?
- 31:11Mais si derrière,
- 31:12je le sens comme une obligation et une promesse que je dois absolument tenir,
- 31:17là,
- 31:18bon courage.
- 31:20Toi,
- 31:20Martin,
- 31:20quand tu allais sur des courses importantes,
- 31:21est-ce que tu annonçais avant dans la presse « j'y vais pour gagner »
- 31:24et rien d'autre ?
- 31:25Est-ce que tu avais ce type d'approche ou tu étais plutôt un peu comme dit Macky's ?
- 31:30« Je vais faire de mon mieux et puis on va voir ce qui se passe » .
- 31:33C'est rigolo parce que c'est la première fois depuis le début de l'épisode que je ne suis pas aligné avec ce que dit Makis.
- 31:39Depuis le début,
- 31:39je me disais que c'est rigolo,
- 31:40je n'ai jamais consulté.
- 31:41Et en fait,
- 31:42intuitivement,
- 31:42il y a beaucoup de choses,
- 31:43de scénarii,
- 31:44comme le disait Fred,
- 31:45que j'ai mis en place,
- 31:46que j'ai ressenti et que j'ai échafaudé.
- 31:49Là,
- 31:50à l'inverse,
- 31:50sur la notion de résultat,
- 31:52je raconte souvent ce moment de ma carrière,
- 31:55qui est cette dernière balle de la poursuite olympique à Sochi 2014.
- 32:00dans cette balle.
- 32:01où je suis seul sur le pas de tir et je sais que si je la mets,
- 32:04je suis champion olympique et que si je la loupe,
- 32:06c'est fini.
- 32:07Et à ce moment-là,
- 32:09c'est vrai que mes entraîneurs de tir et puis la logique de la préparation mentale visent à mettre le résultat de côté,
- 32:16à dire surtout ne pense pas au résultat,
- 32:18tu te focalises sur la technique,
- 32:20la méthode.
- 32:20C'est ce que tu disais juste avant avec les voleilleurs,
- 32:23comment faire.
- 32:24En fait,
- 32:24la fin du chemin importe peu.
- 32:26Il faut être un surhomme pour à ce moment-là dans sa carrière.
- 32:30Se dire,
- 32:30ben non,
- 32:31en fait,
- 32:32ne pense pas aux résultats.
- 32:33Si,
- 32:33moi,
- 32:34je ne pense qu'à une chose à ce moment-là,
- 32:35c'est si je la mets,
- 32:36je suis champion olympique.
- 32:38Au moment où tu épaules ton tire ?
- 32:40À aucun moment,
- 32:43je ne peux avoir une autre pensée.
- 32:44Mon doigt,
- 32:45ma position,
- 32:46toutes ces choses que je travaille en entraînement depuis des années,
- 32:48c'est anecdotique à ce moment-là.
- 32:50Et ça,
- 32:50ça ne t'écrase pas,
- 32:50au contraire ?
- 32:51Non,
- 32:51parce qu'en fait,
- 32:52je l'ai intégré depuis que je suis jeune.
- 32:56Je l'ai assumé que c'était le...
- 32:59le sens de la question.
- 33:01Je m'en suis servi,
- 33:03j'ai créé des mécaniques en moi pour finalement que ce soit un appel à la concentration aussi.
- 33:08Oui,
- 33:08je ne pense plus à la technique,
- 33:10par contre
- 33:11100% de mes cellules sont focalisées vers ce même objectif.
- 33:14Et vraiment,
- 33:16j'ai eu plusieurs entraîneurs de tir dans ma carrière,
- 33:18ils m'ont tous répété,
- 33:19ne pense pas à...
- 33:21au résultat,
- 33:22pense à la technique,
- 33:23à ce moment-là,
- 33:24je défie quiconque sur cette planète de ne pas passer au résultat.
- 33:27C'est plus fort que nous.
- 33:29Et donc moi,
- 33:29j'ai pris le parti pris inverse de dire,
- 33:31si,
- 33:31en fait,
- 33:32pense au résultat.
- 33:33J'arrivais sur des tirs décisifs en Coupe du Monde aux Jeux Olympiques en me disant,
- 33:36là,
- 33:37mon grand,
- 33:37on va voir si t'es capable de le faire.
- 33:40Et tu l'as mis,
- 33:40cette dernière balle,
- 33:41évidemment.
- 33:42Oui,
- 33:42je l'ai mise.
- 33:44Mais non,
- 33:44je me défiais.
- 33:45C'était vraiment un mécanisme un petit peu,
- 33:47peut-être,
- 33:47pervers.
- 33:48Mais moi,
- 33:49j'avais besoin
- 33:50En fait,
- 33:50de me dire,
- 33:51si j'y pense pas,
- 33:52il y a un moment,
- 33:52ça va rentrer.
- 33:53Et c'est à ce moment-là que je vais être perturbé.
- 33:55Assume le fait d'y penser parce que ça fait partie de ton truc.
- 33:58Et sers-toi de ça,
- 33:59en fait,
- 33:59comme une sorte de tunnel de concentration.
- 34:02Et c'est là qu'on voit que c'est vraiment propre à chacun et que chacun va réagir différemment.
- 34:06Est-ce que la méditation peut avoir un effet positif sur la préparation mentale pour une course ?
- 34:12Je pose la question parce que
- 34:14Mathias Pissiglione de l'Institut du cerveau à Paris,
- 34:18qui est neuroscientifique,
- 34:20estime qu'il y a une signature cérébrale qui est visible à l'IRM quand on fait des scanners avant et après des pratiques de méditation.
- 34:27Autrement dit,
- 34:27on pourrait muscler son cerveau ou en tout cas modifier la manière dont fonctionne son cerveau en méditant.
- 34:34Est-ce que ça,
- 34:35Makis,
- 34:35la méditation,
- 34:37pour toi,
- 34:37c'est utile ?
- 34:39J'ai envie de dire oui,
- 34:41bien sûr,
- 34:42mais ce n'est pas vrai pour tout le monde.
- 34:45Et on le voit,
- 34:46c'est tellement individuel.
- 34:48Le rapport à la performance,
- 34:50le rapport à un outil,
- 34:51à une technique,
- 34:52pour les uns c'est plus le yoga,
- 34:54pour les autres c'est plus la méditation.
- 34:58Je pense qu'il faut expérimenter,
- 35:00il faut voir qu'est-ce qui est le mieux pour moi,
- 35:03et après,
- 35:05tant mieux si la science a évolué,
- 35:07elle apporte aussi certaines évidences,
- 35:11mais c'est une recherche très personnelle finalement,
- 35:13comment créer de la performance,
- 35:14parce que c'est une création,
- 35:16on ne fait jamais deux fois la même course.
- 35:19T'arrives à méditer,
- 35:19Martin ?
- 35:20C'est pas ma spécialité,
- 35:21parce que je suis quelqu'un qui a du mal à me poser.
- 35:24Par contre,
- 35:25je faisais beaucoup de projections mentales.
- 35:28Typiquement,
- 35:28c'est des choses,
- 35:29je pense que vous travaillez beaucoup en préparation mentale,
- 35:32et moi...
- 35:33C'est quoi,
- 35:33par exemple,
- 35:33une projection mentale ?
- 35:34En fait,
- 35:35en biathlon,
- 35:36on travaille beaucoup le tir.
- 35:38Et on travaille beaucoup le tir,
- 35:39notamment en conditions agréables.
- 35:42Donc ça veut dire pas dehors,
- 35:43quand il fait froid,
- 35:44mais une fois qu'on est rentré à l'hôtel,
- 35:46dans sa chambre d'hôtel...
- 35:48Donc on n'a pas de balles,
- 35:49on ne tire pas de munitions.
- 35:50Par contre,
- 35:50on travaille à la fois la technique,
- 35:51on travaille la vitesse d'installation et puis on travaille aussi la projection mentale.
- 35:56D'essayer d'établir un nombre de scénarios hyper larges pour pouvoir répondre.
- 36:03Le sport,
- 36:03c'est de l'adaptation.
- 36:05d'essayer d'anticiper des arrivées sur le pas de tir pour s'imprégner de lieu,
- 36:08d'essayer de se projeter dans une confrontation avec son meilleur adversaire ou pire ennemi,
- 36:13et donc de se dire comment je réagirais à ce moment-là,
- 36:15à quoi ça ressemble,
- 36:16en sachant que ce n'est pas la vérité du lendemain de la course,
- 36:19mais ça permet en fait de construire un imaginaire,
- 36:22de construire des possibilités aussi et des outils pour pouvoir répondre présent de jour J.
- 36:27Ça médite l'équipe ou pas ?
- 36:30Oui un petit peu.
- 36:30Ah ouais ?
- 36:31Tu médites toi ?
- 36:32En fait,
- 36:33quand...
- 36:34Même encore maintenant.
- 36:34C'est pas dormir,
- 36:35méditer.
- 36:36Ah,
- 36:37méditer.
- 36:39En fait,
- 36:39tout simplement,
- 36:40le soir,
- 36:40quand tu as le cerveau qui est encore ultra actif sur les projets.
- 36:44Demain,
- 36:44on va faire ça,
- 36:44ça va être trop bien.
- 36:45Ou tel projet,
- 36:46puis dans six mois,
- 36:47il va y avoir ça.
- 36:47Puis on va à Ting,
- 36:49on va voir l'histoire du sport,
- 36:50trop cool.
- 36:50Mais là,
- 36:50mec,
- 36:51il faut dormir.
- 36:52Donc là,
- 36:53pour couper toute cette activité cérébrale,
- 36:57je respire un peu profondément.
- 36:59J'essaye de penser à rien.
- 37:00Je me mette en relation.
- 37:02Je vois Charlotte.
- 37:02C'est vrai qu'en termes de médite,
- 37:06moi non,
- 37:06mais médite à côté de moi.
- 37:08Moi,
- 37:08je suis plus dans la visualisation.
- 37:10C'est vrai que c'est un outil que j'ai beaucoup utilisé.
- 37:13La visualisation positive,
- 37:14tu veux dire de trocter une victoire ou une fin de cours.
- 37:17Sur ce que je mets en place et même aussi la visualisation de trouver une solution si je suis dans un moment où ça ne va pas,
- 37:26j'ai une baisse de régime,
- 37:27j'avance plus.
- 37:30et visualiser des solutions pour sortir de cet état négatif-là et mettre en place des choses pour sortir de là.
- 37:36Je vais citer Léon Marchand,
- 37:37notre star.
- 37:39française de la natation qui disait ça en 2022,
- 37:42j'ouvre les guillemets,
- 37:43j'aime bien me dire qu'est-ce qui se passe si j'échoue.
- 37:46En fait je me rends compte qu'il ne va rien se passer de spécial,
- 37:48c'est-à-dire que ma famille sera toujours aussi contente pour moi.
- 37:51Je me suis vraiment mis dans le scénario où j'arrive huitième à la finale et alors qu'est-ce qui se passe ?
- 37:55Bah rien,
- 37:56il ne va rien se passer,
- 37:56donc j'ai plus peur de l'échec et je suis plus en mode je profite et j'essaye.
- 38:01C'était dubitatif Martin !
- 38:03Il fait une grimace parce que j'adore Léon Marchand.
- 38:06mais je pense que ça c'est une posture qu'on peut avoir quand on est extérieur à cette performance le conseil qui est Matisse il va pouvoir avoir ce regard là par rapport à ses patients à l'inverse moi le biathlon aujourd'hui
- 38:21quand on n'est plus dans l'activité des fois on se sent en décalage avec ça mais oui c'était toute ma vie et oui si je ne suis pas champion olympique c'est un drame toi tu n'étais pas trop de l'école de se dire ...
- 38:33Si j'échoue,
- 38:34le monde ne va pas s'arrêter de tourner.
- 38:35Qu'est-ce qui se passe si j'échoue ?
- 38:37J'ai loupé mon projet de vie.
- 38:39Je vais rentrer chez moi,
- 38:39je ne serai pas bien.
- 38:42Je vais arriver à embarquer moins de partenaires dans mon aventure.
- 38:44Bien sûr.
- 38:45Mon projet peut être plus chelou.
- 38:46Il y a un enjeu financier aussi.
- 38:47Non,
- 38:47mais l'échec,
- 38:48c'est juste une étape.
- 38:49C'est un de ceux que c'est.
- 38:50C'est vrai que c'est bien d'avoir le détachement,
- 38:53de pouvoir se regarder d'en haut et de dire ça factuellement quand on est dans son projet et que c'est...
- 38:57Et qu'on s'investit au quotidien,
- 38:59qu'on fait des sacrifices au quotidien,
- 39:00c'est dur d'avoir ce...
- 39:02Après,
- 39:02juste pour contextualiser par rapport à Léon,
- 39:04pour le coup,
- 39:04c'est parce que Léon a eu très jeune à péter une première fois,
- 39:08et après,
- 39:09derrière,
- 39:09a subi un peu la pression,
- 39:11là où toi,
- 39:11tu as été très fort là-dessus,
- 39:12tu l'as peut-être,
- 39:13enfin,
- 39:13tu nous le diras,
- 39:14si tu l'as moins subi,
- 39:14mais les résultats prouvent que non.
- 39:17Et là,
- 39:17il a eu un moment de flottement où,
- 39:19où est mon plaisir,
- 39:20pourquoi je fais ça,
- 39:21et il tremblait un peu sur le plot,
- 39:22donc c'était aussi une des techniques qui avait été...
- 39:25du coup apporté par Thomas Samut de désacraliser son résultat c'est fort je suis d'accord je suis plutôt de ton côté comme quoi on revient à ce que dit Michael depuis le début c'est qu'en fait il faut individualiser et que ce qui correspond à Léon c'est peut-être différent pour Martin et
- 39:43pour chaque
- 39:44Alors moi j'avoue que ça marche plutôt bien avec moi
- 39:47Cette technique de se dire Bon qu'est-ce qu'il se passe au pire si ça rate Bah rien,
- 39:50y'a rien qui change,
- 39:51le monde va pas s'arrêter de tourner
- 39:53C'est pas...
- 39:54Oui mais c'est pas ton projet de vie Mais c'est pas mon projet de vie,
- 39:56ah mais bien sûr
- 39:59Je suis le représentant des sportifs amateurs Qui nous écoutent ici
- 40:02Et je pense que pour plein de sportifs amateurs Ça peut être une méthode qui fonctionne
- 40:05Parce qu'effectivement on a un boulot à côté On a une famille,
- 40:08on est pas des sportifs professionnels On a pas d'enjeu de sponsor,
- 40:10on a pas d'enjeu de carrière sportive
- 40:13On fait ça juste parce qu'on aime la compétition,
- 40:15qu'on aime se dépasser.
- 40:17Et effectivement,
- 40:18moi en tant qu'amateur,
- 40:18de me dire au pire je rate mon 10 km,
- 40:21je rate mon swimrun,
- 40:23c'est pas grave j'en ferai un autre,
- 40:24moi ça m'aide.
- 40:25C'est vrai que c'est pas le même enjeu,
- 40:26c'est là qu'on voit la différence entre amateur et professionnel.
- 40:28Dans les deux cas,
- 40:29si je lis un petit peu entre les lignes,
- 40:33la technique c'est de transformer l'échec.
- 40:35Pour Léon c'était de le relativiser en se disant finalement la vie s'arrête pas.
- 40:39Et d'après ce que j'écoute de ton histoire,
- 40:41tu as quand même transformé l'échec pour ne pas le subir.
- 40:44Ce n'était pas si je rate cette dernière balle,
- 40:49je loupe ma cour,
- 40:50je ne suis pas champion olympique,
- 40:51je dois réussir cette balle.
- 40:53Toi,
- 40:53tu l'as transformé en je veux réussir cette balle.
- 40:55Et du coup,
- 40:56tu as quand même transformé l'échec comme un échec que tu pourrais subir sur un truc que tu as envie de réussir.
- 41:02Et je pense que dans les deux cas...
- 41:03on peut se dire qu'on transforme l'échec pour qu'il nous apporte plus d'énergie qu'il en prend.
- 41:08Je vous présente le docteur Freud Belobre,
- 41:10qui est désormais notre psychiatre et psychologue attitré.
- 41:14On va maintenant parler du fameux état de flot qu'on a déjà un peu évoqué,
- 41:18Makis,
- 41:19tout à l'heure.
- 41:19Est-ce que tu peux nous expliquer en quelques mots ce qu'est le flot ?
- 41:24En français,
- 41:24on dirait que c'est l'état de grâce.
- 41:27C'est un moment,
- 41:28même si certains pensent qu'on peut le convoquer en claquant dans les doigts.
- 41:32qui vient quand ça vient.
- 41:34Souvent,
- 41:34ça vient d'ailleurs quand on n'y pense pas.
- 41:38Pas que dans le sport,
- 41:39mais dans la vie de tous les jours.
- 41:40Il y a des moments où on marche sur un nuage.
- 41:44Ça se matérialise comment ?
- 41:46Dans le tennis,
- 41:46la balle est trois fois plus grande.
- 41:49On a beaucoup plus de temps.
- 41:51On pense que c'est impossible de rater.
- 41:55Et comme je disais,
- 41:57c'est un moment qui ne dure jamais très longtemps.
- 41:59Dans une année...
- 42:01Combien de fois on est dans le flot ?
- 42:03Ce n'est pas le quotidien.
- 42:05De temps en temps,
- 42:06j'y ai accès et j'essaie d'en profiter à max.
- 42:09Mais ce n'est pas un moment que je peux programmer comme ça en claquant dans les doigts.
- 42:12Martin,
- 42:13comment tu décrirais ce flot si tu l'as déjà vécu ?
- 42:16Concrètement,
- 42:17pour moi,
- 42:17ça s'est souvent résumé par la course parfaite.
- 42:21Où tout s'aligne.
- 42:22Où tout s'aligne.
- 42:22Et puis la dernière chose,
- 42:24pour moi,
- 42:24il y avait quand même un process d'extra lucidité.
- 42:28En fait,
- 42:28je suis dans une posture où je vois les choses qui se passent.
- 42:31Alors,
- 42:32ce n'est pas vraiment que ça tourne au ralenti,
- 42:33mais c'est que toutes les infos,
- 42:34je les capte.
- 42:35J'arrive à les retranscrire.
- 42:36J'arrive en fait à ne pas avoir besoin de réfléchir entre le moment où j'ai la problématique qui se passe et où je réponds à la question.
- 42:43Et donc,
- 42:44il y a quand même ce côté cérébral de maîtrise et de se faire un petit peu autour de soi.
- 42:52Alors,
- 42:52Tessa Worley,
- 42:53la skieuse,
- 42:53euh...
- 42:55Elle raconte avoir vécu plusieurs fois ce moment de flot et elle,
- 42:58elle parle d'une sensation de super pouvoir où tout semble possible,
- 43:03où le corps répond parfaitement,
- 43:04où on n'a plus besoin de réfléchir pour effectuer ce qu'on est en train d'effectuer,
- 43:07c'est un peu ça.
- 43:08Moi j'ai jamais vécu ça donc je demande.
- 43:10Bientôt,
- 43:10bientôt.
- 43:12Non,
- 43:13il y a vraiment de ça.
- 43:16Pour revenir sur le nombre de fois,
- 43:19c'est vrai qu'on a eu l'occasion d'en parler entre sportifs et...
- 43:22Moi j'ai souvent,
- 43:24en tout cas en en parlant avec les collègues,
- 43:26entendu dire que c'est quelque chose qu'on reçoit une,
- 43:30deux,
- 43:30trois,
- 43:30quatre fois dans une carrière.
- 43:32Moi j'ai eu la sensation de le vivre cinq à six fois par an sur des courses.
- 43:37Moi c'était un moment magique et à la fois sur la fin de ma carrière,
- 43:41ce n'était plus un moment exceptionnel parce que j'arrivais pas à le convoquer.
- 43:47Par contre c'était quelque chose d'assez régulier quand même.
- 43:49On s'appuie tout simplement dix fois plus fort que tout le monde.
- 43:53Non,
- 43:53parce que je ne lis pas forcément la victoire.
- 43:55Sur une saison de Coupe du Monde exceptionnelle,
- 43:57j'avais 10-12 victoires en Coupe du Monde.
- 44:00Je me sentais en état de grâce sur
- 44:033-4 courses dans la saison.
- 44:05En course à pied,
- 44:06ça se matérialise comment ?
- 44:08Le flow,
- 44:08je me tourne vers vous.
- 44:11Tu cours à l'allure que tu as prévue,
- 44:12tu te sens parfaitement bien,
- 44:14tu n'es pas dans la souffrance.
- 44:15Tu as l'impression de pouvoir courir comme ça pendant
- 44:1710 heures.
- 44:18Tu as un rapport à la concurrence en course à pied aussi ?
- 44:21où tu as l'impression que tu accélères et personne ne peut te suivre.
- 44:26Tu respires moins fort que d'habitude,
- 44:28alors qu'en réalité,
- 44:28tu respires pareil.
- 44:29Mais tu as l'impression de ne pas être essoufflé.
- 44:31De voler,
- 44:32quoi.
- 44:32Tu regardes les autres,
- 44:33tu les vois souffrir,
- 44:34mais toi,
- 44:34tu ne ressens pas cette souffrance.
- 44:36Et du coup,
- 44:36tu t'accélères,
- 44:37personne ne te suit.
- 44:39Sensation de maîtrise,
- 44:39de mener la barque.
- 44:41Je rajouterais juste une chose.
- 44:43Le flow,
- 44:44pour moi,
- 44:44ça vient aussi quand on fait,
- 44:47on commence par laisser faire.
- 44:48Quand on ne force pas,
- 44:50quand on ne contrôle pas.
- 44:51et parfois quand on ne contrôle pas,
- 44:53on contrôle mieux.
- 44:54Et ça peut être une porte d'entrée pour le flow.
- 44:57Est-ce qu'on peut réussir à s'entraîner pour atteindre ce flow plus facilement ou c'est pas possible ?
- 45:03C'est un truc un peu presque mystique,
- 45:05j'ai envie de dire,
- 45:05qui nous tombe dessus.
- 45:08L'idée de lâcher prise,
- 45:11elle est là pour ça aussi.
- 45:13Ça veut dire quoi lâcher prise ?
- 45:15C'est comme la montgolfière qui monte à un moment donné,
- 45:18il faut jeter le poids.
- 45:21Le poids que je peux avoir sur mes épaules,
- 45:22des attentes de mon éducation,
- 45:26de mon passé,
- 45:27de mes échecs,
- 45:29pour se libérer.
- 45:30Tout à l'heure,
- 45:31je disais,
- 45:31performance mentale,
- 45:32ça rime avec exprimer.
- 45:34C'est un peu mettre ma signature sous chaque compétition,
- 45:38j'ai envie de dire sous chaque entraînement,
- 45:40c'est-à-dire montrer que j'étais là et pas une version de moi.
- 45:46Ce que j'ai envie de montrer,
- 45:48c'est qui je suis aujourd'hui.
- 45:50Et ça,
- 45:51ça n'a pas de prix.
- 45:52Alors vous qui nous écoutez,
- 45:53dites-nous en commentaire si vous avez déjà connu ce fameux état de flot.
- 45:56Racontez-nous votre expérience.
- 45:57Moi,
- 45:57ça m'intéresse parce que je n'ai pas l'impression de l'avoir connu.
- 46:00Donc dites-nous.
- 46:00Et pensez aussi à vous abonner à SafePace,
- 46:02bien sûr,
- 46:02pour ne pas rater les prochains épisodes.
- 46:04Alors le flot,
- 46:05c'est un état qui est assez difficile à définir précisément.
- 46:08Mais toi,
- 46:08Charlotte,
- 46:08tu as quand même recensé quelques définitions qui sont données par des athlètes français qui ont fait des performances incroyables.
- 46:15Oui,
- 46:15tout à fait.
- 46:16Alors,
- 46:16on peut donner l'exemple de Lormano Doux,
- 46:18qui définit le flot comme l'instant suspendu avant l'action.
- 46:21Pas mal.
- 46:23Teddy Riner,
- 46:24médaillé d'or en judo à Paris,
- 46:28quand le mental commande et le corps exécute.
- 46:31Pauline Ferrand-Prévot,
- 46:33célébrer et ressentir la puissance du moment.
- 46:38Manon Apiti,
- 46:39brunée,
- 46:40médaillé d'or en escrime à Paris également.
- 46:42le calme qui...
- 46:43qui précède l'explosion du geste.
- 46:45Waouh,
- 46:46j'aime bien celle-là.
- 46:47Sarah Ouramoun,
- 46:49médaillée d'argent en boxe en 2016.
- 46:52Esquivée,
- 46:53frappée et maîtrisée.
- 46:55Ce que j'aime bien,
- 46:55c'est que chaque définition correspond à la discipline de l'athlète en question.
- 47:00Félix Lebrun,
- 47:01double médaillée de bronze à Paris en tennis de table.
- 47:05Focus total et instinct pur.
- 47:07Et pour finir,
- 47:08Alison Pinault,
- 47:09l'explosion de la réussite.
- 47:11C'est propre à chacun,
- 47:12si je comprends bien,
- 47:12c'est propre à chaque discipline.
- 47:14Merci beaucoup Charlotte.
- 47:15Et je crois que c'est l'heure de l'interview tapis.
- 47:17On va voir si Martin Fourcade arrive à atteindre l'état de flot sur l'interview tapis.
- 47:23Ouais.
- 47:24On va voir ça ?
- 47:24Allez,
- 47:25c'est parti.
- 47:29Ça va Martin ?
- 47:30Ça va.
- 47:30Tout est bien échauffé ?
- 47:31Ça va.
- 47:32Je précise qu'on est à 2000 mètres d'altitude puisqu'on est à Tignes.
- 47:35Donc évidemment,
- 47:37c'est plus difficile que les interviews tapis habituelles qui se font au niveau de la mer.
- 47:41Donc bravo déjà de relever ce défi.
- 47:44L'avantage,
- 47:44c'est que Macky,
- 47:45c'est là pour t'accompagner sur la préparation mentale et te permettre de tenir le plus longtemps possible.
- 47:50Je compte sur ta réponse.
- 47:51Allez,
- 47:52le principe est simple.
- 47:53Chaque mauvaise réponse,
- 47:54on augmente la vitesse.
- 47:55On commence à 11 km heure.
- 47:57Et on mettra aussi un peu de pente au fur et à mesure en fonction de tes performances.
- 48:00Première question.
- 48:02En ski alpin,
- 48:03quel athlète comptabilise plus de 100 victoires en Coupe du Monde ?
- 48:06Michael Achifrine chez les femmes.
- 48:08Bonne réponse,
- 48:09103 victoires en Coupe du Monde.
- 48:11Sa
- 48:12103ème victoire a été remportée en Autriche.
- 48:15C'est un record absolu dans la discipline femmes et hommes confondus.
- 48:19On reste à 11 km heure.
- 48:20L'équipe de France de biathlon s'entraîne régulièrement à Bessan,
- 48:23en Savoie.
- 48:24Quelle rivière traverse le village ?
- 48:26C'est Bessan.
- 48:27Bessan,
- 48:28ça va.
- 48:30Dégage parce que si t'es pas à la rivière tu vas prendre 2 km d'un coup
- 48:33Tu vas me le dire,
- 48:34mais oui
- 48:35C'est l'Isère Non,
- 48:36c'est l'Arc Je pense à 10 km Tu vas me faire des ennemis
- 48:412% de pente,
- 48:42ça c'est pour l'insolence sur la prononciation de Bessant
- 48:47Qui est ta favorite pour le gros globe de cristal cette année en biathlon ?
- 48:50Y'a pas de mauvaise réponse,
- 48:51c'est juste pour te faire parler un peu Louvre en mono
- 48:54Et chez les hommes ?
- 48:56Eric Perrault Ok
- 48:58On verra si tes pronostics sont plutôt bons.
- 49:00Quel athlète masculin détient le record de médaille au JO d'hiver,
- 49:03toutes disciplines confondues ?
- 49:05Est-ce que c'est Olaïna Armjandalen ?
- 49:07Bonne réponse !
- 49:09Le biathlète norvégien qui a remporté 14 médailles entre 1998 et 2014.
- 49:15Où ont eu lieu les JO de 1998 ?
- 49:191998 ?
- 49:21Nagano.
- 49:21Nagano,
- 49:21au Japon.
- 49:22Bonne réponse.
- 49:23Chéline Pam,
- 49:24qui détient le record de médaille au JO d'hiver ?
- 49:27Marie de Bjergen.
- 49:28Bonne réponse,
- 49:29la Norvégienne.
- 49:3015 médailles,
- 49:31c'est l'athlète la plus titrée.
- 49:32Quelle était sa discipline ?
- 49:35Le ski de fond.
- 49:35Le ski de fond,
- 49:36c'est pour nos auditeurs.
- 49:37Il faut qu'ils apprennent des choses,
- 49:38bravo.
- 49:39Les prochains Jeux d'hiver auront lieu à Milan-Cortina en Italie.
- 49:43Combien de kilomètres séparent Milan de la station de Cortina d'Ampezzo ?
- 49:47457.
- 49:49257 kilomètres à vol d'oiseau et plus de 400 kilomètres par la route.
- 49:54Mais c'est quand même une mauvaise réponse,
- 49:55c'est 200.
- 49:56Non,
- 49:56non,
- 49:57j'ai demandé combien de kilomètres c'est par Milan de la station.
- 49:59Je t'ai dit que j'étais de la ratio avec le temps.
- 50:00Tu te doutes bien,
- 50:01ils avaient passé à Vol d'Oiseau.
- 50:02257 kilomètres à Vol d'Oiseau.
- 50:04Allez,
- 50:05c'est bon.
- 50:05C'est négocié.
- 50:07Là,
- 50:07Hugo,
- 50:08tu es en train de te saboter.
- 50:09Plus personne n'a pas confiance à tes interviews sur le pont.
- 50:14Quelle piste connue de Val d'Isère a accueilli l'épreuve de ski alpin au JO d'Alberville en 1992 ?
- 50:20Chez les hommes ou chez les femmes ?
- 50:21Chez les hommes.
- 50:22C'est Bellevarbe et c'est Chaux-de-Solèze chez les femmes.
- 50:24La face de Bellewaerde,
- 50:26bonne réponse.
- 50:26Aujourd'hui,
- 50:27une étape de la Coupe du Monde.
- 50:28Femme en ski alpin,
- 50:29où se situe la piste de l'Oberhorn ?
- 50:31C'était Bormio ?
- 50:33Non.
- 50:33C'est en Suisse,
- 50:34Wengen ?
- 50:34Oui,
- 50:35Wengen en Suisse.
- 50:36C'est la piste de descente la plus longue au monde,
- 50:38avec 4455 mètres.
- 50:41Bon,
- 50:42il va falloir que tu fasses des mauvaises réponses quand même,
- 50:43parce que
- 50:44Justine Brezaz-Boucher a remporté la Mass Start aux Jeux Olympiques de Pékin en 2022.
- 50:50J'étais mon plus bon moment sportif.
- 50:52Quel...
- 50:53Biathlètes complétaient le podium.
- 50:55Sur la deuxième marche,
- 50:55on avait...
- 50:57Non,
- 50:57ce n'était pas la question.
- 50:59La question,
- 50:59c'était qui complétait le podium.
- 51:01Et je vais tenter...
- 51:03C'est vrai.
- 51:05Je vais tenter Marte Reuseland.
- 51:07Bonne réponse.
- 51:08Elle était troisième.
- 51:09Et je vais...
- 51:11Je vais tenter Thierry Lecoq.
- 51:12Deuxième Thierry Lecoq,
- 51:15la norvégienne.
- 51:16J'avais cherché loin.
- 51:16Impressionnant,
- 51:17bravo.
- 51:18Est-ce que tu penses qu'elles peuvent faire le doublé cet hiver,
- 51:22Justine ?
- 51:22Clairement.
- 51:23Ouais ?
- 51:24Ouais.
- 51:25On a Justine,
- 51:26on va rajouter les jeunes,
- 51:27Jeanne Richard et aussi Anne Michelon.
- 51:29Et on peut aussi,
- 51:30bien sûr,
- 51:31rajouter Julia Simon.
- 51:33Écoute,
- 51:33on espère que nos Françaises et nos Français vont cartonner au JO d'hiver.
- 51:38Quel était le podium de la poursuite masculine en 2024 à Annecy-le-Grand-Bornand ?
- 51:42En 2024 ?
- 51:44Ouais.
- 51:44Le podium dans l'ordre.
- 51:46C'est Joannès qui gagne.
- 51:47Oui,
- 51:47bonne réponse.
- 51:47Le Norvégien.
- 51:51Éric Perrault est contre-affirmé.
- 51:53Éric Perrault en deuxième,
- 51:54bonne réponse.
- 51:54Le français,
- 51:55en revanche,
- 51:55en troisième,
- 51:56c'est Émilien Jacquelin.
- 51:58Également français.
- 51:59Il va m'en vouloir.
- 52:00Il va t'en vouloir,
- 52:01mais moi,
- 52:02je suis reconnaissant parce que ça permet de monter à 14 km heure.
- 52:05Donc,
- 52:05merci beaucoup,
- 52:06Émilien.
- 52:07Question suivante.
- 52:08Quel animal est la mascotte de l'épreuve de coupe du monde de biathlon au Grand Bornand ?
- 52:11C'est une sorte de loutre.
- 52:13De loutre ?
- 52:14Pas exactement,
- 52:15non.
- 52:15C'est une hermine blanche surnommée Hubie.
- 52:18On augmente,
- 52:19on passe à 15 km.
- 52:21Cette séquence,
- 52:23c'est le
- 52:24« cours aussi vite que t'es con » .
- 52:28Comment s'appelle le nouveau binôme de Guillaume Ciseron en patinage artistique ?
- 52:32C'est une Canadienne,
- 52:33mais je n'ai pas son nom.
- 52:35Elle s'appelle Laurence Fournier-Baudry.
- 52:37Le pute le représentera la France au JO cet hiver.
- 52:40On passe à 16 km heure.
- 52:41C'est bien,
- 52:42il augmente lui-même.
- 52:42Tu vois,
- 52:43ça,
- 52:43c'est la force du mental.
- 52:4416 km heure,
- 52:46Martin,
- 52:46avec 2%
- 52:46de pente.
- 52:47Quel Grand Prix ont-ils remporté ces derniers jours ?
- 52:50Nos amis patineurs dont je viens de parler.
- 52:52Canada.
- 52:53Le Grand Prix de Finlande.
- 52:55Ils ont récolté 124 points avec leur programme libre,
- 52:58patiné au son de la musique du film The Well.
- 53:01Content de le savoir.
- 53:0217 km heure.
- 53:04Quelle est la nouveauté en hockey pour la France,
- 53:06pour les JO de Milan-Cartina ?
- 53:09Tout à fait,
- 53:09il y aura une sélection féminine en plus de la sélection masculine.
- 53:12Bonne réponse Martin.
- 53:14Au moment où on enregistre ce podcast,
- 53:16quelles équipes détiennent la première place de la Ligue Magnus,
- 53:19la première ligue de hockey en France ?
- 53:22Aucune idée,
- 53:22mais j'habitais Villard-de-Land,
- 53:23donc ils ne sont plus en Ligue Magnus je crois.
- 53:25Non,
- 53:26c'est Angers et Rouen.
- 53:27On se met à égalité avec 42 points chacun,
- 53:29on passe à 18 km heure avec 2%
- 53:32de pente.
- 53:33Quelle créature symbolise l'équipe de hockey de Rouen ?
- 53:36Les dragons.
- 53:37N'augmente pas la vitesse,
- 53:38je vais augmenter un peu la pente.
- 53:39On va passer à 3.
- 53:41C'est dur.
- 53:42Il est dur,
- 53:42il est dur.
- 53:43Quel arche naturel est très connu à Tignes ?
- 53:48Candide.
- 53:49Je ne sais plus.
- 53:51L'aiguille percée.
- 53:52Bravo,
- 53:52Martin !
- 53:5419 km heure,
- 53:563%
- 53:57de pente.
- 53:58Il m'a manqué du mental.
- 54:00Non,
- 54:00franchement,
- 54:02chapeau pour...
- 54:03plusieurs raisons.
- 54:03Déjà parce que tu es monté à 19 km heure,
- 54:053%
- 54:06de pente à 2000 mètres d'altitude,
- 54:08et je le rappelle.
- 54:09Et surtout parce que tu as répondu à un nombre impressionnant de questions,
- 54:13ce qui forcément complique l'exercice puisque tu passes plus de temps à chaque palier.
- 54:17Dans ce jeu de l'interview tapis,
- 54:20plus tu es bon,
- 54:21plus tu es con.
- 54:23Plus tu cours longtemps.
- 54:26Merci en tout cas Martin,
- 54:27c'était vraiment un plaisir et un honneur de t'avoir dans Safe Face.
- 54:30C'était passionnant de parler de prépa mental aussi avec toi,
- 54:32Makis.
- 54:32Merci beaucoup d'être venu.
- 54:34Merci à vous,
- 54:35l'équipe.
- 54:35Je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode.
- 54:38Bye bye !
- 54:39Ciao,
- 54:47ciao !