Latest / Du Rouge au Renouveau — Reconstruction personnelle & Mindset / # Épisode 25 - Lena Vleeschouwers : quitter son pays commence par un départ intérieur (Partie 1)
Transcript
- 0:00Aujourd'hui,
- 0:00ce que tu vas entendre,
- 0:01ce n'est pas un interview,
- 0:03c'est une traversée.
- 0:04Une traversée entre deux vies.
- 0:06Celle d'avant,
- 0:07celle où tout semble bien de l'extérieur,
- 0:10mais où quelque chose meurt à l'intérieur.
- 0:12Et celle d'après,
- 0:14celle où on ne sait pas encore si ça va marcher,
- 0:16mais où on sait une chose.
- 0:17On ne peut plus rester ici.
- 0:20Avec Léna,
- 0:21on a parlé de ce moment précis,
- 0:23celui où tu réalises que ta vie n'est plus alignée avec qui tu es.
- 0:27Celui où tu dois choisir entre continuer à survivre ou commencer à vivre.
- 0:33Si tu écoutes cet épisode et quelque chose résonne en toi,
- 0:36ce n'est pas un hasard.
- 0:37Tu es peut-être toi aussi à la frontière entre deux versions de toi.
- 0:40Bienvenue dans Du Rouge au Renouveau.
- 0:43Alors bonjour...
- 0:44Et bienvenue dans ce nouvel épisode du Rougeau Renouveau.
- 0:48Aujourd'hui c'est un épisode un peu spécial parce que je suis à Verbier,
- 0:51à Verbier accompagné de Léna.
- 0:53C'est une entrepreneuse qui m'a beaucoup touché avec son histoire et les racines surtout,
- 0:58avec qui j'ai pu faire connaissance durant ces derniers mois.
- 1:01Et je me suis dit je monte à Verbier faire un épisode avec elle,
- 1:05parce qu'elle a vraiment une histoire qui mérite d'être écoutée aujourd'hui et surtout avoir des prises de conscience à ce niveau-là pour vous faire comprendre que...
- 1:14Parfois,
- 1:14on peut tout avoir,
- 1:16mais on peut tout quitter pour se retrouver.
- 1:18Donc aujourd'hui,
- 1:18on va parler des racines.
- 1:20Bonjour Léna.
- 1:21Bonjour Cécile.
- 1:22Comment tu vas ?
- 1:23Bien et toi ?
- 1:24Ça va bien.
- 1:25Je suis en compagnie de toi aujourd'hui.
- 1:27On va échanger ce podcast au niveau des deux épisodes.
- 1:30On va en faire deux.
- 1:32On parlera des racines en gros et surtout les prises de conscience.
- 1:37Qu'est-ce qui t'a accompagné pour prendre ces grosses prises de conscience et de tout quitter malgré que tu avais tout ?
- 1:42Donc voilà.
- 1:44Comment tu te sens ?
- 1:46Je me sens bien,
- 1:48je me sens ancrée.
- 1:50Ancrée ?
- 1:51Tu te sens avec un ancrage puissant aujourd'hui ?
- 1:55En fait,
- 1:56depuis
- 1:564 ans que j'ai quitté la Belgique,
- 2:00je sens que je suis au bon endroit et c'est un sentiment qui est très agréable.
- 2:07Parce que pendant longtemps,
- 2:08tu ne te sentais pas forcément à ta place ?
- 2:10Non,
- 2:11j'étais comme une amérante.
- 2:13C'est bizarre à dire,
- 2:15j'étais là mais comme dans un monde parallèle,
- 2:20en fait j'étais comme séparée d'une vitre transparente de ce avec quoi je vivais.
- 2:26Ok,
- 2:27et ça tu peux expliquer un moment T où tu t'es dit mais comment ça se fait que je suis là sans être là ?
- 2:32Est-ce que tu as un passage dans ta vie où tu te dis à ce moment-là c'est bizarre,
- 2:37c'est comme si j'ai une paroi en vert qui me sépare d'un moment où j'ai vécu ?
- 2:43En fait,
- 2:44j'ai connu une période de mal-être par rapport à mon physique qui a fait que j'ai commencé une thérapie.
- 2:52Et en premier,
- 2:52c'était pour comprendre pourquoi j'avais des troubles du comportement alimentaire.
- 3:00Et en fait,
- 3:00ce qui est assez drôle,
- 3:01c'est que sur cinq années et demie de thérapie,
- 3:04en y allant toutes les semaines,
- 3:05c'était quand même assez conséquent.
- 3:09mais nécessaire,
- 3:10et bien en fait on a parlé six mois du contexte alimentaire et corporel et tout le reste,
- 3:16en fait c'était moi dans ma vie.
- 3:20Et du coup,
- 3:21au fur et à mesure,
- 3:22en fait j'ai pu comprendre ou en tout cas voir les choses en face,
- 3:31que je n'étais pas à la bonne place et alors que j'avais tout.
- 3:38J'avais le CDI dans la pharmacie où je pouvais me dire dans laquelle je finirais ma carrière.
- 3:43Donc parler comme ça à l'âge de...
- 3:45enfin dans la vingtaine,
- 3:47c'est quand même assez rare.
- 3:49J'avais du coup une activité complémentaire.
- 3:53J'avais une vie sociale épanouie.
- 3:57J'avais le superbe appartement genre à la campagne mais pas trop loin de la ville histoire d'avoir justement cette vie sociale.
- 4:04J'avais ma routine d'aller dans la salle de sport.
- 4:06sport que j'aimais,
- 4:08j'habitais pas loin de chez mes parents,
- 4:11je voyais ma famille régulièrement,
- 4:12on était un noyau très très solide.
- 4:15Bref,
- 4:15j'avais tout pour être heureuse mais au final,
- 4:17il me manquait quelque chose.
- 4:19Et là,
- 4:19tu t'es sentie justement à travers toute cette vie où on voit bien clairement que c'est une case sociétale,
- 4:25on se dit,
- 4:26on a un CDI,
- 4:27enfin on a un travail.
- 4:28Le Saint Graal.
- 4:29Voilà,
- 4:29le fameux travail,
- 4:32une famille qui était stable,
- 4:33une salle de sport où tu t'y sentais bien,
- 4:35des amis.
- 4:36aussi où tu te sentais soutenue.
- 4:38Et tu t'es dit,
- 4:38mais à ce moment-là,
- 4:40j'ai tout,
- 4:42mais je ne me sens pas forcément à ma place.
- 4:44Non,
- 4:45je ne me sens pas à ma place.
- 4:46Et puis,
- 4:47c'est assez bizarre comme sentiment,
- 4:48alors qu'on a vraiment,
- 4:50on a tout.
- 4:53Et par contre,
- 4:54il y a quelque chose d'assez important,
- 4:56c'est qu'à l'âge de 16 ans,
- 4:58lors d'une soirée de fin d'été,
- 5:00Avec une copine,
- 5:01on s'est dit on terminera pas notre vie en Belgique.
- 5:06Elle,
- 5:06elle avait dit qu'elle irait vivre dans le sud de la France et moi j'avais toujours la Suisse en tête.
- 5:12Après j'ai de la famille en Suisse et donc du coup je vis en Suisse depuis que j'ai l'âge de deux ans.
- 5:17Les dents du midi m'ont toujours fascinée et bizarrement c'est en Suisse où je me sentais entière.
- 5:24Et à chaque fois c'était un déchirement de partir.
- 5:28Il y a un moment où je me suis dit,
- 5:30oui c'est parce que c'est les vacances,
- 5:31tu revois les cousins,
- 5:32la Suisse c'est quand même beau,
- 5:34tu vois la montagne,
- 5:35la Belgique c'est plat,
- 5:36tu vois 50 kilomètres,
- 5:38enfin voilà.
- 5:40Et puis au fur et à mesure,
- 5:42en grandissant,
- 5:44en allant en Suisse,
- 5:46je me suis rendu compte que non en fait,
- 5:50est-ce que mes racines étaient là-bas ?
- 5:53Et puis...
- 5:56Oui,
- 5:57c'est vraiment spécial en fait de ressentir ce genre de choses.
- 6:02Bien sûr.
- 6:03Mais en plus de ça,
- 6:04tu disais les dents du midi et tout ça,
- 6:05mais toi tu venais en Suisse en fait en tant que touriste.
- 6:08Oui.
- 6:08Donc tu as connu la Suisse à travers,
- 6:11au final,
- 6:12que tu as vécu en Belgique et toi tu venais en vacances quelques semaines avec la famille et te dire j'ai l'impression que mes racines sont là-bas.
- 6:18Pourtant,
- 6:19tout a mené en Suisse,
- 6:21mais ta vie était en Belgique.
- 6:23Oui,
- 6:23tout est en Belgique.
- 6:24Et puis après,
- 6:25à chaque fois que j'avais cette idée de partir vivre en Suisse,
- 6:29on me rappelait,
- 6:30t'as un CDI,
- 6:31Léna,
- 6:32t'as une situation,
- 6:35t'as des amis ici,
- 6:36et qu'est-ce que tu ferais sans la famille ?
- 6:39Bref,
- 6:40plein de peurs,
- 6:42plein de craintes.
- 6:43Et je pense qu'il y a un souci à certains moments.
- 6:45Oui,
- 6:46et puis ça donne des freins.
- 6:48Et donc du coup,
- 6:49j'en reviens à cette thérapie que j'ai suivie pendant 5 ans et demi.
- 6:53qui en fait au final,
- 6:55quand j'en parle,
- 6:56je réalise qu'elle a permis de déconstruire des choses qui m'ont été inculquées pour voir en fait les choses avec mes propres yeux.
- 7:06Qu'est-ce que tu as pu déconstruire par rapport à cette thérapie avec peut-être des fausses croyances qui étaient parfois des croyances de la famille,
- 7:12des croyances ancestrales de la famille ou des amis qu'on est entouré ?
- 7:17Qu'est-ce que tu as réussi à déconstruire ?
- 7:21Par rapport à ce travail,
- 7:22au final,
- 7:22qui est clairement du développement personnel,
- 7:25parce que tu as été accompagnée par une psychologue,
- 7:27mais c'est toi qui as dû faire tout ce cheminement pendant 5 ans à te poser ces bonnes questions.
- 7:32Au final,
- 7:32une psychologue,
- 7:34elle t'a guidée,
- 7:36mais c'est toi qui as fait tout ce travail.
- 7:37Qu'est-ce que tu as pu déconstruire à travers toutes ces croyances ?
- 7:41Je dirais même,
- 7:41petite parenthèse par rapport à la thérapie que j'ai suivie,
- 7:44j'ai pas été chez une psy qui posait des questions.
- 7:48La première fois que j'ai débarqué chez elle,
- 7:52J'ai parlé et à un moment,
- 7:53elle a stoppé.
- 7:55Elle a dit la séance est terminée.
- 7:57Et ça a été comme ça pendant,
- 8:00je dirais même la première année.
- 8:03Et puis après,
- 8:04je n'ai pas été.
- 8:04Et c'est ce que j'ai aimé dans ma thérapie.
- 8:07C'est que j'ai eu cette liberté de pouvoir faire ma quête intérieure.
- 8:12Et du coup,
- 8:15qu'est-ce qui a été déconstruit ?
- 8:17Je dirais déjà de s'autoriser.
- 8:22à ne pas être heureux alors qu'on a une famille qui nous aime et qui est présente pour nous.
- 8:28C'est beau.
- 8:29Parce qu'on culpabilise le fait d'être à des repas de famille et de regarder sa soeur parler,
- 8:36sa maman,
- 8:37sa tante,
- 8:38et puis de se dire mais qu'est-ce que je fous là ?
- 8:40Et puis après on a un sentiment de dire,
- 8:42mais je suis une putain d'égoïste en fait,
- 8:45une insatisfaite.
- 8:47T'as tout,
- 8:49t'as des gens qui rêveraient d'avoir ce que tu as.
- 8:52Et au final,
- 8:53moi j'étais...
- 8:54Moi j'ai juste envie de me barrer.
- 8:55Et voilà,
- 8:57au final,
- 8:57on a le sentiment d'être égoïste et le fait d'avoir suivi cette thérapie m'a entre autres aidée à me dire
- 9:03« Mais non,
- 9:03en fait,
- 9:04tu as le droit de vouloir aller ailleurs et de voir autre chose. »
- 9:08Puis aussi,
- 9:11et ça au final,
- 9:12on va encore revenir avec ce qu'on a déjà dit,
- 9:15mais ma psy m'avait donné un exemple.
- 9:17Elle m'a dit « J'ai quelqu'un qui vient en thérapie. »
- 9:21C'est un directeur,
- 9:24il part en vacances,
- 9:25sport d'hiver l'hiver,
- 9:27il part en été à la plage,
- 9:31il a la villa,
- 9:33il a les deux beaux enfants qui réussissent à l'école,
- 9:36la femme clichée,
- 9:37la femme,
- 9:38la belle femme,
- 9:40le chien,
- 9:42mais le mec il est pas heureux.
- 9:43Alors qu'il était au final,
- 9:44il avait une vie de rêve mais il était complètement vide à l'intérieur.
- 9:47Exactement.
- 9:48Comme éteint,
- 9:48comme en stand-by en fait.
- 9:50Ouais,
- 9:50et là je me suis dit,
- 9:51ok.
- 9:52Du coup,
- 9:52je me suis sentie peut-être plus légitime de ressentir ce que je ressentais quand j'ai entendu l'expérience de quelqu'un d'autre.
- 9:58après c'est un peu la tête avant
- 10:01pour que je puisse lâcher,
- 10:05mais en tout cas elle a bien fait dans tous les cas.
- 10:08Et en fait le truc c'est que quand j'ai commencé à me dire que je pouvais m'autoriser à me dire que c'était ok de ne pas être à la bonne place,
- 10:17là il y a un processus qui s'est fait.
- 10:19Et puis progressivement en fait j'ai commencé à...
- 10:25me préparer à l'idée de partir.
- 10:28Oui,
- 10:28ça a été un long processus parce que,
- 10:30comme tu expliques,
- 10:30c'est plus de 5 ans de développement avec tes propres questions en disant,
- 10:35oui,
- 10:35je peux me détacher,
- 10:36oui,
- 10:36c'est ok de sentir des choses de manière différente en me disant j'ai une famille,
- 10:40mais je ne me sens pas forcément à ma place ici,
- 10:42ce n'est pas forcément à ta place dans ta famille,
- 10:44c'est juste le lieu au final.
- 10:47Le lieu et puis je dirais même,
- 10:49si on peut aller plus loin,
- 10:51même les mentalités.
- 10:52Oui.
- 10:53Il y a les croyances,
- 10:55il y a rien qu'les croyances avec le fait de posséder.
- 11:00Comme si posséder,
- 11:01ça rassure.
- 11:02Bien sûr,
- 11:03posséder un CDI,
- 11:04posséder un...
- 11:05qui est un saint graal encore aujourd'hui pour nos parents ou pour nos anciens grands-parents.
- 11:10Avoir une stabilité financière aujourd'hui,
- 11:13c'est l'équivalent d'un CDI en disant voilà,
- 11:16c'est normal de travailler 40 heures par semaine,
- 11:19de travailler 5 jours par semaine et d'avoir...
- 11:22C'est une idéologie au final de se dire oui,
- 11:24c'est une sécurité,
- 11:25mais au final on peut aussi te virer du jour au lendemain.
- 11:29Donc c'est des fausses croyances que toi tu as dû casser durant ton cheminement.
- 11:33Oui,
- 11:33que j'ai cassé et puis en fait j'ai réalisé que posséder ne voulait pas dire être heureux.
- 11:41Et que parfois on voit des gens qui ne possèdent pas grand chose et en fait ils ont la joie de vivre,
- 11:48ça se voit sur leur visage.
- 11:50Et ça,
- 11:50je fais un peu référence aux pays qui sont plus défavorisés.
- 11:55Et nous,
- 11:56en tant qu'Occidentaux,
- 11:58qui avons des fois tout,
- 12:00on arrive encore à être insatisfait.
- 12:02Donc,
- 12:03pourquoi es-tu insatisfait ?
- 12:05Et là,
- 12:05dans mon cas,
- 12:06c'était premièrement,
- 12:07pas au bon endroit.
- 12:09Et souvent,
- 12:09on parle d'éternel insatisfait.
- 12:12Mais ça,
- 12:12c'est souvent l'être humain,
- 12:13plus on a...
- 12:15plus on a tendance à se perdre au final à travers des objets ou à travers des moments où on va se dire on va dépenser 10,
- 12:2115,
- 12:2120 000 francs dans un voyage.
- 12:23On rentre,
- 12:23on est toujours malheureux parce qu'au final,
- 12:26là où on a mis nos racines,
- 12:28on n'est pas forcément au bon endroit pour les nourrir.
- 12:31Si j'ose un petit peu cet aparté de se dire on a beau tout avoir,
- 12:35comme tu disais,
- 12:36un gars il peut être PDG d'une boîte,
- 12:38tout avoir,
- 12:38être peut-être même millionnaire.
- 12:41mais complètement vide à l'intérieur parce qu'il est en train peut-être de passer à côté de sa vie,
- 12:45parce qu'il n'a pas su trouver ses racines,
- 12:47parce qu'il n'a pas forcément fait ce travail personnel.
- 12:50Oui,
- 12:50et puis après,
- 12:53malheureusement,
- 12:53l'être humain,
- 12:54il doit lui arriver quelque chose de trash pour qu'il se remette en question.
- 12:59Donc,
- 12:59une personne qui a toujours connu une vie entre guillemets tranquille ne va pas avoir cette nécessité de remettre en question.
- 13:09C'est clair.
- 13:10Mais ça,
- 13:11on a tendance à...
- 13:12Souvent,
- 13:13on se dit,
- 13:14on peut passer à côté de notre vie parce qu'on est dans notre quotidien.
- 13:17Oui.
- 13:17Tout est beau,
- 13:18tout est rose.
- 13:18On se dit,
- 13:19mais c'est génial.
- 13:20On vit notre vie,
- 13:21puis au final,
- 13:21à un moment donné,
- 13:22peut-être que la vie,
- 13:23elle nous rappelle en se disant,
- 13:25c'est peut-être trop tard.
- 13:28Ou on a une vie et à la fin,
- 13:30on se dit,
- 13:31ben,
- 13:32j'ai passé à côté de ma vie,
- 13:33c'est terminé.
- 13:35Mais des fois,
- 13:35on a une prise de conscience par rapport à un souci de santé.
- 13:38Oui.
- 13:39par rapport à peut-être un licenciement,
- 13:41par rapport à quelque chose de grave qui nous arrive dans la vie où on se rend compte que la vie,
- 13:46elle est courte parce qu'il y a une prise de conscience à ce moment-là.
- 13:50Non,
- 13:51c'est vrai que l'être humain doit,
- 13:54entre guillemets,
- 13:55avoir mal pour prendre conscience.
- 14:00Oui,
- 14:01souvent,
- 14:01on doit avoir mal pour se dire
- 14:02« Ah, il y a peut-être quelque chose qui cloche chez moi.
- 14:05J'ai peut-être un travail à faire sur moi-même. »
- 14:07Mais c'est à la vie de nous le rappeler alors que nous,
- 14:09on devrait être en pleine conscience en se disant est-ce que je suis aujourd'hui heureux avec ce que j'ai ?
- 14:14Oui,
- 14:14mais le problème,
- 14:14c'est qu'on est anesthésié.
- 14:16Souvent.
- 14:17Dans ces cas sociétals,
- 14:18de se dire,
- 14:18voilà,
- 14:18il faut une belle voiture,
- 14:19un beau travail,
- 14:21un bon salaire au niveau du mois,
- 14:23cette sécurité comme on parlait avant.
- 14:25Mais aujourd'hui,
- 14:26ces choses,
- 14:26elles changent de plus en plus.
- 14:28Puis la sécurité,
- 14:30on parle ici beaucoup au niveau matériel,
- 14:32mais elle peut être au niveau social.
- 14:34Bien sûr.
- 14:34Toi,
- 14:34tu avais tout pour être heureuse.
- 14:36Tu avais d'amis,
- 14:37tu avais ta famille,
- 14:38donc tu avais vraiment ton cocon avec tout ce qui t'entourait,
- 14:41où tu te sentais vraiment entouré à ce niveau-là,
- 14:44tu avais du soutien.
- 14:45C'est ça,
- 14:45et puis parce qu'entre l'idée qui a commencé à émerger à l'âge de 16 ans et le fait que je sois partie à
- 14:5727 ans,
- 14:57il y a quand même eu
- 14:5911 ans.
- 15:00Et en fait,
- 15:01dans un sens,
- 15:02c'est énorme de se dire,
- 15:03mais pourquoi t'es pas parti avant ?
- 15:05Parce que ça a demandé de démonter,
- 15:09du coup,
- 15:10plutôt déconstruire des fausses croyances.
- 15:14Apprendre à voir les choses avec ses propres yeux.
- 15:16Parce que lorsqu'on déconstruit quelque chose,
- 15:21il n'y a pas la vue qui apparaît directement.
- 15:24Ça se construit aussi.
- 15:25Il faut quelques temps,
- 15:25bien sûr.
- 15:26Ça demande de se faire confiance.
- 15:28aussi.
- 15:29Et souvent,
- 15:29on voit la vie à travers des autres regards,
- 15:32des regards qu'on nous impose,
- 15:33nos parents qui nous disent,
- 15:34c'est bien de faire comme ça.
- 15:35Nous,
- 15:36on a cette vision de se dire,
- 15:37c'est bien de faire comme ça.
- 15:38Mais pour avoir notre propre vision,
- 15:41pour,
- 15:41comme tu dis,
- 15:42déconstruire quelque chose et de le voir après avec nos propres yeux,
- 15:46c'est un chemin qui demande des années et des années.
- 15:48Ça ne se fait pas en quelques mois.
- 15:50Ce qu'on peut comprendre au niveau de ton cheminement qui a duré 11 ans,
- 15:54de se dire,
- 15:55oui,
- 15:55en Belgique,
- 15:56j'ai tout.
- 15:56mais la Belgique aujourd'hui,
- 15:58ce n'est pas mes terres,
- 15:59ce n'est pas là où je me sens bien.
- 16:01Et tu as dû faire tout ton parcours et la vie aussi.
- 16:03Je pense qu'à un moment donné,
- 16:05elle t'a aussi rappelé dans le processus que tu n'étais pas à ta place.
- 16:09Oui,
- 16:09et le moment où j'ai pris conscience,
- 16:14ce qui est assez drôle dans la vie,
- 16:16c'était à peu près six mois quand j'ai terminé vraiment mes séances chez la psy.
- 16:25Et en fait,
- 16:26le fait d'avoir arrêté les seins chez la psy,
- 16:28c'est vraiment venu par moi-même.
- 16:30Je me souviens encore de lui avoir dit,
- 16:32la boucle est bouclée.
- 16:33C'est toi qui as décidé dans ta thérapie de dire,
- 16:35pour moi,
- 16:36j'ai terminé,
- 16:36c'est bon,
- 16:37j'ai fait le tour,
- 16:38je me sens mieux.
- 16:39Exactement,
- 16:39parce que pour la petite anecdote,
- 16:41je me souviens que,
- 16:44genre un mois auparavant,
- 16:46je lui ai dit,
- 16:48parce que oui,
- 16:49quand je suis rentrée la première fois dans son cabinet,
- 16:50elle m'a dit,
- 16:51je lui ai demandé,
- 16:52combien de temps ça dure une thérapie chez vous ?
- 16:54Elle m'a dit entre 6 mois et 6 ans.
- 16:56Je suis sortie de là,
- 16:57j'étais en pleurs.
- 16:58J'ai dit mon dieu,
- 16:58tu ne vas pas partir pour 6 ans.
- 16:59Au final,
- 17:00après 5 ans et demi,
- 17:02je lui ai dit vous vous souvenez de cette première question que je vous avais posée que du coup la thérapie,
- 17:09ça pourrait durer jusqu'à 6 ans.
- 17:11Ça fait quand même 5 ans et demi que je viens vous voir.
- 17:12Ce n'est pas que je n'aime pas vous voir,
- 17:14mais je me pose la question.
- 17:17Et là,
- 17:19elle m'a dit c'est vous qui allez le sentir.
- 17:22Ça va faire comme une chute.
- 17:25Et en fait la chute je l'ai eu dans le mois qui a suivi.
- 17:27Et là d'un coup,
- 17:30genre comme Eureka,
- 17:31j'ai fait ok la boucle elle est bouclée.
- 17:34Et là du coup,
- 17:35à l'heure de la dernière consultation que j'ai eu avec elle,
- 17:37je lui ai dit la boucle est bouclée.
- 17:39Et là elle m'a regardée,
- 17:40elle m'a fait c'est ça le sentiment qu'on a.
- 17:44Et puis du coup...
- 17:47Là,
- 17:47j'avais déjà envoyé mes CV pour la Suisse.
- 17:50Donc,
- 17:50tu avais déjà entamé cette fameuse transition de manière à chercher des choses.
- 17:55Donc,
- 17:55tu étais vraiment dans ce cheminement de chercheur.
- 17:58Oui.
- 17:59De se dire,
- 17:59voilà,
- 17:59je commence la paperasse,
- 18:01j'essaye.
- 18:02Oui,
- 18:03parce qu'en fait,
- 18:03quand j'ai terminé chez la psy,
- 18:05quand je suis sortie de chez elle,
- 18:06je me suis dit,
- 18:07c'est bon Léna,
- 18:07tu peux partir.
- 18:09Parce que tu sais comment tu fonctionnes.
- 18:14Avec tes propres yeux.
- 18:16Avec ta propre tête.
- 18:17Pourquoi ta propre tête ?
- 18:17Parce que tu as tes propres peurs et plus celles des autres.
- 18:24Alors oui,
- 18:25il peut y avoir des similitudes,
- 18:28mais ce que je possède m'appartient.
- 18:30Donc,
- 18:30j'avais fait un gros nettoyage.
- 18:33Et du coup,
- 18:35par contre,
- 18:35il y avait toujours cette peur d'insécurité.
- 18:39Donc,
- 18:39dans ma démarche,
- 18:41à cette période-là,
- 18:42j'étais du style à me dire tu ne vas pas...
- 18:45quitter un CDI pour l'inconnu.
- 18:48Donc,
- 18:50j'ai envoyé mon CV en Suisse.
- 18:52Et évidemment,
- 18:532020,
- 18:54période Covid,
- 18:55je ne pouvais pas choisir mieux.
- 18:57Les frontières étaient ouvertes une fois sur deux.
- 19:00Donc super les entretiens d'embauche,
- 19:02au final je n'en ai eu aucun.
- 19:03Et en décembre 2020,
- 19:10et bien là c'est mon corps qui disjoncte,
- 19:14j'ai un cancer.
- 19:16La vie elle te rappelle que tout peut s'arrêter aussi à ce moment-là en disant oui.
- 19:21Et malgré que tu étais jeune,
- 19:22ça peut arriver.
- 19:24Alors jeune nutritionniste,
- 19:26coach sportif,
- 19:27travaillant en pharmacie.
- 19:29En gros,
- 19:31la personnelle de santé qui sait comment il faut faire.
- 19:35Elle fait tout comme il faut entre guillemets.
- 19:37Et qui attrape quand même un cancer malgré tout.
- 19:39Ah oui,
- 19:40et là du coup je me souviens il y a eu cet examen pour voir si la tumeur s'était propagée au niveau des ganglions.
- 19:46Je regarde cette fameuse lumière,
- 19:48je m'en souviens,
- 19:49genre un petit peu la lumière qui nous conduit au paradis.
- 19:52Et là je me suis dit,
- 19:53ouais mais non Léna,
- 19:54t'as 26 ans,
- 19:55ça peut pas finir comme ça.
- 19:57Et là du coup,
- 19:59prise de compte.
- 20:00conscience il va vraiment falloir partir là tu as une prise de conscience parce que la vie à ce moment là elle te rappelle en te disant tu peux être nutritionniste tu peux être athlète tu peux conseiller des gens à travers ton métier mais
- 20:15la vie elle peut te dire écoute à ce moment là il ya peut-être une prise de décision à prendre mais ton cheminement il a été quand même incroyablement ça c'est vraiment un développement de vie qu'on peut parler au niveau de cinq ans et demi de thérapie.
- 20:28Et surtout,
- 20:29de voir la vie à travers ton propre regard et la maladie qui arrive en te disant
- 20:34« Waouh, il y a un moment,
- 20:35il y a une prise de décision à prendre. »
- 20:38Oui,
- 20:39et puis là,
- 20:39je me suis dit
- 20:43« Voilà, c'est vraiment la prise de décision.
- 20:45Il va falloir faire quelque chose. »
- 20:48Puis,
- 20:50par chance en tout cas,
- 20:52la tumeur ne s'est pas propagée.
- 20:53C'est une happy end,
- 20:54c'est bon.
- 20:55Et trois mois plus tard...
- 20:59là vraiment parce qu'entre une prise de conscience et une prise de décision et l'action il y a un monde c'est trois points différents parce qu'on peut prendre conscience mais il y a les peurs qui arrivent il y a les réflexions du style oui
- 21:14mais tu vas quand même quitter ce que tu connais ta famille ton travail ta vie sociale et ainsi de suite et puis après il y a vraiment eu
- 21:24Trois mois plus tard,
- 21:26une journée à la pharmacie où j'en avais ras le bol.
- 21:29Et là,
- 21:29je me souviens,
- 21:30je me suis dit,
- 21:32soit tu restes ici et tu finis à la morgue,
- 21:37ou soit tu quittes tout et tu vas vers l'inconnu.
- 21:44Et j'ai quitté l'inconnu pour partir en Suisse.
- 21:47Ce que tu viens d'entendre,
- 21:49ce n'est pas un doute,
- 21:50c'est une décision.
- 21:51La Belgique est derrière elle,
- 21:53la Suisse est devant.
- 21:55Mais entre deux,
- 21:55il y a ce territoire étrange que personne ne montre vraiment,
- 21:58le moment où tu as choisi,
- 22:00mais où tu n'as encore rien construit.
- 22:03Dans l'épisode 2,
- 22:04Lena raconte ce que ça fait de poser ses valises dans un pays nouveau,
- 22:07de perdre ses repères,
- 22:09et de découvrir ce que coûte réellement le fait de choisir sa propre vie.
- 22:13On se retrouve dans l'épisode 2.