Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / Le Procès d’une vie : un spectacle puissant sur Gisèle Halimi, l’IVG et la force des femmes.
Transcript
- 0:03Flamme des années 80.
- 0:05Le podcast qui allume la femme.
- 0:09Bonjour,
- 0:10je suis très heureuse aujourd'hui de recevoir
- 0:13Karina Testa et Barbara Lomballet qui sont à l'initiatrice d'un super projet que j'ai vu il n'y a pas longtemps,
- 0:19d'une pièce qui s'appelle Le procès d'une vie.
- 0:22Et c'est vraiment,
- 0:22je vous conseille vraiment d'aller le voir,
- 0:23c'est extraordinaire et j'ai eu envie de les inviter pour qu'elles me racontent un petit peu d'où est venue cette idée,
- 0:30comment est-ce que ça s'est mis en place.
- 0:32Qui est-ce qui veut commencer et se présenter un petit peu ?
- 0:34Vous êtes toutes les deux comédiennes.
- 0:36Bonjour,
- 0:38moi je suis Barbara Lamballet et donc on s'est rassemblés au temps de ce projet avec...
- 0:46Karina Testa.
- 0:47C'est un projet qu'on a commencé à écrire en 2017.
- 0:51Karina,
- 0:52si tu veux raconter la genèse initiale puisque c'est toi qui a lancé ce projet.
- 0:57En 2017,
- 0:58on a voulu créer une petite pièce courte.
- 1:01de 30 minutes pour le festival des mises en capsule du
- 1:05Théâtre Le Pic maintenant,
- 1:05mais avant c'était le Ciné 13 Théâtre de Claude Lelouch à Montmartre et on voulait,
- 1:11en fait on s'est réunis à quatre pour écrire une pièce sur les femmes,
- 1:16leurs conditions dans le monde et tout ça,
- 1:17donc on a commencé à partir d'expériences personnelles et finalement à un moment il y a eu un peu le groupe qui a splitté et resté
- 1:23Barbara, moi et Maude Forger et à ce moment-là on avait commencé à se retrouver pour écrire
- 1:31Je leur ai dit,
- 1:31écoutez les filles,
- 1:33si vous voulez,
- 1:33j'ai une autre idée.
- 1:34J'ai quelque chose dans mon ordi qui traîne depuis quelques années.
- 1:40J'ai pensé à écrire une pièce sur,
- 1:43en tout cas l'idée,
- 1:45la volonté,
- 1:45le désir d'écrire une pièce sur le procès de Bobigny.
- 1:50Et j'avais écrit sur mon ordinateur,
- 1:52procès de Bobigny,
- 1:52il ferait une super pièce,
- 1:54une mode forgée pourrait jouer la petite Marie-Claire.
- 1:57Et on est parti là-dessus.
- 2:00En co-écriture avec Barbara,
- 2:03parce que Maud voulait rester extérieure à l'écriture,
- 2:07donc on a commencé à écrire sur ce sujet,
- 2:11écrire 30 minutes.
- 2:14Et
- 2:15Maud est restée œil extérieur de l'écriture.
- 2:18Et après,
- 2:18à la fin de ce petit canevas de 30 minutes sur l'histoire du procès,
- 2:24on a discuté et chacune a dit son désir de faire quoi.
- 2:30par rapport à cette pièce.
- 2:31Barbara a eu le fort désir de mettre en scène cette pièce,
- 2:35personnellement de jouer.
- 2:36Et puis Maud,
- 2:38on l'a castée directement puisque c'était un désir depuis très longtemps.
- 2:42Mais disons que ça a été comme ça.
- 2:44Ça a commencé par un livre qu'on m'avait offert qui s'appelle Jamila Boupacha,
- 2:47écrit par Gisèle Halimi.
- 2:48Puis j'ai commencé à me passionner de Gisèle Halimi.
- 2:51Mais à ce moment-là,
- 2:52attention,
- 2:52Gisèle Halimi était toujours vivante.
- 2:54Et après,
- 2:54nous aussi,
- 2:56quand on a écrit...
- 2:57On est rentré en contact avec Gisèle Halimi qui nous a donné son accord pour faire ces capsules.
- 3:03Et en gros,
- 3:03l'histoire a commencé comme ça.
- 3:05Et en fait,
- 3:07tu as eu ce bouquin-là et tu as attiré notre attention sur le procès de Bobigny.
- 3:13On s'est mis à lire le procès de Bobigny,
- 3:15les sténotipies,
- 3:16donc les minutes du procès qui ont été éditées du coup en 72 par Choisir la cause des femmes,
- 3:22alors que c'était interdit.
- 3:24Et donc,
- 3:25on a réussi à se procurer ces bouquins.
- 3:27qui n'était plus édité à l'époque.
- 3:28Donc on a récupéré des reliques de bouquins à droite à gauche,
- 3:33et on a lu ça.
- 3:35On s'est interrogé aussi sur,
- 3:38est-ce qu'on parle du procès de Bobigny,
- 3:39ou est-ce qu'on parle d'autre chose ?
- 3:42Donc on s'est mis à lire tout ce qu'on n'avait pas encore lu sur les droits des femmes,
- 3:48et sur la biographie de Gisèle Halimi,
- 3:51tous les bouquins de Gisèle Halimi.
- 3:53On a relu des Simone de Beauvoir,
- 3:56fauna.
- 3:56On s'est mis à lire tout ce qui était à l'époque sorti récemment aussi.
- 4:02Et puis,
- 4:03en faisant ce gros melting pot,
- 4:05on s'est dit non,
- 4:06en fait,
- 4:06le procès de Bobigny,
- 4:07ça peut être une bonne trame de fond,
- 4:10vu l'époque et tout ça,
- 4:11pour venir interroger la situation actuelle,
- 4:14donc en 2017-2018,
- 4:16la situation actuelle des droits des femmes en France et dans le monde.
- 4:20Donc là,
- 4:21on s'est dit bon,
- 4:22allez.
- 4:23BAMOS,
- 4:23on écrit des premières versions.
- 4:26Donc,
- 4:26ça a été ça,
- 4:27le premier jet.
- 4:29Et ensuite,
- 4:31s'en est suivi,
- 4:32mais vraiment,
- 4:33c'est un grand mot ici,
- 4:34je suis marseillaise,
- 4:35mais
- 4:351500 versions.
- 4:36On a vraiment écrit beaucoup de versions avec beaucoup de thématiques à l'intérieur,
- 4:41beaucoup de réinterprétations et tout ça.
- 4:45À un moment donné,
- 4:47il y avait carrément un personnage qui était aujourd'hui,
- 4:51qui joue aujourd'hui.
- 4:52aujourd'hui qui s'appelait Victoire.
- 4:54Vraiment,
- 4:54on a...
- 4:56Il y a eu beaucoup de versions très différentes.
- 4:59Mais en tout cas,
- 4:59il y avait ce désir de parler de Gisèle Halimi,
- 5:03de sa vie,
- 5:03de lui rendre hommage,
- 5:06parce que moi,
- 5:07vraiment,
- 5:08cette femme fascinante,
- 5:09tout ce qu'elle a fait pour nous,
- 5:10sans...
- 5:11Moi,
- 5:12je ne savais pas.
- 5:12Je veux dire,
- 5:14j'ai trouvé ça incroyable qu'on n'ait pas appris ça,
- 5:17transmis ça,
- 5:18même à l'école.
- 5:18Enfin bon,
- 5:19bref.
- 5:20Et en tout cas,
- 5:20ce désir de faire rencontrer cette grande figure avec...
- 5:24Avec aussi l'histoire de ces femmes qui ont fait ce procès,
- 5:29en fait,
- 5:29en gros.
- 5:30Et c'est l'histoire de la grande dame qui rencontre les femmes ordinaires qui leur arrivent des malheurs atroces.
- 5:40Et ensemble,
- 5:41elles vont changer le cours de l'histoire et créer,
- 5:44en gros,
- 5:45faire un procès historique qui changera à jamais le droit des femmes,
- 5:49quand même.
- 5:50Et voilà,
- 5:51c'était...
- 5:52et au cours de l'écriture,
- 5:54On s'est rendu compte que finalement,
- 5:58Gisèle Limy,
- 5:59oui,
- 5:59elle était importante.
- 6:01Et c'était important d'en parler et de lui rendre hommage dans son parcours de femme et de tout ce qu'elle a fait.
- 6:08Mais plus particulièrement,
- 6:11rentrer dans l'intimité de toutes ces femmes,
- 6:14de Marie-Claire,
- 6:16de toutes les autres,
- 6:18de Michel,
- 6:19pour comprendre ce qu'elle vivait au quotidien.
- 6:24quelle était la vie de ces femmes.
- 6:25C'est ça qui est intéressant dans la pièce,
- 6:27c'est qu'on voit aussi cette espèce de lutte de classe où on voit vraiment la différence entre les femmes qui ont de l'argent et celles qui n'en ont pas par rapport à tout ce qui est l'avortement.
- 6:36Et ça,
- 6:36c'est vachement intéressant.
- 6:37Et c'est vrai ce que vous dites,
- 6:38on voit,
- 6:39et je les ai mis évidemment,
- 6:40mais c'est vrai qu'on rentre vraiment aussi plus en amour,
- 6:43j'ai envie de dire,
- 6:44pour toutes ces autres femmes.
- 6:46Et moi,
- 6:46je l'ai vu avec ma mère.
- 6:47Et c'était vachement intéressant,
- 6:48puisque je vous conseille à tous nos auditeurs ou auditrices d'amener vos mamans voir ce spectacle,
- 6:53parce qu'elles l'ont vraiment vécu.
- 6:54Enfin,
- 6:55c'est vos mamans,
- 6:56pour les auditeurs qui ont à peu près une quarantaine d'années.
- 6:58Vos mamans et vos enfants.
- 7:00Et les grandes mamans aussi.
- 7:02Et les grands-papas.
- 7:03Mais c'est bien,
- 7:04parce que c'est en fait tout ça pour dire que ça traverse un peu les générations et que ça peut ouvrir aussi des discussions sur les femmes que nos mamans ou nos grands-mères pouvaient être à cette époque-là,
- 7:13et la différence par rapport à la sexualité,
- 7:15qu'on ne nous disait rien.
- 7:16Moi,
- 7:17c'est ce que ma mère me disait.
- 7:17On n'expliquait pas grand-chose.
- 7:19Ma grand-mère,
- 7:19je me rappelle qu'elle m'avait raconté qu'elle avait avorté.
- 7:21Mais elle me l'avait dit à moi alors que j'étais jeune.
- 7:24Il y a toutes ces conversations qui ressortent de passé.
- 7:26Et ça,
- 7:28je trouve ça hyper intéressant de laisser cette porte ouverte pour ce spectacle.
- 7:31Il y a un avant et un après.
- 7:33Et je pense que c'est important d'y aller.
- 7:34Il y a aussi des hommes dans la salle.
- 7:37Oui.
- 7:37Il y a des hommes,
- 7:38oui.
- 7:38Il y en a qui viennent avec leur fille,
- 7:41leur fils.
- 7:42C'est ça qui est génial,
- 7:43d'ailleurs,
- 7:44dans ce spectacle.
- 7:44C'est qu'on voit des gens qui viennent et puis ils nous parlent à la fin,
- 7:48ils nous transmettent leurs émotions.
- 7:50Et en même temps,
- 7:50ils disent « Ah,
- 7:51je vais revenir avec ma mère.
- 7:51Il faut absolument que je revienne avec ma tante.
- 7:53Il faut absolument que je revienne avec mon fils,
- 7:54ma fille. »
- 7:55Et enfin,
- 7:57c'est génial.
- 7:58Oui,
- 7:58c'est génial.
- 7:58Et en plus,
- 8:00ce qui pour nous est un
- 8:03« pari gagné » ,
- 8:04c'est que sur le trottoir,
- 8:05quand on sort,
- 8:06les gens nous font des confidences,
- 8:08mais des gens qu'on ne connaît pas.
- 8:10Et du coup,
- 8:11ça veut dire que le voile se lève sur la parole.
- 8:13Il y a des tabous qui réussissent à tomber juste en sortant de cette pièce.
- 8:17Et aussi rapidement que ça,
- 8:18parce que du coup,
- 8:19ça fait union.
- 8:20On sent que les gens nous parlent d'eux ou nous parlent de leurs parents ou de leur mère ou de leur sœur.
- 8:26Il y a même des hommes qui se confient sur des événements de vie intime de femmes proches autour d'eux.
- 8:35Enfin,
- 8:35c'est hyper beau.
- 8:36Et c'est vrai que...
- 8:38Quand on a commencé à lire ce texte,
- 8:41au début on a donné beaucoup de lectures pour qu'ils puissent voir le jour,
- 8:44et puis on l'a fait lire aussi à d'autres collectifs,
- 8:48puisqu'à un moment donné peut-être d'autres auraient pu s'emparer de la pièce,
- 8:52s'ils avaient été en tout cas plus accompagnés que nous.
- 8:55Et c'est fou,
- 8:57on s'était retrouvés à la fin de cette lecture avec un collectif d'artistes,
- 9:01et directement à la fin de cette discussion,
- 9:04on leur parlait...
- 9:05artistiquement sur la pièce et tout ça,
- 9:07ou de la genèse.
- 9:08Non,
- 9:09les femmes s'étaient mises à raconter tout ce qui était tu dans leur famille,
- 9:14des secrets qu'elles n'arrivaient même pas à échanger avec leur propre famille.
- 9:19Ça,
- 9:20c'était la première fois où on s'est rendu compte que ça dénouait des paroles.
- 9:25C'était hyper émouvant.
- 9:26C'est des cadeaux.
- 9:28Et en fait,
- 9:28ça se poursuit.
- 9:29Depuis Avignon,
- 9:30les gens nous parlent de tout ça.
- 9:32Les gens se parlent entre eux de ça.
- 9:34Donc,
- 9:35ça a vraiment la vertu qu'on espérait,
- 9:39c'est-à-dire que les gens aient moins honte et puissent mettre des mots sur ces événements-là.
- 9:47Oui,
- 9:47c'est ce que j'allais dire.
- 9:48Ça enlève le voile de la honte qui a été très présent par rapport aux femmes,
- 9:52déjà par rapport à leur sexualité.
- 9:54Surtout là,
- 9:54ça a beaucoup changé aujourd'hui,
- 9:56mais c'était quelque chose qui,
- 9:57à l'époque,
- 9:58était quelque chose de tabou.
- 9:59et aussi tout ce qui était contraception et puis le fait de l'avortement,
- 10:03c'est des sujets qui sont...
- 10:04encore important aujourd'hui parce qu'il y a des pays où on n'a pas le droit d'avorter encore aujourd'hui.
- 10:08Et donc c'est quand même aussi d'actualité.
- 10:10Bien sûr,
- 10:11et puis l'éducation sexuelle aujourd'hui,
- 10:13qui est vraiment vivement interrogée,
- 10:16l'éducation sexuelle n'est pas donnée dans tous les établissements scolaires,
- 10:19alors que c'est une obligation de l'État de venir pallier à ça et instruire les jeunes sur ces thématiques à différents moments de leur âge.
- 10:28Et ça n'est pas fait.
- 10:29Mais ça n'est pas fait aussi parce que beaucoup de parents ne sont pas du tout à l'aise avec cette idée-là ou ne veulent pas qu'il y ait des limites qui soient dépassées.
- 10:38il considère que
- 10:40Ce ne sont pas des thématiques qu'eux aborderaient de cette manière-là.
- 10:44Donc,
- 10:45il y a quand même encore une sorte de chape et de tabou sur le droit à disposer de son corps,
- 10:50clairement,
- 10:51sur la contraception,
- 10:53sur les sexualités,
- 10:54sur...
- 10:57Et le droit à disposer de son corps,
- 10:58aujourd'hui,
- 10:59ça interroge aussi d'autres sous-sujets.
- 11:02Aujourd'hui,
- 11:03parfois,
- 11:04des gens veulent changer de genre et tout ça.
- 11:05Donc,
- 11:06quel droit on a ?
- 11:07Comment on s'y prend ?
- 11:08Comment on est respecté dans nos choix ?
- 11:10Comment les autres vivent ces questions qu'on se pose ?
- 11:14Du coup,
- 11:15ça vient embrasser plein de choses.
- 11:18La résonance,
- 11:18je pense,
- 11:20qu'on propose dans la pièce là,
- 11:22c'est ça aussi.
- 11:23C'est que tout le monde se repose un peu toutes ces questions,
- 11:26même si on en est en France et que c'est passé dans la Constitution,
- 11:28le droit à l'IVG.
- 11:31Oui,
- 11:31parce que ça parle du droit à l'IVG,
- 11:32évidemment,
- 11:33mais c'est aussi l'histoire de...
- 11:35d'une avocate et de femme qui renversent aussi la loi à un moment donné.
- 11:38Et c'est ça qui est très intéressant.
- 11:40Parce qu'aujourd'hui,
- 11:40on aurait des fois besoin de renverser la loi sur pas mal de choses.
- 11:44Ah mais complètement.
- 11:45Effectivement,
- 11:47c'est la reprise du pouvoir du peuple sur ses convictions intimes.
- 11:55Sur leur propre révolte en disant que ça c'est injuste,
- 11:58leur propre injustice.
- 11:59Pourquoi ?
- 12:00Ce n'est pas une injustice universelle.
- 12:02Ce n'est pas parce que la loi nous impose...
- 12:05quelque chose à tous,
- 12:08qu'elle est juste.
- 12:09Donc parfois,
- 12:10oui,
- 12:10elle est juste,
- 12:11évidemment.
- 12:12Mais dans ce cas-là,
- 12:13ça n'était pas le cas.
- 12:15Si ces femmes s'étaient arrêtées à ça,
- 12:18effectivement,
- 12:19elles ont continué des années et des années à se dire,
- 12:22bon,
- 12:22ben non,
- 12:23c'est comme ça pour nous et ça restera parce que la loi nous l'impose.
- 12:29Mais juste pour en revenir à l'écriture,
- 12:32parce qu'effectivement,
- 12:32on avait envie de parler d'un sujet.
- 12:35En tout cas,
- 12:37pour nous,
- 12:37l'écriture ne peut pas être complètement déconnectée d'un engagement tel qu'il soit.
- 12:45Mais l'idée quand même de cette pièce,
- 12:48c'était de faire la part belle à des comédiennes au plateau avec des rôles hyper forts et aussi hyper divertissants.
- 12:58Parce que certes,
- 13:00on est là pour parler d'un sujet hyper important,
- 13:03aujourd'hui encore actuel,
- 13:05mais vraiment,
- 13:07l'idée,
- 13:07c'est de faire quand même un spectacle où on vit des émotions très contradictoires.
- 13:13Voilà,
- 13:14on avait envie de faire rire les gens,
- 13:15on avait envie de faire exploser la boîte à émotions,
- 13:20d'une certaine manière,
- 13:21ouvrir pour pouvoir mieux recevoir.
- 13:24On n'est pas là pour accuser,
- 13:26pour...
- 13:29pour marteler,
- 13:31nider ou quoi que ce soit.
- 13:32On est là pour faire vivre ensemble des choses d'une manière très collégiale et très...
- 13:41Oui,
- 13:41parce qu'on rit beaucoup dans le spectacle.
- 13:44On peut être toutes extraordinaires,
- 13:46les comédiennes sur scène.
- 13:48C'est vraiment un super moment,
- 13:50on rit.
- 13:50La mise en scène aussi est vraiment chouette.
- 13:53En fait,
- 13:53on ne s'embête pas.
- 13:55on est tout le temps,
- 13:56il y a toujours quelque chose qui se passe c'est pétillant et en plus c'est un sujet extrêmement important donc vous avez vraiment bien réussi votre pari merci beaucoup effectivement c'est vrai que que ce soit à l'écriture ou à la mise en scène il s'agissait aussi de et
- 14:14à la direction des acteurs et actrices,
- 14:17il s'agissait aussi de faire en sorte que Alors...
- 14:20on invite à réfléchir et on n'accule pas les gens derrière une thématique et qu'on ne les emmène pas vers la conclusion qu'on veut qu'ils aient.
- 14:29Donc en ça,
- 14:30on se dit qu'il faut de l'air,
- 14:32il faut du rire,
- 14:33il faut de l'émotion,
- 14:35il faut du rythme.
- 14:37Et je pense qu'en tout cas,
- 14:39le public,
- 14:39quand il sort,
- 14:40nous restitue ces impressions-là,
- 14:43rythme,
- 14:43émotion,
- 14:44rire.
- 14:46Et beaucoup nous disent que ça les...
- 14:50Ça les remet en fait,
- 14:52ça les rebonfle d'espoir,
- 14:55d'envie,
- 14:57plus que ça ne l'est a priori.
- 15:00Ce qu'on pourrait imaginer avec un thème comme ça,
- 15:03c'est qu'on ressorte en disant oui,
- 15:04bon d'accord,
- 15:05et les hommes d'un côté,
- 15:06les femmes de l'autre,
- 15:07non,
- 15:07c'est très inclusif.
- 15:09Au contraire,
- 15:11les traitements des hommes ont été le traitement des hommes à la mise en scène.
- 15:14a été fait de telle sorte à ce qu'il soit toujours sur un fil.
- 15:17C'est un patriarcat qui est déposé en chacun de nous et pas que dans les hommes.
- 15:22Donc du coup,
- 15:24l'idée c'était que,
- 15:26ben vraiment,
- 15:26on s'interroge tous ensemble face à ce spectacle et qu'on ressorte en se disant,
- 15:31ah oui,
- 15:31avec des prises de conscience,
- 15:33avec des émotions.
- 15:34Et ce qui est génial,
- 15:35c'est qu'à la fin,
- 15:35moi je suis venue qu'une fois,
- 15:36mais il y avait une standing ovation,
- 15:37j'ai entendu qu'il y en avait quand même assez souvent.
- 15:39Donc souvent les gens se lèvent à la fin du spectacle,
- 15:41c'est aussi...
- 15:42très émouvant.
- 15:43Il y a quelque chose qui se passe où on se lève parce qu'on a aimé le spectacle,
- 15:47mais aussi en tant que femme,
- 15:48on se lève par une certaine fierté.
- 15:49Je ne sais pas comment l'expliquer,
- 15:50il y a une espèce de...
- 15:52On reprend son pouvoir aussi.
- 15:54Vous me donnez la possibilité aussi en tant que femme ou en tant qu'homme,
- 15:56je ne sais pas,
- 15:56je ne suis pas un homme,
- 15:57donc je ne peux pas bouger,
- 15:58je ne peux pas le dire,
- 15:59mais ce truc d'avoir vraiment partagé un moment et on sent que vous êtes très unis aussi.
- 16:06Alors...
- 16:07On a fait un peu off,
- 16:07donc je sais que oui.
- 16:09Mais on sent vraiment cette sororité des femmes qui veulent vraiment raconter une histoire et qui sont là vraiment ensemble.
- 16:16Et ça,
- 16:17ça se ressent.
- 16:17Je pense que dans tous les spectacles,
- 16:19on ressent ou dans les films,
- 16:20les ambiances,
- 16:21ce qui s'est passé.
- 16:21Enfin,
- 16:22c'est de l'énergie.
- 16:22Donc forcément,
- 16:23en tout cas,
- 16:23on prend vraiment ce bonheur de sororité et c'est super chouette.
- 16:28Et vous pouvez nous dire où est-ce qu'on peut voir le spectacle ?
- 16:30Je sais que c'est au Splendide du mercredi au dimanche.
- 16:33Je vous dis les dates,
- 16:34ce sera plus vite.
- 16:36À partir de mercredi et on joue jusqu'au 31 mai.
- 16:41Et c'est du mercredi au samedi à
- 16:4321h et les dimanches à 15h.
- 16:45Trop bien.
- 16:46Et vous faites à Avignon ?
- 16:47Et on repart à Avignon,
- 16:4914h40,
- 16:49au Théâtre des Gémeaux.
- 16:51Trop chouette.
- 16:51Parce que le spectacle a été créé à Avignon l'année dernière.
- 16:54Oui,
- 16:54tout à fait.
- 16:56La première a été faite à Avignon.
- 16:58Et là,
- 16:59depuis,
- 17:00on s'est installé en janvier au Splendide.
- 17:02Et on repart à Avignon.
- 17:04Et après,
- 17:04il va y avoir une tournée de septembre à janvier,
- 17:07février.
- 17:08C'est en train de s'élargir parce que,
- 17:10visiblement,
- 17:11les gens ont aimé le spectacle et nous demandent des dates.
- 17:14Donc,
- 17:16la période s'élargit.
- 17:17Mais en tout cas,
- 17:17de septembre à janvier,
- 17:20c'est en tournée en France.
- 17:21Donc,
- 17:21il va y avoir plusieurs dates un peu partout.
- 17:24C'est super pour nos auditeurs ou auditrices qui ne sont pas à Paris.
- 17:27Exactement.
- 17:28bien parti.
- 17:29Il faudra attendre un peu.
- 17:31Et guetter.
- 17:32Vous pouvez commencer à regarder dans les théâtres qui proposent justement dans vos villes.
- 17:37Et on vous encourage vraiment à aller voir ce spectacle.
- 17:41Et c'est marrant parce que vous avez parlé de la place de l'homme dans la pièce,
- 17:43parce qu'il y a quand même un homme.
- 17:44Vous êtes combien sur scène ?
- 17:47Avec l'homme.
- 17:48Donc,
- 17:49six femmes et un homme.
- 17:51Et pour lui,
- 17:51de vivre cette expérience,
- 17:53comment est-ce qu'il vit cette expérience-là,
- 17:56lui ?
- 17:57C'est assez rare,
- 17:57parce qu'en général,
- 17:58il y a toujours plus d'hommes,
- 18:00ou en général,
- 18:00c'est à moitié,
- 18:01mais un seul homme au milieu de toutes ces femmes ?
- 18:04Il a dû se faire sa place.
- 18:06Après,
- 18:06au départ,
- 18:07empiriquement,
- 18:08la pièce,
- 18:09elle était écrite pour huit.
- 18:11Il y avait deux hommes au plateau et six femmes.
- 18:16Et en fait...
- 18:17Bon an,
- 18:18mal an,
- 18:18il a fallu,
- 18:19pour des questions économiques notamment,
- 18:23enlever un comédien,
- 18:26mais pas de personnages d'hommes.
- 18:27On n'a pas enlevé les personnages d'hommes,
- 18:29mais on a dû enlever un comédien qui,
- 18:32en fait,
- 18:33reste quand même très,
- 18:34très proche du spectacle.
- 18:36On ne l'a pas viré,
- 18:37il est là.
- 18:39Et du coup,
- 18:40Julien Ruttia,
- 18:40qui lui interprète tous les personnages masculins du spectacle.
- 18:48a pris sa place tranquillement.
- 18:52Non,
- 18:52je pense qu'il a appris à accepter qu'on mette tout au féminin,
- 18:57parce que pour le coup,
- 18:58quand on se parle,
- 18:59maintenant,
- 18:59on met tout au féminin,
- 19:00parce qu'on a décidé que dans ce groupe,
- 19:02il n'a l'emporté.
- 19:03Mais ce n'était pas une histoire de power,
- 19:04c'était juste une histoire de conjugaison à un moment donné,
- 19:07de dire,
- 19:09vous êtes tous d'accord,
- 19:10alors qu'il était tout seul,
- 19:11maintenant,
- 19:11j'ai envie de dire,
- 19:12vous êtes toutes d'accord,
- 19:13et puis,
- 19:14pour une fois,
- 19:14c'est...
- 19:15Non,
- 19:15non,
- 19:15mais il a beaucoup de...
- 19:17Déjà,
- 19:17je pense qu'il est engagé,
- 19:19il est sensible à la cause,
- 19:20et puis c'est un comédien intelligent qui,
- 19:24franchement,
- 19:24s'est fondu.
- 19:26C'est un camarade exceptionnel.
- 19:29Donc,
- 19:30non,
- 19:30non,
- 19:30franchement,
- 19:31c'est super.
- 19:32Est-ce que vous pouvez nous pitcher un petit peu la pièce,
- 19:33maintenant qu'on en a un peu parlé pour donner envie,
- 19:37justement,
- 19:37de venir le voir ?
- 19:38Oui,
- 19:39donc on est à l'été 71,
- 19:41une jeune fille,
- 19:42Marie-Claire,
- 19:43chevalier,
- 19:4416 ans,
- 19:44tombe enceinte.
- 19:47Du coup,
- 19:47elle va annoncer cette grossesse à sa maman,
- 19:51Michèle,
- 19:52qui bien mal va chercher de l'aide auprès de Lucette,
- 19:56René et Micheline,
- 19:58à la recherche d'une faiseuse d'anges.
- 20:00Et donc,
- 20:02toutes ces femmes vont se mettre en œuvre pour aider Marie-Claire à avorter.
- 20:07Et Michel finit par,
- 20:10en désespoir de cause,
- 20:12aller chercher de l'aide auprès de Gisèle Allumy parce qu'on a dénoncé leur avortement clandestin.
- 20:17Et donc du coup,
- 20:19elle demande de l'aide à Gisèle Allumy.
- 20:21qui,
- 20:22au lieu de décider de les défendre,
- 20:23décide d'attaquer la loi.
- 20:25Et donc embarque toutes ces femmes dans ce combat contre la loi et qui,
- 20:30plus tard,
- 20:31amènera la loi Veil à être présentée à l'Assemblée nationale en 1975.
- 20:37Voilà,
- 20:37c'est à peu près le petit pitch.
- 20:38Après,
- 20:38à l'intérieur de ça,
- 20:39dans cette histoire,
- 20:41il y a des choses qui se sont passées,
- 20:43mais on ne va pas tout spoiler sur les événements.
- 20:46Les petites surprises.
- 20:46Voilà,
- 20:47il y a des petites surprises,
- 20:49des petits événements qui font qu'il y a des twists.
- 20:51Et par rapport à tous ces événements,
- 20:53tout est vrai ?
- 20:53Vous avez aussi un peu scénarisé des choses ?
- 20:55Ou en général,
- 20:56c'est vraiment parce que,
- 20:57comme vous l'avez dit tout à l'heure,
- 20:58vous êtes vachement renseignée,
- 20:59vous avez lu beaucoup de choses ?
- 21:01Alors,
- 21:01on s'est beaucoup documenté,
- 21:03mais il y a beaucoup de fiction.
- 21:05C'est-à-dire qu'on est parti de bases de personnages qui,
- 21:08effectivement,
- 21:09dans le livre,
- 21:10dans les sténotypies du procès,
- 21:15on avait les auditions de toutes les femmes.
- 21:18Donc,
- 21:19elles racontent leur vie.
- 21:21comprend leurs problématiques de tous les jours,
- 21:24si elles étaient mariées ou pas,
- 21:25les enfants,
- 21:26tout ce qu'elles avaient à faire et les problèmes,
- 21:29des gros problèmes qu'elles avaient,
- 21:30parce que c'était ça surtout.
- 21:33Et d'après ça,
- 21:34on a recréé des scènes et on a inventé,
- 21:38on a fait travailler notre imagination,
- 21:41effectivement.
- 21:41C'est-à-dire qu'il y a forcément des scènes oui,
- 21:45c'est inspiré d'eux,
- 21:46mais...
- 21:47Mais tout ce qu'on a écrit...
- 21:49En fait,
- 21:50c'est les grandes lignes.
- 21:51Oui,
- 21:51c'est les grandes lignes.
- 21:52Mais leur lien,
- 21:53vraiment...
- 21:54Enfin,
- 21:55tout.
- 21:55Oui,
- 21:58ça me paraît fou d'expliquer dans les détails.
- 22:03J'ai l'impression qu'il y avait quelques scènes.
- 22:04Mais en fait,
- 22:05quand je réfléchis,
- 22:06non,
- 22:06non,
- 22:07c'est énormément.
- 22:07Il y a énormément d'inventions.
- 22:09Juste,
- 22:10il y a une sorte de socle où on savait que...
- 22:13tel personnage avait tel tempérament,
- 22:15ça,
- 22:15il lui est arrivé ça.
- 22:16Évidemment,
- 22:16je disais à Léonie,
- 22:17on a repris des éléments biographiques et on a recréé des scènes aussi.
- 22:21Mais voilà,
- 22:23il y a plutôt un point de vue,
- 22:26une patte qui apporte la singularité sur les événements.
- 22:33Oui,
- 22:33on connaît.
- 22:34En fait,
- 22:34c'est vrai que dans les sténotypies,
- 22:36on connaissait leurs problèmes de santé,
- 22:38par exemple,
- 22:39ou bien leur métier.
- 22:41ou bien le nombre d'enfants qu'elles avaient,
- 22:43ou si elles étaient mariées,
- 22:45divorcées.
- 22:46En fait,
- 22:46c'est l'état civil qu'on dépose quand on vient témoigner à la barre.
- 22:50Donc,
- 22:50c'est ça qu'on avait.
- 22:51Et puis,
- 22:53la manière dont elles racontent qu'elles ont été impliquées dans cet avortement clandestin.
- 22:59Mais en dehors de ça,
- 23:00et sachant que tout ça est à chaque fois entre guillemets,
- 23:02donc ça donne vraiment des aperçus très rapides de comment elles racontent des choses à cette barre.
- 23:09Donc nous,
- 23:09on a extrapolé,
- 23:11on a nourri en fait tous les personnages,
- 23:13tout le creux du personnage pour que ça puisse être interprété,
- 23:16incarné.
- 23:17Et puis pour que ça puisse se rythmer,
- 23:20s'équilibrer,
- 23:20que le plateau ne penche pas que dans un endroit.
- 23:28Par exemple,
- 23:28Lucette Dublouchex qui est dite catholique.
- 23:32pratiquantes dans les sténotypies.
- 23:34Bon ben voilà,
- 23:35on n'était pas obligé d'en faire une petite souris qui s'exprime comme ça,
- 23:38ou tout à ça,
- 23:39où il y a toutes les ruptures.
- 23:40Ça,
- 23:40ça a été écrit sur mesure pour Jeanne Arène,
- 23:43qui est une amie de longue date et dont on connaît parfaitement sa capacité à faire ce type de personnage,
- 23:51même si elle a une capacité à en faire des milliards d'autres.
- 23:54Mais ça,
- 23:54on savait qu'en lui mettant ça entre les mains,
- 23:57elle allait nous faire du petit lait.
- 23:59Et donc ça a été le cas.
- 24:00Mais donc tout ça,
- 24:00oui,
- 24:01on l'a écrit pour que ça puisse avoir un intérêt au plateau.
- 24:05Et ça a été inventé.
- 24:06Oui,
- 24:06un personnage comme une fervente catholique,
- 24:10on peut l'écrire d'une manière très premier degré.
- 24:13C'est vrai que c'était...
- 24:15Voilà,
- 24:16c'est un personnage très important.
- 24:17Pour moi,
- 24:18c'est certainement ce personnage qui a fait basculer aussi beaucoup,
- 24:22pour l'époque,
- 24:25la vie des gens.
- 24:27Elle a réussi à les...
- 24:29à les convaincre.
- 24:30C'est une femme qui a changé de conviction.
- 24:36Mais effectivement,
- 24:37on pouvait prendre très premier degré et ne pas imaginer qu'elle est là et qu'elle prie,
- 24:43qu'elle fait Jésus-Marie-Joseph,
- 24:44le signe de croix tous les quatre matins,
- 24:46qu'elle est très active dans sa paroisse.
- 24:52Voilà,
- 24:53ce n'était pas...
- 24:54Moi,
- 24:54j'ai eu une éducation très catho,
- 24:56donc ça m'a rappelé des petits souvenirs de l'école catholique et des bonnes sœurs et tout ça.
- 25:05Donc j'étais là,
- 25:06c'est bien,
- 25:06on va pouvoir faire des bonnes petites choses là-dessus.
- 25:10Mais c'est ça qui est intéressant dans la pièce,
- 25:11c'est aussi qu'il y a toute cette église catholique,
- 25:14et donc grâce à ce personnage qui se renverse aussi,
- 25:16qui change de point de vue,
- 25:17donc c'est ce que vous dites tout à l'heure.
- 25:18Et c'est vrai que Jeanne Haren est extraordinaire aussi.
- 25:21Vous êtes toutes extraordinaires.
- 25:23Mais c'est bon.
- 25:24on sait que Jeanne on sait on sait bien sûr évidemment elle est magnifique donc on l'accepte totalement
- 25:32Et puis en plus,
- 25:35elle détient un rôle qui fait que la pièce peut avoir de l'air,
- 25:41même si les autres chemins faisants ont réussi à aussi ramener de l'air dans leur parcours de personnages.
- 25:49Le personnage de Lucette Dubucheix est celle sur laquelle on a parié pour que ça puisse venir ramener du rire,
- 25:55de la légèreté,
- 25:56ne serait-ce que par sa personnalité,
- 25:59ce côté,
- 26:00voilà.
- 26:00qui veut toujours bien faire.
- 26:02Et donc,
- 26:03du coup,
- 26:04c'est un point d'accroche qui fait que forcément,
- 26:07le public s'y attache différemment par rapport aux autres.
- 26:13Mais je pense que la puissance d'attachement du public à tous les personnages est le même.
- 26:18Enfin,
- 26:19c'est pareil pour tout le monde.
- 26:20Je pense que vraiment,
- 26:21il y a une sorte de...
- 26:25Les gens se projettent dans chacun des personnages.
- 26:29individuellement,
- 26:29enfin comment dire,
- 26:30chaque personne dans le public,
- 26:32je pense que se reconnaît un peu dans chacune des femmes et je pense que c'est ça aussi qui fait que ça fonctionne et que les gens repartent comme s'ils avaient rassemblé une sorte de kaléidoscope de types de femmes à l'intérieur d'eux et même les hommes,
- 26:45je pense qu'il y a des hommes qui ressortent très très émus et je pense parce que ça leur évoque des femmes autour d'eux,
- 26:52pas forcément leur part de femmes.
- 26:54Même si je pense que c'est possible.
- 26:56Mais ça leur évoque plein de femmes autour d'eux.
- 26:59Ils reconnaissent des entités de femmes autour d'eux en voyant ce spectacle.
- 27:03Il y a aussi le fait d'être mère qui est vachement posé.
- 27:07Cette position de mère aussi.
- 27:08Je trouve qu'elle le fait très bien.
- 27:10Elle s'appelle Céline.
- 27:13Et je trouve qu'elle le fait très bien.
- 27:15Et surtout,
- 27:15ça peut aussi questionner qu'est-ce que c'est d'être mère ?
- 27:18Comment est-ce que les erreurs qu'on peut faire sont que ce soit des erreurs ?
- 27:22C'est ça qui est intéressant.
- 27:23C'est assez mis à nu,
- 27:24là aussi.
- 27:25Ça ouvre un autre sujet,
- 27:27j'ai l'impression.
- 27:28C'est un sujet sur les femmes.
- 27:31Donc,
- 27:31la femme,
- 27:31c'est aussi une mère.
- 27:32C'est aussi le travail des femmes à l'époque.
- 27:36Après,
- 27:36toutes les autres sont super.
- 27:37Est-ce qu'il y a aussi la jeune fille,
- 27:39comment elle s'appelle,
- 27:40qui joue le...
- 27:40Maritza Chevalier,
- 27:41c'est Maud Forger.
- 27:43Maud Forger,
- 27:43ce qu'on a parlé au début.
- 27:45Oui,
- 27:46qui a un parcours vraiment...
- 27:50particuliers et denses aussi à déployer parce que en direction,
- 27:57moi,
- 27:57je lui demande de faire certaines choses pour pas qu'on bascule vers et pour qu'on entende une thématique bien précise et tout ça.
- 28:03Donc,
- 28:04Maud déploie l'intensité de sa charge émotionnelle tout en leur tenant tout le temps.
- 28:09Enfin,
- 28:09vraiment,
- 28:10elle fait un travail incroyable.
- 28:11Donc,
- 28:12Maud Forger.
- 28:13Après,
- 28:13il y a Karina Testa.
- 28:16Il y a moi-même.
- 28:18Alors moi,
- 28:19je joue plusieurs personnages.
- 28:20Je joue Micheline,
- 28:21l'avorteuse,
- 28:21mais je joue aussi Mélanie,
- 28:24la jeune fille un peu faufole qui veut dévergonder Marie-Claire.
- 28:29Je joue Djamila Moupacha très brièvement et je joue le professeur Milièze.
- 28:34Fervent catholique,
- 28:36gynécologue qui est venu témoigner au procès et qui fait partie des figures catholiques qui ont permis d'entendre qu'on pouvait changer d'avis.
- 28:46dans ce procès,
- 28:47ça lui fait partie des grandes figures très attendues,
- 28:51très écoutées.
- 28:52Oui,
- 28:52ça a été un témoin très important au procès et c'est quelqu'un qui a fait...
- 28:56Alors moi,
- 28:56dans la pièce,
- 28:57on fait quelqu'un d'un peu virulent,
- 29:00mais au final,
- 29:01pas du tout.
- 29:03C'est quelqu'un qui a aidé beaucoup les femmes,
- 29:06qui a fait beaucoup,
- 29:09Parce que oui,
- 29:10là,
- 29:11on rend hommage aux femmes qui ont fait avancer cette loi.
- 29:16mais les hommes,
- 29:19on en fait des petites partouches comme ça,
- 29:21mais il y en a eu aussi.
- 29:23Et d'ailleurs,
- 29:24un des premiers hommes politiques à avoir voulu défendre cette loi,
- 29:29c'était Rocard.
- 29:31Dans une des versions,
- 29:33il était présent.
- 29:34Et moi,
- 29:34en découvrant cette histoire,
- 29:35je me suis dit,
- 29:36j'ai eu un autre regard sur Rocard.
- 29:39C'était pour la petite anecdote.
- 29:43C'est intéressant,
- 29:44parce que c'est des choses que je ne savais pas.
- 29:46Oui,
- 29:46Rocard était présent.
- 29:47Après,
- 29:48il y a le professeur Monod,
- 29:50qui est joué par Déborah Graal,
- 29:52qui,
- 29:52elle,
- 29:53joue aussi
- 29:54René Saucé,
- 29:55Fritna,
- 29:56la mère de Gisèle.
- 29:58et qui joue donc voilà Ironée Saucé dans le cœur de ses femmes et pareil qui a un parcours de femme un peu en colère enfin on l'a écrite comme ça c'est une femme qui retient beaucoup sa colère qui essaye de canaliser ça parce
- 30:13que elle a des blessures personnelles et intimes qui font qu'elle s'exprime et à chaque fois ça jaillit donc pareil un parcours très très beau elle est super magnifique Merci.
- 30:26Donc Julien Urrutia en a parlé,
- 30:27c'est le seul homme.
- 30:29Céline Toutain qui fait Michel Chevalier,
- 30:31donc la mère,
- 30:33qui pareil a un très très beau parcours et qui est très remarquée parce qu'elle a vraiment un tempérament de mère à la fois populaire et à la fois réservée et pudique.
- 30:48Donc c'est un sublime mélange qu'elle propose là,
- 30:51Céline Toutain.
- 30:53Surtout au début,
- 30:54quand on arrive dans la salle,
- 30:56c'est assez sympathique.
- 30:58On ne spoile pas trop,
- 30:58mais le début,
- 30:59c'est vrai qu'on rentre tout de suite dedans.
- 31:02C'est comme si on n'était pas…
- 31:04On devient acteur aussi de cette pièce comme ça,
- 31:06comme dans le procès.
- 31:08On est directement comme si on avait une place particulière,
- 31:11comme si on était aussi des acteurs à notre niveau.
- 31:16C'est un petit passage sans spoiler,
- 31:18on le redit.
- 31:19C'est un début de pièce un peu immersif.
- 31:24On voulait embarquer les gens avec nous.
- 31:27Venez voir et vous découvrirez comment on vous embarque.
- 31:30Il y a quand même Clotilde Dagnaud,
- 31:32qui est notre grande Gisèle Halimi.
- 31:35C'est un défi à relever et elle le fait merveilleusement bien.
- 31:41C'est une actrice incroyable.
- 31:45Il y a beaucoup de personnes qui me parlent beaucoup de ce moment-là aussi,
- 31:51de la plaidoirie évidemment,
- 31:52mais il y a une petite scène où elle coache un peu,
- 32:00pendant une manif,
- 32:01elle scande comme ça,
- 32:04des conseils aux femmes qu'ils les prennent.
- 32:07Il y a deux jours,
- 32:08il y a eu toute la salle qui a commencé à applaudir à ce moment-là.
- 32:12On a trouvé ça complètement fou.
- 32:14et voilà je fais hommage à notre c'est aussi le fil c'est elle qui tient aussi je sais pas comment dire c'est le fil de l'histoire donc elle est hyper importante dans sa posture le petit Daniel qui
- 32:30joue Gisèle Halimi a un parcours très très beau dans la pièce et même si il s'agit pas d'une pièce sur Gisèle Halimi puisque nous on a voulu vraiment se concentrer sur Euh...
- 32:44Toutes ces femmes et cette solidarité de palier,
- 32:47comme on l'a nommé beaucoup quand on était en train d'écrire,
- 32:51on avait envie de vraiment raconter comment chacune va aider l'autre,
- 32:56comment chacune va dépasser ses propres convictions pour servir le bien commun et aider cette jeune fille de 16 ans à sortir de ça.
- 33:08et du coup
- 33:09Gisèle est au sein de ces femmes et elle est un moteur pour toutes
- 33:14mais elle n'est pas l'unique moteur,
- 33:16en fait.
- 33:16Le moteur,
- 33:17vraiment,
- 33:17c'est le cœur et cette solidarité.
- 33:19Enfin,
- 33:19en tout cas,
- 33:19on l'a écrit comme ça.
- 33:22Moi,
- 33:23je vous invite vraiment à venir voir ce spectacle.
- 33:24C'était vraiment un super moment.
- 33:27Et c'est vrai que,
- 33:28bon,
- 33:28juste une petite parenthèse par rapport à l'actualité,
- 33:30puisque Gisèle Halimi,
- 33:31Gisèle Pellicot,
- 33:32c'est vrai que c'était au moment,
- 33:35en fait,
- 33:35où vous avez sorti ce spectacle,
- 33:38c'est toute l'actualité.
- 33:39Donc,
- 33:39ça fait un écho.
- 33:41Est-ce que vous voulez dire quelques mots là-dessus ?
- 33:47En tout cas,
- 33:47ces combats d'hier sont des combats qui continuent à se mener de façon plus claire,
- 33:53visible et forte aujourd'hui.
- 33:56Et je pense que ce procès de Bobigny,
- 34:01qui a permis à la loi Veil de passer,
- 34:04a permis beaucoup de choses dans la foulée.
- 34:09On n'a pas l'impression que les racines remontent à là,
- 34:11et d'ailleurs elles doivent remonter à en.
- 34:13encore antérieurement à ce procès,
- 34:15mais en fait,
- 34:17chaque combat,
- 34:18gagné ou perdu d'ailleurs,
- 34:20permet à un autre de venir se mettre en place.
- 34:22Et l'affaire Pellico est probablement la suite des déflagrations positives qu'ont permis le procès de Bobigny.
- 34:31Et elles s'appellent toutes les deux Gisèle,
- 34:33donc effectivement,
- 34:34on peut avoir une petite étincelle dans l'oreille quand on entend ça.
- 34:38Mais bon,
- 34:39voilà.
- 34:40Tout ça,
- 34:40en tout cas...
- 34:41je pense,
- 34:41donne du courage,
- 34:43de la force à des femmes et à des hommes de s'ériger quand ils trouvent que quelque chose est injuste.
- 34:51Donc oui,
- 34:51il y a des résonances.
- 34:55super,
- 34:56on a passé un super moment c'est déjà fini je pense que je reviendrai voir la pièce avec plaisir en tout cas n'hésitez pas à aller voir la pièce au Splendide du mercredi au samedi
- 35:0921h et le dimanche à
- 35:1216h à 15h et le dimanche à 16h et puis à Vignon cet été aussi si vous voulez déjà réserver Théâtre des Gémeaux
- 35:2114h40 le procès-l'invité
- 35:23merci pour ton invitée merci à toi merci à tous que bien soit et moi je vous dis à la semaine prochaine flamme des années 80 le podcast qui allume la femme