Latest / Lait'Change : Du lait au fromage et bien plus encore / 35 ans de distribution fromagère, au cœur du métier de grossiste avec Christophe Hochet (#44)
Transcript
- 0:04Bienvenue sur Lait'Change,
- 0:05le podcast qui donne la parole à celles et ceux qui font vivre chaque jour notre belle filière laitière et fromagère.
- 0:11Je suis Romain Le Gal et avec France Frais nous sommes très heureux d'être avec toi aujourd'hui pour découvrir ce nouveau sujet.
- 0:18Dans cet épisode on ne se retrouve pas dans une fromagerie,
- 0:21je vais te proposer d'aller à la rencontre de Christophe Hochet,
- 0:24responsable des achats et des ventes chez Team Ouest Distralis à Rennes.
- 0:28On va donc parler
- 0:29aujourd'hui du métier de grossiste et de la distribution.
- 0:34A travers l'expérience de Christophe,
- 0:36avec ses plus de 35 ans dans le domaine,
- 0:38il nous parlera de son parcours,
- 0:40il va également nous expliquer le métier de grossiste et comment il accompagne au quotidien les producteurs et les crémiers fromagers,
- 0:47ainsi que les évolutions qu'il a pu voir depuis ses débuts.
- 0:51Dans cet échange,
- 0:52il nous livrera également des anecdotes,
- 0:54des conseils.
- 0:55Bref,
- 0:56un beau programme à venir aujourd'hui.
- 0:59J'espère que tu es installé confortablement et je te souhaite une très bonne écoute sur Lait'Change.
- 1:08Bonjour Christophe.
- 1:09Bonjour Romain,
- 1:09comment vas-tu ?
- 1:10Très bien,
- 1:11je suis très content d'être avec toi à Rennes.
- 1:12Pour l'instant,
- 1:13il ne pleut pas encore.
- 1:14Et tu as vu le beau lever de soleil ce matin ?
- 1:16Oui,
- 1:17au-dessus des nuages.
- 1:20Mais bon,
- 1:20tu as l'habitude.
- 1:21Oui,
- 1:21tout à fait.
- 1:22Christophe,
- 1:23pour ceux qui ne te connaissent pas...
- 1:25On surnomme la légende de l'Ouest.
- 1:26Non,
- 1:26je rigole,
- 1:27c'est pour la blague.
- 1:28Est-ce que tu pourrais te présenter ?
- 1:31Alors,
- 1:31Christophe Hochet,
- 1:32je suis responsable commercial et achat sur le réseau Grand Public.
- 1:37Je suis rentré dans la société.
- 1:38Le réseau Grand Public,
- 1:40pour ceux qui nous écoutent,
- 1:41c'est les retailers de manière générale.
- 1:44C'est les gens qui vont revendre après des fromages aux consommateurs directement.
- 1:49Qu'ils soient sédentaires ou non sédentaires.
- 1:52Donc,
- 1:53je suis arrivé,
- 1:54comme je te le disais,
- 1:55en octobre 1991.
- 1:58Mon cursus est assez simple.
- 2:00J'ai eu mon bac,
- 2:02j'ai fait une année de fac.
- 2:03J'ai dû faire mon service militaire,
- 2:04qui était de 12 mois à l'époque.
- 2:06Et donc après,
- 2:08je me suis dit,
- 2:08comment justement sur ces 12 mois,
- 2:10m'intégrer au mieux dans le monde professionnel ?
- 2:12Et c'était un peu le début de l'alternance en entreprise,
- 2:17par notre ministre de l'Économie,
- 2:18qui devait être Alain Madelin d'ailleurs,
- 2:19il me semble.
- 2:20Et donc,
- 2:22j'ai sollicité une entreprise,
- 2:25en l'occurrence Triballat,
- 2:26qui recherchait effectivement deux profils.
- 2:28Un pour le réseau industriel et puis un pour le réseau de distribution.
- 2:32Puisque à l'époque,
- 2:34nous appelions Triballat Distribution.
- 2:36Nous avions essentiellement deux activités qui étaient effectivement la restauration sociale et commerciale.
- 2:40Mais le grand public,
- 2:41donc le retail,
- 2:42n'existait pas.
- 2:44Toi,
- 2:44tu as construit au fur et à mesure la gamme,
- 2:48les achats.
- 2:49Comment ça s'est passé dans ton parcours ?
- 2:51Nous étions associés au groupe Triballat avec une femme extraordinaire qui est
- 2:56Françoise Clanchin,
- 2:57qui avait une fibre fromagère.
- 3:00Il faut savoir que ça a été quand même la première femme diplômée d'une école laitière,
- 3:05pour ne pas la citer,
- 3:06l'ENIL,
- 3:06je crois que c'était Surgères.
- 3:08Et puis,
- 3:12en 84,
- 3:12ils ont racheté un atelier.
- 3:14qui était la fromagerie de La Houssaye à Saint-Pierre-sur-Dive.
- 3:17Et là,
- 3:18je pense que nos métiers...
- 3:19La fromagerie de la Houssaye qui est un producteur qui fait...
- 3:21Pont-l'Évêque,
- 3:22Livarot,
- 3:23Pavé-D'Auge,
- 3:24Deauville,
- 3:24excellent produit,
- 3:25un produit écrémé.
- 3:28Et là,
- 3:28j'ai fait,
- 3:29je me répète,
- 3:29dans nos métiers,
- 3:31la rencontre des gens est très importante.
- 3:33Et j'ai découvert effectivement
- 3:35Denis Thébault qui avait justement repris l'affaire en 81 et qui l'a vendue en 84 à la famille Clanchin.
- 3:42Et Madame Clanchin avait un point de vente sous la Dorenne qui s'appelle La Fromagée.
- 3:46Je pense que tu en as discuté un peu avec notre ami Vincent Philippe.
- 3:49Un petit peu.
- 3:50Et je crois qu'il y a eu une transmission qui s'est faite et tout est parti de là.
- 3:56Moi,
- 3:57j'avais un gros nonos qui était accéléré sous la volonté de Madame Clanchin,
- 4:03ce retail.
- 4:03Ce réseau.
- 4:05Et donc,
- 4:06ça a été effectivement quelques grandes sorties chez des producteurs.
- 4:11Et de fil en aiguille,
- 4:13c'est monté ainsi.
- 4:15Il faut quand même savoir qu'au départ,
- 4:16et ça va vous faire encore sourire,
- 4:18parce que je pense qu'aujourd'hui,
- 4:18on va parler...
- 4:20D'hier et d'aujourd'hui.
- 4:22Voilà,
- 4:23du passé,
- 4:23du présent et du futur.
- 4:24C'est le futur qui m'intéresse,
- 4:26cependant.
- 4:28J'avais construit effectivement une gamme de 30 produits.
- 4:30Alors,
- 4:31pour les citer,
- 4:31c'était Jean-François Dombre sur le perail des cabasses,
- 4:33qui est passé IGP récemment,
- 4:34comme tu le sais.
- 4:36Et donc,
- 4:37on avait décidé de référencer une trentaine de produits comme cela.
- 4:41Et je passais mes commandes chez les producteurs tous les jeudis,
- 4:44commandes par Minitel,
- 4:45mon cher Romain.
- 4:46Ah oui.
- 4:47Et je me faisais livrer les produits,
- 4:49effectivement.
- 4:50C'est là où on remonte dans le temps.
- 4:51Voilà.
- 4:52Sans prendre la DeLorean.
- 4:53Mais nous allons parler du futur après.
- 4:55Donc là,
- 4:55déjà à l'époque,
- 4:56tu avais sélectionné les fromages,
- 4:58tu...
- 5:00gérais ton stock et après ça grossit au fur et à mesure ?
- 5:05Après,
- 5:05si tu veux,
- 5:05on ne fait rien tout seul.
- 5:07Donc,
- 5:08ce que j'ai compris en arrivant à Team Ouest,
- 5:10triballat distribution,
- 5:10mais après Team Ouest,
- 5:12c'est qu'on est vraiment sur trois métiers complètement différents et une spécialisation s'imposait inévitablement.
- 5:19Donc,
- 5:19moi,
- 5:19au départ,
- 5:20j'étais tout seul.
- 5:21Je me répète,
- 5:21je passais mes commandes le jeudi.
- 5:23Elles arrivaient le mardi,
- 5:23je les préparais et je les livrais,
- 5:26les produits.
- 5:27J'étais tout seul,
- 5:27en fin de compte.
- 5:29L'atelier était inexistant,
- 5:32en plus c'était de la précommande donc pas besoin de stock.
- 5:35J'ai après compris qu'effectivement la spécialisation était importante et je me suis dit qu'il fallait constituer une équipe avec des gens qui avaient une fibre fromagère.
- 5:43Je me souviens d'un Christian Chandelier qui était chauffeur-livreur et vendeur-livreur à l'époque,
- 5:52qui avait cette fibre fromagère.
- 5:55J'ai commencé par Christian.
- 5:57Ça s'est étoffé,
- 5:57effectivement,
- 5:58puisqu'aujourd'hui,
- 5:58nous sommes à peu près une quinzaine de personnes sur l'activité retail,
- 6:03effectivement.
- 6:04Donc,
- 6:05tu es passé d'une trentaine de références dans les années 91 à aujourd'hui...
- 6:09À peu près 1200,
- 6:10effectivement.
- 6:111200,
- 6:12donc c'est un petit peu grossi.
- 6:14C'est quoi ce métier de grossisse ?
- 6:16Comment tu pourrais l'expliquer aux gens qui nous écoutent ?
- 6:19Alors,
- 6:21moi,
- 6:22j'ai souvent deux formules qui me résument.
- 6:25La première,
- 6:25c'est tout ce qui est statique est mort.
- 6:27Donc ça,
- 6:29c'est très important pour moi.
- 6:30Et puis je dis souvent,
- 6:30ce n'est pas les gros qui mangent les petits,
- 6:32mais les rapides qui mangent les lents.
- 6:33Pour résumer,
- 6:34ce que je viens de dire,
- 6:35c'est que par rapport à cette gamme d'aujourd'hui 1 200 références,
- 6:39c'est que je pense qu'effectivement,
- 6:41au sein du réseau France Frais,
- 6:43on est le dépôt qui va chercher le plus de sourcing.
- 6:452 à 3 %
- 6:48de notre chiffre d'affaires chaque année,
- 6:49c'est de la nouveauté.
- 6:50Donc il faut sans cesse se réinventer.
- 6:53Après,
- 6:53le grossiste,
- 6:54c'est vendre ce que ne vendent pas les autres.
- 6:56C'est cette notion de service.
- 6:58Donc ça,
- 6:59c'est très important.
- 7:00Effectivement,
- 7:01si on arrive avec des produits classiques,
- 7:05on ne va pas intéresser le crémier fromager.
- 7:07Il est sans cesse lui aussi,
- 7:08parce que ses clients le demandent,
- 7:10à la recherche de nouveauté.
- 7:12C'est vraiment l'ADN de Team Ouest.
- 7:17C'est vraiment toujours chercher,
- 7:19trouver.
- 7:20Et puis,
- 7:20lorsque vous avez des sourcings intéressants,
- 7:25c'est aussi...
- 7:26Soyons clairs,
- 7:26de la plus-value.
- 7:28Et donc,
- 7:28pour toi,
- 7:29le métier de grossiste,
- 7:30ça se résume finalement à de la logistique et de l'accompagnement et du service.
- 7:34Très clairement,
- 7:34oui.
- 7:35C'est vraiment être proche de ses clients.
- 7:36Je crois qu'on parlait tout à l'heure d'informatique haute.
- 7:40Le data,
- 7:40c'est très important aujourd'hui pour un commercial d'avoir des éléments autres.
- 7:43Mais je pense que le commerce,
- 7:44il se fait vraiment...
- 7:46De gré à gré,
- 7:47avec de Lait'Change,
- 7:48avec du partage.
- 7:52Voilà,
- 7:52par les produits.
- 7:53Je crois que c'est ce qui nous guide tous les jours.
- 7:54et
- 7:55Et tu me parlais aussi,
- 7:56le grossiste,
- 7:57c'est la personne qui prend le risque et qui a un stock.
- 8:00Il y a des fois des produits,
- 8:02ce qu'on appelle en précommande.
- 8:03Donc,
- 8:04on commande et on est normalement sûr d'avoir la référence ou le fromage pour le client.
- 8:11Ce stock,
- 8:12il est devenu,
- 8:13tout à l'heure quand je suis arrivé,
- 8:15tu m'as dit,
- 8:15Romain,
- 8:16au début,
- 8:16on est passé de 200 mètres carrés à…
- 8:19Ah oui,
- 8:20aujourd'hui,
- 8:21on en est un peu plus de 3000,
- 8:22effectivement,
- 8:23au sein du...
- 8:25des spécialités fromagères.
- 8:27Oui,
- 8:27alors,
- 8:27comme on disait,
- 8:29il faut toujours regarder ce qui s'est passé derrière.
- 8:31Il faut voir ce qu'il y a devant,
- 8:32mais c'est bien de voir comment ça s'est construit.
- 8:35Tu l'as vu tout à l'heure lorsqu'on est sortis dehors et après on est rendus dans les frigos.
- 8:39On a un outil exceptionnel.
- 8:41Je crois que les gens oublient trop souvent,
- 8:43mais on a un outil formidable et très fonctionnel.
- 8:47Et je me répète,
- 8:48sur trois métiers,
- 8:50je résume trois métiers à Team Ouest,
- 8:51mais...
- 8:52Il y en a d'autres comme la proxy,
- 8:54le surgelé,
- 8:55mais effectivement,
- 8:58c'est vraiment un outil très fonctionnel.
- 8:59On a connu des années un peu plus difficiles au niveau...
- 9:03au niveau dépôt.
- 9:04C'est une bonne transition,
- 9:05on va aller faire un petit tour pour continuer l'échange dans le dépôt.
- 9:09Très bien.
- 9:10On s'équipe et c'est parti.
- 9:11On est parti Romain.
- 9:16Là Christophe,
- 9:17on se retrouve dans le frigo.
- 9:19Exact,
- 9:20donc un frigo qui fait
- 9:2212 000 m² depuis l'agrandissement,
- 9:25il y a 6 ans.
- 9:27Donc on y retrouve effectivement les 3 métiers principaux.
- 9:31que je t'ai évoqué tout à l'heure,
- 9:32limiter la restauration sociale,
- 9:33commerciale et grand public,
- 9:35donc retail.
- 9:37Donc ce matin,
- 9:38nous sommes mercredi,
- 9:39donc la journée du dépôt,
- 9:41elle est grosso modo,
- 9:43le dépôt est ouvert à peu près 20 heures par jour,
- 9:46c'est-à-dire que le matin,
- 9:47les chauffeurs,
- 9:49leurs camions sont chargés,
- 9:50donc partent en tournée,
- 9:51notamment celui de Noyal,
- 9:52puisque nous avons 49 tournées de livraison et
- 9:579 autres plateformes qui sont des plateformes d'éclatement sur tout l'ouest de la Bretagne.
- 10:02Après,
- 10:02tu as la réception jusqu'à peu près 10h30-11h et après,
- 10:08en préparation jusqu'à...
- 10:09jusqu'à 18h le soir et après le chargement des camions donc il y a toujours une vie,
- 10:16c'est une petite ville dans une ville en fin de compte et donc les fromages,
- 10:19là on a des fromages on est en réception sur le XV du Pic format sympathique,
- 10:26toujours un fromage demi sec qui ne tourne pas en crème donc avec des petits conditionnements on parle souvent aussi,
- 10:32on en reparlera tout à l'heure des producteurs fermiers mais là on n'est pas loin de la région du Lot.
- 10:38Lorsque j'ai commencé à faire ce travail de sourcils qu'on évoquait tout à l'heure,
- 10:44les fournisseurs me proposaient des caisses de 30.
- 10:46Je leur ai dit,
- 10:47monsieur,
- 10:47mais nous sommes en Bretagne.
- 10:50Que voulez-vous,
- 10:50monsieur ?
- 10:51Des caisses de 12.
- 10:53Ils n'y avaient jamais pensé.
- 10:54Et aujourd'hui,
- 10:54on est même sur des caisses de 6.
- 10:56Oui,
- 10:56alors 12 ne tombe pas dans l'excès.
- 10:59Mais c'est vrai qu'effectivement,
- 11:00là aussi,
- 11:01si on n'avait pas fait cette rencontre,
- 11:03ils n'y auraient jamais pensé.
- 11:05Le XV du pic.
- 11:07C'est plus un producteur fermier.
- 11:09Non,
- 11:09non,
- 11:09nous sommes sur un lait cru,
- 11:10mais plus fermier.
- 11:12Donc le fromage est réceptionné,
- 11:14agréé,
- 11:15et puis après c'est quoi la suite de sa vie ?
- 11:18Il est mis en picking.
- 11:19Alors en picking,
- 11:20c'est finalement un endroit de stockage où après les préparateurs vont pouvoir prendre le fromage.
- 11:28Et donc là,
- 11:30tous les matins,
- 11:30il y a de la réception de fromage.
- 11:33De fromage.
- 11:37Hop,
- 11:37bonjour !
- 11:40Hop là !
- 11:41Voilà,
- 11:43fromage de l'herve !
- 11:45D'ailleurs,
- 11:45il y a eu un épisode sur ce fromage AOP,
- 11:49la seule AOP de Belgique.
- 11:51La seule AOP !
- 11:52Là,
- 11:52je vois du Claousou,
- 11:53il y a eu aussi un bel épisode avec la fromagerie Fédou,
- 11:56je vois du Barisien...
- 11:58Très beau podcast avec Florence d'ailleurs !
- 12:00Avec Florence,
- 12:01ouais !
- 12:01Et puis avec...
- 12:03Luc et sa maman aussi.
- 12:04Le fameux barisien.
- 12:06Le fameux barisien.
- 12:07Aujourd'hui,
- 12:08comment tu sélectionnes tes fromages ?
- 12:10Comment tu travailles avec les producteurs ?
- 12:12Comment tu les accompagnes en tant que grossiste ?
- 12:16Ma fonction,
- 12:16comme je disais tout à l'heure,
- 12:17je suis responsable d'achat commercial.
- 12:20Mais je continue à suivre à peu près 220 crémiers dans mon portefeuille client.
- 12:24Parce que je trouve que c'est,
- 12:25comme toi,
- 12:26c'est important d'aller tâter le cul des vaches.
- 12:29Donc c'est déjà effectivement un relationnel,
- 12:31c'est un échange.
- 12:33Mais 50%
- 12:34des produits,
- 12:34effectivement,
- 12:36viennent de là.
- 12:36C'est-à-dire,
- 12:37tiens,
- 12:37j'aimerais tel ou tel produit,
- 12:38un peu différenciant.
- 12:40On est toujours,
- 12:41comme je le disais,
- 12:422 à 3%
- 12:43de notre chiffre chaque année,
- 12:43c'est de la nouveauté.
- 12:44Mais on est toujours dans cette logique.
- 12:48On a eu la tendance de la truffe,
- 12:49on a eu la tendance aux fleurs.
- 12:51Demain,
- 12:52ce sera le fenugrec.
- 12:54Voilà,
- 12:54tout à fait,
- 12:55un fromage trois laits.
- 12:56Donc,
- 12:57je me répète,
- 12:58le consommateur attend toujours,
- 12:59toujours de la nouveauté.
- 13:02Ce n'est pas facile,
- 13:03c'est un gros travail et il ne faut pas se planter.
- 13:05Mais après,
- 13:06les 50%
- 13:07autres produits qu'on fait,
- 13:08c'est vraiment en relation et en partenariat avec nos fournisseurs.
- 13:11Alors,
- 13:11est-ce que,
- 13:12parce que moi j'ai un petit peu moins de recul que toi sur la filière,
- 13:16ça ne fait que 11 ans maintenant que je les rejoins,
- 13:21toi avec tes plus de 30 ans de recul sur cette filière,
- 13:25je sais que quand je m'occupais des achats,
- 13:26je m'étais amusé à regarder les premières gammes qu'à l'époque...
- 13:30mon prédécesseur Denis Petitpré faisait.
- 13:32Et en fait,
- 13:35il n'y a jamais vraiment de nouveauté.
- 13:37C'est toujours la même base.
- 13:38Et finalement,
- 13:40ça revient,
- 13:41ça repart,
- 13:41ça revient.
- 13:43Oui,
- 13:43tout est cyclique,
- 13:44comme tu dis.
- 13:44Mais comme tu le sais aujourd'hui,
- 13:47si tu regardes effectivement les volumes de vente de fromage AOP sur 2024,
- 13:54c'est 202 000 tonnes.
- 13:55Le comté,
- 13:56c'est 64 000 tonnes.
- 13:58avec un plus 4%
- 13:59en volume,
- 14:01mais bon,
- 14:02sous perfusion.
- 14:03Comme tu le sais,
- 14:03il y a eu beaucoup de stocks sur le comté,
- 14:05donc ça a été soutenu par une politique tarifaire importante.
- 14:08Mais quand tu prends après certaines AOP,
- 14:11comme on l'a évoqué tout à l'heure,
- 14:12le Pont L'évêque, Livarot,
- 14:14le brie de Melun,
- 14:15c'est des volumes qui baissent de 7-8%
- 14:17quand même.
- 14:17Donc on s'aperçoit bien qu'effectivement,
- 14:19c'est grignoter par de la nouveauté,
- 14:21inévitablement.
- 14:24On parlait tout à l'heure des tomes aux fleurs.
- 14:26On a six tomes aux fleurs,
- 14:28la six fleurs fraîches,
- 14:30on a la savoyarde,
- 14:32le fromage à la truffe,
- 14:33et non pas brie à la truffe.
- 14:34Brie à la truffe en France,
- 14:35malheureusement.
- 14:36N'appelons pas ça brie à la truffe.
- 14:37On n'a pas le droit.
- 14:38Et le premier produit qu'on a référencé il y a très longtemps.
- 14:40Ah oui,
- 14:41le fameux Saint-Paulin.
- 14:42Le fameux Saint-Paulin,
- 14:43oui,
- 14:44on en a devant nous.
- 14:46Donc voilà,
- 14:47le Mont d'Or qui va bientôt se terminer,
- 14:49commele cahier des charges est bien précis sur ce type de produit.
- 14:52Donc là,
- 14:53le cycle de vie du produit,
- 14:54finalement,
- 14:56du fromage,
- 14:57il est réceptionné,
- 14:58il est rangé,
- 14:59et ensuite,
- 15:00on voit des gens préparer la commande pour être livré demain matin chez
- 15:06Crémier Fromager.
- 15:06On peut estimer qu'à 50%
- 15:09de tous les produits que tu vois,
- 15:10notamment sur les lactiques,
- 15:12pour lesquels on va se diriger,
- 15:14la durée de vie du dépôt ici,
- 15:16c'est trois jours.
- 15:17Donc,
- 15:17il y a une forte rotation.
- 15:19C'est aussi notre gros avantage.
- 15:20Plus vous avez de rotation,
- 15:22mieux c'est.
- 15:22Non,
- 15:23non.
- 15:24Donc là,
- 15:25on se dirige effectivement vers les étagères où il y a tous les lactiques.
- 15:30On retrouve des fromages de chez Lepic.
- 15:31Alors tu vois,
- 15:33on corrobore ce qu'on a dit tout à l'heure.
- 15:35Et tu le vois physiquement,
- 15:36c'est qu'on est vraiment sur des petits conditionnements.
- 15:39On a pour habitude de livrer nos clients deux fois semaine.
- 15:41Généralement,
- 15:42on les appelle le lundi pour le mardi.
- 15:44C'est aussi une logistique et un service comme on l'évoquait tout à l'heure.
- 15:47Et on les rappelle le jeudi pour le vendredi.
- 15:50Mais oui,
- 15:50petit conditionnement adapté.
- 15:51Je préfère qu'ils prennent un colis début de semaine et fin de semaine et la fraîcheur du produit.
- 15:56Je me répète,
- 15:56nous,
- 15:56on n'est pas affineurs.
- 15:59le métier du grossiste,
- 16:00c'est le métier de la distribution.
- 16:02C'est la sélection,
- 16:03l'accompagnement client et ensuite la livraison.
- 16:07Bien sûr.
- 16:09Et des gammes très,
- 16:10très larges.
- 16:10On va retourner sur l'autre site.
- 16:12Tu vois,
- 16:12c'est l'exemple type d'un petit producteur à Mouillon.
- 16:15À Mouillon.
- 16:16C'est au-dessus de Saint-Lô.
- 16:21C'était Dominique à l'époque.
- 16:23Ça s'appelle l'écrou du fromager.
- 16:24Il existe ce cendrier au funugrec.
- 16:28Le funugrec,
- 16:28comme tu le sais,
- 16:29a une fonction digestive au niveau du corps.
- 16:32Pourquoi ce produit s'est appelé écrou ?
- 16:33Ce producteur était essentiellement monoproduit.
- 16:36Il nous faisait un crottin fermier,
- 16:38bien piolé,
- 16:39bien crapoté.
- 16:40Tu coupes ça en la même sur une salade,
- 16:42c'est formidable.
- 16:44Je lui dis que c'était trop monoproduit.
- 16:48Fais-nous un produit autre.
- 16:50Et un jour,
- 16:52une de ces machines est tombée en panne.
- 16:54A cause de quoi ?
- 16:55Un écrou.
- 16:56Un écrou,
- 16:56voilà.
- 16:58Derrière chaque fromage,
- 17:01une petite histoire.
- 17:02Et là,
- 17:02on a sorti quelques nouveautés.
- 17:04J'ai rencontré tous mes fournisseurs au mois de janvier,
- 17:06de l'ordre de 220.
- 17:08Il y a à peu près une quarantaine de nouveautés encore qui vont venir s'y greffer.
- 17:12Là,
- 17:12on continue le tour.
- 17:13C'est grand,
- 17:15ça fait des pas.
- 17:18C'est pareil,
- 17:19là on a le gars avec des marrettes,
- 17:22que tu as connu et que tu travailles du temps de prolaidis d'ailleurs,
- 17:26lorsque tu es acheteur.
- 17:29C'est un producteur qui est à 5 km d'ici,
- 17:32donc là il nous a fait une tomate de vache au départ,
- 17:34une tomate de chèvre,
- 17:35on est en train de travailler sur un mi-vache mi-chèvre.
- 17:38Donc voilà,
- 17:38ils sont aussi demandeurs.
- 17:42Regarde,
- 17:42c'est à toi le Schlossberger.
- 17:44Schlossberger ?
- 17:47Donc,
- 17:47c'est un véritable fromage suisse.
- 17:49Donc,
- 17:49comme tu le sais,
- 17:49en Suisse,
- 17:50ce ne sont pas des départements,
- 17:51ce sont des cantons.
- 17:52Il y en a 26.
- 17:53Là,
- 17:54on est sur le canton de Berne.
- 17:55Donc,
- 17:55Schlossberger,
- 17:55c'est un château à Berne,
- 17:57en fin de compte.
- 17:58C'est un type gruyère.
- 17:58En 18 mois d'affinage,
- 17:59tu vas retrouver effectivement ces grains de dessiccation.
- 18:01Mais ça nous permet,
- 18:02effectivement,
- 18:02par rapport à des fromages suisses.
- 18:04Voilà.
- 18:05Et c'est vrai que les fromages suisses ont tendance à devenir très inflationnistes.
- 18:08Bon,
- 18:08ça nous permet de contourner un peu cet aspect tarif.
- 18:12Elle est d'aussi bonne qualité,
- 18:13d'ailleurs.
- 18:16Voilà,
- 18:16là tu vois,
- 18:17comme tu le sais,
- 18:17une meule d'Emmental IGP,
- 18:20il faut 10 litres de lait pour faire un kilo de fromage.
- 18:21Donc là tu vois,
- 18:23tu as 800 litres de lait,
- 18:24quasiment une tonne pour faire ce type de fromage.
- 18:26Voir un peu plus de 10 litres.
- 18:28On va retourner.
- 18:30Ah là là.
- 18:31On est loin des 200 mètres carrés.
- 18:33On est loin des 200 mètres carrés,
- 18:34effectivement.
- 18:35Regarde,
- 18:36c'est pareil,
- 18:36regarde.
- 18:37Les Cancoillottes,
- 18:38il y a 30 ans.
- 18:4035 ans,
- 18:41excuse-moi,
- 18:42ce n'était pas connu en Bretagne.
- 18:45Oui,
- 18:45c'était loin la Bretagne.
- 18:46Ma soutenance sur mon alternance a été de la mozzarella.
- 18:50Mais on ne parlait même pas de mozzarella de bufflonne,
- 18:51on parlait de mozzarella de vache.
- 18:54Dans les années 90,
- 18:55la mozzarella était complètement inconnue.
- 18:57La mozzarella di bufala était inconnue.
- 18:59Et la mozzarella,
- 19:00c'était le début.
- 19:02Avec des gens comme Galbani,
- 19:03par exemple.
- 19:04D'accord.
- 19:05Mais on a aussi cette chance extraordinaire,
- 19:07je reconnais également,
- 19:08c'est qu'on est sur une zone très touristique.
- 19:09C'est-à-dire que
- 19:10On touche plein de gens de plein de régions.
- 19:14Et lorsqu'ils reviennent,
- 19:15ils veulent consolider le même fromage.
- 19:16Et ça,
- 19:17ça nous a impulsé dans notre démarche de continuer et toujours travailler ce type de produit.
- 19:25Aujourd'hui,
- 19:26tu sens une tendance aussi de l'accompagnement fromager ?
- 19:29Oui.
- 19:30Au niveau de ta sélection de gamme,
- 19:32là,
- 19:32je vois qu'il y a un petit peu d'épicerie.
- 19:34Tu fais un peu d'épicerie aussi.
- 19:37Tu sens ces tendances pour les produits d'accompagnement ?
- 19:40Oui,
- 19:41tu parles d'épicerie mais on parle de charcuterie.
- 19:44Aujourd'hui la charcuterie,
- 19:45moi j'ai référencé une gamme qui représente
- 19:491,5% de mon chiffre d'affaires.
- 19:50Mais on s'aperçoit qu'aujourd'hui le consommateur quand il va acheter son fromager,
- 19:55notamment pour ses plateaux de fromage,
- 19:57il veut du tout prêt.
- 19:58Donc plateau fromage,
- 19:59plateau charcuterie,
- 20:02ça matche bien.
- 20:03Là,
- 20:03on voit vraiment que vous êtes dans le...
- 20:06dans l'accompagnement et le service client ?
- 20:09Parce qu'on voit des supports plateaux,
- 20:12on voit des cloches,
- 20:14on voit un peu de tout finalement.
- 20:16Je suis dans le commerce.
- 20:17Dans le commerce.
- 20:18Plus on en met dans le camion,
- 20:19mieux c'est.
- 20:21Mais oui,
- 20:23la toile est...
- 20:25Ça fait partie de l'accompagnement fort.
- 20:27Mais je me répète,
- 20:29parler est un besoin,
- 20:29écouter est un art.
- 20:30Donc quand tu vas chez un client,
- 20:31il faut l'écouter tout simplement.
- 20:33Bon,
- 20:34super.
- 20:34On a fait un joli petit tour de dépôt.
- 20:37On va aller continuer la suite de l'échange là où on était.
- 20:41Et puis,
- 20:41on se retrouve tout de suite.
- 20:42À tout de suite,
- 20:43Romain.
- 20:47Maintenant qu'on a fait un petit tour et compris le métier de grossiste et ton métier,
- 20:54Est-ce qu'avec ton recul,
- 20:55tu pourrais nous parler de l'évolution,
- 20:58tout d'abord du côté producteur,
- 21:00que tu as vu sur ces 30 dernières années ?
- 21:02Parce qu'au final,
- 21:04dans les années 90,
- 21:06si on regarde la filière,
- 21:07est-ce qu'elle était structurée pareil ?
- 21:08Est-ce que tu as vu une concentration,
- 21:10une déconcentration ?
- 21:12Comment ça s'est organisé ?
- 21:14Bien évidemment,
- 21:14une concentration.
- 21:16Comme tu le sais,
- 21:17il y a de plus en plus de rachats.
- 21:19Mais ce que je ressens surtout,
- 21:20effectivement,
- 21:21c'est que...
- 21:23Aujourd'hui,
- 21:24les contraintes pour eux surtout,
- 21:26moi je sais que j'ai fait mes tarifs 2026,
- 21:29deux choses essentielles qu'on ne voyait pas encore il y a une dizaine d'années,
- 21:33c'est certes des hausses,
- 21:34alors minimisées,
- 21:36soyons clairs,
- 21:37mais sur deux facteurs qu'on ne comptait pas il y a encore 10,
- 21:4015 ou 20 ans,
- 21:41le premier c'est la main d'oeuvre,
- 21:43je crois qu'aujourd'hui pour garder des bons fromagers et faire de bons fromages,
- 21:46il faut les rémunérer,
- 21:47c'est une évidence,
- 21:49et de deux,
- 21:49effectivement,
- 21:50le coût des analyses.
- 21:52Il y a des contraintes énormes et puis comme tu le sais des interrogations sur le lait cru.
- 21:59Aujourd'hui je me répète sur un fromage à 10 euros le coût des analyses est entre 50 centimes et 1 euro.
- 22:05Et sans compter la casse,
- 22:07je me répète des gens aujourd'hui préfèrent effectivement transformer le lait en morbier,
- 22:11en comté,
- 22:13beaucoup moins de risque.
- 22:14Donc ça c'est vraiment les contraintes aujourd'hui des producteurs mais je trouve qu'effectivement il y a aussi ce...
- 22:22Elles se transmettent,
- 22:23je crois que c'est dans notre monde et dans notre métier d'aujourd'hui,
- 22:26c'est la transmission.
- 22:27Prenons l'exemple encore de la fromagerie Remillet,
- 22:30quand tu vois Marie qui reprend,
- 22:32et il faut être courageux,
- 22:34il faut être très très courageux,
- 22:35parce que tu sais où c'est Genevrières ?
- 22:38Oui je sais,
- 22:38je vois bien.
- 22:39Voilà,
- 22:41comme tu le dis,
- 22:41pour trouver des fromagers,
- 22:43la plus proche ville,
- 22:44comme tu le sais,
- 22:45c'est Langres,
- 22:47la ville de Diderot d'ailleurs paraît-il.
- 22:50Mais non,
- 22:50non,
- 22:51il faut être courageux.
- 22:52Je crois qu'on a vraiment besoin d'être avec eux.
- 22:56Je crois qu'on ne fera rien l'un sans l'autre,
- 22:58comme nous,
- 22:58nos clients ne feront rien sans nous et vice versa.
- 23:00Je crois que c'est vraiment une chaîne.
- 23:02Mais oui,
- 23:03c'est des concentrations.
- 23:04Et puis surtout,
- 23:05il faut vraiment qu'on les accompagne aussi,
- 23:09également en tant que distributeurs.
- 23:11Et si on prend,
- 23:12du coup,
- 23:12là on voit côté filière amont,
- 23:16donc sur la partie producteur.
- 23:18Maintenant,
- 23:18si on parle de l'autre côté,
- 23:20le côté crémier-fromager,
- 23:22comment toi,
- 23:23tu as vu ce métier évoluer des années 90 jusqu'à 2026 ?
- 23:28Parce que je pense que tu as plein d'anecdotes à raconter.
- 23:30Ah oui,
- 23:31oui.
- 23:31La première,
- 23:32je te l'ai citée tout à l'heure sur la fromagerie Saint-Helier,
- 23:33où effectivement,
- 23:35ils ne vendaient que des fromages marketés,
- 23:37industriels.
- 23:38Ça,
- 23:38c'était une question boutique sur les marchés.
- 23:42Début des années 90,
- 23:43ils vendaient jusqu'à une tonne de beurre par jour,
- 23:46des palettes de camembert à 1€.
- 23:48Alors à l'époque,
- 23:49on était en francs.
- 23:50Voilà,
- 23:51merci.
- 23:52C'était des camemberts à 1 franc.
- 23:53Voilà,
- 23:54mais tout a changé.
- 23:56Et je me répète,
- 23:56à l'époque,
- 23:59que ce soit effectivement les crémiers de marché ou boutique,
- 24:04ils avaient un comté,
- 24:06ils avaient un Roquefort,
- 24:08ils avaient un Emmental.
- 24:09n'allait pas chercher les...
- 24:11Les 5 AOP du Région Centre,
- 24:12Selles-sur-Cher, Sainte-Maure,
- 24:13Valençay,
- 24:14Crottin et Pouligny,
- 24:16ça n'existait pas.
- 24:17Donc ça a énormément changé en termes de gamme.
- 24:20Et je me répète,
- 24:21hormis Paris,
- 24:22ce fameux ventre de Paris qui avait déjà entamé cette démarche-là dans les années 60-70,
- 24:29on était un peu les parents pauvres,
- 24:31nous.
- 24:31Mais un distributeur n'avait pas proposé à ce jour des spécialités fromagères,
- 24:37tout simplement.
- 24:38Donc on est arrivé...
- 24:40Il nous attendait avec un grand sourire.
- 24:42Je me souviens des époques où je passais 5 heures à la maison du fromage à Flair avec M.
- 24:47Philippard où tu ressortais avec 20,
- 24:5030,
- 24:5140 produits.
- 24:51Tous ne marchaient pas,
- 24:53mais il avait retrouvé l'âme de fromager en fin de compte.
- 24:57C'est pour lequel il y était venu d'ailleurs.
- 24:59Et le métier en tant que tel dans les années 90 par rapport à aujourd'hui,
- 25:03le métier de crémier fromager,
- 25:04pour toi,
- 25:04il a évolué ?
- 25:06C'est toujours le même ?
- 25:09Ils se renouvellent sans cesse,
- 25:10comme nous au niveau de notre sourcing.
- 25:13On parlait tout à l'heure,
- 25:14planche fromage,
- 25:15planche charcuterie,
- 25:17raclette.
- 25:18Aujourd'hui,
- 25:18ça peut être 20-30%
- 25:19du chiffre d'affaires du week-end,
- 25:20par exemple.
- 25:22Ce n'est plus que de la vente par devant,
- 25:24si tu veux,
- 25:24en fin de compte.
- 25:26Aujourd'hui,
- 25:28l'épicerie,
- 25:28on l'évoquait tout à l'heure,
- 25:30et demain,
- 25:31ce sera peut-être autre chose.
- 25:32Oui,
- 25:32le snacking,
- 25:33pourquoi pas ?
- 25:35Donc,
- 25:35il y a toute cette évolution-là.
- 25:37Toi,
- 25:38quels sont les...
- 25:40que tu vois aujourd'hui ?
- 25:41Est-ce que tu as des choses que tu vois arriver sur le métier de crémier fromager ou dans des concepts ?
- 25:46Parce que tu suis 220 crèmeries.
- 25:49Est-ce que tu vois des choses un peu différentes ou des manières un peu différentes de travailler ?
- 25:54Je pense qu'on l'évoquait tout à l'heure,
- 25:56je pense que le côté plateau va énormément effectivement continuer.
- 26:02Je me rappelle que le client aujourd'hui veut quelque chose de tout près,
- 26:04qu'il change d'une semaine sur l'autre.
- 26:07Ils ont vraiment un gros travail de plateau qui va continuer fortement à se développer.
- 26:14Dans ce métier de crémier fromager,
- 26:16pour toi,
- 26:17c'est quoi les atouts et les contraintes de ce métier-là ?
- 26:22Les atouts,
- 26:23c'est de se différencier comme nous on le fait avec nos produits.
- 26:26Les contraintes,
- 26:28tout le monde pense que comme un crémier de marché,
- 26:30on fait la vente de 8h à midi,
- 26:31mais il y a l'avant-marché,
- 26:32il y a l'après-marché,
- 26:33il y a la préparation d'un rayon.
- 26:35Il faut que ce soit gourmand.
- 26:37mais je dirais que pour eux,
- 26:39ce n'est pas des contraintes.
- 26:42On en parlait un petit peu en off dans l'interview.
- 26:45Aujourd'hui,
- 26:45tu as énormément de boutiques qui sont en train d'être cédées.
- 26:50Comment,
- 26:50toi,
- 26:51tu vois ces transmissions et comment tu vois ces accompagnements sur les transmissions ?
- 26:55Je ne fais pas que du commerce.
- 26:58Je transmets aussi des boutiques.
- 27:00Tu vois,
- 27:01la semaine prochaine...
- 27:02Je vais à la ferme fromager à Auray.
- 27:03Donc,
- 27:04Jean-Paul,
- 27:04qui a 67 ans,
- 27:05qui bosse six jours sur sept tout de même.
- 27:08Donc,
- 27:08on lui a retrouvé un repreneur.
- 27:10Voilà.
- 27:10Donc,
- 27:11il va l'accompagner encore pendant six mois.
- 27:12Mais oui,
- 27:13oui,
- 27:15le but,
- 27:15c'est lorsqu'il y a une session,
- 27:17c'est bien évidemment,
- 27:18d'après mon réseau,
- 27:19c'est de trouver effectivement des repreneurs et surtout après de les accompagner énormément.
- 27:23Donc,
- 27:24ce sera de la mise en rayon.
- 27:25Ça va être de la découpe fromage.
- 27:28Donc,
- 27:29on va vraiment les accompagner.
- 27:30On n'a pas qu'un rôle de distributeur,
- 27:32si tu veux,
- 27:33et de formation également.
- 27:35Pour tous les gens qui,
- 27:37peut-être,
- 27:37nous écoutent et qui ont cette idée de devenir crémiers fromagers ou de porter un projet,
- 27:45si tu devais leur donner trois conseils ?
- 27:50La ténacité,
- 27:52bien évidemment.
- 27:52Il faut qu'ils soient énormément éclairés et ça ne s'invente pas.
- 27:56Nous,
- 27:56on a refusé des projets,
- 27:57par exemple.
- 27:58Je crois que c'est responsable de leur dire également.
- 28:01Et puis toujours être à l'écoute surtout.
- 28:04Et être passionné ?
- 28:05Oui,
- 28:05la passion.
- 28:06Mais si tu fais ce métier-là,
- 28:08tu l'as forcément.
- 28:09Avant de terminer cet entretien,
- 28:11j'ai préparé un petit jeu,
- 28:13Christophe.
- 28:14Tu vas avoir cinq secondes pour répondre,
- 28:17et après tu as le droit d'argumenter,
- 28:20sur deux mots.
- 28:22Donc,
- 28:22je te donne deux mots et il faut choisir un des deux mots.
- 28:26Une des deux propositions est à cinq secondes.
- 28:29Alors,
- 28:29nœud papillon ou cravate ?
- 28:31Cravate.
- 28:32Visite producteur ou ski ?
- 28:35Visite producteur.
- 28:36Pâtes persillées ou pâtes molles à croûte lavée ?
- 28:39Pâtes persillées.
- 28:41Négociation à 6h du matin ou à
- 28:4321h ? Ah,
- 28:45ça,
- 28:45je crois que tu le sais,
- 28:46c'est 6h
- 28:476h. Achat ou vente ?
- 28:48Si tu veux,
- 28:48comme je fais les deux,
- 28:49il y a le côté jouissif.
- 28:50C'est-à-dire,
- 28:50quand tu achètes bien,
- 28:51tu vends bien.
- 28:51Voilà.
- 28:52Et puis,
- 28:53pour terminer,
- 28:54mais je crois que tu nous as donné la réponse hier ou aujourd'hui ?
- 28:58Aujourd'hui et demain.
- 29:00C'est ce que j'allais dire.
- 29:02Et enfin,
- 29:02pour terminer ce bel échange,
- 29:04Christophe,
- 29:05merci beaucoup en tout cas d'avoir pris le temps.
- 29:09J'ai la question rituelle du podcast à te poser.
- 29:12Quelle est ta pizza préférée ?
- 29:15Alors,
- 29:15c'est une pizza que je consomme généralement deux à trois semaines par an
- 29:22sur la région.
- 29:23Deux à trois semaines ?
- 29:24Oui,
- 29:25c'est lorsque je suis en vacances sur l'île de beauté,
- 29:28à mon île de cœur.
- 29:29Donc,
- 29:30allez,
- 29:30une bonne pizza au copeau de Tomme de Brebis Corse.
- 29:33Donc,
- 29:33une affection particulière pour la Corse.
- 29:35Oui,
- 29:35j'y suis très attaché.
- 29:37Merci beaucoup,
- 29:38Christophe.
- 29:38Merci à toi,
- 29:39Romain.
- 29:39Et puis,
- 29:40à très vite.
- 29:41A très vite.
- 29:42Salut.
- 29:44C'est déjà la fin de ce bel échange passionnant avec Christophe.
- 29:47Un grand merci à lui de nous avoir livré son expérience et son regard sur le métier avec la passion qu'on lui connaît.
- 29:53On a bien compris qu'un grossiste,
- 29:55ce n'est pas qu'un transporteur,
- 29:56c'est un vrai pilier qui permet de faire le lien entre le producteur et le crémier fromager.
- 30:02A l'heure où les coûts de transport s'envolent,
- 30:05il est un maillon central de la filière.
- 30:08Avec France Frais,
- 30:09on espère que cet épisode t'a plu.
- 30:11N'hésite pas à le partager,
- 30:13à le commenter,
- 30:14c'est aussi grâce à toi que Lait'Change progresse.
- 30:17Alors merci.
- 30:18Et moi,
- 30:19je te donne rendez-vous très bientôt pour un nouvel épisode de Lait'Change.
- 30:23Salut !