Latest / Vies et Voix | Les Interviews de Lila / Florian : se reconvertir à 25 ans !
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- Florian : se reconvertir à 25 ans ! Introduction sur fond musical : Lila : Se plaire dans son activité professionnelle, à la fois y trouver du plaisir et aussi se sentir valorisé par ce que l'on fait ! Une quête pour la plupart d’entre nous qui occasionne bien souvent des changements. Bienvenue dans ce podcast « Vies et Voix, les interviews de Lila » pour parler de ses choix pros. Je suis Lila. Pour chaque épisode, j’invite un témoin proche de vous, de moi pour nous raconter son parcours. Nos témoins ont un point commun. Ils se sont fait confiance pour se donner des chances. Ils ont choisi de penser que rien n’était joué ! Pour cet épisode, notre invité Florian Salé nous explique son attrait pour la boulangerie qui l’amène dès la 3ème à suivre une formation dans la filière : CAP en pâtisserie puis CAP en boulangerie et enfin Brevet professionnel. Boulanger principal dans une petite structure pendant 3 ans, il décide à 25 ans de se reconvertir. Il est aujourd’hui comptable dans une équipe au sein de la Direction Administrative et Financière d’une entreprise de dispositifs médicaux. Comment Florian a-t-il procédé ? Comment a-t-il fait ses choix ? Sur qui, sur quoi s’est-il appuyé ? Du fait de notre éloignement géographique, nous convenons d’un rendez-vous à distance. Lila : Bonjour Florian, merci de partager votre témoignage. Je vous propose de commencer par nous dire qui vous êtes enfant et ce qui vous intéresse. Florian : Bonjour Lila. Moi, je suis né en 1999. J'ai toujours été entouré par ma famille. J'ai mes parents qui ont tout fait pour que je puisse faire le plus d'études. Sauf que moi, l'école, ce n'était pas pour moi, on va dire. J'avais du mal à me concentrer à l'école. En fait, j'avais tendance à rêvasser à l'école. Moi, je suis quelqu'un de très manuel et j'avais besoin de faire quelque chose avec mes mains. Et en fait, arrivé en 3e au moment du stage d'orientation, j'ai toujours été intéressé par les métiers de bouche. Du coup, j'ai voulu tester la boulangerie. Mes parents m'ont dit attention, la boulangerie n'est pas un métier facile. Il faut se lever tôt, il faut travailler les jours fériés, les weekends. Réfléchis bien parce que si tu t'engages dans cette voie, après ça peut être compliqué de faire machine en arrière. Quand j'ai une idée en tête, j'aime bien qu'elle se réalise et du coup j'ai fait mon stage 3è et alors là pour moi, je me suis dit c'est ça que je veux faire et en fait le collège n'était pas d'accord. Eux ils n’ont pas voulu, ils m'ont dit il faut que vous alliez vers un bac et non vers un CAP. Sauf que je leur ai dit non et là-dessus, j'ai toujours eu la chance d'avoir mes parents qui m'ont soutenu. Du coup, je me suis orienté vers un CAP. J'avais 15 ans à ce moment-là, j'ai dû commencer par un préapprentissage pour être sûr que je voulais vraiment faire boulangerie. Et ensuite, j'ai commencé par un CAP pâtissier qui a duré 2 ans. J'ai vraiment su que c'était ma voie parce que de ce moment-là, mes notes ont augmenté. Je me suis épanoui, j'adorais ce que je faisais. Ensuite, j'ai fait un an en boulangerie et après mon CAP boulanger, j'ai pu m'orienter sur un BP, un brevet professionnel qui a duré 2 ans. Le brevet professionnel, c'est vraiment une marche qui est très haute. C'est une étape où on apprend beaucoup plus que la boulangerie. On se forme un peu à devenir futur employeur si on le souhaite. C'est là-dessus que le brevet professionnel est surtout dur. Il y a beaucoup de cours techniques et en fait, c’est même tout ce qui est comptabilité, juridique, social pour vraiment un jour si on souhaite devenir employeur, on a quelques notions. Du coup j'ai obtenu mon brevet professionnel. Intermède musical Lila : Et après cette formation quel est votre parcours ? Florian : On m'a toujours appris le travail est important. Ça veut dire que je ne peux pas rester sans rien faire. Puis, même moi-même dans ma tête, c'est interdit de rien faire. Du coup, pour moi, il faut travailler absolument. J'ai eu la chance de pouvoir trouver un CDI juste à la sortie de ma formation. Je suis rentré dans une boulangerie où l'employeur n'avait plus de boulanger à ce moment-là. Il avait juste un pâtissier, il y avait lui plus les vendeuses. Il m'a proposé du coup d'être le boulanger et de pouvoir développer mon expérience. Lui continue à me former, même si lui, il est plus pâtissier que boulanger. Au bout d'un an, il m'a dit : Si tu le souhaites, on peut prendre des apprentis comme ça tu pourras être responsable. Ça m'a fait évoluer. Alors après, il était toujours derrière moi, mais il m'a toujours laissé le soin et le choix de faire ce que je souhaitais, même s'il me fallait quand même son accord. Et il m'a dit : Je te laisse la gestion de la boulangerie. Et voilà, du coup, j'ai pu vraiment acquérir en compétence. Je suis resté 3 ans, 3 ans exactement dans cette entreprise. Intermède musical Lila : Et qu'est-ce qui vous amène à changer d'activité ? Florian : Je ne me voyais pas continuer à faire ça dans 10, 15 ans. En fait, je me posais des questions. Au fil des années, je me suis rendu compte que le métier de boulanger, ce n'est pas un métier facile. Alors pas, que je n'aime pas le métier en soi, j'ai toujours adoré et je l'aime encore aujourd'hui, mais je me levais à 2h30 tous les jours. On est complètement décalé par rapport aux autres. Je suis jeune et en fait j'ai eu la chance de pouvoir acheter ma maison mais en fait j'ai ma maison, c'est bien, mais je n'ai pas de vie privée. En fait en boulangerie, j'avais que mon métier qui comptait et rien d'autre. Et du coup ce qui m'a amené à changer de métier, c'est vraiment le fait de… je me suis dit, je ne peux pas continuer comme ça. Je souhaite avoir une vie privée. Je travaillais weekend, jour férié. Je me suis dit ce n'est pas possible, je ne peux pas imposer ça à quelqu'un. Il faut que je change maintenant si je veux pouvoir profiter plus tard. Lila : Vous aviez fait un BP, donc vous auriez pu vous installer peut-être vous organiser différemment. Vous l'avez envisagé ? Florian : Alors oui, je l'ai envisagé et c'est vrai qu'honnêtement, j'aurais pu me dire que si je m'installe, j'ouvre ma propre boulangerie, peut-être que ça sera différent. Mais avec l'expérience et surtout la dernière entreprise où j'ai été salarié, je me suis dit c'est une vie de dingue qui mène qui a énormément de responsabilités. À ce moment-là, il y avait le Covid. Après, il y a eu les hausses d’électricité. Moi, je me suis dit non, ce n'est pas envisageable. Je me suis dit : ce n'est pas possible. Lila : Comment est-ce que vous avez procédé, alors ? Florian : Alors au début, je me suis dit, je ne sais pas comment faire. Mes parents comme je vous le disais, ils m'ont toujours inculqué la vie en me disant que le travail est obligatoire. Du coup, ils m'ont dit : Tu as un CDI, tu as un poste bien placé, et bien, maintenant tu fais ça et voilà. Et en moi-même, je me suis dit ce n'est pas possible. J'ai cherché par moi-même sur internet. J'ai tapé reconversion et à ce moment-là, j'ai été voir sur le site du CPF, le compte de formation. Du coup, j'ai contacté le numéro et en fait la dame m'a dit : écoutez, il n’y a pas de souci, je vous fixe un rendez-vous. Après, j'ai eu rendez-vous au CEP. Lila : Alors, je me permets. Le CEP ou conseil en évolution professionnelle est un dispositif d'accompagnement gratuit personnalisé proposé à toute personne qui souhaite faire le point sur sa situation professionnelle pour, s'il y a lieu, établir un projet d'évolution professionnelle comme la reconversion ou une reprise ou création d'activité et cetera. Lila : Du coup, après, j'ai eu un conseiller qui m'a été attribué. Le CEP m'a dit : écoutez, il n’y a pas de souci, vous souhaitez faire une reconversion, vous voulez faire quoi ? Et là, j'ai dit : Mais je ne sais même pas ce que je veux faire. Moi, je viens juste pour prendre des renseignements à la base, je veux changer de métier parce que je m'endors sur la route la nuit, je me lève tôt mais moi je ne me suis pas posé la question de ce que je voulais faire. Il m'a posé énormément de questions et il m'a dit : écoutez, moi ce que je vous propose, c'est qu'on se revoie dans un mois. On se fixera un rendez-vous tous les mois jusqu'à temps qu'on trouve une sortie pour vous. Et, pour le prochain rendez-vous, essayez de trouver le métier que vous souhaitez faire. Et c'est là que je me suis dit : OK ! Alors du coup, moi ça a été un peu difficile pour moi parce que je me suis dit j'ai un mois pour trouver ce que je veux faire. J'en ai parlé avec ma mère, je dis, je pense que je suis en train d'entamer un process de reconversion. Et ma mère elle m'a dit : Ah bon ? Mais elle m'a dit : Il n’y a pas de souci comme on l'a toujours fait, on t'accompagnera. Du coup, on a cherché un peu partout, on a passé par toutes les branches de métiers et en fait, on est revenu aux racines, on a voulu remonter tous les diplômes que j'ai fait. On s'est arrêté au BP, on a vu qu'il y avait la comptabilité gestion. À ce moment-là, j'adorais cette matière. Honnêtement, j'avais des bonnes notes. Enfin, je m'en sortais très bien là-dedans. Ma mère m'a dit : écoute, le métier de comptable, honnêtement pour moi, ça te correspond très bien et sur ce que tu veux faire, si tu souhaites faire une reconversion, tu auras les horaires que tu souhaites. Honnêtement, une vie plus posée où tu pourras avoir une vie professionnelle et une vie privée. On avait trouvé le métier, c'était déjà la base. Quand je suis allé voir mon conseiller, on a cherché les formations, on a eu la chance de pouvoir trouver un BTS sur le Havre proposé en 10 mois. C'était une formation d'adulte. On voit le process du BTS qui est à la base en 2 ans. Du coup, en fait, on voit 2 ans en 10 mois. C'est ce qui est très intense, honnêtement, c'est intense. Mais du coup, on a choisi cette formation-là. Et la chance d'avoir été accompagné, c'est que mon conseiller m'a trouvé tout ce qu'il fallait. Il m'a trouvé un organisme pour me financer, c'est Transitions Pro. Ils m'ont accompagné tout le long. On est passé par une semaine d'intégration. Je suis allé dans une entreprise découvrir le métier et après ils m'ont dit votre dossier va passer en commission. Le métier de boulanger est un métier avec des gestes répétitifs. J'ai pu tester le dispositif de pénibilité. Alors c'était le dispositif FIPU, ça s'appelle. J'ai été le premier dossier national à avoir été financé. Mon employeur m'a suivi. Lila : Comment s'est passé cette formation de BTS ? Florian : Ça a été une formation qui a été très intense honnêtement. Ça a été dur, on était 12, on s'est tous entraîné et c'est ce qui m'a permis, pour moi en tout cas, d'arriver jusqu'au bout. Quand j'ai vu la formation de comptabilité sur le BTS et moi ce que j'avais vu en BP, ça n’a rien à voir. En tout cas, j'ai adoré. Ça m'a plu. À la fin de ma formation, en juin 2025, je pouvais être réintégré à l'entreprise. Maintenant, moi ce n'était pas mon but car si je faisais une reconversion, c'était pour tourner la page et changer de métier. Avant la fin de ma formation, j'ai commencé déjà à me mettre en recherche d'un emploi. Je n'avais pas encore passé mon diplôme mais je me suis dit je commence déjà à chercher et j'ai eu la chance d'obtenir un CDI 15 jours à la fin de ma formation. Intermède musical Lila : Et quelle est votre activité aujourd'hui, Florian ? Florian : Aujourd'hui, je suis dans une entreprise de dispositifs médicaux. On livre tout ce qui est hôpitaux publics et privés et des groupements d'achat. Je suis salarié en tant que comptable au sein du service DAF, la direction de l’administration financière. Je suis exactement sur le pôle comptabilité client puis sur une partie du recouvrement. C'est-à-dire que je m'occupe de tout ce qui est retard de paiement, gestion de l'assurance-crédit, tout ce qui est encaissement et un peu de trésorerie. Mes clients sont basés moi plus dans le sud. Lila : Du coup, votre vie est changée par rapport à avant ? Florian : Alors moi, ma vie a complètement changé par rapport à avant. J'ai obtenu tout ce que je souhaitais car je voulais une vie privée, je l'ai eue. Maintenant, je suis très heureux de pouvoir être dans mon lit la nuit. J'ai mes weekends, j'ai mes jours fériés, j'ai ma vie privée et en plus j'ai un travail qui me plaît. Du coup, honnêtement pour moi, j'ai fait une reconversion qui est au top. Enfin, honnêtement, je remercie toutes les personnes qui m'ont accompagné parce que sans eux, rien n'aurait pu être possible et moi ça m'a aidé. Lila : Vous disiez être attiré par les activités manuelles quand vous étiez enfant et ne pas pouvoir rester en place. On imagine que le métier de comptable est plutôt assis derrière un bureau. Qu'en est-il pour vous aujourd'hui ? Florian : Alors, je suis toujours quelqu'un qui est manuel mais bizarrement le métier de comptable ne me dérange pas au final. Être derrière un bureau ne me dérange pas parce que je suis toujours occupé et en fait je fais ce qui me plaît. Du coup, je ne m'ennuie pas. Alors, je pense que par rapport à quand j'étais jeune, je m'ennuyais avant. Aujourd'hui, je ne vois même pas les journées passer. Lila : Comme vous avez démarré un nouveau métier, le salaire, vous avez maintenu votre salaire antérieur ou vous avez évolué en termes de salaire ? Florian : Je savais qu'en changeant de voie, j'étais obligé de passer par le fait de diminuer mon salaire. Après, ça a été un choix, mais je n'ai pas la même expérience qu'en boulangerie. Pour moi, c'était obligé de diminuer mon salaire pour pouvoir augmenter par la suite. Intermède musical Lila : Que retenez-vous de votre parcours Florian ? Florian : Si on se pose la question comme moi je me posais, est-ce que c'est possible de faire une reconversion ? C'est que du coup, oui, c'est possible. Moi ce que je retiens, c'est qu’il faut être accompagné. Il ne faut pas avoir peur de demander de l'aide. Pour moi, je pense ça a été très important que j'aie du monde autour de moi, que ça soit mes proches, mais même pour pouvoir faire la reconversion, il faut qu'on ait du monde, il faut prendre des conseils, il faut écouter ce qu'on nous dit. C'est important qu'on soit entouré et qu’on avance avec quelqu'un. Du coup, vraiment ce que je retiens, c'est l'accompagnement et que c'est possible de faire une reconversion et qu’il ne faut pas avoir peur d'avancer. On aura des moments de doute, on aura des questions. C'est ce que moi j'ai eu et je me suis dit ce n'est pas possible, je ne vais jamais pouvoir arriver à le faire mais au final quand je vois aujourd'hui, je me dis que oui, c'est possible et qu'on peut le faire. Lila : À quel moment vous avez douté ? Florian : Quand je commençais à me poser des questions sur Je veux faire une reconversion, j'ai douté parce que je me suis dit : Ce n'est pas possible, je ne connais personne autour de moi qui a fait une reconversion. Je n'avais pas de proche ou même de connaissance qui avaient fait une reconversion. Du coup, j'en entends un peu parler. On me dit que c'est possible mais je me suis dit non parce que je ne connais personne. J'ai douté aussi au moment de la formation parce que les 2 ans en 10 mois, c'est très intense et je me suis dit je n'arriverai jamais au bout. J'ai pleuré pendant la formation. On était 12 dans cette formation. Je pense qu'on a tous pleuré à un moment donné. Quand on voit que le niveau, on commence à monter de plus en plus, on se dit ce n'est pas possible, on ne pourra pas arriver à la fin. Mais quand je vois où je suis aujourd'hui que j'ai pu obtenir un CDI et que tout ce que j'ai pu faire maintenant, c'est derrière moi, au final, oui, c'est ce que je retiens et oui, c'est possible. Lila : Qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne ? Florian : Même si on se pose des questions, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide. Il ne faut pas avoir peur. Ce n'est pas le fait de : J'ai une question, je ne vais pas la poser parce que je me dis que ce n'est pas possible. Enfin voilà, la personne qui se pose une question, il n’est peut-être pas tout seul à se la poser et qu'il y en a qui pourront répondre à cette question. Moi, je sais qu'aujourd'hui, on m'a demandé de venir témoigner et en fait quand les personnes m'ont posé leurs questions, je me suis dit il y a maintenant un peu plus de 1 an, j'étais à leur place, je me posais les mêmes questions mais moi je n'avais personne pour y répondre à ce moment-là. Lila : Encore faut-il trouver les bons relais ? Effectivement, vous, vous les avez trouvés, en fait ! Florian : Oui, c'est ça. Il y a des sites publics pour nous aider. Il y a des dispositifs, il y a plein de choses. Au final, je n'aurais pas été sur le compte de formation, je n'aurais pas cliqué sur nous contacter. Est-ce que je serais toujours en boulangerie au final ? En fait, juste d'avoir cliqué sur un bouton nous contacter, pour moi, c'est ce clic-là qui m'a fait changer de vie. Lila : OK. Oui, comme vous le disiez très justement, vous n'aviez pas dans votre entourage cette perspective qu'il y avait des possibilités de changer de métier. Ce n'était pas quelque chose d'envisageable autour de vous ? Florian : Oui, c'est exactement ça. Je n'avais personne autour de moi qui avait connu une reconversion ou fait une reconversion et je me dis que personne ne pouvait m'accompagner. Même mes parents quand je leur ai parlé de reconversion, ils m'ont dit : Je ne suis pas sûr que ce soit possible. Maintenant, j'ai même des proches qui m'ont posé des questions sur comment j'ai fait ma reconversion, qui ont été intéressés par cette démarche. Au final, c'est quand on connaît quelqu'un qui a fait une reconversion, c'est peut-être plus simple de l'envisager, mais quand on ne connaît personne, si on ne se renseigne pas et si on n’essaie pas d'aller au bout de ce que l'on souhaite faire, et bien, on ne peut pas avancer pour moi. Lila : Si vous aviez à refaire quelque chose, est-ce que vous referiez de façon identique ou différente ? Florian : Je pense que je resterai sur exactement le même parcours, même si au final aujourd'hui, j'ai été dégoûté du métier de boulangerie. Le métier de boulangerie m'a quand même apporté énormément de choses. Il m'a apporté des choses en bien, mais il m'a apporté aussi des choses en mal. Ce qu’il m'a apporté en bien, c'est qu’aujourd'hui, grâce à la boulangerie, je suis quelqu'un de responsable. On me l'a dit énormément que je suis quelqu'un de mature par rapport à mon âge. Je pense que c'est le fait d'avoir grandi avec des adultes en étant apprenti. Mais par contre, je n'ai pas eu d'enfance, je n'ai pas eu de jeunesse comme tout le monde peut l’avoir. Je n'ai pas pu profiter, je n'ai pas pu sortir le soir, je n'ai pas pu sortir le weekend. En étant apprenti, je commençais à 6h du matin. Du coup, je devais me coucher tôt. Mais, dans l'autre sens, j'ai pu acheter ma maison étant jeune grâce à la boulangerie, je pense. Au final, la boulangerie m'a apporté énormément de choses. Mais par contre, je suis très content d'avoir changé de métier aujourd'hui. Lila : D'accord. Y compris par rapport à la formation que vous avez entreprise, passer de la troisième directement à un CAP. Ça c'est un parcours que vous referiez de façon identique, aussi. Florian : Oui, je referai la même chose parce que je me dis que moi qui n'aimais pas vraiment l'école, je m'ennuyais à l'école, le CAP, ça m'a permis d'alterner moitié à l'école, moitié en entreprise et pouvoir travailler avec mes mains ce que j'avais besoin. Du coup, non, je ne changerai pas. Je continuerai sur la même voie. Lila : Vous qui n'aimiez pas à l'école, qu'est-ce qui a rendu le BTS acceptable ? Florian : Ce qui a rendu le BTS acceptable, c'est le fait qu'il soit en 10 mois. Pour moi, c'était en 10 mois. C'était simple, c'était rapide. Au bout de à peine un an, c'était fini. Fallait peut-être qu'on travaille dur pendant 10 mois, mais après pour moi, c'était un changement de vie que je pouvais apprécier aujourd'hui. Lila : Merci Florian pour votre confiance ! Vous suivez, tout d’abord, vos envies pour finalement vous rendre compte, encore très jeune, de la nécessité de changer de voie professionnelle. Vous nous montrez que l’on peut ressentir fortement un besoin de sécurité et pour autant, parce qu’on est prêt, se reconvertir grâce à un accompagnement professionnel, une entraide entre pairs lors de la formation et surtout avec le soutien de ses proches. Ce sont vos clés ! Elles pourront peut-être ouvrir d'autres chemins, qui sait ! Vous êtes heureux aujourd’hui, Florian, je vous souhaite de continuer à vous épanouir dans votre nouveau métier ! Florian : Merci beaucoup Lila. Fin sur fond musical Lila : vous venez d'écouter un nouvel épisode de Vie et Voix, les Interviews de Lila. Merci de vos commentaires et de votre soutien. 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