Latest / Je découvre le monde du meublé by JD2M / Hors-série n°10 - La fiscalité de la location de courte durée en 2026
Transcript
- 0:05Je déclare mon meublé,
- 0:06spécialiste de la fiscalité et de l'accompagnement des loueurs en meublé.
- 0:11A le plaisir de vous présenter,
- 0:13je découvre le monde du meublé,
- 0:15le podcast à destination de tous les loueurs en meublé.
- 0:19Que vous envisagiez de vous lancer dans l'aventure de la location meublé ou que vous soyez déjà fin connaisseur des avantages de cette activité,
- 0:27retrouvez-nous chaque semaine pour parler
- 0:30Conseil,
- 0:31bon plan et suivre ensemble l'actualité de la location meublée.
- 0:39Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans un nouvel épisode hors série du podcast Je découvre le monde du meublé consacré à la fiscalité de la location de courte durée en 2026.
- 0:48Dernièrement,
- 0:49les loueurs saisonnières ont été confrontées à deux informations importantes que nous allons décrypter dans cet épisode,
- 0:54à savoir d'une part la réception du mail de la DGFIP relatif au changement du régime microbique
- 0:59pour l'allocation de meubles et de tourisme et,
- 1:02d'autre part,
- 1:02la publication de la première version du PLF 2026 qui remet au goût du jour les discussions sur l'éventuel assujettissement de certains loueurs à la TVA et à son paiement.
- 1:12Commençons par le mail envoyé par la DGFIP à la fin du mois de septembre.
- 1:15Composé de trois points,
- 1:16ce mail rappelle les changements relatifs au régime microbique depuis l'entrée en vigueur de la loi Lemaire et apporte également une précision sur le rôle de l'amortissement au régime réel et les conditions de sa réintégration dans le calcul de la plus-value.
- 1:27conséquence de la loi de finances 2025.
- 1:30Les deux premiers points de ce mail concernent donc les loueurs qui pratiquent la location de courte durée et relèvent du régime microbique qu'il s'agisse d'un meublé de tourisme,
- 1:38le point 1,
- 1:39ou d'un meublé de tourisme classé ou d'une chambre d'autre,
- 1:41le point 2.
- 1:42Pour rappel,
- 1:43les meublés de tourisme sont,
- 1:44selon les termes de l'article L324-1-1 du Code du tourisme,
- 1:48les villes à appartements ou studios meublés à l'usage exclusif du locataire,
- 1:52offerts à la location à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile,
- 1:56et qui effectue un séjour caractérisé par une location à la journée,
- 1:59à la semaine ou au mois.
- 2:01De plus,
- 2:01la différence entre un meublé de tourisme classé ou non classé résulte dans la réalisation d'une démarche,
- 2:06volontaire et non obligatoire,
- 2:08du loueur qui demande à un organisme de classement agréé de procéder au classement de son bien,
- 2:12comme l'indique l'article L324-1 du Code du tourisme.
- 2:16Ce mail rappelle donc que deux changements ont lieu pour le régime microbique des locations saisonnières.
- 2:20Le premier concerne le plafond de chiffre d'affaires lié à cette activité.
- 2:24En effet,
- 2:24Il n'est possible de relever du régime microbique que tant que les recettes annuelles ne dépassent pas un certain plafond,
- 2:29qui a justement été revu à la baisse par la loi Lemaire.
- 2:32Pour 2025,
- 2:33les meublés de tourisme non classés voient donc leur plafond descendre à 15 000 euros contre 77 700 euros auparavant,
- 2:39tandis que celui des meublés de tourisme classés passe de 188 700 à 77 700 euros.
- 2:45Attention,
- 2:46ces plafonds ne sont pas par biens,
- 2:47mais pour la totalité de l'activité.
- 2:49Concrètement,
- 2:50cela veut dire que,
- 2:51quel que soit le nombre de biens mis en location,
- 2:53si
- 2:53ces deux dernières années,
- 2:54soit 2023 et 2024,
- 2:57vos recettes annuelles ont dépassé les nouveaux plafonds pour leur catégorie,
- 3:00vous devez obligatoirement passer au régime réel pour les revenus de 2025 que vous allez déclarer au printemps 2026.
- 3:06En effet,
- 3:07un changement obligatoire ne peut intervenir qu'en cas de dépassement du plafond prévu sur deux années consécutives.
- 3:12Prenons deux exemples.
- 3:14Si,
- 3:14en 2023,
- 3:15vous avez généré 20 000 euros de recettes pour l'allocation d'un ou plusieurs meublés de tourisme non classés et en avez généré 22 000 en 2024,
- 3:22vous devez obligatoirement passer au réel pour la déclaration des revenus 2025,
- 3:26car vos recettes ont été systématiquement supérieures au nouveau plafond de 15 000 euros sur ces deux dernières années.
- 3:31A l'inverse,
- 3:32si en 2023 vous avez généré 12 000 euros de recettes,
- 3:35à nouveau pour la location d'un meublé de tourisme non classé,
- 3:37et en avez généré 16 000 en 2024,
- 3:40le changement n'est pas obligatoire,
- 3:42car le plafond est dépassé sur une seule des deux dernières années.
- 3:44La même logique s'applique pour les meublés de tourisme classés et les chambres d'hôtes,
- 3:48en utilisant cette fois-ci le nouveau plafond de 77 700 euros.
- 3:51Le second changement concerne le taux d'abattement applicable aux meublés de tourisme dans le cadre du régime microbique,
- 3:56qui a également été revu à la baisse.
- 3:58Pour rappel,
- 3:59le régime microbique permet de bénéficier d'un abattement forfaitaire applicable au montant de recette de l'activité avant le calcul de l'imposition.
- 4:06En 2025,
- 4:06ce taux d'abattement passe à 30%
- 4:08pour les meublés de tourisme non classés,
- 4:10contre 50%
- 4:11auparavant,
- 4:12et à 50%
- 4:12pour les meublés de tourisme classés et les chambres d'autres,
- 4:15contre 71%
- 4:16auparavant.
- 4:17Concrètement,
- 4:18cela veut dire que les loueurs de meubles et de tourisme qui restent au régime microbique
- 4:21vont voir leur imposition fortement augmentée en 2025.
- 4:24Illustrons cela par un exemple.
- 4:26Prenons le cas d'un loueur qui a généré 12 000 euros de recettes de location pour un meublé de tourisme non classé en 2024.
- 4:31En location meublée,
- 4:32l'imposition est calculée sur la base du taux marginal de l'imposition auquel s'ajoutent les charges sociales.
- 4:37Dans notre cas,
- 4:38imaginons que notre loueur a un TMI de 30%
- 4:40et relève du paiement des prélèvements sociaux.
- 4:43En 2024,
- 4:44sur 12 000 euros de recettes,
- 4:45notre loueur a donc bénéficié d'un abattement de 50%,
- 4:48ce qui ramène le calcul de son imposition sur la somme
- 4:51de 6 000 euros pour un résultat de 2 832 euros d'impôt.
- 4:55À situation équivalente,
- 4:56en 2025,
- 4:57Notre loueur ne bénéficiera plus que d'un abattement de 30%,
- 5:00ce qui porte sa base imposable à 8400€ et donc son imposition à 3965€,
- 5:07soit 40%
- 5:07de plus que l'année précédente.
- 5:08Alors finalement,
- 5:09qui est concerné par la première partie de ce mail ?
- 5:12Eh bien ce sont à la fois les loueurs qui ont dépassé les plafonds et qui doivent donc obligatoirement passer au réel,
- 5:17mais aussi ceux qui,
- 5:18sans devoir obligatoirement changer de régime,
- 5:20ne veulent pas voir leur imposition grimper.
- 5:22Si vous êtes dans cette deuxième situation...
- 5:24le mieux est d'utiliser un simulateur pour savoir si le régime réel n'est pas devenu plus avantageux et qu'un changement serait donc tout de même opportun.
- 5:31Dans tous les cas,
- 5:31que votre passage au régime réel résulte d'une obligation ou d'un souhait,
- 5:35vous devez sans tarder prendre contact avec votre SIE par le biais de votre espace professionnel,
- 5:40au besoin,
- 5:41en procédant à sa création.
- 5:42Passons maintenant au troisième point du mail de la DGFIP,
- 5:44qui concerne les loueurs qui relèvent ou vont relever du régime réel.
- 5:48Dans le cadre du régime réel,
- 5:49les loueurs relèvent du double mécanisme de la déduction des charges et de l'amortissement.
- 5:53Autrement dit,
- 5:54toutes les dépenses que vous réaliserez pour les besoins de votre activité seront déductibles de votre montant imposable,
- 5:59ainsi que l'amortissement de la valeur des différents composants de votre logement,
- 6:02des éventuels travaux et du mobilier.
- 6:05L'action combinée des charges déductibles et de l'amortissement permet de réduire le montant imposable de manière importante,
- 6:10souvent bien plus efficacement que l'abattement du régime microbique.
- 6:13Une partie de l'amortissement déduit pourra toutefois être réintégrée au montant de la plus-value en cas de vente du bien,
- 6:19ce qui est mentionné dans cette partie du mail.
- 6:21Toutefois,
- 6:21cette réintégration a des effets très limités pour le loueur,
- 6:24et si nous allons ici les passer en revue,
- 6:26nous vous conseillons,
- 6:27pour plus de détails,
- 6:28d'aller écouter nos épisodes consacrés exclusivement à ce sujet.
- 6:32Notons tout d'abord que ce n'est pas la totalité de l'amortissement déduit qui est réintégrable,
- 6:35comme le précise d'ailleurs le mail de la DGFIP,
- 6:38puisque les amortissements liés au mobilier ne seront par exemple pas pris en compte.
- 6:42Mais au-delà de ce premier point,
- 6:43il est important de souligner que,
- 6:45pour les loueurs en meublé non professionnels,
- 6:47le régime de la plus-value des particuliers,
- 6:49qui leur est imposable,
- 6:51opère selon un système d'abattement légaux qui viennent minorer le montant de plus-value imposable en fonction du nombre d'années de détention du bien au-delà de la cinquième année.
- 6:59Ainsi,
- 7:00l'exonération de l'impôt sur la plus-value est atteinte après 22 ans de détention du bien et les prélèvements sociaux sont exonérés au bout de 30 ans.
- 7:07Mais même sans attendre ces durées,
- 7:08il faut considérer que l'éventuel impact de la réintégration diminue donc au fil du temps.
- 7:13De plus,
- 7:14de très nombreux loueurs ne seront pas concernés par cette mesure,
- 7:17tout simplement parce que leur bien échappera à une quelconque imposition de la plus-value.
- 7:20En effet,
- 7:21il existe différents cas dans lesquels la plus-value ne trouve pas à s'appliquer,
- 7:24à savoir la transmission par donation ou succession,
- 7:27de faire du bien loué auparavant sa résidence principale,
- 7:30ce qui exonère de plus-value en cas de vente ultérieure,
- 7:32ou encore le cas de la vente du bien afin d'utiliser le produit de cette vente pour financer l'achat ou la construction de sa résidence principale.
- 7:40Ainsi,
- 7:40assez peu de loueurs qui relèvent du régime réel sont concernés par la plus-value et ceux qui le sont peuvent toujours bénéficier des abattements pour durée de détention ...
- 7:48Raison pour laquelle la réintégration de l'amortissement ne constitue aucunement un frein à l'intérêt du régime réel en location meublée,
- 7:53qu'elle soit ou non de courte durée.
- 7:56Penchons-nous maintenant sur une autre mesure,
- 7:58cette fois-ci présente dans la version initiale du PLF 2026 présentée il y a quelques jours,
- 8:02qui pourrait également concerner certains lois de courte durée,
- 8:05il s'agit de l'abaissement du seuil de franchise de la TVA à 37 500 euros.
- 8:10Sans rentrer dans le détail,
- 8:11rappelons qu'une telle idée avait déjà fait son chemin lors de l'adoption de la loi de finances 2025,
- 8:15qui l'avait abaissé à 25 000 euros.
- 8:17Avant que François Bayrou,
- 8:19alors Premier ministre,
- 8:20ne prenne sa suspension jusqu'au mois de juin 2025,
- 8:23puis annonce finalement le report de ce sujet au moment de l'examen du projet de loi de finances 2026.
- 8:28Force est donc de constater que les rédacteurs du PLF 2026 n'ont pas oublié cette promesse,
- 8:33comme en témoigne la présence,
- 8:34au sein du texte,
- 8:35d'un article 25 consacré au sujet de la diminution du seuil de franchise en TVA,
- 8:39qui passerait cette fois-ci à 37 500 euros si le texte devait aller à son terme,
- 8:44même s'il est à noter qu'il n'en est encore ici qu'à ses débuts.
- 8:46Mais alors,
- 8:47en quoi ce changement pourrait concerner les lois de courte durée ?
- 8:50Pour le comprendre,
- 8:51il faut remonter quelques mois en arrière et rappeler les derniers changements de doctrine fiscale qui ont eu lieu sur le sujet du paiement de la TVA en location de courte durée.
- 8:59Ainsi,
- 8:59entre l'été 2024 et le mois de mars 2025,
- 9:02la doctrine fiscale a assoupli les conditions permettant de considérer que des prestations para-hôtelières sont accomplies par les lois lors de séjour d'une durée de 5 nuitées au moins.
- 9:11Pour rappel,
- 9:12l'activité de location de courte durée devient assujettie au paiement de la TVA
- 9:15lorsqu'au moins trois des quatre prestations para-hôtelières,
- 9:18que sont la fourniture du petit-déjeuner,
- 9:20la fourniture de linge,
- 9:22le ménage régulier des locaux et l'accueil de la clientèle,
- 9:25sont accomplies.
- 9:26Or,
- 9:26pour les séjours de cinq nuitées ou moins,
- 9:28il suffit maintenant que le linge soit fourni à l'entrée dans les lieux des locataires pour que la condition de fourniture de linge soit considérée comme remplie.
- 9:35De même,
- 9:35la condition de ménage régulier des locaux,
- 9:37entendue comme étant faite pendant le séjour des locataires,
- 9:40est également considérée comme remplie dès lors que ce dernier est fait à l'entrée dans les lieux.
- 9:44Il s'agit donc d'une évolution majeure pour les courts séjours car,
- 9:47en principe,
- 9:48ces deux prestations ne sont considérées comme accomplies que si elles sont proposées de manière récurrente pendant le séjour,
- 9:53ce qui reste d'ailleurs le cas pour les séjours de plus de cinq nuitées.
- 9:56En conséquence,
- 9:57de nombreux loueurs vont remplir,
- 9:58quasiment d'office,
- 9:59au moins deux prestations.
- 10:01Ils doivent donc,
- 10:02s'ils ne veulent pas devoir payer la TVA,
- 10:04faire attention à ne pas proposer le petit déjeuner,
- 10:06mais également ne pas proposer un accueil physique à leur locataire.
- 10:09En effet,
- 10:10le BOFIP a également précisé que la prestation d'accueil est considérée comme remplie même dans le cas où les clients se voient proposer le choix entre l'accueil physique et l'utilisation d'une boîte à clé.
- 10:19Le seul moyen d'éviter cette prestation reste donc de ne proposer aucune autre alternative que le recours à une boîte à clé.
- 10:25Mais finalement,
- 10:26quel rapport entre cette évolution de doctrine fiscale et l'évolution du seuil de franchise de TVA prévu par le PLF 2026 ?
- 10:32Et bien tout simplement parce que,
- 10:33même en étant assujettis à la TVA,
- 10:35les loueurs peuvent ne pas la payer tant que leur montant de leur recette relevant de la TVA ...
- 10:39reste inférieur au seuil de franchise.
- 10:41Plus ce dernier est bas,
- 10:43et plus il sera donc facile de devoir payer la TVA si les conditions en sont remplies.
- 10:47En location meublée,
- 10:48cette dernière sera alors d'un taux de 10%.
- 10:50Les évolutions du seuil de franchise de la TVA au sein du PLF 2026 devront donc être suivies avec attention par les lois de courte durée qui devront,
- 10:57au besoin,
- 10:58commencer à se renseigner sur ces modalités de paiement.
- 11:01A ce sujet,
- 11:01vous pouvez d'ailleurs aller écouter notre épisode dédié à la TVA pour en apprendre un peu plus.
- 11:06Pour l'heure,
- 11:07notre épisode touche à sa fin.
- 11:08Nous espérons qu'il vous aura permis d'y voir plus clair sur les changements relatifs à la location de courte durée et nous continuerons de suivre de près l'évolution du PLF 2026 afin de vous tenir informés si des modifications devaient intervenir au sujet de l'activité de location meublée.
- 11:23Si vous avez aimé notre podcast,
- 11:24faites-le nous savoir et n'hésitez pas à vous rendre sur notre site internet,
- 11:28à nous suivre sur les réseaux sociaux ou encore à nous contacter directement par téléphone ou par mail à l'adresse