Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E151 Elodie Choque - Couleur du vivant : les secrets (colorés) des champignons
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ARTECOVERT,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants.
- 0:30pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:45Donc bonjour à tous,
- 0:46je suis ravie d'accueillir sur le podcast ArtEcoVert Elodie Choque.
- 0:50Bonjour Elodie !
- 0:51Bonjour Pauline !
- 0:53Alors Élodie,
- 0:53ça fait un moment qu'on voulait enregistrer ensemble.
- 0:55Je vous invite pour deux raisons.
- 0:57Je voulais parler avec vous des champignons qui donnent de la couleur et je voulais aussi vous inviter pour la série de l'été sur les biotechnologies et notamment,
- 1:08encore une fois,
- 1:08les champignons.
- 1:09Mais avant tout ça,
- 1:10j'aimerais que vous puissiez vous présenter pour les auditeurs,
- 1:14raconter votre parcours qui vous a amené à étudier les champignons.
- 1:19Ok.
- 1:20Bonjour,
- 1:20je me présente,
- 1:21je m'appelle Elodie Chocq,
- 1:22je suis maître de conférence à l'université de Picardie-Vulverne et j'enseigne la microbiologie et la biologie moléculaire à l'IUT d'Amiens au département génie biologique pour les options agroalimentaire et agronomie.
- 1:35Et même mes enseignements sont dans les thématiques du podcast Arécovert.
- 1:41Comment j'en suis arrivée là ?
- 1:43Après le bac,
- 1:43j'ai fait prépa parce que je ne voulais pas partir à la fac,
- 1:46j'étais quelqu'un qui avait besoin d'un cadre et j'aimais beaucoup apprendre.
- 1:49donc la prépa était quelque chose qui me correspondait bien.
- 1:52Et après prépa,
- 1:53j'ai intégré une école d'ingénieurs,
- 1:55j'ai intégré l'ENSAT,
- 1:56l'École Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse,
- 2:00où je me suis spécialisée en amélioration du végétal,
- 2:03donc tout ce qui est biotechnologie du végétal,
- 2:06modification génétique,
- 2:07ce genre de choses.
- 2:09Et vraiment,
- 2:10ma spécialité,
- 2:11c'était la modification génétique du végétal,
- 2:13c'est sur ça que j'ai travaillé lors de mon stage de fin d'études.
- 2:17À l'ENSAD,
- 2:18j'ai travaillé sur la modification génétique de bactéries symbiotiques de plantes pour pouvoir travailler sur des options de biocontrôle au champ.
- 2:29Et donc c'est là que j'ai commencé à rentrer plutôt dans le monde de la microbiologie,
- 2:33mais toujours en interaction avec les plantes.
- 2:35Et dans tous les travaux que j'ai faits,
- 2:37il y avait toujours une interaction plantes-micro-organismes.
- 2:40Donc je n'ai jamais travaillé que sur l'un ou que sur l'autre,
- 2:42même si moi je suis plus spécialisée microbiologie,
- 2:45Je suis plus spécialisée.
- 2:47interaction plantes-micro-organismes plus exactement.
- 2:51Pendant que je faisais mon école d'ingénieur,
- 2:54à l'époque on ne pouvait pas passer de thèse avec juste le diplôme d'ingénieur,
- 2:57donc j'ai fait ma dernière année d'école d'ingénieur en double diplôme,
- 3:00avec un master 2 en parallèle.
- 3:03Et après ce master 2,
- 3:05du coup j'ai cherché une thèse pendant un petit moment,
- 3:08et on m'a proposé une thèse sur quelque chose qui n'avait rien à voir du tout avec la soupe,
- 3:12c'était sur les étapes.
- 3:14précoce de la biogénèse du ribosome chez Saccharomyces cerevisiae.
- 3:18Donc là,
- 3:19ça a vraiment ancré mon arrivée dans le monde des champignons avec la levure qui reste malgré tout un champignon.
- 3:25Saccharomyces cerevisiae,
- 3:27c'est plus connu sous le nom de la levure de bière.
- 3:29C'est celle qui sert à faire la bière,
- 3:31le vin,
- 3:31le pain.
- 3:33Du coup,
- 3:33j'ai travaillé à faire des modifications génétiques sur cette levure pendant mes trois ans et demi d'études et à essayer de comprendre.
- 3:41comment certaines protéines produites par la levure pouvaient intervenir dans la production des protéines.
- 3:48Voilà,
- 3:48ça c'est la partie un petit peu très fondamentale de ma thèse.
- 3:55Et clairement,
- 3:56ma thèse ne m'a pas du tout plu parce que c'était beaucoup trop fondamental.
- 3:59Il me manquait d'application.
- 4:01Moi,
- 4:01je venais d'une école d'ingénieur agro et du coup,
- 4:03je ne voyais pas où était l'applicatif dans ce que je faisais pendant ma thèse.
- 4:06Et c'est quelque chose qui m'a manqué.
- 4:08Ce qui fait que quand j'ai commencé à chercher un postdoc derrière,
- 4:11j'ai voulu aller dans le domaine de l'applicatif.
- 4:13Et j'ai trouvé un postdoc à l'époque à Toulouse,
- 4:16donc au laboratoire de génie chimique dans l'unité bioprocédé système micro-viens.
- 4:22J'ai été encadrée par Florence Mathieu pendant mon postdoc,
- 4:25que je remercie sincèrement pour tout ce qu'elle a fait pour moi,
- 4:28en profit.
- 4:30Et c'est Florence qui m'a mis dans le monde des champignons filamenteux.
- 4:33Donc on est passé de la levure,
- 4:35qui était un être unicellulaire.
- 4:37aux champignons filamenteux qui,
- 4:40eux,
- 4:40sont toujours microscopiques,
- 4:41c'est ce qu'on appelle les moisissures en fait,
- 4:43et qui,
- 4:44eux,
- 4:44vont venir faire les petits filaments,
- 4:46les petits sports.
- 4:47C'est typiquement la moisissure bleue que vous pouvez retrouver sur vos fruits si vous les laissez trop longtemps,
- 4:52etc.
- 4:54Et j'ai travaillé pendant mes 4 ans de postdoc sur un champignon merveilleux.
- 4:58qui restera mon préféré à tout jamais,
- 5:00qui s'appelle Astergillus stubingensis.
- 5:03Il a un nom un petit peu particulier.
- 5:07Et cet Astergillus avait la particularité de ne pas être toxique pour l'humain.
- 5:12Il avait été isolé depuis un grain de raisin.
- 5:14Et donc il n'est pas toxique du tout pour l'humain.
- 5:16Il n'y a pas de production de ce qu'on appelle des mycotoxines,
- 5:18donc des toxines produites par les champignons.
- 5:21Mais par contre,
- 5:22il produisait des antioxydants très très efficaces qui étaient quasi...
- 5:27six fois plus antioxydants que la vitamine C elle-même,
- 5:31qu'on essayait d'utiliser en tant que conservateur alimentaire.
- 5:36Donc ça,
- 5:36ça a été mon entrée dans le monde des champignons.
- 5:39À la fin de mon post-doc,
- 5:40j'ai passé les concours pour devenir maître de conférence et j'ai obtenu le poste à Amiens.
- 5:46Et je suis arrivée à Amiens dans un laboratoire qui s'appelait
- 5:49Biologie des plantes et innovation,
- 5:51Biopi,
- 5:52qui depuis 2020 est devenu l'UMRT Bio-Eco-Agro.
- 5:56Mais du coup,
- 5:56quand je suis arrivée en 2017,
- 5:57ça s'appelait
- 5:58Biopip, biologie des plantes et innovation.
- 6:00Et là,
- 6:01on m'a dit,
- 6:01ah oui,
- 6:01mais nous,
- 6:01on travaille sur les plantes,
- 6:03donc les champignons,
- 6:03ça ne va pas le faire.
- 6:05Donc,
- 6:05ce que je faisais sur les champignons,
- 6:06c'est-à-dire l'étude du métabolisme,
- 6:09je l'ai adaptée aux plantes.
- 6:10Et petit à petit,
- 6:12j'ai ramené de l'interaction plante-micro-organisme.
- 6:15Et du coup,
- 6:15maintenant,
- 6:16au laboratoire,
- 6:16je travaille sur cette interaction plante-micro-organisme.
- 6:20Et j'ai réussi à ramener,
- 6:23à faire revenir les champignons dans mon domaine d'application.
- 6:28Voilà,
- 6:28globalement.
- 6:29Génial.
- 6:30Alors,
- 6:30j'ai déjà plein de questions,
- 6:31Élodie.
- 6:32Franchement,
- 6:33un parcours super top.
- 6:34Franchement,
- 6:34vous êtes l'invité idéal pour démarrer la série sur les biotech.
- 6:38Pourquoi ?
- 6:39Pour ce lien entre plantes et micro-organismes,
- 6:42c'est exactement la transition qu'il fallait.
- 6:44Je ne savais pas ça de votre parcours,
- 6:45donc c'est encore plus génial.
- 6:47C'est la super découverte pour moi.
- 6:49Alors,
- 6:49j'ai plusieurs...
- 6:50Plusieurs questions.
- 6:52Si je reprends dans l'ordre,
- 6:55quand on reprend la couleur au niveau métabolite secondaire,
- 6:59donc la plante produit des métabolites secondaires pour la couleur.
- 7:02Moi,
- 7:02c'est le sujet du podcast à la base.
- 7:04Et en fait,
- 7:05oui,
- 7:06il y a des micro-organismes qui font la même chose,
- 7:08ou en tout cas qui produisent des pigments.
- 7:11Et ça,
- 7:11c'était un petit peu...
- 7:12Ce n'était pas la découverte,
- 7:14mais de voir que c'était si large et si étendu et qu'il y avait autant de sources,
- 7:18pour moi,
- 7:18ça a été la grosse claque.
- 7:19parce que j'avais l'impression que le sujet avec les plantes déjà était très large.
- 7:23Et en fait,
- 7:24quand j'ai commencé à m'intéresser aux champignons,
- 7:26je me suis dit,
- 7:26oh là là,
- 7:27c'est hyper dense,
- 7:29il y a plein de trucs,
- 7:29etc.
- 7:30Donc,
- 7:30ce que je voudrais voir avec vous,
- 7:31la première chose,
- 7:32c'est les différents types de champignons.
- 7:35Donc,
- 7:35vous avez parlé des levures,
- 7:38donc les champignons unicellulaires.
- 7:41Vous avez parlé des champignons filamenteux.
- 7:44Voilà,
- 7:44ce qu'on appelle les moisissures.
- 7:46Voilà,
- 7:47c'est ça,
- 7:47les moisissures,
- 7:48c'est les filamenteux.
- 7:49C'est les filaments.
- 7:51C'est la famille.
- 7:52Si on utilise le terme scientifique exact,
- 7:54ça s'appelle les ascomycètes.
- 7:56Mais les levures font aussi partie de la famille des ascomycètes.
- 7:59C'est là que ça devient un peu tendancieux.
- 8:02En gros,
- 8:02les champignons filaments se développent.
- 8:05On part d'une spore.
- 8:06La spore gère et elle va produire des filaments,
- 8:09un petit peu comme les racines.
- 8:10Et les filaments vont s'étendre un petit peu partout.
- 8:13Ça marche comme un système racinaire.
- 8:15Comme les mycorhizes.
- 8:17Comme les mycorhizes entre les racines.
- 8:19Les mycorhizes,
- 8:19effectivement,
- 8:20c'est exactement ça aussi.
- 8:21Ça fait partie des filaments teus.
- 8:23OK,
- 8:23d'accord.
- 8:24Pas que des filaments teus,
- 8:25mais du coup,
- 8:26ça marche comme ça quand même.
- 8:28Et le dernier type de champignons que vous,
- 8:29vous connaissez,
- 8:30c'est celui qu'on va cueillir dans les forêts,
- 8:35finalement.
- 8:36Et ce type-là,
- 8:37c'est ce qu'on appelle effectivement les macromycètes,
- 8:39ceux qui sont visibles à l'œil nu.
- 8:41Les autres sont les micromycètes,
- 8:42ceux qui sont visibles au microscope.
- 8:44Et les macromycètes sont visibles à l'œil nu.
- 8:46Ce n'est pas un terme consacré,
- 8:48c'est un terme qui est plus facile à comprendre.
- 8:50Et ce que vous observez finalement,
- 8:53c'est une structure qui se monte,
- 8:54cette structure elle s'appelle le carpophore,
- 8:58et donc du coup ce que vous cueillez dans la nature c'est le carpophore,
- 9:01c'est l'appareil de reproduction sexuée de champignons de la famille des Basidiomycètes.
- 9:06Donc quand on a un champignon de Paris,
- 9:08en fait ce qu'on mange c'est l'appareil reproducteur du champignon.
- 9:13Voilà,
- 9:13je préfère le dire,
- 9:14c'est comme ça.
- 9:15Après,
- 9:15voilà.
- 9:16En fait,
- 9:16ce qu'il faut imaginer,
- 9:17c'est que ce carpeau fort,
- 9:18c'est des millions de filaments qui sont collés ensemble et qui forment une structure.
- 9:23Et au bout de ces filaments vont arriver l'endroit où vont pouvoir se faire les spores pour disséminer le champignon.
- 9:30En gros,
- 9:30le champignon lance sa fructification,
- 9:33parce que l'arrivée du carpeau fort,
- 9:35c'est ce qu'on appelle la fructification.
- 9:37C'est comme la naissance d'un fruit sur une plante,
- 9:39si on fait la comparaison.
- 9:41Et donc,
- 9:41c'est parce que là où il est,
- 9:43il est en situation de stress,
- 9:44il n'a plus assez de nutriments.
- 9:46Donc il a besoin de se disséminer.
- 9:48Donc du coup,
- 9:49il va mettre cette fructification en place pour pouvoir produire des spores qui,
- 9:53elles,
- 9:53vont pouvoir aller ailleurs,
- 9:54rechercher de la nourriture.
- 9:56Donc ça reste quand même...
- 9:58défilamenteux parce qu'ils créent des filaments mais ils arrivent à créer des structures très très grandes qui vont permettre d'être visibles à l'œil nu qu'on appelle l'écart peaufort.
- 10:08Et donc on peut manger ou pas parce qu'il y en a des toxiques,
- 10:10on les mange pas tous.
- 10:13C'est ce que j'allais dire.
- 10:14Alors dans les champignons comme dans les plantes,
- 10:16je rappelle que c'est pas parce que ça vient des plantes que c'est sans danger.
- 10:20Et donc sur les champignons c'est la même chose.
- 10:22Vous avez parlé des mycotoxines.
- 10:24Est-ce que c'est le terme ?
- 10:26donc myco pour champignons et toxine pour toxiques donc on a des macros et des micros qui peuvent être toxiques tout à fait,
- 10:37ils produisent des toxines qui sont des mycotoxines alors les mycotoxines on les étudie plus sur les micros,
- 10:44les mycomycètes donc les champignons filamenteux qui vont venir par exemple alors si on prend une culture simple comme la culture de maïs au moment du stockage ou même au moment de la culture
- 10:55des champignons filamenteux peuvent venir et donc on peut voir de la moisissure apparaître.
- 10:59Et cette moisissure va produire des toxines.
- 11:02Donc si ce n'est pas conservé dans les bonnes conditions,
- 11:05ces toxines peuvent être cancérigènes.
- 11:07Une des toxines les plus connues,
- 11:09c'est par exemple la flatoxine,
- 11:11donc dans tout ce qui va être conservation des céréales,
- 11:14et à une certaine dose de consommation,
- 11:17elle va devenir cancérigène.
- 11:18Donc on essaye de lutter contre ces champignons.
- 11:21Et il existe maintenant des moyens de biocontrôle qui font que le champignon,
- 11:24lui,
- 11:25n'est pas dangereux pour la plante.
- 11:26Ce qui est dangereux,
- 11:27c'est la toxine.
- 11:28Donc,
- 11:28on va essayer de trouver des moyens de faire en sorte que le champignon,
- 11:31ce n'est pas qu'il ne se développe pas,
- 11:33mais c'est qu'il ne produise pas la toxine.
- 11:36D'accord.
- 11:36Donc,
- 11:37ça,
- 11:37c'est quelque chose qui peut arriver.
- 11:39OK.
- 11:40Alors ensuite,
- 11:40dans mes questions par rapport à votre parcours,
- 11:43je voudrais revenir sur l'histoire de votre thèse,
- 11:47donc sur les levures de bière.
- 11:49levure
- 11:50la levure de bière qui est aussi dans le vin et dans le pain,
- 11:55c'est un des usages des micro-micettes.
- 12:02Oui.
- 12:02J'essaie de suivre.
- 12:04Est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu aujourd'hui quels sont les différents types d'usages en balayant un peu les micro et les macro ?
- 12:13Quels sont les grands usages des champignons aujourd'hui et dans quel domaine on les utilise ?
- 12:18C'est l'usage technologique du coup.
- 12:20pas ceux qu'on étudie parce qu'ils peuvent être dangereux pour la santé,
- 12:22plutôt les usages technologiques.
- 12:24Qu'est-ce qu'on peut en faire de ceux qui sont positifs ?
- 12:26C'est ça que vous attendez ?
- 12:27On fera tout.
- 12:28Mais oui,
- 12:29les usages...
- 12:29Les usages positifs.
- 12:31Donc effectivement,
- 12:32la première chose qu'on va faire avec des champignons,
- 12:35alors on peut le faire aussi avec des bactéries,
- 12:36mais avec des champignons,
- 12:37on peut faire des aliments fermentés.
- 12:39Donc par exemple,
- 12:40sans champignons,
- 12:41vous n'auriez pas de café,
- 12:43vous n'auriez pas de chocolat,
- 12:46vous n'auriez pas de saucisson,
- 12:48vous n'auriez pas...
- 12:49Tristesse.
- 12:50Tristesse.
- 12:52Voilà.
- 12:52Et vous n'auriez pas de sauce soja pour les sushis.
- 12:53Il y a quand même un minimum à respecter.
- 12:56Donc,
- 12:56tout ça,
- 12:56voilà.
- 12:57Donc,
- 12:57vive les champignons.
- 12:58Sur la fermentation alimentaire,
- 12:59il y a beaucoup de choses.
- 13:02Est-ce que vous pouvez l'expliquer un petit peu plus en détail ?
- 13:05Par exemple,
- 13:05quel est le rôle de la fermentation pour le café,
- 13:08par exemple ?
- 13:09Ou pour un autre,
- 13:09par exemple,
- 13:10que vous vous battez ?
- 13:10Pour le café,
- 13:11vous permettez les graines.
- 13:12Et les graines vont être mises à fermenter avant d'être séchées.
- 13:16Et donc en fait,
- 13:17le champignon va venir...
- 13:19dégrader en partie ces graines-là,
- 13:21et il va développer les arômes du café.
- 13:24Donc c'est en dégradant...
- 13:25En fait,
- 13:25le champignon produit des enzymes qui viennent casser les sucres et les protéines du végétal,
- 13:31et donc qui va sortir les arômes.
- 13:33C'est exactement ce qui se passe dans la bière aussi.
- 13:35Donc par exemple,
- 13:36on va prendre le mal ou l'orge,
- 13:39on va venir mettre le champignon,
- 13:41et du coup on va casser les molécules,
- 13:43et donc elles vont être plus facilement accessibles pour d'autres micro-organismes par la suite.
- 13:49Mais du coup,
- 13:50les champignons viennent là pour le développement aromatique principalement.
- 13:54D'accord,
- 13:55génial.
- 13:56Et cette histoire de fermentation ?
- 13:58Allez-y pour le saucisson.
- 14:00Rapidement.
- 14:02Les bactéries vont venir faire l'intérieur du saucisson.
- 14:05La viande,
- 14:05ça va être de la fermentation lactique.
- 14:07Et ça,
- 14:07ça va être fait par des bactéries.
- 14:09Et derrière,
- 14:10vous allez venir ce qu'on appelle embosser ce saucisson.
- 14:12Vous allez le mettre dans un boyau.
- 14:15Dans un boyau,
- 14:16voilà.
- 14:16Alors,
- 14:17ça peut être un boyau naturel ou pas,
- 14:19ou artificiel.
- 14:20Et le champignon,
- 14:21lui,
- 14:21va venir pousser sur ce boyau.
- 14:24Et la poudre blanche que vous avez sur le saucisson,
- 14:26ce n'est pas de la farine.
- 14:27C'est du champignon filamenteux.
- 14:30D'accord,
- 14:30ok.
- 14:30Bon,
- 14:30alors ça,
- 14:31nickel.
- 14:32Votre croûte de brie,
- 14:33c'est du champignon filamenteux.
- 14:35C'est un champignon qui s'appelle Penicillium nalvogense.
- 14:39D'accord,
- 14:39ok.
- 14:40Bon,
- 14:40donc ça,
- 14:40c'est...
- 14:41Le bleu du roquefort,
- 14:43c'est un champignon.
- 14:43C'est Penicillium roqueforti.
- 14:46Ouais,
- 14:46d'accord.
- 14:46Donc,
- 14:46le champignon,
- 14:48il est partout dans notre quotidien,
- 14:50parce que café,
- 14:50chocolat,
- 14:51saucisson et on en passe,
- 14:54fromage,
- 14:54c'est vraiment les usages quotidiens.
- 14:56Donc,
- 14:56dans l'alimentation...
- 14:57C'est pour ça que je rigole toujours quand les gens me disent « Ah non,
- 14:59mais moi,
- 14:59je n'aime pas les champignons » .
- 15:00Oui,
- 15:00mais tu en manges quand même tous les jours que tu n'aimes pas.
- 15:03Je vais dire ça à mon fils.
- 15:07Mais il aime les champignons quand même.
- 15:08Sinon,
- 15:08il ne mangerait pas de chocolat.
- 15:11OK.
- 15:12Donc,
- 15:12cette fermentation,
- 15:12ça peut se faire partout ?
- 15:13Le champignon va avoir besoin d'humidité,
- 15:15mais il n'a pas besoin que ce soit riche en eau,
- 15:17en fait.
- 15:17Juste l'humidité lui suffit.
- 15:19D'accord.
- 15:20Il lui faut de l'humidité et de la chaleur au champignon.
- 15:22Mais non,
- 15:22non,
- 15:23ça ne se fait pas du tout dans l'eau.
- 15:25D'accord.
- 15:26Parce qu'en teinture,
- 15:27on parle des fois de fermentation pour teindre,
- 15:29et ça se fait toujours dans l'eau.
- 15:30Et donc,
- 15:31je voulais savoir un petit peu.
- 15:32OK.
- 15:32enfin quoique il y a aussi d'autres techniques
- 15:36Donc dans l'alimentation,
- 15:38on a ça.
- 15:38Est-ce qu'il y a d'autres usages ?
- 15:40Oula,
- 15:40il y en a plein.
- 15:42Alors du coup,
- 15:42on va rester sur les filaments teux parce que c'est ceux qui sont le plus utilisés.
- 15:45Il y a de plus en plus de développement qui se font.
- 15:48On va avoir beaucoup de choses qui vont se faire,
- 15:50par exemple,
- 15:51pour les matériaux de construction à l'heure actuelle.
- 15:56J'ai des étudiants parce que je les ai fait travailler l'année dernière sur les nouvelles...
- 16:01les nouveaux moyens de développement des champignons.
- 16:03Donc ils m'ont fait plein de posters sur plein de sujets différents.
- 16:06Et celui que j'avais préféré,
- 16:08c'est des cercueils naturels faits en mycélium.
- 16:12Et donc du coup,
- 16:12comme ça,
- 16:13au moment où la personne est enterrée,
- 16:15le temps que le corps se dégrade,
- 16:17le cercueil se dégrade en même temps et du coup,
- 16:19il ne reste plus rien à la fin.
- 16:20Et donc c'est des cocons de mycélium qui sont créés pour ça.
- 16:24Il y a beaucoup de choses qui sont faites dans le laboratoire à côté d'une autre alliutée qui s'appelle le LTI.
- 16:31le laboratoire de technologie et d'innovation.
- 16:33Je pourrais vous présenter à certains collègues si vous voulez.
- 16:36Et là,
- 16:37actuellement,
- 16:37ils ont un sujet pour créer des matériaux composites à base de champignons,
- 16:41en partant de marques de café,
- 16:43par exemple,
- 16:44pour le bâtiment,
- 16:45qui peuvent servir d'isolant,
- 16:46par exemple,
- 16:47ce genre de choses.
- 16:49Il y a du cuir de champignon qui s'est développé ces dernières années aussi en option vegan pour tout ce qui va être textile.
- 16:58Donc ça,
- 16:59justement,
- 16:59pour essayer d'éviter les tactiques synthétiques,
- 17:01le cuir de champignons,
- 17:02c'est quelque chose qui se développe beaucoup,
- 17:04comme les cuirs de fruits aussi,
- 17:05qui se développent beaucoup.
- 17:08À quoi d'autre je peux penser sur l'utilisation des champignons ?
- 17:12C'est déjà les trois qui me viennent.
- 17:16Je vais avoir besoin d'un petit peu plus de temps de réflexion pour la suite,
- 17:18mais pour moi,
- 17:19c'est les grosses utilisations qu'on a.
- 17:21Moi,
- 17:22au laboratoire,
- 17:22par exemple,
- 17:23aussi,
- 17:23avec du mycélium de champignons,
- 17:25je peux faire de la formulation cosmétique,
- 17:27je peux faire des patches.
- 17:29Donc ça c'est des patchs ?
- 17:31Oui,
- 17:31des patchs ou des masques visage.
- 17:33En fait,
- 17:33ça c'est la thèse de mon doctorant à l'heure actuelle.
- 17:36Donc on fait du développement d'Aspergillus tubigensis,
- 17:40justement le champignon que j'ai utilisé pendant mon post-doc.
- 17:46Et donc ce champignon,
- 17:47on en produit juste ce qui s'appelle le mycélium,
- 17:49donc la partie filamenteuse.
- 17:51Et avec ça,
- 17:52on arrive à formuler des masques visage dans lesquels on vient mettre des molécules qui sont issues des plantes.
- 17:58les stilben de la vigne et l'objectif c'est d'être sur une formulation qui est sèche,
- 18:02donc on est sur quelque chose de
- 18:04100% naturel.
- 18:05Et donc par exemple,
- 18:06vous mettez votre masque,
- 18:08il va libérer les stilben sur votre peau,
- 18:11on va mettre la bonne quantité du stilben,
- 18:13c'est-à-dire celle que votre peau est capable d'absorber,
- 18:14donc on n'en met pas trop,
- 18:16pas assez.
- 18:17Et comme le masque il est entièrement fait en champignons,
- 18:19derrière vous l'enlevez,
- 18:20vous le mettez dans votre compost à la maison,
- 18:22vous allez couvrir vos tomates et donc du coup il y a zéro déchet.
- 18:27C'est la thèse d'Alban Coquel au laboratoire en ce moment,
- 18:30qui devrait soutenir à la fin de l'année.
- 18:33Génial,
- 18:33écoutez.
- 18:34Donc ça,
- 18:34c'est la première utilisation qu'on en a,
- 18:36et l'autre utilisation qu'on en fait aussi.
- 18:39Moi,
- 18:39j'ai travaillé avec certaines levures et certains champignons.
- 18:42On peut faire de l'emballage alimentaire.
- 18:44On est vraiment sur des équivalents de bioplastique,
- 18:47en fait.
- 18:47Et donc là,
- 18:48on essaye de développer des emballages alimentaires pour l'emballage des fruits et légumes par rapport à la loi AGEC qui est en train de se monter.
- 18:55Les fruits et légumes ne pourront plus être vendus dans des plastiques pétro-sourcés.
- 18:59Et donc là,
- 19:00les gens cherchent des solutions sur ces plastiques pétro-sourcés.
- 19:03Donc on essaye d'utiliser les levures et les champignons pour ce système-là.
- 19:07Donc là,
- 19:08je ne peux pas vous dire comment ça marche exactement,
- 19:10parce qu'on est sur un dépôt de brevets.
- 19:11Donc je suis désolée,
- 19:12je ne vous donnerai pas le détail.
- 19:14Mais on est sur ce genre de thématique.
- 19:17En tout cas,
- 19:18pour avoir bossé chez Auchan sur la partie RSE,
- 19:20je sais qu'effectivement,
- 19:22les emballages en fruits et légumes et les sachets...
- 19:25qui était encore autorisée avant la loi.
- 19:28C'était la prise de tête.
- 19:30Donc,
- 19:31d'avoir des solutions comme ça,
- 19:32c'est canon.
- 19:33J'ai vu hier…
- 19:34Je travaille avec l'APEF,
- 19:34je travaille avec l'Association des producteurs d'indifs de France,
- 19:37justement,
- 19:37parce que les indifs sont vendus par 6.
- 19:40Et 70%
- 19:41de leur chiffre d'affaires,
- 19:42c'est énorme.
- 19:43Et donc,
- 19:43la loi AGEC a reculé,
- 19:44parce qu'au départ,
- 19:45c'était à 2026.
- 19:47Ils ont aperçu que pour l'instant,
- 19:48il n'y avait pas de solution autre que le pétro-sourcé.
- 19:50Et donc,
- 19:50ils sont revenus un petit peu en arrière.
- 19:52Le problème,
- 19:52c'est qu'il y a la PP.
- 19:53C'est W.R.,
- 19:55la Packaging and Packaging Waste Regulation,
- 19:58qui est la même régulation européenne qui arrive en force.
- 20:01Elle date de février de cette année.
- 20:03Et en 2030,
- 20:04ce sera fini.
- 20:04Donc,
- 20:04il faut vraiment trouver des solutions adaptées.
- 20:07pour les emballages des fruits et légumes.
- 20:09C'est pour ça qu'effectivement,
- 20:10au Labo,
- 20:10pour l'instant,
- 20:11on s'en centre là-dessus.
- 20:12Il y avait des histoires de bagasse,
- 20:15d'amidon,
- 20:16etc.
- 20:16pour faire des sachets.
- 20:18C'est toujours d'actualité ?
- 20:20Ce que je fais,
- 20:22moi,
- 20:23en plus des champignons,
- 20:25je vais venir utiliser les coproduits agricoles,
- 20:27donc les résidus de culture.
- 20:28Le problème de l'amidon ou de la bagasse,
- 20:31c'est qu'on va venir faire la production agricole pour produire les nécessaires.
- 20:36Et donc du coup,
- 20:37on va limiter l'espace qui est là pour l'alimentaire.
- 20:40Donc il faut faire attention.
- 20:41Donc ce n'est pas le bon plan.
- 20:42Voilà.
- 20:43Il faut bien utiliser les coproduits.
- 20:45Par exemple,
- 20:46là actuellement,
- 20:47on est en train de développer un projet sur les champignons qui viennent utiliser comme ressource la racine d'endive après forçage,
- 20:55donc qui est un coproduit.
- 20:56C'est-à-dire que du coup,
- 20:57quand on produit son endive,
- 20:59on va avoir l'endive au-dessus,
- 21:00la racine en dessous,
- 21:01comme ceci.
- 21:02Et donc,
- 21:02du coup,
- 21:03on va casser les deux.
- 21:04L'endive va être vendue pour être commercialisée,
- 21:06mais la racine,
- 21:07on n'en fait pas grand-chose.
- 21:08Et donc,
- 21:09du coup,
- 21:09nous,
- 21:10on va prendre cette racine,
- 21:11on va la faire fermenter par le champignon filamenteux et avec le mix racine-endive-champignon filamenteux,
- 21:19on va réussir à produire des bioplastiques.
- 21:22Génial.
- 21:23Voilà.
- 21:23Génial.
- 21:24Ça,
- 21:25c'est canon.
- 21:26Ça,
- 21:26c'est vraiment canon.
- 21:27C'est le sens de l'histoire.
- 21:29Si je vous dis,
- 21:30alors je vais vous dire les domaines d'application de la couleur végétale qu'on explore,
- 21:33comme ça,
- 21:33ça vous donnera peut-être des idées.
- 21:35Donc l'alimentaire avec les colorants alimentaires,
- 21:38on en a parlé.
- 21:39J'ai vu là dans ma veille un fromage qui était emballé avec du petit lait,
- 21:44un film plastique de petit lait.
- 21:46Là,
- 21:46il n'y a aucune intervention de champignons.
- 21:48Aucune intervention de champignons du tout.
- 21:51Donc c'est encore d'autres alternatives pour emballer de manière saine,
- 21:55etc.
- 21:56créer des bioplastiques,
- 21:57on va utiliser ce qu'on appelle des polymères.
- 21:59Et dans le petit lait,
- 22:00vous avez des polymères qui vont être des sucres principaux dérivés du lactose.
- 22:05Le lait,
- 22:05c'est le sucre qu'on retrouve dans le lait.
- 22:07Et en fait,
- 22:08du coup,
- 22:08on va modifier ces chaînes de polymères pour créer des bioplastiques.
- 22:12Mais là,
- 22:13le lactose,
- 22:13c'est naturel et ça vient seulement du lait,
- 22:15donc il n'y a pas de champignons dedans.
- 22:17Par contre,
- 22:17pour les colorants alimentaires,
- 22:18il y a déjà des colorants alimentaires qui existent à base de champignons.
- 22:22C'est plutôt développé dans les pays asiatiques,
- 22:24mais c'est légal et autorisé en Europe et aux Etats-Unis.
- 22:28Je pense notamment aux champignons monascus,
- 22:30qui va produire un pigment rouge,
- 22:32qui peut être utilisé dans l'alimentaire,
- 22:35pour les bonbons principalement.
- 22:38Je l'ai vu celui-là,
- 22:39un peu colorant bordeaux,
- 22:40et qu'apparemment c'était une couleur assez rare.
- 22:42Ah génial,
- 22:42top.
- 22:43Ça veut dire que je cherche au bon endroit.
- 22:46Dans les dragibus,
- 22:47des machins comme ça,
- 22:47c'est du pigment de monascus qui est utilisé.
- 22:51Ok,
- 22:51génial,
- 22:52top.
- 22:55Oui,
- 22:56d'accord.
- 22:59Donc,
- 22:59matériaux de construction,
- 23:01c'est hyper intéressant parce que j'ai vu aussi des parois d'isolant,
- 23:06là sur LinkedIn,
- 23:06hier ou aujourd'hui,
- 23:08des parois complètement,
- 23:10assez rigides en plus,
- 23:12de champignons.
- 23:13Donc,
- 23:13j'étais hyper étonnée.
- 23:15Donc,
- 23:15dans le textile,
- 23:16vous avez parlé…
- 23:18Dans les champignons filamentaux,
- 23:19il y a deux parties.
- 23:20Il y a ce qu'on appelle le mycélium,
- 23:22qui est l'ensemble des filaments.
- 23:23Et ça,
- 23:23il faut l'imaginer comme un filet.
- 23:25Et c'est un filet qui,
- 23:26une fois traité,
- 23:27va être très,
- 23:28très solide.
- 23:29Parce que du coup,
- 23:29c'est ce qui maintient le champignon.
- 23:31Et il y a la partie qu'on appelle les spores,
- 23:33qui vont servir à la dissémination du champignon.
- 23:36Le champignon ne produira des spores qu'à partir du moment où il se sent en danger et donc qu'il doit aller vivre ailleurs.
- 23:42C'est un stress ou un manque de nutriments ou ce genre de choses.
- 23:45Donc son principal,
- 23:46c'est le mycélium.
- 23:47Et les spores,
- 23:48c'est vraiment pour la dissémination.
- 23:50Ce qu'on va utiliser dans les matériaux de construction,
- 23:53c'est ce mycélium qui va être composé principalement de chitine.
- 23:58La chitine,
- 23:59c'est quelque chose qui est hyper solide et qui va finalement servir d'exosquelette.
- 24:03Derrière,
- 24:04il va y avoir des traitements thermiques et donc on va réussir à stabiliser ce mycélium.
- 24:08Mais quand on l'utilise derrière dans des matériaux de construction ou comme je vous l'expliquais pour les cercueils,
- 24:13il est totalement désactivé et mort à cause des traitements thermiques qu'il a subis.
- 24:17Donc,
- 24:18de toute manière,
- 24:18le champignon ne peut pas se redévelopper par la suite.
- 24:21D'accord,
- 24:21c'est ça que j'allais demander.
- 24:23Des fois,
- 24:23on a des très bonnes idées d'innovation,
- 24:26mais les traitements infligés,
- 24:28on va dire,
- 24:29pour que ce soit cohérent et que ça tienne,
- 24:31sont souvent soit énergivores,
- 24:34soit toxiques,
- 24:35etc.
- 24:35Là,
- 24:35les traitements,
- 24:36c'est uniquement de la chaleur et ça le neutralise.
- 24:40Alors,
- 24:41la chaleur va neutraliser le mycélium.
- 24:43Par contre,
- 24:43la chaleur ne neutralisera pas tous les sports.
- 24:46C'est pour ça qu'il faut faire très attention quand on conçoit ce type de matériaux,
- 24:51d'être sûr de ne pas être dans la sporulation.
- 24:52Parce que moi,
- 24:53par exemple,
- 24:53les spores de champignons,
- 24:54je peux les passer à l'autoclave,
- 24:56c'est-à-dire à 120 degrés pendant plus de 30 minutes.
- 24:58Je les remets sur une boîte de pétri,
- 25:00je peux faire repousser du champignon.
- 25:02Il n'y a pas plus résistant qu'une spore de champignons.
- 25:04Il y a des spores de champignons qui peuvent résister pendant des milliers d'années.
- 25:08et au moment où elles vont trouver la bonne condition,
- 25:12elles vont germer.
- 25:13Donc,
- 25:13il faut vraiment faire attention à ça.
- 25:15C'est pour ça que dans les matériaux de construction,
- 25:17il faut se trouver à un endroit où on est sûr qu'il n'y aura pas de sporulation et faire le traitement thermique à ce moment-là.
- 25:22Comme ça,
- 25:23on est sûr de neutraliser le champignon.
- 25:24Et donc,
- 25:25quand on le met dans la construction,
- 25:26il ne poussera pas derrière et ça ne viendra pas moisir par la suite.
- 25:30Ça,
- 25:30ce n'est pas possible.
- 25:31D'accord.
- 25:33Oui,
- 25:33parce que je crois que c'est la mérule,
- 25:34un énorme champignon qui attaque les maisons et c'est un fléau,
- 25:38ça.
- 25:38Donc,
- 25:39il faut faire gaffe.
- 25:41Dans les matériaux de construction,
- 25:42j'avais vu ça.
- 25:43Textile,
- 25:43on a parlé du cuir de champignon.
- 25:47Est-ce qu'il serait possible de faire un genre de dentelle avec du mycélium de champignon,
- 25:51si on le guide ?
- 25:52Alors,
- 25:53ce serait possible,
- 25:55mais ce ne serait pas sur le long terme.
- 26:01en fait ça ne tiendrait pas,
- 26:03ce ne serait pas assez solide par rapport à du fil.
- 26:06Par contre il y a des choses qui se développent beaucoup,
- 26:08c'est de produire des champignons pour créer certains polymères,
- 26:12et derrière pouvoir créer des baguettes pour l'impression 3D avec les polymères issus des champignons.
- 26:17Et donc là,
- 26:18peut-être qu'il y aurait moyen de créer une dentelle qui vient du champignon,
- 26:21mais pas directement,
- 26:23à partir de cette impression 3D.
- 26:25Mais le champignon tout seul en le guidant,
- 26:27ce ne sera pas assez solide,
- 26:28à un moment ça va se...
- 26:30ça ne marchera pas.
- 26:32D'accord.
- 26:32En tout cas,
- 26:33pour mes connaissances.
- 26:34D'accord.
- 26:35Alors,
- 26:35cosmétique,
- 26:36on a parlé des patches et des masques visage.
- 26:39Est-ce qu'il y a d'autres usages dans,
- 26:41par exemple,
- 26:42la coloration capillaire ou les vernis ou le make-up,
- 26:47clairement ?
- 26:48Sur les champignons,
- 26:49pas trop.
- 26:50Il faut savoir que les champignons,
- 26:52quand on regarde les moisissures,
- 26:53on va en avoir de toutes les couleurs,
- 26:54des roses,
- 26:55des vertes,
- 26:56des violettes,
- 26:57des...
- 26:57Voilà.
- 26:58Et...
- 26:58Le champignon ne produit pas un pigment pour produire un pigment.
- 27:02Contrairement à la fleur qui va produire des pigments pour intirer les insectes pollinisateurs,
- 27:06le champignon,
- 27:07lui,
- 27:07la couleur...
- 27:08Par exemple,
- 27:09un même champignon,
- 27:10je peux le mettre sur trois milieux de culture différents sur lesquels il n'y aura pas le même sucre ou les mêmes éléments de minéraux dans le milieu de culture.
- 27:19Il peut avoir trois couleurs différentes.
- 27:21En fait,
- 27:21la couleur du champignon va dépendre des molécules qu'il va produire.
- 27:26Donc du coup,
- 27:27ça va dépendre de ce que je vais lui donner comme nutriments.
- 27:29Et il va produire certaines molécules.
- 27:31Ces molécules,
- 27:32on les appelle des métabolites spécialisées.
- 27:34C'est des molécules qu'il ne produit qu'en cas de stress pour se défendre.
- 27:38Donc ça peut être des stress qu'on appelle abiotiques.
- 27:40Donc abiotiques,
- 27:41ça veut dire que ça peut être la chaleur,
- 27:42ça peut être la lumière.
- 27:44Donc c'est des stress qui ne sont pas liés à la biologie en fait.
- 27:46Ou ça peut être des stress qu'on appelle biotiques,
- 27:49donc liés aux vivants.
- 27:51Donc par exemple,
- 27:51la présence d'un autre champignon ou d'une autre bactérie.
- 27:54Et donc il va chercher à se défendre.
- 27:56Et ce sont ces métaboliques-là,
- 27:57ces molécules-là,
- 27:59qui elles sont colorées,
- 28:00mais indépendant de la volonté du champignon ou pas.
- 28:03Et ça reste des pigments.
- 28:05Donc on peut choisir,
- 28:06nous,
- 28:06en biotechnologie,
- 28:07de forcer le champignon à produire un pigment qui pour lui va être une molécule de défense,
- 28:13qui pour nous peut être utilisée comme pigment.
- 28:17Mais l'avantage des pigments des champignons,
- 28:20contrairement aux pigments végétaux,
- 28:22quoique il y en a quand même un petit peu,
- 28:24mais les pigments des champignons...
- 28:25vont avoir en plus des activités biologiques.
- 28:28Ils peuvent être antimicrobiens,
- 28:29antioxydants,
- 28:30et donc ils vont pouvoir ramener une activité supplémentaire.
- 28:34Alors ça,
- 28:37c'est le cas sur les pigments végétaux,
- 28:38c'est-à-dire qu'elle est constatée.
- 28:41Mais du coup,
- 28:42dans une moindre mesure.
- 28:43C'est-à-dire que vraiment,
- 28:44les pigments des champignons sont d'abord là pour l'activité biologique,
- 28:48et après pour le côté pigment.
- 28:50Et donc,
- 28:51chez les champignons filamenteux,
- 28:52on va trouver...
- 28:53des activités biologiques,
- 28:54comme je vous le disais,
- 28:54le champignon sur lequel moi je bossais en post-doc,
- 28:57qui sont 6 à 7 fois plus importantes que ce qu'on peut retrouver chez la plante.
- 29:01Là,
- 29:01actuellement,
- 29:02je produis des antioxydants qui s'appellent des naphtogamma pyrone par Aspergillus tubingensis.
- 29:07De l'autre côté,
- 29:08je produis des antioxydants produits par la vigne qui s'appellent des silbènes.
- 29:12Mais au niveau des capacités antioxydantes,
- 29:14ça n'a rien d'équivalent.
- 29:16Je suis 3 à 4 fois plus antioxydant chez le champignon que chez la vigne.
- 29:20Donc...
- 29:21Donc,
- 29:21il y a déjà cette première différence,
- 29:23c'est l'activité bioactive qui est…
- 29:27Enfin,
- 29:27ça se répète,
- 29:28mais c'est beaucoup plus…
- 29:30C'est beaucoup plus logique,
- 29:30bioactive.
- 29:31Oui,
- 29:32voilà,
- 29:32qui est beaucoup plus forte chez les champignons,
- 29:34d'accord.
- 29:35Et alors,
- 29:35l'histoire des…
- 29:36C'est la première.
- 29:38D'accord.
- 29:38Et les métabolites spécialisées,
- 29:41donc pour la plante,
- 29:42c'est des métabolites secondaires.
- 29:46C'est la même chose.
- 29:47Alors en fait,
- 29:47métabolisme spécialisé,
- 29:48métabolisme secondaire,
- 29:49c'est la même chose.
- 29:50Tout organisme vivant,
- 29:51mais même nous,
- 29:52on va produire deux types de molécules,
- 29:54ce qu'on appelle le métabolisme primaire et le métabolisme secondaire.
- 29:58Le métabolisme primaire,
- 29:59c'est ce qui est essentiel à la survie d'une cellule.
- 30:02Donc ça va être protéines,
- 30:03lipides,
- 30:03glucides,
- 30:04acides nucléiques,
- 30:05donc ADN,
- 30:06ARN,
- 30:06ce genre de choses.
- 30:07Donc ça,
- 30:07c'est le métabolisme primaire.
- 30:09Le métabolisme secondaire,
- 30:11c'est produit dans une condition particulière.
- 30:14C'est soit de la défense,
- 30:15soit de l'adaptabilité,
- 30:17mais ça va être lié à une condition extérieure.
- 30:20En gros,
- 30:21c'est vraiment la différence entre primaire et secondaire.
- 30:24D'accord.
- 30:24Et par contre,
- 30:25si je vois bien une nuance par rapport aux plantes,
- 30:28en plus de la bioactivité,
- 30:31c'est cette histoire que le champignon va produire des couleurs différentes selon ce qu'on lui donne.
- 30:40Alors que ça,
- 30:40sur la...
- 30:41La plante,
- 30:42ce n'est pas pareil.
- 30:42La plante,
- 30:43elle donne une couleur spécifique et c'est nous qui travaillons derrière la couleur par nuançage,
- 30:48prémordançage,
- 30:49etc.
- 30:49Donc ça,
- 30:49c'est encore une autre différence qui est intéressante.
- 30:53Effectivement,
- 30:54moi,
- 30:54un même champignon filamenteux,
- 30:55je peux le mettre sur trois milieux de culture différents et avoir trois couleurs différentes ou trois teintes de couleurs différentes parce que des fois,
- 31:02ça peut être la même couleur mais dans des teintes différentes.
- 31:05Là,
- 31:05par exemple...
- 31:07pour relier au pigment indigo produit par Isatis cimitoria,
- 31:12qui a été un petit peu aussi le début d'un réouvert.
- 31:15Donc nous,
- 31:15on travaille aussi sur cette thématique.
- 31:17Alors c'est plutôt ma collègue Nathalie Julien qui travaille là-dessus.
- 31:20Mais ce qu'on a fait,
- 31:22nous,
- 31:22à notre échelle au laboratoire,
- 31:23c'est qu'on est venu chercher les micro-organismes qu'on appelle endophytes,
- 31:26c'est-à-dire qui vivent à l'intérieur de la racine d'Isatis cimitoria.
- 31:30Et on a isolé un champignon qui s'appelle mucor.
- 31:34Et ce qui nous a paru fou,
- 31:35et c'était la première fois que c'était vu,
- 31:36il existe des dizaines d'espèces de micores qui sont déjà identifiées.
- 31:42Et bien,
- 31:43sorti de la racine d'Isatis tinctoria,
- 31:45on a réussi à sortir un micore qui était bleu.
- 31:48Ça n'avait jamais été vu dans la littérature,
- 31:50il produisait un pigment bleu.
- 31:52On l'a changé de milieu de culture,
- 31:54le champignon est devenu gris.
- 31:56Incroyable.
- 31:56Et alors ça,
- 31:58la couleur bleue,
- 31:59que ce soit dans les plantes,
- 32:00dans les minerais,
- 32:01dans tout ce qu'on veut,
- 32:02c'est la plus rare.
- 32:03Il y a dans les algues,
- 32:04ok,
- 32:05mais c'est la plus rare à trouver.
- 32:07En fait,
- 32:07ce muco,
- 32:08il n'y avait jamais eu de champignons muco qui avaient été caractérisés sur un pigment bleu.
- 32:13Et on pense qu'il y a eu un dialogue moléculaire qui a dû se passer ou peut-être un échange de gènes ou quelque chose.
- 32:18On ne peut pas le définir encore,
- 32:19mais c'est quelque chose qui nous intéresse énormément et qu'on aimerait caractériser.
- 32:22Et on se demande si vraiment il n'a pas réussi à capter cette capacité à produire le pigment bleu par le dialogue moléculaire qu'il a avec la plante Isatis cinctoria.
- 32:31Alors ça ?
- 32:33Je me souviens dans ma formation avec Michel Garcia qu'il m'en a parlé de ça,
- 32:36de cette observation,
- 32:38mais qu'il ne savait pas encore l'expliquer.
- 32:40Mais ça,
- 32:41j'ai déjà entendu.
- 32:42Mais voilà,
- 32:43moi,
- 32:43c'est vraiment le petit truc pépite mystère qui m'intrigue et que c'est sûr,
- 32:48je vais aller chercher.
- 32:49Après,
- 32:50pour faire ce genre de recherche,
- 32:51il nous faut de l'argent.
- 32:52Eh bien,
- 32:53c'est le moment de le dire.
- 32:55Mais voilà,
- 32:56ça,
- 32:56c'est vraiment le truc qui,
- 32:57nous,
- 32:58on a trouvé ça fou de se dire,
- 33:00la plante,
- 33:00si on la regarde en elle-même,
- 33:02elle est verte.
- 33:02il faut qu'il y ait tout le mécanisme d'oxydation qu'avait expliqué Romain pour derrière aller produire le pigment indigo.
- 33:08Et là,
- 33:08on sort un champignon de cette plante-là,
- 33:10et on obtient un champignon qui,
- 33:12quand il se pourrule,
- 33:13devient bleu,
- 33:14dans certaines conditions,
- 33:15parce que quand je le change de milieu de culture,
- 33:16j'obtiens du gris qui est beaucoup plus symptomatique des mucores,
- 33:22qui sont d'habitude,
- 33:22oui,
- 33:22dans les gris bruns,
- 33:24ça paraît beaucoup plus logique en fait.
- 33:27Incroyable.
- 33:27Bon,
- 33:27ça,
- 33:28franchement,
- 33:28à creuser.
- 33:29Et s'il y a des gens qui ont envie d'investir dans cette recherche-là,
- 33:32on est preneurs.
- 33:34Donc,
- 33:34si on revient aux différentes applications,
- 33:36donc cosmétiques,
- 33:37on n'en a parlé pas trop dans...
- 33:39On a dit pas trop dans tout ce qui était coloration capillaire,
- 33:42le make-up non plus.
- 33:44Non,
- 33:45pas trop encore.
- 33:46En tout cas,
- 33:46pas à ma connaissance.
- 33:47C'est plus ça.
- 33:48Est-ce que dans les beaux-arts,
- 33:49vous avez des choses ?
- 33:51Est-ce qu'il y a des pigments qui servent aux beaux-arts ?
- 33:53Alors,
- 33:55Ça se fait aussi pour la teinture de vêtements par exemple.
- 33:58Donc c'est des choses qui ont été développées dans les années 70.
- 34:02Et c'est plutôt des champignons qui sont toxiques et qui vont être non comestibles du coup,
- 34:07qu'on va pouvoir partir en cueillette.
- 34:09Et par exemple,
- 34:10ça va être des champignons qui vont être beige,
- 34:12brun,
- 34:13qui ne vont pas être très jolis.
- 34:14Et on s'est aperçu qu'en les mettant avec des liants comme de la lin ou du féritusiana,
- 34:20tout ce genre de choses,
- 34:21comme on fait avec la teinture végétale,
- 34:22mais quand on vient rajouter ces mordants,
- 34:24ce qu'on appelle des mordants,
- 34:26on peut obtenir des couleurs merveilleuses comme des violets,
- 34:30des verts électriques ou ce genre de choses.
- 34:32Et donc ça,
- 34:33c'est les travaux de,
- 34:34je n'ai plus le nom de la dame qui les a faits,
- 34:36elle a écrit deux bouquins dans les années 70,
- 34:39mais on peut très bien imaginer comment on fait avec les plantes.
- 34:42C'est pas Dominique Cardon ?
- 34:44Non,
- 34:44c'est une américaine.
- 34:45Marie Marquet ?
- 34:46Ah,
- 34:46une américaine.
- 34:47Non,
- 34:47c'est une américaine.
- 34:49Vous retrouverez le nom si vous voulez pour le mettre.
- 34:52Ce serait chouette.
- 34:54Je me demande si je n'avais pas fait une capture d'Aix-en-Yard.
- 34:56En regardant ça,
- 34:58je vais aller le faire.
- 35:00Parce qu'il y a Marie Marquet qui a écrit un livre sur teindre avec les champignons.
- 35:04En collaboration,
- 35:05je ne me souviens plus de la personne qui a écrit avec elle.
- 35:08C'est Marie Marquet,
- 35:09dans son premier épisode,
- 35:10qui m'avait ouvert à ce monde des champignons.
- 35:12Et j'avais dit,
- 35:13je vais d'abord aborder les plantes avant de me relancer dans les champignons.
- 35:17J'ai bien fait,
- 35:17parce que quand je vois la largeur de cet univers,
- 35:21c'est un nouvel univers qui s'ouvre.
- 35:24Et donc,
- 35:24je ne sais pas si Dominique Cardon a parlé des champignons.
- 35:26Je ne pense pas.
- 35:29Deux livres,
- 35:30c'était dans les années 70.
- 35:32Il faut que je retrouve.
- 35:34Oui,
- 35:34on retrouvera.
- 35:35OK.
- 35:38Et la toxicité des champignons quand on les met dans la teinture,
- 35:40elle disparaît sur le vêtement ?
- 35:42Alors,
- 35:43en fait,
- 35:43les champignons sont toxiques quand on les consomme.
- 35:45Si on ne les consomme pas,
- 35:46ils ne sont pas toxiques.
- 35:48Parce que du coup,
- 35:52en teinture,
- 35:53ça ne posera pas de problème.
- 35:54Parce qu'en fait,
- 35:55la toxine ne va pas aller sur la teinture.
- 35:58Ce n'est pas parce qu'elle est présente dans le champignon.
- 36:00Il faut certaines conditions pour ressortir la toxine du champignon.
- 36:03Donc,
- 36:04c'est en consommation que c'est dangereux,
- 36:05mais pas du tout en teinture.
- 36:06Et ça,
- 36:07vous allez rassurer pas mal de teinturières qui me posaient cette question-là,
- 36:10donc top.
- 36:10Non,
- 36:10non,
- 36:11là-dessus,
- 36:11il ne faut pas qu'elles s'inquiètent.
- 36:12Et au pire,
- 36:13si elles veulent,
- 36:13nous,
- 36:13au laboratoire,
- 36:14on fait des tests de cytotoxicité.
- 36:16Donc,
- 36:16elles peuvent nous envoyer un jus de champignon et nous,
- 36:18on peut le tester sur cellules de peau.
- 36:20Comme ça,
- 36:20elles sont sûres qu'il n'y a aucune incompatibilité avec la peau.
- 36:23Ça,
- 36:23c'est des choses qu'on fait au laboratoire,
- 36:24que c'est fait par ma collègue Rosane Ravalek.
- 36:27Eh bien,
- 36:27ça ne s'est pas tombé dans l'oreille de sourde.
- 36:29Je sais qu'il y en a qui travaillent les champignons.
- 36:31Donc,
- 36:31super astuce.
- 36:33Donc,
- 36:33on était sur les beaux-arts,
- 36:34on disait…
- 36:36Du coup,
- 36:37comme on fait pour la teinture végétale,
- 36:38on peut très bien imaginer faire des jus de champignons avec des mordants et du coup,
- 36:42venir faire des toiles.
- 36:44Il y a des gens qui font ça,
- 36:45qui font de la macération de champignons et qui peignent avec de la macération de champignons comme ils le font avec de la macération d'écorces ou de feuilles.
- 36:52Et il y a pas mal de champignons qui sont utilisés.
- 36:54D'accord.
- 36:54Donc,
- 36:54nous,
- 36:55on appelle ça des encres.
- 36:56Quand elles sont condensées,
- 36:57quand on les condense…
- 37:01ça s'appelle à partir d'un moment des encres on met juste un stabilisateur genre je crois qu'il y en a qui mettent des pointes d'aspirine pour conserver l'encre ou de l'huile essentielle je crois que c'est du clou
- 37:15de girofle pour que l'encre tienne si ils veulent que l'encre tienne de ce que vous me dites aspirine clou de girofle on met des antimicrobiens pour éviter qu'il y ait une contamination par les micro-organismes bactériens plutôt.
- 37:27Ouais,
- 37:28d'accord.
- 37:28En gros,
- 37:28on évite que les bactéries viennent se dire « Ouh,
- 37:30ça ressemble à de la nourriture,
- 37:32ça,
- 37:32je peux peut-être y aller » .
- 37:34D'accord,
- 37:34ok.
- 37:35Est-ce qu'il y a des applications d'usage avec les champignons dans la médecine ?
- 37:40Bien sûr,
- 37:41des tonnes et des tonnes.
- 37:42Il y a énormément d'antibiotiques actuellement qui sont produits par les champignons.
- 37:47Donc ça,
- 37:48énormément.
- 37:50En fait,
- 37:50il y a même tout un domaine de recherche qui existe où l'objectif,
- 37:55c'est d'aller trouver de nouveaux antibiotiques.
- 37:58On isole des champignons du sol,
- 38:00de plantes,
- 38:01etc.
- 38:02et on vient chercher leur potentialité en termes d'antibiotiques.
- 38:05C'est un domaine entier de la recherche.
- 38:07Il y a énormément d'antibiotiques actuellement qui sont produits à partir de champignons.
- 38:12Top.
- 38:13Est-ce que dans les usages des champignons,
- 38:17il y en a certains,
- 38:18on va dire les stars,
- 38:20qui sont réputés pour la couleur ?
- 38:21Est-ce que vous pouvez nous en citer des champignons qui sont hyper connus pour la couleur ?
- 38:28Alors,
- 38:28pour la couleur,
- 38:30il y a Monascus,
- 38:31qui est pour moi le plus connu.
- 38:33Et il y a un Basidio,
- 38:37je l'ai retrouvé hier.
- 38:39Après,
- 38:39il y a pas mal de pénicillium.
- 38:41Genre,
- 38:41le bleu du fromage,
- 38:42c'est du pénicillium roqueforti.
- 38:44Ça,
- 38:44pour le coup,
- 38:45effectivement,
- 38:46c'est quelque chose qui est très connu pour sa couleur.
- 38:50Dans ce livre-là,
- 38:52je vais en profiter,
- 38:54c'est un livre pour enfants.
- 38:57Donc,
- 38:57les champignons d'étonnants êtres vivants.
- 38:59Donc,
- 38:59on invite les auditeurs à aller écouter et à aller voir le replay sur Patreon.
- 39:04Voilà.
- 39:04Et du coup,
- 39:06dedans,
- 39:07il y a vraiment des champignons qui sont sélectionnés pour leur couleur.
- 39:11Non,
- 39:12incroyable.
- 39:13Tout est marqué dedans.
- 39:14Et c'est adapté à partir de 7 ans.
- 39:15Ça explique toute la vie des champignons.
- 39:17Je conseille.
- 39:19Et vous voyez,
- 39:19il y en a même un qui produit de la bioluminescence et qui est brillant.
- 39:23Ah,
- 39:23génial.
- 39:23Juste ici.
- 39:25Oui.
- 39:26À ça,
- 39:26on va en parler.
- 39:28À l'UPR,
- 39:29cherchant des bouquins pour mes nièces.
- 39:31Et en tant que mycologiste,
- 39:34je peux vous dire qu'il est génial parce qu'il y a la moitié des choses que j'enseigne à mes étudiants de deuxième année d'IUT.
- 39:41On sait ce que c'est que du mycélium,
- 39:43on sait ce que c'est qu'une ife.
- 39:45Il y a le côté construction dont on parlait tout à l'heure.
- 39:49Comment on produit les champignons avec,
- 39:51par exemple,
- 39:52les champignonnières pour produire les champignons de Paris.
- 39:54Le fromage,
- 39:56il y a tout dedans.
- 39:56Il est vraiment très bien fait et vraiment adapté aux enfants à partir de 7 ans.
- 40:01Je l'ai trouvé merveilleux.
- 40:02Je l'ai acheté
- 40:047 ans,
- 40:04mais je le trouve génial.
- 40:06Je vais l'acheter pour mon fils,
- 40:07c'est une super bonne idée.
- 40:08Donc,
- 40:09on disait les monascus,
- 40:10les pédicillums.
- 40:11Est-ce que j'ai vu,
- 40:13moi...
- 40:14Il y en a un de Basidiomycète qui est connu pour sa couleur,
- 40:17c'était le seul.
- 40:19Je vais le retrouver aussi.
- 40:21Moi,
- 40:21j'ai vu sur les bleus verts,
- 40:23alors attention à ma prononciation,
- 40:25le pulchericium caerulum,
- 40:30qui donnait un bleu apparemment.
- 40:33Oui,
- 40:33c'est possible.
- 40:35Oui,
- 40:35en fait,
- 40:35j'ai essayé de chercher,
- 40:36mais alors les noms...
- 40:37Alors,
- 40:37j'arrive des fois à raccrocher aux branches avec le nom latin,
- 40:40mais là,
- 40:41j'avoue,
- 40:41ça part de rien,
- 40:42donc c'était un peu compliqué.
- 40:44Ils disent que c'est des fongiques indicoïdes.
- 40:47Et donc,
- 40:47je me dis qu'ils donnent de l'indigo et du coup...
- 40:50Effectivement,
- 40:50il y a des champignons qui produisent des molécules qui sont équivalentes à l'isotan et à l'indicant,
- 40:56qui sont les molécules précurseurs de l'indigo.
- 41:00Donc,
- 41:01il y a des champignons qui les produisent aussi.
- 41:03Par contre,
- 41:03ils les produisent en moindre quantité que la plante.
- 41:06D'accord.
- 41:07Il y a un intérêt à aller sur les plantes d'indigo.
- 41:09Il va quand même falloir les modifier chimiquement.
- 41:13C'est-à-dire que comme pour la plante,
- 41:15ils ne vont pas produire du bleu directement.
- 41:16Il va falloir rajouter une étape de modification chimique pour pouvoir obtenir l'indigo.
- 41:21D'accord.
- 41:22Et celui que vous avez trouvé hier,
- 41:24moi,
- 41:24il s'appelle…
- 41:25Je l'avais là il y a deux minutes parce que c'était sur mon téléphone.
- 41:30Alors,
- 41:30j'ai retrouvé les noms parce que c'était dans le même article.
- 41:32des deux livres de 1974 dont on parlait sur les champignons,
- 41:38c'est « Essai de teinture à base de champignons »
- 41:41et « Mushroom for color »
- 41:43qui a été en 1980,
- 41:45qui est visiblement une traduction française.
- 41:48C'est une chercheuse et artiste américaine,
- 41:50c'est une artiste américaine,
- 41:52qui s'appelait Miriam Rice,
- 41:54R-I-C-E,
- 41:57qui s'est basée sur la teinture des champignons.
- 41:59Et donc,
- 41:59Donc le plus connu,
- 42:00c'est Faéolus.
- 42:02Chuenziwitsi.
- 42:04C'est jamais très facile à prononcer.
- 42:07Oui,
- 42:07c'est clair.
- 42:08Là,
- 42:09il produit de la couleur jaune vif.
- 42:14D'accord.
- 42:14C'est un des plus connus.
- 42:16Après,
- 42:16il y a pas mal de polypores qui sont utilisés.
- 42:19Alors,
- 42:20polypores,
- 42:20c'est le nom commun.
- 42:21C'est phaeolus,
- 42:22c'est des polypores.
- 42:23Et on peut en trouver,
- 42:24effectivement,
- 42:25des qui vont aller du violet au rose aussi.
- 42:27Donc,
- 42:28les polypores,
- 42:29si vous cherchez à produire vraiment...
- 42:31des pigments,
- 42:32je pense que les polypores sont les plus pratiques.
- 42:34Ils s'appellent polypores parce que si on regarde sous le champignon,
- 42:39sous le chapeau du champignon,
- 42:40en fait,
- 42:40ça fait comme une mousse avec plein de petits trous.
- 42:43C'est l'aspect qui fait des polypores.
- 42:45Ok.
- 42:46J'avais vu aussi des champignons qui donnaient des pigments noirs et à brun foncé.
- 42:50Et en fait,
- 42:51pareil,
- 42:51ils disaient que c'était pour se protéger,
- 42:53pour protéger les champignons.
- 42:54Oui,
- 42:56la mélanine.
- 42:57La mélanine,
- 42:58c'est un de mes sujets préférés,
- 43:00c'est un des sujets sur lesquels j'aimerais bosser.
- 43:02Donc la mélanine,
- 43:03on en produit nous,
- 43:04et tous les organismes du règne vivant en produisent.
- 43:08De la bactérie à l'humain,
- 43:09tout le monde produit des mélanines.
- 43:12Par exemple,
- 43:12vos cheveux sont bruns parce qu'ils produisent de la mélanine.
- 43:16Vous bronzez en été parce que vous produisez de la mélanine pour protéger vos cellules.
- 43:22Donc cette mélanine,
- 43:23elle est produite par tout le monde.
- 43:25Tout le monde considère que la mélanine est un pigment.
- 43:27Et moi,
- 43:28mon hypothèse de travail,
- 43:29c'est que ce n'est pas le cas.
- 43:30Je ne suis pas d'accord avec ça.
- 43:31Parce que si c'était un pigment,
- 43:33elle aurait une voie de biosynthèse,
- 43:35donc un ensemble de gènes qui lui permettraient d'être produits toujours de la même manière.
- 43:40Or,
- 43:41il existe des vingtaines de différents types de mélanine et il y a plus de 41 voies de biosynthèse recensées pour la production de mélanine.
- 43:51Mon idée à moi,
- 43:52c'est que si c'est présent dans tout le règne vivant,
- 43:55C'est simplement parce qu'en fait,
- 43:57c'est un déchet qui se crée lorsque la cellule se défend de stress oxydant.
- 44:03C'est-à-dire que,
- 44:04imaginez,
- 44:05vous êtes une cellule,
- 44:06il y a un stress oxydant qui arrive,
- 44:08donc ça peut être...
- 44:09Soleil,
- 44:10chaleur,
- 44:10enfin...
- 44:12Du coup,
- 44:12il y a l'oxydation qui arrive et vous devez vous battre contre cette oxydation,
- 44:17parce que si vous avez ce stress oxydant,
- 44:20vous ne pouvez pas garantir le fonctionnement de vos protéines,
- 44:23de vos lipides.
- 44:24qui assure la sécurité de la membrane ou encore de votre ADN.
- 44:29Dans ce cas-là,
- 44:29ça peut mener à des cancers.
- 44:31Le stress oxydant,
- 44:31c'est vraiment le stress le plus grave que peut subir une cellule.
- 44:35Pour lutter contre ce stress oxydant,
- 44:36la cellule produit des antioxydants.
- 44:39Et ces antioxydants,
- 44:40ils servent de garde du corps,
- 44:42ils viennent se mettre entre la molécule à protéger et le stress,
- 44:46et ils disent non,
- 44:47non,
- 44:47c'est à moi que tu vas enlever quelque chose,
- 44:49mais par contre tu protèges la molécule que tu as à protéger.
- 44:52Et ces antioxydants,
- 44:53du coup,
- 44:53derrière,
- 44:55ils sont plus fonctionnels,
- 44:56mais ils restent dans la cellule et ils ne sont pas forcément dégradés.
- 44:58Et moi ce que je pense,
- 45:00c'est que la mélanine,
- 45:01en fait,
- 45:02c'est les antioxydants qui ont été utilisés,
- 45:05qui se mettent en chaîne les uns à la suite des autres.
- 45:08et plus la chaîne est longue et plus le pigment est foncé.
- 45:12Et ça expliquerait que du coup ce soit présent dans tout le règne vivant mais du coup en devenant noir comme ça,
- 45:20ça a permis de protéger la cellule contre la lumière,
- 45:23contre la sécheresse.
- 45:25Ça a aussi des propriétés,
- 45:27par exemple les mélanines pour tout ce qui est passage d'électricité,
- 45:30donc c'est quelque chose qui pourrait être utilisé par exemple pour tout ce qui est
- 45:35système est plus électrique,
- 45:36on pourrait très bien penser que la mélanine puisse faire passer l'électricité.
- 45:39Donc je pense particulièrement à si vous avez besoin de faire des capteurs pour la peau ou ce genre de choses,
- 45:43on pourrait très bien imaginer utiliser la mélanine pour le faire.
- 45:47Et du coup,
- 45:47je pense que évolutivement,
- 45:49les cellules se sont dit ce machin c'est super utile,
- 45:52il faut que je le garde.
- 45:53Mais à l'origine,
- 45:54c'était pas un pigment en fait.
- 45:57D'accord,
- 45:58super intéressant.
- 45:59C'est une hypothèse.
- 46:00Ce n'est que mon hypothèse de travail à moi.
- 46:03et ce n'est pas la vraie vérité scientifique parce que pour l'instant,
- 46:06la vraie vérité scientifique,
- 46:08c'est qu'il existe plusieurs types de mélanine et qu'il y a plusieurs voies de biosynthèse pour chaque type de mélanine.
- 46:15D'accord,
- 46:15ok.
- 46:16Moi,
- 46:16j'avais vu vraiment ces champignons sur la mélanine,
- 46:19ça m'intéressait vachement.
- 46:21Qu'est-ce que j'ai vu d'autre ?
- 46:22Des champignons,
- 46:23on l'a dit,
- 46:24bleu,
- 46:24vert,
- 46:24etc.
- 46:25En gros,
- 46:25j'ai vu que toutes les couleurs étaient présentes chez les champignons aussi et que par contre,
- 46:30c'était compliqué à...
- 46:32Moi,
- 46:32ce qui était compliqué,
- 46:33c'est de me dire entre champignons macro et champignons micro,
- 46:36mais maintenant,
- 46:36je viens de le comprendre,
- 46:37donc j'arriverai à reclarifier ça dans ma tête.
- 46:41On a parlé du fusarium.
- 46:45Ils sont dans les rouges.
- 46:49Vous pouvez aller chercher des rouges roses.
- 46:51Faites attention sur les fusariums parce que c'est des gros producteurs de mycotoxines quand même.
- 46:55Donc,
- 46:55il faut faire attention à ça.
- 46:59En fait,
- 46:59les fusariums sont connus à la base pour être…
- 47:02des...
- 47:03Il faut que je retrouve le mot en français.
- 47:04C'est des polyhides,
- 47:05des...
- 47:11des contamineurs de culture.
- 47:13Par exemple,
- 47:13ils vont créer une maladie qui s'appelle la fusariose.
- 47:17Donc,
- 47:17il faut faire gaffe.
- 47:19Et donc,
- 47:20la fusariose,
- 47:20pendant que ça se produit,
- 47:22il y a contamination avec des mycotoxines qui sont cancérigènes.
- 47:26Ok,
- 47:27donc on fait gaffe.
- 47:28Donc,
- 47:29on a vu les différents domaines d'application dans lesquels on pouvait utiliser les champignons.
- 47:33On a vu les stars des champignons et les stars des couleurs qu'ils pouvaient donner.
- 47:39J'avais une question sur la partie biotech.
- 47:42La première question qu'on m'a posée,
- 47:44c'est toi Pauline qui défends la couleur végétale,
- 47:47comment tu perçois la biotechnologie ?
- 47:50Donc,
- 47:50c'est ce que je vous disais avant de démarrer cet épisode.
- 47:55Pour moi,
- 47:55on répond.
- 47:57que ce soit la couleur végétale ou la biotech,
- 47:59a le même objectif,
- 48:01qui est d'être une alternative aux colorants de synthèse dérivés du pétrole.
- 48:06Tout à fait.
- 48:07Par contre,
- 48:08je pense que dans les biotech,
- 48:10il y a des avantages versus les plantes.
- 48:13Notamment,
- 48:14vous en avez cité quelques-uns,
- 48:15la bioactivité qui est,
- 48:17pour certains champignons,
- 48:17plus active.
- 48:18On a vu que ce n'était pas le cas pour l'indigo,
- 48:21où la plante se défend bien.
- 48:24J'avais d'autres questions,
- 48:25c'était quels sont les autres avantages à travailler le champignon plutôt qu'autre chose ?
- 48:29En termes de culture,
- 48:31en termes de tout ça,
- 48:31est-ce qu'on pourrait balayer un peu les points positifs du champignon ?
- 48:35On peut faire avantages et inconvénients,
- 48:36parce que moi,
- 48:38le premier gros inconvénient que je vois quand même au biotech,
- 48:40c'est l'utilisation d'électricité qui n'est pas forcément nécessaire dans tout ce qui est production de plantes.
- 48:46Et savoir que voilà,
- 48:48pour pouvoir faire du champignon,
- 48:49il va falloir aller sur des bioréacteurs,
- 48:51il va falloir aller sur ce genre de choses.
- 48:53et donc...
- 48:53Du coup,
- 48:54ça veut dire nécessité d'électricité,
- 48:57nécessité d'entretien.
- 48:58Et il y a un coût qui va se calculer.
- 49:00C'est les nouvelles problématiques qu'on appelle l'analyse du cycle de vie,
- 49:04la CV.
- 49:05Et donc,
- 49:05du coup,
- 49:06il faut faire attention à ce que ça n'ait pas forcément un impact environnemental qui soit supérieur quand on utilise les biotechnologies.
- 49:11Donc,
- 49:12il faut faire cette balance-là de se dire,
- 49:15est-ce que ça vaut le coup de le produire comme ça ou est-ce que l'impact environnemental ne va pas être supérieur à celui d'un produit pétro-sourcé ?
- 49:21Donc,
- 49:21il faut faire attention à ça.
- 49:23Après,
- 49:23au niveau des avantages,
- 49:25les champignons représentent un avantage conséquent par rapport aux plantes,
- 49:28qui est leur adaptabilité génétique.
- 49:30Je peux modifier une cellule de champignons et je peux très bien venir mettre,
- 49:36on appelait ça la voie de biosynthèse tout à l'heure,
- 49:38donc c'est-à-dire...
- 49:39l'ensemble des protéines nécessaires pour la production d'un pigment chez la plante,
- 49:43dans un champignon,
- 49:44et me dire,
- 49:45mon pigment de plante,
- 49:46plutôt que de produire un champ qui fait 10 000 hectares,
- 49:48je vais venir faire un bioréacteur de 100 litres qui prendra beaucoup moins de place et produire autant de molécules à partir du champignon.
- 49:55Donc je peux utiliser le champignon pour produire des pigments de manière biotechnologique et je peux produire des pigments végétaux avec un champignon par exemple.
- 50:04Je ne pourrais pas faire l'inverse.
- 50:06Alors j'ai deux questions là-dessus.
- 50:08un bioréacteur est-ce que vous pouvez nous illustrer ce que c'est parce que bioréacteur moi je vois un truc énorme mais en fait est-ce que ça se définit un bioréacteur est-ce qu'il en existe de différents types il y en a des milliers de types différents ça
- 50:24dépend le type de culture qu'on veut faire en fait un bioréacteur ce qu'on appelle un bioréacteur c'est un comment dire ça je vais essayer de simplifier parce qu'on peut avoir globalement c'est là où on va faire pousser le champignon ...
- 50:37mais on peut avoir des cuves qui font 100 hectolitres.
- 50:40Nous,
- 50:40on en a à l'IUT qu'on utilise avec les étudiants,
- 50:42c'est 3 litres.
- 50:43On peut avoir vraiment toutes les échelles possibles.
- 50:46On peut utiliser un bioréacteur qui va être un sac en plastique dans lequel on va faire pousser notre champignon.
- 50:53Ou alors,
- 50:53ça peut être une cuve en verre ultra sophistiquée.
- 50:56Il y en a de plein de types.
- 50:57Il faut imaginer un contenant dans lequel je vais mettre un milieu de culture,
- 51:02liquide,
- 51:03solide ou semi-solide,
- 51:04c'est-à-dire un mélange liquide-solide.
- 51:06dans lequel mon champignon va pouvoir se développer de manière finée.
- 51:11C'est-à-dire que je vais maîtriser la dissémination.
- 51:14Je confine et je suis en condition qu'on appelle de stérilité,
- 51:18l'asepsie.
- 51:19C'est-à-dire que je confine et je m'assure que seul mon champignon pousse et donc que je ne peux pas faire venir d'autres micro-organismes sur les nutriments que je lui donne.
- 51:28C'est ce qu'on appelle du milieu contrôlé et confiné.
- 51:30Le bioréacteur,
- 51:31c'est simplement ça,
- 51:32c'est que je confine.
- 51:33je suis stérile et donc du coup je l'évite la dissémination.
- 51:37Donc il faut imaginer un contenant comme ça.
- 51:41Ça c'est génial parce que ça clarifie plein de questions.
- 51:43Donc le bioréacteur.
- 51:44Ma deuxième question,
- 51:46l'adaptabilité génétique,
- 51:48la voie génétique,
- 51:49etc.
- 51:50Ma question qui vient,
- 51:51c'est des raccourcis qui peuvent être faits avec les OGM.
- 51:57Exactement,
- 51:57des OGM.
- 51:58Quand on parle de modification génétique,
- 52:00L'OGM,
- 52:01c'est un organisme génétique modifié.
- 52:04Mais il faut savoir que,
- 52:05par exemple,
- 52:06actuellement,
- 52:06les patients qui sont diabétiques prennent de l'insuline qui a été produite par des bactéries qui sont modifiées de manière OGM.
- 52:12Mais il y a quand même une grosse différence.
- 52:14Et alors,
- 52:15c'est ce qu'on va appeler les OGM de type 1 et les OGM de type 2.
- 52:18On ne parle pas d'OGM qu'on met dans la nature,
- 52:20c'est-à-dire que je ne suis pas au champ,
- 52:22je ne suis pas sur quelque chose qui va pouvoir se disséminer,
- 52:24parce que,
- 52:24comme je vous l'expliquais,
- 52:25on est dans du confiné.
- 52:27Donc du coup,
- 52:28je peux détruire mon champignon et je peux éviter la dissémination de mon OGM.
- 52:32Je ne vais pas vendre l'OGM,
- 52:33je vais vendre le produit issu de l'OGM.
- 52:36Donc je vais vendre le pigment.
- 52:38Mais du coup,
- 52:39dans le pigment,
- 52:39il n'y a pas d'ADN,
- 52:40donc il n'y a pas la génétique.
- 52:42Donc je ne peux pas contaminer ou je ne peux pas emmener cet ADN ailleurs.
- 52:46Donc je limite et je contrôle ça.
- 52:47Je vends un produit issu d'eux.
- 52:50Et ce n'est pas du tout la même chose.
- 52:52Parce que le problème des OGM,
- 52:53c'est quand par accident,
- 52:55ils se retrouvent dans la nature et qu'on…
- 52:56En fait,
- 52:57c'est ça.
- 52:58C'est exactement ça.
- 52:58Le problème des OGM actuellement,
- 53:00c'est l'impact qu'ils peuvent avoir sur la biodiversité.
- 53:03On ne peut pas contrôler cet impact sur la biodiversité de l'OGM.
- 53:08Et donc,
- 53:10c'était le problème sur les OGM végétaux,
- 53:12par exemple,
- 53:13tous les blés,
- 53:13les maïs,
- 53:15c'était les débats de Monsanto à l'époque.
- 53:17On n'avait aucun contrôle sur la biodiversité et on ne savait pas ce que ça allait donner.
- 53:22Après,
- 53:23il y a eu des études tendancieuses qui ont été faites,
- 53:25comme les études de Serralini sur les OGM et le cancer,
- 53:28sur lesquelles je ne suis pas du tout d'accord,
- 53:30mais c'est mon avis à moi de scientifique,
- 53:33parce qu'il y a eu beaucoup de biais dans ces études qui ont été décriées par toute la communauté scientifique.
- 53:40C'est-à-dire que quand je mange de la salade,
- 53:43on va le faire simplement,
- 53:45mais quand je mange de la salade,
- 53:46j'avale aussi l'ADN de la salade.
- 53:49ne va pas venir dans mon ADN à moi pour se modifier.
- 53:52Donc il n'y a pas de raison que si je mange un légume qui est OGM,
- 53:55ça vienne dans mon ADN à moi pour se modifier.
- 53:58Si ça ne se fait pas avec quelque chose qui n'est pas OGM,
- 54:00je ne vois pas pourquoi ça se fait avec quelque chose qui est OGM.
- 54:02Le petit clip,
- 54:03la petite modification génétique qu'on fait,
- 54:06elle n'a pas de raison de sauter d'une cellule pour aller dans une autre cellule qui n'est pas celle à qui on l'a confiée.
- 54:11Et de toute manière,
- 54:12on met suffisamment,
- 54:13nous,
- 54:13en tant que scientifiques,
- 54:15de barrières pour s'assurer que ce ne soit pas possible,
- 54:18pour que ça arrive.
- 54:19Ce n'est pas possible.
- 54:21D'accord.
- 54:22Il y a un petit souci là.
- 54:23Vous parliez des OGM de type 1 et de type 2.
- 54:26Du coup,
- 54:26l'OGM de type 1 et 2,
- 54:28vous pouvez définir un petit peu ?
- 54:30Ça,
- 54:31c'est des définitions qui ne sont encore pas totalement officielles.
- 54:34C'est plus pour donner…
- 54:35En gros,
- 54:36c'est OGM de première génération et OGM de seconde génération.
- 54:40Donc les types 1,
- 54:42c'est première génération,
- 54:44c'est les OGM de départ,
- 54:45les premiers qu'on a fait,
- 54:46ceux qu'on a voulu mettre au champ et pour lesquels on a cassé des McDo à l'époque,
- 54:51globalement.
- 54:52Et les OGM de type 2,
- 54:53c'est ceux qu'on est en train de faire maintenant,
- 54:55qui sont plutôt justement là à vocation d'aller créer des produits autour de ces OGM.
- 55:01Donc comme je vous le disais,
- 55:02on peut produire de l'insuline pour soigner des diabétiques.
- 55:05Je peux venir produire des biodiesels,
- 55:06par exemple,
- 55:07pour les voitures,
- 55:09pour ce genre de choses.
- 55:10Je peux venir produire des compléments alimentaires,
- 55:14je peux venir produire des additifs,
- 55:15je peux venir produire ce genre de choses.
- 55:17Et donc,
- 55:17ce que je vais finalement vendre,
- 55:20c'est le produit issu de la culture OGM,
- 55:22mais pas l'OGM en lui-même.
- 55:24D'accord.
- 55:24Ça,
- 55:24c'est beaucoup plus clair.
- 55:27Ça,
- 55:27c'est hyper intéressant parce que c'est un des points d'anxiété,
- 55:33c'est cette histoire de génétiquement modifier.
- 55:35J'ai une autre question.
- 55:36Est-ce qu'il a...
- 55:38Est-ce qu'il y a déjà eu,
- 55:39je vais y arriver,
- 55:40des accidents de bioréacteurs ?
- 55:43Imaginons,
- 55:43je comprends bien que vous ayez tout cadré,
- 55:45etc.
- 55:46On a eu des fuites de labos,
- 55:48de virus,
- 55:48de trucs,
- 55:49on passera des détails,
- 55:50mais est-ce que c'est déjà arrivé sur des bioréacteurs qu'il y ait une fuite,
- 55:55qu'il y ait un problème ?
- 55:56Ou est-ce qu'en gros,
- 55:57aujourd'hui,
- 55:58non,
- 55:58c'est hyper sécurisé et c'est vraiment risque zéro ?
- 56:02Alors,
- 56:03le risque zéro n'existe pas,
- 56:04sinon il n'y a pas de notion de risque.
- 56:07mais on est quand même dans des entreprises qui maîtrisent ce qu'elles font et pour le coup pour moi c'est pas un problème.
- 56:16Il peut arriver un accident,
- 56:17on sera jamais à l'abri de l'accident,
- 56:19mais il y a une démarche qui est une démarche très très importante qui est mise en place dans toutes les entreprises c'est ce qu'on appelle l'HACCP et du coup ça prend en compte aussi sur la discrimination des bactéries ou des micro-organismes OGM qui sont créés et donc ça c'est pris en compte dans le protocole HACCP.
- 56:36Donc on a des moyens de traitement,
- 56:38par exemple le milieu de culture,
- 56:40il ne va pas être jeté comme ça après.
- 56:42Il y a des destructions de micro-organismes,
- 56:44il y a des protocoles qui sont faits.
- 56:46S'il y a des limites qui dépassent ou des protocoles qui ne sont pas respectés,
- 56:49il y a toujours des moyens de mesures applicables,
- 56:52préventives,
- 56:52ou si c'est la prévention où justement le problème arrive,
- 56:57je peux le régler ensuite,
- 56:59donc curative.
- 57:00Les deux existent.
- 57:01Donc il y a des démarches HACCP qui sont montées dans toutes ces entreprises.
- 57:05et elles sont régulièrement auditées pour s'assurer que tout est fait dans les bonnes conditions.
- 57:09C'est vraiment comme dans l'alimentaire,
- 57:12c'est des normes qui existent,
- 57:13donc il y a les normes ISO et il y a des normes ISO de la même manière.
- 57:16Donc c'est des choses qui sont régulièrement contrôlées,
- 57:18auditées,
- 57:19et il faut savoir qu'eux doivent remplir des rapports annuels,
- 57:23aussi pour assurer qu'il n'y a pas eu d'accident ou ce genre de choses.
- 57:26Donc c'est très très réglementé.
- 57:27Oui,
- 57:27d'accord.
- 57:28Il y a quand même peu de chances que ça arrive,
- 57:30mais le risque zéro n'existe pas.
- 57:32D'accord.
- 57:33Donc,
- 57:34l'inconvénient pour l'instant qu'on a identifié pour utiliser les champignons comme source de couleur ou autre,
- 57:42c'était cet usage d'électricité et faire attention aux analyses de cycle de vie,
- 57:47bilan carbone et tutti quanti,
- 57:48tout ce qui va avec.
- 57:50Par contre,
- 57:51les deux avantages déjà cités,
- 57:53c'est l'histoire de l'adaptabilité génétique.
- 57:56Vous qui avez fait aussi de la biotech végétale,
- 57:59vous comparez et ça n'est pas aussi facile.
- 58:03Alors,
- 58:04ce n'est pas comparable.
- 58:05C'est beaucoup plus facile de modifier génétiquement un champignon,
- 58:08particulièrement une levure.
- 58:10Mettre un gène dans une levure,
- 58:11c'est quelque chose qui est hyper facile à faire.
- 58:14Modifier génétiquement une plante,
- 58:15ça se fait,
- 58:16mais ce ne sont pas les mêmes délais.
- 58:18On va dire que je peux obtenir une levure OGM en trois semaines.
- 58:23Pour obtenir un plan OGM de plantes qui est stabilisé,
- 58:27etc.,
- 58:27il faut compter deux à quatre ans.
- 58:30Ok,
- 58:31donc ça c'est hyper clair.
- 58:33On n'est pas du tout sur les mêmes délais et ça dépend ce qu'on veut faire.
- 58:36Et oui,
- 58:36obtenir une plante OGM,
- 58:37il y a aussi beaucoup moins de chances.
- 58:39C'est-à-dire que moi,
- 58:40quand je vais modifier une levure,
- 58:42je vais prendre tout un tas de levures.
- 58:44On va dire que
- 58:4570% de mes levures vont être modifiées à la fin.
- 58:47J'aurai juste à sélectionner un clone qui est celui qui m'intéresse.
- 58:50Mais quand je vais modifier une plante,
- 58:52si j'essaye d'en modifier plein,
- 58:54il y en a peut-être trois à la fin.
- 58:55Donc vous voyez,
- 58:55on est sur du 3%
- 58:57et du 75%
- 58:58d'un côté.
- 58:59Donc ce n'est pas du tout la même facilité de choses.
- 59:02Alors,
- 59:03ça dépend aussi de ce qu'on veut faire.
- 59:04Ce n'est pas si facile que ça et ce n'est pas toujours en trois semaines chez la levure.
- 59:08Mais le temps d'adaptation sera nettement moins chez la levure,
- 59:12effectivement.
- 59:13D'accord.
- 59:13Un autre avantage que moi,
- 59:14j'avais identifié,
- 59:15c'est la place prise.
- 59:16Ça,
- 59:17je suis d'accord.
- 59:18Parce que du coup,
- 59:19on le sol.
- 59:21Effectivement.
- 59:22Un bâtiment d'entreprise suffit largement.
- 59:24Un bâtiment d'entreprise.
- 59:27Est-ce qu'il faut forcément,
- 59:29du coup,
- 59:29pour les champignons,
- 59:30de la lumière ?
- 59:31Ça n'a pas d'intérêt.
- 59:33Ça dépend,
- 59:34ça dépend lesquels,
- 59:35mais pour un champignon filamenteux,
- 59:37non,
- 59:37pas forcément.
- 59:39Est-ce que,
- 59:39alors attention je vais peut-être dire une grosse bêtise mais pour moi les champignons ils sont pas dépendants comme les plantes de la lumière pour faire leur leur métabolisme etc on est d'accord ?
- 59:49Oui je suis d'accord avec vous,
- 59:50ils sont pas dépendants de la lumière ils sont plutôt dépendants de la température
- 59:54Voilà donc on a pas besoin d'avoir des bâtiments avec fenêtres avec apport de lumière etc ça peut être fait même en sous-sol ça peut être fait dans les hangars etc
- 1:00:03On peut ramener une source de lumière quand c'est nécessaire,
- 1:00:07j'avoue que la lumière
- 1:00:08Pour moi,
- 1:00:08c'est plutôt quelque chose,
- 1:00:10si on parle de micro-organismes,
- 1:00:11que je vais associer aux algues.
- 1:00:13Oui,
- 1:00:13voilà.
- 1:00:14Plutôt qu'aux champignons,
- 1:00:15on est d'accord.
- 1:00:17Qu'est-ce que vous voyez d'autre comme avantage à travailler le champignon ?
- 1:00:21Alors,
- 1:00:21plutôt que la plante ou plutôt qu'autre chose,
- 1:00:23parce qu'on va aussi aborder les algues cet été,
- 1:00:25on va aussi aborder d'autres micro-organismes par rapport à d'autres organismes vivants ou modifiés.
- 1:00:35Pourquoi les champignons plutôt que le reste ?
- 1:00:37Parce que pour moi,
- 1:00:38les champignons,
- 1:00:39c'est une diversité folle.
- 1:00:40En fait,
- 1:00:40ils évoluent tellement vite qu'on en découvre quasiment 200 nouvelles espèces par an.
- 1:00:45On n'a pas découvert
- 1:00:4780% des champignons qui existent sur cette planète.
- 1:00:50Il y a une telle diversité.
- 1:00:53Et comme ils s'adaptent en permanence,
- 1:00:54ils évoluent en permanence.
- 1:00:56Il y a une étude qui a été faite que je trouvais hyper intéressante.
- 1:00:59C'est quelque chose que j'avais découvert pendant ma thèse.
- 1:01:01Donc,
- 1:01:01ça date quand même d'il y a un moment.
- 1:01:04Et je trouvais ça hyper fou.
- 1:01:05fou,
- 1:01:05c'est un monsieur qui a pris une levure pendant ses 25 ans de carrière,
- 1:01:10il l'a mise à moins 80 et tous les ans il la ressortait.
- 1:01:14Et donc il a regardé,
- 1:01:15il a séquencé génétiquement sa levure pendant 25 ans et il a regardé l'évolution du génome de la levure et il s'est aperçu qu'entre le moment où il a commencé son étude et la fin de son étude,
- 1:01:26il y a eu quasiment
- 1:01:277 générations différentes,
- 1:01:297 types de levures,
- 1:01:317 grosses modifications génétiques qui ont eu lieu en 25 ans à peine.
- 1:01:35Donc,
- 1:01:35ça veut dire qu'en 25 ans,
- 1:01:36il y a eu 7 générations,
- 1:01:37alors que nous,
- 1:01:3825 ans,
- 1:01:38ça ne représente même pas une génération.
- 1:01:42Donc,
- 1:01:42ça veut dire qu'ils ont…
- 1:01:43Ça,
- 1:01:43c'est ce que j'ai dit pendant ma thèse,
- 1:01:45ce que j'avais trouvé folle.
- 1:01:46Ça veut dire qu'ils ont une capacité d'adaptation beaucoup plus rapide que la nôtre.
- 1:01:50Ah bah,
- 1:01:51c'est sûr.
- 1:01:51Et beaucoup plus rapide que d'autres.
- 1:01:52Du coup,
- 1:01:53ils pourraient être des solutions…
- 1:01:54Enfin,
- 1:01:55comment dire ?
- 1:01:56Ça pourrait être des solutions rapidement trouvées.
- 1:01:58Mais exactement.
- 1:01:59Il faut imaginer que,
- 1:02:00par exemple…
- 1:02:01Et c'est le cas des bactéries aussi.
- 1:02:03Donc,
- 1:02:03bactéries,
- 1:02:04champignons,
- 1:02:04pour le coup…
- 1:02:05Là,
- 1:02:06même combat,
- 1:02:07ils sont beaucoup plus adaptables que nous,
- 1:02:08c'est-à-dire qu'ils vont se sacrifier pour qu'il y en ait un qui survive.
- 1:02:13Donc s'ils arrivent dans une condition qui n'est pas idéale,
- 1:02:16imaginons que je prends un champignon et je le mets à 4 degrés.
- 1:02:21Et il n'a pas l'habitude d'être à 4 degrés parce que lui,
- 1:02:22sa température,
- 1:02:23c'est 25 degrés.
- 1:02:24Eh bien,
- 1:02:25il va se multiplier et il va faire des modifications génétiques un petit peu partout au petit bonheur à la chance,
- 1:02:30totalement au hasard.
- 1:02:32jusqu'à ce qu'il y en ait un qui survive.
- 1:02:33En fait,
- 1:02:34ils vont tous se sacrifier pour qu'il y en ait un qui survive.
- 1:02:37Et celui qui arrivera à s'adapter à la condition sera celui qui survive.
- 1:02:41Donc,
- 1:02:43le seul objectif d'un micro-organisme,
- 1:02:46c'est la survie.
- 1:02:47Donc,
- 1:02:48ils sont capables de se sacrifier.
- 1:02:50Et comme ils sont unicellulaires,
- 1:02:52quasiment,
- 1:02:53c'est beaucoup plus facile pour eux de s'adapter que nous qui sommes pluricellulaires.
- 1:02:56Parce qu'on ne peut pas faire ça.
- 1:02:58Moi,
- 1:02:58on me met à 4 degrés et j'ai froid.
- 1:03:01Je ne vais pas muter et je vais reproduire plusieurs mois parce qu'il y en a un qui survive à 4 degrés,
- 1:03:05ce n'est pas possible.
- 1:03:06Donc clairement par rapport à ça.
- 1:03:09Et pour les plantes,
- 1:03:09c'est pareil,
- 1:03:10les plantes sont des êtres pluricellulaires,
- 1:03:12donc ce n'est pas quelque chose qu'elles sont capables de faire.
- 1:03:15Ok,
- 1:03:16c'est hyper intéressant.
- 1:03:17Et du coup,
- 1:03:18est-ce que vous voyez d'autres avantages ou inconvénients pour les champignons qu'on n'aurait pas mentionnés ?
- 1:03:23Alors,
- 1:03:23je ne sais pas,
- 1:03:24moi j'ai une passion aux champignons,
- 1:03:25j'en ai même un qui est tatoué sur mon corps pour vous dire à quel point vraiment c'est quelque chose qui est prononcé moi.
- 1:03:30C'est sur ma cheville,
- 1:03:30donc je n'irai pas jusqu'à vous montrer ma cheville quand même.
- 1:03:33Mais pour moi,
- 1:03:35c'est vraiment une grande passion,
- 1:03:36les champignons,
- 1:03:37parce que même moi qui fais ça depuis 20 ans maintenant,
- 1:03:40j'en découvre tous les jours et je trouve ça merveilleux.
- 1:03:44Et j'étudie des choses et je me dis,
- 1:03:46on peut faire ça,
- 1:03:47mais il y a ce potentiel-là,
- 1:03:48mais il y a ça aussi.
- 1:03:49Et je suis toujours surprise et je suis toujours impressionnée de voir ce que font mes collègues aussi quand je fais de la bibliographie scientifique,
- 1:03:55en me disant,
- 1:03:55mais je n'y avais pas pensé.
- 1:03:57Il y a un tel potentiel chez des champignons,
- 1:03:59la passion champignon.
- 1:04:01Allez-y tranquille là-dessus.
- 1:04:04J'avais une question un peu bizarre.
- 1:04:07Pendant les vacances,
- 1:04:08j'avais regardé une émission E égale M6 sur le bolt.
- 1:04:11Est-ce que le bolt,
- 1:04:13le blob,
- 1:04:14chaque fois je me plante,
- 1:04:15je m'étais dit redis-le avant l'épisode.
- 1:04:19Le blob.
- 1:04:20Est-ce que le blob,
- 1:04:22c'est un champignon ou pas ?
- 1:04:24Alors,
- 1:04:24c'est pas...
- 1:04:25C'est pas vraiment un champignon,
- 1:04:27c'est pas vraiment une plante et c'est pas vraiment un animal.
- 1:04:31C'est un petit peu,
- 1:04:31voilà,
- 1:04:31c'est ce qu'on appelle une amybe.
- 1:04:33Donc c'est plus ou moins classé dans les champignons,
- 1:04:36moi je suis pas trop d'accord.
- 1:04:37c'est ce qu'on appelle un pseudo champignon en fait.
- 1:04:39D'accord.
- 1:04:40Le truc du blob,
- 1:04:41c'est qu'il se nourrit comme un animal,
- 1:04:47il produit des pigments comme un végétal et il se reproduit comme un champignon.
- 1:04:52C'est ça.
- 1:04:54À l'interface entre les trois.
- 1:04:56Et donc,
- 1:04:56j'ai vu qu'on pouvait en acheter pour ses enfants,
- 1:04:59que ça se reproduisait,
- 1:05:01que ça faisait des couleurs incroyables.
- 1:05:04Ça dépend de beaucoup de choses.
- 1:05:05Ce qui est très,
- 1:05:05très drôle à faire,
- 1:05:06C'est un projet de recherche participative qui a été fait par une scientifique de Paris.
- 1:05:12Elle a écrit des bouquins et tout.
- 1:05:14Elle est vraiment géniale,
- 1:05:15je ne me souviens plus de son nom.
- 1:05:16Mais oui,
- 1:05:16c'est un projet de recherche collaborative pour lequel elle a été financée par l'ANR.
- 1:05:21Donc ça,
- 1:05:21c'était hyper cool.
- 1:05:23Et il est possible d'en acheter.
- 1:05:25Il est aussi possible de partir en forêt et d'en isoler soi-même et de faire ça à la maison.
- 1:05:30Et ce qui est très,
- 1:05:30très drôle,
- 1:05:31c'est de créer des labyrinthes.
- 1:05:33C'est ça.
- 1:05:33Avec du sel.
- 1:05:34et du coup de mettre du flocon d'avoine,
- 1:05:36parce qu'ils sont absolument fans de flocons d'avoine.
- 1:05:38Fans de ça,
- 1:05:38oui.
- 1:05:39Donc vous créez des petits labyrinthes en sel,
- 1:05:41parce qu'ils n'aiment pas le sel,
- 1:05:42et du coup vous mettez des flocons d'avoine à certains endroits,
- 1:05:45et vous allez voir qu'ils vont trouver le chemin pour rejoindre le flocon d'avoine en passant par le sel.
- 1:05:51C'est incroyable,
- 1:05:51j'ai serré.
- 1:05:53Je vais essayer de retrouver le E égale M6 qui était juste génialissime.
- 1:05:58Franchement,
- 1:05:59c'était hyper passionnant.
- 1:05:59C'est pas scientifique en question.
- 1:06:02C'est possible.
- 1:06:02Quand on va dans les bois,
- 1:06:04on va en trouver des jaunes,
- 1:06:05des roses,
- 1:06:06des bleus,
- 1:06:06des verts,
- 1:06:07des noirs.
- 1:06:07Il y en a vraiment de toutes les couleurs des blobs.
- 1:06:10Donc,
- 1:06:10c'est vraiment de la famille des Alibs.
- 1:06:14Mais par contre,
- 1:06:15celui qui est vendu,
- 1:06:15je pense qu'il est plutôt dans les tons jaunes.
- 1:06:17J'avais des étudiants qui avaient fait ça sur un projet tutoriel qui s'était amusé.
- 1:06:21Et ce qui est très,
- 1:06:22très drôle,
- 1:06:22c'est qu'on l'étudie actuellement justement parce que c'est un champignon qui,
- 1:06:26une fois qu'il a fait un chemin,
- 1:06:28est capable de le refaire.
- 1:06:30Apparemment,
- 1:06:30ils avaient une intelligence de…
- 1:06:32Ils sont en train d'étudier ce champignon pour des potentiels traitements sur la maladie d'Alzheimer.
- 1:06:38Ils le disent dans le reportage.
- 1:06:42Ce qui est très facile avec le blob,
- 1:06:43c'est que vous avez un blob,
- 1:06:45il suffit de le couper en deux,
- 1:06:46de le mettre dans deux boîtes différentes et ça fait deux blobs.
- 1:06:50C'est incroyable.
- 1:06:51C'est vraiment quelque chose…
- 1:06:52En fait,
- 1:06:53comme c'est une structure qui est polynucléée,
- 1:06:54ça veut dire qu'elle a plusieurs noyaux,
- 1:06:56si je la coupe en deux,
- 1:06:57du moment qu'il y a un noyau,
- 1:06:58ça peut…
- 1:06:59repartir.
- 1:06:59S'il n'y a pas de noyau,
- 1:07:00ça ne peut pas repartir.
- 1:07:01Mais du moment qu'il y a au moins un noyau,
- 1:07:02ça peut repartir.
- 1:07:04D'accord.
- 1:07:04Donc,
- 1:07:04dans mon petit classement,
- 1:07:06je suis très visuelle,
- 1:07:08donc j'essaye de faire un arbre.
- 1:07:11Dans les micro-organismes,
- 1:07:12j'avais mis les champignons plutôt microscopiques.
- 1:07:16J'avais mis le blob à cet endroit-là.
- 1:07:18J'avais mis les bactéries,
- 1:07:21du coup.
- 1:07:21Attendez,
- 1:07:22je regarde en même temps,
- 1:07:22comme ça,
- 1:07:23je ne dis pas de bêtises.
- 1:07:25Qu'est-ce que j'avais mis d'autre ?
- 1:07:27qui nous concernent.
- 1:07:29Les levures,
- 1:07:30je me suis plantée,
- 1:07:30je les ai mises à part,
- 1:07:31alors que les levures sont des champignons.
- 1:07:34C'est des ascomycètes,
- 1:07:35c'est comme les moisissures.
- 1:07:36Elles sont unicellulaires,
- 1:07:41mais ça reste des ascomycètes,
- 1:07:42donc c'est des champignons.
- 1:07:44Ça,
- 1:07:44ça va clarifier mon arbre.
- 1:07:47J'essaye d'essayer de rendre ça un peu plus digeste pour les auditeurs,
- 1:07:52etc.
- 1:07:54Qu'est-ce que vous pourriez nous dire encore sur tout ce qui est biotech végétale et biotech micro,
- 1:08:01comment on dit ?
- 1:08:02Biotech micro-ridienne,
- 1:08:04enfin avec les champignons.
- 1:08:07Biotech fongique.
- 1:08:08Oui,
- 1:08:09je suis bête.
- 1:08:09Biotech fongique,
- 1:08:10je cherche compliqué.
- 1:08:13Qu'est-ce qu'on a l'habitude quand même.
- 1:08:14Oui,
- 1:08:15voilà.
- 1:08:15Qu'est-ce qui...
- 1:08:19Est-ce qu'il y a un élan ?
- 1:08:20Est-ce que les biotech en France,
- 1:08:23sur ces sujets-là,
- 1:08:24ça se développe ?
- 1:08:25Est-ce que c'est en train de stagner ?
- 1:08:27Est-ce qu'il y a de l'investissement dans la recherche ?
- 1:08:29Est-ce que vous pouvez nous faire un petit retour là-dessus ?
- 1:08:31Alors,
- 1:08:31ce qui se développe de plus en plus en biotech fongique,
- 1:08:35c'est la valorisation des coproduits,
- 1:08:37des cultures agricoles.
- 1:08:38C'est ce dont on parlait tout à l'heure.
- 1:08:40C'est ce que je fais moi au laboratoire,
- 1:08:41mais clairement,
- 1:08:42je ne suis pas la seule.
- 1:08:43Et en fait,
- 1:08:44c'est le fait d'utiliser les coproduits,
- 1:08:47les résidus agricoles,
- 1:08:48pour faire se développer les champignons,
- 1:08:49les faire.
- 1:08:50fermenter et créer de nouvelles molécules ou de nouveaux produits qui pourraient exister à partir de ça.
- 1:08:55En gros,
- 1:08:56c'est venir ramener des sous-filières aux filières agricoles actuelles pour ramener de la rentabilité.
- 1:09:03C'est-à-dire qu'un agriculteur ne vendrait pas que le produit de la culture,
- 1:09:07il pourrait aussi vendre ses résidus pour en faire quelque chose.
- 1:09:10Et les domaines d'application,
- 1:09:13comme on le disait,
- 1:09:13sont fous.
- 1:09:14Ça peut aller du bâtiment au textile,
- 1:09:17à l'alimentaire.
- 1:09:18ça peut aller dans plein d'autres choses,
- 1:09:21donc moi je l'ai dit,
- 1:09:21les cosmétiques,
- 1:09:22etc.
- 1:09:24Et il y a plein de choses qui se développent là-dessus.
- 1:09:26Il faut savoir que tous les champignons ne sont pas adaptés à toutes les cultures.
- 1:09:30Un truc que là je commence à développer et que j'essaye de faire au laboratoire,
- 1:09:34c'est d'utiliser les champignons pour dégrader les plastiques pétrosourcés.
- 1:09:39On essaie de trouver des consortiums de champignons à l'heure actuelle.
- 1:09:42Consortium,
- 1:09:42ça veut dire un ensemble de champignons,
- 1:09:44c'est-à-dire qu'il n'y en a pas qu'un,
- 1:09:45mais il y en a plusieurs.
- 1:09:46Les champignons sont capables de produire des enzymes qui pourraient dégrader certains plastiques pétrosourcés.
- 1:09:52Je pense aux polystyrènes,
- 1:09:54aux polypropylènes,
- 1:09:54à ce genre de choses.
- 1:09:56On pourrait se dire qu'on pourrait utiliser les champignons et peut-être ensemencer ou faire des bioréacteurs dans lesquels on mettrait des plastiques et on pourrait les dégrader par les champignons.
- 1:10:06Alors on n'arriverait jamais à une dégradation à 100%.
- 1:10:09Oui,
- 1:10:09mais déjà bien avancée.
- 1:10:12Et je pense particulièrement au sixième continent,
- 1:10:14qui est le continent de plastique,
- 1:10:16qui se déplace un petit peu partout en mer.
- 1:10:18Si là-dedans,
- 1:10:18on arrivait peut-être à venir injecter des champignons ou ce genre de choses pour essayer d'en réduire la masse.
- 1:10:25Après,
- 1:10:26il faut faire attention à ce genre d'études,
- 1:10:27parce que peut-être en dégradant,
- 1:10:29on va produire des molécules qui sont toxiques.
- 1:10:31Donc il faut faire aussi attention à ça.
- 1:10:33Je pense qu'il faut rester confiné à l'échelle du laboratoire pour pouvoir l'étudier,
- 1:10:36pour s'assurer de la non-toxicité du truc.
- 1:10:38Mais je pense que ce qui doit se développer maintenant,
- 1:10:40c'est vraiment cette espèce d'engouement d'essayer de chercher des champignons qui pourraient lutter contre ces plastiques-là,
- 1:10:47parce que finalement,
- 1:10:48ce sont des plastiques qui sont non-biodégradables.
- 1:10:50Biodégradables,
- 1:10:51ça veut dire dégradés par le vivant.
- 1:10:52En général,
- 1:10:53c'est dégradés par les bactéries et les champignons.
- 1:10:55Donc,
- 1:10:55c'est aller chercher des bactéries et des champignons qui soient capables de dégrader le non-dégradable.
- 1:11:00Oui,
- 1:11:00le risque.
- 1:11:02Voilà.
- 1:11:03On a fait les premiers tests avec deux stagiaires que j'ai eus cette année,
- 1:11:07avec Aspergillus subingensis qui était justement connu pour ça.
- 1:11:11Et on a eu des premiers résultats qui me semblent assez intéressants.
- 1:11:15Là,
- 1:11:15j'ai un stagiaire qui a fait ça sur polypropylène.
- 1:11:18J'avais pris des intercalaires de couleurs.
- 1:11:20Il y avait des roses,
- 1:11:21des bleus,
- 1:11:22des verts en polypropylène que j'avais achetés chez Cultura,
- 1:11:24un truc de base.
- 1:11:25Et en fait,
- 1:11:26avec le pigment jaune,
- 1:11:27les intercalaires jaunes sont non dégradables.
- 1:11:30Ils inhibent la croissance du champignon.
- 1:11:32Donc,
- 1:11:32il y a quelque chose dans ce pigment jaune,
- 1:11:35dans ce pigment-là,
- 1:11:36qui est un pigment pétrosourcé,
- 1:11:38c'est quasiment sûr,
- 1:11:39du coup,
- 1:11:39ça inhibe le champignon.
- 1:11:40Donc,
- 1:11:40je peux dégrader des feuilles roses,
- 1:11:41mais je ne peux pas dégrader des feuilles jaunes.
- 1:11:43C'est hyper intéressant.
- 1:11:44Ça voudrait peut-être dire qu'il y a des colorants qui sécrètent quelque chose qui est…
- 1:11:49C'est hyper passionnant.
- 1:11:53Qu'est-ce que j'allais dire,
- 1:11:53du coup ?
- 1:11:54Oui,
- 1:11:54est-ce que le risque de faire intervenir les champignons,
- 1:11:57ce ne serait pas de faire encore des microplastiques ?
- 1:12:01puisqu'il le dégrade mais il ne le dégrade pas complètement,
- 1:12:03du coup on coupe en petits morceaux.
- 1:12:05On en est effectivement là,
- 1:12:07après moi je me dis on en est au microplastique,
- 1:12:10mais peut-être que justement on peut raisonner cette taille en se disant l'objectif ce n'est pas de faire du nanoplastique,
- 1:12:16c'est du microplastique,
- 1:12:17quelque chose que je sois capable de venir filtrer et récupérer,
- 1:12:20je réduis la masse,
- 1:12:22et derrière peut-être je peux incinérer parce que là la masse est trop importante pour incinérer,
- 1:12:26et donc du coup il faut peut-être justement se dire
- 1:12:28mon process,
- 1:12:29je le contrôle pour arriver à telle taille,
- 1:12:31parce qu'à partir de telle taille,
- 1:12:32je peux le traiter différemment.
- 1:12:33Et donc du coup,
- 1:12:34c'est associer finalement le biologique à quelque chose qui sera peut-être chimique ou mécanique derrière.
- 1:12:40Oui,
- 1:12:41d'accord.
- 1:12:41C'est une étape.
- 1:12:43Voilà.
- 1:12:43Pour l'instant,
- 1:12:44effectivement,
- 1:12:45ce que va faire le champignon,
- 1:12:46c'est qu'il va enlever certaines choses qui derrière vont permettre de faire un traitement chimique qui n'est pas possible pour l'instant parce que trop toxique.
- 1:12:53Donc peut-être qu'avec le champignon,
- 1:12:54la toxicité du traitement chimique derrière va partir.
- 1:12:56C'est vraiment des pistes exploratoires,
- 1:12:58mais qui sont hyper importantes à l'heure actuelle.
- 1:13:01C'est génial.
- 1:13:02C'est génial.
- 1:13:02Je vois aussi qu'ils utilisent des plantes ou des colorants naturels pour essayer de traiter les eaux polluées par les colorants synthétiques.
- 1:13:15Je voulais aussi savoir,
- 1:13:16par rapport aux sols,
- 1:13:17nos sols contaminés,
- 1:13:20aux métaux lourds ou autres,
- 1:13:21est-ce que le champignon pourrait avoir un rôle de dépollution là-dedans ?
- 1:13:25Pas qu'un peu,
- 1:13:25même.
- 1:13:26Donc il y a justement ça,
- 1:13:28c'est les travaux qui ont été menés dans le cadre d'un projet avec Patrick Martin,
- 1:13:34Anissa Lounès de Loulouco et du coup Nathalie Julien chez nous.
- 1:13:37Et c'est de là qu'on a isolé les champignons filamenteux.
- 1:13:41En fait,
- 1:13:41le mucor bleu dont je vous parlais a été isolé d'un sol qui était contaminé au cadmium.
- 1:13:45Ah oui,
- 1:13:46elle en a parlé.
- 1:13:46On a poussé Isatis sur des sols au cadmium.
- 1:13:49Et il y a des publications,
- 1:13:50parce que du coup on a regardé un petit peu du lieu,
- 1:13:52il a été montré en fait que c'était l'association
- 1:13:55champignons-plantes qui permettaient la dépollution du sol au cadmium.
- 1:14:00La plante toute seule n'y arrive pas,
- 1:14:01le champignon tout seul n'y arrive pas,
- 1:14:03mais ensemble ils arrivent à dépolluer le sol au cadmium.
- 1:14:07C'est un épisode...
- 1:14:11J'avais pas fait le lien,
- 1:14:12mais en fait c'est un des épisodes qui arrivent là,
- 1:14:14dans les séries de l'été.
- 1:14:15Il y a aussi tous les intervenants de l'UTA avec Patrick Martin et les 15 personnes qui sont venues pour la troisième journée des plantes teintoriales.
- 1:14:22Et il y a justement ce...
- 1:14:23Bien.
- 1:14:24Vous deviez avoir Estelle sur la journée des plantes.
- 1:14:26C'est ça,
- 1:14:26elle n'était pas présente,
- 1:14:28mais elle était en distanciel.
- 1:14:29C'est pour ça que je n'ai pas fait le lien tout de suite.
- 1:14:31Donc top,
- 1:14:33ça nous donne un teaser pour un autre épisode sur la dépollution des sols.
- 1:14:40J'avais envie de vous poser une question qui filtre un peu les usages des champignons.
- 1:14:44Qu'est-ce qui fait,
- 1:14:45quel est l'environnement qui est...
- 1:14:48alors je ne sais pas l'inverse,
- 1:14:49de non propice,
- 1:14:50mais qui n'est pas propice aux champignons.
- 1:14:53Qu'est-ce qui fait que…
- 1:14:54Voilà,
- 1:14:55donc c'est,
- 1:14:57comment je vais dire,
- 1:14:58avec tout ce réchauffement climatique et tout ça,
- 1:15:01c'est un des risques pour les champignons ou pas ?
- 1:15:03Non,
- 1:15:04ce ne sera pas un risque parce que du coup,
- 1:15:06avec la chaleur,
- 1:15:07c'est positif,
- 1:15:08mais chaleur plus humidité.
- 1:15:09En fait,
- 1:15:09le champignon n'a pas besoin de l'eau en elle-même,
- 1:15:12il ne faut pas qu'il soit immergé.
- 1:15:15Par contre,
- 1:15:15il a besoin d'énormément d'humidité.
- 1:15:17Il faut qu'il y ait de l'eau disponible.
- 1:15:19Et dans l'atmosphère,
- 1:15:20il y a de l'eau disponible,
- 1:15:20il y a un taux d'humidité.
- 1:15:22Et effectivement,
- 1:15:23si c'est trop sec,
- 1:15:24le champignon ne pourra pas se développer.
- 1:15:25Ce qui est vraiment problématique pour le champignon,
- 1:15:27c'est la sécheresse.
- 1:15:29Est-ce qu'il y a des champignons ?
- 1:15:30Il se met en forme de sport et il attend que l'humidité revienne.
- 1:15:33Comme une graine avec la dormance.
- 1:15:35Exactement.
- 1:15:36Est-ce qu'il y a des champignons dans le désert ?
- 1:15:40Bien sûr,
- 1:15:43qui travaille toujours au LGC,
- 1:15:45Bioprocédé Système Microbien.
- 1:15:47Ils ont une collaboration avec l'Algérie depuis des années et ils vont chercher dans les sols algériens des...
- 1:15:55Ce n'est pas des champignons,
- 1:15:56c'est des bactéries,
- 1:15:57mais ça s'appelle des streptomycès.
- 1:15:59C'est des bactéries filamenteuses,
- 1:16:02donc ça a été défini comme des champignons au départ,
- 1:16:04sauf que génétiquement,
- 1:16:06derrière,
- 1:16:06quand on a fait le séquençage,
- 1:16:07on s'est aperçu que c'était des bactéries,
- 1:16:08mais elles sont filamenteuses et elles sont à la source de la production.
- 1:16:12de quasiment tous les antibiotiques qui peuvent se développer sur le marché à l'heure actuelle.
- 1:16:16Et donc ça,
- 1:16:17c'est des produits qu'on va chercher dans des sols désertiques.
- 1:16:24Et donc,
- 1:16:24à part la sécheresse,
- 1:16:26que craint le champignon ?
- 1:16:29Le feu,
- 1:16:29il n'aime pas trop ça non plus.
- 1:16:31Il ne peut pas se brûler.
- 1:16:32Donc,
- 1:16:33le feu ou les hautes températures ?
- 1:16:35Non,
- 1:16:35le feu.
- 1:16:36Le feu,
- 1:16:37les hautes températures,
- 1:16:37ça ne lui fait pas peur.
- 1:16:38En fait,
- 1:16:39le champignon,
- 1:16:39à partir du moment où il va être en danger,
- 1:16:41il va se pourruler.
- 1:16:41Et comme je le disais au départ,
- 1:16:43il n'y a rien qui peut plus résister qu'une spore de champignon.
- 1:16:46Ça peut résister des millions d'années.
- 1:16:48Parce que du coup,
- 1:16:49une graine,
- 1:16:50chez une plante,
- 1:16:51au fur et à mesure des années,
- 1:16:52elle a son potentiel germinatif qui va diminuer.
- 1:16:55Donc elle va finir par mourir.
- 1:16:57Une spore de champignon,
- 1:16:58on pourrait très bien récupérer des spores de champignon dans des fouilles archéologiques,
- 1:17:04par exemple dans des ampharas ou ce genre de choses,
- 1:17:06et qu'on peut pousser le champignon.
- 1:17:07C'est des choses qui se sont faites en Égypte et on peut faire repartir des champignons des milliers d'années après.
- 1:17:13Donc c'est hyper résilient comme…
- 1:17:15Il y a tout ce qui peut lutter contre un champignon,
- 1:17:18clairement.
- 1:17:18D'accord,
- 1:17:19incroyable.
- 1:17:22Alors,
- 1:17:22j'ai envie de…
- 1:17:23Il y a une autre chose qui est sortie,
- 1:17:25je ne sais plus comment elle s'appelle.
- 1:17:26Justement,
- 1:17:27c'est à partir d'un champignon qui s'appelle le cordyceps.
- 1:17:32Je vous retrouve ça.
- 1:17:33où justement c'est les cerveaux des hommes qui sont manipulés par le champignon.
- 1:17:37The Last of Us,
- 1:17:40ça s'appelle.
- 1:17:41D'accord.
- 1:17:41La série The Last of Us.
- 1:17:44En fait,
- 1:17:44c'est basé sur un champignon qui s'appelle le Cordyceps.
- 1:17:47Le Cordyceps,
- 1:17:47c'est un champignon qui va venir infecter un autre qui va être un insecte,
- 1:17:52qui va faire pousser le mycélium dans son cerveau et qui va manipuler l'insecte pour pouvoir l'emmener où il veut,
- 1:17:59pour pouvoir disséminer comme il veut.
- 1:18:02Et ils ont créé cette série
- 1:18:04US qui s'appelle The Last of Us sur un champignon qui est capable de manipuler le cerveau humain.
- 1:18:09Justement,
- 1:18:10elle est assez bien faite.
- 1:18:12Et c'est le principe même de Cordyceps avec les insectes.
- 1:18:16Ça détourne le cerveau des insectes et comme ça,
- 1:18:19il le fait aller où lui,
- 1:18:20il veut aller.
- 1:18:21Et donc,
- 1:18:21du coup,
- 1:18:22c'est lui qui incite l'insecte.
- 1:18:23Et vraiment,
- 1:18:24vous pouvez voir cette super jolie photo.
- 1:18:27On voit le Cordyceps qui tord.
- 1:18:29de la cuticule de l'insecte et l'insecte continue à bouger alors qu'il est mort.
- 1:18:36C'est dingue.
- 1:18:37C'est vraiment un truc de mort vivant.
- 1:18:41C'est ça,
- 1:18:41c'est un zombie.
- 1:18:44Regardez pas ça avec des enfants,
- 1:18:45par contre.
- 1:18:45Oui,
- 1:18:46bien sûr.
- 1:18:48Non,
- 1:18:48on fait gaffe.
- 1:18:50Alors,
- 1:18:50je voudrais venir...
- 1:18:52Franchement,
- 1:18:52on pourrait parler encore des heures parce que je trouve ça vraiment tellement incroyable.
- 1:18:56Vous m'avez encore...
- 1:18:57dit quelque chose d'incroyable et j'aimerais vraiment qu'on en parle aux auditeurs parce qu'on a beaucoup dans les auditeurs d'artisans,
- 1:19:04d'artistes,
- 1:19:06bon,
- 1:19:07comme je vous l'ai dit,
- 1:19:07on a beaucoup de scientifiques aussi,
- 1:19:09d'entreprises,
- 1:19:10mais vous m'avez parlé de l'agar art.
- 1:19:13Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu ce que c'est pour les auditeurs et puis pour moi aussi parce que c'est intéressant.
- 1:19:21Alors,
- 1:19:21l'agar art...
- 1:19:23C'est vraiment un gros fun de microbiologiste.
- 1:19:25Alors ça se fait avec des champignons,
- 1:19:26mais aussi avec des bactéries.
- 1:19:28Et c'est de produire de l'art sur des boîtes de pétri.
- 1:19:32Et en gros,
- 1:19:32ce qu'on va faire,
- 1:19:33c'est qu'on va mélanger des bactéries et des champignons pour créer de la couleur,
- 1:19:37comme si on créait un tableau.
- 1:19:38Et donc on va venir,
- 1:19:40on va prendre une boîte de pétri vierge,
- 1:19:42on va choisir ses micro-organismes,
- 1:19:44celui-là parce qu'il est jaune,
- 1:19:45celui-là parce qu'il est rose,
- 1:19:46celui-là parce qu'il va me faire comme de l'herbe ou comme une petite mousse parce que c'est un champignon justement.
- 1:19:52et je vais venir peindre sur ma boîte avec mes bactéries.
- 1:19:57Et ça va pousser pendant deux ou trois jours,
- 1:20:00et c'est seulement au bout de deux ou trois jours que je vais voir apparaître le dessin.
- 1:20:03Et il y a des compétitions mondiales d'Agar Art.
- 1:20:07Il y en a une qui est créée au niveau des IUT,
- 1:20:09qui s'appelle le concours Agar Art pour les étudiants de l'IUT,
- 1:20:11qui est créé chaque année.
- 1:20:13Nous,
- 1:20:13on a des étudiants qui ont participé pendant quelques années,
- 1:20:16c'est plus le cas maintenant,
- 1:20:18mais du coup ça existe aussi.
- 1:20:19Mais il y a des compétitions mondiales d'Agar Art.
- 1:20:21Il y a des gens qui font des choses folles.
- 1:20:23Et en fait,
- 1:20:24ce qui est vraiment bien avec la gare,
- 1:20:25c'est que le dessin n'apparaît pas tout de suite.
- 1:20:28Il faut que le micro-organisme se développe pour voir apparaître le dessin.
- 1:20:31Et en fonction de quand est-ce qu'on met le micro-organisme ou du temps que met le micro-organisme à se développer,
- 1:20:37on peut même faire un dessin qui se modifie avec le temps.
- 1:20:40Parce qu'on sait que celui-là va pousser en deux jours,
- 1:20:42mais que celui-là va pousser en quatre jours.
- 1:20:44Et que celui-là,
- 1:20:44il va être bleu au départ,
- 1:20:45puis après derrière,
- 1:20:46il va devenir gris ou violet.
- 1:20:48Du coup,
- 1:20:48on peut faire évoluer un dessin comme ça sur le temps avec de l'agar.
- 1:20:52Il y a des choses merveilleuses.
- 1:20:53Tapez agar art en Google Images et vous trouverez des choses sublimes.
- 1:20:58Alors,
- 1:20:58c'est ce que j'ai fait quand on a eu notre premier échange.
- 1:21:01Je suis tombée sur une fée clochette comme dans Peter Pan,
- 1:21:05toute faite comme ça et j'ai débloqué.
- 1:21:08Je me suis dit,
- 1:21:09mais…
- 1:21:09Donc,
- 1:21:10en fait,
- 1:21:10il y a la couleur,
- 1:21:12la texture et la durée d'évolution qui jouent là-dedans.
- 1:21:16Oui,
- 1:21:16ça crée.
- 1:21:17Et c'est vraiment un fun chez les microbiologistes,
- 1:21:21c'est vraiment ça,
- 1:21:21c'est que du coup,
- 1:21:22il faut connaître suffisamment les micro-organismes pour savoir ce qui va donner le dessin à la fin.
- 1:21:27Et donc,
- 1:21:27du coup,
- 1:21:28c'est des années d'entraînement,
- 1:21:29des années de tests,
- 1:21:30des années d'utilisation pour réussir à faire des trucs.
- 1:21:34C'est dingue.
- 1:21:34Il y a ceux qui trichent,
- 1:21:35parce qu'il y a ceux qui mettent des colorants alimentaires dans la gélose,
- 1:21:39mais ça,
- 1:21:39c'est du faux.
- 1:21:40Il faut travailler avec les micro-organismes pour faire du vrai agarard,
- 1:21:42il faut faire attention à ça.
- 1:21:44D'accord.
- 1:21:44Bon,
- 1:21:45écoutez,
- 1:21:46ça,
- 1:21:46c'est passionnant.
- 1:21:48qui est connu quasiment que des microbiologistes,
- 1:21:50on ne va pas se mentir.
- 1:21:54Alors,
- 1:21:54moi j'avais envie de vous demander maintenant,
- 1:21:56pour les questions,
- 1:21:57encore d'ouverture.
- 1:21:58Alors franchement,
- 1:21:59vous venez de nous ouvrir un univers à vous toutes seules.
- 1:22:02Non mais franchement Élodie,
- 1:22:03c'est génial,
- 1:22:03j'ai hâte de venir vous voir.
- 1:22:05Donc on a prévu ça.
- 1:22:06Vous ferez de la gare,
- 1:22:07comme ça vous pourrez aussi le faire par vous-même,
- 1:22:10je vous prendrai les poteaux sur la mesure.
- 1:22:12Trop bien.
- 1:22:13Donc vous venez de nous ouvrir un univers à vous toutes seules.
- 1:22:15Je pense que ça va en passionner plus d'un.
- 1:22:17Il y en a plein qui vont aller regarder.
- 1:22:19Franchement,
- 1:22:19je trouve ça génial.
- 1:22:20Je voulais savoir,
- 1:22:22sur les projets des champignons,
- 1:22:23quels sont les projets dans le monde qui vous passionnent le plus ?
- 1:22:28Si vous deviez en garder un,
- 1:22:30quel est le projet que vous regardez vraiment évoluer parce que vous trouvez que c'est hyper prometteur ?
- 1:22:37Alors moi,
- 1:22:39celui que je regarde,
- 1:22:40c'est l'utilisation des champignons pour les bioplastiques et les alternatives au plastique à l'heure actuelle.
- 1:22:46Parce que c'est vraiment une de mes thématiques de recherche.
- 1:22:48Et je ne suis pas toute seule et on est en train de monter un consortium international là-dessus.
- 1:22:52Et il y a plein de collègues que moi,
- 1:22:54je ne connais pas et que je découvre.
- 1:22:55Et en fait,
- 1:22:56l'avantage avec les champignons,
- 1:22:58c'est qu'on peut aller un petit peu plus loin que de l'emballage alimentaire.
- 1:23:00On peut aller sur ce qu'on appelle du smart packaging.
- 1:23:03Et smart packaging,
- 1:23:04donc packaging intelligent,
- 1:23:05c'est-à-dire que par exemple,
- 1:23:07en mettant des éléments fongiques ou pas forcément fongiques,
- 1:23:11mais en mettant certains éléments dans les packagings,
- 1:23:13on peut faire évoluer la couleur et donc du coup indiquer aux consommateurs si l'aliment peut être consommable ou pas.
- 1:23:19Parce que l'emballage va changer de couleur,
- 1:23:21par exemple.
- 1:23:22Alors ça,
- 1:23:22c'est dingue,
- 1:23:23parce que j'ai vu ça dans ma veille en Chine,
- 1:23:25sur les emballages alimentaires de viande,
- 1:23:27de porc,
- 1:23:28pour aider les gens en magasin,
- 1:23:30et c'était,
- 1:23:30à mon sens,
- 1:23:31c'était des anthocyanes qui viraient de couleur en fonction du pH pour indiquer...
- 1:23:37Il n'y a pas que les anthocyanes.
- 1:23:38Les molécules qui peuvent être utilisées.
- 1:23:39Mais globalement,
- 1:23:40le Smart Packaging,
- 1:23:41c'est un packaging intelligent.
- 1:23:42Il y a un autre type de Smart Packaging qui existe,
- 1:23:45que moi je trouve hyper intéressant.
- 1:23:47C'est par exemple,
- 1:23:48je peux très bien faire un packaging avec des prébiotiques et que les prébiotiques,
- 1:23:52au contact de l'aliment,
- 1:23:54soient distribués à l'aliment.
- 1:23:56Ce qui fait que derrière,
- 1:23:57je vais pouvoir consommer un aliment qui sera enrichi en prébiotiques.
- 1:24:01D'accord,
- 1:24:01ok.
- 1:24:03Il y a plein de types et plein d'idées de Smart Packaging.
- 1:24:07Et c'est vrai que moi,
- 1:24:07ce qui m'intéresse actuellement en recherche,
- 1:24:10c'est ça.
- 1:24:10Et on s'aperçoit que clairement,
- 1:24:12les champignons sur le Smart Packaging vont jouer un enjeu parce que justement,
- 1:24:16on va pouvoir contrôler la biomasse qu'on va pouvoir produire.
- 1:24:19Ce n'est pas forcément le cas avec les agro-ressources à l'heure actuelle.
- 1:24:22Il faut savoir qu'une agro-ressource,
- 1:24:24ça va dépendre de la chaleur qu'il aura fait dans l'année,
- 1:24:26ça va dépendre de toutes les conditions environnementales,
- 1:24:28mais je ne vais jamais avoir la même composition d'agro-ressources.
- 1:24:31Alors,
- 1:24:31quand je...
- 1:24:31produire un champignon de manière biotechnologique,
- 1:24:34j'ai toujours la même chose et je peux le produire toute l'année en fait.
- 1:24:37Donc je ne suis pas dépendante de ça.
- 1:24:39Et donc je pense que les champignons représentent un vrai enjeu dans tout ce développement de packaging biosourcé et de smart packaging.
- 1:24:50C'est vrai que c'est parce que c'est ma thématique de recherche mais c'est ce que je regarde le plus.
- 1:24:54D'accord.
- 1:24:54Est-ce que vous avez un événement dans le domaine du champignon français ?
- 1:24:59Je ne sais pas s'il y a un rassemblement ?
- 1:25:02Du coup,
- 1:25:02il y a ma collègue,
- 1:25:03justement,
- 1:25:04Rosane Ravalek.
- 1:25:06La première réunion aura lieu lundi prochain.
- 1:25:08Donc,
- 1:25:09ce n'est pas pour tout de suite,
- 1:25:09mais en 2026,
- 1:25:11il me semble que c'est 2026,
- 1:25:12aura lieu un congrès qui s'appellera Fermentation.
- 1:25:15Et donc,
- 1:25:16du coup,
- 1:25:17il va y avoir un congrès sur le monde des champignons et des bactéries qui va se développer,
- 1:25:21et sur la fermentation en particulier.
- 1:25:25Je devrais certainement déposer quelque chose pour présenter mes recherches.
- 1:25:29Top.
- 1:25:31Est-ce que vous avez des bouquins sur les champignons ?
- 1:25:33On a vu le bouquin que vous nous aviez montré pour les enfants.
- 1:25:35Je le remets une fois,
- 1:25:37parce que je le trouvais formidable.
- 1:25:39Les petits docs plus et les champignons d'étonnants êtres vivants.
- 1:25:45Pour ceux qui sont en audio,
- 1:25:47allez sur Patreon pour voir les vidéos des podcasts.
- 1:25:52Un livre pour adultes ?
- 1:25:53Qu'est-ce qu'on pourrait recommander ?
- 1:25:55Essayez de faire des pleurotes vous-même chez vous à partir de votre marbre de café.
- 1:25:59Le guide de culture des champignons maison.
- 1:26:01Et donc,
- 1:26:02vous pouvez reproduire.
- 1:26:03Et donc,
- 1:26:03ça,
- 1:26:03c'est quelque chose que j'ai essayé avec mes étudiants il y a deux ans.
- 1:26:07Et ça marche super bien.
- 1:26:08Donc,
- 1:26:08on peut partir d'une pleurote qu'on achète à l'intermarché et refaire de la pleurote derrière et avoir son stock de pleurotes maison qu'on peut manger à la main.
- 1:26:17Sans problème.
- 1:26:18Une belle omelette.
- 1:26:19et ce livre m'a appris énormément de choses et il est très bien vulgarisé c'est un livre d'Eliott Webb et je le conseille fortement je l'ai dévoré génial,
- 1:26:30franchement top alors d'habitude je pose la question si vous étiez une plante teintoriale laquelle seriez-vous ?
- 1:26:40si vous deviez choisir un champignon qui vous ressemble le plus lequel ce serait et pourquoi ?
- 1:26:47Alors.
- 1:26:47qui me ressemble le plus.
- 1:26:49On va rester sur Aspergillus tubingensis.
- 1:26:52Ça reste mon bébé.
- 1:26:53C'est vraiment le champignon monpozox.
- 1:26:54C'est celui qui m'a mis aux champignons filamenteux.
- 1:26:57J'avoue que j'hésiterais entre celui-là et la levure parce que j'aime quand même beaucoup le pain et la bière.
- 1:27:02Mais du coup,
- 1:27:03on va rester sur Aspergillus tubingensis.
- 1:27:06Il est antioxydant et du coup,
- 1:27:08j'ai l'impression de ne pas vieillir.
- 1:27:09Comme ça,
- 1:27:09ça me va très bien.
- 1:27:12Ok.
- 1:27:13Est-ce qu'il y a quelque chose,
- 1:27:14Élodie,
- 1:27:15qu'on a...
- 1:27:16Alors,
- 1:27:16c'est sûr que vous avez...
- 1:27:17qu'on a oublié des choses,
- 1:27:18c'est sûr.
- 1:27:19Mais est-ce qu'il y a un sujet que vous voulez...
- 1:27:21C'est ça,
- 1:27:22quand je viendrai vous voir,
- 1:27:23on en fera en direct au labo,
- 1:27:24ce sera hyper intéressant si on oublie des choses.
- 1:27:27Est-ce que là,
- 1:27:27pour cet épisode,
- 1:27:28qui va arriver dans le cadre de cette série sur l'ouverture à la biotech,
- 1:27:32est-ce que vous avez encore des choses à nous dire qu'on aurait pu oublier,
- 1:27:36sachant qu'on complétera en septembre quand on se verra ?
- 1:27:39Je pense qu'on a fait pas mal le tour,
- 1:27:40donc je dirais que non.
- 1:27:41Par contre,
- 1:27:42si les gens ont des questions qu'ils n'hésitent pas,
- 1:27:43j'y répondrai avec plaisir.
- 1:27:45ou justement pour...
- 1:27:45créer un deuxième épisode que les gens posent leurs questions comme ça on aura déjà les questions des gens et je pourrais les préparer à l'avance trop bien donc toutes nos curieuses et curieuses du podcast à récover n'hésitez pas sous les posts qui paraîtront et là où vous pouvez mettre des commentaires mettez vos questions pour Elodie parce qu'en septembre je vais au labo et
- 1:28:06on va continuer à explorer le monde des champignons franchement Elodie je j'ai pas vu le temps passer
- 1:28:13je vois que là je n'ai pas du temps on les a ratés de loin non ça va franchement c'était hyper passionnant vraiment c'est un monde qui s'ouvre qui a beaucoup de points communs dans le sens enfin moi j'y vois beaucoup de points communs avec ce que je travaille depuis deux ans et demi mais
- 1:28:31j'ai l'impression que ça va encore plus loin dans l'agilité du travail j'ai l'impression que c'est encore plus il y a plus de potentialité en fait c'est beaucoup plus il y a encore plus c'est encore plus grand
- 1:28:44C'est encore plus grand.
- 1:28:46C'est un vaste monde,
- 1:28:47c'est un univers entier les champignons.
- 1:28:48Et ce qui me plaît beaucoup,
- 1:28:50c'est cette enquête qu'il va falloir encore mener sur le lien entre ce que la plante a pu transmettre aux champignons,
- 1:28:59comme vous l'expliquiez tout à l'heure,
- 1:29:00de se dire qu'est-ce qui a fait qu'ils se communiquent entre eux ou se passent des infos.
- 1:29:06Ça,
- 1:29:07ce serait hyper intéressant de cruiser.
- 1:29:09Si on parle pigments et champignons,
- 1:29:11moi,
- 1:29:11les deux choses que je veux faire dans ma carrière,
- 1:29:14alors en fonction des financements que j'arriverai à obtenir,
- 1:29:16parce qu'on en est toujours là aussi quand on est chercheur,
- 1:29:19c'est justement de réussir à prouver mon hypothèse sur la mélanine et le fait que ce ne soit pas un pigment.
- 1:29:25Ça,
- 1:29:25c'est vraiment quelque chose qui me tient à cœur depuis que je suis en postdoc,
- 1:29:28parce qu'aspergillus tubingensis,
- 1:29:30en fait,
- 1:29:30il fait partie des black aspergillis.
- 1:29:32C'est un des champignons filamenteux qui produit le plus de mélanine,
- 1:29:35vraiment.
- 1:29:36Donc,
- 1:29:36c'est pour ça que je suis aussi partie sur ce champignon-là.
- 1:29:39Et oui,
- 1:29:40la petite découverte qu'on a faite avec le mucor bleu et l'isatis,
- 1:29:43et l'échange,
- 1:29:43le dialogue moléculaire entre la plante et le champignon.
- 1:29:46Mais ça,
- 1:29:48c'est tellement…
- 1:29:50On a tellement envie de partir là-dedans.
- 1:29:51Mais encore une fois,
- 1:29:52il faut trouver les financements.
- 1:29:53Alors,
- 1:29:54je le rappelle,
- 1:29:54parce que ça se fait naturellement sur les épisodes teinture,
- 1:29:58plantes teintoriales,
- 1:29:59etc.
- 1:29:59Mais s'il y a des experts,
- 1:30:01d'autres chercheurs,
- 1:30:02des gens qui ont lu des choses,
- 1:30:04etc.
- 1:30:04que c'est comme d'hab un épisode interactif et que les gens qui ont des infos ou qui ont étudié ce sujet-là sont les bienvenus pour rebondir,
- 1:30:12pour venir sur le podcast,
- 1:30:13etc.
- 1:30:13Parce que l'objectif,
- 1:30:14c'est vraiment qu'on vienne parler de tout ça.
- 1:30:17Franchement,
- 1:30:17je suis hyper contente.
- 1:30:19Moi,
- 1:30:19je suis quelqu'un qui collabore facilement.
- 1:30:22Donc,
- 1:30:22si les gens veulent me contacter pour des collaborations de recherche,
- 1:30:25ce sera avec plaisir.
- 1:30:26Je considère que la science,
- 1:30:27ça se partage et qu'on est plus fort à plusieurs que tout seul.
- 1:30:30Donc,
- 1:30:30surtout,
- 1:30:30il ne faut pas hésiter.
- 1:30:32Canon.
- 1:30:33écoutez franchement Elodie vous êtes mon premier épisode sur l'ouverture aux biotechnologies je ne suis pas déçue donc je remercie Romain Vauclin qui m'a passé votre contact clairement il m'a dit tu vas voir il ne s'est pas trompé franchement je ne suis vraiment pas déçue en plus il y a eu plein de surprises aussi sur la biotech végétale je ne savais pas que vous aviez travaillé aussi là dessus franchement Elodie un grand merci et on se donne nous rendez-vous en septembre pour continuer ça mais au
- 1:31:00labo ok ?
- 1:31:01voilà
- 1:31:02parfaitement.
- 1:31:03Merci beaucoup Elodie Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:31:15Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix c'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:31:28Merci à tous Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques biotechnologies couleurs du vivant