Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / Comment réparer les violences faites aux femmes grâce au corps – avec Sylvie Delanoue
Transcript
- 0:03Flamme des années 80.
- 0:05Le podcast qui allume la femme.
- 0:10Bonjour,
- 0:10nous sommes au mois de novembre,
- 0:12nous parlons des violences faites aux femmes.
- 0:14Et aujourd'hui particulièrement,
- 0:15nous allons aborder la réparation,
- 0:18la reconstruction.
- 0:19Et on a la chance de recevoir Sylvie Delannou,
- 0:22qui va nous expliquer comment elle aide toutes ces femmes en s'occupant de leur corps.
- 0:27On peut dire ça comme ça ?
- 0:29Oui,
- 0:30bonjour à toutes et deux.
- 0:31Merci de me recevoir et de permettre de témoigner de mon expérience professionnelle.
- 0:40Et on a déjà eu la chance de recevoir
- 0:42Sylvie quand on a abordé la psychologie en parlant de la thérapie par les facias.
- 0:46Voilà,
- 0:47comme ça,
- 0:47si vous voulez en savoir plus,
- 0:48vous pouvez aller aussi écouter cette émission.
- 0:51Mais on a la chance de l'avoir aujourd'hui,
- 0:52donc elle va me dire plein de choses.
- 0:53On repart des facias un petit peu ?
- 0:55Allez,
- 0:55on remet un petit peu à jour qu'est-ce que c'est les facias en fait.
- 0:57Voilà,
- 0:57et pourquoi les facias ?
- 0:59pourquoi la violence faite aux femmes et pourquoi la réparation par le corps et comment le corps est impliqué dans la violence et comment il est impliqué aussi dans la réparation de tous ces traumatismes
- 1:15qui peuvent être engendrés par ça.
- 1:17Ça me semble un programme parfait.
- 1:20Voilà,
- 1:20donc peut-être faire un petit rappel dans le sens où moi,
- 1:26de mon point de vue,
- 1:27je suis toute...
- 1:28toutes les violences,
- 1:30qu'elles soient physiques,
- 1:31psychiques,
- 1:34au niveau d'une manière de penser,
- 1:37au niveau d'un rapport au corps,
- 1:39au niveau de la relation,
- 1:40elles peuvent même être environnementales aussi,
- 1:44elles vont à un moment ou à un autre avoir un impact sur le corps plus ou moins indirect.
- 1:50Et donc les facias,
- 1:52puisque moi c'est ma spécialité,
- 1:54mon expertise,
- 1:55je suis très...
- 1:57sensible au monde des fascias et à l'univers des fascias.
- 2:01Pour rappeler,
- 2:04ça forme à l'intérieur de notre corps,
- 2:06qui relie de la tête aux pieds,
- 2:07des pieds à la tête,
- 2:09mais aussi de la surface de notre peau à la profondeur de chacune de nos cellules,
- 2:15une grande trame,
- 2:15une grande architecture interne,
- 2:18qui pèse à peu près 20 kg chez un adulte,
- 2:21et qui a comme spécificité d'envelopper.
- 2:27de protéger et de nourrir aussi bien la globalité de nous-mêmes que chaque organe,
- 2:34chaque os,
- 2:34chaque muscle.
- 2:36Alors les fascias,
- 2:36ils sont surtout connus pour être autour des muscles,
- 2:40beaucoup,
- 2:41mais en fait,
- 2:41on en a partout.
- 2:43Et il y en a donc autour de notre système nerveux,
- 2:46il y en a vraiment tout partout.
- 2:49Donc les fascias,
- 2:51ils ont cette particularité,
- 2:52donc avoir une fonction de protection,
- 2:55d'enveloppement.
- 2:56Mais ils ont,
- 2:57pour le sujet qui nous concerne,
- 3:03une plasticité.
- 3:04C'est-à-dire qu'ils sont un petit peu en mouvement.
- 3:05Vous pouvez imaginer,
- 3:07par exemple,
- 3:08comme une grande toile,
- 3:10où parfois il y a,
- 3:12sur les aires de jeu pour enfants,
- 3:13des grands tissages comme ça,
- 3:16qui font un maillage.
- 3:18On pourrait dire ça comme ça.
- 3:19Et donc,
- 3:20ce maillage,
- 3:20comme il est dans notre corps,
- 3:22il est vivant,
- 3:23ce maillage est en mouvement.
- 3:25Ce qu'on sait au niveau des facias,
- 3:27c'est que quand ils vont bien,
- 3:28ils sont en mouvement,
- 3:30ce mouvement à l'intérieur du corps est très organisé,
- 3:33aussi bien dans l'espace que dans le temps.
- 3:35Et donc,
- 3:37par rapport à notre sujet d'aujourd'hui,
- 3:40on sait que les facias vont être très très réceptifs à tous les chocs,
- 3:46qu'ils soient physiques ou psychiques,
- 3:48ou environnementaux,
- 3:50ou quels qu'ils soient.
- 3:51Et donc,
- 3:51ils vont venir impacter.
- 3:54cette grande trame qui entoure tout de nous,
- 3:58en venant arrêter ce mouvement du vivant.
- 4:02Et ils ont,
- 4:04on travaille de ce fait pour traiter les traumas et les traumas conséquents aux violences.
- 4:13Je dis qu'elles soient physiques ou psychiques.
- 4:15On va venir...
- 4:17Les facias sont à mémoire de forme.
- 4:20Donc vous voyez,
- 4:20quand on a un oreiller à mémoire de forme,
- 4:22qu'on pose la main dessus,
- 4:24l'oreiller va garder la mémoire de la forme qu'on a imprimée sur l'oreiller.
- 4:31Et bien,
- 4:31dans notre corps,
- 4:32ça va être la même chose.
- 4:33C'est-à-dire qu'un coup,
- 4:35et ça,
- 4:35ça va être peut-être tout un...
- 4:39d'aborder ce soir,
- 4:42qu'est-ce qu'un coup,
- 4:42qu'est-ce que de la violence,
- 4:44qu'est-ce qu'un choc,
- 4:45qu'est-ce qu'un trauma,
- 4:46comment tout ça s'organise.
- 4:47Mais en tout cas,
- 4:47dans notre corps,
- 4:48il va y avoir.
- 4:52les fascias vont garder l'empreinte de ces coups.
- 4:54Et donc,
- 4:55c'est ce qui va nous permettre,
- 4:56mais je pense qu'on va le développer un petit peu plus tard,
- 4:58de savoir où s'est porté le coup,
- 5:02comment il a été,
- 5:03on peut même voir son impact,
- 5:05et aussi de ce fait,
- 5:05comment réparer,
- 5:07comment remettre du mouvement dans l'espace et dans le temps,
- 5:10dans la trame des fascias.
- 5:13En fait,
- 5:13si on comprend bien,
- 5:14c'est-à-dire que dès qu'on a un coup,
- 5:15et un coup,
- 5:15ça peut être aussi quelque chose de verbal,
- 5:18ce n'est pas forcément un coup physique,
- 5:19ce n'est pas forcément un coup de poing ou quelque chose comme ça.
- 5:22Ça peut être une parole,
- 5:24ça peut être une agression verbale,
- 5:26ça peut être un comportement qui se répète pendant de nombreux,
- 5:29même pas forcément de nombreuses années.
- 5:30Si,
- 5:32pendant de nombreuses années.
- 5:34Ou ça peut être aussi une seule fois qui peut l'ancrer.
- 5:36Ou ça peut être une seule fois,
- 5:37mais c'est pour ça que je pense qu'il va être important.
- 5:41de définir ce que c'est que la violence.
- 5:43Parce qu'en fait,
- 5:44moi je vois dans les personnes que je reçois,
- 5:46et particulièrement par rapport aux femmes,
- 5:48puisque c'est le sujet d'aujourd'hui,
- 5:53il est très difficile,
- 5:55quand on a été violenté,
- 5:57souvent,
- 5:58de reconnaître que c'est de la violence.
- 6:01Donc il y a tout un travail préalable de reconnaissance,
- 6:05que par exemple...
- 6:08donner une claque à quelqu'un,
- 6:09c'est de la violence.
- 6:10Mais recevoir une claque,
- 6:11recevoir une gifle,
- 6:12c'est avoir reçu de la violence.
- 6:14Recevoir un coup de pied,
- 6:15c'est de la violence.
- 6:16Être projeté par terre,
- 6:17c'est de la violence.
- 6:18Une parole,
- 6:19une injure,
- 6:20c'est de la violence.
- 6:21Une injonction paradoxale,
- 6:24c'est de la violence.
- 6:25Donc quand j'entends une injonction paradoxale,
- 6:27c'est je t'aime et je te bats.
- 6:30C'est de la violence.
- 6:32Il y a...
- 6:34La violence a tout un tas de formes,
- 6:37de modalités qui le dénient aussi.
- 6:41Il y a des femmes qui viennent et elles ont été confiées à une amie,
- 6:46une voisine,
- 6:47ou même des fois à des autorités,
- 6:50qu'elles ont été violentées.
- 6:51On dit non,
- 6:52on ne s'en occupe pas.
- 6:53Ça,
- 6:53c'est de la violence aussi.
- 6:55Le déni de la violence,
- 6:56c'est de la violence.
- 6:57Donc il y a tout un travail préalable.
- 7:00Enfin,
- 7:00en tout cas,
- 7:01qui est préalable ou qui est concomitant d'un travail verbal de reconnaissance de la violence,
- 7:08des faits,
- 7:09et un travail de réparation tissulaire.
- 7:13Et si on vient de voir,
- 7:14par exemple,
- 7:15et que...
- 7:17On vient de voir,
- 7:17parce que si on vient...
- 7:19Comme on pourrait voir un kiné,
- 7:21entre guillemets,
- 7:22dans cette optique-là,
- 7:23et qu'en fait,
- 7:24toi,
- 7:24tu vois qu'il y a eu de la violence,
- 7:25mais que la personne ne le sait pas.
- 7:26Comment tu...
- 7:27Qu'est-ce que tu fais ?
- 7:28C'est toujours complexe.
- 7:29C'est pour ça que je disais qu'il y a vraiment une reconnaissance préalable de reconnaître qu'avoir reçu une gifle,
- 7:37d'avoir reçu une injure,
- 7:38d'avoir reçu une assiette dans la figure,
- 7:42d'avoir un regard des fois suffit.
- 7:48Un geste,
- 7:50ça suffit.
- 7:51Et en proportion par exemple des femmes qui viennent te voir parce que c'est à peu près 70-80% de ta patientèle ?
- 7:57Oui.
- 7:58C'est combien de personnes sont en déni,
- 8:02entre guillemets,
- 8:03alors que toi,
- 8:04tu le vois dans le corps qu'elles ont reçu de la violence,
- 8:05mais elles ne le savent pas.
- 8:07Elles ne veulent pas le formuler,
- 8:08peut-être.
- 8:08C'est-à-dire que je ne vois pas que dans le corps.
- 8:09Je l'entends aussi à ce qu'elles me disent.
- 8:13C'est-à-dire que moi,
- 8:13quand quelqu'un me dit,
- 8:15par exemple,
- 8:17mon mari m'a bousculé,
- 8:18je suis tombée par terre,
- 8:20c'est de la violence.
- 8:21Et elle le nie,
- 8:21du coup ?
- 8:22C'est-à-dire que c'est très difficile de reconnaître que quelqu'un qu'on aime
- 8:27nous maltraite en fait.
- 8:28Donc il y a tout un travail,
- 8:30j'ai envie de dire,
- 8:30presque neuronal de déchoquage pour pouvoir dire,
- 8:34ah oui en fait,
- 8:34elle me dit qu'elle m'aime,
- 8:35mais en fait,
- 8:36il m'a balancé par terre.
- 8:37Donc voilà,
- 8:38c'est le juge Edouard Durand qui dit,
- 8:41en fait,
- 8:42quand on aime,
- 8:43ça ne fait pas mal.
- 8:44Donc je crois qu'il y a des bases comme ça,
- 8:49très simples,
- 8:51mais qui sont fondamentales à rappeler pour pouvoir,
- 8:54j'ai envie de dire,
- 8:55travailler corps et âme.
- 8:56à la réparation de la violence.
- 8:58Mais effectivement,
- 8:59quand on aime quelqu'un,
- 9:00on ne lui fait pas mal.
- 9:02Si tu as des cas de...
- 9:03Parce que parfois,
- 9:04il peut y avoir de l'amnésie post-traumatique,
- 9:05aussi des gens qui ont occulté comme ça.
- 9:09Oui,
- 9:09il y a ça.
- 9:10Mais ça,
- 9:10c'est vraiment deux choses différentes.
- 9:12L'amnésie post-traumatique,
- 9:13la personne,
- 9:13elle ne va même pas te dire qu'on...
- 9:15Oui,
- 9:15oui,
- 9:15c'est ça.
- 9:16Mais est-ce que toi,
- 9:16si une personne a dit j'ai hyper mal là toi,
- 9:18tu peux détecter qu'il y a eu quelque chose qui s'est passé et peut-être elle n'arrive pas à mettre des mots dessus ?
- 9:25Ça,
- 9:25ça va être l'écoute du corps et c'est là où effectivement,
- 9:27quand il y a une amnésie post-traumatique ou quand un choc a été engrammé dans le corps,
- 9:34le fait de pouvoir être en dialogue tissulaire à travers les fascias va pouvoir,
- 9:40en tout cas en tant que professionnel,
- 9:44donner des indications sur la nature du choc,
- 9:50la temporalité aussi.
- 9:53Mais en tout cas,
- 9:54moi,
- 9:54dans ma pratique,
- 9:55je ne peux pas...
- 9:56En tout cas,
- 9:57ce qui est important,
- 9:58moi,
- 9:58ce que j'aime dans cette pratique avec les faciaires,
- 10:00c'est qu'on sait,
- 10:02quand un endroit du corps a été immobilisé,
- 10:06qu'il y a eu un choc.
- 10:07Donc la personne,
- 10:08elle a pu,
- 10:09je ne sais pas,
- 10:09peut-être tomber de cheval et ce sera un choc qui sera violent,
- 10:13mais ce ne sera pas de la violence.
- 10:15Ce n'est pas la même chose.
- 10:17Ce n'est pas comme si quelqu'un l'avait fait,
- 10:18tomber de cheval.
- 10:19Et ça,
- 10:19tu arrives à voir la subtilité entre quelqu'un qui est tombé de cheval et vraiment c'est quelque chose de violent ?
- 10:24Alors ce qui est intéressant et moi ce que je trouve passionnant dans ce travail avec les facias,
- 10:27c'est qu'en fait on sait que quand il y a eu une immobilité dans les tissus,
- 10:31il y a eu choc.
- 10:32Et donc on sait,
- 10:34on est un petit peu comme les surfers,
- 10:36on sait où passe la vague du vivant.
- 10:38Donc en fait avec nos mains,
- 10:39on va,
- 10:39comme le surfeur dans l'eau,
- 10:40il va savoir,
- 10:41il va se laisser,
- 10:42comment dire,
- 10:44mouvoir par le courant.
- 10:46Et donc en posant nos mains...
- 10:49et en rentrant dans ce dialogue tissulaire qui est aussi un dialogue relationnel.
- 10:56Ça peut me paraître bizarre de dire qu'on est en relation avec les tissus du corps,
- 10:59mais c'est vraiment une réalité.
- 11:03Les tissus vont répondre ou pas.
- 11:06Ils vont répondre un petit peu,
- 11:07ils vont répondre beaucoup,
- 11:08ils ne vont répondre pas du tout.
- 11:10Et donc,
- 11:11au bout d'un certain temps,
- 11:12parfois c'est dans l'immédiateté si la personne est prête,
- 11:15parfois il faut beaucoup plus de temps.
- 11:17Parfois,
- 11:17il faut des années.
- 11:19Parfois,
- 11:19il faut quelques mois.
- 11:20Parfois,
- 11:20il faut moins.
- 11:22En fait,
- 11:22les tissus vont se remettre en mouvement.
- 11:26Et ça,
- 11:26c'est toujours un moment qui est extrêmement touchant.
- 11:28C'est-à-dire que quand le tissu se remet en mouvement,
- 11:30c'est-à-dire que la mémoire qui était restée capturée dans la forme à l'impact du choc,
- 11:43la mémoire va se libérer.
- 11:44C'est-à-dire que le tissu,
- 11:45en se remettant en mouvement...
- 11:46va redonner,
- 11:50libérer l'émotion qui était contenue dedans,
- 11:53va libérer la parole et la personne va avoir accès dans sa vision intérieure,
- 12:00j'ai envie de dire,
- 12:02à la scène,
- 12:02à ce qui s'est passé réellement.
- 12:05Voilà,
- 12:05et c'est pour ça qu'elle va dire je suis tombée de cheval ou on m'a fait tomber de cheval
- 12:09Et donc,
- 12:10c'est très différent.
- 12:12Et c'est très intense aussi.
- 12:14Comment ?
- 12:14C'est très intense aussi.
- 12:16Et c'est très intense,
- 12:17oui.
- 12:18Et ce faisant,
- 12:18il y a vraiment,
- 12:19c'est vraiment ça.
- 12:20Alors,
- 12:20les tissus se remettent en mouvement.
- 12:23Et c'est là où,
- 12:24voilà,
- 12:24ça va être notre travail de remettre les tissus là,
- 12:28comme c'était avant le trauma.
- 12:31Et donc,
- 12:31c'est en ça qu'il y a une possibilité de,
- 12:34alors ça dépend des situations et des personnes,
- 12:37mais soit d'effacer la trace,
- 12:40c'est-à-dire que la personne,
- 12:41elle aura un souvenir,
- 12:42mais dans le corps,
- 12:42il n'y aura plus l'empreinte.
- 12:44Soit ça va se diluer.
- 12:46soit ça va se dissoudre,
- 12:47soit ça va...
- 12:48Il y a plusieurs manières et ça c'est différent chez chaque personne.
- 12:53Mais en tout cas,
- 12:53ce qu'on sait,
- 12:54nous on connaît comment c'est quand dans un corps,
- 13:00quand tout va bien.
- 13:01Donc en fait,
- 13:02l'idée c'est que c'est comme toujours l'histoire avec la main sur l'oreille à mémoire de forme,
- 13:07eh bien en remettant les tissus en mouvement,
- 13:09donc je vous redis,
- 13:10l'émotion va se libérer.
- 13:12Donc ça peut être de la peur,
- 13:13ça peut être de la colère.
- 13:15Ça peut être souvent,
- 13:16c'est de la terreur en fait,
- 13:17qui est vécue et donc qui va se libérer,
- 13:19qui va s'exprimer sous forme de larmes ou sous forme de cris.
- 13:24Mais bon,
- 13:25c'est en général,
- 13:29ce n'est pas des intensités émotionnelles débordantes parce que la personne,
- 13:33elle est dans la réalité de ce qu'elle vit.
- 13:36Et elle va avoir,
- 13:38donc c'est ça qui est intéressant aussi avec les fascias,
- 13:42c'est que les fascias sont porteurs de capteurs.
- 13:45qu'on appelle les propriocepteurs,
- 13:48qui ont la mémoire.
- 13:49Pour vous dire,
- 13:50par exemple,
- 13:50si on se lève la nuit pour aller,
- 13:52mettons,
- 13:53faire pipi,
- 13:53et qu'on est dans le noir,
- 13:55on va arriver à se diriger comme ça.
- 13:56Donc ça veut dire qu'on va avoir la mémoire que si je me lève,
- 14:00il faut que j'aille tout droit,
- 14:01et puis que j'aille à gauche,
- 14:02et puis que j'aille au bout du couloir,
- 14:04à droite,
- 14:04et que j'ouvre la porte.
- 14:05Je n'ai pas forcément de lumière pour voir ça.
- 14:07Et donc j'ai une vision très nette à l'intérieur de moi-même,
- 14:15de ce qui se passe.
- 14:16Et donc,
- 14:17pour tous les chocs,
- 14:18pour tout ça,
- 14:19en fait,
- 14:19on a la vision se réactive à travers ça.
- 14:24Donc il y a l'émotion,
- 14:25la vision,
- 14:26et les tissus qui se remettent en mouvement.
- 14:28Et la parole se libère,
- 14:30c'est-à-dire que la personne peut dire.
- 14:32Et c'est ça qui aide à résoudre et surtout à dissoudre vraiment les traces de trauma dans le corps.
- 14:43Est-ce que le travail sur le corps,
- 14:47tu penses que c'est mieux qu'il soit fait avant la parole ou après ?
- 14:52ou en même temps,
- 14:53est-ce qu'il y a une marche à suivre un peu mieux ?
- 14:59Je dirais qu'il n'y a pas de...
- 15:00En tout cas,
- 15:01la parole,
- 15:02le travail émotionnel,
- 15:04le travail sur le corps,
- 15:06en fait,
- 15:06sont des voies d'entrée.
- 15:09La meilleure méthode,
- 15:10c'est ce qui est la plus facile.
- 15:11Après,
- 15:12ce qui est sûr,
- 15:12c'est que toute cette approche par le corps,
- 15:15elle va nous aider sur tous les traumas qui ont lieu dans la toute petite enfance.
- 15:20quand l'enfant n'avait pas les mots pour le dire,
- 15:26quand c'est plus tard,
- 15:27quand il y avait les mots pour le dire,
- 15:29mais que ça n'a pas pu se dire,
- 15:30c'est-à-dire que c'est resté à l'état de secret,
- 15:33et que ça continue à vivre dans l'anonymat du corps.
- 15:39De ce dont tu parlais tout à l'heure,
- 15:40des amnésies post-traumatiques,
- 15:42c'est-à-dire qu'effectivement,
- 15:43quand il y a des violences,
- 15:47on le sait,
- 15:48pour se protéger,
- 15:49il y a une on appelle ça une schisse,
- 15:52c'est-à-dire une coupure entre ce qui est arrivé et la conscience de ce qui est arrivé.
- 15:57Donc dans ces cas-là c'est sûr que le corps est très aidant parce que petit à petit on va pouvoir réapprivoiser ces espaces comme ça qui sont sidérés,
- 16:07qui sont figés qui sont traumatisés donc ça va être intéressant parce que sinon,
- 16:13quand il n'y a pas la mémoire
- 16:15On ne peut pas,
- 16:15même si la personne,
- 16:16des fois,
- 16:16elle a un petit pressentiment,
- 16:17si on parle,
- 16:18elle va dire ah oui,
- 16:19peut-être,
- 16:19mais je ne sais pas
- 16:20Et ce qui est très intéressant dans les fascias,
- 16:22c'est que ça nous connecte à ce qu'on appelle nous l'éprouver
- 16:25C'est-à-dire, on sait parce qu'on l'a senti.
- 16:28Et parfois,
- 16:28dans les traumas et dans les violences,
- 16:30c'est cette fonction sentir qui est abîmée,
- 16:36en fait,
- 16:36qui est endommagée.
- 16:37Et soit les personnes,
- 16:38elles ne sentent plus,
- 16:39soit elles ne sentent plus si c'est juste ou pas,
- 16:41soit elles ne sentent plus si ça fait mal ou pas.
- 16:44Et donc,
- 16:44il y a tout un travail,
- 16:46une approche vraiment par rapport à la fonction scientifique.
- 16:48Oui,
- 16:49on était en off tout à l'heure quand on a parlé de ce livre,
- 16:51parce qu'on prépare un petit peu nos émissions.
- 16:53Donc,
- 16:53vas-y,
- 16:53continue comme ça.
- 16:55Tu peux redonner le titre du livre ?
- 16:56Pour protéger l'enfant,
- 16:58protégeant la mère.
- 16:59Voilà,
- 16:59donc il peut être intéressant de commencer par une approche corporelle dans ces conditions-là.
- 17:10Soit parce que c'est la toute petite enfance,
- 17:12quand l'enfant ne savait pas parler.
- 17:13Soit parce qu'il savait parler mais personne ne l'a écouté,
- 17:16donc il a dû retenir sa parole.
- 17:18Soit dans les amnésies post-traumatiques.
- 17:22Et je parlais de l'éprouver,
- 17:24qui est quelque chose qui est très important pour nous,
- 17:26et qui est en lien aussi avec les propriocepteurs,
- 17:28c'est-à-dire que quelque chose,
- 17:29on sait que c'est vrai parce qu'on l'a éprouvé,
- 17:33parce qu'on l'a senti.
- 17:34Et voilà,
- 17:35je parlais de la fonction sentir,
- 17:37combien elle était importante à réhabiliter,
- 17:40et un coup,
- 17:41ça fait mal.
- 17:43Et un coup,
- 17:43c'est de la violence.
- 17:45Donc il y a cette forme de B.A.B.A.
- 17:49qui est vraiment une forme de prérequis pour pouvoir se rendre compte qu'on a été violenté et de ce fait se mettre en situation de ne plus le réparer,
- 18:03et aussi de ne plus l'être.
- 18:05Et ce qui était intéressant,
- 18:06c'est que tout à l'heure en off,
- 18:08on parlait de...
- 18:09De la violence,
- 18:09tu disais,
- 18:10ce n'est pas que physique,
- 18:10il y a aussi la violence par rapport à la nourriture,
- 18:12il y a la violence par rapport à...
- 18:14Oui,
- 18:15c'est-à-dire que les sources de violence,
- 18:18moi ce que j'ai observé,
- 18:19c'est que les violences faites aux femmes,
- 18:20bien souvent,
- 18:21elles prennent leur origine,
- 18:24soit dans la petite enfance,
- 18:25quand déjà la petite fille a été violentée,
- 18:27et effectivement,
- 18:28la violence,
- 18:29malheureusement,
- 18:30n'est pas que les coups.
- 18:32La violence,
- 18:32elle peut être dans la nourriture,
- 18:33par exemple,
- 18:35forcée,
- 18:36de manière intrusive.
- 18:38Mettre une cuillère dans la bouche,
- 18:40par exemple,
- 18:40c'est intrusif.
- 18:41Il y a des violences qui sont faites dans l'apprentissage de la propreté,
- 18:46sur la mise sur le pot,
- 18:48quand il y a des menaces,
- 18:49quand il y a des injonctions.
- 18:52Tu ne te lèveras pas tant que tu n'auras pas fait,
- 18:54par exemple.
- 18:55Tout ça va beaucoup laisser de traces et donc créer une espèce de flou sur ce que c'est que la bientraitance et ce que c'est que la maltraitance.
- 19:06Et donc,
- 19:07oui,
- 19:07la violence,
- 19:07elle commence très,
- 19:09très tôt.
- 19:10Et donc ça,
- 19:11je parle des violences comme ça,
- 19:12mais il y a aussi,
- 19:12bien sûr,
- 19:13toutes les violences sexuelles qui commencent aussi très tôt.
- 19:19Mais en tout cas,
- 19:19je pourrais dire que les violences,
- 19:22en tout cas dans le corps et par rapport à l'organisation des facia,
- 19:26elles pourraient se décliner.
- 19:28Il y a les violences qui vont toucher plus spécifiquement le système nerveux,
- 19:32qui vont concerner...
- 19:34tout ce qui est la dure mère,
- 19:36on l'appelle comme ça,
- 19:36qui est le fascia qui est vraiment en lien avec le système nerveux,
- 19:39et là où ça va figer la pensée,
- 19:42créer des tensions psychiques très importantes,
- 19:44des fois des difficultés d'apprentissage à l'école,
- 19:47ou même des difficultés,
- 19:49et c'est ça qui va créer des difficultés à reconnaître,
- 19:52ça c'est de la violence,
- 19:53ça c'en est pas.
- 19:54Il m'offre des fleurs.
- 19:55et en même temps imba,
- 19:57c'est pas de l'amour.
- 19:58Voilà,
- 19:58donc il y a des choses comme ça,
- 19:59très basiques,
- 20:01à réintégrer à ce que chaque femme se réapproprie.
- 20:06Il y a des violences physiques qui vont être des coups.
- 20:09Dans ces cas-là,
- 20:10ça va être,
- 20:10on va plus les retrouver au niveau des fascias musculaires,
- 20:16des fascias osseuses,
- 20:17ou des fascias autour des viscères,
- 20:19comme voilà,
- 20:20tous les coups de pied,
- 20:21tout ça qui vont...
- 20:24qui vont mettre des empreintes comme ça,
- 20:26donc on les traitera d'une manière particulière.
- 20:28Et puis il y a toutes les violences sexuelles qui vont être beaucoup plus au niveau du périnée et qui vont beaucoup toucher des muscles particuliers au niveau du corps qui sont les adducteurs.
- 20:45Les adducteurs ce sont des muscles qui nous permettent d'écarter les genoux et de resserrer les genoux.
- 20:52Donc dans ces muscles là,
- 20:54il y a...
- 20:54énormément de peur et il y a,
- 20:56en général,
- 20:57on retrouve beaucoup de traces.
- 20:59Donc on va travailler avec,
- 21:02en tout cas moi,
- 21:03toute la délicatesse infinie,
- 21:05parce qu'il n'est pas question de remettre du trauma sur le trauma ni de remettre de la violence sur la violence et d'avoir cette approche corporelle où les tissus vont nous renseigner de ce qu'ils peuvent,
- 21:17ce qu'ils sont prêts à ouvrir,
- 21:19ce qu'ils sont prêts à dire,
- 21:20ce qu'ils sont prêts à libérer.
- 21:21Un petit peu comme les popcorns.
- 21:24Ça s'ouvre quand c'est le moment.
- 21:26En tout cas,
- 21:27moi,
- 21:27je trouve très important dans cette approche de ne pas remettre de la violence sur la violence.
- 21:33Parce que,
- 21:35malheureusement,
- 21:37quand la frontière du bien traitant n'a pas été posée,
- 21:45eh bien,
- 21:48la limite a été comme effacée et donc il va falloir la reconstruire.
- 21:53Et ça peut arriver dans la petite enfance,
- 21:55dans l'adolescence aussi,
- 21:56et aussi dans l'âge adulte.
- 21:58Ce n'est pas forcément obligatoire que ça se passe que dans l'enfance.
- 22:00Il y a aussi des femmes qui n'ont pas forcément eu des choses dans l'enfance et qui sont violentées.
- 22:06Bien sûr.
- 22:08Ça fonctionne également,
- 22:09c'est ça que je voulais dire.
- 22:10Oui,
- 22:10tout à fait.
- 22:10C'est-à-dire qu'en fait,
- 22:11on est quand même dans une société où la violence est quand même très banalisée.
- 22:16Il suffit d'ouvrir la télé,
- 22:18de regarder en se promenant sur un trottoir les journaux.
- 22:21Donc il y a beaucoup de...
- 22:24Comment dire ?
- 22:24Malheureusement,
- 22:25il y a énormément de violences faites aux femmes.
- 22:29Après,
- 22:30les hommes se font la violence en eux-mêmes.
- 22:34Envoyer un fils de sur-fils à la guerre,
- 22:35c'est aussi de la violence.
- 22:37Mais bon,
- 22:37là,
- 22:37on est sur la violence faite aux femmes.
- 22:40Mais c'est intéressant d'en parler aussi.
- 22:41Tu as des hommes dans ton cabinet,
- 22:42mais en proportion pas beaucoup.
- 22:44Oui,
- 22:44il y a des hommes de plus en plus,
- 22:46en fait,
- 22:46qui eux aussi témoignent de la violence qu'ils ont reçue.
- 22:51Et là,
- 22:51il y a beaucoup de violence entre hommes aussi.
- 22:56L'actualité en regorge.
- 22:58Et il y a aussi des mères qui sont violentes avec leur fils.
- 23:06Mais par rapport aux femmes,
- 23:08je crois qu'il y a vraiment quelque chose qui est spécifique,
- 23:13qui pourrait dire...
- 23:14C'est un phénomène presque sociétal.
- 23:17Ou presque...
- 23:19planétaire.
- 23:22Il y a comme un rapport de force avec le pot de terre et contre le pot de fer.
- 23:26Et malheureusement,
- 23:28le viol a été reconnu comme une arme de guerre.
- 23:31Il y a quelque chose comme ça qui...
- 23:35Alors,
- 23:35je n'aime pas trop dire que la femme serait souffre-douleur,
- 23:37mais un peu quand même,
- 23:39peut-être.
- 23:41N'ayons pas peur des mots.
- 23:44Et il y a des symptômes aussi de...
- 23:48Les tremblements,
- 23:49par exemple,
- 23:49c'est quelque chose qui peut être fréquent par rapport à un choc ?
- 23:55En général,
- 23:56un choc est très souvent associé à un tremblement.
- 24:00Parce qu'en fait,
- 24:00un choc,
- 24:04il y a des choses comme ça qui vont créer de la peur.
- 24:08Le tremblement,
- 24:09souvent,
- 24:09il signifie la peur.
- 24:10En fait,
- 24:10toutes ces violences,
- 24:11le problème,
- 24:12c'est qu'elles imbibent le corps de terreur.
- 24:16Et notre corps,
- 24:17c'est comme un tissu.
- 24:19Et donc,
- 24:20la terreur est à l'intérieur.
- 24:23Et une fois que la terreur est à l'intérieur,
- 24:25qu'est-ce qu'on en fait ?
- 24:26C'est pour ça qu'une des manières,
- 24:28c'est de rendre la violence qu'on a reçue pour la libérer.
- 24:32Et ça,
- 24:33c'est une grande source de la violence.
- 24:36Donc,
- 24:39c'est pour ça que j'aime particulièrement cette approche par les facia,
- 24:42parce qu'elle permet de dissoudre,
- 24:44en fait.
- 24:45elle permet de dissoudre la terreur donc de dissoudre la violence parce que sinon c'est toute la problématique qu'est-ce qu'on fait de ce qu'on a reçu qu'est-ce qu'on fait de la violence qu'on a reçue et de la terreur que ça a engendré
- 24:58Et un corps qui garde tout,
- 25:00un corps qui a des fascias bloquées,
- 25:03est-ce que c'est un corps qui peut développer des maladies,
- 25:07forcément ?
- 25:08Elle tournait vers toi.
- 25:09Oui.
- 25:09Non,
- 25:09non,
- 25:10mais alors,
- 25:11c'était une fausse question.
- 25:12C'était une question cachée.
- 25:13Mais bien sûr.
- 25:13Mais pour dire que c'est important aussi de traiter,
- 25:15parce qu'un corps qui garde,
- 25:16il peut provoquer des cancers,
- 25:17des tirs comme ça.
- 25:18C'est ça,
- 25:19mais il peut provoquer,
- 25:20voilà,
- 25:20il y a plein d'expressions comme ça.
- 25:21J'ai l'estomac serré,
- 25:23j'ai la tête dans un casque,
- 25:24j'ai le cœur...
- 25:26Oui.
- 25:27J'ai le cœur broyé.
- 25:30Ils se sont comptés aussi,
- 25:32par rapport aux violences sexuelles,
- 25:35toutes les problématiques par rapport au système gynécologique.
- 25:39Parce qu'en fait,
- 25:40un viol,
- 25:45de mon point de vue,
- 25:46c'est une entrée par effraction.
- 25:48Donc quand on rentre par effraction quelque part,
- 25:51si c'est une vitre,
- 25:52ça la casse.
- 25:53Si c'est une porte,
- 25:53ça la casse la serrure.
- 25:55Donc,
- 25:55dans notre corps,
- 25:55ça crée des effractions tissulaires comme ça.
- 25:58Et bien souvent,
- 25:59c'est ça qui a besoin d'être réparé,
- 26:01parce que ça crée des déchirures,
- 26:02en fait.
- 26:04Et plus tard,
- 26:04ça crée des conséquences.
- 26:05Plus le mal est gardé à l'intérieur...
- 26:07Mais absolument,
- 26:08absolument.
- 26:09Ça peut créer une sorte de maladie.
- 26:11En fait,
- 26:12c'est pareil.
- 26:12Ça dépend si on va retenir ça,
- 26:14parce qu'il y a des personnes qui vont,
- 26:15du coup,
- 26:17ce qui a été retenu et ce qui continue de vivre dans l'anonymat de nous-mêmes,
- 26:20en fait,
- 26:20soit ça va se mettre en...
- 26:23En douleur physique,
- 26:25en maladie,
- 26:26oui,
- 26:26en maladie au sens propre du terme,
- 26:28parce que là,
- 26:29ce n'est pas maladie,
- 26:30des fois,
- 26:30ce n'est même pas dit du tout.
- 26:33Ou bien en tension psychique,
- 26:35en angoisse.
- 26:37C'est là où il est important d'avoir un échange,
- 26:40aussi bien verbal que tissulaire,
- 26:41pour pouvoir accompagner la personne au plus juste.
- 26:43Et que ni la terreur,
- 26:45ni la violence ne restent à l'intérieur.
- 26:51Je peux partager mon expérience d'exemple assez fou.
- 26:57Parce que ça me fait vraiment écho.
- 26:58Puisque moi,
- 26:59Sylvie m'a beaucoup aidée dans mon travail de reconstruction.
- 27:02Et on a des bonnes...
- 27:03Ça me fait rire,
- 27:04mais ce n'est pas très drôle.
- 27:05Mais mon expérience était folle.
- 27:09Je crois que c'est la première fois où je suis venue te voir.
- 27:10Mais je pense que j'étais vraiment prête.
- 27:12J'avais fait un gros travail sur moi.
- 27:13Je ne sais pas pourquoi j'arrive dans ton cabinet.
- 27:15On me dit,
- 27:16va voir cette dame.
- 27:17Je me dis,
- 27:18je vois des trucs bizarres d'enfants.
- 27:20Pour les enfants,
- 27:20je ne comprends pas,
- 27:21j'ai envie de partir.
- 27:21Souvent,
- 27:21quand j'ai envie de partir,
- 27:22c'est que c'est un bon signe,
- 27:23c'est qu'il faut que je reste.
- 27:26Et je pense que j'ai couru allongée pendant une demi-heure.
- 27:31Je ne suis pas sportivement,
- 27:32je préviscise.
- 27:33C'était incroyable.
- 27:35Oui,
- 27:35mais...
- 27:36Tu t'en rappelles,
- 27:37je pense.
- 27:37Je me rappelle,
- 27:38mais ce dont je me souviens surtout,
- 27:40c'est qu'en fait,
- 27:41au moment où tu as recontacté la violence que tu avais vécue,
- 27:48Sur le moment,
- 27:50ton envie c'était de partir en courant,
- 27:51mais comme tu avais été sidéré par les coups reçus,
- 27:55tu n'avais pas pu partir.
- 27:57Et donc toute cette énergie de fuite était restée comme engrammée dans tes jambes.
- 28:02Et donc effectivement quand tes jambes se sont mises à courir allongées,
- 28:05puisque la séance était sur table allongée,
- 28:08tu as pu libérer toute cette énergie de terreur,
- 28:12mais aussi de sauve-qui-peut retenue comme ça.
- 28:16Et donc,
- 28:16effectivement,
- 28:17je me souviens que ça avait beaucoup soulagé tes jambes parce que sinon,
- 28:20depuis plusieurs années,
- 28:21elles gardaient engrammées dans les muscles et dans les os et dans les veines et dans les artères et dans les nerfs et dans les cartilages et dans les facia,
- 28:30toute cette fuite qui n'avait pas pu se faire sur le moment.
- 28:33Donc,
- 28:33en fait,
- 28:33on pourrait dire que tu as fui plusieurs années après et du coup,
- 28:38en libérant comme ça toute ta peur,
- 28:41mais aussi tout ton instinct de survie qui était resté bloqué comme ça.
- 28:45Mais c'était beaucoup d'années,
- 28:46en plus c'était plus d'une quinzaine d'années,
- 28:48ce qui est quand même faux.
- 28:50Et là,
- 28:51c'est vraiment le jour où j'ai pris conscience du pouvoir du corps et de ce que le corps pouvait garder.
- 28:56Parce que là,
- 28:57on raconte ça,
- 28:58mais si les gens qui ne l'ont pas vraiment vécu,
- 29:01c'est un peu irréel en fait.
- 29:02Mais moi,
- 29:03du coup,
- 29:03je suis restée complètement...
- 29:04Enfin,
- 29:05je n'étais pas sidérée,
- 29:05j'étais contente,
- 29:06mais je me suis dit,
- 29:07mais c'est incroyable,
- 29:07le corps est incroyable d'avoir gardé ça.
- 29:11Et je me suis sentie quand même vachement mieux après.
- 29:14Ah ben c'est sûr.
- 29:15mais voilà après ça a été une des étapes du travail parce que ça s'est pas fait en une fois parce que moi pour le coup j'étais prête parce que je suis arrivée avec cette course qui avait vraiment besoin de sortir
- 29:24Il y a eu d'autres étapes dans le travail.
- 29:26Et je pense que des fois,
- 29:26les gens ne sont pas forcément prêts à faire cette course-là,
- 29:28mais ils peuvent peut-être la faire un peu plus tard.
- 29:30Ça prend du temps ou des fois,
- 29:31ça peut être rapide.
- 29:32Mais en tout cas,
- 29:34ça vaut vraiment le coup parce qu'on se rend compte que le corps garde vraiment tout.
- 29:38Oui,
- 29:39il garde tout comme un stock.
- 29:42Il garde tout en mémoire.
- 29:43Et il va garder des postures.
- 29:45J'ai beaucoup appris,
- 29:49par exemple,
- 29:49en regardant le film Les Chatouilles.
- 29:52C'est vraiment très intéressant parce qu'on voit la femme qui danse et à un moment son prof de danse qui lui dit mais attends il y a un truc qui ne va pas.
- 30:01Et en fait il est très instructif ce film en ça qui nous montre qu'en fait dans le corps le mouvement va se répéter de manière inconsciente parce qu'il va,
- 30:17là dans le film par exemple ça crée des spasmes.
- 30:19Et donc c'est vraiment parce qu'elle va aller mettre.
- 30:22Voilà,
- 30:22la conscience dessus,
- 30:23le regard dessus,
- 30:25et libérer le geste du trauma qu'elle va pouvoir en guérir en fait,
- 30:32et que ça va pouvoir effacer les traces de la violence sexuelle reçue.
- 30:36Donc en fait,
- 30:37notre corps,
- 30:37il va toujours garder ça.
- 30:38Et donc c'est pour ça qu'une approche corporelle très respectueuse,
- 30:41et ça j'insiste vraiment,
- 30:43on ne va pas chercher le trauma.
- 30:45On échange,
- 30:46c'est vraiment un dialogue très respectueux.
- 30:51surtout les tremblements,
- 30:52c'est quelque chose qui m'avait vachement marquée,
- 30:53parce que c'est la première fois que j'avais ces tremblements,
- 30:55qui sont plus que des tremblements,
- 30:56parce que vraiment c'était des spasmes énormes,
- 30:58ou une course.
- 31:00Et c'est vrai que,
- 31:01là ça fait longtemps que ça ne me l'a pas fait,
- 31:02mais ça m'a duré pendant de nombreuses années plus tard,
- 31:05dès que j'avais quelque chose.
- 31:06Souvent mes jambes se mettaient à trembler,
- 31:10même quand j'avais peut-être quelque chose qui ne se passait pas très bien,
- 31:14mais sans que ce soit des violences,
- 31:15mais quelque chose qui me...
- 31:17Le soir,
- 31:17c'est comme si je déchargeais.
- 31:19Et que maintenant,
- 31:19mon corps connaît un peu le chemin et décharge encore des choses.
- 31:24Oui,
- 31:24mais ce serait intéressant de voir aussi,
- 31:27si quand tu sens tes jambes qui tremblent,
- 31:28ça ne veut pas dire qu'il faut que tu t'enfuis à toutes jambes,
- 31:32comme le dit l'expression.
- 31:35Moi,
- 31:35j'ai un exemple comme ça,
- 31:37d'une femme qui est dans une situation avec un homme à un moment.
- 31:41Elle a eu ses dix ans,
- 31:42elle se dit,
- 31:42mais là,
- 31:43je suis comme une biche prise dans les phares d'une voiture,
- 31:46il faut que je fuis.
- 31:48Elle a pu fuir.
- 31:50Mais si elle n'avait pas fui,
- 31:53toute cette énergie de la fuite serait restée dans ses jambes aussi,
- 31:58par exemple.
- 31:59Et donc,
- 31:59elle aurait pu manifester ça par des tremblements,
- 32:03par tout un tas de choses.
- 32:04Donc,
- 32:04c'est pour ça qu'il est vraiment très important,
- 32:08après une séance comme ça,
- 32:09d'aller même courir pour continuer d'évacuer toute l'adrénaline qui est restée,
- 32:13toute la peur et surtout de sauver sa peau.
- 32:18quand on est violenté et ça c'est une des sorties de la violence c'est à dire que c'est pas avoir le...
- 32:24parce que souvent dans la violence il y a une sidération,
- 32:27il y a un choc et en fait on bouge plus ni pied ni patte et donc le coup s'engramme et on bouge plus.
- 32:33Et donc c'est vrai que le fait de dire ça c'est de la violence,
- 32:35je sens qu'il faut que je m'en aille,
- 32:37je fuis c'est une sortie de la violence.
- 32:41Voilà mais tant que la violence reste sidérante on peut pas vraiment en sortir.
- 32:46Donc c'est pour ça qu'il est vraiment très important de reconnaître ces signes et de réveiller,
- 32:52j'aime bien ce titre de femme qui court avec les loups,
- 32:54de réveiller à l'intérieur de chacune de nous ces signaux,
- 32:58ces indicateurs internes qui nous font dire,
- 33:00ah non là,
- 33:01là ça ne se fait pas,
- 33:03là c'est de la violence et je pars.
- 33:06Alors des fois,
- 33:07ce n'est pas toujours facile à dire parce que...
- 33:11Des fois,
- 33:11pour sauver sa peau,
- 33:12il ne faut pas partir tout de suite,
- 33:13ou il faut négocier,
- 33:14ou il faut avoir le temps d'appeler un avocat,
- 33:16une copine ou la police.
- 33:18Et puis des fois,
- 33:19on ne peut pas.
- 33:20Moi,
- 33:20je sais que mes cours,
- 33:20c'est parce que je ne pouvais pas,
- 33:21sinon j'aurais pu mourir si j'étais partie en cours.
- 33:23Exactement.
- 33:24Donc,
- 33:24il y a des fois,
- 33:25on ne peut pas courir.
- 33:25Exactement.
- 33:26Et on sauve sa peau en ne courant pas.
- 33:28Exactement.
- 33:28On ne peut pas s'en vouloir.
- 33:29Dans un premier temps.
- 33:30Oui,
- 33:31dans un premier temps.
- 33:32Dans un premier temps.
- 33:33Et effectivement,
- 33:33il y a parfois,
- 33:36tout le monde le sait,
- 33:37toutes les femmes le savent,
- 33:38que pour sauver leur peau,
- 33:39repos,
- 33:40et bien parfois,
- 33:41effectivement,
- 33:42il ne faut pas courir.
- 33:44Il ne faut pas courir,
- 33:45ou en tout cas,
- 33:45il faut user de stratégies particulières pour ne pas remettre de la violence sur la violence.
- 33:50Donc c'est des gestions très,
- 33:52très fines,
- 33:53très...
- 33:55C'est très complexe la question de la violence.
- 33:59Et ça demande beaucoup de courage aussi,
- 34:01même pour toutes les femmes qui nous entendent,
- 34:04de commencer à faire un travail sur soi,
- 34:06ça demande beaucoup de courage,
- 34:07mais ça en vaut vraiment la peine en fait.
- 34:09parce que je sens qu'il y a d'autres chemins,
- 34:11mais là,
- 34:11c'est vraiment un chemin qui est réparateur.
- 34:14Et on n'en parle pas...
- 34:15Je trouve qu'on parle beaucoup de la violence,
- 34:17mais de la façon de la réparer et qu'en fait,
- 34:19c'est possible avec beaucoup de courage,
- 34:22de la volonté,
- 34:23beaucoup d'amour et beaucoup d'accompagnement.
- 34:25Un savoir-faire aussi,
- 34:27un savoir-faire,
- 34:28une conscience.
- 34:29Effectivement,
- 34:30il est possible d'effacer les traces de la violence et de retrouver la paix en soi,
- 34:36malgré tout.
- 34:37Il y a beaucoup de livres qui sortent aussi en ce moment,
- 34:44de femmes qui témoignent comment elles ont pu voir dans un premier temps que c'était de la violence,
- 34:50que la violence,
- 34:51ce n'est pas normal,
- 34:52que ce n'est pas un mode de vie.
- 34:54qu'il est possible de la réparer,
- 34:57comme tu dis,
- 34:57avec des soins,
- 34:58ça prend souvent beaucoup de temps.
- 35:02Et puis après,
- 35:04de se remettre au monde d'une manière différente.
- 35:06Et du coup,
- 35:06d'être très clair,
- 35:08donc au niveau encore du ressenti,
- 35:10de ce qui est juste et de ce qui n'est pas juste.
- 35:12De ce que c'est que la bientraitance,
- 35:14de ce que c'est que la maltraitance,
- 35:15de ce que c'est que l'amour et de ce que c'est que la violence.
- 35:18Est-ce que le corps évacue facilement ?
- 35:21C'est-à-dire que souvent,
- 35:22tu dirais que c'est à peu près combien de séances,
- 35:24même si je pense que ça dépend des femmes,
- 35:26mais pour avoir une notion un peu comme ça,
- 35:28toi,
- 35:28tu travailles sur combien de séances avec des femmes sur des gros chocs ?
- 35:31C'est ce qu'on disait tout à l'heure,
- 35:33ça dépend du travail qui a été fait préalablement,
- 35:37ça dépend parfois de l'intensité de la violence.
- 35:41Il y a des fois des violences qui sont tellement intenses que ça ne peut pas,
- 35:46je ne sais pas,
- 35:46en tout cas de mon expérience.
- 35:48parvenir comme ça du jour au lendemain.
- 35:51Et après,
- 35:52c'est toute une remise au monde.
- 35:54Parce que quand on a vécu dans la violence,
- 35:57la vie,
- 35:58elle a l'air de rien.
- 35:59Il y a certaines peurs ou au contraire,
- 36:01certaines audaces qu'on n'a pas quand la notion de sécurité est intégrée.
- 36:08C'est-à-dire qu'on ne va pas se mettre dans des situations à risque,
- 36:11par exemple,
- 36:12ou on ne va pas rester enfermé chez soi non plus.
- 36:15Donc,
- 36:15il y a vraiment ce curseur très précis à retrouver en soi.
- 36:24Je n'ai pas répondu à ta question.
- 36:27Je pense que c'est un peu du cas par cas.
- 36:29Oui,
- 36:31c'est vraiment du cas par cas.
- 36:32Ça peut aller très vite en tout cas sur le corps.
- 36:35Il y a quelque chose qui peut aller très vite.
- 36:37Mais pour se remettre au monde avec la paix en soi,
- 36:44Je pense que c'est un long cheminement qui demande de traverser ce qui se passe en nous,
- 36:50mais bien souvent ce qui s'est passé dans la famille et bien souvent ce qui se passe dans notre culture et dans notre société.
- 36:57Et donc la paix,
- 36:58elle vient,
- 36:59je pense,
- 37:00quand on a traversé tout ça et qu'on s'est libérés de toutes ces couches personnelles,
- 37:04de toutes ces couches transgénérationnelles et de toutes ces couches sociétales qui quand même induisent.
- 37:10Parce qu'il y a quand même une femme qui meurt par jour de coup.
- 37:15en France,
- 37:15donc c'est quand même énorme d'avoir traversé toutes ces couches,
- 37:19je crois,
- 37:19pour qu'il n'y ait plus une seule cellule qui soit imbibée de terreur ou de violence.
- 37:24Et ça,
- 37:24ça prend quand même du temps.
- 37:27Mais effectivement,
- 37:27il peut y avoir un vrai plus,
- 37:29un vrai mieux,
- 37:31une vraie prise de conscience,
- 37:32des vraies libérations très rapidement.
- 37:35Mais pour ce qui est d'être vraiment dans la paix avec ça,
- 37:38je dis pour que toutes les cellules de notre corps soient en paix malgré tout ça.
- 37:44Je pense qu'on ne combat pas,
- 37:49pour avoir la paix,
- 37:50on ne fait pas la guerre pour avoir la paix.
- 37:52C'est par la paix qu'on va à la paix.
- 37:53En tout cas,
- 37:57il me semble que la violence faite aux femmes s'apaise et que les femmes prennent conscience que la violence n'est pas normale.
- 38:06Il faut que les sigles du corps baignent dans quelque chose qui ressemble à la paix.
- 38:13Sinon la violence demeure.
- 38:15Donc elle peut dans ce cas se retourner sur l'extérieur,
- 38:18c'est-à-dire rendre ce qu'on a reçu ou bien se retourner contre soi.
- 38:23Et dans ces cas-là c'est des processus destructeurs pour soi et pour le féminin et pour les belles femmes que nous sommes.
- 38:33On arrive à la fin de notre émission.
- 38:36Est-ce que Sylvie il y a quelque chose que tu voudrais rajouter ?
- 38:43Moi,
- 38:43je forme vraiment,
- 38:46j'appelle de tous mes voeux,
- 38:48cette paix,
- 38:48cette paix en soi,
- 38:50mais cette paix aussi dans les relations.
- 38:52En tout cas,
- 38:53je crois qu'il y a vraiment un travail spécifique de conscience,
- 38:58de compréhension.
- 39:00Alors,
- 39:00c'est un petit peu ma spécificité,
- 39:03mais de comment le corps est fabriqué,
- 39:06de comment il fonctionne.
- 39:08de comment les personnes se rencontrent,
- 39:11et qu'il y a vraiment dans l'approche...
- 39:15dans l'apprentissage de ce qu'on appelle la sexualité,
- 39:20mais qui pour moi est quand même la rencontre entre deux êtres humains,
- 39:25il y a quand même des prérequis qui je pense seraient intéressants d'apprendre,
- 39:32de développer et qui sont vraiment probablement très différents de la reproduction.
- 39:43d'un acte sexuel,
- 39:45je veux dire,
- 39:46inconscient.
- 39:47En tout cas,
- 39:47ce que je voudrais dire,
- 39:48c'est que c'est quand même deux personnes qui se rencontrent et qu'est-ce qu'on peut faire pour qu'il n'y ait pas la guerre entre deux personnes qui amènent,
- 39:59comme ça,
- 40:00à de la violence.
- 40:01Donc je voulais dire ça,
- 40:02et puis je voulais vous remercier infiniment de m'avoir invitée à témoigner,
- 40:08à partager mon expérience.
- 40:11Et puis,
- 40:12voilà,
- 40:13je trouve ce que vous faites formidable.
- 40:16Je forme vraiment tous mes voeux que notre rencontre participe à la paix,
- 40:24en fait.
- 40:26La paix entre les individus et la paix dans les relations,
- 40:31et la paix au cœur de chacune de nos cellules.
- 40:35Eh bien,
- 40:35merci beaucoup.
- 40:36C'est vrai que participer à ma...
- 40:37paix à ma reconstruction de femme.
- 40:41Et c'était hyper important pour moi de pouvoir l'offrir au monde.
- 40:46C'est une image qu'on avait ensemble depuis qu'on s'est rencontrées.
- 40:49Et je lui ai dit,
- 40:50tu m'as aidée à traverser le feu.
- 40:51J'ai la sensation de l'avoir vraiment traversé et que maintenant,
- 40:53je suis de l'autre côté et j'ai envie de tendre la main aux femmes pour qu'elles n'aient pas peur de le traverser.
- 40:58Donc,
- 40:58elles peuvent t'appeler pour traverser le feu.
- 41:00Ça vaut le coup de passer de l'autre côté quand même,
- 41:02même si ça fait un peu peur.
- 41:04Merci de ta...
- 41:05ta confiance,
- 41:05Sarah.
- 41:07On se retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle émission.
- 41:11Merci.
- 41:16Flamme des années 80.
- 41:18Le podcast qui allume la femme.