Latest / Beyond Work & Life / Péril sur la pause dej : ce que cache le système des titres-restaurant, avec Romain Vidal
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- 0:00Quelqu'un qui arrive me dit qu'il veut gagner 10000€ pour
- 0:01faire 35 h, C'est pas possible tu ?
- 0:04Souhaites même que l'inscription des bistrots au patrimoine de
- 0:08l'Unesco. Qu'on paye parfois mieux que
- 0:09certains métiers qui ont 5 à plus de 5 années de d'étudiants.
- 0:12T'es à 60 h par semaine pendant très longtemps, 7 jours sur 7
- 0:15faut. Finalement, équilibrer entre
- 0:17l'employeur et les restaurateurs, puisqu'au.
- 0:19Final, j'essaye de quoi de sauver mon entreprise pour
- 0:21demain. Finalement, qui c'est quoi paye
- 0:23à la fin ? Mon père, ouais, quand il voit
- 0:25la rentabilité du restaurant, il est catastrophé.
- 0:28À l'époque, on était à plus de 10%.
- 0:29Aujourd'hui on est à peine à 2, 3%.
- 0:31Pour lui, c'est à tout ce boulot là pour ça, c'est
- 0:34catastrophique. Le seul pays qui est en retard
- 0:35alors que pourtant on est les créateurs du titre restant,
- 0:37c'est la France. Le secteur de la restauration,
- 0:40c'est l'un des plus gros marchés de l'emploi en France, le
- 0:43premier pays touristique au monde, en partie grâce à son art
- 0:45de vivre et sa gastronomie. Pourtant, ce secteur est en
- 0:48péril. La rentabilité d'un restaurateur
- 0:51indépendant s'est effondrée, passant de 12% à 2 3% 2026.
- 0:56S'annonce critique avec des liquidations judiciaires
- 1:00attendues en masse. D'un côté, l'intelligence
- 1:02artificielle, le télétravail et l'ubérisation pourraient menacer
- 1:06le lien social, de l'autre, le bistrot.
- 1:08Le fait maison est l'un des derniers tiers lieu qui nous
- 1:11invite à refaire société. Les restaurateurs sont pris en
- 1:14étau, charge qui explose, PGE à rembourser, concurrence des
- 1:17plateformes et le coup de grâce, les commissions de titres
- 1:20restaurants qui ne cessent d'augmenter pour en débattre.
- 1:23Nous recevons l'incarnation de ce combat.
- 1:26Romain Vidal, restaurateur 4e génération à la tête du Sully,
- 1:30une brasserie maître restaurateur.
- 1:32Un Insider qui a vu la situation se dégrader de l'Intérieur.
- 1:36Ancien trésorier de la CNTR, Commission nationale des titres
- 1:39restaurants et secrétaire général du GHR Paris, l'un des
- 1:42principaux syndicats de restaurateurs représentant plus
- 1:44de 15000 établissements. Bienvenue dans Beyond work and
- 1:47Life je suis Benjamin suchard, cofondateur et directeur général
- 1:50de work Life. C'est parti.
- 1:54Les employeurs révolutionnent l'organisation du travail en
- 1:57intégrant le sport dans les plannings.
- 1:59Que pensez-vous du travail féminin ?
- 2:00Elles doivent pas travailler. Ces personnes qui aident un
- 2:03proche handicapé où malade auront désormais droit à un
- 2:07congé rémunéré. Aujourd'hui, les gens n'ont pas
- 2:10envie d'aller travailler. Je suis désolée de le dire, je
- 2:12je traversent la rue, je vous en trouve, ils ils veulent.
- 2:14Simplement des gens qui sont prêts à travailler.
- 2:15Cagoulés, vêtus de noir depuis le début de la contestation
- 2:19contre le projet de loi travail. Bonjour Romain, merci d'avoir
- 2:31accepté mon invitation. Bonjour.
- 2:33Alors Romain, tu es la 4e génération à la tête de ton
- 2:38restaurant, je crois que c'est ton arrière grand-père Émile qui
- 2:42a créé cet établissement. C'est quoi l'esprit familial
- 2:46dont tu parles dans ta brasserie ?
- 2:48On travaille dans dans un cadre qui est plutôt sain et
- 2:50magnifique. On est comme à la maison, c'est
- 2:52à dire que on prend soin de notre maison, on cuisine comme
- 2:55on mange sur place donc c'est important que ça soit bon.
- 2:57Un accueil sympa, faut que la clientèle se plaise, faut que la
- 3:00clientèle soit sympa aussi. C'est un échange avec le
- 3:03personnel pareil, on travaille en famille et ce sont donc des
- 3:06collègues qui sont membres de la famille, donc c'est comme si on
- 3:10venait à la maison. Le but c'est que tout soit
- 3:11réussi, dans la bonne osmose, dans la bonne ambiance.
- 3:14Et c'est le but de partager le repas, c'est le partage, c'est
- 3:17le vrai sens, l'a DN même d'un restaurateur.
- 3:19Alors justement, t'as un combat quand même pour le fait maison.
- 3:22Tu souhaites même que l'inscription des bistrots au
- 3:27patrimoine de l'Unesco ? Pourquoi c'est si important de
- 3:30conserver ce patrimoine culturel ?
- 3:32Alors oui, en effet, je suis maître restaurateur depuis 2013,
- 3:36donc ce sont c'est le seul titre d'État.
- 3:39Qui garantit le fait maison ? On a réussi à l'inscrire au
- 3:41patrimoine français, donc c'est une belle étape.
- 3:43Maintenant, on essaie d'aller à l'Unesco.
- 3:46Pourquoi ? Bah parce que c'est un
- 3:47patrimoine tout simplement, et c'est un patrimoine important.
- 3:49On est l'image, c'est l'une des images les plus importantes de
- 3:52Paris, que ça soit la gastronomie, les terrasses,
- 3:55l'ambiance des bistrots, il y a toute une histoire sur les
- 3:57bistrots, les bistrots. On disait que c'était les
- 4:00parlements du peuple, c'était là où il y avait des débats
- 4:01politiques. Le bistrot, c'est là où tu peux
- 4:04voir tous les artisans, tu peux voir donc tous les commerçants
- 4:07qui viennent manger, boire le café, changer pendant leur
- 4:09pause. Les gens qui habitent le
- 4:11quartier, c'est un c'est un melting pot important et surtout
- 4:14c'est un carrefour de. C'est un carrefour de la ville
- 4:18française où les viticulteurs et les agriculteurs nous on
- 4:20transforme leurs produits ou on vend directement leurs produits
- 4:23et donc on met vraiment en avant tout ce qui est de la culture
- 4:25française et les touristes quand ils viennent en France.
- 4:28C'est c'est une des images qu'ils attendent, c'est la
- 4:29terrasse des bistrots, c'est la nourriture fait maison, les
- 4:32plats traditionnels, c'est tout cela.
- 4:34Et donc l'inscription fait partie du fait de vouloir
- 4:39souligner et surligner ce travail là qui est un travail de
- 4:42plusieurs siècles et dire que on veut pas l'enfermer sous cloche
- 4:45comme dans un musée, mais dire attention c'est quelque chose
- 4:48d'important. Donc demain ne créez pas des
- 4:51lois ou ne faites pas quelque chose pour casser ce travail là,
- 4:54il faut le préserver au contraire.
- 4:55Et ce lien social dans tes établissements tu l'observes
- 4:58toujours il YA1 mix de personnes différentes.
- 4:59Est ce qu'il y a eu des évolutions ?
- 5:01Est ce qu'il y a eu des changements ?
- 5:03Oui, il y a eu des grosses évolutions.
- 5:05J'ai 43 ans, ça fait plus de 20 ans de métier que j'ai.
- 5:08J'ai vu l'arrêt de la cigarette à l'intérieur des des barres.
- 5:11On en parle souvent avec quelques collègues qui
- 5:13connaissaient le sullier à l'intérieur.
- 5:14Quand tu à l'époque tu t'avais le barman qui fumait à
- 5:17l'intérieur, qui avait son cendrier, c'était il y avait de
- 5:20la fumée partout, et cetera. Donc déjà ça a été un énorme
- 5:22changement. Où les gens, finalement, ont
- 5:25perdu l'habitude de rester au comptoir pour fumer rapidement.
- 5:28Ils se sont posés en terrasse ou à l'intérieur, ils ont pris leur
- 5:30temps. C'est une belle évolution quand
- 5:32même, hein ? C'est quand même quelque chose
- 5:33de beaucoup plus agréable. Moi je qui suis non-fumeur, je
- 5:34préfère bien évidemment. Bon, et donc le bistrot,
- 5:36finalement, c'est le lieu de convivialité, de débat.
- 5:40C'est l'art de vivre, c'est le symbole de l'art de vivre à la
- 5:43française. Ouais, voilà, c'est.
- 5:43Vraiment le on, on croise le col bleu, le col blanc, l'ouvrier le
- 5:47matin, le salarié qui arrive, le cadre qui arrive.
- 5:51Ils déjeunent tous ensemble. C'est c'est vraiment le melting
- 5:54pot, le savoir vivre ensemble et et là où il y a tous les débats
- 5:59qui peuvent avoir lieu dans la société, c'est vraiment un
- 6:01échange. C'est convivial et on peut pas
- 6:03dire qu'aujourd'hui il y a beaucoup de lieux comme ça en
- 6:05France alors et dans le monde. Justement, ce patrimoine, et Ben
- 6:08là il est en danger. On est passé, on l'a dit à 2, 3%
- 6:13de marge. La rentabilité évidemment, c'est
- 6:16le nerf de la guerre. Tu peux nous expliquer ce que
- 6:18étrangle les restaurateurs aujourd'hui ?
- 6:22Alors il y a plusieurs explications, mais celle qui est
- 6:24la plus grosse et la plus commune pour tous en règle
- 6:26générale, c'est que pendant le COVID donc on a été aidé bien
- 6:30évidemment heureusement par le par le gouvernement, ça a permis
- 6:34de sauver les emplois et de reprendre tout de suite
- 6:36l'activité économique. Mais Parmi ces aides, on a eu
- 6:40les fameux prêts garantis par l'État qui a été donc une avance
- 6:43de trésorerie pour couvrir la trésorerie qu'on avait plus
- 6:45parce que PGEPGE. Donc c'est quand même des prêts
- 6:47qui s'arrêtent pour la plupart courant 2026.
- 6:52Mais ça représente une certaine somme malheureusement.
- 6:54La crise du COVID avec les PGEA entraîné une 2e crise qui était
- 6:56la crise de l'Ukraine avec une flambée encore plus importante
- 6:59des matières premières. Donc le COVID avait entraîné une
- 7:02petite augmentation bien sûr des matières premières comme la
- 7:04volaille et cetera et le le COVID avec la crise de l'énergie
- 7:07a été une véritable crise économique, financière qui
- 7:10devient plus important le l'énergie que le loyer pour
- 7:15beaucoup de commerçants. Donc aujourd'hui on se retrouve
- 7:17écrasé entre le fait de devoir rembourser le PGE pour.
- 7:21Une dette du passé qui est lié au COVID.
- 7:23Donc on s'est endetté pour faire survivre notre maison.
- 7:25Donc il faut qu'on gagne de l'argent.
- 7:27Assez pour rembourser ce PGE. Mais face à ça on a la
- 7:29rentabilité, la rentabilité qui diminue.
- 7:31À cause de ce coût des matières premières.
- 7:33Le coût des matières premières, l'énergie, c'est 450% moins
- 7:35d'augmentation. Moi pour un petit bistrot comme
- 7:37moi c'est j'ai estimé à entre 30 et 40000,00€ de trop payer par
- 7:40rapport à ce que je paye aujourd'hui.
- 7:42Donc les 30 40000,00€ c'est quand même une part importante
- 7:44de mon PGEOK donc vous rajoutez dessus l'augmentation.
- 7:50Qui peut se comprendre qui est tout à fait normal du transport
- 7:52par exemple, pour tout ce qui est viande, légumes, et cetera,
- 7:55tout a augmenté. Je crois que c'était 17% la la,
- 7:57l'augmentation, l'inflation de l'alimentaire.
- 7:59Les salaires ont augmenté aussi parce que on a toujours joué le
- 8:04jeu de bien payer nos salariés partout en France, dans notre
- 8:07convention collective, on est au-dessus du SMIC et notamment
- 8:10chez nous, on a là, c'est une masse salariale qui est très
- 8:13importante chez nous, puisqu'on veut toujours bien payer nos
- 8:14personnels, tout augmente. Sauf bien sûr le prix de vente.
- 8:18Parce qu'au bout d'un moment les Français ne peuvent pas payer
- 8:20n'importe quoi pour se nourrir. OK ?
- 8:22Et donc on se retrouve avec un plafond de verre où on peut pas
- 8:25dépasser un seuil, un seuil psychologique de prix ?
- 8:30Le plat du jour tu peux pas l'augmenter de de 17€ à 34,00€
- 8:33alors. Tu parles de personnel que tu
- 8:36payes bien le recrutement dans la restauration, on sait à quel
- 8:40point souvent ça peut être difficile.
- 8:41Toi, c'est quoi ta vision justement pour pouvoir réussir à
- 8:45garder une équipe engagée, à trouver des personnes qui font
- 8:49ça plus aussi pour une passion que simplement pour un job
- 8:53alimentaire ? C'est pour les 2 la plupart du
- 8:57temps, hein quand même. C'est un job qui paye bien faut
- 9:01le dire et le redire. Chez moi j'ai très peu de temps
- 9:05en over, j'ai cette chance là. En règle générale j'ai une
- 9:08fidélité qui va être 5 à 15 ans en moyenne donc c'est plutôt
- 9:11énorme parce que j'ai de la chance de proposer des horaires
- 9:14qui sont adaptés avec des vrais contrats, un salaire qui
- 9:17correspond. J'ai un cadre, que ça soit ma
- 9:19clientèle qui est très agréable aussi.
- 9:22Le le repas du personnel qui est très bon puisque c'est du fait
- 9:25maison. Ils mangent donc des très des
- 9:26très bons repas, une ambiance de famille.
- 9:29Donc tout ça c'est fait. J'ai jamais eu trop de problèmes
- 9:31en recruté. Je.
- 9:31Crois que tu recrutes d'ailleurs pas trop de jeunes, tu le vas
- 9:33plus là au-delà de 30. Ans alors on a eu quelques
- 9:36jeunes. C'est vrai que le problème c'est
- 9:38que entre 15 et 25 ans, 30 ans on va dire il YA1 turnover plus
- 9:41important puisque on a besoin de se former, on aime bien aller
- 9:44voir ailleurs, c'est très bien, ça me dérange pas du tout.
- 9:48Moi le problème c'est que j'ai besoin de voir en moyen et long
- 9:50terme donc je préfère avoir du personnel qui sont plutôt
- 9:52stables, qui cherchent pas à déménager ou à changer de poste
- 9:55tous les 6 mois un an. Mon but est vraiment que la
- 9:56personne se plus. Parce que c'est comme ça qu'ils
- 9:58développent des liens avec le client, qu'ils développent une
- 10:00meilleure qualité de travail, les services, et cetera.
- 10:03Et au final, la crise qu'on a pu voir à la sortie du COVID où
- 10:06beaucoup de restaurateurs, de salariés, que ça soit la con
- 10:08cuisine en salle, sont partis ailleurs parce qu'ils voulaient
- 10:11trouver un rythme de vie, un équilibre vie privée,
- 10:14professionnelle, avoir des horaires de bureau, et cetera.
- 10:17Ben ils ont découvert que souvent, ils gagnaient beaucoup
- 10:18moins bien leur vie. OK, finalement, il y avait plus
- 10:21de tension parfois et on retrouve aujourd'hui des gens
- 10:24qui étaient partis dans l'immobilier par exemple, qui
- 10:25reviennent dans le secteur de la restauration.
- 10:27Mais c'est quand même compliqué pour la nouvelle génération
- 10:29Genesis et cetera, de d'être compatible avec des horaires un
- 10:33petit peu compliqués, différents.
- 10:35Il y a, il y a tu, toi, tu tu le vois quand quand tu essaies
- 10:37d'embaucher des jeunes. Quand je regarde autour de moi,
- 10:40je vois un confrat qui est juste à côté de chez moi.
- 10:42Il a qu'une équipe jeune par contre.
- 10:43Bah lui c'est un jeune de de 28 ans, 29 ans et il a que des
- 10:47jeunes de 25 ans, 30 ans. Il a pas de problème à recruter,
- 10:49c'est vrai que alors il y a du temps un peu plus important, il
- 10:51reste original, 6 mois, un an parce qu'après il aime bien
- 10:54voyager et cetera, mais il a pas de problème de pour les horaires
- 10:57puisque il il la différence par rapport à avant où on imposait
- 11:01les horaires entre guillemets. Aujourd'hui pour l'équipe de la
- 11:05vie personnelle, ils vont te dire bah moi j'ai j'ai besoin de
- 11:08mon mercredi. L'année dernière c'est vrai que
- 11:10j'ai embauché. Il m'a dit Moi je dois partir
- 11:12tous les jours à 15h30 pour aller chercher mon fils.
- 11:14Et j'ai besoin de mon mercredi. Je lui dis Bah alors c'est
- 11:17mercredi, dimanche le jour de repos est ce que ça vous va ?
- 11:19Il dit c'est parfait et 15h30 je vous libère pour aller donc il
- 11:22fait un contrat de 39 h. Ouais.
- 11:25Il fait pas plus d'heures supplémentaires à part quand je
- 11:27lui demande et qu'il peut les les libérer mais ça lui va très
- 11:29bien. Par contre c'est ça s'appelle
- 11:31l'équilibre, c'est qu'il a un besoin, je peux y répondre et le
- 11:35salaire par contre vient en fonction de son besoin.
- 11:37On peut pas. Quelqu'un qui arrive me dit
- 11:39qu'il veut gagner 10000€ pour faire 35 h, C'est pas possible
- 11:42dans la restauration par contre. OK, je comprends donc de la
- 11:45flexibilité, de la confiance, c'est finalement comme n'importe
- 11:48quelle entreprise. Ah bah oui OK, on n'a pas.
- 11:50On n'a pas plus de mal à embaucher que n'importe qui, que
- 11:53ça soit dans les métiers du droit.
- 11:54Et on paye beaucoup mieux que quand je vois des architectes ou
- 11:56autres, on paye parfois mieux que certains métiers qui ont 5
- 11:59plus de 5 années de d'études. Alors il y a une tendance
- 12:02actuellement, il y avait un article du monde qui en parlait
- 12:04récemment. C'est tous les jeunes qui
- 12:08sortent d'école de commerce et qui vont créer des business de
- 12:11restauration, souvent un plusieurs des chaînes de
- 12:15restaurant. Et finalement qui voit ça de
- 12:17manière extrêmement rationnelle. Comment toi tu observes
- 12:21justement ? Bah l'émergence de ces chaînes
- 12:24est ce que tu. Est ce que c'est quelque chose
- 12:25de bien ? Est ce que au contraire, tu
- 12:27penses que ça peut faire du mal à la restauration ?
- 12:28C'est quoi ton avis là dessus ? Non, tant que c'est fait sous un
- 12:31œil professionnel, ça me dérange pas du tout.
- 12:32Au contraire, je comprends totalement.
- 12:35Alors ma génération, c'était plus la famille Coste par
- 12:39exemple, qu'on regardait, qu'on adorait ou des choses comme ça.
- 12:41On avait tous envie de faire à peu près pareil, avoir des des
- 12:44belles affaires, en avoir plusieurs, et cetera.
- 12:46Et aujourd'hui, en effet, beaucoup qui sortent d'écoles de
- 12:49commerce par exemple, ou même. L'école hôtelière, hein, avec un
- 12:52certain niveau qui passe parfois des des licences et des
- 12:55maîtrises ailleurs, arrivent avec un projet de reprendre tout
- 12:58de suite plusieurs entreprises pour se développer.
- 13:01Il y a des très belles réussites actuellement et c'est des
- 13:03affaires souvent qui savent faire à manger.
- 13:05Ils font attention à la qualité des plats et je pense que c'est
- 13:06le nerf de la guerre, le la qualité du décor, la qualité des
- 13:10plats, la qualité du service. Si ils arrivent à jongler avec
- 13:12tout ça, c'est très bien. Moi, il y a aucun souci.
- 13:14Au contraire, je les encourage parce qu'ils reprennent souvent
- 13:16des établissements qui sont fermés.
- 13:18C'est ça peut être un rôle modèle en fait, oui.
- 13:19Oui tout à fait ça, ça c'est un très beau modèle.
- 13:23Personnellement je l'ai pas fait parce que j'ai géré 2
- 13:25établissements à un moment donné et j'aimais pas être à droite ou
- 13:28à gauche. Quand j'étais à droite ça
- 13:30passait pas à gauche, quand j'étais à gauche ça marchait pas
- 13:31à droite ou c'était jamais assez parfait et et je me suis rendu
- 13:35compte que j'aimais être assez casanier.
- 13:37C'est mon peut être peut être mon côté aveyronnais.
- 13:39J'aimais que tout soit parfait dans une seule maison et je me
- 13:42suis concentré que sur une seule grosse maison qui est donc la
- 13:44brasserie le Sully. Mais toi, c'était évident, après
- 13:47tu as 3 générations avant toi, c'était évident que.
- 13:50Tu ? Non, pas forcément, non, non
- 13:52non. Petit, j'ai appris à faire un
- 13:54café très tôt et tirer une bière, comme comme beaucoup de
- 13:56gens on va dire dans dans qui ont des parents dans ce milieu
- 13:59là. Après j'aidais mes parents, bien
- 14:01sûr. Quand j'étais étudiant, que ça
- 14:02soit au lycée ou en école supérieure, je travaillais le
- 14:05samedi. Parfois je faisais le 12h00 de
- 14:07temps en temps, des choses comme ça.
- 14:08J'ai j'ai toujours aimé ce métier là parce que c'est un
- 14:10métier de partage et en plus c'est concret, on voit les
- 14:12choses quand les gens sont contents du repas et cetera,
- 14:14donc il y a le côté concret et pas et de partage.
- 14:17Par contre moi j'ai fait des études supérieures où j'ai fait
- 14:19école de commerce et en cumul expertise comptable je voulais
- 14:23faire du contrôle de gestion un peu plus poussé et finalement
- 14:27comme mes parents m'ont dit qu'est ce que tu veux faire pour
- 14:28le restaurant pour plus tard ? Parce que si tu veux pas venir
- 14:30tu viens pas. Par contre le restaurant on le
- 14:32ferme, on n'a pas envie que cette cette histoire continue
- 14:35avec quelqu'un d'autre, on préférait que cette page se
- 14:37clôt. Et j'ai trouvé ça dommage.
- 14:41J'ai trouvé ça dommage que cette histoire s'arrête à cause de moi
- 14:44notamment qu'on puisse pas aller plus loin.
- 14:45Et puis après je me suis dit faire du contrôle de gestion
- 14:47chez les autres, pourquoi pas le faire chez moi ?
- 14:49Et donc j'ai dit Bah je reprends tout de suite.
- 14:51Après mes études, je viens travailler avec vous et je me
- 14:52forme à la au métier de la restauration correctement avec
- 14:55des. Avec des stages ou avec le
- 14:56personnel, et cetera. Donc j'ai commencé comme simple
- 14:58serveur et c'est quelque chose que je regrette pas.
- 15:00Par contre je suis plus du tout dans mes tableurs de contrôle de
- 15:02gestion. Ah non non, moi je me voyais.
- 15:06Ah ouais ouais, moi je me voyais tout de suite derrière mon
- 15:07tableur Excel, bien gérer mon établissement et cetera.
- 15:10Et finalement je suis plus l'artisan derrière son comptoir
- 15:13qui a besoin d'aller voir ses fournisseurs pour sélectionner
- 15:15son produit, être en cuisine, voir si tout va bien, être
- 15:17derrière le bar ou remplacer un salarié.
- 15:20Finalement, le Bureau, j'y passe le soir pour faire la paperasse,
- 15:23mais je suis plus du tout dans mon contrôle de gestion très
- 15:25poussif de l'époque. Mais tu dis des semaines de
- 15:28temps en temps, tu peux faire 100 heures par semaine, donc
- 15:30c'est extrêmement prenant. Alors 100 heures, c'est quand je
- 15:32cumulais toutes mes casquettes. Je l'ai fait à la sortie de
- 15:35COVID. J'étais à 100 heures par semaine
- 15:37pendant très longtemps. 7 jours sur 7, c'est pas.
- 15:39Épuisant à la fin. Non, quand tu es lancé, ça va.
- 15:42Écoute là hier j'ai fait une journée de 15h00.
- 15:45OK. J'ai fait 7 h du matin, 00h00
- 15:47non stop, j'ai mis une demi-heure de pause pour
- 15:49déjeuner, ça s'est bien passé donc c'est une question.
- 15:52Ouais, moi je. Pourrais pas faire autant autant
- 15:55d'heures ? Tu vois, mais c'est ça qui est
- 15:56génial, c'est tu as plusieurs casquettes dans le métier, c'est
- 15:57tu peux être au service, après tu vas t'asseoir, tu vas faire
- 15:59un peu de bureau, tu vas aller voir des fournisseurs, donc tu
- 16:01te balades, t'as t'as un problème électrique, parfois au
- 16:05bout de plomberie, tu fais un peu de plomberie, tu dois tout
- 16:07savoir faire. Et ce qui m'a sauvé aussi
- 16:10intellectuellement et psychologiquement, c'était donc
- 16:12me consacrer à aux autres à travers les maitres
- 16:15restaurateurs, donc la FMR ou le syndicat avec le GHR.
- 16:18Ah bah justement alors t'as un métier extremement prenant ?
- 16:23Tu dis que tu. Fais absolument tout, t'es au
- 16:26four et au moulin et là toi tu vas t'engager ?
- 16:30C'est quoi ? Pourquoi c'est devenu ?
- 16:33C'est c'est quoi le l'étincelle qui a fait que tu t'es engagé en
- 16:35fait ? Mon père était déjà syndiqué
- 16:40dans l'organisation professionnelle qui s'appelait
- 16:43le Synorka et même celle d'avant, et il me prenait de
- 16:45temps en temps en réunion du soir quand j'étais en école de
- 16:47commerce, très sympa. J'avais adoré ces ce côté à la
- 16:49fois où on étudiait le juridique, les fiscalités, le
- 16:51social, et après on avait le droit aux petits verres de vin
- 16:54et à la petite charcuterie. Puis finalement, petit à petit,
- 16:56j'ai gardé toujours des liens avec différents syndicats,
- 16:58différentes personnes et on m'a demandé à un moment donné de
- 17:01prendre différentes missions, notamment le titre au restaurant
- 17:04à une époque. Et c'est des choses où
- 17:06finalement ? Qu'est Ce que j'aime faire ?
- 17:08C'est que ça me fait retrouver dans mes études.
- 17:10Tu vois le côté fiscal, le côté comptabilité, droit, social,
- 17:15avec le côté concret de mon terrain.
- 17:17Donc c'est mon outil de travail où on essaie d'imaginer qu'est
- 17:20ce qui va ou qu'est ce qui va pas et comment l'améliorer, ou
- 17:22comment empêcher qu'on le détériore.
- 17:24Ça m'a fait créer des amitiés, ça m'a fait créer des liens, un
- 17:28beau lien social. Et en même temps, ça me fait
- 17:30croiser d'autres métiers puisque je travaille du coup avec par
- 17:32exemple le syndicat des boulangers.
- 17:33On est tous des artisans, on essaie tous de faire les choses
- 17:36correctement. Donc ce côté-là d'être d'être
- 17:39pas être dans mon travail derrière mon comptoir mais
- 17:40d'être en lien avec mon comptoir puisqu'au final j'essaie de
- 17:42quoi ? De sauver mon entreprise pour
- 17:44demain et d'essayer de le de le préserver de des mauvaises idées
- 17:48et de la transmettre. Voilà ça c'est je me vois comme
- 17:51un joueur de rugby ou mes parents m'ont fait la PAL.
- 17:54Donc ils ont passé un petit peu en arrière alors ce qui est bien
- 17:56c'est qu'ils ont fait une passe pas trop en arrière.
- 17:58Donc j'ai pas à courir comme mes parents pendant plusieurs
- 18:00kilomètres pour récupérer le même niveau que mon grand-père.
- 18:02Donc j'ai eu cette chance là de d'avoir des parents qui ont très
- 18:04bien fait les choses et moi mon but c'est d'avancer le plus
- 18:07possible et peut être de retransmettre le ballon ensuite
- 18:09encore à une nouvelle génération que ça soit mes enfants ou ou
- 18:12peut être mes neveux et nièces s'ils le veulent.
- 18:16Et mon but c'est pas de faire une cul de but et de revendre le
- 18:18restaurant avec un avec une belle marge.
- 18:21Alors c'est sûr qu'il y aura toujours une belle marge.
- 18:23Mais c'est, c'est pas mon but. Alors justement, dans ton
- 18:27engagement, tu as parlé d'un sujet qui te tient à cœur, les
- 18:31titres restaurant, c'est un sujet sur lequel tu t'es
- 18:34beaucoup engagé puisque tu as été à un moment le représentant
- 18:38de ton collège, c'est à dire des restaurateurs au sein de la
- 18:41commission nationale des titres restaurants.
- 18:44C'est un marché qui a beaucoup bougé, qui a eu pas mal de
- 18:50rebondissements, tu peux nous expliquer c'est quoi la
- 18:52situation actuelle du marché des titres restaurant selon toi ?
- 18:57Une bonne question, l'image d'aujourd'hui alors ?
- 19:00J'ai démissionné de mes fonctions au mois de juin 2025.
- 19:05Malheureusement, je suis plus représentant de de mon collège,
- 19:07donc c'était le collège des restaurateurs fruits et légumes
- 19:09et assimilés. Quand je l'ai quitté, on était
- 19:11sur un marché de presque 11 milliards d'euros.
- 19:13Si je dis pas une bêtise 5,5 1000000 de salariés, à peu près
- 19:1714 15 émetteurs, un marché qui a été condamné 3 fois par
- 19:21l'autorité de la concurrence. Un marché qui a eu un rapport de
- 19:24l'autorité de la concurrence en 2023, qui a encore.
- 19:26Été assez. Parlons en pourquoi ils ont été
- 19:29condamnés. C'était quoi la situation ?
- 19:30Parce que toi, ça fait longtemps que tu connais ce marché là.
- 19:33Qu'est ce qui s'est ? Assez comment tu as observé
- 19:36justement ce cette condamnation de l'autorité de la
- 19:39concurrence ? Alors j'étais pas dans le marché
- 19:41encore quand il y a eu la 3e condamnation de l'autorité de la
- 19:43concurrence. En tout cas, ce que je peux dire
- 19:46moi, c'est l'autorité de la concurrence de 2023 qui avait
- 19:47fait un rapport qui a fait un rapport qui a été demandé par
- 19:50l'ancienne ministre Madame Olivia Grégoire.
- 19:53Oui et au final le le bilan est plutôt, je trouve plutôt bien
- 19:57fait puisqu'il pointait du doigt un bilan non sain.
- 20:02Un. Marché défaillant, un marché
- 20:03défaillant non simple à équilibré, qui malgré 15
- 20:07émetteurs n'avaient pas réussi à équilibrer le marché, et cetera,
- 20:10et cetera, qui avait fait des propositions.
- 20:11Mais alors c'est quoi les causes selon toi justement de ce marché
- 20:14défaillant ? Aujourd'hui vous avez donc 4
- 20:16émetteurs qui qui possèdent 99% de parts de marché donc c'est
- 20:18quand même énorme dont les 2 plus gros raflent une grosse
- 20:21partie. C'est y a une grosse transition
- 20:26en 2014 de avec l'arrivée de la dématérialisation.
- 20:30On peut même dire 2013 avec une augmentation importante des
- 20:33commissions qui est arrivé en 2013.
- 20:35Donc si je te suis bien, il y a des titres restants en papier ?
- 20:38Ouais on passe à la dématérialisation avec petit à
- 20:43petit un remplacement de ces papiers par la carte.
- 20:46Et là tout le monde s attend à ce que les commissions.
- 20:49Baisse ? Je crois que ça monte vers 2011
- 20:51hein, quelque chose comme ça. Quand y a eu les premières
- 20:52discussions à l'époque, le titre est sans papiers.
- 20:54On était autour des un pour 100 hein, grosso modo, et on est
- 20:56venu nous voir en disant ça sera génial.
- 20:58Plus rapide, moins de moins de paperasse, moins de danger de
- 21:01perdre de l'argent. Comme c'est des cartes
- 21:04bancaires, ça ira plus vite, ça coûtera moins cher.
- 21:06En tout cas, la loi est passée avec l'arrivée catastrophique
- 21:10j'irai du titre restaurant dématérialisé et elle a mis un
- 21:12temps fou à s'imposer donc. Pendant ce temps-là aussi les
- 21:16commissions. Alors il faut expliquer peut
- 21:18être aux gens oui comment ça fonctionne, qui finance quoi ?
- 21:20Parce que ce marché là finalement on se rend pas compte
- 21:23que quand on va payer avec son titre restaurant, sa carte titre
- 21:26restaurant, finalement qui c'est quoi paye à la fin ?
- 21:30C'est ça qui est intéressant alors.
- 21:31On va partir de la base, un titre.
- 21:33Titres restaurant, l'employeur met en place des titres
- 21:37restaurant pour la pause déjeuner du salarié.
- 21:40En règle générale la moyenne c'est 55% de la part employeur.
- 21:43Donc c'est à dire que sur un ticket un titre restaurant de
- 21:4510€, l'employeur met 5,50€ et le salarié met 4,50€.
- 21:49Ce titre restant de 10,00€ quand vous l'utilisez chez le
- 21:52commerçant, le commerçant il va donc encaisser 10,00€ TTC mais
- 21:58dessus il va devoir avoir différents frais.
- 22:00Qui va devoir payer directement au à l'émetteur en disant Ben on
- 22:05vous apporte de l'affaire, donc on vous prend ?
- 22:07Un taux et ça c'est quoi en moyenne aujourd'hui ?
- 22:09Alors sur le papier on était un peu moins de un pour 100.
- 22:12Aujourd'hui sur la dématérialisation on est entre 3
- 22:148 et 4,2 hors taxes. Donc sur un sur un titre 10€ TTC
- 22:21on paye à peu près 4,40€ hors taxes à l'émetteur sur cette
- 22:27partie variable. Et derrière vous avez ce qu'on
- 22:29appelle les commissions fixes qui sont des commissions
- 22:32techniques souvent et les commissions techniques.
- 22:34Il y a plusieurs formes. Alors soit ça peut être
- 22:35l'émetteur qui mettent des abonnements 2€ par mois 2,00€
- 22:38par semaine pour accepter les titres au restaurant, ça peut
- 22:41être aussi en fonction du volume du titre au restaurant.
- 22:43Et enfin vous avez en fonction de la technologie du support si
- 22:47vous utilisez une carte bancaire comme support qui est une
- 22:52mastercard de visa. D'ailleurs le commerçant va
- 22:54payer un Mastercard de visa. À notre taux en plus.
- 22:57Comme les autres cartes. Comme les autres.
- 22:59Donc ça se cumule. C'est pour ça qu'on dit qu'en
- 23:00qu'en règle générale un titre au restaurant c'est 5% de
- 23:02Commission hors taxes. Donc sur 10€ TTC on reverse
- 23:060,50€ moyenne hors taxes. Donc je compare 5% ce que tu dis
- 23:10à ton taux de marge dont on parlait tout à l'heure de 2 ou
- 23:133%. C'est un coût extrêmement
- 23:17important pour les restaurateurs.
- 23:18Oui oui c'est mais tout d'un coût.
- 23:20Mais c'est évident que là là dématérialisation même des
- 23:23titres restaurants ça a un énorme coût donc.
- 23:24On se retrouve avec des commissions qui augmentent.
- 23:27Un marché compliqué pour les restaurateurs.
- 23:30Qu'est ce qu'il faut faire selon toi pour pouvoir retrouver un
- 23:35juste équilibre et un marché plus sain sur sur les titres
- 23:39restaurants ? Il.
- 23:40Y a beaucoup de choses à faire sur le titre restaurant
- 23:42malheureusement parce que alors là c'est mon côté.
- 23:45Nerd du titre restaurant. Si je peux dire ça comme ça,
- 23:48c'est quelque chose qui est passionnant, le titre restaurant
- 23:51et qui touche beaucoup de sujets.
- 23:52Si je parle que du sujet des commissions, déjà il faut qu'on
- 23:55trouve une solution. Parce que ce qu'a approuvé
- 23:58l'autorité de la concurrence de 2023, son dernier rapport, c'est
- 24:00qu'il y a une bascule qui a été faite.
- 24:02Délibèrement ou pas des émetteurs sur normalement, ils
- 24:07prenaient une partie d'argent auprès des employeurs pour
- 24:10pouvoir payer la carte. Bancaire, donc le support de la
- 24:14carte aussi, les recharges, tout le service qui est fait
- 24:18aujourd'hui. Ce service est la plupart du
- 24:20temps gratuit et même pour certaines sociétés.
- 24:22C'est ce qu'on appelle il y a une RFA, il y a une
- 24:24rétrocession, une commission de fin d'année ou une commission au
- 24:26contrat qui permet d'avoir même un côté négatif, c'est à dire
- 24:30qu'ils reçoivent de l'argent pour du titre restaurant.
- 24:33Tout à fait. Les employeurs, non seulement
- 24:34c'est gratuit, pour eux c'est défiscalisé, désocialisé, mais
- 24:38en plus les émetteurs vont aller prendre au restaurateur pour
- 24:41pouvoir aller les financer pour qu'il leur pour.
- 24:43Qu'ils les choisissent. Bah c'est sûr que si on te dit
- 24:45bah pour on te donne 100000€ de titre au restaurant mais ça te
- 24:48coûte 95000 tu as si en tant qu'employeur il faut.
- 24:50Alors il y a pas que le secteur privé, ça concerne que certaines
- 24:52entreprises, les grosses entreprises, il y a aussi le
- 24:55secteur public qui le fait notamment.
- 24:58Donc ça touche tout le monde ce côté-là.
- 24:59Donc c'est un côté malsain. Déjà je vois pas comment on peut
- 25:02toucher une rétrocommission sur quelque chose qui est
- 25:05défiscalisé. C'est quand même très limite.
- 25:07Et de l'autre côté on fait basculer tout l'équilibre du
- 25:10système vers le côté des commerçants.
- 25:11Alors on va me dire oui, mais c'est les commerçants qui qui
- 25:14touchent l'argent, oui. Mais qui si qui touche la
- 25:18défiscalisation et qui permet de d'augmenter cette valeur là
- 25:22auprès de leurs salariés puisque aujourd'hui c'est important pour
- 25:24un salarié le titre au restaurant.
- 25:25Nous d'ailleurs sur cet argent là, on paye les impôts, on.
- 25:28Paye la TV et cetera. Alors Romain, tu le disais, il y
- 25:30a 99% du marché qui est dans des émetteurs historiques.
- 25:33Et puis finalement il y a 15 émetteurs aujourd'hui, une
- 25:35dizaine de nouveaux émetteurs. Donc t'as finalement une
- 25:38différence quand même de modèle entre les émetteurs historiques
- 25:42et les nouveaux émetteurs. Tu peux nous en parler ?
- 25:48Les émetteurs historiques donc, c'était ceux qui étaient sur le
- 25:51papier et qui sont passés sur un support carte et papier puisque
- 25:55le papier existe toujours aujourd'hui.
- 25:57Y a pas de loi qui l'interdit encore.
- 25:59Malheureusement ils ont dévié les le coût du titre restaurant
- 26:03de la partie employeur, ils l'ont porté vers la uniquement
- 26:06sur la partie commerçant donc. C'est eux qui sont entre 4 et.
- 26:096% on va dire grosso modo de commissions face à ça.
- 26:15Tu as des nouveaux players dont on fait partie, dont font partie
- 26:18work Life et font partie plein d'autres tout à fait qui ont une
- 26:22vision des choses où ils se rétribuent différemment, c'est à
- 26:25dire que ils payent, ils font pas de payer de commission.
- 26:28Du côté de au restaurateur, il y a une commission technique qui
- 26:31existe. Qui est le coût de la carte.
- 26:32Qui est le coût de la carte ? Pas classique forcément, mais
- 26:35une coût de carte plus business on va dire.
- 26:37La plupart du temps on est entre.
- 26:38On va dire si on vous prévoit large entre 0 5 et 1 1 et demi
- 26:41pour 100 mais dessus tu ne rajoutes pas.
- 26:43Les commissions d'apporteurs d'affaires, ils se rétribuent
- 26:46différemment parce qu'ils sont-ils sont rémunérés
- 26:48notamment par le par la carte Mastercard ou visa qui leur
- 26:52attribue 111 pourcentage du flux qui est utilisé.
- 26:55Et donc pour le restaurateur, finalement c'est un encaissement
- 26:58dans ce cas-là, comme une carte bancaire.
- 27:01Donc. Il a pas à avoir une facturation
- 27:03supplémentaire à attendre et avoir des délais de paiement.
- 27:06Donc en fait t'as des nouveaux émetteurs qui essayent
- 27:08d'arriver, qui ont un modèle un petit peu différent, qui sont
- 27:11avec une carte avec en effet un taux de cartes bancaires qui
- 27:16sont plus simples mais qui ont du mal à s'imposer avec des gros
- 27:20acteurs parce que les gros acteurs prennent des commissions
- 27:22plus importantes. Proposent leurs solutions
- 27:25gratuitement aux entreprises, voire même on en parlait tout à
- 27:29l'heure. Redonne des commissions, des
- 27:31rétributions des RFA et donc l'intérêt ici pour pouvoir aller
- 27:35redonner un petit peu d'équilibre à ce marché.
- 27:38C'est une des solutions de baisser le taux de commission
- 27:42pour permettre à ces nouveaux acteurs d'émerger.
- 27:44C'est ce que disait la ministre à l'époque, Madame Olivia
- 27:48Grégoire. Et elle disait, mais qu'est ce
- 27:50que vous attendez pour innover ? Le seul problème c'est qu'elle a
- 27:52mal posé la question. Elle a posé la question aux
- 27:54commerçants pour lui dire qu'est ce que vous attendez pour
- 27:56innover pour faire venir les gens chez vous le 12h00 ?
- 27:58Moi la question, je lui ai retourné gentiment en lui disant
- 28:00mais nous on fait nos formules déjeuner qui est moins cher le
- 28:0312h00 que le soir, donc ça fait longtemps qu'on innove.
- 28:06Par contre qu'est ce que qu'attendent les émetteurs pour
- 28:08innover ? C'est pas dématérialisation qui
- 28:10a innové aujourd'hui. Les émetteurs historiques
- 28:13reposent sur une data qui est incroyable, qui est énorme.
- 28:16C'est du le Google on peut dire. Ils pourraient faire n'importe
- 28:19quoi, proposer plein de solutions de publicité, et
- 28:21cetera, de payant et ne plus faire payer les commissions sur
- 28:23le titre restaurant. Ils n'ont jamais voulu innover
- 28:25parce qu'on est les vaches à lait.
- 28:27C'est plus facile de prendre 4 à 6% et ne pas innover.
- 28:28C'est dommage qu'aujourd'hui, les seuls qui essaient
- 28:30d'innover, ce sont ceux qui essaient de se créer un marché
- 28:33qui soit les plus jeunes. Et qui propose du coup de ne pas
- 28:37facturer les autres. Donc il faut retrouver équilibré
- 28:39entre l'employeur et les restaurateurs un équilibre pour
- 28:42que les 2 cofinancent le dispositif.
- 28:45Voilà, il faut retrouver ce qui existait avant l'arrivée de la
- 28:47dématérialisation. Par contre quand je peux dire
- 28:50équilibré il faut pas rééquilibrer, c'est à dire que
- 28:53les employeurs payent 5% et que nous on continue à payer 5%.
- 28:55Bien sûr c'est pas le but du jeu.
- 28:58Donc c'était tous les enjeux. Voilà, c'était tous les enjeux
- 29:01quand j'étais à Bercy. C'est comment faire pour trouver
- 29:04un véritable équilibre avec des propositions pour forcer à une
- 29:08baisse des taux et un équilibrage du.
- 29:09Taux et donc baisse du taux, ça veut dire quoi, ça veut dire
- 29:12plafonnement des commissions selon toi ?
- 29:13Alors le rapport de l'autorité de 2023 de la concurrence disait
- 29:16que c'était une solution. C'est une solution viable qui
- 29:20peut s'envisager. Mais ce n'était pas peut être
- 29:22pas la meilleure, disait le rapport.
- 29:23Et il proposait toute une boîte à outils.
- 29:25Aujourd'hui, avec le recul que j'ai, avec les échanges que j'ai
- 29:28eus avec Bercy, les différents ministres, et cetera.
- 29:31Il y a très peu d'outils qui sont validés par Bercy.
- 29:34La seule que tout le monde a validé c'est l'interdiction des
- 29:37rétrocessions. Tout le monde a été d'accord
- 29:38pour dire déjà il faut arrêter ça mais rétrocession ça
- 29:41représente même pas un pour 100 donc ça c'est pas grand chose,
- 29:44c'est plus psychologique qu'autre chose derrière.
- 29:46Comment on fait donc pour réussir à baisser ?
- 29:48Bah pour moi personnellement, après avoir fait quand même
- 29:50quelques années dessus sur le sujet, si on arrive pas à
- 29:53s'entendre pour faire baisser les pour que les les commissions
- 29:56s'équilibrent, il y a le plafonnement qui reste réel.
- 29:59Et la dernière proposition que j'avais faite sur le bureau du
- 30:01ministre à l'époque, c'était, faites un encadrement des
- 30:04commissions limité dans le temps, avec un guide de
- 30:07renvoyant. On se revoit dans 12 mois, dans
- 30:0918 mois pour savoir si ça fonctionnait ou pas.
- 30:11Parce que si demain on dit que le taux c'est 2%, Ben l'employé
- 30:16l'émetteur, pour pouvoir continuer à à vivre, il va bien
- 30:19devoir trouver quelque chose. 2%.
- 30:21Donc il va devoir trouver les 2% ailleurs.
- 30:22Il peut trouver un autre système que de que de faire payer les
- 30:25employeurs hein ? Tout à fait.
- 30:26Aujourd'hui c'est quand même des c'est quand même de la tech
- 30:29qu'on peut faire plein de choses avec les petites restaurants.
- 30:31Il y a pas obligatoirement à faire payer les commissions et
- 30:33faire payer l'employeur, il y a d'autres solutions et.
- 30:34Donc quoi le bon taux que tu dis ?
- 30:36Je je faisais une proposition. C'est quoi ?
- 30:37C'est c'est autour de 2% ça ? C'est ce que tu dis ?
- 30:40Ah le mieux, ça serait 0. Ah bah bien évidemment, mais
- 30:43pourquoi assurer la pérennité du dispositif ?
- 30:45Aujourd'hui on peut comparer au titre aux chèques vacances.
- 30:48Oui ou c'est 2 et demi côté commerçant et un côté employeur
- 30:52ce qui fait un total de 3 et demi.
- 30:54D'accord après discussion avec beaucoup d'émetteurs, 3 et demi
- 30:57tout le monde serait content avec 3 et demi pour 100 la
- 30:59plupart, du moins ceux qui sont. Qui j'ouvre vraiment le jeu on
- 31:02va dire, c'est à voir ensemble. Mais c'est sûr qu'il faut
- 31:04marquer le coup et qu'il faut que ça soit quelque chose de
- 31:06crédible. Et pour faire baisser parce que
- 31:07si on dit que allez on arrête, on dit pas 4 et demi, on dit 4%,
- 31:12ça va pas faire changer grand chose.
- 31:13Rien qui changera. Et tu dis moi j'ai donc porté
- 31:16cette proposition sur le bureau de la ministre.
- 31:17Tu dis en même temps bah j'ai démissionné alors qu'est ce qui
- 31:20s'est passé ? Pourquoi t'as démissionné ?
- 31:25Donc ça, c'est une proposition que j'avais portée auprès de des
- 31:282 anciens ministres. Des 3, enfin, il y en a eu 3,
- 31:31hein, puisque il y a eu beaucoup de changements de ministres
- 31:34économiques. C'est avec la ministre Madame
- 31:37Louwagie, c'était l'une des des propositions que j'avais faites.
- 31:40C'était essayer de revenir sur un encadrement, quelque chose de
- 31:43serein et posé outre. On est là pour faire des
- 31:47propositions face à nous. On avait les émetteurs qui
- 31:49avaient fait 0 proposition, donc ça a été noté d'ailleurs par la
- 31:52ministre, Hein ? Donc voilà, moi j'ai démissionné
- 31:56alors pas après la la. Alors après la présentation de
- 32:00Madame la Ministre Louwagie sur la modernisation du titre au
- 32:03restaurant, c'était pas à cause de de son bilan, parce qu'elle
- 32:07avait quand même vu beaucoup de choses correctes.
- 32:09J'étais assez d'accord sur l'ensemble de son travail.
- 32:12Il manquait 2 éléments importants pour moi qui étaient
- 32:15donc bien sûr l'encadrement des commissions.
- 32:17Mais là c'était pas un une interdiction de sa part
- 32:21puisqu'elle avait dit que la question se poserait au mois de
- 32:23septembre après avoir analysé les propositions des émetteurs.
- 32:27Donc en gros elle laissait 2 3 mois aux émetteurs pour rendre
- 32:29une copie pour faire baisser les taux de commission du côté des
- 32:32commerçants et ça y a rien qui s'est passé.
- 32:33Ah Ben après j'ai démissionné donc je peux pas je peux pas le
- 32:36dire. Puis le gouvernement a été
- 32:37suspendu, on a encore changé donc c'est compliqué.
- 32:39Mais en tout cas elle avait pas dit non et elle avait dit faut
- 32:42faire quelque chose pour faire baisser les commissions.
- 32:43Donc déjà. On a encore une fois un ministre
- 32:46qui dit qu'il YA1 problème sur les commissions, donc ça fait
- 32:48plaisir. Et enfin, la 2e chose qui
- 32:50n'allait pas dans son rapport, c'était le tout alimentaire pour
- 32:53laquelle j'ai défendu la cause. C'était oui, mais à condition de
- 32:57trouver un équilibre pour préserver l'objet social du
- 32:59titre restaurant. Moi j'ai installé un double
- 33:01plafond, donc on a eu des véritables propositions pour
- 33:03essayer d'équilibrer ce dispositif.
- 33:04Ce qui s'est passé derrière, c'est qu'après, je n'étais pas
- 33:07d'accord avec la vision de mon organisation professionnelle
- 33:10puisque, à mon sens, elle a changé énormément.
- 33:14Et je ne tolère pas et je ne valide pas cet objet là et cette
- 33:18vision là qui a beaucoup trop changé en peu de temps.
- 33:21Je comprends et. D'ailleurs, quand on on regarde
- 33:24hein, le plafonnement des commissions aujourd'hui, il est
- 33:25soutenu par les boulangers, les fromagers, les saveurs
- 33:28commerces, la CGAD qui est l'organisation qui représente
- 33:30aussi beaucoup de, de, de, de restaurateurs, la FMR, les
- 33:34bouchers, les charcutiers, bref beaucoup.
- 33:35Il y a quand même 2 organisations aujourd'hui qui
- 33:38sont plutôt silencieuses sur le sujet qui sont bah tu connais
- 33:42bien le GH. Chers, et qui sont lumi
- 33:45aujourd'hui, tu sais pourquoi c'est pas un sujet qui est porté
- 33:48par la même vigueur ? Alors l'umi, c'est historique
- 33:51hein ? L'umi a toujours été très proche
- 33:53des émetteurs, ils ont des ils ont des partenaires
- 33:56publicitaires entre eux, ils font des congrès ensemble, il y
- 33:59a des vrais liens commerciaux entre eux.
- 34:01Ils ont obtenu des taux de remise sur les commissions.
- 34:03Quand t'es adhérent de l'Umi, t'as 30% de remise sur les taux
- 34:06de commission grosso modo. Donc c'est quelque chose
- 34:08d'important et l'umi s'en sort très bien et c'était dans leur
- 34:10vision en disant Bah ça nous va pour le moment ils ont jamais
- 34:13voulu. Casser ce sens-là et ni
- 34:17s'offusquer en. Gros tu passes de 5% à 4% en
- 34:21gros d'un côté. On savait que l'umi était pas
- 34:24pas pour ce combat là, mais ne m'interdisait pas me prononcer
- 34:28et souvent c'était plutôt ils s'abstenaient lors de ce de vote
- 34:30au sein de de la Commission, le GHR qu'on avait dans l'a DN de
- 34:34vouloir défendre au mieux l'intérêt de nos adhérents et de
- 34:36nos professionnels. Donc il y a pas le côté
- 34:38adhérent, c'est le côté métier en règle générale puisque.
- 34:42Un syndicat ne représente que 30 à 40% des professionnels donc
- 34:44moi j'avais cette vision là du métier et du syndicalisme, on
- 34:47était là pour défendre le métier et bien faire son travail.
- 34:51Donc mon but était de dire Bah il YA1 problème on va y remédier
- 34:53pour tout le monde. Donc c'est vrai que j'avais
- 34:56obtenu des taux au re musée pour le syndicat comme l'UMI et ça
- 34:58nous avait jamais gêné pour continuer la bataille.
- 35:01Malheureusement moi de il y a quelques temps ça a changé cette
- 35:04vision là au sein du GHR et leur.
- 35:07Leur préférence va pour ne pas froisser les émetteurs afin de
- 35:10préserver leur taux remisé. Alors justement ce que tu dis il
- 35:13YA1 article de challenge qui le décrit très bien qui dit en fait
- 35:15il y a une relation d'affaire qui fait que d'une certaine
- 35:18manière ces taux remisés permettent également à ces
- 35:21syndicats de pouvoir attirer de nouveaux adhérents et donc
- 35:27finalement il y a une relation un petit peu spécifique entre
- 35:29les émetteurs et ces syndicats et que finalement est ce que
- 35:35ça ? Ne vient pas à faire que les
- 35:38représentants n'ont plus les mêmes intérêts que les
- 35:41représentés, est ce que ça peut marcher toujours d'avoir des
- 35:45émetteurs qui sont si proches des représentants ?
- 35:48Après ce que beaucoup de d'élus peuvent dire, bah on fait un
- 35:55travail, bah dans les les gens ou cas venir se syndiquer.
- 35:59S'ils veulent bénéficier de notre travail, ça c'est une
- 36:01vision de certains. C'est pas comme ça, moi que je
- 36:03vois mon travail d'élu. Cette vision là de bénéfique
- 36:06pour tous, OK. Peut être un dernier point sur
- 36:10ce sujet, y a y a 89% des restaurateurs qui ont déjà
- 36:12refusé les titres au restaurant pour cause de hausse de des
- 36:19commissions ou qui envisagent de le faire.
- 36:22Est ce que finalement ça on va pas se retrouver avec les petits
- 36:25commerces qui vont. Ne plus pouvoir accepter les
- 36:30titres restaurant parce que c'est ceux qui ont les marges
- 36:33les plus faibles et que cet élément là ça va participer à la
- 36:36désertification des petits villages, des petits bourgs pour
- 36:40que les titres restaurant finalement ne soient acceptés
- 36:42que dans les chaînes, les grandes distributions.
- 36:45Est ce que on peut courir ce risque là selon toi si rien
- 36:49n'est fait sur ces commissions ? L'équipe des titres restants est
- 36:53très fragile. L'objet social ?
- 36:56Qui est qui permet de payer tout ou partie du déjeuner du salarié
- 36:59français pendant sa pause de travail ?
- 37:02C'est important. Le c'est le titre restant est
- 37:04bénéfique pour l'État, ça crée de l'emploi, ça crée de la masse
- 37:06salariale, ça crée des cotisations, ça crée de la TVA.
- 37:09Donc au final entre la défiscalisation et les gains, on
- 37:13est bénéfique. Il faut surtout pas supprimer le
- 37:15titre restant. Alors le fléchage, quand on me
- 37:17dit on n'est pas un pays bébé, on peut laisser les salariés
- 37:20mettre l'argent dans leur salaire dans dans leur bulletin
- 37:23de salaire, pour moi c'est faux. Il faut préserver le titre au
- 37:26restaurant parce que le fléchage permet justement de sauver tout
- 37:29ce fléchage économique et cette utilisation pour la pose des
- 37:32genêts. On est sur une cause économique
- 37:35mais une cause aussi de raisons de santé publique.
- 37:38Il faut garder le lien social pour la pose des genêts pour et
- 37:41garder un équilibre pour le déjeuner assez sain.
- 37:44OK, bon Romain. On va passer à une séance
- 37:47mesquin malin ou les 2, je vais te proposer des réformes
- 37:51radicales pour sauver ton secteur.
- 37:53Je me dis si c'est mesquin, si c'est malin ou les 2, alors un
- 37:58le lien social obligatoire, on en parlait juste avant l'État
- 38:02imagine. L'État impose un droit à la
- 38:04déconnexion, déjeuner d'une heure minimum avec une
- 38:07interdiction formelle de manger à son poste de travail.
- 38:10On force les salariés à sortir mesquin malin.
- 38:14Ou les 2. Ah je dirais les 2, parce que
- 38:18c'est un peu mesquin d'imposer une vision au salarié.
- 38:22Parfois t'as pas le choix, t'es obligé de manger un sandwich
- 38:23devant ton poste de travail parce que t'es en retard, ou et
- 38:25cetera. Par contre je suis moi pour la
- 38:28préservation et l'obligation d'une vraie pause déjeuner où il
- 38:31faut une droite déconnexion. En effet, comme tu as dit, il
- 38:33faut une demi-heure, 3 quart d'heure minimum pour se
- 38:36déconnecter, aller faire ses courses, manger avec des
- 38:38collègues au moins manger tout seul pour se faire le vide.
- 38:40Donc c'est malin parce qu'il faut à tout prix préserver ce
- 38:43côté social puisque on a bien vu que dans le COVID, quand les
- 38:46gens étaient seuls chez eux, Bah il y a eu des dépressions, et
- 38:49cetera, et ils mangeaient pas forcément.
- 38:51Et c'est important de se déconnecter pour pas avoir de
- 38:53dépression non plus. Donc c'est malin de ce côté-là.
- 38:55Mesquin parce qu'il faut pas trop imposer quand même une
- 38:57vision des choses. Je comprends. 2e mesure, la
- 39:00solution charge contre salaire. L'État plafonne les commissions
- 39:03des titres au restaurant et plafonne également les factures
- 39:08d'énergie aux restaurateurs. Mais 100% des économies
- 39:10réalisées doivent être réinvesties dans l'augmentation
- 39:13des salaires. Mesquin, malin ou les 2.
- 39:16Mesquin parce que aujourd'hui, par exemple, tu prends mon
- 39:19restaurant, je suis à 50% de ma salariale.
- 39:22Donc quand tu utilises un 10€, il y a 5€ pour pour le personnel
- 39:25avec ses charges, et cetera. Donc on peut pas trop mettre
- 39:28justement quand on fait du vrai fait maison ou quand on a une
- 39:31masse salariale toujours entre 40 et 50%.
- 39:33Quand on dit qu'une masse salariale est plus autour de
- 39:3530%, ça veut dire que c'est de la restauration rapide ou de la
- 39:36restauration préparée. Donc on peut pas imposer.
- 39:38Justement on cherche à réduire la masse salariale si on veut
- 39:42préserver le fait maison. Le seul problématique du fait
- 39:44maison c'est la masse salariale aujourd'hui.
- 39:49Dans 20 sur un plat à 20€ tu as 10€ qui part pour le personnel
- 39:52la plupart du temps tu comprends ?
- 39:543e mesure, pour régler la crise d'attractivité, l'État impose la
- 39:58semaine de 32 h payée de 39 dans tout le secteur de la
- 40:01restauration. Interdiction totale des heures
- 40:03supplémentaires au-delà de 35 h. Même pour le patron, c'est la
- 40:07fin du métier passion à 100 heures par semaine.
- 40:09Mes ce qu'un malin ou les 2. Que pour la restauration, cette
- 40:12interdiction ou pour tout le monde ?
- 40:13Pour la restauration uniquement. Ah que pour la restauration.
- 40:15Bah c'est c'est mesquin de de viser qu'un seul milieu bien
- 40:18évidemment. Après on est beaucoup à passer
- 40:21tous sur la journée de 4 jours, mais 35 h sur 4 jours parce
- 40:25qu'on fait 2 services. Le but est de trouver un
- 40:27équilibre bien sûr, vie privée, vie personnelle, mais aussi un
- 40:29équilibre financier. Et donc il est plus facile de
- 40:32faire un emploi du temps parfois sur 4 sur 4 jours avec un brai
- 40:35temps plein. Très clair.
- 40:37Dernier point sur les titres restaurants, on va aller
- 40:40regarder un petit peu ce qui se passe à l'international aussi.
- 40:43au Brésil, le président Lula a signé la semaine dernière un
- 40:46décret plafonnant les commissions des titres
- 40:48restaurants. Est ce que tu penses que ça peut
- 40:50changer la donne pour les restaurateurs brésiliens ?
- 40:52Parce que c'est tout de même un plafonnement à 3.6%, ça semble
- 40:56encore assez élevé finalement non ?
- 41:00Tout dépend de combien ils sont partis et je connais pas assez
- 41:01le marché brésilien pour le puis je crois qu'il y a beaucoup
- 41:04beaucoup d'émetteurs là-bas. Plafonner oui mais à un moment
- 41:08donné ils viennent de loin parce que les émetteurs ont parlé d'un
- 41:11moment donné de supprimer complètement le les taux de
- 41:13commission et que ça ça devait être gratuit.
- 41:15Et à l'époque au Brésil ça avait fait tout un scandale bien
- 41:18évidemment. Donc on peut dire que les
- 41:20émetteurs devraient être plutôt contents parce que de 0
- 41:22finalement ils ont toujours 3,6 après ces 23,6 si ils étaient à
- 41:2510, ça fait beaucoup de manques à gagner.
- 41:28Mais c'est par contre c'est une très bonne, c'est une très bonne
- 41:29chose. Alors Romain, on va passer à la
- 41:31séance ? Utopie ou dystopie ?
- 41:33Tu choisis une carte et tu la montes face caméra.
- 41:38Utopie ? Utopie alors ?
- 41:40Romain, nous sommes en 2035, l'État a agi, les commissions de
- 41:45titres restaurants sont plafonnées, la rentabilité est
- 41:47revenue. Ton bistrot est à l'Unesco.
- 41:49Quel est l'impact de cette de cette victoire de l'artisanat
- 41:52sur notre capacité à faire société et à résister à
- 41:55l'isolement selon toi ? Donc qui dit encadrement des
- 42:02titres restaurants, dit plus de titres restaurants accepté dans
- 42:05tous les restaurants, ça veut dire peut être plus de vie
- 42:08sociale, plus de pause déjeuner. Les gens se retrouveraient pour
- 42:14faire des déjeuners, que ça soit dans les restaurants, et ils
- 42:16resteraient parfois même au boulot hein, dans les dans les
- 42:19salles, c'est approprié la différence de avec
- 42:25l'encadrement. Les taux de commission
- 42:27permettraient peut être au patron de se payer d'après les
- 42:30dernières études un patron parfois ne se paye que le SMIC
- 42:32et encore quand il arrive à se payer.
- 42:34Donc c'est con à dire mais si tu arrives à sauver 2 3000€ ça peut
- 42:37te faire un une mensualité de ton salaire.
- 42:39C'est pas grand chose pour pour certains mais c'est beaucoup
- 42:41pour certains employeurs. On paye d'abord les salariés et
- 42:45on se paye toujours en dernier. C'est bien la règle du jeu hein.
- 42:47J'ai toujours été défendu le l'intérêt de l'encadrement des
- 42:50commissions en disant que peu importe le montant.
- 42:55Si tu arrives à récupérer un ou 2% chez tous tes fournisseurs,
- 42:57tu retrouves une rentabilité. Déjà tu passes de 3 à 5, 6% bien
- 43:00sûr. Donc si tout le monde mettait du
- 43:02sien et qu'on arrivait à rééquilibrer le marché de
- 43:04l'énergie, tu peux renégocier. Aujourd'hui j'ai redivisé
- 43:06quasiment par 2 donc ça fait quand même une augmentation de
- 43:08200% par rapport à une époque. Mais j'ai divisé par 2 bon taux
- 43:11donc mes fournisseurs font attention aussi à la qualité.
- 43:14Les seuls que je vois pas baisser de tarif pour l'instant
- 43:17et qui pensent même augmenter en 2026 d'après certains c'est les
- 43:20titres restants qui arrêtent pas d'augmenter encore.
- 43:25Alors oui, tout a un coût, mais au bout d'un moment on pourra
- 43:28plus. Donc le but est de sauver un
- 43:32maximum d'emplois, un maximum de commerces.
- 43:34Et qui dit 11 milliards d'euros dit demain peut être 15
- 43:37milliards d'euros et 20 milliards d'euros.
- 43:39Et ça veut dire plus de titres restaurants, plus de salariés
- 43:41qui le qui en bénéficient, plus de vie, plus de bonheur au
- 43:44boulot, plus de temps de pause, c'est pas mal et ça veut dire
- 43:46plus d'argent aussi pour les émetteurs parce qu'au final
- 43:48c'est c'est c'est gagnant pour tout le monde, très.
- 43:50Clair alors ? On va conclure Romain la période
- 43:532025200026, elle s'annonce critique.
- 43:54Il y a beaucoup de restaurateurs, tu l'as dit tout
- 43:57à l'heure qui vont avoir du mal à rembourser leur PGE.
- 44:01Moi je reviens au début de ton histoire, ton arrière grand-père
- 44:03Émile qui est le fondateur. Si vous voyez la crise actuelle
- 44:06avec une rentabilité à 2%, l'oligopole des titres
- 44:08restaurant l'inaction de l'État, qu'est ce qu'il dirait à la 4e
- 44:12génération ? Quel conseil il donnerait
- 44:14aujourd'hui ? Tu penses au restaurateur ?
- 44:22Ah je pourrai pas remonter si loin.
- 44:23Moi je te dirai juste la génération d'avant mon père.
- 44:26Quand il voit la rentabilité du restaurant, il est catastrophé,
- 44:29à l'époque on était à plus de 10%, aujourd'hui on est à peine
- 44:32à 2, 3% pour lui, c'est tout ce boulot là pour ça c'est
- 44:34catastrophique et si le business est pas rentable, le problème
- 44:37c'est que tu vas avoir une vision des choses mais pas que
- 44:39pour la restauration je pense pour beaucoup de choses comme
- 44:41l'agriculteur ou d'autres métiers, les viticulteurs,
- 44:44beaucoup les viticulteurs actuellement.
- 44:46Où tu es assis sur 1 1 fond de commerce, une valeur de
- 44:50plusieurs 1000000 d'euros parfois et ta rentabilité est
- 44:53quasiment nulle. Ça veut dire que tu travailles
- 44:55pour te payer le smig, mais si tu vends, tu vas toucher
- 44:57plusieurs 1000000 d'euros et tu t'as plus besoin de bosser,
- 44:59presque, ou tu fais autre chose et tu t'emmerdes plus.
- 45:02Aujourd'hui, cette question s'est posée pour beaucoup.
- 45:04Beaucoup ont arrêté et ont vendu leur commerce et ils le
- 45:07regrettent pas. Et ils sont heureux parce que
- 45:10voilà, ils ont touché 2 3000000 d'euros alors qu'ils gagnaient
- 45:12que 2000€ par mois, et cetera. C'est une vision des choses,
- 45:14mais cette vision des choses est plutôt à court terme.
- 45:17J'ai aussi d'autres histoires, par exemple où tu j'ai des amis
- 45:20de ma génération ou c'est les parents qui ont vendu le
- 45:22restaurant du grand-père et ça le problème c'est que mes
- 45:25copains ils ont voulu reprendre des restaurants et ils ont dû
- 45:28racheter des restaurants et ils pouvaient pas racheter celui du
- 45:30grand-père puisqu'il était pas à vendre donc ils ont racheté
- 45:31d'autres restaurants donc il y a ce côté-là qui est cassé et
- 45:34parfois ça peut sauter une génération et ils ont envie d'y
- 45:37revenir. Beaucoup de majération.
- 45:39On revient dans le métier de la restauration parce que encore
- 45:41une fois, c'est du concret, c'est du partage, c'est des
- 45:43valeurs. C'est un métier où tu peux
- 45:46gagner ta vie si tu fais bien ton travail et donc on.
- 45:49Dirait accroche toi, c'est difficile, mais c'est une
- 45:53passion. Voilà donc faut faire attention
- 45:55de pas avoir envie de brader un patrimoine culturel, un
- 45:59patrimoine immobilier. Et malheureusement aujourd'hui
- 46:02si on entend certains sons de cloche, C'est pourquoi
- 46:04s'emmerder ? Pourquoi autant subir de
- 46:07fiscalisation ? Pourquoi subir autant de
- 46:09pression et alors que tu pourrais tout simplement
- 46:12arrêter ? Et malheureusement c'est pas
- 46:14comme ça que je vois la France, c'est pas comme ça que je vois
- 46:16le commerce et je pense qu'il faut se batailler pour essayer
- 46:19de sauver tout ça. Alors oui y a des abus, mais
- 46:21comme dans le titre restaurant comme dans d'autres sujets, le
- 46:23but est d'encadrer les choses et peut être d'améliorer les
- 46:25outils, mais c'est pas pour autant que c'est des mauvais
- 46:27outils, donc il faut trouver les bons outils, faut les améliorer.
- 46:31Le titre ressent est un très bon outil, il faut l'améliorer parce
- 46:34que aujourd'hui. Qui aurait pu penser il y a
- 46:36quelques années qu'on serait à 11 milliards avec 15 émetteurs
- 46:38et qu'on serait sur 5, 6% de Commission ?
- 46:40Pas grand monde. Par contre, tous les pays au
- 46:42monde commencent à se dire va falloir mettre les choses au
- 46:45clair, l'Italie, la Turquie, le Brésil, tout le monde s'y met,
- 46:48le seul pays qui est en retard alors que pourtant on est les
- 46:50créateurs du titre restaurant c'est la France.
- 46:52Il serait peut être temps qu'un ministre aille jusqu'au bout des
- 46:54choses et fasse les choses quand même correctement en n'oubliant
- 46:56pas l'objet social, c'est à dire qu'il faut faire attention à son
- 47:00objet social et à ne pas flécher que vers le titre caddie.
- 47:04Et faire attention bien sûr au coût du dispositif pour tout le
- 47:06monde. Parfait.
- 47:08Belle conclusion. Merci beaucoup Romain.
- 47:09Avec plaisir, Benoît. Et merci à vous d'avoir suivi
- 47:12cet épisode de Beyond work and Life.
- 47:14N'hésitez pas à partager vos avis en commentaire, à liker
- 47:17pour soutenir le podcast et à vous abonner pour ne rien
- 47:20manquer. Si vous avez des questions
- 47:22autour des avantages salariés, je vous invite à vous rendre sur
- 47:24notre site. Le lien est disponible en
- 47:26description. À très vite pour un prochain
- 47:28débat.