Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / Changer de vie, suivre son intuition et révéler sa flamme : le parcours inspirant de Lily Barbery et Céline Bailleux
Transcript
- 0:03Flamme des années 80.
- 0:05Le podcast qui allume la femme.
- 0:10Bonjour,
- 0:10alors on est très heureuse de parler de carrière et on a la chance aujourd'hui de recevoir Lily Barbery et Céline Bailleux qui ont plein de choses à nous raconter.
- 0:19Est-ce que vous voulez vous présenter les filles ?
- 0:22Je ne sais pas,
- 0:22qui a envie de commencer ?
- 0:24Eh bien bonjour,
- 0:24je m'appelle Céline Bailleux,
- 0:26je suis illustratrice et autrice de BD.
- 0:30Et moi,
- 0:30je m'appelle Lily Barbery et j'ai bien du mal à résumer ce que je fais en une phrase.
- 0:37Tu peux utiliser plusieurs phrases.
- 0:38J'ai le droit d'utiliser plusieurs phrases.
- 0:40Donc voilà,
- 0:41j'écris.
- 0:42Ça,
- 0:42c'est l'essentiel de mon travail.
- 0:45À la fois du travail de création de livres,
- 0:47mais aussi j'écris une newsletter chaque semaine,
- 0:52ce qui me prend pas mal de temps.
- 0:54J'écris des...
- 0:55tonnes de textes à droite à gauche et je donne des cours de méditation et de yoga,
- 1:01à la fois en vrai,
- 1:03une fois par semaine,
- 1:04et en ligne.
- 1:06Voilà,
- 1:06et cette plateforme que j'ai créée,
- 1:08eh bien,
- 1:09il y a aussi des vidéos d'art de vivre,
- 1:13de cuisine,
- 1:14de voyage,
- 1:15etc.
- 1:16Donc du coup,
- 1:16je n'arrive pas à résumer ça en une phrase.
- 1:20C'est un vrai voyage.
- 1:21Mais si vous m'aidez à trouver une baseline aujourd'hui,
- 1:24je serais ravie.
- 1:25franchement vous pouvez nous envoyer vos idées on va transmettre et en fait ce qui est intéressant c'est que vous n'avez pas toujours été enfin écrire je pense que tu as toujours écrit mais avec tu as écrit sur d'autres supports ta vie a un peu changé à un moment donné en tout cas j'ai été journaliste oui pendant 15 ans j'ai travaillé pour Vogue ensuite pour M le magazine du monde avec des périodes de piv où j'ai travaillé pour d'autres d'autres journaux entre ces deux phases là et non j'ai pas
- 1:52Enfin,
- 1:52je n'ai pas toujours enseigné la méditation et le yoga,
- 1:55ça ne m'intéressait pas du tout d'ailleurs.
- 1:58En revanche,
- 1:58le bien-être et l'art de vivre m'ont toujours intéressée.
- 2:02Et moi,
- 2:02j'étais spécialisée dans la beauté.
- 2:04Donc en fait,
- 2:04de la beauté au bien-être,
- 2:06il n'y avait quand même pas non plus un grand écart.
- 2:08Et le yoga est arrivé dans ma vie en 2016 seulement,
- 2:12donc c'était il n'y a pas si longtemps.
- 2:14Et ça fait maintenant six ans que je l'enseigne.
- 2:17Super,
- 2:17et moi je t'ai connue,
- 2:18ça a été mon petit rayon de soleil pendant le Covid.
- 2:22les rendez-vous,
- 2:22je pense que les gens,
- 2:23il y a tellement de gens qui...
- 2:25C'est incroyable ce que tu avais quand même réussi à créer.
- 2:27Écoute,
- 2:27c'est une aventure un peu folle,
- 2:29oui.
- 2:29On était,
- 2:31certains soirs,
- 2:32il y avait 15 000 comptes connectés en même temps à ces méditations.
- 2:35Alors,
- 2:35pas tous les soirs,
- 2:36mais quand même.
- 2:37Et puis,
- 2:38il y avait parfois plusieurs personnes derrière un téléphone.
- 2:40Donc,
- 2:40je ne sais pas combien on a été en tout pendant les six semaines de confinement,
- 2:47du premier confinement et puis ensuite,
- 2:48pendant la deuxième partie.
- 2:50de l'année 2020 où j'ai aussi animé encore à 18h des cours de méditation gratuits sur Instagram.
- 2:57Je ne l'avais pas du tout planifié,
- 2:58c'est venu un petit peu parce que les studios étaient fermés,
- 3:01j'avais besoin d'un lieu pour retrouver mes élèves,
- 3:03mais surtout pour moi en fait,
- 3:05pour pouvoir pratiquer et me sentir connectée aux élèves que je connaissais.
- 3:11Et je ne pensais pas du tout que ça plairait,
- 3:13vraiment j'étais convaincue que c'était tellement bizarre que ça ne fonctionnerait pas.
- 3:18Et je pense que parce qu'il n'y avait pas...
- 3:19pas de stratégie,
- 3:20ça a bien pris en fait.
- 3:23J'avais une intention qui n'était pas du tout de séduire ni d'avoir des followers,
- 3:27mais plutôt de me faire du bien et de faire du bien à mes élèves.
- 3:30Et j'ai tout de suite été étonnée le premier soir quand j'ai vu le nombre de personnes connectées,
- 3:34parce que clairement c'était beaucoup plus que mes élèves.
- 3:38Et chaque jour,
- 3:39c'est monté de façon croissante.
- 3:42Puis je suis passée sur TF1 en fait à la fin de cette première semaine,
- 3:46parce que j'avais déjà
- 3:473 ou 4 000 personnes qui se connectaient,
- 3:49donc ils avaient repéré les comptes qui explosaient un peu pendant les lives.
- 3:53Ils ont fait un sujet sur moi au 20h,
- 3:56à un moment où le 20h était très regardé puisqu'on était tous...
- 4:00Voilà,
- 4:00on voulait savoir ce qui allait se passer et du coup le lendemain,
- 4:04j'ai vu une vague arriver comme rarement j'ai vu du monde et puis...
- 4:10C'est marrant,
- 4:10j'ai vu du monde,
- 4:10sauf que tu n'as vu personne.
- 4:11Je n'ai vu personne,
- 4:13mais je voyais tous ces comptes s'abonner aux miens.
- 4:19Et c'est bizarre parce que j'avais à peu près
- 4:2345 à 50 000 followers à ce moment-là.
- 4:26Donc,
- 4:26j'avais quand même une petite communauté.
- 4:28Mais je pense qu'il y a
- 4:3250 000 personnes qui sont arrivées en quelques semaines seulement.
- 4:36Donc,
- 4:36c'est beaucoup.
- 4:37C'est incroyable.
- 4:39Tu ne gères plus du tout pareil ?
- 4:41Du coup,
- 4:41tu n'as plus la même interaction avec les gens qui te suivent ?
- 4:44En fait,
- 4:45au moment où ça s'est passé,
- 4:46je n'ai pas trop réalisé.
- 4:47C'est plus tard.
- 4:49Les conséquences,
- 4:49d'ailleurs,
- 4:50sur le moment,
- 4:51ont été plutôt très positives.
- 4:53Mais je pense que c'est au moment où on arrête de faire ce qu'on avait choisi de faire.
- 4:58Moi,
- 4:58j'ai fait de la gratuité,
- 4:59en fait,
- 5:00pendant quasiment une année.
- 5:02Et puis il y a eu un moment,
- 5:03il fallait reprendre sa vie normale et je ne pouvais pas être l'animatrice de 18 heures gratuites
- 5:08Advitam. Et juste avant,
- 5:10tu faisais quoi ?
- 5:11Juste avant le Covid ?
- 5:12Je donnais des cours de yoga et de méditation de manière assez intensive.
- 5:16Je donnais pas mal de cours chaque semaine,
- 5:18j'organisais des retraits de yoga.
- 5:20Je me formais à plein de nouvelles techniques autour du bien-être.
- 5:24Et je participais aussi à former des élèves.
- 5:28J'étais vraiment intensément dans le yoga,
- 5:31j'écrivais déjà,
- 5:32j'avais déjà sorti un livre,
- 5:34mais je dirais que je n'étais pas identifiée jusqu'à 2020 comme faisant tout ça.
- 5:42J'avais encore cette étiquette de journaliste puisque j'avais quitté ce métier peu de temps avant.
- 5:47C'est ce moment qui m'a propulsée et qui m'a permis d'être visible en tant que prof.
- 5:56de méditation active un peu particulière.
- 5:59Ça a fait du bien,
- 6:00je crois,
- 6:01à beaucoup de gens,
- 6:02et d'abord à moi et à ma famille.
- 6:05En revanche,
- 6:08c'est quand on sort du confinement et quand on se retrouve dans la rue et que les gens sont venus me remercier avec beaucoup d'émotion,
- 6:17que là,
- 6:17j'ai pris conscience de ce que ça signifiait et je ne savais pas très bien quoi en penser.
- 6:24Parce que j'avais l'impression qu'on projetait sur moi quelque chose que je n'étais pas du tout.
- 6:28Moi,
- 6:28j'avais fait ça vraiment de manière très spontanée et avec beaucoup de simplicité.
- 6:37J'étais chez moi,
- 6:38j'allumais mon téléphone et d'un seul coup,
- 6:41cette notoriété ne me convenait pas du tout.
- 6:45Et surtout,
- 6:46ce que les gens projetaient comme si j'avais une sagesse particulière,
- 6:50un pouvoir particulier ou que j'étais un genre de gourou.
- 6:54Je n'arrêtais pas de me retourner en regardant derrière mon épaule pour me dire,
- 6:57mais en fait,
- 6:58ce n'est pas du tout moi.
- 6:59Moi,
- 7:00je suis une fille comme tout le monde.
- 7:01J'ai des galères avec ma fille,
- 7:05avec mon mari.
- 7:07Je suis stressée,
- 7:08des fois je hurle.
- 7:09Je veux dire,
- 7:10je suis comme tout le monde.
- 7:10Ce n'est pas parce que je fais de la méditation que je suis sur ma montagne en tailleur toute la journée.
- 7:18Après,
- 7:18je suis plutôt de nature joyeuse et optimiste,
- 7:21mais ça ne fait pas de moi quelqu'un qui...
- 7:23qui auraient des super pouvoirs.
- 7:26Et j'ai senti comme une attente,
- 7:28mais pas une attente qui était saine ni pour moi ni pour l'autre,
- 7:32mais une attente de c'était génial,
- 7:35vous m'avez sauvé,
- 7:36vous m'avez sauvé mon confinement,
- 7:37c'était quelque chose qui revenait beaucoup et qu'on me dit encore.
- 7:41Et moi,
- 7:42je réponds toujours mais c'est vous qui avez fait,
- 7:44en fait.
- 7:44Moi,
- 7:45j'ai juste transmis un outil,
- 7:46mais je n'ai pas fait grand-chose,
- 7:48en fait.
- 7:49Et le temps que j'ai donné...
- 7:50Pour moi,
- 7:51c'était juste complètement normal et naturel.
- 7:54Dans un moment très particulier,
- 7:56il n'y avait vraiment pas de calcul.
- 7:59Mais c'est intéressant ce que tu dis,
- 8:00parce que souvent,
- 8:02les choses qui se passent,
- 8:03comme les histoires d'amour,
- 8:05les belles histoires d'amour,
- 8:06ou les succès dans les idées d'entreprise ou d'entrepreneuriat,
- 8:11on imagine que ce sont des choses qui doivent être récalculées.
- 8:13En fait,
- 8:13ce qui marche,
- 8:14c'est aussi quelque chose,
- 8:15ça s'impose,
- 8:15c'est comme ça.
- 8:16Je ne sais pas pourquoi,
- 8:17en fait,
- 8:18ça a fonctionné.
- 8:19Et c'est intéressant parce que comme on parle de carrière en ce moment,
- 8:21c'est aussi ces émissions,
- 8:23elles sont là pour nos auditrices,
- 8:24pour...
- 8:25Ces moments où des fois,
- 8:26tu es un peu en changement de carrière,
- 8:27tu ne sais pas trop ce que tu vas faire,
- 8:28tu as envie de projeter des choses.
- 8:31Voilà,
- 8:31peut-être poser aussi,
- 8:32peut-être un des tips,
- 8:33poser,
- 8:33méditer.
- 8:34Puis des idées,
- 8:34elles vont venir à nourrir aussi,
- 8:36un peu lâcher pour avoir la place.
- 8:38Moi,
- 8:39je crois beaucoup au pouvoir de l'intuition,
- 8:42qu'il faut évidemment mettre en perspective avec une logique économique et financière.
- 8:47Là,
- 8:47c'était possible parce qu'on était confinés et qu'à 18h,
- 8:50j'avais que ça à faire.
- 8:51Je pense que ça aurait été un autre moment,
- 8:53je n'aurais pas eu la même idée.
- 8:56Mais je crois beaucoup au fait d'écouter les idées un peu bizarres,
- 9:01saugrenues qu'on peut avoir,
- 9:03mais qui nous excitent.
- 9:04Ou en tout cas,
- 9:04où on se dit,
- 9:05ça c'est mon endroit,
- 9:06je pense que je me sentirais bien à faire ça.
- 9:08Et j'avais pas mal de blocages à l'idée de faire ce premier live,
- 9:14le 15 mars 2020.
- 9:16On n'était pas encore tout à fait confinés.
- 9:18C'était le week-end où on avait encore le droit de sortir.
- 9:20Macron n'avait pas encore annoncé qu'on allait être confinés pour soi-disant 15 jours.
- 9:24Mais tout le monde partait,
- 9:27prenait ses valises.
- 9:27Il y avait plein de gens qui quittaient Paris.
- 9:29Nous,
- 9:29on avait pris la décision.
- 9:30Moi,
- 9:31je faisais mes courses.
- 9:32Toi,
- 9:32tu faisais tes courses ?
- 9:35J'envoyais mon mec faire les courses.
- 9:37C'est vrai que c'était quand même un peu fou.
- 9:39À ce moment,
- 9:41on a vécu tous une aventure mondiale d'ailleurs folle.
- 9:45Et je me disais,
- 9:49j'ai très envie de partager avec mes élèves.
- 9:52Mais je vais être ridicule.
- 9:56C'est sûr.
- 9:57Et d'ailleurs,
- 9:58pour certains,
- 9:59et pour certaines personnes qui me connaissaient avant dans ma vie de journaliste et qui m'ont vu d'un seul coup chanter des mantras,
- 10:05faire des respirations un peu bizarres,
- 10:07encore aujourd'hui,
- 10:08il y en a qui disent Non mais Lily,
- 10:10on l'a perdue à ce moment-là
- 10:12Et c'est OK.
- 10:13Je veux dire,
- 10:13ce n'est pas grave.
- 10:14C'est leur perception.
- 10:17Peut-être que moi,
- 10:17quelques années plus tôt,
- 10:19Si une journaliste autour de moi s'était mise à faire ça du jour au lendemain,
- 10:24sans que j'aie eu vraiment les prémices de ce qui s'était passé avant,
- 10:28qui m'avait amenée à faire ceci,
- 10:31je pense que je l'aurais peut-être jugée de la même manière.
- 10:33Je me suis dit,
- 10:34non mais n'importe quoi !
- 10:36Mais ce qui est drôle,
- 10:37c'est qu'il y a beaucoup de gens d'ailleurs qui ont regardé par curiosité au début en se disant,
- 10:42n'importe quoi,
- 10:42qu'est-ce qu'elle fait ?
- 10:43Parmi les comptes qui étaient connectés.
- 10:46Je pense notamment à...
- 10:47Angèle de la guinguette d'Angèle,
- 10:49qui est cette naturopathe cuisinière qui a une énergie hyper positive.
- 10:54Et elle me l'a raconté au micro de mon podcast en me disant
- 10:57Non mais
- 10:58Lily, au début,
- 10:59je me suis dit mais qu'est-ce qu'elle fait ?
- 11:01Et j'étais au pire moment,
- 11:03à 18h,
- 11:03avec mes enfants en train de cuisiner,
- 11:05de couper des carottes,
- 11:06ça hurlait dans tous les sens.
- 11:08Et puis tu chantais et quand même j'ai fredonné ton truc,
- 11:12quoi.
- 11:13Et je me suis rendue compte que ça m'avait fait vraiment du bien.
- 11:15Donc le lendemain...
- 11:17Quand je t'ai vue,
- 11:17je me suis dit,
- 11:18allez,
- 11:18je le fais,
- 11:19j'essaye.
- 11:21Et en fait,
- 11:21elle est devenue accro,
- 11:22enfin,
- 11:24juste avec le fait d'être intriguée la première fois,
- 11:27d'essayer,
- 11:27et puis ça lui a fait tellement de bien.
- 11:29Et moi,
- 11:30en fait,
- 11:30c'est vraiment ce que je ressens par rapport à cette pratique.
- 11:33C'est que je ne voulais pas y aller.
- 11:34Au premier cours que j'ai essayé,
- 11:35moi,
- 11:36je ne voulais pas y aller parce que j'ai une copine qui m'a dit,
- 11:38ouais,
- 11:38on chante des mantras.
- 11:39Je lui ai dit,
- 11:39non,
- 11:39merci,
- 11:40mais non,
- 11:40merci.
- 11:41Et j'y suis allée,
- 11:42j'ai essayé,
- 11:43ça m'a fait du bien.
- 11:44Et c'est le fait que ça m'ait fait du bien qui m'a intriguée.
- 11:47Donc je suis revenue et par curiosité,
- 11:49après,
- 11:49je suis devenue vraiment accrochée à cette pratique.
- 11:52Tu t'es formée ?
- 11:54Oui,
- 11:54j'ai été formée pendant quasiment trois ans pleins.
- 11:59Mais on peut enseigner au bout d'une très courte période.
- 12:04Il n'y a pas trop de législation autour de l'enseignement du yoga,
- 12:07malheureusement.
- 12:09Et donc,
- 12:10on a la possibilité d'enseigner au bout d'un certificat de 200 heures de formation.
- 12:15Ce qui,
- 12:15à mon avis,
- 12:16n'est pas très sérieux.
- 12:17Et je pense qu'un jour,
- 12:17ça changera.
- 12:18Mais pour le moment,
- 12:19en tout cas,
- 12:19c'est comme ça.
- 12:20Et moi,
- 12:20ça m'a permis de commencer à enseigner alors que je continuais à me former.
- 12:24Je n'avais pas trop l'intention d'enseigner au moment où je me suis formée.
- 12:29Et c'est vraiment la rencontre avec le Kundalini,
- 12:31toi ?
- 12:31Oui,
- 12:32c'est cette pratique-là qui m'a plu.
- 12:35Maintenant,
- 12:35j'ai aussi pris mes distances avec...
- 12:38la pratique telle qu'elle m'a été enseignée.
- 12:42J'ai mis beaucoup de modernité.
- 12:44Je pense que la période de Covid m'y a aidée parce que je me suis adressée à un très grand nombre,
- 12:48y compris des gens qui n'étaient pas du tout des fans de yoga ni des personnes aptes à faire des mouvements difficiles parce que j'avais des personnes très âgées,
- 12:58j'avais des personnes en situation de handicap,
- 13:01j'avais des enfants qui suivaient.
- 13:02Donc vraiment,
- 13:03il y avait des familles entières.
- 13:04Et je...
- 13:06Je ne pouvais pas proposer quelque chose de trop intense physiquement.
- 13:09Et aussi,
- 13:10je ne pouvais pas rentrer dans...
- 13:13Il y a beaucoup de croyances quand même dans ce yoga qui sont présentées comme des réalités scientifiques.
- 13:20Et ça,
- 13:20moi,
- 13:20j'en étais consciente.
- 13:22Et je pense que c'est vraiment un choix personnel de se dire est-ce que je crois,
- 13:26est-ce que je ne crois pas ?
- 13:27Et puis,
- 13:28moi,
- 13:28depuis,
- 13:29j'ai fait beaucoup de tri aussi.
- 13:30Donc...
- 13:31Je n'étais pas la même professeure en 2020 que celle que je suis devenue aujourd'hui,
- 13:37où j'ai trié,
- 13:40j'ai laissé partir beaucoup de choses.
- 13:42Je dirais que j'étais plus ésotérique à cette période-là qu'aujourd'hui.
- 13:45Mais le fait de m'adresser à un très grand nombre,
- 13:48on ne peut pas commencer à parler en long et en large,
- 13:53j'en sais rien moi,
- 13:55de croyances astrologiques.
- 13:56Alors qu'on est en train de s'adresser à un grand nombre qui est en situation d'urgence parce que c'est le Covid et qu'on est tous stressés.
- 14:03Ça,
- 14:03ça m'a quand même pas mal aidée à prendre du recul sur qu'est-ce que je suis en train de dire,
- 14:09pourquoi je le dis.
- 14:11Et quand je regarde quelques vidéos que j'ai gardées de cette époque-là,
- 14:14il y a des choses que je ne dirais plus aujourd'hui de la même manière,
- 14:16ça c'est sûr.
- 14:17C'est intéressant de voir comment on évolue.
- 14:20J'ai envie de...
- 14:22Du coup,
- 14:22on écho par rapport à toi et par rapport à ton histoire.
- 14:24Déjà,
- 14:25comment tu as réussi,
- 14:26toi,
- 14:27à mettre tes illustrations sur Internet,
- 14:30sur
- 14:31Insta ? Alors,
- 14:32je vais rebondir à ce que tu disais,
- 14:34toi,
- 14:34c'est de suivre son instinct et d'oser,
- 14:37déjà.
- 14:38Je pense que la base,
- 14:40c'est qu'on a du mal à se faire confiance.
- 14:43Et en fait,
- 14:44quand on ose,
- 14:46on arrive à faire.
- 14:47Et puis après,
- 14:47ça marche,
- 14:48c'est très bien.
- 14:48Ça ne marche pas,
- 14:48ce n'est pas grave,
- 14:49on ose autre chose.
- 14:52Moi,
- 14:52je n'ai pas toujours été illustratrice.
- 14:54J'ai eu un métier très sérieux.
- 14:56C'était quoi ce métier très sérieux ?
- 14:58J'étais directrice régionale d'une chaîne de magasins.
- 15:01À un moment donné,
- 15:01j'avais 26 magasins à moi.
- 15:02Je gérais les petites vendeuses,
- 15:05les responsables de boutiques,
- 15:07tout ce qui tourne autour de ça,
- 15:10de chiffre d'affaires.
- 15:13Productivité.
- 15:17Oui.
- 15:17J'avais envie de partir,
- 15:18j'avais envie d'arrêter.
- 15:20Et donc,
- 15:23la société n'allait pas très bien.
- 15:24À un moment donné,
- 15:25ils ont commencé à licencier pas mal de personnes.
- 15:28J'ai voulu être licenciée aussi.
- 15:30J'ai été l'une des dernières à partir.
- 15:32Et donc,
- 15:34ils m'ont licenciée de manière économique.
- 15:37Je ne sais pas,
- 15:37je pense trois mois après mon divorce.
- 15:39Donc,
- 15:40à un moment donné où il ne fallait pas finalement.
- 15:43Et donc,
- 15:43je me suis retrouvée toute seule,
- 15:45sans boulot,
- 15:46avec mes deux enfants.
- 15:47Et à me dire,
- 15:48qu'est-ce que je vais faire ?
- 15:50Et l'avantage quand même avec ce système de licenciement économique,
- 15:53c'est que vous avez votre salaire pendant un an ou deux,
- 15:55je crois.
- 15:56Et du coup,
- 15:57j'ai réfléchi en fait.
- 15:58J'ai réfléchi et puis j'ai rencontré mon compagnon actuel qui,
- 16:02lui,
- 16:03était illustrateur et maintenant tatoueur.
- 16:07Et il se lançait dans le tatouage à l'époque.
- 16:10Et du coup,
- 16:11il est dessiné.
- 16:12Donc,
- 16:12je me suis dit,
- 16:13moi aussi,
- 16:13tiens,
- 16:14je vais me remettre à dessiner.
- 16:15Oui,
- 16:15parce que tu dessinais déjà.
- 16:16Oui,
- 16:16alors pas quand je suis arrivée à Paris,
- 16:18que j'ai commencé à avoir mon boulot sérieux.
- 16:20Et mes enfants,
- 16:20tout ça,
- 16:21je ne dessinais plus trop,
- 16:22quoi.
- 16:22À part des cochons.
- 16:23Mais tu dessinais ?
- 16:24Oui,
- 16:24oui,
- 16:24toujours.
- 16:25J'ai toujours dessiné.
- 16:27Tu as appris ou instinctivement ?
- 16:29Alors,
- 16:29j'ai pris des cours quand j'étais ado,
- 16:31ou enfant même,
- 16:32mais c'est tout.
- 16:34Et non,
- 16:34après,
- 16:34j'ai vachement reproduit.
- 16:36Je dessinais sur ma mère et ta bonnette et les loisirs.
- 16:39Je faisais des moustaches sur les posters.
- 16:41Après,
- 16:42je redessinais les gens qu'il y avait sur les cartes.
- 16:43Avec les calques ?
- 16:44Non,
- 16:44même pas.
- 16:46Elle était forte,
- 16:46elle.
- 16:47Non,
- 16:47pas du tout.
- 16:48Il n'y a pas d'édition d'être forte ou pas,
- 16:49en fait.
- 16:52Ce n'est pas une question d'être forte.
- 16:53Quand vous regardez les illustrateurs de presse,
- 16:55il y en a plein qui dessinent très mal.
- 16:57Mais en revanche,
- 16:58ils ont une patte et ils ont un discours.
- 17:00Et c'est ça qui marche.
- 17:01Ils ont une vision,
- 17:02un œil.
- 17:03Oui,
- 17:03et puis ils savent manier les mots,
- 17:06ils savent rebondir sur une actu,
- 17:08sur une chose qu'ils ont vécue.
- 17:10Et c'est ça,
- 17:10en fait,
- 17:10que les gens attendent.
- 17:11C'est de ressentir quelque chose quand ils voient quelque chose.
- 17:14Et donc,
- 17:15bref,
- 17:16du coup,
- 17:16je me suis remise à dessiner.
- 17:17Et puis,
- 17:18à un moment donné,
- 17:19je me suis dit,
- 17:20bon,
- 17:20avec l'argent de mon divorce,
- 17:22l'argent de mon chômage,
- 17:25je peux tenir quatre ans.
- 17:27Donc,
- 17:28j'ai quatre ans pour essayer.
- 17:29Et puis après,
- 17:30bon,
- 17:30je...
- 17:30je me reprendrai un boulot sérieux.
- 17:32Et au bout d'un an,
- 17:33j'ai commencé à avoir quelques commandes sans avoir fait grand-chose finalement,
- 17:37juste du bouche-à-oreille.
- 17:38Je bossais dans la com quand même,
- 17:39donc j'avais pas mal de contacts com qui ont commencé à me faire bosser parce qu'on se connaissait.
- 17:43Ils te faisaient faire quoi du coup ?
- 17:44Des dessins.
- 17:47Pour leur client à eux très sérieux par exemple.
- 17:50Et puis de fil en aiguille,
- 17:51j'ai commencé à avoir suffisamment de commandes et puis j'ai commencé à me lancer.
- 17:55Et alors,
- 17:56pareil,
- 17:56les réseaux sociaux ont un peu explosé.
- 17:59En fait,
- 17:59moi,
- 17:59tout part d'un jeu quand même.
- 18:00C'est que j'aime bien jouer,
- 18:01j'aime bien profiter de la vie,
- 18:03j'aime bien,
- 18:05enfin,
- 18:05je suis spontanée.
- 18:07Et en fait,
- 18:07Instagram,
- 18:08ça a commencé comment ?
- 18:09Parce que mon mec et moi,
- 18:10on a fait notre compte Instagram à peu près en même temps.
- 18:13Et au départ,
- 18:13il avait genre,
- 18:14je ne sais pas,
- 18:14300 abonnés et moi,
- 18:15j'en avais 250.
- 18:17Et à chaque fois qu'il postait un truc,
- 18:19il gagnait des abonnés.
- 18:20Et moi aussi,
- 18:20mais je n'arrivais pas à le dépasser.
- 18:21Et un jour,
- 18:21je lui ai dit,
- 18:22mais je pense que dans six mois,
- 18:23je te double,
- 18:24quoi.
- 18:25Et je pense que six mois après,
- 18:26j'avais 20 000 abonnés et lui,
- 18:27il était toujours à genre 400.
- 18:29Et qu'est-ce qui a fait que tu as compris comment...
- 18:32Je n'ai pas compris,
- 18:32j'ai posté mes dessins,
- 18:33point barre.
- 18:34Je trouve qu'avant,
- 18:34je ne les postais pas trop.
- 18:35Puis d'un seul coup,
- 18:36j'ai commencé à poster des dessins.
- 18:37Pour le bac.
- 18:39Au départ,
- 18:39oui.
- 18:40Et c'est vraiment parti d'un jeu entre nous.
- 18:43Puis après,
- 18:43tu te prends au jeu.
- 18:44Et lui,
- 18:44il publie autant que toi ?
- 18:47Non,
- 18:47je ne pense pas.
- 18:48Je pense que lui,
- 18:49il est moins joueur que moi.
- 18:50Et moi,
- 18:51j'aime bien gagner quand même.
- 18:53Et puis lui,
- 18:54il est illustrateur et tatoueur.
- 18:56Il est plutôt dans le dessin de tatouage.
- 18:59Moi,
- 18:59je suis vraiment dans le dessin d'humour,
- 19:01sur ma vie de femme,
- 19:02de maman,
- 19:03de galère.
- 19:05Et du coup,
- 19:06il y a une résonance,
- 19:07je pense,
- 19:08auprès des gens.
- 19:09Oui,
- 19:10lui,
- 19:10il est plus dans un truc un peu de niche aussi,
- 19:12alors que toi,
- 19:12tout le monde peut se reconnaître.
- 19:13Oui,
- 19:13voilà.
- 19:14Moi,
- 19:15j'ai des tatoueurs,
- 19:15j'ai des femmes,
- 19:16j'ai des ados,
- 19:17j'ai une communauté hyper...
- 19:19Lui,
- 19:19c'est vraiment les gens qui aiment le tatouage.
- 19:21Et puis,
- 19:22il y a une dimension humoristique aussi.
- 19:24Oui,
- 19:24il n'est pas très drôle.
- 19:27Je ne connais pas son travail,
- 19:28je ne le permettrais pas.
- 19:29Mais du coup,
- 19:30comme j'ai regardé le tien,
- 19:32il y a une dimension d'humour où tu te...
- 19:35Tu te moques de toi et des situations de la vie que tu rencontres au quotidien.
- 19:38Voilà.
- 19:38Du coup,
- 19:39ça a marché.
- 19:39Et puis,
- 19:40de fil en aiguille,
- 19:41j'ai eu des commandes par rapport à ça.
- 19:43De fil en aiguille,
- 19:45on m'a proposé de faire un livre ou ce genre de choses.
- 19:47En fait,
- 19:48tout est venu à moi.
- 19:49Je n'ai pas fait grand-chose dans l'histoire,
- 19:51à part publier des dessins.
- 19:52Par dessiner quand même.
- 19:53Oui,
- 19:53quand même.
- 19:54Et tu as fait plusieurs
- 19:57BD, c'est ça ?
- 19:57On peut appeler ça des BD ?
- 19:58Oui,
- 19:59j'ai fait deux BD.
- 20:01Happy Family 1 et 2,
- 20:02qui parlent de mon divorce.
- 20:04et de ma reconstruction,
- 20:05enfin de moi en fait et de mon nouveau couple.
- 20:07J'ai illustré la BD d'Élodie Gosselin.
- 20:09J'ai fait quoi d'autre ?
- 20:11J'ai un livre qui sort là sur ma vie avec ma fille qui a un trouble de l'attention.
- 20:15Et là,
- 20:15il y a un bouquin qui sort,
- 20:17un petit livre d'illustration qui sort le 20 septembre sur les parents.
- 20:20Dis-moi que tu es parent sans me dire que tu es parent.
- 20:22Donc c'est assez drôle.
- 20:23Et du coup,
- 20:23comment cette idée t'est venue justement de te mettre en avant ?
- 20:26J'imagine que tu as de l'humour.
- 20:27Alors,
- 20:28je n'ai jamais eu l'idée de me mettre en avant.
- 20:30Je déteste être mise en avant.
- 20:32Je n'aime pas qu'on parle de moi.
- 20:33Je n'aime pas qu'on me reconnaisse dans la rue.
- 20:35Je ne sais pas où me foutre à chaque fois.
- 20:37Je n'aime pas ça du tout.
- 20:37Donc,
- 20:37ce n'était pas du tout l'idée de me mettre en avant.
- 20:39C'est peut-être que je me suis mal exprimée,
- 20:41de dessiner ta vie.
- 20:43C'était plutôt,
- 20:44en fait,
- 20:44je pense,
- 20:46mon divorce a été très,
- 20:47très difficile.
- 20:47Je pense que pendant un an ou deux,
- 20:49allez,
- 20:49un an,
- 20:50j'ai pleuré à quatre pattes dans ma cuisine,
- 20:52toutes les larmes de mon corps.
- 20:54Et c'était très,
- 20:54très difficile.
- 20:57Et puis à un moment donné,
- 20:58je ne sais pas,
- 20:58ce pouvoir d'autodérision que je dois avoir.
- 21:01Et je trouve que de rire de soi,
- 21:03c'est en tout cas pour moi le meilleur des médecins.
- 21:07Et puis finalement,
- 21:10on est tous dans la même galère.
- 21:11En fait,
- 21:11on vit tous à peu près les mêmes choses.
- 21:13Et de pouvoir en rire,
- 21:14je trouve ça pas mal.
- 21:15Donc en fait,
- 21:15c'était l'idée de partager.
- 21:18Moi,
- 21:18j'ai l'impression que tous les artistes utilisent la matière première qui est leur vie et très personnelle.
- 21:26Même si ce n'est pas toujours aussi lisible,
- 21:29mais finalement,
- 21:30il y a cette idée que même si on est dans un roman et que le personnage principal écrit par une romancière est un homme,
- 21:39bien souvent,
- 21:40on arrive,
- 21:41si on connaît son travail,
- 21:43à la reconnaître sous certains aspects des personnages.
- 21:49Et parfois même,
- 21:50tous les personnages sont une partie d'elle-même.
- 21:53Je pense notamment...
- 21:55à Virginie Despentes avec Vernon Subutex,
- 21:58où on sent bien qu'il y a beaucoup d'elle et de sa façon de voir le monde dans chacun des personnages.
- 22:03Et ça,
- 22:03c'est quelque chose qu'on retrouve,
- 22:05en fait,
- 22:06à l'intérieur de fiction.
- 22:07Et dans la peinture,
- 22:08c'est pareil.
- 22:09Mon mari,
- 22:11il est peintre,
- 22:12et il peint quasiment que des femmes.
- 22:14Souvent,
- 22:14on lui demande pourquoi il peint des femmes,
- 22:16et il a du mal à expliquer,
- 22:17mais en fait,
- 22:17moi,
- 22:18je trouve que c'est des versions de lui.
- 22:21C'est lui qui peint en permanence.
- 22:23Elles sont toutes hyper maigres comme lui.
- 22:26Et alors,
- 22:26les gens me disent,
- 22:26ah,
- 22:27mais ça te ressemble vachement.
- 22:28Pas vraiment,
- 22:28non.
- 22:30Pas du tout,
- 22:31même.
- 22:31C'est vraiment,
- 22:32c'est sa morphologie.
- 22:33Mais s'il était une femme,
- 22:35ce serait à chaque fois...
- 22:37Donc...
- 22:39On parle bien de ce qu'on connaît,
- 22:40en fait.
- 22:41Exactement.
- 22:42C'est cette matière première.
- 22:43Et puis,
- 22:44on est dans une époque où c'est plus facile de partager,
- 22:47je trouve,
- 22:47des récits personnels.
- 22:49Moi,
- 22:50j'apprécie...
- 22:51énormément justement l'humour.
- 22:53Je trouve que c'est une clé essentielle pour traverser l'histoire.
- 22:58des moments difficiles et notre époque elle l'est particulièrement et je trouve que réussir à rire de soi et de ce qu'on vit il faut faire un petit passage quand même c'est pas instantané quand c'est dur t'attends,
- 23:12tu digères et après tu peux en rire mais c'est ça qui est super moi je trouve là où on en parle c'est que de quelque chose où tu pleurais dans ta cuisine après tu l'as transformé,
- 23:20t'en as fait une force
- 23:21En fait,
- 23:22c'était drôle quand même.
- 23:22Il y a des situations très cocasses quand même.
- 23:24Oui,
- 23:25mais quand tu es sur le moment,
- 23:26tu n'arrives pas à le voir.
- 23:29Ça m'est arrivé de rire de Moëlle et ça m'est arrivé d'éclater de rire quand même.
- 23:32Genre,
- 23:32mon Dieu,
- 23:33qu'est-ce qui s'est passé ?
- 23:34Par terre,
- 23:34dans la cuisine,
- 23:35on a tous des moments comme ça,
- 23:36un peu dramatiques.
- 23:37Je sais que moi,
- 23:37j'aime bien avoir du recul sur moi-même.
- 23:39Et des fois,
- 23:39je suis en train de créer des choses encore plus dramatiques et d'avoir le petit recul nécessaire,
- 23:44même si on pleure et même si vraiment c'est la merde,
- 23:47de se regarder un peu et dire...
- 23:49Dans 50,
- 23:50tu en regretteras,
- 23:51ou peut-être même la semaine prochaine,
- 23:52de l'avoir toujours en tête.
- 23:54C'est ça qui est intéressant dans ton travail.
- 23:55C'est que les gens qui sont en train de traverser des choses que toi,
- 23:57tu as peut-être déjà dépassées,
- 23:59comme avec le TDAH de ta fille,
- 24:01ou avec le divorce,
- 24:03si les gens regardent ça et qu'ils sont dedans,
- 24:05ils peuvent se dire,
- 24:05ah non,
- 24:06mais elle,
- 24:06elle a réussi.
- 24:07Donc,
- 24:07en fait,
- 24:07si elle a réussi,
- 24:08en plus,
- 24:08ça,
- 24:08ça me fait rire.
- 24:09Du coup,
- 24:10je rigole aussi un peu de moi.
- 24:11Oui,
- 24:12dans l'idée,
- 24:13finalement,
- 24:14ça va aller,
- 24:14quoi.
- 24:14On n'a qu'une seule vie,
- 24:15donc c'est bien d'en profiter et de ne pas trop...
- 24:19Pas trop se morfondre sur ce qu'on vit,
- 24:20en fait.
- 24:21Ça finit par passer,
- 24:22finalement,
- 24:23de manière générale.
- 24:24Oui,
- 24:25tout passe.
- 24:25Bah oui,
- 24:26donc voilà.
- 24:28Donc j'en suis arrivée là,
- 24:29quoi.
- 24:29Et comment ils ont réagi,
- 24:30justement,
- 24:31ta fille,
- 24:32tes enfants ?
- 24:33Ah bah eux,
- 24:33ça les a fait rire.
- 24:34Ils étaient super contents,
- 24:35surtout ma fille,
- 24:36de se voir dessiner.
- 24:37Ah,
- 24:37mais c'est moi,
- 24:38mais c'est Adrien.
- 24:39Ah,
- 24:39mais c'est notre chat.
- 24:40Donc ça les fait marrer,
- 24:41quoi.
- 24:42Et ma fille est très,
- 24:42très fière.
- 24:43Dès qu'il y a un bouquin qui sort,
- 24:45elle le montre à toute l'école.
- 24:46C'est ma mère !
- 24:47Dis-le moi !
- 24:48Oui,
- 24:49ça aussi.
- 24:50Et puis,
- 24:51ce qui est drôle,
- 24:51c'est que souvent,
- 24:52je dessine dans mon coin et après,
- 24:54je le remonte.
- 24:55Donc,
- 24:55les livres,
- 24:56à part là,
- 24:57sur le TDAH qui la concerne,
- 24:58elle a lu le scénario quand même en amont pour être sûre qu'elle valide tout.
- 25:02Et ça,
- 25:02elle a bien validé sans problème.
- 25:03Comment tu lui as dit j'aimerais écrire là-dessus Elle m'a dit moi,
- 25:07je veux bien,
- 25:07mais alors je veux passer à la télé
- 25:12Parce qu'elle m'a dit.
- 25:13Donc,
- 25:14écoute,
- 25:14on verra.
- 25:16Non,
- 25:16elle est très contente.
- 25:18Enfin bref,
- 25:18quand elle le lit,
- 25:20quand il lise les trucs,
- 25:21les bouquins,
- 25:22quand ils sont arrivés,
- 25:23il les redécouvre et quand je les entends se marrer tout seul dans leur chambre,
- 25:26je me dis que c'est cool.
- 25:27Ils sont plutôt contents et peut-être un peu fiers même.
- 25:32C'est génial.
- 25:34Et mon mec,
- 25:34j'ai carte blanche.
- 25:36Une fois,
- 25:36il m'a dit non,
- 25:37ça tu fais pas.
- 25:39Mais sinon,
- 25:40il est plutôt...
- 25:41Il est plutôt bon public et il se reconnaît.
- 25:43Il me dit de toute façon,
- 25:44je ne peux pas dire que ce n'est pas vrai,
- 25:45puisque c'est vrai.
- 25:47Donc,
- 25:47il n'y a même pas de mauvaise poignerie.
- 25:49Non,
- 25:50non.
- 25:50Et puis,
- 25:50c'est quand même relativement bienveillant.
- 25:52Je veux dire,
- 25:52il n'y a pas de je me moque gentiment.
- 25:55Déjà,
- 25:55je me moque de moi aussi.
- 25:56Donc,
- 25:58tout est bienveillant.
- 25:58Il n'y a aucune ose de méchanceté dans tout ce que je peux dire.
- 26:02Et puis,
- 26:02je parle de nous.
- 26:03Mais des fois,
- 26:04il y a des gens qui me disent.
- 26:06Oui,
- 26:06mais là,
- 26:07à chaque fois,
- 26:08tu as oublié.
- 26:09Parce que je ne sais pas si je vais parler d'un truc.
- 26:11Elle me dit Oui,
- 26:11mais là,
- 26:12ce n'est pas exactement vrai parce que moi,
- 26:13ce qui se passe...
- 26:15En fait,
- 26:15moi,
- 26:15je parle de moi.
- 26:16Je parle de moi,
- 26:17en fait.
- 26:17Donc,
- 26:18je ne raconte pas tout puisque je ne connais pas tout,
- 26:20mais je parle de moi,
- 26:21de mes scènes à moi,
- 26:22en fait,
- 26:23ou de la manière que j'ai de moi les vivre.
- 26:25Et puis,
- 26:25est-ce que tu choisis de partager ou pas ?
- 26:27Oui,
- 26:27voilà.
- 26:29Oui,
- 26:29parce qu'évidemment,
- 26:30je ne raconte pas tout,
- 26:30quand même.
- 26:31Ah bon ?
- 26:32Ce n'est pas une vraie télé.
- 26:33J'ai un petit jardin secret,
- 26:34quand même.
- 26:36Et la force des réseaux sociaux,
- 26:38comme disait Lily,
- 26:38toi,
- 26:38tu...
- 26:39Tu ressens que ça a changé quelque chose ?
- 26:42À un moment donné,
- 26:43tu as été un peu perdue comme ça ?
- 26:45Alors,
- 26:45j'étais très contente de gagner,
- 26:47déjà.
- 26:47C'est pareil.
- 26:48À plat de couture,
- 26:49quoi.
- 26:51Non,
- 26:52alors au début,
- 26:52tu as une espèce de fierté,
- 26:54d'engouement,
- 26:54tu es contente,
- 26:55tu as plein de cœurs,
- 26:57plein de likes,
- 26:58plein de gens qui s'abonnent,
- 26:59donc voilà.
- 27:01À un moment donné,
- 27:01ça stagne,
- 27:02tu en perds.
- 27:03Donc tu te dis,
- 27:04mince,
- 27:04j'en ai perdu 10 ou j'en ai perdu 100,
- 27:06pourquoi ?
- 27:06Puis aujourd'hui,
- 27:07je m'en fous un peu,
- 27:08en fait.
- 27:09Ma communauté,
- 27:10elle est là,
- 27:10elle est belle.
- 27:11J'espère qu'elle ne disparaîtra pas.
- 27:16Non,
- 27:16je suis plutôt contente,
- 27:17en fait.
- 27:19On échange,
- 27:19on discute en message privé avec certains.
- 27:24Moi,
- 27:24je n'ai pas eu de problème avec ça.
- 27:28Ça n'a pas trop changé ma vie,
- 27:32en fait.
- 27:32Et est-ce que tu t'es mis un cadre,
- 27:33par exemple,
- 27:34pour les réseaux sociaux ?
- 27:35Tu t'es dit,
- 27:35alors moi,
- 27:36j'ai posté genre tous les deux,
- 27:37trois jours,
- 27:38j'ai posté un dessin.
- 27:41Au départ,
- 27:42oui,
- 27:42tu te fixes une espèce de...
- 27:44Parce que l'algorithme te dit quand même qu'il faut poster régulièrement.
- 27:49D'ailleurs,
- 27:49je n'ai pas posté de l'été.
- 27:50J'ai perdu,
- 27:50je crois,
- 27:51500 abonnés.
- 27:52Donc oui,
- 27:53on te dit de poster quand même régulièrement.
- 27:56J'ai essayé deux,
- 27:57trois fois par semaine.
- 27:58Après,
- 27:58entre le boulot,
- 27:59la vie de famille,
- 28:00une BD,
- 28:01c'est quand même quasiment du temps plein.
- 28:03Ce n'est pas très bien payé.
- 28:04Donc,
- 28:04tu fais ça le soir,
- 28:05la nuit,
- 28:05les vacances,
- 28:06les week-ends.
- 28:08trouver du temps c'est pas toujours simple non plus mais en même temps
- 28:12Instagram me rapporte du travail mais du travail d'illustration avec des clients très sérieux qui veulent communiquer donc c'est important que je garde quand même cette visibilité là pour une sécurité financière finalement c'est pas partie du travail mais
- 28:29c'est pas évident de trouver le temps donc à un moment donné quand t'as le temps t'as pas beaucoup de travail,
- 28:33oui tu peux faire 2-3 dessins par semaine mais
- 28:36il y a des périodes où c'est plus compliqué.
- 28:38Vous n'avez pas de community manager,
- 28:40ni l'une ni l'autre,
- 28:41personne qui gère ?
- 28:42Non,
- 28:42mais par contre,
- 28:43je ne travaille pas seule.
- 28:45J'ai une employée,
- 28:46je travaille avec une femme que j'adore.
- 28:49En revanche,
- 28:50elle ne s'occupe pas du tout de mon compte Instagram,
- 28:52mais je ne travaille pas toute seule.
- 28:54Et toi,
- 28:55tu travailles toute seule ?
- 28:56Oui.
- 28:56Avec mon chat.
- 28:59Oui,
- 28:59oui.
- 29:00J'ai une question que je me pose,
- 29:01c'est que,
- 29:01parce que tu dis,
- 29:02oui,
- 29:03on m'engage pour des travaux très sérieux,
- 29:05pour faire des illustrations,
- 29:06alors que toi,
- 29:07tu as beaucoup d'humour.
- 29:08Non,
- 29:08mais alors...
- 29:09Est-ce que tu t'en sers quand même ?
- 29:11Oui,
- 29:12oui.
- 29:12Alors,
- 29:12au départ,
- 29:13on me demandait,
- 29:13quand j'ai commencé à me lancer dans l'illustration,
- 29:15j'ai eu,
- 29:16est-ce que tu peux me faire un logo ?
- 29:18J'ai besoin d'une affiche.
- 29:19Donc,
- 29:19je me suis trouvée un peu maquettiste,
- 29:21tu vois.
- 29:22que j'avais appris ça à l'école,
- 29:23donc je savais faire.
- 29:24Mais aujourd'hui,
- 29:25on me demande,
- 29:26quand on vient me chercher,
- 29:27c'est pour ce que je fais,
- 29:28en fait.
- 29:29Donc,
- 29:31ça va forcément avoir une note soit humoristique,
- 29:34soit...
- 29:35Là,
- 29:35il y a une campagne sur Octobre Rose qui va sortir.
- 29:38C'est sur la femme.
- 29:40Quand on vient me chercher,
- 29:41c'est pour faire ce que je fais.
- 29:43À chaque fois,
- 29:43carte blanche,
- 29:44même.
- 29:45D'ailleurs,
- 29:45on est presque au mois d'octobre,
- 29:46donc on va faire un petit rappel à toutes les femmes qui,
- 29:48à partir de 40 ans,
- 29:49allaient vraiment faire vos mammographies et vos échographies parce qu'on n'est pas à l'abri et ça n'arrive pas qu'aux autres.
- 29:54Donc voilà,
- 29:55j'avais besoin de...
- 29:55Et palpez-vous !
- 29:56Et palpez-vous !
- 29:57Et moi !
- 29:57Voilà,
- 29:58non mais tout le temps en fait.
- 29:59Surtout avant les cycles.
- 30:01C'est hyper important.
- 30:02Et moi,
- 30:02je voulais revenir un peu sur les réseaux parce que nous,
- 30:06modestement,
- 30:06avec notre podcast quand même,
- 30:08on doit gérer ça et c'est vrai que ça prend beaucoup de temps du coup.
- 30:12Et comme vous êtes pas aidés là-dessus,
- 30:14alors...
- 30:14Toi,
- 30:14tu en as un peu parlé,
- 30:15Céline.
- 30:16Du coup,
- 30:16effectivement,
- 30:17parfois,
- 30:18tu as plus le temps,
- 30:18parfois moins.
- 30:20Et toi,
- 30:20Lily,
- 30:20est-ce que tu ne te fais pas aspirer,
- 30:23justement,
- 30:23par Instagram ?
- 30:24Comment tu arrives à gérer ?
- 30:25Comment vous délimitez vos temps de réseau ?
- 30:27Parce que moi,
- 30:27je trouve que c'est assez compliqué.
- 30:29C'est assez...
- 30:32D'abord,
- 30:32je n'ai pas de règles.
- 30:33Ça dépend des moments.
- 30:35C'est-à-dire qu'il y a des moments,
- 30:37c'est plus simple.
- 30:38Alors,
- 30:38tu parles beaucoup de gestion,
- 30:40comme si c'était une corvée,
- 30:41comme si ça faisait partie des choses vraiment lourdes.
- 30:44Moi,
- 30:44en fait,
- 30:45ça a d'abord été vraiment un grand plaisir.
- 30:47Donc,
- 30:48du coup,
- 30:48je n'ai pas ce rapport de me dire,
- 30:51ah là là,
- 30:51il faut absolument.
- 30:53Et d'ailleurs,
- 30:53si c'est devenu ça,
- 30:55comme ça a pu être le cas à certains moments où j'avais la sensation qu'il fallait,
- 30:59du coup,
- 30:59là,
- 30:59je disparais des réseaux sociaux.
- 31:02Moi,
- 31:02je ne vis pas grâce à Instagram.
- 31:04C'est-à-dire qu'Instagram,
- 31:06je ne gagne pas d'argent,
- 31:07je ne fais pas de partenariat avec des marques,
- 31:11etc.
- 31:12pour,
- 31:12par exemple,
- 31:13faire de la mention de produits.
- 31:14Donc,
- 31:14je ne fais pas de travail d'influence.
- 31:16En revanche,
- 31:17plus je suis visible sur Instagram,
- 31:19plus ma plateforme de cours en ligne est susceptible de plaire,
- 31:22etc.
- 31:23Et là,
- 31:24c'est une source économique qui est très importante pour moi.
- 31:28Moi,
- 31:28ça fait,
- 31:29je dirais,
- 31:29deux ans que Instagram,
- 31:31globalement,
- 31:32me déçoit dans sa manière de traiter les gens qui ont participé à créer son succès.
- 31:38Puisque,
- 31:39avant d'avoir...
- 31:41119 000 followers au tout début,
- 31:44quand j'ai commencé il y a un certain nombre d'années,
- 31:48j'ai fait partie de ceux qui ont beaucoup,
- 31:50beaucoup publié d'images,
- 31:53beaucoup entraîné aussi,
- 31:55ne serait-ce que pendant le confinement en 2020,
- 31:58pour pouvoir me suivre,
- 31:59il fallait avoir un compte Instagram.
- 32:00Il y a plein de gens qui n'avaient pas de compte Instagram,
- 32:02même en 2020.
- 32:04Et je pense notamment à des femmes qui étaient...
- 32:07plus âgés qui avaient été alertés par leurs filles ou par leurs enfants sur ces méditations,
- 32:13qui ont du coup quitté,
- 32:14qui me disaient mais vous ne voulez pas le faire sur Facebook,
- 32:16qui ont quitté Facebook,
- 32:17qui ont créé un compte Instagram en fait pour pouvoir me suivre,
- 32:20etc.
- 32:21Et la manière dont on est traité aujourd'hui par cette plateforme n'est pas du tout juste puisqu'on est invisibilisé au profit de comptes plus jeunes.
- 32:34qui respectent les nouvelles règles de l'algorithme,
- 32:37à savoir faire des vidéos plutôt drôles,
- 32:40très courtes,
- 32:41impactantes tout de suite,
- 32:43et qui vont pouvoir rivaliser avec l'énergie TikTok.
- 32:47Donc moi,
- 32:47ce n'est pas du tout ma façon de faire.
- 32:50Donc il y a des moments,
- 32:51ça m'amuse de jouer avec ça,
- 32:53mais si ça ne m'amuse pas,
- 32:54j'ai tendance un peu à disparaître.
- 32:56Et là où j'ai de plus en plus de plaisir,
- 32:58c'est en partageant ma newsletter.
- 33:01J'ai retrouvé...
- 33:03dans ma newsletter,
- 33:04la possibilité d'avoir des longs textes,
- 33:06ce que je faisais déjà sur Instagram,
- 33:07mais là maintenant les longs textes sont quand même assez peu lus,
- 33:10sauf si on met plein de slides,
- 33:12et je ne prends pas toujours le temps de faire des slides,
- 33:14d'aller sur Canvas pour faire des petites slides,
- 33:17je n'ai pas envie en fait.
- 33:20Donc voilà,
- 33:21je sais ce qui pourrait faire cartonner mon compte,
- 33:24je ne le fais pas parce que ça ne me ressemble pas forcément.
- 33:28En revanche,
- 33:29je me suis dit,
- 33:30Il faut que je fasse attention parce qu'Instagram,
- 33:32ça ne peut pas être ma seule source de communication avec les gens.
- 33:36Et du coup,
- 33:37j'ai commencé à développer cette newsletter,
- 33:39à la rendre de plus en plus régulière.
- 33:41Et maintenant,
- 33:41je suis à une fois par semaine,
- 33:42une fois tous les dix jours.
- 33:44Et elle sera bientôt monétisée via Substack.
- 33:46Parce qu'en fait,
- 33:48je pense qu'on a beaucoup surfé avec la gratuité.
- 33:53On s'est tous beaucoup habitués à avoir des services gratuits.
- 33:56Et je pense que si on veut avoir des contenus de qualité,
- 33:59des articles de qualité,
- 34:01il faut prendre conscience que ça ne peut pas être gratuit.
- 34:03Moi,
- 34:03je suis abonnée à des journaux payants en ligne,
- 34:06je me suis abonnée à certains newsletters.
- 34:08Je suis consciente que ça va constituer au fur et à mesure un petit budget,
- 34:11mais je préfère avoir moins de gens qui m'apportent vraiment des papiers de qualité,
- 34:16des images de qualité,
- 34:18plutôt que de me retrouver happée dans un vortex de vidéogag.
- 34:23C'est du travail,
- 34:25cette newsletter.
- 34:26C'est énormément de travail.
- 34:28Je passe...
- 34:30quasiment la moitié de ma semaine maintenant à chercher des choses.
- 34:34Je lis énormément pour un livre dont je vais parler,
- 34:37j'en ai lu cinq que je n'ai pas retenus.
- 34:39Donc il y a un aspect culturel,
- 34:41je vais beaucoup au cinéma,
- 34:43au théâtre,
- 34:45voir des spectacles et puis de temps en temps,
- 34:47il va y avoir une chose qui mérite véritablement d'entrer dans cette newsletter,
- 34:52mais je ne fais pas de critiques négatives moi.
- 34:54Donc tout ce qui ne m'a pas plu,
- 34:56je le mets de côté.
- 34:57Mais non,
- 34:58c'est du travail et je pense qu'on s'est mal habitués en fait tous.
- 35:03Donc tant qu'il y a du plaisir,
- 35:06je me dis je suis au bon endroit.
- 35:07Si j'ai de la joie,
- 35:08je suis au bon endroit.
- 35:10Si ça commence à être la corvée,
- 35:12c'est qu'il faut que ça change.
- 35:14Et il n'est pas impossible que je confie un moment mon compte Instagram à ma collaboratrice.
- 35:19Si j'ai de plus en plus de plaisir dans ma newsletter,
- 35:23peut-être que du coup je lui donnerai juste quelques images.
- 35:26C'est pas elle qui créera les contenus,
- 35:27mais c'est plutôt elle qui gérera.
- 35:30Je passe beaucoup,
- 35:30beaucoup de temps à répondre aux messages que je reçois.
- 35:33Je reçois énormément de messages quotidiens.
- 35:35Et ça,
- 35:35c'est pareil,
- 35:37ce chat-là,
- 35:38il va passer via ma newsletter.
- 35:41Oui,
- 35:41parce que c'est quand même énormément d'énergie et de temps.
- 35:43Et au bout d'un moment,
- 35:44c'est énormément de temps.
- 35:46C'est vraiment l'énergie.
- 35:47Moi,
- 35:47ça me fait toujours plaisir d'aider,
- 35:49de répondre à une question.
- 35:50D'ailleurs,
- 35:50si j'ai la réponse,
- 35:52je ne peux pas m'empêcher de ne pas la donner.
- 35:56Je ne sais pas.
- 35:57Je ne peux pas m'empêcher de la donner.
- 35:59J'ai plein de copines qui me disent moi,
- 36:01je ne réponds pas Moi,
- 36:02je ne peux pas faire ça.
- 36:02Je me sens obligée de le faire.
- 36:07C'est comme ça que je suis faite.
- 36:09Mais sauf qu'effectivement,
- 36:11dans la journée,
- 36:12ça a pris tellement de temps qu'il faut que ce soit rééquilibré sur le plan rémunérateur.
- 36:21Est-ce que tu te tiens au courant,
- 36:23par exemple,
- 36:23des...
- 36:24Parce que je sais qu'Instagram change tout le temps,
- 36:26des algorithmes,
- 36:26des trucs.
- 36:27Là,
- 36:27on te dit,
- 36:27si tu mets un lien,
- 36:28ça va être plus cher,
- 36:29machin et tout.
- 36:29Non,
- 36:29vous,
- 36:30vous faites vraiment avec ça.
- 36:31C'est-à-dire que j'entends plein de gens se plaindre d'Instagram,
- 36:35tout ça.
- 36:36Moi,
- 36:36je le garde quand même comme celui qui m'a rapporté des clients,
- 36:40en fait,
- 36:40et de la visibilité gratuite,
- 36:43pour le coup.
- 36:44Et donc,
- 36:45je ne suis pas,
- 36:45je ne lui en veux pas du tout,
- 36:46Instagram.
- 36:47Et puis...
- 36:49Et puis,
- 36:50je prends les choses comme elles viennent.
- 36:51C'est vrai que perdre des abonnés,
- 36:53c'est très bien.
- 36:53J'en gagne,
- 36:54c'est mieux.
- 36:55Mais bon,
- 36:55c'est très bien aussi.
- 36:56Et moi,
- 36:58je veux juste être heureuse.
- 36:59Donc,
- 36:59je ne le vois pas comme un problème encore.
- 37:02Et puis,
- 37:04j'ai du travail.
- 37:05Je suis contente.
- 37:06Je dessine.
- 37:06Je fais ce que j'aime.
- 37:07Je trouve que c'est génial.
- 37:09Après,
- 37:09c'est vrai que c'est du contenu qu'on fournit gratuitement,
- 37:12que ça demande du temps.
- 37:13Et tu as raison.
- 37:14C'est qu'à un moment donné...
- 37:16Si c'est contraignant,
- 37:17que tu n'as pas le temps,
- 37:18tant pis,
- 37:19fais-le pas.
- 37:19Ce n'est pas grave.
- 37:21Je ne veux pas vibrer de l'énergie de la frustration.
- 37:25Non,
- 37:25moi non plus.
- 37:27J'ai changé de vie pour faire ce que j'aime.
- 37:30Je suis contente et j'espère que ça va durer comme ça.
- 37:33Et puis la vie aussi,
- 37:35elle t'amène.
- 37:37Moi,
- 37:37je n'ai plus les mêmes envies il y a dix ans quand j'ai créé mon compte qu'aujourd'hui.
- 37:43Faire évoluer ses envies,
- 37:44les suivre,
- 37:45voir comment c'est faisable.
- 37:46C'est pour avoir ses nouvelles envies.
- 37:48Moi,
- 37:48j'ai envie de bosser avec les enfants,
- 37:49en fait.
- 37:49Enfin,
- 37:51on parle de carrière,
- 37:52pour les carrières des enfants,
- 37:53justement.
- 37:54Déjà,
- 37:54je n'aime pas le mot carrière.
- 37:56Je préfère plutôt le choix de vie et essayer de vivre ta vie le mieux possible.
- 38:01Et je trouve qu'on vit dans une société où,
- 38:04à l'école,
- 38:04il faut être bon,
- 38:05il faut être fort,
- 38:05il faut être le premier,
- 38:06il ne faut pas sécher les cours,
- 38:07il ne faut pas se balancer sur sa chaise,
- 38:09il faut avoir le bon cahier,
- 38:10la bonne couleur.
- 38:11Et puis sinon,
- 38:12tu es collé.
- 38:13C'est un peu comme ça quand même.
- 38:15Je ne sais pas si tu ressens un peu la même chose.
- 38:18Et puis,
- 38:18il faut être bon,
- 38:19surtout.
- 38:19Et moi,
- 38:19ma fille,
- 38:20elle n'est pas bonne à l'école,
- 38:21en fait.
- 38:21Mais elle est super bonne dans la vie,
- 38:22en fait.
- 38:23Et en fait,
- 38:23je pense que c'est elle qui a compris.
- 38:25Et du coup,
- 38:25j'ai commencé il y a deux ans.
- 38:28J'ai fait un atelier illustration pendant un an dans une école,
- 38:30dans l'école de mes enfants,
- 38:31justement,
- 38:32pour voir comment ça se passait.
- 38:33Et en fait,
- 38:34je trouve que ça ne se passe pas très bien.
- 38:37Et je trouve que les enfants ne sont pas bien réconfortés dans leur choix de vie.
- 38:41Et un enfant qui se balance sur sa chaise,
- 38:43moi,
- 38:43je me suis balancée sur ma chaise.
- 38:44J'ai vachement parlé,
- 38:45j'ai vachement papoté avec ma voisine.
- 38:48Et j'ai vachement séché les cours.
- 38:49Et pourtant,
- 38:50ma vie,
- 38:50elle n'est pas nulle.
- 38:52Et en fait,
- 38:53il y a plein de chemins pour la vivre.
- 38:54Du coup,
- 38:55moi,
- 38:55j'ai envie de bosser avec les enfants.
- 38:56Leur expliquer qu'il n'y a pas que la voie scolaire.
- 38:58Si tu es scolaire,
- 38:59c'est super.
- 38:59Mais si tu ne l'es pas,
- 39:00ce n'est pas grave.
- 39:01C'est super aussi.
- 39:02Et surtout,
- 39:02vous parliez d'instincts.
- 39:03Et les enfants sont très instinctifs.
- 39:04C'est vrai qu'on bride cet instinct.
- 39:07Aujourd'hui,
- 39:08en seconde,
- 39:08il faut que tu choisisses tes options.
- 39:10En première,
- 39:10tu les confirmes et en terminale,
- 39:11tu n'as plus le choix.
- 39:13Mais en seconde,
- 39:15les choix de troisième,
- 39:16je crois qu'ils arrivent en novembre,
- 39:17les premiers vœux.
- 39:17Moi,
- 39:19ma fille,
- 39:19elle redouble sa troisième,
- 39:20en fait.
- 39:21Elle redouble sa troisième,
- 39:22pas parce qu'elle a eu son brevet,
- 39:24pas parce qu'elle est nulle,
- 39:27mais parce qu'elle ne sait pas.
- 39:29Et qu'elle ne veut pas aller en seconde,
- 39:30justement,
- 39:31parce que,
- 39:31voilà,
- 39:31mais elle pourrait.
- 39:33Et en fait,
- 39:34elle a fait ce choix-là,
- 39:35quoi.
- 39:35Et en fait,
- 39:35t'as le choix dans ta vie,
- 39:36t'as 14 ans,
- 39:37mais...
- 39:38Puis tu resteras une année de plus avec maman,
- 39:40c'est pas grave,
- 39:41tu vois.
- 39:42Pour moi,
- 39:42ça résonne évidemment beaucoup,
- 39:44puisque j'ai une enfant qui,
- 39:47maintenant,
- 39:47n'est plus tout à fait une enfant.
- 39:49Elle va avoir 17 ans ce mois-ci et elle est multidis,
- 39:55donc à la fois...
- 39:57dyslexique,
- 39:57dysorthographique,
- 39:58dyscalculique.
- 40:00Elle a un trouble de l'attention qui est dû à sa dyslexie,
- 40:03qui est en lien avec sa dyslexie.
- 40:05Et l'école a été pour elle,
- 40:09et du coup pour nous,
- 40:11un long calvaire.
- 40:12Là,
- 40:12elle est en terminale.
- 40:13Je parle de cauchemar.
- 40:15C'est terrible,
- 40:15en fait,
- 40:16de sentir son enfant en souffrance
- 40:1990% de l'année.
- 40:21C'est-à-dire de le voir tel qu'il est à la maison pendant les vacances.
- 40:25et de le voir s'éteindre complètement.
- 40:27Aujourd'hui,
- 40:28ça a un peu changé quand même parce qu'on a trouvé des accompagnements et surtout,
- 40:33j'ai fait des rencontres en cherchant vraiment.
- 40:36J'ai fini par faire des rencontres,
- 40:39en particulier d'une association qui s'occupe des enfants dyslexiques et qui nous a changé la vie.
- 40:45En tout cas,
- 40:45qui a changé mon regard sur ce type de troubles de l'apprentissage que je connaissais mal parce que moi-même,
- 40:51je ne suis pas dyslexique.
- 40:53Mais j'ai beaucoup appris à travers les neurosciences sur ces enfants qui ont une autre manière d'apprendre,
- 41:04mais qui n'est pas du tout valorisée dans la scolarité.
- 41:09Et je ne blâme pas,
- 41:11c'est tout un système qui participe parce que moi,
- 41:14quand j'ai commencé à partager mon témoignage avec l'accord de ma fille sur ce sujet,
- 41:21j'ai reçu...
- 41:22tellement de messages de parents en souffrance,
- 41:24d'enfants en souffrance,
- 41:25d'adolescents ou d'adultes concernés par le sujet qui ont vécu l'école exactement comme elle,
- 41:32alors que moi ça a été la joie,
- 41:33l'école,
- 41:35que je me suis rendue compte que,
- 41:38en particulier les enseignants qui m'écrivaient me disaient nous on adorait d'abord pouvoir avoir des formations sur le sujet.
- 41:46Mais même quand ils sont formés,
- 41:48avoir le temps de mettre en place des outils,
- 41:50mais dans des classes qui sont très chargées,
- 41:53c'est difficile.
- 41:54Et puis,
- 41:56l'idée,
- 41:56c'est que le programme est fait pour une moyenne.
- 42:01Voilà,
- 42:02sur 30 élèves,
- 42:02il va y avoir une quinzaine d'élèves qui vont bien fonctionner.
- 42:06Mais les 15 autres,
- 42:07en fait,
- 42:08ils ont des troubles tous différents.
- 42:09Enfin,
- 42:09ce n'est pas forcément des troubles,
- 42:10on les appelle comme ça,
- 42:11mais c'est juste des manières d'apprendre qui sont différentes.
- 42:14Et on va les...
- 42:16noter et les considérer comme médiocres,
- 42:18moyens ou mauvais.
- 42:20Alors qu'en fait,
- 42:22dès qu'on a compris comment eux,
- 42:24ils apprenaient,
- 42:26ils n'ont plus aucun problème.
- 42:28C'est juste de capter comment ils apprennent,
- 42:31quelle est leur façon de recevoir l'information.
- 42:36C'est l'année du brevet,
- 42:38un cauchemar.
- 42:40Alors que qu'est-ce qu'on s'en fout du brevet en plus ?
- 42:43Pas pour elle,
- 42:44c'est une question de confiance en soi.
- 42:45Exactement.
- 42:46En fait,
- 42:47c'est ça.
- 42:48Exactement.
- 42:49De se pointer en seconde,
- 42:51là où elle est aujourd'hui,
- 42:53dans une école aussi un peu atypique,
- 42:55en tout cas dans une filière atypique,
- 42:57de se dire,
- 42:58oui,
- 42:58je redouble,
- 42:59j'ai pas eu mon brevet.
- 43:01C'est 90% des élèves qui ont leur brevet.
- 43:03Donc,
- 43:03quand tu fais partie des 10% qui ne l'ont pas eu,
- 43:05t'es la loose,
- 43:06en fait.
- 43:06Oui,
- 43:06parce que ça fait ça.
- 43:08C'est ça,
- 43:08ils se valorisent eux-mêmes.
- 43:10En fait,
- 43:10l'estime de soi chez les enfants,
- 43:12elle se construit avec certains piliers.
- 43:14Évidemment,
- 43:14l'amour qu'ils reçoivent et l'attention qu'ils reçoivent à la maison.
- 43:18Mais dans la sphère sociale,
- 43:20ça va être les relations avec les copains et les notes en classe.
- 43:23C'est quand même les trois quarts du temps passé.
- 43:26Tu passes dix heures de ta journée,
- 43:28entre le moment où tu pars de la maison ou tu rentres,
- 43:308h,
- 43:3018h,
- 43:31un truc comme ça,
- 43:33tu n'es pas choyé.
- 43:35t'es dans le monde,
- 43:37quand t'as des difficultés,
- 43:37c'est pas facile,
- 43:38quoi.
- 43:38Ce que je trouve génial,
- 43:39c'est que avant,
- 43:42il y avait vraiment cette vieille école qui disait il faut faire des études,
- 43:46si tu veux avoir un bon travail,
- 43:48tout ça,
- 43:48et quand tu m'entends parler...
- 43:50Alors,
- 43:50elle existe encore,
- 43:50mais quand je t'entends parler...
- 43:51Elle existe totalement.
- 43:53Oui,
- 43:53mais quand je vous entends parler,
- 43:54en fait,
- 43:55les parents...
- 43:56En fait,
- 43:56je trouve que les mentalités ont complètement évolué.
- 43:59Vous êtes à la recherche de...
- 44:01Toi,
- 44:02Lily,
- 44:02tu as trouvé une association,
- 44:04tu parles avec d'autres gens.
- 44:06Pareil pour toi,
- 44:06Céline.
- 44:06Pour lui permettre de réussir à l'école.
- 44:09Tu vois,
- 44:09c'est ça qui est terrible.
- 44:10C'est-à-dire que si moi,
- 44:12j'avais véritablement eu le choix totalement,
- 44:15je pense que j'aurais sorti ma fille de l'école.
- 44:17Tellement c'était une souffrance.
- 44:19Et la réalité,
- 44:20c'est qu'on vit encore dans un monde où...
- 44:23Bah oui,
- 44:24pour qu'elle puisse en sortir après et qu'elle fasse des choix,
- 44:26etc.,
- 44:27elle est obligée d'aller au bout de sa scolarité,
- 44:29d'abord parce que l'école est obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans,
- 44:32mais là,
- 44:32au-delà,
- 44:33et là,
- 44:33c'est même son choix à elle,
- 44:34c'est de se dire,
- 44:35je n'ai pas envie de me retrouver sans rien,
- 44:36quoi.
- 44:38Donc,
- 44:39c'est pas encore,
- 44:40tu vois,
- 44:41nous,
- 44:41évidemment,
- 44:42on évolue aussi parce que moi,
- 44:45j'ai eu un parcours atypique et que ça m'a beaucoup appris et j'ai vu qu'on peut rebondir.
- 44:53Comme toi,
- 44:53comme tu le disais tout à l'heure,
- 44:56tu as dirigé des magasins,
- 44:57tu t'es retrouvée à manager des gens un peu partout et puis d'un seul coup,
- 45:01tu es chez toi,
- 45:02tu fais des illustrations,
- 45:03ça fonctionne,
- 45:04il y a une autre vie qui est possible.
- 45:05Moi,
- 45:05je crois beaucoup à ça et je suis sûre que si on refaisait ce podcast dans cinq ans,
- 45:09on aura encore des choses différentes à partager parce qu'on est dans une époque qui va nous forcer de toute façon à nous réinventer en permanence.
- 45:17Donc,
- 45:18c'est ce que j'essaye de lui transmettre,
- 45:20mais le fait est qu'on est encore dans un caractère.
- 45:23qui n'a pas beaucoup bougé et nos enfants qui ont ces troubles de l'apprentissage ont des qualités d'empathie hors du commun ils sont capables de scanner les gens quand ils les voient pour la première fois ils sentent mille fois mieux parfois même que moi enfin c'est
- 45:40ils sont extra lucide de plein de façons différentes ils ont des émotions beaucoup plus variés beaucoup plus subtile que les nôtres parce que
- 45:53Nous,
- 45:55on s'est rationalisé la pensée,
- 45:56etc.
- 45:57Et eux sont encore extrêmement ouverts.
- 45:59Ça fait souvent des artistes incroyables,
- 46:02mais surtout des belles personnes,
- 46:03des personnes qui sont capables d'écouter les autres.
- 46:05Ces qualités-là ne sont pas du tout reconnues à l'école.
- 46:08Il y a certaines écoles,
- 46:09en revanche,
- 46:09qui les prennent en compte.
- 46:11Il y a certaines écoles qui prennent en compte,
- 46:13par exemple,
- 46:13le comportement avec les autres.
- 46:15Comment est-ce qu'on est dans le collectif ?
- 46:17Je trouve que c'est essentiel quand même comme qualité.
- 46:19On va bien faire.
- 46:21Avoir un élève qui est exceptionnel,
- 46:23mais qui est horrible avec les autres,
- 46:25pour moi,
- 46:27c'est là qu'on devrait travailler le plus.
- 46:30Complètement d'accord.
- 46:31Par rapport à moi,
- 46:32mais ça devrait être comme ça.
- 46:36Quand on réfléchit deux secondes,
- 46:40c'est...
- 46:40Et puis,
- 46:40l'éducation,
- 46:41en fait,
- 46:42dans plein d'autres pays qui sont différents,
- 46:45où on se dit,
- 46:46par exemple,
- 46:46quand un enfant est bon dans une matière,
- 46:50En Scandinavie,
- 46:51mais dans les pays anglophones aussi,
- 46:53on va le pousser à fond dans ce vers quoi il est bon.
- 46:57Nous,
- 46:58on a tendance,
- 46:59et pas simplement en France,
- 47:00mais il se trouve qu'en France,
- 47:01c'est particulièrement le cas,
- 47:03à focaliser sur ce qui ne va pas.
- 47:05Par exemple,
- 47:05ma fille,
- 47:06elle a vraiment des difficultés avec les mathématiques,
- 47:08etc.
- 47:09Je l'ai autorisé à ne pas suivre de cours de maths l'année dernière,
- 47:12en première.
- 47:14Je lui ai dit,
- 47:14ok,
- 47:16c'est vraiment l'horreur pour toi ?
- 47:17Oui,
- 47:17c'est l'horreur.
- 47:18C'est l'horreur parce que pendant...
- 47:20Ce temps de cours,
- 47:21c'est l'enfer sur Terre.
- 47:23J'ai l'impression de ne rien comprendre.
- 47:24Ok,
- 47:25j'ai regardé le coef que ça allait représenter pour elle.
- 47:28Et il se trouve qu'elle est passionnée par la littérature.
- 47:31J'ai préféré en fait me dire,
- 47:33j'autorise,
- 47:34et elle est dans une école privée,
- 47:35donc j'ai expliqué mon choix et je l'ai,
- 47:37voilà.
- 47:38Je l'autorise à ne pas aller en mathématiques.
- 47:41Mais en revanche,
- 47:42elle a pris des cours de français en plus.
- 47:47Alors,
- 47:47c'est des moyens qu'il faut...
- 47:49Je me rends compte que je suis extrêmement privilégiée pour pouvoir adapter un emploi du temps comme ça et que tout le monde ne peut pas le faire.
- 47:54Mais résultat,
- 47:55elle a eu 19 à l'oral au bac et je m'en soue qu'elle n'ait pas eu une super moyenne en mathématiques parce que je préfère la pousser à vibrer la joie d'apprendre quelque chose qui lui plaît parce que si elle a de la joie,
- 48:09du coup,
- 48:09elle a du courage pour les trucs qui sont plus difficiles et qui existent dans la vie auxquels on ne peut pas échapper.
- 48:13Et pour moi,
- 48:14c'est vraiment ça.
- 48:15T'es bon dans un truc ?
- 48:16Vas-y,
- 48:17vas-y,
- 48:17mais ça te passionne.
- 48:19Encore plus,
- 48:20tu veux faire du théâtre ?
- 48:21Eh bien,
- 48:21OK,
- 48:21tu vas faire du théâtre.
- 48:23Et de les pousser à fond dans leur passion.
- 48:25Parce que,
- 48:27le directeur de l'école de ma fille,
- 48:28il le dit tout le temps.
- 48:29Il dit,
- 48:29mais si vous les poussez à faire un truc qu'ils adorent,
- 48:32vous allez voir que les résultats,
- 48:34de manière générale,
- 48:35vont augmenter.
- 48:36Mais c'est évident,
- 48:38c'est tellement fou qu'on n'envisage pas la scolarité de cette manière-là.
- 48:43De se dire...
- 48:44poussons-les en fait à vraiment...
- 48:46Et pour nous,
- 48:47c'est pareil,
- 48:47parce qu'évidemment,
- 48:48moi,
- 48:48j'ai beaucoup appris en regardant ma fille,
- 48:50de me dire,
- 48:52ça,
- 48:52vraiment,
- 48:52je déteste le faire,
- 48:54mais est-ce que je n'aurais pas besoin de me faire aider,
- 48:56en fait,
- 48:58sur ce sujet-là ?
- 48:59J'ai mis beaucoup de temps à employer quelqu'un.
- 49:02parce que j'avais peur de ne pas réussir à payer son salaire,
- 49:07etc.
- 49:07Et finalement,
- 49:08ça a changé ma vie de me dire,
- 49:10oui,
- 49:10en fait,
- 49:11je suis bien meilleure dans ce dans quoi j'étais bonne.
- 49:14Et elle,
- 49:15elle peut m'aider sur de l'organisation,
- 49:18surtout de l'application de mes idées,
- 49:21où souvent,
- 49:22je ne suis pas très bonne.
- 49:25En fait,
- 49:25ça te dégage aussi du temps.
- 49:29Toi,
- 49:29dans ta tête,
- 49:29pour te concentrer sur ce que t'aimes.
- 49:32Ça,
- 49:32c'est vrai que moi,
- 49:33je me souviens quand j'étais jeune,
- 49:35par exemple,
- 49:36j'adorais art plastique,
- 49:37la matière.
- 49:38Tu sais,
- 49:38t'arrives à la maison et tu disais,
- 49:40oh là là,
- 49:40un art plastique et tout.
- 49:41Oui,
- 49:41d'accord,
- 49:42mais alors,
- 49:42en maths.
- 49:43Et on pensait,
- 49:44qu'est-ce qui s'est passé ?
- 49:45Alors,
- 49:45regarde,
- 49:46un art plastique.
- 49:47Non,
- 49:47mais voilà,
- 49:47et je me dis,
- 49:48c'est génial.
- 49:48Et je vois ma sœur avec ses enfants.
- 49:51Et voilà,
- 49:51et quand ma nièce,
- 49:52elle arrive,
- 49:52qu'elle raconte des trucs.
- 49:53Ma sœur,
- 49:54elle est un peu comme vous.
- 49:54Et je trouve ça génial quand on la laisse s'exprimer sur ce qu'elle aime.
- 49:58Et puis après,
- 49:59tu as des grands artistes,
- 50:00ou alors quand tu dis que tu es épanouie dans quelque chose,
- 50:02ça te permet d'accepter plus les autres choses dans lesquelles tu es moins épanouie,
- 50:06parce que ça glisse mieux,
- 50:07parce que tu es dans une bonne énergie.
- 50:09C'est hyper important.
- 50:11Je vois les enfants,
- 50:12si la scolarité est compliquée,
- 50:14on va dire du CE2 à la terminale,
- 50:17au secours,
- 50:18c'est dix ans de l'aide,
- 50:19c'est la jeunesse.
- 50:20Ça marque énormément,
- 50:22ça marque dans les rapports avec les autres.
- 50:25quelqu'un qui sort du cadre et qui va faire un métier qu'il aime,
- 50:28qui devient fromager,
- 50:28boulanger,
- 50:29ou bien même qui devient expert comptable.
- 50:31Parce qu'on pense toujours aux reconversions un peu fun avec notre prisme à nous.
- 50:38Mais pourquoi il n'y aurait pas justement une boulangère qui a toujours rêvé de faire de la compta et qui se forme pour devenir comptable ?
- 50:47Ça doit bien exister aussi.
- 50:48Et ça doit aussi nous faire rêver à partir du moment où la personne fait ce qu'elle aime.
- 50:53C'est ça qui devrait compter le plus possible dans nos choix.
- 50:58Et du coup,
- 50:58moi,
- 50:58je suis toujours en train de me poser la question régulièrement,
- 51:01tous les mois,
- 51:02tous les six mois,
- 51:03de me dire qu'est-ce que j'aime faire ?
- 51:05Qu'est-ce que j'ai envie de faire à nouveau ?
- 51:07Et vers quoi j'ai envie de pousser le curseur à fond ?
- 51:10Peut-être que c'est d'écrire,
- 51:11peut-être que c'est de créer des contenus vidéo,
- 51:13peut-être que c'est de faire le clown,
- 51:16peut-être que c'est de donner des cours de yoga.
- 51:17Mais l'année dernière,
- 51:18il y a eu un moment où je n'avais plus du tout envie de donner de cours et j'ai arrêté.
- 51:23en mai,
- 51:23juin,
- 51:23juillet,
- 51:24août,
- 51:24de donner complètement des cours.
- 51:25Ça m'a fait beaucoup de bien.
- 51:27Et je me dis,
- 51:28pendant ce temps-là,
- 51:29j'ai développé d'autres choses.
- 51:31Je n'ai pas cessé de gagner de l'argent.
- 51:33J'ai développé d'autres trucs.
- 51:35C'est un super type de rentrée,
- 51:36ça.
- 51:36Écouter vraiment ses envies,
- 51:37faire des petits baromètres et puis les suivre sans vous mettre en danger financièrement,
- 51:42bien sûr.
- 51:44En juin,
- 51:44j'ai regardé comment faire pour être CPE.
- 51:48Ah,
- 51:49génial !
- 51:50Mais génial !
- 51:50C'est génial !
- 51:50Je ne le ferais pas.
- 51:51On en sait rien.
- 51:52Oui,
- 51:52on en sait rien.
- 51:53Non,
- 51:53je crois qu'il y a plus 5 ou je ne sais pas quoi.
- 51:57C'est high level quand même.
- 51:57Je ne m'attendais pas.
- 51:58Et du coup,
- 51:59je me suis dit,
- 52:00en fait,
- 52:00c'est ça qu'il faudrait que je fasse.
- 52:01Je vais sauver tous les jeunes.
- 52:03Moi,
- 52:03je connais une fille extraordinaire qui travaillait dans un grand groupe de cosmétiques.
- 52:08Si elle écoute ce podcast,
- 52:09elle se reconnaîtra peut-être.
- 52:11Mais en fait,
- 52:13elle venait de vivre...
- 52:15Une séparation,
- 52:16enfin,
- 52:17non,
- 52:17je crois qu'elle n'était pas encore séparée,
- 52:18mais elle était dans un moment vraiment où elle se cherchait et elle a fait un rendez-vous avec,
- 52:24pas du tout pour un bilan de compétences,
- 52:27mais une astrologue.
- 52:29Et à un moment,
- 52:30l'astrologue lui dit,
- 52:31mais s'il y avait un métier vraiment qui vous fait complètement rêver,
- 52:37ce serait quoi ?
- 52:38Et elle dit en rigolant,
- 52:39genre,
- 52:39j'adorerais être sage-femme,
- 52:40mais genre,
- 52:41c'est impossible,
- 52:42quoi.
- 52:42Elle fait du marketing dans une boîte de cosmétiques.
- 52:46Elle a été diplômée là.
- 52:48Après,
- 52:49c'est hyper difficile de rentrer en école de sage-femme.
- 52:52Ensuite,
- 52:52c'est des années d'études très compliquées.
- 52:57Elle vient de bosser à l'hôpital tout en faisant ses études.
- 53:01Elle a accouché je ne sais pas combien de bébés déjà.
- 53:05Elle a accepté de baisser énormément de salaire.
- 53:09Elle gagnait beaucoup mieux sa vie quand elle travaillait dans la cosmétique.
- 53:13Je l'admire.
- 53:14Parce que tout a changé dans sa vie.
- 53:18Mais elle a été fidèle à un truc qui était...
- 53:22Mais en fait,
- 53:23pourquoi je ne réaliserais pas ce rêve-là ?
- 53:25Ben oui.
- 53:25Pourquoi ce ne serait pas possible ?
- 53:27Et YOLO,
- 53:28effectivement,
- 53:28You Only Live Once,
- 53:30pour moi,
- 53:31c'est hyper important de se dire que c'est court,
- 53:32la vie.
- 53:33C'est très,
- 53:34très court.
- 53:35On s'empêche de faire les choses qu'on aime.
- 53:37On est nos propres freins.
- 53:39C'est hallucinant.
- 53:42Alors que...
- 53:44Je ne sais pas,
- 53:44on a plein d'expériences de personnes qui ont changé de vie et pour qui ça marche aussi en fait.
- 53:50Oui.
- 53:50Oui,
- 53:50c'est ça.
- 53:51Est-ce qu'il ne faut mieux pas être heureux,
- 53:53même comme vous disiez,
- 53:54même si tu abaisses ton salaire,
- 53:55mais te lever tous les matins,
- 53:56être content d'aller au travail.
- 53:58En fait,
- 53:58on a peur du changement quelque part.
- 53:59On a peur du changement.
- 54:00Et de perdre la sécurité,
- 54:01mais pour perdre une certaine sécurité,
- 54:03parfois,
- 54:05on va au travail la boule au ventre.
- 54:07Après,
- 54:07il faut la légitimer.
- 54:09Évidemment,
- 54:09ça se pose.
- 54:10Moi,
- 54:11je n'avais pas non plus dans cette mode de la promotion du changement de vie un peu brutale,
- 54:18du genre...
- 54:19Parce que du coup,
- 54:21on se retrouve avec plein de gens qui sont en formation,
- 54:23mais qui après,
- 54:25ce n'est pas toujours simple.
- 54:26Et puis,
- 54:26on peut avoir un centre d'intérêt qu'on va nourrir sans forcément tout changer.
- 54:33Mais parfois,
- 54:34la vie décide un peu pour nous.
- 54:35Tu parlais de cette situation de rupture professionnelle et sentimentale qui t'a poussé à tout réfléchir.
- 54:45Et puis,
- 54:46le dessin est arrivé.
- 54:48Mais moi,
- 54:50c'est pareil,
- 54:50je n'ai pas décidé,
- 54:52je suis journaliste et puis je vais changer.
- 54:54C'est qu'il y a eu un moment,
- 54:54il y a eu quelque chose qui n'était plus du tout supportable pour moi.
- 54:58Et du coup,
- 54:59ça m'a poussée à aller regarder d'autres centres d'intérêt.
- 55:04Des fois,
- 55:04l'envie est trop forte.
- 55:05Nous-mêmes,
- 55:06le podcast,
- 55:06on a eu l'idée en octobre.
- 55:07En janvier,
- 55:08c'était notre première émission.
- 55:09On en a 47 aujourd'hui.
- 55:11Et en fait,
- 55:11on n'a pas réfléchi,
- 55:12on avait vraiment envie de faire ça.
- 55:13Ça nous faisait vraiment plaisir.
- 55:15Et ça nous fait encore vraiment plaisir de pouvoir...
- 55:17partagé et c'est un vrai moteur.
- 55:20Donc,
- 55:20tant que ça,
- 55:20c'est allumé,
- 55:21je pense que ça ne se décide pas vraiment.
- 55:25Après,
- 55:25forcément,
- 55:26il y a tout ce qui est financier.
- 55:27Il ne faut pas être complètement...
- 55:29C'est intéressant.
- 55:29Oui,
- 55:29mais il y a beaucoup de choses qu'on peut faire gratuitement.
- 55:31Moi,
- 55:31je pense toujours à la chanson d'Aurel San où,
- 55:34genre,
- 55:35si tu as envie de faire un film,
- 55:36tu prends ton téléphone.
- 55:37C'est vraiment...
- 55:40Si tu as envie de faire un podcast,
- 55:41tu prends ton micro.
- 55:41Exactement.
- 55:43Avec une petite tente.
- 55:44Exactement.
- 55:45On peut même,
- 55:46même si on n'a même pas...
- 55:47pas de micro qui coûte un peu cher.
- 55:50Moi,
- 55:50j'ai déjà vu des podcasts enregistrés avec des applications.
- 55:54D'ailleurs,
- 55:54j'ai participé à ça beaucoup pendant le confinement où on ne pouvait pas être ensemble.
- 55:59Et on faisait ça avec des applications qui essayent de camoufler à peu près le son ou même sur Zoom.
- 56:06En fait,
- 56:06il y a plein de moyens d'être créatifs.
- 56:08Et en plus,
- 56:09on a la chance d'avoir des réseaux sociaux qui sont accessibles gratuitement et qui peuvent nous permettre de commencer.
- 56:16Donc,
- 56:16on a envie de faire un livre.
- 56:17Aujourd'hui,
- 56:18on peut faire de l'auto-édition.
- 56:19On n'a même pas besoin,
- 56:20en fait,
- 56:20d'attendre de trouver un éditeur.
- 56:23On a envie de faire du cinéma.
- 56:25Moi,
- 56:25je dis à ma fille qui adore la réalisation,
- 56:27je dis mais commencez à faire des petites vidéos,
- 56:30commencez à faire des trucs.
- 56:32N'attend pas,
- 56:32en fait,
- 56:33que tout soit parfait et juste vois le plaisir que ça te donne.
- 56:39On veut faire de la photo aujourd'hui et puis il y a mille outils pour pouvoir le faire.
- 56:43Et en plus...
- 56:45S'il n'y a pas de calcul d'argent au début,
- 56:47ce n'est pas grave.
- 56:48Juste,
- 56:49on a tellement...
- 56:50Dans une journée,
- 56:51on a quand même des moments où on peut lâcher son téléphone pour faire un truc qu'on aime vraiment.
- 56:55J'en suis convaincue,
- 56:56moi.
- 56:58C'est bien.
- 56:58On arrive sur la fin de cette émission.
- 57:00Et c'était une très bonne conclusion.
- 57:04Vous voulez rajouter un petit mot pour la fin encore ?
- 57:06Qu'est-ce que vous aimeriez dire ?
- 57:08Peut-être ce petit conseil.
- 57:09On a donné plein de petits conseils de rentrée,
- 57:11je trouve,
- 57:11à la fois pour les enfants,
- 57:13surtout les parents d'enfants.
- 57:14En tout cas,
- 57:14moi,
- 57:15pour les parents qui nous écoutent ou les enfants ou les ados,
- 57:20en fait,
- 57:21qui entendent de loin ce podcast,
- 57:23courage,
- 57:24vous n'êtes pas seuls et on s'en sort.
- 57:27Et faites-vous confiance,
- 57:28que ce soit les parents ou les enfants.
- 57:31En tout cas,
- 57:32c'est un beau mot d'affaire.
- 57:33Merci de nous avoir fait confiance.
- 57:35C'était super chouette de vous avoir ensemble sur ce thème.
- 57:37C'était un plaisir aussi.
- 57:39Merci.
- 57:39Et nous,
- 57:39on se dit à la semaine prochaine.
- 57:44Flamme des années 80.
- 57:46Le podcast qui allume la femme.