Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / Équithérapie, orthophonie et chemin intérieur : deux femmes au service du bien-être féminin.
Transcript
- 0:03Flamme des années 80
- 0:05Le podcast qui allume la femme
- 0:11Bonjour,
- 0:12alors nous sommes toujours au mois d'avril et on parle encore de psychologie et on a la chance de recevoir Julie et Amandine.
- 0:20Julie,
- 0:21tu veux te présenter ?
- 0:22Oui,
- 0:22alors bonjour à tous et à toutes.
- 0:25Alors moi,
- 0:25je suis équithérapeute,
- 0:26hypnothérapeute,
- 0:27praticienne en thérapie brève de manière générale,
- 0:29je pratique le Reiki,
- 0:30la communication animale et je suis formatrice,
- 0:34voilà,
- 0:34globalement.
- 0:36C'est un beau programme et tu vas surtout nous parler aujourd'hui de l'équithérapie.
- 0:39Oui,
- 0:39tout à fait.
- 0:41Je fais de l'équithérapie,
- 0:42c'est de la thérapie assistée par le cheval.
- 0:45J'accompagne principalement des enfants et des personnes en situation de handicap,
- 0:49principalement l'autisme,
- 0:50le TDAH,
- 0:52le TOP.
- 0:53Mais ça s'adresse à tout le monde.
- 0:55Oui,
- 0:55ça s'adresse à tout le monde.
- 0:56J'accompagne aussi des adultes,
- 0:58des ados,
- 0:59difficiles ou pas.
- 1:01Trop hâte que tu nous expliques un peu plus.
- 1:04Qu'est-ce que l'équithérapie ?
- 1:06Amandine,
- 1:07tu veux te présenter ?
- 1:08Alors moi je suis orthophoniste,
- 1:10principalement,
- 1:11de formation,
- 1:13et puis j'accompagne des artistes,
- 1:17donc des écrivains dans l'écriture,
- 1:20dans la réalisation aussi d'expositions,
- 1:23donc tous les textes qui vont accompagner les œuvres.
- 1:26On peut parler de disposition aussi,
- 1:29de projection d'espace,
- 1:31d'ambiance.
- 1:33J'accompagne aussi notamment une réalisatrice de documentaires.
- 1:39On fait un travail d'analyse,
- 1:41de psychanalyse.
- 1:43Et en même temps,
- 1:44elle rêve sa pratique en séance.
- 1:47Et lorsqu'elle va tourner ses documentaires,
- 1:49elle met en pratique les rêveries.
- 1:53Donc tu l'accompagnes toi,
- 1:54tu es l'analyste
- 1:57Sauf que en fait c'est elle moi je propose le cadre ça,
- 2:03ça s'est fait ça s'est inventé donc c'est pour ça que le cabinet c'est vraiment un laboratoire où en fonction de la demande on va inventer un dispositif
- 2:14Et ça c'est ce que tu fais aussi dans ton travail d'orthophonie ?
- 2:18Alors du coup,
- 2:21en orthophonie,
- 2:22c'est complètement adapté à la demande.
- 2:25Il y a une demande qui souvent s'ignore.
- 2:27C'est-à-dire qu'évidemment,
- 2:28pour les enfants par exemple,
- 2:30quand ils arrivent en séance,
- 2:33ils ne savent généralement pas pourquoi ils viennent,
- 2:35quel que soit l'âge.
- 2:37Ou alors il y a un postulat qui est l'échec scolaire,
- 2:41des difficultés à se concentrer.
- 2:45On me connaît dans le quartier,
- 2:46donc on m'envoie aussi des enfants qui ont des problématiques.
- 2:50Et en fait,
- 2:51les premières séances,
- 2:52voire presque la première année,
- 2:54de prise en charge,
- 2:55c'est une année pendant laquelle l'enfant va prendre conscience,
- 3:00et moi avec,
- 3:01de sa vraie demande.
- 3:04C'est-à-dire qu'il ne sait pas ce qu'il vient chercher,
- 3:07moi non plus,
- 3:08je ne sais pas ce qu'il vient chercher,
- 3:10mais je ne lui en veux pas pour ça,
- 3:11c'est-à-dire que je supporte de ne pas savoir,
- 3:15ce qui est déjà difficile,
- 3:17et lui il va supporter de ne pas savoir non plus,
- 3:19et pourtant de venir,
- 3:22il supporte un paradoxe,
- 3:23on va dire,
- 3:24et puis à un moment donné il y a des changements qui se font et on peut en déduire la demande en fait,
- 3:32la thématique de demande encore une fois a posteriori,
- 3:36c'est-à-dire dans l'après-coup
- 3:38C'est-à-dire que c'est les premiers changements qui nous indiquent quelles sont les prémices de la demande.
- 3:46Souvent,
- 3:46les premiers changements,
- 3:47c'est au niveau du comportement.
- 3:49Alors,
- 3:49on peut se dire,
- 3:49tiens,
- 3:49c'est bizarre,
- 3:50en orthophonie,
- 3:51on ne s'attendrait pas à ce qu'il y ait des changements de comportement.
- 3:54Parce que si on vient voir une orthophonie,
- 3:56c'est pour mieux parler ou mieux lire ou mieux écrire.
- 4:01Et en fait,
- 4:03évidemment,
- 4:04pour mieux lire et mieux parler,
- 4:06mieux écrire,
- 4:07il faut mieux penser et pour penser il faut avoir la place de penser,
- 4:12il faut être moins électrifié par toutes les problématiques personnelles et donc parfois l'orthophoniste est amené à proposer ou à laisser faire l'enfant dans des régressions
- 4:26par exemple de la pâte à modeler,
- 4:27par exemple des jeux qu'on pourrait dire un peu pour les bébés.
- 4:31D'ailleurs,
- 4:32ils sont souvent gênés,
- 4:33les patients.
- 4:34Tu crois que je peux faire à 15 ans ?
- 4:35Tu crois que je peux faire de la pâte à modeler ?
- 4:39Oui.
- 4:40Pourquoi pas ?
- 4:42Ça,
- 4:42c'est paradoxal.
- 4:43Je veux dire,
- 4:43dans la société,
- 4:44on ne propose pas ça.
- 4:46Je veux dire,
- 4:47dans la vie ordinaire.
- 4:49Et moi,
- 4:49j'ai l'exemple d'enfants qui vont faire un seul jeu pendant un an.
- 4:55ils choisissent un seul jeu
- 4:57ça peut être la roue de la fortune enfin des trucs ou la bonne paye et puis coup de fil du parent au bout d'un an donc je me dis bon bah c'est bon la mère va me faire des remarques et la mère me félicite parce que l'enfant a 15 de moyenne donc
- 5:14après il faut travailler c'est à dire qu'il faut savoir ce qui s'est passé qu'est-ce qui se passe en séance et donc pour savoir ce qui se passe en séance c'est à l'orthophoniste de prendre des notes après
- 5:27et donc de questionner sa pratique.
- 5:31C'est ça,
- 5:32c'est l'écrit qui reste qui va tracer un chemin de pensée et qui va permettre de voir qu'on est parti d'un point et qu'on va quelque part.
- 5:42Voilà.
- 5:43Si on n'écrit pas,
- 5:44si on ne revient pas sur ce qui s'est passé,
- 5:47c'est comme si c'était rien passé je trouve ça vraiment vraiment chouette en fait ce que tu nous racontes sur enfin moi je découvre aussi l'orthophonie avec toi en fait de la façon dont on t'en parle et je trouve que
- 5:59Ça peut être utile à plein de parents ou même à des adultes.
- 6:03C'est-à-dire que tu pars de l'idée du trouble,
- 6:06c'est-à-dire que le patient vient parce qu'il a un trouble.
- 6:09Alors,
- 6:10par exemple,
- 6:11il a eu un AVC et il a un trouble du langage qu'on va appeler aphasie.
- 6:16Par exemple,
- 6:17il a un manque du mot,
- 6:17c'est-à-dire qu'il ne trouve pas ses mots ou il se trompe de mot.
- 6:22Au lieu de dire j'ai mal aux pieds,
- 6:24il va dire j'ai mal,
- 6:26je ne sais pas,
- 6:26j'ai mal.
- 6:28auré ou j'ai mal,
- 6:30quelque chose qui ne veut rien dire,
- 6:31ou autre chose,
- 6:31j'ai mal à l'oreille,
- 6:32non,
- 6:32ce n'est pas ça.
- 6:33Ou alors j'ai mal et puis je ne sais plus dire le mot.
- 6:37Donc,
- 6:38tu as un patient qui arrive,
- 6:40qui a un trouble,
- 6:42et si toi,
- 6:42tu restes au niveau organique,
- 6:44c'est-à-dire si tu considères qu'il a eu juste un AVC,
- 6:48qui a eu des répercussions au niveau cérébral et qui,
- 6:53du coup,
- 6:54a touché l'air motrice du langage et qui,
- 6:57du coup,
- 6:57fait que ce monsieur ou cette dame ne peut plus parler comme avant,
- 7:01si tu restes à ce niveau-là,
- 7:02alors tu es à un niveau technique.
- 7:05Voilà.
- 7:06Et donc,
- 7:06si tu es à un niveau technique,
- 7:08tu vas proposer une rééducation.
- 7:12La rééducation,
- 7:13c'est tu ouvres un bouquin pour les AVC,
- 7:15puis tu fais répéter des mots,
- 7:18tu trouves des jeux dans lesquels il faut que le patient,
- 7:23en lui donnant une amorce de mots,
- 7:24il trouve la fin du mot,
- 7:25ou alors une amorce d'expression,
- 7:27il trouve la fin de l'expression.
- 7:29Mieux vaut un tien que deux,
- 7:31tu l'auras.
- 7:32Voilà,
- 7:33ce genre de choses.
- 7:34Là,
- 7:34tu es au niveau technique.
- 7:35Alors,
- 7:36moi,
- 7:36je vous attends à ce niveau-là.
- 7:38et là je vais avoir plein d'orthophonistes qui vont me dire j'en peux plus de l'orthophonie
- 7:44Burn-out, changement de métier ça marche pas,
- 7:50je m'ennuie moi j'ai plein d'orthophonistes qui se plaignent comme ça et c'est pour ça que j'ai lancé des groupes de travail pour mettre au travail les orthophonistes sortir du burn-out,
- 8:01sortir de l'ennui et essayer de considérer le trouble comme un symptôme
- 8:06Ah,
- 8:07ce qui est choquant,
- 8:07puisque a priori,
- 8:08de toute façon,
- 8:09c'est organique.
- 8:09Il y a eu AVC,
- 8:10donc il y a un problème cérébral,
- 8:12donc c'est organique.
- 8:14Oui,
- 8:14mais si tu le considères un peu comme un symptôme,
- 8:17ça veut dire que c'est un trouble qui parle,
- 8:19qui veut dire quelque chose dans l'histoire du sujet.
- 8:22Sans savoir forcément ce que ça veut dire,
- 8:24mais si tu poses cette hypothèse-là,
- 8:26tout d'un coup,
- 8:26tu ouvres.
- 8:28Tu déplaces le champ des possibles.
- 8:30Eh bien,
- 8:30en tout cas,
- 8:30tu l'ouvres.
- 8:31ça veut dire que c'est un trouble qui parle,
- 8:35qui a du sens.
- 8:36Et donc avec ton patient,
- 8:38tu vas pouvoir partir à la recherche de ce sens.
- 8:42Ce qui veut dire que quel que soit le chemin qu'il va prendre,
- 8:47c'est un chemin qui va le mener dans cette recherche-là.
- 8:51Par exemple.
- 8:54un monsieur,
- 8:55moi j'ai reçu un monsieur qui avait une suspicion d'Alzheimer ce qu'on appelle un MCI donc c'est un stade débutant et dans 15% des malchances ça se transforme en Alzheimer et puis on parle et il finit par me dire qu'il est juif
- 9:12de mer et donc pendant la guerre il a été placé dans des familles et que sa vie est en fait un gruyère
- 9:22Tout d'un coup,
- 9:23moi,
- 9:23j'entends Gruyère,
- 9:24j'entends des trous dans sa vie.
- 9:26Je lui demande un peu qui il a autour de lui comme famille.
- 9:29En fait,
- 9:29il n'a personne.
- 9:31Au fur et à mesure,
- 9:32on part dans l'idée de faire un arbre généalogique.
- 9:35il se prête au jeu,
- 9:38il part à la recherche de ses ancêtres,
- 9:40il trouve des ancêtres qui lui donnent des photos de la famille,
- 9:44il trouve une espèce de cousine qui est dans un château,
- 9:49qui est très très dépressive et en même temps marrante.
- 9:53A lui de voir s'il va les adopter ou pas.
- 9:58Là,
- 9:58c'est la question de l'adulte qui va adopter sa famille d'origine ou pas.
- 10:02Et au fur et à mesure qu'il fait toute cette recherche-là,
- 10:04il finit par s'intéresser à une langue.
- 10:07Il se met à apprendre une langue alors qu'il a 80 ans.
- 10:11Il finit par s'inscrire sur Nextdoor parce qu'il s'ennuie trop l'été et du coup il lance un groupe de marche dans notre quartier,
- 10:19là-dessus il y a 400 personnes qui s'inscrivent là-dessus,
- 10:23premier groupe qu'il forme il y a une dame qui arrive et il tombe amoureux et ils sont toujours ensemble maintenant alors qu'il a
- 10:2985 ans passé
- 10:31Elle est magnifique ton vestiaire
- 10:33En fait il n'a plus de problème de mémoire et il se met à chanter dans des choeurs
- 10:39et il me rappelle de temps en temps,
- 10:42et il me dit j'ai besoin d'une piqûre de rappel,
- 10:43j'ai besoin de faire quelques séances.
- 10:46On repart dans sa problématique,
- 10:47qui est évidemment toujours la même,
- 10:49il me réexpose la situation,
- 10:51on rebalaye et il s'en va.
- 10:53Entre temps,
- 10:53il m'a demandé si je voulais être sa personne de confiance.
- 10:57On a étudié les lois,
- 10:59j'ai vu à quoi ça m'engageait,
- 11:01j'ai signé son contrat,
- 11:02donc tous les 2-3 ans,
- 11:03il vient me faire signer son contrat.
- 11:05pour être sa personne de confiance,
- 11:07pour qu'il n'y ait pas d'acharnement thérapeutique le jour où il va mourir.
- 11:10Parce qu'il y a cette question de la mort,
- 11:14de pouvoir avoir le droit de mourir dignement,
- 11:16qui s'est posée depuis le début,
- 11:18et en fait c'était ça.
- 11:19C'était la question de la mort.
- 11:21C'est-à-dire,
- 11:21je vois comment je vis,
- 11:23mais je ne sais pas à l'avance comment je vais mourir.
- 11:25Est-ce que toi,
- 11:26orthophoniste,
- 11:27dans cette problématique de moi qui disparaît,
- 11:30de ma mémoire qui disparaît,
- 11:32donc de mon identité,
- 11:33est-ce que toi,
- 11:33orthophoniste,
- 11:34tu peux essayer de m'aider à poser du sens là-dessus ?
- 11:38Et en posant du sens là-dessus,
- 11:40en suivant ce chemin,
- 11:42il a pu arrêter l'orthophonie et commencer à vivre à 80 ans.
- 11:46Voilà,
- 11:47un exemple.
- 11:49c'est un bel exemple c'est un super exemple qu'est-ce que l'orthophonie ?
- 11:54mais parce que tu pars du principe que tu arrêtes avec cette question du trouble tu es au niveau du symptôme et là ça devient passionnant ah oui c'est passionnant
- 12:06ça te parle de toi par rapport à l'équithérapie aux gens que tu rencontres aux enfants c'est plus d'envie aussi ça me parle ce qui m'a pas mal parlé de ce que tu viens de dire c'est l'idée qu'en fait la séance elle se crée avec la personne et qu'en fait on ne peut pas faire
- 12:20ce truc de j'ai envie de préparer mes séances pour que ce soit parfait et que ça rentre bien dans les cases en lien avec ce dont la personne a besoin alors qu'en fait c'est la personne qui crée sa séance et qui nous apporte sur un plateau d'argent souvent parce que c'est une sorte de gruyère voilà
- 12:33tout de suite,
- 12:34tac,
- 12:34tac,
- 12:34ok,
- 12:34je vais lui proposer un arbre généalogique,
- 12:36puis on va aller combler ses trous du gruyère.
- 12:37Enfin,
- 12:38voilà,
- 12:38c'est très pertinent.
- 12:40Et voilà,
- 12:40ça,
- 12:40ça me parle énormément,
- 12:41cette idée d'être créatif et adaptable à la personne qu'on reçoit,
- 12:44quoi.
- 12:45Souvent,
- 12:46toi,
- 12:46est-ce qu'on vient avec une question et un trouble défini te voir ou alors est-ce que,
- 12:52pareil,
- 12:53tu peux...
- 12:53On te dit,
- 12:54ah,
- 12:54il est un peu en difficulté,
- 12:55mais on te dit pas trop.
- 12:56Et en fait,
- 12:56c'est au fur et à mesure tu creuses ou c'est quand même assez ciblé,
- 12:59généralement ?
- 13:01Ça dépend vraiment,
- 13:02parce que j'ai une pratique en cabinet,
- 13:04donc plus dite classique,
- 13:05et une partie en équithérapie.
- 13:07En équithérapie,
- 13:08on appelle quand même principalement pour des troubles définis.
- 13:10Enfin voilà,
- 13:10il y a un trouble de l'attention,
- 13:12il y a un trouble du spectre autistique,
- 13:14il y a un trouble oppositionnel,
- 13:15ok.
- 13:16Toutes les autres formes de thérapie,
- 13:17en tout cas,
- 13:20l'enfant rejette parce que c'est trop et il y a de l'accumulation.
- 13:23On a envie d'essayer autre chose.
- 13:25Donc là,
- 13:25on est vraiment sur des choses un petit peu plus précises.
- 13:27On va travailler le comportement,
- 13:28le langage,
- 13:28la motricité,
- 13:29plein de choses en lien avec les problématiques.
- 13:32Et souvent,
- 13:32on vient te voir quand on a tout essayé,
- 13:34c'est ce que tu disais.
- 13:36Souvent,
- 13:36je suis un peu la dernière roue du carrosse.
- 13:40Ou la dernière chance.
- 13:41Ou la dernière chance,
- 13:41je ne sais pas.
- 13:42Après,
- 13:42ce n'est pas non plus magique,
- 13:43il n'y a rien de magique là-dedans.
- 13:45Mais c'est vrai que souvent,
- 13:46je reçois des enfants et des familles.
- 13:48Parce que ce n'est pas que l'enfant,
- 13:49c'est tout son système que je reçois.
- 13:52Voilà,
- 13:52des enfants qui ont vu des orthophonistes,
- 13:54qui ont vu des psychométriciennes,
- 13:55qui ont vu des psys,
- 13:56qui ont vu des neuropsychiatres,
- 13:57qui ont vu des médecins,
- 13:58enfin voilà.
- 13:59Qui ont vu pendant longtemps,
- 14:00pendant des années,
- 14:01plusieurs fois par semaine,
- 14:02les mêmes personnes et qui à un moment donné disent stop parce que c'est éprouvant,
- 14:05c'est fatigant,
- 14:06à côté ça il y a l'école,
- 14:07il y a d'autres prises en charge.
- 14:09Au moment où ils disent stop à ça,
- 14:11on veut autre chose et donc souvent on se dirige vers moi.
- 14:14Vers le cheval en tout cas.
- 14:16Moi c'est une autre chose mais en tout cas c'est d'abord le cheval.
- 14:19Tu peux nous expliquer un peu ce que c'est en fait l'équithérapie,
- 14:21comment ça fonctionne ?
- 14:23J'ai tendance à l'expliquer un peu de la manière à laquelle je me présente,
- 14:27même à mes clients.
- 14:28C'est vraiment ce qui fait que je fais la même chose qu'en cabinet.
- 14:30Et en cabinet,
- 14:31tu fais quoi ?
- 14:32Je fais de l'hypnose,
- 14:33je fais de la thérapie brève,
- 14:35j'accompagne énormément d'enfants à travers le jeu,
- 14:36le jeu de sable,
- 14:37la bataille,
- 14:38plein d'autres choses.
- 14:39J'adore créer des comptes thérapeutiques,
- 14:41trahir la métaphore,
- 14:42enfin voilà.
- 14:44thérapie classique de cabinet,
- 14:45comme on peut l'imaginer,
- 14:46que je transpose avec le cheval.
- 14:48En fait,
- 14:48je fais pareil.
- 14:49Je prends mon cabinet et je l'emmène avec les chevaux et j'entègle le cheval dedans.
- 14:53globalement je fais exactement la même chose le cheval est un objet projectif comme les cartes le jeu,
- 15:00les films toutes autres choses c'est un objet vivant sauf que là il est vivant et c'est quoi un objet projectif en thérapie ?
- 15:08un objet projectif c'est l'idée qu'on va se servir d'un objet qu'on va créer ou qui existe déjà pour projeter ce qui joue à l'intérieur de nous à l'extérieur et quand on voit le problème à l'extérieur déjà c'est plus facile de baisser la charge émotionnelle parce qu'il fait plus partie de nous,
- 15:21il est à l'extérieur
- 15:22et de pouvoir tourner autour,
- 15:23de changer de perspective,
- 15:24de pouvoir le modifier,
- 15:25ajouter des choses,
- 15:26enlever des choses.
- 15:27Donc ça parle vraiment de conscientiser ce qui se joue à l'intérieur de nous.
- 15:30Et donc en équiterapie,
- 15:31on vient projeter ce qui se joue pour nous sur le cheval.
- 15:34Et par exemple,
- 15:36comment tu sais déjà,
- 15:37quand tu es un enfant et que tu es autiste,
- 15:40comment tu sais ce qui se joue en toi et ce que tu vas mettre dans le cheval ?
- 15:44Exemple,
- 15:44j'ai une jeune fille que je suis depuis une bonne année maintenant,
- 15:48qui est diagnostiquée TSA,
- 15:49qui est verbale.
- 15:51qui a des problématiques un petit peu sociales,
- 15:52qui a du mal à se faire des amis.
- 15:54Et en fait,
- 15:55les premières fois où je la rencontre,
- 15:56elle ne regarde que le cheval,
- 15:57elle ne parle qu'au cheval.
- 15:59Moi,
- 15:59je n'existe pas dans la relation.
- 16:01Enfin,
- 16:01vraiment,
- 16:01moi,
- 16:01je me dis,
- 16:02c'est très bien,
- 16:02c'est que ça doit se jouer comme ça.
- 16:04Et en fait,
- 16:04quand je la questionne sur ça,
- 16:07je lui dis,
- 16:07qu'est-ce qui se passe ?
- 16:08Est-ce qu'il y a une difficulté avec moi ?
- 16:10Est-ce que je ne te correspond pas ?
- 16:12Et c'est OK,
- 16:13on fait autrement.
- 16:14Elle me dit,
- 16:15non,
- 16:15en fait,
- 16:15moi,
- 16:15je n'aime pas les humains,
- 16:16parce qu'en fait,
- 16:17les humains,
- 16:17ça ment et ça juge.
- 16:20OK.
- 16:21mais en fait si elle n'avait pas eu le cheval je pense qu'elle n'aurait jamais pu me verbaliser ce truc là parce que le cheval ne ment pas ne juge pas donc en fait je suis collée à lui je peux lui raconter tous mes trucs je peux le caresser je peux faire toute autre chose
- 16:34C'est vraiment cette idée de...
- 16:36Il est porteur,
- 16:38il est accompagnateur,
- 16:40c'est un objet projectif,
- 16:42il est soutenant,
- 16:43il sent,
- 16:44il a de l'odorat,
- 16:46il peut y avoir du goût,
- 16:47il peut y avoir du visuel,
- 16:49de l'auditif.
- 16:50Ça met en mouvement,
- 16:52en jeu,
- 16:53tout ce qui se joue sur la peau et ce qui se joue à l'intérieur de nous.
- 16:57Il y a vraiment ce...
- 16:58ce mécanisme-là qui se met en place dans les séances.
- 17:01Je ne sais pas si c'est très clair.
- 17:03Et puis,
- 17:04il est neutre aussi.
- 17:05Complètement.
- 17:06C'est-à-dire qu'après,
- 17:07il ne peut pas aller voir les parents,
- 17:08répéter des pauses,
- 17:09émettre un jugement.
- 17:11C'est ça aussi.
- 17:12C'est que du coup,
- 17:12le rapport de confiance,
- 17:13il est du persain et direct.
- 17:14Exactement.
- 17:15Et puis,
- 17:16c'est vraiment la grande différence.
- 17:18C'est qu'en cabinet,
- 17:18on est souvent face à face,
- 17:19ce qui peut être quand même très désagréable.
- 17:21En tout cas,
- 17:22pour des personnes,
- 17:23soit qui n'ont pas l'habitude d'être en analyse,
- 17:25ou des personnes TSA,
- 17:26par exemple,
- 17:26qui ont des problèmes intimes dans les relations.
- 17:29là on est ensemble,
- 17:30côte à côte et on regarde vers quelque chose il y a vraiment cette dualité entre le thérapeute et la personne qui fait de l'équithérapie qui regarde ensemble vers le cheval qui peut être un objectif qui peut être une problématique,
- 17:46qui peut être une émotion
- 17:49on se demande souvent pourquoi pas le chien ?
- 17:52Le poisson,
- 17:54le raton laveur ou je ne sais quoi.
- 17:57Donc la grande différence avec la médiation animale qui peut y avoir aussi aujourd'hui.
- 18:01Le cheval n'est pas un prédateur,
- 18:03donc c'est une proie.
- 18:05Déjà,
- 18:05il n'y a pas le même rapport.
- 18:07Les chevaux,
- 18:08c'est des animaux qui sont quand même très sensibles,
- 18:10qui ont tendance à fuir.
- 18:11Et quand ils se sentent en insécurité,
- 18:13le chien,
- 18:14s'il se sent en insécurité,
- 18:15la plupart des chiens,
- 18:16normalement,
- 18:17attaquent.
- 18:18déjà il y a cette grande différence là le cheval on peut pas l'amadouer je sais pas si vous voyez un chien vous avez un bout de saucisson dans la main il va vous prendre votre bout de saucisson et puis il va plus vous lâcher de la soirée on voit tout ça si on lâche des amis le
- 18:33cheval vous pouvez lui donner un kilo de carottes s'il a pas envie d'être avec vous il sera pas avec vous donc il y a vraiment ce truc où on ne peut pas acheter la relation il y a vraiment ce truc là qui se joue avec le cheval
- 18:44Comme la petite a dit,
- 18:45il est honnête et il ne ment pas.
- 18:47Exactement.
- 18:48Et puis,
- 18:48ils ont vraiment un système limbique.
- 18:51Donc,
- 18:51c'est le siège des émotions qui est très,
- 18:53très développé par rapport à nous et qui prend de la place.
- 18:56Et en fait,
- 18:57tout l'environnement et tout ce qui se joue pour eux passe par ce système-là.
- 19:00Donc,
- 19:00ils ne sont qu'émotions.
- 19:01Et donc,
- 19:02ils reçoivent aussi nos émotions.
- 19:04On dit souvent cheval miroir.
- 19:06Vous avez peut-être déjà entendu ça quelque part.
- 19:07Mais cheval miroir de nos émotions,
- 19:09bah oui.
- 19:09Parce qu'en fait,
- 19:10il a besoin d'aller connecter.
- 19:12quelle émotion a l'humain à côté de lui pour savoir ce qu'il doit faire ?
- 19:15Est-ce que je dois m'en méfier ?
- 19:16Si l'humain a peur,
- 19:18qu'est-ce que je fais ?
- 19:18Est-ce que je dois m'enfuir ?
- 19:19Est-ce que moi aussi je dois avoir peur ?
- 19:21Donc c'est ça qui est très intéressant.
- 19:22C'est ce qui va venir être un peu une catharsis d'émotions de l'humain.
- 19:28Justement,
- 19:28est-ce que des fois,
- 19:29sur des gens qui ont des gros problèmes,
- 19:31est-ce que du coup,
- 19:34le cheval,
- 19:35s'il absorbe tous les problèmes de ces personnes-là,
- 19:38est-ce que du coup,
- 19:38ça ne crée pas un trop-plein d'émotions chez le cheval aussi ?
- 19:42Est-ce que le cheval est peut-être suivi derrière,
- 19:44a besoin de dégager toutes ces émotions ?
- 19:48Ce qui paraît intéressant,
- 19:49j'avais un peu ce questionnement-là quand je me suis formée,
- 19:50en me disant c'est de la maltraitance,
- 19:52mon Dieu,
- 19:52mais qu'est-ce qu'on va faire ?
- 19:53En fait,
- 19:54le cheval,
- 19:54c'est un être qui est vraiment dans l'instant présent.
- 19:56et qui n'est pas dans la...
- 19:59La rumination.
- 19:59La rumination.
- 20:01Enfin,
- 20:01voilà,
- 20:01il est maintenant.
- 20:02Hop,
- 20:02il s'est passé ça.
- 20:03OK,
- 20:03bah,
- 20:03on passe à autre chose.
- 20:05Vous avez peut-être déjà vu un cheval qui a peur,
- 20:07qui peut se cabrer,
- 20:08etc.
- 20:08Mais dans la seconde,
- 20:09il se met à brouter.
- 20:10Ça y est,
- 20:10c'est terminé.
- 20:10On passe à autre chose.
- 20:12Donc,
- 20:12vraiment,
- 20:13il absorbe.
- 20:15Et en fait,
- 20:15tout de suite,
- 20:16il vient exprimer dans son corps l'émotion qu'il a ressentie.
- 20:19et c'est comme ça qu'il décharge et ce qui nous permet nous ensuite thérapeutes de dire ok là le cheval,
- 20:24moi je connais des chevaux avec lesquels je travaille là le cheval il a une réaction qui n'est pas habituelle,
- 20:28en tout cas dans ce comportement,
- 20:29il n'y a rien eu dans l'environnement qui fait qu'il a cette réaction là donc forcément ça vient de mon client
- 20:34Ah c'est génial,
- 20:35en fait c'est en voyant le cheval faire que tu sais ce qui se passe à l'intérieur de ton client en tout cas je peux questionner je peux questionner ce qui se joue
- 20:44Ok,
- 20:45là le cheval,
- 20:45on est en train de parler de votre mère.
- 20:47C'est toujours les mères.
- 20:49On est en train de parler de votre mère.
- 20:50Vous êtes en train de me raconter un épisode de votre vie.
- 20:53Hop,
- 20:53je vois le cheval,
- 20:54je ne sais pas moi,
- 20:54qui m'a trotté,
- 20:55a galopé.
- 20:56Ok,
- 20:57qu'est-ce que vous êtes en train de ressentir ?
- 20:58Et puis qu'est-ce que ça vous fait de voir le cheval trotter ou galoper quand vous êtes en train de me parler de votre mère ?
- 21:02En fait,
- 21:02c'est vraiment ce questionnement-là,
- 21:05circulaire,
- 21:06qui va être très intéressant.
- 21:07Ou un cheval qui ne veut pas du tout venir près de la personne toute la séance pendant une heure.
- 21:11Moi,
- 21:11je travaille beaucoup en liberté,
- 21:12donc le cheval est vraiment libre d'être qui il est.
- 21:15Quand il ne vient pas pendant une heure,
- 21:16des fois,
- 21:16je me dis,
- 21:17les pauvres,
- 21:17ils viennent voir des chevaux aussi,
- 21:19au-delà de me voir moi et les qui t'aiment,
- 21:20ils veulent avoir du lien avec le cheval.
- 21:22En fait,
- 21:23c'est parlant.
- 21:24Qu'est-ce que ça veut dire pour vous ?
- 21:25Oui,
- 21:26je ne sais pas,
- 21:26dans ma vie,
- 21:27je n'ai pas d'amis,
- 21:28je n'ai pas de famille,
- 21:29je m'embrouille avec tout le monde.
- 21:30OK,
- 21:30en fait...
- 21:31Le cheval représente ce qui se joue pour vous dans votre vie.
- 21:34À ce moment-là,
- 21:35c'est hyper intéressant.
- 21:37J'adore,
- 21:37je pourrais en parler aussi.
- 21:38On en dévoile.
- 21:39Vous êtes là pour ça,
- 21:40nous on adore vous écouter en plein.
- 21:42Nous on est à fond.
- 21:45C'est marrant parce que ça fait écho avec plein...
- 21:46Comme vous êtes la dernière émission de La Psychologie,
- 21:48ça fait écho avec plein de choses qu'on a eues dans les autres émissions.
- 21:51Le rapport au corps,
- 21:52là pour le coup,
- 21:53voir le cheval qui se transforme par rapport à ce que la personne ne peut pas ressentir,
- 21:57mais le voir...
- 21:58Moi,
- 21:58ça me fait penser à quelque chose,
- 22:00ce que tu as dit,
- 22:01parce que je pensais à la question du transfert.
- 22:04Si on voit le cheval se mettre à galoper et que ton patient,
- 22:07enfin ton client,
- 22:09dit qu'effectivement,
- 22:12ou bien il se sent illégitime dans la relation à l'autre,
- 22:15ou pas reconnu.
- 22:18Alors,
- 22:18c'est comme s'il projetait sur le cheval.
- 22:20Il s'identifie au cheval,
- 22:22par exemple.
- 22:22Ou alors,
- 22:22il projette sur le cheval tous les humains qu'il rejette.
- 22:29Je me disais que le cheval joue un rôle de tiers.
- 22:32Oui.
- 22:33Puisque tu disais,
- 22:34il y a la relation double,
- 22:35mais en fait,
- 22:35vous êtes trois.
- 22:36C'est vraiment triangulaire.
- 22:38J'aime bien appeler ça une relation triangulaire d'aide.
- 22:41C'est vraiment...
- 22:42Parce que c'est à nous trois,
- 22:43à nos trois cœurs,
- 22:44à nos trois âmes,
- 22:45à nos trois énergies que...
- 22:47que tout se joue et la relation que moi j'entretiens avec les chevaux aussi joue énormément dans mes séances parce que c'est des chevaux que je travaille beaucoup à pied et donc je peux leur demander des choses à distance et donc quand je vois que c'est pertinent,
- 23:00qu'il faudrait qu'il se passe exactement ce truc-là à ce moment-là avec mon client pour qu'il se débloque des choses,
- 23:05des fois je peux demander au cheval de ok maintenant il faudrait que tu y ailles
- 23:09Il faudrait que Thaïe lui mette un coup sur l'épaule,
- 23:11il faudrait qu'il se joue quelque chose.
- 23:12Deux fois,
- 23:13je n'ai même pas besoin de demander,
- 23:14parce qu'ils sont tellement fins dans ce qu'ils se jouent qu'il n'y a pas forcément besoin.
- 23:19Mais parfois,
- 23:19c'est vraiment ces triangles-là.
- 23:23Moi,
- 23:24c'est ce que je vais ressentir avec mes patients.
- 23:26C'est-à-dire que,
- 23:27par exemple,
- 23:27si quelqu'un est en train de me parler et je ressens une tension au niveau cervical et tout ça,
- 23:34je me dis,
- 23:36ça veut dire quelque chose.
- 23:37C'est-à-dire que je ressens une tension du patient.
- 23:41Et c'est en questionnant ce que je ressens pendant la séance que je sais que je suis au travail.
- 23:48Je sais que c'est en train de travailler.
- 23:49Et ça m'arrive de le dire au patient,
- 23:51de dire je ressens là une tension
- 23:54Souvent le patient me dit oui,
- 23:55oui,
- 23:55moi aussi en fait
- 23:56Ce n'est pas de la magie.
- 23:59C'est de la synchronisation.
- 24:01C'est le travail du transfert,
- 24:03du transfert commutuel qui est en train de se passer entre le thérapeute,
- 24:09qu'il soit orthophoniste ou autre,
- 24:10et puis le patient.
- 24:12Et c'est avec ça qu'après on peut écrire.
- 24:16C'est ta façon de travailler,
- 24:17je trouve ça très pertinent.
- 24:19Mais par contre,
- 24:20comment tu fais après quand la personne part ?
- 24:22Et si t'as mal,
- 24:23elle part tout seule,
- 24:23c'est fait comme le cheval.
- 24:25Comment ça se passe ?
- 24:27Ça,
- 24:28c'est vraiment la vie du thérapeute.
- 24:31Par exemple,
- 24:31les rêves.
- 24:33Et ça,
- 24:34c'est Ferenczi,
- 24:34il en a beaucoup parlé,
- 24:35psychanalyste,
- 24:37de l'époque de Freud.
- 24:39Ferenczi,
- 24:39il lui arrivait de rêver.
- 24:42suite à une séance.
- 24:44Et ça l'avait amené à se questionner sur la posture du psychanalyste en séance lorsque le psychanalyste reste un peu stoïque,
- 24:58c'est-à-dire un peu détaché en distance de ce qu'est en train de dire le patient.
- 25:03Ce que dit le patient est quelque chose de très fort.
- 25:07mais le patient,
- 25:08si le psychanalyste reste détaché,
- 25:10le patient va avoir du mal à éprouver au niveau émotionnel ce qu'il est en train de dire.
- 25:15Donc le patient va rester au niveau du langage,
- 25:20sans éprouver ce qu'il doit éprouver dans ce moment-là.
- 25:23Si un patient,
- 25:24par exemple,
- 25:24est en train de vous raconter un événement traumatique,
- 25:27ou quelque chose qui l'a choqué,
- 25:29si vous,
- 25:30en face,
- 25:31vous restez comme ça,
- 25:31stoïque,
- 25:33alors ça passe.
- 25:34Ça passe,
- 25:35puis il parle d'autre chose.
- 25:36Et il a raté l'occasion d'éprouver quelque chose de cet épisode qu'à l'époque,
- 25:41il n'avait pas pu éprouver.
- 25:44Et donc Ferenczi s'est dit il faut que je me laisse éprouver ce que j'éprouve en vrai pendant la séance.
- 25:54et donc il s'est mis,
- 25:55sans non plus déborder mais il s'est mis à se laisser éprouver et montrer qu'il éprouvait quelque chose et à ce moment là les patients ont pu dépasser les événements traumatiques parce que tout d'un coup ils voyaient chez le thérapeute une réaction,
- 26:08ça leur faisait prendre conscience que ce qu'ils étaient en train de dire était choquant et qu'ils auraient dû à l'époque ressentir ce choc et du coup ils peuvent le ressentir dans le présent
- 26:18C'est pour sortir de déni un peu,
- 26:19comme par exemple si à la base tu es dans un déni par rapport à un choc que tu as eu et que tu le racontes,
- 26:23tu te rends compte en fait que c'était important.
- 26:25Alors le déni ou alors on peut dire que c'est l'effet du traumatisme,
- 26:28c'est-à-dire qu'au moment où vous vivez un trauma,
- 26:31il y a comme un trou qui se crée.
- 26:34Et vous ne retenez du trauma que des éléments,
- 26:36certains éléments disparates,
- 26:39qu'on peut appeler des signifiants.
- 26:40Par exemple,
- 26:40quelqu'un qui aurait vécu une violence terrible,
- 26:43si c'était dans une pièce où il y avait une lampe jaune,
- 26:47il peut garder du traumatisme de cet épisode-là,
- 26:51ou juste lampe,
- 26:52ou juste jaune.
- 26:55et ça va le poursuivre dans sa vie à chaque fois qu'il y aura quelque chose de jaune,
- 26:57une lampe ça va lui donner une sorte peut-être d'effet,
- 27:02de dégoût de malaise mais il ne saura pas le rapprocher de ce qu'il a vécu à l'époque ça il faut qu'il fasse une thérapie il faut qu'il l'ancre dans le corps pour que le corps accepte la chose qu'il ressente dans son corps parce que s'il reste extérieur avec plein d'éléments,
- 27:17en fait le trauma il ne peut pas se faire alors là il y a plein de choses que tu dis
- 27:22Il y a plein de choses.
- 27:24Ça me fait penser au phénomène de désincorporation.
- 27:28C'est-à-dire que tu as beaucoup de patients,
- 27:30en orthophonie aussi,
- 27:32qui vont vous dire,
- 27:34là vous êtes en train de me parler.
- 27:36Ça c'est le rêve,
- 27:36s'ils arrivent à le dire.
- 27:37Vous êtes en train de me parler,
- 27:38mais vous me parlez,
- 27:39mais moi je vais au travers de vous,
- 27:40je ne vous écoute pas.
- 27:41C'est génial s'ils peuvent le dire.
- 27:43Ça nous arrive à tous.
- 27:44Quelqu'un est en train de parler,
- 27:46et puis vous,
- 27:46vous êtes complètement ailleurs,
- 27:47et puis vous n'en avez rien à faire.
- 27:49Pourquoi ?
- 27:50ou alors vous parlez à quelqu'un puis vous voyez,
- 27:52moi j'ai plein de patients comme ça je sens qu'il faut que j'arrête de parler en fait c'est quelqu'un qui n'est pas au stade où il peut supporter que je parle,
- 27:59c'est pas encore le moment il n'est pas mûr quoi ça c'est une tendance de l'humain
- 28:06à s'extraire de lui-même et à vivre en parallèle.
- 28:09Et on le fait tous.
- 28:10De la dépersonnalisation.
- 28:12C'est ça.
- 28:13Et ça,
- 28:14c'est une des conséquences d'un traumatisme.
- 28:17Tout à fait.
- 28:18L'idée étant de se réincorporer.
- 28:21Mais pour se réincorporer,
- 28:22il faut qu'il y ait de la place.
- 28:24Or,
- 28:24s'il y a eu un agresseur,
- 28:26c'est souvent lui qui occupe la place.
- 28:28Vous avez incorporé l'agresseur.
- 28:30Toute la question,
- 28:31ça va être ensuite désincorporé.
- 28:33Ce n'est pas une mince affaire.
- 28:35parce que vous vivez avec ça,
- 28:36vous avez pris l'habitude de vivre en étant occupé par l'autre et donc vous avez l'impression après de vivre une vie,
- 28:43mais ce n'est pas la vôtre.
- 28:45Bon là on s'éloigne un peu,
- 28:46mais ce que je veux dire c'est que ces mécanismes-là se retrouvent dans l'orthophonie.
- 28:49Pourquoi les enfants,
- 28:50alors qu'ils sont normalement exposés au langage,
- 28:53oral et écrit,
- 28:54n'arrivent pas à lire,
- 28:55à écrire ou à parler ?
- 28:58ils passent 8 heures par jour à l'école,
- 28:59comme tout le monde.
- 29:00Donc pourquoi est-ce qu'ils n'arrivent pas à lire ?
- 29:04Serge Boismar disait ces enfants qui sont empêchés de penser
- 29:09Alors pourquoi ils sont empêchés de penser ?
- 29:11Ça,
- 29:11c'est des questions que les orthophonistes se posent.
- 29:14Aussi,
- 29:14quand vous avez un patient qui vous raconte son accident,
- 29:18est-ce que vous devez rester stoïque,
- 29:20détaché et ne pas montrer vos émotions ou est-ce que vous devez laisser l'émotion,
- 29:26quitte même à pleurer parfois ?
- 29:28Ça,
- 29:28c'est une question qu'on a abordée en groupe de travail avec des orthophonistes.
- 29:32Ça fait écho à ce qu'on a dit.
- 29:33Oui,
- 29:34ça fait écho parce que je me souviens qu'au début de ma pratique,
- 29:36ça fait cinq ans que je pratique maintenant.
- 29:38C'est vrai qu'au début de ma pratique,
- 29:39j'avais un peu cette...
- 29:40Parce qu'on me verrait peut-être à fond de mes études aussi,
- 29:42de mettre un masque.
- 29:45Ça ne m'appartenait pas.
- 29:47Oui,
- 29:47ça ne m'appartient pas,
- 29:48mais c'est vrai que j'avais un peu cette tendance à...
- 29:50à me reculer en fait c'est vraiment ce truc de je me recule des situations et en fait plus j'évolue plus j'affine ma pratique et en fait plus je me laisse la possibilité d'être en
- 30:00dans ses intuitions et ses émotions.
- 30:03Ça m'arrive d'avoir des fortes émotions,
- 30:06souvent avec des parents d'enfants,
- 30:07parce que je suis maman,
- 30:08donc forcément,
- 30:09il y a un écho.
- 30:10Enfin,
- 30:10voilà,
- 30:10c'est normal.
- 30:12Mais c'est plus ses intuitions à laquelle je fais très,
- 30:15très attention maintenant.
- 30:17Je vous donne un exemple.
- 30:18En ce moment,
- 30:19j'ai une petite fascination pour la mythologie grecque.
- 30:21Je ne sais pas pourquoi,
- 30:22mais c'est maintenant.
- 30:24Et donc,
- 30:24j'ai souvent en séance des personnages qui arrivent.
- 30:28Quand je suis avec un client,
- 30:29on a une idée.
- 30:30pourquoi ce personnage-là,
- 30:32ils ont tous une histoire particulière en plus,
- 30:34et j'étais avec une jeune femme que je suis depuis un moment,
- 30:38et je n'arrêtais pas d'avoir Medusa qui me revenait,
- 30:40Medusa,
- 30:40je me disais,
- 30:41mince,
- 30:41je ne sais pas si vous connaissez l'histoire de Medusa,
- 30:43mais elle est le symbole de...
- 30:44Tu peux la raconter un petit peu,
- 30:45parce que peut-être que tout le monde ne la connaît pas.
- 30:47Alors l'histoire de Medusa,
- 30:48ça commence avec l'histoire de Poséidon et Athéna qui se font la guerre depuis toujours,
- 30:52des histoires d'égo entre deux dieux,
- 30:56où en fait,
- 30:57Poséidon a violé Medusa dans un des temples d'Athéna,
- 31:00Et en fait,
- 31:01Athéna,
- 31:01pour se venger de ça,
- 31:03a transformé en Médusa,
- 31:04en Médusa,
- 31:05en ce qu'elle est.
- 31:05Donc,
- 31:06le personnage avec les serpents qui figent les hommes.
- 31:11Et donc,
- 31:11elle est le symbole du viol dans notre société.
- 31:13Il y a beaucoup de femmes qui se font tatouer Médusa comme symbole de force et de puissance pour un peu.
- 31:19accepter le traumatisme et passer à autre chose.
- 31:21Il y a tout un rituel.
- 31:23Bref.
- 31:23Et donc,
- 31:24j'étais avec cette jeune femme que je suis depuis un moment.
- 31:25Et puis voilà,
- 31:26Médusa.
- 31:26Médusa,
- 31:27je me disais,
- 31:27mais mince.
- 31:28Je ne vais pas lui dire,
- 31:29ça vous parle,
- 31:29Médusa ?
- 31:30C'est un mot de la du viol.
- 31:32Voilà,
- 31:32ce n'était pas du tout la thématique en plus.
- 31:34Enfin bon,
- 31:34je ne dis rien.
- 31:35Je me dis,
- 31:35voilà,
- 31:36ne dis rien,
- 31:36ça n'a pas trop d'intérêt tout de suite.
- 31:38Et puis la séance qui suit,
- 31:39elle revient en me disant,
- 31:40ben voilà,
- 31:41j'ai une remontée de souvenirs qui était très en lien avec Médusa.
- 31:46et donc je lui fais part de cette histoire de médusa c'est quelqu'un qui aime dessiner donc je lui dis bah va
- 31:51J'aimerais que vous puissiez dessiner Medusa comme vous pourriez la représenter et du coup amener aussi un travail en dehors de la séance,
- 31:58pour que le travail continue entre les séances.
- 32:01Je pense qu'il y a cet objectif là pour tout le monde,
- 32:03que ça continue.
- 32:04Et donc c'est une histoire d'intuition,
- 32:06de sensations corporelles.
- 32:07C'est vraiment des choses auxquelles il faut faire attention,
- 32:09même quand on est là,
- 32:10entre nous.
- 32:12Des fois,
- 32:12des douleurs qui ne nous appartiennent pas,
- 32:13c'est important de tellement bien se connaître,
- 32:15de se dire Ok,
- 32:15ça,
- 32:15ce n'est pas à moi.
- 32:17Qu'est-ce que j'en fais ?
- 32:18Comment je le questionne avec mes clients ?
- 32:20ça m'a fait penser à ça moi je rebondis sur ce que tu dis au sujet du travail qui continue en dehors des séances alors moi je travaille depuis plus de 20 ans et ce que j'observe c'est que à
- 32:35partir du moment où on rencontre l'autre il y a un troisième élément qui apparaît,
- 32:41qui est le travail et c'est comme une sorte de
- 32:46je ne sais pas comment le représenter,
- 32:47une troisième personne.
- 32:49C'est un espèce de machin,
- 32:50un phénomène.
- 32:51C'est un phénomène.
- 32:53Et il y a la séance,
- 32:55le temps de séance.
- 32:57Alors le phénomène,
- 32:57il est là,
- 32:59comme s'il vibrait,
- 33:00ou je ne sais pas.
- 33:02Et puis ensuite,
- 33:02le patient s'en va.
- 33:04et le phénomène,
- 33:06il est toujours là.
- 33:07Je ne dis pas qu'il est là en moi,
- 33:08je dis qu'il est là.
- 33:10Et il y a presque autant,
- 33:13voire plus de travail qui se fait en dehors des séances que pendant la séance,
- 33:20ou alors c'est un autre travail.
- 33:22Mais ça veut dire que ça marine en eux,
- 33:26ça infuse,
- 33:28ça mijote.
- 33:30Je me suis rendue compte que moi,
- 33:31je n'étais pas obligée
- 33:33de donner du travail à faire en dehors,
- 33:36ça dépend des situations.
- 33:38Il y a un objectif.
- 33:40En fait,
- 33:43je dirais même d'une façon choquante,
- 33:45il n'y a pas d'objectif thérapeutique,
- 33:47parce que ça,
- 33:48pour moi,
- 33:49c'est le début de l'enfer,
- 33:50pavé de bonnes intentions.
- 33:51C'est-à-dire que vous faites votre bilan,
- 33:54vous rencontrez la personne,
- 33:55vous êtes censé le bilanter direct,
- 33:57donc vous passez une heure à le bilanter.
- 34:00pour connaître tous ces critères,
- 34:04tous les éléments de son trouble,
- 34:06par exemple au niveau du lexique,
- 34:08au niveau de la syntaxe.
- 34:12Et puis à partir de là,
- 34:14vous devez construire des lignes de base thérapeutiques.
- 34:16Vous devez dire,
- 34:17en lexique il en a à tel niveau,
- 34:19mais moi je veux que dans tel temps de séance,
- 34:22il en soit à tel niveau.
- 34:24Et ensuite,
- 34:26vous avez du matériel orthophonique avec des boîtes de jeux qui sont faites exprès pour travailler tel aspect,
- 34:32par exemple.
- 34:34les prépositions dessus,
- 34:35dessous,
- 34:35derrière,
- 34:36devant,
- 34:37ou avant,
- 34:37après,
- 34:38etc.
- 34:39Et puis ensuite,
- 34:41vous le réévaluez régulièrement pour voir s'il a progressé dans ce que vous voudriez,
- 34:45là où vous voudriez qu'il progresse.
- 34:47Donc là,
- 34:48on est dans le niveau technique.
- 34:50Mais il faut bien s'entendre,
- 34:53on peut garder cet élément de technicité et travailler en même temps à un autre niveau.
- 35:00Par exemple,
- 35:00moi souvent,
- 35:01je me dis
- 35:02le jeu que va choisir l'enfant,
- 35:04c'est son désir à lui.
- 35:06Et donc,
- 35:08dans ce jeu-là,
- 35:09même si ce n'est pas un jeu orthophonique,
- 35:12forcément,
- 35:14il va y avoir son problème qui va se présenter.
- 35:17C'est-à-dire,
- 35:17imaginons qu'il joue avec le micro qu'on a là posé devant nous.
- 35:20Le micro,
- 35:21la nappe,
- 35:21la table.
- 35:22Vous savez,
- 35:23c'est les fameux enfants,
- 35:24ils préfèrent jouer avec le carton d'emballage.
- 35:26Et donc,
- 35:26il joue avec quelque chose et puis il va vous dire,
- 35:29là,
- 35:30le micro.
- 35:30Et vous,
- 35:31vous dites,
- 35:32oui,
- 35:32le micro,
- 35:33il est sur la table.
- 35:34Puis voilà,
- 35:34ça arrive,
- 35:34il dit oui,
- 35:35sur la table.
- 35:36Il n'y avait pas besoin de sortir une activité pour le piéger,
- 35:41pour l'amener à dire aujourd'hui sur.
- 35:43Parce que qu'est-ce qui vous dit qu'il est prêt aujourd'hui à travailler sur ?
- 35:48comment on peut savoir à sa place et est-ce que le langage c'est pas une question de désir c'est-à-dire qu'il faut être prêt il faut vouloir,
- 35:56il faut avoir envie,
- 35:57il faut avoir besoin donc il faut que ça tombe au bon moment et donc ça va se faire dans la relation donc le phénomène c'est que je donne pas forcément du travail et encore ça dépend aux patients mais souvent je peux dire par exemple bon
- 36:12on s'arrête là
- 36:14Et on va se regarder en souriant en disant,
- 36:17la semaine va vous proposer travaux pratiques,
- 36:21ça va être travaux pratiques.
- 36:22Parce que vous savez bien que les problématiques sont toujours dans la répétition.
- 36:29C'est la répétition du même,
- 36:31c'est toujours le même qui se présente.
- 36:33On est dans l'idée des fantômes,
- 36:34de la crypte,
- 36:35c'est toujours le même qui se présente.
- 36:37Et c'est une chance,
- 36:39c'est une chance,
- 36:40c'est-à-dire que c'est l'occasion de jouer les choses autrement.
- 36:44surtout si on a fait attention par exemple si on regarde l'exemple du sur c'est quelque chose qui a été présent donc en fait toute la semaine il va vachement plus entendre les sur alors qu'il va entendre tous les sur la table le sur existe le sur existe avant il n'existait peut-être pas mais c'est comme ça que ça doit travailler avant il y avait surdité
- 37:03on peut se dire bah ouais,
- 37:05pourquoi est-ce que par exemple une fois que vous prenez conscience de quelque chose et que vous marchez dans la rue,
- 37:11vous en voyez plein c'est-à-dire que la réalité elle est toujours la même mais c'est bien votre point de vue à vous qui s'est modifié et il y a eu des œillères qui sont un peu ouvertes donc
- 37:27Moi,
- 37:27je vois les patients revenir.
- 37:29Il s'est passé quelque chose.
- 37:30Le phénomène a évolué.
- 37:32Ça change.
- 37:33Et puis,
- 37:33quand on ne se voit pas pendant les vacances,
- 37:35on voit bien,
- 37:36le patient arrive.
- 37:37Pareil,
- 37:38il se radine avec son phénomène.
- 37:40Et puis nous,
- 37:40quand on a fini notre journée,
- 37:42il y a tous ces phénomènes.
- 37:43Alors,
- 37:43qu'est-ce qu'on en fait ?
- 37:45On se disait,
- 37:46tiens,
- 37:46il décharge immédiatement.
- 37:49Dolto,
- 37:50au début,
- 37:50elle courait.
- 37:51Elle allait marcher très vite,
- 37:52elle faisait les tours de pâté de maison des hôpitaux dans lesquels elle travaillait.
- 37:57Après,
- 37:57elle s'est mise à écouter de la musique.
- 38:00et ça on peut en parler c'est-à-dire quelle est la vie quotidienne d'un thérapeute quelle qu'il soit comment il se décharge comment il travaille cette matière tous ces phénomènes,
- 38:10tous ces petits cette bibliothèque de phénomènes qui le suit en fait qui peut être lourde de temps en temps,
- 38:16très lourde,
- 38:17très pesante parce qu'il n'y a même pas de temps en temps c'est très lourd mais encore une fois
- 38:23Alice Miller qui a écrit Le drame de l'enfant doué va vous dire vous n'êtes pas devenue thérapeute pour rien vous l'êtes depuis que vous êtes petit
- 38:29Donc,
- 38:29de toute façon,
- 38:31ces phénomènes-là,
- 38:32c'était ceux de vos parents avant.
- 38:34Maintenant,
- 38:34c'est ceux de vos parents plus ceux de tous vos patients.
- 38:38Qu'est-ce qu'on fait avec ça ?
- 38:40Alors,
- 38:40Giono,
- 38:40par exemple,
- 38:41il écrit dans Noé que ces personnages...
- 38:46traverse les murs,
- 38:47s'asseye à son bureau et lui demande des comptes.
- 38:49Dis donc,
- 38:50dans le roman précédent,
- 38:51tu m'as fait mourir.
- 38:52Pourquoi ?
- 38:53Pourquoi est-ce que tu as fait ça ?
- 38:55Il réclame des comptes.
- 38:57Et Giono est en dialogue avec ces personnages pour savoir ce qu'il va en faire et pourquoi il se justifie.
- 39:04Donc nous,
- 39:04nos patients,
- 39:05j'ai écrit un texte comme ça,
- 39:06les patients qui sont dans ma chambre,
- 39:07devant mon bureau,
- 39:09sur mon lit,
- 39:10et ils me regardent et ils attendent.
- 39:12c'est à dire qu'une fois qu'ils ont été créés dans ta réalité de thérapeute ils existent,
- 39:17ils existent même en l'absence du patient qu'est-ce qu'on en fait ?
- 39:23D'où l'importance,
- 39:24et là je prêche vraiment pour tout le travail que je fais en ce moment,
- 39:28où j'écris sur la supervision,
- 39:31d'où pour moi c'est essentiel d'avoir ce temps de supervision.
- 39:35Ça peut être de l'intervision,
- 39:36c'est-à-dire par exemple vous êtes orthophoniste,
- 39:39vous trouvez une ou deux copines orthophonistes,
- 39:42vous vous réunissez,
- 39:43c'est ce qu'on fait nous une fois par mois,
- 39:44et on parle de sa pratique.
- 39:46rien que ça,
- 39:47ça change tout.
- 39:48Et on voit,
- 39:49de mois en mois,
- 39:50on se donne rendez-vous,
- 39:51et là,
- 39:51il y a des choses incroyables qui se passent,
- 39:53et on peut en rendre compte.
- 39:54Ah,
- 39:55ça y est,
- 39:55avec tel patient,
- 39:56j'ai réussi à pouvoir dire telle chose que je n'osais pas dire.
- 39:59Du coup,
- 39:59ça s'est arrêté.
- 40:01Et ça va mieux.
- 40:03D'ailleurs,
- 40:03le patient lui-même voulait arrêter,
- 40:04mais il n'osait pas me le dire.
- 40:06Il y a quand même des choses.
- 40:08Oui,
- 40:08ça permet ce lien entre justement les thérapeutes,
- 40:11ou là,
- 40:11en l'occurrence,
- 40:12les orthophonistes,
- 40:13permet aussi de...
- 40:15Comment on a dit tout ça,
- 40:15là ?
- 40:17décharger.
- 40:18Elle permet de décharger et aussi de comprendre.
- 40:20On prend de la hauteur sur la situation qu'on vit avec nos clients aussi.
- 40:24Je sais que je peux avoir tendance,
- 40:25quand je suis avec mon client,
- 40:26de me dire,
- 40:26ok,
- 40:27c'est ça.
- 40:28Je ferme mon petit chemin et je me dis,
- 40:30ok,
- 40:31il faut que j'aille sur cette thématique-là avec mon client,
- 40:33que je tire cette petite ficelle.
- 40:34Moi,
- 40:34je vois mes clients avec plein de pelotes de laine avec des petites ficelles à tirer et puis je me focalise sur une ficelle,
- 40:39puis sur une autre et puis on déroule le truc.
- 40:41Et puis,
- 40:42en fait,
- 40:42parfois,
- 40:43on se rend compte que ça ne marche pas.
- 40:44en tout cas,
- 40:45dans l'impression que ça n'avance pas,
- 40:47que ça ne bouge pas.
- 40:48Et de faire des supervisions ou des intervisions,
- 40:50ça permet vraiment de...
- 40:51On se met au-dessus de la relation et on se voit pratiquer parce qu'on explique ce qu'on fait et comment on le fait,
- 40:58etc.
- 40:59Et c'est dire,
- 40:59OK,
- 40:59finalement...
- 41:00Une supervision,
- 41:00exactement,
- 41:01c'est quand quelqu'un supervise son travail,
- 41:04du coup,
- 41:05que tu demandes à un collègue qui fait la même chose ou un suivi thérapeutique.
- 41:08Moi,
- 41:08je fais pas mal d'intervisions.
- 41:10avec des personnes qui font de l'équithérapie,
- 41:12j'ai deux groupes d'intervisions,
- 41:13des copines de fac qui sont psy,
- 41:15mais qui sont thématiques différentes,
- 41:18et un groupe d'intervisions spécifique équithérapie,
- 41:21où là,
- 41:22justement,
- 41:22moi,
- 41:22souvent,
- 41:23on aime bien faire par thématique,
- 41:24et donc,
- 41:25on amène un client,
- 41:26et puis,
- 41:27on leur dit,
- 41:27moi,
- 41:27je fais ça avec mon client,
- 41:28il a tel type de profil,
- 41:30et puis,
- 41:30j'ai l'impression que ça,
- 41:31je ne sais pas,
- 41:31ça n'avance pas,
- 41:32ou moi,
- 41:32je me focalise sur eux.
- 41:33une problématique avec le père ou une problématique avec la mère et puis il y a un tel qui me dit,
- 41:36mais attends,
- 41:37t'as vu la relation avec le frère,
- 41:38est-ce que t'as questionné ça et puis,
- 41:40qu'est-ce que ça te fait ?
- 41:42Je vous donne un exemple,
- 41:43je travaillais avec une jeune adolescente qui avait été victime de harcèlement tentative de suicide,
- 41:49enfin voilà,
- 41:49pas pas cool,
- 41:50et c'était une époque où je pensais détester les ados,
- 41:53enfin en tout cas je voulais pas trahir les ados,
- 41:55ça ne je dis pas du tout,
- 41:57enfin j'ai l'impression de pas se comprendre,
- 41:59enfin voilà,
- 41:59non
- 42:01et donc elle arrive cette ado et puis j'entends la demande des parents,
- 42:05la demande de cette jeune fille et je me dis bon ok on y va mais je sentais que je ramais parce que j'étais aussi entre une posture de thérapeute d'enfant
- 42:14ou une thérapeute adulte que je suis.
- 42:15Je n'étais pas une thérapeute d'ado.
- 42:17Je n'arrivais pas à trouver ce compromis-là.
- 42:20Et donc,
- 42:20je n'avançais pas,
- 42:21je n'avançais pas.
- 42:21Et donc,
- 42:21je me retrouve en intervention avec mes copines et je leur dis,
- 42:23mais je ne comprends pas.
- 42:25Je n'arrive pas.
- 42:26Vraiment,
- 42:26je me sens posture enfant,
- 42:28posture adulte,
- 42:28comme ça,
- 42:29dans la séance.
- 42:29Je switchais,
- 42:30je n'arrivais pas.
- 42:31Et puis,
- 42:31j'ai une des psys qui me répond,
- 42:33mais c'est quoi l'adolescence pour toi ?
- 42:35C'est ce que j'allais dire.
- 42:37Ben oui,
- 42:37qu'est-ce que c'est pour toi ?
- 42:38parce qu'en fait c'est pas ton client qui va pas bien enfin qui t'empêche dans ton temps c'est pas tes outils,
- 42:43c'est qu'est-ce que toi ça te fait l'adolescence et donc en fait on a travaillé sur ma relation à l'adolescence et en fait ça a tout débloqué et ça m'a permis en même temps,
- 42:50enfin à un moment donné aussi d'autres pistes de travail avec cette personne en disant bah voilà,
- 42:54moi j'interrogerai plus
- 42:56ce versant-là,
- 42:57où j'irais plus sur tel type de planning,
- 42:59mais qu'est-ce que ça te fait à l'adolescence ?
- 43:00Donc il y a l'intervision,
- 43:01c'est-à-dire c'est avec des collègues qui font le même métier,
- 43:03où il y a la supervision.
- 43:05Moi j'ai une superviseuse,
- 43:06c'est une psychiatre qui a presque 80 ans,
- 43:09qui est psychanalyste,
- 43:10et qui a donc de la bouteille,
- 43:12et c'est au nom de cette bouteille,
- 43:14de cette expérience,
- 43:16qu'elle peut effectivement m'aider à mettre en lumière mes problématiques,
- 43:20qui sont les miennes.
- 43:21en fait.
- 43:22Et oui.
- 43:25On est au travail avec nos patients et c'est important d'en avoir conscience.
- 43:30Alors qu'en école d'orthophonie,
- 43:33on dit aux orthophonistes de prendre de la distance.
- 43:36Donc,
- 43:36le patient est le patient.
- 43:39Ça vient de patior en latin,
- 43:41souffrir.
- 43:42C'est un objet qui souffre.
- 43:45Et puis,
- 43:45on va lui imposer des activités parce que nous,
- 43:47on sait où on veut l'emmener.
- 43:49Parce qu'on suppose que quand il aura plus de vocabulaire,
- 43:52il sera mieux.
- 43:53Ça sera mieux dans sa vie.
- 43:54Je ridiculise un peu,
- 43:55mais ce que je veux dire par là,
- 43:56c'est que si vous considérez l'autre...
- 43:59comme un autre,
- 44:00c'est-à-dire comme un sujet,
- 44:01vous n'êtes plus du tout dans la même logique.
- 44:03Et c'est l'autre qui construit sa séance.
- 44:05Donc,
- 44:06par exemple,
- 44:06moi,
- 44:06mon cabinet,
- 44:07il est assez lissé,
- 44:08c'est-à-dire que vous ne verrez pas de boîte de jeu qui dépasse ou de...
- 44:11Il faut ouvrir les placards,
- 44:12il faut tirer...
- 44:13Déjà,
- 44:14il faut tirer les tiroirs.
- 44:15Donc,
- 44:15déjà,
- 44:16je vois si l'enfant,
- 44:17il est figé sur sa chaise.
- 44:19Il faut l'inviter vraiment à...
- 44:21à aller vers l'espace,
- 44:23s'il occupe l'espace,
- 44:24ou s'il occupe directement l'espace,
- 44:26ce qu'il va choisir,
- 44:27je ne lui dis jamais de ranger les boîtes de jeux,
- 44:30je le laisse cumuler le désordre,
- 44:33parce que pour un enfant,
- 44:35quand il passe d'un jeu à l'autre,
- 44:36c'est comme pour un adulte quand on passe d'une idée à l'autre.
- 44:39C'est une association.
- 44:40Donc j'ai besoin de voir son trajet.
- 44:44C'est un petit message,
- 44:45un petit clin d'œil aux parents qui rangent tous les jouets,
- 44:47qui obligent les enfants à ranger leurs jouets.
- 44:49Ça me fait rire parce que j'étais en train de me dire mais mon truc de pensée,
- 44:52parce que moi je fais mille choses à la fois Et donc,
- 44:54le thérapeute travaille avec lui-même d'abord.
- 44:58Et on en revient à qu'est-ce que la vie d'un thérapeute ?
- 45:02Donc,
- 45:02de quoi est faite la vie du thérapeute ?
- 45:04C'est-à-dire,
- 45:04quand on est thérapeute,
- 45:06orthophoniste ou autre,
- 45:10comment survivre.
- 45:12Comment survivre et comment vivre avec tous les phénomènes qui se développent dans la rencontre.
- 45:19Moi,
- 45:19quand je vous parle de ma patientèle,
- 45:21je suis entre 40 et 50 patients par semaine.
- 45:25Donc,
- 45:26j'ai 40 à 50 phénomènes.
- 45:29T'en as combien,
- 45:30toi,
- 45:30par semaine ?
- 45:30Une vingtaine.
- 45:33Vous avez beaucoup de personnes,
- 45:34quand même.
- 45:34Ouais,
- 45:35ça fait beaucoup de travail.
- 45:36Sauf quand on enchaîne les...
- 45:38les séances.
- 45:40Moi,
- 45:40je sais que j'aime bien enchaîner parce que si j'ai trop de temps entre les séances,
- 45:45j'ai l'impression de me faire absorber par la personne qui vient de partir ou la personne qui arrive.
- 45:51Donc,
- 45:51j'ai besoin que,
- 45:51justement,
- 45:52je reste dans ma dynamique.
- 45:54Comme si une chassait l'autre.
- 45:56Oui,
- 45:56un petit peu.
- 45:57C'est ma façon de fonctionner.
- 45:58Il y a plein d'autres façons de faire.
- 46:00C'est vrai que ce n'est pas toujours évident de couper.
- 46:03Alors moi,
- 46:04j'ai des chansons.
- 46:05j'ai perdu la chanson et là en ce moment c'est libéré,
- 46:08délivré donc tous les soirs en partant on met la musique à fond dans la voiture libéré,
- 46:12délivré puis je chante à fond et puis vraiment je sens que ça ça me fait du bien et puis pareil j'ai des petits rituels quand j'arrive je prends mon petit café je mets mon petit bâton palo santo tac tac je joue les fenêtres je fais tout mon petit machin et c'est vrai que ça je pense que quand on arrive vraiment à se connaître à prendre
- 46:28conscience de nos limites aussi je trouve que c'est important en tant que thérapeute vraiment prendre conscience d'où on peut aller
- 46:34et d'où vraiment ça va au-delà de nos compétences ou de ce qu'on est capable d'accepter par exemple les gros traumas c'est pas ce qui m'attire et puis je suis pas partie bien formée au trauma donc ça vient pas à moi c'est
- 46:48pas ce que j'ai envie d'attirer et je sais que c'est mes limites aussi c'est important je trouve de savoir où on va,
- 46:55où est-ce qu'on a envie d'aller et d'accepter aussi que les clients sont responsables
- 47:00C'est très important pour moi la responsabilisation qu'on n'est pas des sauveurs loin de là et que la thérapie ce n'est pas magique,
- 47:07qu'il faut être motivé pour que ça change et qu'on ne va pas faire le travail à leur place qu'on est vraiment là pour les accompagner,
- 47:13les guider moi j'imagine vraiment le cher repas en montagne
- 47:18qui potentiellement va amener un petit peu d'oxygène,
- 47:19mais il ne va pas porter votre sac,
- 47:21il ne va pas vous porter.
- 47:22Et puis s'il vous dit,
- 47:24moi j'arrête là,
- 47:24parce que ce n'est pas mes compétences,
- 47:26il va s'arrêter là et il va envoyer un autre Sherpa.
- 47:28Vraiment cette métaphore-là qui est très parlante.
- 47:32Pour moi,
- 47:32le Sherpa,
- 47:33ça ne parle pas du tout.
- 47:34Ah ouais ?
- 47:36Non mais je te dis,
- 47:36par rapport à...
- 47:38Non mais ça ne me parle pas,
- 47:39parce que ça part du principe que le Sherpa est devant.
- 47:43et je ne me sens pas sentinelle,
- 47:44c'est-à-dire que moi,
- 47:46je serais plutôt un pas derrière.
- 47:49et un pas derrière et quand le patient se retourne et me regarde je...
- 47:56Oui,
- 47:56oui,
- 47:56mais du genre oui,
- 47:57oui,
- 47:57ça fait peur,
- 47:58moi aussi j'ai peur et mais,
- 48:00ben voilà qu'est-ce qu'on fait ?
- 48:02Et je donne pas de conseils et je sais pas à la place de l'autre
- 48:08À l'impression que tu n'en sais à champ
- 48:11Et du coup je pense que tous ces doutes-là
- 48:16toutes ces questions restent vivantes,
- 48:20donc angoissantes.
- 48:21C'est en tout cas essentiel pour moi,
- 48:23cette supervision que je fais de mon côté toutes les semaines,
- 48:26pour me rassurer dans l'idée que si je sens que je ne sais pas,
- 48:32c'est que c'est ça.
- 48:35Il y a plein de pièges,
- 48:36sans arrêt.
- 48:38Il y a plein de pièges,
- 48:39il y a beaucoup de sirènes qui chantent.
- 48:44et ça peut faire croire qu'on a compris quelque chose ou ça peut faire croire que c'était ça et en fait tout à l'heure tu disais il n'y a pas de magie il n'y a peut-être pas de magie mais il y a beaucoup de mystère pourquoi
- 48:59à un moment donné on parle d'un patient qui est absent moi ça m'est arrivé en synthèse quand j'étais salariée dans un centre médico-psychologique on parle d'un patient qui est absent mais qui est absent depuis des semaines et des semaines
- 49:12et tout le monde en parle et en même temps on se regarde tous en souriant parce qu'on sait ce qui va se passer systématiquement la semaine suivante le patient vient
- 49:22donc évidemment c'est pas de la magie mais enfin l'énergie bah tout à l'heure je parlais de phénomène je voulais nommer différemment c'est un peu la même chose je pense c'est
- 49:35à questionner pourquoi le patient vient pas pourquoi il vient je questionne en thérapeute je revendique parce que je parlais avec un de nos thérapeutes il y a pas très longtemps
- 49:47qui commençait à utiliser deux objets parce que j'utilise énormément d'objets tout type d'objets ce que j'ai sous la main et puis je lui disais que j'adorais les post-it j'aime la métaphore du post-it qui peut s'accrocher qui peut tomber enfin j'aime le post-it voilà il
- 50:01me dit bah oui mais imagine tu fais un truc avec des post-it avec les parents sur un mur et puis hop la mère elle tombe je dis mais c'est génial
- 50:10questionne.
- 50:10Qu'est-ce que ça vous fait de voir votre mère tomber par terre comme ça ?
- 50:13Et en fait,
- 50:15c'est cette magie,
- 50:16non,
- 50:17mais en tout cas,
- 50:17l'intention qu'on va mettre dans nos clients pour que ça bouge,
- 50:20que ça avance.
- 50:20Et c'est vrai qu'avec le cheval,
- 50:22c'est ça toutes les séances.
- 50:24Il y a cette magie,
- 50:25que je veux vraiment déguiser parce que c'est pas magique,
- 50:27mais il y a cette magie insouciante qui se passe et on se dit mais waouh.
- 50:31Et la prévisibilité parce que le cheval,
- 50:33finalement,
- 50:34ça ne s'accepte pas.
- 50:35Pour le coup,
- 50:36complètement prévisible,
- 50:36mais c'est tellement juste,
- 50:37tellement pertinent à chaque fois.
- 50:40et c'est toute l'intention qu'on met aussi en tant que thérapeute pour nos clients je veux rien pour mes clients je veux qu'ils arrivent là où ils ont envie d'aller et toute l'intention qu'on met c'est important c'est intéressant d'avoir votre point de vue aussi en tant que thérapeute sur votre vie,
- 50:56sur comment est-ce que vous vivez
- 50:59le off,
- 50:59on va l'appeler comme ça,
- 51:02l'autre côté de la thérapie.
- 51:04Je voulais juste savoir,
- 51:05parce que justement,
- 51:05c'est comment on fait sur le off de thérapeute après.
- 51:08Je voulais savoir si toi,
- 51:09personnellement,
- 51:09tu te servais de tes chevaux aussi pour toi,
- 51:12travailler comme une espèce d'intervision avec tes collègues de travail qui sont les chevaux,
- 51:17finalement.
- 51:18Oui,
- 51:18on fait de la supervision plusieurs fois par semaine.
- 51:21Oui,
- 51:21c'est des chevaux que je travaille régulièrement.
- 51:25J'accueille quand même des personnes en situation de handicap.
- 51:2950% du temps,
- 51:30donc il faut aussi que ce soit des chevaux qui soient habitués,
- 51:32que ce soit au fauteuil au cri ou à toute autre chose,
- 51:36donc il faut quand même que ce soit des chevaux qui sont bien dans leur tête dans leur sabot et des chevaux qui me font confiance l'objectif c'est que je sois un peu leur référent en tout cas s'il se passe quelque chose en séance,
- 51:48je sais si un de mes chevaux a peur je sais qu'il viendra à moi,
- 51:52tout de suite et je sais qu'il ne mettra pas mon client en danger et ça c'est hyper hyper hyper hyper
- 51:59parce que sinon je suis pas tranquille au début je travaillais pas du tout en liberté parce que j'avais peur en fait qu'il se passe quelque chose avec mes clients et parce que ça reste des bêtes assez conséquentes et que ça peut faire mal et donc j'étais souvent,
- 52:11je tenais le cheval sécurité plus plus plus et puis en fait j'ai appris à les connaître à leur faire vraiment pleinement confiance et à faire confiance aussi aux gens alors évidemment je leur donnais un règle de sécurité un peu classique mais
- 52:24Je continue quand même régulièrement à travailler avec eux,
- 52:27à faire de la communication animale pour être certaine que c'est OK aussi pour eux de faire ça.
- 52:32Parce qu'il y a des choses pour qui ce n'est pas du tout OK et qui me le font savoir,
- 52:36clairement.
- 52:37Et c'est important que j'ai une belle relation avec eux parce qu'ils sont vraiment un indicateur aussi pendant les séances.
- 52:43de ma posture,
- 52:44parce que j'ai une tendance à être en énergie très haute,
- 52:46moi.
- 52:46Je vais très vite,
- 52:47je parle vite,
- 52:47je...
- 52:48Tac,
- 52:48tac,
- 52:48tac,
- 52:48je parle avec les mains,
- 52:49enfin voilà,
- 52:49je...
- 52:50Je suis assez énergique.
- 52:52Et je suis aussi souvent avec des gens qui sont très,
- 52:55très,
- 52:55très bas en énergie.
- 52:56Moi,
- 52:56ça me coûte de descendre,
- 52:59comme ça peut coûter à quelqu'un de très bas de monter.
- 53:02Et souvent,
- 53:02les chevaux me le rappellent.
- 53:05tu nous saoules là,
- 53:06tu parles trop,
- 53:07tu t'agites ils me le montrent bien soit ils viennent mordre mon manteau un petit coup de tête un petit coup de fesse vers moi c'est bon,
- 53:16détends-toi,
- 53:16ça va bien se passer mais c'est fait avec bienveillance et avec humour parfois aussi il se passe des choses assez marrantes en séance parfois voilà on arrive déjà à la fin de l'émission est-ce que vous avez un mot pour la fin ?
- 53:29quelque chose que vous avez envie de rajouter ?
- 53:33Vous avez déjà tout dit.
- 53:35Non,
- 53:35moi je pensais beaucoup à la vie du thérapeute en dehors de son travail.
- 53:44Moi,
- 53:44je n'ai pas de limite à ça.
- 53:46C'est-à-dire que mon travail,
- 53:48c'est ma vie,
- 53:48ma vie c'est mon travail.
- 53:49Alors pas dans l'idée que je n'ai pas de vie en dehors de mon travail,
- 53:53mais dans l'idée que mon travail s'enracine dans qui je suis.
- 53:59Et qui je suis s'enracine dans mon travail.
- 54:01Et donc...
- 54:05de savoir comment garantir un minimum de présence quand on est face à l'autre,
- 54:11quand on est thérapeute,
- 54:12face à son patient,
- 54:15nous oblige,
- 54:16thérapeute,
- 54:17à sans arrêt chercher des sources de nourriture,
- 54:22d'inspiration,
- 54:23d'équilibre.
- 54:24Donc je reprends,
- 54:25il y a l'analyse personnelle.
- 54:28Il y a la supervision ou l'intervision,
- 54:31il y a le recours à l'écriture,
- 54:35il y a tout ce qui est le sport et même la thérapie corporelle pour nous-mêmes,
- 54:44parce que ça,
- 54:44ça permet d'ancrer,
- 54:46de s'ancrer dans le sol,
- 54:48dans le présent.
- 54:49C'est très très important.
- 54:50Moi,
- 54:50je sais que je travaille beaucoup au niveau des jambes.
- 54:53pour sentir que je suis bien là.
- 54:56Parce qu'à force d'être dans quelque chose qui serait peut-être un peu intellectuel,
- 55:01ça chauffe beaucoup du haut et il faut réancrer dans le sol.
- 55:06C'est très très important.
- 55:08Et il faut pouvoir arrêter aussi.
- 55:11C'est-à-dire des temps de pause pour que tous les phénomènes se calment.
- 55:17Il y a un ralentissement.
- 55:20pendant les vacances,
- 55:21les temps de vacances,
- 55:22les temps de pause.
- 55:23Tu peux me dire un petit mot de la fin,
- 55:24Julie ?
- 55:26J'ai apprécié ce moment avec vous trois,
- 55:29déjà.
- 55:31Le mot de la fin,
- 55:32ce serait...
- 55:33Je sais qu'il y a encore pas mal de gens qui s'empêchent de travailler sur eux,
- 55:37parce que ça peut faire peur aussi.
- 55:39J'entends,
- 55:40je comprends.
- 55:41Mais ce qu'on disait un peu tout à l'heure en off,
- 55:43c'est que de faire le premier pas...
- 55:45de prendre rendez-vous,
- 55:46c'est déjà un énorme pas.
- 55:49C'est vraiment le début de quelque chose qui est plus grand que soi,
- 55:52presque,
- 55:53qui va venir.
- 55:54nous dépasser,
- 55:57d'avancer,
- 55:57de progresser,
- 55:58de s'illuminer à l'intérieur,
- 56:00peu importe comment on va appeler ça.
- 56:02Il y a plein de choses qui existent maintenant.
- 56:04C'est trop bien,
- 56:04c'est tant mieux.
- 56:06Et ne vous empêchez pas d'essayer plein de choses,
- 56:09plein de façons de faire,
- 56:10parce que chaque thérapeute est unique,
- 56:11peu importe la pratique qu'il a.
- 56:13On est tous uniques,
- 56:14on a tous notre façon de faire.
- 56:15Et donc,
- 56:16ne vous empêchez pas de chercher,
- 56:17de pouvoir trouver la meilleure personne pour vous accompagner.
- 56:20Merci.
- 56:22Merci,
- 56:23c'était super de vous avoir et on conclut ce mois de psychologie avec vous c'était très enrichissant qu'est-ce que tu en penses en disant qu'on a appris plein de choses ?
- 56:31On a appris plein de choses,
- 56:32c'était enrichissant,
- 56:34intense et puis beau mot de la fin parce que j'espère que du coup les gens qui nous écoutent,
- 56:39ça leur donnera des idées des envies et qu'ils trouveront le thérapeute qui leur correspond
- 56:47La manière de faire Tout pour leur bien
- 56:49Oui
- 56:50Merci et puis à la semaine prochaine pour un nouveau thème le sexe
- 56:55Spoiler
- 57:02Flamme des années 80
- 57:04Le podcast qui allume la femme