Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / "La Révolte des Mères" : séparation, charge mentale et liberté féminine.
Transcript
- 0:03Flamme des années 80,
- 0:05le podcast qui allume la femme.
- 0:10Bonjour,
- 0:10je suis très contente aujourd'hui de recevoir,
- 0:12j'ai vraiment de la chance que j'ai deux invités aujourd'hui.
- 0:15Donc j'ai vraiment une chance incroyable.
- 0:17Je reçois Marguerite et Francesca qui sont les autrices du livre La révolte des mers.
- 0:24Quand le conte de fées vole en éclats,
- 0:25c'est ce qui est écrit sur la couverture,
- 0:27mais ça résume bien ce livre qui est un peu comme une BD aussi,
- 0:30c'est-à-dire qu'il y a beaucoup de dessins.
- 0:31Les dessins ont été faits par Audrey.
- 0:33Est-ce que vous voulez vous présenter ?
- 0:35Qui veut commencer ?
- 0:36Allons-y.
- 0:36Donc moi,
- 0:36je suis Marguerite Desjies,
- 0:38je suis scénariste de profession et avec Francesca,
- 0:43on a écrit cette BD forte de nos expériences de mères confrontées à une séparation assez inattendue.
- 0:50Et on s'est adjoints les talents d'Audrey Lagadec,
- 0:55qui est illustratrice et qui donc a contribué à mettre en dessin nos deux histoires.
- 1:01Et moi,
- 1:02je m'appelle Francesca Fattori.
- 1:04Je suis italienne,
- 1:05je précise parce que ça fait partie de qui je suis.
- 1:09Je suis journaliste et cartographe au journal Le Monde et je travaille avec
- 1:14Audrey. J'habite à Paris et j'ai
- 1:1642 ans,
- 1:18je précise,
- 1:19et deux enfants parce qu'ils font partie intégrante de cette BD.
- 1:22Et ça,
- 1:22Marguerite,
- 1:23tu as un enfant ?
- 1:23Oui,
- 1:24c'est ça.
- 1:24J'ai un garçon qui a 10 ans et demi.
- 1:27Super.
- 1:28Alors moi,
- 1:29j'aimerais...
- 1:30J'ai lu le livre avec beaucoup d'attention et je trouve que c'est vraiment un manuel qui peut sauver aussi certaines personnes,
- 1:35certaines femmes,
- 1:36quand elles se retrouvent dans des situations pas forcément agréables,
- 1:39on va dire ça comme ça.
- 1:40Et c'est important d'avoir aussi un guide parce que des fois,
- 1:42on peut se retrouver dans ces situations-là et être un peu désespérée,
- 1:46j'imagine.
- 1:47Et donc,
- 1:47je trouve que c'est vraiment bravo d'avoir écrit ça.
- 1:50Et comment est-ce que vous vous êtes...
- 1:52Vous ne connaissiez pas,
- 1:52en fait,
- 1:52vous vous êtes rencontrés et de là est né le livre.
- 1:56Comment ça s'est passé ?
- 1:58Alors,
- 1:59en fait,
- 1:59nous,
- 2:00on se connaissait de la crèche.
- 2:02Mon fils aîné et le fils de Marguerite étaient des copains de crèche.
- 2:07Et voilà,
- 2:08on se croisait le matin,
- 2:10l'après-midi,
- 2:10quand on allait les déposer et les chercher.
- 2:13On avait sympathisé,
- 2:14mais sans plus.
- 2:16On avait gardé un peu le contact parce qu'ils étaient vraiment super,
- 2:19super potes.
- 2:20de crèche.
- 2:21Donc,
- 2:21une fois qu'on s'était séparés dans l'aventure de l'école maternelle,
- 2:25on continuait à se voir un peu de loin en loin pour les anniversaires,
- 2:28etc.
- 2:30Et en fait,
- 2:30on s'est retrouvés dans cette situation de séparation abrupte,
- 2:35à très peu de temps d'écart l'une de l'autre.
- 2:38Et c'est vraiment cette expérience qu'on a partagée à peu de temps d'écart qui nous a vraiment rassemblés,
- 2:46en fait.
- 2:47Avant,
- 2:47on était des connaissances de la crèche et à partir de ça,
- 2:51on est vraiment devenus des amis parce que ça m'est arrivé en premier de me faire quitter par le père de mes enfants.
- 3:02Et en fait,
- 3:03dès la même manière où je me suis retrouvée à bénéficier de plein de conseils un peu différents des femmes de mon entourage proches ou moins proches,
- 3:12je me suis retrouvée un peu dans ce même rôle vis-à-vis de Marguerite qui m'a appelée.
- 3:18en PLS,
- 3:19tu ne devineras jamais ce qui m'est arrivé,
- 3:21qu'est-ce que je fais ?
- 3:23Je me suis retrouvée à transmettre ces connaissances qu'on m'avait transmises à mon tour.
- 3:30On s'est dit que c'était bien de faire partager ces tips-là,
- 3:39cette forme de soutien.
- 3:40C'est un peu le livre qu'on aurait voulu avoir quand on a été
- 3:44quitté,
- 3:45qu'on a voulu mettre en forme,
- 3:47en fait.
- 3:47Ça se sent vachement quand on lit le livre,
- 3:49justement,
- 3:50ça se sent,
- 3:50en fait,
- 3:51que c'est une envie de transmission et d'un manque à un moment donné.
- 3:55C'est vrai que quand il nous arrive un coup dur ou quelque chose,
- 3:57on va chercher soit un podcast,
- 3:58soit un livre,
- 3:59soit quelque chose,
- 4:01une aide.
- 4:01Enfin,
- 4:02on a besoin de ne pas se sentir toute seule.
- 4:04Surtout,
- 4:05c'est vrai que dans le cadre d'une séparation avec des enfants,
- 4:08il y a des décisions qui sont fondamentales pour soi,
- 4:12pour ses enfants aussi,
- 4:13à prendre
- 4:14dans un temps extrêmement court et à un moment où on est le moins à même de les prendre,
- 4:19ces décisions,
- 4:19parce qu'on a le cœur en miettes.
- 4:24Alors,
- 4:25qu'on soit quitté ou qu'on quitte,
- 4:26peu importe,
- 4:27mais c'est vrai que quand on quitte,
- 4:30on a pu éventuellement se préparer un tout petit peu au moment de la séparation,
- 4:36même si ça reste quelque chose de très compliqué,
- 4:38très dur.
- 4:38Quand on est quitté,
- 4:39c'est vrai qu'il y a ce traumatisme-là qui s'ajoute.
- 4:43à celui de la famille qui vole en éclats.
- 4:47Et il y a vraiment des choix à faire assez rapides sur le mode de garde.
- 4:52Le logement aussi devient une question cruciale parce que souvent,
- 4:56on partage le logement avec le père de nos enfants.
- 5:00On est soit locataire,
- 5:01soit propriétaire.
- 5:02Il y a tout un tas de questions qui se posent à un moment où émotionnellement,
- 5:06on est...
- 5:07On est sans dessus-dessous et pourtant,
- 5:09ces décisions-là,
- 5:10il faut les prendre rapidement parce qu'il y a un enjeu pour la suite et pour les enfants surtout.
- 5:15Oui,
- 5:15parce que dans le livre,
- 5:16on sent très bien qu'il y a à la fois l'émotionnel,
- 5:18à la fois le pratico-pratique,
- 5:21tout ce qui est dans...
- 5:22L'argent,
- 5:23en fait,
- 5:23c'est-à-dire,
- 5:24c'est une notion qui est hyper importante,
- 5:26de l'argent dans un couple,
- 5:27quand ça se sépare,
- 5:28et en plus qu'il y a des enfants,
- 5:30on n'est pas tous dans les mêmes situations,
- 5:33et on peut se retrouver dans une précarité.
- 5:35Et c'est vrai que c'est très bien expliqué dans le livre.
- 5:37Et ce n'est pas qu'un livre aussi,
- 5:39c'est vraiment un manuel où il y a énormément de chiffres,
- 5:41c'est très,
- 5:42très bien documenté.
- 5:43Et il y a aussi des conseils juridiques,
- 5:46il y a des gens qu'on peut contacter.
- 5:48Du coup,
- 5:48on pourrait peut-être le faire en plusieurs parties.
- 5:50On pourrait parler de l'émotionnel et puis ensuite,
- 5:52on partira sur autre chose.
- 5:53Donc,
- 5:53on va partir sur l'émotionnel.
- 5:54Donc,
- 5:54émotionnellement,
- 5:56s'il y a des auditeurs ou auditrices qui nous écoutent et qui sont en pleine séparation,
- 5:59quel conseil vous pourrez leur donner ?
- 6:02Une bonne question.
- 6:04Une question très,
- 6:06très,
- 6:06très,
- 6:06très vaste.
- 6:08Le premier conseil,
- 6:10ça paraît complètement bateau,
- 6:12mais c'est de...
- 6:15C'est d'être.
- 6:15être patient et de se dire que c'est un moment vraiment dur à passer et qu'il y a un deuil à faire,
- 6:23un deuil d'une histoire d'amour,
- 6:27d'une image du couple et d'une image de la famille.
- 6:31Et moi,
- 6:31c'est vrai que c'est quelque chose qu'on m'a dit au début,
- 6:35quand je me suis trouvée confrontée à cette situation.
- 6:38En plus,
- 6:38moi,
- 6:38qui ne suis pas de nature quelqu'un de très patient.
- 6:41Et en plus,
- 6:41si je peux me permettre,
- 6:42sans spoiler trop le livre,
- 6:43parce que c'est pas du spoil,
- 6:44mais t'es enceinte.
- 6:45Oui,
- 6:45moi,
- 6:45j'étais enceinte de mon deuxième enfant.
- 6:47À quelques mois ?
- 6:48Oui,
- 6:49à peu près.
- 6:51Et donc,
- 6:53voilà.
- 6:53Et tout le monde me disait,
- 6:54oui,
- 6:55il faut du temps.
- 6:56Chaque jour,
- 6:56il suffit sa peine.
- 6:58Et pour moi,
- 6:59c'était quelque chose d'inconcevable.
- 7:01On a vraiment envie et besoin de se dire qu'on ira mieux parce qu'on a l'impression qu'on est vraiment au fond du truc,
- 7:06qu'on n'en sortira jamais.
- 7:07Et en fait,
- 7:09spoiler,
- 7:09si.
- 7:10On en sort,
- 7:10mais il faut prendre le temps de cette élaboration,
- 7:15de cette digestion du traumatisme que cela peut représenter,
- 7:19la séparation abrupte comme ça.
- 7:21Et c'est ce qu'on a essayé aussi de montrer dans les étapes du deuil,
- 7:26justement.
- 7:26Parce que moi,
- 7:27c'est vrai que c'était quelque chose qui m'avait saisi.
- 7:31Et toi aussi,
- 7:32Marguerite,
- 7:33je sais,
- 7:33parce que c'est comme ça qu'on l'a montré.
- 7:35Quand une psy...
- 7:36Enfin...
- 7:36Toi,
- 7:36c'était le cas d'une psy,
- 7:38moi,
- 7:38ça avait été le cas d'une maîtresse d'école,
- 7:41de mon enfant,
- 7:41qui m'avait dit « Mais là,
- 7:42vous savez,
- 7:42vous avez deux deuils à faire,
- 7:43en fait.
- 7:44Vous devez passer la souffrance de la séparation,
- 7:49mais il y a aussi l'image de la famille,
- 7:50et c'est peut-être ce deuil-là qui va être le plus dur à faire,
- 7:53à vivre. »
- 7:54Et c'est vrai,
- 7:56on passe par plein de phases différentes.
- 7:58Des fois,
- 7:58on pense que ça y est,
- 7:59on est passé à l'étape d'après.
- 8:00En fait,
- 8:01non,
- 8:02on retrouve...
- 8:02Ce n'est pas du tout un parcours linéaire.
- 8:05Il y a des à-coups,
- 8:06il y a des petits retours en arrière.
- 8:08On a l'impression que c'est un retour en arrière terrible et qu'on ne s'en sortira jamais.
- 8:11Mais en fait,
- 8:12si.
- 8:13Chaque petite étape nous fait avancer un peu plus.
- 8:18Mais il faut avoir la patience émotionnelle de se dire qu'on traverse une tempête assez terrible.
- 8:25Mais d'un côté,
- 8:26on a besoin d'être solide pour les enfants,
- 8:30alors qu'on aurait juste envie de se mettre en boule et de pleurer toutes les larmes de son corps.
- 8:33mais en fait non parce que
- 8:34Il faut aller chercher les enfants à l'école,
- 8:36leur faire à manger,
- 8:36etc.
- 8:38Et donc,
- 8:38il y a ça.
- 8:39Il faut arriver à assurer derrière,
- 8:40mais il faut aussi accepter les moments durs et que ça puisse prendre du temps.
- 8:44Et toi,
- 8:44Marguerite,
- 8:45du coup ?
- 8:46Moi,
- 8:46je rejoins complètement Francesca là-dessus.
- 8:48Et quand on te le dit,
- 8:49tu as envie de dire,
- 8:49non,
- 8:49mais c'est bon.
- 8:50Ça va.
- 8:51Non,
- 8:51il faut que ce soit maintenant.
- 8:53Et c'est vrai que c'est quelque chose,
- 8:55c'est bateau.
- 8:56Mais le fait est que si ça revient au temps,
- 8:58c'est que peut-être le temps a son importance.
- 9:01Par ailleurs,
- 9:02je pense que c'est,
- 9:03en tout cas,
- 9:03moi,
- 9:03c'est ce que j'ai constaté.
- 9:04Je pense que Francesca aussi,
- 9:05c'est qu'il y a un entourage.
- 9:09Dans la plupart des cas,
- 9:10on a la chance d'être entouré,
- 9:11ce qui n'est pas toujours,
- 9:12ce qui n'est pas le cas de toutes les femmes.
- 9:14Mais enfin,
- 9:14en tout cas,
- 9:14moi,
- 9:14j'ai pu constater qu'il y avait vraiment autour de moi plein de gens et plein de femmes,
- 9:19beaucoup,
- 9:19qui étaient là pour me soutenir,
- 9:22pour m'écouter,
- 9:24parce qu'il y a souvent aussi beaucoup de choses à déverser.
- 9:27Et ça,
- 9:27ça a été génial.
- 9:28Moi,
- 9:29j'ai tout de suite senti aussi que j'avais besoin de...
- 9:31que cette séparation,
- 9:32je voulais en parler à quelqu'un qui était plus un professionnel,
- 9:37en l'occurrence.
- 9:38Moi,
- 9:38je me suis dit que c'était l'occasion de commencer un travail.
- 9:41J'avais déjà vu des psys auparavant,
- 9:43mais je suis venue chargée de ça.
- 9:45Évidemment,
- 9:45j'avais l'impression que c'était la cause de tous mes problèmes et c'était juste un point de départ.
- 9:51Et ça a été l'occasion d'aller voir aussi ailleurs et à plein d'autres endroits.
- 9:55et ça a été,
- 9:56moi j'ai trouvé ça vraiment ultra précieux de pouvoir
- 10:00prendre ce temps.
- 10:02Et je dirais que,
- 10:03ouais,
- 10:03émotionnellement,
- 10:04il faut prendre soin de soi.
- 10:07C'est-à-dire de réussir à accueillir toutes ces émotions,
- 10:10réussir à les accepter,
- 10:12même si elles ne sont pas faciles.
- 10:14Voilà,
- 10:14moi,
- 10:14j'ai eu la chance naïvement en tapant comment me remettre de ma rupture,
- 10:18je pense,
- 10:19littéralement deux jours après,
- 10:20ce qui était...
- 10:21Très ambitieux,
- 10:22mais tomber sur un site vraiment bien,
- 10:24parce que le danger,
- 10:25c'est de tomber sur des sites de gros mascus rageux.
- 10:28Mais là,
- 10:30j'ai eu la chance,
- 10:31je ne saurais plus dire de qui il s'agissait,
- 10:33mais en tout cas,
- 10:34c'est un site qui conseillait de faire de la gym,
- 10:37de méditer.
- 10:39Et du coup,
- 10:39j'ai dit d'accord,
- 10:40ok,
- 10:40je vais faire ça.
- 10:41Donc,
- 10:41je me suis mise à faire 7 minutes de gym tous les jours.
- 10:43Donc,
- 10:43rien de fou,
- 10:44mais un truc qui est complètement accessible,
- 10:45ce n'est pas à s'inscrire quelque part,
- 10:47ce n'est pas aller courir 45 minutes,
- 10:48ça,
- 10:49c'était mort.
- 10:51Mais essayer de reprendre contact avec mon corps aussi,
- 10:54parce que je me suis rendue compte que je m'étais beaucoup coupée de ça.
- 10:57Et du coup,
- 10:58la gym et la méditation,
- 10:59c'est quelque chose que je continue à faire.
- 11:02Et vraiment,
- 11:02ça m'a reconnectée à moi et à mes émotions aussi.
- 11:06Donc ça,
- 11:08c'est quelque chose qui a été...
- 11:10J'ai eu cette chance de tomber sur ce site de manière complètement improbable.
- 11:15Et ça,
- 11:15c'est quelque chose que je garde très précieusement.
- 11:18J'ai posé une question.
- 11:19avec le recul,
- 11:20parce que ça fait un petit moment,
- 11:21vous en avez vraiment fait quelque chose,
- 11:23en plus de cette rupture,
- 11:24je trouve que c'est toujours hyper intéressant,
- 11:25en fait,
- 11:25quand on vit quelque chose de traumatique,
- 11:28d'en faire quelque chose,
- 11:28donc je vais pousser la question encore un peu plus loin.
- 11:30Est-ce qu'avec le recul,
- 11:31vous vous dites que,
- 11:33en fait,
- 11:33c'était une période qui a été atroce,
- 11:35et est-ce qu'en fait elle ne vous a pas aussi apporté énormément ?
- 11:38Est-ce qu'elle ne vous a pas retrouvée aussi à l'intérieur de ça ?
- 11:41Ah ben oui,
- 11:42de manière,
- 11:43enfin moi,
- 11:43de manière saisissante,
- 11:45c'est-à-dire que même,
- 11:46enfin,
- 11:48tout a défavé.
- 11:49Il y avait certainement des graines qui avaient été plantées avant,
- 11:51etc.
- 11:52Mais ma vie avant et ma vie maintenant n'ont plus rien à voir.
- 11:58Professionnellement,
- 11:59les choses ont changé du tout au tout.
- 12:02Maintenant,
- 12:02je travaille régulièrement.
- 12:05Je vide mon métier de scénariste,
- 12:06ce qui n'était pas du tout le cas avant.
- 12:09Je suis indépendante à tous les niveaux.
- 12:12et c'est vrai que ça me gonfle le cœur de joie,
- 12:18de fierté.
- 12:19Partez de...
- 12:20J'ai vraiment l'impression que c'est une des meilleures choses qui me sont arrivées,
- 12:25ce qui paraît complètement paradoxal et incroyable à dire.
- 12:29Et si je m'étais entendue,
- 12:31moi,
- 12:32là maintenant,
- 12:33il y a six ans,
- 12:34je ne l'aurais pas cru.
- 12:35Non,
- 12:35mais c'est hyper important,
- 12:36je trouve,
- 12:36parce que souvent,
- 12:37quand on est dans toutes ces périodes-là,
- 12:38et que ce soit une séparation ou des choses horribles dans le travail,
- 12:42ou vraiment même des maladies qui peuvent nous arriver,
- 12:44évidemment,
- 12:44quand on reste en vie.
- 12:46Quand on décède,
- 12:47il y a des choses comme ça qui sont très fortes et qui sont des cadeaux extrêmement mal emballés.
- 12:52Et c'est pour ça que j'aime bien avoir ton point de vue à toi.
- 12:56Oui,
- 12:58c'est complètement ça.
- 12:59Moi,
- 12:59je sais que cette rupture m'a aidée à devenir plus consciente de tout ce qui se jouait dans ma vie et de ma manière de vivre les relations.
- 13:13Le sous-titre du livre « Quand le conte de fées vole en éclats » ,
- 13:17ça résume vraiment la manière qui était pour moi celle de voir le couple.
- 13:24J'étais biberonnée comme plein de filles de ma génération par la pop culture,
- 13:28les dessins animés,
- 13:29les histoires,
- 13:30le conte de fées,
- 13:30etc.
- 13:30Donc,
- 13:31il y a vraiment cette idée de la princesse qui trouve son prince.
- 13:35C'est vraiment l'objectif.
- 13:38Et voilà,
- 13:38une fois qu'elle a trouvé son prince charmant,
- 13:41ils vécurent heureux,
- 13:42ils eurent plein d'enfants.
- 13:43Mais bon,
- 13:43l'histoire,
- 13:44elle s'arrête là.
- 13:45Elle ne nous dit pas s'ils ont eu des emmerdes après.
- 13:48Et bien,
- 13:48spoiler,
- 13:49souvent,
- 13:49il y en a.
- 13:49Il y en a des emmerdes,
- 13:50oui.
- 13:50C'est drôle que tu dises ça.
- 13:51C'est vrai,
- 13:51quand j'étais petite,
- 13:52franchement,
- 13:53j'avais la sensation que tu te mariais,
- 13:55tu faisais des enfants,
- 13:55après,
- 13:56il ne se passait plus rien.
- 13:57Oui,
- 13:57mais parce que voilà,
- 13:58c'est l'aboutissement,
- 13:58en fait.
- 13:59Et c'est vrai que moi,
- 14:00en tout cas,
- 14:02j'avais été très bonne cliente de ce format social
- 14:06La princesse qui ramasse les slips du prince,
- 14:08ce n'est pas un vendeur,
- 14:10sauf que c'est ça qui se passe en fait,
- 14:11et qui s'occupe des enfants alors que le prince...
- 14:14Et donc,
- 14:15c'est vrai que j'avais un peu le couple comme réalisation,
- 14:19et les enfants,
- 14:20bien évidemment,
- 14:21comme suite logique de cette réalisation,
- 14:23mais sans forcément me poser la question de qu'est-ce que je voulais pour moi à l'intérieur du couple,
- 14:28ou comment aller être vraiment concrètement gérée la question des enfants.
- 14:34Et en fait,
- 14:35un peu par des formations professionnelles,
- 14:37donc dans le journalisme,
- 14:39je me pose toujours plein de questions,
- 14:40j'ai traduit visuellement les choses en essayant de faire un travail de pédagogie,
- 14:44donc je me suis retrouvée à essayer de décortiquer un peu ce qui m'était arrivé par plein de lectures,
- 14:51que ce soit des essais,
- 14:54des rapports statistiques,
- 14:55etc.
- 14:55Et je me suis rendue compte déjà que je n'étais pas la seule à me retrouver dans cette situation-là.
- 15:01d'avoir été quittée.
- 15:02Oui,
- 15:02les statistiques sont assez dingues quand même.
- 15:04Je ne sais pas,
- 15:05je n'ai pas les chiffres.
- 15:06Il y a un monde qui s'est ouvert devant moi.
- 15:08Moi,
- 15:09à aucun moment,
- 15:10j'aurais imaginé qu'il pouvait avoir des chiffres comme ça.
- 15:14Je pouvais avoir des intuitions.
- 15:15Il y avait le mouvement MeToo qui était passé par là.
- 15:18Donc,
- 15:18une libération de la parole pour tout ce qui était aussi les problématiques liées aux femmes,
- 15:23etc.
- 15:25Mais quand j'ai vu dans ces rapports,
- 15:27dans ces chiffres,
- 15:29j'ai dit,
- 15:29voilà,
- 15:29en fait,
- 15:30C'est ça.
- 15:31Ce n'est pas juste moi.
- 15:32Parce que aussi,
- 15:33ce que j'ai oublié de dire tout à l'heure,
- 15:35c'est que quand on est quitté comme ça,
- 15:38moi,
- 15:38en tout cas,
- 15:39je l'avais vécu très profondément,
- 15:40un sentiment de culpabilité énorme.
- 15:42Même si ce n'était pas moi qui avais quitté,
- 15:44j'avais été quittée,
- 15:45mais je me sentais coupable de ce qui est arrivé.
- 15:48Je me disais que forcément,
- 15:49ça avait dû être moi qui n'avais pas bien fait quelque chose,
- 15:52etc.
- 15:52Et que c'était l'échec de mon couple,
- 15:55le chèque de ma vie.
- 15:57En fait,
- 15:57pas du tout.
- 15:58Certes,
- 15:59il y a des histoires intimes,
- 16:00mais il y a aussi autre chose qui se joue là derrière.
- 16:03Et donc,
- 16:05cette séparation m'a permis de faire tout ce travail de conscientisation et d'élaboration.
- 16:11Et je rappelle juste les chiffres puisqu'on en parle.
- 16:14C'est une famille sur quatre qui est monoparentale.
- 16:16C'est 82%
- 16:17des familles monoparentales qui sont gérées par des femmes.
- 16:20C'est
- 16:2140% des familles monoparentales qui sont sous le seuil de la pauvreté.
- 16:26c'est
- 16:2720% des femmes qui...
- 16:28qui tombent dans la pauvreté quand elles se départent.
- 16:33Je les rappelle parce qu'il y en a plein d'autres dans la BD,
- 16:36mais c'est vrai qu'on réalise ça aussi.
- 16:40Et c'est vrai que souvent,
- 16:42on part,
- 16:42et ça a été notre point de départ aussi,
- 16:44c'est-à-dire qu'on avait des situations individuelles.
- 16:46On s'est déjà rendu compte,
- 16:47on s'est retrouvés autour de ces situations.
- 16:49Et puis,
- 16:51les langues autour de nous se sont déliées.
- 16:53C'était arrivé à plein d'autres femmes et on s'est dit...
- 16:56il y a quelque chose là.
- 16:57C'est pas juste nous.
- 16:58C'est ça,
- 16:59il y a quelque chose de pourri dans le royaume de l'hétéronormalité.
- 17:02Il y a un truc qui cloche pour que ça arrive de manière aussi systématique slash systémique.
- 17:08Et c'est ça aussi qui nous a fait partir sur le chemin de cette révolte.
- 17:12Mais c'est génial.
- 17:13Mais en fait,
- 17:13moi,
- 17:13j'ai envie de rajouter parce que moi,
- 17:15pour le coup,
- 17:16je suis célibataire,
- 17:17je n'ai pas d'enfant.
- 17:19Donc moi,
- 17:19j'ai aussi le truc inverse de la femme célibataire où on lui dit tout le temps la culpabilité.
- 17:24Mais attends,
- 17:25mais pourquoi tu ne trouves pas quelqu'un ?
- 17:26Mais pourquoi tu ne fais pas des enfants ?
- 17:27Tu vas regretter.
- 17:29Non,
- 17:29mais tu n'es pas normale et tout.
- 17:30Et en fait,
- 17:32moi,
- 17:32je me suis plutôt consacrée à moi.
- 17:34J'ai pris du temps et moi,
- 17:35j'ai besoin de temps.
- 17:36Et je n'arrivais pas,
- 17:37peut-être que ça m'arrivera un jour,
- 17:38mais je n'arrivais pas à aller de ce côté-là.
- 17:40Et je trouve que c'est hyper intéressant de montrer que tout est...
- 17:44En fait,
- 17:44dans la vision de la société,
- 17:45rien n'est vraiment très juste parce qu'on va venir,
- 17:47moi,
- 17:47me dire ça,
- 17:48alors qu'en fait,
- 17:49je pourrais arriver avec le livre.
- 17:50Attendez,
- 17:50vous avez vu les statistiques ?
- 17:52Franchement,
- 17:52je m'en sors pas ces images.
- 17:54Non mais c'est ça qui est intéressant,
- 17:55c'est aussi parce que cette parole-là,
- 17:56elle est importante aussi,
- 17:58parce qu'elle raconte quelque chose dont le livre,
- 18:00même si elle n'est pas dite,
- 18:02pour moi elle raconte quelque chose,
- 18:03vu que je l'ai lu et que je fais partie de ce personnage de la population qui grandit,
- 18:06qui grandit lui aussi.
- 18:09Et je pense qu'il ne faut pas non plus voir tout noir en se disant que rien n'est possible et que le couple peut exister,
- 18:15mais être dans quelque chose aussi,
- 18:18je pense,
- 18:18d'indépendant et de conscience de soi.
- 18:20Tout à fait,
- 18:21parce qu'en fait,
- 18:21le couple...
- 18:22Dans le couple hétéro,
- 18:23c'est vrai que souvent,
- 18:25toi,
- 18:25en tant que femme,
- 18:26enfin,
- 18:26en tant que femme,
- 18:27on s'oublie.
- 18:28On oublie nos priorités parce qu'on est ramené de manière irrémédiable vers le chez-soi,
- 18:33vers le soin aux enfants,
- 18:35vers le soin au couple,
- 18:37le travail domestique,
- 18:39parental.
- 18:40Et c'est vrai que ce qu'on a voulu aussi raconter ici,
- 18:44au-delà du fait que c'était un guide pratique,
- 18:47un manuel pour des femmes en situation de séparation,
- 18:49c'est aussi
- 18:51à toutes les questions qu'on peut être en droit de se poser avant même de faire des enfants.
- 18:57Parce que c'est des questions,
- 18:58c'est comme l'argent dans le couple en fait.
- 19:00C'est fondamental et que le flou,
- 19:04à qui il profite le flou ?
- 19:06C'est une question qu'on peut souvent dans la BD,
- 19:08à qui profite le flou ?
- 19:09Et bien souvent,
- 19:10pas aux femmes.
- 19:11Donc c'est vrai qu'on s'est rendu compte quand on était en train d'écrire la BD aussi,
- 19:16alors qu'on pensait vraiment s'adresser de manière très claire à des femmes qui se séparaient,
- 19:21En fait,
- 19:21en en discutant avec d'autres femmes qui étaient en couple,
- 19:25qui se posaient la question de l'enfant,
- 19:28qui n'étaient pas en couple,
- 19:30que ça résonnait très très fort en fait.
- 19:32Parce qu'en ayant traversé tout ça et en arrivant au bout de l'histoire avec les pères de nos enfants face à une séparation,
- 19:42il y a plein de choses qu'on a compris aussi,
- 19:45qu'on n'était pas en mesure de comprendre quand on était la tête dans le guidon,
- 19:48quand on était dans la...
- 19:49La Patrix,
- 19:50ce qu'on appelle la Patrix dans le livre.
- 19:52On a été exfiltrés de force de cet endroit-là.
- 19:56Et en fait,
- 19:57quelque part,
- 19:58cette exfiltration un peu mouvementée nous a permis de voir les choses,
- 20:03d'y voir beaucoup plus clair,
- 20:04d'être beaucoup plus clairvoyante sur des choses qu'on avait complètement intériorisées aussi.
- 20:09Parce que c'est vrai que dans le mariage,
- 20:10on va parler de l'argent,
- 20:11parce que c'est quand même quelque chose qui est hyper important.
- 20:14Donc forcément,
- 20:14ils se mariaient avec beaucoup d'enfants,
- 20:16ils se mariaient,
- 20:18le contrat de mariage,
- 20:19tout ça,
- 20:20on est amoureux,
- 20:21on prévoit notre vie,
- 20:21on est un peu sur un petit nuage.
- 20:23Il y a un truc quand même à prendre aussi en compte et à ne pas s'oublier.
- 20:27Puis même,
- 20:27j'imagine que quand on fait des enfants en tant que femme,
- 20:30surtout quand on est indépendante ou quand on a des métiers,
- 20:32entre guillemets,
- 20:33qu'on se dit bon,
- 20:34ça va,
- 20:34t'es libre,
- 20:35t'as le temps.
- 20:36Du coup,
- 20:36t'as le temps,
- 20:37t'as le temps et en fait,
- 20:38tu travailles plus,
- 20:39tu t'occupes plus de toi et tu ne gagnes plus d'argent.
- 20:42Donc,
- 20:42c'est un vrai problème,
- 20:43ça,
- 20:43dans la société aujourd'hui.
- 20:45Je ne sais pas si vous pouvez en parler mieux que moi.
- 20:47Non,
- 20:47mais c'est alors ça.
- 20:48Et pour le coup,
- 20:49moi,
- 20:49je suis complètement dans ce cas de figure-là,
- 20:52c'est-à-dire que,
- 20:53de manière claire,
- 20:54nette et précise,
- 20:55En nevant de relation avec le père de mon fils et donc un enfant,
- 20:59lui a été promu deux fois.
- 21:01Moi,
- 21:01j'ai perdu les deux tiers de mon salaire.
- 21:04Voilà,
- 21:04point.
- 21:05Et c'est mathématique.
- 21:06C'est mathématique et je ne suis vraiment évidemment pas la seule dans ce cas-là.
- 21:11C'est-à-dire que de manière naturelle,
- 21:13comme c'est lui qui gagnait plus d'argent,
- 21:17c'était logique qu'il continue davantage à travailler et que ce soit moi qu'on dérange.
- 21:24s'il y avait un problème à la crèche,
- 21:26puis à l'école.
- 21:27Et puis voilà,
- 21:29mes journées se sont faites de plus en plus courtes et il y a un moment où les choses après se quantifient en effet dans la perte de revenus,
- 21:39dans le fait d'avoir moins de temps à consacrer à sa carrière,
- 21:41dans le fait du coup de cotiser moins pour le chômage,
- 21:44pour la retraite.
- 21:46C'est des cercles vicieux et qu'on n'a pas forcément...
- 21:50qu'on ne conscientise pas,
- 21:51mais qui sont liées fondamentalement aux inégalités salariales qui sont une réalité,
- 21:59et qui sont une réalité avant même qu'on soit en couple,
- 22:02et qu'on se prend en pleine face au moment de l'arrivée des enfants.
- 22:07Parce qu'avant,
- 22:08chacun vit sa vie quand même de manière relativement indépendante.
- 22:11On peut vivre ensemble,
- 22:12mais il y a déjà des choses où on ne fait pas forcément au prorata de ce que les gens gagnent,
- 22:17de ce qu'on gagne dans le couple,
- 22:18on fait 50-50,
- 22:19ce qui est déjà...
- 22:19pas forcément super égalitaire,
- 22:21mais c'est vrai qu'à l'arrivée des enfants,
- 22:24c'est une réalité qui explose.
- 22:26Et moi,
- 22:26ça me fait penser à la théorie des pots de yaourt,
- 22:28je pense que vous la connaissez.
- 22:30Bien sûr,
- 22:30oui.
- 22:31Est-ce que vous voulez l'expliquer ou vous voulez que je l'explique ?
- 22:34Vas-y,
- 22:35vas-y.
- 22:36C'est-à-dire que c'est une étude qui a été montrée que quand l'homme gagne plus d'argent,
- 22:39il se dit,
- 22:40super,
- 22:41je vais payer le crédit,
- 22:42j'ai payé le loyer,
- 22:42puis toi,
- 22:43tu pourras payer les courses.
- 22:44Donc nous,
- 22:45naïvement,
- 22:45on se dit,
- 22:46super,
- 22:46c'est un super deal,
- 22:47comme ça,
- 22:47au moins...
- 22:48Donc,
- 22:48faire les courses,
- 22:49faire les courses et tout.
- 22:49Puis à la fin,
- 22:50voilà,
- 22:50il part avec quelqu'un de plus jeune ou de plus vieux.
- 22:52Bon,
- 22:52ce n'est pas le sujet,
- 22:53mais il s'en va ou ils s'en séparent.
- 22:55Et du coup,
- 22:55il part avec soit la voiture à crédit,
- 22:58soit la maison.
- 22:59Et puis,
- 22:59nous,
- 22:59on part avec les pots de yaourt vides.
- 23:01Je l'ai bien raconté.
- 23:02C'est synthétique.
- 23:03Oui,
- 23:04c'est ça.
- 23:04C'est la théorie du pot de yaourt que Titus Lecoq a formalisé sous ce terme-là.
- 23:11Et donc,
- 23:12Titus Lecoq...
- 23:13Ça travaille beaucoup sur cette notion justement de l'argent dans le couple.
- 23:16Et effectivement,
- 23:16quand on est un couple,
- 23:17on s'aime.
- 23:19Donc forcément,
- 23:20on ne compte pas.
- 23:21Oui,
- 23:21bien évidemment,
- 23:22ma chérie,
- 23:23j'aime un peu plus.
- 23:24Après,
- 23:24voilà,
- 23:24parce qu'on est ensemble,
- 23:26on fait équipe.
- 23:27Et donc,
- 23:28on ne regarde pas ces inégalités.
- 23:29Mais ça ne parle pas de quelque chose de malhonnête,
- 23:31ton truc.
- 23:32Non.
- 23:32J'en ai parlé à plein d'hommes qui étaient là.
- 23:33Ah,
- 23:34mais je lui ai retrouvé les choses.
- 23:35Oui,
- 23:35mais c'est parce que c'est complètement intériorisé,
- 23:37en fait.
- 23:38Ça part,
- 23:38comme le disait Marguerite,
- 23:40d'un socle d'inégalités où les salaires des femmes sont plus bas,
- 23:47où les femmes travaillent moins,
- 23:48elles sacrifient leur carrière,
- 23:49etc.
- 23:49Et donc,
- 23:50en fait,
- 23:50ce sont des inégalités qui se mettent en place très insidieusement.
- 23:55Et en fait,
- 23:56au moment d'une séparation,
- 23:57quand là,
- 23:57pour le coup,
- 23:58il faut faire ses comptes,
- 23:59parce que c'est ça,
- 24:00c'est l'argent,
- 24:01le nerf de la guerre,
- 24:02la garde des enfants,
- 24:03le nerf de la guerre.
- 24:04Ça,
- 24:04c'est d'un...
- 24:06toutes les séparations,
- 24:07on en arrive à ça.
- 24:08Et là,
- 24:09justement,
- 24:09au moment de faire les comptes,
- 24:10on voit tout le déséquilibre,
- 24:12mais on ne va pas revenir pour autant sur « Ah ben moi,
- 24:15j'ai mis plus,
- 24:15donc... »
- 24:16Enfin,
- 24:16toi,
- 24:17tu as sacrifié ta carrière pour travailler gratuitement pour nous,
- 24:20pour notre équipe.
- 24:22Ça,
- 24:22c'est complètement invisibilisé.
- 24:23D'où la précarisation des femmes à ce moment-là.
- 24:26Ce n'est pas encore reconnu par le droit.
- 24:29Par exemple,
- 24:29quand on passe devant un juge aux affaires familiales,
- 24:33ce travail gratuit,
- 24:34qui est souvent effectué par les femmes,
- 24:36il ne se compabilise pas.
- 24:38Donc,
- 24:38à partir de là,
- 24:41il n'y a aucun...
- 24:41Il y a un fait établi,
- 24:44mais aucune reconnaissance,
- 24:45même institutionnelle.
- 24:47Donc,
- 24:48comment...
- 24:49Comment on sort de ça ?
- 24:51Et puis,
- 24:52comme tu le disais très bien,
- 24:53c'est intériorisé,
- 24:54mais par tout le monde.
- 24:55Je veux dire,
- 24:56les femmes,
- 24:56c'est mieux.
- 24:58Toi,
- 24:58tu prends ta part et tu es la tête dans le guidon et tu y vas et tu ne te poses pas de questions,
- 25:02en fait.
- 25:03C'est normal et c'est comme ça.
- 25:07Et c'est vrai que je pense que vraiment le fait de sortir de ça,
- 25:13et moi j'ai la sensation d'avoir été sortie contre mon gré de cette situation,
- 25:19m'a fait prendre conscience de manière extrêmement brutale et rapide de l'état des choses.
- 25:25Et c'est vrai que ça a été assez violent et en même temps très salutaire.
- 25:31Et je rebondis sur ce que tu dis,
- 25:32parce qu'il y a deux cas de figure.
- 25:33Vous,
- 25:33vous avez eu un cas de figure où c'est venu à vous et vous avez été éjecté de la matrice.
- 25:37Il y a d'autres personnes.
- 25:40La patrice de patriarcat.
- 25:45Justement,
- 25:45on n'a pas l'absurde,
- 25:46parce que Matrix,
- 25:47on s'inspire du film,
- 25:51donc avec
- 25:51Xenorix. Mais c'est vrai que c'est le fond.
- 25:53On le détourne.
- 25:55C'est ça qui est formidable,
- 25:55c'est que c'est quand même la matrice de la patrice.
- 25:58enfin du patriarcat,
- 26:00mais ça devient le mot féminin quand c'est pas cool.
- 26:03Quand c'est cool,
- 26:03c'est le patrimoine,
- 26:04mais quand c'est pas cool,
- 26:05c'est la matrice.
- 26:06Ok,
- 26:07donc la Patricks a été évacuée de la Patricks.
- 26:10Mais il y a des femmes qui,
- 26:12justement,
- 26:13aimeraient bien s'évacuer de cette Patricks,
- 26:16mais en même temps qui se sont faits.
- 26:18Et puis des fois,
- 26:19bon là,
- 26:19c'est des cas de figure,
- 26:20mais il y a souvent des femmes qui sont avec des manipulateurs,
- 26:23des pervers qui font en sorte qu'elles aient plus de revenus et qu'elles ne puissent vraiment pas partir.
- 26:27de cette Patrix.
- 26:29Des fois,
- 26:29non,
- 26:29mais des fois,
- 26:30oui.
- 26:30Et du coup,
- 26:31à ce moment-là,
- 26:31c'est quand même des décisions qui sont hyper difficiles parce qu'on veut s'en aller et on n'arrive pas à partir parce qu'en fait,
- 26:37on s'est retrouvés comme avec rien,
- 26:40plus de droits,
- 26:41plus de travail.
- 26:43Et là,
- 26:43ça devient hyper compliqué.
- 26:44Il y a de nombreuses femmes qui restent dans ces situations-là parce qu'elles n'ont pas les moyens de sortir de ça aussi.
- 26:49Oui,
- 26:49complètement.
- 26:49Complètement.
- 26:50Et moi,
- 26:51j'ai plusieurs fois pensé à quitter le père de mon fils avant qu'il ait la bonne idée de me quitter.
- 26:56Mais je n'étais pas en mesure de le faire,
- 26:58vraiment.
- 26:58Il y avait vraiment cette question-là qui était au centre.
- 27:04Pour aller où ?
- 27:05Avec quel argent ?
- 27:06Comment ?
- 27:07C'est un coût à perdre la garde de son enfant aussi,
- 27:11si on n'a pas les moyens et le logement.
- 27:14Les logements sociaux,
- 27:15il y a quand même un vrai sujet sur les temps d'attente et l'accessibilité des parents isolés.
- 27:22Ce n'est pas encore quelque chose qui est...
- 27:25qui est systématique.
- 27:29C'est vrai que même sans être dans des situations de violence,
- 27:33alors là,
- 27:34c'est encore un autre sujet.
- 27:37On en parle un peu dans le livre,
- 27:40parce que ça nous paraissait complètement impensable de ne pas en parler,
- 27:44mais c'est vrai qu'il faut vraiment pouvoir être accompagné,
- 27:47aidé.
- 27:48Il y a des associations qui aident à préparer des départs,
- 27:52mais c'est vrai que c'est...
- 27:54On a fait des émissions,
- 27:54j'invite les femmes qui sont en situation justement de violence.
- 27:57On a vraiment fait un kit sur les violences faites aux femmes.
- 28:01C'était au mois de novembre.
- 28:02Donc,
- 28:02on a vraiment le kit de qu'est-ce que la violence psychologique.
- 28:05On a nous toutes qui est venue avec Elles Agissent.
- 28:07Et ensuite,
- 28:08on a une avocate spécialisée qui vous donne tous les conseils pour y arriver.
- 28:12Et après,
- 28:12on a une super nana,
- 28:14une femme que j'adore,
- 28:15qui travaille avec les fascias pour la réparation du corps.
- 28:18Parce que forcément,
- 28:19ça laisse aussi des traces.
- 28:20Donc voilà,
- 28:22si vous êtes...
- 28:23Vous écoutez,
- 28:23il y a quatre émissions,
- 28:24c'est très bien fait.
- 28:25Et du coup,
- 28:25j'invite vraiment,
- 28:26même si vous avez des amis ou des femmes,
- 28:27j'invite vraiment tout le monde à...
- 28:29Voilà,
- 28:29c'était hyper important pour moi d'avoir ce kit-là,
- 28:31et il existe.
- 28:33Merci du fond du cœur.
- 28:34Et à toutes ces femmes,
- 28:36on vous croit.
- 28:37Il faut le dire aussi,
- 28:38parce qu'il y a vraiment un problème de parole qui n'est pas entendue.
- 28:44Et c'est vrai que c'est fondamental d'avoir ce genre de ressources,
- 28:48donc merci.
- 28:49Merci à vous.
- 28:50Dans le livre aussi,
- 28:51il y a écrit quand même...
- 28:52C'est important d'en parler parce que ça fait partie,
- 28:54ce n'est pas de nos histoires personnelles dans le livre,
- 28:58mais ça arrive et là,
- 29:00c'est vraiment l'étape plus...
- 29:02Oui,
- 29:02et puis la séparation,
- 29:03le moment de la rupture est vraiment un moment critique parce que les féminicides peuvent advenir à ce moment-là.
- 29:10Donc,
- 29:11c'est vrai qu'il faut pouvoir,
- 29:13dans la mesure du possible,
- 29:14être le mieux encadré et aider.
- 29:16par des personnes qui,
- 29:18il y a des associations vraiment formidables qui œuvrent.
- 29:21Nous,
- 29:21on avait rencontré deux psychologues de l'association Elles Imaginent qui s'occupent d'accueillir,
- 29:27voilà,
- 29:28qui fait ce travail à la fois de prévention et d'encadrement de femmes qui souhaitent quitter un conjoint violent.
- 29:36Voilà,
- 29:37mais c'est vrai que même sans être dans ces situations-là,
- 29:41la donnée économique Merci.
- 29:43Et c'est le cas de beaucoup de femmes qui,
- 29:46dans nos entourages proches ou moins proches,
- 29:48qui ont été amenées à quitter leur conjoint.
- 29:50La question économique est centrale parce qu'elles ont,
- 29:53dans la majorité des cas,
- 29:55ce n'est pas elles qui détiennent le plus de capital,
- 30:00de patrimoine.
- 30:01Je trouve que la société n'aide pas du tout.
- 30:03C'est-à-dire que...
- 30:04en parlant à des amis,
- 30:05des fois,
- 30:06quand on met son enfant à la crèche,
- 30:07on se rend compte que selon nos revenus,
- 30:08alors si c'est même deux personnes,
- 30:09deux cadres,
- 30:10pas du tout des gens qui sont très précaires,
- 30:12des deux cadres,
- 30:13quand tu te rends compte que ce que ça coûte,
- 30:14finalement,
- 30:14c'est limite le salaire de la femme.
- 30:16Donc du coup,
- 30:17on va se dire,
- 30:17chérie,
- 30:18pourquoi tu vas aller travailler pour...
- 30:20C'est mathématique.
- 30:22Donc forcément,
- 30:23toi,
- 30:24tu te dis,
- 30:25en fait,
- 30:25l'instinct maternel,
- 30:26j'ai à m'en profiter de mon enfant.
- 30:27Au final,
- 30:27on ne va rien gagner.
- 30:29Mais là,
- 30:29c'est la première erreur.
- 30:30Toutes les filles qui nous écoutent,
- 30:31c'est la première erreur à ne pas faire.
- 30:33Parce que c'est le début de la dégringolade de je n'ai plus ma liberté,
- 30:37je ne suis plus indépendante.
- 30:39Et voilà,
- 30:40moi,
- 30:40c'est le conseil qu'on peut donner à toutes les femmes qui sont dans ces situations-là.
- 30:44Si elles hésitent,
- 30:45gardez toujours votre indépendance,
- 30:46c'est votre porte de sortie,
- 30:47quoi qu'il peut se passer.
- 30:49Si ce n'est pas de la violence,
- 30:49mais peut-être que vous aussi,
- 30:50à un moment donné,
- 30:51vous allez tomber amoureuse.
- 30:53On ne sait pas de quoi la vie est faite.
- 30:55Ce n'est pas juste quand quelqu'un va nous quitter,
- 30:57mais c'est vraiment c'est tout
- 30:58on sépare en fait.
- 30:58Donc autant être toujours indépendante.
- 31:02L'indépendance,
- 31:03c'est quand même la clé.
- 31:05Et aussi pour revenir à ce que tu disais justement sur l'instant maternel,
- 31:09parce que aussi on se dit,
- 31:11il y a la question monétaire.
- 31:13Le salaire des femmes est généralement plus bas que celui des hommes.
- 31:16Donc s'il faut un sacrifiant,
- 31:17sacrifions le salaire de la femme.
- 31:21Et après,
- 31:21voilà,
- 31:21l'instant maternel.
- 31:22Mais en fait,
- 31:23l'instant maternel,
- 31:25enfin...
- 31:26Nous,
- 31:26en tout cas,
- 31:27c'est un peu le parti pris de notre livre.
- 31:30En fait,
- 31:30l'instant maternel,
- 31:32qu'est-ce que c'est ?
- 31:33Est-ce que c'est parce qu'on passe plus de temps avec nos enfants quand ils sont nés ?
- 31:37Oui,
- 31:37mais là aussi,
- 31:38c'est un problème,
- 31:39une inégalité à la base quand on voit la durée du congé de maternité,
- 31:43de paternité.
- 31:44Il a été rallongé en France.
- 31:45Aujourd'hui,
- 31:46c'est 28 jours.
- 31:47Mais personne ne le prend vraiment ?
- 31:49En tout cas,
- 31:50il y a 7 jours obligatoires.
- 31:51Pour la femme,
- 31:52c'est 8 semaines obligatoires.
- 31:54Et 16 semaines au total.
- 31:55Donc déjà,
- 31:57à l'origine,
- 31:57certes,
- 31:58c'est quelque chose qui peut être présenté comme le corps de la femme qui a besoin de se remettre,
- 32:03etc.
- 32:03Mais en fait,
- 32:04quand vous êtes laissé après,
- 32:06par exemple,
- 32:06une césarienne,
- 32:09après un accouchement qui peut être traumatique,
- 32:11compliqué,
- 32:12etc.
- 32:13Avec peut-être d'autres enfants aussi dans le lot.
- 32:15Quand vous vous retrouvez au bout de 7 jours de congé paternité obligatoire,
- 32:18imaginons votre conjoint le prend.
- 32:20Au bout de 7 jours,
- 32:21vous vous retrouvez toute seule,
- 32:22H24,
- 32:23avec...
- 32:24ce petit bout,
- 32:25on n'est pas plus préparé que les pères à s'en occuper.
- 32:29C'est juste que cette proximité toute la journée H24,
- 32:34pendant,
- 32:35comme je le disais,
- 32:378 semaines obligatoires,
- 32:38voire 16 semaines si on prend la totalité du congé,
- 32:44on devient des spécialistes de la petite enfance,
- 32:46on devient des spécialistes,
- 32:48des interprètes du langage de nos bébés.
- 32:50Mais c'est parce qu'on passe du temps.
- 32:52Donc,
- 32:53donnons la possibilité aux pères de faire la même chose et faisons en sorte que les pères soient obligés de prendre ce congé,
- 33:00un congé de même durée pour passer du temps avec leurs enfants et il n'y aura plus cette spécialisation.
- 33:06En tout cas,
- 33:06on donnera le choix.
- 33:07C'est-à-dire que si après,
- 33:08une femme,
- 33:09elle a envie de se consacrer à ses enfants,
- 33:12de passer du temps à ses enfants,
- 33:13de mettre sa carrière entre parenthèses,
- 33:15OK,
- 33:15elle aura le choix,
- 33:16mais ça ne deviendra pas un choix par défaut,
- 33:19en fait.
- 33:20Et ça,
- 33:21on le voit justement,
- 33:22on a essayé de...
- 33:24On parle toujours,
- 33:25pour la durée des congés maternité-paternité,
- 33:28de ce qui se fait dans les autres pays.
- 33:30Et on prend toujours les pays scandinaves comme modèle.
- 33:32Effectivement,
- 33:33ils ont des congés beaucoup plus importants.
- 33:35On peut se dire que c'est parce qu'il y a une plus longue tradition,
- 33:38etc.
- 33:39Mais si on regarde plus près de nous,
- 33:41en Espagne,
- 33:45la loi a changé.
- 33:46Encore il y a une dizaine d'années,
- 33:47il n'y avait pratiquement pas de congés paternité.
- 33:50Et aujourd'hui,
- 33:51il y a la même durée.
- 33:53Alors,
- 33:53je n'ai plus le nombre de semaines en tête,
- 33:54je crois que c'est 30...
- 33:55C'est 16 et 16.
- 33:56Oui,
- 33:5616 et 16,
- 33:57voilà.
- 33:57Donc,
- 33:5732 semaines au total.
- 34:00Et donc,
- 34:0016 semaines pour la mère et 16 semaines pour le père.
- 34:03Et ils doivent être pris...
- 34:04Enfin,
- 34:05il y a une partie qui ne peut pas être cédée.
- 34:06Donc,
- 34:07voilà,
- 34:07là,
- 34:08on pose les bases pour peut-être une égalité.
- 34:13Et donc,
- 34:14on sort aussi de cette idée de l'instant maternel,
- 34:17quoi.
- 34:17Enfin,
- 34:17voilà,
- 34:17c'est...
- 34:19Nous,
- 34:19en tout cas,
- 34:20on croit que c'est là aussi une inégalité assez insidieuse.
- 34:25Et que l'instinct maternel a très bon doigt.
- 34:27Finalement,
- 34:28c'est simple,
- 34:29c'est facile de dire,
- 34:31c'est l'instinct maternel,
- 34:33c'est pour ça qu'elles font les choses mieux.
- 34:35Non,
- 34:35non,
- 34:36c'est des inégalités originelles qui font qu'on développe des compétences parce qu'on n'a pas le choix et qu'il n'y a personne pour les développer avec nous,
- 34:46main dans la main.
- 34:47et
- 34:48Et c'est vrai que c'est...
- 34:50Il y a vraiment cette spécialisation qui se met en place où aux hommes,
- 34:56c'est le travail à l'extérieur,
- 34:57le travail professionnel,
- 34:58le travail qui est rémunéré,
- 34:59qui est reconnu socialement.
- 35:01Et aux mères,
- 35:01c'est tout le travail maternel,
- 35:04domestique,
- 35:04qui lui est gratuit,
- 35:06qui n'est pas spécialement reconnu.
- 35:07On n'a jamais,
- 35:09jamais décerné des prix,
- 35:11je pense.
- 35:11Au contraire,
- 35:12on est tout le temps scruté sur est-ce qu'on fait bien,
- 35:14est-ce qu'on fait assez,
- 35:15etc.
- 35:17Donc voilà,
- 35:17là aussi,
- 35:18il y a un problème.
- 35:19Oui,
- 35:19ce serait quoi la solution ?
- 35:20Qu'est-ce que vous pourriez trouver comme solution ?
- 35:23On peut inventer des solutions ?
- 35:26Déjà,
- 35:26je pense la prise de responsabilité politique autour du congé,
- 35:31enfin des congés.
- 35:33Évidemment,
- 35:34s'il y avait moins d'inégalités salariales,
- 35:36déjà,
- 35:36on se porterait mieux.
- 35:37Et puis après,
- 35:38au sein du couple,
- 35:39nous,
- 35:39on milite pour la garde alternée dans le couple.
- 35:43Sans être séparés,
- 35:44c'est-à-dire de poser.
- 35:45En fait,
- 35:45nous,
- 35:46c'est ce qu'on a.
- 35:47Alors,
- 35:47ce n'est pas idéal la garde alternée.
- 35:51Chargementale un jour,
- 35:52chargementale toujours.
- 35:53On constate qu'on a quand même encore des choses dont on doit s'occuper,
- 35:57même si les pères de nos enfants s'en occupent comme quelque part.
- 36:01Ils ne s'en sont jamais autant occupés quand on était en couple.
- 36:05En tout cas,
- 36:06pour moi,
- 36:07c'est clair et net.
- 36:09mais la garde alternée en couple,
- 36:12ça permet de poser que,
- 36:14par exemple,
- 36:15lundi et mardi,
- 36:16c'est le père qui va chercher les enfants à l'école,
- 36:19qui s'occupe de faire les courses,
- 36:20de les faire manger,
- 36:21pendant que la mère peut assister à des réunions et s'occuper de sa carrière.
- 36:28Sortir avec ses amis,
- 36:29aller faire du sport.
- 36:31C'est une répartition du temps.
- 36:33Exactement,
- 36:34parce que sinon,
- 36:35si on ne fait pas ça,
- 36:37en fait...
- 36:37qu'est-ce qui se passe ?
- 36:38Par défaut,
- 36:40tout ça,
- 36:40c'est la mère qui va le faire,
- 36:41sans que ce soit questionné,
- 36:43sans que ce soit parce que le travail du père est plus important.
- 36:46Mais plus important,
- 36:47pourquoi ?
- 36:48Et selon qui ?
- 36:49Selon quoi ?
- 36:49En fait,
- 36:51même pour les pères,
- 36:52c'est bénéfique.
- 36:53C'est quand même de pouvoir être amené à s'occuper de leurs enfants.
- 36:57C'est quelque chose,
- 36:58et les enfants,
- 36:58on ne les fait pas seuls,
- 37:00a priori,
- 37:00en tout cas,
- 37:01au sein du couple qui a été endormi.
- 37:04Ça peut être chouette aussi de développer ces compétences-là,
- 37:08même si c'est vrai que socialement,
- 37:10elles ne sont pas valorisées.
- 37:10Voilà,
- 37:11c'est ça.
- 37:11C'est-à-dire qu'il y a,
- 37:13en tout cas,
- 37:14on le voit,
- 37:15il y a des pères qui s'impliquent.
- 37:16Moi,
- 37:16je le vois aussi dans mon milieu professionnel.
- 37:18Il y a de plus en plus de pères qui prennent des congés parentaux longs pour pouvoir s'occuper des enfants,
- 37:24etc.
- 37:25Mais c'est encore,
- 37:26d'un point de vue sociétal et en fonction des milieux,
- 37:30pas toujours bien vu.
- 37:31On prend des réflexions au travail.
- 37:32Ah bon,
- 37:32mais ce n'est pas ta femme qui s'occupe des enfants.
- 37:35Il faut sortir de cette idée-là parce que,
- 37:38comme disait Marguerite,
- 37:39c'est bénéfique pour tout le monde,
- 37:40hommes et femmes.
- 37:41Et surtout pour les enfants aussi parce que c'est hyper important d'avoir un papa présent et qui va s'occuper de nous parce que nous,
- 37:47en fait,
- 37:47nous,
- 37:47notre génération-là,
- 37:48on a eu des papas assez absents,
- 37:50en tout cas,
- 37:50pour ma part.
- 37:51Et je pense qu'on est d'une génération où c'est la première fois que là,
- 37:54ça commence un petit peu,
- 37:56mais c'est très bénéfique pour les enfants.
- 37:58Oui.
- 37:58Et ça leur...
- 37:59propose aussi des modèles qui sortent du côté le soin à ses mamans et l'autorité ou alors les moments de jeu,
- 38:07mais pas forcément le subi du quotidien et de toutes ces petits et grands...
- 38:15pour le terme,
- 38:16c'est vraiment ça.
- 38:17Oui,
- 38:19puis ça crée de nouveaux futurs papas super bien et pour la nouvelle société ou les nouvelles générations qui vont arriver,
- 38:26c'est hyper important.
- 38:27Et puis voir une mère
- 38:28qui,
- 38:29pareil,
- 38:30travaille,
- 38:31s'épanouit.
- 38:32Alors,
- 38:32s'épanouit au travail,
- 38:33le travail n'est pas la valeur absolue,
- 38:35mais où s'épanouit à d'autres endroits et que chez elle,
- 38:39dans sa famille,
- 38:40et qu'elle n'est pas en train de subir cette vie familiale.
- 38:44Et cette charge mentale.
- 38:45Et cette charge mentale,
- 38:46c'est aussi des super modèles pour les enfants.
- 38:51Moi,
- 38:51je pense que c'est inspirant aussi de voir une femme qui n'est pas que mère dans ce qu'elle...
- 38:58Dans ce qu'elle fait,
- 38:58dans ce qu'elle...
- 38:59Donc,
- 38:59elle a le choix de pouvoir se réaliser dans tous les champs du possible d'une vie,
- 39:07quoi.
- 39:08Et c'est génial,
- 39:09la forme que vous avez choisie,
- 39:10c'est comme un fascicule,
- 39:11la forme de la BD,
- 39:12du dessin.
- 39:12C'est parce qu'en fait,
- 39:13on n'a pas de choses très sérieuses,
- 39:15mais c'est amené avec beaucoup d'humour.
- 39:17Moi,
- 39:17je sais que c'est ma porte d'entrée préférée pour parler des choses.
- 39:20Donc,
- 39:20j'étais hyper contente.
- 39:22Et comment ça vous est venue cette idée ?
- 39:23Vous connaissiez Audrey,
- 39:25toi tu travailles avec Audrey.
- 39:26Et du coup,
- 39:27comment vous avez l'idée de faire ce livre et comment ça en arrive d'être une BD ?
- 39:32Alors,
- 39:32l'idée de faire le livre,
- 39:33elle est venue vraiment du fait que...
- 39:35On s'est retrouvés à devoir donner des conseils à notre tour à plein de femmes qui nous sollicitaient parce qu'elles se retrouvaient dans la même situation que nous.
- 39:46Et donc,
- 39:46on a eu envie vraiment de pouvoir avoir un support pour ça.
- 39:49Et comme disait Francesca tout à l'heure,
- 39:51c'est le livre qu'on aurait aimé avoir à notre disposition au moment où on traversait ce cataclysme.
- 39:57Et en fait,
- 39:58la BD,
- 39:58c'est le fruit d'une rencontre avec notre éditrice qui s'appelle
- 40:03Céline Voisin,
- 40:04qui est venue vraiment nous mettre fermement sur la voie de la BD,
- 40:11elle a vraiment compris que ça allait être la forme idéale,
- 40:17parce qu'il y avait à la fois nos deux récits et nos deux personnages,
- 40:21parce qu'on est deux personnages dans la BD,
- 40:23pour incarner aussi ce qu'on racontait,
- 40:25et ce par quoi on passait émotionnellement,
- 40:28justement pour qu'il y ait de l'émotion,
- 40:30pour qu'il y ait de l'humour,
- 40:33pour cueillir.
- 40:34et en même temps,
- 40:36que ce soit le plus ludique possible.
- 40:37Et ça,
- 40:38c'est vrai que c'est quelque chose qui nous tenait à cœur.
- 40:40Et depuis,
- 40:41aux origines de ce livre,
- 40:43on a toujours voulu que ce soit drôle.
- 40:46Oui,
- 40:46que ce soit drôle.
- 40:48C'est ça,
- 40:49parce que la situation est déjà tellement compliquée,
- 40:52dure,
- 40:52que le ton,
- 40:54pour nous,
- 40:54permettait justement,
- 40:56avec le recul qu'on avait,
- 40:57de non pas dédramatiser,
- 40:59mais en tout cas,
- 41:00même dans les situations les plus merdiques,
- 41:03les plus...
- 41:03dramatique.
- 41:04On a toujours cet espace pour rire et c'est une force,
- 41:08en fait.
- 41:10Et puis,
- 41:11c'est génial parce que vous êtes hyper complémentaire,
- 41:12comme toi,
- 41:12t'es scénariste,
- 41:13tout ce côté personnage et écriture,
- 41:16même si de votre histoire,
- 41:17forcément,
- 41:17il y a des bases qu'on sent.
- 41:19Et puis,
- 41:19toi,
- 41:19avec ton côté journalistique,
- 41:21enquête,
- 41:21alors là,
- 41:22vraiment,
- 41:22tous les chiffres,
- 41:23c'est hyper bien fait.
- 41:25On sent que c'est...
- 41:26Et donc,
- 41:27c'est une super complémentarité.
- 41:30Audrey fait des super dessins.
- 41:31C'est ça qui est assez intéressant.
- 41:33Il y a deux couleurs différentes.
- 41:34On ne s'ennuie pas du tout en lisant la BD.
- 41:37C'est hyper riche.
- 41:38On peut y retourner,
- 41:39regarder des pages avec des statistiques.
- 41:41C'est vraiment génial.
- 41:43Je mettrais des photos pour donner envie.
- 41:46Oui,
- 41:46et vraiment sur l'aspect enquête chiffre,
- 41:50c'est vraiment le travail qu'on mène avec Audrey au quotidien.
- 41:54On le fait sur des sujets beaucoup plus lourds.
- 41:58ou plus très scientifique ou très géopolitique.
- 42:01Mais il y a cette idée de rendre accessibles des chiffres qui pourraient être compliqués,
- 42:07indigestes,
- 42:07etc.
- 42:08Et donc voilà,
- 42:11on a reporté un peu cette façon de travailler dans la BD,
- 42:17et donc avec les couleurs de Blandine Berthe aussi,
- 42:22il faut la citer.
- 42:24Voilà,
- 42:25elles ont créé des univers un peu différents.
- 42:30On commence avec certaines teintes et après,
- 42:32on évolue au fur et à mesure de notre évolution émotionnelle et dans nos parcours de vie.
- 42:38Donc,
- 42:40on voulait que ça soit accessible,
- 42:43drôle,
- 42:43ludique.
- 42:44Et les dessins d'Audrey,
- 42:46ils ont un côté très tendre.
- 42:49C'est très réussi.
- 42:50Je suis hyper contente de vous avoir reçue.
- 42:52On arrive déjà à la fin,
- 42:53on aurait pu faire une émission de 3 heures,
- 42:55mais on va devoir être raisonnable.
- 42:57Est-ce que vous voulez dire un petit mot pour la fin ?
- 43:02Peut-être juste que cette révolte des mères,
- 43:06c'est un livre aussi de sororité.
- 43:12Parce que ces séparations,
- 43:13on l'a dit un peu avant,
- 43:15elles nous ont permis de nous retrouver nous,
- 43:17mais aussi de redonner de la place à tout le monde.
- 43:20tout ce champ relationnel,
- 43:21amical qui peut être un peu mis de côté quand on se met en couple,
- 43:25quand on se dilue dans le couple,
- 43:28quand on se dilue dans le soin aux enfants et qu'on se perd un peu là-dedans.
- 43:32Donc vraiment ça,
- 43:33ça a été quelque chose de très important,
- 43:36ce côté sorore.
- 43:39Et aussi une révolte des mères,
- 43:41mais qu'on veut ouvrir vraiment à l'ensemble de la société et de tous les âges.
- 43:47C'est pas que les mères qui doivent se révolter,
- 43:49c'est un peu Merci.
- 43:50Toutes les femmes,
- 43:50et on aimerait bien aussi qu'il y ait des hommes qui s'emparent de ces sujets-là pour mener un peu cette révolte,
- 43:59cette révolution,
- 44:00ce changement avec nous.
- 44:02Et ça peut se faire de manière joyeuse,
- 44:04on en est assez convaincus.
- 44:06Et en tout cas,
- 44:08toutes ces femmes qui traversent en ce moment ces tumultes de la séparation,
- 44:14sans vouloir vous spoiler,
- 44:15franchement,
- 44:16en tout cas nous...
- 44:17Vous allez vous en sortir.
- 44:18Oui.
- 44:19et mieux que ce que vous pouvez imaginer.
- 44:21Et ça peut être un très,
- 44:23très beau,
- 44:24très,
- 44:24très mal emballé,
- 44:26mais très,
- 44:26très beau cadeau que la vie vous fait.
- 44:29Voilà.
- 44:30En tout cas,
- 44:31c'était un très beau cadeau de vous recevoir aujourd'hui.
- 44:33Et je vous remercie beaucoup.
- 44:35Merci à toi.
- 44:36Merci à toi.
- 44:37Et moi,
- 44:37je vous dis à la semaine prochaine.
- 44:42Flamme des années 80.
- 44:44Le podcast qui allume la femme.