Latest / Lait'Change : Du lait au fromage et bien plus encore / Souveraineté alimentaire, lait cru et avenir de la filière laitière française, avec Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture (#47)
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- 0:04Bienvenue sur Lait'Change,
- 0:05le podcast qui donne la parole à celles et ceux qui font vivre chaque jour notre belle filière laitière et fromagère.
- 0:11Je suis Romain Le Gal et avec France Frais,
- 0:12nous sommes très heureux de te retrouver pour ce nouvel épisode et déjà le dernier de cette seconde saison.
- 0:18Aujourd'hui,
- 0:18nous allons parler de lait,
- 0:20de fromage,
- 0:21de lait cru,
- 0:22mais aussi de souveraineté alimentaire,
- 0:23d'avenir de nos élevages,
- 0:25de renouvellement des générations et de la place de la filière laitière et fromagère française
- 0:29dans un monde en pleine évolution.
- 0:32Un épisode exceptionnel nous attend puisque nous partons à la rencontre d'Annie Genevard,
- 0:36ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire,
- 0:39qui nous fait le plaisir de nous accorder un temps d'échange autour de ces enjeux essentiels pour l'avenir de notre agriculture,
- 0:45de nos terroirs et de notre alimentation.
- 0:48Alors,
- 0:48comment préserver notre production laitière ?
- 0:50Comment continuer à créer de la valeur grâce à nos fromages et à nos savoir-faire ?
- 0:54Et quelle vision porter pour renforcer la souveraineté alimentaire de la France ?
- 0:59Un échange riche et passionnant qui nous attend.
- 1:02J'espère que tu es bien installé et je te souhaite une excellente écoute sur Lait'Change.
- 1:09Bonjour Madame la Ministre.
- 1:10Bonjour Monsieur Le Gal.
- 1:11Comment allez-vous aujourd'hui ?
- 1:13Je vais très bien.
- 1:14Je suis très content de vous retrouver ici dans le jardin.
- 1:16Alors on est où ?
- 1:17Alors nous sommes dans le jardin du ministère de l'Agriculture.
- 1:20Est-ce que vous pourriez vous présenter en quelques mots ?
- 1:23Alors Annie Genevard,
- 1:24je suis ministre depuis de l'Agriculture,
- 1:27de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire depuis septembre 2024.
- 1:32C'est un merveilleux ministère où je suis très heureuse,
- 1:34bien qu'il soit terriblement exigeant.
- 1:37Mais je travaille pour les agriculteurs,
- 1:40pour l'agriculture et je le fais depuis de nombreuses années.
- 1:43Être aujourd'hui la ministre des agriculteurs,
- 1:45c'est un grand honneur pour moi.
- 1:48C'est une grande responsabilité.
- 1:49C'est une très grande responsabilité.
- 1:50Vous venez d'une région agricole à la base ?
- 1:52Oui,
- 1:53je suis issue d'un territoire de moyenne montagne,
- 1:57le Haut-Doubs,
- 1:58donc dans le massif du Jura,
- 2:00qui est une terre d'élevage et de production fromagère.
- 2:04Ça tombe bien,
- 2:04on va parler fromage,
- 2:05mais avant de commencer,
- 2:06on va parler d'abord de lait.
- 2:08On entend beaucoup le terme "Souveraineté alimentaire".
- 2:12Est-ce que vous pourriez nous dire un peu la place de l'agriculture laitière dans cette souveraineté alimentaire ?
- 2:17Elle est fondamentale.
- 2:18D'abord,
- 2:18la France est un immense pays d'élevage.
- 2:22Et nous avons
- 2:2416,5 millions de bovins en France dont une grande partie est de production laitière.
- 2:30On a une magnifique industrie fromagère avec beaucoup de production sous signe de qualité.
- 2:37On est non seulement souverain sur le plan du lait et des fromages,
- 2:43c'est-à-dire qu'on produit ce que nous consommons et même au-delà puisque nous exportons.
- 2:48C'est aussi une source de prospérité pour le pays,
- 2:52une source de reconnaissance pour la qualité de nos produits.
- 2:55Donc oui,
- 2:56la France est un très grand pays de production laitière et fromagère.
- 2:59Pourtant,
- 2:59quand on regarde les chiffres,
- 3:01si on revient aux années 2000 à aujourd'hui,
- 3:03il y a eu le nombre d'exploitations laitières qui a été divisé par trois.
- 3:07Et il y a le cheptel qui a aussi été divisé avec une augmentation du nombre de vaches laitières par exploitation,
- 3:17avec un rendement laitier.
- 3:18On parle de décroissance laitière régulièrement,
- 3:22on en entend parler,
- 3:23moi dans les campagnes j'en entends parler.
- 3:26Quelle est la situation actuelle de cette agriculture laitière ?
- 3:29Alors c'est vrai qu'on vit un phénomène de décapitalisation,
- 3:34on perd des têtes de bétail pour plusieurs raisons.
- 3:38D'abord,
- 3:39être éleveur c'est un métier très exigeant et même si c'est un métier de passion qui se transmet,
- 3:45Moi j'ai assisté à d'innombrables comices où je vois la passion que les éleveurs ont pour leur métier.
- 3:52Alors ceux qui ne connaissent pas les comices,
- 3:54c'est les fêtes agricoles de village,
- 3:56où chaque année ça change de village et ça revient par communauté de communes,
- 4:01etc.
- 4:01Ce sont des grands moments de la vie rurale.
- 4:05Et donc on voit bien que cette passion se transmet aux enfants,
- 4:09à l'entourage.
- 4:12S'engager dans le monde de l'élevage,
- 4:13c'est s'engager par passion.
- 4:16Mais c'est un métier terriblement exigeant.
- 4:19Et l'élevage qui était présent dans certains territoires ne l'est plus.
- 4:23Dans ce qu'on appelle les zones intermédiaires,
- 4:25c'est-à-dire des zones où la qualité des terres n'est pas très bonne,
- 4:29où les terres ne sont pas très productives.
- 4:32Autrefois,
- 4:32il y avait de l'élevage qui permettait de compenser la faiblesse des rendements végétaux.
- 4:36L'élevage a disparu dans certaines régions.
- 4:39et il faudrait pouvoir le réinstaller
- 4:42parce que c'est une source d'équilibre dans le revenu des agriculteurs.
- 4:47Donc il y a des territoires où on a perdu de l'élevage.
- 4:50Comme c'est un métier très exigeant,
- 4:52tout le monde n'a plus forcément envie de s'y engager.
- 4:57Néanmoins,
- 4:58il y a de plus en plus de jeunes dans les écoles agricoles et notamment des femmes,
- 5:04des filles,
- 5:05qui ont décidé de s'engager dans l'élevage.
- 5:07Aujourd'hui,
- 5:07on est le deuxième pays productif.
- 5:10Le premier,
- 5:12c'est l'Allemagne.
- 5:13Ce qui est clair,
- 5:14c'est qu'il y a des pays qui n'étaient pas de gros producteurs et qui le sont devenus.
- 5:20Vous avez cité l'Allemagne,
- 5:22il y a aussi les Pays-Bas.
- 5:24Donc évidemment qu'ils mettent sur le marché de gros volumes de lait.
- 5:28Et là,
- 5:29depuis quelques temps,
- 5:30il y a eu d'abord des conditions climatiques qui ont fait un fourrage de très bonne qualité.
- 5:35Donc les vaches ont produit.
- 5:36Et pas que chez nous,
- 5:38un peu partout autour de la planète.
- 5:40Et pas que chez nous,
- 5:41mais en même temps...
- 5:43Il y a une appétence pour les produits laitiers.
- 5:47C'est-à-dire qu'il y a des pays où on consommait peu de produits laitiers,
- 5:51où on en consomme de plus en plus.
- 5:53Donc je pense que la France a sa carte à jouer,
- 5:56d'autant qu'on a de très belles entreprises agro-alimentaires qui exportent dans le monde entier,
- 6:01de très belles entreprises qui contribuent à populariser les savoir-faire français.
- 6:07Par contre,
- 6:08il y a un domaine où on n'est pas suffisamment performant
- 6:10en matière de production et notamment d'exportation.
- 6:17Il nous faut reconquérir le marché du beurre par exemple.
- 6:21Qui est un marché aussi très volatile,
- 6:23à court,
- 6:23avec beaucoup de spéculation.
- 6:25Et il nous faut aussi reconquérir l'entrée,
- 6:28le cœur de gamme.
- 6:30La France s'est beaucoup spécialisée dans les produits d'exception,
- 6:34mais il y a toute une partie de la population,
- 6:37l'alimentation courante,
- 6:39or,
- 6:39nos producteurs,
- 6:40ils savent,
- 6:41ils pourraient produire davantage de production qui corresponde à toutes les bourses et à tous les consommateurs.
- 6:52Il faut aussi qu'on reconquière le marché du fromage ingrédient.
- 6:57Aujourd'hui,
- 6:58l'Emmental qui est utilisé dans les préparations est essentiellement importé,
- 7:03alors qu'on a tout à fait la capacité.
- 7:05On a des producteurs en France d'Emmental.
- 7:07On a des producteurs d'Emmental et on
- 7:08pourrait augmenter la production d'Emmental en France.
- 7:11Mais on se retrouve sur des produits à court avec un marché international où
- 7:15on ne soutient pas forcément là,
- 7:17quand on parle de prix,
- 7:18notre agriculture.
- 7:19Oui.
- 7:20Alors,
- 7:20effectivement,
- 7:21l'agriculture française est une agriculture de très grande qualité,
- 7:24d'excellence,
- 7:25mais elle est capable de fournir toute la gamme de la production.
- 7:30Il y a tout ce qu'on appelle les SIQO,
- 7:33les signes de qualité.
- 7:35On a d'immenses
- 7:37marques fromagères,
- 7:38vous le savez,
- 7:40je viens du pays du Comté,
- 7:41du Morbier,
- 7:42du Mont-d'Or,
- 7:43je ne vais pas vous dire le contraire,
- 7:45ce sont des produits d'exception qui connaissent d'ailleurs une grande popularité.
- 7:51Mais il nous faut aussi pouvoir produire du fromage ingrédient.
- 7:56Moi j'aime mieux que ce soit nos producteurs qui le fassent plutôt que des producteurs étrangers qui le fassent pour nous.
- 8:01Au bout de toute façon il y a toujours un producteur de lait.
- 8:04Au bout il y a toujours
- 8:05un producteur de lait.
- 8:06Donc il y a toujours un producteur qui vit de son travail et qui fait vivre le territoire rural où il est installé.
- 8:15En quelques mots,
- 8:16quels sont les dispositifs aujourd'hui qui sont mis en place,
- 8:18que vous avez mis en place pour justement soutenir cette souveraineté alimentaire sur la partie laitière ?
- 8:25Donc déjà,
- 8:26on a identifié le
- 8:29contour du problème,
- 8:31on sait qu'il y a des productions sur lesquelles on n'est pas assez souverain.
- 8:34Sur le lait,
- 8:35on pense qu'il nous faut
- 8:372 milliards de productions de litres de lait supplémentaires.
- 8:42Donc c'est quelque chose que la filière elle-même a évalué.
- 8:44Ce n'est pas la Ministre de l'Agriculture qui dit vous devez autoritairement produire tant de litres de lait supplémentaires.
- 8:52La filière elle-même dit,
- 8:53pour satisfaire la production française,
- 8:57aussi bien dans le secteur fromager que le secteur du beurre,
- 9:01la poudre de lait,
- 9:04le fromage ingrédient,
- 9:05il faudrait produire
- 9:072 milliards de litres de lait.
- 9:08Aujourd'hui,
- 9:09c'est à peu près 23 milliards.
- 9:1022 milliards de litres de lait.
- 9:13Donc,
- 9:13il faudrait en produire...
- 9:1424,
- 9:1525.
- 9:16Voilà, 24,
- 9:1725.
- 9:18Et donc,
- 9:19voilà,
- 9:21pour pouvoir satisfaire à la fois nos
- 9:24propres besoins.
- 9:26Aujourd'hui,
- 9:26on importe du beurre.
- 9:28Donc,
- 9:28il y a une situation qui n'est pas normale.
- 9:31Si on parle maintenant de la filière fromagère,
- 9:35on est aussi sur l'alimentation.
- 9:38Donc là,
- 9:38on a vu le pôle lait sur la filière fromagère.
- 9:42Est-ce que c'est un avantage stratégique pour la France aujourd'hui,
- 9:46ce fromage,
- 9:47cette culture du fromage ?
- 9:48Vous m'avez parlé d'exportation.
- 9:51Est-ce que c'est quelque chose aujourd'hui qui est important pour la France ?
- 9:55C'est très important,
- 9:56ça fait partie de l'identité française.
- 9:59C'est une fierté pour notre alimentation.
- 10:04On a d'abord une très grande qualité.
- 10:07Quand je vois le soin avec lequel on fait certains fromages,
- 10:10et pas seulement les fromages de chez moi,
- 10:12parce que où que j'aille,
- 10:14que ce soit du lait de vache ou du lait de chèvre,
- 10:18on fait des choses absolument magnifiques en matière de fromage en France.
- 10:23Ce sont des savoir-faire.
- 10:25Ce sont des traditions,
- 10:28c'est une identité,
- 10:30ça a des qualités gustatives exceptionnelles,
- 10:34qui sont reconnues dans le monde entier,
- 10:35qui sont protégées par des signes de qualité,
- 10:38qui sont exigeants,
- 10:39qui sont contrôlés,
- 10:40qui sont évalués,
- 10:42y compris par la profession elle-même,
- 10:43qui en fixe les règles,
- 10:45puis surtout c'est une image de la France.
- 10:48C'est une image extraordinaire.
- 10:50On exporte nos fromages sous signe de qualité.
- 10:54Et pas que !
- 10:55Et pas que,
- 10:56mais on exporte.
- 10:57Et du reste,
- 10:59dans les accords de libre-échange,
- 11:02souvent ces accords de libre-échange profitent à la filière laitière.
- 11:05N'oublions jamais,
- 11:06parce qu'il y a des gens pour dire on est contre les exportations.
- 11:11Après tout,
- 11:11il ne faudrait produire que pour nous-mêmes.
- 11:14Mais il ne faut jamais oublier que quand il y a exportation,
- 11:16il y a un producteur national.
- 11:18Il y a quelqu'un qui vit de ce métier,
- 11:20qui fait vivre son territoire,
- 11:22qui fait vivre sa famille.
- 11:23qui fait vivre sa filière,
- 11:25c'est très important.
- 11:26Et donc,
- 11:27les accords de libre-échange,
- 11:29généralement,
- 11:29protègent les productions sous signe de qualité fromagère ou non fromagère.
- 11:35Mais pour revenir au fromage,
- 11:37on a quelque chose qui est unique au monde,
- 11:41à la fois dans la qualité et dans la variété.
- 11:43Vous avez des fromages absolument extraordinaires.
- 11:47Alors,
- 11:47moi,
- 11:48je suis fromager.
- 11:49Aujourd'hui,
- 11:49j'ai la chance d'être meilleur ouvrier de France, et
- 11:52il y a un sujet au
- 11:53niveau de la filière fromagère qui nous importe énormément,
- 11:56notamment sur les fromages de tradition,
- 11:58qui est le lait cru.
- 12:01Aujourd'hui,
- 12:01on se pose beaucoup de questions,
- 12:02la filière se pose beaucoup de questions sur le lait cru.
- 12:07Selon vous,
- 12:08est-ce que c'est encore pérenne ?
- 12:11On a une pression sanitaire permanente au niveau des entreprises,
- 12:15au niveau des producteurs fermiers,
- 12:16mais pas que,
- 12:17les entreprises agro-alimentaires de manière générale.
- 12:19Tout à l'heure,
- 12:19on a parlé de
- 12:20votre région,
- 12:21on peut parler sur certaines périodes de l'année,
- 12:24le Mont d'Or,
- 12:25on peut parler le Morbier,
- 12:26on peut parler du Reblochon.
- 12:30On a cette pression sanitaire qui est énorme.
- 12:33Aujourd'hui,
- 12:34comment vous voyez le lait cru demain et c'est quoi la position du gouvernement dans l'accompagnement de la filière sur le lait cru ?
- 12:42C'est vraiment une spécificité française.
- 12:44C'est une spécificité française,
- 12:46certains voudraient l'éteindre.
- 12:47Certains industriels voudraient...
- 12:50qu'on abandonne le lait cru au profit du lait pasteurisé ou du lait thermisé parce que certains pays ne veulent pas importer de produits au lait cru considérant que c'est une fragilité.
- 13:02Alors à ça je voudrais dire plusieurs choses.
- 13:04D'abord on a une particularité,
- 13:06ce sont les fromages au lait cru.
- 13:08Aujourd'hui c'est 15%
- 13:09à peu près des fromages affinés,
- 13:10les fromages au lait cru.
- 13:12Et donc pourquoi est-ce qu'il est important de préserver les fromages au lait cru ?
- 13:17D'abord,
- 13:17en termes de type,
- 13:18Ce qu'on appelle la typicité,
- 13:20le goût,
- 13:22c'est quelque chose d'incomparable.
- 13:24Je vais vous donner un exemple qu'on m'a donné récemment et qui est assez éclairant.
- 13:29Prenons l'exemple du Mont d'Or,
- 13:30qui est un fromage fragile,
- 13:32qu'il faut vraiment produire avec énormément de précautions.
- 13:37Il y a un engouement pour le Mont d'Or français,
- 13:40au lait cru,
- 13:41formidable.
- 13:42D'ailleurs,
- 13:43l'arrivée des premiers Monts d'Or à
- 13:45l'automne,
- 13:46c'est un événement qui est célébré et il y a un goût incomparable au Mont d'Or.
- 13:53Le Vacherin suisse qui est au lait pasteurisé n'a pas de goût.
- 13:57pas du tout le même.
- 13:59La production est bien moindre,
- 14:01le goût est différent et l'appétit des consommateurs est totalement différent.
- 14:07On a deux fromages qui ont eu des destins parallèles.
- 14:10L'un est resté au lait cru,
- 14:11l'autre pas.
- 14:13Et on voit bien que le consommateur ne s'y est pas trompé.
- 14:16Néanmoins,
- 14:18mon attachement au lait cru est fort parce que ça fait partie vraiment de l'identité de nos territoires.
- 14:24Moi,
- 14:25si demain je disais plus de lait cru pour
- 14:27pour des raisons sanitaires.
- 14:28D'abord,
- 14:29il faudrait démontrer que sur le plan sanitaire,
- 14:32c'est préférable.
- 14:33Certains considèrent qu'aller thermiser n'a pas sa propre défense.
- 14:40En fait,
- 14:40on tue tout.
- 14:41Donc si on ne réensemence pas correctement,
- 14:44forcément on laisse la place aux mauvaises choses.
- 14:45Il y a des problèmes,
- 14:47il y a des retraits rappels sur les fromages pasteurisés ou les fromages thermisés.
- 14:50Exactement.
- 14:50Donc ça,
- 14:51c'est la première chose que je voudrais dire.
- 14:53La deuxième chose, c'est
- 14:55qu'on éteindrait quand même un des fleurons de la gastronomie française et je pense qu'on y perdrait beaucoup.
- 15:04Donc j'ai à la demande des producteurs qui s'inquiètent de cette montée en puissance,
- 15:09de producteurs qui disent je suis obligé de détruire trop de matière,
- 15:13ça compromet mon équilibre économique,
- 15:16je l'entends.
- 15:16Et le coût des analyses aussi madame la Ministre.
- 15:18Le coût des contrôles,
- 15:20des analyses.
- 15:21Donc par rapport à cela, j'entends
- 15:24ce que l'on me dit et c'est la raison pour laquelle j'ai réuni toutes les interprofessions fromagères au lait cru ici au ministère et on a échangé entre nous et ils m'ont réaffirmé leur très grand attachement aux productions fromagères au
- 15:40lait cru.
- 15:41Mais il faut pouvoir aussi entendre les contraintes qui sont les leurs.
- 15:45Ça veut dire des conditions de production qui sont très contrôlées.
- 15:49C'est essentiellement de l'auto-contrôle.
- 15:51Ça ne supporte
- 15:53aucun relâchement dans le contrôle et l'auto-contrôle de la production.
- 15:58C'est vrai qu'avec le réchauffement climatique,
- 16:01on voit apparaître des phénomènes qui n'existaient pas nécessairement.
- 16:05Mais veillons bien à ne pas faire n'importe quoi,
- 16:09parce que la solution pourrait être pire que le mal.
- 16:14Et on vient de l'évoquer avec un lait thermisé ou un lait pasteurisé qui serait sans défense par rapport à des
- 16:22agents pathogènes.
- 16:23Donc tout ça se construit avec les filières.
- 16:27Et du coup,
- 16:27est-ce qu'on peut justement concilier exigences sanitaires et maintien des savoir-faire ?
- 16:32Alors moi,
- 16:33je le crois profondément.
- 16:35Il faut de l'auto-contrôle très exigeant,
- 16:38très sérieux.
- 16:40Se pose la question de la pression des industriels sur l'exportation.
- 16:47Donc il faut trouver le bon équilibre.
- 16:49Tout est toujours une question d'équilibre.
- 16:51Et la pression aussi des contrôles sanitaires ?
- 16:55Et la pression des contrôles sanitaires.
- 16:56Mais moi je vois à quel point les choses fonctionnent bien,
- 17:01en ce sens que les retraits rappels qu'on a eus sont rarement sur des producteurs,
- 17:09des petits producteurs.
- 17:11En fait,
- 17:11les interprofessions sont très rigoureuses,
- 17:14généralement.
- 17:15Elles sont extrêmement rigoureuses,
- 17:17mais après se pose la question de l'équilibre économique.
- 17:19du coût des contrôles sanitaires notamment.
- 17:22Et donc il y a des questions économiques qu'il faut savoir prendre en compte.
- 17:29Pour continuer cet entretien,
- 17:30si on peut parler de souveraineté,
- 17:32et on a commencé à en parler,
- 17:34de soutien du prix du lait au niveau des éleveurs,
- 17:37vous l'avez dit,
- 17:37en ce moment on se retrouve avec une baisse du prix du lait.
- 17:41On a perdu pratiquement 60 euros des milles à peu près par rapport à l'année dernière.
- 17:46Comment vous voyez ça dans l'avenir ?
- 17:47Est-ce que les producteurs sont encore capables,
- 17:50avec les charges qui augmentent,
- 17:52on parle en ce moment des énergies fossiles,
- 17:53etc, comment
- 17:56on peut faire pour accompagner ces producteurs ?
- 17:59Alors,
- 17:59plusieurs choses.
- 18:00D'abord,
- 18:01le prix du lait est variable.
- 18:05On sort d'une période qui a été bonne,
- 18:07qui est vertueuse parce que ça rémunère le producteur.
- 18:11Premier point fondamental,
- 18:13le producteur doit pouvoir
- 18:15tirer un revenu décent de son activité,
- 18:17ça c'est la base.
- 18:18Prix de vente assis sur un coût de production,
- 18:21c'est fondamental pour le revenu.
- 18:23Et quand on décorrèle le prix de vente du coût de production,
- 18:27c'est là que ça ne va plus du tout.
- 18:29Donc on a,
- 18:30mais comme toujours,
- 18:32on n'est pas dans une économie qui est enfermée dans les limites de l'hexagone.
- 18:37On est aussi dans une économie qui est de plus en plus mondialisée,
- 18:42et quand vous avez un afflux de production,
- 18:45forcément ça tire les prix vers le bas.
- 18:49Mais grâce aux lois EGalim,
- 18:52parce que le législateur s'est emparé de cette question,
- 18:54de la rémunération du producteur,
- 18:57la loi EGalim,
- 18:58elle sécurise la matière première agricole,
- 19:03donc le lait en l'espèce.
- 19:05Cela dit...
- 19:07Ça peut contrebalancer sur le fait que quand le lait est à l'import moins cher,
- 19:12on pourrait imaginer d'importer du lait étranger du fait d'EGalim.
- 19:17Alors,
- 19:18c'est pas...
- 19:20Oui,
- 19:20bien sûr.
- 19:21Tout à l'heure,
- 19:23on parlait de marché de commodity,
- 19:25sur les marchés de grosses capacités.
- 19:28Tout à fait.
- 19:29Mais en fait,
- 19:30si vous voulez,
- 19:31comment s'organise la filière du lait en France ?
- 19:34Vous avez des producteurs,
- 19:35puis vous avez des transformateurs.
- 19:37Ce sont des coopératives ou ce sont des entreprises privées.
- 19:41Donc la loi EGalim,
- 19:43qui a protégé mieux que ne le font certains autres pays,
- 19:46y compris de l'Union Européenne,
- 19:48fait
- 19:49que quand ça baisse,
- 19:50ça baisse moins dans notre pays,
- 19:52mais quand ça monte,
- 19:53ça monte aussi,
- 19:54ça peut monter moins haut aussi.
- 19:55Mais disons qu'il y a ...
- 19:56Moins
- 19:58haut,
- 19:59moins vite.
- 20:00Oui,
- 20:00oui.
- 20:01Moins haut,
- 20:01moins vite et moins bas.
- 20:03Aujourd'hui,
- 20:04quand j'écoute mes collègues ministres de l'Agriculture,
- 20:07le prix du lait dans leur pays est beaucoup plus bas que le prix du lait dans notre pays.
- 20:12Mais enfin,
- 20:13il se fait que le prix du lait n'est pas complètement décorrélé des prix de
- 20:18marché européen.
- 20:20Et quand il y a beaucoup de lait sur le marché,
- 20:23évidemment,
- 20:24le problème est que le prix du lait a tendance à baisser.
- 20:28Et donc,
- 20:29ça plonge les producteurs.
- 20:31C'est un métier exigeant.
- 20:32Si en plus,
- 20:33on ne gagne pas bien sa vie,
- 20:34ça devient un énorme problème.
- 20:37Cela étant,
- 20:38l'élément positif,
- 20:40c'est qu'il y a de plus en plus de consommation de produits laitiers dans le monde.
- 20:45Et la France est plutôt bien armée pour répondre...
- 20:47Avec des pays qui consomment peu de produits laitiers,
- 20:50on peut parler de la Chine,
- 20:51on peut parler de ces destinations-là.
- 20:53Et qui vont en consommer davantage.
- 20:55Et là,
- 20:56on est relativement bien armés parce qu'on a des entreprises qui sont très présentes à l'export,
- 21:01très présentes à l'international,
- 21:03je ne citerai pas de marques,
- 21:04mais chacun les connaît.
- 21:06Et on a des produits qui se renouvellent,
- 21:08beaucoup d'innovation,
- 21:09beaucoup de recherche et de développement.
- 21:12Et qui fait que nos produits laitiers sont quand même très reconnus,
- 21:17que ce soit des fromages ou des yaourts ou toutes sortes d'autres productions qui sont très innovantes.
- 21:26Un des produits qui a le vent en poupe,
- 21:28par exemple,
- 21:28c'est le skyr.
- 21:29Le skier,
- 21:30on entend parler,
- 21:31la protéine.
- 21:31C'est un produit laitier protéiné.
- 21:33Le beurre français aussi a le vent en poupe.
- 21:35Le beurre français,
- 21:36moi.
- 21:37On entend qu'il y a des touristes qui viennent à Paris pour remplir leur valise de beurre.
- 21:41Écoutez,
- 21:41je ne sais pas dans quel état arrive le beurre chez eux ensuite,
- 21:43mais moi ce que je peux vous dire,
- 21:45moi je suis une grande amatrice de beurre et de crème.
- 21:48Et donc chez moi,
- 21:50je sais où sont les producteurs dont j'aime le goût des productions.
- 21:54Et quand je suis allée en Normandie récemment,
- 21:57j'ai dit je veux goûter le beurre normand,
- 22:00que je connais bien par ailleurs.
- 22:03Et quand on me parle de tel producteur qui a un beurre exceptionnel,
- 22:06je n'ai qu'une envie,
- 22:07c'est de pouvoir le goûter.
- 22:09Et chez moi,
- 22:10en ce moment,
- 22:11c'est du beurre au lait cru.
- 22:12Autant en hiver,
- 22:14il a un goût un peu fort,
- 22:16parce que c'est du lait qui n'est pas du lait...
- 22:19Quand les vaches sont à l'herbe.
- 22:20Quand les vaches sont à l'herbe,
- 22:21mais le beurre des vaches qui sont à l'herbe,
- 22:24le beurre au lait cru chez moi,
- 22:25c'est une merveille.
- 22:27Là,
- 22:27vous sentez le goût de l'herbe et des fleurs qui ont produit ce lait,
- 22:33c'est magnifique.
- 22:34Donc oui,
- 22:37je comprends que les étrangers nous envient quelque chose qui est unique.
- 22:42On a un élevage extensif.
- 22:45Pas du tout dans un élevage,
- 22:46on est dans un système de type familial
- 22:50Avec des exploitations qui sont assez petites.
- 22:53On a 70 vaches laitières en moyenne par exploitation.Oui entre 60 et 70
- 22:58Donc l'élevage laitier,
- 23:00vous n'avez jamais des méga élevages,
- 23:03ça n'existe pas.
- 23:05Aujourd'hui on sait qu'il y a plus de la moitié des producteurs qui ont plus de 50 ans aujourd'hui.
- 23:10Il y en a une bonne partie qui vont partir dans les 5 ans.
- 23:14Aujourd'hui,
- 23:15comment on fait pour recruter,
- 23:16pour trouver des producteurs demain ?
- 23:18Est-ce qu'il y a des choses qui sont mises en place ?
- 23:20Parce que c'est aussi la transmission,
- 23:22quelque chose qui est important dans notre souveraineté alimentaire,
- 23:24dans notre souveraineté laitière,
- 23:26puis dans notre souveraineté fromagère.
- 23:28C'est fondamental.
- 23:29Le sujet que vous abordez là est fondamental,
- 23:31le renouvellement des générations.
- 23:33Alors,
- 23:33il faut travailler sur l'installation des jeunes.
- 23:36Ça,
- 23:36c'est très important.
- 23:37Et on a aujourd'hui un certain nombre de dispositifs qu'il nous faut renforcer.
- 23:41Il faut travailler aussi sur le cédant.
- 23:43Pour que le cédant soit encouragé à installer un jeune et pas forcément à grandir.
- 23:48Quelquefois l'agrandissement permet de pérenniser des exploitations.
- 23:52Il ne faut pas non plus diaboliser l'agrandissement,
- 23:54mais la priorité ça doit être à l'installation.
- 23:57C'est pour ça qu'on a un système en France qui s'appelle la SAFER.
- 24:00La SAFER qui peut préempter pour pouvoir installer des jeunes,
- 24:04puisque c'est normalement la philosophie prioritaire de la SAFER.
- 24:08Et c'est un dispositif qui nous est envié dans l'Europe entière.
- 24:12Il faut aussi trouver des jeunes motivés.
- 24:17Alors moi ce que je vois,
- 24:18parce que je visite souvent des établissements agricoles,
- 24:21j'interroge toujours vers quoi voulez-vous aller.
- 24:24Aujourd'hui,
- 24:25beaucoup dans des zones d'élevage,
- 24:27ils ont envie d'aller à l'élevage,
- 24:29parce que l'élevage c'est vivant,
- 24:30ce sont des animaux,
- 24:31c'est du soin,
- 24:33c'est de l'amélioration génétique.
- 24:35Mais c'est aussi du 7-7,
- 24:36c'est aussi...
- 24:36Oui,
- 24:37mais d'où la forme sociétaire qui permet quand même de partager
- 24:42la charge.
- 24:43Aujourd'hui,
- 24:44vous avez les GAEC,
- 24:45vous avez les services de remplacement qui permettent quand même d'alléger la charge parce que les agriculteurs,
- 24:51ils sont comme l'ensemble de la société,
- 24:53ils veulent pouvoir avoir du temps avec la famille,
- 24:56avec les amis,
- 24:57pouvoir prendre quelques jours de vacances.
- 24:59C'est pas comme les générations passées qui étaient 365 jours par an attachés à l'exploitation.
- 25:05Ça s'est bien amélioré,
- 25:06parce que j'ai fait une école agricole, aujourd'hui,
- 25:10au niveau notamment du nettoyage du trayon,
- 25:12par rapport à il y a 15 ans,
- 25:14ça a eu une évolution qui a été fantastique.
- 25:16Vous avez des robots de traite qui nettoient le trayon avant de pouvoir placer...
- 25:24Qui s'adaptent à la forme du trayon.
- 25:26Oui,
- 25:27c'est formidable.
- 25:28La robotisation de la traite,
- 25:30ça a été quand même un soulagement pour les éleveurs,
- 25:34pour autant qu'ils puissent investir.
- 25:36Et donc on revient à la question du revenu et du prix,
- 25:40du prix qui soit assis sur les coûts de production.
- 25:43Si on prend maintenant,
- 25:44on a parlé beaucoup de la partie laitière,
- 25:45si on prend la partie fromagère,
- 25:46il y a les produits,
- 25:48les fromages fermiers,
- 25:49mais il y a aussi tous les autres fromages artisanaux,
- 25:52les fromages plus industriels.
- 25:54C'est des filières qui aujourd'hui peuvent souffrir aussi avec des équilibres économiques,
- 25:59on le voit,
- 26:00qui peuvent être un peu complexes notamment
- 26:03avec d'autres choses comme le coût de l'énergie,
- 26:06comme le coût de la main d'oeuvre,
- 26:07de trouver des gens.
- 26:09Aujourd'hui,
- 26:10comment le Ministère accompagne ces entreprises,
- 26:15alors à plus ou moins grosse échelle,
- 26:16parce que finalement dans les fromageries artisanales,
- 26:18on se rend compte qu'il y a peu de fromageries qui font plus de 5 millions d'euros de chiffre.
- 26:23Souvent c'est
- 26:241, 2,
- 26:243 millions.
- 26:26C'est des petites structures et qui ont des charges qui sont très importantes.
- 26:30Sur le bilan final des coûts d'énergie qui ont explosé ces dernières années,
- 26:35des coûts,
- 26:35on en parlait tout à l'heure,
- 26:36d'analyse,
- 26:37des coûts de main-d'oeuvre,
- 26:38où c'est pareil,
- 26:39il galère à recruter.
- 26:41Qu'est-ce qui est mis en place ?
- 26:43Comment vous voyez ça ?
- 26:44Moi,
- 26:45je crois beaucoup à l'organisation de filières et de territoires.
- 26:49L'organisation en filière,
- 26:50elle est fondamentale,
- 26:51parce qu'on partage le risque,
- 26:52on partage la recherche,
- 26:54on partage la production aussi.
- 26:56Moi,
- 26:57j'ai vu des outils de transformation qui sont très performants et qui peuvent se permettre de travailler sur la décarbonation,
- 27:04sur la limitation des coûts de l'énergie.
- 27:06Moi,
- 27:06je crois beaucoup aux organisations collectives de producteurs et de transformateurs.
- 27:11Et le modèle coopératif,
- 27:14c'est un modèle qui est particulièrement intéressant.
- 27:16C'est un modèle qui appartient aux producteurs,
- 27:17mais on voit aussi, moi
- 27:19ça fait maintenant 11 ans que je suis dans la filière,
- 27:22on voit une concentration aussi,
- 27:23beaucoup de plus petites fromageries sont rachetées par des gros groupes et on voit une concentration qui est arrivée sur certaines filières.
- 27:31Oui c'est vrai,
- 27:32vous avez raison,
- 27:33une fromagerie,
- 27:34une coopérative par village,
- 27:35une fromagerie par village,
- 27:37autrefois c'était le modèle qui prévalait.
- 27:39Dans votre région,
- 27:40dans l'ouest de la France c'était un peu différent.
- 27:43Eh bien aujourd'hui elle se regroupe pour avoir une taille critique.
- 27:47La notion de taille critique est intéressante parce que ça permet de partager des investissements,
- 27:53ça permet de partager le risque,
- 27:55ça permet de partager le gain aussi.
- 27:56Donc c'est une organisation qui est très résistante,
- 27:59qui est très robuste économiquement,
- 28:04en tout cas dans le domaine du lait et du fromage.
- 28:07J'avais encore un point à traiter.
- 28:09Quel est-il ?
- 28:09Alors c'était parler de transition écologique,
- 28:11menace ou opportunité.
- 28:13Transition environnementale.
- 28:15C'est une nécessité.
- 28:17Le réchauffement climatique,
- 28:18d'une part.
- 28:21Les exigences du consommateur qui est de plus en plus attentif à la qualité des produits,
- 28:26et c'est bien.
- 28:27On a vu un recul du bio,
- 28:28notamment.
- 28:29Il y a eu un recul du bio parce que le bio a la réputation d'être plus cher.
- 28:35La crise du Covid a été très préjudiciable au bio parce que l'inflation en 2022,
- 28:43a évidemment amené le consommateur à revoir ses priorités de consommation.
- 28:48Même si la part alimentaire dans le budget des Français est de plus en plus en diminution.
- 28:54Aujourd'hui,
- 28:55il y a des tas de consommation
- 28:57de produits de consommation qui concurrence l'alimentation,
- 29:00qui était un des premiers postes de dépense des français.
- 29:04Aujourd'hui c'est concurrencé par le logement,
- 29:08les loisirs,
- 29:09mais la part de l'alimentaire ne cesse de diminuer.
- 29:13Et c'est toujours la variable d'ajustement.
- 29:16Mais en même temps vous avez un mouvement qui va vers plus de qualité,
- 29:19plus d'exigence.
- 29:21Et je pense que c'est une bonne chose.
- 29:25Ça passe par le bio,
- 29:27par l'agriculture raisonnée.
- 29:28L'agriculture conventionnelle n'est pas mauvaise non plus.
- 29:31Moi,
- 29:31je n'oppose pas les modes de production entre eux.
- 29:34Aujourd'hui,
- 29:34il y a une attention particulière qui est portée aux conditions de production.
- 29:39Et je vais vous donner un exemple : chez
- 29:42moi,
- 29:45dans les commisses,
- 29:47on valorisait les grosses laitières,
- 29:50celles qui avaient produit durant toute leur vie énormément de litres de lait.
- 29:55Ça existe toujours,
- 29:57parce qu'on célèbre aussi des vaches qui sont productives,
- 30:00qui sont aussi la résultante du travail du sélectionnaire de la génétique.
- 30:05Mais vous avez un nouveau prix qui est apparu il y a quelques années,
- 30:08qui est un prix de l'autonomie fourragère.
- 30:13C'est-à-dire que l'éleveur,
- 30:16il produit en fonction de l'autonomie d'alimentation de l'animal.
- 30:21Sur sa ferme,
- 30:22il peut être autonome en fourrage.
- 30:26Donc là,
- 30:27l'idée,
- 30:27c'est pas de célébrer le plus de volume de lait produit,
- 30:30mais l'équilibre entre production fromagère et production laitière.
- 30:35Ça,
- 30:35c'est quelque chose de nouveau aussi.
- 30:38Moi,
- 30:38je vois aussi des producteurs,
- 30:40c'était le cas chez un éleveur en bio,
- 30:42qui est d'ailleurs le nouveau président de l'agence Bio,
- 30:47qui m'a expliqué que sur sa ferme,
- 30:49il fait de la production animale,
- 30:52bovine,
- 30:54mais également végétale,
- 30:56et il a une rotation de ses cultures qui permet d'enrichir la nourriture qu'il donne à ses animaux.
- 31:03Il y a des tas d'initiatives qui vont dans ce sens,
- 31:09qui montre qu'il se passe quelque chose.
- 31:11dans la réflexion et surtout dans la jeune génération qui est très attentive à cette question de la transition environnementale et climatique et qui n'oppose pas agriculture et environnement.
- 31:23Ça,
- 31:23c'est fondamental.
- 31:24Parce que cette opposition-là est une impasse.
- 31:26Il faut chercher la conciliation.
- 31:29Avant de terminer,
- 31:29Madame la Ministre,
- 31:30je vais vous proposer un petit jeu.
- 31:32Ça va être de choisir entre deux mots.
- 31:34Oui.
- 31:35Alors,
- 31:36visite d'exploitation ou réunion ministérielle ?
- 31:38Alors,
- 31:39sans hésiter,
- 31:40visite d'exploitation.
- 31:42Vache,
- 31:43chèvre ou brebis ?
- 31:44Alors,
- 31:45je connais mieux le domaine de la vache,
- 31:48mais j'adore le fromage de chèvre.
- 31:49En plus,
- 31:51actualité faisant qu'il y a une nouvelle AOP,
- 31:54qui était AOC,
- 31:55avec le Mothais-sur-feuille.
- 31:56Exactement.
- 31:57Et qui est le dernier épisode qui est sorti avant qu'on sorte l'épisode ensemble.
- 32:03Tout à fait.
- 32:04Donc avec la ferme Georgelet.
- 32:05J'ai fait un communiqué de presse aujourd'hui pour célébrer ce
- 32:09nouveau fromage sous signe de qualité.
- 32:12Comté ou Bleu de Gex ?
- 32:14Alors,
- 32:14je dois l'avouer,
- 32:15Comté.
- 32:16Attention,
- 32:16celle-là n'est pas facile aussi.
- 32:18Mais bon,
- 32:18je n'ai pas pris que des questions faciles.
- 32:20Simmental ou Montbéliarde ?
- 32:22Alors écoutez,
- 32:24là vous me mettez dans l'embarras parce que,
- 32:28évidemment,
- 32:28je connais bien la Montbéliarde,
- 32:30qui est une race absolument magnifique,
- 32:32robuste et très docile,
- 32:37productive.
- 32:38Donc voilà,
- 32:39par affection,
- 32:40je dirais la Montbéliarde.
- 32:42Et enfin,
- 32:43attention,
- 32:44celle-là,
- 32:44elle peut lait cru ou lait pasteurisé ?
- 32:46Alors lait cru,
- 32:48incontestablement.
- 32:49Et la question rituelle du podcast,
- 32:51Madame la Ministre, qui
- 32:51n'a rien à voir,
- 32:52quelle est votre pizza préférée ?
- 32:55Alors moi je suis très basique.
- 32:57J'aime la margherita,
- 32:58c'est-à-dire la pâte fine à la napolitaine,
- 33:01la tomate,
- 33:02si possible fraîche,
- 33:04et la mozzarella.
- 33:05Voilà,
- 33:06avec un peu d'herbe,
- 33:07d'origan,
- 33:08c'est parfait.
- 33:08Voilà la pizza que j'aime.
- 33:10Merci beaucoup pour votre temps Madame la Ministre.
- 33:12Merci à vous monsieur Le Gal.
- 33:13Et à très bientôt.
- 33:14A bientôt.
- 33:15Au revoir.
- 33:15Au revoir.
- 33:17Nous arrivons bientôt au terme de cet épisode.
- 33:20Tout d'abord,
- 33:20je tenais à remercier Madame la Ministre d'avoir pris le temps de partager avec nous sa vision de l'Agriculture française,
- 33:26de la Souveraineté alimentaire et de l'avenir de nos filières laitières et fromagères.
- 33:30Avant de conclure,
- 33:31je souhaitais également remercier son équipe et particulièrement Enzo Gauthier qui a fait que ce moment soit possible.
- 33:38Au fil de cet échange,
- 33:39on a abordé énormément de sujets :
- 33:42production laitière,
- 33:43renouvellement des générations,
- 33:45lait cru, création
- 33:46de valeur et bien sûr on a parlé fromage.
- 33:49Autant de sujets qui concernent directement les femmes et les hommes qui chaque jour font vivre nos territoires et notre belle filière qui va devoir relever de nombreux défis dans les années à venir.
- 34:01Merci à toi d'avoir écouté jusqu'au bout.
- 34:04N'hésite pas à partager cet épisode,
- 34:06à le commenter,
- 34:07c'est aussi grâce à toi que lait'Change progresse.
- 34:10mais avant de te laisser,
- 34:11en tous les cas,
- 34:12avec France Frais,
- 34:13on est impatient de te retrouver dès septembre
- 34:16pour de nouvelles rencontres,
- 34:18de nouvelles découvertes.
- 34:19Mais en attendant,
- 34:20tu sais que tu peux retrouver tous les épisodes déjà produits sur les plateformes et également aller à la découverte des premiers épisodes de Lait'ssentiel,
- 34:29le nouveau format où l'on répond à une question en moins de 3 minutes.
- 34:34Alors,
- 34:35vas-y,
- 34:36n'hésite pas.
- 34:36Et puis nous,
- 34:38on te souhaite une très belle saison estivale et puis on se voit la rentrée.
- 34:42Salut !