Latest / Lait'Change : Du lait au fromage et bien plus encore / Lait'Change #10 - Le Saint-Marcellin IGP avec La Mère Richard
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- 0:05Bienvenue sur Lait'Change,
- 0:06le podcast qui donne la parole aux actrices et aux acteurs de la filière laitière et fromagère.
- 0:10Je suis Romain Le Gal et aujourd'hui,
- 0:12j'ai la chance d'être dans la capitale mondiale de la gastronomie.
- 0:15Vous vous en doutez,
- 0:16je parle bien sûr de Lyon.
- 0:18Et quand on pense à Lyon et gastronomie,
- 0:21on pense aux Halles Paul-Bocuse où je me trouve ce matin,
- 0:24en compagnie de
- 0:26René Richard,
- 0:27une des Mères lyonnaises.
- 0:29Bonjour René.
- 0:30Bonjour Romain.
- 0:32Comment vas-tu ce matin ?
- 0:33Eh bien écoute,
- 0:33ça va très bien.
- 0:34Comme en général le matin,
- 0:35je suis contente de commencer ma journée,
- 0:37venir vendre mes Saint-Marcelin.
- 0:39Et pas que ?
- 0:40Et pas que,
- 0:40bien sûr.
- 0:41Je dis Saint-Marcelin,
- 0:42mais c'est un peu réducteur.
- 0:44Néanmoins,
- 0:44c'est notre spécialité,
- 0:46on est marqué par le Saint-Marcelin.
- 0:48Avant de rentrer dans l'histoire et tout ça,
- 0:50Renée,
- 0:51peux-tu te présenter en quelques mots ?
- 0:54Oui,
- 0:54alors donc je m'appelle Renée Richard,
- 0:56plus communément appelée la Mère Richard.
- 0:59Et je vends du fromage aux halles de Lyon,
- 1:01Paul Bocuse.
- 1:03La mère Richard,
- 1:04comme je le dis souvent,
- 1:05la vraie,
- 1:06avec un V majuscule,
- 1:07c'était ma mère.
- 1:08Parce que c'était
- 1:09M. Bocuse,
- 1:10Paul Bocuse,
- 1:11qui l'avait surnommé comme ça.
- 1:13Quand il arrivait le matin aux halles pour faire le marché,
- 1:17il n'était pas en voyage dans le monde pour être l'ambassadeur de la gastronomie.
- 1:23Il arrivait,
- 1:23il haranguait ma mère en lui disant,
- 1:25comment vas-tu la Mère Richard ?
- 1:27Donc c'est resté.
- 1:28Et c'est même devenu l'enseigne du magasin.
- 1:32Et toi Renée,
- 1:33du coup,
- 1:33comment tu es arrivée à venir vendre du fromage avec ta maman ?
- 1:37Alors,
- 1:37il se trouve que quand j'étais jeune,
- 1:42enfant,
- 1:42adolescente,
- 1:44j'étais en pension parce que ma mère travaillait beaucoup.
- 1:47J'ai passé mon bac,
- 1:49un bac philo.
- 1:50J'ai fait du droit,
- 1:51des études de notariat.
- 1:52Un bac philo,
- 1:53un petit peu loin du fromage.
- 1:54Oui,
- 1:55bien sûr.
- 1:56Mais bon.
- 1:57Comme on dit,
- 1:57le droit mène à tout.
- 1:59Donc,
- 1:59j'ai fait du notariat.
- 2:01Et à partir de là,
- 2:03les dimanches,
- 2:04comme souvent les enfants de commerçants,
- 2:05les dimanches,
- 2:06les jours de fête,
- 2:08les vacances,
- 2:08je venais prêter la main à ma mère.
- 2:11Et donc,
- 2:11j'ai appris mon métier sur le tas.
- 2:14Je n'ai pas fait une école.
- 2:16Là,
- 2:17c'est en me confrontant aux clients,
- 2:20en affinant les fromages,
- 2:22que j'ai appris mon travail.
- 2:25Et quand j'ai fini mes études...
- 2:26Il se trouve que ma mère avait besoin de moi.
- 2:29Je lui ai dit,
- 2:29tu sais,
- 2:30si tu veux,
- 2:31au lieu de chercher un stage tout de suite chez un notaire pour continuer le chemin qui était tracé,
- 2:37parce qu'après le diplôme de clerc de notaire,
- 2:41il fallait passer celui de premier clerc et ensuite celui de notaire.
- 2:45Eh bien,
- 2:45si tu veux,
- 2:46je viens t'aider quelques temps et je chercherai un stage après.
- 2:49Il y a de nombreuses années de ça.
- 2:51Et à l'époque,
- 2:52on n'avait pas de souci pour trouver des stages et pour trouver du travail.
- 2:56Et ma mère m'a dit avec plaisir.
- 2:57Et je ne suis jamais repartie.
- 2:59Donc c'était en quelle année ça Renée ?
- 3:01Alors ça c'était dans les années 70.
- 3:03D'accord,
- 3:04donc depuis les années 70,
- 3:06matin,
- 3:07midi,
- 3:07soir,
- 3:087 jours sur 7 ?
- 3:10Presque,
- 3:11presque.
- 3:11Parce que le lundi il faut passer les commandes chez les fournisseurs,
- 3:16appeler quelques clients qui ont l'habitude d'être appelés le lundi.
- 3:19Donc tout ça fait que c'est presque 7 jours sur 7.
- 3:22Et du coup,
- 3:23cette histoire,
- 3:24ta maman,
- 3:24elle a commencé dans le fromage dans les quelles années ?
- 3:27Alors,
- 3:28en 1965,
- 3:30ce qu'on appelle à Lyon les anciennes Halles.
- 3:32A l'époque,
- 3:32les Halles étaient dans la Presqu'île,
- 3:34c'est-à-dire entre Rhône et Saône,
- 3:36dans un quartier qu'on appelle le quartier des Cordeliers.
- 3:39Aujourd'hui,
- 3:39c'est un parking.
- 3:41A l'époque,
- 3:43le bâtiment était beau,
- 3:44c'était des vieilles pierres avec une grande verrière.
- 3:47C'était complètement obsolète.
- 3:49Les livraisons étaient impossibles.
- 3:51Ça se faisait...
- 3:52dans les rues adjacentes,
- 3:54enfin c'était dans des conditions pas acceptables.
- 3:58Donc le maire de l'époque qui s'appelait Louis Pradel avait décidé de construire des nouvelles Halles dans ce quartier où nous sommes maintenant qui est le quartier de la Part-Dieu.
- 4:08À l'époque c'était un quartier un peu marécageux qu'on a asainie,
- 4:13où on a construit la gare de la Part-Dieu,
- 4:15extrêmement connue.
- 4:17Extrêmement ?
- 4:17Extrêmement.
- 4:18où on a construit l'auditorium,
- 4:22on a construit également le centre commercial de la Part Dieu,
- 4:25et puis les Halles.
- 4:27Voilà,
- 4:27et c'est comme ça que le 1er janvier 1971,
- 4:31nous sommes arrivés aux Halles de Lyon,
- 4:33qui par la suite se sont appelées Paul Bocuse.
- 4:35Ça s'est appelé Paul Bocuse à partir de quand ?
- 4:38Dans les années 90.
- 4:40D'accord.
- 4:41Monsieur Paul,
- 4:42très généreusement,
- 4:44nous a permis d'accoler son nom à celui des Halles.
- 4:49Donc,
- 4:50si tu veux,
- 4:50c'était un échange.
- 4:51On lui rendait hommage.
- 4:53Et lui,
- 4:53il nous a permis,
- 4:54évidemment,
- 4:55d'attirer beaucoup de clientèles.
- 4:57Parce que Paul Bocuse,
- 4:58c'est un nom magique dans le monde entier.
- 5:00Complètement,
- 5:00avec beaucoup de reconnaissance.
- 5:02Et du coup,
- 5:02ta maman,
- 5:04dès le départ,
- 5:06elle a eu un attrait pour le Saint-Marcelin.
- 5:09Comment elle a fait ça ?
- 5:09C'était avec nous au départ ?
- 5:11Alors au départ,
- 5:12ça s'est passé ce qu'on appelait les anciens halles,
- 5:14les Halles des Cordeliers.
- 5:15Elle trouvait qu'à Lyon,
- 5:16il n'y avait pas franchement de spécialité.
- 5:18Il n'y avait pas un fromage qui était mis en avant,
- 5:21comme dans certaines régions.
- 5:22Donc,
- 5:24elle a regardé un petit peu ce qui se passait autour de nous.
- 5:27on est quand même gâtés,
- 5:28tout autour de nous.
- 5:30C'est une région riche.
- 5:32Tout afflue vers nous.
- 5:33Complètement.
- 5:34Donc,
- 5:36les chèvres,
- 5:36les vaches,
- 5:37les brebis,
- 5:37etc.
- 5:38Les brebis,
- 5:38peut-être un peu moins,
- 5:39mais les chèvres et les vaches.
- 5:41Et puis,
- 5:42son dévelu,
- 5:43c'est jeté sur le Saint-Marcelin,
- 5:48qu'à l'époque,
- 5:48on vendait peu affiné,
- 5:50plutôt comme un petit séchon,
- 5:51plutôt comme un petit fromage sans grand intérêt.
- 5:56Et elle,
- 5:57elle s'est appliquée à le faire devenir coulant,
- 6:00crémeux.
- 6:01Ce n'était pas sans risque parce qu'il ne faut pas aller trop loin.
- 6:05Il faut le vendre à l'instant T au jour J.
- 6:08Et puis,
- 6:09ça a marché.
- 6:09C'est des petits fromages,
- 6:11donc ça évolue très,
- 6:11très vite.
- 6:12Et puis,
- 6:13c'est du lait de vache,
- 6:14donc ça évolue très vite,
- 6:15beaucoup plus vite que le lait de chèvre.
- 6:17Et ça a plu aux clients particuliers et aussi aux restaurateurs,
- 6:22dont M.
- 6:23Paul,
- 6:23qui l'a beaucoup aidé.
- 6:25Mais c'est un fromage qu'on retrouve aussi bien sur les tables des restaurants gastronomiques que sur les tables des bistrots ou des brasseries,
- 6:32tu vois.
- 6:33J'ai pu lire un petit peu sur Internet que ta maman avait un sacré caractère.
- 6:37Oui,
- 6:37c'est vrai,
- 6:37elle avait un fort caractère.
- 6:38Et qu'ils se chamaillaient un petit peu avec M.
- 6:41Paul de temps en temps.
- 6:42Oui,
- 6:42beaucoup,
- 6:42ils adoraient ça.
- 6:43Ils adoraient,
- 6:44c'était un petit jeu finalement.
- 6:46Chacun cherchait l'autre.
- 6:47C'était le chat et la souris.
- 6:48C'est ça,
- 6:48M.
- 6:49Paul.
- 6:49Et puis,
- 6:50les clients,
- 6:50c'était comme ça aussi.
- 6:52Les clients venaient aussi pour passer un moment avec ma mère,
- 6:55pour rigoler avec elle,
- 6:57pour la chahuter.
- 6:59Mais tout le monde passait à la boutique.
- 7:01À l'époque,
- 7:02c'était un petit peu plus convivial.
- 7:04Et puis,
- 7:05comment te dire ?
- 7:10On avait l'esprit un peu plus ouvert que maintenant.
- 7:13On parlait plus facilement politique.
- 7:15On parlait plus facilement.
- 7:16On était moins jugé,
- 7:17en fait.
- 7:17Voilà.
- 7:18Alors...
- 7:19Les politiques passaient là,
- 7:20la gauche,
- 7:21la droite,
- 7:21le centre.
- 7:22Elle a été copine avec tous les maires de Lyon.
- 7:24Ma mère,
- 7:24ce n'est pas qu'elle mangeait à tous les râteliers,
- 7:26comme on pourrait dire.
- 7:27Mais c'est que...
- 7:28Mais ils mangeaient tous des Saint-Marcelin.
- 7:30Voilà,
- 7:31les gens aimaient bien venir la voir,
- 7:33manger une tartine de Saint-Marcelin,
- 7:34rigoler avec elle.
- 7:37C'était sympa.
- 7:38Et du coup,
- 7:39ta maman,
- 7:40alors avant qu'on revienne sur l'histoire du Saint-Marcelin,
- 7:42a,
- 7:43dans l'affinage,
- 7:44un peu eu une idée.
- 7:45Oui.
- 7:46Une idée qui était de...
- 7:48L'emballer ?
- 7:49Alors,
- 7:50voilà.
- 7:51Ce qui était nouveau,
- 7:52si tu veux,
- 7:53c'était de le logoter.
- 7:54Parce qu'à l'époque,
- 7:55maintenant,
- 7:55ça paraît banal.
- 7:56Parce qu'avec tous les produits qui sont aux marques maintenant,
- 8:02ça n'a rien d'exceptionnel.
- 8:04Mais à l'époque,
- 8:04ça n'existait pas.
- 8:06Et elle a fait faire un papier avec son nom,
- 8:10Saint-Marcelin,
- 8:11Mère Richard.
- 8:12Et donc,
- 8:12elle a logoté ce fromage.
- 8:14Et c'était une première.
- 8:16Donc,
- 8:16ça a contribué aussi avec le fait que les restaurateurs mettent Saint-Marcelin,
- 8:24Mère Richard sur leur carte.
- 8:26Ça a contribué à l'essor du Saint-Marcelin et par voie de conséquence,
- 8:31à l'essor de la boutique.
- 8:32Et aujourd'hui,
- 8:33le Saint-Marcelin,
- 8:34la Mère Richard est encore un Saint-Marcelin emballé.
- 8:37Ah oui,
- 8:38toujours.
- 8:38Avec marqué Renée.
- 8:39Ah oui,
- 8:40il part jamais nu.
- 8:40Renée et Renée Richard.
- 8:42Parce que ma mère avait eu l'idée.
- 8:44Je ne sais pas si c'est un pressentiment,
- 8:46si elle pensait que j'allais prendre la suite.
- 8:49En fait,
- 8:50c'était écrit.
- 8:50Voilà,
- 8:51c'était écrit.
- 8:51C'était mon karma.
- 8:52Elle m'a prénommée comme elle.
- 8:55C'est vrai.
- 8:56On n'a pas triché.
- 8:56C'était Renée et Renée Richard.
- 8:58Mais déjà sur le papier,
- 8:59avant que tu reviennes à la boutique,
- 9:01c'était déjà
- 9:02Renée et Renée.
- 9:04Comme je t'expliquais,
- 9:05très jeune,
- 9:05j'ai commencé à venir à la boutique.
- 9:07J'ai prêté la main,
- 9:07donc ça s'est fait.
- 9:10Ça avait tout son sens.
- 9:11Parce que les clients qui venaient quand c'était le week-end,
- 9:13c'était une période d'affluence sur les marchés.
- 9:15Les gens n'ont pas dit à un moment,
- 9:17tiens,
- 9:18la mère Richard s'est retirée,
- 9:20sa fille vient de prendre la relève.
- 9:23Parce qu'on a tellement travaillé main dans la main et côte à côte pendant des années que les choses se sont faites simplement.
- 9:30Et travailler avec sa maman comme ça pendant des années,
- 9:34moi j'ai des amis,
- 9:35et notamment un monde qui nous relie,
- 9:37qui est le monde agricole,
- 9:38qui travaille...
- 9:39Avec leurs parents,
- 9:40il y a toujours des petits points de friction,
- 9:43tension.
- 9:44Il peut y avoir,
- 9:45bien sûr,
- 9:45mais bon,
- 9:47il faut être diplomate et il faut savoir régler les problèmes.
- 9:50Quand la boutique est fermée,
- 9:52quand le rideau est baissé.
- 9:53Quand les clients ne sont pas là.
- 9:54Exactement.
- 9:56Du coup,
- 9:57ce Saint-Marcelin,
- 9:58est-ce que tu peux nous raconter un petit peu son histoire ?
- 10:00Parce qu'il n'a pas toujours été au lait de vache.
- 10:02Alors non,
- 10:03le Saint-Marcelin,
- 10:04on dit qu'il remonte à Louis XI.
- 10:06Louis XI,
- 10:06dit-on,
- 10:08se serait perdu en allant à la chasse et des paysans l'auraient recueilli,
- 10:14accueilli à leur table,
- 10:17réchauffé avec une soupe et je ne sais quoi.
- 10:20Et puis le fromage qu'il faisait,
- 10:24et ce fromage en question,
- 10:25c'était le Saint-Marcelin.
- 10:27Et par reconnaissance...
- 10:29Et aussi parce que le fromage lui avait beaucoup plu,
- 10:32il a demandé à ce qu'il soit servi à la table royale.
- 10:35Donc,
- 10:37le Saint-Marcelin,
- 10:38d'après les livres,
- 10:39si tu veux,
- 10:40c'est l'origine la plus ancienne qu'on connaisse.
- 10:43Peut-être qu'on en trouvera d'autres.
- 10:45Je ne sais pas,
- 10:46les historiens découvriront peut-être un jour une origine plus ancienne encore.
- 10:52pendant des années,
- 10:54il a été au lait de chèvre,
- 10:55il a été au lait de mélange.
- 10:57Ça,
- 10:57c'est quelque chose dans le monde des produits laitiers qui est un petit peu compliqué quand on fait un peu de littérature,
- 11:01etc.
- 11:02C'est qu'au final,
- 11:03il n'y a pas grand-chose d'écrit sur les fromages dans les livres,
- 11:08à part dans des relevés d'impôts ou de comptes.
- 11:11C'est vraiment là-dessus où on voit sur le fromage...
- 11:14Il y a peu de choses.
- 11:15C'était des choses qu'on se passait de la main à la main et des savoir-faire qui sont...
- 11:21ancestraux,
- 11:21puisqu'on fait maintenant des fromages depuis des millénaires,
- 11:25et il n'y a pas grand-chose décrit dans les livres.
- 11:26Donc au début,
- 11:27il n'était pas qu'au fromage de vache,
- 11:30au lait de vache.
- 11:31Il a été aussi au lait de chèvre,
- 11:33il a été même au lait de mélange.
- 11:34Moi,
- 11:34je me rappelle aux anciennes Halles avoir vendu encore des Saint-Marcelin qui étaient mi-chèvre,
- 11:40mi-vache.
- 11:41Mais tu sais comme moi que le lait de chèvre s'affine moins et coule moins que le lait de vache,
- 11:46donc il restait toujours un peu plus ferme.
- 11:48Et la tendance aujourd'hui est...
- 11:50a aimé le Saint-Marcelin très coulant,
- 11:53très fondant,
- 11:54tartiné.
- 11:55Donc,
- 11:55je pense que peut-être qu'il y gagnerait avec un goût un peu plus affirmé,
- 12:02mais qu'il n'y aurait pas ce côté coulant,
- 12:05fondant que les clients réclament.
- 12:07Et je pense qu'il faut bien qu'on reste avec cette recette au lait de vache.
- 12:12Donc,
- 12:12le Saint-Marcelin,
- 12:13si maintenant tu peux le présenter au lait cru,
- 12:15évidemment.
- 12:16Même si dans le cahier des charges,
- 12:17puisque le Saint-Marcelin est un fromage
- 12:19IGP,
- 12:20Oui,
- 12:20bien sûr.
- 12:21Là,
- 12:21il y a la demande en ce moment des IGP de Savoie qui demandent à,
- 12:26entre guillemets,
- 12:28à passer AOP et avoir une révision du cahier des charges.
- 12:32Oui,
- 12:32il y a beaucoup,
- 12:33beaucoup de demandes.
- 12:33Beaucoup de demandes,
- 12:34bien sûr.
- 12:35Et c'est assez long,
- 12:36la mise en place des cahiers des charges.
- 12:37Tu sais,
- 12:38bien qu'on n'ait pas l'AOP,
- 12:40ça n'empêche pas de vendre le fromage.
- 12:42Je ne sais pas si ça changerait grand-chose.
- 12:45Et reconnu à travers le monde.
- 12:46Je ne sais pas si ça changerait grand-chose.
- 12:48Donc le fromage de Saint-Marcelin,
- 12:51si tu peux le présenter en quelques mots,
- 12:52parce que là on en a parlé.
- 12:54Comment c'est fait ?
- 12:54Comment c'est produit ?
- 12:56Alors on a parlé du lait,
- 12:57ce sera du lait de vache.
- 12:58Bon,
- 12:59nous on préfère le lait cru en tant que fromager.
- 13:01Mais ça existe aussi au lait thermisé ou pasteurisé.
- 13:05Les trois versions existent.
- 13:06Et après c'est un petit fromage qui fait ?
- 13:09C'est un petit disque plat qui fait quelques centimètres de diamètre,
- 13:15pas très haut.
- 13:16Il ne faut pas qu'il soit très haut d'ailleurs,
- 13:17parce que ça signifie qu'il n'est pas affiné.
- 13:20Et de couleur un petit peu dorée.
- 13:24Et on l'amène à maturité jusqu'à ce qu'il soit bon à tartiner.
- 13:29C'est minimum 10 jours dans l'appellation ?
- 13:31Oui,
- 13:32mais les nôtres ont bien 21 jours.
- 13:35Pour toi,
- 13:36un Saint-Marcelin,
- 13:37c'est
- 13:3821 minimum pour que ça équie vraiment l'expression et les caractéristiques du Saint-Marcelin.
- 13:45Aujourd'hui,
- 13:46on a aussi une dominance qu'on appelle lactique.
- 13:49C'est un fromage qu'on va finalement,
- 13:51peu de présure et un temps de coagulation très,
- 13:54très long.
- 13:55Et toi,
- 13:55comment tu pourrais qualifier de manière organoleptique le Saint-Marcelin ?
- 13:59Un bon Saint-Marcelin pour toi,
- 14:01qu'est-ce qu'on doit ressentir dans la bouche ?
- 14:03Ce côté crémeux et puis quand même un goût assez prononcé quand même.
- 14:09C'est un fromage qui est vigoureux quand même un peu,
- 14:12le Saint-Marcelin.
- 14:15Il faut qu'il y ait du goût.
- 14:16Plus qu'un Saint-Félicien,
- 14:18par exemple.
- 14:19Un Saint-Félicien,
- 14:20lui,
- 14:20il a un apport de crème.
- 14:22C'est des fromages aussi que tu affines,
- 14:24les
- 14:24Saint-Féliciens ?
- 14:25Oui bien sûr.
- 14:26Mais si tu veux,
- 14:27le Saint-Félicien,
- 14:27avec son apport de crème,
- 14:28il est tout de suite plus doux et moins typé que le Saint-Marcelin.
- 14:33Le Saint-Marcelin,
- 14:33il faut qu'il reste typé comme ça.
- 14:35Aujourd'hui,
- 14:35dans le cahier des charges,
- 14:36on voit deux types d'affinage en Saint-Marcelin.
- 14:40Toi,
- 14:40sur Lyon,
- 14:41on ne demande pas.
- 14:41Que finalement, chez toi
- 14:43chez moi.
- 14:44Alors peut-être qu'ailleurs,
- 14:45ça se passe autrement.
- 14:46Mais chez moi,
- 14:46on me le demande.
- 14:48Ou alors les voyageurs,
- 14:50les gens qui sont de passage,
- 14:52les étrangers qui nous demandent de les emballer spécialement ou de les mettre sous vide,
- 14:57ce que je n'aime pas beaucoup parce que je trouve que ça nuit un peu à la qualité et que ça transforme.
- 15:02Des fois,
- 15:02c'est plus pratique pour l'avion et les valises.
- 15:05C'est surtout à cause des avions et des douanes.
- 15:07Mais alors à ce moment-là,
- 15:09on nous le demande peu fait.
- 15:11Et ils continuent à le garder un peu à température ambiante chez eux.
- 15:14Mais normalement,
- 15:15on nous le demande très affine.
- 15:17Et c'est comme ça que les gens le réclament.
- 15:20Pour revenir un petit peu au début,
- 15:22on a parlé Mère,
- 15:24Mère Richard.
- 15:25Qu'est-ce que c'est qu'une Mère ?
- 15:27Alors,
- 15:27c'est celle qui donne à manger.
- 15:29Mais si tu veux,
- 15:30à Lyon,
- 15:30il y a une tradition.
- 15:31C'était plutôt une tradition de restaurant,
- 15:37notamment avec la Mère Brazier,
- 15:39qui d'ailleurs a été un des maîtres d'apprentissage de M.
- 15:43Paul.
- 15:45La Mère Brazier,
- 15:46il y a eu la Mère Filloux,
- 15:47la Mère Léa.
- 15:48La Mère Brazier,
- 15:49ça a été la première femme qui a eu trois étoiles au guide Michelin ?
- 15:52Trois étoiles à deux endroits.
- 15:54Parce que l'été,
- 15:55elle était au col de la Luère,
- 15:57à la campagne,
- 15:58où les Lyonnais allaient pour prendre un peu la fraîcheur.
- 16:01Et l'hiver,
- 16:03elle était,
- 16:04où le restaurant existe encore d'ailleurs,
- 16:07rue Royale,
- 16:08et où elle avait ses trois étoiles aussi.
- 16:10Elle a eu trois étoiles aux deux endroits.
- 16:12Ça,
- 16:12c'est formidable.
- 16:13C'est la première qui a eu ça.
- 16:15Et c'est même resté la seule.
- 16:17Enfin,
- 16:17bon.
- 16:18Et donc,
- 16:20les mères donnaient à manger.
- 16:22Et puis,
- 16:22il y a eu après une certaine reconnaissance,
- 16:25parce que certaines d'entre elles se sont distinguées comme la Mère Brazier ou la Mère Léa.
- 16:31Et c'était tellement bon,
- 16:32si tu veux,
- 16:33que les adresses se sont communiquées.
- 16:36Et puis,
- 16:37c'est devenu une référence.
- 16:38Et donc,
- 16:40moi,
- 16:40je pense que quand M.
- 16:41Paul a surnommé ma mère la Mère Richard,
- 16:45C'était par reconnaissance.
- 16:47Monsieur Paul,
- 16:48c'est la seule Mère qu'il a finalement nommée comme ça ?
- 16:51La seule.
- 16:53Uniquement la mère Richard.
- 16:55Et puis il y avait dans sa vie une autre mère avant qui était la Mère Brazier.
- 16:59Donc finalement,
- 17:00Qui lui a appris la cuisine.
- 17:01Il l'a peut-être retrouvée dans le caractère de ta maman et dans celle de la mère Brazier.
- 17:06Des tempéraments un peu forts.
- 17:08Peut-être un peu moins durs parce que les années avaient passé et c'était encore plus,
- 17:13je dirais presque violent.
- 17:15du temps de la mère Brazier.
- 17:16Il a eu deux maîtres d'apprentissage essentiels,
- 17:18la mère Brazier et Point à Vienne.
- 17:21Monsieur Point aussi était un homme d'une personnalité exceptionnelle.
- 17:26Toi qui as vu les 50 dernières années,
- 17:29même un petit peu plus maintenant,
- 17:31l'évolution de la gastronomie lyonnaise,
- 17:34comment tu l'as vu évoluer cette gastronomie ?
- 17:36Alors,
- 17:37bien sûr qu'il y a toute cette gastronomie d'aujourd'hui des jeunes avec les fast-foods,
- 17:43avec...
- 17:44la cuisine asiatique,
- 17:47que je ne critique pas.
- 17:49Avec d'autres saveurs qui viennent d'ailleurs.
- 17:50Mais qui est autre chose.
- 17:52Et puis,
- 17:53ça leur permet peut-être de manger aussi un peu moins cher,
- 17:56de se nourrir à moindre frais.
- 18:00Mais la gastronomie résiste bien à Lyon.
- 18:03Je pense qu'en France aussi,
- 18:04tout au moins je l'espère.
- 18:06Parce qu'on peut manger bon et pas trop cher dans un bistrot avec un plat du jour.
- 18:12On n'est pas obligé d'aller dans un gastro quotidiennement.
- 18:16Et je pense que ça résiste bien.
- 18:19Et quand on voit comment les gens continuent à nous demander de la qualité,
- 18:24il faut croire que les clients continuent à être attachés aux bons produits.
- 18:31Quand tu sers à la boutique aujourd'hui,
- 18:34par rapport à tout ce qu'on entend dans les médias,
- 18:36etc.,
- 18:37Est-ce que les clients sont attentifs au monde agricole pour toi ?
- 18:41Ah oui,
- 18:42ça a bien été.
- 18:46Ça,
- 18:47c'est un mouvement qui a bien précédé les barrages des paysans,
- 18:53tout ce qu'on a pu voir au moment du Salon de l'agriculture dernièrement.
- 18:58Les gens ont toujours défendu les paysans et les agriculteurs,
- 19:03toujours.
- 19:03Et moi aussi d'ailleurs.
- 19:05Alors peut-être que...
- 19:06Ils abondaient dans mon sens dans les discussions,
- 19:08j'en sais rien.
- 19:09Mais sans les agriculteurs,
- 19:11on n'est rien.
- 19:12On a vraiment besoin d'eux.
- 19:13C'est eux qui nous nourrissent.
- 19:14C'est eux qui nous nourrissent,
- 19:15oui.
- 19:16C'est bête à dire,
- 19:17c'est tout simple,
- 19:18mais on a vraiment besoin d'eux.
- 19:20Ils ont un métier ingrat qui n'est pas toujours très bien rémunéré.
- 19:24Donc,
- 19:25moi,
- 19:25je les ai toujours défendus à fond,
- 19:26bien sûr.
- 19:28Aujourd'hui,
- 19:30c'est quoi la vie sur les Halles de Lyon ?
- 19:32C'est quoi la vie d'une mère ?
- 19:36Et d'un crémier fromager sur les Halles de Lyon ?
- 19:38Alors,
- 19:39un peu comme dans n'importe quelle boutique,
- 19:40je te dirais.
- 19:41Sauf qu'on est un peu les uns sur les autres et qu'on a une fréquentation qui est peut-être un peu plus importante dans la mesure où les gens viennent.
- 19:49Tu vois,
- 19:49il y a un groupe qui vient de passer là.
- 19:51On a entendu les valises.
- 19:53Les valises.
- 19:54Et puis,
- 19:55c'était un groupe de touristes,
- 19:57tous les étudiants qui viennent.
- 19:59On a beaucoup d'étudiants des écoles de cuisine aussi,
- 20:03tu vois.
- 20:04qui viennent,
- 20:05qui regardent les produits,
- 20:07qui posent des questions.
- 20:09On a aussi tous les touristes.
- 20:12On a les gens du quartier,
- 20:14tout simplement.
- 20:15Et puis les Lyonnais et le Grand Lyon aussi.
- 20:19Toute la périphérie lyonnaise.
- 20:22Les Parisiens qui viennent chercher leur train à la Part Dieu,
- 20:25leur TGV pour rentrer sur Paris.
- 20:28La clientèle est très variée.
- 20:30On a quand même un fond de clientèle fidèle.
- 20:33Le samedi et le dimanche,
- 20:35on a souvent les mêmes visages qui reviennent.
- 20:37C'est des gens que tu vois depuis des années.
- 20:40Et même,je dirais,
- 20:40de génération en génération.
- 20:41Aussi ?
- 20:42Les générations succèdent.
- 20:43D'accord.
- 20:44Oui,
- 20:44parce qu'ils sont venus gamins avec leurs parents.
- 20:47et continue à venir après.
- 20:49C'est ça qu'on attend aussi,
- 20:50c'est d'avoir un petit peu sa Madeleine de Proust.
- 20:52Oui,
- 20:52c'est ça.
- 20:53Donc toi,
- 20:54la vie sur les Halles,
- 20:54elle commence à quelle heure le matin ?
- 20:56Comment ça s'organise,
- 20:57une journée ?
- 20:58Alors,
- 20:59elle commence tôt,
- 21:00parce qu'il y a la réception des marchandises.
- 21:03Donc,
- 21:03réception des marchandises.
- 21:06On a deux casquettes chez la Mère Richard.
- 21:08On sert les particuliers et on sert aussi les restaurants et les hôtels.
- 21:13Donc les particuliers,
- 21:13finalement,
- 21:14c'est les gens qui viennent sur le banc.
- 21:16On en a pas.
- 21:18Si on n'avait que les particuliers à servir,
- 21:21on pourrait venir à 8h ou 8h30 le matin.
- 21:23Oui,
- 21:23c'est la différence entre un fromager et un poissonnier.
- 21:26Voilà,
- 21:27mais on vient beaucoup plus tôt parce qu'il faut relever le répondeur,
- 21:34voir les mails pour les commandes des restaurants,
- 21:36des hôtels.
- 21:37Donc,
- 21:37les restaurateurs se laissent après leur service, la veille au soir.
- 21:40Voilà,
- 21:40le service du soir.
- 21:41Et donc,
- 21:42ça nous permet d'organiser les tournées des chauffeurs qui vont...
- 21:46justement,
- 21:47pour livrer les hôtels,
- 21:48les restaurants,
- 21:50voir si ce n'est pas à Lyon,
- 21:51si c'est par exemple à Paris ou dans le sud,
- 21:54faire des expéditions.
- 21:56Et du coup,
- 21:56tu livres beaucoup de restaurateurs sur le Grand Lyonnais ?
- 22:00Ah oui,
- 22:01oui,
- 22:01oui,
- 22:01beaucoup.
- 22:01Depuis aussi des...
- 22:03Depuis très longtemps,
- 22:04depuis très longtemps.
- 22:05Ta maman avait déjà commencé ça.
- 22:06J'avais commencé,
- 22:07ma mère.
- 22:08C'est une activité qui est historique.
- 22:10Tout à fait,
- 22:11tout à fait,
- 22:12et qui nous a beaucoup aidés,
- 22:13parce que le fait...
- 22:15que les gens voient Saint-Marcellin-de-la-Mere-Richard sur les cartes des restaurants,
- 22:19ça contribue à la notoriété.
- 22:20Et ça,
- 22:21c'est un petit peu grâce à
- 22:22M. Paul également.
- 22:24À M.
- 22:24Paul et puis à tous les cuisiniers qui l'ont suivi et qui ont fait la même chose.
- 22:29C'est quoi la planche de fromage classique à Lyon dans un bouchon lyonnais ?
- 22:34Alors tu sais,
- 22:35on a de la chance parce que
- 22:36Lyon, bon,
- 22:37Saint-Marcellin,
- 22:38Saint-Félicien.
- 22:39Et puis il y a aussi les Savoies avec Roblochon.
- 22:44Tommes,
- 22:44Tommes de vaches,
- 22:45Tommes de chèvres,
- 22:46le Beaufort.
- 22:47Il y a le Jura qui est pas loin avec le Comté.
- 22:50On vend énormément de Comtés.
- 22:51Notamment du Comté 18 mois,
- 22:53on en vend beaucoup,
- 22:54beaucoup.
- 22:55Il y a l'Auvergne qui est toute proche aussi avec le Saint-Nectaire,
- 23:00les Fourmes,
- 23:01voilà.
- 23:03On a vraiment beaucoup de chance.
- 23:04Et puis un peu de chèvres aussi ?
- 23:06Alors un peu de chèvres avec la Saône-et-Loire,
- 23:09les Charolais,
- 23:09les Maconais.
- 23:11la Drôme beaucoup de petites barattes aussi sur les gastro-lyonnais voilà les barattes plutôt dans les cocktails les barattes,
- 23:21les cocktails,
- 23:22les apéros le sud avec enfin le sud,
- 23:26plus au sud les Picodons les Rigottes de Condrieu tu vois on est vraiment gâtés c'est pour ça que monsieur Paul disait
- 23:36Lyon ne pouvait être que la capitale de la gastronomie avec
- 23:39tous ces produits qui confluent vers Lyon.
- 23:42Et au niveau du fromage,
- 23:43c'est bien le cas.
- 23:45C'est le cas pour d'autres choses aussi.
- 23:46Mais le fromage,
- 23:48presque en premier,
- 23:50je dirais.
- 23:50Le vin,
- 23:52c'est vrai que c'est assez central.
- 23:54Il y a proximité aussi avec d'autres pays comme la Suisse,
- 23:58l'Italie,
- 23:58qui apportent encore de la richesse du passage.
- 24:01C'est une très,
- 24:02très belle place,
- 24:04en tout cas pour la gastronomie.
- 24:07Renée,
- 24:07pour terminer,
- 24:08j'ai une dernière question.
- 24:09Oui.
- 24:10Quelle est ta pizza préférée ?
- 24:13Pourquoi tu me parles de pizza après une interview comme ça ?
- 24:17Et pourquoi pas ?
- 24:18Parce que la pizza,
- 24:19c'est un plat qui rassemble tout le monde.
- 24:21On est le premier pays consommateur de pizza.
- 24:23Et en fait,
- 24:24on a chacun finalement une pizza préférée.
- 24:27Je te dirais toute simple.
- 24:28Pizza,
- 24:30tomate,
- 24:31fromage,
- 24:32anchois,
- 24:32olives noires.
- 24:34Anchois,
- 24:35olives noires,
- 24:35ce n'est pas tout simple ça René.
- 24:37Ben si.
- 24:38Parce qu'il faut donner un petit peu de goût quand même.
- 24:40Oui,
- 24:40il faut un petit peu de goût.
- 24:41Merci beaucoup René.
- 24:42Je t'en prie,
- 24:43avec plaisir.
- 24:44Je vous remercie de nous avoir écoutés.
- 24:46J'espère que cet épisode vous a plu.
- 24:49N'hésitez pas à le partager et à commenter.
- 24:51Et je vous dis à bientôt pour un prochain épisode de Lait'Change.
- 24:54Aurevoir!