Latest / Flammes des années 80. Le podcast qui allume la femme. / Femme, artiste, autodidacte : Valérie Perrin & Karine Guillaume-Turam, deux voix qui osent tout
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- 0:03Flamme des années 80.
- 0:05Le podcast qui allume la femme.
- 0:11Bonjour,
- 0:12donc on est super contentes aujourd'hui de continuer notre petit parcours sur le thème de la carrière.
- 0:17Et on a beaucoup de chance aujourd'hui parce qu'on reçoit deux femmes incroyables.
- 0:21Donc
- 0:22Valérie Perrin et Karine Thuram.
- 0:25Est-ce que vous voulez vous présenter justement pour nos musiques ?
- 0:28Alors je vais !
- 0:29Oui donc je suis Karine Guillaume-Turam,
- 0:31je n'ai pas encore supprimé le nom de mon père,
- 0:33le pauvre.
- 0:34J'ai insisté pour que je porte le nom de mon mari et que je garde le nom de mon père.
- 0:38Donc Karine Guillaume-Turam,
- 0:40je suis chanteuse et journaliste et je ne sais pas quoi dire d'autre mais on va le découvrir au cours de l'émission parce que je vais aller suivre les questions.
- 0:47Évidemment !
- 0:48Et moi je suis Valérie Perrin,
- 0:50j'ai gardé le nom de mon père.
- 0:53tu es mariée en juin 2023 je peux dire aujourd'hui j'aimais pas le mot autrice mais j'ai appris il n'y a pas longtemps qu'en fait il avait été supprimé il y a très très longtemps parce que on voulait nous rayer
- 1:07de la carte,
- 1:08nous les femmes donc du coup je suis autrice depuis
- 1:119 ans maintenant et j'ai la chance de vivre de ma plume voilà et qu'est-ce que tu as fait du coup avant d'être autrice justement ?
- 1:21j'ai fait Merci.
- 1:21beaucoup,
- 1:21beaucoup de choses,
- 1:22mais ça fait donc 9 ans que j'écris.
- 1:25Je ne peux pas résumer,
- 1:27il nous faudrait
- 1:2825 heures,
- 1:28on ne les a pas.
- 1:30J'ai tout fait.
- 1:30Je n'ai pas fait d'études.
- 1:33Je vais y aller comme ça.
- 1:35Je n'ai pas fait d'études.
- 1:36Je n'ai pas le bac,
- 1:37caloréa.
- 1:38J'ai lu toute ma vie énormément,
- 1:40donc je pense que c'est en lisant que j'ai construit beaucoup,
- 1:42beaucoup de choses dans ma tête.
- 1:46Je suis allée beaucoup au cinéma,
- 1:47je suis allée beaucoup au théâtre,
- 1:49j'ai eu deux enfants.
- 1:50qui m'ont tout appris de la vie.
- 1:52J'ai eu des maris,
- 1:53j'en ai deux.
- 1:54J'en ai eu deux,
- 1:54j'en ai un par un.
- 1:55J'ai eu des amants.
- 1:57Et tout ça,
- 1:59imbriqué,
- 2:00tout ça mélangé,
- 2:02plein,
- 2:02plein,
- 2:02plein de choses différentes dans mon travail,
- 2:04fait qu'un jour,
- 2:05j'ai décidé d'écrire.
- 2:08Et que ça a marché.
- 2:09Ça s'appelle un miracle.
- 2:10Voilà.
- 2:11Voilà au résumé.
- 2:12C'est un beau résumé.
- 2:13Je ne sais pas comment vous allez faire les filles,
- 2:15parce qu'après ça...
- 2:21Eh bien,
- 2:21courage,
- 2:21Karine,
- 2:21courage.
- 2:22Non,
- 2:22pas moi.
- 2:22Moi,
- 2:22je réponds.
- 2:24Moi,
- 2:24c'est vous,
- 2:25je vais aller suivre le tourant.
- 2:26En fait,
- 2:26je trouve ça génial,
- 2:27tout est incroyable,
- 2:27mais ce que je trouve génial,
- 2:28c'est que je n'avais pas le bac.
- 2:30Et en fait,
- 2:30on a parlé un petit peu dans d'autres émissions par rapport à la carrière,
- 2:33à l'éducation des enfants.
- 2:34Ça fait partie aussi d'un peu de carrière,
- 2:36mine de rien,
- 2:36parce qu'on en parle pas mal.
- 2:38Et en fait,
- 2:39la pression qu'on peut mettre de tu n'arriveras pas,
- 2:42si tu n'as pas le bac,
- 2:43si tu ne fais pas d'études.
- 2:44et en fait,
- 2:45la preuve vivante en face de nous.
- 2:47quand même qui est...
- 2:48Dans combien de pays tu es traduite ?
- 2:5060.
- 2:50Voilà.
- 2:51Et quatre romans.
- 2:53Une des romancières les plus lues.
- 2:55Et je trouve ça assez incroyable d'avoir aussi l'honnêteté de dire j'ai pas le bac.
- 2:59En fait,
- 2:59ça peut donner vachement d'espoir.
- 3:00Nous,
- 3:00c'est pour ça qu'on vous invite aussi.
- 3:01C'est pour aussi donner un peu les espoirs aux gens qui se mettent des carcons dans leur tête et qui se disent moi,
- 3:06je pourrais jamais faire ça.
- 3:07Moi,
- 3:07je pourrais jamais faire ça.
- 3:09Tout est possible.
- 3:10Mais je tiens tout de même à souligner que mes deux enfants l'ont et que je me suis battue pour qu'ils l'aient.
- 3:14Je pense tout de même.
- 3:16qu'aujourd'hui,
- 3:16avoir le baccalauréat,
- 3:17tu arrêtes les études,
- 3:19peu importe.
- 3:19Mais si tu veux les reprendre quelques années après,
- 3:22c'est la seule porte qui peut t'ouvrir aux études.
- 3:24Et je le vois avec ma fille qui reprend des études de psy,
- 3:28et grâce à son bac.
- 3:30Donc,
- 3:30je ne l'ai pas,
- 3:31mais je conseille pour ceux qui veulent,
- 3:34et pour ceux qui peuvent,
- 3:35d'essayer d'aller au moins jusque-là.
- 3:38Mais après,
- 3:39on peut avoir plein d'autres qualités.
- 3:40sensibilité aussi.
- 3:41Et puis tu joues avec les mots.
- 3:42Moi,
- 3:42je trouve ça extraordinaire.
- 3:43C'est que non seulement sans dire le bac,
- 3:44mais en plus,
- 3:44tu manies la langue française.
- 3:46C'est parce que je n'ai pas le bac et que j'en étais très malheureuse que j'ai toujours rattrapé en lisant énormément.
- 3:51Je pense qu'il y a ça aussi.
- 3:52C'est quand même une blessure quelque part.
- 3:53Tu ne l'as pas,
- 3:54mais tu l'as passé.
- 3:55Tu n'arrives pas.
- 3:57C'est ça qui est intéressant.
- 3:59Quand tu es première,
- 4:00tu es partie à Paris.
- 4:01Voilà,
- 4:01parce que de ne pas l'avoir,
- 4:02c'est une clause,
- 4:02mais ça doit raconter quelque chose de toi.
- 4:05Ça veut dire que tu t'es arrêtée avant en disant,
- 4:07ce n'était pas ton objectif derrière le bal.
- 4:08Je ne te mets pas les colles,
- 4:09j'étais très mal à l'aise.
- 4:10Oui parce qu'on s'arrête souvent au fait de ne pas l'avoir Et on raconte pas Ce qui fait qu'on ne l'a pas eu
- 4:16Et c'est pas qu'elle ne l'a pas eu,
- 4:17c'est qu'elle a vécu une autre vie Elle s'est arrêtée avant
- 4:20T'avais d'autres rêves à poursuivre En l'occurrence pas d'avoir le bac
- 4:23Et c'est des histoires d'époque C'est à dire qu'aujourd'hui je te rejoins
- 4:26On n'imagine pas qu'un adolescent puisse ne pas aller jusqu'au bac
- 4:31Parce que c'est un peu le diplôme que tout le monde a A l'époque de mes parents ma mère à le bac,
- 4:35mon père là-bas.
- 4:36Et tout le monde,
- 4:37bien sûr,
- 4:37parce que plus on recule dans le temps,
- 4:39et moins les gens avaient le bac,
- 4:40et ils ont construit des vies incroyables.
- 4:41Donc,
- 4:42c'est vraiment notre époque qui nous impose d'avoir des diplômes et d'avoir cette espèce de ticket de métro qui dit,
- 4:47tu peux aller un peu n'importe où parce que tu as le bac.
- 4:49Mais je trouve ça très beau aussi dans les parcours de gens qui,
- 4:54même à leur époque,
- 4:54quand le bac pouvait être imposé,
- 4:56se sont arrêtés avant parce qu'ils avaient autre chose à faire.
- 4:59Et que vous avez fait plein d'autres trucs.
- 5:00Et c'est ça qui est top.
- 5:02Donc,
- 5:02en effet,
- 5:02ce n'est pas le bac qui fait la personne qu'on est,
- 5:05mais...
- 5:05Tu as besoin de parler de l'époque.
- 5:07Parce que l'époque,
- 5:08quand je suis arrivée à Paris,
- 5:09en 1986,
- 5:13on trouvait du travail,
- 5:13mais...
- 5:14Très facilement.
- 5:15Exactement.
- 5:16Vraiment.
- 5:17Je le dis parce que je l'ai entendu,
- 5:18je ne l'ai pas vécu moi-même,
- 5:19parce que ça ne définit pas mon âge,
- 5:21je l'ai dit tout de suite.
- 5:21Je sais,
- 5:22mais franchement,
- 5:241986,
- 5:25c'était une autre vie,
- 5:26c'était un autre monde,
- 5:28il faut le comprendre.
- 5:29On pouvait débarquer seule à Paris,
- 5:32être hébergée chez quelqu'un,
- 5:33pouvoir payer un loyer,
- 5:35ce qui est quasi improbable aujourd'hui.
- 5:37Et surtout à l'âge de 17 ans,
- 5:38comme ça.
- 5:40C'est vachement important de le dire,
- 5:41c'est une question d'époque.
- 5:43C'était un autre temps.
- 5:44Et tu rêvais de quoi à l'époque,
- 5:45toi ?
- 5:46Je me parlais,
- 5:46je te pose la question,
- 5:47ça a été intéressant.
- 5:48Non,
- 5:48mais tu vas partir.
- 5:49La seule chose que je voulais,
- 5:51la seule chose dont je rêvais,
- 5:52c'était de quitter vraiment,
- 5:54comme la chanson d'Aznavour,
- 5:55la province.
- 5:55Vous allez quitter dans quelle province ?
- 5:57En Bourgogne.
- 5:58En Bourgogne.
- 5:59Oui,
- 5:59en Bourgogne.
- 6:00Je suis arrivée,
- 6:00j'avais un an.
- 6:01Et donc,
- 6:01je suis partie,
- 6:02j'avais 19 ans.
- 6:03Mais vraiment,
- 6:04avec trois sous en poche,
- 6:05tu vois.
- 6:06Est-ce qu'il y avait déjà cette envie d'être autrice ?
- 6:08Je pense pas du tout.
- 6:09non,
- 6:10non,
- 6:10je pense que ce n'est pas une envie,
- 6:11je pense qu'on le porte en soi.
- 6:12Et puis après,
- 6:13la vie fait qu'il y a un moment dans ta vie,
- 6:15mais ça,
- 6:15c'est beaucoup,
- 6:16beaucoup,
- 6:16beaucoup plus tard.
- 6:17Tu as le temps de le faire.
- 6:19Mais je réponds avant.
- 6:23Mais on me dit toujours,
- 6:24pourquoi tu as écrit si tard ?
- 6:25Parce que mon premier roman,
- 6:26il a été édité,
- 6:26j'avais
- 6:2748 ans.
- 6:30Et en fait,
- 6:30j'explique juste qu'il fallait,
- 6:31pareil,
- 6:31payer le loyer,
- 6:33élever ses enfants,
- 6:33travailler.
- 6:34Et que je n'avais pas ce moment-là,
- 6:37ce temps-là pour l'écriture.
- 6:39C'est pour ça que j'ai écrit très,
- 6:39très tard.
- 6:41C'est drôle parce que moi,
- 6:42c'est l'inverse.
- 6:43Je voulais absolument partir à Paris pour faire mes études,
- 6:46mais il me fallait le bac.
- 6:49J'étais en Guadeloupe,
- 6:50chez mes parents.
- 6:51Parce que j'ai grandi entre
- 6:53Paris, Cayenne et la Guadeloupe.
- 6:55Et en Guadeloupe,
- 6:56pour partir à Paris,
- 6:57mes parents ne me laisseraient jamais.
- 6:58Ils ne m'auraient pas laissé partir sans le bac.
- 7:00Donc moi,
- 7:00il fallait que j'ai le bac pour partir.
- 7:02Et en effet,
- 7:04j'ai eu le bac à
- 7:0618 ans,
- 7:0617 ans,
- 7:0718 ans.
- 7:08et quand tu...
- 7:10te lances dans l'exil parce que c'est une chose de faire Bourgogne-Paris,
- 7:14c'est une autre de faire Guadeloupe-Paris où tu ne peux pas retourner le week-end.
- 7:19C'est vivre loin et donc ça suppose de gagner très vite en maturité.
- 7:22Pour mes parents,
- 7:24d'avoir le bac,
- 7:24de savoir gérer ton truc,
- 7:25ça voulait dire aussi que tu étais en capacité de vivre seule et de commencer à gérer ta vie toute seule.
- 7:30Donc voilà,
- 7:30moi c'était l'inverse.
- 7:31Moi le bac,
- 7:31c'était le passeport pour partir et arriver à Paris.
- 7:33Il était...
- 7:37Très bien.
- 7:37Alors moi...
- 7:38Quand j'avais commencé avant,
- 7:40j'ai écrit mon premier article à 13 ans.
- 7:42En Guyane,
- 7:43au collège où on était,
- 7:45on avait eu cette envie de monter un magazine qu'on voulait appeler Métissage Cocktail,
- 7:50c'est beaucoup plus tard.
- 7:51Parce que la Guyane dans laquelle on grandissait,
- 7:53c'était vraiment une Guyane extrêmement cosmopolite qui était très différente de ce qu'on voyait à la télévision sur l'unique chaîne que nous avions à l'époque,
- 8:02RFO.
- 8:02où on vivait avec des gens de couleurs de peau différentes,
- 8:06de religions différentes,
- 8:07etc.
- 8:07et que ça n'avait absolument aucune valeur.
- 8:09Et on ne comprenait pas l'actualité qui nous parvenait du reste du monde et qui racontait que c'était une source de division et de conflit.
- 8:19Et donc,
- 8:19on voulait raconter ça.
- 8:20Et évidemment,
- 8:21à l'époque,
- 8:22personne ne nous avait donné le budget pour créer ce magazine-là.
- 8:25En revanche,
- 8:26on avait fait une maquette et tout.
- 8:27En revanche,
- 8:27France-Guyane,
- 8:28qui est le quotidien de la Guyane,
- 8:29avait entendu parler de notre initiative.
- 8:31comment je n'en ai pas la moindre idée.
- 8:32Parce que je ne me souviens pas que mes parents connaissaient des journalistes.
- 8:36Aucun des parents de mes camarades de classe n'étaient journalistes non plus.
- 8:39Donc je ne sais pas par quel biais ces gens ont entendu parler de notre initiative.
- 8:43Mais en tout cas,
- 8:43ils nous ont confié une page hebdomadaire pour qu'on se fasse la main.
- 8:46Et c'est comme ça que j'ai commencé à écrire et je n'ai jamais arrêté depuis.
- 8:49Voilà.
- 8:51À l'âge de 13 ans.
- 8:52Ouais,
- 8:52ça m'a mis le pied à l'étrier.
- 8:53Du coup,
- 8:53t'as fait une école de journalisme.
- 8:55Non,
- 8:55j'ai pas voulu,
- 8:56justement.
- 8:58J'adore,
- 8:58j'adore.
- 9:01Non,
- 9:01parce qu'à 18 ans,
- 9:02j'avais une très haute estime de moi.
- 9:04Et je pensais que j'étais unique et que j'avais un truc très spécial.
- 9:08Et j'avais peur d'être formatée.
- 9:10C'est quand même lunaire de penser comme ça à 18 ans.
- 9:12Mais c'est ce que je pensais.
- 9:13Et donc,
- 9:14j'ai fait une hypocagne,
- 9:16l'être sub,
- 9:16etc.
- 9:17Et ensuite,
- 9:17j'ai fait une fac de philo.
- 9:19Ce qui a désespéré mon père,
- 9:21qui est un chef d'entreprise.
- 9:24Il s'est dit,
- 9:24elle ne va pas ouvrir une boutique de philosophie comme elle va gagner sa vie,
- 9:27ma fille,
- 9:27ça va être l'enfer.
- 9:29Mais en fait,
- 9:30je voulais une formation qui m'aide à structurer ma pensée,
- 9:32qui m'aide à réfléchir.
- 9:34Et je trouvais que la philosophie pour ça,
- 9:35c'était ce qu'il y avait de plus précieux et de plus efficace.
- 9:38Donc je savais que je ne ferais rien en philo,
- 9:40que je ne serais pas enseignante.
- 9:41Ma mère était enseignante,
- 9:42elle est à la retraite maintenant,
- 9:43mais je ne rêvais pas du tout.
- 9:44Je n'avais pas cette patience.
- 9:46Je ne rêvais pas du tout d'enseigner,
- 9:48mais je rêvais de transmettre néanmoins.
- 9:50Et je ne voulais surtout pas être journaliste.
- 9:52Je me disais,
- 9:52bon,
- 9:53en fait,
- 9:53le journalisme,
- 9:55ce n'est pas un talent,
- 9:56ce sont des aptitudes.
- 9:57C'est des compétences.
- 9:58Donc,
- 9:58c'est savoir écrire,
- 10:01formuler.
- 10:02Enfin oui,
- 10:02savoir écrire,
- 10:03résumer,
- 10:05poser des questions,
- 10:06être curieux.
- 10:07Tout ça,
- 10:07ce n'est pas un talent.
- 10:08Ça,
- 10:08c'est des choses qu'on développe.
- 10:10L'exigence,
- 10:10la rigueur,
- 10:11la discipline.
- 10:12Voilà.
- 10:12Un souci d'honnêteté.
- 10:14En tout cas,
- 10:15on n'est pas toujours neutre,
- 10:16mais on peut à minima être honnête.
- 10:19Et je ne voyais pas trop ce qu'on pourrait m'apprendre dans une école de journalisme.
- 10:22Et donc,
- 10:22j'ai fait le choix de ne pas en faire.
- 10:23Voilà.
- 10:24Et puis,
- 10:24après,
- 10:25il faut assumer.
- 10:28être autodidacte ça a été difficile en fait ça n'a pas tant été difficile c'est plus la pression qu'on se met c'est pour ça que je comprends très bien ce que tu dis ce que ça a pu te créer comme déséquilibre entre guillemets de ne pas avoir le bac pour la légitimité qu'on peut avoir vis-à-vis toi-même pour l'écriture quand
- 10:43tu choisis des journalistes et de surtout pas faire une école de journalisme bon il faut être irréprochable en fait c'est aussi ça que ça impose comme pression donc ça destine entre guillemets une forme d'excellence
- 10:56aucun moment tu puisses être prise à défaut sur quelconque point qu'il soit.
- 11:01Donc ça suppose d'être encore plus en maîtrise du sujet que quelqu'un qui a fait une école et qui n'a pas approuvé qu'il sait faire,
- 11:07puisqu'il a fait une école.
- 11:07Donc normalement,
- 11:08il a été formé pour ça.
- 11:09Et comment tu as tes premiers boulots si tu n'as jamais fait d'école ?
- 11:12Comment tu arrives à...
- 11:13Ce petit pont-là ?
- 11:14Un peu au bluff.
- 11:15En fait,
- 11:15les tout premiers,
- 11:17mes toutes premières expériences,
- 11:20c'est toujours dans la continuité,
- 11:22parce que j'avais fait France-Guyane,
- 11:23après en Guadeloupe au lycée,
- 11:25parce que France-Guyane,
- 11:25c'est quand j'étais au collège en Guyane.
- 11:27Quand on est arrivé en Guadeloupe,
- 11:29pendant mes années lycée,
- 11:30je participais à des forums jeunes pour RFO Radio.
- 11:33Et puis une fois que j'ai eu le bac et je suis arrivée à Paris,
- 11:34un de mes amis de l'époque,
- 11:36qui avait mon âge,
- 11:37qui venait d'avoir le bac aussi,
- 11:38avait une émission pour jeunes sur Médias Tropicales.
- 11:41Et donc,
- 11:41je travaillais avec lui sur cette émission.
- 11:43Et puis,
- 11:44dans cette radio,
- 11:45j'avais rencontré des gens qui s'étaient dit « Ah,
- 11:46elle est rigolote,
- 11:47cette petite » ,
- 11:47qui m'avaient donné ma chance en me proposant d'être rédactrice en chef d'un magazine papier qui était Moribond et qu'il fallait remonter.
- 11:53Donc,
- 11:53j'avais eu à créer une équipe,
- 11:56une rédaction.
- 11:56J'avais 19 ans.
- 11:59En fait,
- 11:59je pense que j'étais assez...
- 12:01Je devais être très attachante,
- 12:02très sympa,
- 12:02parce que je travaillais vraiment avec des journalistes confirmés,
- 12:05des pères de famille,
- 12:06des mères de famille.
- 12:07Je disais « Non,
- 12:07tu vois,
- 12:07il faut que tu écrives plus nerveux,
- 12:09il faut que ça soit plus court. »
- 12:10Je me revois leur disant ça,
- 12:12c'est ouf,
- 12:12alors que j'avais aucune expérience.
- 12:14Et ils le faisaient.
- 12:15Donc,
- 12:15je pense qu'ils devaient se dire,
- 12:16elle a un truc,
- 12:17ça va être moum,
- 12:17quoi.
- 12:17Moi,
- 12:18j'adore,
- 12:18c'est ça qui est génial.
- 12:19C'est rigolo.
- 12:20Il y avait un truc de cet ordre-là.
- 12:21Et puis,
- 12:22j'ai rencontré aussi Claudicière,
- 12:23là-bas,
- 12:23à Mediatropica,
- 12:24qui m'avait aussi prise sous son aile pour bosser avec lui sur RFI.
- 12:28Enfin,
- 12:28j'ai eu plein,
- 12:28plein d'expériences.
- 12:30Jusqu'à arriver en télé,
- 12:31où je faisais aussi,
- 12:32entre-temps,
- 12:33du management d'artistes.
- 12:34J'ai managé Tania Saint-Val,
- 12:35Joël Ursu,
- 12:36enfin j'ai fait plein de trucs.
- 12:37J'étais hyper curieuse de tout.
- 12:38tout,
- 12:38je voulais faire plein de trucs.
- 12:40Tout en faisant mes études,
- 12:42on me voyait assez peu.
- 12:43J'avais deux bonnes copines à la fac.
- 12:45Parce qu'une fois qu'on a fait une prépa,
- 12:46franchement,
- 12:47la fac,
- 12:47c'est un boulevard.
- 12:50J'avais deux copines à la fac,
- 12:51je récupérais les cours et tout.
- 12:53C'était marqué respiration,
- 12:54le prof s'assoit,
- 12:55donc je ne venais jamais.
- 12:56Elle mettait toutes les notes et en fait,
- 12:58j'avais quand même mes partiels.
- 13:00J'avais quand même vraiment appris à travailler.
- 13:01C'était ça l'avantage d'avoir fait prépa.
- 13:05Un jour,
- 13:05on me propose de participer à un casting pour une émission culturelle,
- 13:08comme j'étais manager de chanteuse et tout.
- 13:11Et j'arrive dans cette chaîne et le patron de la chaîne me voit arriver et me dit non.
- 13:15Toi,
- 13:15tu viens pour le culturel,
- 13:16c'est ça ?
- 13:17Je dis oui,
- 13:17il me dit non.
- 13:17Toi,
- 13:17tu vas présenter le JT.
- 13:19Ah ouais.
- 13:20Bon,
- 13:20OK.
- 13:21Donc,
- 13:21c'était une toute petite chaîne qui était diffusée sur le satellite et qui n'avait pas encore commencé à émettre.
- 13:26Donc,
- 13:26c'était vraiment le lancement de la chaîne.
- 13:27Ce que je ne savais pas alors,
- 13:29c'est que quelqu'un avait déjà été choisi pour présenter le JT et cette personne a perdu son job au moment où je suis arrivée.
- 13:35Et ça m'a aussi donné une vraie leçon sur ce qu'est la télévision.
- 13:37C'est-à-dire qu'en télé,
- 13:38rien ne t'appartient.
- 13:38C'est-à-dire que c'est à toi aujourd'hui,
- 13:40puis demain,
- 13:41quelqu'un d'autre est arrivé dans l'immeuble et c'est terminé.
- 13:44Donc,
- 13:45il faut quand même toujours savoir que ça peut changer.
- 13:47Ton sort,
- 13:48tu ne peux jamais vraiment dormir tranquille.
- 13:49Tu peux être d'un côté ou de l'autre de la porte.
- 13:51Ah oui,
- 13:51exactement.
- 13:52Et ça a été une expérience assez folle où j'ai aussi rencontré plein de gens.
- 13:56Et puis un jour,
- 13:58ça a duré quelques mois.
- 14:00Ensuite,
- 14:00j'ai bossé pour Canal France International,
- 14:02TV5Monde,
- 14:03sur des émissions de sport notamment.
- 14:05Et le réalisateur d'une de ses émissions travaillait aussi à Turbo sur M6.
- 14:09Et j'étais absolument fan de voitures.
- 14:10C'est une des choses que j'ai de mon père,
- 14:12que mon père m'avait transmise.
- 14:16Et un jour,
- 14:16en en parlant,
- 14:17il me dit « Ecoute,
- 14:18tu m'ennuies à me parler de bagnole tout le temps.
- 14:19T'as qu'à postuler à Turbo. »
- 14:22Ce que j'ai fait.
- 14:24Et à l'époque,
- 14:25j'avais envoyé un mail.
- 14:26Je ne sais plus,
- 14:27parce que ça ne se faisait pas d'envoyer des mails à des gens qu'on ne connaissait pas.
- 14:29parce que vraiment l'époque a changé,
- 14:30c'était à 20 ans.
- 14:31À l'époque,
- 14:32on n'appelait pas les gens sur leur portable,
- 14:33on les appelait sur leur fixe.
- 14:34Le portable,
- 14:35il fallait les connaître pour les appeler sur leur portable.
- 14:37Et je crois que j'avais envoyé un mail en prenant plein de précautions,
- 14:40tout ça.
- 14:41Bref,
- 14:41il m'avait rappelé et j'avais révisé.
- 14:44J'étais absolument incollable.
- 14:46C'est aussi ça quand on autodidacte sur l'automobile.
- 14:48J'avais rencontré Dominique Chapate qui m'avait reçu.
- 14:52Pareil,
- 14:53je pense qu'il s'est dit,
- 14:53elle est marrante cette petite.
- 14:54Je ne sais pas ce qu'elle nous veut,
- 14:56celle-là.
- 14:57Et l'entretien a duré
- 14:585 ou 6 minutes.
- 15:00Et ça s'est joué d'ailleurs sur un truc assez drôle.
- 15:02Parce qu'à l'époque,
- 15:03j'habitais à Vincennes.
- 15:04Ils m'écoutent raconter les taux de pénétration dans l'air et les CX et les époques des voitures.
- 15:09Et à un moment,
- 15:10ils m'interrompent et me disent « Ah,
- 15:11vous habitez à Vincennes ? »
- 15:12J'ai dit « Oui » .
- 15:12Ils me disent « Mais il y a toujours à la rue de Fontenay,
- 15:16il y a la rue des Rigolos,
- 15:17il y a toujours à la rue de la Jarry. »
- 15:19C'est vrai ?
- 15:22Je me dis,
- 15:23il y a la rue Guittemère.
- 15:25J'ai habité 20 ans à Vincennes.
- 15:26Ce n'est pas possible.
- 15:28Il me dit,
- 15:28rendez-vous lundi en réunion de réaction.
- 15:30Je pense que si j'avais habité à fond,
- 15:33si tu es mort,
- 15:34je n'avais pas le job.
- 15:36Il y a toujours à quoi ça tient.
- 15:38Rien,
- 15:39en fait.
- 15:39Ça ne tient vraiment à rien.
- 15:40Une fois qu'on y est,
- 15:41c'est pareil.
- 15:42C'est bien de rentrer,
- 15:43mais il faut faire ses preuves.
- 15:45Il m'avait dit,
- 15:47vous avez déjà fait de longs reportages.
- 15:50Et j'avais dit oui,
- 15:51bien sûr.
- 15:51Et à l'époque,
- 15:51je n'avais pas fait de reportage.
- 15:54Donc,
- 15:54c'est là où intervient le bluff.
- 15:55Le bluff,
- 15:56c'est moi.
- 15:56J'ai toujours dit que j'avais le bac plus deux sur la CV.
- 15:59Je racontais n'importe quoi.
- 16:02Et en fait,
- 16:02j'avais toujours des portraits.
- 16:04Mais je n'avais jamais fait de reportage.
- 16:07Ce n'est pas du tout la même chose.
- 16:08Et donc,
- 16:09je crois que c'était un jeudi.
- 16:10Entre le jeudi où j'avais eu l'entretien et le lundi,
- 16:12j'avais passé mon temps devant la télévision à regarder des dizaines de reportages.
- 16:17à écrire comme ils étaient écrits,
- 16:19quelle était la structure,
- 16:20comment c'était fait un reportage,
- 16:22pour que le lundi,
- 16:23je puisse proposer des reportages,
- 16:24partir en tournage,
- 16:25faire mon premier reportage,
- 16:27mais qui ne devait pas être mon premier reportage,
- 16:29et monter mon premier reportage qui ne devait pas être comme mon premier reportage,
- 16:33et donner le sentiment que vraiment,
- 16:35j'avais déjà fait plein de reportages avant.
- 16:37Et c'est exactement comme ça que ça s'est passé.
- 16:39Et ça a fonctionné.
- 16:39Eh bien,
- 16:39bien sûr.
- 16:40Mais enfin.
- 16:43Et en plus,
- 16:43tu fais de la musique.
- 16:45Oui,
- 16:45exactement.
- 16:47Voilà.
- 16:50C'était le moment de bluff.
- 16:51Mais quand on bluff,
- 16:52il faut vraiment assurer.
- 16:53Il faut.
- 16:53Et après,
- 16:54petit à petit,
- 16:55tu as bougé comme ça sur M6.
- 16:56Exactement.
- 16:57Après,
- 16:57ils m'ont proposé.
- 16:59Je l'appelle ma maman de la télé.
- 17:00Ça l'amuse toujours.
- 17:01Je ne suis pas sûre que ça l'amuse d'ailleurs.
- 17:02Je ne pense pas dire rien.
- 17:03Mais c'est Vincent Régnier qui...
- 17:07Oui,
- 17:07peut-être.
- 17:08Parce que mon papa de la télé,
- 17:09je trouve que c'est moi,
- 17:10alors qu'il était vraiment protecteur avec moi.
- 17:11C'est vraiment ma maman de la télé,
- 17:13je vais s'en rayer,
- 17:14qui m'a repéré à Turbo.
- 17:16Et un jour,
- 17:16il est venu me voir en me disant ce que je co-présentais Turbo.
- 17:19À un moment,
- 17:20je faisais les news de l'automobile,
- 17:21etc.
- 17:22Il m'a dit,
- 17:22écoute,
- 17:23je trouve qu'en interne,
- 17:24tu n'es pas assez exposé.
- 17:25On ne te connaît pas assez.
- 17:25On fait un casting et j'aimerais beaucoup que tu le fasses.
- 17:28Alors,
- 17:28j'ouvre une parenthèse.
- 17:30J'avais travaillé déjà en interne à la rédaction nationale.
- 17:33Donc quand il me propose de faire ce casting,
- 17:35c'était pour l'info.
- 17:36Et j'avais fait des morning,
- 17:39des flashs infos dans le morning,
- 17:40à l'époque de Zooméo.
- 17:42Donc c'était genre 2005-2006,
- 17:43un truc comme ça.
- 17:45J'arrivais à la rédaction à 2h30,
- 17:463h,
- 17:47c'était l'enfer,
- 17:48j'ai détesté ça.
- 17:49D'ailleurs c'est rigolo parce que j'ai retrouvé des images il n'y a pas très longtemps.
- 17:52À 7h,
- 17:53j'avais le visage encore comme ça.
- 17:55C'était vers
- 17:569h que les traits de mon visage commençaient à se stabiliser.
- 17:59Ah,
- 17:59mais c'est bien carré,
- 18:00c'est ça.
- 18:00Parce qu'à cet heure,
- 18:01on n'était pas trop sûrs que c'était moi.
- 18:03Et donc,
- 18:03j'avais fait mon zandoli.
- 18:06Le zandoli,
- 18:06c'est un petit lézard.
- 18:07On les appelle le zandoli aux Antilles.
- 18:09En me disant,
- 18:09si tu ne bouges pas,
- 18:10personne ne va te voir.
- 18:12Et c'est exactement ce qui s'était passé.
- 18:13C'est-à-dire qu'à la fin de la saison,
- 18:14je n'avais rien demandé à personne.
- 18:16Je ne m'étais pas signalée.
- 18:17Je ne me suis pas manifestée.
- 18:19Et la saison qui a suivi a enchaîné sans que personne ne me propose de refaire des infos...
- 18:24Je me suis oublié !
- 18:26Mais littéralement.
- 18:28Et donc,
- 18:28quand Vincent me dit,
- 18:29écoute,
- 18:29fais le casting en interne pour l'info.
- 18:31Je suis dit,
- 18:32ah,
- 18:32le retour du flash info,
- 18:33qu'à l'enfer,
- 18:34je ne veux surtout pas faire ça.
- 18:35Et il insiste.
- 18:36Et donc,
- 18:37je finis par céder en lui disant,
- 18:38bon,
- 18:38de toute façon,
- 18:39ça ne m'engage à rien.
- 18:40Il me dit,
- 18:40mais bien sûr,
- 18:41ça ne t'engage à rien.
- 18:41Bon,
- 18:42ça se passe un samedi matin à
- 18:447h30, 8h.
- 18:45Donc,
- 18:45vraiment,
- 18:45le truc que je n'ai pas du tout envie de faire après une grosse semaine.
- 18:48Mais mon patron m'a demandé de passer un casting.
- 18:50Donc,
- 18:50je vais faire le casting.
- 18:51J'écris le JT.
- 18:52Un JT,
- 18:52je ne sais plus ce que c'était.
- 18:53je passe le casting j'ai pas
- 18:55pas envie de vivre tout ça.
- 18:57Mais voilà.
- 18:58Donc évidemment,
- 18:58quand on le fait sans pression,
- 19:00mais qu'on fait les choses consciencieusement,
- 19:01ça se passe très bien.
- 19:03Donc on me rappelle.
- 19:05Du coup,
- 19:05je me retrouve à faire des chroniques dans le JT,
- 19:07dans le 1945.
- 19:10Très vite après,
- 19:11on me propose de remplacer le joker de Xavier Demoulin l'été,
- 19:15donc pendant les vacances de Xavier Demoulin.
- 19:16Donc là,
- 19:17on est 2010-2011.
- 19:18Et puis,
- 19:19la saison suivante,
- 19:20Aïda Twiri,
- 19:21qui présentait le 12-45,
- 19:22est donnée partante et il me propose de la remplacer.
- 19:25Donc en fait,
- 19:25ça se passe comme ça,
- 19:26sur un casting.
- 19:26C'est fou la vie.
- 19:29Les horaires avaient changé.
- 19:30Oui,
- 19:30ça n'avait rien à voir.
- 19:31Ce n'était pas sur des matinales.
- 19:33C'est très tôt quand même la conf de rédacte du 12-45,
- 19:35mais ce n'était vraiment pas comparable pour le pro flash.
- 19:38Et puis là,
- 19:39ça a un JT,
- 19:39alors que les flashs,
- 19:40ce n'est pas comparable non plus avec un JT national.
- 19:43Vraiment,
- 19:43ça a été une aventure assez folle.
- 19:45Et ça a duré dix ans,
- 19:46parce que j'ai présenté le 12-45 de 2012 à 2022.
- 19:51C'est marrant,
- 19:51c'est vraiment l'émission de Tout est possible.
- 19:55Et pourquoi tu as arrêté ?
- 19:57J'ai arrêté parce que je sortais mon album.
- 19:59D'accord.
- 19:59Et parce que j'ai pris une année sabbatique déjà pour le défendre,
- 20:04parce que ce n'était pas compatible d'être du lundi au vendredi sur un JT et en même temps faire de la scène pour ce terrain,
- 20:09ce n'était pas possible.
- 20:10Et puis parce que vraiment,
- 20:11ce que j'ai contenu très longtemps,
- 20:13qui était la musique,
- 20:14c'est absolument vital pour moi.
- 20:18Et je me rendais compte que je m'en rendrais malade de ne pas pouvoir m'exprimer artistiquement.
- 20:22Il fallait vraiment que je puisse chanter et que je m'exprime.
- 20:24Et ça supposait d'arrêter le JT.
- 20:27Et 10 ans,
- 20:29c'était bien.
- 20:31Et j'aime bien les cycles.
- 20:32En plus,
- 20:32c'est que
- 20:3410 ans de JT,
- 20:3410 ans d'info,
- 20:35c'était bien.
- 20:37C'était super.
- 20:37C'est encore un point commun parce que finalement,
- 20:39tu l'as fait un peu tard.
- 20:40Oui,
- 20:41complètement.
- 20:41Très tard.
- 20:41Personne ne fait un premier album à 45 ans.
- 20:43Bientôt 38.
- 20:47Personne ne fait ça Normalement tu dis bon c'est fini J'ai rêvé de
- 20:51Je le ferai pas Tu passes à autre chose Non j'étais un peu entêtée Moi je voulais le faire Ah mais c'est génial C'est comme toi
- 20:58Bah oui c'est vrai C'est environ moi à 48 Moi c'est à 45 Donc c'est très proche quoi
- 21:04T'as fait des gros coups de bluff Toi comme ça Valérie Pour le travail quoi
- 21:09Il cherchait un bac plus 18 Pour être à 6 ans Une réaction machin Je le faisais croire Mais par contre c'est ce que tu dis Merci.
- 21:16il faut être meilleur que les autres.
- 21:17Exactement.
- 21:18Tu peux mentir.
- 21:19J'adore le mensonge.
- 21:21C'est bien,
- 21:21c'est drôle.
- 21:22J'adore,
- 21:22je trouve qu'il a beaucoup de vertu.
- 21:23Je pense que tout le monde n'est pas capable d'entendre la vérité.
- 21:26Je pense qu'il y a plein de gens qui sont incapables de l'entendre,
- 21:28donc il faut savoir avec qui tu parles.
- 21:31Mais là,
- 21:31du coup,
- 21:31tu t'excuses,
- 21:32toi,
- 21:32menteuse,
- 21:32tu vois.
- 21:33Tu dis non,
- 21:33je ne te fais pas mentir de la vérité parce que tu ne pouvais pas l'entendre.
- 21:40C'est vrai qu'après,
- 21:41il faut travailler aussi bien que quelqu'un.
- 21:43Ils ne se sont jamais rendus compte du coup ?
- 21:47Dans toute mon expérience,
- 21:48non,
- 21:48jamais.
- 21:49Ce qui importe,
- 21:49c'est d'être à la haute.
- 21:50Après,
- 21:50je n'ai pas postulé pour être médecin.
- 21:51Ils reviennent,
- 21:53mais tu vois,
- 21:54dans le bureau...
- 21:54En fait,
- 21:55c'est encore une fois de plus une autre époque,
- 21:58mais qui est hyper importante.
- 21:59Je me suis formée toute seule sur Mac.
- 22:02Word sur Mac.
- 22:03Il faut savoir que ça,
- 22:04c'était il y a...
- 22:0530 ans.
- 22:05Il faut savoir que des gens qui savaient parfaitement écrire sur Mac
- 22:10Word il y a 30 ans,
- 22:11c'était vachement rare.
- 22:12C'était comme un diplôme.
- 22:13Oui,
- 22:13c'est vrai,
- 22:14comme d'actuel.
- 22:16Je faisais beaucoup de missions d'intérimaire dans plein de bureaux différents,
- 22:19partout sur Paris,
- 22:20en région parisienne.
- 22:21Et c'était vachement rare.
- 22:22Du coup,
- 22:22j'avais tout le temps du travail.
- 22:24Et voilà,
- 22:25c'est une autre époque.
- 22:27Aujourd'hui,
- 22:27tu dis ça à un gosse,
- 22:28il est mort de rire.
- 22:29Mais à l'époque...
- 22:30Il n'y avait pas beaucoup de gens qui savaient.
- 22:31C'est vrai que c'était comme avoir un diplôme.
- 22:33Oui,
- 22:33c'était d'un kilo.
- 22:36Taper à la machine,
- 22:37mettre en forme.
- 22:40J'ai fait une première sur laquelle j'ai appris vraiment à écrire sur une machine à écrire.
- 22:44Les machines comme avant.
- 22:46Un ordinateur,
- 22:46pour moi,
- 22:47c'est...
- 22:47Aujourd'hui,
- 22:48je peux,
- 22:48par exemple,
- 22:48là,
- 22:49on a cette conversation,
- 22:50je peux écrire à toute vitesse en vous parlant.
- 22:52Ah oui,
- 22:53c'est ça.
- 22:53Il me fait regarder ce truc-là.
- 22:55C'est top.
- 22:55C'est une vraie chance.
- 22:56En même temps,
- 22:56t'es une femme.
- 22:57T'es une femme,
- 22:57donc tu sens ça.
- 22:58Ben voilà.
- 23:00On est des mamans,
- 23:03donc voilà.
- 23:05Quand tu écris tes romans,
- 23:05tu écris à l'ordinateur ou à la main ?
- 23:07Absolument tout à l'ordinateur.
- 23:10Mais vraiment depuis le départ.
- 23:12Je m'envoie des messages si j'ai une idée.
- 23:15J'ai un tout petit carnet.
- 23:17C'est toujours très paradoxal parce que j'ai un carnet avec quatre pauvres feuilles gribouillées et je fais des romans de 500 pages.
- 23:23Mais c'est pour me souvenir de choses.
- 23:24Et quand,
- 23:25là,
- 23:25comme par exemple le dernier,
- 23:27le prochain,
- 23:27celui qui va sortir,
- 23:29C'est vraiment,
- 23:29je pars de 1930 jusqu'à 2010.
- 23:32Donc,
- 23:32quand j'ai presque terminé de l'écrire,
- 23:34je me suis quand même fait ce que j'avais déjà fait pour Les Oubliés du Dimanche,
- 23:36le premier roman,
- 23:37une frise.
- 23:38Avec tous les événements très importants,
- 23:40les rencontres,
- 23:41pour ne pas me tromper.
- 23:43Mais je l'ai fait plus à la fin sur celui-là.
- 23:45Et tu gardes toutes les phrases coupées de tes romans ?
- 23:48Ce que tu ne gardes pas,
- 23:49mais que tu mets plus loin ?
- 23:51Tu écris un truc,
- 23:52ça,
- 23:52tu ne gardes pas ?
- 23:53Tu ne t'encombres pas,
- 23:54il ne faut pas s'encombrer.
- 23:56On peut dire le titre quand même de ce...
- 23:57Bien sûr,
- 23:58il s'appelle Tata,
- 23:59comme une tante.
- 24:00C'est une nièce,
- 24:01c'est une tante racontée par sa nièce.
- 24:04C'est hyper beau,
- 24:04mais c'est encore l'histoire de femmes.
- 24:06Du coup,
- 24:06il y a souvent dans tes romans des femmes qui se rencontrent.
- 24:10Moi,
- 24:10je trouve ça passionnant.
- 24:12Oui,
- 24:12c'est l'histoire d'une femme qui parle de cette tante qui était cordonnière,
- 24:15qui était fan de football,
- 24:17parce qu'elle a grandi à Guignon.
- 24:19Et j'ai envie de dire que dans cette petite ville de Saône-et-Loire,
- 24:22on est tous nés...
- 24:24On n'avait pas le choix.
- 24:25Avec une passion pour le foot.
- 24:26Oui,
- 24:26parce que c'est vraiment le foot et l'usine qui est très importante,
- 24:31qui a été très importante,
- 24:32qui est toujours au niveau de l'usine,
- 24:33mais plus du tout du club,
- 24:35marchait main dans la main.
- 24:36Ce qui fait qu'il y avait les moyens de faire venir ce qu'on appelait des semi-professionnels dès les années 60.
- 24:43Donc,
- 24:44c'est une ville qui a grandi,
- 24:45qui a fini en première division dans les années 2000.
- 24:48qui a gagné contre le PSG,
- 24:50la Coupe de la Ligue.
- 24:50Donc,
- 24:51c'était une ville très importante pour le football.
- 24:54Et en naissant là-bas,
- 24:55en grandissant là-bas,
- 24:56il y avait des stades partout.
- 24:57Tous les garçons faisaient du foot,
- 24:58en gros.
- 24:59Un peu de rugby et nous,
- 25:00les filles,
- 25:00on faisait de la gym.
- 25:00Mais le sport était présent.
- 25:04C'était obligatoire.
- 25:05Et voilà,
- 25:05j'avais envie de faire le...
- 25:06Je me sers toujours sur des prétextes.
- 25:09Je me sers toujours d'un contexte pour parler de gens.
- 25:14Et là,
- 25:14je voulais parler d'une femme qui est cinéaste et qui...
- 25:18qui reçoit un coup de téléphone de la gendarmerie de Guignon pour lui annoncer que sa tante vient de mourir.
- 25:23Or,
- 25:23cette tante unique est déjà morte il y a trois ans.
- 25:27Elle le savait qu'elle était morte,
- 25:29cette tante ?
- 25:29Bien sûr,
- 25:30elle le savait,
- 25:30elle a été enterrée il y a trois ans.
- 25:31Donc,
- 25:31elle dit aux flics,
- 25:34vous faites forcément une erreur.
- 25:36Ma tante
- 25:37Colette Septembre est enterrée depuis trois ans au cimetière de Guignon.
- 25:40Et on lui dit non,
- 25:41il y a ses papiers d'identité près d'elle.
- 25:43Il y a votre numéro de téléphone,
- 25:44en tout cas la personne qui est décédée.
- 25:46semble être votre tante,
- 25:47il faut venir reconnaître le corps.
- 25:48Et à partir de là,
- 25:49je vous ouvre à peu près
- 25:501000 tiroirs.
- 25:51C'est génial,
- 25:52mais tu veux lire ce livre ?
- 25:54Je vais te l'envoyer.
- 25:57Ça va plaire à Lilian aussi.
- 25:59C'est pour vous.
- 26:00C'est génial.
- 26:02J'avoue qu'on n'a pas encore un petit commentaire.
- 26:04Il y a beaucoup de temps.
- 26:04Autre livre de Chevet.
- 26:10Excellent.
- 26:10Je dis ça,
- 26:11je fais souvent la lecture à mon mari.
- 26:13Il adore ça.
- 26:14J'ai une passion pour la littérature.
- 26:16Et il se met à côté de moi.
- 26:17C'est le plus beau moment,
- 26:18je crois.
- 26:19Ça fait vraiment partie.
- 26:20Ça a toujours été.
- 26:20Et je lui fais la lecture de choses.
- 26:23Quand j'ai un coup de cœur pour un roman,
- 26:24je veux le partager.
- 26:26et donc du coup je le lis
- 26:29Et après,
- 26:29je lui relis.
- 26:30Ou alors,
- 26:30j'ai deux marque-pages.
- 26:31Je suis là où j'en suis pour lui.
- 26:33Et là où moi,
- 26:34j'en suis.
- 26:34Ah,
- 26:35excellent.
- 26:36Lui,
- 26:36il adore lire.
- 26:37Il adore lire.
- 26:38Il adore lire.
- 26:39Il adore la poésie.
- 26:40Il me lit souvent,
- 26:41lui,
- 26:41des choses à haute voix.
- 26:42Donc,
- 26:42c'est rigolo.
- 26:43Moi,
- 26:43je fais moins,
- 26:43mais lui,
- 26:44il le fait.
- 26:44C'est drôle.
- 26:44Oui,
- 26:45il le fait beaucoup.
- 26:46Il aime les textes.
- 26:47C'est de lire.
- 26:47Oui,
- 26:48exactement.
- 26:48C'est le drôle de Valérie.
- 26:49Oui.
- 26:51C'est drôle.
- 26:51C'est drôle.
- 26:52Et là,
- 26:52tu parles d'une femme cinéaste.
- 26:54Et toi,
- 26:55tu as fait des scénarios.
- 26:56Oui.
- 26:57Du coup,
- 26:58tu es partie aussi de toi par rapport à l'aristote que tu es.
- 27:01Je suis partie.
- 27:02Donc moi,
- 27:02j'ai rencontré Claude Lelouch en 2006 et j'ai commencé à travailler avec lui,
- 27:07d'abord comme photographe de plateau et ensuite comme co-scénariste,
- 27:102008-2009 à peu près.
- 27:13Mais réellement,
- 27:15le vrai gros premier travail d'écriture que j'ai fait pour lui,
- 27:18c'était pour écrire un scénario pour Johnny Hallyday,
- 27:20Eddie Mitchell et Sandrine Bonner,
- 27:22un film qui s'appelle « Salon,
- 27:23on t'aime » .
- 27:24Et là,
- 27:24j'ai écrit pendant deux ans et c'était ma meilleure école.
- 27:26Alors ça,
- 27:26c'est la meilleure école du monde.
- 27:28C'est-à-dire qu'à l'époque,
- 27:28Claude vivait encore,
- 27:30enfin vivait encore,
- 27:30il vit à Paris,
- 27:31mais moi,
- 27:31j'étais encore en Normandie parce que mes enfants étaient encore scolarisés en Normandie.
- 27:35Donc,
- 27:35en gros,
- 27:36il partait trois,
- 27:37quatre jours dans la semaine.
- 27:38Il me retrouvait le week-end et moi,
- 27:39pendant deux ans,
- 27:40j'ai écrit ce scénario qui a été une école extraordinaire.
- 27:44Et du coup,
- 27:46je le fais,
- 27:47j'accélère.
- 27:48Mais en gros,
- 27:49juste avant de tourner,
- 27:50Claude a convoqué son premier assistant et sa script.
- 27:53Et ils ont tout changé.
- 27:55Mais il a toujours fait ça.
- 27:57En fait,
- 27:57c'est un homme qui travaille sur des choses qui sont extrêmement structurées,
- 28:00écrites,
- 28:00mais il improvise.
- 28:02Et donc,
- 28:02il ne supporte pas tout ce qui est très cadré.
- 28:05Ce n'est pas la vie pour lui.
- 28:05Et du coup,
- 28:06ce n'est pas la vie pour lui.
- 28:07Sauf que moi,
- 28:07j'ai aimé beaucoup,
- 28:08beaucoup de mon cœur.
- 28:09Et je portais depuis très longtemps un roman.
- 28:12Et du coup,
- 28:13il a fait le film.
- 28:14Il a fait le film.
- 28:15C'est un film où Johnny est extraordinaire.
- 28:18Tout le monde est incroyable.
- 28:19C'est l'histoire d'un photographe de guerre.
- 28:21qui décide de changer de vie très,
- 28:23très tard dans sa vie.
- 28:24Et le meilleur ami le rejoint.
- 28:26Et le meilleur ami fait un mensonge aux quatre filles de ce mec-là.
- 28:29Il a eu quatre enfants et quatre femmes différentes.
- 28:32Il ment aux quatre filles et elles viennent voir leur père à la montagne.
- 28:34Et après,
- 28:34voilà,
- 28:35ça engendre plein de choses.
- 28:37C'est un peu aussi,
- 28:37il y a un petit peu une ligne polare dans ce film.
- 28:40Et on l'a fait.
- 28:41Et quand Claude a fini de faire ce film,
- 28:43de le filmer,
- 28:44j'ai eu six mois de ma vie où j'ai pu,
- 28:47pour la première fois,
- 28:48ne faire qu'écrire,
- 28:49ce qui ne m'était jamais arrivé.
- 28:50Donc,
- 28:51comme je portais ce roman depuis extrêmement longtemps,
- 28:53depuis les années 2000,
- 28:541999 je crois,
- 28:56je l'ai écrit,
- 28:57je l'ai fini.
- 28:58Et c'était en 2013.
- 28:59Et je l'ai envoyé à quelques amis en étant absolument sûre qu'ils me diraient il faut changer ci,
- 29:04il faut changer ça.
- 29:04Sauf qu'ils m'ont tous dit tu l'envoies tout de suite à un éditeur.
- 29:07On parle des Oubliés du Dimanche.
- 29:08On parle des Oubliés du Dimanche,
- 29:09mon premier roman que j'ai envoyé chez Albin Michel à un monsieur qui s'appelle Richard Ducousset qui est directeur éditorial chez Albin Michel.
- 29:16Et 15 jours après,
- 29:18toute la maison l'avait lu et ils m'ont fait signer mon...
- 29:21Donc je ne l'ai même pas envoyé ailleurs en fait.
- 29:23J'ai toujours travaillé avec Albin depuis le départ.
- 29:25Donc c'est très beau.
- 29:26Ce n'est pas celui-là qui a changé ma vie,
- 29:31parce qu'il y a toujours un moment où ça change ta vie.
- 29:33Moi j'ai quand même un avant et un après.
- 29:35Mais Les Oubliés du Dimanche a été extrêmement reconnu par tous.
- 29:38J'ai eu 13 prix littéraires pour un premier roman.
- 29:40Et puis il n'a pas changé ta vie ça ?
- 29:42Alors déjà,
- 29:43ça,
- 29:43ça change la vie,
- 29:43mais surtout,
- 29:44je me suis rendu compte que ça avait changé la vie de beaucoup de lecteurs.
- 29:47Et que eux,
- 29:48quand je les voyais dans les rencontres,
- 29:50ils me disaient
- 29:51« Madame, continuez à écrire,
- 29:53ça nous fait trop de bien » .
- 29:54Du coup,
- 29:54j'ai pris cet amour-là,
- 29:56et là j'ai écrit « Changez l'eau des fleurs » ,
- 29:57et là on peut dire que ça,
- 29:58ça change une vie.
- 29:59Et la vie de beaucoup,
- 30:01beaucoup de gens dans le monde.
- 30:02J'ai écrit,
- 30:03j'ai fait le portrait d'une guerre cimetière.
- 30:06Personne n'avait jamais pensé à ça.
- 30:07C'est incroyable.
- 30:08Moi,
- 30:08l'élu,
- 30:09je l'ai...
- 30:10Et ça a changé ma vie,
- 30:11mais ça a changé la vie.
- 30:12Je n'ai jamais les chiffres,
- 30:13parce que je m'en fous.
- 30:15L'autre jour,
- 30:15Claude me posait la question,
- 30:16t'as vu combien d'exemplaires de Troyes en France ?
- 30:18Je suis incapable de répondre.
- 30:20Je ne suis pas du tout sur les chiffres,
- 30:21mais je suis sûre que changer l'eau des fleurs,
- 30:22c'est des millions dans le monde.
- 30:25Et donc,
- 30:25c'est le portrait d'une femme qui parle de la vie,
- 30:27de la mort,
- 30:27qui ouvre les grilles,
- 30:29qui referme les grilles et qui raconte des anecdotes qui se passent dans son cimetière.
- 30:33et avec le temps,
- 30:34dans le roman,
- 30:35on découvre ses propres secrets.
- 30:36j'en ai à chair de main mais moi aussi j'en ai à chair de main mais je ne vais pas du tout à tout que tu me les envoies je vais les acheter en sortant d'ici c'est vrai que changer l'eau des fleurs pour le coup c'est universel ça rencontre un succès et ça continue c'est ça qui est beau aussi dans mon parcours je crois c'est que mes livres ils continuent tous les jours encore c'est
- 30:55ce que me disent les libraires ma libraire des abbesse me dit tous les jours on rentre on me dit est-ce que vous avez celui-là de Valérie Perrin est-ce que vous avez celui-là et puis voilà,
- 31:04j'en ai fait que 4 je n'écris que 4 romans
- 31:06Mais c'est très rempli et c'est magnifique ce qui m'arrive.
- 31:09Je parlais du miracle dès le début.
- 31:11Ça,
- 31:11c'est un miracle.
- 31:12Quand tu écris une histoire universelle qui va être adaptée au cinéma,
- 31:16« Changer le défleur »
- 31:16par Jean-Pierre Jeunet.
- 31:17Super.
- 31:18C'est Jeunet qui va le faire.
- 31:19Oui,
- 31:19c'est Jeunet qui va le faire.
- 31:20C'est beau.
- 31:21C'est prêt.
- 31:22Je pense qu'ils vont le tourner l'année prochaine.
- 31:24Après,
- 31:24ce que je trouve génial,
- 31:25c'est que tes livres sont hyper cinématographiques.
- 31:28C'est vraiment les oublis du dimanche.
- 31:30Moi,
- 31:30je l'ai lu.
- 31:32C'est vraiment du cinéma.
- 31:35Je dialogue beaucoup.
- 31:37Mais en fait,
- 31:37je pense que là,
- 31:38aussi,
- 31:38ton secret,
- 31:39c'est que tu atteins les gens qui lisent beaucoup comme les gens qui ne lisent pas trop.
- 31:42Ma tante,
- 31:43elle dévore tes livres.
- 31:44Elle a tous tes livres.
- 31:45Et moi qui lis très peu,
- 31:46je dévore tes livres aussi.
- 31:47Donc,
- 31:48en fait,
- 31:48tu arrives à tout.
- 31:49Très accessible.
- 31:50Je sens que je viens du scénario et parce que je dialogue beaucoup et que dans mon esprit,
- 31:55je ne pense jamais en chapitre,
- 31:57mais en scène.
- 31:58D'accord.
- 31:58Donc,
- 31:59voilà,
- 31:59c'est une manière d'écrire,
- 32:00même si je pense littéraire.
- 32:03C'est extrêmement dialogué.
- 32:04C'est très visuel.
- 32:05Et j'ai fait beaucoup de photos aussi.
- 32:07Et du coup,
- 32:07je suis une femme d'images.
- 32:09Et on le sent parce que là,
- 32:10quand tu racontes un petit peu ce qui se passe dans « Changez-le des fleurs » ,
- 32:13on se suit avec toi.
- 32:14J'ai des images qui me reviennent de quand j'ai lu le livre.
- 32:16Je revois comme si j'avais vu un film.
- 32:19C'est ce qui marche entre les tons.
- 32:21On se fait tous,
- 32:22quand on lit un livre,
- 32:22nos propres images.
- 32:24C'est ça qui est beau.
- 32:24Oui,
- 32:24c'est vrai.
- 32:25Et là,
- 32:25en le disant ça,
- 32:26j'ai mes propres images qui me sont revenues
- 32:31Et on peut faire un petit focus sur Troie.
- 32:32Alors du coup,
- 32:33comme on a parlé des autres trois aussi,
- 32:36ça a été un certain théâtre.
- 32:36Troie,
- 32:36c'est l'histoire de trois amis d'enfance.
- 32:39Il y a toujours un fond de polard,
- 32:41de plus en plus en fait,
- 32:42dans l'écriture.
- 32:44Ce sont trois amis d'enfance qui se sont rencontrés en CM2.
- 32:48Deux garçons et une fille qui ne se sont jamais quittés,
- 32:51mais vraiment qui ont grandi ensemble,
- 32:54les trois doigts de la main.
- 32:55Et quand on est au présent,
- 32:57il y a un fait divers.
- 32:58On ressort une voiture d'un lac.
- 33:00dans lequel il y a un corps.
- 33:03Et à cause de cet événement,
- 33:05ils vont être obligés de se reparler.
- 33:07Mais ce qu'on va découvrir,
- 33:08nous,
- 33:08lecteurs,
- 33:08c'est pourquoi ces trois gosses,
- 33:10qui se sont tellement aimés,
- 33:11qui ont 40 ans aujourd'hui,
- 33:12pourquoi ils ne se parlent plus ?
- 33:13Qu'est-ce qui s'est passé ?
- 33:14Et pareil,
- 33:15je remonte.
- 33:16C'est une quatrième personne,
- 33:17c'est une quatrième narratrice qui raconte l'histoire de ces trois-là qu'elle a très bien connue.
- 33:22Et puis,
- 33:22petit à petit,
- 33:23on va découvrir la vérité.
- 33:25J'en ai des frères.
- 33:25Et alors,
- 33:26celui-là,
- 33:27jusqu'à la fin,
- 33:28il te tient mais il te tient
- 33:30C'est incroyable.
- 33:30Tu n'es pas là.
- 33:32Ah ben non.
- 33:33Attends.
- 33:35Non,
- 33:35non,
- 33:35mais par contre,
- 33:36ça,
- 33:36c'est vraiment le roman où tu peux faire des nuits blanches.
- 33:39C'est-à-dire qu'en fait,
- 33:40il faut trop que tu arrives,
- 33:41il faut trop que tu saches.
- 33:42C'est là où,
- 33:43justement,
- 33:43effectivement,
- 33:44il y a du suspense et du thriller.
- 33:45J'aime bien ça.
- 33:46Vraiment,
- 33:46ça te maintient.
- 33:47C'est incroyable.
- 33:48J'aime bien construire des histoires où les gens se posent
- 33:54C'est Tata.
- 33:55Ah ouais ?
- 33:56On va découvrir ça !
- 33:59Et l'idée de Tata,
- 34:00justement,
- 34:01comment elle vient ?
- 34:01Est-ce qu'on a le quatrième roman ?
- 34:03Comment est-ce qu'elle vient,
- 34:04cette idée ?
- 34:04En fait,
- 34:04l'idée,
- 34:05elle naît un jour que je suis à la piscine de...
- 34:09Comment elle s'appelle cette piscine ?
- 34:10C'est une vieille piscine à l'île Adam,
- 34:13avec Claude,
- 34:13un dimanche après-midi.
- 34:14On fait toujours un pèlerinage là-bas.
- 34:16Une fois par an,
- 34:16on va se baigner là-bas.
- 34:18Et j'entends un petit garçon qui appelle sa tante.
- 34:19Tata !
- 34:20Et là,
- 34:20ça me fracasse le cœur.
- 34:22Ça part de là.
- 34:23Mais c'était il y a très longtemps,
- 34:24c'est bien avant d'avoir écrit Troie,
- 34:25où j'étais en début du processus de Troie.
- 34:28J'ai besoin de penser longtemps à un roman avant de l'écrire.
- 34:31Donc,
- 34:31j'y pense pendant un an,
- 34:32deux ans.
- 34:33Ok,
- 34:33tata,
- 34:34c'est qui ?
- 34:34J'ai envie de parler de Guignol.
- 34:35Je veux fermer ma parenthèse bourguignonne parce que je voudrais après me déplacer mes romans plus dans le sud de la France,
- 34:41du côté de Marseille.
- 34:42Donc,
- 34:42je me dis,
- 34:44ça y est,
- 34:44il faut que je parle de Guignol,
- 34:45il faut que je parle de la ville,
- 34:48de toutes les colonies qui sont arrivées.
- 34:49Et donc,
- 34:50il y a eu...
- 34:51D'abord,
- 34:52les Algériens,
- 34:54après la guerre d'Algérie,
- 34:55ensuite les Polonais,
- 34:56les Portugais.
- 34:57Tous ces gens,
- 34:58on a tous grandi ensemble grâce à cette usine qui a embauché beaucoup,
- 35:01beaucoup de monde.
- 35:02Donc,
- 35:02je voulais parler de ça.
- 35:03Je voulais faire le portrait d'une femme.
- 35:05Je voulais absolument faire le portrait d'un cinéaste.
- 35:07Je voulais faire le portrait,
- 35:08un mélange de Claude Lelouch,
- 35:09mon mari,
- 35:10et de Jean-Pierre Jeunet.
- 35:10Tu vois,
- 35:11un petit garçon qui serait allé en vacances chez cette tante.
- 35:15Et puis,
- 35:16un dimanche,
- 35:16je me suis retrouvée chez Michel Legrand à la campagne.
- 35:20Et je rencontre Agnès Jaoui,
- 35:21que j'adore.
- 35:22Et je me dis...
- 35:23Dans la même phrase,
- 35:23tu as deux noms de gens que j'adore.
- 35:25Ouais.
- 35:25Et Agnès Jaoui,
- 35:26je me dis,
- 35:26mais Valérie,
- 35:27il ne faut pas du tout que ce soit un cinéaste,
- 35:29il faut que ce soit une cinéaste.
- 35:30Il faut que ce soit une femme qui parle de sa tante.
- 35:32Et parce que je vois Agnès,
- 35:33je décide d'ailleurs d'appeler ma narratrice Agnès et de me dire,
- 35:37il faut que ce soit une cinéaste,
- 35:38en fait.
- 35:39Et heureusement,
- 35:39mon Dieu,
- 35:40heureusement.
- 35:41Et là,
- 35:41j'ai construit tout au fur et à mesure,
- 35:42mais avec plein de...
- 35:44Je pars toujours sur des gros romans,
- 35:46ça c'est sûr.
- 35:47Je ne le fais pas exprès,
- 35:47mais c'est comme ça.
- 35:49Par contre,
- 35:49j'ai toujours des moments intenses.
- 35:52Il y a des moments qui sont très importants.
- 35:55Je pars sur trois,
- 35:56quatre moments qui vont être des révélations.
- 35:59Et puis,
- 35:59je construis au fur et à mesure.
- 36:01Et puis,
- 36:01ça dure longtemps.
- 36:02Je ne peux pas expliquer.
- 36:04Et tu t'enfermes.
- 36:05Tu pars à la campagne,
- 36:06tu t'enfermes.
- 36:07Il faut vraiment que tu aies des règles.
- 36:08Je ne pars pas à la campagne,
- 36:08forcément.
- 36:09Mais en tout cas,
- 36:09je m'enferme et j'écris.
- 36:11C'est quoi ta routine ?
- 36:12Deux ans et demi,
- 36:12trois ans d'écriture tous les jours.
- 36:14Mais c'est genre quatre heures du matin.
- 36:16Je dirais environ
- 36:189h-13h, mais tous les jours.
- 36:20C'est une discipline ou pas ?
- 36:22À peu près.
- 36:23Ou un besoin ?
- 36:24C'est comme ça.
- 36:24De toute façon,
- 36:25il faut que j'aille.
- 36:25Parce qu'il y a des jours où,
- 36:27pour moi,
- 36:27il y a une vraie différence entre la discipline et la fulgurance,
- 36:31entre guillemets.
- 36:31La discipline,
- 36:32c'est que parfois,
- 36:33tu n'as pas envie,
- 36:33mais tu vas quand même le faire.
- 36:34Je n'ai pas envie.
- 36:35Donc,
- 36:35c'est de la discipline.
- 36:36C'est de la discipline.
- 36:37Et pour celui-là,
- 36:38pour la première fois,
- 36:39sur les quatre,
- 36:40je le rouvrais à 18h et je me remettais à écrire le soir.
- 36:43La discipline,
- 36:43c'est vraiment la liberté,
- 36:44pour le coup.
- 36:45On arrive au bout de rien sans l'étiqueline.
- 36:47Oui,
- 36:47je suis d'accord.
- 36:49Parce que tu n'écris pas le soir ?
- 36:51Non,
- 36:51je n'écrivais pas,
- 36:51mais le soir,
- 36:53je l'écrivais.
- 36:54De 18h à 20h,
- 36:55je relisais.
- 36:57En fait,
- 36:58c'est 9h,
- 36:5813h.
- 36:59En gros.
- 36:5918h,
- 37:0019h.
- 37:00Pendant 3-4 ans.
- 37:02Là,
- 37:02pendant deux grosses années et demie.
- 37:06C'est juste parce que les gens,
- 37:07je pense qu'ils ne se rendent pas compte de la masse de travail.
- 37:10Pendant deux ans et demie,
- 37:12tu vis.
- 37:13Tu parles,
- 37:14tu t'occupes,
- 37:14mais en vrai,
- 37:15tu es ailleurs quand même,
- 37:16tu es dans un autre monde.
- 37:18Mais c'est vrai pour la musique,
- 37:20pour un film,
- 37:21pour une série.
- 37:22Vous êtes comédienne,
- 37:23vous le savez aussi,
- 37:24c'est-à-dire que d'un texte,
- 37:25il t'accompagne pendant des années.
- 37:27Tu travailles longtemps dessus,
- 37:28tu le tournes,
- 37:29tu le montes.
- 37:31La musique,
- 37:31les chansons,
- 37:32elles te viennent,
- 37:33tu as des petites briques,
- 37:33tu travailles dessus.
- 37:34Les musiciens,
- 37:35ils ont consacré leur vie à leur instrument,
- 37:38plusieurs heures par jour,
- 37:39pendant des années.
- 37:40Les gens ne se rendent jamais compte de ça,
- 37:42en fait.
- 37:43Quand tu vas voir un mec sur scène,
- 37:45en fait,
- 37:45sa guitare...
- 37:47C'est facile parce qu'il a passé
- 37:493 millions d'heures dessus.
- 37:51Là où les gens vont dans des fêtes,
- 37:53ils ont le temps de se prendre des cuites,
- 37:54lui,
- 37:54il ne fait pas ça.
- 37:55Lui,
- 37:56il travaille son instrument.
- 37:57C'est tout ce qu'on met dans un instrument,
- 38:00dans un roman,
- 38:03dans un sport.
- 38:04C'est tout ça qui est bouleversant.
- 38:05Quand on est gosse,
- 38:07on tennis,
- 38:07on foot à 14 ans et tous les copains commencent.
- 38:09D'ailleurs,
- 38:09c'est à ce moment-là que...
- 38:10Que ça te décroche.
- 38:12Oui,
- 38:12tout à fait.
- 38:12C'est à l'eau de l'Espence.
- 38:13Oui,
- 38:13oui.
- 38:13C'est le plus dur.
- 38:14C'est là où tu es éprouvé,
- 38:15en fait.
- 38:15Oui,
- 38:15oui.
- 38:16Qu'est-ce que tu fais vraiment ?
- 38:17On a des petits copains.
- 38:17Tout le monde commence à faire des fêtes et toi,
- 38:19tu es à l'entraînement.
- 38:21Avec ton coach.
- 38:23Et toi,
- 38:23Karine,
- 38:24ton processus de création,
- 38:25c'est quoi pour la musique ?
- 38:27C'est du même ordre.
- 38:28C'est rigolo parce que là,
- 38:29je travaille sur le deuxième album.
- 38:32Je m'étais fait la promesse de ne pas arriver avec un premier album qui soit un album de reprise.
- 38:38Je ne me suis pas du tout écoutée.
- 38:39Est-ce que mon premier album est consacré à Nina Simone ?
- 38:45Il est incroyable.
- 38:46Merci beaucoup.
- 38:47Alors,
- 38:47c'est rigolo parce que,
- 38:48tu vois,
- 38:48moi,
- 38:48j'étais dans une position particulière,
- 38:50c'est-à-dire que autodidacte journaliste.
- 38:53et chanteuse illégitime évidemment parce que jamais personne ne savait vraiment que je chantais j'ai toujours chanté,
- 38:58je faisais des clubs de jazz mais je n'en parlais pas et puis surtout je deviens chanteuse entre guillemets professionnelle en tout cas publiquement après avoir été connue comme journaliste donc tout le monde se dit c'est impossible qu'elle sache chanter celle-là c'est une blague quoi,
- 39:13c'est pas possible et puis on t'a catalogué journaliste journaliste,
- 39:16femme de qui chante Nina Simone
- 39:18quelle folie en fait.
- 39:19Elle a présenté le turbo.
- 39:23Vraiment,
- 39:23il n'y a rien qui allait.
- 39:25Rien ne va dans le CV.
- 39:28Rien ne va.
- 39:29Il faut cocher toutes les cases.
- 39:31Toutes celles-là,
- 39:31normalement,
- 39:32c'est disqualifiant.
- 39:32Ça ne passe pas.
- 39:34Et en fait,
- 39:35ce qui était...
- 39:36Avant de répondre au processus de création,
- 39:38ce qui était amusant,
- 39:40c'était justement d'aller à la bagarre entre guillemets.
- 39:43Je ne suis pas du tout compétitrice.
- 39:45Moi,
- 39:45je ne suis pas comme ça.
- 39:46En revanche,
- 39:46je m'aperçois que j'aime vraiment bien la bagarre.
- 39:48Et que finalement,
- 39:49quand tu es une femme et que tu es une femme noire,
- 39:52personne ne t'attend.
- 39:53Tu n'as jamais rien à perdre en réalité.
- 39:56Donc autant courir le plus de risques possible.
- 39:59Je m'entends quand je dis ça.
- 40:00Autant réaliser tes rêves.
- 40:02Parce que de toute façon,
- 40:04ils ne se réaliseront pas tout seuls.
- 40:06Et qu'on ne t'ouvrira pas les portes.
- 40:07Donc il faut que tu fasses exactement ce que tu veux faire.
- 40:10Et ça m'a toujours guidée.
- 40:12Alors pour revenir sur l'histoire de ton roman,
- 40:14qui m'a fait penser justement à ce premier album.
- 40:17Donc,
- 40:17ce premier album,
- 40:18il a été...
- 40:19C'est Dominique Fillon,
- 40:20qui est un vieux copain,
- 40:21qui est pianiste de jazz,
- 40:22que j'ai rencontré depuis 20 ans.
- 40:23C'est avec lui,
- 40:24d'ailleurs,
- 40:24que je suis montée sur...
- 40:25C'était une toute petite scène,
- 40:26un cave-conce dans le 18e,
- 40:27que j'ai chanté pour la première fois.
- 40:29Et il me dit,
- 40:29écoute,
- 40:30j'aimerais vraiment faire un album hommage à Nina Simone avec toi.
- 40:33Et on commence à bosser sur ce projet-là.
- 40:36Et puis,
- 40:36je vous fais vraiment long story short.
- 40:38Donc,
- 40:38on va directement au producteur qu'on rencontre.
- 40:41Et ce producteur,
- 40:43il avait dit à des gens,
- 40:44avant de venir écouter les maquettes...
- 40:46Bon,
- 40:47franchement,
- 40:47je me suis mis dans un bourbier,
- 40:50une vedette de la télévision qui chante Nina Simone.
- 40:53Enfin,
- 40:53quel enfer !
- 40:54Je dois aller écouter les maquettes,
- 40:55je vais leur dire,
- 40:56écoutez,
- 40:56refaites-moi ça en si bémol,
- 40:57et puis ça,
- 40:58changez-moi ça en amineur,
- 40:59et puis je les reverrai dans six mois ou je les reverrai jamais.
- 41:02Donc il était arrivé dans cet état d'esprit quand il est venu écouter les maquettes.
- 41:05Il y avait neuf chansons qu'on avait maquettées.
- 41:07Donc les trois premières,
- 41:08la troisième,
- 41:08je vois qu'il commence à me regarder.
- 41:10La quatrième,
- 41:10il commence à se tourner,
- 41:11il était sur un siège qui tournait,
- 41:13donc c'est vraiment une image qui me reste.
- 41:14Et à la fin,
- 41:15à la neuvième chanson,
- 41:16il était complètement face à moi.
- 41:17Il m'a dit « Ah ben d'accord,
- 41:18mais je n'avais pas du tout compris en fait.
- 41:19C'est complètement abouti,
- 41:20c'est vachement bien.
- 41:21Bon,
- 41:21on va le produire. »
- 41:22Et en fait,
- 41:22on n'a pas eu à faire le tour de la maison de disques parce que justement,
- 41:25il l'a produit tout de suite.
- 41:27Mais après,
- 41:27ça a été le début d'autre chose.
- 41:28Parce qu'il fallait aussi qu'on soit bien accueilli par les festivals,
- 41:33par les médias jazz.
- 41:34Enfin voilà,
- 41:35c'était toute une aventure.
- 41:36Donc mes équipes,
- 41:36elles ont dû faire des écoutes à l'aveugle pour qu'on ne sache pas du tout qu'il s'agissait de moi et qu'il n'y ait pas de présupposés,
- 41:41parce qu'il y avait vraiment...
- 41:42deux réactions différentes.
- 41:44Ceux qui savaient,
- 41:44qui avant même d'écouter,
- 41:45disaient « c'est pas trois patins,
- 41:48un canard,
- 41:49franchement » .
- 41:49Et ceux qui ne savaient pas,
- 41:51« c'est génial,
- 41:52c'est incroyable,
- 41:53c'est qui cette chanteuse ? »
- 41:55Donc voilà,
- 41:55il fallait trouver son chemin dans tout ça.
- 41:58Et ce qui est très heureux,
- 42:00c'est que le jazz étant une musique très ouverte,
- 42:03très curieuse,
- 42:04protéiforme,
- 42:05parce qu'il y a plein de courants dans le jazz,
- 42:07j'ai vraiment bénéficié de ça.
- 42:08C'est-à-dire que les gens du jazz ont cette curiosité et se sont dit « ah ouais,
- 42:11t'as toqué à la porte ? »
- 42:12t'as des trucs à raconter bon allez on va voir ce que t'as à me rendre et c'est ce qui s'est passé ils sont vraiment venus en toute sincérité écouter et puis finalement j'ai réussi à les convaincre et ils m'ont accueilli donc ça c'est chouette et ce qui est amusant c'est que du coup j'abordais le deuxième album en me disant bah
- 42:29ça va être facile j'écris depuis super longtemps j'ai des chansons qui ont 15 ans 20 ans 25 ans j'ai qu'à ouvrir les tiroirs et en fait c'est pas du tout ça
- 42:37Parce que je ne suis pas du tout celle que j'étais avant.
- 42:39Voilà,
- 42:39c'est ce que j'allais te dire.
- 42:40Je n'ai pas du tout envie de raconter.
- 42:41Je n'ai plus du tout envie de chanter ça.
- 42:44Je ne suis plus du tout la même personne.
- 42:46Il y a tellement d'épreuves que je n'avais pas traversées.
- 42:48Il y a plein de larmes que je n'avais pas versées.
- 42:49Il y a plein de choses que je n'avais pas comprises.
- 42:51Il y a des douleurs fondatrices que je n'avais pas expérimentées.
- 42:57Des bonheurs essentiels que je n'avais pas ressentis.
- 43:01Donc,
- 43:01évidemment,
- 43:02je repars de zéro.
- 43:03Il y a peut-être une ou deux chansons d'avant.
- 43:06qui vont survivre.
- 43:07Mais ce n'est pas du tout là-dedans que je vais me servir aujourd'hui.
- 43:10C'est vrai que j'ai plein d'autres choses à raconter.
- 43:12Et c'est très marrant parce que moi,
- 43:13je suis souvent réveillée dans la nuit par des mélodies.
- 43:17Donc parfois,
- 43:17sur mon dictaphone,
- 43:18il y a plein de...
- 43:20Avec ton mari qui est dingue !
- 43:22Donc j'ai mes forces ensuite à re-rechanter bien.
- 43:25Et puis parfois,
- 43:26j'ai tellement la flemme parce que le sommeil est tellement bon que je me dis,
- 43:29ça reviendra après.
- 43:31Et puis ça vient me chercher dans la journée.
- 43:33Et quand la mélodie revient plusieurs fois,
- 43:35Sur plusieurs semaines,
- 43:36je me dis « Ah,
- 43:37elle a un truc,
- 43:37alors que je la retiens,
- 43:38sinon ça disparaît,
- 43:39ça revient jamais. »
- 43:40Un peu comme un rêve,
- 43:41on essaie de l'accrocher et puis on n'arrive plus à le saisir.
- 43:44Donc il y a de ça,
- 43:45il y a des chansons que je mets très longtemps à maqueter moi-même,
- 43:49parce que je passe d'abord par la phase de mes propres maquettes avant de travailler avec des musiciens,
- 43:54parce que je la laisse mûrir,
- 43:55je la laisse grandir et je trouve ça très agréable de voir le plaisir que je peux encore avoir avant de l'enregistrer,
- 44:01à la chanter avant même.
- 44:03qu'elle existe,
- 44:03on me dit « Ah ouais,
- 44:04elle est bien celle-là,
- 44:05et puis j'attends encore. »
- 44:06Enfin voilà,
- 44:06donc c'est très long et puis c'est toujours...
- 44:09À la fois c'est long et puis parfois c'est très rapide quand sur l'album Nina,
- 44:13il y a des interludes que j'ai écrits pour moi il y avait
- 44:16Dans les cultures afro,
- 44:17l'invisible est très important.
- 44:19Il est très présent,
- 44:20en fait.
- 44:23En tout cas,
- 44:23culturellement,
- 44:24on accorde beaucoup de sens à tout ce qu'on ne voit pas et qui a pu exister,
- 44:28qui existe encore,
- 44:29pour nous,
- 44:30en tout cas.
- 44:31Et pour moi,
- 44:31Nina Simone,
- 44:33même si elle n'était plus,
- 44:34elle n'est plus parmi nous,
- 44:35mais c'était important que je me présente à elle et que je lui demande l'autorisation de chanter ses chansons.
- 44:41Ce que j'ai fait.
- 44:42Et que j'appelle...
- 44:43Alors,
- 44:43chez nous,
- 44:44on dit Tati,
- 44:44on dit pas Tata,
- 44:45on dit Tati.
- 44:46Donc,
- 44:46c'est Tati Nina.
- 44:48Voilà,
- 44:48et donc,
- 44:48je l'appelle Tati.
- 44:49Et quelques fois,
- 44:49d'ailleurs,
- 44:50c'est rigolo,
- 44:50on appelle ça des manifestations.
- 44:51Alors,
- 44:52les plus cartésiens disent,
- 44:53oh,
- 44:53n'importe quoi,
- 44:53c'est un hasard.
- 44:54Mais on choisit de l'interpréter.
- 44:55Et on a fait...
- 44:57On est pris dans l'invisible.
- 44:58Voilà.
- 44:59Et au Sunside,
- 45:01où j'ai fait trois concerts en octobre,
- 45:03en septembre dernier,
- 45:04l'année dernière,
- 45:04en 2023,
- 45:05il y a des portraits,
- 45:06il y avait des portraits d'artistes,
- 45:07de tous les grands du jazz.
- 45:08Et il y avait un portrait,
- 45:09donc,
- 45:10de Nina Simone.
- 45:10et quand on faisait les répétitions.
- 45:12on venait d'arriver,
- 45:13il y a un portrait qui est tombé celui de Nina donc on s'est tous arrêtés en disant putain,
- 45:19Tati est là donc précautionneusement j'ai cherché son je lui ai parlé,
- 45:24j'ai dit bon j'espère ça va,
- 45:25ça te convient ok bon on continue et quand j'ai écrit les interludes qui étaient vraiment sur elle en fait,
- 45:31j'avais envie de l'éclairer autrement,
- 45:33de parler d'elle,
- 45:34de contextualiser un peu les chansons,
- 45:36c'est venu très simplement et très rapidement alors est-ce que c'est Euh...
- 45:41de la méditation,
- 45:42de la connexion,
- 45:43je n'en sais rien.
- 45:44Je ne sais pas comment expliquer l'inspiration.
- 45:46Je ne sais pas si ça s'explique,
- 45:49en fait.
- 45:49Parfois,
- 45:49il y a des choses qui viennent de très loin et puis parfois,
- 45:52c'est évident et c'est un robinet,
- 45:53en fait.
- 45:54Donc,
- 45:55je ne sais pas.
- 45:56C'est le processus de création.
- 45:58Pour moi,
- 45:58tout est bon à prendre.
- 45:59Autant ce qui m'arrive dans la nuit qu'un bout de chose.
- 46:03Parfois,
- 46:03j'entends au loin quelque chose qui n'est pas du tout la chanson qui passe,
- 46:06mais j'entends autre chose et ça donne naissance à quelque chose.
- 46:12Je ne sais pas comment dire,
- 46:13c'est comme cuisiner et se dire,
- 46:15faire des plats qui n'existent pas.
- 46:17En disant,
- 46:18tiens,
- 46:18aujourd'hui j'ai envie de manger,
- 46:19ça il y a des champignons,
- 46:20je vais faire tel truc.
- 46:22Ça n'existe pas,
- 46:23mais vous suivez quelque chose qui est là.
- 46:26Ou alors tu dis,
- 46:27tiens,
- 46:27je vais faire des champignons,
- 46:28et puis tu as encore quelqu'un qui parle d'asperges.
- 46:30Tu dis,
- 46:30ah tiens,
- 46:32j'ai des asperges.
- 46:33En fait,
- 46:34c'est la connexion à tout ce qui est autour de toi.
- 46:35Et il y a l'expo qui va ouvrir sur le surréalisme.
- 46:39à Pompidou et c'était intéressant parce que j'avais jamais eu une lecture,
- 46:42elle est vraiment très très très très dense,
- 46:44cette expo je vous la recommande mais elle est vraiment dense et il y a aussi cette part-là dans l'expression du surréalisme,
- 46:51le lien avec le rêve,
- 46:53le lien avec l'invisible,
- 46:54avec toutes ces choses qui sont a priori complètement confuses,
- 46:57qui ne sont pas du tout homogènes mais dont émerge quelque chose d'absolument merveilleux et le surréalisme je trouve finalement,
- 47:05je crois qu'il représente bien ce qu'est l'inspiration.
- 47:08Voilà.
- 47:10C'est intéressant.
- 47:11Non,
- 47:11mais surtout,
- 47:12c'est super intéressant parce que tu nous as dit juste avant,
- 47:15sans discipline,
- 47:15il ne se passe rien.
- 47:17En fait,
- 47:17comment tu l'imbraces,
- 47:18l'discipline ?
- 47:19Parce qu'en fait,
- 47:20la discipline...
- 47:21Tu dis la discipline,
- 47:22c'est la liberté.
- 47:22Oui,
- 47:23la discipline,
- 47:23c'est la liberté.
- 47:24Parce qu'il faut...
- 47:26On n'atteint pas d'objectif sans discipline.
- 47:30C'est impossible de se réaliser sans discipline parce qu'il faut travailler,
- 47:33il faut s'améliorer.
- 47:35Tu ne mets pas seulement deux ans à écrire un bouquin.
- 47:37C'est ce que tu écris,
- 47:37puis tu n'es pas satisfaite.
- 47:38Puis tu réécris.
- 47:39Et puis tu trouves qu'on ne comprend pas assez bien.
- 47:41Donc tu réécris jusqu'à ce qu'on arrive à quelque chose,
- 47:44à une essence,
- 47:45une substance.
- 47:46Mais il faut travailler pour ça.
- 47:47Donc si elle se dit,
- 47:48tiens,
- 47:49comme un régime,
- 47:50là aujourd'hui j'arrête le sucre,
- 47:52et puis demain,
- 47:53ça va,
- 47:54je vais reprendre le régime demain.
- 47:56On ne les perd pas les trois kilos.
- 47:57Jamais on ne les perd.
- 47:58On ne les perd que si on a de la discipline.
- 48:00On gagne en...
- 48:02excellence que si on a de la discipline,
- 48:04que si on travaille,
- 48:04qu'on retravaille.
- 48:06Quand on voit les sportifs,
- 48:08c'est tellement simple,
- 48:09ou les artistes,
- 48:09les chanteurs,
- 48:11on a l'impression qu'ils se réveillent le matin et qu'ils le font.
- 48:13C'est parce que justement,
- 48:14quand ils se réveillent le matin,
- 48:16ils le font tous les jours.
- 48:18Qu'à un moment,
- 48:18ça a l'air facile et que chacun pense qu'il peut le faire.
- 48:21Puis c'est quand on s'y frotte qu'on se rend compte que c'est pas du tout comme ça.
- 48:23C'est des milliers et des milliers et des milliers d'heures.
- 48:26Et c'est ce que j'ai...
- 48:30Ce qui a pu m'aider,
- 48:31c'est qu'en effet,
- 48:31comme je travaille la musique depuis très longtemps et que je chante depuis très longtemps,
- 48:35j'ai eu un parcours très compliqué,
- 48:38mais assez banal pour un artiste.
- 48:40Il y a eu plein de rendez-vous manqués.
- 48:41J'aurais dû sortir mon premier album en 2003,
- 48:44donc il y a plus de 20 ans.
- 48:45Et puis ça ne s'est pas fait.
- 48:46Et puis des promesses sont tenues.
- 48:47Et puis des mésaventures.
- 48:48Enfin bon,
- 48:48bref,
- 48:49vraiment un parcours d'artiste assez banal.
- 48:51En revanche,
- 48:51je suis restée très entêtée.
- 48:52Mais dans mon entêtement,
- 48:54j'ai toujours travaillé avec beaucoup de discipline.
- 48:56Et quand,
- 48:57ces dernières années,
- 48:58je trouvais que les choses ne bougeaient pas,
- 48:59je me disais,
- 49:00OK,
- 49:01pour que ça change,
- 49:02il faut que tu changes les choses.
- 49:03Donc,
- 49:03il faut que tu te mettes en mouvement tout le temps.
- 49:05Tous les matins,
- 49:06je me réveillais,
- 49:06je faisais des bavilles musculaires,
- 49:08je prévoyais ma journée,
- 49:08etc.
- 49:09De la discipline,
- 49:10sinon ça ne bouge pas.
- 49:11Il ne se passe rien.
- 49:12On ne s'améliore pas.
- 49:13On ne grandit pas.
- 49:14Et on n'aboutit rien sans discipline.
- 49:16Ou alors,
- 49:16on est soumis aux opportunités.
- 49:19Mais alors,
- 49:19ça,
- 49:19c'est aléatoire.
- 49:20Ça marche ou ça ne marche pas.
- 49:21On a eu de la chance.
- 49:23super et puis après
- 49:24Si en fait,
- 49:25on ne peut pas keep up avec la discipline,
- 49:26ça ne fonctionnera pas durablement.
- 49:28Donc,
- 49:28il faut de la discipline.
- 49:29on ne sortira pas de ça
- 49:31Ça ne marche pas autrement.
- 49:32Et là,
- 49:33toi Valérie,
- 49:33tu te laisses combien de temps sans discipline ?
- 49:35C'est-à-dire que là,
- 49:35ton roman va sortir.
- 49:37Est-ce que tu es déjà programmée sur le cinquième ?
- 49:39Là,
- 49:39je suis avec une chute.
- 49:40Mais normalement,
- 49:40je vais en écrire.
- 49:43Celle que vous voyez là,
- 49:43moi,
- 49:44Valérie Perrin.
- 49:45Un an et demi que je prépare le prochain,
- 49:47mais dans ma tête.
- 49:48Et puis là,
- 49:48la discipline,
- 49:49c'est que je passe mes journées entières avec les attachés de presse province,
- 49:53attachés de presse
- 49:55Paris, les libraires,
- 49:57pour prévoir tout ce qui va se passer d'ici la fin de l'année.
- 49:59Donc,
- 49:59je ne l'arrête pas.
- 50:01Mais tu as déjà dans ta tête le cinquième.
- 50:03Il faut être disponible pour écrire.
- 50:05Comment je suis disponible d'ici la fin de l'année ?
- 50:06C'est impossible,
- 50:07ça me fait toujours rire quand je le dis.
- 50:08Il faut écrire.
- 50:09Non,
- 50:09parce que monsieur,
- 50:10madame,
- 50:10si je suis là,
- 50:11devant vous,
- 50:11en train de signer,
- 50:12je ne décolle pas.
- 50:13Ben non.
- 50:13Ben oui.
- 50:14Il faut avoir fini.
- 50:16Et là,
- 50:17tu as écrit l'année prochaine.
- 50:18Oui.
- 50:19Mais tu sais déjà où tu vas.
- 50:21Oui,
- 50:21tu as des...
- 50:21Oui,
- 50:22oui.
- 50:23J'ai tout.
- 50:23Ça,
- 50:23c'est génial.
- 50:24Par contre,
- 50:24j'aimerais beaucoup adapter Les Oublies du Dimanche au théâtre.
- 50:27Ah oui ?
- 50:27Donc,
- 50:28je voudrais...
- 50:28Faire ça avant d'attaquer le cinquième roman.
- 50:32Ouais.
- 50:33Est-ce que pour le changer l'eau des fleurs en film,
- 50:38est-ce que tu vas le scénariser comme tes scénaristes aussi ?
- 50:40Ou est-ce que tu délivres ?
- 50:41Non,
- 50:42une fois que j'ai cédé les droits,
- 50:44je ne veux plus m'en mêler.
- 50:45Après,
- 50:45je suis extrêmement proche de Jean-Pierre.
- 50:47Donc,
- 50:47il peut m'appeler s'il a une question.
- 50:49C'est fini,
- 50:49il a fini d'écrire.
- 50:51Mais s'il avait une question par rapport à tel personnage,
- 50:53il m'appelait.
- 50:54C'est beaucoup plus simple.
- 50:55Et quand il a terminé son travail,
- 50:58il l'a refait dialoguer par
- 51:00Guillaume Laurent,
- 51:01qui est son scénariste de toujours,
- 51:04même avant Amélie Poulain,
- 51:06qui est un super scénariste.
- 51:07Mais de toute façon,
- 51:08c'est ce qu'il me dit,
- 51:09je ne vais pas aller chercher ce qui n'existe pas,
- 51:11puisque tout existe dans le roman.
- 51:13Donc c'est quand même très proche du roman.
- 51:15Après,
- 51:15c'est un gros roman,
- 51:17il faut le transformer en deux heures et quart,
- 51:19deux heures et demie,
- 51:19grand maximum,
- 51:20parce que c'est pour le cinéma.
- 51:21Donc il faut raccourcir,
- 51:22il faut faire des choix.
- 51:23Mais en gros,
- 51:25c'est déjà très dialogué,
- 51:27c'est déjà très visuel.
- 51:29Donc je pense qu'il a tout.
- 51:30Après,
- 51:31il amène son univers,
- 51:32sa patte,
- 51:32il amène autre chose.
- 51:33Il développe un des personnages qui est Julien Seul.
- 51:36C'est un flic qui débarque dans ce cimetière,
- 51:38justement.
- 51:40Et c'est par lui,
- 51:40d'ailleurs,
- 51:40que la vérité va éclater.
- 51:42Parce que sa maman...
- 51:44veut reposer auprès d'un homme dont il n'a jamais entendu parler.
- 51:46Il y a toujours l'histoire de cimetière chez moi.
- 51:48C'est une obsession chez moi.
- 51:50Sa maman veut reposer auprès d'un homme dont il n'a jamais entendu parler alors que sa maman était mariée.
- 51:54Donc,
- 51:55il vient frapper à la porte de cette femme pour comprendre.
- 51:57Et en frappant à la porte de cette femme,
- 51:59une fois de plus,
- 52:00il va tout découvrir.
- 52:01Pourquoi ?
- 52:02Je n'en dirai pas plus.
- 52:02Pourquoi elle est là ?
- 52:04Pourquoi son mari est parti il y a très longtemps ?
- 52:06Je suis extrêmement fascinée par l'adoption,
- 52:10par les liens du sang et pas les liens du sang.
- 52:13par les cimetières,
- 52:15par les secrets et aussi par tout ce qui est caché derrière.
- 52:19Je pense que derrière chaque individu,
- 52:21il y a un roman,
- 52:21il y a une histoire.
- 52:23Et je pense qu'il est très,
- 52:24très bon pour chacun d'avoir un jardin secret.
- 52:26Toute vérité n'est pas bonne à dire.
- 52:27On va en sortir.
- 52:29Sur les cimetières,
- 52:30ça me rappelle un de mes grands fourris avec une amie qui venait de perdre son papa.
- 52:37Sa mère était morte quelques années plus tôt.
- 52:39Son père,
- 52:40c'était...
- 52:41pas vraiment remarié,
- 52:42mais enfin,
- 52:42il était avec quelqu'un d'autre.
- 52:43Et il meurt.
- 52:45Et donc,
- 52:45sa nouvelle compagne voulait qu'il soit enterré dans le caveau de sa famille à elle.
- 52:49Et ma pote m'appelle et me dit,
- 52:50mais c'est pas possible.
- 52:51Il connaît personne.
- 52:54Et on est partis dans un moment de grande tristesse.
- 52:56On est partis dans un frire.
- 52:59C'est souvent comme ça.
- 53:01tu te dis mais il est mort et en même temps je comprends qu'on ne pense qu'elle veut dire il faut qu'il soit enterré avec maman ça lui fait quoi elle ?
- 53:08on entend dans des grandes discussions mais c'était très très beau le il ne connait personne dans ce cimetière je comprends qu'on peut avoir une fascination d'ailleurs aux Antilles,
- 53:19en particulier en Guadeloupe les cimetières sont très particuliers je ne sais pas,
- 53:23t'es déjà venue en Guadeloupe ?
- 53:25il y a notamment celui de Mornalot qui est d'ailleurs un site touristique
- 53:29Pas comme le père Lachaise,
- 53:30parce qu'il y a des gens connus qui l'ont enterré,
- 53:32mais parce qu'il est vraiment très beau.
- 53:34Ce sont des mini-maisons,
- 53:35en fait,
- 53:35c'est des petites chapelles en damier sur un morne,
- 53:39d'ailleurs un morne à l'eau.
- 53:40Et les cimetières aux Antilles,
- 53:41très souvent,
- 53:42donnent sur la mer.
- 53:42Je te montrerai des photos,
- 53:43parce que c'est vraiment,
- 53:45ça semble bizarre.
- 53:46Ils sont carrelés aussi.
- 53:47Ils sont carrelés,
- 53:48noirs et blancs.
- 53:48Eh bien voilà,
- 53:49c'est pareil.
- 53:49Et c'est vraiment très spécifique.
- 53:51Et celui de Morne à l'eau en particulier,
- 53:53il est ouf.
- 53:54Dans les Antilles.
- 53:54Ah ouais.
- 53:55Et il y a des Ausha aussi dans les cimetières.
- 53:57Ah ça,
- 53:57je ne sais pas.
- 53:58Pour chez nous,
- 53:58c'est peut-être plus des chiens,
- 53:59parce qu'il n'y a pas beaucoup.
- 54:00Je ne sais pas,
- 54:00d'ailleurs,
- 54:00je dis ça,
- 54:00je n'en sais rien.
- 54:01Chez nous,
- 54:02en France,
- 54:02il y a beaucoup de chiens.
- 54:03Oui,
- 54:03il y a beaucoup de chiens,
- 54:04mais on ne vous en dit pas spécialement.
- 54:06Mais c'est vraiment les cimetières qui sont très particuliers.
- 54:08Et là,
- 54:08Toussaint,
- 54:08on les illumine,
- 54:09c'est extraordinaire.
- 54:11C'est des grands moments de joie et un peu de peine,
- 54:14mais c'est surtout des moments de joie.
- 54:15Alors,
- 54:16ça disparaît de plus en plus avec les maisons funéraires,
- 54:19etc.
- 54:19Mais pendant longtemps,
- 54:21comme ça se pratiquait ici,
- 54:22d'ailleurs,
- 54:22il y a longtemps,
- 54:22mais on a continué à le faire aux Antilles aussi.
- 54:25C'était les veillées.
- 54:26Donc,
- 54:27il accompagnait autant celui qui partait que ceux qui restent.
- 54:31Moi,
- 54:31ce sont des moments qui font partie de mes plus beaux souvenirs d'enfance et d'adolescence,
- 54:36d'ailleurs,
- 54:37où toute la famille se retrouve et on est pendant deux,
- 54:39trois jours ensemble,
- 54:40matin,
- 54:40midi,
- 54:41soir,
- 54:41nuit.
- 54:42Et on mange,
- 54:42on rigole,
- 54:43on se remémore des souvenirs avec le mort et on pleure.
- 54:46Et puis,
- 54:46finalement,
- 54:46on repart sur des plaisanteries.
- 54:48Enfin,
- 54:48vraiment,
- 54:48il y a toujours des choses très heureuses dans ces moments de passage aussi qui nous rappellent notre dimension éphémère.
- 54:56Tout à fait.
- 54:57Et à quel point est-ce qu'il faut qu'on profite et le respect qu'on se doit les uns aux autres.
- 55:00Et c'est là que Valérie arrive,
- 55:01mais deux,
- 55:02trois mensonges.
- 55:04Là-dedans,
- 55:04et là,
- 55:04on est à paix.
- 55:05Mais c'est ça.
- 55:06Et à la fois,
- 55:08on n'est jamais aussi proche de l'éternité que lorsqu'on entoure les morts,
- 55:11en fait.
- 55:12Donc,
- 55:12je trouve ça triste qu'on perde ces traditions-là parce qu'elles sont importantes pour les vivants.
- 55:18Et à balayer la mort comme on le fait,
- 55:22notamment dans les sociétés occidentales,
- 55:24où en fait,
- 55:24à la fois,
- 55:25on idéalise la mort parce qu'on est quand même dans une culture de la mort.
- 55:29dans les séries,
- 55:30dans les trucs,
- 55:31elle est omniprésente en fait.
- 55:33Mais la mort réelle,
- 55:34quand elle nous touche,
- 55:35on l'évacue.
- 55:36Et c'est à soi qu'il faut qu'on soit confrontés.
- 55:38Notre vrai moment d'humilité,
- 55:40il est là en fait.
- 55:41Et à chaque fois qu'on perd quelqu'un,
- 55:42c'est extrêmement choqué,
- 55:44alors que c'est la vie de mourir aussi.
- 55:47Et dans ces cultures afro,
- 55:49on a quand même cette conscience très concrète de la mort.
- 55:52Et d'ailleurs,
- 55:52vous avez toujours quelqu'un qui,
- 55:54un peu avant que quelqu'un parte,
- 55:55vous dise
- 55:56« j'ai rêvé d'elle » .
- 55:59Elle ne va pas tarder à partir.
- 56:00Elle toujours aura un truc,
- 56:02une connexion qui nous rappelle ça.
- 56:04Donc,
- 56:06j'en profite de ça.
- 56:08Moi,
- 56:09j'avais une petite question de femme et de carrière,
- 56:13comme c'est notre thème.
- 56:14Est-ce que,
- 56:15parce que vous êtes toutes les deux avec une personnalité connue,
- 56:17est-ce que c'est facile et vous avez toutes les deux une carrière à part entière,
- 56:20est-ce que c'est quelque chose avec laquelle on vous embête,
- 56:23ça fait rebond ou on vous laisse tranquille par rapport à ça ?
- 56:25Je commence.
- 56:26Alors déjà,
- 56:27quand on est avec quelqu'un de connu,
- 56:30il faut avoir vraiment les pieds sur terre,
- 56:33il faut être bien dans sa peau.
- 56:34Parce que ce dont généralement les gens ne se rendent pas compte,
- 56:37c'est que vous disparaissez.
- 56:39Ça,
- 56:40c'est le premier truc.
- 56:41C'est-à-dire que n'importe où vous arrivez,
- 56:43dans la rue,
- 56:44partout,
- 56:44les gens se jettent sur la personnalité connue.
- 56:47Souvent,
- 56:47on vous pousse ou on vous met un téléphone portable.
- 56:51Non,
- 56:51tu peux.
- 56:52Tu peux faire la photo.
- 56:53Il n'y a pas eu bonjour avant.
- 56:55On ne vous a même pas regardé.
- 56:56On ne vous a pas considéré.
- 56:57Moi,
- 56:58pendant très longtemps,
- 56:59on vous écrase les pieds.
- 57:00On ne vous voit pas.
- 57:01Les gens ne se souviennent jamais de votre prénom.
- 57:03Ah oui,
- 57:04Caroline.
- 57:05Ah oui,
- 57:05non,
- 57:05pardon.
- 57:06Corinne.
- 57:07Ah oui,
- 57:07non,
- 57:07pardon.
- 57:08Catherine.
- 57:08Non,
- 57:08Karine.
- 57:09Oh,
- 57:09Catherine.
- 57:10Puis à la fin,
- 57:11souvent,
- 57:11on me disait,
- 57:12dans les endroits où je pouvais me retrouver avec Lilian,
- 57:13mais alors,
- 57:14que faites-vous de votre vie ?
- 57:16À part accompagner cet homme absolument merveilleux,
- 57:18c'était le moment où je me suis dit que je suis journaliste et que je commentais un JT national sur M6.
- 57:24Et où les gens se décomposent parce qu'ils avaient passé la soirée à faire en sorte que surtout je ne parle pas en se disant la pauvre,
- 57:29elle doit être tellement stupide comme elle est avec un footballeur.
- 57:32Donc forcément,
- 57:33évitons-lui,
- 57:34épargnons-lui une humiliation,
- 57:36nous coupons la parole à chaque fois qu'elle parle.
- 57:38Donc ça c'est quand même très concret,
- 57:39quand vous êtes avec quelqu'un de connu et qui en plus déchaîne les passions comme ça,
- 57:43vous disparaissez.
- 57:45On ne s'intéresse absolument pas à vous.
- 57:47On ne vous garde pas de place.
- 57:49Et puis,
- 57:49on vous affûle de tous les mots possibles,
- 57:51de tous les vices possibles.
- 57:53Vous êtes intéressé,
- 57:54vous êtes ci,
- 57:54vous êtes ça.
- 57:55Enfin bon,
- 57:55bref,
- 57:55vous n'existez pas.
- 57:56Donc ça,
- 57:56c'est le premier truc.
- 57:57Donc,
- 57:57on ne se construit pas très bien comme ça.
- 57:59Et c'est vrai d'ailleurs que moi,
- 58:00j'ai eu beaucoup d'affection,
- 58:02même de tendresse pour les femmes d'eux,
- 58:04qui en plus,
- 58:05très souvent,
- 58:06n'ont pas forcément,
- 58:07parce que ce n'est pas possible.
- 58:08Quand,
- 58:08je ne sais pas,
- 58:09vous êtes avec quelqu'un qui voyage beaucoup,
- 58:10vous ne pouvez pas avoir une activité professionnelle ?
- 58:13solide parce que vous devez tout le temps déménager,
- 58:15vous devez tout le temps partir.
- 58:16Et ces femmes-là,
- 58:16je trouve qu'on ne mesure pas à quel point est-ce que il faut un vrai tempérament pour supporter d'être tout le temps dans l'ombre de quelqu'un et qu'en plus,
- 58:25très souvent,
- 58:26les gens,
- 58:28ils sont méchants,
- 58:29mais malgré eux.
- 58:30Il y a deux jours,
- 58:31je croise quelqu'un,
- 58:33on allait,
- 58:33je ne suis plus à la Philharmonie,
- 58:34un truc comme ça,
- 58:35il n'y a pas que les gens se jettent sur l'île et on commence à parler.
- 58:38Il y a quelqu'un qui me dit,
- 58:38excusez-moi,
- 58:39je ne vous ai pas salué.
- 58:40mais monsieur quand même c'est quand même monsieur
- 58:42C'est-à-dire que...
- 58:43On s'en fout en fait,
- 58:43c'est pas grave de pas me dire.
- 58:45Vous êtes rien,
- 58:45vous êtes de la merde en fait,
- 58:46puisque vous,
- 58:46on sait pas qui vous êtes,
- 58:47et que lui,
- 58:48quand même,
- 58:48c'est quelqu'un.
- 58:50donc vous vous prenez ça toute la journée
- 58:53C'est ça la réalité d'être le plus un de quelqu'un de connu.
- 58:57Moi,
- 58:57ma chance,
- 58:57et c'est aussi la tienne,
- 58:59ma chance,
- 58:59c'est que j'avais une carrière bien avant d'être avec Lilian.
- 59:02Je présentais déjà le JT bien avant d'être avec Lilian.
- 59:05J'étais déjà celle que je suis avant de le connaître.
- 59:07Je ne lui dois pas ma carrière professionnelle en tant que journaliste.
- 59:10Et puis ensuite,
- 59:11quand vous êtes une femme d'eux et que vous vous lancez dans une discipline artistique,
- 59:16quelle qu'elle soit,
- 59:16on se dit,
- 59:17bien sûr,
- 59:19comme c'est la femme d'eux,
- 59:20c'est plus facile pour elle.
- 59:22Alors que pas du tout.
- 59:23Là encore,
- 59:24justement,
- 59:25tout le monde entend ça,
- 59:27que c'est plus facile pour vous,
- 59:28donc vous n'avez pas besoin d'aide puisque vous êtes déjà backuppé par quelqu'un d'autre.
- 59:31Donc,
- 59:31ce n'est pas moi qui vais vous aider puisque quelqu'un d'autre vous aide alors que personne ne vous aide.
- 59:34Au contraire,
- 59:35vous y allez avec les rames et puis on ne vous facilite pas la tâche,
- 59:38justement parce que vous êtes une femme d'eux.
- 59:41Il y a plein d'endroits où on ne m'a pas reçu.
- 59:44Je le dis,
- 59:44mais je n'ai aucune amertume du tout par rapport à ça.
- 59:46Mais il y a plein de médias qui n'ont pas parlé parce que je suis journaliste,
- 59:50parce que je suis femme d'eux.
- 59:52en se disant,
- 59:52ça va,
- 59:53c'est bon,
- 59:53on ne va pas en plus...
- 59:55Donc,
- 59:56oui,
- 59:56c'est ça.
- 59:56Donc,
- 59:57ce n'est pas du tout un avantage.
- 59:58Bien au contraire.
- 59:59Et puis,
- 59:59parce que vous avez aussi tous les ennemis de la personne avec qui vous êtes qui vont s'évertuer à vous mettre des bâtons dans les roues.
- 1:00:06Et puis,
- 1:00:07tous ceux qui éventuellement pourraient vous aider,
- 1:00:09ils n'ont pas spécialement envie de porter la charge de la suspicion de copinage.
- 1:00:13Parce qu'il faut assumer après de dire,
- 1:00:15oui,
- 1:00:15je l'ai aidé parce que c'est la femme de machin,
- 1:00:16que c'est un copain que j'aime bien.
- 1:00:17Non,
- 1:00:17ça ne marche pas,
- 1:00:18en fait.
- 1:00:18donc vous devez de toute façon vous battre
- 1:00:21et probablement encore plus,
- 1:00:23et je comprends que ce soit contre-intuitif,
- 1:00:25parce que sur le papier,
- 1:00:26on peut se dire que c'est plus facile comme être fils d'eux,
- 1:00:29comme être machin,
- 1:00:29mais ça n'est pas le cas.
- 1:00:30C'est complètement faux.
- 1:00:31Voilà.
- 1:00:33Tu as peut-être,
- 1:00:34je pense,
- 1:00:35les filles ou fils d'eux ont peut-être plus l'opportunité de rencontrer les bonnes personnes,
- 1:00:40mais si tu n'assures pas,
- 1:00:42tu n'es pas meilleur encore que les autres.
- 1:00:43Exactement.
- 1:00:43Ça ne sert à rien.
- 1:00:45Moi,
- 1:00:46c'est très particulier,
- 1:00:46ça fait 18 ans,
- 1:00:48donc moi,
- 1:00:48très longtemps...
- 1:00:49très longtemps dans l'ombre de Claude.
- 1:00:51Puis alors moi,
- 1:00:52là,
- 1:00:52les filles,
- 1:00:53je suis maquillée,
- 1:00:53je suis habillée,
- 1:00:54mais en vrai,
- 1:00:54dans la vie,
- 1:00:55je suis à moitié en pyjama jour et nuit,
- 1:00:57jamais maquillée,
- 1:00:58jamais coiffée.
- 1:00:59Donc,
- 1:01:00on m'écrasait les pieds.
- 1:01:01Il y a deux,
- 1:01:01trois personnes tout de suite qui savaient qui j'étais.
- 1:01:03Bonjour Valérie,
- 1:01:03comment ça va ?
- 1:01:04Tu les repères,
- 1:01:05tu vois,
- 1:01:05tout de suite.
- 1:01:06Moi,
- 1:01:06je m'en foutais complètement.
- 1:01:08Et ça m'a bien fait rigoler parce que j'ai repris une scène que j'ai vécue,
- 1:01:11moi,
- 1:01:11dans
- 1:01:12Tata. Tu vois,
- 1:01:13je parle en scène,
- 1:01:14jamais en chapitre.
- 1:01:15Je me suis retrouvée à la table des enfants en Corse.
- 1:01:17Je ne dirai jamais chez qui.
- 1:01:18Chaque lémone au bout de la table,
- 1:01:21parce qu'il ne savait pas du tout quoi faire de moi.
- 1:01:22C'est merveilleux.
- 1:01:24Pour aller dans ce que tu dis,
- 1:01:26je suis devenue amie avec quelques femmes d'eux,
- 1:01:28justement,
- 1:01:29parce que parfois,
- 1:01:30en arrivant,
- 1:01:31en fait,
- 1:01:31tu as une huée comme ça qui emporte.
- 1:01:34Les personnes les plus connues.
- 1:01:35Et nous,
- 1:01:35on reste derrière.
- 1:01:37Et donc,
- 1:01:37on se retrouve en disant,
- 1:01:38bon,
- 1:01:38ben voilà,
- 1:01:38les doux connasses.
- 1:01:40Vous vous pliez.
- 1:01:41Salut,
- 1:01:41moi,
- 1:01:42je m'appelle Carine.
- 1:01:43Moi,
- 1:01:43c'est Véronique.
- 1:01:44On va passer la soirée ensemble,
- 1:01:45je crois.
- 1:01:46Et du coup,
- 1:01:46tu passes des supersores.
- 1:01:47Et tu passes des supersores.
- 1:01:48Les oublier,
- 1:01:49tu vois.
- 1:01:50Là,
- 1:01:50c'est en train de complètement switcher.
- 1:01:52C'est le contraire.
- 1:01:53C'est-à-dire que...
- 1:01:54Il y a plein de gens qui me lisent,
- 1:01:55mais ils ne m'ont pas encore identifié.
- 1:01:57En revanche,
- 1:01:57ils savent que
- 1:01:58Valérie Perrin,
- 1:01:59c'est l'épouse de Claude Lelouch.
- 1:02:00Du coup,
- 1:02:01ils reconnaissent Claude.
- 1:02:02Et cher Valérie !
- 1:02:03Voilà.
- 1:02:04Pour me dire des choses merveilleusement gentilles.
- 1:02:06Donc,
- 1:02:06tu vois,
- 1:02:07c'est drôle comme la vieille chambre.
- 1:02:08Oui,
- 1:02:08et Lilian,
- 1:02:09il a ça aussi de plus en plus.
- 1:02:10Donc,
- 1:02:11maintenant,
- 1:02:11c'est le père de ses fils.
- 1:02:12Ah,
- 1:02:12vous êtes le papa de Marcus !
- 1:02:13Ah,
- 1:02:13vous êtes le papa de Victor !
- 1:02:14Il est le père d'eux !
- 1:02:15Exactement,
- 1:02:16il est le père d'eux.
- 1:02:17et on lui dit ah vous êtes le mari de la chanteuse donc voilà la dernière fois
- 1:02:21On m'a dit,
- 1:02:21je suis le mari de la chanteuse.
- 1:02:23J'étais super contente.
- 1:02:24Et Claude,
- 1:02:25il dit,
- 1:02:25maintenant,
- 1:02:25je vais m'appeler Claude Perrin.
- 1:02:26Je ne sais pas pourquoi,
- 1:02:27mais je le trouve génial.
- 1:02:28Il le dit tout le temps.
- 1:02:30C'est drôle.
- 1:02:30Oui,
- 1:02:31bien.
- 1:02:32Mais ça suppose,
- 1:02:33voilà,
- 1:02:33de ne pas avoir de problème d'ego.
- 1:02:35Enfin,
- 1:02:35en tout cas,
- 1:02:35de régler son ego.
- 1:02:36Moi,
- 1:02:36j'ai appris de ça aussi.
- 1:02:38Oui,
- 1:02:38c'est bien.
- 1:02:38C'est très,
- 1:02:39très bien.
- 1:02:39Reste à ta place.
- 1:02:40Moi,
- 1:02:40je trouve ça super bien.
- 1:02:40Parce qu'il y a des compétitions.
- 1:02:41Ça donne des bonnes leçons.
- 1:02:42Voilà,
- 1:02:43exactement.
- 1:02:43Il y a des compétitions dans lesquelles tu ne rentres pas.
- 1:02:46Les grandes émotions qu'on va ressentir,
- 1:02:47c'est quoi ?
- 1:02:48Un mariage,
- 1:02:49une naissance,
- 1:02:50tout ça.
- 1:02:50Et puis,
- 1:02:51la victoire d'un pays en équipe de France,
- 1:02:52de l'équipe de France.
- 1:02:54Tu ne peux pas,
- 1:02:56à aucun moment de ce que moi,
- 1:02:58j'ai pu produire,
- 1:02:59je peux rentrer en compétition avec ça.
- 1:03:00Donc,
- 1:03:00il n'y a pas de compétition à avoir.
- 1:03:01Il faut savoir rester à sa place.
- 1:03:03Tu ravales ta salive quand les gens vraiment sont désagréables et extrêmement,
- 1:03:07même méchants parfois.
- 1:03:09Mais tu apprends à rester à ta place.
- 1:03:10Et en tout cas,
- 1:03:11pour moi,
- 1:03:11ça a été une bonne discipline.
- 1:03:13parce que c'est une discipline de savoir...
- 1:03:15rester à sa place,
- 1:03:16de ne pas être en compétition,
- 1:03:18de ne pas absolument chercher la lumière quand il n'y a aucune raison,
- 1:03:21en fait,
- 1:03:21qu'on soit devant.
- 1:03:22Et en plus,
- 1:03:24vous menez vos carrières.
- 1:03:25Exactement.
- 1:03:26Nickel.
- 1:03:27Et vous êtes juste...
- 1:03:29Et épanouie,
- 1:03:30et très heureuse de faire nos trucs.
- 1:03:32Vous êtes même plutôt dans la lumière,
- 1:03:34on va dire,
- 1:03:34quand même.
- 1:03:35Oui,
- 1:03:35oui,
- 1:03:36mais parce que tu développes toi,
- 1:03:38en fait.
- 1:03:38Bien sûr.
- 1:03:39Déjà,
- 1:03:39je n'ai aucun rapprochement entre Valérie Perrin,
- 1:03:41l'autre,
- 1:03:42et Claude Lelouch,
- 1:03:43le cinéaste.
- 1:03:45Et moi,
- 1:03:45pour le coup,
- 1:03:45je lui dois quand même beaucoup.
- 1:03:48Parce que d'abord,
- 1:03:50j'aurais quand même écrit,
- 1:03:50même si je n'avais pas rencontré Claude.
- 1:03:52Cependant,
- 1:03:53je pense que ça a accéléré,
- 1:03:55ça a vraiment accéléré les choses,
- 1:03:57le fait que je travaille avec lui.
- 1:03:58et que je fasse cette école de cinéma qui est particulière avec lui.
- 1:04:02Donc,
- 1:04:03j'ai vachement pris de...
- 1:04:05Et puis,
- 1:04:06je lui ai beaucoup pris dans Tata.
- 1:04:08Je parle quand même de ce qui est...
- 1:04:09Je n'ai jamais fait un film de ma vie.
- 1:04:11Et pourtant,
- 1:04:11je parle d'une réalisatrice.
- 1:04:13J'explique tout le processus de création.
- 1:04:15J'explique qu'est-ce que c'est qu'être sur un plateau.
- 1:04:17Comment je travaille avec mes assistants.
- 1:04:18Je n'ai jamais fait ça de ma vie.
- 1:04:19Mais j'ai tellement pris de clones de cet homme génial que du coup,
- 1:04:24moi,
- 1:04:24ça m'a beaucoup apporté dans mon travail.
- 1:04:26Alors moi,
- 1:04:27effectivement,
- 1:04:27Lilian m'a beaucoup apporté aussi,
- 1:04:29parce qu'il m'a obligée,
- 1:04:31pendant très longtemps,
- 1:04:31j'étais d'une pudeur totale,
- 1:04:34grande pudeur vocale.
- 1:04:35C'était très difficile pour moi de monter sur scène.
- 1:04:37Je faisais des concerts,
- 1:04:38mais j'étais alertée plusieurs mois avant.
- 1:04:41J'avais le temps de me préparer,
- 1:04:42de me préparer psychologiquement.
- 1:04:43Deux jours avant,
- 1:04:44je ne dormais plus.
- 1:04:45La veille,
- 1:04:45je ne mangeais plus.
- 1:04:46Je partais en me disant,
- 1:04:46bon,
- 1:04:47quand je vais revenir demain,
- 1:04:48ce sera terminé.
- 1:04:49Je l'aurais fait.
- 1:04:50C'était vraiment horrible.
- 1:04:51Et il m'a confrontée en fait,
- 1:04:52vraiment,
- 1:04:53il m'a mise dans des conditions.
- 1:04:55pour m'obliger à sortir de ça.
- 1:04:58C'était sympa sous sa casse.
- 1:04:59Et notamment,
- 1:04:59je pense à une fois,
- 1:05:01on va dans un club de jazz où on va juste écouter de la musique.
- 1:05:05Et je trouve que dans ce club,
- 1:05:06tout le monde savait que je faisais des concerts et tout.
- 1:05:08Et donc,
- 1:05:08à un moment,
- 1:05:09le musicien sur scène a dit « Ah,
- 1:05:10mais nous avons parmi nous des amis chanteurs ! »
- 1:05:13« C'est la famille ! »
- 1:05:14« Ne vous dites pas,
- 1:05:14venez chanter ! »
- 1:05:15Et tout ça.
- 1:05:16Puis les gens viennent me voir.
- 1:05:17Enfin,
- 1:05:17le patron du club me dit « Alors,
- 1:05:19tu vas bien chanter une petite chanson ? »
- 1:05:20Et puis je me suis dit,
- 1:05:20non,
- 1:05:20je vais lui manger un croutin de chèvre.
- 1:05:24Une de miel ?
- 1:05:24Laissez-moi tranquille,
- 1:05:25laissez-moi boire mon verre de vin et puis goûter.
- 1:05:27Oui,
- 1:05:27mais quand même,
- 1:05:28ce serait sympa.
- 1:05:29Lilian me dit,
- 1:05:29mais je ne comprends pas,
- 1:05:30pourquoi tu n'y vas pas ?
- 1:05:31Je finis par céder en me disant,
- 1:05:32ok,
- 1:05:33je vais chanter une chanson.
- 1:05:33Et au moment où je dis ok,
- 1:05:35je me dis,
- 1:05:35mais dans quelle tonalité ?
- 1:05:36Mais c'est quoi la mélodie ?
- 1:05:38Je suis prise d'une crise de panique.
- 1:05:40Et je sens qu'à la fois,
- 1:05:41j'ai envie de le faire,
- 1:05:42mais que je ne peux pas le faire.
- 1:05:43Je ne vais pas être capable de chanter.
- 1:05:45Donc,
- 1:05:45je commence à s'engloter.
- 1:05:47Je me dis,
- 1:05:47il faut que je dise non.
- 1:05:48t'as dit non,
- 1:05:48t'as dit oui,
- 1:05:49tu vas dire non,
- 1:05:49les gens vont dire que t'es complètement folle,
- 1:05:51bah oui en fait t'es folle,
- 1:05:51c'est pas grave.
- 1:05:52Donc,
- 1:05:53finalement,
- 1:05:53je me désiste en disant que je ne vais pas monter chanter.
- 1:05:56Je commence à pleurer.
- 1:05:57Lilian me tourne le dos.
- 1:05:58Vraiment,
- 1:05:58je sens qu'il est déçu.
- 1:05:59Ce qui est terrible,
- 1:06:00c'est de décevoir quelqu'un qu'on aime.
- 1:06:01En plus,
- 1:06:01je ne comprends pas.
- 1:06:02On finit par rentrer à la maison.
- 1:06:04Il me dit,
- 1:06:05je ne comprends pas.
- 1:06:05Je ne comprends pas.
- 1:06:07Je ne comprends pas.
- 1:06:08Je ne veux pas me préparer.
- 1:06:09Il me dit,
- 1:06:09mais non.
- 1:06:10Mais tu aimes chanter.
- 1:06:11Tu chantes toute la journée.
- 1:06:12Pourquoi ?
- 1:06:12Chanter,
- 1:06:12c'est simple.
- 1:06:13Tu te lèves.
- 1:06:14Il me dit,
- 1:06:15d'accord.
- 1:06:16J'avais pas compris.
- 1:06:17En fait,
- 1:06:18tu veux pas chanter.
- 1:06:20C'est pas grave.
- 1:06:21Ne chante pas.
- 1:06:22Je n'avais pas compris.
- 1:06:24En fait,
- 1:06:25tu ne veux pas chanter.
- 1:06:26Tu ne chantes pas.
- 1:06:27Et puis,
- 1:06:27on ira voir les autres en concert.
- 1:06:29C'est super.
- 1:06:30Ça va bien se passer.
- 1:06:31Il me disait ça.
- 1:06:32Et j'entendais me dire ça.
- 1:06:33Je me disais,
- 1:06:33mais qu'est-ce qu'il raconte ?
- 1:06:34Il est complètement dingue.
- 1:06:35Mais ce n'est pas possible.
- 1:06:36Mais oui,
- 1:06:36je veux chanter.
- 1:06:37Il me dit,
- 1:06:37mais non,
- 1:06:38tu ne veux pas chanter.
- 1:06:40Tu ne chantes pas.
- 1:06:42Tu ne veux pas.
- 1:06:42Mais ce n'est pas grave,
- 1:06:43mon amour.
- 1:06:44Tu ne chanteras pas.
- 1:06:45Et puis,
- 1:06:45ça va se passer très bien.
- 1:06:47psychologiquement,
- 1:06:48franchement,
- 1:06:49je l'ai détesté.
- 1:06:51je me suis testée pendant une nuit et le lendemain je me suis dit putain on va aller au club de jazz et je suis allée au club de jazz je suis allée voir le patron en disant vraiment je faisais pas ma diva c'est parce que j'étais prise de panique et je ne pouvais pas mais je viens chanter dans ton club quand tu veux et
- 1:07:07il m'a dit c'est super on va programmer deux dates dans un mois je me suis dit putain on va aller et en fait ça s'est passé effectivement comme ça et toutes les choses se sont imbriquées ensuite et ça a vraiment contribué à me libérer et je pense que
- 1:07:20Il y a beaucoup de choses en moi qui m'entravaient.
- 1:07:23Et il m'a vraiment emmenée.
- 1:07:24C'était vraiment...
- 1:07:25Il m'a fait un espèce de coach.
- 1:07:26Mais complètement.
- 1:07:27Formidable.
- 1:07:27Mais vraiment.
- 1:07:28C'est du coach.
- 1:07:29C'est du coach.
- 1:07:31Pour ça,
- 1:07:33il a vraiment ce talent,
- 1:07:34ce don-là de révéler.
- 1:07:37Alors,
- 1:07:37ça passait ou ça cassait.
- 1:07:38J'aurais pu craquer et puis effectivement laisser tomber tout ça et me dire que je ne serais jamais capable de chanter comme ça,
- 1:07:44de faire des concerts et tout.
- 1:07:45Mais il m'a complètement changée.
- 1:07:47Il m'a vraiment donné de...
- 1:07:49de l'ouverture.
- 1:07:50Il m'a aidée,
- 1:07:50il m'a accompagnée dans le déploiement.
- 1:07:53Et je lui dois complètement ça.
- 1:07:54Je ne serais pas celle que je suis aujourd'hui sans lui,
- 1:07:58très clairement.
- 1:07:59Il m'a,
- 1:08:00avec beaucoup de,
- 1:08:01parfois de la douceur,
- 1:08:03parfois en venant me secouer comme ça,
- 1:08:05en me disant,
- 1:08:05mais tu ne seras pas.
- 1:08:08Il a vraiment contribué à me libérer complètement.
- 1:08:11Il m'a,
- 1:08:12c'est,
- 1:08:14il a changé ma vie,
- 1:08:15vraiment.
- 1:08:16C'est beau.
- 1:08:19choisissez bien vos chéris les filles ça c'est sûr ça c'est sûr ça fait le pas aimer,
- 1:08:27être aimé et puis il y a aussi des gens qui quand ils vous aiment ils veulent que vous soyez vraiment heureux et heureuses et ils vous accompagnent sur le chemin de l'épanouissement et c'est complètement ce que Lilian fait avec moi et c'est merveilleux vraiment voilà
- 1:08:45On arrive au terme de cette émission.
- 1:08:48On aurait bien aimé continuer en train avec vous.
- 1:08:50On adore.
- 1:08:51C'est trop bien.
- 1:08:52Est-ce que vous voulez dire encore une dernière chose ?
- 1:08:54Je suis très heureuse d'avoir rencontré vous.
- 1:08:55De moi aussi.
- 1:08:56Merci de cette rencontre.
- 1:08:58Il y a plein de connexions.
- 1:09:00Hallucinant.
- 1:09:00Hallucinant.
- 1:09:01Je vais tout de suite acheter
- 1:09:03Les Oubliés du Dimanche.
- 1:09:04Moi,
- 1:09:04je vais en faire une.
- 1:09:05D'accord,
- 1:09:06je viens.
- 1:09:06Parce que j'en ai trois à lire avant.
- 1:09:09Ne fais pas des petits bémols.
- 1:09:10On se déborde.
- 1:09:12Changez l'eau des fleurs.
- 1:09:15ça va être merveilleux parce que effectivement je pense qu'il y a des univers qui sont proches dans les réflexions et la profondeur
- 1:09:22Merci Tata sort le
- 1:09:2418 septembre donc nous vous invitons tous et toutes à dévorer ce nouveau roman de Valérie Perrin et on était hyper heureuses de vous recevoir et écoutez cet album aussi de Nina Simone qui est incroyable Oui j'ai plein de commentaires aussi,
- 1:09:40j'ai pas toutes les dates en tête mais...
- 1:09:42voilà le 5 octobre je suis sur les réseaux je suis sur les réseaux et comme ça à chaque fois tu dis je suis là exactement le 23 septembre on mettra tout ça c'est ça il y a 66 minutes aussi super génial il y a plein de choses donc je vous laisse renseigner tout ça on renseigne on renseigne
- 1:09:59tout nous on donne les liens les liens c'est un peu pour ça qu'on a créé ce podcast pour faire de l'eau bien et on est super heureuse d'avoir bien réussi aujourd'hui parce que c'est super une réaction sur un accompli ça va voilà
- 1:10:12À la semaine prochaine pour une nouvelle mission.
- 1:10:22Tout à fait.
- 1:10:23Merci.