Latest / Beyond Work & Life / Recrutement sous pression : la méthode des astronautes avec Michel Tognini
Transcript
- 0:00Imaginez un instant que votre Bureau soit une capsule
- 0:02spatiale, que votre Deadline soit un compte à rebours de
- 0:04lancement, que votre pivot stratégique doivent être activé
- 0:07à 300 km au-dessus de la terre et que la moindre friction
- 0:10humaine mène tout le monde en danger de mort.
- 0:12Mon invité d'aujourd'hui n'a pas besoin d'imaginer ces
- 0:16situations, il les a vécues. 2 fois, Michel Tonini est
- 0:20astronaute. Il fait partie des 10 français à
- 0:23être allé dans l'espace. Il a ensuite recruté et formé la
- 0:26prochaine génération d'Astronautes européens, dont
- 0:28Thomas Pesquet. Nous allons décrypter la
- 0:30coopération d'équipage venue du monde entier, leur capacité à
- 0:33décider vite, à décider juste, mais aussi comment les agences
- 0:37spatiales recrutent et forment leurs meilleurs talents.
- 0:40Et tout au long de cet épisode, bien sûr, nous nous demanderons
- 0:43ce que l'espace peut vraiment nous apprendre sur le futur du
- 0:45travail. Bienvenue dans Beyond work and
- 0:47Life, je suis. Cofondateur et directeur général
- 0:50de work Life 321. Bonjour Michel.
- 1:02Bonjour Ben. Merci d'avoir accepté mon
- 1:04invitation. On aime bien commencer nos
- 1:05interviews avec une question un petit peu générique, si tu
- 1:08pouvais voyager dans le temps, tu irais dans le passé ou dans
- 1:11le futur ? Et à quelle époque ?
- 1:13Alors plutôt dans le futur, j'irai dans le futur, dans les
- 1:15années 204020452050 qui correspondent à la mission où
- 1:22nous irons sur Mars. Donc tu aurais aimé pouvoir
- 1:26faire partie de cette. Oui j'aurais aimé.
- 1:28Alors peut être pas le faire partie, mais voyager avec les
- 1:31plus astronautes qui feront ce vol là et voir les découvertes
- 1:34qu'ils auront sur Mars qu'on n'a pas réussi à faire avec des
- 1:37robots, donc des découvertes qui seraient vraiment spécifiques à
- 1:40l'humain sur. Mars bon alors on va y revenir.
- 1:42Tu fais partie des 10 français hein, comme on le disait à être
- 1:45allés dans l'espace. Moi, quand j'ai écouté tes
- 1:47interviews, j'ai eu l'impression que ton parcours.
- 1:49Il s'est fait au fur et à mesure, petit à petit, jusqu'à
- 1:53ce que tu deviennes astronaute, mais est ce que enfant, tu avais
- 1:56ce rêve de devenir astronaute ? Comme beaucoup de petits garçons
- 2:00peuvent avoir. Alors quand j'étais enfant, les
- 2:03humains n'allaient pas dans l'espace.
- 2:03C'est ce que j'avais 11 ans. Lorsque gargarine va dans
- 2:06l'espace, j'avais 61 donc j'ai c'est c'est un travail que je ne
- 2:09pouvais pas imaginer. Par contre, mon père travaillait
- 2:11en France et mon père fréquentait beaucoup de pilotes
- 2:14de ligne. Donc éventuellement j'aurais pu
- 2:16être pilote de ligne ou travailler dans les avions.
- 2:18Et j'ai eu un Flash quand j'étais tout petit, à l'âge de 7
- 2:21ans, de mon oncle qui faisait voler un petit avion en Balzac
- 2:24avec un moteur en en élastique. Et donc j'ai dit ça, je voudrais
- 2:27bien le faire un jour. Et ça a déclenché un petit peu
- 2:29ma passion pour l'avion. Et puis tout ce qui touche à
- 2:31l'aviation. Et puis tu racontes que Bah t'es
- 2:34pas particulièrement bon élève, c'est ça que t'as eu un déclic
- 2:36en 6e ? C'est à dire que j'étais en
- 2:38Afrique, mon père travaillait en Afrique pour les vols d'Air
- 2:41France donc je j'avais pas toujours une scolarité qui était
- 2:43suivie par des professeurs qui étaient souvent absents.
- 2:46Et j'ai commencé ma vraie scolarité lorsque je suis arrivé
- 2:48en France, dans le petit village de l'Ay les roses, et là, j'ai
- 2:50eu un prof de maths qui m'a fait partir de dernier en maths à
- 2:53premier en maths. Et ça a tout changé puisque à
- 2:56travers les maths, tu dis finalement, ça a été le moteur
- 2:59ensuite de ton apprentissage permanent en fait.
- 3:01Il m'a donné 1 1 amour des mathématiques, donc j'étais.
- 3:03Je suis devenu vraiment amoureux des mathématiques, à un tel
- 3:06point que j'ai envisagé d'être professeur de mathématiques à un
- 3:08moment donné, de faire de la recherche en mathématiques parce
- 3:10que. J'ai, il m'a donné la passion
- 3:12des mathématiques, mais de la mathématique à l'époque.
- 3:14Et là aussi tu te prédestinais pas forcément à être pilote de
- 3:16chasse, tu voulais être pilote et au finalement on t'a dit Bah
- 3:20tu as toutes les qualités requises pour être pilote de
- 3:22chasse. Bah j'ai toujours.
- 3:23J'ai toujours visé un petit peu en dessous de mon niveau et donc
- 3:27je pensais que j'aurais j'aurais été bon pour être pilote de
- 3:29ligne militaire mais pas forcément pilote de chasse.
- 3:31Et finalement lorsqu ils ont fait ma visite médicale, ils
- 3:33m'ont dit, mais votre colonne vertébrale est parfaite.
- 3:35Vous ferez plus de chasse, donc je me suis-je me suis lancé dans
- 3:37le travail de de chasse. C'est intéressant ça, parce
- 3:39qu'on dit souvent aux gens d'aller viser plus haut.
- 3:41Toi tu parles aussi beaucoup d'humilité.
- 3:43On y reviendra en réalité. Il faut être capable de pouvoir
- 3:48prendre les choses au fur et à mesure.
- 3:49Il faut pas avoir une ambition débordante, pouvoir réussir.
- 3:52Mais dans mon cas particulier, c'était quand même assez
- 3:54complexe parce que j'avais commencé avec une scolarité au
- 3:56au départ qui était mauvaise vu que j'étais en Afrique et que
- 3:58j'avais une une scolarité qui n'était pas très suivie, donc je
- 4:01ne pouvais pas rêver vraiment dès le départ d'avoir des
- 4:03carrières très important. Mais par la suite, lorsque j'ai
- 4:06compris que j'étais bon en mathématiques, j'ai compris que
- 4:08j'aurais pu faire des choses des écoles plus importantes ou des
- 4:12des métiers d'ingénieur plus importants.
- 4:14Et tu as dit à un moment, je crois plus au travail qu'à
- 4:16l'intelligence. Mais c'est pas un peu naïf ça ?
- 4:18Parce que, à un moment donné, pour pouvoir être dans les 10
- 4:21Français qui sont allés dans l'espace YA1 moment où tu as
- 4:25besoin d'intelligence et de travail, il faut une combinaison
- 4:28qui s'aligne. En réalité, je.
- 4:32Je pense que l'intelligence c'est c'est de la plomberie
- 4:34neuronique, c'est à dire ? Donc plus on va travailler sur
- 4:36un problème, plus on va travailler régulièrement, plus
- 4:39on va devenir apte à régler des problèmes de mathématiques ou de
- 4:42physique ou d'ingénierie. Donc y a y a celui qui travaille
- 4:45et celui qui ne travaille pas. Je ne crois pas à ce que un
- 4:48élève puisse dire, Eh bien moi je suis, j'ai la science innée,
- 4:51je suis très intelligent, donc je ne travaille pas.
- 4:53Ça, c'est extrêmement rare, sauf s'il a un focus extraordinaire
- 4:56pendant les cours et qu'il puisse emmagasiner tous les
- 4:59cours de façon rapide. Mais en général, y a du travail
- 5:02derrière et ceux qui travaillent y arrivent bien.
- 5:04Et ça a été confirmé également dans le travail de pilote de
- 5:06chasse. Je voyais des pilotes qui
- 5:08arrivaient dans mon escadron jeune pilote, qui avaient une
- 5:11expérience normale et qui commençaient tout doucement à
- 5:15faire des programmes qui n'étaient pas vraiment les les
- 5:16les les spécialistes très très forts.
- 5:19Eh bien, ces gens-là sont encore vivants.
- 5:20Alors tous ceux qui se pensaient être forts.
- 5:23Sont décédés. Ah oui d'accord, et quand est ce
- 5:26que tu as eu ce déclic à ce moment-là de se dire là ça y
- 5:30est, je peux entrevoir le fait d'aller dans dans l'espace ou
- 5:33d'avoir envie d'y aller ? C'était en 82 lorsque Jean le
- 5:35chrétien est parti dans l'espace et moi j'étais à l'époque pilote
- 5:38de chasse plus j'avais fait une spécialisation pilote d'essai à
- 5:42l'école de Boscam down en en en Angleterre.
- 5:46Et lorsque j'ai vu qu'il était parti dans l'espace et que
- 5:48j'avais fait également comme lui le travail des pilotes de chasse
- 5:50puis pilos d'essai, je me dis Bah je suis vraiment dans le
- 5:53créneau. S'il y avait une sélection un
- 5:55peu plus tard, je pourrais y arriver.
- 5:57Et donc que 82. Je travaille donc dans mes types
- 6:00de chasse 85 arrive la sélection pour etre astronaute dans le
- 6:04cadre du programme Hermès. Hermès était la navette
- 6:07européenne qui aurait décollé sur RN5 et je me suis présenté.
- 6:12Et j'ai été pris parce que j'étais pilote d'essai.
- 6:14Et alors ? Tu as été en effet sélectionné
- 6:16dans une des écoles les plus compliquées.
- 6:18En tant que pilote d'essai, tu peux expliquer un petit peu ce
- 6:20que c'est que être pilote d'essai ?
- 6:21Piloter c'est essayer des des systèmes nouveaux, des avions
- 6:24nouveaux. Et dans mon cadre, moi c'était
- 6:26de d'essayer des des systèmes comme le le, le, le pod atlis
- 6:31sur le Jaguar, des systèmes de d'Illuminations laser, essayer
- 6:34des armements nouveaux. On a essayé.
- 6:36Tout ce qui était navigation de nuit, navigation basse attitude
- 6:39dans le mauvais temps, avec un suivi de terrain sur mirage de
- 6:42Mylène, donc des des des systèmes nouveaux qui existaient
- 6:45et on les vérifiait, on les essayait avant de les donner
- 6:48dans les forces aériennes opérationnelles.
- 6:50Donc déjà, c'est peu balisé. Il faut faire face à beaucoup
- 6:53d'incertitudes, c'est découvrir, comprendre, ça doit être
- 6:56intéressant. Et puis il y prendre des risques
- 6:58que y a des des des vols qui se passent pas toujours très bien.
- 7:00C'est un peu du bricolage. On essaye par tâtonnement, à
- 7:02faire des choses qui sont importantes.
- 7:04Alors tu parles du programme Hermès à ce moment là ?
- 7:067 candidats qui sont retenus. Tu peux expliquer un petit peu
- 7:08justement le parcours que tu as dû bah réaliser pour pouvoir
- 7:13être retenus dans ce programme là.
- 7:15Alors la sélection au départ, nous sommes environ 1000
- 7:17candidats. Ouais, et de tous les bords,
- 7:20scientifiques ou pilotage ou ingénieurs de France.
- 7:23Et on on a les tests qui vont se passer régulièrement.
- 7:25On a un premier test qui est qui est un test vestibulaire, pour
- 7:28vérifier le mal de l'espace, et c'est un test éliminatoire.
- 7:31Donc il fallait réussir à tenir 8 Min sur un tabouret tournant.
- 7:34Vous voyez pendant le tabouret, ton nom ?
- 7:35Eh bien il faut baisser le ton pour avoir ce qu'on ce qu'on
- 7:39appelle les forces de curiolis qui vont se mettre dans le
- 7:41cerveau, qui représentent un petit peu le mal de l'espace.
- 7:44Je pense que c'est un peu plus fort que le mal de l'espace,
- 7:46mais comme c'est un test simulatoire, il fallait, il
- 7:47fallait réussir après YA1 test. Alors attends là, tu racontes
- 7:50d'ailleurs que toi tu arrives en tant que pilote de chasse
- 7:53d'ailleurs propose ce stress que tu penses que tu vas y arriver
- 7:55sans trop de problèmes. Et là pas du tout.
- 7:57Tu peux nous raconter. Alors il s'est passé, il s'est
- 8:00passé un évènement assez incroyable, c'est que j'arrive
- 8:02en mirage de. Il fallait amener un mirage de.
- 8:04Au cas où j'étais pilo d'essai à Brétigny, donc je me pose en
- 8:07mirage à Brétigny pour faire le test à 12h00.
- 8:09Donc tu viens en mirage, tout à fait normal pour le test tu
- 8:12vois ? La, la fleur au fusil comme on
- 8:14dit. Sûr de moi, un peu trop sûr de
- 8:16moi à l'époque d'ailleurs. Et ça c'est un joli tour parce
- 8:18que quand on parle d'humilité il faut pas être trop sûr de soi.
- 8:22Et j'arrive à 12h00 dans la salle à Brétigny qui était la
- 8:24salle où on faisait les tests vessibulaires et c'est l'heure
- 8:27du repas donc il y a pas grand monde et en en donne.
- 8:29En rentrant dans tous les couloirs je tombe sur la salle.
- 8:32Du test cellulaire et je tombe sur le gars qui était juste
- 8:36avant moi qui a passé cette et je je le connaissais bien.
- 8:37C'était un pilote de chasse que je connaissais bien qui était à
- 8:40Bordeaux et je le voyais. Il sortait de de les tests
- 8:42complètement vert mais vraiment pas bien du tout et je me suis
- 8:46dit Ouh là, si lui était malade, qu'est ce que ça va être pour
- 8:48moi ? Donc j'avais déjà un
- 8:48pressentiment négatif sur ce test là, chacun sait que ça
- 8:51allait bien se passer sans savoir exactement ce que c'était
- 8:54parce que j'étais pilote de chasse et je pensais que ton
- 8:56pilote de chasse était une. Une fonction suffisante pour
- 8:59réussir ? Mais là je me sens que ça va
- 9:01être divisé parce que je le vois malade.
- 9:03Donc je rentre dans le test avec un sentiment négatif,
- 9:07l'instructeur arrive à ce moment-là, vous allez pas être
- 9:09dans le test, vous n'avez pas à voir la personne qui était avant
- 9:11vous donc je je me suis fait un petit peu attraper.
- 9:13Je fais le test et dès le test je suis malade au bout de 30
- 9:16secondes. Pas très malade mais quand même
- 9:18pas très bien. Et c'était éliminatoire.
- 9:21Oui, il. Fallait pas vomir du tout, il
- 9:23fallait pas vomir et il fallait tenir 8 Min, il fallait pas
- 9:25vomir et tenir 8 Min donc au bout de 30 secondes je suis pas
- 9:27bien donc j'ai dit bon là je vais pas arrêter maintenant,
- 9:29j'essaie de faire 30 secondes de plus donc ça fait une minute.
- 9:32Au bout d'une minute je me dis j'essaie de faire de le double,
- 9:34je suis mal mais le mal va va doubler le maximum donc je vais
- 9:37essayer de tenir pour voir quelles sont mes limites.
- 9:39Donc j'arrive à 2 Min à 2 Min je ne suis pas bien du tout,
- 9:42j'essaie de faire le double donc ça fait 4 Min. 4 Min je suis à
- 9:45la moitié, j'ai c'est dommage d'arrêter là donc je continue
- 9:47encore 5 Min et puis je commence à à appliquer des systèmes de
- 9:50respiration type yoga pour bien se décontracter au niveau de
- 9:54l'abdomen et je je je me, je me concentre sur ce que je fais, je
- 9:58tiens 6 Min et bien je suis presque à la fin. 7 je sors 8
- 10:01Min 8 Min donc je suis pas bien, je n'ai pas vomi, j'ai tenu 8
- 10:04Min et il se trouve que à l'époque j'étais Pilo d'essai à
- 10:07Cazaux, donc à côté d'Arcachon. Et c'était l'époque où je
- 10:10faisais beaucoup de jogging à la plage, donc j'étais bronzé et
- 10:12donc ils ont pas vu que j'étais bronzé.
- 10:15Ils m'ont dit ça va bien, j'ai dit ça, ça va bien, ça allait
- 10:18pas bien du tout. Et donc j'ai eu toujours après
- 10:20cette hantise de du mal de l'espace.
- 10:22Et finalement, quand je suis resté dans l'espace, le mal de
- 10:24l'espace est beaucoup plus facile à aborder que le mal
- 10:28qu'on avait sur le tableau retournant.
- 10:29Et maintenant je crois que y a même plus ce test.
- 10:31Non, parce que y a des médicaments qui sont de la
- 10:33scopolamine, qui sont des médicaments extraordinaires,
- 10:36donc y a y a plus rien, c'est des remises à 0 directes et y a.
- 10:39La chimie va compenser tout ce que que l'on n'avait pas à
- 10:41l'époque. Donc à l'époque, c'était de
- 10:42l'entraînement et les Russes étaient très sensibles à
- 10:44l'entraînement. Donc moi j'étais en Russie
- 10:46pendant pendant 6 ans. Enfin 2*2*2 ans, j'ai fait de
- 10:49l'entraînement vestibulaire pratiquement toutes les
- 10:51semaines. Alors tu passes justement toutes
- 10:52les sélections, tu arrives parmi les candidats retenus, mais là
- 10:57encore, il faut beaucoup de motivation parce que tu ne sais
- 11:00pas. Si ou quand tu partiras
- 11:02exactement. Alors je on est sélectionné en
- 11:0485 et malheureusement le le départ des des vols de
- 11:07l'entraînement c'est 86 et là il se passe l'accident navette
- 11:10Challenger et là on se dit tous les vols qui devaient être faits
- 11:14avec les Américains vont sauter. Donc là il y a il y a une remise
- 11:17à plat du total mais moi je me suis sélectionné pour faire les
- 11:20cours de russe début 86 et pour aller en Russie faire
- 11:23l'entraînement en novembre 86. Ça, tu le sais tout de suite.
- 11:29Non je. Enfin pour le russe.
- 11:31Oui, je sais que j'apprends le russe avec je reçois clairbois
- 11:32où on va faire des cours de russe tous les 2.
- 11:34Et puis à la fin il y en a un des 2 qui partira avec Jean Loup
- 11:37chrétien pour l'entraînement de remplaçant.
- 11:39Donc c'était c'était d'abord être sélectionné pour apprendre
- 11:41le russe. Et après, une fois qu'on a
- 11:42appris le russe, c'était sélectionné pour avec Jean Loup
- 11:44chrétien pour l'entraînement en tant que remplaçant de son vol.
- 11:48J'ai l'impression d'ailleurs dans ton parcours que tu passes.
- 11:50Tu as passé ta vie à apprendre. C'est absolument nécessaire.
- 11:54Finalement, tu as été étudiant toute ta vie ?
- 11:56D'un certain côté, oui. Et c'est bien et j'aime bien
- 11:58bien cette idée d'apprendre. Jusqu'au dernier jour, j'ai
- 12:00toujours eu. J'ai toujours cette cette idée
- 12:01de de noblesse de l'humain, de d'avoir envie d'apprendre et
- 12:05d'apprendre. Et je souris ce matin en métro,
- 12:07j'ai lu 1£ pour le Kolkhoze qui est un de d'ancause car
- 12:11d'ancause pour. Pour pour apprendre des des
- 12:14choses. J'aime bien lire.
- 12:15J'aime beaucoup lire. Pour apprendre tant, tant que je
- 12:17peux, tant que je peux apprendre.
- 12:18Donc t'arrives près de Moscou, oui, à citer des étoiles.
- 12:21Oui tu fais quoi à ce moment là ?
- 12:23Comment ça se passe ? C'est quoi les étapes avant ton
- 12:26premier vol ? Alors les les étapes c'est pas
- 12:28rigolo, au départ c'est des cours de russe à raison de 06h00
- 12:31par jour. Donc tu es bilingue maintenant ?
- 12:33Mais à l'époque, c'était pas bilingue de j'étais pas bon du
- 12:37tout en russe, j'ai. L'impression que c'était plus
- 12:38dur d'apprendre le russe que toutes les techniques
- 12:41nécessaires pour le spatial. Honnetement oui le le le russe
- 12:46le le russe c'est c'est c'est comme je vais parler pour
- 12:49l'intelligence c'est de la plomberie neuronique plus les
- 12:51les Russes étaient toujours paftreignes matoutching ça veut
- 12:53dire que plus on répète plus on va apprendre.
- 12:55Donc c'est pas de l'intelligence, c'est de la
- 12:56répétition et donc j'ai commencé à répéter à répéter RVD, et plus
- 12:59on en fait plus ça passe. Et à la fin, à la fin, je parle
- 13:02russe. Corrément quand quand je
- 13:04rencontre des Russes. Mais comment ça se fait que tu
- 13:05parles russe ? Mais j'ai expliqué que j'étais
- 13:07en Russie pendant 4 ans. Au-delà du Russe, une fois que
- 13:09le russe est appris, qu'est ce que tu fais ?
- 13:11Au début, ces histoires de Russes plus un peu de sport et
- 13:14une fois qu'on commence à parler le russe un peu donc au bout de.
- 13:18Un mois et demi, 2 mois. On commence à apprendre les
- 13:20systèmes de mécanique spatiale, comment ça fonctionne dans
- 13:23l'espace, comment un vaisseau change d'orbite, comment un
- 13:26vaisseau rentre sur terre, quels sont les différents systèmes qui
- 13:29existent dans le monde pour aller dans l'espace, pour
- 13:32contrôler un vaisseau dans l'espace, pour rentrer sur
- 13:34terre ? Comment fonctionnent les
- 13:35stations spatiales, comment on Assemble les stations spatiales,
- 13:37comment on fait un rendez-vous sur une station spatiale.
- 13:40Donc c'est des choses de base qui vont durer 2 mois et après
- 13:42on rentre dans le corps du sujet, c'est à dire apprendre le
- 13:45vaisseau Soyouz, les systèmes de Soyouz.
- 13:47Comment ça fonctionne ? Ensuite on va, alors on va, on
- 13:51va aller travailler au simulateur individuellement,
- 13:53puis on va faire les pannes sur chacun des systèmes, puis après
- 13:56on va faire les pannes superposées de tous les systèmes
- 13:58dans le vaisseau sociaux. Donc il YA1 an d'apprentissage
- 14:01et la 2e année c'est vraiment du simulateur en même temps que les
- 14:04cours théoriques et en même temps que le programme
- 14:05scientifique qui correspond au vol spatial.
- 14:07Donc tu es dans une salle de classe pour la théorique, dans
- 14:10le simulateur et tu fais de la répétition pour que ça devienne
- 14:12des automatismes. Voilà des automatismes, des
- 14:14répétitions, on va faire les pannes.
- 14:16Superposé on va faire les pannes jusqu'à ce qu'on ait fait toutes
- 14:18les pannes. Et à la fin, franchement, au
- 14:19bout de le jour où on part en vol, on connaît les pannes
- 14:22pratiquement par cœur hein, il y en a, il y en a une centaine, on
- 14:25sait que c'est la panne numéro 95 et des on était en équipage
- 14:28et tiens la 94 ils n'ont pas encore faite préparons nous la
- 14:3094 c'est à ce point là on les connaissait pratiquement par
- 14:33cœur. OK, et donc on arrive justement
- 14:38à ce 27 juillet 1992, oui, c'est le jour où tu décolles depuis
- 14:41baïkunour. Qu'est ce qui se passe ?
- 14:45Comment ça se passe ? Tu es dans quel état d'esprit ?
- 14:48Tu es excité ? Tu es stressé ?
- 14:51Voilà, c'est. Un peu les 2.
- 14:52C'est c'est un mélange d'excitation parce que j'ai
- 14:54attendu pendant 7 ans, donc j'ai et puis j'ai sacrifié ma
- 14:56carrière de pilote de chasse, pilote d'essai militaire pour
- 14:59faire ce vol dans l'espace. Donc de 85 à 92, c'est une
- 15:01attente sans être sûr qu'on va partir en vol.
- 15:03Et donc c'est c'est vraiment l'accomplissement de ce qu'on a
- 15:07fait. C'était un sacrifice de 7 ans
- 15:08qui va donner ses fruits à ce moment-là.
- 15:12Et puis il y a l'équipage qui est avec nous et puis il YA1
- 15:14cérémonial. Les rues sont très très
- 15:15méticuleux sur le cérémonial. Donc 15 jours avant, on arrive à
- 15:19baïkono, on est en isolé, on est en ce qu'on appelle en
- 15:22quarantaine. Et pendant cette 40 et.
- 15:24Pour pas etre malade, c'est ça ? Pour pas etre malade et tous
- 15:26ceux qui vont nous voir nous parlerons derrière des vitres
- 15:28pour éviter de nous transmettre des microbes qu'on pourrait
- 15:31transmettre dans la station spatiale.
- 15:32Puis on va faire les entraînements réguliers au
- 15:36simulateur. Euh la table orthostatique tête
- 15:38en bas, tête en haut et le tableau étournant, le fameux
- 15:40tableau étonnant qu'on va faire tous les jours-là bas.
- 15:42Ah tu le. On les fait juste avant de.
- 15:44Partir avant de partir, ouais. Pour pas te retrouver avec un
- 15:46mal de l'espace justement OK ? Donc les avec, avec les
- 15:49collègues, avec l'équipage, donc les le font.
- 15:50Donc on le fait aussi. On est obligé de de jouer le jeu
- 15:53jusqu'à la dernière minute, d'accord.
- 15:54Et puis après le jour J, bien la veille y a une cérémonie qui va
- 15:57se préparer avant, avant le décollage et le matin on se
- 16:00réveille très tôt hein, c'est. C'est l'argent.
- 16:02On se réveille 7 h avant le décollage donc si on même ou
- 16:05même même 8 h avant le décollage parce que les Russes aiment bien
- 16:07prendre le temps de manière à ce qu'y ait pas de panique au
- 16:09dernier moment donc on va faire une petite cérémonie dans la
- 16:13salle du commandant de bord, dans sa chambre.
- 16:15On est dans une chambre qui est grande comme ici, mais on va
- 16:19être 30 personnes, donc c'est c'est vraiment encombré et.
- 16:20T'arrives à dormir la veille, tu ressasses pas avec.
- 16:23Non, dans toute cette. Excitation ?
- 16:24Non ? C'est bon ?
- 16:24Non ? On dort, oui.
- 16:26On dort, c'est c'est, on dort bien, on dort bien.
- 16:29On. Dort bien.
- 16:31Je fais une nuit complète hein ? On fait une nuit complète.
- 16:33Sauf qu'on s'est réveillé très tôt le matin parce qu'il fallait
- 16:35décoller à 12h00. Donc il fallait se lever à 03h00
- 16:38ou 4 h du matin pour décoller à 12h00.
- 16:40Donc y a de la cérémonie dans la chambre du coin bord on va, on
- 16:44va faire des discours sur l'amitié des peuples, sur la la
- 16:46sécurité du vol, et cetera. Et puis les Russes aiment bien
- 16:48dire on s'assoit avant de partir, il faut s'asseoir, donc
- 16:51on est on est 30, mais y a pas de chaises, donc il faut que
- 16:54chacun trouve un endroit pour s'asseoir.
- 16:56Ça porte malheur si on s'assoit pas dans quoi que ce soit. 20
- 16:58secondes et après ? On va signer les portes, après
- 17:01on va rentrer dans le bus qui va nous amener.
- 17:06Au centre de tir et dans ce bus, il y a des vidéos qui ont été
- 17:08enregistrées par les amis et la famille, par les collègues
- 17:11pendant la les 45 min de transport, on voit toutes ces
- 17:13vidéos et ça c'est une surprise. Tu le savais avant ?
- 17:15Oui, c'est une, c'est une surprise.
- 17:16On le savait pas génial et après ?
- 17:17On arrive là-bas. On on arrive dans la salle
- 17:21d'habillage des des scaphandres, donc on va, on va, on va
- 17:24habiller scaphandre, on va vérifier les scaphandres, on va
- 17:28faire 1 1, dernier repas, une dernière collation, on va manger
- 17:30à la rue, c'est un peu de poisson.
- 17:32Et alors on va. Ensuite on va partir en
- 17:35scaphandre dans le bus encore on arrive à la fusée et une fois
- 17:40qu'on arrive à la fusée. Donc là c'est c'est un moment
- 17:42impression parce que la fusée elle est pas statique, on l'a vu
- 17:45avant. Elle est on l'a vu avant dans
- 17:48les films mais on l'a mais notre fusée à nous on l'a pas vue.
- 17:50C'est un petit peu comme le jour de la du mariage, on doit pas
- 17:53voir la mariée avant le mariage donc on pouvait pas la fusée
- 17:55avant. Oui ça porte malheur donc on on
- 17:58la voit pas et donc on voit la fusée qui est prête, qui est
- 18:00érigée verticalement. Et puis qui a toutes ces films
- 18:02qui sortent de la fusée, qui sont l'oxygène, qui qui qui se
- 18:06volatilisent et qui part de la fusée.
- 18:08Et là, tout ce que tu as appris se matérialise devant tes yeux,
- 18:10là donc là. On voit la fusée.
- 18:11Ouais elle est, elle est vivante, elle est elle est
- 18:13vivante, elle est rassurante, elle est, elle est
- 18:15impressionnante, elle a, elle a une beauté et puis on on se dit
- 18:19on compte sur elle pour qu'elle qu'elle aille jusqu'au bout donc
- 18:21on leur on va pas la caresser comment on ?
- 18:25Peut pas la toucher vraiment, mais c'est quelque chose de
- 18:26mystique. Un petit côté mystique, y a une
- 18:28y a une sorte de communion entre la fusée et nous même YAYA1
- 18:31relationnel. C'est comme si elle nous
- 18:32regardait de haut. Et puis nous on la regarde d'en
- 18:34bas. On est donc Ben.
- 18:37On va faire un petit un petit voyage ensemble donc il faut pas
- 18:39nous lâcher en cours de route et.
- 18:41Là tu du coup t installés et c'est très spartiate.
- 18:44C'est ça ? Alors c'est très spartiate.
- 18:45Donc on on monte pour pour l'ascenseur, on dit au revoir à
- 18:48tout le monde, tout le monde pleure les toute ma famille
- 18:49était là-bas, mes enfants, mes parents donc.
- 18:52Les gens pleurent parce qu'ils pensent que vous allez mourir.
- 18:53Mais nous on est, on est confiant, on est, on est.
- 18:57On est étonnamment confiant parce qu'on a tellement passé de
- 18:59temps en simulateur. On connaît tellement.
- 19:01Le système qu'on qu'on a confiance dans le système, c'est
- 19:02un peu les gens qui ont peur en avion et le commandant de Barth,
- 19:05qui lui est en maîtrise, qui sont qui est pas passif.
- 19:07Et tu te retrouves dans cette position où finalement tu tu
- 19:10décides, c'est ça, c'est ça qui donne cette confiance.
- 19:13Oui, la connaissance. C'est la connaissance.
- 19:15La en fait la non passivité. Qui va ?
- 19:17Qui va donner cette côté réassurant ?
- 19:19Donc on s'installe, c'est spartiate hein.
- 19:21C'est 3 M cubes pour 3 personnes, donc on a on a des
- 19:24sièges baquets donc c'est c'est tout petit.
- 19:26Il y a la place pour s'asseoir, mais on peut pas faire plus que
- 19:29s'asseoir. On peut pas, t'as les genoux
- 19:31vraiment sur le menton quoi. Et donc on a une position qui
- 19:34est pas forcément très confortable et on va faire
- 19:37toutes les vérifications du vaisseau en décollage, il y en a
- 19:39pour 02h30 de vérification. Et là, ça peut s'arrêter à tout
- 19:42moment, on peut décider. Si y a une si y a une panne
- 19:44pendant les 02h30, on arrête le décollage.
- 19:47On arrête la la séquence de décollage et donc tout se passe
- 19:49bien pour nous. Et donc il y a le compte à
- 19:51rebours qui arrive 15 secondes avant le décollage.
- 19:53Les moteurs s'allument avant le décollage en poussée minimale,
- 19:57puis intermédiaire, puis maximale.
- 19:58Et là on commence à décoller doucement parce que la poussée
- 20:01n'est pas faramineuse, elle fait que 550 tonnes pour un poids de
- 20:04500 tonnes. Donc la poussée va s'installer
- 20:05tout doucement. Et comme la fusée c'est 90%
- 20:08d'Ergols, kérosène et oxygène qui vont partir.
- 20:12Et donc la fusée va s'alléger et on va prendre 4G, on va faire 4
- 20:15fois son poids sur le ventre donc.
- 20:16On n'est pas de 0 à 4 rapidement, c'est ça ce que tu
- 20:18dis ? C'est progressif.
- 20:19C'est progressif. La Sclération est assez faible.
- 20:21Comparez YAYA3 cycles qui montent comme ça.
- 20:23Donc la situation elle est faible au départ, elle parle de
- 20:25un g vers 2G, vers 4G tout doucement.
- 20:27Et une fois qu'on est arrivé à 4G, et bien on arrive à la
- 20:30séparation de la coiffe optique, puis la la séparation de la tour
- 20:34d'éjection et puis la séparation du premier étage.
- 20:40Et donc y a 3 étages. Donc YA1 premier étage qui va se
- 20:42séparer, un 2e étage qui va se séparer et le 3e étage.
- 20:44On est à l'horizontal à 200 km, on accélère la fusée pour avoir
- 20:48cette vitesse de 28000 à l'heure qui peut faire un tour de la
- 20:51terre en 01h30. À partir de quel moment tu vois
- 20:56la terre ? Comme on peut l imaginer alors
- 21:00avec là regarde. La séparation de la coiffe
- 21:02optique, c'est une coiffe blanche qui va permettre de
- 21:05protéger le vaisseau de toutes les chocs qu'il peut avoir au
- 21:08décollage. Donc cette coiffe, elle protège
- 21:10bien et elle protège également les panneaux solaires.
- 21:12Donc quand quand on est suffisamment haut et qu'on a
- 21:14dépassé le cumac, c'est à dire l'endroit où il y a la vitesse
- 21:16maximale associée à la densité de l'air maximale, on sépare
- 21:20cette coiffe optique et là les hublots sont.
- 21:22Libre et on peut voir la terre. Donc là j'étais sur le dos, je
- 21:25passais au-dessus de la frontière de la Chine, donc
- 21:28c'était assez impressionnant. Et on voit le ciel qui est bleu
- 21:30foncé. Quand on est en avion, on voit
- 21:33le bleu normal, mais là le bleu est foncé parce qu'on est
- 21:36suffisamment haut et le bleu bleu devient de plus en plus
- 21:38foncé. Et à un moment donné, le bleu
- 21:40devient noir. Et t'as quoi dans la tête à ce
- 21:42moment là ? Ah bah là c'est.
- 21:42On est, on est. C'est passionnant parce que une
- 21:45fois qu'on a fait le décollage, une fois que la fusée est
- 21:47lancée, on pense que tout va bien se passer.
- 21:49Bien sûr qu'il peut y avoir une catastrophe, mais le plus
- 21:52important c'est les c'est les premières secondes après le
- 21:54décollage. Mais il faut que la la fusée est
- 21:55lancée avec son inertie. On pense que ça se passera bien.
- 21:59Ce qui peut forcément vrai. Il y a eu des accidents, même
- 22:01une minute ou 2 Min. Donc là on part et et et on on
- 22:06est. On est happé par la vue de la
- 22:08terre et on est happé par cette vue et par cette vitesse des
- 22:11vitesses. Moi j'avais été en avion en Mac
- 22:142, Mac 3. Là on va à Mac 25, c'est bon,
- 22:16c'est extrêmement rapide. D'accord, donc là tu vas en
- 22:19direction de la station Mir, c'est ça, on va ?
- 22:21On va dans notre station, vous êtes 3.
- 22:22On. Est 3 bord hein, on est au bord
- 22:25au milieu et puis moi je suis à droite et puis YA1 ingénieur à
- 22:27gauche et là on va faire toutes les manœuvres pour faire le
- 22:30rassemblement et l'arrimage, l'amarrage sur la Station
- 22:32spatiale Mir. Vous rentrez.
- 22:35Dans la station. Alors on on AYA2 jours hein pour
- 22:38le rendez-vous c'est 2 jours non plus.
- 22:39Maintenant, c'est plus rapide, on.
- 22:41Le fait en 03h00 maintenant, à l'époque c'était 2 jours faut
- 22:43être. Patient, faut être patient et
- 22:44puis. On est fatigué parce qu'on est
- 22:45passé 2 jours à dormir dans un petit siège minuscule, donc on
- 22:49n'est pas très en forme. Là par contre, j'ai j'ai mal
- 22:52dormi au sol avant le décollage, j'avais bien dormi, j'étais en
- 22:55forme, mais Allô, je n'ai pas dormi et mais je serai dans la
- 22:58station en en quand même. Le sommeil n'est pas quelque
- 23:00chose de fondamental. Si on si on dort pas une ou 2,
- 23:04c'est pas forcément très grave. Mais quand on a passé quand même
- 23:062 jours dans le petit vaisseau qui fait à peine 10 M cubes
- 23:09entre la la, la capsule et le modèle orbital et qu'on arrive
- 23:13dans la station spatiale qui fait 400 M cubes, on a
- 23:15l'impression de rentrer dans une forêt vierge qui sent bon, tout
- 23:17est propre, clair. Les Russes avaient tout organisé
- 23:20avant nous et et c'était vraiment très, très sympathique.
- 23:23Et comment tu fais pour dormir, pour te laver les dents, pour
- 23:26manger ? Alors pour dormir les Russes, ça
- 23:27avait été très sympathique. Il m'avait donné un module pour
- 23:29y avait 6 modules dans la station et y avait un module qui
- 23:31était pour moi qui aimait le module cristal qui faisait 70 M
- 23:34cubes. Donc ça fait quand même 70 m²
- 23:36avec vu. Vue sur terre.
- 23:39Là, c'est la meilleure vue possible.
- 23:41Là j'avais j'avais mon sac de couchage, que je avec du Velcro,
- 23:45que je mettais, que je scotchais sur le mur de la station et je
- 23:48dormais la tête en haut. Parce que tu peux être la tête
- 23:50en haut, la tête en bas, il y a rien qui change en réalité.
- 23:52Dans la station, la tête en haut, puis à la fin, je vais
- 23:54dans la tête en bas, comme tout le monde.
- 23:55Et quand tu bouges c'est quoi, c'est tu.
- 23:57Tu ressens des choses différentes.
- 23:58Ah non, on est en apesanteur. On flotte, c'est comme si on
- 24:02était dans l'eau, mais on est. Dans l'air ?
- 24:03D'accord sans. Plastique sans la viscosité donc
- 24:05ça veut dire que si on pousse sur un mur, Ben il faut pousser
- 24:08avec une précision assez bonne pour arriver de l'autre côté au
- 24:11bon endroit. Faut faire attention à tous les
- 24:13objets parce que sinon ils. Alors c'était c'était mon
- 24:15problème parce que, au départ, je je naviguais dans la station
- 24:18à l'horizontale avec les les mains en avant, mais les jambes
- 24:22légèrement écartées. Et donc je je je j'enlevais les
- 24:25choses qui étaient sur les murs, qui étaient scotchés avec du
- 24:27Velcro, ou qui étaient à peine attachés.
- 24:29Et je me souviens qu'il y avait quand je me retournais vers un
- 24:31russe qui remettait sur le mur tout ce que j'avais déplacé.
- 24:33Donc il m'a dit, Michel, fais attention la prochaine fois de
- 24:36essaye de de moins bouger les affaires sur le mur de la
- 24:39station. Et là, l'ambiance, elle est
- 24:41comment au sein de la station, réellement ?
- 24:42Très très bonne. On est, on est 5, ça fait 4
- 24:44rues, c'est moi meme et on fait de la science, on fait des
- 24:47opérations scientifiques. On avait un programme
- 24:49scientifique assez important. Qui nous occupait pendant 15
- 24:51jours, donc on avait 10 expériences pour le CNES, pour
- 24:54le centre d'étude spatiale qui qui ont été conduites pendant
- 24:57toute cette mission. Et c'est quoi le moment peut
- 24:59être le plus difficile si y en a eu un de toute cette mission.
- 25:02Alors honnêtement, pendant la mission, tout se passe très bien
- 25:06et tout est vraiment bien. Y a une une ambiance qui est
- 25:07très bonne. les Russes m'avaient donné la médaille de la du
- 25:10support psychologique parce que j'étais avec un équipage qui
- 25:13avait passé 6 mois et qui rentrait au sol.
- 25:14Et donc on avait une très bonne ambiance que je connaissais tous
- 25:17très très bien et j'avais passé des stages de survie avec.
- 25:19L'équipage que j'ai rejoint donc je je connaissais les 5, enfin
- 25:22les 4 personnes à bord. Je connaissais très très bien et
- 25:25le plus difficile pour moi pour moi c'est le retour parce que
- 25:28j'aurais bien voulu rester un peu plus.
- 25:30Je commençais juste à comprendre que le corps s'était adapté à
- 25:34cette donne spatiale et je je serais bien resté un corps un
- 25:37mois et demi de plus mais il fallait rentrer et j'ai demandé
- 25:39officiellement à rester. Mais et on t'a dit non on.
- 25:42M'a dit non pas rester c'est intéressant et c'est intéressant
- 25:44aussi parce que tu dis bon tout s'est bien passé mais.
- 25:47Aujourd'hui, maintenant, tu es recruteur et tu disais que tout
- 25:51ne se passe pas toujours bien. Il y a même eu entre astronautes
- 25:55dans un confinement de temps en temps des tensions qui peuvent
- 25:58arriver. Il y.
- 25:59A eu tension au départ dans les dans les vols russes.
- 26:01Il y a d'ailleurs des livres qui expliquent un des livres sur la
- 26:04mission de kising par exemple, où les gens se sont disputés
- 26:07pendant pendant très longtemps. Donc il a fait contre des
- 26:09mesures pour éviter les disputes, donc il a vu qu'on
- 26:11fasse attention à. Au recrutement des équipages.
- 26:14Et c'est vrai que au départ on prenait des gens qui étaient
- 26:16avec des super niveaux intellectuels, mais on regardait
- 26:19pas le le savoir être, on regardait le savoir faire et pas
- 26:22le savoir être et donc on a, on a changé le paradigme de
- 26:25sélection pour avoir des gens qui s'entendent bien ensemble et
- 26:28des profils psychologiques qui font qu'on s'entend bien
- 26:30ensemble. Tu es dans un environnement en
- 26:31fait où chaque erreur peut mettre tout l'équipage en
- 26:34danger. Et tu dis, la confiance c'est
- 26:36une donnée fondamentale. Tu dis la confiance c'est un
- 26:38chemin, c'est pas une destination.
- 26:40Est ce que la confiance c'est innée.
- 26:42Est ce qu'elle vient de l'éducation ou est ce que tu
- 26:44peux apprendre à quelqu'un à être confiant ?
- 26:47Alors on peut-on peut augmenter sa confiance.
- 26:50Alors tout dépend de quel niveau on parle.
- 26:52Mais la confiance en soi-même, elle correspond au fait que il
- 26:55faut dans sa vie. Pour y arriver, il faut avoir
- 26:57une certaine forme de congruence, d'alignement, c'est
- 26:59à dire ce que l'on pense, ce que l'on dit, ce que l'on fait
- 27:02d'être respecté tous les jours. Et ça c'est vraiment facile à
- 27:04faire par un examen personnel le soir, on peut se dire, est ce
- 27:09que mes actions ont été congruentes ?
- 27:10Est ce que par exemple aujourd'hui.
- 27:12J'ai dit que je viendrai voir votre émission work Life, est ce
- 27:15que je l'ai dit, est ce que est ce que je l'ai pensé et est ce
- 27:18que je l'ai fait ? Donc là je suis aligné parce
- 27:19qu'on a fait notre émission, donc ça c'est un élément
- 27:21rassurant qui me donne confiance parce que je l'ai pensé, j'ai
- 27:25dit et je l'ai fait. Mais parfois on ne s'éloigne de
- 27:27cet aliment, des fois on fait des choses qui ne sont pas
- 27:30forcément dans l'alignement et donc on n'est pas congruent.
- 27:33Et si on perd la congruence, on perd la confiance en soi, donc
- 27:36la congruence, c'est un corps dans le cadre de la plomberie
- 27:39neuronique, c'est des petites. Gauche qu'on va rajouter au fur
- 27:43à mesure, jour après jour, toute sa vie, qui font qu'on aura
- 27:46confiance en soi et la confiance en soi.
- 27:47Au départ, elle n'est pas innée. C'est pour ça que lorsqu'on est
- 27:49jeune, on a du mal à avoir confiance en soi dans les
- 27:52problèmes scolaires, et cetera. Et après cette confiance, elle
- 27:54va se bâtir au fur à mesure lorsqu'on est adulte, par ces
- 27:58examens d'alignement qu'on peut faire régulièrement.
- 28:00Alors la congruence, ça fait partie de ce que plus
- 28:03généralement, tu vas aussi appeler comme modèle le cham
- 28:06dans le cham. au-delà de la congruence, il y a notamment
- 28:09l'assertivité, il y a l'humilité.
- 28:11L'humilité, il en faut. Mais tu dis aussi que l'ego doit
- 28:16être mis de côté. Mais c'est compliqué quand on
- 28:19est astronaute parce que il faut avoir une ambition aussi
- 28:21démesurée. Comment on arrive à balancer ces
- 28:242 éléments ? L'humilité pour nous, c'est pas
- 28:25être humble au sens. L'ego, c'est être humble au sens
- 28:29reconnaître ses erreurs. Quand on regarde bien la
- 28:32reconnaissance de son erreur, Eh bien, elle est un petit peu une
- 28:35partie de la congruence. Parce que aujourd'hui, par
- 28:37exemple, j'ai dit, je viendrai faire l'explosion à work Life.
- 28:40Je me lève trop tard, je loupe le rendez-vous.
- 28:43Donc j'ai fait une erreur et donc la l'humilité pour moi
- 28:46c'est reconnaître l'erreur, dire j'ai reconnu une erreur, j'ai,
- 28:49j'ai fait, je suis en retard, c'est ma faute, ça c'est.
- 28:52L'humilité va chercher des. Excuses, c'est c'est pas le
- 28:55train qui est en retard. C'est moi qui qui me suis levé
- 28:57trop tard. J'ai.
- 28:58J'ai mangé le trait ce matin pour me lever et donc je suis
- 29:00responsable. Acceptez, ça part de
- 29:02responsabilité et ça c'est fondamental lorsqu'on va dans
- 29:04l'espace parce que si dans l'espace par exemple je mets un
- 29:07interrupteur dépressurisation sur on sans le faire exprès, la
- 29:11pression commence à tomber, tout le monde meurt et donc il faut
- 29:13vite que je le remette. Et en plus ce que je dise aux
- 29:15autres collègues j'ai fait une boulette, donc là préparez vous
- 29:19à à évacuer et je dois dire au sol j'ai fait une boulette.
- 29:21Donc reconnaître ses erreurs, l'humanité c'est vraiment
- 29:24reconnaître ses erreurs pour pouvoir corriger et cette
- 29:26reconnaissance des erreurs. Elle est un peu une partie de la
- 29:29congruence aussi. Alors tu on le disait,
- 29:32maintenant on recrute des nouvelles générations
- 29:34d'Astronautes. Tu as participé à la sélection
- 29:36notamment de Thomas Pesquet. Qu'est ce qui a changé entre le
- 29:39moment où tu as été sélectionné et aujourd'hui quand j'étais.
- 29:43Sélectionné. On a été sélectionné pour le
- 29:45programme Hermès mais on savait pas si le programme Hermès
- 29:48allait aboutir et d'ailleurs il n'a pas abouti donc on avait une
- 29:51grande incertitude et les 7 qui ont été sélectionnés ne savaient
- 29:54pas s'ils avaient volé pour sûr. Il y avait aucun vol vraiment
- 29:59écrit noir sur blanc pour le futur.
- 30:01Aujourd'hui, quand pesquet et les 6 autres collègues qui ont
- 30:03été sélectionnés, Eh bien on sait très bien qu'il y avait un
- 30:06accord de coopération par des des mémorandums of Understanding
- 30:10avec la NASA et on savait que chacun de ces personnes allaient
- 30:13voler une fois minimum, voire 2 fois.
- 30:15Donc t'as moins d'incertitudes, tu sais que tu dois attendre,
- 30:18mais tu sais que à un moment donné, tu vas.
- 30:20Recruter des gens aujourd'hui pour des vols qui sont
- 30:22pratiquement sûrs à l'époque où on était un peu quand même dans
- 30:25l'incertitude, donc. C'est beaucoup plus dur et les
- 30:27vols ont changé. Moi j'avais des vols de 15
- 30:29jours, voire 5 et 5 jours parce qu'il a fait un vol de 6 mois et
- 30:33encore 6 mois. Donc les vols sont longs.
- 30:34Et Sophie Deneau qui est partie récemment, elle est partie pour
- 30:369 mois. Donc on augmente la complexité
- 30:38et on augmente également la durée des vols.
- 30:40Tu dis tout à l'heure, le savoir être est plus important que le
- 30:44savoir faire. Est ce que ça s'est traduit par
- 30:48un changement dans les méthodes de recrutement ?
- 30:50Oui, parce qu'on a insisté vraiment sur ce que j'appelle le
- 30:52shom, la congruence, le l'humilité, L assertivité, la
- 30:55motivation. Donc ça c'est des choses qui
- 30:56sont vraiment de base pour la sélection.
- 30:58Et après on va augmenter encore. Ce côté comportemental, le
- 31:02savoir être par des entraînements HBP pour Human
- 31:05Beyour and performance, l'habileté comportementale au
- 31:08service de la performance. C'est quoi l'H BP ?
- 31:11Des exercices que nous allons faire tous les ans, qui sont des
- 31:13exercices où on va sortir du simulateur pour faire de
- 31:16l'entraînement, pour augmenter le stress, augmenter les
- 31:19conflits, augmenter les frictions de façon progressive
- 31:22encore une fois, comme la plomberie neuronique, on va
- 31:25entraîner les gens à voir. Progressivement, de plus en plus
- 31:27de stress, de plus en plus de frictions, régler les frictions,
- 31:30de plus en plus de conflits, régler les conflits.
- 31:32Donc c'est des exercices que nous faisons en montagne avec un
- 31:34ASA, sous l'eau, avec un ASA dans le grand froid collec au
- 31:39Canada, sous terre avec des Européens en Sardaigne.
- 31:44Et les Russes font l'entraînement.
- 31:46Survie maritime, survie hivernale.
- 31:49Donc il y a il y a. Au total, il y a 5 ou 6 modules
- 31:51et chaque personne doit faire un module par an donc.
- 31:53C'est applicable à l'entreprise ça bien sûr aujourd'hui.
- 31:56D'ailleurs, certaines entreprises le font pas aussi
- 31:58fort que nous et passent sur une durée aussi longue.
- 32:01Nous on fait 15 jours donc les entreprises font des exercices
- 32:03qui sont parfois passionnants. Et j'étais en conférence à à
- 32:06Orléans avec 1 1 groupe alimentaire de distribution
- 32:09alimentaire qui font des entraînements très très
- 32:11réalistes avec. Des simulations de crise avec
- 32:14les policiers qui viennent, qui sont des faux policiers, qui
- 32:15sont des acteurs avec des affirmés qui viennent.
- 32:18Enfin ils vont faire des simulations comme si c'était un
- 32:20vrai problème et ils doivent régler.
- 32:22Donc y a une journée où on fait une simulation de pannes assez
- 32:24graves. Incroyable et c'est intéressant.
- 32:26Parce que ils réussissent bien, parce que ça fait une cohésion
- 32:29d'équipe. Ça fait une super cohésion
- 32:30d'équipe. Parce que l'exercice se fait
- 32:31donc ça, les gens vont vraiment se mettre au maximum pour
- 32:35réussir à la fin YA1 débriefing et les gens sont vraiment fiers
- 32:38d'avoir réussi, ce qui fait que les résultats sur la société
- 32:41sont meilleurs. Et d'ailleurs ?
- 32:42Les process ont un peu changé. On parlait d'une méthode process
- 32:47com qui était une méthode qui était réalisée avant par la NASA
- 32:51avec beaucoup d'entreprises continuent à faire pour pouvoir
- 32:53connaître son profil, ses couleurs.
- 32:55Finalement, ça a pas marché ces méthodes là, c'est ça alors ?
- 32:57Ça a marché parce que moi, quand je suis arrivé à la NASA en 95,
- 32:59on faisait encore du process COM.
- 33:01J'ai fait des exercices de process COM.
- 33:03Alors le plus dur, c'est d'abord il YA1 choix de couleurs et
- 33:05c'est difficile de savoir quelle est sa vraie couleur.
- 33:07On n'est jamais qui de la même couleur, on est toujours.
- 33:10Hésitant entre 2 ou 3 couleurs donc on est déjà le choix du
- 33:13process comme il est-il est compliqué dans son choix de
- 33:16caractère parce qu'on est on n'est pas au on n'est pas
- 33:18vraiment strict dans les couleurs quand on fait nos choix
- 33:21nous meme. Deuxièmement on l'a appliqué, ça
- 33:24fonctionnait pour des vols courts sur la navette spatiale
- 33:26sans problème, mais dès qu'on a commencé des vols longs et
- 33:30lorsqu'on a fait les vols en 1998 de l'Aneth spatiale vers la
- 33:31station Mir pour faire des vols de longue durée des astronautes
- 33:35de la NASA vers la station Mir. Il y a eu cette difficulté
- 33:41d'abord d'etre face à cette longue durée de vol qui est
- 33:45quand meme complexe, très très compliqué.
- 33:46Les premiers vols de longue durée des Américains, ils sont
- 33:49rentrés dans des dans des États très difficiles.
- 33:52Visiblement ils avaient pas été préparés et on s'est dit qu'il
- 33:54fallait qu'on commence un entrainement spécial.
- 33:57L'h BP des recrutements spécifiques donc le le cham bien
- 34:00sur. Et lorsqu'on a vu ça, on on
- 34:03s'est rendu compte que dans ces vols là y a eu des pannes
- 34:05graves, y a eu le feu à bord l'année après y a la collision
- 34:09dans la station spatiale avec une perte de priorisation et
- 34:11tout ce qu'on a fait processcom ne marchait pas.
- 34:14Donc il a fait qu'on trouve un autre système qui sont le sham
- 34:17et l'H BP. C'est à dire que c'est pas tant
- 34:18d'avoir des profils psychologiques différents et
- 34:21complémentaires que la capacité d'une équipe à travailler
- 34:24ensemble et à répéter des événements sous stress.
- 34:28C'est ça ? Oui.
- 34:28C'est ça et et on veut que l'équipe soit lissée.
- 34:31Il y a pas, il y a pas d'aspérité, il y a pas de de de
- 34:33tête pensante, il y a pas de il y a pas de major dans la
- 34:37station. Il YA1 commandant de bord qui va
- 34:39être un commandant de bord tournant.
- 34:41Alors ça c'est hyper intéressant finalement, tu as un leadership
- 34:43qui change. Est ce que on pourrait avoir un
- 34:45leadership qui change en entreprise ?
- 34:46On. Le fait.
- 34:48On le fait, certains le font, le font.
- 34:50Et suite à mes conférences que je fais avec avec APM,
- 34:53Association progrès, déménagement ou HEC, les gens
- 34:55mettent au point, mettent au point quelques tâches où on peut
- 34:58faire du leader tournant. C'est à dire que tu peux être
- 35:00numéro un puis numéro 2 en fonction de la spécialisation et
- 35:04en fonction de la tâche à réaliser.
- 35:05Pour des sous tâches, ce qui ce qui demande beaucoup d'humilité.
- 35:07Ouais, beaucoup de confiance. Donc on revient 1 1 peu sur le
- 35:10chum. La congruence pour la confiance,
- 35:12l'humilité qui est importante aussi.
- 35:14Et aussi, ça donne la motivation parce que si vous êtes dans le
- 35:17bas de de l'échelle et que tout d'un coup on vous donne une
- 35:19responsabilité supérieure, ça va vous motiver parce qu'on va
- 35:23dire, si cette tâche, je la réussis bien et bien, ça va être
- 35:25quelque chose de positif pour la société.
- 35:27Et alors tu dis il faut pas une personne au-dessus des autres ?
- 35:29Je crois que d'ailleurs. Dans ton processus de sélection,
- 35:32tu racontais qu'à un moment donné, il faut en fait être mis
- 35:36dans une situation de dans une situation en Afrique où tu dois
- 35:40aller faire un rapatriement. C'est ça.
- 35:41Et tu disais qu'il y avait un candidat qui était fantastique.
- 35:43Tu peux nous raconter ? Alors c'est un en en fait ce
- 35:45qu'on appelle une simulation sur le papier de d'un d'un, ce sont
- 35:50des astronautes qui vont parler ensemble, on leur dit voilà il
- 35:52YA1 groupe de médecins qui est perdu au Centrafrique.
- 35:54Donc organisez vous pendant 2 h pour trouver un système pour
- 35:58aller les chercher, les ramener sur place.
- 36:00Donc on va parler ensemble, on va dire bah il faut un avion, il
- 36:04faut quelle capacité des avions, il faut faire un ravitaillement
- 36:06à tel endroit, il faut se poser, il faut du matériel militaire,
- 36:09du matériel de communication, du matériel médical, et cetera.
- 36:11Et comment on va les prendre, comment on va les retrouver,
- 36:14qu'est ce que est ce qu'on va les soigner sur place ?
- 36:16Et pendant que on va discuter de ça pendant 2 h, des psychologues
- 36:19autour de la table vont nous écouter et vont nous juger pour
- 36:22savoir, est ce qu'on est participatif, est ce qu'on est
- 36:25dominant, est ce qu'on est plutôt passif, c'est le côté
- 36:28assertivité qui va tout à fait qui va être.
- 36:30Vérifier à ce moment-là et dans un de ces entraînements là, on a
- 36:33eu un gars parce que aujourd'hui tous ces entraînements peuvent
- 36:36être payés et on fait des stages de préparation astronaute pour
- 36:40préparer ces examens qu'on appelle des examens
- 36:43psychologiques en groupe. Et donc on avait un gars qui
- 36:46avait toutes les réponses, il avait déjà toutes les réponses,
- 36:48il il connaissait l'avion, la pression des de l'avion, l'âge
- 36:51du capitaine, l'endroit, les les.
- 36:53Il avait des connaissances techniques et donc il a été le
- 36:55le dominant, ce qui fait que les autres ne pouvaient pas trop
- 36:58parler parce que dès qu'il faisait quelque chose, lui il
- 37:00avait la réponse, il avait la réponse et la contre réponse,
- 37:03donc il en savait trop. Ce qui fait qu'à la fin de cet
- 37:05entraînement là qui a duré 2 h, lui on n'a pas pu le prendre.
- 37:08Parce que dans la Station spatiale, on n'en veut pas un
- 37:10qui travaille et si ce qui se repose en.
- 37:12Plus ça doit être extrêmement difficile.
- 37:13Tu dis, tu étais parfait. Tu connaissais tout.
- 37:16Oui, mais tu connaissais trop. Tu connaissais trop ?
- 37:18Bah quand on connaît trop, il faut-il faut diminuer un petit
- 37:21peu son savoir et ne pas trop l'exprimer de manière à ce que
- 37:24les autres puissent s'exprimer aussi.
- 37:26Donc finalement le le synthèse hein, parce que c'est pas qu'il
- 37:28connaissait trop, c'est qu'il a pas réussi à motiver et à
- 37:33engager le groupe. Exactement c'était.
- 37:35Il a compris. Alors à la fin, il a compris.
- 37:38Oui, à la fin il a compris, mais avec difficulté parce qu'il
- 37:41avait quand même investi beaucoup pour ça et il voulait
- 37:43montrer sa science. Or il a fait ce travail en
- 37:47individuel alors que notre sélection, c'est un travail de
- 37:49groupe. Je sais pas si t'es fan de foot
- 37:51mais moi ça me fait penser un peu à l'équipe du PSG où il faut
- 37:54pas mbappe, il faut plutôt un collectif pour pouvoir aller
- 37:56gagner la Ligue des champions et et.
- 37:58C'est ce qu'on appelle l'alchimie de l'équipe
- 37:59aujourd'hui, même dans le football, on commence à à à à
- 38:03comprendre qu'il faut qu'on puisse forger cette alchimie de
- 38:06l'équipe. C'est pas mbappé qui va marquer
- 38:08un but, c'est l'équipe qui va marquer un but.
- 38:10T'as déjà fait des erreurs de recrutement dans le processus à
- 38:13un moment quelqu'un à qui finalement n'est pas allé
- 38:15jusqu'au bout parce que tu t'es rendu compte au cours de
- 38:20l'enseignement, une fois avoir sélectionné les candidats que ça
- 38:23ne le faisait pas ? Dans les dans les 6 que j'ai
- 38:25recruté, j'ai pas fait d'erreur parce qu'ils ont tous bien
- 38:27réussi dans les recrutements qui ont été fait avant les miens.
- 38:29Mais j'étais pas responsable, c'était un autre système.
- 38:31Nous, on a fait un recrutement qui était un recrutement
- 38:34européen. Donc, par rapport aux aux
- 38:36500000000 d'habitants, on a fait un recrutement qui était
- 38:38uniforme, mais le recrutement qui a été fait avant celui que
- 38:40j'ai organisé était des recrutements où chaque pays
- 38:43recrutait son personnel d'astronautes avec leurs
- 38:46critères. Qu'on leur avait proposé, bien
- 38:48sûr, mais avec des critères qu'on ne pouvait pas vérifier.
- 38:50Et ensuite, lorsqu'ils avaient donné 5 ou 6 candidats par pays,
- 38:55nous, on prenait les candidats avec nous et on faisait la.
- 38:58Sélection finale. Et là là, il trouvait des
- 39:00candidats qui alors ? On est candidats, c'est pas des
- 39:02problèmes très graves parce que y a on a jamais eu d'accident en
- 39:05vol, on n'a jamais eu de de mal, de de choses mal faites en vol.
- 39:08Donc tout s'est bien, tout s'est bien réalisé mais on aurait pu
- 39:11faire un peu mieux sur le côté comportemental.
- 39:13OK. Voilà, tu recrutes maintenant
- 39:16une des nouvelles générations d'Astronautes et tu dis qu'il y
- 39:18a aussi finalement aussi de nouveaux, de nouvelles
- 39:21capabilities qui sont nécessaires.
- 39:23Tu dis notamment au niveau de la communication, quand tu prends
- 39:25un Thomas Pesquet, ça a été aussi quelqu'un qui a pu
- 39:28communiquer sur les réseaux sociaux, qui a une aisance pour
- 39:32pouvoir faire passer des messages.
- 39:33C'est important ça maintenant, c'est.
- 39:34Très important bien sûr, parce que c'est un peu les vitrines de
- 39:36ce que nous faisons dans l'espace.
- 39:37C'est grâce à un vol de Thomas Pesquet en France.
- 39:39Et bien les les gens sont sont beaucoup plus attirés par le vol
- 39:42spatial, donc c'est un petit peu.
- 39:44Notre notre commercial hein de notre de notre affaire spatiale.
- 39:50Grâce à lui il YA1 engouement au niveau politique au niveau
- 39:55général sur la VRP c'est un bon VRP et pour ça on a un
- 40:00entraînement et aussi on a pris des risques notamment quand je
- 40:04suis quand j'ai fait la section de de Pesquet.
- 40:06Eh bien on n'avait jamais avant ça utilisé les réseaux sociaux.
- 40:10Donc dans ce cas dit est ce qu'on ferait des réseaux
- 40:11sociaux ? Et là je me suis associé avec le
- 40:14chef de la communication de l'Agence spatiale européenne.
- 40:16On dit on pourrait essayer de faire les réseaux sociaux avec
- 40:19beaucoup de précautions. Et pour ça, on a recruté à
- 40:22l'époque les meilleurs youtubers de de chaque pays.
- 40:24Donc on a fait 5 pesquet avec des Youtubers de France.
- 40:27L'allemand, c'est des Youtubeurs allemands et ils ont diffusé
- 40:30tous les jours tous les réseaux sociaux.
- 40:32C'est pour ça que lorsque TF1 interview parce que un mois
- 40:36après son vol, on lui dit mais c'est super ce que vous faites
- 40:38sur Facebook, il dit moi j'ai pas Facebook là-bas, j'envoie
- 40:40les photos et on a des gens en bas qui vont.
- 40:43Y a les Community managers des agences spatiales, voilà.
- 40:45Donc, et, et ça a été un bon choix parce que c'est vrai que
- 40:47les réseaux sociaux ont permis de.
- 40:49De de aux gens de suivre le vol, de suivre les photos.
- 40:52Et puis c'était régulier. Donc chaque jour on se disait,
- 40:54tiens, il est où aujourd'hui ? Qu'est ce qu'il fait
- 40:56aujourd'hui ? Qu'est ce qu'il va nous montrer
- 40:57comme photo ? C'est important de communiquer.
- 40:59Et donc on vivait par procuration le vol de Pesquet.
- 41:02Donc ta mission c'était d'enseigner à cette nouvelle
- 41:04génération d'ASTRONOMES, mais toi qu'est ce que tu as appris
- 41:06de ? Des astronautes ?
- 41:08Ben que que. Alors ce qui est vraiment
- 41:11important, c'est que j'ai appris que c'est un métier qui fascine
- 41:13les gens de plus en plus. Et ce qui est important, c'est
- 41:15que le travail que nous avons fait depuis 61 à Gagarine où 82
- 41:19est chrétien, au moins 92. Eh bien, ce travail continu pour
- 41:21des vols de plus en plus longs, de plus en plus complexes, qui
- 41:24vont nous amener au fur à mesure vers la Lune et vers mars.
- 41:27Ce qui est important, c'est de savoir que ce que nous faisons
- 41:29comme vol n'est pas le dernier vol que nous nous faisons.
- 41:32Un vol qui est dans la mouture de tous les vols qui vont faire
- 41:35progresser le système pour aller plus loin, pour aller sur la
- 41:37lune, pour aller sur Mars et pour un jour intercepter un
- 41:40astéroïde qui pourrait menacer la terre, par exemple.
- 41:43À ma guénon. En mieux, en mieux.
- 41:46Alors je reviens aussi sur ton expérience personnelle parce que
- 41:49après l'u RSS enfin non le c'était plus l'u RSS c'était la
- 41:53Russie à l'époque. Tu as aussi fait un vol avec les
- 41:57Américains cette fois-ci. Exact, et donc je crois que
- 42:02lorsque tu vas du coup décoller, y a quelque chose qui se passe
- 42:06pas exactement comme prévu. Toi alors le l'entraînement se
- 42:09passe bien ? C'est la première mission de
- 42:10l'histoire commandée par une femme, Aline Collins, qui était
- 42:12pilote de chasse, pilote d'essai américain et commandant de bord
- 42:15de la Navette Colombia. Et au décollage, on a perdu un
- 42:17morceau de métal, les moteurs étaient avec des régulations de
- 42:21de pression par des des cylindres qui étaient dans le
- 42:24moteur et un de ces cylindres est tombé a tapé sur la tuyère,
- 42:26donc on a eu une fuite d'hydrogène.
- 42:29Avec 3 petits trous sur la tuyère extérieure et donc la
- 42:32température. Avec ce ce Dar d'hydrogène qui a
- 42:35commencé à prendre feu sur la tuyère droite on a eu une
- 42:37température qui est montée à 70% de la de la température Max qui
- 42:40aurait été 100%. Donc un ingénieur suivait
- 42:42pendant le décollage notre température qui est qui est
- 42:45montée assez haut et à 100% on aurait du couper le moteur.
- 42:50Pour faire retour RTLS retour à cap Canaveral ou se poser en
- 42:55Espagne, sachant qu'on était de nuit et qu'on était extrêmement
- 42:58lourd, on était allé à charge Max, on était que 5 personnes à
- 43:01bord à cause de cette masse maximale et qu'on était centré
- 43:03arrière. Donc c'était c'était les les cas
- 43:05le plus complexe et on n'a jamais fait un atterrissage en
- 43:08Espagne et on n'a jamais fait 111.
- 43:10Retour sur cap Canaveral et on est de nuit, de nuit également
- 43:13donc. C'était là t'as peur, tu ?
- 43:14Tu ? Tu as peur de mourir ?
- 43:15Non ? Non, parce que.
- 43:15On est, on est, on est vraiment, on a tellement été en.
- 43:20On a traîné qu'on est confiant dans la machine et en plus de
- 43:22ça, on a une panne électrique complète sur une une des phases
- 43:25du système du courant alternatif.
- 43:26Donc quand on décolle à peine, à peine décollé une 2nde par
- 43:29décollage, le tableau de panne, le tableau de panne est
- 43:31complètement allumé à cause de la panne, on a perdu tout le
- 43:34courant. On a perdu une partie du courant
- 43:37qui va protéger les ordinateurs qui vont couper les moteurs
- 43:42avant la déplétion de l'hydrogène et l'oxygène.
- 43:44Donc c'est hyper important d'avoir une coupure sans un
- 43:48passage en sur vitesse des moteurs.
- 43:50Donc une panne assez grave et cette panne là on l'avait faite
- 43:52au simulateur 3 semaines avant le décollage donc on a pu la
- 43:55régler comme il faut. Parfait donc.
- 43:57T'as travaillé avec des Russes, t'as travaillé avec des
- 43:59Américains dans un environnement complètement multiculturel.
- 44:02C'est ce que voient aussi beaucoup de personnes en
- 44:03entreprise, avec des gens qui viennent de partout.
- 44:06C'était finalement une position assez neutre que tu avais quand
- 44:10tu as réussi à travailler avec tout le monde.
- 44:13Ben je les Russes parce que je j'ai je.
- 44:15On m'a dit de faire un pas avec les Russes, donc je me suis
- 44:17adapté avec les Russes et ça, ça s'est bien passé.
- 44:19Le le plus dur, c'était d'apprendre les Russes parce que
- 44:21la langue était quand même complexe au départ, alors que
- 44:23avec les Américains, c'est l'anglais qu'une langue qu'on
- 44:25parle régulièrement. Quand on est pilote de chasse,
- 44:27on apprend l'anglais et on parle en anglais dans dans nos
- 44:29procédures. Donc c'était plus facile au
- 44:30niveau communication avec les Américains.
- 44:32Aussi, au niveau de la de l'enseignement, ils ont quand
- 44:35même beaucoup de moyens de simulation.
- 44:37Si vous, vous avez des cours, les cours sont filmés, il y a
- 44:39des il y a des DVD, il y a des PowerPoint qu'on peut consulter.
- 44:42Et puis il y a le 2e étage du bâtiment 4S de la NASA.
- 44:46Qui est le bâtiment qui est le l'étage des instructeurs ?
- 44:49On a accès aux aux accepteurs quand on veut et si y a une
- 44:52chose qu'on n'arrive pas à comprendre, on demande un cours
- 44:54particulier sur une un. Une thématique.
- 44:55C'est c'est open bar, on peut prendre des cours comme on veut
- 44:58et on a on a. On a aucune excuse si on ne
- 45:02comprend pas une thématique parce que on a vraiment tous les
- 45:04instructeurs à notre disposition.
- 45:06Et aujourd'hui en tant que Agence européenne ?
- 45:08Et on crée un petit peu un lien entre la Russie et les
- 45:11États-Unis. Alors on a un lien extrêmement
- 45:13fort par le biais de la Station spatiale internationale où on
- 45:16participe les Américains, les Russes, les les Japonais, les
- 45:20Européens et les Canadiens, chacun avec un pourcentage
- 45:22différent. Nous, on est à 8,3% je crois,
- 45:24pour le pour l'Europe et donc chaque.
- 45:26Ce pourcentage correspond à un travail scientifique et un taux
- 45:29d'occupation des astronautes européens dans la station
- 45:32spatiale. Alors tu l'as raconté dans
- 45:34l'espace, t'es soumis à des procédures qui sont très
- 45:36strictes. Mais est ce que elles sont
- 45:38toujours et dans tous les cas adaptées au terrain ?
- 45:41À ce propos, je vais te montrer un extrait d'un épisode
- 45:43précédent. J'ai invité Christian Proto, qui
- 45:45est fondateur du GIGN. Il m'a raconté une prise
- 45:47d'otages à la frontière somalienne en 1976.
- 45:49Il y a 31 enfants qui sont retenus dans un bus sous 40°.
- 45:52Le Président va lui demander d'attendre de faire son assaut,
- 45:55mais il va prendre une décision qui va changer le cours de
- 45:59l'histoire. Je vais te montrer cette vidéo
- 46:00et puis on va en discuter. Vous dites, il faut pouvoir
- 46:07faire des choses interdites, il faut pouvoir désobéir.
- 46:10Comment on arrive à porter justement cette singularité tout
- 46:16en demandant à ces hommes de pouvoir obéir ?
- 46:19C'est un peu une contradiction en réalité, oui.
- 46:21Vous avez raison. Sauf que la contradiction, elle
- 46:23est au pied du mur. Ils restent plus beaucoup de
- 46:25temps et avec l'agrément de mes hommes puisque c'est eux qui
- 46:28étaient derrière le fusil, ce qu'on me demandait fou.
- 46:30On est en place depuis 06h00 du matin, on a eu l'autorisation
- 46:34d'intervenir à 09h00. À 12h00, il faisait déjà 50 à
- 46:37l'ombre. Y a pas d'ombre, mais les
- 46:38enfants ne tiendront pas un jour de plus.
- 46:40Et c'est pour ça que je voulais bien, je voulais désobéir.
- 46:43Ce que l'on n'avait pas accepté dans une précédente opération un
- 46:45an avant m'avait trotté à la tête.
- 46:47Je dis, mais les autorités m'imposent ça ?
- 46:50Mais c'est moi qui voit. C'est moi qui.
- 46:52Faisait d'être sur le terrain. C'est vous qui pouvez prendre la
- 46:54meilleure décision en réalité donc est ce que toi t'as déjà eu
- 46:58à désobéir à une procédure dans un moment critique ?
- 47:00Alors dans notre métier à nous, on peut pas vraiment désobéir
- 47:03parce que tout est réglé par des procédures qui sont extrêmement
- 47:06strictes. Il y a par contre un cas où on
- 47:08n'est pas en train de désobéir, mais on peut-on peut décider
- 47:12sans prévenir le sol. On a toujours un lien, euh,
- 47:15extrêmement fort entre le sol, le centre de contrôle et la
- 47:18station spatiale. Et si jamais on perd ?
- 47:20La, la communication avec le centre de contrôle et que nous
- 47:22avons au même moment une panne assez grave, on peut prendre des
- 47:25décisions d'évacuer la station ou de prendre des mesures sans
- 47:28en référer au sol à ce moment-là.
- 47:30C'est déjà arrivé alors ? C'est arrivé quand on était en
- 47:32Russie par exemple, on avait des des nips, c'est à dire on avait
- 47:36des centres de contrôle avec des antennes radio qui étaient sur
- 47:39la Russie, ce qui fait que lorsqu'on passe sur la terre, il
- 47:41y avait des moments où on avait au maximum 20 Min de
- 47:45communication. Parfois on en avait 10, parfois
- 47:475 et parfois rien du tout. Et si on avait une panne à ce
- 47:49moment-là, on avait en backup, un système de radioamateur avec
- 47:53une antenne qui était assez forte en Australie, et dans ce
- 47:55cas-là, on pouvait prévenir par le réseau radioamateur la
- 47:59personne qui était en Australie de dire, là on a un problème
- 48:01grave, prévenez Moscou que on est en train de dérobiter ou
- 48:04qu'on a, qu'on a le feu ou qu'on a des dépressurisations.
- 48:06On l'a, on l'a jamais vraiment eu à à l'utiliser parce que les
- 48:09pannes n'ont pas été suffisamment graves.
- 48:12Dans la Station spatiale Mir ou dans la station ISS mais c'est
- 48:15vrai que lorsqu on a une panne grave aujourd'hui on a quand
- 48:18même tout le temps 95%, 90% de communication avec le sol et on
- 48:20en réfère avec le sol. En revanche, ça sera nécessaire,
- 48:24hein ? Les missions sur mars ?
- 48:25Parce que le temps de réaction pourrait être plus long, non ?
- 48:27Alors on. On on s'entraîne au fur à mesure
- 48:31d'ailleurs. C'est pour ça qu'on va faire des
- 48:32missions sur la Lune, où le temps va être un peu plus long
- 48:34et on en sera plus autonome. Et bien sûr, quand on aura sur
- 48:37Mars, on aura des des temps qui seront au minimum de 20 Min de
- 48:39communication entre le sol et. Et et et de la de la mission sur
- 48:43Mars mais 20 Min on peut quand même communiquer tout à fait
- 48:46d'attendre les 20 Min pour réagir.
- 48:48Voilà, il y a des situations où il faudra être probablement plus
- 48:52rapide. Il faut être plus rapide à ce
- 48:53moment-là, d'accord ? On va passer à la séquence
- 48:56utopie et Dystopie, tu as 2 cartes devant toi, tu en choisis
- 48:59une et tu la montres face caméra.
- 49:02Voilà alors je regarde tu. Mets à la utopie, utopie
- 49:06parfait, on est en 2035. Les entreprises recrutent comme
- 49:10on sélectionne des astronautes, les compétences techniques sont
- 49:13le ticket d'entrée, les équipes sont construits comme des
- 49:15équipages, chaque profil est choisi pour ce qu'il apporte aux
- 49:18autres. On célèbre les missions
- 49:20réussies, pas les héros individuels.
- 49:22Les pires rivaux, concurrents, nations, entreprises collaborent
- 49:26pour un enjeu qui dépasse leurs intérêts particuliers.
- 49:29Le travail redevient ce qu'il a toujours dû être, une aventure
- 49:31collective au service d'un objectif qui nous dépasse.
- 49:34Michel dans ce monde là. Qu'est ce qu'on aurait enfin
- 49:37compris que les entreprises d'aujourd'hui refusent encore de
- 49:40voir ? Alors c'est c'est un, c'est 1 1
- 49:44process qui est assez complexe parce que aujourd'hui, je pense
- 49:49que les les sociétés qui qui performent, celles à laquelle je
- 49:52travaille, qui performent, sont celles qui appliquent des
- 49:54méthodes qui sont similaires, avec ce que l'on dit sur
- 49:57l'utopie, sur la cohésion d'équipage, le sens de l'humain.
- 50:00Faire en sorte que chaque poste soit bien respecté, chaque poste
- 50:03soit bien valorisé. Et que chaque personne soit
- 50:06bien. Le plaisir de travail est très
- 50:08important. D'ailleurs, dans l'assurance
- 50:09spatiale, il y a des piliers du commandant de bord et dans un
- 50:12des piliers, on doit faire attention à ce que chaque
- 50:13personne ait pris du plaisir dans la journée.
- 50:15Donc notion de plaisir, notion de bien être, notion
- 50:19d'accomplissement d'une tâche, notion de savoir que sa tâche
- 50:21est importante pour la société, pour la mission et pour le
- 50:25travail dans lequel on est, et de façon à progresser également.
- 50:29Intéressant mon cœur. En fait, si les gens prennent
- 50:32plaisir, il y a une meilleure performance.
- 50:34Oui, donc il faut un alignement. Il faut un alignement, il faut
- 50:36du plaisir et on peut pas non plus mettre toujours de la
- 50:39pression sur les gens sans sans y arriver.
- 50:41Et ça c'est pas une question de de quantité de travail.
- 50:43Moi je connais un peu la société SP6 où travailler Elon Musk.
- 50:46Bah les gens travaillent 90 h par semaine, donc il fait
- 50:48beaucoup de travail, mais ils sont heureux de travailler avec
- 50:50lui. Ils.
- 50:51Sont épanouis ils ? Sont épanouis parce que il y a
- 50:53une reconnaissance et parce que il va parfois mettre la main à
- 50:55la pâte. Il va travailler avec eux, il
- 50:57va, il va les motiver. Il a un sens de la motivation
- 51:00qui est énorme et il a une motivation horizontale qui est
- 51:02qui est fabuleuse, c'est à dire Bah, c'est à dire que chaque
- 51:05personne a tous les niveaux, qu'il soit en bas, qui soit en
- 51:08haut a des conditions de travail qui sont équivalentes.
- 51:12C'est à dire que lorsqu'on est dans la chaine de travail, le
- 51:14chef. Va travailler au même au même
- 51:16niveau que le tourneur ou que le Fraser.
- 51:18Il faut travailler vraiment à au même niveau et il va valoriser
- 51:22chaque mission et des fois il il va se mettre même au niveau de
- 51:26la personne qui va travailler. Et en plus de ça il autorise un
- 51:29système de management que nous avons pas beaucoup en France.
- 51:32C'est que. Si le gars le plus bas de
- 51:34l'échelle a quelque chose d'important à dire, il peut le
- 51:37rapporter à lui directement, sans passer par la chaîne
- 51:39intermédiaire pour aller plus vite.
- 51:40Nous, nous, on est clafté par des systèmes où on.
- 51:44Doit monter la des hiérarchies. Et ça prend des semaines pour
- 51:46arriver au sommet. Lui, il s'est fait
- 51:47instantanément et ça, c'est le secret de ce de son management.
- 51:50Et d'ailleurs dans ce management, tu dis un petit peu
- 51:52la différence entre le commandant de bord et et le
- 51:54copilote pour des réserves de carburant.
- 51:56Tu donnais cet exemple dans l'alignement, il y a des
- 51:59éléments qui changent, tu tu peux peut être en reparler.
- 52:02C'était l'exemple que tu donnais.
- 52:04C'était que un commandant de bord qui disait qu'il faut 10
- 52:07Min de carburant versus 1 1 copilote qui lui en souhaite 30
- 52:12Min. Avant on disait c'est le
- 52:14commandant de bord qui qui décide et c'est 10 Min.
- 52:16Maintenant ça change. Maintenant ça change parce que
- 52:18maintenant c'est une, c'est une, c'est une discussion.
- 52:20Le commandant bord veut 10 Min, le copilote veut 30 Min, donc
- 52:22ils vont discuter pour expliquer pourquoi lui préfère 10 Min et
- 52:26lui 30 Min. Et à la fin il y aura un accord
- 52:29qui vont dire Ben je suis d'accord avec toi, on va prendre
- 52:3130 Min. On va prendre parce que c'est
- 52:33plus sûr, parce que tu te sens bien.
- 52:34Moi j'aurais préféré 10 Min. Mais je vois ton calcul, je vois
- 52:37la façon dont tu fais. Et ça, ça correspond à ce qu'on
- 52:39appelle l'alchimie de l'équipe. Déjà pour 2 personnes, on s'est
- 52:42mis d'accord alors qu'au départ on n'était pas d'accord.
- 52:44On s'est mis d'accord sur une donnée.
- 52:46Là dans ce cas-là, c'est la donnée la plus importante.
- 52:48Et ce que tu dis finalement, c'est que 10 Min ou 30 Min, ça
- 52:51importe moins que l'alignement entre le commandant de bord et
- 52:55son copilote pour éviter au maximum des désaccords qui
- 52:58mèneraient à un accident. Oui parce que si ils sont pas
- 53:00d'accord et ils ils font le vol Paris New York qui va durer 8 h
- 53:04avec en dans l'esprit le fait que l'autre n'est pas d'accord,
- 53:07Eh bien lorsque YA1 autre panne qui va arriver derrière.
- 53:11Bah il y aura, il y aura cette confiance qui va pas réussir et
- 53:13donc on s'éloigne du sham et donc on est moins.
- 53:16Performant. Et donc c'est ça un petit peu le
- 53:17secret. C'est peut être les entreprises
- 53:19aussi qui peuvent être inspirées de cet élément.
- 53:20Quand on parle de culture d'entreprise, la capacité
- 53:23finalement à faire travailler les personnes dans un but où les
- 53:28gens vont dans la même direction.
- 53:29C'est grâce à cet alignement, cet alignement d'équipe de
- 53:32cohérence qu'on peut aller très loin.
- 53:34Complètement et d'ailleurs il y a il y a l'exemple fabuleux
- 53:36hein, c'est l'exemple de Kennedy qui qui qui visite les les
- 53:40hangars de la NASA avant d'aller sur la Lune.
- 53:42Et puis là il voit 1 1 homme qui balaye le hangar, donc il lui
- 53:45dit Bonjour John, Comment comment ça va ?
- 53:47Ben moi je vous faites quoi ici ?
- 53:50Il il pensait qu'il était que je balaye les hangars, non non, moi
- 53:53je prépare la mission de l'homme qui va aller sur la Lune, c'est
- 53:56embarquer les gens, ça c'est le secret, c'est embarquer les
- 53:59gens. Embarquer, c'est à dire que
- 54:00chaque poste, quel que soit, quel que soit son niveau, chaque
- 54:04poste est important. Chaque poste est vraiment une
- 54:06petite maille qui va faire que l'ensemble va y a réussi et si
- 54:09le leader arrive à organiser au fur à mesure cette ambiance là,
- 54:15Eh bien il il sera, il il sera réussi.
- 54:17Ce qui est important c'est l'humain et d'ailleurs ce qui a
- 54:19bien marché chez nous c'est l'humain.
- 54:21Lorsqu'on fait la mission Apollo Soyouz en 75 avec un vaisseau
- 54:25russe, un vaisseau américain. Ça fonctionne parce que c'est
- 54:27des missions humaines, on n'est pas dans l'i a c'est de
- 54:30l'humain. Lorsqu'on fait une situation
- 54:32spatiale internationale, ça fonctionne très très bien et ça
- 54:35met ça maintient des liens très forts entre Russes et Américains
- 54:38parce que c'est de l'humain, c'est pas de l'i a.
- 54:40Et tu penses que l'i a va changer quelque chose ?
- 54:43Nous sommes responsables de l'i a donc c'est nous qui allons
- 54:46dire à l'i a là tu nous laisses faire.
- 54:48Est ce que ça peut aussi pas être un coup d'accélérateur ?
- 54:50Non, parce que. On s'en sert de l'i a.
- 54:52C'est la robotisation. C'est à quel étage qu'on va
- 54:54laisser de plus en plus faire par des robots ?
- 54:55Mais nous on est au-dessus de ça, on va, on va contrôler ce.
- 54:59Que fait l'i a ? Je te posais la question de
- 55:00savoir si tu avais vu la série for all mankind je crois ?
- 55:03La question que j'avais pour toi c'est de te dire, est ce que si
- 55:05on était resté sur le rythme de conquête spatiale des années
- 55:091960, est ce que la science aurait fait des progrès plus
- 55:11rapides à savoir est ce que finalement l'investissement
- 55:13qu'on met aujourd'hui dans les missions spatiales finalement
- 55:16participe à aux avancées technologiques de manière plus
- 55:20large ? Alors YAYA2 choses, hein ?
- 55:22D'abord, c'est les les missions qu'on a fait en 60.
- 55:24Le moteur n'était pas la science.
- 55:26Le moteur qu'on a que nous avons eu à l'époque, c'était la
- 55:28concurrence entre les Russes et les Américains et une
- 55:30concurrence, non pas d'humains. Mais d'idéologie, le communisme
- 55:34contre le capitaliste qui était le meilleur des 2 idéologies,
- 55:38c'était des vitrines politiques. Et cette concurrence,
- 55:40finalement, elle a stimulé. Elle a stimulé le le le premier
- 55:44homme dans dans dans l'espace. Qu'est un peu malheureusement, à
- 55:46l'image des guerres aussi qui vont faire progresser
- 55:51technologiquement malheureusement, mais.
- 55:52Mais. On a eu la chance d'avoir avec
- 55:54nous les scientifiques qui ont dit Bah on va quand même se
- 55:57servir de ces laboratoires particuliers parce qu'on a aucun
- 56:00moyen de simuler la pesanteur sur terre.
- 56:02Donc on avait ce laboratoire qui était là à disposition et on a
- 56:06commencé à des expériences sur le comportement humain, sur les
- 56:09modifications de l'ostéoporose, des systèmes cardiaques, la
- 56:13fabrication de médicaments, les alliages.
- 56:14Et donc aujourd'hui on a des on a une centaine d'expériences à
- 56:17faire tous les 6 mois. Sophie Adenot va faire 100
- 56:19expériences qui sont toutes intéressantes, mais le but pour
- 56:21nous c'est pas faire de l'expérience.
- 56:23On se sert de ce laboratoire pour des expériences
- 56:25scientifiques, mais le but pour nous c'est de faire de la
- 56:27longévité et de préparer les systèmes du futur qui ont sur
- 56:30Mars par exemple quand je suis parti en 92.
- 56:32J'ai ramené 80% d'eau de la terre pour le fonctionnement de
- 56:37l'humain dans l'espace, aujourd'hui, on ramène 5% d'eau
- 56:40de la terre. Parce qu'on est capable de
- 56:41pouvoir. De recycler.
- 56:42Et donc c'est un des exemples, on va recycler l'oxygène, on va
- 56:45recycler le gaz carbonique et donc ces systèmes vont
- 56:47permettre. À à Bakou de faire ce que nous
- 56:51faisons dans la saison spatiale pour les utiliser sur la lune et
- 56:55après sur Mars, il. Y a beaucoup de personnes qui
- 56:57reprochent finalement les moyens colossaux qui sont nécessaires
- 57:01pour pouvoir réaliser cette conquête spatiale.
- 57:04Finalement tu disais, c'est pas tant d'aller, comme pourrait le
- 57:08dire Elon Musk, vivre sur Mars que de préserver la vie sur
- 57:12terre. Qu'est ce que t'en penses ?
- 57:14Alors il y a, il y a d'abord les moyens colossaux.
- 57:16Pour nous Européens ça correspond à 1€ par an par
- 57:19européen, donc ce sont pas des moyens colossaux.
- 57:21Une plage de une place de cinéma, c'est 15,00€ ou 17,00€,
- 57:24des fois c'est un c'est un navet.
- 57:25Donc je pense que les 15,00€. Sont bien investis.
- 57:29Sont bien investis. Alors c'est pas le le plus.
- 57:31Et Deuxièmement, Ben je pense que dans nos tâches que nous
- 57:34avons à faire dans l'espace, Eh bien il y a d'abord aller sur la
- 57:37lune pour mesurer les radiations au-dessus de Van Halen pour
- 57:40protéger des radiations qui nous permettront d'aller sur Mars.
- 57:42Aujourd'hui, on a un temps. De l'humain qui est de 45 jours
- 57:45à 50 jours maximum à cause des radiations du soleil.
- 57:48Donc on doit utiliser le système lunaire pour se protéger des
- 57:52radiations. Deuxièmement, savoir si la
- 57:55glace, la glace qui se trouve sur le Pôle Sud de la Lune peut
- 57:59être utilisée pour faire de la de l'hydrogène et de l'oxygène
- 58:02pour le la respiration des astronautes et également
- 58:05l'hydrogène pour les moteurs et des combustions.
- 58:08Et ensuite préparer sur Mars pour connaître le secret de
- 58:11mars. Y a une grosse différence entre
- 58:12mars et la terre, c'est que la terre AA bougé pendant des des
- 58:171000000 d'années, elle a bougé complètement avec des océans et
- 58:19les plaques tectoniques, alors que mars est resté figé.
- 58:22Donc si on veut connaître l'historique de de la terre à un
- 58:25point donné, Eh bien mars est la référence.
- 58:27Et puis la 3e chose c'est quand même j'y j'y crois beaucoup,
- 58:29c'est l'interception d'un astéroïde parce que nous avons
- 58:31quand même pas mal. On a 30000 astéroïdes qui
- 58:34tournent autour de la terre, dont des géocroiseurs.
- 58:37Et si 1 1 astéroïde tombe sur la terre dans dans quelques années,
- 58:39on serait tous morts. Donc on est, on doit faire
- 58:42attention à se protéger. Et c'est une chose que l'on
- 58:45découvre lorsqu'on est dans l'espace, c'est c'est un peu
- 58:47parti de ce qu'on appelle l'overview effect, c'est à dire
- 58:50qu'on voit la terre, on voit cette couche d'atmosphère
- 58:52extrêmement fine, donc on se dit C'est extrêmement petit ce qui
- 58:55nous protège cette couche d'atmosphère, si elle disparaît,
- 58:57nous sommes tous morts. Et lorsqu'on est dans dans
- 59:00l'espace. On voit cette terre qui est très
- 59:03belle, mais on voit tout le reste à côté qui est moche hein.
- 59:05La, la Lune n'est pas belle du tout, alors que nous on la fait
- 59:08jaune sur terre, mais quand on est là où on la voit vraiment
- 59:11grise, mars n'est pas du tout accueillant, on voit un tout
- 59:13petit point rouge, on ne voit rien de très sympathique et
- 59:15lorsqu'on est là-haut on se dit ça c'est la terre.
- 59:17Et si on fait un petit peu un recul en arrière, si on arrive à
- 59:21sortir de son de de son État de terrien, on se dit.
- 59:23Les gens doivent être bien en bas, là ils doivent être.
- 59:25Bien là, mais. Donc il faut faire en sorte de
- 59:27les protéger. Y a y a cette ce sentiment de
- 59:30protection de la terre, protection écologique au sens
- 59:32large. Ouais.
- 59:33Et la protection d'un astéroïde, c'est très important aussi.
- 59:36Merci infiniment Michel. Merci à vous d'avoir écouté cet
- 59:39épisode. S'il vous a inspiré, n'hésitez
- 59:41pas à le liker, à le commenter, à le partager autour de vous.
- 59:44Vous pouvez retrouver Beyond work and Life sur Youtube et sur
- 59:47toutes les plateformes de streaming.
- 59:48Merci à vous d'avoir regardé ou écouté cet épisode et à très
- 59:52vite pour un prochain débat.