Latest / Archives / La plus grande CATASTROPHE NUCLÉAIRE moderne (FUKUSHIMA 2011)La plus grande CATASTROPHE NUCLÉAIRE moderne (FUKUSHIMA 2011)
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- 0:03Le 11 mars 2011, quelque chose s'est brisé au Japon.
- 0:06Pas seulement la terre, pas seulement les routes ou les
- 0:18ports. Ce jour-là, c'est un sentiment
- 0:19de sécurité qui s'est fissuré. Comme si un pays habitué à
- 0:24dompter les catastrophes avait découvert une faille qu'il ne
- 0:28soupçonnait pas. Sur la côte, un mur d'eau a
- 0:32avalé des villes entières et derrière lui, un silence
- 0:36étrange. Un silence coupé par les
- 0:39premières rumeurs, un nom répété dans les radios, dans les
- 0:43familles, dans les salles de crise Fukushima.
- 0:47Au début, personne ne comprend vraiment.
- 0:50Les images sont floues, les informations changent d'une
- 0:53heure à l'autre. Des explosions, de la fumée qui
- 0:56s'élève au-dessus des bâtiments. Des zones entières évacuées sans
- 1:00explications claires et cette sensation diffuse que quelque
- 1:04chose échappe au contrôle pendant plusieurs jours.
- 1:07Le monde regarde sans réussir à savoir ce qui est en train de se
- 1:11passer réellement derrière les murs de la centrale Fukushima.
- 1:15C'est l'histoire d'un instant où le Japon s'est retrouvé face à
- 1:18un événement qu'il pensait impossible.
- 1:20Et comprendre ce qui s'est réellement passé demande de
- 1:24revenir à ce moment précis là. Où tout
- 1:39a commencé ? Avant d'entrer dans la suite, je
- 1:58dois vous parler d'un sujet qui touche absolument tout le monde
- 2:01et C'est d'ailleurs incony qui sponsorise cette vidéo.
- 2:03Incony, c'est un outil qui sert à retirer vos données
- 2:07personnelles des data brokers et croyez-moi y en a beaucoup plus
- 2:11qu'on ne l'imagine. Alors les data brokers c'est des
- 2:13entreprises spécialisées dans la collecte, la revente de vos
- 2:17données. Et quand je parle de données,
- 2:19c'est pas juste une adresse mail, c'est vraiment vos achats,
- 2:23vos recherches, vos numéros, vos centres d'intérêts.
- 2:26Votre localisation ? En gros, toutes les infos qui
- 2:29peuvent circuler entre des dizaines voire des centaines
- 2:33d'entreprises sans que vous le sachiez.
- 2:35Je suis le premier concerné parce que je suis sur internet
- 2:37depuis 2008 et en plus de 15 ans j'ai fait une quantité énorme
- 2:40d'achats en ligne à titre Perso et surtout pour la société.
- 2:45Avec plein d'adresses différentes.
- 2:46Autant dire que mes données étaient éparpillées un peu
- 2:49partout. Et inconi m'a justement permis
- 2:51de faire un énorme tri dans tout ce qui circulait sur moi.
- 2:54Et c'est exactement ce que fait leur outil.
- 2:56Inconi identifie automatiquement les data brokers qui détiennent
- 3:00vos données, envoie pour vous des demandes légales de
- 3:03suppression et gère toutes les relances.
- 3:05Vous n'avez strictement rien à faire.
- 3:07Ils suivent l'avancement, vérifient les suppressions et
- 3:11nettoient progressivement vos informations de toutes ces
- 3:13bases. Et comme certaines bases se re
- 3:15remplissent en continu, in Connie surveille aussi si vos
- 3:18données réapparaissent. Le principe est simple, moins
- 3:21vos données circulent, moins vous êtes exposés au spam, au
- 3:25phishing, au profilage abusif ou à la revente de vos infos.
- 3:29Et vu le nombre de data broker existant, c'est clairement
- 3:32impossible à gérer soi-même. Si vous voulez protéger vos
- 3:34données, vous pouvez profiter de l'offre du moment, 60% sur
- 3:38l'abonnement annuel Incogni via le lien qui se trouve en
- 3:41description ou alors avec le code neoxy.
- 3:43C'est satisfait ou remboursé pendant 30 jours, donc vous
- 3:46pouvez tester sans aucun risque. Le 11 mars 2011 débute comme
- 4:00n'importe quel autre jour dans le Nord est du Japon.
- 4:03Les enfants partent à l'école, les pêcheurs rentrent de leur
- 4:06sortie matinale, les salariés terminent leur pause déjeuner et
- 4:10rien ne laisse penser que cette journée va basculer dans
- 4:14l'histoire. À 14h46, la Terre commence à
- 4:21vibrer. Au début, c'est discret, presque
- 4:24familier parce qu'au Japon, on connaît les secousses et la
- 4:27population y est habituée. Mais cette fois, les vibrations
- 4:31ne s'arrêtent pas, elles continuent, deviennent plus
- 4:35fortes et la situation bascule. En quelques instants, les murs
- 4:39commencent à grincer, les fenêtres se déforment, les
- 4:43objets tombent des étagères. Dans certaines villes, on
- 4:46raconte que le sol ondulait comme une mer agitée et que dans
- 4:49d'autres, les gens ne parvenaient plus à rester
- 4:51debout. Le séisme va durer près de 6 Min
- 4:556 longues minutes durant lesquelles chacun comprend qu'il
- 4:58ne s'agit pas d'un tremblement de terre ordinaire, mais de
- 5:01quelque chose d'exceptionnel, presque impensable.
- 5:05Plus tard, les instruments confirment ce que tout le monde
- 5:07avait ressenti dans son corps magnitude 9,0 au large de la
- 5:12ville portuaire de Sendai. Le plus puissant séisme jamais
- 5:16enregistré au Japon un séisme de magnitude 9, c'est difficile à
- 5:24imaginer. C'est pas un gros tremblement de
- 5:26terre. C'est un événement qui dépasse
- 5:29presque tout ce que l'être humain a pu ressentir sur terre.
- 5:32L'énergie qu'il libère est gigantesque, estimé à plusieurs
- 5:36centaines de 1000000 de tonnes d'explosifs pour donner une
- 5:39échelle, le dernier événement d'une puissance comparable dans
- 5:42l'histoire du Japon. C'était Hiroshima.
- 5:45Et là ce séisme a libéré l'équivalent énergétique de plus
- 5:48de 20000 bombes d'Hiroshima qui exploseraient au même moment
- 5:53sous l'océan. Pas comme une arme, pas au même
- 5:56endroit, mais en terme d'énergie brute libérée.
- 5:59C'est ce niveau-là sur l'échelle de Richter, chaque point
- 6:04supplémentaire multiplie la puissance par 32.
- 6:07Ça veut dire qu'un séisme de magnitude 9 est 1000 fois plus
- 6:10puissant qu'un séisme de magnitude 7.
- 6:13Alors que 7 est déjà considéré comme destructeur.
- 6:16Donc effectivement, dans ce genre de séisme, le sol ne vibre
- 6:20pas, il se déforme. Des portions entières de la
- 6:23croûte terrestre peuvent glisser de plusieurs mètres, comme si un
- 6:27morceau de continent se déplaçait d'un coup,
- 6:30généralement près de l'épicentre.
- 6:31Tout est détruit, sauf qu'ici l'épicentre était situé en plein
- 6:35océan, au large. C'est ce qui a limité les
- 6:38destructions directes sur les villes, mais c'est aussi ce qui
- 6:41a libéré toute cette énergie dans l'eau.
- 6:43Parce que quand la secousse s'arrête, on croit avoir vécu le
- 6:46pire. Mais en réalité, c'était que la
- 6:48première étape. Le Nord est du Japon est déjà
- 6:51gravement touché. Certaines routes se sont
- 6:53ouvertes en 2, les façades se sont fissurées et dans plusieurs
- 6:57villes, les réseaux d'électricité et de gaz sont
- 7:00coupés. Des incendies se déclarent dans
- 7:02des zones industrielles, notamment dans le port de Sendai
- 7:05où des réservoirs de carburant ont pris feu.
- 7:08Les transports sont paralysés. Les trains se sont arrêtés
- 7:11d'urgence, les aéroports sont fermés et des milliers de
- 7:15personnes se retrouvent privées de moyens de communication.
- 7:17Des hôpitaux commencent à évacuer leurs patients par
- 7:20précaution, faute d'électricité ou face au risque de réplique.
- 7:23On voit des images de bâtiments dont les murs se sont effondrés
- 7:27sur les trottoirs, des voitures coincées dans des crevasses, des
- 7:31gens qui attendent sur les parkings juste pour capter un
- 7:34signal téléphonique. Le séisme à lui seul a déjà
- 7:37provoqué des dégâts colossaux. Et pourtant.
- 7:40Personne ne sait que le pire est à venir à Fukushima Daiichi, la
- 7:54centrale nucléaire numéro un de la région.
- 7:57Quand la terre finit enfin par se calmer, les alarmes résonnent
- 8:00encore dans les bâtiments. Dans la salle de contrôle, les
- 8:03opérateurs surveillent les écrans, reprennent leurs
- 8:06procédures, vérifient les niveaux.
- 8:08Et malgré la violence du séisme, la centrale semble tenir.
- 8:12Les 3 réacteurs en fonctionnement se sont arrêtés
- 8:14automatiquement, les barres de contrôle ont été insérées comme
- 8:17prévu et les systèmes de secours assurent le refroidissement.
- 8:22À ce moment-là, sur le papier, tout va bien.
- 8:24Et pourquoi ces systèmes de secours sont cruciaux.
- 8:28Eh Ben parce qu'une centrale nucléaire, c'est finalement une
- 8:30immense machine à vapeur. Dans le cœur du réacteur, des
- 8:34pastilles d'uranium rangées dans de longs tubes métalliques
- 8:37produisent une chaleur phénoménale.
- 8:39Quand l'uranium se fragmente, cette eau se transforme en
- 8:42vapeur, la vapeur fait tourner une turbine, la turbine fait
- 8:46tourner un alternateur et c'est comme ça qu'on produit de
- 8:49l'électricité. Ensuite, la vapeur est refroidie
- 8:52par un autre circuit d'eau froide, elle redevient de l'eau
- 8:55et repart dans le circuit. À Fukushima, l'eau de
- 8:59refroidissement vient directement de la mer.
- 9:01D'énormes pompes aspirent de l'eau froide, la font passer
- 9:05dans des échanges pour refroidir la vapeur.
- 9:07Puis cette eau est rejetée un peu plus chaude dans l'océan,
- 9:11tant que l'eau circule, le cœur reste sous contrôle.
- 9:15Mais si la circulation s'arrête ne serait-ce que quelques
- 9:17heures, la température s'emballe.
- 9:19Et même quand on arrête un réacteur, la chaleur ne
- 9:22disparaît jamais d'un coup, le combustible reste brûlant
- 9:26pendant des jours. La chaleur résiduelle doit
- 9:28absolument être évacuée en permanence, sinon la température
- 9:32grimpe. C'est pour ça que le
- 9:34refroidissement repose sur plusieurs couches de sécurité.
- 9:37D'abord, le réseau électrique extérieur fait tourner les
- 9:40pompes principales. Si ce réseau tombe, les
- 9:42générateurs diesel prennent automatiquement le relais.
- 9:44Et si ces générateurs tombent eux aussi, il reste les
- 9:48batteries internes, capables de maintenir le strict minimum
- 9:51pendant quelques heures. En dernier recours, il existe
- 9:54des systèmes passifs. Basé sur la circulation
- 9:57naturelle de l'eau ou de la vapeur qui peuvent aider un peu,
- 10:00mais pas assez pour gérer un accident grave à ce moment-là.
- 10:05Tout repose donc sur l'idée que l'un de ces niveaux de secours
- 10:08tiendra quoi qu'il arrive. Mais pendant que les techniciens
- 10:11vérifient que tout fonctionne, un autre son prend le relais.
- 10:15Les alertes tsunami retentissent, diffusées en
- 10:19boucle sur le haut-parleur public.
- 10:22Un tsunami arrive. mettez-vous à l'abri, montez en hauteur.
- 10:25Moins d'une heure après le tremblement de terre, la mer se
- 10:28retire brutalement dans certaines zones, dévoilant des
- 10:31pans de plage que personne n'avait jamais vu.
- 10:34Des bateaux se retrouvent presque posés sur le sable.
- 10:37Ceux qui vivent près de l'océan comprennent immédiatement, un
- 10:40tsunami arrive. Dans les vidéos de surveillance,
- 11:10on ne voit pas un rouleau qui se brise, mais une ligne sombre qui
- 11:14grossit à l'horizon, une masse d'eau qui avance en bloc,
- 11:17chargée de boue. De voitures, d'arbres, de tout
- 11:21ce qu'elle a déjà arraché sur son passage.
- 11:24Et plus elle se rapproche, plus elle ressemble à un mur.
- 11:27Non pas parce qu'elle monte, mais parce que le paysage entier
- 11:31disparaît sous elle. Sur certaines portions de côtes,
- 11:33la vague arrache tout. On voit des quartiers entiers
- 11:37engloutis, des camions retournés comme des jouets, des ponts
- 11:40arrachés, des voitures projetées comme des feuilles.
- 11:43La vague avance vite, trop vite pour que tout le monde puisse
- 11:46fuir. Certains habitants se réfugient
- 11:48sur les toits, d'autres dans les collines, d'autres encore dans
- 11:52les étages supérieurs d'immeubles qui tremblent encore
- 11:55du séisme. Et puis cette masse arrive à
- 11:59Fukushima Daiichi. Au niveau de la centrale, le
- 12:37tsunami atteint entre 14 et 15 M de haut, bien au-dessus des
- 12:42digues prévues. La mer franchit les protections
- 12:46sans ralentir, envahit les bâtiments, arrache les
- 12:49installations, noie les sous-sols, renverse des
- 12:52véhicules et emporte des composants essentiels.
- 12:55Les routes autour du site disparaissent, les réservoirs
- 12:58sont bousculés, les armoires électriques sont noyées, les
- 13:01pompes de refroidissement sont submergées, les générateurs
- 13:05diesel, eux aussi placés en sous-sol, se retrouvent inondés
- 13:08et cessent de fonctionner. Et c'est là que la situation
- 13:13bascule. Le séisme avait déjà coupé le
- 13:15réseau électrique principal. Le tsunami vient de détruire le
- 13:19seul système qui permettait encore de refroidir les
- 13:22réacteurs. Il ne reste plus que les
- 13:24batteries internes, prévues pour tenir entre 6 et 8 h et capables
- 13:30d'alimenter seulement quelques instruments.
- 13:33À l'intérieur. L'atmosphère change brutalement,
- 13:35les écrans commencent à s'éteindre, les capteurs cessent
- 13:39petit à petit de répondre. Les outils de contrôle tombent
- 13:41un à un. La centrale.
- 13:44Passe d'une installation protégée à un site presque
- 13:46aveugle. Un mot circule alors entre les
- 13:49équipes blackout. Quand la centrale plonge dans le
- 14:02noir, les équipes comprennent tout de suite ce que ça veut
- 14:04dire, plus de courant, plus de pompes, plus de circulation
- 14:09d'eau. Sans refroidissement, la chaleur
- 14:11résiduelle va forcément s'accumuler dans les 3
- 14:14réacteurs. Et même s'ils sont arrêtés, ils
- 14:17continuent de chauffer comme des fours qu'on vient d'éteindre.
- 14:20Dans les premières minutes. Les valeurs affichées semblent
- 14:23encore normales, la pression ne bouge presque pas, la
- 14:26température augmente à peine, ça donne l'impression que la
- 14:29situation reste stable. Mais c'est un faux calme.
- 14:32Dans chaque réacteur, l'eau commence à chauffer de plus en
- 14:36plus vite, elle bout. Elles s'évaporent, montent en
- 14:39pression, et comme les capteurs tombent les uns après les
- 14:42autres, plus personne ne sait vraiment où est le niveau d'eau
- 14:45où la température exacte du combustible.
- 14:48L'eau continue de diminuer, une partie s'évapore, une partie
- 14:52fuit par les soupapes et une autre partie ne circule plus du
- 14:55tout. Les barres de combustible, qui
- 14:57doivent rester complètement immergées, commencent à
- 14:59apparaître à l'air libre. Leur gaine métallique chauffe,
- 15:03dépasse les 1000°, se déforment, se fissurent.
- 15:07Et finit par réagir avec la vapeur.
- 15:10Cette réaction libère un gaz très inflammable, l'hydrogène.
- 15:14C'est le premier signe clair que le réacteur est en train de
- 15:17lâcher à l'intérieur de la cuve. Une partie du combustible fond
- 15:21déjà et glisse vers le bas, formant une matière brûlante, un
- 15:25mélange de métal et d'éléments radioactifs.
- 15:28C'est ça le khorium, et c'est la pire chose qu'une centrale peut
- 15:33produire. Pendant ce temps, dans la salle
- 15:35de contrôle, il cherche des infos sur des plans papier, il
- 15:38tente de deviner quelle vanne fonctionne encore.
- 15:41Ils essayent d'envoyer de l'eau par des circuits improvisés.
- 15:45Chaque action est un pari, chaque geste se fait sans
- 15:48garantie que ça fonctionne. Les procédures d'urgence
- 15:51existent, mais aucune ne prévoit un site entièrement noyé, isolé,
- 15:55sans électricité et sans accès. Minute après minute, la pression
- 15:59monte dans les cuves. La vapeur s'accumule, les
- 16:02équipes sentent que le temps joue contre elles et dehors, la
- 16:06situation n'est pas meilleure. Le site est méconnaissable,
- 16:10routes coupées, bâtiments noyés, câbles arrachés, bouts partout.
- 16:14Impossible d'amener un générateur, impossible
- 16:17d'approcher un camion de pompier, impossible de poser un
- 16:21hélicoptère, la centrale est complètement isolée dans le
- 16:25réacteur un, la situation devient critique, l'eau a trop
- 16:29baissé. Les barres de combustible sont
- 16:31largement à l'air libre. Leur gaine brûlante réagit avec
- 16:34la vapeur et produit encore plus d'hydrogène.
- 16:37Cet hydrogène s'accumule dans la partie supérieure du bâtiment.
- 16:41Normalement, il existe des systèmes pour l'évacuer ou le
- 16:44brûler, mais ils ont tous besoin d'électricité et il n'y en a
- 16:48plus pour éviter que la cuve n'explose.
- 16:52Les équipes essayent d'ouvrir des soupapes pour relâcher un
- 16:54peu de vapeur radioactive. C'est un choix terrible.
- 16:57Laisser sortir de la radioactivité ou risquer une
- 17:00rupture interne bien plus grave ?
- 17:03Mais l'hydrogène continue de s'accumuler et à 15h36 le 12
- 17:06mars, presque 24 h après le séisme, l'inévitable arrive.
- 17:09Une énorme déflagration secoue le réacteur un le souffle,
- 17:14arrache des murs entiers, soulève la toiture, projette des
- 17:18débris à des dizaines de mètres. Le problème, c'est que les
- 17:22réacteurs 2 et 3 sont en train de suivre exactement la même
- 17:24trajectoire. L'eau manque partout, les
- 17:29soupapes deviennent impossibles à manœuvrer, les niveaux de
- 17:32radiation augmentent, les équipes voient les minutes filer
- 17:35comme des secondes et font tout ce qu'elles peuvent, mais elles
- 17:38savent très bien qu'elles se battent contre une machine de
- 17:41plus en plus instable. Et au milieu de ce chaos, une
- 17:43question commence à s'imposer dans la tête de chacun, est ce
- 17:47qu'on peut encore sauver quelque chose ?
- 18:09À ce moment-là, une tension énorme se crée entre la centrale
- 18:13et le siège de Tepco, l'exploitant de la centrale à
- 18:16Tokyo. Depuis les bureaux loin du site,
- 18:19certains responsables commencent à craindre que l'injection d'eau
- 18:22de mer. Dont les réacteurs fassent
- 18:24abîmer encore plus l'installation.
- 18:27Ils ont peur que ce choix rende la centrale irrécupérable, alors
- 18:30qu'en réalité, la priorité absolue, c'est juste d'éviter
- 18:34une catastrophe encore plus grande.
- 18:36Le siège ordonne donc d'arrêter l'injection d'eau de mer.
- 18:40Sur le papier, c'est un ordre officiel.
- 18:42Sur le terrain, c'est une folie et c'est là que le rôle d'un
- 18:46homme devient déterminant. Masao Yoshida, le directeur de
- 18:50la centrale. Lui, il a tout sous les yeux,
- 18:52les bâtiments soufflés, les compteurs qui saturent, la
- 18:55chaleur qui monte, les opérateurs qui avancent dans la
- 18:58pénombre avec leur dosimètre. Il sait que si on coupe
- 19:02l'injection d'eau, le cœur va continuer de fondre.
- 19:05La pression va grimper, l'hydrogène va s'accumuler et on
- 19:09se dirige tout droit vers un 2e réacteur qui explose.
- 19:12Alors Yoshida prend une décision presque impensable, dans une
- 19:15structure aussi hiérarchique que Tepco, il désobéit.
- 19:20Il dit oui au siège, mais sur place, il fait exactement
- 19:25l'inverse. Il maintient l'injection d'eau
- 19:27de mer. Il le fait en silence,
- 19:29discrètement, avec la complicité de ses équipes.
- 19:33Plus tard, il dira qu'il n'avait pas vraiment l'impression d'être
- 19:36courageux. Il estimait juste que c'était la
- 19:38seule décision logique. Mais ce geste là, ce refus de
- 19:42suivre un ordre dangereux, a probablement empêché la
- 19:45situation d'être bien pire. Pour ceux qui travaillent sous
- 19:48ses ordres, Yoshida devient une figure solide, presque un repère
- 19:52dans un chaos total. Un directeur qui n'hésite pas à
- 19:56prendre un risque personnel pour protéger ses équipes et son
- 20:00pays. Dans le réacteur 3, la
- 20:02température devient critique dès la matinée du 12 mars, la
- 20:06chaleur résiduelle est si intense que l'eau s'évapore plus
- 20:09vite qu'elle ne peut être injectée.
- 20:10Malgré plusieurs tentatives pour relancer un refroidissement,
- 20:14rien ne parvient à stabiliser le cœur.
- 20:16Les équipes tentent alors l'impossible, faire avancer des
- 20:19camions de pompiers à travers un site dévasté, sur des routes
- 20:22encombrées de débris, avec des taux de radiation en constante
- 20:26augmentation. Objectif, injecter de l'eau
- 20:28directement dans le circuit. C'est une manœuvre improvisée
- 20:32dans des conditions extrêmes mais indispensables.
- 20:35Un panache sombre s'élève, le bâtiment est éventré et cette
- 20:39fois, l'inquiétude est encore plus grande.
- 20:42Le réacteur 3 contient du MOX. Un combustible à base de
- 20:45plutonium encore plus problématique en cas de
- 20:48dispersion et pendant que les regards sont braqués sur cette
- 20:51explosion, un autre danger, plus discret mais encore plus
- 20:55inquiétant, se prépare ailleurs dans le réacteur 2,
- 20:58théoriquement, c'est celui qui posait le moins de problèmes.
- 21:01En réalité, c'est là que les systèmes de secours ont été les
- 21:04plus touchés pendant plusieurs heures.
- 21:06Certains redoutent un scénario inimaginable, la rupture totale
- 21:10du confinement, avec un rejet massif et incontrôlé de
- 21:13radioactivité. Le 15 mars au matin, un souffle
- 21:16SEC retentit. Ce n'est pas une explosion
- 21:19visible, mais une violente dépressurisation qui endommage
- 21:22lourdement la structure. Une immense fuite de vapeur
- 21:26radioactif s'échappe, faisant bondir les niveaux de radiation
- 21:29sur le site. Certaines zones deviennent
- 21:31inaccessibles. Les techniciens ne peuvent
- 21:34rester sur place que quelques minutes, parfois quelques
- 21:36dizaines de secondes. À ce moment précis, les 3 cœurs
- 21:40sont en fusion. 3 bâtiments, 3 désastres.
- 21:44Les équipes ne cherchent plus à sauver quoi que ce soit.
- 21:47Et pendant que les derniers techniciens tentent de garder le
- 21:49contrôle, des dizaines de milliers d'habitants fuient sans
- 21:53savoir ce qu'ils laissent derrière eux.
- 22:00Quand les premières explosions résonnent autour de la centrale,
- 22:03une autre bataille se joue à quelques kilomètres de là.
- 22:06Celle du temps de l'information et de l'urgence d'évacuer une
- 22:11population entière avant que la situation ne devienne
- 22:14incontrôlable. Le gouvernement japonais,
- 22:16conscient que la radioactivité peut se disperser rapidement si
- 22:20le vent tourne ou si un rejet majeur survient, décide d'agir
- 22:24vite. Dans les premières heures,
- 22:26l'évacuation concerne un rayon de 3 km autour de Fukushima
- 22:30Daiichi. Puis à mesure que les
- 22:33informations remontent. Ce rayon s'étend à 10 km et au
- 22:37moment où l'explosion du réacteur un est confirmée, les
- 22:40autorités n'hésitent plus, elles ordonnent une évacuation jusqu'à
- 22:4420 km. Une décision lourde, brutale,
- 22:48mais indispensable. En quelques heures seulement,
- 22:50des dizaines de milliers d'habitants doivent quitter leur
- 22:53maison. Certains montent dans leur
- 22:54voiture, d'autres suivent les instructions à pied, d'autres
- 22:58encore attendent dans des gymnases transformés en centres
- 23:01d'accueil improvisés. Personne ne sait combien de
- 23:03temps ça va durer. Pour beaucoup, c'est censé être
- 23:06temporaire. Une nuit peut être 2.
- 23:09Une parenthèse avant de rentrer chez soi.
- 23:12Personne n'imagine encore qu'il parte peut être pour toujours.
- 23:28Bonsoir et bienvenue à tous. La crise nucléaire s'aggrave au
- 23:32Japon après une nouvelle explosion dans la centrale de
- 23:34Fukushima, tous les réacteurs sont désormais touchés.
- 23:37Les taux de radioactivité s'élèvent dangereusement, ce qui
- 23:40pousse la population à fuir les zones potentiellement
- 23:43contaminées. Pendant que les habitants
- 23:51s'éloignent, les autorités installent des points de
- 23:54contrôle pour mesurer la radioactivité sur les vêtements,
- 23:57les voitures, les affaires personnelles.
- 24:00Ce n'est pas pour faire peur, c'est pour éviter de déplacer
- 24:03involontairement des particules radioactives d'une zone à
- 24:07l'autre. Le geste est simple, presque
- 24:10mécanique, un détecteur, un bip, un chiffre.
- 24:13Si le niveau est trop élevé, on demande aux passants de se
- 24:16déshabiller. On jette les vêtements, on rince
- 24:20la peau. Une scène qui semble irréelle,
- 24:22presque sortie d'un film, mais qui devient soudain la routine
- 24:25de centaines de familles. Dans la même journée, les
- 24:28autorités japonaises font aussi un choix historique, elles
- 24:31préparent l'évacuation des hôpitaux, des maisons de
- 24:34retraite, des écoles, tout en essayant de coordonner les
- 24:38secours. Dans une région encore secouée
- 24:40par les répliques du séisme. Certaines routes sont coupées,
- 24:44certains villages sont isolés. Et certains habitants refusent
- 24:48au début de partir, convaincus que le danger est exagéré ou que
- 24:52la situation va se stabiliser. Les vents finissent par
- 24:55transporter les particules dans des directions irrégulières.
- 24:58Alors l'évacuation ne se limite plus au cercle parfait autour de
- 25:02la centrale. Elle s'étend en fonction de la
- 25:04trajectoire des rejets, créant des zones parfois très proches.
- 25:09Mais considérées comme sûres. Et d'autres beaucoup plus
- 25:11éloignées, mais soudain classées à risque.
- 25:13C'est le début d'une carte qui, 10 ans plus tard, restera dans
- 25:17les mémoires, celle du Nord est du Japon, séparée en zones
- 25:21vertes, jaunes, oranges et rouges en fonction de la
- 25:24radioactivité mesurée au sol. Et derrière ces couleurs, il y a
- 25:28des vies, plus de 100000 personnes évacuées.
- 25:32Des familles séparées, des souvenirs abandonnés sur une
- 25:35table, des habitants qui montent dans un bus en pensant revenir
- 25:39le lendemain et qui apprennent plusieurs jours plus tard que
- 25:42leur village fait désormais partie d'une zone de non-retour.
- 25:49Je suis déprimé car nous ne pouvons pas retrouver notre vie
- 25:51d'avant, dit cette femme. Notre famille est contrainte de
- 25:55vivre séparée et on ne peut pas revenir en arrière.
- 26:04Entre les explosions, les rejets et la peur de l'inconnu,
- 26:08l'évacuation devient l'un des plus grands déplacements de
- 26:11population de l'histoire récente du Japon.
- 26:13Et pendant que les zones proches de la centrale se vident, un
- 26:16petit groupe reste sur place. Pas une équipe de super héros,
- 26:20pas un commandant secret, juste des ingénieurs, des techniciens,
- 26:23des opérateurs qui connaissent la centrale mieux que personne.
- 26:26Plus tard, on les appellera la Fukushima Fifty.
- 26:29Eux ne se sont jamais nommés comme ça.
- 26:32Ils n'avaient pas vraiment la tête à ça.
- 26:34Leur réalité, c'est celle d'un site partiellement détruit, sans
- 26:37alimentation normale, avec des réacteurs accidentés, des
- 26:40bâtiments soufflés et un enchaînement de problèmes à
- 26:43gérer en même temps. À l'intérieur, les conditions
- 26:45sont difficiles, peu d'éclairage, des instruments qui
- 26:48mentent ou ne répondent plus, des alarmes qui sonnent sans
- 26:52qu'on sache si elles sont fiables, des zones où les
- 26:54niveaux de radiation montent. Certains dorment à même le sol
- 26:57sur des couvertures. Ils mangent peu, boivent de
- 27:00l'eau, des stocks d'urgence. Vivent au rythme des ordres et
- 27:04des contreordres. Ils avancent dans des couloirs
- 27:06sombres, ouvrent des Vannes coincées, improvisent des
- 27:09systèmes de refroidissement avec ce qu'ils ont sous la main.
- 27:12Ils tentent de faire baisser la pression, de stabiliser la
- 27:15situation, parfois en inventant des manœuvres qui ne sont
- 27:18écrites dans aucun Manuel. La plupart d'entre eux savent
- 27:21qu'ils prennent des risques. Beaucoup ne savent pas vraiment
- 27:24ce qu'ils respirent, ni la dose exacte qu'ils reçoivent.
- 27:28Mais sans leurs actions, la situation aurait pu être bien
- 27:31pire. À l'extérieur, les camions de
- 27:44pompiers tentent toujours d'injecter de l'eau dans les
- 27:46réacteurs. Ils s'approchent du réacteur 3
- 27:48en roulant au pas, parfois en s'arrêtant toutes les 20 M pour
- 27:52dégager un obstacle. Les pompiers portent des
- 27:55combinaisons. Mais le niveau de radiation
- 27:58monte tellement vite qu'ils doivent intervenir par courtes
- 28:01séquences, parfois quelques minutes seulement, avant de
- 28:03repartir vers des zones moins exposées.
- 28:06Ils déroulent des tuyaux sur les pentes, dans la boue, sous la
- 28:09pluie, pour essayer d'injecter de l'eau directement dans le
- 28:12bâtiment. C'est lent, difficile et parfois
- 28:15même absurde. La pression à l'intérieur du
- 28:17réacteur est tellement haute que l'eau n'arrive même pas à
- 28:21pénétrer dans la cuve. Alors les ingénieurs cherchent
- 28:23d'autres solutions. On envisage d'utiliser des
- 28:26hélicoptères pour larguer de l'eau.
- 28:28L'idée paraît presque symbolique, comme essayer
- 28:31d'éteindre un four avec un arrosoir.
- 28:33Mais au point où en est la centrale, tout ce qui peut
- 28:35freiner la montée en température est bon à prendre.
- 28:38Les pilotes décollent, survolent un site dévasté et larguent
- 28:42depuis le ciel des tonnes d'eau sur le réacteur 3.
- 28:46Le vent disperse une partie du jet, la chaleur évapore le reste
- 28:50presque instantanément. Et malgré les images
- 28:52impressionnantes filmées depuis les airs, les faits réels sur le
- 28:56cœur du réacteur est minimal. Mais il y a pas de plan B, ni C,
- 29:01ni D alors on continue en parallèle de chercher des
- 29:06solutions par le sol. Des véhicules blindés de l'armée
- 29:09sont réquisitionnés, modifiés en urgence pour transporter des
- 29:12canons à eau. Ils avancent lentement vers le
- 29:15réacteur 3, protégé par leur coque d'acier qui leur permet.
- 29:18De s'approcher un peu plus près que les camions traditionnels.
- 29:22À l'intérieur de la centrale, les équipes improvisent aussi
- 29:25des circuits électriques. Elles utilisent des câbles tirés
- 29:28à la main sur des centaines de mètres, reliant ce qui restent
- 29:31des transformateurs externes à des tableaux électriques
- 29:34endommagés. Chaque fois qu'un câble touche
- 29:37de l'eau de mer, encore présent par endroits, la tentative est
- 29:40annulée. Chaque fois qu'une réplique
- 29:42secoue le bâtiment, on craint qu'une structure ne s'effondre.
- 29:46Pendant ce temps, des robots sont envoyés pour mesurer la
- 29:48radioactivité dans les endroits trop dangereux pour des êtres
- 29:51humains. Certains avancent quelques
- 29:53mètres, puis meurent immédiatement.
- 29:56Les radiations saturent leur électronique.
- 29:58D'autres arrivent à filmer quelques secondes de l'Intérieur
- 30:01des bâtiments, révélant des pièces éventrées, des conduits
- 30:04arrachés, des gauges détruites, de la lumière blanche, des
- 30:09nappes de vapeur. Chaque tentative permet de
- 30:12gagner quelques heures. Jamais plus.
- 30:14Mais ces heures là sont vitales parce qu'elles permettent de
- 30:18retarder un scénario encore pire, la rupture totale d'un
- 30:22confinement, l'effondrement d'une cuve ou un rejet massif
- 30:27continu. À ce moment-là, les ingénieurs
- 30:29ne se demandent plus comment sauver les réacteurs, mais
- 30:31plutôt comment empêcher que la situation n'empire encore plus.
- 30:36Et pendant que les équipes se battent pour garder la centrale
- 30:38en vie, le territoire autour, lui, commence déjà à changer.
- 30:42Les premières poussières radioactives retombent.
- 30:45Les instruments de mesure affichent des valeurs jamais
- 30:47enregistrées dans la région et dans des villages encore vides
- 30:50de leurs habitations. La contamination commence à
- 30:53s'infiltrer dans les sols, les plantes, la toiture.
- 30:56La catastrophe ne se joue plus seulement dans les bâtiments
- 30:59éventrés de Fukushima Daiichi. Elle s'étend désormais sur
- 31:03plusieurs kilomètres. À des centaines de kilomètres de
- 31:14là, la question qui revient partout est simple et brutale,
- 31:18est ce que l'air est dangereux ? Les explosions, la fumée, le mot
- 31:22nucléaire suffisent à réveiller tous les souvenirs de
- 31:25Tchernobyl. Le problème, c'est que les
- 31:27premières infos sont contradictoires.
- 31:30Les autorités veulent éviter la panique, les experts n'ont pas
- 31:33encore toutes les données, les habitants entendent un message,
- 31:36puis son contraire, oui, il y a eu des rejets radioactifs dans
- 31:40l'air autour de Fukushima, oui. Des particules sont dispersées
- 31:44dans l'atmosphère. Oui, certains territoires autour
- 31:47de la centrale ont reçu des doses plus élevées que la
- 31:49normale. Mais la réalité est plus nuancée
- 31:52que l'image d'un nuage mortel qui recouvrirait tout un pays.
- 31:56Les concentrations chutent avec la distance.
- 31:59Les zones les plus exposées correspondent surtout aux
- 32:01directions prises par le vent dans les premiers jours, à
- 32:04plusieurs dizaines de kilomètres, les niveaux restent
- 32:07relativement faibles. En rouge, c'est la zone la plus
- 32:11touchée. Ensuite ça décroît, orange,
- 32:15jaune. La contamination n'est pas
- 32:18uniforme et plus étendue que ce qu'on croyait au départ.
- 32:21Dans le reste du Japon, et encore plus à l'étranger, les
- 32:24quantités sont très basses. Souvent impossible à distinguer
- 32:28du bruit de fond naturel. Les grandes études menées
- 32:31ensuite ne montrent pas à ce jour d'augmentation massive et
- 32:35clair de cancers liés à l'accident dans la population
- 32:37générale autour de Fukushima, comme ça a pu être le cas dans
- 32:42certaines zones après Tchernobyl.
- 32:44Ça veut pas dire 0 impact mais ça casse l'image de catastrophe
- 32:48sanitaire immédiate pour tout le pays.
- 32:51En revanche, une chose a clairement explosé.
- 32:53La peur de l'invisible. Certains habitants passent leur
- 32:56temps à mesurer leur jardin, à contrôler leur nourriture, à
- 33:00laver compulsivement les légumes, à surveiller les
- 33:03pluies. D'autres refusent de revenir
- 33:06chez eux, même quand les niveaux de radiation sont redevenus
- 33:09faibles. La radioactivité, ce n'est pas
- 33:11seulement une question de physique, c'est une question de
- 33:13confiance. Et ça, Fukushima va le montrer
- 33:17très clairement, on entend radioactivité, rayonnement,
- 33:20particules. Mais concrètement c'est quoi ?
- 33:30Tout ce qui nous entoure est fait d'atomes, le sol, les
- 33:33plantes, les animaux. Nous, la plupart du temps, ces
- 33:36atomes sont stables, leurs noyaux ne bougent pas, ils
- 33:39vivent leur petite vie tranquillement.
- 33:41Mais certains noyaux sont instables, ils ne sont pas bien
- 33:45dans leur état actuel. Et cherchent naturellement à se
- 33:48transformer pour devenir plus stables.
- 33:50Quand ils se transforment, ils libèrent de l'énergie sous forme
- 33:53de particules ou d'ondes très puissantes.
- 33:56C'est ce qu'on appelle le rayonnement ionisant.
- 33:58On dit ionisant, parce qu'ils ont assez d'énergie pour
- 34:02bousculer les atomes qu'ils croisent, parfois en arrachant
- 34:06un électron. Et comme ils sont invisibles,
- 34:08inodore, inaudibles, on ne peut pas les sentir, on peut
- 34:12seulement les mesurer. Cette transformation, c'est la
- 34:15radioactivité. Elle existe partout, de façon
- 34:18naturelle, dans le sol, dans l'air, dans certaines roches,
- 34:21dans la nourriture, même dans notre propre corps.
- 34:24Une partie vient aussi de l'espace du rayonnement
- 34:27cosmique, auquel on est plus exposé en avion qu'au sol.
- 34:30Et puis il y a la radioactivité créée par l'activité humaine,
- 34:34les réacteurs, certaines industries, la médecine, la
- 34:37radiothérapie. Quand ces rayonnements
- 34:39traversent le corps, ils peuvent endommager des cellules.
- 34:42Souvent, le corps répare très bien tout ça.
- 34:45Mais si la dose est forte ou si l'exposition dure trop
- 34:48longtemps, les mécanismes de réparation peuvent fatiguer.
- 34:51Dans ces cas-là, certains dégâts peuvent mal se réparer et sur le
- 34:55long terme, augmenter le risque de cancer.
- 34:57Tout dépend de la quantité reçue, du temps d'exposition et
- 35:01de l'endroit où la radioactivité se dépose dans le corps.
- 35:03Le césium, par exemple, se diffuse un petit peu partout.
- 35:07Alors que l'iode va directement se fixer sur la thyroïde, les
- 35:10enfants, les femmes enceintes et les fœtus sont plus sensibles
- 35:13que les adultes. C'est pour ça que, par
- 35:15précaution, les autorités évacuent en priorité les zones
- 35:18proches d'un accident. Même si avec le recul, on sait
- 35:22que certaines évacuations ont aussi apporté leur propre lot de
- 35:25souffrance. Cette complexité est presque
- 35:27impossible à expliquer dans un bandeau d'info à la télé.
- 35:31Et c'est là que les malentendus commencent.
- 35:34La méfiance ne s'est jamais arrêtée au Japon. en Europe, les
- 35:38agences de sûreté ont surveillé l'air, la pluie, les sols.
- 35:42Et au bout de quelques semaines, des instruments ultra sensibles
- 35:45ont détecté dans certaines régions du Sud de l'Europe de
- 35:49toutes petites traces d'iode 131 venant de Fukushima.
- 35:51Alors on parle de valeur minuscule, hein, du genre 0,0001
- 35:54à 0,00001 becquerel par mètre cube d'air.
- 36:03Un expert belge a résumé ça avec une image très simple, c'est
- 36:06comme jeter un grain de sable dans un bac à sable et essayer
- 36:10ensuite de retrouver ce grain précis avec un matériel de
- 36:13mesure. En termes de santé, ça ne change
- 36:15rien, mais pour une partie du public, ce n'est pas suffisant
- 36:19pour être rassurant. Un homme, par exemple, appellera
- 36:22l'Agence fédérale de contrôle nucléaire en Belgique parce
- 36:25qu'il venait d'acheter une voiture japonaise et avait peur
- 36:27qu'elle soit radioactive techniquement.
- 36:30Il y avait aucun problème. le Japon avait mis en place des
- 36:32contrôles très stricts sur les produits exportés, mais il était
- 36:36tellement inquiet qu'un expert a fini par aller mesurer
- 36:38directement sa voiture, juste pour le rassurer.
- 36:41Un responsable de cette agence dira plus tard, dès que les
- 36:44théories du complot commencent à se diffuser, il est extrêmement
- 36:47difficile de les dissiper. Et c'est aussi ça, Fukushima.
- 36:51Une catastrophe où la physique est complexe, mais où la
- 36:54bataille de la confiance l'est encore plus.
- 37:01Quand on parle de Fukushima, on imagine souvent un accident
- 37:13impossible à prévoir, une sorte de coup du sort provoqué
- 37:17uniquement par un séisme gigantesque et un tsunami hors
- 37:20norme. Mais les enquêtes japonaises
- 37:22vont montrer une réalité plus dérangeante.
- 37:25Fukushima n'est pas seulement un désastre naturel, c'est aussi un
- 37:28échec humain. Pendant des années, Tepco a reçu
- 37:32des études internes qui alertaient sur un risque bien
- 37:35précis. Un tsunami de plus de 10 M était
- 37:38possible dans cette région. Ces rapports expliquaient que si
- 37:41une vague de cette taille arrivait, le site pouvait être
- 37:44submergé, les générateurs noyés et les refroidissement des
- 37:47réacteurs compromis. En clair, le scénario de 2011
- 37:50n'était pas une surprise totale. On l'avait imaginé, on l'avait
- 37:54décrit, il existait noir sur blanc, mais renforcer les
- 37:57protections coûtait cher, la probabilité semblait faible
- 38:01étant que tout fonctionnait, personne ne voulait être celui
- 38:04qui dirait-on a un vrai problème, il faut tout revoir.
- 38:08Alors rien n'a été changé au moment de l'accident.
- 38:11Les difficultés ne sont pas seulement techniques, elles sont
- 38:14aussi organisationnelles. Le gouvernement veut contrôler
- 38:18l'information pour éviter la panique, Tepco veut protéger son
- 38:21image. Les experts ne sont pas toujours
- 38:24d'accord entre eux et sur le terrain, les équipes ne
- 38:26reçoivent pas toujours des directives claires.
- 38:28Résultat, certaines actions cruciales sont retardées,
- 38:32d'autres sont improvisées. Des données arrivent trop tard
- 38:35ou ne remontent pas du tout. Personne ne veut prendre une
- 38:38décision lourde seul, personne ne veut être celui qui se
- 38:41trompe. Et dans une culture où
- 38:44contredire la hiérarchie est compliqué, beaucoup de signaux
- 38:47d'alerte restent bloqués au bas de la chaîne.
- 38:50Quand la commission d'enquête japonaise publie son rapport,
- 38:53une phrase secoue tout le pays, une catastrophe créée par
- 38:57l'homme, non pas parce que le tsunami n'a pas été monstrueux
- 39:00ou parce que les travailleurs n'auraient pas fait leur
- 39:02travail, mais parce que tout ce qui aurait pu limiter les dégâts
- 39:06ou rendre la centrale plus résistante était déjà connu
- 39:09depuis longtemps. Cet.
- 39:12Accident n'est pas entièrement lié à des causes naturelles.
- 39:15Les personnes sur le site ont leur part de responsabilité.
- 39:18Il est la conséquence de l'action des hommes.
- 39:20On savait, on avait les données, on avait les avertissements et
- 39:25malgré ça, aucune décision décisive n'avait été prise.
- 39:28Le vrai scandale, c'est ça. Fukushima n'était pas un
- 39:32scénario de science-fiction, mais un risque inconfortable
- 39:35qu'on préférait regarder de loin jusqu'au jour où il est devenu
- 39:39réel. Mais au plus haut niveau de
- 39:41l'État, la tension est palpable. Le Premier ministre de l'époque,
- 39:45Naoto Kan, s'implique directement au point de se
- 39:49rendre lui même sur le site pour comprendre ce qu'il se passe.
- 39:53Il reproche à Tepco son manque de transparence, mais ses
- 39:56propres décisions ne sont pas toujours claires et ça n'arrange
- 39:59rien. Une fois les explosions passées
- 40:10et la situation stabilisée au minimum, un autre problème
- 40:14commence, que faire d'une centrale nucléaire gravement
- 40:17accidentée ? Contrairement à une usine
- 40:20classique, on ne ferme pas une centrale comme Fukushima avec un
- 40:23simple cadenas dans 3 réacteurs. Le combustible à chauffer à un
- 40:27point tel qu'il a fondu, il a traversé une partie des
- 40:30structures internes. S'est accumulé plus bas en une
- 40:34masse solide très radioactive. C'est un matériau qui n'existe
- 40:37que dans les pires accidents. Les robots qui ont réussi à
- 40:40ramener des images floues montrent les structures tordues
- 40:43du métal fondu, des morceaux tombés sur le sol.
- 40:46Pour réduire la contamination, les ingénieurs ont tenté quelque
- 40:50chose d'assez fou, congelé, la terre autour de la centrale, ils
- 40:54ont créé une sorte de mur de glace souterrain censé bloquer
- 40:58l'eau souterraine et limiter la dispersion de l'eau contaminée.
- 41:01En parallèle, l'eau utilisée pour refroidir les réacteurs est
- 41:05stockée dans des milliers de cuves autour du site.
- 41:08Elle est pompée, filtrée, traitée, surveillée en
- 41:11permanence. Tout ça, c'est la surface.
- 41:14Le vrai défi, celui qui va prendre des décennies, c'est le
- 41:17retrait du corium. On ne sait pas encore à 100%
- 41:20comment faire. Il faudra inventer des nouvelles
- 41:23technologies, créer des robots capables de résister, fabriquer
- 41:26des outils pilotables à distance.
- 41:28Des organismes internationaux comme l'a IEA suivent le
- 41:31processus de très près. Ils envoient des experts,
- 41:35vérifient les plans, évaluent les choix techniques,
- 41:37conseillent le Japon sur la surveillance de l'environnement,
- 41:40sur la gestion de l'eau traitée. Sur la transparence des données,
- 41:44Fukushima est devenu un chantier immense, à la fois technique et
- 41:48scientifique, une sorte de laboratoire à ciel ouvert où
- 41:51chaque avancée est lente et où la date de fin ne peut être
- 41:54donnée qu'en décennie. En réalité, la zone évacuée,
- 42:04c'est environ 370 km². Soit moins de 3% de la
- 42:09préfecture de Fukushima. Sur une carte, c'est petit, mais
- 42:12dans la vraie vie, c'est énorme. Pour y entrer, il faut passer
- 42:16des points de contrôle, les panneaux n'affichent pas les
- 42:19temps de trajets mais les niveaux de radioactivité.
- 42:21Une fois les barrières franchies, la sensation est
- 42:23assez étrange, le temps s'est arrêté, des voitures sont encore
- 42:28garées dans les allées couvertes de poussière, les plantes ont
- 42:32envahi les jardins, les façades, les trottoirs.
- 42:36Les magasins sont fermés depuis des années, mais leur vitrine
- 42:39affiche encore des produits comme si rien ne s'était passé.
- 42:42Le plus troublant, c'est les écoles.
- 42:45Dans certaines, les bricolages des enfants sont encore posés
- 42:48sur les appuis des fenêtres, les manuels sont ouverts sur les
- 42:51tables, des chaussures de sport sont bien rangées dans les
- 42:53couloirs, des vélos attendent encore dans les portes vélo.
- 42:56On a vraiment l'impression que le monde est parti en vitesse en
- 43:01pensant revenir le lendemain, mais personne n'est revenu.
- 43:04Dans ces zones là, le niveau de radioactivité n'est pas
- 43:06forcément monstrueux. On peut y marcher en combinaison
- 43:10intégrale à condition de rester sur la route et de ne pas
- 43:12s'attarder dans certaines zones. Le problème, c'est
- 43:15l'accumulation sur le long terme et la difficulté à décontaminer
- 43:19chaque centimètre de sol, chaque fossé, chaque forêt.
- 43:23Et pourtant, c'est pas une région entièrement figée.
- 43:26La décontamination est devenue une activité à part entière.
- 43:29Chaque jour, environ 2500 camions transportent de la terre
- 43:32légèrement contaminée. Vers des zones de stockage
- 43:36temporaires plus de 4500 travailleurs participent à ce
- 43:40gigantesque chantier. Un nouveau business, comme
- 43:43certains le disent là-bas, qui consiste à gratter, enlever,
- 43:47emballer et stocker des couches entières de sol.
- 43:49À côté de ces zones figées, d'autres villages ont rouvert.
- 43:53On y voit des commerces reprendre doucement vie, des
- 43:57enfants revenir, des festivals se réorganiser.
- 44:00Des dosimètres affichent en temps réel le niveau de
- 44:03radioactivité le long des routes, comme on afficherait la
- 44:07température. Pour certains habitants, c'est
- 44:09rassurant, pour d'autres, c'est un rappel permanent que
- 44:12l'invisible est toujours là. Fukushima aujourd'hui, ce n'est
- 44:16ni une zone morte, ni un retour complet à la normale.
- 44:20C'est un territoire qui se reconstruit morceau par morceau,
- 44:24avec des endroits qui renaissent et d'autres qui resteront peut
- 44:27être vides pour toujours. L'accident de Fukushima sera
- 44:41classé niveau 7 sur l'échelle internationale des événements
- 44:44nucléaires, qui s'appelle l'Inès, le niveau le plus élevé.
- 44:47Le même que Tchernobyl, essentiellement à cause de
- 44:50l'importance des rejets radioactifs.
- 44:52Mais son impact ne se limite pas au Japon.
- 44:54Dans de nombreux pays, les images de la centrale Éventrée
- 44:58ont tout de suite eu des conséquences.
- 45:00Certains États ont décidé de sortir du nucléaire, d'autres
- 45:04ont mis leurs centrales à l'arrêt temporairement pour les
- 45:07inspecter une par une. Partout, le mot d'ordre est
- 45:10devenu stress test en Europe, ces tests de résistance ont
- 45:15passé les centrales au crible, séismes, inondations extrêmes,
- 45:19perte totale d'alimentation électrique, feu de forêt,
- 45:22explosion de gaz à proximité. Cyberattaque ?
- 45:25On a imaginé des scénarios de plus en plus improbables pour
- 45:28vérifier comment les installations réagiraient.
- 45:31Dans des pays comme la Belgique par exemple, on a construit des
- 45:34murs de protection contre les inondations autour de certaines
- 45:38centrales situées en vallée, renforcer les procédures
- 45:41d'urgence, multiplier les exercices de crise et mis en
- 45:44place des réseaux de centaines de capteurs qui mesurent en
- 45:47continu la radioactivité sur tout le territoire.
- 45:51Au niveau mondial, l'a IEAA lancé un plan d'action sur la
- 45:54sûreté nucléaire. Des équipes d'experts vont sur
- 45:57place dans le pays qui le demande pour auditer les
- 46:00installations, comparer les pratiques, pointer les
- 46:02faiblesses, proposer les améliorations.
- 46:04Le message est clair, le risque 0 n'existe pas, mais on peut
- 46:10réduire les risques, apprendre de chaque incident et renforcer
- 46:13les défenses couche par couche. Dans les débats sur l'énergie
- 46:16d'aujourd'hui, Fukushima est toujours là, en arrière-plan.
- 46:21D'un côté, il rappelle qu'une centrale peut être dépassée par
- 46:25un enchaînement d'événements extrêmes.
- 46:27De l'autre, il pose une question qui dérange, si on renonce à
- 46:31certaines sources d'énergie, avec quoi on les remplace et à
- 46:35quel autre risque on s'expose ? Dans la région de Fukushima, la
- 46:39vie reprend petit à petit. Les chantiers continuent, les
- 46:42écoles rouvrent, certaines zones restent bouclées au niveau
- 46:46mondial, les ingénieurs, les autorités, les citoyens.
- 46:49Continue d'apprendre de ce qui s'est passé le 11 mars 2011.
- 46:53Fukushima n'est plus un événement en direct, c'est
- 46:56devenu un repère. Un rappel que dans les systèmes
- 47:00les plus complexes, le vrai danger n'est pas ce qu'on ignore
- 47:03complètement, mais ce qu'on croit maîtriser à 100%.
- 47:17Merci d'avoir regardé cette vidéo et comme c'est la dernière
- 47:20de l'année, je voulais aussi vous remercier pour votre
- 47:22soutien de dingue sur toute cette année 2025.
- 47:26Je lis chacun de vos commentaires même si je peux pas
- 47:28répondre à tout le monde évidemment, mais je vois
- 47:30vraiment tout et avec toute l'équipe on est hyper
- 47:33reconnaissant de vos retours et on va essayer de faire encore
- 47:36mieux en 2026. Je suis aussi très heureux de
- 47:39faire ce que je fais même si ces catastrophes sont tragiques.
- 47:42Bah j'y mets beaucoup de cœur et c'est un vrai plaisir de pouvoir
- 47:45les raconter avec sérieux. Et respect.
- 47:47Et ça va de même aussi pour les vidéos d'enquêtes criminelles.
- 47:50Je vous souhaite à toutes et à tous de très belles fêtes de fin
- 47:53d'année et merci à inconi d'avoir rendu cette vidéo
- 47:56possible avec mon lien. Vous avez 60% de réduction sur
- 47:59l'abonnement annuel, c'est satisfait ou remboursé pendant
- 48:0230 jours ? Merci à vous, c'est eneoxy.