Latest / Les invités de Radio des Ballons / La fête du patrimoine industriel au parc de Wesserling
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- François Tacquart, nous nous retrouvons une fois de plus parce qu'aujourd'hui, Avec Serlin, c'est presque la fête parce qu'on va démarrer la grande saison. Aujourd'hui, c'est quand même le premier grand jour des touristes. Voilà, effectivement, le dimanche du départ en grande vacances. C'est aujourd'hui et c'est vrai que tout le monde, les campings sont pleins, les gîtes sont pleins, les hôtels sont pleins. Et puis, les visiteurs, on les attend, donc avec Serlin, dans ce superbe beau parc où on a le château des manufacturiers, les beaux jardins fraîcheurs. Ça, il faut le dire parce qu'on a tout un système fraîcheur, mais également maintenant, le secteur industriel, avec la journée du patrimoine industriel et une mise en valeur particulière de la grande chaufferie, du laboratoire et de la salle de turbines. Donc, une visite exceptionnelle aujourd'hui et qui va continuer dans les jours qui viennent pour nos visiteurs, pour découvrir une partie de ce superbe patrimoine industriel qu'on a souvent laissé tomber ailleurs. Et ici, dans la grande chaufferie, c'est plutôt 1950 à 2000. Donc, les 50, 70 dernières années, on met en valeur avec une exposition très décalée de sport super, mais qui va très bien dans la grande chaufferie par une créatrice de l'Alsace-Bossu, mais qui travaille à Berlin, une créatrice de mode. Un nouveau circuit dans la grande chaufferie, très, très innovant et assez olé olé. Un son et lumière très rigolo pour les enfants et pour les familles, mais aussi pour les sportifs. Et enfin, un passage au labo et à la salle des turbines où on a préfiguré ce qui sera vraiment ouvert l'année prochaine. C'est ouvert que pour les groupes pour l'instant, pour qu'on ait une visite complète de ce formidable outil industriel qui n'est pas seulement technique et triste, qui, chez nous, est ludique pour les familles, drôle et surprenant. J'ai entendu dire que le bâtiment où nous sommes là a même failli disparaître. Voilà. Alors, c'est un paradoxe. Quand la communauté commune a repris l'usine en 2003, elle était gigantesque. 80 000 mètres carrés de bâtiments et au milieu de l'usine qui longeait la tour sur presque un kilomètre, il y avait ces fameuses grandes chaufferies et ce laboratoire à la salle des turbines. Et à l'époque, les bâtiments étaient en très, très mauvaise étoile. Une partie des toitures était écroulée et la commune de l'époque disait mais il faut démolir ça. C'est une vraie verrue pour l'entrée du vieux village. Et comme je ne voulais pas faire d'histoire, mais on avait tellement de choses à faire par ailleurs, j'ai accepté qu'on démolisse la grande chaufferie. On a fait un permis de démolir visé par la DRAC. On a trouvé des subventions de démolition et on a envisagé de démarrer cette démolition. Sauf que comme ce n'était pas urgent, parce qu'il y avait tellement de choses à faire dans le site pour louer des ateliers, on a un peu traîné. Un jour, un ami est venu me voir en disant François, mais pourquoi tu fais ça ? Tu aimes le patrimoine ? Sous ces débris écroulés, la toiture, il y a des bijoux. Et alors, il m'a emmené. On a fouillé, on a poussé l'étau, on en a regardé. Et c'est vrai, je me suis dit, mais quand même, ce n'est pas une très bonne idée de démolir et la semaine suivante au déjeuner, qu'on ferait, qu'on faisait une fois par semaine avec l'architecte qui suivait le projet de rénovation du site. J'ai dit M. Thomassin, il s'appelait Thomassin. Admettons qu'au lieu de démolir la chaufferie, comme c'est prévu pour 400.000 euros, on lui met une toiture. On lui met une couche de peinture pour pas qu'elle fasse totalement délabré. Et on sauvegarde aussi la montée du charbon et on met une verrière au dessus. Une verrière nouvelle, une toiture nouvelle et une peinture nouvelle. Il revient la semaine suivante. C'est incroyable. C'est 100.000 euros de moins. Ça coûte toujours moins cher de sauver que de démolir. Sans compter qu'à l'époque, on avait sous-estimé l'amiante qui avait dans les chaudières. Donc, si on avait dû démolir les chaudières, il fallait payer l'enlèvement de l'amiante. Alors que là, on a confiné les chaudières, si vous voulez. C'est dans les règles de l'art. Et donc, on a économisé peut être un million d'euros plutôt que 100.000 euros, si vous voulez. Et donc, on a décidé de sauver. Mais ça n'a pas été facile parce que les financiers avaient fini l'ancienne démolition et nous, on voulait sauver avec cet argent. La DRAC avait donné un permis de démolir et tout d'un coup, il fallait sauver. C'était bizarre. Et puis, des habitants aussi qui disaient mais non, il faut démolir, c'est pas très beau, etc. Il a fallu convaincre tous ses partenaires. Ça a pris un peu de temps, quelques mois pour dire mais non, quand même, c'est du patrimoine, etc. Et finalement, tout le monde a accepté. Et maintenant, c'est un des bijoux du parc de Vaisserlin. On a le bijou du 18e, 19e, le château des manufacturiers. On a le bijou paysager avec les jardins, mais aussi la ferme et son grand parc rural. Et maintenant, on a le bijou de l'usine qui est la grande chaufferie, le laboratoire et le salle des turbines, sachant que ce n'est pas fini. Je vous donne une information cachée. Il y a un bâtiment de 600 mètres carrés avec des chaises où un jour, on va refaire aussi une salle 20e siècle de tissage et d'impression. D'ailleurs, les bijoux qu'on découvre ici, c'est assez exceptionnel. On n'imagine pas tout ça dans une chaufferie. Quand on dit chaufferie, peut-être qu'il y a un fourneau, ça va chauffer. Bah non, c'est gigantesque. Ça produisait 3000 kilowatts. C'est de quoi alimenter 5000 foyers. C'était une chaufferie énorme, mais elle avait tellement de puissance qu'il y avait trop d'énergie. Et donc, une partie était vendue de la vallée voisine, la vallée de Massevaux. Il y avait des poteaux électriques qui montaient dans la montagne, au Bel-Akker, pour ceux qui connaissent, et qui rédacidaient pour alimenter le haut de la vallée de la Doulaire. C'était 25 camions semi-remorques de charbon par jour qui arrivaient à Vaisserlin pour alimenter cette gigantesque chaufferie. Il y a trois grands fours, un tapis transporteur, donc c'est gigantesque. Et nous, on emmène les gens au-dessus. On les envoie en l'air, on va dire ça comme ça, pour qu'ils puissent visiter. Et cette visite est en son et lumière pour que les gens aient une impression. Mais il y a aussi des petits bonhommes qui rappellent tous les métiers qui étaient dans la chaufferie à l'époque de son fonctionnement. On a aussi un film, on a une vidéo, on a un hologramme. Et puis on aura un animateur permanent dans la chaufferie à terme. Parce que l'industrie s'est arrêtée complètement. Quelle année ? Oui, donc ici, en 2002. Mais alors, le problème, c'est que ce qui se passe ici à Vaisserlin, ça s'est passé partout. Des cités-usines complètes avec châteaux, jardins, fermes, belles usines, cités ouvrières. Il y en avait cinq dans la vallée de la Moselle. Il y en avait quatre dans la vallée de Saint-Amarin. Il y en avait plus de 100 dans le Massif aux Giens. Et on les a mis toutes par terre. Toutes ces chaufferies, tous ces ensembles très cohérents, tous ces belles villas. Regardez ce qui s'est passé avec Soctur. Le château qui est tombé par terre, qui était protégé. Donc, on avait des complexes, des vraies cités idéales, en quelque sorte, qui existaient dans tout le Massif aux Giens, dans toutes les vallées. Et malheureusement, pratiquement aucune n'a été sauvée dans sa globalité. On a sauvé une cité ouvrière, on a sauvé un château de patronal, on a sauvé un morceau de jardin, on a sauvé une cheminée. Mais ce qui était intéressant, c'est le global et c'est ce qu'on raconte à Vaisserlin. Donc, on peut raconter non pas l'histoire de Vaisserlin, mais l'histoire de tous les ouvriers et tous les patrons du Massif aux Giens. On les raconte à travers cet ensemble industriel. Et donc, tout cet été, une expo ? Oui, alors, c'est ça. Donc, l'exposition... Vous parlez de l'exposition de... Oui. Donc, on a une créatrice qui nous fait une exposition assez originale, parce qu'on l'a mise dans la Grande Chaufferie, dans une ambiance un peu... un peu uginiée, si vous voulez. Et c'est des habits de sportifs, mais un peu détournés, si vous voulez. Elle raconte les grands noms du sport et les grands noms des Jeux olympiques aussi, parce qu'elle s'est inspirée de ça, pour nous faire une exposition assez originale, plaisante, mais un peu détournée, sur le sportswear. Vaisserlin, c'est combien de visiteurs par an ? Aujourd'hui, on est à 80 000. Mais à partir de l'année prochaine, on veut monter. Et on veut passer à 130 000 dans les 4 ans, avec le nouveau circuit qui sera ouvert totalement l'année prochaine. Donc, venez cette année, Jardin Fraîcheur, Château des Manufacturiers et Grande Chaufferie. Mais venez aussi l'année prochaine, parce que là, ça sera la totale. Eh bien, oui, donc rendez-vous, les rendez-vous. Et si nous en avons encore, nous reviendrons. François, à bientôt. Bientôt la fête du Sentier Pieds Nus. On a bientôt les nocturnes. On a le rendez-vous des comptes. On a la fête d'automne. Une nouvelle fête qu'on va faire à Vaisserlin. Et puis, bien sûr, à Noël, à la fin de l'année et l'année prochaine. La grande ouverture de la... Venez vivre l'aventure industrielle avec nous, à Vaisserlin. Parce qu'il faut toujours innover, sinon... Il faut innover, sinon on baisse. Mais en même temps, il faut donner du cœur à notre site pour que nos visiteurs s'imprègnent et du plaisir en famille, mais aussi pour des gens qui veulent comprendre le monde et comprendre l'histoire. Gaëlle, tu as réalisé l'expo de l'été ici, à Vaisserlin. Oui, je suis contente parce que j'ai présenté une collection qui s'appelle Abseit, et qui parle de football. Tout le monde est un peu intéressé par le football amateur. Et puis, on grandit tous avec... Moi, j'ai grandi avec le football, même si je n'en ai pas fait. Mais c'est vraiment quelque chose qui était intéressant pour moi à travailler, de parler un peu de mes origines. Et c'est pour ça que le football était quelque chose artistiquement et sur la mode, intéressant à travailler. Justement, c'est quoi tes origines ? Donc, je viens d'Alsace. Je suis originaire d'Alsace-Bossu. Et j'ai un papa qui est Lorrain. Donc ça a toujours été un peu les grandes discussions du foot à la maison aussi, et en famille. Ça représente quoi, le foot, ici ? On y trouve quoi comme tableau ? Moi, je trouve que c'est intéressant parce que ça parle de société. Donc, c'est que j'arrive à voir énormément comment est-ce que la société évolue. Et pour moi, la mode, ça doit aussi raconter énormément de choses autour de la société. Les tas de personnes en parlent d'une manière différente. Mais moi, ce qui me plaît, je trouve que le football, c'est une entrée qui est vraiment intéressante parce que c'est universel. Et c'est vraiment quelque chose qui parle de la France. Et c'est vrai qu'en plus, le football, il y a aussi besoin de textiles. Donc, il y a un rapport. Effectivement. Alors bon, il y a des maillots de foot. Il y a une grande tendance. Alors, au-delà du fait de vouloir raconter une histoire, il y a une tendance autour du foot en ce moment qui est énorme. Mais moi, ça m'intéressait de pouvoir le détourner parce que les maillots de foot et toutes les tenues de sport sont faites principalement en polyester. Et ce que je voulais aussi raconter, c'est qu'on a des matériaux en France comme le lin ou de travailler d'une manière différente comme la récupération et l'upcycling. Eh bien, c'est ce genre de choses que j'ai voulu montrer aussi à travers la collection. C'est pas parce que c'est sportif que ça peut pas être écoresponsable aussi. — Et c'est tout l'été ici à Vaisserlin ? — C'est ça, apparemment. Donc, ça va rester tout l'été. Donc, j'espère qu'il y aura beaucoup de gens qui pourront la regarder et qui pourront apprécier le travail. — Parce que tu seras là pour rencontrer le public de temps en temps ? — Non, je repars... Je suis venue juste pour la... Malheureusement pour l'ouverture, mais je vis à Berlin. Donc, je repars à Berlin. Voilà, je vis loin. — Tu fais souvent des expos comme ça ? — Non, c'est la première fois. C'est la première fois, mais j'ai fait... Toute la collection a commencé, j'ai fait un concours de mode à Ayer, donc au sud de la France. Et donc, j'ai fait ce concours-là de mode où j'ai gagné un prix du public. Donc, c'est pas la première fois qu'on voit mon travail. — Ah bah bravo ! — Merci. C'est pas la première fois qu'on voit mon travail, mais en tout cas, c'est la première fois qu'il est exposé comme ça aussi longtemps. — Eh bien, bienvenue à Vaisserlin tout l'été pour cette expo qui se terminera à la fin d'été, ou... ? — Je crois que ça va jusqu'à octobre. — Ah là, c'est bien. — Ouais. Ben merci beaucoup.