Latest / 7H40 Martin Buxant / Willem van de Voorde, ambassadeur et représentant permanent de la Belgique auprès de l’OTAN
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- 0:00Speaker 2: Mais dans l'immédiat, quelques secondes de 7h40, l'ambassadeur et représentant
- 0:04Speaker 2: permanent de la Belgique auprès de l'OTAN est notre invité,
- 0:06Speaker 2: Willem van de Voort, bonjour. Bonjour monsieur. Vous êtes face
- 0:09Speaker 2: à Buxan.
- 0:09Speaker 4: L'invité bel RTL, face à Buxan. Oui, discours de Varsovie
- 0:15Speaker 4: ce 12 octobre, le général américain Alexis Grinkevitch, commandant suprême
- 0:21Speaker 4: des forces alliées en Europe, va prononcer un discours sur
- 0:23Speaker 4: la stratégie de l'OTAN face à la Russie. Monsieur l'ambassadeur,
- 0:26Speaker 4: pourquoi est-ce que c'est important pour notre sécurité ce discours
- 0:31Speaker 3: Ce discours est important, je pense, parce que le général Grinkewiczek,
- 0:36Speaker 3: qui est, comme vous dites, le commandement suprême des forces
- 0:39Speaker 3: alliées de l'OTAN, cherche une occasion publique pour expliquer plus
- 0:46Speaker 3: en détail la stratégie de l'OTAN. Donc je ne m'attends
- 0:48Speaker 3: pas vraiment à quelque chose de nouveau. Il y a
- 0:51Speaker 3: donc pas mal de sujets, de concepts sur lesquels on
- 0:53Speaker 3: travaille déjà depuis des années. Mais le moment est probablement
- 0:56Speaker 3: venu de devenir un peu plus public sur les menaces
- 1:00Speaker 3: et la façon d'y apporter
- 1:02Speaker 4: Les menaces, et puis à cette question du potentiel retrait
- 1:05Speaker 4: de soldats américains d'Europe, ça c'est une hypothèse ou c'est
- 1:09Speaker 4: quelque chose qui est déjà décidé? Qu'est-ce que vous en pensez, M. Lanzadeur?
- 1:13Speaker 4: A mon avis, je ne connais pas encore le discours
- 1:16Speaker 3: du général Kikévich, mais à mon avis c'est un peu
- 1:18Speaker 3: dissocié directement de son discours. Son discours sera sur la
- 1:22Speaker 3: stratégie de dissuasion et de défense, et qu'est-ce qu'on fait
- 1:26Speaker 3: en cas d'attaque, c'est un peu sa matière. Le retrait
- 1:31Speaker 3: des troupes américaines, oui en fait elle est... Elle est
- 1:35Speaker 3: en cours partiellement, partiellement. Donc, ça a été annoncé très
- 1:39Speaker 3: clairement par le gouvernement américain. Ça concerne
- 1:42Speaker 4: quels moyens? Pour que les gens qui nous écoutent ce
- 1:43Speaker 4: matin aient une idée, ça concerne quoi ce retrait des
- 1:46Speaker 4: Américains d'Europe
- 1:47Speaker 3: alors? Donc, ça sera visible de deux façons. Donc, ce
- 1:53Speaker 3: sera un retrait limité. Nous espérons, nous pensons... de soldats
- 1:58Speaker 3: qui sont stationnés dans différents pays de l'OTAN ici
- 2:01Speaker 2: en
- 2:01Speaker 3: Europe, mais aussi un retrait de certains éléments du matériel américain.
- 2:06Speaker 3: Donc de chars, d'avions, de toutes sortes d'équipements militaires. Moins
- 2:11Speaker 4: de soldats, moins de matériel. Si les Américains réduisent leur
- 2:14Speaker 4: présence en Europe, est-ce que l'Europe est capable de se
- 2:17Speaker 4: défendre seule? William
- 2:19Speaker 3: Van de Voort. Exactement, c'est à cela qu'on se prépare maintenant.
- 2:22Speaker 3: C'est le grand shift. On appelle ça dans l'OTAN le
- 2:25Speaker 3: burden shift. Le changement de pression. Le changement de la défense.
- 2:31Speaker 3: Il y a un accord entre les alliés, entre les
- 2:34Speaker 3: Européens et les Américains, que les Européens vont prendre en
- 2:37Speaker 3: charge leur propre sécurité. La défense conventionnelle, c'est-à-dire avec les
- 2:43Speaker 3: armes qu'on connaît toujours. Alors que les Américains gardent la
- 2:47Speaker 3: défense de l'Europe. avec des moyens nucléaires.
- 2:50Speaker 4: La défense conventionnelle, qu'est-ce qu'on ne sait pas encore faire
- 2:53Speaker 4: en Europe sans eux, sans les Américains? Il y
- 2:56Speaker 3: a tout d'abord une question de nombre. Donc, il faut
- 3:00Speaker 3: augmenter les effectifs de soldats, de d'équipements aussi. Plus de
- 3:05Speaker 3: soldats dans nos armées nationales. Plus de soldats dans nos armées.
- 3:08Speaker 3: Nous sommes aussi en train de faire. Nous avons maintenant
- 3:10Speaker 3: plus ou moins 25 000 soldats. On va passer dans
- 3:13Speaker 3: quelques années à plus de 30 000, 34 000, 35 000.
- 3:17Speaker 3: Et c'est le cas pour toutes les armées européennes de l'OTAN.
- 3:21Speaker 3: Il faudra aussi investir davantage, pas justement dans du matériel traditionnel,
- 3:26Speaker 3: disons des chars, des blindés, des missiles, des moyens anti-drone,
- 3:32Speaker 3: donc ce sont des moyens nouveaux. Le manque le plus urgent, justement,
- 3:35Speaker 3: c'est quoi, monsieur l'ambassadeur? Je pense que le manque le
- 3:38Speaker 3: plus urgent, c'est la défense antiaérienne. Et c'est exactement aussi
- 3:42Speaker 3: ce qui manque cruellement en Ukraine, par exemple. Parce que
- 3:46Speaker 3: nous voyons clairement un changement dans la façon d'opérer des
- 3:49Speaker 3: batailles et des attaques. C'est vraiment par les drones, cruise missiles,
- 3:54Speaker 3: missiles balistiques
- 3:56Speaker 4: Donc on n'est pas prêt face à un drone hostile
- 3:58Speaker 4: qui s'approcherait dans nos aéroports, comme on l'a vu l'année
- 4:02Speaker 4: dernière
- 4:02Speaker 3: notamment? La technologie et aussi notre défense évoluent très très vite.
- 4:07Speaker 3: Donc aujourd'hui, on est mieux préparé qu'il y a un
- 4:10Speaker 3: an ou il y a deux ans, c'est sûr. Mais
- 4:12Speaker 3: je ne vais pas dire que tout est parfait déjà maintenant, non.
- 4:15Speaker 3: Donc il faut continuer à investir, à s'approvisionner en matériel
- 4:19Speaker 3: de pointe. Mais la technologie change. Ça, c'est ce
- 4:22Speaker 4: qu'on appelle la fameuse menace hybride aussi. Donc, les drones,
- 4:25Speaker 3: la désinformation... Entre autres, oui. Une menace peut-être hybride. Ça
- 4:28Speaker 3: veut dire qu'on ne comprend pas très bien d'où elle vient,
- 4:31Speaker 3: pourquoi elle vient, les drones, qu'on ne sait pas toujours
- 4:34Speaker 3: très bien identifier
- 4:35Speaker 4: Mais ça, l'analyse a été faite au niveau de l'OTAN, j'imagine.
- 4:38Speaker 4: C'est la Russie qui est là derrière, qui nous
- 4:39Speaker 3: menace. Ça dépend, ça dépend. C'est un grand défi. Une
- 4:43Speaker 3: attaque hybride est par définition difficile à saisir. Comme je disais,
- 4:47Speaker 3: on ne sait pas toujours qui est vraiment derrière cela. Alors,
- 4:49Speaker 3: ce qui est très important politiquement, c'est d'attribuer ce genre d'attaque.
- 4:53Speaker 3: Ça veut dire, tel pays a été l'acteur de cette
- 4:57Speaker 3: attaque hybride. Mais ce n'est pas facile. Et un exemple,
- 5:00Speaker 3: je pense, très parlant, était la décision du gouvernement, l'attribution
- 5:03Speaker 3: par le gouvernement allemand de l'attaque à Leipzig, il y
- 5:07Speaker 3: a quelques semaines. Parce que là, c'était très clair qu'il
- 5:10Speaker 3: y avait des
- 5:10Speaker 4: perpétreurs russes derrière. Qu'est-ce qu'on pense à l'OTAN? Est-ce que
- 5:14Speaker 4: la Russie veut nous envahir, nous autres Européens? Est-ce que
- 5:17Speaker 4: les chars russes vont avancer, vont venir jusqu'à la grande
- 5:20Speaker 4: place de Bruxelles, comme on dit, ou jusqu'en Espagne
- 5:23Speaker 3: Ce risque, à notre avis, est très réduit. Mais il
- 5:27Speaker 3: y a réellement une menace. Il y a vraiment une menace.
- 5:31Speaker 3: Donc c'est très clair pour nous, dans nos analyses et
- 5:34Speaker 3: dans les faits que nous voyons, que la Russie actuelle,
- 5:38Speaker 3: sous le régime du président Poutine, essaie de reconstituer certains éléments, disons,
- 5:43Speaker 3: de l'ancien empire soviétique. On le voit très très bien, évidemment, visiblement,
- 5:47Speaker 3: avec l'agression en Ukraine. Elle grignote à la périphérie de
- 5:54Speaker 3: l'ancien empire soviétique. Mais ce sont maintenant des pays indépendants.
- 5:59Speaker 3: Premier problème. Et deuxième problème, le Kremlin a aussi une
- 6:05Speaker 3: vision de diviser l'Alliance, parce que l'unité de l'Alliance est
- 6:09Speaker 3: en fait... Il veut faire éclater l'Europe et l'OTAN. Il
- 6:11Speaker 3: veut faire éclater, donc pas les pays individuels. Vous êtes
- 6:13Speaker 4: inquiet, vous, monsieur l'ambassadeur, aujourd'hui, vous êtes un ambassadeur inquiet
- 6:16Speaker 4: par la
- 6:16Speaker 3: situation? Oui, je suis assez inquiet, oui. Et je pense
- 6:20Speaker 3: que tout le monde devrait être un peu inquiet, sans
- 6:24Speaker 3: entrer dans une panique, mais il faut se réaliser, il
- 6:27Speaker 3: faut se préparer un peu, quand même, mentalement, On a
- 6:30Speaker 3: passé une période de 80 ans avec la paix. Et
- 6:35Speaker 3: c'est unique dans l'histoire humaine. Alors, il faut vraiment tout
- 6:38Speaker 3: faire pour continuer cette période
- 6:40Speaker 4: Et on va terminer avec ça. Il y a ce
- 6:41Speaker 4: fameux 2% du produit intérieur brut que la Belgique a
- 6:44Speaker 4: investi dans la défense. On en parle beaucoup puisqu'on est
- 6:47Speaker 4: en période de conclave budgétaire. Mais ce n'est pas assez,
- 6:50Speaker 4: les 2%. Il faut aller à 3,5% du PIB, c'est ça,
- 6:53Speaker 4: monsieur l'ambassadeur
- 6:54Speaker 3: Oui, c'est correct. En fait, nous avons accepté, avec tous
- 6:57Speaker 3: les autres alliés de l'Alliance, au sommet de l'AE en 2025,
- 7:01Speaker 3: de porter nos investissements en matière de défense jusqu'à 5%
- 7:05Speaker 3: en 2035. Donc, ce n'est pas pour demain qu'il faut
- 7:08Speaker 3: être prêt, mais on a un trajet de 10 ans,
- 7:11Speaker 3: et de ces 5%, 3,5% devraient être alloués à la
- 7:15Speaker 3: défense lourde, c'est-à-dire le matériel et les soldats. Donc, il
- 7:19Speaker 3: y a encore quelques milliards à trouver en plus. Mais
- 7:22Speaker 3: comme je disais, ce n'est pas pour demain,
- 7:23Speaker 2: mais
- 7:23Speaker 3: il faut quand même avoir ça en tête qu'on est
- 7:25Speaker 3: devant un projet... à long terme. Merci d'être passé dans
- 7:28Speaker 3: notre studio ce lundi matin. Avec grand plaisir,
- 7:30Speaker 2: M. Butcher. Je retiens cette phrase du lundi. Oui, tout
- 7:32Speaker 2: le monde devrait être inquiet. Il faut se préparer mentalement,
- 7:35Speaker 2: avez-vous dit. Le retrait des troupes américaines, c'est une réalité.
- 7:38Speaker 2: Il est en cours partiellement et visible de deux façons,
- 7:40Speaker 2: avec le retrait des soldats stationnés en Europe et le
- 7:43Speaker 2: retrait aussi du matériel. Et puis, à propos du maintien
- 7:46Speaker 2: de la paix demain, les Européens en charge de la
- 7:48Speaker 2: défense conventionnelle de l'Europe, les Etats-Unis gardent la défense nucléaire
- 7:52Speaker 2: du territoire européen. Pour l'instant, donc. Merci d'être resté avec nous,
- 7:55Speaker 2: Willem van de Voort. Bonne journée à vous. Et bon
- 7:58Speaker 2: retour quelque part sur le territoire des Nations Unies, évidemment.