Latest / Cap sur Ikigai / De la performance à la cohérence; changer de trajectoire dans un monde fini.
Transcript
- Violaine: Ce soir, j'ai beaucoup de plaisir en recevant Pierre Prouteau. Quand il vient vers moi, Pierre est un ingénieur confirmé. Formé aux arts et métiers, il fait carrière chez Airbus et, aux yeux de tous, il a encore de belles années devant lui. Ça, c'est en surface. Car à l'intérieur, un questionnement le tiraille de plus en plus fort, celui du sens et de la finalité de son métier. Pendant le Covid, il a lu Aurélien Barreau, Jean-Marc Jancovici, les travaux d'Hugiec, Pablo Servigne et surtout, surtout, Olivier Hamann. Leurs travaux qui placent le vivant et les contraintes du réel au centre pour réinterroger la performance, le progrès et nos choix de vie, le poussent à penser sa propre manière d'incarner ses convictions profondes. Il se forme alors à la fresque du climat, mais son intelligence et sa capacité d'action au service de ceux qui envisage la valeur même de la performance dans un monde fini. Mais tout cela à côté de son activité professionnelle chez Airbus. Doit-il aller plus loin ? Démissionner, repartir à son compte ? Ce que sait Pierre quand nous nous rencontrons, c'est que s'il doit rester ingénieur et choisir une couleur, ce sera le vert. Pas comme un slogan, mais comme une responsabilité. C'est un point important, sachez-toi, la responsabilité. Je me souviens bien des échanges que nous avions eus à l'époque qui associaient le fait d'être un ingénieur lucidaire et engagé le fait d'être un bon père. Ceci dit, il nous restait un tout petit détail à élucider. combiner ingénieur vert et rentabilité économique, robustesse et bénéfices, durabilité... ⁓ entreprise à but lucratif. Sans tout vous livrer ici, peux témoigner qu'en tant qu'homme, en tant que père, en tant qu'ingénieur du XXIe siècle, Pierre a choisi de se mettre en À sa mesure, pour tenter d'infléchir un peu la trajectoire, avec un credo, changer les règles du jeu sans sortir du jeu. Pierre, bonsoir. ⁓ Merci. Pierre: Et pas ça, je le rends. Violaine: Merci beaucoup d'avoir accepté de te livrer à ce petit jeu de questions-réponses pour témoigner de ton Est-ce que tu peux revenir sur ce moment dont j'ai parlé un peu brièvement, les premiers temps quand tu as sonné à ma porte ? Pierre: Ouais très bien, bien. déjà pour cette belle introduction. Je m'attendais pas, mais je me reconnais. Effectivement, tu as bien repris d'éléments qu'on a partagés ensemble. Mais nous, quand on s'est rencontrés, j'ai découvert ton travail au travers d'un podcast sur psychologues.net, où tu adressais la thématique de l'hikigai et surtout des profils multipotentiels. ⁓ Violaine: ⁓ oui, tout à fait. Oui. Pierre: Je m'étais beaucoup reconnu là-dedans et comme tu le disais en 2024, à l'issue d'un parcours de remise en question, de recherche de sens, Je me questionnais sur la possibilité de faire un bilan de compétences et de réfléchir à tout ça. donc je me suis beaucoup reconnu dans ta description des multipotentiels puisque oui, me verrais aussi bien être père de famille, papa au foyer, comme guitariste professionnel, comme cuisinier ou serveur, comme ingénieur. Vraiment, le champ des possibles était ouvert et je me voyais capable de faire beaucoup de choses pour satisfaire, on va dire. voilà, je me suis bien reconnu et on a commencé le travail ⁓ séances avec cette dynamique-là, de envie de retrouver du sens. Avant ça, j'avais fait une formation sur le leadership éclairé. C'est peu comme si je ne vers le mais clairement je ne savais pas comment en fait, ne savais pas par où ça passait. Et donc j'étais un peu dans cette dynamique de j'ai envie d'aller quelque part, mais bon voilà. Violaine: ... Pierre: une belle situation, dans une belle entreprise, un statut social, tout ce qui allait bien, mais je me sentais pas à ma place dans cette fonction-là, dans cette entreprise-là. Comment je quittais ça pour aller vers un endroit qui était plus désirable, il y aussi un peu d'inquiétude sur comment y aller, comment ça fonctionne. ⁓ Violaine: Oui, très incertain finalement. Est-ce que tu peux nous raconter comment petit à petit ton projet a commencé à prendre forme, à s'incarner doucement. C'est vrai que le fait que tu sois guitariste, que tu sois un père plus qu'actif chez toi, vrai qu'il y avait plusieurs terrains de jeu et que c'est assez vite quand même celui de la problématique du dérèglement climatique, de la finitude des ressources, de notre monde. Comment petit à petit tout ça est venu s'aligner, est-ce que tu t'en rappelles ? Pierre: Mh. Comme tu l'as dit ton présentation, je suis tombé dans cette problématique-là en découvrant la fresque du climat. Et à ce moment-là, je venais d'avoir mon deuxième fils. vraiment, j'ai eu prise de conscience à ce moment-là de... ⁓ mais merde, fait, ce qu'on fait... mais ça va, va, quel monde on va laisser, je vais laisser à mes enfants. Et il y a eu cette question là de de l'héritage en fait que j'ai laissé d'un côté et aussi, je pense, une forme de prise de conscience ou en tout cas de questionnement de. Quand mes enfants, mes fils dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans seront capables de me regarder, de comprendre voilà, papa t'as fait quoi pendant 20 ans au travail ? de... J'avais envie de... Je me suis posé la question, est-ce que j'ai envie qu'ils me prennent pour un gros ringard, nullos, qui a fait n'importe quoi, ou est-ce j'ai envie qu'ils soient fiers de moi en fait finalement ? Donc c'est un peu ça qui m'a travaillé beaucoup pendant... longs mois, de longues années, j'ai envie de dire même. ⁓ pense qu'après, avec le recul, c'est quand même le moteur, fait. C'est le moteur qui a fait que je me suis mis en mouvement. C'était pour mes enfants, pour la double, vraiment le double objectif de essayer de leur préparer un monde meilleur et en même temps. le monde n'est pas meilleur, au moins que je puisse me regarder et que je puisse le regarder dans les yeux en disant, bah écoute, oui c'est toujours la merde mais moi j'ai essayé de faire ça et tu sais, c'est bien rien de faire comme si, voilà, et de montrer aussi par l'exemple. C'est un peu la problème. Violaine: C'est pour ça que je me suis permise de revenir sur cette histoire du bon père, parce que je me souviens très bien dans nos échanges que plusieurs fois c'est revenu. S'il fallait essayer de qualifier les choses et une direction, d'autres terrains pouvaient être imaginés, celui-là était vraiment là. Il y avait cette idée aussi de lucidité et de pouvoir dire, je ne peux pas dire que je ne sais pas. Et qu'est-ce que je fais de ça ? Pierre: Bonne Exactement. Et puis après, effectivement, se poser la question vraiment purement matérielle de... En fait, suis père de famille, je suis responsable de... au moins à part deux, enfin à part à égal avec mon épouse de la, la, la, foyer, du foyer, de la maison quoi. Et donc, je, je, je ne peux pas non plus tout lâcher. J'ai aussi, enfin, j'ai aussi la responsabilité du présent, quoi, d'aujourd'hui, la fin du mois et tout ça. donc, comment, comment réussir à garder des, enfin, voilà, avoir des revenus et ne pas tout envoyer, tout envoyer en l'air, quoi. Donc, donc, donc le plus simple, et c'était au début, dans la discussion qu'on a eu ensemble, c'est l'idée de l'ingénieur vert ou l'ingénieur du futur, elle est sortie un peu dès le début parce que je partais un peu dans tous les sens et puis à un moment donné, quand je me suis posé la question de recentrer... autour de mes besoins, de mes envies, il y avait quand même ce besoin d'avoir un revenu. Et donc, le plus logique et le plus simple, au début, moi, c'était de rester dans la fibre de l'ingénieur, qualifié entre guillemets, reconnu avec un statut du point de vue de l'emploi, et qui a une chance aussi, enfin qui a un privilège et qui a une chance. j'ai capitalisé là-dessus, on va dire. Et donc, j'ai creusé beaucoup. dans toutes les doigts, la littérature que tu évoquais, d'autres ingénieurs, type Jean Covici, même si je ne me compare pas du tout à lui, de regarder un peu dans les figures, les influenceurs, les qui parlent ces choses-là avec une bonne vision, et en tout cas des choses que je partage, qu'est-ce que je pourrais apporter dans cet environnement-là. Violaine: Est-ce que pour ceux qui nous écoutent, tu peux parler un petit peu de l'idée de la robustesse chez Olivier Hamon ? Parce que ça, c'est quand même... Voilà, j'en ai cité plusieurs, mais s'il fallait en retenir un, je pense que ce serait vraiment celui-là. Et c'est à partir de là qu'il y a eu beaucoup d'échanges et de recherches, en fait, autour de cette fameuse robustesse. Pierre: robustesse d'Olivia Man, déjà c'est un... C'est un sujet qui est très vaste. là, les quelques minutes qu'on a pour en partager, je ne serais pas forcément... On n'a pas le temps pour bien en parler assez en profondeur, mais globalement, c'est... Olivier Amand, j'invite tout monde d'ailleurs à aller voir... Les personnes qui écoutent ce podcast, allez... Je vous enverrai le lien, mais il fait des conférences que vous pouvez trouver sur les réseaux. Il est extraordinaire, très inspirant. En fait, Olivier Amand, tout simplement, c'est un biologiste qui est chercheur qui au cours des années de recherche a identifié des caractéristiques ⁓ fait que le vivant est robuste, que plantes sont là depuis des millions d'années malgré les fluctuations, malgré les réchauffements, les glaciation, les météorites, faisant ses recherches, il a réussi à identifier quelques caractéristiques clés qui faisaient que le vivant était toujours là, était robuste en fait. La définition de robuste, c'est qu'il reste stable et qui reste viable malgré les fluctuations. peut être les de l'environnement, ⁓ des perturbations, des Et en fait, il fait le parallèle entre ⁓ ce qu'il a comme caractéristique qui fait que le robuste est vivant et ce que serait une société une entreprise robuste. Et donc dans les principes, il ⁓ a identifié certains principes. Et moi ce que je trouve avant tout inspirant, avant d'expliquer les principes en gros, c'est que tout ça, ça donne du sens parce que c'est aussi inspiré par le vivant donc forcément c'est... C'est quelque chose dont tout le peut faire l'expérience au quotidien. Tout ce qui est vivant, parle. Ça beaucoup de sens. trouvais que ça avait beaucoup de sens. Une choses qu'il dit aussi dans son approche, c'est que... vivant c'est avant tout beaucoup d'interactions en fait c'est une multiplicité des liens c'est le lien et c'est le vivant est robuste parce qu'il a des liens de différents types avec voilà c'est des écosystèmes c'est des symbioses c'est des donc c'est des termes en fait qui est bon qui est qu'on peut qu'ils se comprennent en fait et qui a qui tout de suite évoque évoque voilà de Pour moi en tout cas, de la joie, du partage, du sens, de la simplicité, de la spontanéité, c'est tout ce qui fait aussi mes valeurs à moi en fait, de l'harmonie, de partage, et donc bon, ça m'a tout de suite pris, ça m'a tout de suite parlé. donc voilà, et donc en gros lui il explique, il dit que les principes de la robustesse, c'est vivant, et dans son principe il est robuste parce que... Il a des principes de circularité, fait. Tout est circulaire, il a pas beaucoup de déchets dans le vivant. Tout trouve sa place. Tous les déchets d'un processus sont les ressources du processus d'à côté. il y a peu de déchets. Il a le fait que c'est divers, en fait. Une diversité, l'adaptabilité. Le vivant est toujours un peu adaptable. Parce que diverses. Et puis, qu'est-ce que j'avais encore comme principe de base ? Vraiment les interactions, c'est des interactions, c'est des... Violaine: Il y un développement non linéaire aussi. Non, a pas cette histoire-là que... ça peut passer par plusieurs endroits, Pierre: Mais il a pas de but en fait. Ouais après ce qu'il explique un peu dans l'évolution du vivant c'est qu'il a pas de but en fait. C'est un peu... Ouais exactement. Voilà c'est ça. Et en fait, alors du coup, le cœur de la théorie, puisque tu en parlais tout à l'heure de la robustesse, c'est qu'il l'oppose à la performance. C'est qu'il l'oppose, il dit, dit, une des caractéristiques de... Enfin, ce qui fait que le vivant est robuste, c'est quand... C'est une conséquence du fait qu'il n'est pas performant. Violaine: Oui, qui peut se tromper d'ailleurs et qui repartir. Voilà, c'était cette idée-là. Je remercie. Pierre: Il dit que le vivant est sous-optimal, a des redondances, de la lenteur, incohérences, a tout un tas de dysfonctionnements que le dogme de la performance voudrait supprimer. Au contraire, faudrait être aligné. ⁓ Violaine: le prémé absolument quoi, avec une forme d'eugénisme, voilà, voit ça dans tous les domaines, comment aller le plus rapidement au but, rationaliser. ⁓ Pierre: Exactement. Tout optimisé, tout organisé, bien pour que ça soit rationalisé, exactement. Et donc lui, qu'il explique, c'est que l'époque où on vit, qui est focalisée sur la performance, fait, nous emmène un cul de sac, fait, nous emmène dans une voie sans-issue, et nous emmène dans le mur, en fait. Puisque, à force de tout vouloir optimiser, en fait, on veut tout contrôler, mais on rend le système complètement fragile. ⁓ Violaine: Et les humains en payent un prix très fort. Alors les humains, les manettes... Pierre: Exactement. Exactement. Lui, il complètement, il dit le symptôme de l'excès de performance, c'est le burn-out en fait. Et donc là, on est dans un burn-out global des systèmes naturels. Violaine: Global, la Terre est en burn-out. Pierre: les sociétés sont en Bernard, les hommes sont en Bernard, enfin les êtres humains sont en Bernard, les animaux, la planète, etc. Donc lui, en fait, moi, quand j'ai découvert toute cette manière de... toute cette vision-là, cette théorie-là, m'a beaucoup donné parce que lui, du coup, il n'a pas une lecture... ⁓ collapseologue, tu vois, ou dit bah oui c'est la merde et puis tout va s'effondrer. Il n'a pas une lecture non plus trop, ce qui pourrait être un peu la lecture d'un scientifique ou très centré sur son expertise avec le carbone, il faut régler le carbone parce que si, parce que ça. Non, il a vraiment une logique systémique totale et surtout, voilà, il dit, on va quitter le monde de la performance qui un monde un peu pauvre en interactions, que du coup tu limites les interactions parce que tu es hyper spécialisé, hyper expert. Exactement ? Violaine: Tu fonctionnes en silo quoi, oui, enfin des chaînes de montage, enfin faire bien, enfin bref, a tous les systèmes qui sont... Pierre: Voilà, complètement, tout en silos, vers et en bas, pour basculer dans un monde de la robustesse où là, au contraire, c'est la multiplication des interactions, quoi. C'est la multiplication des échanges, c'est... Et donc... Et donc du coup, quand moi je réfléchissais un peu à cette... Je vais pas faire tout l'entretien sur la robustesse, mais vraiment, si ça vous inspire et... Voilà, si... Violaine: Oui, juste qu'on comprenne, voilà, qu'on comprenne cette idée qui t'anime très fortement, qui est effectivement intéressante parce que déjà, elle parle du vivant. bon, on est quand même en train de parler de ça quand on parle aussi de ce qui arrive aujourd'hui. Elle est adaptable dans tellement de domaines que c'est... On a envie de jouer avec, presque avec cette pensée. Elle est tellement... Elle est intéressante et on peut la mettre dans bien des cas. Pierre: Ouais. Bien sûr ! Ouais, vous êtes suri. Violaine: oui, ça permet de... c'est comme tu le disais, une pensée qui... Je ne sais pas si elle rend joyeux, mais en tout cas, elle ne rend pas déprimée. On se dit qu'il a quand même quelque chose à faire. Et ça, c'est vachement important pour avoir envie de se lever chaque matin pour aller améliorer un petit peu l'état du vivant. Pierre: Mmmh... Ouais... Ouais, coupé de bain. Et ce que j'aime bien, qu'il donne plein d'exemples aussi, dans ses conférences, et c'est toujours des exemples inspirés du vivant, parce que c'est son domaine d'expertise, de recherche, si veux. Et lui, explique, exemple, quand tu vois des nuées d'oiseaux, des tourneaux qui volent, comment elles changent de direction, alors que ça paraît complètement chaotique. Et en fait, quand il change de direction, les bancs de poisson, c'est pareil, les bancs de poisson dans l'eau, comment ? ils arrivent toujours à garder une organisation et fait il explique que c'est toujours les marges en fait, les systèmes basculent, les systèmes comme ça complexes basculent parce que c'est les marges en fait, c'est tous les oiseaux qui sont à la périphérie du groupe du nuage d'oiseaux qui voient les obstacles, qui voient les prédateurs et qui en changeant de position, petit à petit, contaminent le cœur de la nuit et c'est comme ça que je trouve cet image hyper belle, c'est-à-dire que c'est aussi ça qui me donne de l'espoir. sens où quand tu disais changer le système en restant dans le système ou tu as utilisé une formule voilà voilà Violaine: Les règles du jeu, ouais, accepter les règles, ouais, changer les règles du jeu en restant dans jeu. Pierre: En restant dans le jeu, c'est une formule qui me parle aussi parce que quelque part, moi, en restant dans le système d'une certaine façon, parce que je suis employé en CDI dans une entreprise qui est une grande entreprise, qui a des clients industriels aussi, me sens dans le système. Mais malgré tout, ⁓ me vois en capacité d'influer le système depuis... ⁓ Violaine: Tu fais partie de ces oiseaux sur la périphérie. Voilà. Pierre: sur ce qui se passe à l'extérieur et il se passe plein de choses aussi à l'extérieur des coopératives des gens qui se réunissent pour faire des choses qui ont du sens localement dans les territoires et donc donc c'est aussi voilà comprendre que bah il y avait ouais il avait c'était un concept vraiment enfin la robustesse c'est vraiment un truc hyper moi je sens de la joie en me disant que je travaille en robustesse et puis non et ça parle ça parle beaucoup là tu vois je commence à je sais pas si je oui Violaine: Hum? Hum? Alors ce que tu as pas dit Pierre, c'est tu as trouvé comment incarner ces valeurs-là et tu trouvé une entreprise qui était assez chouette. Ça fait juste trois mois que tu es vraiment travail tous les jours. voilà, juste, ⁓ je préciser ça parce que... Pierre: Exactement. Ouais, exactement le même. Violaine: as donc changé, tu as fait ce choix courageux de recommencer dans une entreprise dans laquelle ces questions-là avaient un réel écho et où tu sentais possible une forme d'inflexion, En tout cas, ⁓ capacité à penser et à intégrer ce modèle de pensée-là. Pierre: BISILE ! Ouais. Quoi Oui Oui donc du au cours de la réflexion qu'on a mené ensemble, je me suis posé la question de si c'était ⁓ un ingénieur moderne et puis j'en ai fini par conclure que ça devait être un robuste ou en tout cas un ingénieur qui poussait le concept de robustesse dans l'entreprise. ⁓ et dans les projets auxquels il était confronté. parallèle de ça, j'ai commencé à discuter avec une entreprise qui s'appelle Ortech, qui au service d'autres industriels. qui ont des domaines d'expertise et des domaines d'intervention très variés. Ils font de la gestion des déchets, de la gestion de l'eau, de décontamination de l'eau, ils font de la dépollution des sols, ils installent aussi des tuyauteries pour la pétrochimie. travaille dans les centrales aussi pour EDS. Exactement. Violaine: Tu es au cœur du sujet. Tu vraiment au cœur du sujet, Paul Coupe. Pierre: C'est un endroit qui me plaît vachement parce que du coup, je sens que j'ai une multitude de capacités d'action, parce qu'une multitude de clients potentiels et de secteurs d'activité potentiels. en travaillant autour de la robustesse aussi, je me suis rendu compte que cette entreprise-là, concrètement, elle avait déjà structurellement des leviers de robustesse. Elle était divers, elle était diversifiée. Violaine: Hmm. Pierre: systémique parce qu'elle touchait à plusieurs secteurs d'activité, dans l'eau, dans les déchets, dans l'énergie. pour moi, elle avait déjà ⁓ système de fonctionnement robuste. donc, ce qui m'a attiré aussi dans cette entreprise là, c'est de me dire, je m'appuyer sur ce que l'entreprise est pour vendre peu sa recette. Du coup, ça s'appelait pas forcément robustesse. dis pas tout de suite que pour être robuste il va falloir être un peu moins performant mais voilà... Violaine: C'est là où vient toute la délicatesse de la chose. Parfois il faut accepter que Monsieur Jourdin faisait de la prose sans le savoir. Mais il n'empêche que c'était de la prose quand il parlait. Voilà, ce n'est pas forcément nécessaire de venir tout définir ou en tout cas de faire peur si le mouvement de pensée est déjà... Pierre: Voilà, mais euh... Ahahahah Exactement. Exactement. du coup, c'est ça. Et moi ce qui m'intéresse maintenant dans cette entreprise, c'est de voir toutes les non-performances. Violaine: Mmh. Pierre: puisque toutes les non-performance m'indiquent les endroits de robustesse. Et donc du coup je suis un observateur plutôt de chercher, au lieu de chercher, ça ça fonctionne super bien, c'est génial, on va faire exactement ça. Non, en fait je regarde, oui, ⁓ là, il y a deux personnes qui font la même activité dans deux agences différentes, ⁓ mince, c'est pas très optimium, mais... Et moi intérieurement je me dis, bah c'est génial, c'est de la robustesse, ça veut dire qu'on peut se dupliquer, on peut avoir une vision différente parce qu'ils sont pas dans le même territoire, donc ils ont pas les mêmes clients, ils ont une manière d'apprendre Violaine: les mêmes ressources, Pierre: ils ont exactement, ce n'est pas les mêmes ressources. Donc du coup, je construis ma vision de la robustesse depuis ce que fait l'entreprise je commence à la proposer à des clients aussi. Et ce qui génial, c'est que ça a vachement de sens, fait, parce que quand tu travailles sur la robustesse, tu travailles sur la pérennité. ⁓ dis comment mon système va être pérenne, va garder... va rester stable malgré les fluctuations qu'on va se prendre. Les actualités aujourd'hui avec les problèmes au Moyen-Orient montrent qu'on n'est pas l'abri de décrochages, de crises majeures et à tous les niveaux et on ne pas contrôler. ça prend vachement. Les premières touches que j'ai avec des clients, quand je leur présente cette approche-là, je me sens bien parce que trouve que ça a tellement de sens et c'est super agréable de raconter une histoire qui a du sens pour toi. Donc je me sens hyper aligné, je me sens hyper en énergie, en joie et je suis hyper motivé parce que je sais que ça a du sens. Et puis, y du répondant chez les clients, ça se comprend même en interne. Un des freins que j'avais avant d'arriver dans cette nouvelle entreprise, c'était... C'est quand même une entreprise systémique qui a plein d'entreprises autour d'elle, d'industriels. Comment je vais être perçu en disant que je veux faire de la robustesse ? Violaine: Ouais, pu passer pour un doux poète bien gentil, mais bon, un moment... C'est ⁓ où t'es bon aussi, faut aussi reconnaître ça. On a bien compris que c'était ton ikigai, mais en plus de ça, il y avait effectivement et la mission et comment je fais le choix de rester dans le système pour le bouger. Parce que moi, pense qu'on plus en restant dans le système. Et ⁓ là, une... ⁓ Pierre: Exactement. Voilà, exactement. Bon, ouais. Violaine: Il faut de la délicatesse, faut savoir entendre, faut savoir écouter. a aussi une intelligence dans le sens interligéré, faire des liens pour arriver à les emmener. Et ça, c'était aussi un de tes talents, peut dire ça comme ça, avec le fait aussi que tu aimes bien une forme d'harmonie, tu aimes bien mettre les gens d'accord, aimes pas trop quand c'est trop conflictuel. Pierre: Ouais. Oui. Violaine: Justement, ça ne peut pas être conflictuel avec toi, sinon ça ne fonctionne. Tu n'es pas à aise. Donc il y avait vraiment, vraiment cette brèche ou ce petit chemin à trouver où... À chaque fois, Pierre: A vous-mêmes, c'est clair. Et c'est pour ça aussi que je me sens complètement dans mon itygaï aussi, forcément. une posture et puis le poste fait que... J'arrive pas avec une solution toute faite sur étagère avec l'étiquette Pierre est l'expert de ce sujet là il va vous trouver les solutions il faut faire comme ci et comme ça non ça n'aurait pas fonctionné du tout au contraire moi j'arrive plutôt avec une vision de j'ai envie qu'on soit robustes par contre je sais pas comment on va y aller donc toi tu sais faire quoi ? oui tu sais faire ça ok bah tiens ça pourrait être utile pour ça et tu vois et on construit en fait on construit ensemble les solutions Violaine: Oui, oui, oui, oui. Pierre: au fur et mesure. donc, d'être dans cette dynamique aussi, pour moi, ça me nourrit vachement parce que c'est du partage, fait. On partage. Et je n'arrive pas avec une position d'expert qui sait tout. J'arrive plutôt avec une position qui m'est plus proche de mes valeurs. C'est plus une position de facilitateur, un peu d'accompagnateur, guide, un peu, si je pouvais me... de dire ça et disant ben voilà tiens oui je collecte un peu les différents savoirs et donc du coup du coup c'est pas du tout conflictuel pour l'instant après on sait jamais mais mais pour l'instant pour le début c'est il a pas de raison parce que le la structure du poste fait que je suis en transverse et donc je garde ça pour l'instant et je fais travailler les gens ensemble et donc ça moi ça me plaît trop de faire ça quoi Violaine: Ce qui est très intéressant quand tu parles, c'est que la matière, c'est cette robustesse-là, mais pour la mettre en jeu, pour qu'elle existe, on reste aussi sur quelque chose d'hyper-vivant. Tu vas chercher une personne par là, par là, ça se construit à chaque fois, c'est très créatif, il a des rencontres. C'est-à-dire qu'en fait, vous... Pierre: Ouais exactement. ⁓ mais euh... Violaine: pour arriver à votre objectif, vous devez avoir la même position magique que l'objectif atteindre. Je ne sais pas si je suis très claire, mais c'est la même dynamique qu'il en œuvre dans le fait de faire et dans le... Pierre: que la robustesse, ouais... Ah non non non mais moi de toute façon... Exactement. Mais c'est ça qui est génial avec la robustesse en fait. qu'en fait, c'est une espèce de laboratoire permanent où tu fais des tests et ⁓ j'ai le temps les trucs en tête de la robustesse, tu vois, enfin ça passe partout. Et quand je te dis que c'est vachement en interne, fait, il a une adhésion de dingue. Dès que tu parles de ça... Ah ouais, c'est clair. Dès que je... Violaine: C'est vachement prometteur ça pour la suite. Ça pour le coup, c'est parce que tu aurais pu te retrouver un peu seul contre tous, devoir tout justifier. Pierre: Exactement. Ouais, complètement. donc du coup, ça c'est hyper positif. Je sens que j'ai de l'adhésion des équipes en interne et surtout, dès que je parle d'un sujet, enfin pas à chaque fois, mais ça arrive que du coup, ça donne aux gens envie de me recontacter en me disant, ⁓ c'est trop bien, tu sais, moi j'ai fait ça aussi. Ils me partagent leurs projets. Là, j'ai rencontré pendant, j'ai fait une formation la semaine dernière et il y avait un des gars qui était en formation avec moi pour les nouveaux arrivants, là, qui arrivait du CEA et qui avait fait des études sur des électrolyseurs pour produire de l'hydrogène avec le CVA. puis à côté de ça, a fait une année sabbatique pour faire de la voile pendant un an, pour aller en Martinique pour faire une transatlantique. Enfin bon, vois, un profil un peu atypique. ⁓ Violaine: Tiens, ça me rappelle des gens ! Pierre: Et donc le gars me recontacte en disant, bah tiens parce que je lui ai raconté un projet sur lequel je travaille pour un client en ce moment là et il me dit, ah bah tiens mais ce serait trop bien tu sais tu pourrais tester ci tu pourrais tester ça et donc du coup on a refait une réunion cette semaine où on creuse un peu des concepts que lui a et en fait du coup ça... Si tu veux, le lien avec la robustesse, c'est un peu aussi le fait que tu... Ouais, c'est un laboratoire, c'est un truc d'expérimentation, c'est expérimental, quoi, si veux. T'en parles, et puis tu captes un peu les trucs. T'attires à toi aussi les gens qui sont intéressés par ces concepts-là, et à qui ça parle. Et puis, du coup, t'as des connexions qui se font. Violaine: Car ben non. Oui. Pierre: Bon voilà, bref, je suis très content de ça, ça fonctionne bien, donc je vais continuer à creuser mon idée de robustesse. Et puis, à tous les aspects, même en interne, je bosse avec différents départements, donc j'essaie vraiment cette hétérogénéité de relations, je discute avec des directeurs d'agence, des directeurs de départements, des gens de l'encadrement, ou des gens, des consultants qui sont sur le terrain avec des clients, enfin, une variété de... et à chaque fois c'est hyper enrichissant. Violaine: entend ton côté hyper passionné, ⁓ fait vraiment du bien d'entendre. J'espère qu'il y aura des auditeurs qui seront contaminés par joie qui auront envie voir un peu plus loin dans la pensée d'Olivia Allemand. Je laisserai un petit truc, des petites références. ⁓ Pierre: Mm-hmm. Ouais. Violaine: j'ai envie d'arriver un peu à fin sur ce que t'as appris de toi, sur toi, sur la vie, en te donnant le droit d'aller vers ce qui était important pour toi. Pierre: Voilà, tu as deux heures de plus ou pas ? Non, qu'est-ce que je m'étais noté pour pas oublier les choses intéressantes que j'avais envie de te dire. Ouais, alors un truc qui m'a beaucoup marqué, c'est la première vidéo que tu m'as faite découvrir au début. C'était le pouvoir de l'intention. Une des premières vidéos, et tu vois, et j'y repense beaucoup. quand je pense à ce que j'ai appris en regardant un peu. ce qui m'arrive là et la réussite probable de ma nouvelle aventure professionnelle, est très probable, quasi certaine, j'en doute pas. Elle est en grande partie due au fait que je me suis autorisé à aller jusqu'au bout de mon intention. Je sais pas comment dire ça. Je me suis pas arrêté au premier... au premier doute, premier... enfin si, je me suis arrêté au premier doute. Mais aussi grâce à toi, j'ai continué. Et il a une chose qui m'a beaucoup marqué dans ton accompagnement aussi, c'est la phrase que tu m'avais dit une fois, qui était, il vaut mieux une action imparfaite qu'une parfaite inaction. Et ça, ça c'est... Ouais, hein ? Violaine: Il y en a d'autres qui l'entendent de temps en temps. Tu l'incarnes magnifiquement bien. Pierre: Oui, voilà, elle ça et je l'ai tout le temps et franchement... ça m'a guidé, ça m'a vraiment aidé à avancer et je le dis du coup, c'est mon deuxième credo, c'est... Le premier c'est la robustesse et le deuxième c'est il vaut mieux une action imparfaite qu'une parfaite inaction et ça m'aide aussi moi à être un peu plus... avec moi-même, peu plus gentil avec moi-même, peu plus souple et tolérant avec moi-même. J'avais beaucoup des envies de perfection, d'idéalisme, j'avais un petit côté un idéaliste. Du coup, me mettais aussi beaucoup de pression à moi-même en me ⁓ Si tu fais pas ça, t'es nul. Si tu fais ça, c'est pas assez bien. Donc tu peux pas le faire parce que c'est pas idéal. restais bloqué dans un cercle qui était improductif. Et donc ce qui m'a vraiment débloqué, c'est ça. C'est de me dire, OK, ⁓ pas parfait. Mais au moins tu te mets en mouvement et il a une forme de joie. et de bonheur de se mettre en mouvement, de faire des choses, d'être dans l'action. Violaine: Et d'ailleurs à Ysongé tu dis que deux principes t'ont guidé, la robustesse et une action imparfaite vaut mieux qu'une parfaite inaction, mais finalement les deux se rejoignent quand même pas mal je Parce que tu n'es d'accord que dans la robustesse il a cette idée d'imperfection justement, c'est ça qui est hyper intéressant. Ça finit au bon endroit. Pierre: Et bien, oui, comment non ? ⁓ bah c'est clair, complètement. Ouais, ça se rejoint, ça se rejoint. Donc faire confiance. Ouais, faire confiance à... Ouais, c'est peut-être la question de fin, comme je ne l'ai pas marquée, je vais te le dire pendant que l'idée me traverse la tête. Mais finalement, c'est faire confiance aux vivants, si veux, et faire confiance à la nature, et reconnecter aussi un peu à... Violaine: Oui. Pierre: Moi, m'écouter, enfin, si je devais aussi, ce que j'ai appris sur moi, c'est qu'il faut que je... Il faut que je m'écoute un peu plus parce que je m'étais beaucoup... voilà, je m'étais conformé un chemin qui était tout tracé pour moi, mais ⁓ oubliant certaines choses avec je m'étais un peu désaligné, un peu oublié, etc. Et en fait, de me reconnecter un peu à tout ça, de me réécouter, de me faire confiance et finalement, oui, de m'auto appliquer les principes du vivant qui sont... te chocker, va te confronter à l'extérieur, prends des risques, essaye, et si ça marche pas c'est pas grave tu feras autre chose et tu auras un autre chemin, être dans l'énergie de l'action et faire confiance aux vivants, bien avancer et je continue à toujours garder ça en tête pour continuer à avancer. Violaine: Ça parait-il ? Oui, chouette. Tu as fort bien répondu, merci. Est-ce que tu as un dernier petit conseil ou pensée ou quelque chose à laisser à ceux qui nous écoutent ? Peut-être ceux qui sont aussi très concernés par la question écologique, qui se posent des questions, qui savent pas comment faire, qui se demandent s'il a quelque chose à faire d'ailleurs. Pierre: ... ... Violaine: Parce que c'est que c'est lourd, on a encore eu là aujourd'hui, j'ai entendu, ça y est, 11 années d'affilée qui correspondent aux années les plus chaudes qu'on n'ait jamais eues sur la planète. Tous les jours, de toute façon, on arrive sur long d'affirmation, il faut rester un peu stoïque et puis garder la joie là-dedans. De façon, s'il a pas de joie, n'y a plus rien. je dire, je suis vraiment sûre pour des révolutions joyeuses parce que voilà, sinon... Pierre: Mmh. Ouais. C'est clair. Violaine: C'est trop important. Est-ce que tu as quelque chose à ? Pierre: Oui, non, moi j'aime bien cette... Moi, quand j'ai commencé à m'engager un peu et à vouloir me faire des choses pour l'environnement, j'ai eu un peu ce syndrome du sauveur qui allait tout comprendre et tout changer et puis ça allait tout bien fonctionner. Mais du coup, en faisant ça, j'ai beaucoup pris de choses sur mes épaules. En fait, je prenais beaucoup de responsabilités pour moi et ça, c'est quand même dur. Violaine: Mmh, mmh, mmh. Pierre: soi-même, ça peut être... Enfin, il a beaucoup de gens qui finissent par faire des burn-out d'engagement. ⁓ Violaine: Complètement, complètement. Moi, c'est mon prochain sujet que je vais, c'est le burn-out militant parce qu'effectivement, ça monte énormément. Mais oui, on le comprend en même temps. Pierre: Bah oui, ouais, que ça que ce soit. Bah oui, en fait, c'est normal, tout le a envie de s'engager. Vu le monde dans lequel on vit, bah... Tout le a envie de faire des choses, tu déprimes tout de suite. C'est que les gens aient envie. Ça ne m'étonne pas qu'il ait de plus en plus de monde qui s'engage, de manière de plus en plus militante engagée, parce que le système aussi te force à les pousser un peu plus fort. Mais si tu ne le fais pas, en te protégeant un minimum ça peut, ça peut, ça ça peut, ça peut épuiser quoi. Et moi, à moment donné, les premières années, quand je faisais d'un côté les fresques du climat au boulot, après les fresques du climat à la mairie le soir, que j'allais participer à des réunions, je faisais des formations, je me formais, machin, machin, machin, enfin à un moment donné, je ne savais plus par où... où donner quoi. Et j'étais peu fatigué, j'ai ressenti un peu ça. Et donc du coup, ce qui m'a un peu fait changer de... ouais, c'est ce... un peu un principe stoïque de dire, bah déjà, fais ce que... ce que toi tu as envie de faire, est dans ton périmètre de contrôle, ta vie, ta maison, tes amis, ta famille, déjà préoccupe-toi de ça. moi un principe aussi dans toute cette thématique là qui me permet de ne pas trop en souffrir c'est d'avoir toujours une posture de ne jamais juger quoi. Je ne juge jamais, j'ai des gens de ma famille qui prennent l'avion tout le temps, plusieurs fois. ben voilà, au fond de moi ils savent très bien ce que j'en pense mais je ne leur dis pas parce que bon après sinon si c'est pour se couper tout des j'ai plus de plaisir à garder lien, à m'intéresser à ce qu'ils font. Pourquoi ? ⁓ tu fais un voyage ? Tu vas voir qui ? Tu fais quoi ? Voilà, bon, t'as vu. Après, bah voilà. Le jour où ⁓ ils comprendront d'eux-mêmes, tant mieux, ils fait le chemin et ce sera mieux, enfin, ce sera plus productif que eux le comprennent d'eux-mêmes plutôt qu'ils se disent, je le fais parce que Pierre m'a dit, sinon il va m'emmerder, tu vois. Violaine: Yes sir, Et oui, et on sait bien que tout ce qui est punitif de toute façon n'atteint pas son but nécessairement. Pierre: Voilà, ça fonctionne pas. Et puis moi, pour être bienveillant avec moi-même, je me protège aussi d'être dans la posture où les gens vont commencer à me montrer du doigt. Ah, l'écolo de service ! Moi, j'ai pas envie d'avoir ce rôle-là dans la vie, d'être catalogué dans la catégorie écolo de service. Et puis, du coup, t'es un peu discrédité, t'es un peu mis... Violaine: Quand tu dis l'écologiste, c'est l'écologiste chiant. Pierre: Ouais, voilà, exactement. Tu te mets une étiquette et puis du coup tu peux plus rien dire parce que toi t'es l'écolo, machin, tu fais chier... Bon bref, excuse-moi pour le langage des fois un peu fleuri mais... tu vois ce que je veux dire. donc, si j'avais un conseil à donner aux personnes qui écoutent, peut-être, voilà, se protéger et rester... Violaine: Oui. On a compris. Pierre: Bienveillant avec soi-même. Indulgent. Voilà, c'est ça que je voulais le mot que je cherchais. Indulgent avec soi-même. Voilà, en disant, bah voilà, écoute, je fais déjà ce que je peux faire. Violaine: Hum, indulgent avec soi-même, oui, oui. Et avec cette idée, déjà se mettre en mouvement, c'est déjà énorme, c'est déjà énorme. Chacun à son échelle, chacun à son rythme, chacun là il peut, et en restant parfait, parce que de toute façon, la perfection n'est pas de ce monde. Elle n'est pas robuste. Elle n'est pas robuste. C'est Pierre: Ouais, exactement, bien sûr. Ouais. Exactement, mais c'est chiant la perfection. Violaine: Merci infiniment. Je crois que franchement, on aurait pu largement faire une heure. Mais c'est chouette. sens que... qu'il y avait... C'était un beau parcours qu'on a fait ensemble et ça... Je suis heureuse de sentir cette joie que j'espère la plus contaminante possible autour de toi. Pierre: Voilà. Mais vous êtes sûr ? Violaine: à nous donner des nouvelles sur tout ce que tu auras pu découvrir, donner de l'espoir aussi par rapport à tout ça. Je pense qu'on est nombreux à en avoir envie, même je dirais besoin. Salut Pierre, à bientôt. Pierre: quand t'es sur moi. Merci Violaine, à très bientôt.