Latest / Oser l'efficacité - Les stratégies de ceux qui font l’industrie / Réindustrialisation France : pourquoi les vrais projets semblent fous
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- 0:00Il y a mille façons de parler de souveraineté industrielle en France.
- 0:03On peut faire un joli post-LinkedIn en mettant en résilience tous les trois mots et en mettant un joli drapeau bleu blanc rouge.
- 0:09Ou alors on peut co-fonder une start-up investie dans la souveraineté énergétique,
- 0:13la quitter et recommencer avec un smartphone.
- 0:16C'est le parcours de mon invité du jour.
- 0:17Olivier Dufour a co-fondé Verkor qui a ouvert sa Gigafactory en fin d'année dernière.
- 0:21Il est maintenant co-fondateur de BeeAlp avec l'ambition de créer un smartphone européen et circulaire.
- 0:27Entre les batteries et les écrans tactiles,
- 0:29il y a un fil rouge.
- 0:30Préserver la souveraineté industrielle de l'Europe.
- 0:33On va voir ensemble aujourd'hui si c'est un slogan ou une méthode.
- 0:37Bienvenue dans Oser l'Efficacité.
- 0:38Bonjour Olivier.
- 0:39Bonjour Perrine.
- 0:40Je suis ravie de te recevoir.
- 0:41Moi aussi.
- 0:42Ça faisait un moment que je voulais t'avoir et donc l'occasion s'est présentée,
- 0:45c'est top.
- 0:45Alors avant de rentrer dans le vif du sujet et dans tous les conseils qu'on va pouvoir extraire de ce parcours assez riche,
- 0:54Je voudrais qu'on revienne sur...
- 0:57l'homme,
- 0:58la façon dont tu es rentré dans l'industrie,
- 1:00ça se passe tout de suite dans I Need a Hero.
- 1:05Alors Olivier,
- 1:06comment est-ce que tu tombes dans l'industrie au départ ?
- 1:08Moi,
- 1:09c'était assez logique.
- 1:10Pour moi,
- 1:11l'environnement industriel,
- 1:13c'est un environnement où je me sens bien,
- 1:14l'environnement du B2B.
- 1:16J'avais fait du marketing industriel dans mon école de commerce quand tout le monde voulait aller en marketing grande consommation.
- 1:22Moi,
- 1:22personnellement,
- 1:24vendre des dentifrices ou des...
- 1:26Je suis en point,
- 1:27ça ne m'intéresse pas du tout.
- 1:28Je trouve qu'il y a des relations saines dans l'industrie.
- 1:31Parce qu'en fait,
- 1:31globalement,
- 1:32que ce soit client ou fournisseur,
- 1:34il faut que ce soit gagnant-gagnant.
- 1:36Ce n'est pas seulement du marketing et du bling-bling.
- 1:39Donc,
- 1:39c'est ça qui me plaît dans l'industrie.
- 1:40Tu as passé 20 ans chez
- 1:42Rio Tinto,
- 1:43dans les matières premières et les relations institutionnelles.
- 1:46Qu'est-ce qui s'est passé pendant ces années-là et qui,
- 1:47derrière,
- 1:48fait que tu décides de rebâtir l'industrie en France ?
- 1:51Oui,
- 1:51écoute,
- 1:52c'est en fait assez logique.
- 1:53Je suis rentré en fait en 2000 chez Pechiney.
- 1:55Ça a été racheté par Alcan,
- 1:57ensuite par Rio Tinto.
- 1:59Pendant les premières années,
- 2:01j'étais en business development,
- 2:03enfin on dit business development maintenant,
- 2:04avant on disait commercial,
- 2:06à l'international.
- 2:07Je vendais des produits industriels fabriqués en France et en Europe,
- 2:11des extrusions à l'aluminium,
- 2:14de l'alumine,
- 2:15du packaging.
- 2:17Et au départ,
- 2:18très franchement,
- 2:19ça se passait bien.
- 2:20Et c'est seulement à la fin de cette période,
- 2:21qui a duré à peu près dix ans.
- 2:23qu'on a commencé à ressentir la concurrence chinoise.
- 2:27Et donc,
- 2:28j'ai fait ça jusqu'en
- 2:302007.
- 2:32Dernier poste,
- 2:33je dirigeais l'agence commerciale en Afrique du Sud.
- 2:36Et c'est là,
- 2:37après,
- 2:37où je suis revenu sur
- 2:39Voreppe, à côté de Grenoble,
- 2:41avec un rôle très différent.
- 2:42On était en train de fermer des usines en Europe.
- 2:45Et du coup,
- 2:45il fallait recréer de l'activité économique là où on avait fermé des usines.
- 2:50Et en fait,
- 2:51j'ai vécu.
- 2:52de près en 2008-2009 les impacts de la désindustrialisation avec des gens qui perdaient leur job des services associés la cantinière de l'usine qui perdait son restaurant d'entreprise et qui était dans mon bureau et qui pleurait et il fallait retrouver une activité pour elle c'était pas simple,
- 3:11elle était proche de la retraite mais c'était dur et en fait juste après je me suis retrouvé plutôt en mode pompier sur des sites industriels
- 3:22qui allaient fermer,
- 3:23ou qui étaient proches de fermer,
- 3:25en tout cas qui était en difficulté,
- 3:27soit parce qu'il y avait des problèmes environnementaux,
- 3:29soit parce qu'il y avait des problèmes d'énergie.
- 3:32Et du coup,
- 3:33mon job,
- 3:34c'était un peu de recréer des conditions gagnantes avec les autorités,
- 3:37avec les parties prenantes,
- 3:39pour que ces usines puissent perdurer.
- 3:41Je parle par exemple de l'usine d'aluminium de Saint-Jean-de-Maurienne,
- 3:45qui était vraiment en difficulté en 2012.
- 3:49Les usines de Carbone Savoie,
- 3:51pas très loin d'ici,
- 3:51à Vénissieux et aussi en Tarentaise,
- 3:54tu dois connaître,
- 3:55c'était en 2016,
- 3:56ou l'usine de Gardanne,
- 3:58une usine d'alumine qui fabriquait à partir de bauxite,
- 4:04qui avait un enjeu autour des boues rouges.
- 4:06C'était vraiment des gros enjeux,
- 4:07très franchement.
- 4:08Et à chaque fois,
- 4:09les usines étaient en difficulté,
- 4:10il fallait éviter de les fermer,
- 4:12et c'est ce que j'ai fait.
- 4:13J'étais vraiment en mode pompier.
- 4:15Il y a un moment clé où tu t'es dit...
- 4:17Je ne veux plus être au service de l'industrie.
- 4:20Je suis là pour créer ma propre industrie,
- 4:22ma propre startup,
- 4:23un moment charnière.
- 4:25Il y a eu une période en 2016,
- 4:27je me souviens très bien,
- 4:28j'ai assisté à une conférence agronome organisée par la chaire de paix économique.
- 4:35à Grenoble École de Management.
- 4:37C'était aussi co-organisé par Schneider Electric.
- 4:40Et pendant cette conférence,
- 4:41il y avait deux personnes qui m'ont vraiment marqué.
- 4:44L'une,
- 4:44c'était Muhammad Yunus,
- 4:46prix Nobel d'économie 2006 sur la microfinance au Bangladesh.
- 4:50Et il y avait Tony Meloto,
- 4:52qui avait monté des fermes sociales et solidaires aux Philippines.
- 4:56Et Muhammad Yunus était juste devant moi,
- 4:59sur la table,
- 5:00parce que j'étais au premier rang,
- 5:01comme d'habitude.
- 5:02Et il dit un truc,
- 5:04il dit en fait on travaille très dur pour payer de très belles études à nos enfants,
- 5:10pour qu'à leur tour ils travaillent très dur pour enrichir des actionnaires qu'ils ne connaîtront jamais.
- 5:16Il dit on fait de nos enfants des mercenaires.
- 5:19Et ces paroles en fait c'était comme un poignard que je me suis pris dans le cœur,
- 5:22parce que je travaillais chez Rio Tinto,
- 5:24j'étais le lobbyiste de Rio Tinto,
- 5:27et là je me suis rendu compte que d'un point de vue de mes valeurs...
- 5:31Je crois que j'étais arrivé au bout de ce que je pouvais faire.
- 5:34Et c'est là où je me suis dit,
- 5:35tiens,
- 5:35je vais faire autre chose.
- 5:37Et quand j'ai eu cette réflexion,
- 5:39j'ai fait une formation qui m'a ramené à mes missions.
- 5:43Quelles sont mes missions dans la vie ?
- 5:44Et donc,
- 5:45j'ai décidé de me lancer là où mon cœur me portait,
- 5:50là où ma mission me portait.
- 5:52Et notamment sur des sujets de réindustrialisation d'un côté.
- 5:55et aussi de meilleures relations en entreprise.
- 5:58Dans ma prochaine question,
- 5:58je pense que tu as partiellement répondu.
- 6:00Je voulais te demander justement comment tu choisis tes prochaines missions.
- 6:03Là,
- 6:03tu as parlé de cœur.
- 6:04Est-ce que du coup,
- 6:05il y a une part de hasard et de là où ton cœur te porte ou il y a quand même un fil rouge qui est une sorte de crible pour savoir si la prochaine mission,
- 6:12c'est la bonne ou pas ?
- 6:13Oui,
- 6:13tu vois,
- 6:14il y a les deux en fait.
- 6:18Moi,
- 6:18je pense qu'il y a un élan chez moi.
- 6:20Et par exemple,
- 6:21le sujet de la réindustrialisation et de recréer un champion industriel.
- 6:25Vraiment,
- 6:25ça me parle.
- 6:26Il faut voir que j'étais chez
- 6:27Pechiney en 2000,
- 6:28qui a disparu en 2003.
- 6:30J'ai vu en fait toute la disparition des usines.
- 6:35Je ne te dis pas quand Serge Tchuruk qui a dit l'industrie sans usines,
- 6:39etc.
- 6:39Moi,
- 6:40je bondissais parce que je voyais bien qu'il y avait un problème à l'époque,
- 6:43déjà il y a 20 ans.
- 6:45Et après,
- 6:46j'ai vu le marasme que ça crée,
- 6:48la disparition des usines.
- 6:50Et ça va loin,
- 6:51cette croyance.
- 6:52Moi,
- 6:52je pense que...
- 6:53C'est ça qui explique une partie du populisme,
- 6:56les gilets jaunes,
- 6:57etc.
- 6:59En fait,
- 6:59l'usine,
- 7:00c'est quand même le lien social.
- 7:01C'est l'endroit où travaillent différentes personnes,
- 7:05avec différents métiers,
- 7:07de différentes religions.
- 7:08C'est vraiment un melting pot,
- 7:10une usine,
- 7:11qu'on ne retrouve pas dans tous les métiers.
- 7:15Donc,
- 7:15j'ai vraiment ce drive.
- 7:16Après,
- 7:17c'est vraiment des hasards qui ont fait que...
- 7:20Sur Verkor,
- 7:21c'est Benoît qui est venu me chercher pour travailler sur la stratégie d'engagement des parties prenantes.
- 7:25Et BeeAlp,
- 7:26ça a été une conversation,
- 7:27un déjeuner avec un ancien du smartphone qui m'a dit
- 7:31« Ce que tu as fait sur la batterie,
- 7:33ce serait impossible à faire dans les smartphones. »
- 7:34Je lui ai dit « Bah,
- 7:36faisons-le dans les smartphones. »
- 7:38Ok,
- 7:39tu marches au challenge.
- 7:40Oui,
- 7:40après,
- 7:41il faut voir que le véhicule électrique,
- 7:42c'est une technologie qui est disponible.
- 7:44Et en fait,
- 7:45c'est le plus gros gisement d'abattement de CO2.
- 7:49disponible aujourd'hui en changeant des voitures diesel par des voitures électriques.
- 7:53Et c'est immédiat.
- 7:54Donc la techno est là.
- 7:56Pour avoir de l'impact d'un point de vue changement climatique,
- 7:59c'est vraiment là qu'il faut être.
- 8:00Et le smartphone,
- 8:02t'imagines qu'on a tous un smartphone.
- 8:05C'est vraiment l'objet le plus populaire qui soit et où on est tous attachés.
- 8:10Et sa durée de vie,
- 8:11c'est 2,8 années en moyenne en Europe.
- 8:16642 millions de smartphones qu'on a mis dans nos tiroirs depuis des années en Europe.
- 8:22C'est 130 millions de tonnes de matières premières qu'on a extraites pour faire dormir dans nos tiroirs après 2,8 années.
- 8:29Donc,
- 8:29si tu veux,
- 8:30d'un côté,
- 8:30il y a l'aspect gisement de CO2 et de l'autre côté,
- 8:35il y a un désastre écologique auquel il faut mettre fin,
- 8:38en fait.
- 8:39Donc,
- 8:39tu vois,
- 8:39ce n'est pas tout à fait un hasard.
- 8:41C'est que sur les deux sujets,
- 8:43il y a quand même un gros impact.
- 8:44Et c'est ça qui me drive.
- 8:45Généralement,
- 8:46je demande à mes invités d'expliquer leur métier à un enfant de 10 ans.
- 8:49Mais comme toi,
- 8:50tu es en train de développer le smartphone de demain et que ses futurs acheteurs,
- 8:53ce sera potentiellement des enfants de 10 ans.
- 8:55Comment tu convaincrais un enfant de 10 ans que leur futur smartphone,
- 8:58c'est un BeeAlp et pas un Apple ?
- 9:00C'est une question qui est difficile parce que pour moi,
- 9:03un enfant de 10 ans,
- 9:05si possible,
- 9:05il est protégé du smartphone quand même.
- 9:07Tu vois,
- 9:08moi,
- 9:08j'ai des grands enfants et des petits-enfants.
- 9:10Je pense qu'on doit quand même,
- 9:13en tant qu'adulte,
- 9:14limiter leur exposition au smartphone.
- 9:16Si tu t'adresses à des adolescents,
- 9:1815-16 ans,
- 9:19moi,
- 9:19je n'ai pas besoin de leur expliquer,
- 9:21en fait.
- 9:21Ce qui est extraordinaire avec les jeunes d'aujourd'hui,
- 9:25c'est qu'ils comprennent tout de suite qu'on a un enjeu climatique,
- 9:28qu'on a un enjeu environnemental,
- 9:29que ça passe non pas par la possession,
- 9:32mais l'utilisation des richesses de cette planète.
- 9:36On emprunte la planète à nos enfants,
- 9:38c'est eux.
- 9:38Et donc,
- 9:39ils ont un mindset,
- 9:41un état d'esprit qui est très favorable à la proposition de valeur que l'on fait.
- 9:46Ma question était plutôt dans ce sens-là,
- 9:47en se disant,
- 9:47effectivement,
- 9:48à 10 ans.
- 9:48Je préférais,
- 9:49mes enfants n'ont pas encore cet âge-là,
- 9:50mais je préférais qu'ils n'aient pas encore le smartphone.
- 9:52Par contre,
- 9:52c'est les consommateurs de demain,
- 9:53et il y a quelque part des messages à leur faire passer dès maintenant.
- 9:56Mais tu me dis que c'est plutôt déjà fait chez les adolescents.
- 9:58Oui,
- 9:58parce que si tu regardes,
- 10:00en fait,
- 10:01regarde,
- 10:03moi,
- 10:04à l'âge de mes filles,
- 10:05qui ont 26,
- 10:0727 ans,
- 10:07moi,
- 10:07ce que je voulais,
- 10:08c'était posséder ma voiture.
- 10:10Tu sais,
- 10:11tu as 18 ans,
- 10:1219 ans,
- 10:12tu as hâte d'avoir ta propre voiture,
- 10:14ta mobilité,
- 10:15etc.
- 10:15Alors que les jeunes aujourd'hui,
- 10:17ils n'ont pas forcément besoin d'avoir une voiture.
- 10:20Tu prends le bus,
- 10:21le train,
- 10:22tu fais du blabla-car,
- 10:23et de temps en temps,
- 10:24si vraiment tu as besoin,
- 10:25tu loues une camionnette,
- 10:27tu loues la voiture dont tu as besoin.
- 10:29Donc ça,
- 10:29cet usage est complètement répandu.
- 10:32Et encore aujourd'hui,
- 10:33nous,
- 10:34notre génération,
- 10:34on a du mal à aller dans cette direction.
- 10:36Le plus gros vendeur de prêt-à-porter en France,
- 10:40c'est Vinted.
- 10:42C'est tout de la deuxième main.
- 10:45Très franchement.
- 10:46Je mettrais un bémol parce qu'il y a de plus en plus de vendeurs qui ne sont pas deuxième main,
- 10:49qui se sont mis sur une tête.
- 10:50En tout cas,
- 10:51moi,
- 10:51je vois bien.
- 10:52Mon épouse,
- 10:53aujourd'hui,
- 10:53pour les enfants,
- 10:54elle achète en deuxième main.
- 10:55C'est génial.
- 10:56Et très franchement,
- 10:57pour mes filles,
- 10:59j'ai deux grandes filles qui ont 26 et 27 ans,
- 11:02deux petits garçons qui ont 4 et 2 ans.
- 11:05Ça a complètement changé.
- 11:06Il y a à l'âge pour mes filles,
- 11:09jamais j'aurais avoué que je prenais des trucs d'occasion.
- 11:12Aujourd'hui,
- 11:13j'en suis plutôt fier,
- 11:14tu vois.
- 11:15de reprendre des vêtements qui n'ont quasiment jamais été portés.
- 11:19Donc,
- 11:21ce changement de mentalité est extrêmement porteur.
- 11:24Et en fait,
- 11:24si je regarde,
- 11:26du fait de l'industrie de la grande consommation en règle générale,
- 11:31tu as quelques initiatives qui vont dans ce sens,
- 11:34Vinted,
- 11:36Le Bon Coin,
- 11:37Vestiaire Collectif.
- 11:38Mais en fait,
- 11:39l'offre n'est pas énorme et surtout l'offre de neuf qui va dans cette direction-là.
- 11:44Tu as deux mondes,
- 11:45tu as le monde de l'occasion,
- 11:46du reconditionné,
- 11:48et tu as le monde du neuf.
- 11:50Dans les véhicules électriques par exemple,
- 11:52ou les véhicules au sens large,
- 11:54ça a changé déjà.
- 11:54Tu as le choix d'acheter d'occasion,
- 11:57mais c'est sur des montants qui sont beaucoup plus importants,
- 11:5930 000,
- 11:5940 000,
- 11:5950 000 euros.
- 12:01Sur des produits de consommation courante moins chers,
- 12:06on va dire entre 500 et 1 500 euros,
- 12:08c'est beaucoup moins développé.
- 12:10L'économie de la fonction est beaucoup moins développée.
- 12:13et donc
- 12:13Le faire sur un smartphone et de dire aux gens vous n'allez plus posséder votre smartphone,
- 12:20vous allez l'utiliser,
- 12:22ça va être vos données sur un terminal qui ne vous appartient pas,
- 12:26c'est en fait une nouvelle offre,
- 12:28ça n'existe pas aujourd'hui.
- 12:29Et il y a toute une partie de la population,
- 12:33pour plein de raisons,
- 12:33que ce soit pour des raisons économiques,
- 12:37tu vois,
- 12:37j'ai pas envie de payer plus cher que ce que j'ai besoin de payer,
- 12:40ou pour des raisons écologiques.
- 12:42C'est meilleur pour la planète,
- 12:43mon smartphone il ne va pas tirer dans un tiroir,
- 12:46il va être recyclé,
- 12:47réutilisé.
- 12:48Eh bien,
- 12:49ça converge vers une nouvelle demande.
- 12:52Et en face,
- 12:53il faut par contre mettre l'offre.
- 12:54Et en fait,
- 12:55tu as peu d'offres,
- 12:55et notamment en France aujourd'hui.
- 12:57C'est plus développé dans d'autres pays.
- 12:59L'Allemagne,
- 12:59l'Angleterre,
- 13:00même les États-Unis sont plus développés dans ce sens.
- 13:02Pour conclure cette partie,
- 13:03je vais te demander de te présenter en une phrase,
- 13:05mais par contre je t'enlève,
- 13:06les mots énergie,
- 13:08souveraineté et Europe.
- 13:09Moi,
- 13:09je pense que je suis essentiellement...
- 13:11un bon père de famille,
- 13:13un bon papa qui pense à l'avenir de ses enfants et qui a une exposition à l'international.
- 13:18Je suis né en Afrique du Sud,
- 13:20j'ai vécu en Côte d'Ivoire,
- 13:21aux États-Unis,
- 13:22en Angleterre,
- 13:23j'ai voyagé dans plus de 70 pays,
- 13:25et en fait,
- 13:26j'essaie d'aller chercher,
- 13:28c'est plus qu'une phrase.
- 13:31Je vois qu'il y a des choses qui marchent aussi ailleurs,
- 13:33et j'ai envie de l'offrir en France.
- 13:37Avec tout ce qu'on s'est dit avant,
- 13:38j'étais...
- 13:38quasiment sûre que tu allais commencer ta réponse par « je suis un bon père de famille » .
- 13:41Je le sentais arriver,
- 13:43mais ça me va très très bien.
- 13:43Là,
- 13:43pour le coup,
- 13:44je pense que c'est le rôle qui me collait à la peau.
- 13:46Sur la prochaine section,
- 13:47je voudrais qu'on profite de ton expérience.
- 13:49Je l'ai un peu utilisée en introduction.
- 13:51Tu as cofondé Vercors,
- 13:52une grosse startup industrielle.
- 13:55Tu as recommencé maintenant avec BeeAlp.
- 13:57Tu as la conviction qu'en France,
- 13:59on a besoin de plus de startups industrielles fortes.
- 14:02L'idée,
- 14:02c'est d'aller creuser dans tes enseignements à toi pour aller
- 14:06l'offrir finalement à nos auditeurs.
- 14:08Ça se passe tout de suite dans le cheat code.
- 14:12En préparant l'épisode,
- 14:13ce qui était venu spontanément,
- 14:14c'est de me parler de management.
- 14:17Et bizarrement,
- 14:18je me suis dit que...
- 14:20Dans l'univers de la start-up,
- 14:21peut-être que c'était quelque chose de plus facile parce qu'il y a le côté projet un peu cool,
- 14:24les gens ont envie de venir travailler.
- 14:26Mais non,
- 14:26tu as quand même deux expériences douloureuses sur le management.
- 14:29Tu peux nous en parler ?
- 14:30Oui,
- 14:30tout à fait.
- 14:31T'imagines qu'on a été en hypercroissance assez vite.
- 14:35On est parti à 6,
- 14:36à la fin de l'année,
- 14:37de la première année,
- 14:38on avait 20 personnes.
- 14:39Après,
- 14:39on a monté.
- 14:40Moi,
- 14:40quand j'ai quitté Vercors,
- 14:42on était autour de 300.
- 14:43J'étais le DRH de Verkor.
- 14:47et en même temps que j'étais le responsable communication.
- 14:50Et en fait,
- 14:53dans les entretiens que je faisais avec les personnes qui allaient nous rejoindre,
- 14:57la manière dont je définissais mon rôle,
- 14:59c'est que j'étais responsable de la qualité des relations.
- 15:01Et c'est vraiment un souci que j'ai,
- 15:04c'est qu'on ait des relations de bonne qualité,
- 15:05que ce soit en interne avec ses collègues ou avec les partenaires externes,
- 15:09les clients,
- 15:09les fournisseurs.
- 15:11Et en fait,
- 15:12je me suis rendu compte que...
- 15:14Tu vois,
- 15:14t'es en...
- 15:15Un recrutement vraiment intense,
- 15:17tu accueilles au départ deux personnes par semaine,
- 15:20puis cinq,
- 15:20puis dix,
- 15:21tu vois,
- 15:22vraiment.
- 15:23Et on a mis en place des moyens de recruter les gens pour ne pas se tromper.
- 15:29Je pense à deux cas où vraiment on s'est trompé.
- 15:33Et ça a un impact énorme quand tu as une personne dans ton équipe qui n'est pas la bonne personne,
- 15:40et qui est supposée faire un job et qui ne fait pas ce job-là.
- 15:44et que du coup,
- 15:44tu te retrouves à faire le job à la place et donc tu as la double douleur.
- 15:47Non seulement tu as le travail,
- 15:49mais en plus tu as les coûts qui sont associés et cette place n'est pas libérée pendant des mois et tu n'arrives pas à faire partir la personne.
- 15:55Et donc,
- 15:56ça devient vachement toxique pour toute une équipe et ça te fait perdre en productivité.
- 16:00Donc ça,
- 16:01c'est vraiment difficile.
- 16:03Le deuxième,
- 16:04je pense que tu fais référence à un autre cas où on avait une personne qui était vraiment dans un poste clé.
- 16:13ça avait été super difficile à trouver cette personne je ne vais pas mentionner dans quel service mais vraiment ça avait pris des mois de recruter la personne la personne faisait globalement,
- 16:24on pensait qu'elle faisait d'ailleurs globalement bien son travail elle faisait avancer ce poste clé mais en fait elle se comportait vraiment super mal avec les jeunes femmes autour des RH,
- 16:36de la finance etc et donc moi en tant que RH
- 16:41J'étais amené à lui coller un avertissement et donc de le rappeler à l'ordre.
- 16:46Et c'est dur,
- 16:47très franchement,
- 16:48c'est dur parce que tu ne le vires pas encore,
- 16:52mais tu fais l'avertissement.
- 16:53La personne peut éventuellement partir,
- 16:54tu en es totalement conscient et tu es à un poste clé où tu as eu du mal à recruter.
- 16:59Et donc,
- 17:00quand j'ai remis la lettre d'avertissement,
- 17:03en fait,
- 17:03la personne n'a pas compris qu'on lui remettait.
- 17:08pour ça.
- 17:08Il pensait que c'était une excuse ou pour autre chose,
- 17:11etc.
- 17:11Il n'a pas compris que la vraie raison,
- 17:14c'était son comportement vis-à-vis des jeunes femmes de l'entreprise.
- 17:17Et dans ce sens,
- 17:17il ne voyait pas le problème de ce qu'il avait fait ?
- 17:19Il ne pensait pas que dans la configuration où on était,
- 17:22etc.,
- 17:22que c'était qu'il avait dépassé les lignes rouges de la société.
- 17:27Lui,
- 17:28il était dans un secteur sans doute un peu particulier où les hommes se permettaient d'avoir des comportements tu vois
- 17:37je dirais inapproprié par manque d'autres mots c'est vraiment inacceptable c'est arrivé plusieurs fois on lui en a parlé avant vraiment je suis sûr qu'au jour d'aujourd'hui on lui a collé l'avertissement en utilisant ça comme excuse tu penses qu'il a je
- 17:57pense qu'il a pas compris,
- 17:59donc il a démissionné tout seul,
- 18:00il a déchiré devant moi la lettre très franchement non
- 18:07Si tu vas trop à trop,
- 18:08tu es quand même emmerdé.
- 18:10En fait,
- 18:11c'était super.
- 18:12Là,
- 18:12pour le coup,
- 18:12lui est parti et ça a réglé plein de choses.
- 18:17Et ce que j'aime aussi,
- 18:19c'est que ça a créé un exemple.
- 18:21Ça a démontré que même sur un truc,
- 18:23un gros enjeu,
- 18:24un gros poste important pour l'entreprise,
- 18:28tu es dans une société,
- 18:29tu es là pour garder le cadre et faire respecter le cadre.
- 18:33Eh bien,
- 18:34tu ne fais pas d'exception.
- 18:37Donc on ne transige pas avec les valeurs ?
- 18:39Ah ben non,
- 18:39et le règlement,
- 18:40tu vois.
- 18:42Et le règlement,
- 18:44oui.
- 18:44C'est normal,
- 18:44tu as une société qui est en hypercroissance,
- 18:48ça peut être des fois extrêmement chaotique,
- 18:51tu as les valeurs qui sont données,
- 18:54chez Verkor on avait fait un bel exercice là-dessus,
- 18:56on avait quatre valeurs,
- 18:57on avait traduit ça en comportement souhaité,
- 19:00et très clairement,
- 19:01lui,
- 19:01il était,
- 19:02pour plein de raisons,
- 19:04pas dans les comportements souhaités.
- 19:06Mais c'est hyper important de noter qu'effectivement,
- 19:08tu perds un poste clé,
- 19:09ça fait très peur,
- 19:11mais au final...
- 19:12Ce que tu en retires,
- 19:13c'est positif parce qu'enlever cette personne,
- 19:15c'était bénéfique pour le reste de l'équipe.
- 19:17Pour plein de raisons,
- 19:18que ce soit sur le côté du projet et sur la culture d'entreprise au sens large.
- 19:24Malgré les difficultés du recrutement,
- 19:26du management,
- 19:27il y a quelque chose qui m'a marquée dans ta préparation,
- 19:30c'est que tu restes optimiste.
- 19:31Tu penses qu'il est possible de fidéliser,
- 19:35de donner envie,
- 19:36quelles que soient les cultures,
- 19:37quelles que soient les gens.
- 19:38C'est pas antinomique du coup ?
- 19:40Non,
- 19:40non,
- 19:41je pense que l'aspect recrutement et le travail de la culture,
- 19:44l'onboarding que tu fais est vraiment clé.
- 19:46Je pense qu'on a vraiment bien fait ça chez Vercors.
- 19:52En fait,
- 19:53tu te rends compte qu'au travers des générations,
- 19:56les gens,
- 19:57il y a un aspect rémunération,
- 19:59si tu veux,
- 20:00mais les gens travaillent beaucoup plus et sont beaucoup plus motivés quand tu donnes du sens à leur engagement et à leur travail.
- 20:09que juste de la rémunération,
- 20:10des bonus,
- 20:11etc.
- 20:13Et c'est vrai que,
- 20:15c'est marrant parce qu'en le disant,
- 20:16je pense un petit peu à mon ancienne boîte,
- 20:19aux grosses boîtes en fait.
- 20:20Dans les grosses boîtes,
- 20:21moi je pense qu'il y a en fait des sociétés à deux vitesses.
- 20:24Tu as des gens qui sont là parce qu'il y a le CE,
- 20:26parce qu'il y a la rémunération,
- 20:28tu vois,
- 20:28qui restent là,
- 20:29mais au fur et à mesure des années,
- 20:30ils perdent le drive et même s'ils l'ont très fort au départ.
- 20:33Après,
- 20:34en fait,
- 20:34c'est dur de le garder 10 ans,
- 20:3615 ans,
- 20:3620 ans,
- 20:37si tu as la routine.
- 20:39La vraie question,
- 20:40c'est comment est-ce que tu maintiens le drive ?
- 20:42Comment est-ce que tu maintiens l'engagement ?
- 20:44Et le fait d'être embarqué dans une mission pour sauver le monde,
- 20:49finalement,
- 20:49parce que c'est ça qu'on fait,
- 20:51et bien voilà,
- 20:52tu as le maxi-drive.
- 20:54Et derrière,
- 20:55il faut que ça se décline à différents endroits,
- 20:58que ça se ressente et qu'il n'y ait pas de désalignement.
- 21:01dans différentes parties de la société.
- 21:03Quand la société grossit,
- 21:05il faut que ce drive,
- 21:06il ruisselle un petit peu partout.
- 21:09Donc voilà,
- 21:09que tu aies cette homogénéité d'engagement.
- 21:13Est-ce qu'on trouve quand même une balance entre vouloir sauver le monde et que quand même les gens que tu emploies gagnent de l'argent ?
- 21:19Parce que c'est souvent ce qu'on oppose.
- 21:22On peut gagner de l'argent en sauvant le monde.
- 21:23Oui,
- 21:23oui.
- 21:24Très bien.
- 21:25Je dis souvent,
- 21:26tout travail mérite salaire.
- 21:28C'est important,
- 21:29oui.
- 21:29Et tout salaire mérite travail.
- 21:30Le contrat de travail,
- 21:31c'est vraiment un contrat important dans l'entreprise.
- 21:36Là où tu as du désengagement,
- 21:38c'est en général qu'il y a un espace qui se crée entre les attentes du manager,
- 21:46du leader,
- 21:47et donc de celui qui paye le salaire,
- 21:50et les attentes de celui qui le reçoit.
- 21:53Et c'est pour ça que la communication,
- 21:55elle est clé au milieu de tout ça.
- 21:57Et je vois très bien...
- 21:59Tu vois,
- 22:00je suis aussi sud-africain,
- 22:01ma femme est sud-africaine et j'ai vécu aux Etats-Unis.
- 22:06J'ai fait mes études en Angleterre.
- 22:07Il y a une différence entre la France et les pays anglo-saxons,
- 22:11c'est entre l'implicite et l'explicite.
- 22:14Il y a beaucoup d'implicite en France.
- 22:17Et en fait,
- 22:17il y a beaucoup de non-dits dans les entreprises.
- 22:21Soit parce que tu ne veux pas te plaindre,
- 22:24tu vois,
- 22:25tu as le côté un peu sacrificiel du travail.
- 22:28tu dis,
- 22:28c'est mon travail,
- 22:28je suis payé pour ça,
- 22:29donc je fais.
- 22:30Du coup,
- 22:30tu ne dis pas.
- 22:31Soit parce que tu as peur de dire,
- 22:33parce que les conditions d'expression ne sont pas là.
- 22:36On parle de sécurité ontologique,
- 22:39de permettre l'expression des employés.
- 22:44Et dans l'autre sens,
- 22:45je parle plutôt bottom-up,
- 22:48du salarié vers son leader manager.
- 22:50Et dans l'autre sens,
- 22:51c'est vrai aussi,
- 22:52comment est-ce que je vais lui dire que ça ne va pas ?
- 22:54Tu vas faire un feedback constructif.
- 22:57Et c'est pour ça qu'il y a des outils qui sont magnifiques,
- 23:01qui existent,
- 23:02comme l'art du feedback,
- 23:04la communication non-violente,
- 23:06l'empathie,
- 23:07le développement de l'empathie,
- 23:08l'écoute active,
- 23:09tous ces côtés d'intelligence émotionnelle que tu peux déployer et développer en entreprise.
- 23:16Et ça,
- 23:17quand tu le fais,
- 23:18tu participes à la culture.
- 23:19Et la culture,
- 23:20elle participe à l'expression.
- 23:21Et l'expression,
- 23:23elle participe à la résolution de problèmes et de conflits.
- 23:26Si t'as pas ça...
- 23:27Tu sais,
- 23:27tu ne fais pas un truc aussi ambitieux que Verkor ou BeeAlp.
- 23:31C'est super important que la communication circule.
- 23:33Il ne faut pas me lancer sur ce genre de sujet.
- 23:35Ça me passionne et on n'en va jamais arriver à ce qu'on a prévu de traiter dans l'épisode.
- 23:38Mais en tout cas,
- 23:39c'est super intéressant.
- 23:40Merci.
- 23:40Il y a un truc que tu m'as dit en off qui est,
- 23:44on peut avoir un projet dingue sans que les gens pensent que tu es dingue.
- 23:48Tu peux développer.
- 23:49Je trouve ça très drôle comme formulation.
- 23:50D'ailleurs,
- 23:52son nom m'échappe,
- 23:53mais non,
- 23:54il me revient.
- 23:54C'est Chade-Meng Tan.
- 23:56je ne sais pas si tu as entendu parler de lui,
- 23:58c'est celui qui a lancé une école de leadership qui se base sur la méditation.
- 24:04Ça s'appelle Search Inside Yourself.
- 24:06Et ce gars-là travaillait chez Google.
- 24:07Et quand tu travailles chez Google,
- 24:08tu as 20%
- 24:09du temps que tu peux attribuer sur des projets personnels.
- 24:13Et donc,
- 24:14lui qui est d'origine asiatique,
- 24:16un Américain,
- 24:17il a lancé une école de méditation qui s'appelle Search Inside Yourself.
- 24:21Et il explique que quand il a lancé ça,
- 24:25Il a dit,
- 24:25moi ce que je veux c'est établir la paix dans le monde,
- 24:30et je veux contribuer à la paix dans le monde.
- 24:32Et donc il se dit,
- 24:33tout le monde aurait pu me dire,
- 24:34complètement taré,
- 24:35c'est qui cet ingénieur de Google qui veut contribuer à la paix dans le monde ?
- 24:38Et en fait il s'est rendu compte que ça fonctionnait,
- 24:42ça embarquait les gens.
- 24:43Il s'est retrouvé à discuter avec Obama,
- 24:45il a lancé un truc dont j'ai bénéficié aussi,
- 24:49et c'est énorme.
- 24:50Et c'est pour ça que je parlais tout à l'heure des passions.
- 24:54de mettre son énergie.
- 24:55Il y a des problèmes.
- 24:56qu'il faut régler.
- 24:59Tu vois,
- 25:01je pense,
- 25:01on a parlé du changement climatique tout à l'heure,
- 25:04mais les smartphones,
- 25:06un marché de 90 milliards en Europe,
- 25:09software américain,
- 25:11hardware asiatique,
- 25:12tu vois,
- 25:14la France qui avait Alcatel et Sagem,
- 25:17l'Europe qui avait
- 25:21Nokia et Ericsson,
- 25:22tu vois,
- 25:22un truc qu'on a complètement laissé filer,
- 25:25alors qu'on en a tous.
- 25:26160 millions de smartphones vendus chaque année,
- 25:29et on est nulle part avec l'impact sur nos enfants,
- 25:33l'impact des réseaux sociaux,
- 25:34tous les datas qui partent ailleurs,
- 25:38amplifiés par l'IA.
- 25:39Tu vois,
- 25:40il y a un problème.
- 25:43Tu vois ce que je veux dire ?
- 25:44Il y a un problème.
- 25:45Et qui est-ce qui s'en empare du coup ?
- 25:47Il faut bien le faire.
- 25:48Il faut bien prendre le sujet.
- 25:49Donc soyez un peu dingue,
- 25:51vous serez suivi.
- 25:51Voilà,
- 25:52exactement.
- 25:52Donc là pour le coup,
- 25:54les batteries,
- 25:55quand on a lancé Verkor,
- 25:57C'était clair en 2019 déjà et même avant qu'on allait passer d'une dépendance énergie fossile à une dépendance batterie.
- 26:06Toutes les batteries étaient chinoises.
- 26:07Donc là,
- 26:08le problème était posé.
- 26:10Là où on a dû expliquer et convaincre,
- 26:15c'est qu'on a dû faire comprendre qu'une start-up pouvait s'emparer du problème.
- 26:20Quand on est en 2019,
- 26:21début 2020.
- 26:22Quand on appelait les gens et qu'on disait il va nous falloir un terrain entre 150-200 hectares et on va investir
- 26:291 milliard d'euros et on va créer 2000 emplois,
- 26:34les gens nous regardaient avec des grands yeux.
- 26:36Mais par contre,
- 26:37personne ne contestait l'enjeu fondamental du besoin d'avoir des batteries européennes.
- 26:43Là sur le smartphone,
- 26:43ce n'est pas encore sur le radar.
- 26:44Ce n'est pas encore forcément sur le radar des politiques.
- 26:48Et donc c'est là où on a besoin de convaincre.
- 26:50Et puis après,
- 26:50il faut le faire.
- 26:51Et une autre leçon que tu m'as proposée,
- 26:53qui est,
- 26:54c'est pas parce que tu sais pas faire quelque chose à un moment que tu sauras pas le faire au bon moment.
- 26:57Alors pour le coup,
- 26:58ça résonne très fort avec le premier épisode de la série du talk,
- 27:01où Manon Cuillerat nous disait qu'après ses études,
- 27:03elle se lance dans un métier qui est pas du tout le sien,
- 27:05qui est pas du tout celui de ses études.
- 27:07Et qu'il faut un certain courage pour se dire,
- 27:09voilà,
- 27:09maintenant je vais faire du roulage-cintrage de métaux alors que j'ai étudié la finance.
- 27:14C'est quoi,
- 27:14toi,
- 27:15ton exemple et ton vécu par rapport à ça ?
- 27:18ce genre de compétences acquises et qui se révèlent ?
- 27:20Ça,
- 27:20c'est vraiment lié au mindset,
- 27:23à la culture de l'entrepreneur.
- 27:25Tu as des gens qui ont fait un PhD en recherche,
- 27:28tu as des gens qui n'ont rien fait.
- 27:32Ce qui est sûr,
- 27:33c'est que l'entrepreneur,
- 27:35lui,
- 27:35ce qu'il sait,
- 27:36c'est qu'il va faire des choses qu'il ne sait pas faire,
- 27:38et notamment au début.
- 27:41Le plus grand rôle de l'entrepreneur,
- 27:43c'est de trouver des gens qui savent faire les choses.
- 27:46mieux que lui.
- 27:46Mais comme il met la graine,
- 27:47comme il plante la graine,
- 27:49il est amené à faire des choses qu'il ne sait pas faire.
- 27:52Je pense à BeeAlp,
- 27:54moi je ne connaissais pas forcément l'environnement du smartphone.
- 27:56J'en connaissais en tout cas pas plus que toi qui es utilisateur du smartphone.
- 28:00J'ai découvert un monde qui est extraordinaire.
- 28:03Avant ça,
- 28:03je ne connaissais pas l'environnement de la batterie.
- 28:05Je ne suis pas ingénieur,
- 28:06mais très franchement,
- 28:09quand j'avais 23 ans,
- 28:10j'ai découvert l'environnement du chariot-élévateur.
- 28:13J'étais chef de produit sur HR Elevator,
- 28:15ensuite j'ai vendu du corindon,
- 28:16je ne suis pas sûr que nos auditeurs savent ce que c'est que c'est de l'alumine électrofondue.
- 28:21Ça je n'avais pas non plus
- 28:22Voilà,
- 28:24tu as tout compris.
- 28:25Dans ces applications,
- 28:26des produits extrêmement techniques.
- 28:28Après,
- 28:31moi je ne connaissais pas tous ces produits et je ne suis pas du tout ingénieur.
- 28:33Par contre,
- 28:36tu as des fondamentaux où tu sais que tu vas aller étape par étape.
- 28:42tu as des choses à construire,
- 28:43à développer.
- 28:45Tu prends les étapes une à une et au fur et à mesure des échanges que tu as,
- 28:49tu en magasines et tu apprends.
- 28:52Et donc,
- 28:54d'ailleurs,
- 28:54c'est marrant parce que chez Verkor,
- 28:57au départ,
- 28:57on luttait contre le « not my job syndrome » .
- 29:01C'est-à-dire les gens qui disaient « ah non,
- 29:02mais moi,
- 29:02je ne sais pas faire ça.
- 29:04Ah non,
- 29:04mais je ne veux pas faire ça. »
- 29:06Écoute,
- 29:07on est 12.
- 29:07Il faut bien qu'il y ait quelqu'un qui le fasse.
- 29:09Ce n'est pas toujours le même qui doit tout porter.
- 29:11Est-ce que tu vois une sorte d'unfair advantage sur ces deux projets qui fait que derrière,
- 29:16on te suit et que c'est plus facile finalement de trouver du soutien alors que d'autres startups industrielles vont beaucoup plus galérer à se faire entendre ?
- 29:25Oui,
- 29:25moi je pense que c'est autour de la mission sociétale que l'on se donne.
- 29:29Et d'ailleurs,
- 29:30moi j'ai une théorie par rapport à ça,
- 29:34et elle est quand même peut-être un peu clivante dans le monde d'aujourd'hui.
- 29:40En France,
- 29:40on met beaucoup d'action sur l'innovation,
- 29:42en Europe aussi,
- 29:43c'est sans doute lié aux règles en matière d'aide d'État,
- 29:46et je parle d'innovation technologique.
- 29:49Donc on développe,
- 29:50des brevets,
- 29:50etc.
- 29:51Moi ce que je vois,
- 29:52c'est que cette politique de l'innovation,
- 29:55elle ne porte pas forcément ses fruits.
- 29:58Pourquoi ?
- 29:58Parce que pour le scale-up,
- 30:00pour l'industrialisation,
- 30:02ça manque quelque part de fonds,
- 30:04d'aide,
- 30:05de soutien sur ce qui est sur des TRL plus élevés.
- 30:08Et du coup,
- 30:08tu as plein de boîtes.
- 30:10Soit leur techno se fait copier par la Chine.
- 30:14Et donc,
- 30:14qu'est-ce que tu fais contre une approche purement je produis,
- 30:18je fais de la techno.
- 30:18Ils sont super forts.
- 30:20Soit les boîtes vont chercher le marché américain.
- 30:23Une statistique que j'ai vu passer.
- 30:25C'est qu'en France,
- 30:27on met
- 30:281 million de sales and marketing sur
- 30:3115 millions d'innovations.
- 30:32Aux Etats-Unis,
- 30:33tu mets 15 millions de sales and marketing sur 1 million d'innovations.
- 30:36C'est fou.
- 30:37Et donc,
- 30:38pour moi,
- 30:38si on veut vraiment réindustrialiser et aller dans ce domaine,
- 30:42il faut réfléchir différemment.
- 30:44Et tu ne peux pas tout miser sur la tech.
- 30:46La tech,
- 30:46c'est important.
- 30:47La technologie,
- 30:48ta propriété intellectuelle,
- 30:49c'est important.
- 30:50Mais il faut vraiment réfléchir à un modèle d'affaires différent.
- 30:53Et c'est là où en
- 30:55liant quelque part le produit et le service,
- 30:59tu crées un avantage concurrentiel par rapport à tes concurrents asiatiques,
- 31:05notamment.
- 31:05Je crois qu'on repart avec plein de choses.
- 31:06Moi,
- 31:07j'aime bien le conseil de « soyez un peu dingue,
- 31:08vous serez suivis » .
- 31:09Je crois que c'est mon préféré.
- 31:10Oui,
- 31:10tout à fait.
- 31:13Dans la prochaine section,
- 31:14je vais te proposer des sujets d'actualité et tu vas me répondre...
- 31:20C'est classe,
- 31:21le public est très au courant,
- 31:23très informé,
- 31:23il n'y a pas forcément besoin d'en faire plus,
- 31:26on est déjà bien informé.
- 31:27Ou ça casse,
- 31:29on en est vraiment loin,
- 31:32on doit en parler plus,
- 31:33les gens ne comprennent rien.
- 31:35Et d'ailleurs les politiques et les journalistes c'est pareil.
- 31:38Et puis pour ceux où ça casse,
- 31:39tu pourras me dire est-ce que c'est ton sujet ?
- 31:41Est-ce que demain tu te vois être porte-parole là-dessus ou pas du tout ?
- 31:44Ça se passe tout de suite dans le C'est classe ou ça casse.
- 31:50Alors,
- 31:50mon premier sujet,
- 31:51c'est la souveraineté énergétique.
- 31:53C'est classe,
- 31:54les gens comprennent.
- 31:55Après,
- 31:55on ne fait pas les bonnes choses.
- 31:57Mais tu vois,
- 31:59quand je regarde la France,
- 32:01on a un avantage concurrentiel énorme.
- 32:05On s'enorgueille d'exporter 91 TWh d'électricité sur les 400 que l'on produit.
- 32:13Et on s'enorgueille d'en mettre quasiment autant dans des data centers.
- 32:17Alors qu'en fait,
- 32:18la base d'électricité,
- 32:19c'est de...
- 32:20la matière première pour l'industrie.
- 32:22Et on pourrait transformer ça en emploi,
- 32:25en activité économique.
- 32:26On pourrait résorber la balance commerciale de la France.
- 32:28C'est 50 milliards,
- 32:29la balance commerciale.
- 32:30Non pas en exportant l'électricité,
- 32:32mais en l'utilisant ici,
- 32:33en exportant des produits fabriqués en France.
- 32:36Donc,
- 32:36tu vois,
- 32:38on est conscient de cet enjeu,
- 32:40mais on ne fait pas forcément les bonnes choses.
- 32:42On est conscient de l'enjeu,
- 32:43on ne sait pas forcément ce qu'on en fait derrière.
- 32:45Et puis,
- 32:45sur la souveraineté énergétique,
- 32:46il y a aussi le sujet...
- 32:48Enfin,
- 32:48on s'écharpe aussi sur la provenance de cette énergie.
- 32:51Parce qu'aujourd'hui,
- 32:51on est très souverain,
- 32:52mais on n'est pas tous d'accord sur le fait qu'elle doit être nucléaire,
- 32:54cette énergie,
- 32:55parce que c'est la réalité.
- 32:57Alors que c'est un sine qua non.
- 32:58Ma deuxième proposition,
- 32:59c'est...
- 33:00C'est un autre de tes chevaux de bataille.
- 33:02Le right to repair,
- 33:04la durée de vie des objets du quotidien.
- 33:05Ouais,
- 33:06non,
- 33:06là,
- 33:06on n'est pas du tout...
- 33:07Donc,
- 33:08ça casse.
- 33:09À mon avis,
- 33:09là-dessus,
- 33:11c'est plus une question d'offre que de demande.
- 33:14Tu sais,
- 33:14c'était sur un modèle d'affaires,
- 33:17globalement.
- 33:17Une société de consommation où ta rentabilité repose sur le renouvellement des produits,
- 33:24tu vas faire un peu de greenwashing,
- 33:26tu vas dire que tu as les pièces,
- 33:27de toute façon tu es compliant par rapport aux règles européennes qui se durcissent,
- 33:33mais en tant que producteur,
- 33:35c'est un caillou dans ta chaussure.
- 33:37Tandis que si tu bases ton modèle d'affaires sur de la longévité et que plus ton produit est utilisé,
- 33:46plus tu gagnes de l'argent,
- 33:48Mais à ce moment-là,
- 33:50ça devient un plus pour toi.
- 33:51La réparabilité,
- 33:52la longévité,
- 33:54ça te permet de gagner plus d'argent.
- 33:56C'est ça qu'on a essayé de faire avec BeeAlp.
- 33:59Mais en fait,
- 33:59ce modèle-là,
- 34:00il n'est pas offert largement.
- 34:03Donc c'est là où il faut changer.
- 34:04Ce n'est pas la réparabilité pour la réparabilité,
- 34:07c'est la réparabilité pour la rentabilité.
- 34:09Et du coup,
- 34:10tu aurais eu un autre modèle à proposer à
- 34:12Crocs, par exemple,
- 34:13qui a failli fermer boutique parce que justement,
- 34:15leurs chaussures étaient increvables et que personne ne renouvelait derrière.
- 34:18Écoute,
- 34:19je ne suis pas sûr qu'ils ont failli fermer boutique.
- 34:23Tout est une question de part de marché,
- 34:24en fait.
- 34:26Mais tu vois,
- 34:26c'est un excellent exemple.
- 34:28Je suis d'accord.
- 34:29Nous,
- 34:29on a...
- 34:31Tous des crocs à la maison.
- 34:32Ça fait quand même six paires de crocs.
- 34:35Ah oui,
- 34:35chez toi,
- 34:35d'accord.
- 34:36Oui,
- 34:36mes deux filles,
- 34:37mes deux garçons.
- 34:39Mes filles ne grandissent plus,
- 34:40mais mes garçons,
- 34:40oui.
- 34:41Donc t'imagines le volume d'affaires qu'on leur apporte.
- 34:43Et j'ai déjà pris des crocs concurrentes.
- 34:46Et bien,
- 34:47on voit la différence.
- 34:48Donc,
- 34:48si Crocs est là où elle est aujourd'hui,
- 34:51c'est bien parce qu'elles ont fourni des produits de belle qualité et quelque part,
- 34:56tout le monde le sait.
- 34:57J'ai dit right to repair,
- 34:58je ne l'ai pas traduit.
- 34:59C'est droit à la réparation.
- 35:01Je trouve que c'est très fort comme mot globalement.
- 35:03Et que,
- 35:04oui,
- 35:04c'est un droit.
- 35:05C'est quelque chose que tu portes.
- 35:07Et au-delà du fait qu'il n'y ait pas d'offre,
- 35:09on ne fait pas trop valoir ce droit aussi,
- 35:10d'acheter un objet et de ne pas...
- 35:13Aussi,
- 35:13l'autre modèle d'affaires,
- 35:14je trouve que le right to repair,
- 35:16il est très orienté sur le producteur pour qu'il mette en place les pièces détachées,
- 35:21etc.
- 35:22et la facilité de réparation,
- 35:23ce qui est vraiment très bien.
- 35:25Je trouve ça très bien.
- 35:27Ça va se renforcer dès le 1er janvier de l'année prochaine.
- 35:31Mais en fait,
- 35:32ça se porte plus sur le consommateur finalement et sur de l'éco-conception que sur une responsabilité du producteur à faire en sorte que le produit reste sur le marché plus longtemps.
- 35:46Tu vois,
- 35:47si le vendeur de produits vend un service de réparation à côté,
- 35:54ça l'embarque dans un chemin d'affaires qui est très différent d'une vente nette.
- 36:00Je reviens à la voiture.
- 36:02Imagine qu'on soit dans un monde où tu changes ta voiture quand tes pneus sont usés.
- 36:10Tu changes tous les deux ans de voiture.
- 36:12« Mes pneus sont usés,
- 36:14je vais changer de voiture. »
- 36:16Ce serait complètement...
- 36:18Imagine que...
- 36:20ton fournisseur de voiture et ils te disent,
- 36:23moi je vous vends la voiture,
- 36:25vous pouvez accéder aux pneus,
- 36:26etc.,
- 36:27vous pouvez les acheter sur Internet,
- 36:28mais surtout ne me demandez pas de les changer pour vous.
- 36:33Ce serait complètement ridicule.
- 36:36C'est exactement ce qui se passe avec le smartphone.
- 36:39Tu veux changer ton écran,
- 36:41ça te coûte 400 euros.
- 36:42C'est quand même con.
- 36:45Tout est fait pour que tu rachètes du neuf.
- 36:47éventuellement du reconditionné,
- 36:48mais en tout cas que tu ne répares pas toi-même.
- 36:52Va changer ta batterie de smartphone.
- 36:55Déjà,
- 36:55ça va te coûter
- 36:5680 euros si tu le fais faire.
- 36:58La pièce,
- 37:00la batterie,
- 37:03elle coûte
- 37:0510 dollars au maximum.
- 37:07La coque derrière,
- 37:08ça coûte 7 ou 8 dollars au maximum.
- 37:11Ton écran que tu payes 400 euros,
- 37:13l'écran,
- 37:13le meilleur écran à molette,
- 37:15machin,
- 37:16du...
- 37:17du marché,
- 37:17la pièce coûte 38 dollars.
- 37:19Tu vas payer 400 euros de réparation.
- 37:22Donc c'est pour ça que la réparation,
- 37:25c'est bien.
- 37:26Une offre en économie de la fonction où le producteur reste propriétaire de l'objet et te garantit que ton objet va fonctionner sur la durée,
- 37:37c'est mieux.
- 37:38Mon prochain sujet,
- 37:39c'était la reconversion des friches industrielles.
- 37:41C'est classe ou ça casse les gens sont au courant ou pas du tout ?
- 37:43Oh non.
- 37:45Ça casse.
- 37:45Personne ne connaît l'enjeu de ça.
- 37:48Pourtant,
- 37:49c'est un énorme enjeu.
- 37:52C'est un enjeu qui est vraiment très intéressant et que je connais depuis longtemps.
- 37:57J'ai touché le sujet en 2008.
- 38:00En 2008,
- 38:02je travaillais chez Pechiney,
- 38:03qui avait entre 100 et 150 sites orphelins,
- 38:09sans activité industrielle,
- 38:10mais qui gardaient en portefeuille.
- 38:12Et les règles pour
- 38:14réindustrialiser étaient vraiment extrêmement compliquées.
- 38:17À l'époque,
- 38:18en Angleterre,
- 38:19ils avaient publié un bouquin,
- 38:20ils avaient mis une règle selon laquelle 60%
- 38:25des permis de construire dans une municipalité devaient être octroyés sur des friches industrielles ou sur des friches au sens large.
- 38:32Donc,
- 38:32tu ne peux pas faire d'agricole.
- 38:34Et du coup,
- 38:35ils avaient développé tout un tas d'outils pour reconvertir ces sites.
- 38:38On est 20 ans plus tard,
- 38:40ça a très peu évolué.
- 38:42Très franchement,
- 38:42ça a très peu évolué.
- 38:43C'est un véritable enjeu où on a des sources d'ailleurs de gains qui sont monumentaux.
- 38:50Il faut juste améliorer la manière dont les industriels travaillent avec les autorités dans un but constructif pour réindustrialiser ces terrains.
- 39:01C'est un sujet que tu dois porter,
- 39:03que tu portes peut-être déjà ?
- 39:04C'est un sujet que j'ai beaucoup porté quand je faisais la réindustrialisation.
- 39:09notamment en 2008 à Lannemezan on a toute une belle initiative on a aussi refait ça avec Verkor c'est un ancien site Siemens qui a été réhabilité très franchement ça s'est bien passé c'est pas forcément mon
- 39:25sujet du quotidien aujourd'hui sujet suivant,
- 39:27la souveraineté des données et de l'OS mobile non ça casse les gens
- 39:32on ne réalise pas en fait.
- 39:33Ce n'est pas visible.
- 39:34Tu sais que j'ai réalisé que même si je payais avec mon appli Société Générale,
- 39:40Android a quand même accès aux données.
- 39:43Il y a plein de solutions et les gens ne les connaissent pas.
- 39:46Il y a une douleur persistante et une méfiance qui s'installe aussi bien vis-à-vis d'iOS que d'Android.
- 39:55Tous les gens ont la sensation d'être écoutés.
- 39:59Je regarde un programme télé et je dis des choses,
- 40:04je reçois des pubs.
- 40:06Comment est-ce qu'il sait ?
- 40:07Tu vois,
- 40:08comme ici.
- 40:10Et en fait,
- 40:11on n'a pas touché un dixième du sujet.
- 40:14Et ça me fait rigoler d'ailleurs,
- 40:17parce qu'en fait,
- 40:17on met quand même en place des data centers souverains,
- 40:22on cherche à faire de l'IA souverain,
- 40:24etc.
- 40:25En fait,
- 40:2566%
- 40:27des données saisies en Europe sont saisies sur un smartphone.
- 40:30Du coup,
- 40:31en dernier,
- 40:32la souveraineté sur le matériel qui permet d'exploiter ces données.
- 40:35Pour l'instant,
- 40:36on n'y est pas du tout.
- 40:39On voit des initiatives,
- 40:40notamment au niveau européen,
- 40:41sur les logiciels,
- 40:44mais ça reste très faible.
- 40:46Et en fait,
- 40:48il manque vraiment des dispositifs de soutien pour ça au niveau européen.
- 40:54Et tu vois que ce soit vraiment une politique formalisée,
- 40:57notamment dans les achats de l'État,
- 40:59etc.,
- 40:59qui permettent de développer ce genre de situation à grande échelle,
- 41:03tout de suite,
- 41:04très rapidement.
- 41:04Parce que si tu n'arrives pas à déployer vite...
- 41:07La société,
- 41:08c'est tout.
- 41:09Merci Olivier.
- 41:10Pour la prochaine section,
- 41:11je vais te mettre sur le siège le plus inconfortable de l'émission.
- 41:14C'est le grill.
- 41:16Je vais te demander des réponses courtes sur des sujets un peu plus chauds,
- 41:19peut-être un peu plus gênants,
- 41:21on verra.
- 41:22Ça se passe tout de suite dans le grill.
- 41:27Tu quittes Vercors en 2024.
- 41:29Tu es arrivé au bout de ce que tu pouvais apporter à ce moment-là ?
- 41:31Oui,
- 41:31je pense qu'il aurait pu y avoir d'autres possibilités.
- 41:35J'aurais pu déménager à Dunkerque.
- 41:37ou aller par exemple aux Etats-Unis.
- 41:39Mais ce n'était pas mon choix.
- 41:40La presse a parlé d'une mise sous pression de Renault sur Verkor au printemps 2026 pour des causes de retard,
- 41:46compétitivité,
- 41:46gouvernance.
- 41:47Ça,
- 41:47c'est ce qu'on a pu lire dans la presse.
- 41:49Bonne ou mauvaise idée d'avoir un client dans ces investisseurs ?
- 41:52Excellente idée.
- 41:53On n'aurait pas fait Verkor sans Renault.
- 41:55Et ça reste un partenaire vraiment d'ampleur.
- 41:57Moi,
- 41:57je ne sais pas tous les détails.
- 42:00Ce que je sais,
- 42:00c'est que la presse,
- 42:01elle aime bien l'outrage.
- 42:03Elle aime bien les clivages.
- 42:04On ne parle pas des trains qui arrivent à l'heure.
- 42:05Voilà.
- 42:06et ce n'est pas forcément toujours la vérité.
- 42:09Très bien,
- 42:09ça marche.
- 42:11Beealp promet un smartphone 100%
- 42:12européen.
- 42:13On sait vraiment tout faire en France ou en Europe ?
- 42:15Non,
- 42:15non,
- 42:15non.
- 42:16D'ailleurs,
- 42:16on le promet à
- 42:18100%, mais on a une roadmap pour le faire.
- 42:21Très franchement,
- 42:22au départ,
- 42:22s'il est à 5 ou 10%
- 42:24français ou européen,
- 42:25moi,
- 42:25je serais content.
- 42:27L'idée,
- 42:28de toute façon,
- 42:28c'est que tout ce qu'on va importer,
- 42:29on va le réutiliser.
- 42:31Et donc,
- 42:32notre business model fait que...
- 42:33au fur et à mesure,
- 42:34il va devenir de plus en plus français et européen.
- 42:37Mais on a beaucoup de choses en Europe.
- 42:38Contrairement à la batterie,
- 42:39on n'avait pas grand-chose dans le smartphone.
- 42:42Il y a 20 ans,
- 42:42on était des leaders.
- 42:44Donc,
- 42:44on a plein de petites graines,
- 42:45des gens qui savent faire la microélectronique.
- 42:47Tu vois,
- 42:48il y a encore
- 42:49Nokia, Ericsson et plein d'ingénieurs.
- 42:51Tu as plein de graines partout.
- 42:53Tu réarroses et ça va refleurir.
- 42:55Apple et Samsung se partagent...
- 42:57La quasi-totalité du gâteau des smartphones aujourd'hui,
- 43:00c'est quoi le plan d'action pour s'inviter à leur table ?
- 43:01Tu sais,
- 43:02le smartphone,
- 43:03je parlais du marché européen,
- 43:0590 milliards de chiffre d'affaires tous les ans.
- 43:08Donc Apple et Samsung,
- 43:10c'est
- 43:1060% de ça,
- 43:12grosso modo,
- 43:13ou des 160 millions de smartphones vendus.
- 43:15T'as de la place.
- 43:16Regarde Xiaomi,
- 43:17en 4-5 ans,
- 43:18ils ont eu 16%
- 43:19de part de marché.
- 43:20Qu'est-ce qui fait que
- 43:21Xiaomi a émergé ?
- 43:24Moins cher ?
- 43:24Non,
- 43:25ils ont des bons résultats.
- 43:26Il y a de la place.
- 43:27Les gens nous le disent.
- 43:28Il y a de la place pour un autre acteur.
- 43:30Très bien.
- 43:31Est-ce que tu as déjà payé de ta santé pour remplir tes obligations pro ?
- 43:36Oui,
- 43:36trop.
- 43:39Oui,
- 43:39c'était dur,
- 43:40Verkor.
- 43:40Très franchement,
- 43:41c'était dur.
- 43:42Je fais vachement plus gaffe maintenant à avoir cet équilibre.
- 43:46J'ai ma discipline.
- 43:47Est-ce qu'il y a une promesse faite sous le coup de la fougue des débuts et que tu n'as pas pu tenir pour l'un ou l'autre de tes projets ?
- 43:54Oui.
- 43:55Oui,
- 43:57tu vois,
- 43:57je préfère pécher par optimisme que par réalisme.
- 44:01Mais sinon,
- 44:01quand même,
- 44:02Verkor,
- 44:04on a quand même dit ce qu'on allait faire et on l'a fait.
- 44:06Je m'apprête à faire un show sur BeeAlp.
- 44:08Très bien,
- 44:08on n'attend que ça.
- 44:10Je vais me proposer de se plonger un petit peu dans le futur de tes différentes activités,
- 44:15ta vision sur la suite,
- 44:18finalement.
- 44:19Ça se passe tout de suite dans Retour vers le futur.
- 44:24Si tu devais donner une seule action concrète qu'une PME,
- 44:27une startup industrielle,
- 44:28peut faire demain pour agir sur sa propre souveraineté ?
- 44:32ce serait quoi ?
- 44:33Regarder les achats quand même.
- 44:35La question,
- 44:36c'est quel effort supplémentaire elles peuvent faire pour établir une chaîne de valeur locale.
- 44:41On ne peut pas tout acheter en France,
- 44:43on ne peut pas tout faire en France ou en Europe,
- 44:46mais s'il y a le choix et que quelque part,
- 44:49un petit différentiel économique,
- 44:51il faut regarder aussi à long terme l'avantage de recréer son écosystème localement.
- 44:56Dans cinq ans,
- 44:57qu'est-ce qui te fait dire qu'on a vraiment avancé sur le sujet de la souveraineté,
- 45:01plutôt qu'on en a beaucoup parlé,
- 45:03mais rien n'a bougé ?
- 45:04Écoute,
- 45:05pour moi,
- 45:05c'est assez clair.
- 45:06Il faut regarder le nombre d'emplois manufacturiers en France.
- 45:11C'est assez drôle,
- 45:12d'ailleurs.
- 45:12J'ai lu une stat qui m'a fait bondir dernièrement.
- 45:16Tu l'as postée sur LinkedIn,
- 45:17je crois.
- 45:17Je l'ai vue.
- 45:19Les investissements étrangers en France,
- 45:21c'est 98 milliards ou 96 milliards.
- 45:24les investissements
- 45:26Pensez aux Etats-Unis,
- 45:27c'est 360 milliards,
- 45:29dont 20 à 30%
- 45:30dans le manufacturier.
- 45:32C'est-à-dire que les boîtes françaises,
- 45:33elles savent faire.
- 45:34Il faut juste qu'on remette en place les bases pour que ce soit possible aussi en France et qu'on ne fasse pas que des investissements dans les data centers.
- 45:41Si pour Beealp,
- 45:42tu dois choisir entre contenu européen élevé,
- 45:45prix compétitif ou performance premium,
- 45:48lequel tu sacrifies en dernier ?
- 45:50Le contenu.
- 45:51Je vais t'expliquer pourquoi.
- 45:53Parce que les gens n'achètent pas.
- 45:55sur la base du made in France ou le made in Europe.
- 45:58Ce qui est important,
- 46:00c'est d'avoir une offre qui a un excellent rapport qualité-prix.
- 46:03On achète les produits qui sont sexy et on est prêt à payer un tout petit peu plus cher s'ils sont faits localement,
- 46:09mais pas beaucoup plus cher.
- 46:11Et si on n'est pas capable de tout faire tout de suite en France,
- 46:15on y va par étapes.
- 46:16Quel engagement concret est-ce que l'État français ou l'Union européenne devrait prendre dans les deux prochaines années pour que des projets comme Verkor ou Beealp aient une vraie chance de faire la différence ?
- 46:24Une étape clé,
- 46:25c'est de revoir les règles européennes en termes de concurrence pour pouvoir faire un Buy Europe Act ou un Buy French Act.
- 46:33Nos achats sont nos emplois.
- 46:36Tu achètes une voiture chinoise,
- 46:37tu files 40 000 euros à la Chine.
- 46:40Tu achètes une voiture européenne,
- 46:42tu files 40 000 euros à l'économie locale.
- 46:44Tu crées des emplois et tu crées tes futurs clients aussi.
- 46:49Tu crées du ruissellement.
- 46:50La deuxième mesure,
- 46:52ce serait de ne pas être naïf et de se mettre dans une approche non pas seulement d'investissement étranger en France,
- 46:58mais de co-investissement avec des JVL,
- 47:01une proposition de transfert de technologies de manière très constructive en mode win-win,
- 47:07comme ont fait les Chinois dans les années 90 et les années 2000.
- 47:10Je pense que tu aurais pu garder celle-là pour ma prochaine question,
- 47:12puisqu'on va conclure l'émission maintenant.
- 47:15Et ça se passe dans les questions signatures.
- 47:18Quelle serait ta première mesure ?
- 47:20Si tu étais ministre de l'industrie demain,
- 47:23laquelle tu choisis du coup ?
- 47:24Ma première mesure,
- 47:25c'est que je mets en place les achats locaux avec des règles extrêmement précises pour ne pas baisser la compétitivité,
- 47:33la qualité,
- 47:34mais vraiment un incentive sur le Buy Local Act.
- 47:38C'est quoi ton pire souvenir média ?
- 47:39C'est en Afrique du Sud.
- 47:41Je travaillais pour Alcan,
- 47:44il y avait un gros projet industriel.
- 47:47Et à l'époque...
- 47:50il y avait des problèmes d'électricité il y avait des blackouts et dans une soirée perso,
- 47:56j'ai rencontré un journaliste en fait je ne savais même pas qui était journaliste et je me plaignais,
- 48:01on avait failli avoir un incendie dans la maison et le lendemain il y a un titre dans Engineering News qui est l'équivalent de l'usine nouvelle,
- 48:09le patron d'Alcan en Afrique du Sud,
- 48:11crache sur Escom tu vois et là toute la hiérarchie m'est tombée dessus
- 48:18C'était vraiment un sale moment.
- 48:20C'était un sale moment.
- 48:21Il faut toujours faire attention à ce qu'on dit.
- 48:23Il faut toujours faire attention à tout, à qui écoute à côté.
- 48:26C'est fou,
- 48:27ça.
- 48:28Quel conseil tu te donnerais,
- 48:30peut-être juste avant ta discussion avec Benoît,
- 48:33quand il vient te chercher sur Verkor ?
- 48:35Mets tes limites,
- 48:36tout de suite.
- 48:37Dans le sens,
- 48:37poser tes limites ?
- 48:39Voilà.
- 48:40C'est quoi pour toi,
- 48:40oser l'efficacité ?
- 48:41Oser l'efficacité,
- 48:42c'est la règle du 80-20.
- 48:45C'est
- 48:4520% des actions donne
- 48:4780%
- 48:49des retours,
- 48:50t'embarques pas,
- 48:51te diffuses pas,
- 48:52exécution,
- 48:53focus.
- 48:54C'est aussi focaliser sur ce que tu vas faire cette semaine plutôt que de penser à ce que tu vas réaliser dans trois ans.
- 49:06C'est quoi ton prochain petit pas ?
- 49:08C'est comme ça que tu peux être efficace parce que penser à la cible,
- 49:12au sommet,
- 49:13ça peut te rendre inefficace.
- 49:15T'es en levé de fonds actuellement,
- 49:16tu veux passer un message ?
- 49:17Oui,
- 49:17tout à fait.
- 49:18On peut devenir actionnaire de Beealp à partir de 1000 euros.
- 49:22Il y a une campagne en cours sur
- 49:24sowefund. J'invite vraiment les gens à embarquer.
- 49:26Il y a deux raisons pour ça.
- 49:28D'abord,
- 49:29c'est un projet qui est B2C,
- 49:31donc pour les consommateurs.
- 49:32Et donc,
- 49:33c'est important pour nous d'avoir une base de consommateurs et d'ambassadeurs qui s'embarquent avec nous.
- 49:38Vous êtes investisseurs,
- 49:38donc vous aurez votre mot à dire sur la solution qu'on va lancer.
- 49:42Et donc,
- 49:42plus vous êtes nombreux,
- 49:43meilleur sera la...
- 49:44solution.
- 49:45Et le deuxième aspect,
- 49:46c'est très lié à ce que j'ai appris avec Muhammad Yunus.
- 49:49Je suis vraiment en faveur du partage des valeurs.
- 49:53On a parlé des valeurs tout à l'heure,
- 49:55c'est important qu'on partage les mêmes valeurs culturelles,
- 49:58humaines,
- 49:58mais c'est aussi important de partager la valeur de ce que l'on fait,
- 50:02et donc qu'il y ait du ruissellement de la valeur créée vers les actionnaires,
- 50:07les employés,
- 50:08et vers l'ensemble de son écosystème.
- 50:11Et c'est pour ça que je trouve qu'ouvrir très tôt son capital à tout le monde est vraiment important.
- 50:17Un autre moyen de te contacter,
- 50:18peut-être ?
- 50:19Moi,
- 50:19je suis contactable assez facilement.
- 50:22Mes coordonnées sont sur LinkedIn.
- 50:24Très bien.
- 50:25On mettra ton LinkedIn,
- 50:26comme ça,
- 50:26on a tout au même endroit.
- 50:27Parfait.
- 50:27S'il n'y a qu'une seule chose à retenir de cet épisode,
- 50:30ce serait quoi ?
- 50:30L'énergie positive.
- 50:33Je sens qu'au travers,
- 50:34derrière tes questions,
- 50:35il y a beaucoup d'énergie positive qui se dégage.
- 50:38Merci beaucoup.
- 50:39C'est tout pour cette semaine.
- 50:40Moi,
- 50:40je vous retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle vidéo.
- 50:42Et d'ici là,
- 50:43surtout,
- 50:43n'oubliez pas d'oser l'efficacité.