Latest / Beyond Work & Life / Comment gérer une équipe sous pression avec Christian Prouteau, fondateur GIGN
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- 0:00Si vous raisonnez avec le côté du miroir qui est le vôtre, Eh
- 0:04bien vous raisonnez avec vous même.
- 0:06Vous avez en face de vous quelqu'un qui potentiellement
- 0:09peut vous tuer. J'ai vécu comme.
- 0:12Comme quelque chose que de d'insupportable et je le VIS
- 0:15toujours, la disparition des 3 garçons qui sont décédés sous
- 0:18mon commandement à l'entraînement.
- 0:20Quand en plus vous pouvez avoir le pouvoir de donner la mort,
- 0:23c'est une valeur absolument cardinale et monstrueuse, vous ?
- 0:26Parliez de de de ce que leur ont fait en entreprise, mais on fait
- 0:31la même chose, sauf que nous il y a des coups de feu.
- 0:33Et ce jour-là, vous comprenez que le chef, il porte ses
- 0:36victoires en public et ses morts en silence.
- 0:38Je dis. Toujours j'ai fait ce que j'ai
- 0:41fait, mais je l'ai fait parce que j'étais pas tout seul.
- 0:44C'est de la manipulation à ce moment-là.
- 0:45Absolument. C'est à dire ?
- 0:47Je n'avais jamais envisagé de prendre un peu de cuisine dans
- 0:50la tête hein ? Je cherchais pas du tout à juger
- 0:52le président, ça me regardait pas.
- 0:53L'histoire commence en 1972 au JO de Munich.
- 0:55Un commando terroriste septembre noir prend les athlètes
- 0:58israéliens en otage. L'intervention des forces de
- 1:00l'ordre allemandes. Retourne au fiasco, coûtant la
- 1:04vie à 11 otages à l'époque, la réponse française à la terreur
- 1:08est portée par un jeune commandant qui tire une leçon de
- 1:11ce carnage, on ne combat pas le chaos sans volontariat et sans
- 1:15une culture du collectif supérieur à la somme des égaux.
- 1:18Ils font alors le GIGN, une unité d'élite bâtie sur ce
- 1:21principe et le respect inconditionnel de la vie. 470
- 1:24otages sauvés plus tard, celui qu'on appelle le grand est
- 1:27devenu la référence de la gestion de crise.
- 1:31Aujourd'hui, l'entreprise, elle aussi, est en crise, crise de
- 1:34sens, crise d'engagement, incertitude géopolitique, choc
- 1:37des générations. Comment recruter, animer et
- 1:41faire grandir ses talents, transformer la peur de l'échec
- 1:44en moteur d'engagement, distinguer la vraie volonté de
- 1:47la simple soumission au système ?
- 1:49Et surtout, comment maintenir une cohésion d'élite lorsque le
- 1:52système d'origine, la hiérarchie, est le premier
- 1:55adversaire de l'innovation ? Pour en débattre, je reçois
- 1:58Christian croteau, fondateur du GIGN.
- 2:01Bienvenue dans Beyond work in Life.
- 2:02Je suis Benjamin Suchard, cofondateur et directeur général
- 2:05de Work Life. C'est parti.
- 2:06Les employeurs révolutionnent l'organisation du travail en
- 2:09intégrant le sport dans les plannings.
- 2:11Que pensez-vous du travail féminin ?
- 2:13Doivent pas travailler. Ces personnes qui aident un
- 2:15proche handicapé où malade auront désormais droit à un
- 2:19congé rémunéré. Aujourd'hui, les gens n'ont pas
- 2:22envie d'aller travailler. Je suis désolée de le dire.
- 2:24Je je travers la rue, je vous en trouve.
- 2:25Ils veulent simplement des gens qui sont prêts à travailler,
- 2:28cagoulés, vêtus de noir depuis le début de la contestation
- 2:31contre le projet de loi. Travail.
- 2:42Christian Croteau merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation.
- 2:45Merci de m'avoir invité, Bonjour alors quand ?
- 2:47On observe votre parcours, on y voit une trajectoire qui est
- 2:51marquée en réalité par l'innovation, l'épreuve, la
- 2:54transformation. Ça ressemble un peu à un
- 2:56parcours du héros, d'un blockbuster, d'un film.
- 2:59Et une fois n'est pas coutume, j'aimerais qu'on rembobine un
- 3:03petit peu le fil de votre vie pour en tirer dans chacun des
- 3:07enseignements. Alors on va commencer par
- 3:10septembre 1972. Vous sortez de l'école de Melun,
- 3:13vous êtes jeune lieutenant, vous avez votre premier poste et vous
- 3:16rentrez le soir, vous allumez la télé et là la prise d'otages de
- 3:19Munich. Vous êtes témoin de cette prise
- 3:22d'otages comme près d'un milliard et demi de personnes
- 3:26qui suivent les les Jeux olympiques et tout le monde voit
- 3:28cette prise d'otages se dérouler sous ses yeux.
- 3:31Et là vous vous dites Bah si ça arrive demain en France, on fera
- 3:35pas mieux, qu'est ce que vous voyez-vous ce jour là ?
- 3:38Finalement que personne ne veut voir.
- 3:40Quand je suis devant ma télévision, je vois ce que j'ai
- 3:44déjà ressenti avant, à travers 2 grands échecs de la gendarmerie
- 3:48qui sont en 1969 une prise d'otage d'un père ou après une
- 3:50décision de justice se retrouve à devoir redonner ses enfants à
- 3:54son épouse et qui menace de les tuer si on on le les, on les lui
- 4:00laisse pas. Erreur tactique énorme.
- 4:02On impose à l'officier de gendarmerie, au responsable de
- 4:05cette affaire. D'intervenir alors qu'il y a
- 4:10cette menace qui pèse sur sur les enfants en disant un père,
- 4:14une certitude, un père ne tue pas ses enfants.
- 4:17Il avait dit, Si vous intervenez, vous entendrez 3
- 4:20coups de feu, 2 pour mes enfants, un pour moi.
- 4:23Et le drame a été consommé au moment où les gendarmes sont
- 4:25intervenus. Et je sais que cet officier dont
- 4:29je cite, Je tairai le nom mais que j'ai toujours en mémoire
- 4:33parce que je sais que ça lui a pourri sa vie.
- 4:36Il s'en est jamais remis de ce drame d'avoir obéi à un ordre
- 4:41dont il savait que peut être il y avait rien d'urgent qui il
- 4:44suffisait d'attendre. Acte premier.
- 4:46Le 2e acte c'est en 71 tient la prise d'otages de Cestas et de
- 4:50Clairvaux dans une prison avec une assistante sociale et avec
- 4:54un gardien de prison. Ils avaient juste un couteau
- 4:58bricolé. Vous voyez buffet et bon temps,
- 5:00rien. Dont on puisse penser que il
- 5:04puisse être suffisamment important comme arme pour
- 5:08pouvoir tuer 2 2 personnes. Très rapidement on monte une
- 5:12opération avec cette certitude cette fois-ci, une autre il y a
- 5:17une femme. Il assassinera pas devant une
- 5:19femme de sang froid. Ils n'assassineront pas leurs 2
- 5:23otages. Il y a une erreur qui me semble
- 5:24monumentale, c'est que les gens qu'on envoie à l'intérieur d'une
- 5:28prison qui est fermée à clé, ça va à peine manier l'explosif,
- 5:31mettre du temps pour intervenir. Alors que si on veut intervenir,
- 5:35il faut jouer sur l'exécution, la rapidité d'exécution.
- 5:38L'effet de. Surprise pour éviter le de
- 5:41qu'ils se retournent sur les sur les otages.
- 5:45Et le le drame absolu arrive au moment où les gendarmes sont
- 5:52dans la pièce où ils étaient retranchés.
- 5:54Eh bien y a 2 morts, l'assistante sociale et le
- 5:57gardien de prison égorgé. Et là on était en école de
- 6:00gendarmerie et moi à la fin du cours peut être un peu trop
- 6:04tard. Je lui dis, mais mon capitaine,
- 6:07si on a ces stats au clairvaux, qu'est ce qu'on fait ?
- 6:11Et il me regarde, voilà. Avec derrière l'énervement de
- 6:15tous mes copains qui comme dans chaque cours fussent ils des
- 6:20cours dans une école. Officier de gendarmerie dit
- 6:23Punaise il nous fait suivre plutôt vu l'heure on devrait
- 6:25sortir. Ça devait être à 12h00 l'heure
- 6:28du déjeuner et et il dit Ben écoutez vous ferez preuve de
- 6:31discernement. Donc je n'ai pas de réponse à la
- 6:34question qui me taraudait déjà et je me retrouve donc on sort
- 6:39en en juillet 72. De Melun de l'école.
- 6:44Très peu de temps après, avec ce que vous vous rappeliez dans
- 6:47votre préambule, cette affaire de de, de, de la prise d'otage
- 6:52de Munich, avec cet échec énorme qui fait que je suis comme tout
- 6:59spectateur, choqué mais choqué. Et là c'est l'officier de
- 7:04gendarmerie par le le fait que ce soit un échec.
- 7:09Par la non préparation totale. La non préparation totale et je
- 7:11décide de me pencher sur l'opération.
- 7:14Par exemple, je vous donne un exemple où où même sans être
- 7:17GIGN +10, vous comprenez la difficulté.
- 7:20Il y avait 5 preneurs, 8 preneurs d'otages.
- 7:24Et il. Y avait 5 fusils de tireur dit
- 7:28d'élite, donc vous dites mathématiquement, si on voulait
- 7:32éliminer tout le danger en même temps, il fallait au minimum
- 7:35autant de fusils. Que de preneurs.
- 7:37D'otages, que de preneurs d'otages.
- 7:39Article un Article 2, je découvre que ces gens sont des
- 7:43gens auxquels on a demandé s'ils savaient tirer parce qu'il y
- 7:45avait pas eu de préparation avant.
- 7:47On leur dit qui sait tirer ? Donc des gens lèvent le doigt,
- 7:50moi je fais de la chasse, moi je suis dans un club de tir, et
- 7:53cetera. Et surtout, le pire, c'est que
- 7:56les les les otages qui étaient ont entravés avec des cordes
- 8:01dans un hélicoptère, le chef du commando a balancé une grenade
- 8:05incendiaire. Qui a mis le le feu à
- 8:07l'hélicoptère et qui malheureusement a conduit à la
- 8:10mort les 11 athlètes israéliens ?
- 8:13Donc quelque chose où on se dit, mais comment c'est possible et.
- 8:17Quand vous, quand on y pense ce matin.
- 8:19On est bien évidemment parce que, à l'aune de tout ce que le
- 8:22GG n'a pu présenter depuis des années et où tout le monde finit
- 8:25par s'intéresser, s'est intéressé à la chose
- 8:28professionnelle, on on se dit, mais comment ?
- 8:31C'est, c'est possible. Et ce jeune couteau dont vous
- 8:34parlez, qui posait des questions un petit peu à la fin des cours
- 8:39et qui pensait un petit peu différemment, en tout cas des
- 8:42autres, finalement, c'était quoi son leitmotiv ?
- 8:46Comment vous vous définissez comme atypique ?
- 8:50Qu'est ce qui faisait votre différence à l'époque dans cette
- 8:54gendarmerie que vous qualifiez d'ailleurs ?
- 8:56Un petit peu de carcan, hein. À l'époque, c'était très.
- 9:00Convenu ? On va dire comment vous aussi,
- 9:03vous arrivez un petit peu à à laisser libre cours à votre
- 9:07créativité, à aller poser des questions que d'autres n'osent
- 9:11pas poser, c'est quoi qui vous motive et comment vous vous y
- 9:14arrivez ? Je pense que le c'est, c'est
- 9:16c'est tout le problème de de de ceux auxquels on confie une
- 9:20mission et qui resteraient en deçà de la mission.
- 9:23Et ça, il faut pas être écrasé par ceux qui vous l'ont confié.
- 9:26Il faut conserver son libre arbitre.
- 9:28Et moi, ce qui m'a différencié de de tous les autres, c'est
- 9:31simplement que quand quelque chose je trouvais ça stupide,
- 9:36j'avais la propension à le dire. Alors que d'une manière
- 9:39générale, les gens peut être pour pas avoir de souci, pour
- 9:42pas avoir de problème. Parce que s'ils demandent
- 9:46pourquoi, pourquoi ? La réponse à la question on va
- 9:50vous ? Dire bah, puisque vous êtes si.
- 9:52Malin, faites le comment. Et moi ça au au contraire de me
- 9:56gêner, ça me. Ça ne me paraissait naturel et
- 10:00j'ai toujours eu cette propension à me dire si ça me
- 10:03plaît pas, si je le laisse comme ça, ça bougera jamais, donc
- 10:07autant le changer. Bon, enfin, je vous écoute, ça
- 10:09me fait vraiment penser. Finalement, vous avez été
- 10:11entrepreneur d'un certain côté, vous avez porté une disruption
- 10:16au sein de l'armée, vous arriviez avec des règles
- 10:19établies, et vous vous êtes dit, Ben, on peut faire différemment,
- 10:21ou en tout cas on peut penser différemment et vous avez
- 10:24réussi. À bah imposer quelque chose qui
- 10:28était différent, une manière, un regard différent.
- 10:30Donc c'était extrêmement entrepreneurial en réalité.
- 10:33J'aime beaucoup votre comparaison d'entreprise.
- 10:35Absolument. Mais j'aime bien cette idée que
- 10:38quelqu'un a une idée auquel personne n'a pensé, ou du moins
- 10:42observe à travers le vide sidéral d'un dossier ou d'un
- 10:46projet, à tout d'un coup l'étincelle qui fait que tout
- 10:49peut changer et que il a le courage de le faire.
- 10:53Et cette opportunité ? Il faut savoir dans nos
- 10:56entreprises avoir le déclic pour celui qui qui manage le le bon
- 11:01leader de comprendre qu'effectivement il YA1 garçon
- 11:03qui peut apporter beaucoup une fille, pardon, mais quelqu'un
- 11:07dans le matériel humain qu'on a en face de soi qui peut être un
- 11:11plus pour pour l'entreprise et l'objectif qu'elle s'est fixé.
- 11:14Et d'ailleurs ça allait même un peu plus loin, vous parliez.
- 11:18De votre collègue à l'époque, en 1969, qui s'en veut encore de
- 11:22devoir obéir et en réalité, vous dites, il faut et vous l'avez
- 11:27porté pouvoir faire des choses interdites, il faut pouvoir
- 11:30désobéir. Comment on on arrive à à porter
- 11:35justement cette singularité tout en demandant à ces hommes, je
- 11:41suppose ? De pouvoir obéir, c'est un peu
- 11:45une contradiction en réalité. Oui, vous avez raison, sauf que
- 11:47la contradiction, elle est au pied du mur.
- 11:50J'ai tendance à penser que les pow wow c'est en entreprise.
- 11:54C'est c'est bien au départ pour partager la réflexion sur une
- 11:59problématique, mais à un moment il faut que quelqu'un prenne une
- 12:01décision et cette décision, soit elle est à côté de la plaque et
- 12:05dans ce cas-là, le chef n'est pas n'est pas à sa place, soit
- 12:10elle est nécessaire il y a. Un adage, les adages militaires,
- 12:14on les connaît tous puisque les entreprises ont les mêmes.
- 12:17Le chef a toujours raison. Article un avec cette suite
- 12:21idiote que tout le monde connaît mais que je je rappelle quand
- 12:23même si par hasard le chef n'avait pas raison, l'article un
- 12:27rentre entre en rigueur. Je me rappelle me retrouver à
- 12:29l'école de Melun une dernière fois où on m'a fait venir en
- 12:33tant que à l'époque jeune officier mais ayant le parcours
- 12:36GE gène que tout le monde admirait.
- 12:38On dit tiens, après tout, plutôt pour la dynamique de l'école,
- 12:42c'est important. Et on fait venir dans cette
- 12:45école de Melun qui est qui est plutôt un peu casque à boulons,
- 12:48Vous voyez très très carré en prévoyant le danger puisque les
- 12:52le premier rang, c'était les professeurs, le le général
- 12:55commandant l'école et cetera. Les élèves étant sur les 2e et
- 13:003e rangs arrière, j'ai voulu taper sur leur rôle qui a été le
- 13:04leur de chef après. Je dis, vous avez une vous, vous
- 13:08aurez un moment, une responsabilité de la prise de
- 13:10décision. Je voudrais vous vous souvenir
- 13:12d'une chose et on va faire une espèce de de débat ensemble.
- 13:18Je ferai les les réponses, vous allez voir article un, le chef a
- 13:22toujours raison et moi je vais vous dire, le chef a toujours
- 13:26tort. Alors vous imaginez-vous voyez
- 13:30le premier rang de tous les galonnés décomposés se tasser
- 13:35sur leurs sièges. Ça y est, va, va nous en sortir
- 13:39une. Je dis pourquoi le chef a
- 13:41toujours tort et que c'est ce que vous devez vous rappeler
- 13:44avec la responsabilité qui qui qui est la vôtre parce que vous
- 13:49avez mal expliqué la mission. Et vous allez me dire, non, non,
- 13:54non, non, non au capitaine, pas du tout, la mission était très
- 13:56bien expliquée et tout. Ah dans ce cas-là, si la mission
- 14:01était bien expliquée, c'est que vous avez pas choisi la personne
- 14:05qu'il fallait pour exécuter cette mission.
- 14:08Donc le chef a toujours tort. Article 2 dans cette affaire là
- 14:13alors et vous allez me répliquer, je le sens, je le
- 14:16sens venir, vous êtes là, assis, mais je sens ça, ça, ça bout en
- 14:20vous. Ah non, non, non, non, non, mon
- 14:23capitaine, on avait choisi le bon.
- 14:26Eh Ben vous l'avez mal formé. Donc le triptyque infernal, il
- 14:31existe partout, choisi, bien expliqué la mission, qu'elle
- 14:35soit claire. Deuxièmement, prendre la
- 14:38personne idoine qui a été formée pour la remplir.
- 14:40D'accord, donc il faut etre un peu rebelle aussi.
- 14:43Voilà, faut toujours se poser la question du pourquoi aussi et de
- 14:47l'ordre. Très bien.
- 14:48Est ce que vous pensez que. Les profils atypiques, puisque
- 14:53vous définissez comme atypiques. Ils ont encore leur place
- 14:58aujourd'hui dans la dans la gendarmerie autant qu'hier.
- 15:02Alors j'ose l'espérer, parce que bien évidemment, aussi le
- 15:07tournant que nous avons pris avec ce qu'on appelle maintenant
- 15:09cette notion d'intervention par rapport à une gendarmerie, je
- 15:12dirais un peu plus classique, d'aucuns qualifiés de de
- 15:16chaussures à clous, hein, donc. Une gendarmerie un peu plus
- 15:20ancienne la gendarmerie a toujours avancé.
- 15:23Elle est en en position d'avancée, que ce soit au niveau
- 15:26de l'informatique par rapport à tout ce qui se passe au niveau
- 15:31des des cryptomonnaies, au niveau de de l'utilisation de
- 15:34d'internet au niveau il y a maintenant du fait de de
- 15:39l'évolution de la législation autour de de de de cette notion
- 15:43du droit informatique qui n'existait pas hein, de ou la
- 15:45législation autour de l'informatique et la protection
- 15:48des données. Il y a la nécessité d'avoir des
- 15:52gendarmes qui soient pas le gendarme classique tel qu'on
- 15:55l'imaginait avec son son vélo dans une une tournée de brigade.
- 16:00Donc il il y a toujours la nécessité du terrain, c'est à
- 16:03dire collé à la réalité de la population au niveau du
- 16:07renseignement. Mais il y a cette nécessité, à
- 16:09travers les missions de la gendarmerie, d'évoluer à la fois
- 16:14au niveau scientifique mais à la fois au niveau technique.
- 16:18De techniques d'intervention. Et je crois que des unités comme
- 16:21le GIGN qui maintenant est devenu une grande grande maison,
- 16:23cette notion d'intervention a changé beaucoup de choses.
- 16:26Je voudrais juste faire un tout petit parallèle pour dire que
- 16:30les chiens font pas les chats. Mais j'ai eu le un papa qui a
- 16:33été officier gendarmerie et qui a développé un système qui est
- 16:36un système de rapprochement judiciaire, le but étant de
- 16:39pouvoir sur des affaires non résolues.
- 16:44Les attributs à des gens que l'on a arretés.
- 16:46OK. Alors si on revient justement à
- 16:49la création du du GIGN, vous embauchez au début 17 hommes sur
- 16:55le volontariat absolu, on l'a vu un peu.
- 16:59Pourquoi ? Notamment face à Munich.
- 17:00C'est quoi quand meme ce volontariat absolu selon vous ?
- 17:04Et comment vous les recrutez, ces hommes ?
- 17:06C'est quoi les critères que vous allez mettre en place pour avoir
- 17:10votre première garde rapprochée ?
- 17:14Alors la question est intéressante, c'est les
- 17:16critères, les critères. Ils sont après tout, puisque le
- 17:20volontariat, comme vous le soulignez, c'est déjà une
- 17:23démarche. Quand vous dites à des gens on
- 17:27va créer quelque chose, on sait pas ce que c'est, on on peut pas
- 17:30vous dire ce que ça sera, on sait pas ce que c'est.
- 17:34On peut pas vous dire ce que ça ?
- 17:35Est ce que vous voulez me dire ? Je sais pas si vous voyez le
- 17:38niveau de la démarche. Surtout quand pour ceux qui
- 17:41auront été sélectionnés sur les. Les 50 premiers volontaires où
- 17:46le le le, le bagage qu'on leur demandait était plutôt un bagage
- 17:52physique avec quelque chose que l'on ne peut pas contrer pour
- 17:55soi. Autant on peut, je veux dire un
- 17:58exercice idiot, faire 10 abdominaux de plus que ce qu'on
- 18:02est capable de faire si on s'entraîne.
- 18:04Par contre, si on est, on a horreur du vide, on est sujet au
- 18:10vertige. C'est pas un acte volontaire qui
- 18:12peut vous permettre de contrer ? Cela.
- 18:15On peut pas changer ça, on peut pas changer ça.
- 18:17Malheureusement j'ai limité sur le tir parce que à moins de
- 18:20d'avoir un type qui avait qui voyait rien du tout, mais bon
- 18:24c'était pas le cas. Donc le tir était juste une pour
- 18:27montrer si les gens, comment ils non, comment ils se
- 18:30comportaient, comportaient quand on leur mettait une arme en
- 18:33main. Parce que paradoxalement
- 18:35beaucoup de policiers ou de gendarmes détestent utiliser
- 18:38leurs armes. Il y a ceux qui ont un mauvais
- 18:39rapport avec les armes. Et il y a beaucoup de gens qui
- 18:42ont une crainte de l'arme parce que ils savent que ça peut tuer
- 18:45et ils se rendent compte du pouvoir que représente une arme.
- 18:48Donc il fallait juste que je vois quel était le rapport
- 18:51qu'ils avaient avec l'arme, donc c'était pas le tir.
- 18:54Je savais que j'en ferai. J'ai dit moi même un excellent
- 18:57tireur. J'avais mes idées sur la manière
- 18:59de les entraîner et tout, donc j'avais pas besoin de ça.
- 19:02J'avais besoin d'une base solide physique, donc il y avait des
- 19:06tests d'assignés à à à ce que je perde pas trop de temps à les
- 19:10former. Et il fallait qu'ils adhèrent à
- 19:15une valeur essentielle qui me paraissait essentielle.
- 19:18C'est ce que je leur dirai pour les 17 qui ont été sélectionnés.
- 19:20Comprendre que on ils allaient avoir entre leurs mains un
- 19:24pouvoir monstrueux qui était le pouvoir de vie et de mort sur
- 19:28les personnes qu'ils avaient en face d'eux.
- 19:29Ils étaient pas là pour les juger, ils étaient pas les les
- 19:33exécuteurs des hautes œuvres. Il y a pas de notion de
- 19:35vengeance, il y a pas de ce que tu as fait, c'est pas bien, donc
- 19:37tu vas mourir tout de suite. Il fallait déférer à la justice
- 19:40et c'est ça qui est bien avec un système démocratique, avec une
- 19:45une différence entre la justice immédiate et la justice avec des
- 19:49juges. Il y a l'interpellation faite
- 19:52par des professionnels, des policiers et des gendarmes et
- 19:54ensuite pour les déférer devant la justice.
- 19:58Finalement, y a y a les compétences.
- 20:00On pourrait appeler ça des hard skills, la capacité en effet à
- 20:04pouvoir ne pas avoir peur en cas de vertige.
- 20:07Mais y a finalement beaucoup plus important.
- 20:10Les valeurs et les valeurs, c'est ce qui est essentiel.
- 20:13Et ça, vous avez la capacité dans des candidats de voir
- 20:18justement les personnes qui peuvent adhérer à ces valeurs,
- 20:22la valeur, la vie. Quand en plus vous pouvez avoir
- 20:25le pouvoir de donner la mort. C'est une valeur absolument
- 20:29cardinale et monstrueuse. Qu'est ce qui dans le
- 20:34recrutement permet de voir justement si un candidat futur
- 20:40candidat peut adhérer à cette philosophie que vous
- 20:43développez ? Alors la question est est très
- 20:47difficile et je pense qu'il serait imprudent de ma part de
- 20:50donner une réponse qui soit certaine.
- 20:52Moi j'adorais et j'adore et j'ai toujours enseigné à mes
- 20:55officiers qui ont. Qui ont, qui ont, qui m'ont
- 20:57succédé et je sais qu'ils le mettent en place.
- 21:00Ce que j'aime beaucoup c'est le regard.
- 21:02Moi je pense que quand on regarde les gens, les gens qui
- 21:05vous regardent pas, c'est pas de leur faute, mais on sent que
- 21:09psychologiquement il YA1 problème, si, mais croiser le
- 21:12regard de quelqu'un me paraît essentiel, y compris d'ailleurs
- 21:14on pourrait peut être l'évoquer dans la négociation, il se il se
- 21:17trouve que. Cette notion du regard me paraît
- 21:20pour pour ma part essentielle, et donc il.
- 21:22YA1 côté instinctif, oui, en fait absolument que vous vous
- 21:26sentez directement. Alors je je.
- 21:29Je dis encore que ça peut être prétentieux, mais je crois que
- 21:33le fait de mettre les gens face à cette épreuve qui est tu veux
- 21:37venir ? Tu me regardes, tu veux me poser
- 21:40les questions ? Eh bien on va voir ces
- 21:42questions. Si tu vas savoir les poser, si
- 21:44tu savoir pourquoi tu les poses. Et si tu veux faire une mission,
- 21:47si tu veux partager une mission, si tu veux rentrer dans une
- 21:50entreprise, si tu veux accepter de d'être dans cette belle boîte
- 21:56qui t'ouvre ses portes, il faut que je vois dans tes yeux ton
- 21:59envie l'avoir. Envie avoir envie.
- 22:01Est ce que vous avez déjà fait des erreurs de recrutement au
- 22:04GIGN ? Alors sous mon commandement,
- 22:06j'ai pas le sentiment d'en avoir fait, donc je ne peux pas juger
- 22:09pour les autres bien sûr, y. A jamais une fois une personne
- 22:13que vous avez recrutée et et je sais pas, y avait pas de lien ou
- 22:17moins de lien avec le groupe d'une personne qui a pas pu
- 22:22s'intégrer de la même manière, ça ça n'est jamais arrivé.
- 22:25Alors on a eu cette chance et vous avez raison de poser la
- 22:27question. On a eu cette chance au début,
- 22:29n'étant pas beaucoup, n'ayant pas eu la.
- 22:32La distance dans le temps puisqu'on nous a donné 6 mois de
- 22:35pour être opérationnel, c'était pas beaucoup donc on a pu
- 22:38continuer après à entraîner sans avoir de d'intervention majeure.
- 22:44Qui qui aurait pu mettre peut être en évidence des mauvais
- 22:48choix parce que en fait c'est à 2 étages la fusée.
- 22:53Vous pouvez avoir fait un mauvais choix mais au moment où
- 22:55vous désignez sur le terrain, rappelez-vous l'adage.
- 22:58Vous avez choisi la bonne personne ou pas ?
- 23:00Donc vous savez, au moment où vous faites les premières
- 23:03interventions, qui est le plus à même le plus le plus dans son
- 23:08assiette si j'ose dire, par rapport à la mission que vous
- 23:11allez lui confier. Et si vous avez un petit peu
- 23:14failli dans le dans la sélection à ce moment-là, vous vous lui
- 23:19donnez du temps. Pour pour se rattraper ?
- 23:21Finalement, vous êtes 1 1 sélectionneur, vous arrivez à
- 23:24trouver les bons hommes au bon moment pour la bonne situation ?
- 23:29Voilà, je crois que c'est c'est ça qui est important, mais il
- 23:32faut savoir écouter parce que la, la personne, vous la faites
- 23:36parler. Quand vous dites à à quelqu'un,
- 23:39je vais vous donner le pouvoir le plus important qui puisse
- 23:42exister, qui est le pouvoir de qui est pour certains le pouvoir
- 23:44de Dieu, ou pour ce qui nous transcende le pouvoir de de la
- 23:48vie. La vie, c'est.
- 23:49C'est monstrueux comme comme chose.
- 23:51La faire disparaître, c'est encore plus monstrueux et que
- 23:53les gens en prennent conscience. Mais vous regarde pas avec des
- 23:56yeux comme si c'était vous leur aviez parlé dans une autre
- 24:02langue. C'est important également le.
- 24:04Poids de la responsabilité, voilà, c'est ça que vous êtes en
- 24:06train. Tout à fait.
- 24:07Et et c'est valable partout, hein ?
- 24:09La responsabilité. Bien sûr, d'aucun viendront vous
- 24:12dire oui mais attendez, il parle d'opération dans laquelle il
- 24:15engage la vie de ces hommes et surtout des otages.
- 24:18Quand ils déclenchent une opération, mais dans une
- 24:20entreprise, la vie d'une entreprise, c'est la vie de gens
- 24:24qui rentrent chez eux le soir, qui ont besoin de bosser.
- 24:25Et si demain on l'a fait tomber, ils ont plus de boulot.
- 24:30Donc c'est une responsabilité énorme aussi.
- 24:32Mais pour en revenir juste à ce point qui me paraît important
- 24:35par rapport à cette notion de la vie essentielle, je veux, j'ai
- 24:39souhaité et on l'a fait chaque quand on a, on remet les armes,
- 24:42on on dit, on vous remet le pouvoir de vie et de mort.
- 24:46Quand on remet l'arme ? Qui est un cérémonial.
- 24:49Un cérémonial, c'est pas anodin, tu vas pas au magasin avec un
- 24:53ticket prendre ton pétard, on lui fait, on lui remet pour
- 24:57qu'il prenne le poids. Et je crois, je crois à des
- 25:00choses qui peuvent peut être se paraître suranées, mais je je
- 25:04crois aux aux verbes dire les choses d'une manière solide,
- 25:08solennelle, solennelle, ça, ça a du poids et ça marque les gens
- 25:13parce que c'est un moment de un tournant dans leur vie.
- 25:15Je comprends et surtout. Je leur dis également, on leur
- 25:18dit, mes successeurs leur disent, si demain ton courage
- 25:24c'est ton arme, et ton arme est le substitut à ton courage, t'as
- 25:28pas ta place là. Et ça, pendant les l'année de
- 25:31formation, il y a quelques occasions de s'en rendre compte.
- 25:35Alors ça, c'est une, c'est aussi une question qui m'intéresse
- 25:37parce que. Quand vous parlez d'opération,
- 25:40vous dites, on est dans un état d'exception, il y a une
- 25:43adrénaline, il y a quelque chose qui se passe qui fait que tout
- 25:45d'un coup, tout le reste vous l'oubliez.
- 25:48En revanche, est ce que vous pouvez évaluer quelqu'un qui
- 25:51n'est pas dans cet état d'exception en entreprise, c'est
- 25:54facile. Vous pouvez faire 1 1 cas, un
- 25:57business case, voir comment la personne se comment, comment la
- 26:02personne se comporte face à un cas.
- 26:03En revanche, vous pouvez pas tout à fait remettre en
- 26:06situation exactement. Une personne qui souhaite
- 26:09rentrer dans votre unité d'élite.
- 26:11Comment on fait pour s'en apercevoir ?
- 26:13Vous dites ? On s'en aperçoit assez assez
- 26:15facilement dans les. D'abord le les exercices.
- 26:19Le GGN est malheureusement un endroit où on a perdu le plus
- 26:23d'hommes à l'entraînement parce qu'on met les gens en situation
- 26:27de la réalité. Si tout d'un coup les gens
- 26:30découvrent la réalité sur le terrain, il est trop tard,
- 26:32hein ? Même si de toute façon, comme
- 26:34vous le dites, l'État d'exception fait qu'on est porté
- 26:37par la mission. Si on n'est pas performant au
- 26:40moment où ça se passe, on passe à côté complètement.
- 26:45Donc vous parliez de de de ce que l'on fait en entreprise,
- 26:49mais on fait la même chose. Sauf que nous, il y a des coups
- 26:51de feu. Il.
- 26:53Y en a un peu plus dangereux, voilà ça.
- 26:54Dangereux et on fait des exercices à balles réelles.
- 26:59Vous faites des exercices à balles réelles ?
- 27:01Bien sûr vous allez pas demander aux gens de découvrir ce que
- 27:04c'est que le bruit d'une d'une munition qui vous passe à côté
- 27:06de l'oreille. Le jour d'entraînement et c'est
- 27:11cette mise en situation qui est importante et ces jeux de rôle
- 27:15que l'on construit, on les construit au plus proche de la
- 27:18réalité tout en au moment du débriefing, faisant comprendre
- 27:22que dans le fond c'était 1 1 jeu sympa mais.
- 27:26La réalité, ça sera beaucoup plus dur.
- 27:28Moi, ça m'a marqué ça. Sur 12 morts qu'a connu le GIGN
- 27:33depuis son sa création, il y en a 9 qui sont morts à
- 27:35l'entraînement. Il y a pas de droit à l'erreur
- 27:37qui fait que, en réalité, l'entraînement, ça se doit
- 27:42d'être encore plus dur que la réalité.
- 27:45Mais vous vous imaginez si tout d'un coup les gens commettent
- 27:49une faute quand il y a entre eux et l'objectif ?
- 27:55Un otage qui paiera le prix de sa faute ?
- 27:57Vous imaginez ce ce que ça peut représenter ?
- 28:00Alors bien sûr, c'est douloureux.
- 28:01Bien sûr, j'ai vécu comme comme quelque chose de d'insupportable
- 28:07et je le VIS toujours, la disparition des 3 garçons qui
- 28:10sont décédés sous mon commandement à l'entraînement.
- 28:13Mais j'ai la faiblesse de penser que ils nous ont portés encore
- 28:20plus haut, alors. On va aller en février 76.
- 28:23Vous partez à Djibouti avec 9 hommes qui vous accompagnent.
- 28:27Vous êtes en tenue noire, complètement inadaptée au
- 28:29désert, alors même qu'il y a 31 enfants qui sont retenus dans un
- 28:34bus à la frontière somalienne, sous 40° et en face une armée
- 28:38somalienne qui est complice. Le Président, à ce moment-là il
- 28:42vous ordonne de tirer seulement s'il n'y a qu'un seul preneur
- 28:45d'antage. En réalité ils sont 8.
- 28:49À 15h40, Vous allez désobéir. Il va y avoir un tir simultané
- 28:53sur 5 cibles et à travers cette fraction de 2nde parfaite, Eh
- 28:58bien ensuite qu'est ce qui se passe ?
- 29:01Une mitrailleuse somalienne qui ouvre le feu, qui bloque
- 29:04l'assaut et qui retarde toutes 10 secondes. 10 secondes qui
- 29:07permettent aux derniers terroristes de remonter dans le
- 29:10bus et de tuer malheureusement 2 fillettes.
- 29:12Alors tout le monde va parler d'un d'un succès, mais pour
- 29:15vous, vous vous parlez d'un échec ?
- 29:18Vous dites que vous y pensez chaque semaine ce jour-là.
- 29:23Et Ben en fait, vous comprenez que le chef il porte ses
- 29:27victoires en public. Mais c'est mort en silence.
- 29:31Comment on garde la face devant les familles et devant son
- 29:35équipe ? La, la question est à la fois
- 29:38dure et surtout douloureuse parce que Nadine et Valérie, je
- 29:41les porte comme parce que j'ai tellement espéré.
- 29:45Ramener aux aux parents tous leurs enfants.
- 29:48On était tous mais mais mais 6 tireurs, les 2 conducteurs de
- 29:53tir qui étaient avec moi. Mais donc toute notre cette
- 29:55petite équipe de 9, notre objectif bien évidemment,
- 29:58c'était de sauver tous les enfants.
- 30:01Et ce tir qui a qui est dû et vous l'avez bien expliqué à
- 30:06travers le le résumé que vous avez fait de cette terrible
- 30:08opération, c'est que on s'est retrouvés.
- 30:12Face à quelque chose, un imprévu que nous nous avions envisagé
- 30:16mais auquel personne n'a cru, y compris ma hiérarchie, y compris
- 30:20le général qui commandait l'opération, parce que les
- 30:24Somaliens avaient laissé dire que ils n'interviendraient pas
- 30:27et que c'était une opération française, le bus étant, je le
- 30:30rappelle, juste devant la barrière du Post somalien, donc
- 30:35censé être le côté français, même si c'était le no man's Land
- 30:38et le fait que. Ces ces secondes perdues, ces
- 30:43minutes perdues par la la mitrailleuse qui nous a cloué au
- 30:47sol près de 2 Min puisqu'on le sait puisqu'on a trouvé
- 30:5120002004100 cartouches au pied de la mitrailleuse et elle s'est
- 30:53enrayée. Or on sait que cette
- 30:55mitrailleuse tire 200 coups minutes donc on sait qu'on n'a
- 30:58pas pu bouger pendant 2 Min donc on a perdu 2 Min sur le timing
- 31:03précis que j'avais fait et la question que que que vous posez.
- 31:10Elle est douloureuse. Pourquoi ?
- 31:11Parce que bien évidemment, je n'aurais jamais déclenché si je
- 31:16pensais que il y avait, en jouant entre guillemets, le
- 31:21temps, la montre des possibilités.
- 31:23On avait un ultimatum à 17h00, ultimatum dont on savait que les
- 31:29preneurs d'otages n'hésiteraient pas.
- 31:31Ça leur posait pas de problème de tuer quelqu'un, hein ?
- 31:33Donc ils ils nous tueraient un enfant toutes les demi heures.
- 31:37Donc on a on on était à 15h40, vous vous l'avez rappelé, il
- 31:41restait plus beaucoup de temps et avec l'agrément de mes hommes
- 31:45puisque c'est eux qui étaient derrière le fusil de Messi,
- 31:47tireur. On s'est dit ce qu'on me
- 31:50demandait, fou, ça fait, on est en place depuis 06h00 du matin,
- 31:54on a eu l'autorisation d'intervenir à 09h00 du matin à
- 32:0112h00, il faisait déjà à 50 à l'ombre et y avait pas d'ombre.
- 32:04Je dis, les enfants ne tiendront pas un jour de plus.
- 32:06Ils ont été pris en otage la veille à 07h00 du matin lors du
- 32:11ramassage scolaire et c'est pour ça que je voulais bien.
- 32:13Je voulais désobéir parce que ce que l'on n'avait pas accepté
- 32:16dans une précédente opération un an avant, le gouvernement
- 32:19m'avait trotté à la tête. Je dis, mais les autorités
- 32:23m'imposent ça ? Mais c'est moi qui vois, c'est
- 32:26moi qui. Faisait sur le terrain, c'est
- 32:28vous qui pouvez prendre la meilleure décision en réalité.
- 32:31On me dit le résultat. On me dit quand ce que l'on
- 32:35veut, mais on me dit pas comment voilà.
- 32:38On vous dit il faut sauver le maximum d'enfants.
- 32:41Maintenant c'est vous qui avez la réalité opérationnelle sur le
- 32:45terrain ? Tout à fait et et et c'est un
- 32:46peu. Alors on peut faire un peu le
- 32:49des comparaisons là aussi en entreprise, On dit souvent dans
- 32:52l'entreprise on doit pas micro manager si on veut assurer.
- 32:57Un résultat à la fin ? Il faut pouvoir laisser aux
- 33:00hommes qui sont aux prises avec le terrain la capacité de
- 33:05pouvoir prendre des décisions sans trop intervenir.
- 33:09Vous avez tout à fait raison et et c'est bien de faire ce
- 33:11parallèle parce que je pense que beaucoup de gens pourraient
- 33:15imaginer que bien évidemment le GSG c'est pas du tout pareil,
- 33:18pas du tout. C'est des équipes, un homme et
- 33:20femme qui a un moment s'ils ont le sentiment d'etre pris dans un
- 33:25carcan. N'auront pas ce qui fait la
- 33:27richesse d'une équipe, d'un groupe qui donne une âme au
- 33:31groupe. C'est cette part d'initiative
- 33:33qui doit leur rester. Si les gens ont pas
- 33:35d'initiative, c'est sûr que vous serez tranquille, que vous allez
- 33:37dormir en paix et qu'ils vous feront pas quelque chose que
- 33:40vous voudriez pas, mais le jour où vous en aurez besoin ils
- 33:43seront pas là non plus. Ouais, je comprends, ça fait
- 33:45penser, vous l'avez vu, la pièce de théâtre où où le film le sac
- 33:48des poètes disparus ? Oui, vraiment ?
- 33:50Hein ? Moi y a y a quelque chose de de
- 33:53ce professeur que vous avez de dire en fait.
- 33:55Il faut être capable de pouvoir laisser les élèves prendre des
- 33:59initiatives pour pouvoir réussir et pas simplement leur expliquer
- 34:05une théorie. Et je je vois de ça chez vous,
- 34:07ça vous parle ? Ça me parle beaucoup et je vous
- 34:10remercie parce que j'ai adoré d'abord le film et j'ai adoré
- 34:13cette manière de de ne pas être le le professeur ex magistrat,
- 34:18celui qui est en haut et et et l'intouchable.
- 34:21J'ai tellement eu et je l'ai écrit et je le dis.
- 34:23De professeurs qui ont compté dans ma vie.
- 34:25Alors je je fais juste une digression pour moi, les gens
- 34:28que l'on rencontre, il y a ceux qui sont importants pour vous
- 34:34parce que vous les admirez, ils tirent vers le haut.
- 34:37Mais il y a aussi ceux auxquels on voudrait pas ressembler.
- 34:40Alors même quand vous j'aime à dire, même si un jour vous dites
- 34:44celui-là. Vos antihéros ?
- 34:46Voilà ouais je dis même celui-là si vous avez pas envie de lui
- 34:49ressembler. Retenez surtout ceux qui vous
- 34:52détestent, vous détestez en lui même pour pas lui ressembler.
- 34:55Et intéressant. Alors quand on vous écoute
- 34:58parler de Djibouti, on voit une organisation, un vrai analyse de
- 35:06la situation pour pouvoir réussir justement votre mission.
- 35:09Et quand je vous ai écouté, j'ai eu la question de comment ça se
- 35:13prend ? Les décisions, c'est vous.
- 35:15Avec finalement votre commandement qui va complètement
- 35:20décider ce que chacun doit faire ou est ce qu'il y a une forme
- 35:23aussi d'intelligence collective ?
- 35:25Est ce que il y a plusieurs personnes qui vont prendre des
- 35:28décisions ? Comment ça s'opère une prise de
- 35:31décision à ce moment là ? Alors ça, c'est ce que on
- 35:33appelle classiquement et qui en plus c'est souvent le le devoir
- 35:38ultime en au moins en école militaire, mais je pense que pas
- 35:41en école militaire, c'est la solitude du chef.
- 35:44C'est à dire qu'à un moment, quel que soit le retour, que
- 35:46vous ayez ce retour qui vous permettra de prendre cette
- 35:49décision et qui sera d'autant plus enrichissant que vous aurez
- 35:53déjà mis en place cette espèce de va et vient indispensable et
- 35:57en prenant l'exemple de Djibouti et des tireurs d'élite, un
- 36:02tireur d'élite qui est allongé, c'est c'est une part de vous
- 36:05puisque vous pouvez pas absorber toutes les missions en même
- 36:09temps mais après le libre arbitre.
- 36:13C'est celui qui a la queue de détente et c'est pour ça que
- 36:16nous avons un système particulier, c'est que nous il y
- 36:19a pas un ordre collectif on dit 0 quand tout l'équation est
- 36:24parfaite, chaque tireur vous renvoie son code.
- 36:27Son code, c'est que il a l'acquisition de son objectif,
- 36:31il sait ce qu'il doit faire et il vous dit par exemple 2 donc
- 36:34si l'objectif 2 il l'a sans risquer de toucher les enfants.
- 36:40Vous le le terroriste en en vue et qui peut déclencher.
- 36:45Tant qu'il veut, tant qu'il peut-il dit pas non, il dit pas
- 36:492 non, il dit pour aller plus vite, il dit non.
- 36:52Quand moi j'ai l'équation parfaite.
- 36:54C'est un peu cette prise de décision telle que vous
- 36:56l'évoquiez. On a prévu de faire quelque
- 36:59chose. On a une espèce de d'extension
- 37:03de vos membres de de de votre tête, chaque tireur étant une de
- 37:08ses extensions. Et tout d'un coup, ça fait un
- 37:11collectif et vous dites 0. Mais ça c'est ça, c'est la prise
- 37:15de décision finale. Ça c'est vous la responsabilité.
- 37:18Et en effet celle du chef, elle est importante.
- 37:20Mais si on va en amont, le plan que vous décidez à l'époque, il
- 37:24y a, c'est vous uniquement et et vous avez pas à ce moment-là un
- 37:28débat de gens qui disent Ben on va faire un autre plan.
- 37:31Non, c'est vous qui portez cette vision de dire on va.
- 37:34Faire comme ça, voilà, je porte la décision parce que c'est une
- 37:38décision que. Une construction intellectuelle
- 37:41tactique qui qui qui est préparée depuis des mois, voire
- 37:46des années. En l'occurrence, Djibouti, c'est
- 37:48c'est des années puisque l'origine de la conception du
- 37:51tir dit simultané, elle se fait à partir de l'échec de Munich.
- 37:55Oui alors c'est c'est ça en fait, c'est que en fait vous
- 37:57avez. Prévu dans votre formation ?
- 38:00Tellement de cas que vous êtes capable au moment où il y a
- 38:03quelque chose qui se passe de pouvoir.
- 38:04Bah finalement vous rattacher à des schémas tactiques que vous
- 38:08avez décidés et dans lesquels vous vous êtes entraînés au
- 38:12préalable. Si je comprends bien.
- 38:13Tout à fait, avec ce bémol que il faut savoir dans un dans une
- 38:18entreprise ou dans à partir du moment où on mobilise des
- 38:22hommes, il faut savoir connaître la limite de l'exercice pour
- 38:26chacun des hommes. Et c'est ça qui fait la
- 38:27différence entre celui qui dirige et celui qui, à défaut
- 38:31d'exécuter, apporte son expertise.
- 38:36Pour exécuter, il faut pas le mettre en situation d'échec.
- 38:39Donc si je ne choisis pas avant de partir à Djibouti, mes
- 38:43tireurs, j'ai perdu du temps. Donc parce.
- 38:47Qu'ils doivent se préparer. Non c'est pas ça, c'est parce
- 38:50que j'ai peut être pas pris les bons.
- 38:51D'accord, c'est on en revient. On en revient, voilà.
- 38:54Donc on a sauté plusieurs étapes au moment où vous me posez la
- 38:57question, donc au moment où on est sur le terrain, y compris
- 39:00avec des gens qui vous le diraient s'ils étaient là, qui à
- 39:04un moment se sont fait entre guillemets pendant le mois, le
- 39:08terme allumés par le patron, qui vous disent même Dieu est contre
- 39:11nous, on on pourra jamais, on y réussira jamais.
- 39:16Puisque ça tournait, le nombre augmentait en face, il faisait
- 39:18chaud, on était crevé, on n'avait pas mangé.
- 39:20Bon, j'ai dormi depuis la veille et vous avez tout d'un coup.
- 39:24Le collectif a beau être collectif, à un moment, il y en
- 39:27a un qui cède dans le collectif. Vous avez des âmes qui doutent,
- 39:29mais vous, vous n'avez pas le droit de douter, non ?
- 39:31Absolument et je lui ai dit, si vous, si vous doutez, votre
- 39:35place est pas là, partez. Mais le doute, vous, vous
- 39:38l'avez. Si je l'ai, je le fais pas.
- 39:42Ah oui ? Non, non.
- 39:44Ah non, non. Au moment où vous le faites-vous
- 39:46êtes porté par la, par le truc et et vous dites, on doit
- 39:50réussir si ? Si à un moment il y a une part
- 39:51de doute, si j'avais c'est c'est douloureux ce que vous me dites
- 39:54là. Parce que si j'avais alors que
- 39:57vous anticipez à défaut d'être des bémols, les obstacles qui
- 40:01font que vous allez pas réussir l'opération parce qu'il se
- 40:04passera ci ou il se passera ça. Donc tous tous les trucs, les
- 40:08les les empêchements de tourner en rond, vous les évaluez et
- 40:12vous savez qu'il y a quelque chose qui est 1 1 invariant,
- 40:17vous avez droit en gros. Une opération je veux dire le
- 40:21schéma un hein, vous avez droit à un schéma 2 le variantement et
- 40:26au bout du 3e ça commence à être n'importe quoi.
- 40:29Donc vous le savez, vous savez qu'il y a une une dégradation de
- 40:32l'action qui qui peut se faire et c'est valable dans toute même
- 40:37je pense dans une une une entreprise commerciale lorsqu'on
- 40:40est en négociation financière et tout il y a il YA1 moment où ça
- 40:43marche plus ça marche. Plus mais, mais c'est
- 40:46intéressant parce que en fait. Ce que vous dites, c'est que
- 40:51votre, votre formation, la manière dont vous vous êtes
- 40:53préparés, vous permet de ne plus avoir de doute, mais qu'en
- 40:57réalité, le doute, lui, il est en phase d'entraînement, peut
- 41:02être ou de réflexion en amont ou en aval, pour étudier, pour
- 41:07pouvoir réfléchir, pour pouvoir changer.
- 41:10Et ce doute là, il est effacé au moment de l'opération.
- 41:14Grâce à l'entraînement. Est ce que je est ce que ça vous
- 41:17parle ? Oui, oui.
- 41:17Oui, ça me parle complètement parce que s'il n'y a pas cette
- 41:21cette préparation rigoureuse, drastique ou qui balaye
- 41:25l'ensemble des situations potentielles, je disais histoire
- 41:29de de sourire, même si ça va pas se faire sourire tout le monde.
- 41:32Je disais que le seul, la seule chose où j'avais dit en faisant
- 41:36des parce qu'après quand vous êtes un peu connu après
- 41:39giboutier, on veut faire des. Il fallait montrer Zorro, donc
- 41:44il fallait porter le le succès du GIJN et montrer que la
- 41:50gendarmerie à travers le GJN avait des capacités importantes.
- 41:55Et je disais sous forme de humoristique ou de dérision,
- 41:59j'ai la seule opération qu'on saurait pas résoudre, c'est un
- 42:01sous-marin en plongée. Très bien alors ?
- 42:08Au-delà du recrutement individuel, il faut que les
- 42:11hommes travaillent ensemble. Vous recrutez des personnes qui
- 42:16se ressemblent ou vous recrutez des gens qui finalement sont
- 42:20très différents les uns des autres ?
- 42:23Alors je pense qu'elles se ressemblent pas.
- 42:25Elles se ressemblent. Pas non, et c'est ce qui est un
- 42:27paradoxe. C'est tout le tout le problème
- 42:29de constituer des équipes avec des personnalités différentes.
- 42:33Elles ont par contre une chose. Elles avaient une chose au
- 42:36départ qui était plus ténue puisque le les 4 lettres
- 42:39n'existant pas, les gens savaient pas trop où ils
- 42:44allaient. La seule chose pour qui a servi
- 42:47de de catalyseur, c'est pruto, parce que j'étais un peu connu.
- 42:51On savait que j'étais je jouais de la guitare que j'avais.
- 42:54J'étais type et j'avais pour beaucoup de de garçons qui qui
- 42:58étaient un peu en en rupture de banc avec des hiérarchies un peu
- 43:03un peu dures. Ils se sont dit, Ben Pruto ça,
- 43:07ça sera différent, ça sera pas pareil.
- 43:09Alors je sortais bien sûr du cadre traditionnel de l'officier
- 43:13tel qu'on on pouvait l'imaginer ou on peut l'imaginer, même si
- 43:16on n'a pas été militaire, mais il y a, il y a eu ça.
- 43:20Ensuite. Bon, Ben on construit, on on
- 43:26construit à chaque fois d'une manière qui qui enrichit par
- 43:31rapport à la fois précédente. On enrichit, on essaie
- 43:34d'anticiper. Voilà.
- 43:35Alors dernière question en lien avec Djibouti, c'est finalement
- 43:40ce que vous dites, c'est qu'on n'a pas le droit à l'erreur.
- 43:43Et en entreprise, on voit. C'est un peu la l'inverse quand
- 43:48vous Regardez Elon Musk qui essaie d'envoyer des fusées sur
- 43:51la Lune. Bah il va faire en sorte qu'il y
- 43:55ait une fusée et que si elle ne fonctionne pas, en mettre une
- 43:582e, en mettre une 3e et jusqu'à ce que ça fonctionne vous
- 44:02finalement en opération il y a pas le droit à l'erreur.
- 44:06Donc il y a une exigence extremement forte que vous devez
- 44:10porter, que vos hommes doivent porter.
- 44:12C'est lourd à porter. Oui, c'est lourd à porter, mais
- 44:18je dirais que avec le. Les années, le succès même
- 44:23relatif puisque, comme je vous l'avez rappelé, je porte
- 44:27toujours comme une croix. La, le fait qu'on n'ait pas
- 44:29ramené Nadine et Valérie à leurs parents, je je je crois que ce
- 44:34que l'on a fait déjà à Djibouti, personne n'aurait pu le faire.
- 44:38Et tous les toutes les unités du monde qui sont venues voir le
- 44:41groupe l'ont dit, personne. Comment vous avez fait ?
- 44:45On sait des Américains qui s'en venaient.
- 44:48Former les cadres du groupe Delta.
- 44:51Alors il y a toujours un prix douloureux à payer au succès,
- 44:56hein ? Je le je, je le dis
- 44:57malheureusement c'est c'est bête de faire des phrases, mais de
- 45:00temps en temps ça sert à à à à se poser, à se mettre en place.
- 45:03Mais il y a eu également d'autres opérations qui ont été
- 45:09moins douloureuses et heureuses et qui ont été beaucoup plus
- 45:12heureuses, qui ont fait que. Cet acquis professionnel que le
- 45:15GIGNA EU avec des détournements d'avions avant marignane ?
- 45:17Parce que bien évidemment, tout le monde se souvient de l'image
- 45:21de LCI avec l'assaut du GIGN à Marignane.
- 45:23Mais pour arriver à Marignane, y a eu déjà 2 détournements, 3
- 45:27détournements d'avions avant qui ont été des succès.
- 45:30Y a eu Le Touquet. Les gens n'en ont pas forcément
- 45:33le souvenir avant Le Touquet, l'affaire d'Orly avant leur Orly
- 45:35Roissy. Donc on a monté des opérations.
- 45:43Qui ont permis de montrer qu'effectivement, on engageait
- 45:47des opérations parce qu'on savait les faire.
- 45:49Et si on on veut bien revenir à 72, je dis que 72, c'est
- 45:54monstrueux d'avoir fait 72. Parce que c'est sur une décision
- 45:57politique destinée à dire, et ça, c'est Madame Goldamer qui le
- 46:01porte sur les épaules et paix à son âme, elle est plus là.
- 46:05Mais de dire, on va leur montrer que Israël ne peut pas refuser.
- 46:12On ne on ne négocie pas. On ne négocie pas, donc on a
- 46:16fait faire. Alors y a 2 responsabilités.
- 46:18Y a Israël qui a enfin le gouvernement israélien de
- 46:22l'époque qui a imposé à l'Allemagne d'intervenir, et
- 46:26surtout l'Allemagne qui a accepté d'intervenir.
- 46:29On. N'a pas les moyens.
- 46:31Et tout ça, ça a amené au carnage que l'on connaît et je
- 46:35crois que, et c'est là où c'est important que je ne n'aurais
- 46:39jamais. Accepter une mission si je n'en
- 46:43avais pas eu, j'avais pas eu le le sentiment que j'étais capable
- 46:47de la réussir de la même manière que mon successeur Favier qui a
- 46:52dirigé le général Favier quand il a dirigé l'opération de
- 46:56Marignane, il savait qu'il avait le matériel humain, l'expertise
- 47:00opérationnelle capable de pouvoir sauver tous les gens qui
- 47:04étaient dans l'avion et de d'interpeller ou de neutraliser.
- 47:09Les preneurs d'otages, voilà. Vous venez de parler là à
- 47:11l'instant du poids du succès, c'est quoi ?
- 47:14Ben le poids du succès c'est qu'après vous avez plus.
- 47:18Si par hasard je je déteste ce mot je je je veux pas que le
- 47:24hasard intervienne dans nos vies.
- 47:25Donc c'est par si si le destin intervient tout d'un coup d'une
- 47:29manière défavorable s'affiche en l'air toute toute cette.
- 47:37Tout ce cheminement qui consolide parce que ça, ça amène
- 47:40le doute, c'est ça qui est terrible et l'avantage que l'on
- 47:45a eu qui n'est due qu'au travail et à la remise en cause
- 47:49perpétuelle, en sélectionnant d'une manière de plus en plus
- 47:52dure les gens, puisqu'on avait un vivier humain plus de plus en
- 47:57plus important. Donc on pouvait se permettre
- 47:59d'exiger plus avec cette formation qui a qui a toujours
- 48:03été à à haut niveau a fait. Que on n'a pas eu ce ce drame
- 48:10qui peut être celui de l'échec, qui remet tout en qui peut à la
- 48:14fois remettre tout en cause et et faire arrêter le le le le la
- 48:20mission. C'est intéressant, vous dites ?
- 48:22Il y a pas de hasard, tout doit être contrôlé, rien ne peut être
- 48:29laissé au hasard, c'est ça ? C'est finalement une déformation
- 48:32professionnelle. Oui mais je pense que c'est
- 48:34c'est c'est bête comme chou, c'est d'une rigueur absolue.
- 48:37Si on cite Paul Valéry, Je pense pas qu'il l'avait fait pour ça.
- 48:40Mais les causes, même les mêmes causes, produisent les mêmes
- 48:43effets. Qu'aurait pu reprendre
- 48:45d'ailleurs à Lavoisier en tant que chimiste.
- 48:48Mais on sait très bien que si on on reproduit les mêmes erreurs,
- 48:54il se passera. Il y a de fortes chances parce
- 48:56qu'il passe malheureusement. On a exactement.
- 48:58La même chose, la même chose, oui.
- 48:59Voilà. Alors revenons cette fois-ci, en
- 49:00janvier 1980 à l'hôtel fesch d'Ajaccio, il y a 37 membres
- 49:04armés du FLNC qui sont retranchés, prêts à mourir.
- 49:06Vous montez le premier, je crois, sur le toit, vous vous
- 49:10Retrouvez face à Marcel Lorenzoni et derrière lui il y a
- 49:13une forêt de fusils pointés sur vous.
- 49:17Et vous, vous n'avez qu'un revolver à la ceinture.
- 49:24Il voit à ce moment-là votre brevet de parachutiste et il
- 49:28vous demande votre matricule. Vous lui donnez et il vous dit,
- 49:32vous parlez de confiance mais vous êtes armé.
- 49:35Vous décrochez alors votre ceinturon contre l'avis de vos
- 49:38hommes et vous passez votre revolver derrière vous.
- 49:43Silence total. Et là, c'est le code de
- 49:46l'honneur des parachutistes qui fait tout basculer.
- 49:50Lorenzoni baisse son arme. Il vous dit, vous êtes bien
- 49:53l'homme que je pensais ? Et les 37 hommes vont se rendre
- 49:58dans l'honneur, drapeaux, champs compris, sans un coup de feu.
- 50:03Ce principe de l'honneur. On a parlé des valeurs tout à
- 50:06l'heure, mais c'est quelque chose qui vous parle, c'est
- 50:10quelque chose que vous inculquez aussi à vos âmes, c'est quoi ?
- 50:16Le principe de l'honneur, c'est de de se dire.
- 50:21Récemment là, on m'a dit, On faisait un échange comme vous et
- 50:26on me dit, on tend une glace, on me dit qu'est ce que vous voyez
- 50:31dans votre glace ? Je dis, je vois mon pire ennemi,
- 50:33mon pire juge, et je crois que cette notion de l'honneur, c'est
- 50:36ça. Vous vous Regardez dans la glace
- 50:39tous les matins et vous voyez-vous et ce que vous avez
- 50:42fait et surtout ce que vous vous auriez souhaité ne pas faire.
- 50:46Et cette notion d'honneur. Elle me paraît essentielle pour
- 50:50tous les hommes, c'est à dire que on ne peut pas tout d'un
- 50:53coup prendre les armes de l'ennemi.
- 50:55Si vous vous conduisez comme celui qui est entre guillemets
- 50:59votre ennemi, vous êtes pas meilleur que lui.
- 51:01Vous pouvez pas vous donner comme excuse, mais il l'a fait.
- 51:06Donc en maintenant ce code d'honneur, cette notion de
- 51:08l'honneur sur des valeurs essentielles, et c'est valable
- 51:12partout. Vous ne pouvez pas demander aux
- 51:14gens d'être respectables si vous êtes pas vous même respectable.
- 51:18Et ça me paraît essentiel, voilà.
- 51:20Et c'est intéressant parce que face à Lorenzani, vous dites il
- 51:23fallait pas écraser l'autre. Vous avez en face de vous
- 51:27quelqu'un qui potentiellement peut vous tuer.
- 51:30Vous représentez quand même l'État, vous représentez la
- 51:34force, mais vous voulez aussi d'un certain côté ne pas écraser
- 51:40l'autre. C'est ça le respecter même son
- 51:43adversaire. Oui, absolument, parce que il y
- 51:45a dans ce que vous avez dit une chose que je lui ai dite, qui
- 51:48l'a interpellé parce qu'il me dit, mais on est plus que vous,
- 51:52on est tous armés, tu vas voir en gros, tu vas voir tout ce que
- 51:56tu vas voir. J'ai tu oublié une chose, c'est
- 51:58que moi j'ai le meilleur tireur du monde.
- 52:00Donc si vous devez vous rendre, si je dois vous vous
- 52:05interpeller, je vous interpellerai la force voiré à
- 52:08la loi. Mais avec les meilleurs tireurs
- 52:10du monde, vous avez aucune chance et toi tu seras
- 52:14responsable de la décision que tu auras prise et de la mort de
- 52:17tes hommes. Et c'est là que tout a basculé.
- 52:19Alors vous avez raison, il y a cette notion de respect de
- 52:22l'autre et de de l'ennemi. Je considère que j'ai pas à
- 52:25juger de ce pourquoi les gens font les choses.
- 52:28Le terrorisme c'est bien sûr c'est atroce, mais je rappelle
- 52:32que ça a été mis en place sous la terreur est que comme une
- 52:35arme politique, donc le le mot terrorisme.
- 52:38Vous dites, on peut être le terrorisme de quelqu'un
- 52:40d'autre ? Oui voilà, c'est ça tout à fait.
- 52:42On peut toujours être, on est toujours le terroriste de
- 52:44quelqu'un, et puis quelqu'un qui un jour est terroriste peut être
- 52:47considéré, on l'a vu dans l'histoire et c'est pas la
- 52:49première fois, après être considéré comme le libérateur et
- 52:52devenir le héros. Donc moi je ne permets pas de
- 52:54juger ce que font les gens qui sont en face de moi, ils le
- 52:57font, ils ont sûrement des raisons qui sont pas les
- 52:59miennes, parce que elles, elles vont à l'encontre de règles
- 53:02auxquelles je crois. Dans un pays démocratique, on
- 53:05peut s'exprimer autrement qu'avec un fusil, mais.
- 53:08À partir du moment où la personne est en face de moi, si
- 53:11je veux négocier, je suis obligé de rentrer dans sa logique.
- 53:15Si je rentre pas dans sa logique, si je rentre pas dans
- 53:17son monde à lui, Eh bien on va à l'affrontement.
- 53:20Et dans les circonstances dans lesquelles se trouvaient on se
- 53:23trouvait à ce moment-là, après 2 nuits d'émeutes, avant où il y
- 53:26avait déjà eu 3 morts, on était pour la Corse et le la
- 53:30séparation entre le continent et la France face à une situation
- 53:34qui serait devenue irréversible. Et il m'a écouté.
- 53:37Et alors justement là, vous êtes à ce moment précis non pas dans
- 53:43une posture de tireur d'élite, mais de négociateur.
- 53:47Et on pense souvent au GIG, au GIGN, comme une unité d'élite de
- 53:50combat. Or la négociation prend une
- 53:53place et a pris une place de plus en plus importante.
- 53:58Comment ça a évolué ? Est ce que il y a eu des hommes
- 54:02spécifiques ? Qu'ont eu cette qualité, entre
- 54:04guillemets, de négociateur ? Et comment on apprend à négocier
- 54:10face à des forcenés, des terroristes ?
- 54:13Alors c'est une très bonne question.
- 54:16C'était c'est quelque chose à laquelle nous avons pensé dès le
- 54:19début. Je rappelle que quand j'étais
- 54:23instructeur, ce que j'ai dit au début de notre entretien,
- 54:25j'avais demandé au capitaine que je voulais faire quelque chose à
- 54:28double effet, donc faire des faire du jeu de rôle.
- 54:32Et on on a mis en place. J'ai mis en place au départ
- 54:35avant, avant que ça soit le GIGN, cette notion de jeu de
- 54:39rôle, parce que je considérais qu'il était important de rentrer
- 54:43dans la bulle de celui qui vous est opposé, le ou le preneur
- 54:47d'otages, ou qu'il soit à caractère criminel, ou parce que
- 54:50il à un moment il est déséquilibré.
- 54:52Ou les drames familiaux, c'est ça, hein ?
- 54:54Ce que j'évoquais tout à l'heure avec cestas, hein ?
- 54:58Mais. Vous devez rentrer dans la crise
- 55:00si vous rentrez pas dans la crise.
- 55:01Si vous restez à l'intérieur de la crise, vous ne pouvez pas la
- 55:04comprendre et encore moins influer sur ce qu'elle peut, la
- 55:08manière dont elle peut évoluer, et c'est là où c'est un peu
- 55:12cynique de ma part, c'est la manière dont elle peut évoluer.
- 55:15C'est la faire évoluer dans un sens qui vous est favorable.
- 55:18Et c'est là où la négociation aussi joue son rôle.
- 55:21C'est la manipulation, absolument, c'est ça.
- 55:24C'est important parce que la personne qui est en face de vous
- 55:27a besoin aussi. De où pense ce qu'elle pourra
- 55:30vous manipuler ? Et c'est important avec ce ce
- 55:34détail qui n'en n'est pas un. Et vous allez comprendre que
- 55:37dans le contexte international dans lequel nous vivons, c'est
- 55:40pas un détail, il faut parler la même langue.
- 55:42Faut déjà avoir un petit peu au casque pour prendre des gens en
- 55:45otage, avoir déjà tiré sur tout le monde et imaginer qu'avec
- 55:49tout seul ou même à 3 ou à 4, comme l'ont fait la bande à
- 55:52baader, tous, tous les groupes terroristes ou à action directe
- 55:56qui avaient descendu. Ce le général Audran et et
- 55:59Georges Besse, dans le dans les années 80, vont changer le
- 56:04monde. Et pourtant ils en étaient
- 56:06certains hein ? Qu'ils allaient, ils allaient
- 56:08peut être faire plier les tâches.
- 56:09Changer le monde. Mais quand vous parlez la même
- 56:11langue, c'est pas simplement l'anglais ou le français.
- 56:12Quand vous dites c'est c'est les ressorts qu'ils peuvent avoir
- 56:15derrière les âmes, c'est ça ? Alors parler la même langue dans
- 56:17un premier temps, c'est ce que je disais, rentrer dans leur
- 56:20bulle, dans leur monde à eux. Donc il y a des codes qui sont
- 56:23complètement différents. Ce qui s'est passé avec Lorraine
- 56:25zonier. Cette notion, ils avaient
- 56:28l'impression que ils étaient des soldats de l'honneur.
- 56:31Donc si vous rentrez pas vous dites non non vous êtes des des
- 56:34des gens qui sont en rupture de ban avec la société parce qu'il
- 56:36est interdit de créer ça s'appelle lit.
- 56:40Faire faire des ligues armées c'est interdit en France tant
- 56:43que vous allez pas lui mettre le code de Processeur pénal sous
- 56:45les yeux donc vous rentrez dans son jeu à lui et c'est logique.
- 56:50Mais si en plus vous parlez pas la même langue alors hein c'est
- 56:53c'est ce que je voulais dire pour les limites.
- 56:55De ce que vous évoquez, qui est quelque chose d'important, c'est
- 56:58le fait de parce que dès que vous avez un interprète, c'est
- 57:00très très très compliqué. Et et c'est des gens en
- 57:03particulier qui ont cette qualité de négociateur alors ?
- 57:05On le découvre absolument. D'abord, c'est au départ les
- 57:10négociateurs. C'était à partir de clés.
- 57:13J'étais souvent, pas souvent, j'étais toujours en tête.
- 57:16Donc c'est vous qui négociez. Je je négociez mais ceux qui
- 57:19étaient à côté de moi petit à petit ont ont vu comment je
- 57:22faisais et il s'est trouvé des moments.
- 57:25Où ils avaient en face d'eux quelqu'un que moi je n'avais
- 57:28pas. Donc ils prenaient le relais.
- 57:30Et ils ont, à travers les quelques clés qu'on avait mis en
- 57:33place, comprendre l'autre, se mettent à sa portée.
- 57:37Lui pas pas donner au-delà du raisonnable le le sentiment
- 57:43qu'on est là, qu'on est le plus fort mais que y a y a une sorte
- 57:47d'équilibre, respecter l'autre. Vous, comment vous l'avez
- 57:50appris ? Pour être tout à fait honnête,
- 57:53je n'en sais rien. Ça, ça m'est venu un peu.
- 57:56Sans doute naturellement, cette ce moyen moyen de comprendre que
- 58:00on n'était plus face à quelqu'un de normal.
- 58:04On a un, on a une image. Nous, en groupe, on dit passer
- 58:08de l'autre côté du miroir parce que le miroir renvoie une image,
- 58:13mais les paroles qui vous sont renvoyées, la situation est
- 58:16autre chose, c'est pas la même. Et si vous raisonnez avec le
- 58:21côté du miroir qui est le vôtre ?
- 58:23Eh bien, vous raisonnez avec vous même, donc.
- 58:25Il faut une certaine empathie. Absolument ce le terme adapté,
- 58:29vous avez raison. Oui, une empathie vis-à-vis de
- 58:33personnes pour qui ce serait pour beaucoup de gens, difficile
- 58:37de se mettre en empathie. Il faut réussir à être en
- 58:39empathie, là encore une fois avec des adversaires, des
- 58:41forcenés, pour pouvoir réussir à les comprendre.
- 58:43C'est c'est pas donné à tout le monde.
- 58:45Non mais c'est c'est c'est une école hein, ça s'apprend.
- 58:48Et au groupe maintenant, on apprend aux gens à travers ces.
- 58:52Ces jeux de rôle à se mettre justement dans cette situation
- 58:57d'empathie avec des des des réflexes qui peuvent surprendre
- 59:02par rapport au choix par exemple de gens dont on pense qu'ils
- 59:05pourraient avoir en particulier au niveau des forcenés et qui
- 59:10pourraient avoir un intérêt. On fait venir le père en général
- 59:13je termine un coup de feu hein. Il faut jamais jouer ce jeu là
- 59:17avec des gens dont on pourrait penser qu'ils pourraient aider.
- 59:22Parce que vous les remettez dans dans le dans un schéma
- 59:27autoritaire que vous connaissez pas forcément.
- 59:29Le père, la mère, le copain, le frère, la sœur.
- 59:33Non, ça marche jamais. Je n'ai jamais vu, jamais à
- 59:38l'expérience, pas simplement à travers les opérations que j'ai
- 59:40conduites. Mais on se renseigne sur tout ce
- 59:42qui se fait d'opérations qui aient pu réussir avec la
- 59:46négociation d'un proche. Jamais on va.
- 59:50Passé à novembre 1980, vous êtes à Pauillac, vous vous Retrouvez
- 59:52face à un forcené retranché qui a déjà tué sa femme et ses 2
- 59:58enfants. Vous vous approchez à 3 M en
- 1:00:02pleine nuit en espérant une reddition.
- 1:00:03Ça commence bien les discussions.
- 1:00:06Et puis là, justement, l'improbable.
- 1:00:09Il YA1, journaliste de FR3 qui franchit le périmètre, qui
- 1:00:13allume un projecteur en pleine nuit.
- 1:00:18Et dans la 2nde, Bah le forcené prend peur, il est piégé, il se
- 1:00:22sent piégé tout du moins, et il tire.
- 1:00:25Vous prenez alors la décharge en pleine face, vous vous
- 1:00:28effondrez, vos hommes crient le grand est mort, mais vous
- 1:00:32survivez avec 48 plombs encore logés dans votre corps. 2 mois
- 1:00:37d'hôpital, un mois sans parler et vous êtes pris d'un doute
- 1:00:41profond, pouvez vous encore être ce chef qui doit toujours
- 1:00:45marcher devant ? Est ce que.
- 1:00:48Vous avez déjà eu peur devant vos âmes et est ce que un chef
- 1:00:54ça doit faire part de sa peur, la cacher, la nommer comment
- 1:00:59vous faites ? Alors comment ?
- 1:01:01Comment j'ai fait plutôt, hein ? C'est c'est plutôt ça la
- 1:01:04question. Je savais que j'avais besoin de
- 1:01:06temps parce que il y a quelque chose que vous maîtrisez pas.
- 1:01:11C'est un réflexe qui vient de la, la nuit des temps, c'est le
- 1:01:16réflexe de survie. Dans votre corps vous avez une
- 1:01:19machine en dehors des suicidaires qui sont
- 1:01:22malheureusement le lot de tous les terroristes, 99% des des du
- 1:01:26du terrorisme qui s'engage pour des causes qui les transcendent,
- 1:01:30qui sont aussi peut être de notre point de vue très bête,
- 1:01:33être le vengeur de Dieu. Je suis désolé, c'est un peu
- 1:01:38crétin mais bon faut respecter la pensée des autres sauf que ça
- 1:01:41les amène à commettre l'irréparable parce que.
- 1:01:46Ils ont le mépris de leur propre mort.
- 1:01:48Et quand vous avez le mépris de votre propre mort, la mort des
- 1:01:51autres, on, c'est la plupart du temps, souvent d'ailleurs, un
- 1:01:55instrument d'argumentaire, je vais vous le tuer, ou je l'ai
- 1:02:02déjà tué, si vous voulez, je vais en tuer un autre, et
- 1:02:04cetera. Donc il y a dans cette situation
- 1:02:09pour vous, à partir du moment où vous avez vécu quelque chose que
- 1:02:13vous n'aviez jamais envisagé. C'est à dire, je n'avais jamais
- 1:02:17envisagé de prendre un coup de fusil dans la tête, hein, et
- 1:02:21vous ? Aviez jamais envisagé de pouvoir
- 1:02:23être blessé ? Oui jamais, jamais.
- 1:02:25Ça vous était pas pas parcourir la tête.
- 1:02:27Non mais c'était pas variable. Ça peut paraître complètement
- 1:02:31idiot, mais parce que vous êtes transcendés par la mission, donc
- 1:02:35vous pensez que vous allez réussir.
- 1:02:36Puis à l'époque on portait pas que des pare balles hein, ça ça
- 1:02:39on commençait à les développer, à les mettre en place.
- 1:02:42Et pour la plupart des des gars du groupe, porter 1 1 gilet pare
- 1:02:45balles, c'était une une forme de lâcheté.
- 1:02:48Il a fallu que je leur impose le gilet pare balles.
- 1:02:50Et moi j'ai découvert tout d'un coup que je ne saurais plus
- 1:02:56comment mon corps allait me faire réagir devant mes hommes
- 1:03:00après l'accident qui jusque là me me portait.
- 1:03:04Vous êtes tronçonnés par vos hommes, vous avez cette force.
- 1:03:08Qui fait que le regard des autres, c'est un c'est un moteur
- 1:03:13important. Et puis vous êtes là dans votre
- 1:03:16lit d'hôpital, Comment ça va se passer la prochaine fois ?
- 1:03:21Et et vous êtes pas sûr parce que vous le maîtrisez pas ça
- 1:03:24vous le maîtrisez pas. Même si vous avez, je le dis
- 1:03:30bêtement, plus le sentiment d'être.
- 1:03:34Touché par la disparition des gens qui vous sont chers parce
- 1:03:38que vous la vivez, j'ai pas le sentiment que je me sois posé la
- 1:03:43question en dehors de ce coup de fusil, du moment où j'allais
- 1:03:47disparaître, je sais ce que je me suis dit dans la tête, t'es
- 1:03:49foutu. Voilà.
- 1:03:51Jusqu'à ce que j'ai eu le sentiment que ma tête soit
- 1:03:53arrachée. Mais après vous vous dites, mais
- 1:03:57si votre si dans la prochaine opération mon corps me dit
- 1:04:01recule. Je sais plus dans lequel tu
- 1:04:04trembles, le clair casse, mais tu saurais.
- 1:04:06Tu tremblerais encore plus si si tu savais où je te conduis.
- 1:04:10C'est un peu une personne qui a eu un accident de voiture.
- 1:04:13Elle va probablement avoir peur en reprenant la voiture et être
- 1:04:19encore plus un danger. Et donc il faut avoir retrouvé
- 1:04:22cette assurance pour y aller sans se poser de questions en.
- 1:04:25Fait, voilà je je j'admire votre comparaison qui qui je pense est
- 1:04:29est la bonne. Quoi c'est ça ?
- 1:04:30Parce que vous dire. Que quelque chose que vous ne
- 1:04:33maîtrisez pas, c'est à dire l'instinct de survie.
- 1:04:37Cet instinct de survie à un moment va vous permettre, va
- 1:04:43vous mettre mettre dans une situation où vous aurez plus la
- 1:04:46place que vous devez avoir et qu'il aurait pas fallu être là à
- 1:04:50ce moment-là. C'est terrible.
- 1:04:51Vous vous engagez tous les autres.
- 1:04:52Mais alors 6 mois après, vous vous y retournez quand même ?
- 1:04:55Il YA1 détournement d'avion. Et là c'est quoi, vous le
- 1:04:58sentez ? Mais je le sens même pas, je me
- 1:05:00pose même pas la question. Vous posez pas la question donc
- 1:05:02à partir du moment où vous vous posez pas la question c'est que
- 1:05:03c'est bon. Voilà, l'alerte sonne qu'un truc
- 1:05:06à dire. Bon Ben voilà, il faut y aller.
- 1:05:08Et on a fait l'opération de libération de Notage du Touquet
- 1:05:13sur Air Lingus. Voilà.
- 1:05:15Mais donc j'y reviens. Mais cette vulnérabilité, vous,
- 1:05:19vous vous ne la montrez jamais. En fait, vous pouvez pas douter.
- 1:05:25Vous pouvez pas montrer le doute, c'est complètement mis de
- 1:05:31côté donc par rapport à vos hommes vous devez à chaque fois
- 1:05:35apporter cette assurance tout le temps.
- 1:05:38Oui mais je je veux juste apporter un petit bémol à ce que
- 1:05:41vous dites. Parce que c'est vrai que c'est
- 1:05:44ce que l'on doit faire, mais parce que comme je l'ai dit, on
- 1:05:47a été transcendés par le groupe parce que on s'appelle le
- 1:05:49groupe, donc on est plus fort parce qu'on est pas tout seul,
- 1:05:53je dis toujours. J'ai fait ce que j'ai fait, mais
- 1:05:57je l'ai fait parce que j'étais pas tout seul.
- 1:05:59Et c'est valable dans toutes les entreprises hein, et ça c'est
- 1:06:01important. Et après Djibouti, j'ai douté
- 1:06:04vraiment et je voulais partir. Et mes hommes se sont presque
- 1:06:09réunis en en pow wow. En voyant ma détresse, ils m'ont
- 1:06:14dit cette phrase qui m'a tué, vous avez pas le droit de nous
- 1:06:17quitter. Mais c'est ça qui est
- 1:06:19extraordinaire, donc vous la montrez cette vulnérabilité.
- 1:06:21Je l'ai montrée une fois. Et et, et c'est intéressant,
- 1:06:24c'est vos hommes qui vous ont porté à ce moment-là.
- 1:06:26Parce que moi quand je vous parle, je la vois cette
- 1:06:29vulnérabilité, vous avez encore de l'émotion quand vous pensez à
- 1:06:31ces 2 fillettes. Et donc c'est quand même quelque
- 1:06:34chose qui en fait. Admirable.
- 1:06:39Ça me pousse au respect parce que vous êtes capable de prendre
- 1:06:43des décisions, de ne pas douter. Mais vous êtes aussi capable de
- 1:06:47pouvoir faire preuve de cette vulnérabilité.
- 1:06:49Et c'est ça qui probablement donne envie de vous suivre
- 1:06:53également. Bah écoutez, merci de me le dire
- 1:06:55et je pense que mes hommes doivent penser comme vous.
- 1:06:57Il faudrait peut être que vous les interrogiez un de ces jours.
- 1:07:01Mais je crois qu'effectivement ce partage.
- 1:07:07Ce côté bien univoque a été un à un moment essentiel parce que
- 1:07:11ils, ils la connaissaient tous puisque je leur ai imposé des
- 1:07:15règles auxquelles ils avaient jamais pas pensé.
- 1:07:17Certains du groupe vous diront si le grand avait pas été là, je
- 1:07:20me serais jamais posé la question de savoir si c'était
- 1:07:22bien de descendre quelqu'un, hein ?
- 1:07:23Jamais mais. Je dis à cause de lui,
- 1:07:26maintenant je me pose ces questions, je vous assure qu'il
- 1:07:29le dise, hein. Incroyable et alors ?
- 1:07:30À l'époque il y avait pas de cellules d'accompagnement
- 1:07:33psychologique. Non ?
- 1:07:35Est ce que maintenant c'est une bonne chose que ces éléments
- 1:07:39sont là ? Il y a même des préparateurs
- 1:07:40mentaux probablement. Est ce que il faut pouvoir aussi
- 1:07:46quand on fait ce métier là ? Pouvoir en discuter, pouvoir
- 1:07:50analyser avec un médecin, un psychologue, qu'est ce que vous
- 1:07:54en pensez ? Alors moi je trouve qu'il y a
- 1:07:56rien de moins bien placé que quelqu'un qui n'a pas fait ce
- 1:07:58que vous, qui n'a pas vécu, ce que vous avez vécu, pour vous
- 1:08:00dire comment il fallait le vivre et comment il faut vivre
- 1:08:03l'après. Ce qui fait que souvent le salut
- 1:08:06au GIGN, on l'a toujours dit, il vient du groupe, c'est à dire
- 1:08:09tous les garçons qui ont eu. Des moments douloureux dans
- 1:08:13groupe, ils ont été sauvés par le groupe.
- 1:08:15Je vous dirai pas que ça a été un grand grand succès tout le
- 1:08:18temps parce que on s'est rendu compte qu'il y a eu des
- 1:08:20traumatismes longtemps après, en particulier après l'opération
- 1:08:24d'ouvéa pour certains. Mais je crois que le groupe, sa
- 1:08:30survie, on l'a toujours considéré comme ça.
- 1:08:33Elle était au groupe. Et les cellules dont vous
- 1:08:35parlez, elles sont plus faites hors des unités comme le le
- 1:08:39GIGN. Que pour des des unités intra
- 1:08:43muros à l'intérieur de du GIGN, il YA1.
- 1:08:47Avantage maintenant, c'est que l'équipe médicale.
- 1:08:50Depuis maintenant plusieurs années, l'équipe médicale est
- 1:08:53complètement intégrée au GIGN, ce qui fait que comprenant
- 1:08:57vivant au sein du G. IG de.
- 1:08:59L'intérieur, ils peuvent participer, partager avec des
- 1:09:04garçons qui ont qui ont des problèmes ces problèmes.
- 1:09:08On a eu un exemple d'un garçon qui a été touché en opération,
- 1:09:12qui avait pas voulu mettre son gilet pare balles avant
- 1:09:15l'opération que j'ai imposé, auquel j'ai imposé de mettre son
- 1:09:18gilet pare balles, qui a été sauvé par cet ordre de dernière
- 1:09:23minute, disons 1 h avant l'opération, puisqu'il a pris le
- 1:09:279 9 grains de chevrotine à 3 M, qui quelques mois après est venu
- 1:09:32me voir en me disant J'y arrive pas et de lui même, il a quitté
- 1:09:35le groupe parce qu'il m'a dit cette phrase incroyable.
- 1:09:38Je vais mettre en péril mes camarades.
- 1:09:41Il savait que on marche sur 2 jambes et que s'il y avait une
- 1:09:45des jambes qui tenait pas, qui pouvait être à un moment en
- 1:09:49opération à travers le système qu'on met en place qui est des
- 1:09:52binômes, même si on voit le petit train, ça travaille
- 1:09:54toujours 2 par 2. Les binômes, il aurait pu
- 1:09:57fragiliser le le système. J'ai toujours considéré que ça
- 1:10:01avait été de sa part énorme de courage d'avoir.
- 1:10:06La, le courage de montrer qu'on ne se sentait plus capable de
- 1:10:11d'accomplir, là, c'est. Ce qu'il faut enseigner d'un
- 1:10:14certain côté, c'est de pouvoir être capable, un peu comme un
- 1:10:17alpiniste qui veut aller au sommet de la montagne, mais qui
- 1:10:20doit savoir au bon moment faire chemin arrière.
- 1:10:24Pour ne pas mettre en péril le reste de ses de ses collègues.
- 1:10:28Jusqu'où ? Absolument.
- 1:10:29Jusqu'où ne pas aller ? D'accord, mais alors passons en
- 1:10:32en 80. Là y a François Mitterrand qui
- 1:10:35devient président. La gauche reçoit une alerte sur
- 1:10:39une potentielle prise de pouvoir, comme au Chili où
- 1:10:42l'armée aurait avait renversé le président.
- 1:10:44Y a une idée qui circule à l'Élysée qui est de dissoudre le
- 1:10:47GIGN, trop armé, trop spécialisé, trop imprévisible
- 1:10:49pour un nouveau régime qui veut éviter tout risque.
- 1:10:53Vous apprenez la nouvelle par votre directeur et vous
- 1:10:56comprenez immédiatement que si vous ne bougez pas, votre unité
- 1:11:00disparaît. Vous allez alors voir le
- 1:11:03ministre de la Défense et en fait vous allez pas lui demander
- 1:11:07sa confiance. Vous lui demandez d'observer ce
- 1:11:09que vous savez faire et surtout ce que vous ne savez pas faire.
- 1:11:12Vous direz cette démonstration d'ailleurs devant la commission
- 1:11:15de défense va changer la donne. Ce qui devait être une
- 1:11:18dissolution devient une évidence stratégique.
- 1:11:21L'État ne peut pas se passer du GIGN en faisant ça, vous allez
- 1:11:24sauver l'unité, c'est ça ? Ah je carrément carrément je la
- 1:11:29sauve, c'est à dire que j'ai j'ai comme je manque.
- 1:11:33Vous avez pu vous en rendre compte.
- 1:11:34Je manque de modestie, donc je dis que j'ai créé le GIGN et je
- 1:11:38l'ai recréé. Je l'ai fait ressuscité au
- 1:11:41moment où il est-il était fonctionnellement destiné à
- 1:11:46disparaître. Donc je l'ai fait parce que je
- 1:11:50j'ai ce sens de l'État qui qui c'est pas simplement le fait de
- 1:11:53se dire on va pas toucher à mon jouet, à à ce que j'ai
- 1:11:56construit. C'est parce que je pensais que
- 1:11:59l'État avait besoin du GIGN. Au moment où je croyais avoir
- 1:12:04préparé un long discours et tout, je me retrouve nez à nez.
- 1:12:06On me présente le le ministre et je sens Bafouiller.
- 1:12:11Je sors cette phrase bizarre qui je pense.
- 1:12:17Là la percuté il s'est dit et c'est là où il s'est retourné
- 1:12:21vers le général Lacaze qui était le sema.
- 1:12:24Le chef d'État major des armées dans dans les mauvaises langues
- 1:12:28l'appelait le sphinx parce que il était pas très bavard.
- 1:12:32Vous n'êtes pas très bavard et il se retourne vers la case qui
- 1:12:37était beaucoup plus grand que lui et lui dit, Que pensez-vous
- 1:12:42de la la parole de cet officier mon général ?
- 1:12:44Et la case a cette phrase définitive.
- 1:12:47C'est la phrase, C'est c'est la parole d'un officier Monsieur le
- 1:12:50Ministre, et c'est c'est idiot. Mais bon, ça a l'air d'être
- 1:12:54comme dans une vue cinéma et tout.
- 1:12:56Mais à un moment, les événements se jouent comme ça.
- 1:12:59C'est idiot. Et effectivement, cette parole a
- 1:13:02compté et le fait de dire ce que l'on n'est pas capable de faire,
- 1:13:06c'est à dire ce que il pensait qu'on pouvait faire pour
- 1:13:10atteindre la démocratie. Mais c'est intéressant parce
- 1:13:13que, au-delà de votre compétence sur le terrain.
- 1:13:17À un moment donné, finalement, faut aller faire de la
- 1:13:20politique, il faut expliquer à ses supérieurs, à ses
- 1:13:23hiérarchies, faut avoir l'entregent nécessaire pour
- 1:13:26pouvoir aller parler au ministre.
- 1:13:28Et souvent c'est la même chose hein.
- 1:13:29En entreprise, il y a des gens qui sont très bons et qui disent
- 1:13:33bah en fait je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas une
- 1:13:36promotion pour il YA1 moment, il faut le savoir faire, mais il
- 1:13:41faut aussi le faire savoir. Et finalement.
- 1:13:46Ça, ce que vous faites, c'est que vous dites, on l'a fait
- 1:13:49revivre. C'était absolument nécessaire.
- 1:13:51Vous pouviez être le meilleur sur le terrain.
- 1:13:52Si vous alliez pas prendre votre bâton de pèlerin, aller parler
- 1:13:57aux politiques et aux décideurs, bah y aurait probablement plus
- 1:14:01de GIGN. C'est incroyable.
- 1:14:02Mais vous avez tout à fait raison.
- 1:14:03Et il faut quand même avoir un plus qu'on n'ait pas de nulle
- 1:14:06part. En plus, je j'ai, j'ai eu
- 1:14:09l'honneur de commander le GIGN, presque 10 ans.
- 1:14:11Je ne compte pas l'année où j'ai préparé le GSPR.
- 1:14:15Donc 92, pardon, 82 jusqu'en 82. Donc pendant 9 ans, j'ai
- 1:14:24commandé sur les 67 opérations du groupe 64 et on a libéré.
- 1:14:30Vous le rappeliez, le chiffre tout à l'heure, plus de 400
- 1:14:32otages, donc il y avait, il y avait un résultat professionnel
- 1:14:37objectif. C'était déjà surréaliste
- 1:14:40d'imaginer qu'on puisse se séparer du du GIGN.
- 1:14:43Donc, comme vous disiez. Vous vous avez dit, il est
- 1:14:47important à ce moment-là d'oser et et d'y aller quoi ?
- 1:14:52Oui mais moi ça me paraissait tellement incroyable qu'on n'ait
- 1:14:56pas eu l'opportunité que ma hiérarchie en plus.
- 1:14:59Et puis feuillir à ce point avec un directeur qui qui qui vous
- 1:15:05dit Ah non non, c'est un ordre. Surtout je veux pas entendre de
- 1:15:08bruit. Vous dites vous prévenez vos
- 1:15:10hommes que c'est fini. Mais si y en a un qui bouge,
- 1:15:12vous, je vous en tiendrai pas responsable.
- 1:15:14Il est pas monté au créneau pour nous défendre.
- 1:15:16Ouais. On en revient finalement à votre
- 1:15:18fil conducteur. Bah vous avez ce coté.
- 1:15:20Bah on va pas prendre un ordre pour un ordre si vous pensez que
- 1:15:24c'est pas la bonne chose à faire et vous allez tout faire, vous
- 1:15:27allez vous battre pour vos idées et pour vos convictions.
- 1:15:30Voilà, je crois qu'il faut dans tout ce que l'on entreprend.
- 1:15:34Si on veut avoir, on a, on a une chance de réussir.
- 1:15:38C'est. J'ai tendance à.
- 1:15:41À à faire des phrases un peu toutes faites comme ça, quand on
- 1:15:44prend une route, faut aller jusqu'au bout.
- 1:15:45Quand on a on, on a la conviction que l'on a raison.
- 1:15:50On peut peut être se tromper, c'est rien n'est sûr.
- 1:15:53La seule chose dont on est sûr, c'est qu'on est sûr de rien.
- 1:15:55Mais si on ne va pas jusqu'au bout, de toute façon, on.
- 1:15:58A failli faire de son mieux. Faut aller jusqu'au bout là.
- 1:16:00Est ce que votre talent de négociateur ils ont servi là
- 1:16:03pour la politique, pour face au ministre.
- 1:16:06Bah je pense que j'ai su trouver les mots et vous avez raison.
- 1:16:09C'est une sorte de négociation puisque la décision a été prise
- 1:16:12et pour qu'il dise, je vais pas le prendre seul, mais en plus la
- 1:16:16commission parlementaire de défense m'accompagnera.
- 1:16:20C'est j'ai su en une phrase parce qu'il fallait pas un
- 1:16:23discours de 3 plombes hein ? J'ai su être convaincant et
- 1:16:28j'avoue que dans la construction du groupe, c'était presque une
- 1:16:31évidence. Pour le sauver, c'était moins
- 1:16:33évident. Je comprends.
- 1:16:35Alors en 82, après l'assassinat de Sadate, on vous demande de
- 1:16:39créer une unité qui n'existait pas pour protéger le président.
- 1:16:4224 h sur 24365 jours par an, le président et ses proches.
- 1:16:45Vous vous inspirez alors du secret service américain et vous
- 1:16:48créez le GSPR, le groupe de sécurité de la présidence de la
- 1:16:52République. Et puis vient le secret d'État.
- 1:16:55Mazarine pingeot. Vous apprenez son existence 3
- 1:17:04semaines après votre arrivée et vous organisez sa sécurité dans
- 1:17:07la discrétion la plus totale. Pendant 13 ans, vous tenez ce
- 1:17:12secret au point de dire que vous vous êtes sûrement plus occupé
- 1:17:16de la FIP du président que de votre propre fille.
- 1:17:19Quand Paris Match révèle sa photo en 94, vous appelez ça un
- 1:17:22de vos plus gros échecs ? Comment on construit une équipe
- 1:17:26capable de créer un secret d'État pendant 13 ans ?
- 1:17:30Alors d'abord. Ce secret ne nous appartenait
- 1:17:33pas puisque le président avait décidé.
- 1:17:35On était dans un dans un autre contexte.
- 1:17:38C'est sûr que maintenant, vu le privé de de nos présidents avec
- 1:17:43des divorces, avec des copines, des machins, des trucs et que ça
- 1:17:48passe dans la presse et que tout le monde le sait, ça n'aurait
- 1:17:51plus le même impact. Mais on était.
- 1:17:53Il faut resituer ça dans son contexte.
- 1:17:55Et là je vais faire preuve d'une remarque qui va vous sembler
- 1:17:58surprenante. Moi j'ai, j'ai eu une vision
- 1:18:00égoïste. Un je cherchais pas du tout à
- 1:18:03juger le président, ça me regardait pas.
- 1:18:05Il décide que sa fille ne doit pas être connue.
- 1:18:08Il a une 2e famille, c'est son. Problème ?
- 1:18:11C'est pas mon problème. Je n'ai pas apprécié ce qui
- 1:18:14était mon problème, c'est que si elle était connue, c'était déjà
- 1:18:18compliqué. Sans qu'elle soit connue, ça
- 1:18:20allait être compliqué. Vous n'aviez aucun intérêt à ce
- 1:18:22qu'elle soit connue dans tous les cas ?
- 1:18:24Dans tous les cas, ça c'est le premier, le 2e truc et enfin
- 1:18:27parce que ça aurait alourdi la mission considérablement.
- 1:18:31On l'a vu par la suite pour d'autres présidents, mais
- 1:18:34surtout, et ce qui me paraît essentiel, enfin essentiel, rien
- 1:18:38n'est essentiel. Mais la manière dont j'ai voulu
- 1:18:40le faire, c'est de dire, il faut qu'il y ait une adhésion de mes
- 1:18:43hommes et je veux leur rendre hommage.
- 1:18:46Parce que quand une, nous avons. Le Président a quitté ses
- 1:18:52fonctions au bout des 2 ans, des 14 ans, donc en en mars 95, il
- 1:18:57a. Le GSPR est resté en place mais
- 1:19:02et on était presque 100 sur l'ensemble des missions de
- 1:19:07protection, il faut pas obliger que oublier.
- 1:19:08Pardon ? Vous le rappeliez, c'est une
- 1:19:11nuit et jour, 365 jours par an, quel que soit le site, donc on
- 1:19:14tourne à en temps réel, et une trentaine, et ce ce ce ce ce
- 1:19:19turn over fait que même si Mazarine avait une équipe
- 1:19:24dédiée. Il y avait des renforts qui
- 1:19:30étaient faits par d'autres équipes, donc au sein.
- 1:19:32J'aurais pu avoir une fuite. Voilà, au sein du GSPR, tout le
- 1:19:36monde avait connaissance de l'existence de Mazarine et
- 1:19:39jamais rien n'est sorti de mes hommes.
- 1:19:41Il. Y avait une loyauté.
- 1:19:43Et oui, mais parce qu'ils avaient chevillés au corps ce
- 1:19:49sens de l'honneur, comme je voudrais leur rendre hommage
- 1:19:53aussi un certain nombre de professeurs qui, au fur et à
- 1:19:56mesure que Mazarine a grandi. Ont été mis dans la confidence
- 1:20:00et n'ont jamais rien dit, donc on n'est pas toujours avec le
- 1:20:05smartphone actuel. Avec plusieurs maintenant.
- 1:20:09Je sais pas je je me prends à espérer que des gens qui ont
- 1:20:14pensé comme nous, il en reste. Mais je partage un peu votre
- 1:20:17point de vue. Ça serait 1 1 peu difficile.
- 1:20:19On l'a vu sous François Hollande avec des images qui sont
- 1:20:22sorties, on sait pas trop comment mais je rends hommage
- 1:20:25donc à ces à mes cents garçons. Qui, pendant toutes ces années,
- 1:20:31alors que ils passaient des heures à des fois parce que le
- 1:20:35petit chat était grimpé dans l'arbre, ou parce que se sont
- 1:20:40occupés de Mazarine ou se sont occupés de l'entourage des
- 1:20:43petites filles du président, parce que il était vulnérable
- 1:20:46aussi à travers sa petite fille, n'ont jamais rien dit, en
- 1:20:48particulier en ce qui concerne Mazarine.
- 1:20:51Alors en pleine période de Mitterrand.
- 1:20:53Vous vous Retrouvez au cœur de l'affaire des écoutes, 27
- 1:20:57écoutes en 2 ans sans juge parce que l'antiterrorisme des années
- 1:21:01de plomb exigeait un renseignement immédiat, 3 quart
- 1:21:05pour prévenir les attentats, 1/4 pour protéger le secret de la 2e
- 1:21:09famille du président et empêcher sa vie privée d'exploser en
- 1:21:13plein jour. Quand le scandale éclate, vous
- 1:21:15assumez ? Pour vous, la sûreté de l'État
- 1:21:18doit primer, sinon on ne protège personne.
- 1:21:21Mitterrand vous protège, vous nomme préfet hors cadre, mais
- 1:21:23l'affaire laisse une trace. Vous avez porté la mission, le
- 1:21:27secret et aussi le poids politique.
- 1:21:30Vous dites vous même que vous avez rendu des comptes.
- 1:21:33Cette période vous a placé dans une zone où l'éthique, le
- 1:21:36pouvoir et la loyauté s'entrechoquent chaque jour.
- 1:21:39Christian, quand un chef porte une mission sensible au nom de
- 1:21:43l'État, comment sait il qu'il n'est pas en train de devenir le
- 1:21:47fusible idéal ? Bah les questions savant qu'il
- 1:21:52faut se les poser à partir du moment où il faut pas simplement
- 1:21:54trouver gratifiant qu'à un moment quelqu'un vous dise j'ai
- 1:21:57besoin de vous. Il faut vous dire jusqu'où ne
- 1:22:00pas aller, qu'est ce qui est important ou qu'est ce qui n'est
- 1:22:02pas important. Et très sincèrement par rapport
- 1:22:05au texte qui existait parce que il y a eu un avant pruton et un
- 1:22:08après pruton. D'ailleurs j'appelle ça en en en
- 1:22:12rigolant. Pardon les lois sur les sur
- 1:22:15l'imprescribilité de de la protection.
- 1:22:20Des des, des écoutes, de la protection de tout ce qui est
- 1:22:25l'intimité de la vie privée. Privée ?
- 1:22:26Voilà, il y a des quelque chose qui a qui a évolué.
- 1:22:30On a fait évoluer la loi à ce moment-là.
- 1:22:33Sauf que comme j'ai toujours dit, le problème est moins ce
- 1:22:37que vous faites, C'est pourquoi vous le faites et après ce que
- 1:22:40vous en faites. Or je crois qu'en dehors du du
- 1:22:45du tapage qu'en ont fait. Un ou 2 journalistes et qui ont
- 1:22:49fait que ils se sont fait un nom, construit une histoire
- 1:22:54autour de l'affaire des écoutes qui leur a qui leur était plus
- 1:22:57profitable qu'à moi. Ils ont pas eu à nuire de ça en
- 1:23:01dehors du principe si que je ne conteste pas hein le le principe
- 1:23:05de l'intimité de la vie privée. Si l'objectif est supérieur à ce
- 1:23:12que l'on considère comme un principe, on est en droit de se
- 1:23:15poser la question. Et par rapport à ce que vous
- 1:23:17disiez après que l'État vous lâchera campagne ?
- 1:23:22Sincèrement, c'est pas votre problème.
- 1:23:24Non ? Et puis c'est vrai, oui, je vous
- 1:23:26assure et je l'ai. Je l'ai dit vous.
- 1:23:28Vous posez la question, vous en fait c'est ça, c'est est ce que
- 1:23:34finalement vous êtes prêts à porter cette mission ?
- 1:23:37Mais après si vous êtes infusible bah c'est comme ça.
- 1:23:42Oui, avec cette petite phrase idiote, les questions, c'est
- 1:23:45avant qu'il faut se les poser. C'est avant qu'il faut se les
- 1:23:47poser. Et qu'est ce qui fait la
- 1:23:48différence justement entre une noyauté et 111 aveuglement à ce
- 1:23:53moment là ? Ah mais parce que je suis
- 1:23:56désolé, à l'aveuglement, le libre arbitre, ça existe hein ?
- 1:24:00On va arriver à la séquence utopie ou dystopie ?
- 1:24:05Donc vous avez 2 cartes en face de vous, vous en choisissez une,
- 1:24:09vous la montrez face caméra et on est partis.
- 1:24:12D'accord, alors je prends la carte, je la regarde avant.
- 1:24:14Vous la Regardez avant ? Je prends la carte, je la
- 1:24:18regarde. Utopie ?
- 1:24:21Utopie. Utopie ?
- 1:24:23Nous sommes dans la nation du volontariat, nous sommes en
- 1:24:262035. Après des années de
- 1:24:28fragmentation, un basculement s'est opéré.
- 1:24:30La société s'est recentrée sur l'essentiel, l'engagement
- 1:24:35volontaire, la solidarité active, la confiance dans le
- 1:24:38collectif. L'autorité ne repose plus sur la
- 1:24:41force, elle repose sur la preuve.
- 1:24:43Comme vous l'avez toujours défendue, le chef montre
- 1:24:46l'exemple avant de demander l'effort.
- 1:24:49C'est cette exemplarité qui reconstitue la confiance
- 1:24:52collective. Le volontariat devient un pilier
- 1:24:55civique. Chacun s'engage parce qu'il
- 1:24:57pense contribuer à plus grand que lui.
- 1:24:59La solidarité n'est pas une injonction, c'est une évidence.
- 1:25:03La cohésion n'est plus un slogan, elle devient
- 1:25:05l'architecture morale de la société.
- 1:25:08Christian, si notre pays a adopté ce modèle fondé sur
- 1:25:10l'engagement volontaire et l'exemplarité, qu'est ce que ça
- 1:25:13changerait sur notre manière de vivre ensemble ?
- 1:25:16Est ce que cette force morale elle pourrait devenir le socle
- 1:25:18d'un nouveau pacte social durable ?
- 1:25:21C'est c'est c'est fabuleux que vous posiez cette question parce
- 1:25:24que je sais pas si on n'est pas à ce à ce moment où on semble
- 1:25:29oublier cette cette notion qui de à travers votre question est
- 1:25:34présentée comme une une utopie, alors que on voudrait tous que
- 1:25:38ça soit notre quotidien, que ça soit ce qui existe et.
- 1:25:44Moi j'espère que la société va pas faire cette bascule qui fait
- 1:25:48qu'on va oublier tout ce que le fait qu'une société est solide.
- 1:25:53C'est parce que chacun a dans sa son acte, dans chaque acte qu'il
- 1:25:58produit une part de ce que la société est et se plaint de la
- 1:26:02société. Je sais plus qui a pas, j'ai
- 1:26:04oublié la formule donc je vais pas la reprendre a une
- 1:26:08responsabilité dans ce que dans ce qu'elle devient.
- 1:26:10Et y a une chose qu'on qu'on a oublié quand j'ai entendu les
- 1:26:14problèmes budgétaires dont on nous rebat à juste titre les
- 1:26:17problèmes. À un moment, y a quelqu'un qui a
- 1:26:20émis l'idée stupide de de pouvoir, de de de taper sur tout
- 1:26:26ce qui est l'associatif. Et je trouve ça tellement
- 1:26:29d'abord maigrichon, petit, de pouvoir piquer des sous à des
- 1:26:33gens qui eux ne prennent rien et donnent à la société pour que
- 1:26:37cette société qui n'a pas les moyens de mettre en place.
- 1:26:40Tout ce qu'il faut pour qu'elle soit la société idéale dont on
- 1:26:44rêve participe à ce qu'elle soit un peu meilleure qu'elle ne
- 1:26:47l'est vraiment. Alors j'ai vu que Dieu merci
- 1:26:51était tombé. Donc je je doute un peu moins.
- 1:26:54Malgré mon grand âge, je reste un peu plus optimiste sur le
- 1:26:58devenir de cette société. Donc si je vous entends bien, on
- 1:27:01espère que c'est pas une utopie et que ce vivre ensemble, cet
- 1:27:05intérêt collectif, cet intérêt, ce sens de l'intérêt général.
- 1:27:08Ça devienne et ça continue à apporter les nouvelles
- 1:27:12générations également. Voilà tout à fait.
- 1:27:14Et si je peux me permettre, je sais pas si c'est un mot de la
- 1:27:17fin ou pas, mais moi je voudrais dire qu'il y a quelque chose
- 1:27:19dans lequel j'ai cru étant déjà pas très jeune homme et que je
- 1:27:24crois beaucoup. Quand on se pose des questions
- 1:27:27sur ce que fait une certaine jeunesse qui est un peu à la
- 1:27:30dérive, on est en aval des problèmes.
- 1:27:32On voit tel jeune a fait du wheeling, tel jeune.
- 1:27:37A voulu franchir un barrage alors qu'on lui avait dit
- 1:27:39d'obtempérer. Et la question c'est plus de
- 1:27:41savoir combien de temps on va mettre en tôle que de savoir
- 1:27:44pourquoi il en est là. Et moi ma la question que je
- 1:27:46pose c'est que je voudrais que la société se pose.
- 1:27:49Si ça a un intérêt qu'on ait eu cet échange, c'est à dire les
- 1:27:51questions comme celles-là c'est pas maintenant qu'il faut aller
- 1:27:53se les poser, c'est avant. Et si on veut savoir si la
- 1:27:59société qu'on évoquait tous les 2 là dans par cette partie
- 1:28:02utopique soit vraiment pas utopique mais soit la société
- 1:28:05que l'on aura demain. Elle passe par notre jeunesse
- 1:28:07parce que la jeunesse, c'est notre avenir et ce ce que nous
- 1:28:10on fera, on en fera sera cet. Avenir, c'est un très beau
- 1:28:15message. Ben pour terminer cet épisode,
- 1:28:17j'ai une dernière question, qu'est ce que Christian Prouteau
- 1:28:20d'aujourd'hui dirait au jeune homme qui commence tout juste
- 1:28:25ses études et qui va créer le GIGN ?
- 1:28:29Ben je lui dirai ce que m'a dit mon papa un jour, je pensais que
- 1:28:33je n'y arriverai pas dans une. Un truc parfait, mon père s'est
- 1:28:36mais pas mis en colère, mais il m'a regardé avec ses gros
- 1:28:39sourcils noirs et ses gros yeux Bleus qui qui m'impressionnaient
- 1:28:43toujours ce qu'un homme fait 1 1 autre homme peut le faire et je
- 1:28:49pense que c'est une leçon que j'ai retenu et je pense que tout
- 1:28:52le monde peut se dire ça. On A chacun entre en nous.
- 1:28:56Quand je dis homme, c'est un terme générique hein, homme,
- 1:28:59femme, on A chacun entre nous à un moment la possibilité, on a
- 1:29:03d'abord le choix, ce qui est important.
- 1:29:04Et on a la possibilité effectivement de de se dire ça,
- 1:29:08on peut pas peut être être tous champions du monde de quelque
- 1:29:11chose, mais on peut déjà dans son domaine être meilleur que on
- 1:29:16peut le penser. À l'impossible personne n'est
- 1:29:18tenu. Absolument.
- 1:29:19Merci beaucoup. Christine, merci à vous et merci
- 1:29:22la qualité du de l'échange. Merci beaucoup, moi c'était
- 1:29:26hyper intéressant, j'ai adoré. Ah bon ?
- 1:29:30Écoutez, j'ai la faiblesse de penser qu'effectivement je l'ai
- 1:29:32ressenti aussi. Non ?
- 1:29:33Bah écoutez, non, c'est. C'est franchement, c'est
- 1:29:36passionnant et et en fait, je vais vous faire une confidence
- 1:29:40aussi. Ah bah c'est votre tour alors ?
- 1:29:42Bah ouais, je vais vous faire une une confidence, en fait, moi
- 1:29:46personnellement, j'ai toujours eu du mal avec cette notion,
- 1:29:52avec la, la police, l'autorité, l'armée.
- 1:29:55Parce que. Peut être aussi il y a une une
- 1:29:58histoire familiale ou un point il y a.
- 1:30:00Il y a ce cette vision un petit peu des des gendarmes de la 2nde
- 1:30:04Guerre mondiale de Vichy également, de personnes qui
- 1:30:09acceptent l'autorité sans réellement se poser de
- 1:30:16questions. Et ce que vous démontrez là,
- 1:30:18c'est exactement l'inverse. C'est oui, il faut du cadre, il
- 1:30:22faut de la structure. Mais il YA1 libre arbitre.
- 1:30:25Et c'est ça qui vous a amené à créer des choses complètement
- 1:30:29extraordinaires. Et c'est ça qui pour moi, c'est
- 1:30:34difficile dans l'autorité, la police, le la gendarmerie.
- 1:30:37Et ce que vous montrez ici, c'est exactement l'inverse.
- 1:30:40Et je trouve que c'est ultra inspirant et ça peut redonner,
- 1:30:43je pense, à vous écouter 1 1 lien.
- 1:30:47Entre on parle, vous parlez de jeunesse et des d'un côté de de,
- 1:30:51de, de la représentation de l'État.
- 1:30:54Il faut qu'il y ait ce ce ces dialogues qui viennent, il faut
- 1:30:57qu'il y ait y ait y ait cette écoute de l'autre, il faut qu'il
- 1:30:59y ait ce respect de l'autre, il faut qu'il y ait cette ce
- 1:31:01questionnement, est ce que vous faites ce que vous dites ?
- 1:31:03Pour moi je trouve ça fantastique, ça peut justement
- 1:31:07donner des aspirations, donner des dialogues, et moi ça me ça,
- 1:31:10moi je trouve ça, je trouve ça fabuleux.
- 1:31:11Eh Ben écoutez, ça me touche, et si je me permets, comme dit le
- 1:31:14regretté Desproges. De faire mon intéressant à la
- 1:31:17télé, c'est pas simplement un problème d'égo surdimensionné
- 1:31:20dont je sais que je l'ai, mais simplement parce que je me dis
- 1:31:23que, parce que je crois, il m'arrive de croiser des gens
- 1:31:26dans la rue qui me voient, qui me voient, et je vois à travers
- 1:31:31ce qu'ils me disent que j'ai raison de le faire.
- 1:31:33Parce que comme je, je n'ai pas forcément le propos que certains
- 1:31:39attendraient d'un type comme moi qui a créé le GIGN, que je peux
- 1:31:44les perturber. Je me dis que si je peux les
- 1:31:46perturber suffisamment pour qu'ils aient pas la doxa
- 1:31:49imbécile certaines chaînes dont je parlerai pas je je me dis
- 1:31:54après tout c'est je fais pas pour rien tout en connaissant
- 1:31:57les limites de l'exercice hein. Je vous le dis tout de suite.
- 1:32:00Christian, vous allez apporter une BD sur les débuts du GIGN.
- 1:32:03C'est ultra réaliste. Poma a fait un travail quasi
- 1:32:06documentaire. Ça vous fait quoi de voir votre
- 1:32:09histoire devenir une œuvre ? Bah je je.
- 1:32:13Ça me touche beaucoup et je trouve que, en plus, par rapport
- 1:32:16à à à des idées que j'ai sur l'exemplarité et sur le fait que
- 1:32:19on donne aux aux gens l'envie de faire quelque chose, ce qui est
- 1:32:22le cas avec tous les jeunes qui viennent au GIGN.
- 1:32:25Cette BD, c'est 1, 1 garçon qui avait 15 ans quand il a commencé
- 1:32:29à nous envoyer les premiers dessins auxquels on n'a pas cru
- 1:32:31parce qu'il avait le trait. Pas très sûr.
- 1:32:35Et quelques années plus tard donc, il était toujours resté en
- 1:32:37liaison avec nous. Avec une ténacité qui était
- 1:32:42incroyable, il a. Il envoyait de plus en plus de
- 1:32:46dessins et il y a 2 ans, il a fait une première BD qui est
- 1:32:49sortie, qui s'appelle GEGN7376. Et ça c'est le 2e opus de son
- 1:32:53œuvre qui fait 200 pages et qui reparcourt au millimètre les
- 1:32:56échanges que nous avons pu avoir ensemble, les.
- 1:33:00Le fait que, passionné du GIGN, il.
- 1:33:08Il a noté des choses qu'il était important de faire, qu'il a
- 1:33:11construit un peu pardonnez-moi comme un podcast imagé en images
- 1:33:15et qui permet de comprendre tout ce que tout, tout ce que on
- 1:33:20essaie de savoir sur le GGN, le pourquoi et surtout le comment.
- 1:33:23On mettra le lien en commentaire. la BD s'appelle
- 1:33:27GIGN, 2e tome du coup 19761000983.
- 1:33:29Merci beaucoup. Et merci pour Puma.
- 1:33:33Et merci à vous d'avoir suivi cet épisode de Beyond Walk in
- 1:33:36live. N'hésitez pas à partager vos
- 1:33:38avis en commentaires, à liker pour soutenir le podcast et à
- 1:33:41vous abonner pour ne rien manquer.
- 1:33:44À très vite pour un prochain débat.