Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / Marie Marquet - La richesse du monde végétal et le lien avec la teinture végétale
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants
- 0:30pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:44Alors bonjour à tous,
- 0:45je suis ravie d'accueillir sur le podcast Marie Marquet.
- 0:48Bonjour Marie.
- 0:49Bonjour Pauline.
- 0:52Alors,
- 0:52première question Marie,
- 0:53est-ce que tu peux nous expliquer,
- 0:56nous raconter ton parcours et comment tu es arrivée à la teinture végétale ?
- 1:01Oui,
- 1:02alors moi en fait au départ je viens de l'archéologie,
- 1:05donc j'étais archéologue.
- 1:08J'ai un parcours double parce qu'en fait j'ai commencé des études universitaires et en même temps très tôt j'ai commencé à faire du terrain,
- 1:17donc à travailler vraiment sur des sites archéologiques pour faire des fouilles,
- 1:20etc.
- 1:21Dans ce cadre-là,
- 1:23on était une équipe d'étudiants et de chercheurs et on a commencé à faire de la reconstitution de techniques anciennes.
- 1:30Donc on pratiquait les techniques des objets qu'on retrouvait pour essayer de comprendre,
- 1:34par le biais de ces pratiques,
- 1:36les techniques en jeu et,
- 1:38au-delà des techniques,
- 1:39les ressources nécessaires,
- 1:41les enjeux par rapport à ces ressources,
- 1:43les modes de transformation et les outils.
- 1:45Donc ça,
- 1:45c'est ce qu'on appelle la reconstitution archéologique.
- 1:47Et ça a de l'importance parce qu'en fait,
- 1:49à l'époque,
- 1:50J'ai fait plein de trucs,
- 1:51ça commence avec faire du feu,
- 1:53j'ai la chance en plus d'être née dans un atelier de céramique,
- 1:56donc on faisait de la poterie,
- 1:58mais aussi des habitats,
- 1:59différents types de savoir-faire appliqués à des réalisations d'objets et de choses utiles pour la vie ancienne.
- 2:06C'est avec ce point de départ,
- 2:08en fait,
- 2:09dans la tête,
- 2:10que j'ai commencé à m'intéresser plus largement peut-être à des choses à l'époque moins décrites.
- 2:16Mais...
- 2:17Ce qu'il faut dire aussi,
- 2:18c'est que je me suis spécialisée très tôt sur l'histoire de l'Afrique et l'archéologie africaine.
- 2:25J'étais à Paris 1 et je travaillais avec Jean Paulet,
- 2:28qui était directeur de recherche et qui travaillait sur l'Afrique.
- 2:31Grâce à lui,
- 2:33on a pu partir travailler sur un site qui est dans le nord du Mali,
- 2:37qui s'appelle DIA.
- 2:39et un très très beau site archéologique et un très beau lieu aussi.
- 2:42Une fois sur place,
- 2:43donc je n'avais pas encore commencé à travailler sur le textile,
- 2:45j'ai rencontré des potières,
- 2:47j'ai commencé à enquêter sur leurs pratiques,
- 2:49sur leur savoir-faire,
- 2:50les modes de cuisson,
- 2:51où est-ce qu'on trouve l'argile,
- 2:52enfin voilà,
- 2:52tout un tas de questionnements que j'ai eus,
- 2:55en parallèle avec les fouilles qu'on faisait in situ.
- 2:57Et puis au bout d'un moment,
- 2:59s'est posée la question de mes futures recherches universitaires,
- 3:03et à ce moment-là,
- 3:04moi je me suis rendue compte que ce qui m'attachait vraiment,
- 3:06c'était justement ce rapport.
- 3:07Homme-environnement,
- 3:08donc comment à partir des ressources d'un territoire,
- 3:11on pratique et on transforme des choses pour la vie,
- 3:14pour la vie de tous les jours,
- 3:15pour ce qu'on peut faire.
- 3:16J'ai aussi envie de dire que si j'ai fait de l'archéologie,
- 3:18je pense qu'au départ,
- 3:19j'avais une curiosité pour savoir comment on en était arrivés à ce qu'on vit maintenant,
- 3:25là où on en est,
- 3:26avec effectivement une société,
- 3:28une civilisation très complexe,
- 3:29mais aussi avec plein de travers et de problématiques écologiques.
- 3:34Donc je pense que c'était mon moteur déjà à l'époque,
- 3:36déjà quand j'étais toute jeune étudiante.
- 3:38Dans la foulée de cette fouille,
- 3:40j'ai voyagé au Mali et j'ai rencontré…
- 3:45deux messieurs très intéressants qui avaient monté un atelier à Bamako.
- 3:54où il faisait la transmission de techniques qui au départ sont des techniques de teinture pratiquées par les femmes,
- 4:00mais qui ont été réinvesties par ce groupe d'artistes comme un moyen d'expression et peut-être plus largement un support identitaire.
- 4:11Je ne sais pas si je suis claire,
- 4:12peut-être que je vais détailler.
- 4:13C'était cet atelier à
- 4:15Bamako. C'est deux personnes,
- 4:18Issan Niambele et
- 4:20Augustin Sankara.
- 4:21Tous les deux,
- 4:22ils travaillaient en fait dans l'idée de valoriser cette technique de teinture ancienne,
- 4:27connue par les femmes,
- 4:28pratiquée dans les villages,
- 4:29en milieu rural.
- 4:30Mais ils la valorisaient pour des créations contemporaines,
- 4:33et ils le faisaient notamment en accueillant des jeunes hommes et femmes,
- 4:37mais principalement quand même des garçons très jeunes,
- 4:40qui par ce biais pouvaient acquérir un savoir-faire et un mode de création.
- 4:45Donc les deux,
- 4:45ils étaient plutôt issus du monde des beaux-arts.
- 4:48C'était quand même des personnes qui avaient une grosse réflexion sur leur travail de transmission.
- 4:52Et c'est grâce à eux,
- 4:53en fait,
- 4:53que j'ai commencé à travailler sur cette technique du beau-bolant et à m'intéresser à des pratiques textiles.
- 5:00Donc à l'époque,
- 5:01complètement in situ au Mali,
- 5:03sans me poser forcément...
- 5:05la question d'autre chose.
- 5:07C'était une découverte qui s'est faite par les mains.
- 5:10Le beau gauland,
- 5:11c'est une technique typiquement malienne.
- 5:14C'est une technique qui utilise un principe que les teinturiers de teinture végétale connaissent bien,
- 5:19qui est l'usage des tadins,
- 5:21qui sont des molécules colorantes présentes dans un certain nombre d'espèces,
- 5:26et leur réaction avec le fer.
- 5:30En l'occurrence,
- 5:31il se trouve qu'en Afrique de l'Ouest,
- 5:33On a des sols qu'on appelle latéritiques,
- 5:35donc des sols qui contiennent des oxydes de fer.
- 5:38Et ces oxydes précipitent au moment des pluies,
- 5:41de la saison des pluies.
- 5:43Et donc la boue qui se retrouve au fond des mares et de ce qu'on appelle les marigots,
- 5:48c'est un endroit où on a une boue très fine qui vient du lessivage de ces sols.
- 5:53Cette boue contient du fer.
- 5:54Et par ailleurs,
- 5:55les plantes du Sahel sont beaucoup des plantes à tannin.
- 5:58Et donc,
- 5:59en utilisant les plantes à tanin pour teindre et en utilisant la boue ferreuse pour peindre le tissu,
- 6:05on arrive à faire des motifs en ocre et noir,
- 6:08un peu rouge,
- 6:10brun,
- 6:10suivant la gamme de plantes et les techniques employées.
- 6:14Voilà,
- 6:14donc cet atelier,
- 6:16c'est le premier endroit où j'ai commencé à travailler à l'usage des plantes et à la teinture.
- 6:23Et puis grâce à cette initiation,
- 6:25à cette découverte et à tout ce que ça m'a apporté sur les enjeux de ce qu'est la teinture aussi comme élément de la…
- 6:33Comment dire,
- 6:33d'identité,
- 6:35parce que cette teinture du beau Gauland,
- 6:37elle représente pour les Maliens un savoir-faire qui porte l'identité malienne,
- 6:44qui porte quelque chose de propre,
- 6:46qui permet d'assurer en fait une transmission vraiment de la culture.
- 6:51Donc grâce à cette expérience,
- 6:54après le chantier s'est terminé,
- 6:56l'expérience avec eux s'est terminée,
- 6:57je suis rentrée en France.
- 6:59Et c'est à ce moment-là que je me suis dit,
- 7:00mais en fait,
- 7:00nous,
- 7:00comment c'était ?
- 7:02comment c'était nous ici,
- 7:03puisque je faisais de la reconstitution de techniques anciennes.
- 7:06À ce moment-là,
- 7:06je me suis dit,
- 7:07mais en fait,
- 7:07nous aussi,
- 7:07on devait bien avoir des plantes,
- 7:09on devait bien avoir des pratiques textiles complexes qui les utilisaient.
- 7:13Et c'est là que j'ai commencé à creuser ce sujet.
- 7:17Voilà,
- 7:17donc ça a commencé comme ça.
- 7:19C'est vrai que j'avais déjà un intérêt,
- 7:21j'ai envie de dire,
- 7:22pour ce rapport entre l'homme et l'environnement et les ressources d'un territoire.
- 7:26Mais je pense que là,
- 7:27ça m'a vraiment permis de commencer à m'intéresser à la botanique,
- 7:30à...
- 7:31à la diversité des milieux,
- 7:34aux pratiques qu'on a justement parce qu'on est dans un milieu et pas dans un autre,
- 7:37et donc à toute cette complexité qui découle des ressources.
- 7:41Et voilà,
- 7:42donc après cette étape,
- 7:44j'ai rencontré Marie-Pierre Pubaret.
- 7:46Donc moi,
- 7:47j'étais à l'époque médiatrice dans un musée de préhistoire.
- 7:50Je faisais de la présentation au public pour différentes techniques,
- 7:55comme j'expliquais,
- 7:56pour illustrer par la pratique.
- 7:59ce que sont ces objets anciens qu'on retrouve dans les fouilles,
- 8:02etc.
- 8:03C'était le musée de préhistoire de Nemours.
- 8:05Et un jour,
- 8:06Marie-Pierre,
- 8:06que je ne connaissais pas encore,
- 8:07arrive.
- 8:08Et Marie-Pierre…
- 8:09Et c'est une pionnière aussi dans cette démarche de mise en place de reconstitution autour de la teinture végétale et du textile.
- 8:19Donc,
- 8:20ça a été une grande rencontre.
- 8:22Marie-Pierre m'a ensuite initiée à ce qu'elle avait,
- 8:26elle,
- 8:26défrichée.
- 8:27Évidemment aussi avec un lien dans les travaux des personnes précédentes qui avaient pu travailler sur ce sujet.
- 8:35Et donc,
- 8:37elle m'a transmis les premières recettes.
- 8:39Et les premières réflexions sur ce lien entre pratiques textiles,
- 8:46usage des ressources et rapport à l'archéologie.
- 8:49et aussi qui m'a invitée à venir en tant que médiatrice travailler dans un site qui s'appelait le Domaine de Samara,
- 8:55où on faisait elle du tissage.
- 8:58Elle reconstituait par le tissage technique,
- 9:00textile,
- 9:01connu aux différentes périodes qu'il fallait illustrer,
- 9:04et moi je faisais les teintures.
- 9:05Je faisais les teintures avec des plantes qui étaient connues à ces époques-là.
- 9:10Évidemment,
- 9:10en parallèle,
- 9:11j'ai dû beaucoup travailler les questions de botanique,
- 9:14approfondir la pertinence historique aussi de mes sources par rapport à ces différentes époques.
- 9:19On ne peut pas dire la même chose pour l'époque romaine,
- 9:21pour la période de l'Ève du Bronze ou pour l'époque médiévale.
- 9:24On a des récits complètement différents,
- 9:26des plantes différentes et des pratiques qui ont une continuité,
- 9:29mais qui ont beaucoup changé,
- 9:31avec des enjeux.
- 9:33C'est là que je me suis dit,
- 9:34voilà,
- 9:34pour ma spécialisation,
- 9:36ce qu'on appelle maintenant un Master 2,
- 9:39Je vais travailler sur…
- 9:41Et sur ce domaine,
- 9:42j'ai envie de travailler sur l'analyse des colorants qui sont présents sur les textiles,
- 9:47en résonance avec un milieu,
- 9:48un environnement.
- 9:49Et comme j'étais africaniste,
- 9:50je voulais continuer à travailler en Afrique.
- 9:53Et à ce moment-là,
- 9:53je suis allée rencontrer Dominique Cardon,
- 9:55qui m'a très chaleureusement accueillie,
- 9:58qui était hyper contente qu'il y ait,
- 10:01je pense,
- 10:01des gens pour défricher des nouveaux espaces,
- 10:04parce qu'elle avait cette très grande connaissance et en même temps conscience de tout ce qu'il y avait à faire encore comme travail,
- 10:10et qui avait...
- 10:11tellement de recherche à conduire.
- 10:13Je pense aussi,
- 10:13ce qu'il faut dire,
- 10:14c'est qu'on était à une période charnière,
- 10:16c'est-à-dire que moi,
- 10:17ça,
- 10:17ça se passe dans les années 95-2000.
- 10:21Et en fait,
- 10:21à cette période-là,
- 10:23il y avait encore des gens qui faisaient des choses,
- 10:25qui pouvaient les faire avec un format,
- 10:27disons,
- 10:28d'héritage culturel,
- 10:30mis en pratique dans le quotidien.
- 10:32Je pense que c'était un petit peu une chance de se mettre à penser à ça à ce moment-là,
- 10:37parce qu'en fait,
- 10:38on était à la limite de la destruction de ces savoirs.
- 10:42Plein de raisons dont on pourrait parler aussi,
- 10:43mais voilà,
- 10:44pour ne pas allonger.
- 10:45Voilà,
- 10:45en tout cas,
- 10:46on était un peu sur la fin d'un cycle.
- 10:50avec la disparition assez rapide des personnes qui avaient ces connaissances et un faible remplacement,
- 10:56c'est-à-dire un faible remplacement,
- 10:59mais peu de gens pour prendre le relais,
- 11:01tout simplement parce qu'en gros,
- 11:03les marchés textiles ne permettaient plus à des artisans praticiens de techniques complexes et exigeantes qui demandent d'avoir aussi à la fois beaucoup de connaissances,
- 11:12mais aussi des pratiques de cueillette,
- 11:15tout un tas d'ancrages dans un territoire.
- 11:19Les marchés ne permettaient plus de valoriser ça en fait.
- 11:21On en était,
- 11:22c'était le moment où la fripe a commencé à envahir les marchés et a finalement remplacé les vêtements traditionnels.
- 11:28Donc on était vraiment à cette charmière.
- 11:32Voilà,
- 11:33donc j'ai décidé de faire mon mémoire de recherche sur ce projet-là.
- 11:36Et je suis retournée au Mali.
- 11:38J'ai eu la chance d'avoir des aides,
- 11:40des filles jeunes et autres soutiens à l'EPAC ou POC pour pouvoir financer du terrain.
- 11:46Et j'ai fait du terrain au Mali avec un objectif très précis,
- 11:50qui était vraiment chouette parce que j'avais quelque chose de bien structuré.
- 11:55Et j'ai travaillé à la fois sur le collectage vraiment ethnobotanique,
- 11:59donc récolter des plantes,
- 12:01demander aux gens ce qu'ils en connaissent,
- 12:03quels sont les usages,
- 12:04quels sont les…
- 12:05les modes de transformation.
- 12:07Et de l'autre côté,
- 12:09une collection textile assez précieuse qui date du XIIIe siècle,
- 12:12qui a été trouvée dans les grottes du pays d'Ogon.
- 12:15C'est la falaise d'Ogon.
- 12:18C'est des textiles de la culture télène.
- 12:21Et ces textiles,
- 12:21ils ont été très bien préservés parce qu'en fait,
- 12:23c'est un milieu assez aride.
- 12:25Et donc ils étaient conservés au musée de Bamako,
- 12:28et Samuel Sidipi,
- 12:29son conservateur,
- 12:30était une personne très ouverte,
- 12:32qui m'a accueillie,
- 12:33lui aussi,
- 12:34il m'avait déjà rencontré à DIA,
- 12:35donc il savait que ça faisait un moment que je travaillais sur l'archéologie africaine,
- 12:38mais il m'a accueillie vraiment de manière très chaleureuse pour me laisser non seulement voir et observer ses collections,
- 12:44mais même prendre des prélèvements.
- 12:46Parce qu'il faut bien comprendre que cette démarche,
- 12:49la démarche que j'ai mise en place à ce moment-là,
- 12:51avec le soutien de Dominique Cardon,
- 12:52c'est évidemment...
- 12:53qui était dans son rôle de directrice de recherche et m'a mis en lien avec des chimistes pour pouvoir faire les analyses.
- 13:00Cette démarche,
- 13:01elle consiste en récolter des plantes,
- 13:03faire des inventaires,
- 13:04faire des échantillons de teinture et comparer ce résultat avec les extractions...
- 13:11Avec les fibres.
- 13:13...elle-même.
- 13:14Donc,
- 13:14les fibres des textiles de l'époque.
- 13:16D'accord.
- 13:17Donc la démarche en elle-même,
- 13:19elle est passionnante parce qu'elle connecte en fait une pratique d'inventaire que moi je crois que j'ai adoré faire ça,
- 13:25cet inventaire,
- 13:25et puis un récit historique sur une période donnée,
- 13:28sur une culture donnée.
- 13:29Donc très vite on se rend compte que tout n'est pas valable pour tout,
- 13:32c'est-à-dire que chaque chose faite à une époque n'est pas retrouvable quelques siècles plus tard,
- 13:39parce qu'on a toujours les mêmes plantes,
- 13:41que tout le monde se sert de tout.
- 13:42Donc on a vraiment des faits culturels qui se cachent aussi dans les choix de plantes,
- 13:46dans les choix de recettes,
- 13:47même dans les choix de couleurs.
- 13:49Et ça,
- 13:50on peut le dessiner.
- 13:52Alors parfois,
- 13:52on n'a pas les données de manière très pointue,
- 13:56parce que c'est des vestiges anciens,
- 13:58parce qu'on a des collections qui peuvent être fragiles et que le travail est long avant d'avoir des résultats qui vont vraiment être des certitudes.
- 14:08Mais malgré tout,
- 14:10la démarche en elle-même était très passionnante.
- 14:12J'ai eu le soutien d'un botaniste sur place du CIRAD qui m'a aussi beaucoup aidée sur le côté botanique et détermination,
- 14:18donc ça m'a permis quelque part de forger mes pratiques en fait.
- 14:21Je pense que ce moment de travail a été fondateur parce que d'un côté j'ai vraiment fait ce qu'on appelle de l'ethnobotanique de terrain,
- 14:29donc j'ai collecté des plantes,
- 14:30collecté des savoirs et j'en ai fait une base de données,
- 14:33donc c'était quand même un gros boulot,
- 14:34c'était beaucoup de plantes.
- 14:36J'ai travaillé sur toutes les sources aussi déjà publiées parce qu'il y avait des choses qui pouvaient avoir disparu,
- 14:40qui pouvaient être oubliées.
- 14:42mais qu'on retrouvait dans des écrits plus anciens,
- 14:44des années de la colonisation,
- 14:47mais aussi parfois d'anthropologues ou d'ethnologues qui ont fait du terrain
- 14:5220 ans ou 30 ans avant moi.
- 14:54Et puis,
- 14:55de l'autre côté,
- 14:56cette résonance avec une culture précise,
- 14:58des textiles précis dans un lieu,
- 15:00et le récit qu'il peut y avoir autour de l'histoire de cette...
- 15:02Donc,
- 15:02c'est ça un peu le démarrage de mon travail.
- 15:06C'est vrai que,
- 15:07par contre,
- 15:07ça a été...
- 15:11un modèle passionnant,
- 15:13mais pas toujours,
- 15:15comment dire,
- 15:16si facile à reproduire.
- 15:18Parce qu'en fait,
- 15:18il faut avoir des données de départ,
- 15:21donc des textiles archéologiques,
- 15:23des personnes en situation de transmettre.
- 15:25Donc,
- 15:25il y avait vraiment à ce moment-là quelque chose d'assez magique.
- 15:30Ça,
- 15:30c'est sur le début.
- 15:32Du coup,
- 15:32vous restez combien de temps au Mali pour faire tout ça ?
- 15:37Ce terrain-là,
- 15:38il avait duré trois mois.
- 15:40le terrain de Dia c'était pareil j'étais à 3 mois et le Mali je suis retournée encore une autre fois pendant 2 mois voilà et c'était plein de travail sur herbier sur ressources récoltées sur d'autres de la bibliographie etc
- 15:55j'allais dire c'est comme ça que t'es arrivée plus vers le milieu botanique en fait
- 16:02C'est à ce moment-là que j'ai commencé vraiment à faire du terrain en ethnobotanique,
- 16:06à mesurer vraiment les enjeux aussi du collectage par rapport à des choses contemporaines.
- 16:11Parce que moi,
- 16:11je venais vraiment…
- 16:13Alors j'avais toujours,
- 16:14puisque comme je disais au début,
- 16:16j'ai commencé par m'intéresser à des potières qui étaient là physiquement et à faire des liens entre leurs pratiques de travail,
- 16:21celles que moi je connaissais parce que j'avais eu cette pratique chez moi et puis celles qu'on trouve en archéo.
- 16:26Donc j'avais déjà eu cette idée…
- 16:27J'étais très intéressée par ce lien entre archéologie et ethnographie.
- 16:31Mais c'est vrai que là,
- 16:31avec les plantes en plus,
- 16:33pour moi,
- 16:33c'était le bonheur total.
- 16:35C'était ça que je cherchais.
- 16:36Du coup,
- 16:36je suis restée sur ce domaine,
- 16:38en fait.
- 16:39Et puis bon,
- 16:39quand je suis rentrée en France,
- 16:42parce que c'est vrai que c'est une période… Pendant dix ans,
- 16:44j'ai fait du terrain en archéologie,
- 16:45donc avec des fouilles.
- 16:46Donc ça,
- 16:46c'est ce qui est visible du volet teinture.
- 16:48Mais par ailleurs,
- 16:49je partais beaucoup.
- 16:50J'avais beaucoup d'autres occasions de travailler sur de l'archéologie qui ne concernaient pas forcément les textiles.
- 16:55Et donc,
- 16:56j'ai eu une période,
- 16:56disons,
- 16:57de dix années où j'étais assez mobile.
- 16:58Je n'ai pas eu un ancrage très…
- 17:01très statique en France,
- 17:02mais au contraire,
- 17:03beaucoup de voyages,
- 17:04d'endroits où j'ai vécu,
- 17:06avec des gens,
- 17:06dans d'autres cultures.
- 17:07Mais grâce à ce travail,
- 17:09j'étais vraiment sûre que je voulais continuer ça.
- 17:12Donc,
- 17:12après cette étape-là,
- 17:14je me suis lancée dans un second projet assez exigeant.
- 17:18En fait,
- 17:18je suis partie travailler en Éthiopie.
- 17:21Je voulais,
- 17:22à l'époque,
- 17:23suite à la discussion avec Dominique Cardon,
- 17:25parce qu'on avait toutes les deux vraiment relevé le besoin qu'il y avait de collecter et de...
- 17:31de valoriser les savoirs encore disponibles en Afrique.
- 17:37Et puis aussi,
- 17:37moi,
- 17:37j'avais vraiment cet ancrage africaniste,
- 17:40donc j'avais envie de travailler en Éthiopie.
- 17:42Du coup,
- 17:43je suis partie aussi faire une autre recherche pour un doctorat sur justement les tisserands et les plants colorants d'Éthiopie.
- 17:52Donc là,
- 17:52ça a été un gros,
- 17:53gros terrain aussi.
- 17:55Beaucoup de travail en amont,
- 17:56énormément,
- 17:56pour pouvoir inventorier des possibilités.
- 18:03En général,
- 18:03on commence déjà par se mettre au courant de tout ce qui a déjà été fait.
- 18:06Il y avait peu de choses strictement sur mon sujet,
- 18:09le textile.
- 18:10En fait,
- 18:10il n'y avait même rien.
- 18:12Le textile n'avait pas tellement intéressé les historiens et les ethnologues de l'Éthiopie,
- 18:18à part quelques faibles zones.
- 18:22C'était un très grand champ de découverte.
- 18:25Et là,
- 18:25j'ai travaillé dans une région d'Orsay,
- 18:29qui est au sud-ouest de l'Éthiopie.
- 18:31Et j'ai surtout travaillé sur des techniques de tissage.
- 18:35parce qu'en fait,
- 18:35après,
- 18:36c'est le terrain qui vous emmène là où il y a des gens,
- 18:40là où il y a des choses à raconter.
- 18:42Donc,
- 18:42c'est vrai que pour ce projet en Ethiopie,
- 18:43j'ai beaucoup plus travaillé strictement sur les questions textiles et de l'histoire textile et des enjeux de transmission et de pratique du tissage que sur vraiment les plantes colorantes.
- 18:55Malgré tout,
- 18:56en parallèle,
- 18:57j'ai fait des collègues de plantes.
- 19:00J'ai fait pas mal de…
- 19:02de travaux grâce aussi à un lien avec un botaniste éthiopien que j'ai rencontré.
- 19:08Et grâce à ça,
- 19:09ça m'a permis de faire un inventaire de ces plantes existantes.
- 19:14voilà donc après quand je suis rentrée en France après toutes mes vérités ici j'avais bien envie de continuer à faire des inventaires parce que ça me plaisait bien alors en parallèle pendant toute cette période là de l'archéologie terrain j'ai beaucoup travaillé comme je disais en médiation donc avec Marie-Pierre et d'autres personnes dans différents musées de site où je faisais vraiment
- 19:34de la pratique de teinture pour montrer aux gens comment ça se passe avec des plantes à tester aux époques concernées donc j'ai fait ça dans plusieurs lieux assez...
- 19:44assez chouette,
- 19:45où on accueille le public pour montrer ses techniques.
- 19:48Donc c'était tout en parallèle.
- 19:49J'ai beaucoup bossé quand même sur à la fois des plantes européennes,
- 19:52à la fois les plantes africaines de l'Ouest,
- 19:55à la fois les plantes de l'Éthiopie.
- 19:57Puis c'est vrai qu'à l'issue de ce dernier projet,
- 20:00ce n'était pas évident de poursuivre dans la recherche.
- 20:04Il y avait quand même quelque chose d'assez verrouillé.
- 20:08Dans la recherche,
- 20:08je veux dire au sens universitaire.
- 20:11et par ailleurs le terrain d'Ethiopie était passionnant j'ai adoré ce pays et tout ce que j'y ai appris et tout ce que j'y ai fait mais c'était aussi très dur je suis rentrée,
- 20:20j'étais très très malade je suis passée quand même pas loin d'y rester donc j'y suis retournée quand même après être allée mieux mais je crois que j'avais besoin dans ma vie de m'asseoir un peu après avoir beaucoup bougé j'arrivais à 30 ans j'avais envie de
- 20:38moins partir et donc...
- 20:40J'ai un peu changé de vie,
- 20:41on va dire,
- 20:41mais pas trop quand même.
- 20:43J'ai eu des enfants et je me suis dit,
- 20:45maintenant je vais me sédentariser.
- 20:47Je vais arrêter de bouger tout le temps,
- 20:48parce que j'ai passé
- 20:4910 ans,
- 20:50même presque 15 ans à être très nomade.
- 20:52Et je me suis installée ici à Dix,
- 20:55dans la Drôme.
- 20:56Et c'est vrai que j'ai continué à faire pareil en fait depuis,
- 21:01mais pas dans le même contexte,
- 21:02c'est-à-dire sans avoir forcément un projet universitaire derrière,
- 21:06mais avec l'idée…
- 21:08Donc il y a eu les deux bouquins,
- 21:10sur les plantes et sur les champignons,
- 21:12qui ont été des occasions d'inventaire hyper riches,
- 21:15parce qu'en fait quand on publie,
- 21:17surtout quand on vient comme moi de…
- 21:19de la recherche,
- 21:20enfin disons en tout cas qu'on a cette éducation universitaire,
- 21:23on doit être très sûr.
- 21:25On se met beaucoup de pression pour… On ne peut pas publier une idée qu'on a sur les champs.
- 21:30Il faut vraiment la valider.
- 21:32Donc,
- 21:32j'ai beaucoup travaillé,
- 21:33j'ai beaucoup lu,
- 21:35j'ai beaucoup récolté.
- 21:37J'ai fait des voyages autour de la Méditerranée en récoltant des plantes à droite à gauche pour pouvoir ensuite les tester.
- 21:42J'ai fait pareil plus au nord pour voir la différence entre les différents biotopes.
- 21:47Enfin j'ai vraiment mis du…
- 21:49de l'attention à ces inventaires de plantes dans le cadre des livres en question.
- 21:54Et après,
- 21:55les champignons,
- 21:55on pourra plus en parler.
- 21:57Mais en tout cas,
- 21:57ça,
- 21:58ça m'a apporté...
- 21:59Juste,
- 22:00je fais une pause pour qu'on parle bien.
- 22:03Donc,
- 22:03le guide des teintures naturelles...
- 22:04Plante à fleurs.
- 22:06Tu sais que je le garde à côté de moi parce qu'il a encore été cité trois fois dans les enregistrements d'avant,
- 22:10en livre référence,
- 22:11donc je peux dire qu'il a un sacré succès.
- 22:13Et l'autre,
- 22:14je n'ai pas encore,
- 22:15Champignons et lichens,
- 22:16parce que je t'avoue que c'est très récemment que j'ai découvert qu'on pouvait aussi teindre avec les champignons et lichens,
- 22:21donc j'aimerais bien qu'on en parle un peu après dans notre échange.
- 22:26Mais franchement,
- 22:28je te dis,
- 22:28tu verras dans les épisodes,
- 22:29il est vraiment beaucoup,
- 22:30beaucoup cité.
- 22:32comme le format pratique pour les cueillettes,
- 22:34avec un récap sur les colorants au début,
- 22:37l'essentiel pour se lancer dans les pratiques,
- 22:39et des fiches hyper détaillées sur la botanique.
- 22:42Donc,
- 22:43je te laisserai écouter les commentaires sur ton livre.
- 22:45Je pense que ça va te faire énormément plaisir,
- 22:47parce qu'il est vraiment toujours cité dans les premiers livres qui sortent.
- 22:52Il y en a un qui est sorti en 2012,
- 22:55et l'autre en 2016.
- 22:57donc c'est voilà c'est un peu deux histoires différentes c'est-à-dire les plantes j'ai vraiment travaillé seule mais j'avais il faut quand même bien dire un ancrage justement dans tous les travaux qui m'avaient précédé dont ceux de Dominique mais aussi d'autres personnes parce que bon juste pour faire un petit point sur l'historiographie de la discipline dans les années 70 il y a quand même eu plein de gens
- 23:18qui ont aussi été intéressés par ça.
- 23:22On était à une période un peu de renouveau des pratiques techniques artisanales et tout ça.
- 23:26Donc,
- 23:26il y avait quand même un bagage,
- 23:28disons,
- 23:28sur le versant plantes.
- 23:30Il y avait des choses.
- 23:31Après,
- 23:31moi,
- 23:31ce que j'ai apporté,
- 23:33enfin,
- 23:33ce que j'espère avoir apporté,
- 23:34en dehors de la maquette,
- 23:36du format,
- 23:37et aussi le travail de l'éditeur,
- 23:38mais c'était vraiment le fait de,
- 23:40quelque part,
- 23:41revalider,
- 23:42faire ce travail qu'on a fait avec le crit horticole de Rochefort.
- 23:46Sur tous les échantillons,
- 23:48on a fait des tests lavage-lumière pour pouvoir donner des qualités lavage-lumière.
- 23:54Et ça,
- 23:54c'était quelque chose que je voulais ajouter pour pouvoir porter un peu ma pierre à l'édifice sur un fond commun.
- 23:59Il faut bien entendre que de toute façon,
- 24:01tout ça,
- 24:01tous ces savoirs,
- 24:02ils n'appartiennent à personne en fait.
- 24:04Et ça,
- 24:05moi,
- 24:05c'est aussi quelque chose que j'ai besoin de redire parce que vraiment,
- 24:11il faut garder toujours à l'esprit que tout ça,
- 24:12c'est notre patrimoine à tous.
- 24:15Ça appartient au bien commun de toutes les générations.
- 24:20depuis l'époque du néolithique jusqu'à aujourd'hui et qu'en fait,
- 24:24tout ça s'est construit sur du temps très long.
- 24:26Il y a eu énormément de choses par la transmission orale jusqu'à l'époque où on a commencé à avoir des manuels de teinturiers qui ont émergé et qu'on peut retrouver maintenant sur lesquels peuvent travailler des historiens et des chercheurs en chimie et tout ça,
- 24:42qui peuvent réactualiser ces sources.
- 24:44En fait,
- 24:45tout ça n'appartient à personne et tout ça reste un patrimoine.
- 24:49mais c'est vrai que le mettre en forme,
- 24:51le trier,
- 24:52le valider aussi,
- 24:53du point de vue de la qualité colorante,
- 24:57de l'application lavage lumière,
- 24:59c'est une petite étape qui me plaisait pour pouvoir moi-même me construire aussi mon bagage.
- 25:05J'ai des kilomètres de classeurs avec des échantillons et des tests.
- 25:10Il y a des choses que je n'ai pas validées,
- 25:11des choses que je n'ai pas gardées.
- 25:13Après,
- 25:13il y avait aussi la réflexion botanique.
- 25:14Est-ce que c'est pertinent de parler de telle plante ?
- 25:16Est-ce qu'elle est suffisamment accessible ?
- 25:18Est-ce qu'elle n'est pas fragile ?
- 25:20Est-ce que c'est une ressource dont on peut faire la médiation sans s'inquiéter de ce qu'il adviendra par sa transmission ?
- 25:27Donc,
- 25:27il y avait aussi toute une réflexion sur,
- 25:29quelque part,
- 25:29ce qui va être accessible,
- 25:31ce qui va être disponible en quantité suffisante.
- 25:34voilà,
- 25:35mais sans exclure non plus des choses peut-être historiques qui méritent d'être racontées mais dont on n'est pas censé forcément faire un usage industriel donc il y a toujours des paramètres qui vont varier un peu,
- 25:49en tout cas voilà ces deux bouquins m'ont permis de faire ça c'est vrai que j'ai commencé à ce moment-là étant plus dans un projet disons de m'établir comme chercheuse même si je crois que j'ai vraiment la curiosité de mon domaine toujours autant
- 26:04j'ai commencé à effectivement être sollicitée beaucoup pour donner des stages,
- 26:08des formations,
- 26:08etc.
- 26:09Voilà,
- 26:10alors ce qu'il faut dire,
- 26:10c'est que j'ai envie de dire,
- 26:12bon voilà,
- 26:12moi j'ai rencontré Marie-Pierre en premier,
- 26:14Marie-Pierre Pubaret,
- 26:15donc la tisserande dont j'ai parlé.
- 26:16C'est vrai que j'ai rencontré ensuite Dominique,
- 26:18mais je savais que c'était vraiment aussi fondateur dans mon parcours.
- 26:22Michel était déjà aussi en train de monter le jardin de couleur Garance et on s'est connus aussi très tôt avec les marchés,
- 26:29ce qu'il organisait là-bas.
- 26:31Donc il y avait ces personnes.
- 26:32Il faut dire qu'à l'époque quand même,
- 26:34quand moi j'ai commencé,
- 26:36il n'y avait pas non plus des milliers de gens qui s'intéressaient à ce sujet.
- 26:40Et j'ai envie de dire,
- 26:40quand je disais aux gens,
- 26:42je m'intéresse à la teinture végétale,
- 26:44il y en avait plein qui avaient l'air de se demander si je m'ennuyais le dimanche et qu'il fallait que je me trouve une petite occupation.
- 26:48C'est-à-dire que ça ne résonnait pas encore aussi fort que maintenant.
- 26:53Maintenant,
- 26:53en fait,
- 26:54ça devient un domaine,
- 26:55les gens s'y intéressent,
- 26:56a priori,
- 26:56c'est positif.
- 26:57Il y a quand même eu toute une période où c'était des domaines de recherche un peu confidentiels,
- 27:03c'était des gens très engagés comme Michel dans son projet de jardin,
- 27:08comme Dominique dans ses recherches,
- 27:10qui arrivaient à apporter ça.
- 27:11Et sinon,
- 27:11c'était très confidentiel,
- 27:13on était très peu.
- 27:15C'est vrai qu'après,
- 27:16quand j'ai sorti mon bouquin,
- 27:17après ça,
- 27:18il y a eu un espèce d'effet d'entraînement pour moi.
- 27:21qui m'a conduite à commencer à donner des stages,
- 27:23à intervenir aussi dans des lieux.
- 27:25Donc,
- 27:26je faisais à la fois la prestation,
- 27:28disons,
- 27:29de médiation,
- 27:29comme je l'avais fait avant,
- 27:30donc accueillir du public,
- 27:32faire pratiquer ou faire réaliser des ateliers ou faire des balades botaniques.
- 27:37Et puis,
- 27:38des formations,
- 27:38des stages plus de transmission,
- 27:40comment on le fait depuis le début en ayant l'apprentissage complet.
- 27:45Et puis aussi,
- 27:46c'est vrai qu'on m'a demandé à partir de ce moment-là de parler de mon travail.
- 27:50Donc,
- 27:50j'ai eu l'occasion d'intervenir sur ce volet un peu ethnobotanique des plantes et tout ça,
- 27:58dans des festivals,
- 27:59dans des lieux qui avaient envie de présenter des conférences là-dessus.
- 28:05Cette deuxième période,
- 28:07on va dire,
- 28:08c'est là que j'ai monté un atelier de teinture aussi.
- 28:11Parce que j'ai commencé à travailler avec une association qui valorisait des broderies,
- 28:16toujours encore on était au Niger là,
- 28:18et en lien avec ce projet de valoriser un travail féminin sur la broderie,
- 28:22on m'a demandé de commencer à teindre des quantités assez importantes de tissus en teinture végétale pour que le produit finisse,
- 28:29les couturières elles avaient un truc vraiment chouette.
- 28:31Et ça m'a mis le pied à l'étrier,
- 28:33donc c'était une association qui s'appelait Trace.
- 28:35et à partir de là j'ai eu tout l'équipement pour travailler un peu des gros volumes de teinture.
- 28:42Donc ça c'était dans les années 2005-2006,
- 28:46j'ai commencé à teindre,
- 28:47donc au départ un peu toute matière confondue,
- 28:50d'ailleurs je le fais toujours,
- 28:53et je me suis installée à Dix,
- 28:55ici dans la Drôme.
- 28:57et depuis que je suis ici,
- 28:58donc ça fait un peu plus de dix ans,
- 29:00j'ai monté plusieurs jardins de plantes tanctoriales,
- 29:03donc je m'intéresse à construire des collections pédagogiques,
- 29:05donc souvent l'idée c'est des jardins qui ont,
- 29:08au départ,
- 29:09qui avaient plutôt une vocation de pépinière et de pédagogie,
- 29:13c'est-à-dire c'était un moyen comme un mini-musée vivant de faire un récit sur les plantes,
- 29:19donc c'était des supports,
- 29:20ces jardins pour pouvoir raconter aux personnes visitant les usages,
- 29:24les histoires,
- 29:25etc.
- 29:26Mais petit à petit,
- 29:27grâce aussi au fait que mon compagnon qui est paysan a aussi des terres où on a pu mettre des plantes et tout ça,
- 29:32je me suis intéressée de plus en plus au volet agronomique.
- 29:36C'est-à-dire,
- 29:37est-ce qu'on peut en faire plus ?
- 29:38Quels sont les enjeux ?
- 29:39Où est-ce que ça coince ?
- 29:40Quels sont les coûts ?
- 29:42Quelles sont les difficultés éventuelles à faire des productions à plus grande échelle ?
- 29:46Et je me suis aussi intéressée beaucoup à la filière laine,
- 29:49parce qu'ici,
- 29:49c'est un pays au vin.
- 29:50Et en fait,
- 29:51j'ai beaucoup de collègues éleveuses,
- 29:53éleveurs.
- 29:54qui me donnent leur laine à transformer.
- 29:56Donc,
- 29:56mon atelier,
- 29:57qui au départ faisait surtout de la reconstitution,
- 29:59au départ,
- 30:00je faisais des couleurs historiques pour des musées,
- 30:03pour des reconstitutions.
- 30:05Mais petit à petit,
- 30:06j'ai été vers des choses beaucoup plus contemporaines,
- 30:08de valorisation de la laine locale,
- 30:10de micro-filières.
- 30:11J'ai travaillé avec des petits trières.
- 30:14Voilà,
- 30:14donc,
- 30:15j'ai intégré un volet contemporain dans tout ce que j'avais déjà mis en place qui concernait plutôt des approches historiques.
- 30:23et du coup ça change les volumes ça change les échelles et ça permet des réflexions qu'on n'a pas quand on est dans simplement la reproduction à petite échelle donc c'est très intéressant aussi
- 30:36Ok,
- 30:36et du coup tu as dit beaucoup de choses intéressantes que j'aimerais bien qu'on creuse un petit peu donc côté botanique tu as parlé du coup de toute l'étape de cueillette qu'on te demandait notamment dans les stages est-ce que tu peux sur
- 30:52la partie cueillette je sais qu'il y a des règles de cueillette maximum il y a des principes de précaution est-ce que tu pourrais nous faire un petit topo sur les 3-4 choses à savoir sur les cueillettes
- 31:05en mode vraiment les grands principes ?
- 31:08Oui,
- 31:09c'est vrai qu'en fait,
- 31:10ce qui est intéressant…
- 31:12à avoir en tête ?
- 31:14Bon,
- 31:14alors évidemment,
- 31:15il y a des principes de départ qui vont être plutôt fonctionnels,
- 31:18c'est-à-dire que chaque plante a une saison de cueillette.
- 31:21Donc,
- 31:21par exemple,
- 31:22quand on fait de l'ethnobotanique,
- 31:24qu'on récolte des recettes,
- 31:25un élément important est de savoir à quel moment on doit récolter la plante,
- 31:29puisqu'en fait,
- 31:29ça va conditionner,
- 31:30ça va déterminer la qualité colorante de cette plante.
- 31:35Ça va aussi parfois être un facteur qui n'est pas lié à la qualité colorante,
- 31:39mais qui est lié à la possibilité
- 31:40que la plante se reproduise.
- 31:42Parce que quand on travaille sur des espèces sauvages et qu'on les cueille,
- 31:47on les détruit.
- 31:48Alors c'est plus ou moins impactant.
- 31:50Quand on cueille les feuilles d'un arbre,
- 31:52l'impact est absolument dérisoire.
- 31:55On pourrait dire qu'il est quasi nul.
- 31:57Par contre,
- 31:57quand on cueille les racines ou les rhizomes d'une plante,
- 31:59ça veut dire qu'on prend une fourche,
- 32:01qu'on va dans la terre et qu'on sort les parties souterraines.
- 32:04là,
- 32:04de manière évidente,
- 32:05on détruit la plante.
- 32:06C'est-à-dire qu'elle ne va pas pouvoir,
- 32:08une fois qu'on l'a sortie de terre,
- 32:09continuer à pousser là,
- 32:11à moins qu'on laisse des morceaux et qu'elle puisse repartir à partir de ses rhizomes.
- 32:16Donc,
- 32:17attendre une certaine saison,
- 32:18c'est-à-dire attendre,
- 32:19par exemple,
- 32:19que la plante ait fait ses graines pour pouvoir se reproduire avant de la prélever,
- 32:24parfois,
- 32:24ce n'est pas uniquement pour des raisons d'intérêt tectorial,
- 32:28mais aussi pour des raisons de renouvellement de la ressource.
- 32:31Donc,
- 32:32ça,
- 32:32c'est un critère important.
- 32:34Après,
- 32:34il peut y avoir des plantes pour lesquelles on cueille plutôt à certains moments de la journée.
- 32:40Ça,
- 32:40c'est le cas aussi pour les gens qui travaillent sur l'extraction d'huile essentielle ou sur les principes actifs.
- 32:46C'est vrai que certaines plantes font toutes ces molécules dans un objectif qui n'a rien à voir avec la teinture.
- 32:55Les plantes font ces molécules pour servir leur métabolisme et résoudre leurs problèmes.
- 33:00Donc,
- 33:01si elles ne peuvent pas se gratter,
- 33:03Elles vont envoyer des tannins pour chasser les bêtes qui les parasitent.
- 33:08Si elles ne peuvent pas se mettre à l'ombre,
- 33:10elles vont envoyer des molécules pour se protéger des UV.
- 33:15Donc,
- 33:15en fait,
- 33:16leur chimie interne,
- 33:17elle sert à résoudre des problèmes que la plante a.
- 33:20C'est un moyen de résoudre.
- 33:21Donc,
- 33:22nous,
- 33:22si on veut,
- 33:22par exemple,
- 33:23certaines molécules en grande quantité,
- 33:26on peut porter attention au fait qu'on est en journée ensoleillée et qu'à ce moment-là,
- 33:30il y aura plus de colorants disponibles dans la plante.
- 33:34Voilà,
- 33:34donc ça c'est des critères.
- 33:35D'accord.
- 33:36Après,
- 33:37il peut y avoir des questions de dissémination des espèces.
- 33:41Donc inversement,
- 33:41pour des plantes qui sont très envahissantes,
- 33:46quand on va la récolter,
- 33:47on va faire très attention de ne pas multiplier la plante à notre insu.
- 33:52donc de ne pas jeter les graines dans le compost,
- 33:55de ne pas multiplier les morceaux de rhizome partout et que la plante se remette à partir dans tous les sens.
- 34:02Donc,
- 34:02on va aussi avoir une attention quand il y a des espèces qui sont classées envahissantes.
- 34:07Tant mieux,
- 34:08ça fait beaucoup de masse de teinture,
- 34:11de biomasse utilisable en teinture.
- 34:13Ça n'empêche pas qu'il faut rester attentif à ne pas les diffuser plus au-delà des usages.
- 34:22Donc,
- 34:23c'est vrai que quand j'ai écrit mes deux bouquins,
- 34:25le premier sur les plantes,
- 34:26comme je disais,
- 34:27il y avait un peu de bagage déjà,
- 34:29mais il y avait ce travail sur la solidité,
- 34:31puis choisir les plantes les plus…
- 34:34rares,
- 34:35enfin,
- 34:35pas les plus rares,
- 34:36au contraire,
- 34:36les plus communes,
- 34:37beaucoup de biomasse et tout ça.
- 34:39Quand j'ai commencé à travailler sur les champignons,
- 34:41c'était complètement différent.
- 34:42Ça faisait longtemps que j'avais envie d'ouvrir ce domaine parce que c'était quelque chose qui me rendait assez curieuse.
- 34:49Simplement,
- 34:49ce qu'il y avait de particulier,
- 34:50c'est que pour le coup,
- 34:51il n'y avait pas beaucoup de sources et il n'y avait pas forcément beaucoup non plus.
- 34:55de données historiques.
- 34:56Alors que jusqu'alors,
- 34:57j'avais travaillé en m'appuyant,
- 35:00en m'adossant à un patrimoine qui était très visible.
- 35:02Enfin,
- 35:03si on le cherchait,
- 35:03on pouvait le trouver.
- 35:05C'est vrai que quand il s'agissait des champignons,
- 35:07c'était plus délicat.
- 35:08Et dans les champignons,
- 35:09on a inclus les lichens.
- 35:11Et là,
- 35:11les lichens,
- 35:12il y a plus de choses historiques,
- 35:13mais pour le coup,
- 35:14les lichens,
- 35:15il faut travailler pour les connaître.
- 35:17Donc,
- 35:19la pratique d'inventaire,
- 35:20elle m'a demandé en fait de mettre en place une méthode pour voir qu'est-ce qui marche.
- 35:24et effectivement on n'avait pas forcément les recettes type j'étais pas sûre que toutes les recettes habituellement employées pour les plantes puissent s'appliquer aux champignons donc c'est vrai que sur ça l'inventaire il m'a montré plusieurs choses donc j'ai eu une technique d'inventaire avec vraiment plein de petites préparations
- 35:43différentes que j'ai systématisé sur plein d'espèces
- 35:47Alors ce qu'il faut bien préciser,
- 35:48c'est que je n'ai pas fait ça seule,
- 35:49j'ai fait ça avec Caroline Palliard.
- 35:51Caroline,
- 35:52elle est mycologue,
- 35:53elle enseigne à l'université de Lyon 3,
- 35:57aux étudiants en pharmacie,
- 35:58pour la détermination de champignons.
- 36:00Et Caroline,
- 36:01vraiment,
- 36:01a été une personne exceptionnelle,
- 36:03c'était la bonne personne pour faire ce projet,
- 36:05parce qu'elle est passionnée,
- 36:06elle est tout le temps sur le terrain,
- 36:08elle fait des récoltes dès qu'elle sort dehors.
- 36:10Et donc,
- 36:11on a réussi en ayant des biotopes un peu complémentaires,
- 36:14parce que les champignons,
- 36:14c'est très territorial,
- 36:15c'est-à-dire qu'il y a vraiment...
- 36:17des endroits où on les trouve et puis ailleurs,
- 36:18on ne les verra pas.
- 36:20On ne peut pas tellement,
- 36:21quoi que ça peut se discuter,
- 36:23il y a des choses peut-être qui peuvent se faire sur la mise en culture,
- 36:25mais pour l'instant,
- 36:26ça n'existe pas.
- 36:27Donc,
- 36:27en fait,
- 36:27il n'y a quand même pas du tout la disponibilité des plantes.
- 36:31Donc,
- 36:31déjà,
- 36:31faire l'inventaire,
- 36:32même quand je transmets à des stagiaires pour le sujet des champignons,
- 36:37la première chose à comprendre,
- 36:38c'est qu'en fait,
- 36:38ce qu'il faut acquérir,
- 36:39c'est une méthode d'inventaire plus qu'une méthode absolue avec telle espèce.
- 36:43puisque en fait,
- 36:44vous,
- 36:44chez vous,
- 36:44vous n'allez pas trouver les mêmes champignons que ceux que j'ai chez moi,
- 36:47pas nécessairement en tout cas.
- 36:49Le sol,
- 36:50le biotope,
- 36:51les espèces végétales avec lesquelles ils sont en synergie,
- 36:54tout ça,
- 36:54ça va déterminer d'une composition et donc on n'aura pas forcément les mêmes ressources.
- 37:00Et du coup,
- 37:00j'ai fait plein de tests.
- 37:02Finalement,
- 37:03ce qui s'avère,
- 37:04c'est que les techniques qu'on connaît pour les plantes,
- 37:06donc râlin,
- 37:07fer,
- 37:08cuivre les mordants,
- 37:09dans certains cas,
- 37:10sont intéressantes.
- 37:11Après,
- 37:12il y a aussi plein de champignons qui n'en ont pas besoin et qui fonctionnent en fait sans mordant,
- 37:16donc en teinture directe.
- 37:18Par contre,
- 37:18c'est vrai qu'on va dire,
- 37:20en gros,
- 37:21j'ai travaillé par ébullition.
- 37:23J'ai fait aussi des techniques par macération.
- 37:26Alors,
- 37:26on en parlera pour les lichens,
- 37:27parce que les lichens,
- 37:28c'est effectivement très intéressant.
- 37:30Et puis,
- 37:30il y en a même pour lesquels il n'y a pas d'autres modes d'extraction.
- 37:33Mais pour les champignons,
- 37:35la macération,
- 37:36c'est assez…
- 37:37délicat.
- 37:38La transformation en macération est très vite assez désagréable à gérer.
- 37:42Ça devient très gluant,
- 37:44ça sent la charogne.
- 37:45Ce ne sont pas forcément des conditions techniques extrêmement agréables.
- 37:49Mais en dehors de ça,
- 37:50c'est vrai que les composés ne sont pas si faciles à extraire en macération pour la majorité.
- 37:55Et finalement,
- 37:55le fait de travailler à chaud en faisant l'ébullition,
- 37:58ça fonctionne bien.
- 38:00Après,
- 38:00est-ce qu'on travaille en sec ou en frais ?
- 38:02Ce n'est pas pareil de travailler en sec ou en frais.
- 38:04C'est-à-dire que les champignons,
- 38:06on ne les trouve pas tout le temps,
- 38:07comme les plantes,
- 38:08mais d'autant moins les champignons.
- 38:09Donc,
- 38:09quand on en veut un bon volume sur un…
- 38:12sur un objectif précis,
- 38:14on a tout intérêt à pouvoir les faire sécher pour pouvoir faire des petits stocks qui se multiplient.
- 38:18Parce que si on travaille en sec,
- 38:19on va en avoir trouvé une poignée tel jour,
- 38:21et puis dix le lendemain,
- 38:22et puis ensuite plus,
- 38:23plus tard.
- 38:24Donc,
- 38:25le fait de les sécher,
- 38:26ça permet deux choses.
- 38:27Ça permet d'enlever l'eau,
- 38:28donc de savoir un peu mieux combien on a,
- 38:30parce que les champignons,
- 38:31ils vont avoir,
- 38:32encore plus que les plantes,
- 38:34un volume d'eau hyper important quand ils sont frais,
- 38:36et une fois sec,
- 38:37il y a presque...
- 38:39plus rien.
- 38:40Ça pèse vraiment.
- 38:42C'est vraiment spectaculaire par rapport aux plantes.
- 38:45Bien sûr,
- 38:46on compte le poids d'eau entre une plante fraîche et une plante sèche.
- 38:49Ce n'est pas du tout la même chose.
- 38:51Mais pour les champignons,
- 38:52la proportion est encore plus impressionnante.
- 38:55Du coup,
- 38:56sécher,
- 38:56c'est pratique pour avoir des lots plus importants,
- 38:59pour avoir des pesées plus fiables.
- 39:02Par contre,
- 39:04ce n'est pas toujours facile.
- 39:05Il y a des tas d'espèces qui ne sont pas super faciles à sécher.
- 39:08En ça,
- 39:08j'avais la chance avec Caroline qui était à l'université,
- 39:11elle avait un dessicateur presque industriel,
- 39:15avec des grands tiroirs.
- 39:17Donc elle a pu gérer cette masse de champignons qu'on avait à sécher et puis assurer les déterminations tout de suite.
- 39:26Donc vraiment,
- 39:27c'était un très très bon bino.
- 39:29Mais c'est vrai que pour travailler chez soi,
- 39:31la question du séchage,
- 39:33elle demande beaucoup de soins.
- 39:34Ça dépend des espèces,
- 39:35il y en a qui se sèchent toutes seules,
- 39:36voire même il y en a qui n'ont pas besoin tellement d'être séchées parce qu'elles sont déjà très ligneuses.
- 39:40Mais il y a aussi,
- 39:41à l'inverse,
- 39:42des espèces qui vont être très délicates à conditionner comme ça.
- 39:46Alors,
- 39:50ça c'est un autre sujet qui nous a beaucoup passionnés toutes les deux,
- 39:52puisque en tant que pharmacienne et spécialiste en toxicologie,
- 39:58Caroline voulait bien aussi voir quel impact ça pouvait avoir de manipuler tout ça,
- 40:03d'en respirer les vapeurs quand on les fait cuire,
- 40:05etc.
- 40:06Donc en fait,
- 40:08pour la grande majorité des champignons,
- 40:11la toxicité est au niveau digestif.
- 40:14Donc elle se joue par les parois de l'intestin.
- 40:17Et on a pu attester qu'il n'y avait pas de toxicité à l'inhalation ou au contact avec la peau.
- 40:23Ça c'est pour la grande majorité des champignons.
- 40:28Après,
- 40:28il y en a quelques-uns sur lesquels on a un peu concentré nos efforts,
- 40:31parce qu'en fait,
- 40:33la toxicité peut concerner...
- 40:35aussi d'autres choses comme une toxicité au niveau neurologique ou un impact qui serait plus puissant.
- 40:43Donc moi-même,
- 40:44je n'étais pas très rassurée à faire mes expériences en n'étant pas sûre de quel enjeu ça allait avoir sur ma santé.
- 40:52Et c'est vrai que pour ces espèces-là,
- 40:55on a dû faire des tests,
- 40:56notamment pour le cortinaire Aurelanus qui est lui très toxique.
- 41:03effectivement vraiment mortels.
- 41:05C'est vrai que chez les champignons les plus intéressants en teinture,
- 41:08il y en a pas mal qui sont toxiques,
- 41:10voire mortels.
- 41:11Donc,
- 41:11ça pose quand même question.
- 41:13Mais les tests que Caroline a fait faire par une chimiste partenaire allemande qui a vérifié la capacité de la molécule toxique à se fixer également,
- 41:28en plus des colorants,
- 41:29sur la fibre.
- 41:30Donc,
- 41:31ce qui a été validé par cette personne,
- 41:34mais sous réserve,
- 41:35je ne prends pas d'engagement,
- 41:36je veux dire,
- 41:37il n'y a pas de clause de responsabilité,
- 41:40mais ce qui a été validé par cette personne,
- 41:42c'est qu'en fait,
- 41:43pour notamment le cortimaire
- 41:45Orelanus, on a pu valider le fait qu'après teinture,
- 41:50avec l'exposition à la lumière,
- 41:52les dernières molécules potentiellement toxiques disparaissaient.
- 41:56elles disparaissent aux UV en fait elles sont pas stables elles sont pas pérennes mais c'est vrai que au moment où on fait la pratique de teinture pour certaines espèces c'est quand même mieux d'être dehors ou en plein air,
- 42:09c'est quand même mieux de pas inhaler pendant 3 jours dans un espace ventilé dans un petit endroit tout étroit un espace ventilé pas prendre ça avec ce qu'on mange mais ça moi de toute façon c'est des règles que j'applique aussi
- 42:23à la teinture en général.
- 42:24En tout cas,
- 42:25le fait d'avoir du matériel dédié à la teinture et pas prendre celui qu'on utilise pour manger,
- 42:30pour moi,
- 42:30c'est un
- 42:32B.A.B. de la pratique.
- 42:33On ne peut pas.
- 42:35travailler des plantes qui ne sont pas comestibles,
- 42:37même si elles ont des propriétés parfois intéressantes et positives.
- 42:40Les questions de dosage,
- 42:41tout un tas de choses font qu'on ne va pas prendre ces casseroles alimentaires,
- 42:45on va quand même s'assurer que ce soit ventilé.
- 42:48Voilà,
- 42:49c'est des règles,
- 42:50c'est normal.
- 42:50De même qu'on ne va pas… Moi,
- 42:51j'évite de manger dans l'atelier de teinture et de poser mon sandwich dans les trucs qui auront coulé.
- 42:58Après,
- 42:58les colorants alimentaires,
- 43:00il y en a un certain nombre,
- 43:00c'est des colorants qu'on peut dire alimentaires,
- 43:02on peut les manger.
- 43:03mais c'est pas du tout le cas de toutes tes plantes et tant mieux j'ai envie de dire elles servent à autre chose ok et le lichen alors du coup comment tu procèdes pour le lichen t'avais dit que c'était un peu différent du coup
- 43:14Alors les lichens en fait,
- 43:15il y a eu pour le coup plus de données antérieures.
- 43:18D'ailleurs Dominique parle aussi des lichens dans son livre,
- 43:21Michel s'y était intéressé.
- 43:22Moi j'ai eu plein de questions sur cette histoire de la transmission sur les lichens,
- 43:27parce qu'en fait les lichens c'est des ressources,
- 43:28alors c'est passionnant,
- 43:29moi je me suis formée du coup en lichénologie et j'ai beaucoup avancé sur ce sujet.
- 43:35C'est un domaine vraiment à part entière et en fait les lichens c'est des ressources qui sont très peu renouvelables.
- 43:42Ils ont un temps de croissance en général assez lent.
- 43:46ils ont énormément de compétences en fabrication de molécules,
- 43:50ils ont une chimie très riche.
- 43:54Donc,
- 43:54effectivement,
- 43:56c'est des ressources qui sont passionnantes à exploiter pour faire des essais,
- 44:00mais pour moi,
- 44:00je préfère le dire dès le début de la discussion,
- 44:04pour moi,
- 44:04ce ne sont pas des ressources qui peuvent être valorisées ni de façon commerciale,
- 44:08ni sur des volumes importants.
- 44:10Ce sont des données,
- 44:11de connaissances et d'exploration patrimoniales.
- 44:14pour moi,
- 44:15pas du tout possible d'envisager de cohir des lichens pour les vendre,
- 44:20de commencer à faire ça à grande échelle,
- 44:21etc.
- 44:23Bon,
- 44:23il y a quelques espèces.
- 44:24Dans le livre,
- 44:25on a choisi un certain nombre d'espèces pour deux raisons.
- 44:29Soit des espèces vraiment communes,
- 44:31où on s'est dit,
- 44:31si les gens les récoltent un peu pour faire des choses domestiques,
- 44:35l'impact ne sera pas trop dramatique.
- 44:37Soit des espèces vraiment historiques,
- 44:39avec beaucoup d'intérêt chimique,
- 44:41pour la connaissance.
- 44:44Dans ces espèces-là,
- 44:45dans ces espèces vraiment historiques,
- 44:46il y a notamment tout un tas de lichens qu'on dit à orzeil.
- 44:51Donc l'orzeil,
- 44:52c'est des composés qui vont permettre d'obtenir des roses,
- 44:56des violets et des trucs très rigolos à partir de lichens qui ne sont pas du tout visiblement roses.
- 45:03Et ces lichens à orzeil,
- 45:04en fait,
- 45:04ils sont connus depuis très longtemps puisqu'en fait,
- 45:06ça a intéressé déjà à l'époque antique.
- 45:09les Gaulois qui avaient apparemment maîtrisé ces techniques.
- 45:13On trouve des choses sur l'orzeil par rapport à une soi-disant pourpre de terre qui serait en fait une imitation de la pourpre à partir de l'Ikén,
- 45:23connue dans l'Antiquité.
- 45:25Donc voilà,
- 45:25je ne vais peut-être pas faire un récit complet de tout ce qu'on trouve sur le sujet,
- 45:28mais en tout cas,
- 45:29c'est quelque chose d'ancien,
- 45:30c'est quelque chose qui est bien connu.
- 45:31Et là,
- 45:32on n'est pas du tout sur de l'ébullition,
- 45:33on est dans des pratiques de macération en milieu très basique.
- 45:38Donc,
- 45:38on va utiliser notamment de l'ammoniaque.
- 45:42Alors,
- 45:42ça peut être soit de l'urine fermentée qui devient de l'ammoniaque,
- 45:45soit si on veut de l'ammoniaque déjà existant dans une bouteille achetée en supermarché qui permet de créer un milieu très basique.
- 45:53Et cette extraction,
- 45:54elle se fait sur un petit temps de macération en température stable et elle va donner effectivement une cuve qu'on peut utiliser pendant…
- 46:04À partir du moment où la cuve est active,
- 46:05on peut teindre pas mal dans cette petite cuve
- 46:09Mais au bout d'un moment,
- 46:09par contre,
- 46:11elle a une durée de vie et puis après elle s'arrête.
- 46:14Donc par exemple,
- 46:15anciennement,
- 46:16au XVIIIe siècle,
- 46:18il y avait cette extraction de l'orzeil qui s'est faite par exemple dans le nord de l'Europe,
- 46:25en Écosse,
- 46:26où il y avait un travail de transformation de ces cuves.
- 46:31en pâte.
- 46:32Cette pâte était séchée sous la forme de petits carrés qu'on appelle des carreaux et qui permettaient de refaire cette teinture et de stabiliser quelque part le colorant sous une forme autre.
- 46:45Parce qu'effectivement,
- 46:46les cuves qu'on monte à partir du...
- 46:48Un peu comme l'indigo ?
- 46:50Voilà.
- 46:52un peu comme l'indigo.
- 46:54Cette histoire-là,
- 46:54elle est connue,
- 46:55on peut raconter pas mal de choses dessus.
- 46:57Et en tout cas,
- 46:58il y avait ces lichens à orzeil qui en France ont été récoltés.
- 47:03On trouve dans le Massif Central pas mal d'espèces et des récits de cueillettes paysannes qui permettaient après d'acheminer ça vers des teintureries.
- 47:14Mais après,
- 47:15ce qui était rigolo,
- 47:15c'est que je me suis aussi retrouvée à faire des essais sur des espèces sur lesquelles je n'avais pas tant de données que ça.
- 47:21Alors,
- 47:21je suis allée en Écosse.
- 47:23Je suis allée rencontrer une dame très experte,
- 47:30qui m'a fait un accueil vraiment super chouette et qui m'a transmis tous ses bouquins de collègues ou personnes avant elle qui avaient travaillé sur l'hélicène.
- 47:39Et à la suite de cette rencontre,
- 47:40c'est vrai que ça m'a permis aussi de mieux identifier les espèces,
- 47:43parce que c'est très complexe,
- 47:45l'hélicène,
- 47:45il y a énormément d'espèces.
- 47:47Donc ça souvent c'est...
- 47:49le début de l'histoire,
- 47:50c'est aussi que la plupart des gens disent les lichens en pensant que c'est tous un lichen.
- 47:54Mais en fait,
- 47:55c'est des centaines d'espèces différentes.
- 47:57Donc,
- 47:57il faut déjà être bien sûr de ce qu'on récolte,
- 48:00comment on le détermine,
- 48:01est-ce que c'est bien la bonne espèce,
- 48:03est-ce que cette espèce est suffisamment abondante pour faire quelque chose avec,
- 48:07et est-ce qu'elle va donner le résultat qu'on attend ?
- 48:09Donc,
- 48:09c'est vrai qu'avec ce coup de pouce,
- 48:12j'ai pas mal pu avancer,
- 48:14explorer les lichens en Écosse,
- 48:16et puis après,
- 48:18le...
- 48:19de refaire ici en France.
- 48:21Avec Dominique,
- 48:22on a monté une cuve avec des lichens qu'elle aimait beaucoup,
- 48:25qui sont dans son coin,
- 48:27les lasagna pisculata.
- 48:29Donc,
- 48:31ça m'a donné plein d'occasions de creuser sur un sujet que quelques personnes tenaient un peu comme ça dans leurs armoires et puis étaient contentes de ressortir le récit,
- 48:44la cueillette,
- 48:44comment on transforme et tout ça.
- 48:50alors et du coup j'avais d'autres questions qui peuvent te sembler peut-être bizarres mais tu vois je me suis toujours interrogée sur est-ce qu'on pouvait se servir des plantes d'intérieur pour réaliser des teintures végétales
- 49:06C'est vrai que les plantes d'intérieur,
- 49:08c'est un terme un peu générique.
- 49:11C'est-à-dire qu'en fait,
- 49:12dans les plantes qui peuvent vivre dans les maisons,
- 49:14on a souvent des plantes qui viennent de forêts profondes et tropicales,
- 49:21c'est-à-dire des plantes qui vont supporter moins de lumière et une chaleur constante toute l'année.
- 49:30Donc en fait,
- 49:31ça peut être plein d'espèces différentes,
- 49:33voire même ça peut être aussi des plantes d'autres contextes écologiques.
- 49:37Donc c'est très difficile de répondre à la question en général.
- 49:41Après,
- 49:42en fait,
- 49:42toutes ces plantes,
- 49:43elles ont au départ une autre écologie que celle de vivre dans des maisons.
- 49:46Elles ont forcément un endroit où elles poussent à l'origine.
- 49:49Et dans cette logique-là,
- 49:52elles ont elles-mêmes aussi leurs propres intérêts à produire telle ou telle molécule.
- 49:57Donc,
- 49:57rien n'interdit de penser que certaines d'entre elles auraient peut-être des propriétés,
- 50:01notamment les tannins qui sont quand même très répandus dans le vivant,
- 50:06éventuellement peut-être des flavonoïdes qui sont quand même aussi assez communs.
- 50:10mais il ne faut pas non plus forcément trop spéculer parce que c'est vrai que il peut y avoir vraiment une gamme très étendue d'origine et de contexte de départ donc voilà,
- 50:24il faut prendre au cas par cas et faire ses essais il faut faire des essais en fait
- 50:31Ouais,
- 50:32je vais aller torturer mes plantes d'intérieur.
- 50:35J'avais une autre question,
- 50:37toujours pour savoir un peu,
- 50:38donc tu nous avais parlé des champignons,
- 50:40des lichens,
- 50:41j'avais une question sur les algues,
- 50:44qui finalement m'interpelle aussi,
- 50:47est-ce que tu penses ou est-ce que tu sais s'il y a des essais qui sont faits aujourd'hui sur les algues pour en extraire des colorants ?
- 50:54Alors,
- 50:54je sais qu'il y a des recherches qui sont faites pour les facultés colorantes des algues.
- 50:59Par contre,
- 51:00d'abord,
- 51:00je ne me suis pas sincèrement beaucoup plongée,
- 51:03donc je n'ai pas de scoop spécialement là-dessus.
- 51:06Sûrement Dominique Cardon serait plus au point.
- 51:09Mais ce qu'on peut dire,
- 51:11en tout cas,
- 51:11c'est que dans les excès qui sont faits,
- 51:13il faut aussi voir,
- 51:14est-ce que c'est des colorants à destination textile ?
- 51:17Parce qu'en fait,
- 51:18par exemple,
- 51:19on va trouver,
- 51:20bon alors sur Internet on trouve de tout,
- 51:22mais en l'occurrence on trouve souvent le fait que la spiruline est un colorant.
- 51:25En fait,
- 51:25la spiruline est verte et pour faire colorant alimentaire,
- 51:29effectivement,
- 51:31on va dire qu'elle joue un rôle plutôt de pigment,
- 51:32c'est-à-dire qu'on la mélange dans la matière de ce qu'on veut colorer et que du coup,
- 51:38ça va lui donner une teinte verte.
- 51:39Mais ce n'est pas un colorant au sens strict,
- 51:41c'est-à-dire la différence entre pigment et colorant,
- 51:44c'est qu'un pigment,
- 51:45c'est une matière colorée réduite en poudre ou sous une forme accessible qu'on va mettre dans une charge qui va prendre la couleur de manière mécanique
- 51:55Alors qu'un colorant,
- 51:56il faut qu'il se lie chimiquement avec la fibre.
- 51:59Donc,
- 52:00s'il faut se lier chimiquement avec la fibre,
- 52:01il faut qu'il y ait des affinités chimiques.
- 52:04entre les molécules composantes colorantes et les molécules du support,
- 52:08donc en l'occurrence le textile.
- 52:10À ma connaissance,
- 52:11en tout cas ce n'est pas le cas de la spiruline,
- 52:12et je pense que les recherches qui sont en cours,
- 52:15je ne sais pas si elles concernent réellement la coloration textile.
- 52:18Il faut aussi,
- 52:19pour revenir sur les plantes d'intérieur ou même sur les algues,
- 52:21il y a toujours une interrogation qui d'ailleurs revient aussi sur les plantes et même sur les champignons et les quaines,
- 52:26on l'a déjà dit,
- 52:27c'est en fait le gros enjeu qu'on a pour transformer des ressources vivantes
- 52:33et renouvelables,
- 52:34certes,
- 52:34en colorant,
- 52:36c'est de se poser la question de est-ce que les pratiques qu'on a vont dans le sens d'une destruction de l'espèce ou vont dans le sens d'une perpétuation ?
- 52:44Et toutes les ressources qui sont plutôt réduites en volume,
- 52:49qui vont être lentes à pousser,
- 52:52lentes à se renouveler,
- 52:54de petite taille,
- 52:55en fait,
- 52:56posent question parce que les volumes dont on a besoin pour faire des teintures sont importants.
- 53:01Donc,
- 53:03en utilisant des ressources très précieuses,
- 53:07rares,
- 53:08petites ou très difficiles d'accès,
- 53:12on est forcément en train de faire un non-sens.
- 53:15Parce qu'en fait,
- 53:16l'objectif de faire de la teinture végétale,
- 53:18ce n'est pas…
- 53:20de dévaster ce qu'il reste de plantes autonomes sauvages pour pouvoir pousser.
- 53:25C'est d'arriver à utiliser des plantes qui de toute façon sont là en grande quantité.
- 53:30Donc ça peut être les déchets alimentaires,
- 53:32ça peut être les plantes invasives,
- 53:34ça peut être des ressources sauvages mais abondantes qui ont une biomasse abondante,
- 53:41ça peut être des ressources très concentrées aussi qui dans ces cas-là sont gérables ou des ressources cultivées.
- 53:49mais on ne peut pas tout mettre dans le même niveau d'accès parce qu'il y a un certain nombre de ressources qui vont poser problème si on les utilise trop,
- 53:59si on les exploite trop
- 54:02Et j'avais une question aussi Marie,
- 54:05dans les sources de colorants,
- 54:07alors on s'éloigne un peu du végétal,
- 54:09mais est-ce qu'on pourrait se servir de coproduits pour colorer ?
- 54:14Par exemple,
- 54:15moi j'ai travaillé à un moment dans la levure,
- 54:17et il y avait des déchets qu'on appelait de la mélasse,
- 54:21donc c'est la levure qui a mangé tout le sucre,
- 54:24il reste la mélasse qui est brune,
- 54:26etc.
- 54:26Et on a des quantités de dingue,
- 54:28alors c'est valorisé dans le domaine…
- 54:32pour l'alimentation animale,
- 54:33etc.
- 54:33Mais est-ce qu'il y a des gens qui travaillent aujourd'hui sur les coproduits de l'industrie qui auraient des propriétés colorantes ?
- 54:42Bon,
- 54:43alors,
- 54:45pareil,
- 54:45sous réserve que d'autres personnes aient plus d'infos sur le sujet.
- 54:48Mais en tout cas,
- 54:49moi,
- 54:49ce que je connais,
- 54:50c'est plutôt des initiatives sur la valorisation des déchets alimentaires.
- 54:54Donc,
- 54:54on en a quand même pas mal.
- 54:56On a même des volumes très conséquents d'un certain nombre de ressources qui sont inexploitées.
- 55:04Donc,
- 55:04c'est vrai que dans la valorisation envisageable,
- 55:07le plus simplement…
- 55:09C'est des déchets alimentaires,
- 55:10donc ça va être les pôles d'oignon,
- 55:12ça va être les fannes de carottes,
- 55:13le mâre issu de la presse du raisin,
- 55:16ça va être les anthocyanes qu'on trouve dans différents types de baies consommées,
- 55:24ça peut être encore plein plein d'autres trucs,
- 55:26enfin il y a vraiment énormément de déchets alimentaires à très grande échelle.
- 55:30qui pourraient faire l'objet de valorisation.
- 55:34Mais ce dont tu parles précisément,
- 55:36en plus sur des produits déjà transformés,
- 55:40il ne me semble pas avoir entendu parler d'un travail spécifique.
- 55:44Après,
- 55:45je parle des textiles,
- 55:47mais c'est vrai que si on va sur,
- 55:48par exemple,
- 55:49colorer du papier,
- 55:52des choses beaux-arts,
- 55:53il y a peut-être plus d'options,
- 55:54suivant la destination des colorants qu'on cherche.
- 56:00Je voulais savoir s'il y avait quelqu'un qui s'intéressait à ces sources de plantes envahissantes.
- 56:10L'intérêt serait de trouver une utilisation.
- 56:14Est-ce que tu as déjà entendu quelque chose sur ce sujet-là ?
- 56:17Est-ce qu'on peut teindre avec la renouée du Japon ?
- 56:19Est-ce qu'on peut teindre avec le budléia ou des espèces qui sont classées en envahissantes ?
- 56:26Alors par contre oui,
- 56:27là il y a un gros sujet et je pense qu'on est nombreuses à s'y intéresser.
- 56:31Enfin en tout cas,
- 56:32moi je m'y suis beaucoup intéressée mais je sais que je ne suis pas la seule.
- 56:35En fait c'est un vrai sujet parce qu'il y a deux enjeux.
- 56:37D'une part il y a le fait que,
- 56:39par exemple à un moment j'habitais Lyon pendant une période,
- 56:42j'étais à Villeurbanne,
- 56:44c'était une ville en pleine transformation et donc il y avait plein de friches urbaines.
- 56:48et quand on est en ville et qu'on veut faire de l'ethnobotanique et bien on ne va pas faire des plantes alimentaires parce que franchement les sols les friches la pollution les chiens enfin tout ça fait que ce ne sont jamais des plantes qu'on pourra cueillir pour les manger par contre du coup j'ai fait des gros inventaires de plantes spontanées
- 57:03rudérales et potentiellement parmi elles pas mal de plantes introduites un peu envahissantes et du coup c'était assez génial je faisais des balades avec les gens on allait cueillir toutes ces plantes puis on les a testées et on a fait
- 57:16Et c'est vrai que parmi ces ressources,
- 57:19il y a deux intérêts.
- 57:21Il y a le fait que de toute façon,
- 57:22elles sont là et qu'il va bien falloir quelque part faire avec,
- 57:25donc trouver peut-être des usages.
- 57:28On a moins de scrupules à les récolter et à les broyer et à déforester une station,
- 57:34enfin en tout cas à collecter sur une station toutes les plantes,
- 57:38parce qu'effectivement,
- 57:39on sait que de toute façon,
- 57:40ce serait mieux de les enlever pour désengorger le milieu.
- 57:44mais,
- 57:44alors il y a encore des trucs à dire sur ça c'est que,
- 57:47donc ça c'est le côté positif,
- 57:49souvent elles ont une biomasse importante,
- 57:51donc ça c'est un sujet en teinture,
- 57:53quand on cueille on essaye quand même d'avoir si on a besoin d'une ressource régulière des plantes aussi qui ont un volume un peu important parce qu'elles vont fournir de la matière alors que si on prend des plantes toutes petites il va falloir en cueillir énormément pour pouvoir teindre,
- 58:06donc c'est vrai qu'elles ont ça un peu pérée
- 58:09Et par ailleurs,
- 58:09il se trouve qu'effectivement,
- 58:11un certain nombre d'entre elles sont plus ou moins arrivées pour des raisons qui peuvent parfois être pas très très loin de l'histoire de la teinture.
- 58:16Par exemple,
- 58:17il y a le
- 58:19Phytolaca americana qui fait des grappes de fruits violets,
- 58:23qui est hyper envahissant dans certains coins,
- 58:24vraiment c'est un peu une catastrophe dans certains coins.
- 58:28mais ces fruits ils ont des colorants d'anthocyanes mais quand même assez stable il y a aussi de la bétalaïne donc il y a d'autres colorants composés dedans qui finalement donnent aux couleurs qu'on extrait quelque chose d'assez intéressant et
- 58:43donc c'est intéressant de se travailler avec mais c'est le cas par exemple de la renouée du Japon qui est très très
- 58:52abondantes,
- 58:52voire envahissantes,
- 58:54effectivement,
- 58:54dans certaines zones,
- 58:55elle l'est souvent en lien avec des sols très chargés en métaux lourds,
- 59:00très chargés en produits assez toxiques.
- 59:05Et c'est justement pour ça qu'elle est là,
- 59:06elle est en train d'essayer,
- 59:07à sa façon,
- 59:08de résoudre le problème.
- 59:09Mais quand on l'accueille et qu'on la transforme en bain,
- 59:12on peut se poser la question.
- 59:15de la présence de ces métaux lourds dans les bains de teinture.
- 59:19Après,
- 59:19est-ce que ça a un impact sur la santé ?
- 59:21Pour l'instant,
- 59:22personne ne s'est penché à ma connaissance.
- 59:24Il faudrait demander à peut-être Dominique.
- 59:26Pour moi,
- 59:27personne ne s'est pensé sur le fait que ça puisse poser un problème de santé.
- 59:31Par contre,
- 59:31c'est vrai que du coup,
- 59:33on extrait ce qui nous intéresse,
- 59:35mais on extrait aussi le reste.
- 59:36Et donc,
- 59:37ces plantes qui poussent dans des endroits réellement volués et qui sont justement en capacité à survivre,
- 59:43elles absorbent tout ça.
- 59:44et donc quand on refait un bain on relâche tout ça
- 59:47donc ça donne à réfléchir sur par exemple où est-ce qu'on jette son eau de bain peut-être pas sur ses salades pour pas les manger ensuite bon donc il y a des politiques à avoir par rapport à ces plantes envahissantes mais c'est effectivement un usage qui est plutôt recommandé enfin rien
- 1:00:01ne s'y oppose à partir du moment où on fait attention à tout ça
- 1:00:07Il y a beaucoup de témoignages qui m'expliquent que,
- 1:00:10comme on travaille sur du vivant avec les plantes,
- 1:00:13il y a des paramètres qui sont modifiés en fonction de la culture de la plante.
- 1:00:18Je voulais qu'on puisse lister ce qui peut impacter sur le colorant de la plante.
- 1:00:27J'avais,
- 1:00:28je suppose,
- 1:00:29style l'hygrométrie,
- 1:00:31l'ensoleillement,
- 1:00:32mais qu'est-ce que tu as d'autre comme facteur ?
- 1:00:35dans la culture des plantes qui peut jouer sur sa capacité à colorer.
- 1:00:41Je ne sais pas si ma question est claire.
- 1:00:43Oui.
- 1:00:46Alors,
- 1:00:46effectivement,
- 1:00:47disons que c'est un peu comme pour toutes les plantes.
- 1:00:50Si on arrose beaucoup et qu'on amende beaucoup,
- 1:00:53la plante va grandir et va avoir une masse plus importante.
- 1:00:57Mais ça ne veut pas forcément dire qu'elle aura plus de colorant.
- 1:01:00Donc,
- 1:01:00on peut dire que pour le même volume de plantes sèches,
- 1:01:06la quantité de colorant peut varier en fonction de la stimulation que la plante a reçue par la...
- 1:01:13la façon dont on l'a cultivée.
- 1:01:16Et ça peut,
- 1:01:17dans certains cas,
- 1:01:17être des plantes qui vont être très grandes,
- 1:01:19mais finalement,
- 1:01:20pas forcément plus de colorants.
- 1:01:22Mais ça peut aussi être l'inverse.
- 1:01:23Ça dépend un peu des espèces.
- 1:01:25Il va y avoir des espèces pour lesquelles,
- 1:01:27effectivement,
- 1:01:28le fait qu'elles soient amendées,
- 1:01:29qu'elles aient beaucoup d'eau,
- 1:01:30c'est vraiment leur besoin et elles vont justement produire des colorants à l'échelle de ce qu'elles grandissent.
- 1:01:38Donc,
- 1:01:38il peut y avoir ce paramètre-là.
- 1:01:40Après,
- 1:01:40il y a aussi...
- 1:01:41peut-être effectivement l'ensoleillement.
- 1:01:42L'ensoleillement,
- 1:01:43c'est quand même un vrai sujet parce qu'il y a tout un tas de composés dans les plantes qui servent à la teinture,
- 1:01:47mais qui au départ sont dans la plante pour gérer l'ensoleillement,
- 1:01:52les UV.
- 1:01:53En fait,
- 1:01:54la plante les fabrique elle-même dans le but de se protéger des UV ou de l'ensoleillement.
- 1:02:01c'est son objectif à la plante.
- 1:02:03Elle ne fait pas des composés pour ça.
- 1:02:05Elle ne fait pas des composés pour nous faire des teintures.
- 1:02:08Puisqu'en fait,
- 1:02:08souvent,
- 1:02:10quand on teint,
- 1:02:11on extrait des composés d'une plante,
- 1:02:12mais la plante,
- 1:02:13elle ne les a pas faits pour faire sa couleur.
- 1:02:15D'ailleurs,
- 1:02:15ce n'est souvent pas la couleur visible de la plante qu'on va utiliser pour la teinture.
- 1:02:19Ce sont des composés qui sont à l'intérieur,
- 1:02:21dans son métabolisme secondaire,
- 1:02:23et qui servent à la plante pour sa survie.
- 1:02:26Donc,
- 1:02:26elle ne peut pas se gratter,
- 1:02:28elle fait quelque chose pour...
- 1:02:29se défendre contre les attaques des insectes.
- 1:02:33Elle ne peut pas s'en aller.
- 1:02:34Elle fait des molécules pour se protéger,
- 1:02:37des UV.
- 1:02:38Elle ne peut pas aller se mettre à l'ombre.
- 1:02:40Du coup,
- 1:02:41c'est vrai que le soleil va être un enjeu.
- 1:02:43Ce qui explique que certaines plantes doivent être récoltées plus tôt,
- 1:02:46en plein soleil,
- 1:02:48en plein moment de la journée d'ensoleillement.
- 1:02:52D'autres,
- 1:02:53ça a moins d'importance.
- 1:02:55C'est assez...
- 1:02:57Oui.
- 1:02:58C'est assez logique,
- 1:02:59c'est des questions aussi de sol.
- 1:03:01Par exemple,
- 1:03:02quand on utilise des racines…
- 1:03:05notamment la garance,
- 1:03:06la qualité du sol,
- 1:03:08si c'est un sol qui est assez calcaire ou si c'est plutôt un sol limoneux,
- 1:03:13si c'est un sol qui est plutôt basique,
- 1:03:15si c'est des sols plus acides,
- 1:03:17ça,
- 1:03:17ça va jouer sur la qualité des composés qui vont ensuite être extraits de la racine de garance.
- 1:03:23Parce qu'au moment de sa croissance,
- 1:03:26elle stocke dans sa racine tout un tas de composés pour elle-même se nourrir ensuite.
- 1:03:31Ces composés servent à ses réserves.
- 1:03:34mais c'est en interaction avec le sol dans lequel elles poussent.
- 1:03:37Donc nécessairement,
- 1:03:39le sol dans lequel,
- 1:03:40par exemple,
- 1:03:41poussent les garances,
- 1:03:42détermine en partie la qualité des rouges qu'on obtient.
- 1:03:47Donc,
- 1:03:47l'hygrométrie,
- 1:03:48les amendements,
- 1:03:49l'ensoleillement,
- 1:03:50le sol et les moments de récolte.
- 1:03:53C'est ce que tu disais,
- 1:03:54les périodes de récolte peuvent influer sur les…
- 1:03:57D'accord.
- 1:03:58Et alors,
- 1:03:58j'avais une autre question par rapport à ce que tu avais dit.
- 1:04:00Donc,
- 1:04:01tu t'étais intéressée à la partie plutôt agronomique dans la mise en culture à différentes échelles.
- 1:04:07J'ai beaucoup la question ou l'échange avec les personnes,
- 1:04:11des invités,
- 1:04:13entre ce qu'est une surface qui est productive pour les besoins,
- 1:04:19par exemple,
- 1:04:20des ateliers,
- 1:04:21pour leur propre production,
- 1:04:23donc des plutôt petites surfaces.
- 1:04:25Et ensuite,
- 1:04:26j'avais dans l'épisode avec Greening,
- 1:04:29le fait d'avoir des parcelles productives où on pouvait assurer un certain rendement.
- 1:04:33Ma question,
- 1:04:33c'est de savoir si demain,
- 1:04:35la teinture végétale reprend ses lettres de noblesse,
- 1:04:39notamment due à la nouvelle loi AGEC qui va obliger les entreprises textiles à se poser sincèrement des questions et sérieusement des questions sur limiter leurs impacts.
- 1:04:49Est-ce que la teinture végétale,
- 1:04:52si c'est une alternative,
- 1:04:53est-ce qu'on aurait…
- 1:04:54assez de terre et assez de capacité de culture avec les plantes tinctoriales et comment on les mettrait en culture justement à plus grande échelle.
- 1:05:05Elle est longue cette question,
- 1:05:06mais j'espère que tu vois ce que je veux dire.
- 1:05:09Je vois très bien ce que tu veux dire,
- 1:05:11d'autant plus que c'est un peu la grande question du jour.
- 1:05:13Je pense qu'elle intéresse beaucoup de monde.
- 1:05:15En fait,
- 1:05:16je crois qu'il faut la couper en plusieurs morceaux.
- 1:05:18D'abord,
- 1:05:19il y a une première réflexion qui,
- 1:05:21à mon avis,
- 1:05:22te porte tout autant que la plupart des gens qui écoutent cette émission.
- 1:05:25C'est le fait que,
- 1:05:26de toute façon,
- 1:05:27quoi qu'il arrive,
- 1:05:28le volume de textile qu'on consomme aujourd'hui…
- 1:05:31Si on doit le remplacer en ressources exclusivement renouvelables,
- 1:05:35dont teinture végétale et fibres animales,
- 1:05:37techniques non polluantes,
- 1:05:40etc.,
- 1:05:40on n'y arrivera pas.
- 1:05:41C'est-à-dire qu'à un moment,
- 1:05:43il y a eu un boom,
- 1:05:45même pas un boom,
- 1:05:45il y a une courbe exponentielle de la production textile depuis 20 ans.
- 1:05:50qui a pris une envolée qui est juste sidérante.
- 1:05:53Et en fait,
- 1:05:54on ne pourra pas,
- 1:05:55de toute façon,
- 1:05:55continuer à consommer à ce volume-là.
- 1:05:57Donc,
- 1:05:57si le but,
- 1:05:57c'est de remplacer l'un par l'autre,
- 1:05:58je pense que c'est aussi une erreur écologique.
- 1:06:00Ça n'ira pas vers une solution.
- 1:06:04Par contre…
- 1:06:05C'est vrai qu'on a quand même énormément de surfaces agricoles sur lesquelles on pourrait,
- 1:06:15en complémentarité avec les questions alimentaires,
- 1:06:19de relocalisation alimentaire qui sont prioritaires à mon sens,
- 1:06:23enfin prioritairement il faut se préoccuper de la mise en circuit court de l'alimentation au maximum,
- 1:06:30etc.
- 1:06:31Mais de manière marginale et en même temps synergique,
- 1:06:34Il y a plein de possibilités qui pourraient plutôt être positives dans une diversification sur les parcelles,
- 1:06:42dans le rétablissement par exemple de haies,
- 1:06:46qui peuvent être des haies de ligneux dont le débroussaillage,
- 1:06:51le bois donnera des colorants.
- 1:06:54Il faut très bien choisir les espèces qui vont pouvoir être bien adaptées au terroir.
- 1:06:59Donc en fait,
- 1:06:59ce n'est pas forcément le but de faire tout partout.
- 1:07:01Le but,
- 1:07:02c'est plutôt de faire chaque chose qui est bien.
- 1:07:04qui poussent facilement en n'ayant pas besoin d'eau parce qu'on va avoir des problèmes d'eau,
- 1:07:08en n'ayant pas besoin de trop de travail parce que si on réduit les surfaces agricoles,
- 1:07:11en même temps on réduit aussi des capacités de mécaniser.
- 1:07:15Donc il faut modéliser complètement différemment les projets agricoles.
- 1:07:22Et dans cette perspective,
- 1:07:23il y a des options.
- 1:07:25Après,
- 1:07:25il y a encore ce que je disais tout à l'heure et ce que d'autres ont certainement déjà dit aussi,
- 1:07:29la question du recyclage,
- 1:07:31que ce soit des déchets alimentaires,
- 1:07:33mais aussi de tous les déchets autres,
- 1:07:35c'est-à-dire déchets de débroussaillage,
- 1:07:38ouverture d'espace.
- 1:07:40Il y a plein de plantes que de toute façon,
- 1:07:42on coupe pour plein de raisons.
- 1:07:45Et ça fait partie aussi de la relation de l'homme avec son environnement.
- 1:07:48Dans la mesure où ça reste en équilibre,
- 1:07:50où on n'est pas en train de dévaster des ensembles,
- 1:07:53on peut imaginer que si…
- 1:07:55On coupe pour une raison ou une autre.
- 1:07:59Par exemple,
- 1:08:00un exemple tout bête,
- 1:08:01les noix.
- 1:08:01Le noyer,
- 1:08:03moi je suis dans une région où on produit la noix.
- 1:08:05Je veux dire,
- 1:08:06la récupération du brou de noix,
- 1:08:08là il y a encore de quoi faire.
- 1:08:10On en a des tonnes chaque année,
- 1:08:12donc personne ne fait jamais rien.
- 1:08:13Il y a juste à le mettre en place.
- 1:08:16La difficulté,
- 1:08:17donc la compétence supplémentaire,
- 1:08:19c'est d'arriver à construire les circuits.
- 1:08:22avoir des espaces de séchage et avoir des gens qui en fait font l'interface entre des espaces agricoles avec des logiques de marché qui pour l'instant excluent ces ressources,
- 1:08:33et puis des consommateurs,
- 1:08:34des clients qui veulent de la teinture mais qui du coup ne pourront pas trouver donc il y a toute une reconfiguration des filières et c'est le cas aussi d'ailleurs pour la laine et c'est pour ça que c'est moi ce que j'essaie de faire à mon échelle et certainement comme...
- 1:08:50comme plein d'autres gens,
- 1:08:51mais disons que ça fait quelques années que je me suis attelée à essayer de proposer déjà des formations au CFPPA de Nions sur la question de la mise en culture des plantes,
- 1:09:02parce qu'en fait on a,
- 1:09:03comme dans plein d'autres sujets,
- 1:09:05des effets d'échelle,
- 1:09:07des besoins d'outils,
- 1:09:09et il faut avoir une connaissance globale de tous ces enjeux pour pouvoir bien se positionner.
- 1:09:17voilà donc ça peut être des synergies avec son propre atelier en petite surface ça peut être des synergies avec d'autres activités agricoles en plus grande surface et quand on a des moyens de mécaniser rien n'exclut l'intérêt de faire une parcelle en
- 1:09:31rotation avec d'autres espèces peut-être alimentaires pour une plante très demandée comme la garance par exemple mais tout ça,
- 1:09:39ça doit être réfléchi à chaque fois par rapport à des territoires par rapport à des outillages par rapport à des métiers
- 1:09:45et par rapport à des filières,
- 1:09:46ça ne peut pas se penser hors tout.
- 1:09:49Donc,
- 1:09:49en tout cas,
- 1:09:49c'est un vrai sujet.
- 1:09:50Et là,
- 1:09:51il se passe qu'il y a quand même parmi ces étudiants qui sont venus au CFPPA,
- 1:09:55des gens qui portent des projets quand même assez construits et qui sont en capacité de commencer à mettre des choses en route.
- 1:10:01Et ça,
- 1:10:01ça fait plaisir.
- 1:10:02Même si ça va leur prendre du temps,
- 1:10:04ça ne va pas se faire tout seul.
- 1:10:05Ce qui est nouveau pour moi,
- 1:10:06c'est ce que tu as dit dans la complémentarité.
- 1:10:10Tu as parlé des et mais je pense aussi,
- 1:10:12tu sais,
- 1:10:13comme engrais vert entre les cultures,
- 1:10:15je suis sûre qu'il y a plein de plantes sectorielles qui pourraient être de bonnes,
- 1:10:19enfin,
- 1:10:19comment dire,
- 1:10:19hyper utiles.
- 1:10:21Et pareil,
- 1:10:22tu vois,
- 1:10:22par exemple,
- 1:10:23nous,
- 1:10:23en alimentaire,
- 1:10:24on avait des soucis au pied des vignes.
- 1:10:26et on faisait de la il faisait de la comment on appelle ça,
- 1:10:30soit du non-arrachage tu sais,
- 1:10:32non-désherbage entre les pieds de vignes soit il mettait des je trouve plus mes mots aujourd'hui mais des engrais des engrais verts au pied des vignes qui conservaient l'eau qui protégeaient le sol,
- 1:10:42etc.
- 1:10:43donc en fait je pense que tu as raison,
- 1:10:46il y a plein de choses possibles,
- 1:10:48sauf que ça veut dire qu'il faut rajouter
- 1:10:51une étape en plus pour les agriculteurs et leur dire qu'en plus de faire tout ce qu'ils font,
- 1:10:55ils vont devoir,
- 1:10:56par exemple,
- 1:10:56collecter ou récupérer les produits en complémentarité.
- 1:11:00Et c'est là où,
- 1:11:01je pense que,
- 1:11:02comme tu dis,
- 1:11:02il faut monter des circuits parce que ça peut être plus compliqué,
- 1:11:05du coup.
- 1:11:06Je pense qu'effectivement,
- 1:11:07c'est un énorme sujet.
- 1:11:09Il y a plusieurs trucs.
- 1:11:10C'est que d'un côté,
- 1:11:11effectivement,
- 1:11:11de toute façon,
- 1:11:12ça s'insère mieux dans des projets agricoles qui ont déjà… Alors,
- 1:11:16soit des projets qui ont déjà une solidité et qui vont venir en complémentarité,
- 1:11:20comme je disais,
- 1:11:21sur des rotations de culture,
- 1:11:23des parcelles qu'il faut faire tourner et donc qu'on valorise pendant un temps,
- 1:11:29une surface,
- 1:11:30etc.
- 1:11:32Soit,
- 1:11:32effectivement,
- 1:11:33sur des…
- 1:11:34pour des gens qui s'installent,
- 1:11:35c'est souvent sur des beaucoup plus petits projets,
- 1:11:39mais il y a quand même une échelle minimum pour que ça fonctionne.
- 1:11:41Sinon,
- 1:11:41on appelle ça du jardinage et j'ai envie de dire,
- 1:11:43c'est encore une autre approche qui est très chouette aussi.
- 1:11:46Mais pour que ce soit à une échelle où on commercialise,
- 1:11:49c'est vraiment ce qu'on essaye de proposer dans cette formation qu'on fait d'ailleurs avec Magali Bontou,
- 1:11:54la haussière pépère.
- 1:11:55Et moi,
- 1:11:55sur le volet agricole,
- 1:11:56j'essaye vraiment de donner des chiffres.
- 1:12:00pour que les gens puissent se protéger par rapport à une gamme de modèles possibles.
- 1:12:04Il faut bien avoir en tête que quand la culture de la garance s'est achevée et qu'on est passé au colorant de synthèse,
- 1:12:13on était à la fin du
- 1:12:1419e siècle et c'était le plein essor de la deuxième révolution industrielle et on avait des cohortes d'ouvriers qui étaient payés 1,50 franc la journée et qui pouvaient aller ramasser les plantes.
- 1:12:28Aujourd'hui,
- 1:12:28on n'aura plus la possibilité,
- 1:12:30j'espère,
- 1:12:30quoique on le fait certainement dans d'autres pays de manière non assumée,
- 1:12:36mais en tout cas,
- 1:12:37théoriquement,
- 1:12:40notre perspective,
- 1:12:40ça ne doit pas être celle d'avoir un très grand nombre d'ouvriers.
- 1:12:44En ça,
- 1:12:45la mécanisation quand même a apporté pas mal de solutions et notamment la micro-mécanisation,
- 1:12:50c'est-à-dire des petits outils agricoles,
- 1:12:53pas forcément hyper consommateurs ni qui demandent des emprunts pharaoniques sur 50 ans,
- 1:12:59mais plutôt des outils qui sont à l'intermédiaire entre…
- 1:13:03qui peuvent être sur des gestions de volume quand même petits,
- 1:13:09mais efficaces.
- 1:13:11Et par exemple,
- 1:13:11ça,
- 1:13:11c'est aussi quelque chose qui peut servir à dynamiser la culture de certaines plantes qui,
- 1:13:17sinon,
- 1:13:18demandent trop de travail physique.
- 1:13:21Et après,
- 1:13:21dernier point,
- 1:13:22il ne faut pas planter…
- 1:13:24Évidemment que la récolte du safran,
- 1:13:25elle se fait à la main et du coup,
- 1:13:27ça reste précieux.
- 1:13:28Et donc,
- 1:13:28notre dernier problème dans cette histoire,
- 1:13:30c'est aussi que la couleur jusqu'alors…
- 1:13:33jusqu'à la fin du XIXe siècle,
- 1:13:34avaient un prix,
- 1:13:35et que ce n'était pas la même chose de teindre en rouge,
- 1:13:37ou de teindre en jaune,
- 1:13:38ou de teindre en noir.
- 1:13:40Et qu'aujourd'hui,
- 1:13:42l'idée que le rouge soit plus cher que le jaune n'est pas forcément quelque chose de naturel.
- 1:13:48Chez les gens,
- 1:13:49ça leur pose question.
- 1:13:49Donc,
- 1:13:50en fait,
- 1:13:50il y a aussi un retour sur la valeur de toutes ces ressources,
- 1:13:55du travail et du temps engagé pour que les choses existent.
- 1:13:59Ça,
- 1:13:59c'est culturel.
- 1:14:02Moi,
- 1:14:03comme tu sais,
- 1:14:03je suis ingé agro,
- 1:14:04et du coup,
- 1:14:04ce que tu viens de me soulever comme question,
- 1:14:07ça turbine dans ma tête.
- 1:14:09Moi,
- 1:14:09je travaillais notamment sur la certification HVE pour la vigne,
- 1:14:13mais aussi pour certains fruits et légumes.
- 1:14:16Et en fait,
- 1:14:16dans la norme HVE,
- 1:14:18il y a toute une partie sur comment les exploitants intègrent plus de biodiversité sur leur parcelle,
- 1:14:23notamment,
- 1:14:24tu sais,
- 1:14:25des bandes enherbées,
- 1:14:25etc.
- 1:14:27En fait,
- 1:14:27ils seraient complètement...
- 1:14:30complètement...
- 1:14:32possible de combiner ce retour à la biodiversité avec des plantes tectoriales qui,
- 1:14:38en plus,
- 1:14:39pour...
- 1:14:40Je ne sais pas si toutes sont mélifères et attirent les abeilles et tout ça,
- 1:14:43mais j'ai quand même l'impression qu'il y en a quand même pas mal.
- 1:14:46où ça fonctionne bien.
- 1:14:47En tout cas,
- 1:14:47j'avais eu un témoignage de
- 1:14:51Morgane Recoul où elle disait que,
- 1:14:53justement,
- 1:14:53il y avait des moments où elle attendait parce qu'il y avait vraiment rassemblement d'insectes et donc elle attendait.
- 1:15:00Est-ce que ça,
- 1:15:01c'est des choses aussi que vous étudiez,
- 1:15:03vous regardez ?
- 1:15:04Oui,
- 1:15:04oui,
- 1:15:04cette question de synergie avec les autres besoins,
- 1:15:07usage,
- 1:15:08biodiversité,
- 1:15:11couverture de sol,
- 1:15:13bien sûr,
- 1:15:13c'est intéressant.
- 1:15:14Après,
- 1:15:15Quand on dit plantes tectoriales,
- 1:15:16ça recouvre des milliers de plantes.
- 1:15:18Donc,
- 1:15:18on ne peut pas dire qu'elles sont plus si,
- 1:15:19plus ça.
- 1:15:20Il faut prendre plante par plante.
- 1:15:22Alors,
- 1:15:22c'est vrai que sur les dix plus connues et plus cultivées en France,
- 1:15:25il y a un certain nombre de fleurs,
- 1:15:27comme l'antémis,
- 1:15:29le cosmos,
- 1:15:30qui sont bien connues.
- 1:15:31Mais elles ne représentent pas à elles seules le potentiel.
- 1:15:36Ce que je veux dire par là,
- 1:15:37c'est qu'en fait,
- 1:15:37chaque espèce aura des besoins.
- 1:15:40des apports dans le sol et des prélèvements différents.
- 1:15:43Et donc,
- 1:15:44les synergies,
- 1:15:44elles sont à réfléchir en fonction des pratiques culturales,
- 1:15:50du type de sol,
- 1:15:51de ce qu'on a de l'eau ou pas.
- 1:15:53Je veux dire,
- 1:15:53chaque chose,
- 1:15:53il n'y a pas de généralité possible.
- 1:15:55Mais malgré tout,
- 1:15:56c'est vrai que,
- 1:15:57par exemple,
- 1:15:57dans ce qui est plantes,
- 1:15:59comme on dit,
- 1:16:00auxiliaires au jardin,
- 1:16:01donc des plantes qui vont attirer des insectes ou qui vont permettre de capter certaines attaques,
- 1:16:08à la faveur d'autres cultures qui du coup seront moins agressées ce genre de synergie il y a pas mal d'espèces qui seraient intéressantes il y a beaucoup de possibilités mais je pense qu'en fait ce qu'il faut c'est d'abord se faire une culture des enjeux de la transformation donc de
- 1:16:25combien on en a besoin pour que ça tienne debout
- 1:16:28quel volume de plantes on doit avoir pour que ça devienne une production commercialisable,
- 1:16:33disons,
- 1:16:33parce que si on veut,
- 1:16:35on va dire,
- 1:16:37produire des plantes,
- 1:16:38quand quelqu'un s'installe pour faire de la tisane,
- 1:16:41des plantes à tisane,
- 1:16:43il y a un volume où la production,
- 1:16:44elle tient debout,
- 1:16:45mais même si on est en autodiffusion,
- 1:16:50même si on fait de la vente directe,
- 1:16:52qu'on est dans des ensachages très artisanaux,
- 1:16:55qu'on est dans des pratiques à petite échelle,
- 1:16:57il y a un volume où ça fonctionne.
- 1:16:59De ça,
- 1:17:00ça reste une activité complémentaire.
- 1:17:03Pour les plantes agatoriales,
- 1:17:04c'est pareil,
- 1:17:05sauf que la différence,
- 1:17:06c'est qu'un sachet de tisane de 50 grammes,
- 1:17:08il peut valoir 4,50 euros,
- 1:17:10mais que pour teindre,
- 1:17:12on doit au minimum avoir quand même,
- 1:17:13disons,
- 1:17:14un kilo,
- 1:17:14je ne dis pas pour teindre de manière un peu récurrente,
- 1:17:19ce qui fait donc un prix de
- 1:17:2290 euros le kilo,
- 1:17:24si on est sur le même prix que la tisane.
- 1:17:26donc ça veut dire que ce n'est pas du tout les mêmes capacités de ces plantes sur le marché à être commercialisées puisque les coûts vont devenir très vite très chers par rapport à ce que les artisanes ou artisans qui transforment auront en plus d'autres ressources elles-mêmes par exemple de la laine locale tout
- 1:17:45ça est coûteux puisque c'est du travail et des savoir-faire très précis et donc à la fin
- 1:17:51ça fait qu'on a des prix qui sortent très chers.
- 1:17:55Donc,
- 1:17:55en fait,
- 1:17:55la logique,
- 1:17:55c'est effectivement de travailler sur les échelles et sur des choses qui vont être plus faciles,
- 1:18:02qui vont être très adaptées aux territoires.
- 1:18:03Et selon toi,
- 1:18:04qu'est-ce qui manque aujourd'hui pour que les agriculteurs…
- 1:18:10ils viennent ?
- 1:18:11Est-ce que c'est des messages du gouvernement ?
- 1:18:13Est-ce que c'est des lois ?
- 1:18:14Est-ce que c'est des nouveaux labels ?
- 1:18:15Est-ce que c'est des incitations ?
- 1:18:17Ou est-ce que c'est juste un manque d'information et c'est de la formation comme tu pratiques ?
- 1:18:22Qu'est-ce qui ferait que demain,
- 1:18:24un agriculteur qui s'installe ou qui reprend l'exploitation de ses parents ou de sa famille pense à combiner des cultures,
- 1:18:31notamment avec des cultures trinctoriales ?
- 1:18:34C'est une bonne question.
- 1:18:35J'avoue que je ne me la suis jamais posée comme ça.
- 1:18:37Quand on voit sur la laine
- 1:18:39la difficulté déjà que les agriculteurs qui sont en élevage au vin,
- 1:18:43donc ils font déjà ça.
- 1:18:44il y a une difficulté extrêmement lourde à faire transformer leur laine parce que tous les circuits vont demander énormément d'engagement de la part des personnes ou alors il faut des gens qui s'installent dans l'interface,
- 1:18:58qui fassent maquillons de laine,
- 1:19:00qui achètent et qui fassent transformer tout ça.
- 1:19:02Donc là,
- 1:19:02c'est des produits qu'ils ont déjà et la filière n'étant pas en place,
- 1:19:06ils arrivent rarement,
- 1:19:07à part d'être très militants,
- 1:19:08très motivés,
- 1:19:10à valoriser.
- 1:19:11et ça fait quand même des années qu'il y a des gens qui travaillent sur le sujet dont Marie-Thérèse Chopin,
- 1:19:15l'atelier etc qui ont été vraiment des pionniers là-dedans et maintenant on voit qu'il y a un intérêt qui va avec les préoccupations textiles et avec aussi une attention des consommateurs
- 1:19:29Je pense que pour la teinture,
- 1:19:30en gros,
- 1:19:30c'est un peu pareil.
- 1:19:32Là,
- 1:19:32depuis dix ans,
- 1:19:33moi,
- 1:19:34je racontais mon parcours,
- 1:19:35mais c'est vrai que j'ai commencé à un moment où on était très peu nombreux.
- 1:19:38Il y avait Michel qui montait le jardin de couleur Garance,
- 1:19:40il y avait Dominique Cardon qui était chercheuse et qui avait transmis des choses.
- 1:19:46Marie-Pierre qui faisait ses recherches historiques,
- 1:19:47il y avait très peu de monde,
- 1:19:48personne ne s'intéressait à ce sujet.
- 1:19:50En disant là,
- 1:19:51moi j'ai vraiment vu,
- 1:19:52de mes yeux vus,
- 1:19:53apparaître une communauté,
- 1:19:55surgir plein de gens,
- 1:19:57se proposer des tas de nouvelles propositions,
- 1:19:59que ce soit des stages,
- 1:20:00mais que ce soit aussi des artisans,
- 1:20:03des créatrices,
- 1:20:04voilà.
- 1:20:05Et tout ça prend un certain temps qui,
- 1:20:07à l'échelle de l'histoire de l'humanité,
- 1:20:08reste à peu près raisonnable et c'est fait avec le…
- 1:20:12la prise de conscience sur la question des circuits textiles mondiaux versus circuits textiles relocalisés.
- 1:20:19Et pour les agriculteurs,
- 1:20:20je pense que l'injonction étatique,
- 1:20:22à mon avis,
- 1:20:23ne serait pas une solution,
- 1:20:23puisqu'en fait,
- 1:20:25les enjeux de la relocalisation alimentaire n'ont pas encore été résolus.
- 1:20:29donc plutôt tablés sur des nouveaux projets,
- 1:20:33un peu pilotes,
- 1:20:34qui s'installent avec des stratégies différentes et puis qui ne sont pas trop mis en fragilité par cet aspect teinture végétale,
- 1:20:42mais qui vont,
- 1:20:43par différentes synergies,
- 1:20:44tenir.
- 1:20:46Et ça,
- 1:20:46ça va créer des micro-filaires et des micro-marchés.
- 1:20:48Et dans ça,
- 1:20:49sans doute,
- 1:20:50il y aura d'autres perspectives plus grandes.
- 1:20:52Mais je ne pense pas qu'on puisse être dans l'incitation descendante,
- 1:20:57ou autre.
- 1:20:58Je pense que par contre,
- 1:20:59on pourrait l'être sur la valorisation des déchets alimentaires.
- 1:21:03Là,
- 1:21:03par contre,
- 1:21:04on les a déjà,
- 1:21:05les déchets.
- 1:21:05Il faut en faire un truc.
- 1:21:07On pourrait,
- 1:21:07là-dessus,
- 1:21:08avoir déjà cette approche-là sur des déchets,
- 1:21:12sur des choses qui sont déjà produites.
- 1:21:14Mais sur la production,
- 1:21:15sur la mise en production,
- 1:21:15c'est plus délicat.
- 1:21:17Peut-être un autre levier,
- 1:21:18c'est peut-être les outils.
- 1:21:21C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de questions qui sont liées à l'outillage.
- 1:21:24Et ça,
- 1:21:24ça demande des gens qui se mettent à fabriquer ces outils.
- 1:21:28Donc,
- 1:21:29il y a des petites structures comme l'atelier paysan ou des gens qui vont fabriquer des outils un peu à façon.
- 1:21:35Mais si on veut que ça change d'échelle,
- 1:21:37c'est sûr qu'il y a un moment,
- 1:21:38il faut adapter des outils.
- 1:21:41et à voir les marchés derrière qui suivent.
- 1:21:44Oui,
- 1:21:44d'accord.
- 1:21:44Donc,
- 1:21:44en fait,
- 1:21:45il y a tout à créer quand même,
- 1:21:46si je résume ce que tu dis.
- 1:21:49Et il y avait aussi cette dualité entre quand tu fais tout à la main,
- 1:21:54tu es tenu à une surface que tu ne pourras pas dépasser si tu n'es pas mécanisé.
- 1:21:59Et du coup,
- 1:21:59j'espère que j'aurai une structure mécanisée qui pourra venir faire un témoignage pour voir vraiment justement le temps qui est effectivement gagné et comment ça se passe avec une plus grosse structure.
- 1:22:12Oui,
- 1:22:12juste pour répondre sur cette histoire des outils,
- 1:22:15des dimensionnements,
- 1:22:16de toute façon,
- 1:22:17ça,
- 1:22:17c'est des questions que tu le sais bien,
- 1:22:18parce que tu es du métier,
- 1:22:20mais c'est des questions qui,
- 1:22:21pour tout type de production végétale,
- 1:22:24s'étudient à l'implantation.
- 1:22:28ce que je veux dire c'est qu'on ne va pas dimensionner le projet de la même façon suivant déjà le type de sol le type de projet,
- 1:22:38le volume qu'on veut produire,
- 1:22:39les types d'outils donc je pense qu'il ne faut pas mettre trop de limites en fait il faut laisser commencer à exister cette pratique avec plein de différentes échelles mais il faut aussi bien distinguer dans les récits notamment dans ce que les gens disent de ce qu'ils font
- 1:22:56une pratique qui est réellement agricole,
- 1:22:58donc qui va dégager des volumes suffisants pour quand même que d'autres en profitent et que ça soit un objet de travail.
- 1:23:04Et puis du jardinage qu'on fait pour soi ou qu'on va pouvoir,
- 1:23:08je le dis sans que l'un soit mieux que l'autre,
- 1:23:10mais juste pour ne pas créer de confusion.
- 1:23:13J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de confusion entre qu'est-ce que c'est un jardin productif et qu'est-ce que c'est un projet qui va alimenter des filières textiles.
- 1:23:23Dans les filières textiles,
- 1:23:23on va avoir quand même des problèmes de…
- 1:23:25continuité de la ressource d'une année sur l'autre,
- 1:23:29de retrouver chaque fois les mêmes apports.
- 1:23:32Donc,
- 1:23:32ce n'est pas exactement le même enjeu que quand on fait pour soi.
- 1:23:36Et d'ailleurs,
- 1:23:37avec Patrick Brenac,
- 1:23:38on en avait parlé puisque je l'avais fait intervenir dans la formation et c'est vrai que c'est un peu ça le sujet.
- 1:23:44C'est aussi d'avoir des volumes suffisants chaque année,
- 1:23:47de manière tenable.
- 1:23:49Voilà.
- 1:23:50Ça,
- 1:23:51c'est l'aléatoire de l'agriculture aussi.
- 1:23:53Mais oui,
- 1:23:54d'accord,
- 1:23:54je comprends le...
- 1:23:56Oui,
- 1:23:56c'est plus des modèles,
- 1:23:57quoi.
- 1:23:58Voilà.
- 1:23:58Eh bien,
- 1:23:59du coup,
- 1:23:59je te proposais un exercice que j'ai proposé pour le moment qu'a
- 1:24:02Aurélia Wolf.
- 1:24:04Mais j'aimerais bien avoir ton point de vue.
- 1:24:06En fait,
- 1:24:06succession en mode ping-pong de tous les préjugés qu'on m'a remontés sur la teinture végétale et que tu démontes ou nuances.
- 1:24:16un préjugé que je t'annonce et que tu me donnes ton avis en mode ce qui devient spontanément.
- 1:24:22Allez,
- 1:24:22on essaye.
- 1:24:23Donc,
- 1:24:23le premier,
- 1:24:24c'est ce qui revient tout le temps,
- 1:24:26c'est la palette de couleurs proposée par la couleur végétale reste terne,
- 1:24:32pastel et fade.
- 1:24:35Bon alors là disons que c'est
- 1:24:37Ouais c'est pas évident
- 1:24:39De pas rigoler
- 1:24:41Disons que c'est vrai que quand on a
- 1:24:43Moi travaillant sur l'histoire de la teinture Végétale et histoire textile
- 1:24:46En fait jusqu'en
- 1:24:48Jusque au milieu du
- 1:24:4919ème siècle on avait que
- 1:24:51les plantes comme ressources pour la teinture.
- 1:24:54Et en fait,
- 1:24:55ça va peut-être démonter plusieurs de tes préjugés.
- 1:24:57C'est vrai que ce qu'on voit,
- 1:24:58c'est qu'on a été capables,
- 1:25:01d'une part,
- 1:25:01d'avoir des couleurs très vives,
- 1:25:03très soutenues,
- 1:25:05très variées,
- 1:25:06mais aussi d'avoir des couleurs qui ont tenu pendant cinq siècles au mur,
- 1:25:09sur des tapisseries qui étaient exposées à la lumière,
- 1:25:11ce qui n'est pas le cas du canapé qu'on achète aujourd'hui et qui va,
- 1:25:14au bout de 20 ans,
- 1:25:15être décoloré.
- 1:25:16Je veux dire qu'on a…
- 1:25:17On avait un niveau d'expertise,
- 1:25:19la capacité de reproduire les gammes de couleurs,
- 1:25:24la capacité de faire des couleurs nuancées avec une grande diversité de gammes.
- 1:25:30Donc en fait,
- 1:25:30j'ai envie de dire que l'histoire prouve le contraire et la réponse est là.
- 1:25:34Préjugé numéro 2,
- 1:25:35toutes les teintures végétales ne résistent pas aux UV.
- 1:25:40Oui,
- 1:25:40c'est sûr,
- 1:25:40mais toutes les teintures de synthèse ne résistent pas non plus aux UV.
- 1:25:44C'est un peu ce que je viens de dire,
- 1:25:45c'est-à-dire que l'intérêt d'avoir un peu de bagage historique sur tout ça,
- 1:25:49c'est de se rendre compte que justement,
- 1:25:51au cours du temps,
- 1:25:52on a choisi un certain nombre de plantes pour leur capacité à avoir de la solidité à la lumière,
- 1:25:58qui est un peu le gros enjeu,
- 1:25:59parce que la solidité lavage,
- 1:26:01elle existe,
- 1:26:02mais enfin,
- 1:26:03c'est souvent des couleurs qu'on a de toute façon exclues,
- 1:26:05celles qui n'ont pas de solidité au lavage,
- 1:26:07on va dire que ce n'est pas des teintures,
- 1:26:08mais la solidité lumière étant un gros enjeu,
- 1:26:11il y a eu.
- 1:26:13il y a 2000 ans d'histoire qui nous permettent de voir lesquelles ont des bonnes compétences en test lumière.
- 1:26:22On a le retour sur expérience,
- 1:26:23en fait,
- 1:26:23on le sait déjà.
- 1:26:24Après,
- 1:26:25il peut y avoir des procédés qui amènent l'heure et puis il peut y avoir des effets de mode à certaines périodes de l'histoire où on a quand même utilisé des plantes alors qu'elles n'étaient pas solides.
- 1:26:33Mais parce que ça faisait chic.
- 1:26:34Un peu comme aujourd'hui,
- 1:26:35on va acheter des habits qui vont durer deux ans et après on les jette.
- 1:26:39On l'a fait aussi avant.
- 1:26:41de cette façon-là.
- 1:26:42Préjugé numéro 3,
- 1:26:44la teinture végétale,
- 1:26:45ça pollue et ça utilise des métaux lourds.
- 1:26:48Oui,
- 1:26:49alors ça,
- 1:26:49c'est un gros sujet.
- 1:26:50On en a tous beaucoup débattu,
- 1:26:51notamment avec Michel Garcia,
- 1:26:53avec Magali Montoux.
- 1:26:54C'était des sujets qu'on a échangés parce qu'il y a eu un moment,
- 1:26:56il y a eu une espèce de panique généralisée sur l'Alain et tout ça.
- 1:27:00Et c'est vrai qu'il y a plusieurs réponses à ce point de vue.
- 1:27:04C'est-à-dire que d'un côté,
- 1:27:05oui,
- 1:27:05c'est vrai,
- 1:27:06il y a un enjeu de savoir qu'est-ce qu'on utilise comme ressource.
- 1:27:08Et effectivement,
- 1:27:10la production d'Alain de Synthèse peut questionner.
- 1:27:12Donc,
- 1:27:12c'est surtout sur sa production,
- 1:27:14en fait,
- 1:27:14qu'elle questionne,
- 1:27:15plutôt que sur sa diffusion.
- 1:27:17Enfin,
- 1:27:17c'est...
- 1:27:18plutôt que sur le rejet.
- 1:27:19À mon avis,
- 1:27:20c'est plus au niveau de la fabrication que là,
- 1:27:22on pourrait se poser la question.
- 1:27:24Néanmoins,
- 1:27:24quand on voit l'impact actuel des colorants de synthèse et le volume,
- 1:27:30les enjeux qui sont liés à la pollution textile à échelle planétaire,
- 1:27:34avec des trucs qui sont trimballés en cargo,
- 1:27:37il y a un moment,
- 1:27:38il faut aussi mettre en face des types d'enjeux.
- 1:27:42Effectivement,
- 1:27:43peut-être la solution est d'utiliser des...
- 1:27:45couleur avec parcimonie ou de garder les vêtements très longtemps pour pas non plus avoir...
- 1:27:50C'est un vrai sujet.
- 1:27:51Après,
- 1:27:51il faut quand même rappeler que ce soit le sulfate d'aluminium ou le sulfate de fer,
- 1:27:59enfin le fer,
- 1:28:00ça fait partie quand même des composés qui sont très partout présents dans la croûte terrestre,
- 1:28:05donc qui en fait font partie de la structure de la croûte terrestre sur laquelle on est installé.
- 1:28:12Et que donc,
- 1:28:12c'est pas pour rien que c'est...
- 1:28:14Ces ressources-là ont été quelque part,
- 1:28:19ont émergé comme solution de mordant.
- 1:28:21Il y a effectivement d'autres options,
- 1:28:23on peut aussi travailler sur d'autres options,
- 1:28:25mais moi j'ai l'impression que qui est le plus urgent,
- 1:28:28parce que là pour moi c'est une question d'urgence,
- 1:28:31c'est de changer le rapport global au textile en termes de pollution.
- 1:28:34Je pense que c'est surtout par ça qu'il faut commencer.
- 1:28:37Et du coup,
- 1:28:37tu me fais penser à une question,
- 1:28:38Marie.
- 1:28:39Il y a plusieurs personnes qui me la posent,
- 1:28:41d'ailleurs.
- 1:28:42Est-ce qu'il est possible de créer des mordants à base de plantes ?
- 1:28:47Oui,
- 1:28:47ça,
- 1:28:47ça a été beaucoup étudié.
- 1:28:50Et notamment,
- 1:28:51Michel García a beaucoup diffusé aussi autour de ça.
- 1:28:54Il y a plein de recettes diverses.
- 1:28:56Nous,
- 1:28:57on a cette tradition en Europe des mordants à lin.
- 1:29:01Et en fait,
- 1:29:01nous,
- 1:29:01on a une tradition.
- 1:29:03européenne ancienne de la teinture de la laine et des mordançages à la lin.
- 1:29:08Ça date de l'époque romaine,
- 1:29:10on a toujours des traces de ces usages-là,
- 1:29:13très connus et importants.
- 1:29:15Dans d'autres cultures,
- 1:29:16on va travailler autrement.
- 1:29:18Comme je racontais,
- 1:29:18le bocolan,
- 1:29:19c'est des tannins et du fer.
- 1:29:20On a une gamme de couleurs qui correspond aussi à une palette de plantes et qui correspond aussi à un type de fibre.
- 1:29:26On travaille notamment,
- 1:29:27là en Afrique,
- 1:29:28le coton.
- 1:29:29Dans d'autres domaines géographiques,
- 1:29:31il va y avoir d'autres fibres textiles,
- 1:29:33d'autres types de plantes et d'autres pratiques d'accroche,
- 1:29:37de mordansage ou de fixation.
- 1:29:39Donc oui,
- 1:29:39il y a plein de possibilités.
- 1:29:41Après,
- 1:29:41dans le cas des plantes accumulatrices d'aluminium,
- 1:29:44c'est vrai que les plantes européennes qui accumulent l'aluminium,
- 1:29:47notamment les lycopodes,
- 1:29:49qui ont été très visibles à un moment parce que les gens s'inquiétaient de la laine de synthèse,
- 1:29:55ce sont des plantes qui sont très lentes en croissance.
- 1:29:58Ce sont des mousses qui poussent dans des biotopes hyper fragiles et particuliers.
- 1:30:03Et leur capacité à accumuler de l'aluminium est aussi corrélée au fait que ce sont des plantes de tourbière,
- 1:30:08etc.
- 1:30:08En fait,
- 1:30:09je pense qu'on ne peut pas faire pire que de se tourner vers elle pour remplacer l'alun.
- 1:30:12Donc en tout cas,
- 1:30:13ce n'est pas une bonne solution.
- 1:30:14Après,
- 1:30:15Michel avait démontré qu'il y avait d'autres espèces,
- 1:30:17notamment tropicales ou asiatiques,
- 1:30:20qui accumulaient l'aluminium.
- 1:30:22Mais la question se repose du transport et de l'acheminement de tous ces volumes.
- 1:30:29Après aussi,
- 1:30:30on peut passer par complètement d'autres techniques,
- 1:30:34mais il va falloir dans ces cas-là réduire.
- 1:30:37réduire ses attentes en termes de gamme de couleurs et en termes de reproductibilité dans certains cas.
- 1:30:43Notamment quand on fait de la fermentation et tout ça,
- 1:30:45c'est super.
- 1:30:46Mais on ne va pas avoir la même possibilité de faire de la repro de couleurs,
- 1:30:49de faire des grands volumes.
- 1:30:50En tout cas,
- 1:30:51pour l'instant,
- 1:30:51je ne connais personne qui fait ça à des échelles vraiment conséquentes,
- 1:30:55qui pourrait remplacer la consommation de textiles.
- 1:30:59revue à la baisse je ne sais pas si voilà et du coup ça arrive à mon quatrième préjugé mais dont tu as assez,
- 1:31:09enfin tu as bien répondu les parties d'avant,
- 1:31:11c'est la teinture végétale occuperait tous les sols si on revenait à cette teinture végétale avec tous les vêtements qu'on a aujourd'hui tu l'as bien souligné que déjà il fallait vraiment prendre conscience des quantités de vêtements et que ensuite il fallait et c'est là où tu apportes quelque chose que je n'avais pas encore entendu c'est que
- 1:31:28C'est combiner,
- 1:31:31mettre en complémentarité avec de l'agriculture alimentaire.
- 1:31:35Et ça,
- 1:31:35je n'avais jamais entendu et je trouve ça super et un sujet à creuser.
- 1:31:40Préjugé numéro 5,
- 1:31:42c'est que la teinture végétale coûte plus cher que la teinture synthétique.
- 1:31:46Non,
- 1:31:46c'est vrai,
- 1:31:46ce n'est pas un préjugé,
- 1:31:47mais est-ce qu'on veut que les choses aient une valeur ou est-ce qu'on veut les consommer éternellement en pouvant les jeter dans la semaine qui suit ?
- 1:31:55Personnellement,
- 1:31:56je suis plus pour la première option,
- 1:31:58mais pour tout,
- 1:31:58pas seulement pour le textile,
- 1:32:00mais c'est des arbitrages qu'il va falloir défendre.
- 1:32:04Préjugé numéro 7,
- 1:32:06les industriels ne sont absolument pas prêts pour passer à la teinture végétale.
- 1:32:10Là,
- 1:32:10c'est entendu,
- 1:32:11tu sais,
- 1:32:12les teinturiers,
- 1:32:14les industriels qui font les vêtements.
- 1:32:16Oui,
- 1:32:16c'est sûr qu'au niveau des machines,
- 1:32:18des équipements et des structures à échelle,
- 1:32:21même petite industrie,
- 1:32:23pour l'instant,
- 1:32:26l'adaptation du matériel s'est faite justement dans la perspective des colorants de synthèse.
- 1:32:32Donc,
- 1:32:32on ne peut pas leur reprocher maintenant de ne pas avoir l'équipement pour,
- 1:32:35puisqu'on a fait la démarche d'aller vers le colorant de synthèse.
- 1:32:39Après,
- 1:32:39moi,
- 1:32:39ce que j'observe,
- 1:32:41on a un patrimoine industriel justement du
- 1:32:4319e siècle.
- 1:32:44qui tournent encore,
- 1:32:45je prends toujours l'exemple de la filière laine qui est quand même assez intéressante à observer.
- 1:32:51On a encore des machines de la fin du
- 1:32:5319e qui sont en fonction et qui sont capables de tourner et qui marchent super bien et qui vont encore durer peut-être encore 400 ans tellement elles ont été au départ faites pour durer.
- 1:33:03Ces machines,
- 1:33:03il faut des mécaniciens,
- 1:33:04il faut des gens qui aient des compétences dans les mains pour pouvoir réparer tout ça.
- 1:33:08et du point de vue de la teinture végétale je pense que dans les gens qui ont ces compétences de construction d'innovation et tout les ressources humaines elles existent il suffit qu'il y ait un moyen d'investir dans ce projet là et ça se fera d'ailleurs je pense que c'est même en train d'avancer déjà et
- 1:33:25dernier préjugé,
- 1:33:26donc je crois qu'on est au 7 j'en ai enlevé parce que tu avais déjà répondu à certaines choses le dernier préjugé c'est la teinture végétale est plus coûteuse en énergie que la teinture synthétique
- 1:33:38Pour moi,
- 1:33:38le modèle de comparaison n'existe pas.
- 1:33:41On compare des choses pas comparables,
- 1:33:42puisqu'on compare des volumes qui n'ont pas encore été mis en place pour la teinture végétale,
- 1:33:47et on compare des machines qui n'ont pas encore été doublées.
- 1:33:51Donc,
- 1:33:52on pourra en reparler quand on aura des procédés aux mêmes échelles,
- 1:33:56équivalents.
- 1:33:57En tout cas,
- 1:33:58à l'heure actuelle,
- 1:33:59ça dépend.
- 1:34:00Si on tient un lingue d'ego,
- 1:34:02la ressource en énergie…
- 1:34:04ça dépend ce qu'on fait quoi tout dépend donc pour moi c'est pas un sujet clair les choses prennent toujours un peu de temps enfin je veux dire entre le moment où il y a une prise de conscience c'est à dire un domaine qui commence à émerger
- 1:34:19socialement,
- 1:34:20comme je disais,
- 1:34:20moi j'ai l'impression que quand j'ai commencé à m'intéresser à la discipline,
- 1:34:25il y avait peu de monde,
- 1:34:26et c'était un petit peu quelque chose de très marginal,
- 1:34:29un peu farfelu,
- 1:34:31et là c'est en train d'être quand même quelque chose que beaucoup de gens connaissent,
- 1:34:35qui prend un peu de sens,
- 1:34:37donc je pense qu'en fait là on est vraiment en train d'arriver en ce moment à un tournant,
- 1:34:44avec plusieurs initiatives
- 1:34:46En fait,
- 1:34:47ce qu'il faut bien voir,
- 1:34:48c'est que je pense qu'on est plusieurs à avoir eu une activité artisanale qui a plafonné.
- 1:34:54C'est-à-dire qu'il y a un moment,
- 1:34:55quand on a l'échelle artisanale,
- 1:34:56on arrive,
- 1:34:57on ne peut pas plus de volume,
- 1:35:00on ne peut pas plus de production à telle échelle.
- 1:35:02Et donc,
- 1:35:03tout le monde arrive au moment de se dire,
- 1:35:05du coup,
- 1:35:05est-ce que je change d'échelle ?
- 1:35:07et donc ça veut dire équipement,
- 1:35:08investissement,
- 1:35:09mise en place de teinturerie,
- 1:35:11peut-être mutualisation aussi,
- 1:35:13moi je dirais qu'en fait pour moi c'est ce que je dis aussi pour la production de plantes le gros biais pour moi de la discipline en ce moment c'est le côté très individuel de tous les projets,
- 1:35:25avec des gens qui ont des capacités d'investissement et qui veulent en gros acheter en kit tout ce qu'il faut pour faire leur truc sans forcément avoir toutes les expériences toutes les compétences,
- 1:35:33des gens qui vont pas forcément avoir de capacité d'investissement
- 1:35:36mais qui du coup ne sont pas encore en situation de changer d'échelle.
- 1:35:41Et je pense qu'en fait,
- 1:35:41la mutualisation,
- 1:35:43si et où de l'eau,
- 1:35:46par exemple,
- 1:35:46pour les producteurs de plantes,
- 1:35:48peut-être que l'objectif,
- 1:35:48ce n'est pas d'être le seul à faire ça,
- 1:35:50mais d'être plusieurs et de mutualiser.
- 1:35:52Ça,
- 1:35:52c'est quelque chose que je dis depuis assez longtemps.
- 1:35:55D'ailleurs,
- 1:35:55je crois que derrière,
- 1:35:56il y a eu des stagiaires et des gens qui ont fait émerger des projets collectifs.
- 1:36:00Mais en fait,
- 1:36:01il y a des choses,
- 1:36:01on ne peut pas les faire tout seul.
- 1:36:03et donc pour les faire à plusieurs il faut peut-être de l'attention aux compétences et aux synergies possibles et aux ressources qu'on peut mutualiser et il y a aussi une question de territoire et ça c'est un très gros enjeu pendant
- 1:36:17longtemps on n'était pas très nombreux donc en fait on était dispersés c'est vrai que là comme on commence à être plus nombreux effectivement sur un territoire moins éloigné moins grand il peut y avoir plusieurs personnes qui ont des projets
- 1:36:32qui pourraient trouver synergie.
- 1:36:37Est-ce que ça,
- 1:36:37ce n'est pas non plus lié au fait qu'aujourd'hui...
- 1:36:40Je démarre,
- 1:36:42je plonge ma curiosité depuis quelques mois,
- 1:36:45mais est-ce que ce n'est pas non plus parce qu'il n'y a pas forcément de fédération ?
- 1:36:51Il n'y a pas forcément de rassemblement ou d'événements qui rassemblent tout le monde,
- 1:36:57tu vois,
- 1:36:57au niveau de la couleur végétale au sens large et de la teinture.
- 1:37:02Parce que,
- 1:37:02tu vois,
- 1:37:03j'ai entendu des associations,
- 1:37:04donc
- 1:37:05Isina, Colore ton monde,
- 1:37:07Couleur Garance.
- 1:37:08J'ai su par Dominique Cardon qu'il y avait des symposiums qui avaient lieu,
- 1:37:14je ne sais plus si c'était annuel ou bisannuel.
- 1:37:17Il y a eu des événements à l'ORIS,
- 1:37:18il y a eu des événements à Couleur Garance.
- 1:37:21mais tu vois,
- 1:37:21à tous les invités,
- 1:37:22je pose la question de qui fédère aujourd'hui et quels sont les événements marquants et immanquables sur la couleur végétale et en fait,
- 1:37:32je n'ai pas beaucoup de réponses là-dessus.
- 1:37:36Et du coup,
- 1:37:36je me demande si ce que tu dis dans il faudrait mutualiser les outils,
- 1:37:41les projets,
- 1:37:41etc.
- 1:37:42ce n'est pas lié non plus au fait qu'il n'y ait pas de voix commune.
- 1:37:48Non seulement je suis d'accord avec toi,
- 1:37:50mais en plus c'est un sujet qui n'est pas nouveau parce qu'en fait ça fait déjà plusieurs années.
- 1:37:55qu'on s'était un petit peu entre personnes qui se connaissent.
- 1:37:57Par exemple,
- 1:37:58un des gros soucis qu'on a,
- 1:37:59c'est que tant qu'il n'y a pas un espace,
- 1:38:02enfin un temps,
- 1:38:03un temps fort,
- 1:38:04parce que c'est vrai qu'effectivement,
- 1:38:05longtemps,
- 1:38:05il y avait les marchés de la couleur,
- 1:38:06à couleur Garance qui fédéraient,
- 1:38:08et couleur Garance avait un peu cette vision-là.
- 1:38:10Mais c'est très différent aujourd'hui et on ne peut pas considérer que ça se soit maintenu de cette façon-là.
- 1:38:16C'est devenu autre chose et ça a aussi son sens,
- 1:38:18mais ce n'est plus un lieu ressource.
- 1:38:21C'est un lieu comme d'autres qui sont en train de se monter.
- 1:38:24Surtout que comme il y a plein de nouvelles personnes arrivant dans la couleur végétale,
- 1:38:27la résonance un peu historique du lieu couleur garance,
- 1:38:30elle s'est diluée,
- 1:38:31puisqu'il y a des gens,
- 1:38:32ils ne vont pas connaître tout simplement,
- 1:38:33ou ils vont peut-être en entendre parler,
- 1:38:35mais ils ne vont pas avoir...
- 1:38:37la même vision que nous qui étions là quand ça a démarré,
- 1:38:40et pour qui c'était vraiment le lieu-ressource,
- 1:38:42avec l'échelle qui apportait toute sa dynamique,
- 1:38:46la discipline.
- 1:38:47Donc c'est vrai qu'il n'y a plus tellement ni un lieu,
- 1:38:50alors pour ce dont Dominique a parlé,
- 1:38:53le symposium,
- 1:38:54effectivement,
- 1:38:55ça c'est à une autre échelle,
- 1:38:56là on est à échelle planétaire,
- 1:38:58je pense que ça c'est vraiment une création exceptionnelle et qui a tout son sens.
- 1:39:05Néanmoins,
- 1:39:05ça reste très inaccessible pour des gens qui sont artisans ou paysans.
- 1:39:11parce qu'en fait,
- 1:39:12c'est planétaire,
- 1:39:13il faut prendre l'avion,
- 1:39:14aller dans des endroits éloignés.
- 1:39:16Moi,
- 1:39:16personnellement,
- 1:39:17je n'avais pas les moyens d'aller à Madagascar la dernière fois.
- 1:39:20Tout le monde n'a pas forcément la possibilité de se réunir dans ces contextes-là,
- 1:39:26même si je sais qu'il y a des efforts faits,
- 1:39:27notamment pour les gens des pays du Sud,
- 1:39:29pour essayer de baisser les coûts et tout ça,
- 1:39:31mais ça reste quand même quelque chose qui est carrément à une autre échelle.
- 1:39:35Donc après,
- 1:39:35c'est vrai que,
- 1:39:36comme je disais,
- 1:39:37depuis quelques années,
- 1:39:38on en avait…
- 1:39:39discuter avec Marjorie Salle,
- 1:39:41avec d'autres personnes avec qui on observait un peu notre discipline,
- 1:39:44qui tout d'un coup prenaient de l'essor dans tous les sens,
- 1:39:48de manière échevelée.
- 1:39:49Et c'est vrai qu'il manque une dimension syndicale ou corporatiste qui permettrait d'une part de se connaître,
- 1:39:57d'autre part d'établir peut-être à la fois des liens,
- 1:40:02mais aussi des valeurs au travail.
- 1:40:06des pratiques,
- 1:40:07un certain respect de règles syndicales,
- 1:40:11comme on le fait dans le syndicat des simples,
- 1:40:12par exemple,
- 1:40:13où on va avoir un regard sur les modes de cueillette,
- 1:40:17la manière de faire la commercialisation,
- 1:40:19mais aussi la valeur des lots,
- 1:40:21ne pas faire du dumping en étant…
- 1:40:25Il y aurait un besoin comme ça.
- 1:40:26Moi,
- 1:40:26j'avoue que j'ai été un moment,
- 1:40:27il y a 4-5 ans,
- 1:40:29un peu plus que ça,
- 1:40:30peut-être 7 ou 8 ans.
- 1:40:31très préoccupé,
- 1:40:32ça,
- 1:40:32parce que je trouvais ça triste,
- 1:40:33en fait,
- 1:40:34qu'il n'y ait pas un espace de rencontre et tout ça.
- 1:40:38Ici,
- 1:40:40à l'époque,
- 1:40:40on était quelques-uns,
- 1:40:42quelques-unes,
- 1:40:44on avait fait des petits workshops dont le but était vraiment de bosser ensemble et de se voir pour partager,
- 1:40:49pour partager simplement des moments de travail et puis rigoler,
- 1:40:53et puis voilà,
- 1:40:53échanger sur nos pratiques et tout.
- 1:40:55Mais voilà,
- 1:40:56c'est difficile à porter,
- 1:40:58c'est quelque chose qu'il faut tenir dans le temps.
- 1:41:00et c'est aussi un effet,
- 1:41:03effectivement,
- 1:41:04peut-être encore de la dispersion d'une part géographique,
- 1:41:08mais peut-être aussi de la dispersion des pratiques,
- 1:41:10parce que finalement,
- 1:41:11il y a une très grande diversité d'approches dans le milieu,
- 1:41:15et c'est ça qui est chouette aussi,
- 1:41:16mais ce qui fait qu'il va y avoir des gens qui sont peut-être dans des problématiques par rapport à des cueilleurs de simples qui vont se fédérer autour de la pratique de leurs plantes.
- 1:41:26entre des gens qui sont vraiment dans les milieux urbains,
- 1:41:30dans le design,
- 1:41:31dans des pratiques de mode et d'autres qui vont sur des volets très paysans.
- 1:41:36On a quand même des enjeux hyper variés,
- 1:41:39de plein de professions,
- 1:41:40de plein de savoir-faire.
- 1:41:42Ce qui est passionnant d'ailleurs dans la couleur végétale,
- 1:41:44c'est que ça rassemble des thématiques incroyablement diverses.
- 1:41:48que ce soit dans la recherche,
- 1:41:50on peut rédiciper la néarité,
- 1:41:51ou dans la pratique,
- 1:41:53dans les corps de métier que ça peut concerner,
- 1:41:54mais en même temps,
- 1:41:55c'est beaucoup plus dur de rassembler.
- 1:41:57Oui,
- 1:41:57il y a un mouvement côté teinture avec plus de demandes en colorant,
- 1:42:03plus de gens qui se lancent,
- 1:42:04que ce soit dans le DIY,
- 1:42:05on va dire,
- 1:42:06ou dans la semi-voire industrialisation de la teinture végétale,
- 1:42:12mais elle m'expliquait que les domaines où ça bouge le plus,
- 1:42:16c'est notamment la cosmétique,
- 1:42:19tout ce qui est peinture,
- 1:42:20plus au bâtiment.
- 1:42:22Et en fait,
- 1:42:22je me dis,
- 1:42:23est-ce qu'il y a eu un moment,
- 1:42:24une volonté de remonter encore d'un cran et de se dire,
- 1:42:30en fait,
- 1:42:30il y a les teinturiers,
- 1:42:34artisanaux ou semi-industriels,
- 1:42:36avec tout ce que ça englobe dedans,
- 1:42:38comme tu l'as dit très bien,
- 1:42:39avec les corps de métier,
- 1:42:40etc.
- 1:42:41mais il y a aussi la cosmétique,
- 1:42:43la chimie,
- 1:42:45le bâtiment.
- 1:42:46Est-ce qu'à un moment,
- 1:42:47il y a eu historiquement des rencontres pour peut-être se mettre en mutualisation pour avoir plus de voix ou plus de poids dans
- 1:43:02ces sujets-là ?
- 1:43:04Je pense que c'est ce qui a été fait et dans les symposiums internationales sur les teintures végétales.
- 1:43:15Ça a été le cas aussi dans les marchés de la couleur,
- 1:43:18à l'époque où Michel et d'autres personnes portaient sa conception.
- 1:43:25Il y avait des journées d'études avec des gens très différents.
- 1:43:28C'était passionnant.
- 1:43:28Il y avait des gens incroyables qui arrivaient avec des projets complètement inédits.
- 1:43:33et c'était très très riche et ça venait effectivement de milieux différents il y avait des gens qui venaient de la recherche il y avait des gens qui venaient plutôt de la pratique et tout ça se mélangeait bien donc je pense qu'en fait il n'y a pas de frein absolu à mettre ensemble les gens mais simplement
- 1:43:52Fédérer,
- 1:43:53c'est aussi effectivement avoir un lieu emblématique peut-être,
- 1:43:57ou en tout cas des lieux,
- 1:43:58peut-être ça peut être des lieux,
- 1:44:00ça peut être en tournant dans différents espaces,
- 1:44:02mais il faut quand même une énergie pas possible pour organiser,
- 1:44:06donc des collectifs.
- 1:44:07Donc moi,
- 1:44:08vraiment,
- 1:44:08il y a eu un moment où je n'étais pas loin de…
- 1:44:12de commencer à vouloir fédérer ça,
- 1:44:16d'en discuter.
- 1:44:17Mais c'est vrai que je vois bien,
- 1:44:18en tout cas,
- 1:44:19moi,
- 1:44:19j'ai déjà beaucoup d'activités autour de cette thématique et d'autres,
- 1:44:25parce que j'ai aussi des activités un peu de recherche historique,
- 1:44:27bref,
- 1:44:29d'élevage,
- 1:44:30voilà.
- 1:44:30Bon,
- 1:44:30c'est un peu la folie.
- 1:44:31Donc,
- 1:44:31du coup,
- 1:44:32c'est vrai que je pense que c'est presque un job à part entière de s'occuper,
- 1:44:36de dynamiser une discipline comme ça.
- 1:44:39Voilà,
- 1:44:40il y a quand même vraiment un énorme travail de fond pour que ce soit aussi construit sur des bases,
- 1:44:48j'ai envie de dire…
- 1:44:50de réelle mutualisation qui puisse faire advenir des pratiques collectives.
- 1:44:55Pour l'instant,
- 1:44:55en tout cas,
- 1:44:56on en est loin.
- 1:44:57Ça s'est même dilué par rapport à ce que ça a pu être au démarrage.
- 1:45:01Enfin,
- 1:45:01au démarrage à l'époque où Michel était encore à couleur garance en train de monter les jardins et tout.
- 1:45:07Il y a quelque chose qui peut revenir,
- 1:45:09mais à mon avis,
- 1:45:10il faudra un beau travail en amont.
- 1:45:14Ça ne peut pas se faire dans un claquement de bois.
- 1:45:16Il n'y a rien d'intuitif.
- 1:45:18Il va falloir...
- 1:45:19créer des occasions,
- 1:45:21peut-être des formats aussi nouveaux,
- 1:45:23des nouveaux formats.
- 1:45:25Écoute,
- 1:45:25c'est hyper intéressant ces discussions.
- 1:45:28Ce que je peux dire,
- 1:45:30c'est que du coup,
- 1:45:30j'ai évolué d'un parcours où je faisais plutôt de la...
- 1:45:35J'ai fait beaucoup de formations,
- 1:45:37beaucoup d'interventions,
- 1:45:38etc.
- 1:45:39Et que maintenant,
- 1:45:40j'essaye de me spécialiser,
- 1:45:41en fait,
- 1:45:42dans ce que je propose.
- 1:45:44en formation.
- 1:45:45Et ça,
- 1:45:45c'est peut-être quelque chose que j'ai envie de dire aussi parce que c'est pareil,
- 1:45:49l'offre de formation,
- 1:45:50elle s'est beaucoup multipliée,
- 1:45:52elle a grandi.
- 1:45:53Et c'est plutôt chouette parce que ça fait plus de monde qui comprendent ce qu'on parle et plus de personnes ressources.
- 1:45:59Et du coup,
- 1:46:00c'est vrai que moi,
- 1:46:00j'essaye maintenant de m'inscrire vraiment que sur des thématiques transversales sur lesquelles j'ai vraiment beaucoup travaillé.
- 1:46:06Donc,
- 1:46:06j'essaye de rester soit sur les volets botaniques et cueillettes,
- 1:46:09soit sur cette question de mise en culture,
- 1:46:11soit sur les volets historiques.
- 1:46:14où j'aimerais bien,
- 1:46:15en fait,
- 1:46:16avec le bagage que j'ai comme historienne des teintures et des textiles,
- 1:46:21et toutes les recherches que j'ai continuées à faire depuis,
- 1:46:23parce qu'en fait,
- 1:46:24ça se voit moins,
- 1:46:24parce que je n'ai pas toujours le temps de publier,
- 1:46:26mais en fait,
- 1:46:27j'ai un...
- 1:46:28Un gros travail de fond sur l'histoire des espèces,
- 1:46:31des plantes,
- 1:46:32mais aussi l'histoire du textile,
- 1:46:34l'histoire du travail,
- 1:46:35etc.
- 1:46:36Et ça,
- 1:46:37du coup,
- 1:46:37j'essaie de m'en servir.
- 1:46:38Et donc,
- 1:46:40de me spécialiser en fait,
- 1:46:41et de laisser aussi,
- 1:46:43de cette façon,
- 1:46:44peut-être se jouer d'autres propositions,
- 1:46:48d'autres projets,
- 1:46:49et de s'inscrire en complémentarité en fait aussi.
- 1:46:53Ouais,
- 1:46:53et du coup,
- 1:46:53on retrouve où ?
- 1:46:55Tu as un site internet sur lequel on peut retrouver tes propositions de formation plus spécifiques ?
- 1:47:02Du coup,
- 1:47:02j'ai un site qui s'appelle teinture naturelle au pluriel toutattaché.fr.
- 1:47:07Voilà,
- 1:47:08c'est vrai que c'est beaucoup dans des structures extérieures que je vais proposer des choses.
- 1:47:14Donc souvent,
- 1:47:14la communication,
- 1:47:15elle est aussi faite par d'autres gens.
- 1:47:16Mais c'est pour dire aussi,
- 1:47:17même sur ce volet formation,
- 1:47:19il y a encore une réflexion,
- 1:47:20je pense,
- 1:47:21de fond à avoir pour que chacun aille vraiment vers ce qu'il a de plus particulier.
- 1:47:27Moi,
- 1:47:27j'essaye en tout cas de faire ça.
- 1:47:30Voilà,
- 1:47:31j'ai aussi un truc auquel je suis assez attachée,
- 1:47:33comme j'ai dit,
- 1:47:33c'est cette histoire de filière laine.
- 1:47:35Et du coup,
- 1:47:36on a monté ici tout un projet de formation avec l'ADR,
- 1:47:39qui est la structure de formation de la Confédération de Paysannes,
- 1:47:42et qui concerne des formations sur la filière laine pour des éleveuses ou des gens qui s'installent,
- 1:47:49des éleveuses et des éleveurs,
- 1:47:51mais c'est souvent plutôt des éleveuses qui viennent.
- 1:47:53Et du coup,
- 1:47:53par exemple,
- 1:47:54ça,
- 1:47:54je suis très attachée à ce boulot-là,
- 1:47:56parce que c'est un boulot qui se fait avec...
- 1:47:58une éleveuse,
- 1:47:59des gens qui sont vraiment dans la pratique de terrain et on essaye d'être sur quelque chose qui fonctionne,
- 1:48:04c'est-à-dire que les gens peuvent repartir pour,
- 1:48:06dans leur métier,
- 1:48:07appliquer ça immédiatement.
- 1:48:10Merci Pauline.
- 1:48:12Du coup,
- 1:48:13je te propose Marie qu'on passe à des questions un peu plus tac au tac.
- 1:48:17Si tu étais une plante colorante,
- 1:48:20laquelle serais-tu et pourquoi ?
- 1:48:23Alors moi,
- 1:48:23je pense que je serais le Cotinus cogigria,
- 1:48:26l'arbre que certains appellent l'arbre à perruque ou le boirou ou fustet.
- 1:48:32C'est un petit arbre qui a un bois colorant qui fait une couleur orange complètement magnifique.
- 1:48:40C'est aussi un très bel arbre.
- 1:48:42Il a des feuilles que je trouve très belles.
- 1:48:44C'est une anacardiacée.
- 1:48:46Donc on en trouve ici en Europe des anacardiacées,
- 1:48:48mais il n'y en a pas beaucoup.
- 1:48:49Il y en a beaucoup plus en Afrique dans cette famille botanique-là.
- 1:48:52Donc ça fait le lien avec mes parents de cœur africains.
- 1:49:00C'est un acardiacé qui pousse sur des montagnes ici dans mon coin.
- 1:49:03C'est une espèce endémique.
- 1:49:04Il y en a plein dans la montagne autour de chez moi.
- 1:49:07Il était récolté autrefois pour la teinturerie et la tannerie.
- 1:49:10donc il a une histoire et il est très joli il a des grandes grappes de graines qui font un barbe à papa très délicate et c'est un arbre que j'aime beaucoup ok top est-ce
- 1:49:25que tu aurais des livres à recommander à part les tiens,
- 1:49:28je rappelle guide des teintures naturelles,
- 1:49:31plantes et fleurs et tu en as fait un sur les champignons et les lichens est-ce que tu aurais 3 livres à citer pour inspirer les gens qui nous écoutent dans leur lecture
- 1:49:41Oui,
- 1:49:42alors je veux bien citer,
- 1:49:43même si du coup on n'en parlera pas là,
- 1:49:46tu me dis si c'est pertinent,
- 1:49:47mais le bouquin de
- 1:49:48Dominique Nukini,
- 1:49:49qui est sur l'art de la laine,
- 1:49:51qui moi m'a vraiment paru être un super beau projet,
- 1:49:55qui n'est peut-être pas encore très connu non plus,
- 1:49:57donc voilà,
- 1:49:58certainement il va l'être assez vite,
- 1:50:00mais en tout cas il mérite d'être mentionné.
- 1:50:03Bon,
- 1:50:03évidemment il y a tout le travail de Dominique et de Michel Garcia,
- 1:50:06mais je pense que c'est de Dominique Ardon et de Michel Garcia,
- 1:50:09mais je pense que ça c'est déjà fait.
- 1:50:10Donc sinon pour citer,
- 1:50:12dans les bouquins que j'aime bien,
- 1:50:13il y a...
- 1:50:15je trouve qu'en livre d'atelier en livre de travail que d'ailleurs je trouve très complémentaire avec le mien c'est le livre de Karine Delonnet
- 1:50:23Teinture naturelle je trouve qu'elle a fait un boulot super il est hyper clair ses recettes sont bien enfin je trouve qu'elle est vraiment super et que pour le coup c'est une femme qui a bossé aussi pendant peut-être je ne sais pas 20 ans à faire tous ses essais donc c'était un beau cadeau qu'elle partage ça voilà et ben c'est tout voilà je ne sais pas trop quoi dire d'autre merci
- 1:50:43Non mais c'est bien c'est des nouveaux en plus donc ça c'est top et maintenant la question sur à qui tu veux passer le micro pour la suite de la chaîne,
- 1:50:54des podcasts si tu peux me citer 3 personnes ou 1 ou 2 jusqu'à 3 on va dire que t'aimerais que j'aille interroger et puis après
- 1:51:04on s'arrêtera là ok ben c'est vrai que comme j'ai pas mal parlé d'elle et que je pense que c'est une personne assez précieuse peut-être moins visible je pense que ce serait chouette de pouvoir entendre le travail incroyable que fait Marie-Pierre Pubaret qui
- 1:51:19est donc en Bretagne qui est historienne et teinturière historique voilà et qui a des années et des années et des années de travail derrière sur ce sujet
- 1:51:29et puis j'imagine que beaucoup de gens ont déjà été cités donc comme je n'ai pas eu le temps de tout écouter je ne sais pas forcément qui a déjà été mentionné t'inquiète vas-y je ne sais pas si vous avez déjà rencontré Abou Bakar Fofana mais c'est une personne on
- 1:51:45l'a cité d'accord je ne l'ai pas encore enregistré avec lui donc je note mais il y a plein de gens qui m'en ont parlé effectivement ok
- 1:51:55je sais pas trop j'ai l'impression qu'en fait le monde est assez petit et que du coup il y a déjà un bel ensemble qui a été proposé donc il faudrait que je réfléchisse pour te donner plus de noms tu peux me faire un mail après si t'as des idées y'a pas de soucis y'a pas de problème
- 1:52:13Sur le volet des plantes et de la culture des plantes,
- 1:52:16c'est un travail que j'ai beaucoup fait,
- 1:52:19mais c'est vrai qu'il faut aussi bien mentionner le travail que fait Florent Valentin à Couleur Garance dans le jardin.
- 1:52:26Florent Valentin était là à l'origine du jardin avec Michel,
- 1:52:30il a été à la mise en place,
- 1:52:31donc il est jardinier,
- 1:52:32lui il n'est pas teinturier.
- 1:52:34mais il a été là à la mise en place du jardin et ça fait 25 ans qu'il fait tout ce travail de collection de plantes.
- 1:52:40Donc sur le volet plantes,
- 1:52:42c'est une personne ressource et vraiment intéressante.
- 1:52:45Ah ben !
- 1:52:45Voilà.
- 1:52:46Ben t'as bien raison,
- 1:52:48je vais aller creuser de ce côté-là.
- 1:52:50Ok,
- 1:52:50super.
- 1:52:50Ben écoute Marie,
- 1:52:51c'était hyper riche.
- 1:52:54Ouais,
- 1:52:54en termes de fédération,
- 1:52:56je voulais dire que de fédérer les gens,
- 1:52:58de regrouper tout ça,
- 1:52:59je trouve que ta démarche,
- 1:53:00Pauline.
- 1:53:01Elle apporte énormément parce qu'en fait,
- 1:53:02je pense qu'on a aussi cette difficulté à la fois à se rendre visible.
- 1:53:06En tout cas,
- 1:53:06pour ma part,
- 1:53:07je suis un peu dans ma grotte et dans mon jardin.
- 1:53:10J'ai du mal à prendre ce temps de communiquer dans ma profession,
- 1:53:14en fait.
- 1:53:15On se croise peu.
- 1:53:16Et pour d'autres,
- 1:53:17peut-être qu'ils communiquent plus,
- 1:53:18on n'a pas tous en tête toutes les personnes avec qui on pourrait échanger.
- 1:53:22Et donc,
- 1:53:22je pense que tu apportes,
- 1:53:23grâce à ton travail,
- 1:53:24qui doit être quand même colossal,
- 1:53:26vu le boulot que ça représente de mettre tout le monde ensemble.
- 1:53:29Je pense que tu apportes vraiment quelque chose à la discipline.
- 1:53:32Donc,
- 1:53:32je te remercie pour nous tous parce que je pense que c'était vraiment utile de proposer ça.
- 1:53:36Voilà.
- 1:53:38Oh bah top !
- 1:53:39Merci !
- 1:53:40Non,
- 1:53:40non,
- 1:53:40franchement,
- 1:53:41merci Marie !
- 1:53:42Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ArtEcoVert,
- 1:53:46A-R-T-E-C-O-V-E-R-T pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:53:52Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 1:54:00C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:54:05Merci à tous !
- 1:54:09Sous-titrage ST' Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin