Latest / Québécois et Canadien / Charles Breton : Juste 20% de souverainistes
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:05Aujourd 'hui, on reçoit Charles Breton, directeur
- 0:07du Centre d 'Excellence de la Fédération canadienne.
- 0:10On a discuté des différents sondages que le Centre
- 0:12fait sur l 'humeur des Québécois et des Canadiennes
- 0:14sur différents enjeux fédéralismes. Notamment,
- 0:17on a parlé de leur appartenance au Canada. Bon
- 0:19épisode! Alors, Charles Breton, bonjour. Bien,
- 0:31merci de m 'accueillir. Merci d 'avoir accepté
- 0:32l 'invitation. Je vais commencer avec la question
- 0:35suivante. Je pense que la majorité des gens au
- 0:39Québec se considèrent québécois. Est -ce qu 'ils
- 0:40se considèrent également canadiens? Ah oui, tout
- 0:43à fait. Je veux dire, il y a plusieurs façons
- 0:45de mesurer ça. Nous, bon... Mon centre a une
- 0:51étude annuelle sur plein de questions qui ont
- 0:53rapport au fédéralisme, c 'est sur quoi on travaille,
- 0:56dont une qui porte sur l 'attachement, une qui
- 0:58porte sur l 'identité. La question sur l 'identité
- 1:00que nous on pose, qui est une question qui est
- 1:01souvent utilisée en sciences sociales, est une
- 1:05où il y a plusieurs options. Les gens se définissent
- 1:06de plusieurs façons, des fois un mix de deux
- 1:09affaires, et donc c 'est ce que vous considérez
- 1:12principalement uniquement canadien, premièrement
- 1:15canadien, ensuite québécois. également les deux
- 1:17et l 'inverse. Premièrement québécois, ensuite
- 1:20canadiens et seulement québécois. Et contrairement
- 1:23à plusieurs des provinces où les gens sont plus
- 1:25moitié -moitié ou plus canadiens que s 'identifier
- 1:28à leur province, au Québec, vraiment, c 'est
- 1:3050... autour de 50 % des Québécois qui vont dire
- 1:33soit seulement Québécois ou premièrement Québécois.
- 1:36Parce que seulement Québécois, c 'est juste 17
- 1:38% de... à peu près, là, j 'y vais de mémoire,
- 1:40c 'est à peu près 17 -18 % de gens au Québec
- 1:42qui disent... Exactement, on s 'identifie seulement
- 1:45comme Québécois. Mais quand on rajoute premièrement
- 1:48Québécois et ensuite Canadien, là, on a la majorité,
- 1:51là, on dépasse 50 % avec ça. C 'est combien une
- 1:53personne totale, disons, qui a une appartenance
- 1:55quelconque au Canada, à peu près un pourcentage?
- 1:57Ben, c 'est l 'inverse. C 'est l 'autre 50 %
- 2:00qui... va être à peu près entre les deux, ou
- 2:02un peu... ou, on va dire, Canadien en premier.
- 2:06Il y a presque personne qui dit Canadien seulement
- 2:07au Québec. C 'est vrai dans toutes les provinces,
- 2:09cela dit, hein, Canadien seulement, à part en
- 2:12Ontario. Puis, je veux dire, surtout sur ces
- 2:14questions -là, souvent, oui, le Québec est différent.
- 2:17C 'est la seule province où il y a une majorité
- 2:19de gens qui vont... choisir la province en premier
- 2:21ou uniquement, mais c 'est vraiment aussi l 'Ontario
- 2:24qui est différent souvent sur ces questions -là,
- 2:26où l 'appartenance à la province, c 'est pas
- 2:28quelque chose. C 'est un peu abstrait pour un
- 2:30Ontarien, l 'appartenance à la province, parce
- 2:32que dans leur tête, c 'est pas mal nous qui décidons
- 2:35tout ici. Je vois pas la différence. Bon, je
- 2:38caricature, mais c 'est sûr que c 'est plus l
- 2:40'Ontarien qui est différent du reste du Canada
- 2:42sur certaines de ces questions -là. Puis j 'imagine
- 2:44que ceux qui sont... seulement Québécois, puis
- 2:47ceux qui sont souverainistes, ils doivent avoir
- 2:49des... Ah, bien ça se ressemble. C 'est là, là,
- 2:51c 'est là, un pour un quasiment. Pis, tu sais,
- 2:54sur la souveraineté, ça, c 'est une autre question.
- 2:56Bon, on peut en parler. Les gens qui se définissent
- 2:58comme souverainistes, il n 'y en a pas beaucoup.
- 3:00Ça, c 'est pas la même chose que de dire allez
- 3:02-vous voter oui ou non au référendum. Des gens,
- 3:05quand on leur donne l 'option de dire... Encore
- 3:08une fois, c 'est une question qu 'on pose, nous,
- 3:09dans le sondage, qui diffère un peu, encore une
- 3:11fois, du oui et non pour différentes raisons,
- 3:12puis je peux expliquer pourquoi on pose cette
- 3:14question -là plutôt que oui ou non. Quand on
- 3:16demande comment vous vous définissez puis que
- 3:18les options, c 'est principalement fédéraliste,
- 3:21principalement souverainiste, entre les deux,
- 3:24ni un ni l 'autre... la majorité des Québécois
- 3:27sont dans les deux dernières catégories. C 'est
- 3:29entre les deux ou ni un ni l 'autre. Principalement
- 3:31fédéralistes, principalement souverainistes,
- 3:33c 'est la même chose. C 'est autour de 20 % dans
- 3:34les deux cas. Puis ça bouge pas. Ça bouge de
- 3:371 ou 2 % d 'une année à l 'autre. Nous, là, nous,
- 3:39on est rendu à 7 ans à poser les mêmes questions
- 3:41à chaque année. Fait qu 'on est capable de dire,
- 3:43là, sur 7 ans, ça a pas bougé beaucoup. On se
- 3:45rajoute de 1, on baisse de 1. Mais quand on offre
- 3:48l 'option, c 'est vraiment juste 20 % des Québécois
- 3:50qui vont dire, principalement souverainistes...
- 3:53Et si on est fédéraliste, il ne faut pas trop
- 3:54se réjouir de ça parce que c 'est aussi juste
- 3:5620 % qui vont dire principalement fédéraliste.
- 3:58Le jour où il y a un référendum, les gens qui
- 4:01sont entre les deux ou ni l 'un ni l 'autre,
- 4:03il va falloir qu 'ils choisissent une des deux
- 4:04options. Mais pour le moment, quand on leur demande
- 4:06instinctivement où vous êtes, c 'est à peu près
- 4:08la moitié des Québécois qui ne prennent aucune
- 4:11des deux étiquettes. Et pourquoi faire la distinction?
- 4:14Pour moi, la question de oui ou non maintenant...
- 4:18elle sert pas à grand -chose la journée où il
- 4:20y a une campagne référendaire. Dans le sens où
- 4:22j 'ai l 'impression, tu sais, ça nous donne un
- 4:23baseline, comme on dirait en anglais, mais une
- 4:25campagne référendaire où tout le monde doit se
- 4:27faire une tête sur une question aussi difficile,
- 4:29aussi complexe. Dans ma tête, ça peut aller sur
- 4:31un bord puis sur l 'autre, puis de savoir que,
- 4:34bon, c 'est stable à, disons, 30, 32, là, autour
- 4:37de ça, disons, de savoir ça. Bon, si t 'es le
- 4:39parti québécois, ça doit t 'informer un peu,
- 4:41mais je pense que ça ne nous en dit pas tant
- 4:44que ça, sûr. qu 'est -ce qui arrive une fois
- 4:46que la dynamique référendaire est lancée? Je
- 4:48trouve ça plus utile de savoir l 'état des lieux
- 4:50présentement. Ce n 'est pas une question oui
- 4:51ou non. C 'est quand tu as différents éventails
- 4:54ou est -ce que tu te places, entre autres, pour
- 4:55essayer de comprendre la politique d 'aujourd
- 4:57'hui, tu sais? Oui, parce que... c 'est ça, c
- 5:01'est, je pense, les souverainistes, eux autres,
- 5:03ceux qui se définissent aujourd 'hui principalement
- 5:04souverainistes, c 'est sûr qu 'ils vont voter
- 5:06oui durant un référendum. Ceux qui se définissent
- 5:09comme fédéralistes aujourd 'hui, c 'est sûr qu
- 5:11'ils vont voter non durant un référendum. Après
- 5:13ça, c 'est entre les deux. Puis j 'imagine comme
- 5:15n 'importe quel sondage politique. Tu sais, là,
- 5:17on a des sondages qui sont sortis dans la semaine
- 5:19sur les intentions de vote aux prochaines élections
- 5:20provinciales. Ça vaut ce que ça vaut, là. Tu
- 5:22sais, on sait pas, ça va être quoi dans six mois.
- 5:24Mais il est important de dire, par exemple, et
- 5:26puis ça, c 'est quelque chose que je dis toujours
- 5:27quand je parle de ces données -là, Nous, quand
- 5:32on travaille en sciences sociales avec des questions
- 5:34de sondage, des fois, c 'est un peu, comment
- 5:36dire, ça devient un peu fâchant parce que nous,
- 5:41on est habitué à ce que les choses ne bougent
- 5:44pas, parce que les choses qu 'on mesure sont
- 5:45souvent beaucoup plus fondamentales que des intentions
- 5:48de vote. Les intentions de vote, ça bouge. Tu
- 5:51sais, des trucs, on l 'a vu au fédéral, on le
- 5:52voit présentement, le PQ qui était mort, qui
- 5:54revient, ça remonte de 20 % dans un an, là, j
- 5:57'exagère, mais... La plupart des choses qu 'on
- 5:59mesure en sciences sociales, ça ne bouge pas
- 6:01de 20 % en six mois. Ce n 'est pas des intentions
- 6:03de vote. Si tu es catholique, tu vas être catholique
- 6:05dans six mois, dans un an, en deux ans, dans
- 6:07cinq ans. Puis même pour la souveraineté, même
- 6:08sur l 'identification au Québec, je te disais,
- 6:12je te donnais l 'exemple de ceux qui se disent
- 6:14principalement québécois, ensuite canadiens.
- 6:17sur les 7 ans qu 'on a, ça n 'a pas changé, elle
- 6:20n 'a pas changé cette proportion -là, ça ne bouge
- 6:21pas. Et ça, c 'est fâchant quand vient le temps,
- 6:24entre autres, pour le travail que moi je fais,
- 6:25des fois, on aimerait que les médias regardent
- 6:27ce qu 'on fait, puis ils nous disent qu 'est
- 6:28-ce qu 'il y a d 'étonnant? Il n 'y a rien d
- 6:30'étonnant, ça n 'a pas changé. Si ça change du
- 6:33jour au lendemain, il y a plus de chance qu 'on
- 6:35se soit trompé dans nos données qu 'il y ait
- 6:38vraiment quelque chose qui se soit passé. Parce
- 6:41que c 'est des valeurs fondamentales, c 'est
- 6:43ça, c 'est parce que... Voter oui ou non pour
- 6:45un référendum, il y a un paquet de circonstances
- 6:47qui peuvent arriver. On parlait de Mead ou de
- 6:51Charlottetown qui est arrivé, une frustration,
- 6:55un mauvais dossier, un mauvais premier ministre
- 6:57du Canada, un accrochage avec une autre province.
- 6:59Ça, c 'est toutes des choses circonstantielles
- 7:01qui peuvent influencer la semaine prochaine pour
- 7:04qui je vais voter, je vais voter oui ou je vais
- 7:05voter non. Mais l 'appartenance canadienne, c
- 7:09'est une valeur fondamentale. Si tu te reconnais
- 7:11dans le drapeau canadien, même juste un petit
- 7:14peu, bien, ça, c 'est quelque chose que tu vas
- 7:15garder toute ta vie. Puis, tu sais, j 'exagère
- 7:17quand je dis que rien ne change. Tu sais, ça
- 7:18va changer, mais ça va changer un petit peu,
- 7:20puis c 'est sur le long terme. Tu sais, je vais
- 7:21donner un exemple. La fierté envers le pays,
- 7:25ce qui n 'est pas exactement une identification.
- 7:27Tu sais, tu peux t 'identifier au Québec en premier,
- 7:29mais quand même être fier du Canada. Bien, ça,
- 7:32avec Trump, on l 'a vu, même au Québec, la fierté
- 7:35envers le Canada, elle a augmenté. Puis c 'est
- 7:37en réaction à ce qui se passe aux États -Unis.
- 7:40Elle n 'a pas augmenté de beaucoup. Là, on n
- 7:41'est pas passé de... Ça n 'a pas changé de 20
- 7:43%, mais elle a augmenté. Puis c 'est un changement
- 7:45réel. Mais en même temps, il est fort probable
- 7:47que dans deux ans, trois ans, ça a l 'air descendu
- 7:50à des niveaux qui sont plus semblables à ce qui
- 7:52se passait dans le passé. Puis dans les derniers
- 7:54mots, on a entendu, de là peut -être un peu moins
- 7:55depuis le dernier sondage, mais on entendait
- 7:58qu 'il y avait un relais d 'intérêt pour la souveraineté
- 8:01du Québec. Est -ce que c 'est ce que vous, vous
- 8:02avez vu dans vos chiffres? Non, il y a plusieurs
- 8:06choses ici à dire. Bon, premièrement, tu sais,
- 8:07moi, le travail qu 'on est en train de le faire,
- 8:08je le fais souvent au Canada anglais, je donne
- 8:10des entrevues comme ça, puis je fais des présentations
- 8:12au Canada anglais, puis c 'est la première chose
- 8:13que j 'explique au Canada anglais, qui je pense
- 8:16est assez bien compris au Québec, mais ça mérite
- 8:18d 'être rappelé assez régulièrement, c 'est que
- 8:20les intentions de vote pour le PQ n 'est pas
- 8:22égales à l 'appui à la souveraineté. C 'est deux
- 8:25choses différentes. Il y a un lien, c 'est pas
- 8:27complètement séparé, mais ce n 'est pas la même
- 8:29chose. Le regain envers la souveraineté, nous,
- 8:32on ne le voit pas dans nos données. Encore une
- 8:34fois, la question qu 'on pose, dont j 'ai parlé
- 8:36tout à l 'heure, ça n 'a pas changé. Je pense
- 8:40que maintenant, il y a eu un moment cet été,
- 8:44on en a parlé beaucoup entre autres chez les
- 8:46jeunes, puis je pense qu 'avec le temps... Ce
- 8:48qui s 'est avéré, c 'est que les sondages de
- 8:50l 'été étaient un peu une exception. On a fait
- 8:53grand cas de ces sondages -là, je pense que c
- 8:55'était deux ou trois, à interviewer des gens.
- 8:58Je me souviens d 'un article dans la presse où
- 8:59on demandait à Guillaume Rousseau, entre autres,
- 9:01d 'essayer d 'expliquer l 'évolution chez les
- 9:03jeunes sur la base d 'un sondage. Et là, Guillaume
- 9:06Rousseau, bien entendu, parlait de ça doit être
- 9:07les questions d 'identitaires, les jeunes s 'identifiaient
- 9:09à ça soudainement. Là, attendez une minute, on
- 9:11est en train d 'essayer d 'expliquer les résultats
- 9:13à un seul sondage avec un échantillon de, je
- 9:16sais pas, 1000 personnes. Est -ce qu 'on peut
- 9:17entendre en avoir 5 ou 6 qui nous montrent la
- 9:20même tendance? Puis là, on essaiera de sociologiquement
- 9:23expliquer ce qui est en train de se passer. Finalement,
- 9:25je pense qu 'on s 'est rendu compte que c 'était
- 9:27un petit blip dans le sondage. Les sondages sont
- 9:29bons 19 fois sur 20, c 'était peut -être l 'autre
- 9:31fois. Alors que... finalement, ça me semble assez
- 9:34stable. Bon, Claire Durand a fait beaucoup de
- 9:36travail là -dessus. Ça me semble assez stable
- 9:40autour de 30 %, je dirais. OK, c 'est ça. Fait
- 9:42que, encore là, la même base. Puis c 'est toujours
- 9:45ça. Je me souviens qu 'il y avait eu une chanson
- 9:46TikTok, je pense, qui avait été virale chez les
- 9:49jeunes. Là, soudainement, tu sais, il y a eu
- 9:51un engouement chez les jeunes. Je dis pas qu
- 9:52'il y en a pas. Puis, tu sais, pour vrai, les
- 9:54jeunes, puis encore une fois, tu sais, je m 'adresse
- 9:56à la fois aux sourainistes et aux fédéralistes.
- 9:58c 'est pas parce qu 'ils sont pas souverainistes
- 9:59les jeunes qui sont fédéralistes. Moi, ce que
- 10:01je vois dans ce que j 'ai, dans mes données,
- 10:03sur toutes les questions, puis c 'est vrai sur
- 10:05plusieurs trucs, les jeunes 18 -25 ans, là, la
- 10:08plupart, sur ces questions -là, souvent, ils
- 10:09le savent pas encore. Ils sont pas un bar, ils
- 10:11sont pas sur l 'autre, ils le savent pas encore,
- 10:13ils sont encore en train de se former sociologiquement
- 10:16sur ces questions -là. Je le vois, moi, j 'accède
- 10:18à mes chiffres pour le podcast, puis beaucoup
- 10:20du contenu, surtout quand c 'est très fédéraliste,
- 10:23souverainiste, c 'est très 35 +, 45 +, même...
- 10:27plus 65 aussi, ça score beaucoup parce que je
- 10:30pense que c 'est des questions... Tu sais, comme
- 10:32moi, durant le référendum de 95, j 'avais 6 ans.
- 10:36Fait que j 'ai compris un peu ce qui se passait
- 10:39parce que je demandais à ma mère c 'est quoi
- 10:40qui se passe, puis elle m 'expliquait ça en mots
- 10:42qu 'un enfant de 6 ans peut comprendre. Mais
- 10:45quelqu 'un qui a 50 ans aujourd 'hui, tu sais,
- 10:48qui a voté au référendum de 95, c 'est probablement
- 10:51que ces questions -là aujourd 'hui sont plus
- 10:54marquées dans son... Ah, il y a des automatistes,
- 10:56tu sais, il y a des... des réflexions que cette
- 10:58personne -là a déjà eu, que les jeunes ont jamais
- 11:00eu à avoir. C 'est vraiment intéressant. Le fédéralisme
- 11:07souverainiste, ça reste assez stable. L 'appartenance
- 11:09au Canada, ça reste assez stable. Ce que j 'aimerais
- 11:11savoir aussi, c 'est que les autres provinces,
- 11:13l 'appartenance au Canada... Est -ce que c 'est
- 11:16assez stable aussi, puis ça ressemble à quoi,
- 11:18les gens qui vous font grader? Bien, c 'est ça.
- 11:19Comme je disais, puis on pose aussi des questions
- 11:21envers l 'attachement. Tu sais, tu peux t 'identifier
- 11:23comme Québécois premier, mais être attaché au
- 11:24Canada, on pose des questions sur l 'attachement
- 11:26aussi. Puis on voit, quand on regarde toutes
- 11:28les provinces, là, sur ces questions -là, c 'est
- 11:31sûr que le Québec est différent. C 'est sûr que
- 11:33s 'identifier comme Québécois, être attaché à
- 11:35sa province en premier... par rapport à l 'attachement
- 11:38au Canada, c 'est sûr que les Québécois sont
- 11:41différents, que le Québec est différent. Il y
- 11:43a un beaucoup plus grand attachement à la province
- 11:45qu 'au pays. Et c 'est vrai dans deux autres
- 11:48endroits au pays. C 'est vrai à Terre -Neuve.
- 11:51Non, même pas. Même pas, c 'est ça, puis ça,
- 11:54c 'est surprenant. Bien, il y a des choses qui
- 11:55sont vraies en Alberta, qui ressemblent au Québec
- 11:56aussi, mais pas là -dessus. C 'est vrai à Terre
- 11:58-Neuve, puis c 'est vrai dans le Nord, quand
- 12:00on demande aux gens dans les territoires, où
- 12:02il y a un attachement plus grand chez les Terre
- 12:04-Neuviens envers Terre -Neuve qu 'envers le Canada,
- 12:06moins marqué qu 'au Québec. La différence est
- 12:08moins grande qu 'au Québec, mais c 'est le cas.
- 12:09partout ailleurs, l 'attachement est plus grand
- 12:11envers le Canada qu 'envers la province. Ça veut
- 12:13pas dire qu 'ils sont pas attachés à leur province.
- 12:14Je dis pas qu 'on passe de 70 à 20, là. C 'est
- 12:17juste que l 'attachement très attaché au pays
- 12:18est plus grand que dans les provinces. Puis c
- 12:21'est pas mal similaire dans ce qui a trait à
- 12:23l 'identification. Encore une fois, l 'Ontario
- 12:25est un peu à part parce que la façon de percevoir
- 12:27ça en Ontario est très, très, très différente.
- 12:29Puis j 'imagine que, parce que vous posez aussi
- 12:31des questions sur un désir de décentralisation,
- 12:34de centralisation, est -ce que Ottawa devrait
- 12:36prendre plus de place ou moins de place? J 'imagine
- 12:39que l 'appartenance canadienne, ceux qui se considèrent
- 12:42d 'abord et avant tout canadiens, ces gens -là
- 12:45ont tendance à vouloir un gouvernement plus centralisateur
- 12:47ou pas? Pas nécessairement. Pas nécessairement.
- 12:50C 'est sûr que le désir de décentralisation au
- 12:53sein de la population, là, il se vit dans d 'autres
- 12:54provinces. Là, c 'est différent. C 'est au Québec,
- 12:56ça, c 'est clair. Puis, bien, dans celle qu 'on
- 12:59a nommée en Alberta. en Saskatchewan, ce désir
- 13:01-là est très fort. Quand on demande, est -ce
- 13:02que vous pensez que la province devrait s 'occuper
- 13:04de plus de choses dont le fédéral s 'occupe présentement,
- 13:07c 'est clair, en Alberta, en Saskatchewan, au
- 13:10Québec, c 'est les trois provinces où c 'est
- 13:12plus fort. Quoi que faut dire qu 'à Québec, quand
- 13:15on... Le pourcentage de gens qui disent que le
- 13:17Québec devrait s 'occuper de plus de choses dont
- 13:19le fédéral s 'occupe présentement est plus bas
- 13:21qu 'en Alberta et en Saskatchewan, mais il faut
- 13:23dire que c 'est parce que le Québec n 'est pas
- 13:24au même endroit non plus. C 'est -à -dire qu
- 13:26'au Québec, le Québec s 'occupe déjà de plus
- 13:28de choses que dans les autres provinces. Donc,
- 13:30si c 'est commandement B encore plus, alors qu
- 13:33'on part pas du... On pourrait prendre le mot...
- 13:34C 'est pas la même ligne de départ. Exactement.
- 13:37C 'est intéressant de dire, par exemple, que...
- 13:39Moi, ce qui m 'intéresse le plus dans ces questions
- 13:42de décentralisation -là présentement, entre autres,
- 13:44c 'est la différence entre l 'opinion publique
- 13:46et ce qui se passe au niveau des élites puis
- 13:48des premiers ministres, par exemple. Clairement,
- 13:51il y a un mouvement entre, et on l 'a vu dernièrement
- 13:53avec deux trucs, Saskatchewan, Alberta... Québec,
- 13:56Ontario sur la nomination des juges. Une lettre
- 13:58conjointe des premiers ministres pour demander
- 14:00formellement plus d 'une voix au chapitre dans
- 14:03la nomination des juges. À la Cour suprême sur
- 14:05la loi 21, l 'utilisation de la clause dérogatoire.
- 14:08Les quatre provinces sont un peu du même côté
- 14:10de cette question -là. Ce qui est intéressant
- 14:12là -dedans, c 'est que ça, on le voit dans l
- 14:14'opinion publique de trois de ces quatre provinces
- 14:16-là. En Ontario... Il n 'y a pas ça dans l 'opinion
- 14:18publique. Ça, c 'est vraiment le côté conservateur
- 14:21du premier ministre Doug Ford de faire alliance
- 14:25avec les trois autres provinces parce qu 'au
- 14:26niveau de la population, pour me répéter, en
- 14:29Ontario, il n 'y a pas un désir de décentralisation.
- 14:31S 'il y a de quoi, c 'est vraiment la province
- 14:33où on va dire, bien, surtout du côté, disons,
- 14:36de la gauche en Ontario, beaucoup plus propice
- 14:39de dire Ottawa devrait s 'occuper de tout, tout,
- 14:41tout, tout, tu sais? Fait que si on résume ce
- 14:44que vous venez de dire... Québec, Alberta, Saskatchewan,
- 14:49il y a une volonté tant au niveau de la classe
- 14:51politique que de la population d 'avoir une décentralisation
- 14:53des pouvoirs d 'Ottawa. Ontario, la classe politique
- 14:57en parle, en tout cas partout le pouvoir en veut.
- 15:00Mais la population n 'a pas vraiment d 'intérêt.
- 15:02Mais ça ne vient pas d 'une demande, définitivement
- 15:04pas. D 'ailleurs, on a reçu, je pense que vous
- 15:06le connaissez, Olivier Jarre qui parlait justement
- 15:08de comment est -ce qu 'on règle les équipes fiscales,
- 15:11puis l 'approche plus sociale -démocrate qui
- 15:12est comme tant qu 'à avoir de l 'argent à Ottawa,
- 15:15utilisons -le pour redistribuer la richesse.
- 15:17Je pense qu 'il y a peut -être plus cette approche
- 15:18-là aussi de dire, gardons l 'argent à Ottawa,
- 15:20redistribuons la richesse, assurons -nous d 'avoir
- 15:22des programmes sociaux plus solides partout plutôt
- 15:24que laissez -le aux provinces. Oui, oui, exactement.
- 15:26Fait que très intéressant, puis j 'imagine aussi
- 15:28ça doit... Est -ce que la classe politique, je
- 15:31ne sais pas si vous avez regardé ça, est -ce
- 15:32que la classe politique a un impact, ça doit
- 15:34avoir un certain impact sur l 'opinion publique?
- 15:37Tu sais, comme exemple, là, on a un gouvernement
- 15:38en Alberta, par exemple, qui est très, très confrontant
- 15:41avec Ottawa. J 'imagine que ça a un impact sur
- 15:43la population. Ben, tu sais, les deux se nourrissent.
- 15:45Il y a un truc qui, moi, à la fois m 'inquiète
- 15:50et me dérange, c 'est... Et puis je trouve que
- 15:53là, c 'est vraiment la classe politique qui nourrit
- 15:56l 'opinion publique en Alberta et en Saskatchewan,
- 15:58mais surtout en Alberta. C 'est que souvent,
- 16:04les demandes de la première ministre Smith viennent
- 16:07avec une mention du Québec. viennent toujours
- 16:10avec, mais pas de s 'ils sont capables, on devrait
- 16:14nous autres aussi pouvoir être capables, prenons
- 16:15notre futur en main. Il y a toujours une espèce,
- 16:18il y a toujours la péréquation qui vient jouer
- 16:20un rôle là -dedans. Il y a toujours cette espèce
- 16:22de sous -entendu que le Québec est bénéficie
- 16:26des largesses d 'Ottawa alors que nous, on est
- 16:28ignoré. Puis ça, on le ressent dans la population.
- 16:30Quand on demande dans nos sondages s 'il y a
- 16:32une province qui ne contribue pas sa juste part,
- 16:34les Albertains vont dire, ah oui, il y en a une,
- 16:36puis c 'est le Québec. C 'est ça, ça peut être
- 16:38insidieux aussi. Et donc, on sent cette espèce
- 16:42de ressentiment envers la façon dont la fédération
- 16:45fonctionne, puis pas juste de la façon dont Ottawa
- 16:48gère les choses, mais ce que le Québec reçoit.
- 16:50Puis ça, ça vient pas de la base. Ça vient vraiment
- 16:53de la façon dont, à la tête de la province, on
- 16:57présente les enjeux. Le Québec bénéficie et profite
- 17:01de la péréquation, profite de l 'argent des Albertains.
- 17:03C 'est souvent dans ces termes -là, dont la première
- 17:05ministre Smith. parle de ces enjeux -là, alors
- 17:07qu 'elle n 'a pas besoin de le faire. Tu sais,
- 17:09elle pourrait tout simplement dire, regardez
- 17:11ce que le Québec fait, puis regardons ça comme
- 17:12un exemple positif d 'autonomie. C 'est ce qu
- 17:15'on pourrait aller chercher de plus, c 'est ça,
- 17:16exactement, plutôt qu 'instrumentaliser le Québec.
- 17:18Tout à fait, tout à fait. Puis ça, comme je dis,
- 17:21quand tu disais, est -ce que ça a un impact,
- 17:23ce que l 'élite fait sur l 'opinion publique,
- 17:27là -dessus, je pense que c 'est clairement ça
- 17:28qui s 'est passé. Est -ce qu 'il y a beaucoup
- 17:29de provinces qui ont quand même un taux élevé
- 17:31de ressentiment envers le Québec? On le voit
- 17:33surtout encore une fois à Saskatchewan, Alberta,
- 17:36un petit peu Terre -Neuve. Nous, on pose plusieurs
- 17:38questions dans le sondage qui ont attrait à la
- 17:43place, la façon dont les gens perçoivent le rôle
- 17:45de leur province dans la fédération. Est -ce
- 17:47que votre province a assez d 'influence? Est
- 17:49-ce qu 'elle reçoit le niveau de financement
- 17:51du fédéral? qu 'elle devrait, est -ce qu 'elle
- 17:54contribue plus ou moins qu 'à sa juste part,
- 17:56est -ce que les autres provinces contribuent
- 17:57plus sous l 'heure. Puis là, on met tout ça ensemble.
- 18:00Puis aussi, est -ce que votre province a une
- 18:01culture distincte qui est mal comprise dans le
- 18:03reste du pays? Puis on met tout ça ensemble,
- 18:05puis on forme ce qu 'on appelait un indice de
- 18:07ressentiment. Puis on voit que dans le temps,
- 18:09cet indice -là est assez stable, encore une fois,
- 18:11comme je le disais tout à l 'heure. Très élevé
- 18:14dans les prairies, à Terre -Neuve -le -Québec.
- 18:17se retrouve à peu près en mi -ploton, là, avec
- 18:19le Manitoba, la Colombie -Britannique, pas des
- 18:21provinces qu 'on associe vraiment à un mouvement
- 18:23autonomiste, mais c 'est vraiment l 'Alberta
- 18:25-Saskatchewan, un peu Terre -Neuve. Terre -Neuve
- 18:27pour des raisons culturelles. La question que
- 18:28je disais, tu sais, ma province a une culture
- 18:30qui est mal comprise. Dans le reste du pays,
- 18:32ça, à Terre -Neuve, c 'est très fort. Donc, c
- 18:33'est... Donc voilà. Et encore une fois, comme
- 18:37je le disais, c 'est ça, la question de ma province
- 18:39contribue plus que sa juste part, très fort en
- 18:42Alberta -Saskatchewan et... le Québec ne contribue
- 18:45pas sa juste part. Même, on posait la question,
- 18:48si le Québec avait à séparer, est -ce que ça
- 18:50vous dérangerait? Puis on voit, on a comparé
- 18:52avec des données de 2003 sur la même question
- 18:54qui venait d 'un autre projet, on voit qu 'entre
- 18:572003 puis l 'an dernier, quand on a posé cette
- 18:59question -là, la proportion de gens qui disent
- 19:01« ça me dérangerait pas », en Alberta puis en
- 19:04Saskatchewan, elle a beaucoup augmenté. dans
- 19:06les autres provinces? Dans les autres provinces,
- 19:07c 'est assez stable, mais dans ces deux provinces
- 19:09-là, puis tu sais, je veux dire, c 'est une minorité
- 19:10qui dit que ça ne me dérangerait vraiment pas,
- 19:12mais on voit qu 'en Alberta, en Saskatchewan,
- 19:13ça a beaucoup augmenté. Donc, c 'est un peu ce
- 19:16discours -là de l 'élite qui transparaît, qui
- 19:20percolle jusqu 'à l 'opinion publique. Oui, parce
- 19:22que je pense que, surtout en Alberta, je suis
- 19:24quand même un peu moins dans Saskatchewan, mais
- 19:25je pense qu 'une... C 'est du populisme. Ils
- 19:29ont essayé de trouver des coupables pour tous
- 19:31les problèmes de la terre. C 'est une place qui
- 19:33avait... Je ne sais pas s 'ils en ont une maintenant,
- 19:35mais jusqu 'à tout récemment, en tout cas, il
- 19:36n 'y avait pas de taxes de vente. Fait qu 'ils
- 19:39ont un régime fiscal très, très avantageux. Puis
- 19:41là, on a un déficit, ça n 'a pas d 'allure. C
- 19:42'est de la faute de qui? C 'est de la faute du
- 19:43Québec parce que X milliards de dollars s 'envoient
- 19:46là -bas. Oui, puis aussi, dans toutes les publications...
- 19:49Là, j 'exagère. Je n 'ai pas fait un recensement
- 19:53complet, mais... Vous remarquerez que quand l
- 19:55'Alberta, la Saskatchewan parle, surtout l 'Alberta
- 19:56parle de péréquation, ils vont toujours dire,
- 19:58ils vont pas donner le nombre, le montant per
- 20:00capita que le Québec reçoit. C 'est toujours
- 20:03le montant total. Je pense que par capita, on
- 20:05est celui, ceux qui reçoivent le moins. Le moins,
- 20:07exactement. Bien, oui, bien entendu, mais c 'est
- 20:09sûr. J 'ai mis Renfaillite, c 'est ça. Exact.
- 20:11Et je pense justement que c 'est Olivier Jean
- 20:12qui disait ça, il disait si l 'Ontario en avait,
- 20:14on serait tous dans le trouble. Mais ah, c 'est
- 20:16très, très intéressant. Là, est -ce que vous
- 20:21sondez pour le français, parce que ça, je sais
- 20:23que c 'est une chose qui revient souvent aussi,
- 20:25c 'est le français manassé au Québec, est -ce
- 20:27que vous sondez la perception de la manasse français
- 20:30hors Québec aussi? Oui, on l 'a fait juste une
- 20:32fois, ça. On l 'a pas fait en suivi. Bon, c 'est
- 20:36clair que... C 'était pas comme au Québec où
- 20:40ça se tient. C 'est au -dessus de 70 %. Je pense
- 20:42que le français est menacé. Je pense que le français
- 20:44est menacé. C 'était assez stable. Ça a augmenté
- 20:47puis ça s 'est stabilisé au -dessus de 70 %,
- 20:49ce qui est plus que... Quand on me posait la
- 20:51question, encore une fois, des fois, parce qu
- 20:53'on fait ça en partenariat avec Univer1X, eux,
- 20:54ils ont des données, des fois, qui remontent
- 20:56très, très loin. Quand on posait cette question
- 20:57-là, dans les années 90, on était même juste
- 21:00un petit peu au -dessus de 55, je pense, si je
- 21:01me souviens bien. On atteint des niveaux qui
- 21:04n 'étaient pas atteints avant. Aujourd 'hui,
- 21:05il y a une perception que le français est quand
- 21:08même... Oui, oui, tout à fait. Et ça, c 'est
- 21:11important de le mentionner parce que... dans
- 21:13les politiques publiques, je pense que ça ressort
- 21:16fortement. Donc, c 'est sûr que dans le reste
- 21:19du pays, c 'était pas ça. Je me souviens plus
- 21:21des pourcentages exacts, mais c 'était moins
- 21:22que la majorité. OK. Pour la perception que le
- 21:26français... Que le français était menacé au Québec.
- 21:27Puis même parmi les... OK, au Québec, est -ce
- 21:29qu 'on regarde... Non, mais je pense que les
- 21:31gens ne le savent pas, pour être honnête. Je
- 21:33pense que si on posait cette question -là aux
- 21:35Canadiens anglais dans le reste du pays, il ne
- 21:37serait pas... Puis même au Québec, quand on leur
- 21:38pose ça, ils ont pas... Tu sais, c 'était juste
- 21:40pour avoir une espèce d 'élément comparatif.
- 21:42comparatif, si on veut, mais je pense que les
- 21:44gens n 'ont pas... Puis le problème qu 'on a
- 21:47avec les minorités hors Québec, c 'est que quand
- 21:49on pose cette question -là dans les sondages,
- 21:51c 'est un problème d 'échantillon. On en a, mais
- 21:53il n 'y en a pas assez pour faire des conclusions.
- 21:55Oui, puis j 'imagine que les communautés francophones
- 21:57au Manitoba doivent se sentir menacées. Ah, bien
- 21:59c 'est sûr, puis je veux dire, je pense qu 'il
- 22:02y a place à débat sur est -ce que la langue française
- 22:04est menacée au Québec? Bon, c 'est des perceptions,
- 22:07puis on peut débattre si cette perception est
- 22:09juste ou pas, mais je pense qu 'il n 'y a pas
- 22:11de place à débattre sur... Est -ce que le français
- 22:14est menacé dans le reste du Canada? Je pense
- 22:16que là, il n 'y a pas de débattre. Tout à fait,
- 22:17il est toujours menacé. C 'est intéressant que
- 22:19ça augmente, parce que moi, ce que j 'ai constaté,
- 22:23ou en tout cas sur ma perception, dans les dernières
- 22:25années, c 'est que ça a été beaucoup instrumentalisé.
- 22:29Quand on ne sait pas trop, on sait enfin nous
- 22:31voir sur quoi. Puis là, on a reçu Éric Poirier,
- 22:35l 'épisode devrait passer un petit peu avant
- 22:37le tien. Mais essentiellement, tu sais, bon,
- 22:39il m 'a parlé des indicateurs et tout ça qu 'on
- 22:41pouvait analyser là -dessus. Mais je pense qu
- 22:44'au -delà de l 'analyse plus technique de ça,
- 22:48la classe politique en a profité pour faire le
- 22:51plein de peur un peu. Oui, puis tu sais, il y
- 22:53a la poule et l 'œuf là -dedans, mais je pense
- 22:55que... cette pourcentage -là de la population
- 22:59qui pense que le français est menacé peut -être
- 23:03augmente parce qu 'on légifère puis on parle
- 23:06de ça, mais je pense qu 'on légifère puis on
- 23:09est capable d 'en parler puis de mousser ça parce
- 23:11que les gens, il y a comme quelque chose que
- 23:13les gens ressentent vraiment dans la vie de tous
- 23:14les jours, parce que sinon, je pense qu 'on n
- 23:17'en serait pas là. Je pense que c 'est un peu
- 23:19le propre d 'un politien habile, c 'est qu 'ils
- 23:20sont capables, comme en ce moment, c 'est le
- 23:22coup de la vie. Peu importe c 'est quoi les solutions,
- 23:25on dit que ça va régler. le coût de la vie. Puis
- 23:28ça, juste pour te prendre au bon là -dessus sur
- 23:30le coût de la vie, ça, c 'est intéressant quand
- 23:31je disais, je fais ça des fois au Canada anglais,
- 23:35puis au Canada anglais, c 'est souvent ce que
- 23:36je vais essayer de montrer, essayer de leur faire
- 23:39comprendre que le Québec est très différent sur
- 23:41certains trucs et moins sur d 'autres. Entre
- 23:44autres, là -dessus, on demande, on a une question
- 23:45ouverte dans le sondage qui demande c 'est quoi
- 23:47l 'enjeu le plus important pour vous aujourd
- 23:49'hui? Puis t'sais, le Québec, là, est pas différent
- 23:51des autres provinces. Là, ils vont dire le coup
- 23:53de la vie, ils vont dire Trump. T'sais, il y
- 23:55a personne. Puis là, les Canadiens anglais, ils
- 23:56sont quand même étonnés. Ils vont dire, ah, c
- 23:58'est pas l 'immigration. Ben non, je veux dire,
- 24:00c 'est pas l 'immigration, l 'enjeu numéro un
- 24:01au Québec. C 'est la même chose. C 'est le coup
- 24:03de la vie. Exact. Puis c 'est Trump. T'sais,
- 24:05c 'est la même chose. Il n 'y a pas de différence,
- 24:07là. C 'est ça. Le logement, t'sais, c 'est ça.
- 24:09Pour revenir, je vais te mettre là -dessus. C
- 24:11'est quoi les... Fait que c 'est quoi? C 'est
- 24:13le coup de la vie, Trump, logement... C 'est
- 24:16exactement ça. Dans toutes les provinces, c 'est
- 24:18les top trois à part certaines provinces plus
- 24:20vieillissantes, il va y avoir la santé. Quand
- 24:22on va dans l 'Atlantique, entre autres, santé
- 24:25va peut -être être égale au niveau 3. Puis nous,
- 24:27cette question -là, c 'est une question ouverte.
- 24:28Les gens peuvent écrire ce qu 'ils veulent, puis
- 24:30après ça, on recense ça dans des grandes catégories.
- 24:34Mais essentiellement, c 'est ces trois affaires
- 24:36-là à grandeur du pays. Ah, OK. C 'est intéressant.
- 24:39Puis là, on a parlé du français, mais aussi on
- 24:40peut parler de laïcité, parce qu 'une des choses
- 24:44qui a été mise beaucoup de l 'avant par le gouvernement...
- 24:47caciste, c 'est -à -dire la loi 21 a l 'appui
- 24:52universel des Québécois pratiquement. C 'est
- 24:55une loi que tous les Québécois veulent, puis
- 24:58ils veulent la laïcité, donc ils veulent la loi
- 25:0021. Vous autres, vous avez évalué l 'appui populaire?
- 25:04En fait, c 'est une question très difficile d
- 25:07'un point de vue de sondage. Puis s 'il y a un
- 25:10truc là -dessus qui, moi, me dérange, c 'est
- 25:15que... Je trouve qu 'on n 'a pas assez de données.
- 25:19Je trouve que là -dessus, on n 'a pas assez de
- 25:21données pour différentes raisons. La première
- 25:23étant que c 'est pas facile. à mesurer de la
- 25:27bonne façon. L 'instrument de mesure sur l 'appui
- 25:31à la loi 21 ou à la laïcité est difficile à concevoir
- 25:34d 'un point de vue de sondage. Nous, on a fait
- 25:37ce travail -là pas avec Confederation of Tomorrow,
- 25:39mais moi, entre autres, personnellement, ma formation
- 25:42de politologue est en méthode quantitative sur
- 25:44les questions d 'immigration. J 'ai beaucoup
- 25:46travaillé sur ces questions -là avant le poste
- 25:49que j 'occupe présentement. Donc, j 'avais commencé
- 25:51à construire avec d 'autres. une façon de mesurer
- 25:54ça. Et on a des données qui remontent jusqu 'à
- 25:562022, mais ça commence à dater 2022 avec un instrument
- 25:59particulier qui nous servait à mesurer ça. Et
- 26:03je trouve que depuis ce temps -là, et nous, dans
- 26:05le fond, essentiellement, ce qu 'on faisait,
- 26:06c 'est qu 'on montrait un symbole, un dessin.
- 26:09de la façon la plus neutre possible, c 'est -à
- 26:11-dire que c 'est pas une photo de quelqu 'un,
- 26:12c 'est vraiment un dessin de différents symboles
- 26:15religieux. Puis on disait, ben, voici un symbole.
- 26:17On le nomme pas parce que, tu sais, on pose une
- 26:18question, puis on dit, êtes -vous pour ou contre
- 26:19les jabs? Est -ce que tout le monde sait ce que
- 26:21c 'est un jab? Qu 'est -ce que les gens ont en
- 26:23tête quand tu leur... C 'est -tu l 'intégral
- 26:24ou c 'est... Exactement. C 'est ça. Déjà là,
- 26:26on a un problème. Donc nous, on disait, on va
- 26:27pas utiliser aucun mot. On va juste montrer une
- 26:30image. Voici l 'image. Dans quel scénario est
- 26:33-ce que vous pensez que ce symbole -là devrait
- 26:34être interdit? Puis là, il y avait différents
- 26:36scénarios. Bouchard -Taylor, les gens en position
- 26:38de... On disait pas Bouchard -Taylor, on disait
- 26:41juge, policier, gardien de prison. Enseignants
- 26:45d 'école publique, élèves dans une école publique,
- 26:48dans la rue, vraiment, on poussait ça au maximum.
- 26:52Et là, les gens devaient sélectionner pour chacun
- 26:54des symboles qu 'on montrait. Puis à partir de
- 26:56ça, ce qu 'on montrait... Encore une fois, on
- 26:59remonte en 2022. C 'est qu 'il y avait... Bon,
- 27:02encore une fois, c 'est quoi un consensus? Bon,
- 27:04on peut se questionner là -dessus. C 'est clair
- 27:07que sur le principe de la laïcité, je pense,
- 27:09il y a un consensus au Québec. Là où moi, j 'ai
- 27:12un problème, c 'est quand le gouvernement actuel
- 27:13ou les gens qui défendent la loi 21 disent...
- 27:15Et donc, par conséquent, l 'application de la
- 27:18laïcité... la façon dont on a eu de concevoir
- 27:23la laïcité, c 'est la loi 21, et donc il y a
- 27:24un consensus sur la loi 21 aussi. Là, je dis,
- 27:27bien moi, je ne sais pas, je ne vois pas le consensus.
- 27:28C 'est -à -dire que les données qu 'on a montrent
- 27:30que pour Bouchard -Taylor, on est à 70 % d 'appui,
- 27:34puis quand on ajoute les professeurs... les enseignantes
- 27:39et les enseignantes des écoles publiques, bien
- 27:41là, on est plus autour de 50 -52. Est -ce que
- 27:44tu as un consensus, 50 -52? Moi, je dirais que
- 27:46non. On peut en débattre. Puis là, quand on l
- 27:48'étend... Une personne sur deux qui n 'est pas
- 27:49d 'accord, là, c 'est ça. Bien, en tout cas,
- 27:51autour de, tu sais... Encore une fois, je dis,
- 27:55moi, c 'est des données que j 'ai de 2022, ça
- 27:57a peut -être changé, et c 'est là le problème,
- 27:58on le sait pas. Et là, la CAQ et les gens qui
- 28:03appuient la loi 21 dans ce qu 'elle est, puis
- 28:05la nouvelle loi, là, j 'oublie toujours le numéro,
- 28:07mais détendre ça aux éducatrices en CPI, bon,
- 28:11ils disent, il y a un consensus, il y a un consensus.
- 28:13C 'est comme si, à force de répéter qu 'il y
- 28:14a un consensus, il y en a un, mais non, puis
- 28:16je trouve qu 'il nous manque de données, tu sais,
- 28:18il nous manque de données sûres, de bonnes données,
- 28:23à savoir... C 'est quoi l 'état des lieux de
- 28:25l 'opinion publique sur cette question -là? Ce
- 28:26qui m 'apparaît, je dis pas que ça devrait décider
- 28:28de tout. Je dis pas que c 'est ça qui devrait
- 28:30déterminer est -ce qu 'on a la loi 21 ou pas.
- 28:32Je dis juste que c 'est un élément de réponse,
- 28:34un élément d 'information qu 'on devrait avoir
- 28:36et je trouve que celui -là, on l 'a pas. On est
- 28:39supposé... Si on renouvelle la clause d 'irrigatoire
- 28:42sur la loi 21 à chaque cinq ans, on est supposé,
- 28:44je sais pas moi, avoir un nouveau débat de société
- 28:45sur la loi. Donc on peut pas juste dire, bien,
- 28:48il y a un consensus, on va le renouveler. Je
- 28:50pense qu 'il faut avoir... Puis ça, je trouve
- 28:52que ça nous manque. Peut -être que moi, je suis
- 28:54ablamé moi -même là -dedans parce que j 'ai pas
- 28:56de nouvelles données, mais ça coûte de l 'argent.
- 28:58Alors j 'en appelle à tous les sondeurs du Québec
- 28:59de réfléchir à comment bien mesurer ça. Encore
- 29:02une fois, donnez cette information -là au reste.
- 29:04Parce que, tu sais, les gens dans la vie de tous
- 29:06les jours, ils entendent ça, il y a un consensus,
- 29:07il y a un consensus, ils disent bon, bien, il
- 29:09doit avoir... un consensus. Je pense que Bouchard
- 29:12-Telleux avait fait une bonne job, il avait vraiment
- 29:14été partout. Je pense qu 'il avait dégagé ce
- 29:17qui semble être le cas. Ça a peut -être évolué.
- 29:20Je ne dis pas qu 'on a besoin de faire un Bouchard
- 29:21-Telleux à tous les étudiants, mais ils avaient
- 29:23fait un travail remarquable. Je pense que 70
- 29:28%... de façon anecdotique, je pense que ça a
- 29:32l 'air bien, tu sais, juge, gardien de prison,
- 29:36policier, déposition en autorité. C 'était ce
- 29:38qui dégageait de ça. Ce que je pense que marquait
- 29:40avec le 21, c 'est qu 'on a décidé d 'aller une
- 29:42étape plus loin puis de mettre ça dans les écoles
- 29:45aussi. Il y avait des impacts. Je n 'en peux
- 29:48pas dominer renseignants, par exemple, à cause
- 29:50de ça. Moi, un peu particulier. Puis tu parlais
- 29:52de ton expertise en matière d 'immigration. J
- 29:55'aimerais ça qu 'on en parle un peu justement
- 29:57parce que... c 'est relier une nom à la loi 21,
- 30:00là. Mais la perception de l 'immigration au Québec,
- 30:05ça ressemble à quoi? Ben, tu sais, ça, encore
- 30:07une fois, tu sais, il y a des limites à ce que
- 30:09les questions de sondage font. Ça, c 'est...
- 30:12Par contre, je vais dire, ça, c 'est ma question
- 30:14préférée quand je présente ça dans le Canada
- 30:17anglais, parce qu 'encore une fois, tu sais,
- 30:18quand on est souvent au Canada anglais, on essaie
- 30:20de faire un peu la part des choses puis de dire...
- 30:25D 'essayer de présenter, il y a beaucoup, surtout
- 30:27dans les milieux plus, disons, de gauche au Canada
- 30:29anglais, la loi 21, c 'est un loi raciste, c
- 30:32'est un loi islamophobe, non, tu sais, je l 'ai
- 30:35dit, là, il y a des limites à ce que faire dire
- 30:37à la loi 21, ce qu 'elle ne dit pas, mais ça
- 30:39ne veut pas dire que si t 'es contre la loi,
- 30:40t 'es pour la loi 21, t 'es islamophobe ou, bon,
- 30:43des débats. Et donc, il y a une question, puis
- 30:45là, encore une fois, c 'est les collègues d 'EnvironX
- 30:47qui nous permettent de faire ça, il y a une question
- 30:49qu 'EnvironX... depuis les années, il me semble
- 30:52que c 'est début des années 80. Ça fait très,
- 30:54très, très longtemps. C 'est une question qui
- 30:55dit, c 'est oui ou non. Est -ce qu 'il y a trop
- 30:58d 'immigrants au Canada? C 'est ça la question.
- 31:01Est -ce qu 'il y a -t -il trop d 'immigrants
- 31:02au Canada? Oui ou non. Et pendant toute la première
- 31:08décennie, même 15 ans de cette question -là,
- 31:10de début des années 80 jusqu 'à la mi... Là,
- 31:12j 'y vais de mémoire, jusqu 'à la mi -95, il
- 31:15y avait plus de gens qui disaient oui, il y a
- 31:16trop d 'immigrants, que non. En 1995, ça s 'est
- 31:20mis à... Les deux lignes se sont croisées. Ça,
- 31:24on parle Québec, ça. Là, je te parle... Canada.
- 31:27C 'était similaire au Québec. Les pourcentages
- 31:29n 'étaient pas exactement les mêmes, mais les
- 31:31tendances générales étaient exactement les mêmes.
- 31:35De 1995, peut -être un peu plus, 1998 -1999,
- 31:39jusqu 'à 2023. La proportion de gens qui disaient
- 31:42non, il n 'y a pas trop d 'immigrants... était
- 31:44plus grande que la proportion qui disent oui,
- 31:46il y en a trop. Et c 'était vrai au Québec aussi.
- 31:47C 'était pas différent. Encore une fois, la proportion
- 31:49était peut -être un petit peu plus basse au Québec,
- 31:52qui disait non, il n 'y en a pas trop, mais c
- 31:55'était quand même plus grand que ceux qui disent
- 31:57oui, il y en a trop. Et en 2023... Et ça, tu
- 32:02sais, je parlais tantôt des choses qui changent
- 32:04rarement, drastiquement. J 'ai rarement vu un
- 32:06changement aussi drastique que celui qui s 'est
- 32:08opéré en 2023 puis qui continue en 2024 puis
- 32:10qui se stabilise en 2025, où les lignes se recroisent
- 32:14à nouveau dans tout le Canada, y compris au Québec,
- 32:17où soudainement, les gens vont dire oui, il y
- 32:20a trop d 'immigrants. Mais ce qui est intéressant,
- 32:23c 'est que pendant ces deux ans, entre autres
- 32:252023 -2024, 2025, ça s 'est stabilisé, c 'est
- 32:29maintenant, c 'est au Québec. où la proportion
- 32:31qui disent oui en a trop est la plus petite que
- 32:36dans le reste du Canada. Et donc, je présente
- 32:38toutes les provinces et je dis, vous voyez, toutes
- 32:40les provinces sont plus anti -immigrants que
- 32:43le Québec. Sur cette question -là, c 'est juste
- 32:45une question. Et donc, c 'est toujours un peu
- 32:48frappant. Tout le monde fait, oh mon Dieu, tout
- 32:50le monde est, mais oui. Donc, sur cette question
- 32:52-là, je dois dire, il y a un truc qui me fait
- 32:55peut -être... tempérée, si on veut, c 'est que
- 32:59la question est il y a trop d 'immigrants au
- 33:01Canada. Bon, le Québec fait partie du Canada,
- 33:05là. Si on demandait il y a trop d 'immigrants
- 33:06au Québec, moi, je pense pas que ça bougerait,
- 33:08mais ça, c 'est une hypothèse, tu sais, c 'est
- 33:10une hypothèse si on posait cette question -là
- 33:11avec le Québec. Mais tout ça étant pour dire
- 33:13que les grands mouvements qu 'on voit à travers
- 33:16le pays sur cette question -là, le Québec suit
- 33:19le reste. Il n 'y a pas de différence entre le
- 33:21Québec. Puis s 'il y en a une, c 'est que présentement,
- 33:23le Québec est moins, encore une fois, c 'est
- 33:24juste une question. anti -immigration que le
- 33:27reste du pays. Oui, c 'est intéressant parce
- 33:29que je me rappelle la fameuse question du débat
- 33:32des chefs, je pense, il y a quatre ans, le «
- 33:35we all know Québec has a racism problem », quelque
- 33:38chose de l 'hypothèse, c 'était que le Québec
- 33:39avait un problème avec le racisme. Puis il y
- 33:41avait vraiment cette perception -là qu 'on était
- 33:43anti -migrants parce que dès... Donc il y a deux,
- 33:47trois ans, on est en Croix -Same, puis tout ça.
- 33:49Les Québécois s 'étaient mis à dire, bien, on
- 33:50a trop de réfugiés, il y a un problème, tout
- 33:52ça. Là, ils ont dit, OK, on va les répartir,
- 33:54les réfugiés. Là, toutes les provinces finalement,
- 33:56il n 'y a plus personne qui voulait... Oh, exactement.
- 33:56Tout le monde disait, oh, mais non, là, ça marche
- 33:58pas comme ça. Fait que là, oui, tout à fait.
- 34:00Puis la Nouvelle -Écosse, l 'Alberta, je me souviens,
- 34:02c 'était les deux premières à dire, oh, oh, oh,
- 34:04oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh,
- 34:04oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh,
- 34:04oh, oh, oh, oh, oh, oh, J 'ai dit ça en étant
- 34:16un peu pince sans rire aux collègues dans le
- 34:19reste du Canada. Bon, premièrement, au Québec,
- 34:21il faut le dire, ces débats -là, on les a depuis
- 34:23longtemps. Là, le Canada est obligé d 'avoir
- 34:25des débats qu 'ils avaient pas. Ils avaient pas
- 34:27ces débats -là. À la fois politiquement, mais
- 34:31aussi dans la vie de tous les jours. Par contre,
- 34:33ce que je dois dire, c 'est que... Ils trouvaient
- 34:36quand même, ils trouvent encore quelques -uns,
- 34:38pas tout le monde, trouvent encore la façon de
- 34:40présenter ce débat -là d 'une façon différente.
- 34:41Oui, oui, mais vous, c 'était des questions culturelles.
- 34:44Nous, c 'est juste du logement, il n 'y a pas
- 34:45assez de logements. Donc, tu sais, nous, c 'est
- 34:47sur des principes, alors que vous, non. Nous
- 34:50autres, c 'est juste économique, c 'est ça. Oui,
- 34:52exactement. Alors qu 'on sent, c 'est pas que
- 34:54économique ni là -bas, puis ici, c 'est pas que
- 34:56culturel non plus, il y a aussi un angle économique,
- 34:59tu sais, donc voilà. Fait que c 'est ça, non,
- 35:00c 'est intéressant parce que, puis je pense que
- 35:03tu as mis le doigt dessus. Le Canada en ce moment
- 35:06est en train de se poser un paquet de questions
- 35:07que le Québec se pose, pis qu 'il comprenait
- 35:09pas pourquoi le Québec se pose. Pis on dirait
- 35:12que le com, parce que je pense qu 'il y a vraiment
- 35:15eu... Je ne veux pas dire un laisser -aller,
- 35:17mais il y a vraiment une volonté de dire, finalement,
- 35:19garder l 'immigration, on va en prendre autant
- 35:20qu 'on en veut, puis on va en aller de même.
- 35:22Puis là, ça a comme déstabilisé le régime. Puis
- 35:24là, le Canada est comme, wow, qu 'on n 'était
- 35:26peut -être pas habitué d 'avoir autant de monde
- 35:26que ça. Oui, puis c 'est tout l 'enjeu. Puis
- 35:28bon, on n 'a pas besoin de rentrer dans les détails
- 35:31politiques, mais il y a tout l 'enjeu de l 'immigration
- 35:32temporaire qui a créé toutes sortes d 'enjeux
- 35:35aussi, que ce soit pour les universités, pour
- 35:36les industries, pour les entreprises. Et là,
- 35:38il y a comme maintenant une dépendance à ce travail
- 35:40-là dont le système va avoir de la difficulté
- 35:44à se remettre. Et il y a eu vraiment, il y a
- 35:48eu des enjeux là au niveau politique de gens
- 35:51qui l 'ont échappé pour être bien honnête. Et
- 35:53donc là, combien de temps ça va prendre pour
- 35:55que, tu sais, je te disais les lignes sur où
- 35:56il y a trop d 'immigrants, non, il y a trop d
- 35:58'immigrants. On était stables pendant 20 ans.
- 36:00Puis là, en trois ans, ça s 'est croisé. Combien
- 36:02de temps ça va prendre à ce que ça revienne,
- 36:04à ce que c 'était comme c 'était dans les années
- 36:062000, je sais pas. Je pense pas que ça va changer
- 36:08aussi facilement que le changement qu 'on vient
- 36:11de vivre. C 'est intéressant parce que j 'écoutais
- 36:13justement... C 'est intéressant de voir comment
- 36:15les Anglais, les Canadiens, réfléchissent à ça.
- 36:17J 'écoutais The Bridge avec Peter Mansbridge.
- 36:20Je pense que c 'était Gerald Butts et James Moore
- 36:22qui en discutaient. C 'était le constat qui faisait
- 36:24aussi qu 'il y avait comme toujours eu un consensus
- 36:27bipartisans ou en tout cas... dans toutes les
- 36:30parties, que l 'immigration, c 'est une chose
- 36:31positive. Puis que là, pour la première fois,
- 36:33il y a des parties qui sont en train d 'explorer
- 36:35l 'option, de dire, bien, peut -être qu 'on devrait
- 36:36arrêter de prendre des immigrants, qu 'on devrait
- 36:38réduire le nombre d 'immigrants. Puis là, je
- 36:39me dis, est -ce qu 'on va se ramasser un jour
- 36:41à un stade où on va faire un peu comme dans la
- 36:43course en ce moment à la chefferie de la CAQ,
- 36:45où on est comme, OK, 45 000 immigrants, OK, donc
- 36:4755 ou 67. Bien, déjà, tu vois, on l 'a déjà vu
- 36:50dans la dernière campagne, dans la campagne fédérale
- 36:52qui vient juste de se passer. Tu sais, nous,
- 36:54on est habitués maintenant au Québec... Tu me
- 36:56diras est -ce que c 'est une bonne utilisation
- 36:58du temps d 'antenne, pas toujours, mais il faut
- 36:59que tout le monde ait un chiffre. C 'est combien
- 37:02d 'immigrants? Chaque campagne depuis, disons,
- 37:04peut -être deux, trois, trois campagnes, c 'est
- 37:05ça. C 'est quoi le chiffre? Bien, aux dernières
- 37:07élections fédérales, il y avait ça. Il y avait...
- 37:09Chaque parti présentait c 'est quoi le chiffre.
- 37:12Et donc, je pense que ça, c 'est là pour rester.
- 37:14Là, il reste à voir politiquement, est -ce que
- 37:16le Parti conservateur, ce qui est le cas en Europe,
- 37:20dans les autres... pays occidentaux, c 'est souvent
- 37:22le Parti conservateur qui va prendre le flambeau
- 37:25un peu, disons, de restrictionniste pour le nommer
- 37:29comme ça. On va voir si le Parti conservateur
- 37:31va vraiment prendre ce flambeau -là ou pas, ça
- 37:33reste à voir. Puis ça, ça va avoir un impact
- 37:36aussi sur où est -ce qu 'on s 'en va dans ce
- 37:37débat -là dans le reste du pays. Oui, parce que,
- 37:40tu sais, je suis Maxime Bernier sur le podcast.
- 37:42Lui, une position claire, un moratoire total
- 37:45sur l 'immigration. Je pense pas que les partis
- 37:48plus mainstream adopteraient une position comme
- 37:50ça. Mais il pourrait y avoir une restreinte similaire.
- 37:53C 'est sûr que là, ce qui va être particulier
- 37:55avec ça, puis là, on sort un peu de... On parle
- 37:57un peu de politique, mais c 'est que le tissu
- 38:00social canadien... Si tu regardes les grandes
- 38:03villes de Toronto ou la région de Toronto qui
- 38:05est importante pour gagner des élections fédérales,
- 38:09il y a beaucoup de gens qui sont nés à l 'extérieur
- 38:10du pays, mais quoique, je pense, même dans les
- 38:14sondages en général, les gens qui sont nés à
- 38:15l 'extérieur du pays peuvent être très anti -immigration
- 38:17aussi. Tout à fait, c 'est ce que j 'allais te
- 38:18dire. On le voit, dans ce mouvement -là qu 'on
- 38:21vient de remarquer, ça vient aussi beaucoup des
- 38:23communautés culturelles elles -mêmes. aussi de
- 38:27la difficulté à se loger ou à trouver un emploi
- 38:28dans certaines circonstances. Parle -moi un peu
- 38:30du Centre d 'Excellence de la Fédération canadienne.
- 38:33C 'est quoi, ce bébête -là? Bien, en fait, le
- 38:34Centre d 'Excellence fait partie de l 'Institut
- 38:36de recherche en politique publique, l 'IARPP.
- 38:38L 'IARPP, comme tel, c 'est un think tank, un
- 38:40groupe de réflexion qui existe depuis plus de
- 38:4350 ans. qui est basé à Montréal, qui est indépendant,
- 38:47non idéologique. Il fonctionne vraiment comme
- 38:50un centre de recherche universitaire, je dirais.
- 38:52Et pourquoi il est indépendant, c 'est que quand
- 38:55il a été créé en 1972, il a été créé par du financement
- 38:58du fédéral de cette province et du privé qui
- 39:01ont mis de l 'argent. dans un pot. Ce n 'était
- 39:04pas du financement annuel, c 'était vraiment
- 39:06un montant. Ce montant -là a été investi, c 'est
- 39:09un fonds de dotation. Donc, l 'IRPP opère avec
- 39:11un fonds de dotation. Donc, on n 'a pas besoin
- 39:13de contrats, on n 'a pas besoin de financement
- 39:15externe, pardon. Et donc, le Centre d 'excellence
- 39:19fait partie de l 'IRPP comme centre de recherche
- 39:24permanent sur les questions du fédéralisme au
- 39:26sens très large, c 'est -à -dire que... Oui,
- 39:29on va parler de questions de relations intergouvernementales.
- 39:32Bon, tu parlais d 'Olivier Jacques, qui était
- 39:34sur ton balado. Olivier a publié avec nous sur
- 39:37des questions de fédéralisme fiscal très poussés.
- 39:40On a un papier, entre autres, de Marcelin Joannès,
- 39:42qui est à l 'Université de Montréal, qui a travaillé
- 39:44sur la commission Séguin. Là, on remonte, là,
- 39:46mais en tout cas, sur le déséquilibre fiscal,
- 39:48entre autres. Donc, on va toucher à ces questions
- 39:51-là, toucher même aux questions de machinerie
- 39:53du gouvernement, comment ça fonctionne les relations
- 39:55intergouvernementales vraiment sur le terrain.
- 39:58Mais... Comme je le disais, moi, mon background
- 40:01personnel, c 'est vraiment en méthode quantitative
- 40:03et en sondage. Et donc, on a une grosse partie
- 40:05d 'opinion publique sur les questions relatives
- 40:08au fédéralisme. Et donc, ce dont on a discuté,
- 40:10là, ça vient en grande partie de ce sondage annuel
- 40:14qu 'on fait, qui s 'appelle Confédération de
- 40:15demain, qui est un partenariat entre le Centre
- 40:17de recherche, entre le Centre d 'excellence sur
- 40:19la fédération canadienne et d 'autres groupes
- 40:22similaires à travers le pays. Mais c 'est vraiment...
- 40:24dirigé par moi et Andrew Perkin à l 'institut
- 40:28Inveronix, qui est en Ontario. Et donc voilà,
- 40:32on s 'intéresse à ces questions -là, on les étudie
- 40:33d 'une façon très, très, très appliquée. Je veux
- 40:35dire, on fonctionne comme un centre de recherche
- 40:38universitaire, mais... notre volonté n 'est pas
- 40:41de publier dans des revues spécialisées. Vraiment,
- 40:43nous, c 'est d 'informer les gouvernements, que
- 40:44ce soit au fédéral ou dans les provinces, sur
- 40:49les questions relatives aux relations intergouvernementales
- 40:51et aux fédéralistes. Je dois te poser la question
- 40:53pour toutes mes auditeurs souverainistes qui
- 40:55vont me reprocher de ne pas l 'avoir posé. Est
- 40:59-ce que Mark Kearney t 'appelle pour te donner
- 41:01des commandes politiques une fois de temps en
- 41:02temps? Non, bien, exactement. C 'est intéressant
- 41:04parce que le centre a été créé en 2018 parce
- 41:06que... Dans le budget 2018, le gouvernement fédéral
- 41:10a donné un nouveau montant pour que le centre
- 41:13soit créé, mais ce montant -là, on l 'a. Donc,
- 41:16c 'est pas... Il est placé, il fait partie du
- 41:18fonds de dotation. Et donc, nous, il y a personne.
- 41:20On n 'est pas redevable à aucun gouvernement
- 41:23sur ce qu 'on fait. Puis même, on essaie vraiment
- 41:26d 'approcher les questions de fédéralisme d 'un
- 41:29point de vue. En anglais, on dit evidence -based.
- 41:31Puis c 'est vrai pour les relations intergouvernementales
- 41:34aussi. Il y a une façon... d 'organiser les choses
- 41:37pour la fédération et essayons d 'aller vers
- 41:39ça. Donc voilà. Puis le côté fédéraliste de la
- 41:44chose, c 'est quoi les sujets d 'intérêt en ce
- 41:45moment dans le monde fédéraliste? C 'est quoi
- 41:47les deux? Bien, il y en a plein. Il y en a une,
- 41:49entre autres, qui était vraiment pas sur notre
- 41:53radar puis qui est devenue très, très, très importante,
- 41:55tu sais, le commerce interprovincial. Ah, oui.
- 41:59Suite aux tarifs et aux problèmes avec les États
- 42:02-Unis, les gens qui travaillaient sur ce dossier
- 42:04-là, qui étaient très nichés, ils n 'arrêtaient
- 42:05pas de dire, il y a des gains à faire, pour l
- 42:08'économie, ça serait bon, mais il n 'y avait
- 42:09aucun intérêt, c 'était très... Et là, soudainement,
- 42:13Trump arrive, les tarifs, au palais, le low hanging
- 42:16fruit, comme on dit en anglais, le fruit le plus
- 42:18bas à aller chercher, ce serait de libéraliser
- 42:21le commerce interprovincial. Alors on a beaucoup
- 42:22travaillé là -dessus. Entre autres, on a aussi
- 42:27un truc qu 'on a fait, puis c 'est l 'ancien
- 42:29premier ministre Philippe Couillard qui a écrit
- 42:30un papier pour nous, mais vraiment un papier
- 42:32de recherche, pas un papier d 'opinion. présenter
- 42:34la position du Québec, parce que ce qu 'on entendait
- 42:35souvent dans le reste du Canada, c 'est une des
- 42:37raisons pour lesquelles on libéralise pas plus
- 42:39le commerce au pays, c 'est à cause du Québec.
- 42:42Mais il y a des raisons pour ça qui sont valables.
- 42:45Donc, je pense que oui, on peut libéraliser plus
- 42:46le commerce... La prévention du français, probablement.
- 42:48Exactement. Puis il y a d 'autres trucs aussi,
- 42:50tu sais, il faut le dire, là. Mettons, pour prendre
- 42:52un exemple, puis là, on est vraiment, là, tu
- 42:54sais, dans... sur le terrain, au ras des pâquerettes.
- 42:57Un des problèmes dans le commerce interprovincial,
- 42:59c 'est le camionnage. puis c 'est les règles
- 43:01différentes d 'une province à l 'autre, entre
- 43:03autres, sur le poids des camions. Tu sais, c
- 43:05'est très de base, là. Mais le Québec ne veut
- 43:08pas lâcher de l 'Est sur le poids du camion parce
- 43:12que l 'état des routes fait dur, puis on veut
- 43:14pas l 'empirer. Donc, tu sais... C 'est plus
- 43:16que le camion est lourd, plus que... Bien, tout
- 43:18à fait, exactement. Ça endommage les rues, puis
- 43:19c 'est pas les routes, puis c 'est pas exactement
- 43:22la même situation en Colombie -Britannique, tu
- 43:24sais. Donc, il y a des enjeux vraiment qui sont
- 43:25très importants, qui peuvent paraître... complètement
- 43:29anodins, mais qui sont très, très, très importants
- 43:31et qui représentent des freins au commerce interprovincial
- 43:36avec lesquels il faut probablement vivre. C 'est
- 43:38-à -dire que là, il y en a eu de la libéralisation
- 43:40du commerce interprovincial dans les derniers
- 43:42mois comme il n 'y en avait jamais eu, comme
- 43:44il n 'y en avait jamais eu. Mais on a comme fait
- 43:46le facile. On a géré ce qui était facile à faire.
- 43:48Puis là, on arrive au plus difficile, tu sais.
- 43:53Le camionnage étant un bon exemple, on n 'a pas
- 43:55encore parlé de gestion de l 'offre, qui est
- 43:56un autre enjeu. Donc voilà, c 'est un enjeu sur
- 43:59lequel, moi, quand j 'ai commencé il y a six
- 44:01ans, c 'était pas du tout... Tu sais, quand j
- 44:03'ai commencé il y a six ans, le gros enjeu interprovincial
- 44:05qui est arrivé assez rapidement, c 'était la
- 44:07COVID, qui a été très, d 'un point de vue de
- 44:12recherche, intéressant. Mais là, donc, c 'était
- 44:15le commerce interprovincial en éteint. Et là,
- 44:18bien, on se dirige tranquillement pas vite vers
- 44:21un autre moment qui, en tant que pays auquel
- 44:25on n 'a pas été vraiment confronté depuis longtemps,
- 44:27qui sont des questions plus constitutionnelles.
- 44:29On a parlé tantôt de la nomination des juges,
- 44:31la décision de la Cour suprême sur la loi 21
- 44:33qui... d 'une certaine façon n 'est plus une
- 44:35décision sur la loi 21, mais une décision sur
- 44:37l 'utilisation de la clause dérogatoire. Ça va
- 44:41changer d 'un côté ou de l 'autre, je pense que
- 44:42ça va changer la fédération. Puis ce qui est
- 44:47intéressant là -dessus, c 'est qu 'on a un premier
- 44:51ministre au fédéral actuellement, duquel on ne
- 44:55connaît pas. On n 'a pas une idée claire de c
- 44:58'est quoi sa théorie du fédéralisme canadien.
- 45:00C 'est vrai, il n 'a jamais parlé de... Donc
- 45:02sa grande vision du fédéralisme canadien. On
- 45:05sent que c 'est très transactionnel présentement
- 45:08sur des projets économiques. On peut s 'entendre
- 45:10avec l 'Alberta sur une entente. On peut négocier
- 45:17avec la Saskatchewan sur certains trucs, avec
- 45:19le Québec encore une fois très transactionnel
- 45:21économiquement parlant. Mais quand va arriver
- 45:23des questions constitutionnelles comme celle
- 45:26-là? des juges comme celle sur la classe des
- 45:27rogatoires, sa vision du fédéralisme, tu sais,
- 45:31on peut reculer en arrière pour avoir une idée
- 45:32claire, c 'était quoi la vision du fédéralisme
- 45:34du gouvernement Harper, par exemple, très les
- 45:37provinces faites ce que vous voulez dans vos
- 45:38champs de compétences, nous on va s 'occuper
- 45:40des nôtres, en tout cas au début des années Harper.
- 45:44gouvernement Trudeau complètement différent,
- 45:46nous on a un agenda social. politiquement très,
- 45:50très, très, très, très expansionniste. Et donc,
- 45:53on a besoin d 'aller dans les champs de compétences
- 45:56des provinces. Puis, si vous ne voulez pas signer,
- 45:58bien, vous n 'aurez pas l 'argent, peut -être
- 45:59sauf le Québec. Donc, une vision complète, très
- 46:02différente. La vision Carney, on ne la connaît
- 46:05pas. Elle n 'a pas été explicité d 'aucune façon.
- 46:09Je ne pense pas que c 'est des trucs auxquels
- 46:11il pensait vraiment avant de se lancer en politique.
- 46:13Il y a pas mal de choses à gérer, moi, c 'est
- 46:14ça. Non, non, mais ce que je veux dire, c 'était
- 46:15même pas un intérêt à lui, je pense. La relation
- 46:18entre les provinces et le fédéral, je ne pense
- 46:21pas que c 'était quelque chose auquel il s 'est
- 46:22intéressé. Je ne suis pas nécessairement pertinent
- 46:26à la Banque du Canada ou ailleurs. Non, exactement.
- 46:28C 'est pas un reproche que je lui fais. Je pense
- 46:30que c 'est pas de ce point de vue -là qui arrive.
- 46:32Mais là, il n 'y aura pas le choix. Je trouve
- 46:35ça difficile de voir où est -ce que ça va s 'en
- 46:36aller parce qu 'on n 'a pas cette idée générale
- 46:39de c 'est quoi la théorie du fédéralisme de Mark
- 46:43Carney. Oui, parce qu 'à date... La lettre pour
- 46:46les juges, c 'est son ministre de la Justice
- 46:48qui a comme répondu, on n 'est pas intéressé
- 46:50à négocier de ça, quoique... Ils sont opposés,
- 46:52apparemment ils négocient déjà avec le Québec.
- 46:55C 'est ça, parce qu 'ils n 'ont pas le choix
- 46:56constitutionnellement, je pense, de négocier
- 46:57de bonne foi, ça fait partie du processus. L
- 47:01'après ça, pour le pipeline, on dit ben l 'Alberta,
- 47:03toi, débrouille -toi avec... On va pas l 'imposer.
- 47:06On va pas l 'imposer, mais comme, arrange le
- 47:08centre, vous autres. Pis sur la clause dérogatoire,
- 47:12bon, ben le gouvernement fédéral a présenté son
- 47:15point de vue, que plusieurs ont déjà dit est
- 47:19plus ou moins valable, tu sais, c 'était un drôle,
- 47:21mais ça a pas été développé sous Kearney, ça,
- 47:23tu sais, c 'était déjà sous l 'ancien gouvernement
- 47:25que le ministère de la Justice fédérale... parce
- 47:27que ce processus -là, la Cour suprême, elle n
- 47:30'a pas commencé hier matin. Bon, il n 'a pas
- 47:33changé la position du gouverneur fédéral. Il
- 47:35a fait le choix de ne pas attaquer la loi 21
- 47:37elle -même. Exactement. Mais est -ce que ça nous
- 47:40indique clairement qu 'elle est sa vision de
- 47:41fédéralisme? Pas vraiment. Il va falloir voir
- 47:44et il n 'y aura pas le choix à un moment donné.
- 47:46Est -ce que dans vos chiffres, vous évaluez l
- 47:48'appétit que les Canadiens auraient pour une
- 47:51négociation constitutionnelle ou c 'est pas quelque
- 47:52chose que vous regardez? Non, puis ça dépend
- 47:54toujours c 'est sur quoi. C 'est sur quel enjeu.
- 47:58sur la clause de dérogation et sur qui devrait
- 48:01avoir le dernier mot. Ça, c 'est une question
- 48:03qu 'on pose entre le Parlement et la Cour suprême,
- 48:05deux questions différentes. Les gens ont plus
- 48:08tendance à dire que la Cour devrait avoir le
- 48:11dernier mot puis que les gouvernements ne devraient
- 48:13pas pouvoir utiliser la clause dérogatoire. Mais
- 48:16encore une fois, c 'est une question très difficile
- 48:18dans le sens où les gens, c 'est pas quelque
- 48:19chose auquel les gens pensent tout le temps.
- 48:20Puis on est seulement à la compréhension. Non,
- 48:22exactement. Tout à fait. Puis, nous, on ne pose
- 48:23pas... Pardon, on ne pose pas cette question
- 48:25-là en précisant quelles lois, puis je pense
- 48:28que ça, ça a un impact sur est -ce que oui ou
- 48:30non. Il faudra voir, ce qui est intéressant,
- 48:32c 'est qu 'on pose cette question -là à chaque
- 48:33année. Et donc là, on l 'a pour... le sondage
- 48:37des données dont je parlais date de la fin janvier,
- 48:40début février, donc avant les audiences de la
- 48:45Cour suprême. Puis nous, on est toujours sur
- 48:47le terrain, au même moment toujours... fin janvier,
- 48:49début février. Donc, possiblement que l 'année
- 48:51prochaine, on aura la décision de la Cour suprême
- 48:53sur la loi 21 quand on retournera sur le terrain
- 48:55poser cette question -là. Et donc, on pourra
- 48:57voir, encore une fois, si là, ça a changé entre
- 48:59qui devrait avoir le dernier mot, puisque les
- 49:01gouvernements, les parlements devraient pouvoir
- 49:03utiliser la clause dérogatoire. Je te remercie
- 49:05parce que tu l 'as abordé brièvement. Est -ce
- 49:07que vous vérifiez le soutien au système de la
- 49:09gestion de l 'offre? Non, c 'est pas quelque
- 49:11chose qu 'on demande. Encore une fois, c 'est
- 49:13un truc... Ça dépend toujours comment on pose
- 49:17cette question. Est -ce que vous êtes pour la
- 49:18gestion de l 'offre afin de protéger les fermiers
- 49:21du Québec ou est -ce que vous êtes contre la
- 49:24gestion de l 'offre afin que votre lait et vos
- 49:26oeufs coûtent moins cher? Il y a toujours les
- 49:28deux façons de présenter la question. Une question
- 49:33sur la gestion de l 'offre, c 'est comme une
- 49:34question sur... plusieurs autres enjeux plus
- 49:36complexes. Ça prend un prix en build qui va expliquer
- 49:39qu 'est -ce que c 'est, puis comment on présente
- 49:41la gestion de l 'offre va avoir un gros impact
- 49:43sur l 'appui ou non à la gestion de l 'offre.
- 49:45Puis là, ce que tu comprends, c 'est quoi les
- 49:47produits qui sont visés par ça, puis t 'es d
- 49:49'accord pour le lait, mais pas d 'accord pour
- 49:50les poules. Puis en terminant, les enjeux basés
- 49:55avec toute la recherche que vous faites, les
- 49:57enjeux des dix prochaines années au niveau du
- 49:59fédéralisme, ce serait lesquels? Écoutez, c 'est
- 50:03clair que... Bon, je vais donner deux réponses.
- 50:08Il y en a une, c 'est un truc sur lequel on travaille
- 50:10présentement. qui est très très très technique,
- 50:13mais qui est nécessaire. Je ne peux pas dire
- 50:18quant est -ce qu 'on va avoir des papiers là
- 50:20-dessus parce que c 'est un travail de longue
- 50:22haleine. La façon dont on fait les relations
- 50:25intergouvernementales au pays, ça n 'a pas beaucoup
- 50:27changé en 20 -30 ans. mais le pays a beaucoup
- 50:30changé. Donc, la façon dont on exerce vraiment
- 50:34dans les négociations entre les provinces, dans
- 50:37la façon dont, sur différents dossiers, pas que
- 50:39ce soit l 'environnement ou les finances, la
- 50:43façon dont la machine intergouvernementale fonctionne
- 50:47n 'a pas beaucoup changé, n 'a pas beaucoup évolué.
- 50:49Donc, je pense que ça mérite qu 'on regarde pour
- 50:51voir est -ce qu 'il y a un moyen d 'adapter ça
- 50:53au contexte actuel. Donc, on est un peu en train
- 50:55de travailler là -dessus, encore une fois, très,
- 50:57très, très technique. Par contre, à l 'autre
- 51:01spectre, pas technique du tout, mais avec un
- 51:03potentiel très grand de... Je ne sais pas si
- 51:08rupture est le bon mot, mais on se dirige vers
- 51:11un futur où peut -être deux provinces auront
- 51:13un référendum sur la souveraineté au Québec et
- 51:17en Alberta. Il faut voir... Bon, en Alberta,
- 51:19je pense que ça va arriver. Au Québec, il y a
- 51:23d 'autres étapes avant d 'en arriver là, dont
- 51:25une en octobre prochain. Mais c 'est sûr que
- 51:28pour un centre qui parle de fédéralisme, le fait
- 51:31que deux provinces vont peut -être tenir un référendum
- 51:33sur la souveraineté, il va falloir s 'y attarder.
- 51:35Comment encore, je le sais pas trop parce que
- 51:36c 'est un peu difficile d 'y aller du côté de
- 51:38la recherche sur ces questions -là. Mais pour
- 51:41la forme que la fédération prendra dans 20 ans,
- 51:45c 'est sûr que c 'est... possibilité de deux
- 51:48référendums va avoir un impact. Je pense que
- 51:51le fait que la Constitution est cadenassée, qu
- 51:54'on n 'a pas eu ces discussions -là depuis Charlottetown,
- 51:58je pense qu 'il y a une discussion qu 'il va
- 52:02falloir avoir. Tu sais, où est -ce que ça va
- 52:04nous mener, ça va être quoi les conclusions,
- 52:05je ne sais pas, mais il y a comme une discussion
- 52:08inachevée qu 'il va falloir reprendre. Et peut
- 52:10-être que ces deux référendums -là qui s 'en
- 52:12viennent seront... potentiellement seront peut
- 52:15-être la bougie d 'allumage de se réasseoir et
- 52:20de discuter, y compris avec les Autochtones en
- 52:23passant, qui ont commencé à embarquer dans le
- 52:27discours ou à arriver parce qu 'on les a invités
- 52:30pour « Meets at Charlotte Town », mais que si
- 52:32on se relançait dans ces grandes discussions
- 52:34-là, bien là, je veux dire, c 'est obligatoire
- 52:38et doivent être là. Oui, parce que c 'est sûr,
- 52:40on a un Canada qui est différent, on a... Tout
- 52:43à fait. Et les villes, hein, puis ça, les villes
- 52:45aiment ça quand on dit ça, puis les provinces
- 52:46aiment moins ça, mais je veux dire, le rôle des
- 52:48grandes villes dans le pays a changé drastiquement,
- 52:51là. Et constitutionnellement, leur statut n 'a
- 52:54pas changé du tout. Il y a de meurs des créatures
- 52:56des provinces avec... Tu sais, où les provinces
- 52:58peuvent imposer des choses aux grandes villes
- 53:00comme Toronto, Montréal, Vancouver. Ils n 'ont
- 53:03plus le même rôle dans le moteur économique du
- 53:06pays et donc encore là, il y a des enjeux là
- 53:08constitutionnels auxquels on ne sait pas vraiment
- 53:10à tarder. Oui, parce que je pense qu 'il y a
- 53:12des villes américaines qui ont des impôts locaux.
- 53:16Puis tu sais, ça reste que c 'est financé par
- 53:18l 'impôt foncier au Canada puis par les parcomènes.
- 53:21Donc tu sais, à un moment donné... On commence
- 53:22à avoir des limites pour financer ton transport
- 53:23en commun. Exactement. Ou la crise de logement,
- 53:27les sans -abris, la crise des opioïdes, tous
- 53:29des enjeux que les villes n 'avaient pas à gérer
- 53:31en 1980. Donc il y a des discussions là qu 'on
- 53:34n 'a pas eu depuis longtemps, ou qu 'on a, mais
- 53:36on a à un niveau vraiment des politiques publiques,
- 53:39mais pas au niveau fondamental de comment le
- 53:41pays fonctionne. Intéressant. Fait que si on
- 53:44se résume essentiellement, puis je reviens à
- 53:46la première question que j 'ai posée, les gens
- 53:50ont une appartenance canadienne à travers le
- 53:52Canada, mais au Québec également. Puis il faut
- 53:55toujours faire attention aux statistiques, surtout
- 53:57sur la souveraineté du Québec, parce que ça dépend
- 53:59comment la question est posée. Il y a des gens
- 54:01qui vont voter oui ou non à un référendum, mais
- 54:04qui ne savent pas nécessairement dire qu 'ils
- 54:05ne se considèrent pas canadiens. C 'est juste
- 54:07la façon que la question est posée. Exactement.
- 54:09Puis je dirais, tu sais, du côté, si je voulais...
- 54:13calmer les ardeurs souverainistes, je dirais,
- 54:15tu sais, il y a seulement que vingt -quelques
- 54:17pourcents des Québécois qui se définissent premièrement
- 54:19comme souverainistes. La plupart sont quelque
- 54:22part entre les deux. Les intentions de vote pour
- 54:24le Parti québécois, c 'est pas des intentions
- 54:25de vote, c 'est pas un vote pour le référendum.
- 54:27Mais à l 'inverse, si je voulais tempérer les
- 54:29fédéralistes, je dirais, oui, mais les gens qui
- 54:31sont pas souverainistes, ils sont pas fédéralistes
- 54:33non plus, ils sont quelque part entre les deux.
- 54:34Fait que vous aussi, vous avez un travail pour
- 54:35les convaincre d 'aller de votre côté. Oui, je
- 54:39pense qu 'on... Puis c 'est ce que je reproche
- 54:40un peu au mouvement fédéraliste depuis... depuis
- 54:4395, c 'est qu 'on dirait que par crainte d 'un
- 54:46autre référendum, on s 'est un peu caché derrière.
- 54:49Une position de, ben, tu sais, pas de référendum,
- 54:51mais tu sais, c 'est beau, là, tu veux pas de
- 54:53référendum, puis d 'ailleurs... Je ne pensais
- 54:55pas citer Guillaume Rousseau dans ma vie, mais
- 54:56Guillaume Rousseau le disait ça. Si tu ne veux
- 54:58pas de référendum, c 'est beau, mais tu proposes
- 55:00quoi? Il y a des problèmes qu 'il faut adresser.
- 55:03Fait que je pense qu 'on va avoir cette réflexion
- 55:04-là à voir. Puis c 'est sûr qu 'il y a le risque,
- 55:06que ça marche mal, puis qu 'il y a une négociation
- 55:08verrouvinegle, puis qu 'on a un autre référendum
- 55:10en 2035 à cause de l 'échec de l 'accord de Calgary.
- 55:15Mais tu sais, il faut qu 'on essaie de le régler
- 55:17un jour. Merci beaucoup d 'avoir pris le temps.
- 55:18Ça m 'a fait plaisir. Merci de l 'invitation.
- 55:21Merci d 'avoir été avec nous. Si vous avez aimé
- 55:23l 'épisode, abonnez -vous et laissez -nous vos
- 55:24commentaires pour qu 'on puisse s 'améliorer.
- 55:26À la semaine prochaine!