Latest / Nouvelle Acropole France Podcast / LA SANTÉ DE L'ÂME : Le défi de l'équilibre intérieur
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- 0:01SPEAKER_00: Les podcasts de Nouvelle Acropole France Parce qu'on peut avoir un état intérieur équilibré au cœur de la maladie et un état intérieur déséquilibré alors qu'on se croit en bonne santé.
- 0:19SPEAKER_00: On va poser juste la main sur sa poitrine, fermer les yeux et respirer en conscience.
- 0:29SPEAKER_00: écouter sa respiration et s'observer.
- 0:35SPEAKER_00: Et puis dans cet état de petite tranquillité, en tout cas notre intention est là, se demander comment je vais
- 0:00UNKNOWN: ?
- 0:48SPEAKER_00: Comment je vais vraiment
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- 0:51SPEAKER_00: Et puis tout simplement ouvrir les yeux.
- 0:56SPEAKER_00: Ce premier lien qui est le lien à soi, qui peut être fait de plein de manières, n'est évidemment pas suffisant.
- 1:10SPEAKER_00: Et on va baser tout le travail sur ce lien qui nous manque.
- 1:16SPEAKER_00: Et celui qui nous manque, bien sûr, c'est celui à soi, mais c'est aussi celui aux autres.
- 1:23SPEAKER_00: Vous allez comprendre un peu le sens de tout ça, mais...
- 1:28SPEAKER_00: Vous savez, ce qui nous tient vraiment à cœur dans notre école de philosophie, parce qu'on est héritier d'une longue tradition, c'est restaurer le lien humain.
- 1:42SPEAKER_00: Parce que vous avez compris qu'il en a pris un coup, qu'il y a beaucoup de ruptures, de fragmentations dans notre monde, dans notre mode de vie, beaucoup de manières à négliger en fait.
- 1:57SPEAKER_00: tantôt soi-même que les autres, tantôt notre pauvre nature qui prend si cher aussi.
- 2:05SPEAKER_00: Et ce lien humain, en fait, il est guérisseur véritablement.
- 2:11SPEAKER_00: Il est guérisseur.
- 2:12SPEAKER_00: Et nous allons voir comment, parfois sans être du tout médecin ou être dans le milieu médical, on a tous...
- 2:22SPEAKER_00: un petit surplus d'âme qui nous permettrait, avec un regard bienveillant, avec un geste bienveillant, parfois de solutionner ou d'apaiser quelques situations.
- 2:37SPEAKER_00: Alors, voilà, on base la conférence sur cette expérience et comprendre donc déjà que le sujet, il est posé.
- 2:47SPEAKER_00: La santé, c'est un état d'être.
- 2:51SPEAKER_00: La santé, c'est un état, c'est un état d'harmonie.
- 2:55SPEAKER_00: On va le voir, pas forcément une absence de maladie, mais un état intérieur.
- 3:03SPEAKER_00: La conférence, elle est très motivée par le vieil adage« mieux vaut prévenir que guérir».
- 3:10SPEAKER_00: Je ne suis pas médecin et je n'ai pas la prétention que… les lectures spirituelles ou les pratiques spirituelles vont guérir les maladies, ou boire de l'eau pure suffit pour retrouver la clarté mentale.
- 3:28SPEAKER_00: Non, non, on sort de ces clichés dangereux, mais juste comprendre que vous, comme moi, on a été malade, et pour mon vécu, Ces maladies que j'ai pu traverser m'ont éveillée à autre chose.
- 3:44SPEAKER_00: Je me suis dit, il y a quelque chose à faire qui me concerne.
- 3:50SPEAKER_00: Ce n'est pas suffisant de me donner aux autres et il y a quelque chose qui me concerne.
- 3:58SPEAKER_00: Parce que quand même, on aurait pu commencer par là, l'étymologie du mot santé.
- 4:05SPEAKER_00: L'étymologie du mot santé vient du latin qui est salous, mais qui provient du grec, qui est holos, qui veut dire tout.
- 4:18SPEAKER_00: Donc la santé, c'est quelque chose qui couvre une totalité.
- 4:25SPEAKER_00: Donc c'est quelque chose qui donne un salut.
- 4:32SPEAKER_00: Puisque saloute, salut, est devenu Eh bien, le courant quotidien« Salut, comment ça va
- 0:00UNKNOWN: ?
- 4:41SPEAKER_00: » C'est-à-dire, on projette la santé à l'autre.
- 4:44SPEAKER_00: C'est super, non
- 0:00UNKNOWN: ?
- 4:46SPEAKER_00: Sans le savoir, on parle latin.
- 4:49SPEAKER_00: Et« Salut, comment ça va
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- 4:51SPEAKER_00: » En général, personne ne vous répond ou ils disent toujours« Oui».
- 4:55SPEAKER_00: Une fois, je me suis amusée, j'ai dit non, ça ne va pas.
- 4:58SPEAKER_00: Il ne m'a pas entendu parce qu'il était sûr que je vais répondre oui, ça va.
- 5:02SPEAKER_00: Donc, d'où l'importance de faire le geste en conscience et de répondre en conscience.
- 5:09SPEAKER_00: Je ferme ma parenthèse.
- 5:11SPEAKER_00: Mais le salut, comment vas-tu
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- 5:13SPEAKER_00: C'est je te donne la santé.
- 5:16SPEAKER_00: Je te...
- 5:17SPEAKER_00: Je te souhaite la santé.
- 5:20SPEAKER_00: Je te projette le salut sur toi.
- 5:23SPEAKER_00: Ça, c'est bienveillant, non
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- 5:25SPEAKER_00: Mais vous serez d'accord avec moi qu'une bonne accolade, une prise dans les bras, un regard bienveillant, un regard attentif, le pouvoir des mains aussi, prendre la main de quelqu'un qui souffre, ou quelqu'un qui est en peine, qui ne s'est pas bien régulé parce qu'il est choqué par une peine forte.
- 5:56SPEAKER_00: Tout ça, ce sont des actes de petite guérison.
- 6:01SPEAKER_00: Et vous savez, quand nous allons faire les maraudes dans la rue, puisqu'on y va régulièrement ici comme dans toutes nos écoles, c'est un exercice en soi.
- 6:10SPEAKER_00: Ce n'est pas temps d'aller porter un café ou un gâteau à quelqu'un qui est dans la rue parce que comparativement à ce qu'on peut penser, ils ont beaucoup de choses qu'on leur donne.
- 6:21SPEAKER_00: Mais ce qu'ils n'ont pas toujours, c'est le regard et le fait de les prendre par la main, de leur prendre la main ou de leur prendre l'épaule, de les toucher.
- 6:33SPEAKER_00: Et C'est pareil pour les personnes âgées.
- 6:37SPEAKER_00: Le pire qu'il y a pu y avoir, c'est au Covid, quand dans les EHPAD et tous les centres de vieillesse ou les malades, on ne pouvait pas toucher.
- 6:49SPEAKER_00: C'était terrifiant parce que ce toucher, il réconforte.
- 6:54SPEAKER_00: S'il ne guérit pas, au moins, il réconforte.
- 6:57SPEAKER_00: Donc, le toucher peut guérir.
- 7:00SPEAKER_00: Moi, j'étais très...
- 7:02SPEAKER_00: fasciné je dirais quand j'ai étudié l'Égypte ancienne par ce médecin, ce grand médecin renommé de l'Égypte ancienne qui avait le don du doigt d'or.
- 7:20SPEAKER_00: Donc un mystérieux personnage qui avait un doigt d'or, en or.
- 7:26SPEAKER_00: Et on venait le voir de toutes les contrées parce que dès qu'il touchait avec son doigt, il guérissait.
- 7:36SPEAKER_00: Et je pense que même si nos guérisseurs n'ont pas des doigts en or, mais on le dit dans la sagesse populaire, il a les doigts en or
- 0:00UNKNOWN: !
- 7:47SPEAKER_00: Vous voyez d'où ça vient
- 0:00UNKNOWN: ?
- 7:48SPEAKER_00: Cette ancienne Égypte est une ressource intarissable, d'inspiration jusqu'à nous.
- 7:57SPEAKER_00: Donc en fait, tout simplement, ce qui va les guérir, c'est l'art du lien, comme on a dit depuis tout à l'heure.
- 8:05SPEAKER_00: C'est recréer ce lien en soi.
- 8:08SPEAKER_00: Et c'est la première chose que l'on faisait dans les temples, notamment à Epidor en Grèce, mais pas seulement à Rome, à Pergame en Asie mineure.
- 8:20SPEAKER_00: Il y avait des temples qui étaient construits à côté d'un dispensaire médical.
- 8:29SPEAKER_00: Et donc, les gens arrivaient pour se faire soigner et on les envoyait dormir dans le temple.
- 8:38SPEAKER_00: Il dormait et faisait des rêves.
- 8:42SPEAKER_00: Et au petit matin, il passait au dispensaire et on analysait les rêves.
- 8:48SPEAKER_00: Parce que ce retour à soi que la magie du temple provoquait, et puis pas La magie, c'est l'art de faire du lien.
- 8:58SPEAKER_00: Vous êtes invité avec un cérémoniel particulier à dormir dans un temple, il y a quelque chose en vous qui bouge.
- 9:05SPEAKER_00: C'est un peu impressionnant.
- 9:08SPEAKER_00: Je pense que tout simplement, ça s'explique parce que psychologiquement, on sent qu'on est concerné.
- 9:14SPEAKER_00: Et on a créé comme ça On recrée comme ça un lien avec soi, avec Dieu, avec le Temple, avec la religion, peu importe.
- 9:23SPEAKER_00: Et le matin, on donne la médication au patient en rapport avec le rêve qui a dit de son inconscient où était le traumatisme.
- 9:35SPEAKER_00: Magnifique
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- 9:38SPEAKER_00: Donc, on est vraiment en train de parler d'une vie« autre».
- 9:45SPEAKER_00: Donc cette démarche, elle vient déjà du fait que, un, on a été malade, on s'est tous questionnés, et deux, on a accompagné sans doute des gens malades.
- 9:57SPEAKER_00: Concernant, j'ai accompagné des gens malades, voire très malades, et j'ai vu comment cet accompagnement exigeait justement une qualité spirituelle, plus qu'une technique parfois quelconque.
- 10:14SPEAKER_00: Donc en fait, c'est sans jamais renier aucune médecine, parce que je vous une grande dévotion aux médecines, qu'elles soient antiques ou actuelles, qu'elles soient antiques pour leur vision globale, qu'elles soient actuelles pour les prouesses incroyables qu'on arrive à faire.
- 10:36SPEAKER_00: Les médecines sont...
- 10:38SPEAKER_00: toutes intéressantes à étudier.
- 10:41SPEAKER_00: Et après, c'est une question d'intimité de chacun, d'en choisir une ou d'en choisir une autre.
- 10:49SPEAKER_00: J'ai un vieux maître à qui j'ai posé la question un jour, mais quelle est la médecine qui soigne
- 0:00UNKNOWN: ?
- 10:56SPEAKER_00: Et il m'a répondu, pardon, quelle est la meilleure médecine
- 0:00UNKNOWN: ?
- 11:00SPEAKER_00: Je dévoile la réponse.
- 11:02SPEAKER_00: Quelle est la meilleure médecine
- 0:00UNKNOWN: ?
- 11:03SPEAKER_00: Et il m'a répondu, celle qui soigne.
- 11:07SPEAKER_00: Et quelque part, j'ai été soulagée pour choisir ma voie.
- 11:11SPEAKER_00: Puisqu'en fait, il n'y avait pas une voie qui s'ouvrait à nous.
- 11:16SPEAKER_00: Mais toutes les voies pouvaient s'ouvrir, ça dépend comment on allait le vivre soi-même.
- 11:22SPEAKER_00: Donc la meilleure médecine est celle qui soigne et ça va être le choix de chacun de décider laquelle il va donc choisir.
- 11:33SPEAKER_00: Mon parcours spirituel, il a commencé par un baptême chrétien dans la plus simple tradition catholique avec un amour particulier pour les mystiques chrétiens.
- 11:47SPEAKER_00: Puis j'ai rencontré le bouddhisme qui m'a beaucoup impactée, notamment par toutes les pratiques sur le bouddhisme tibétain dédiées à la médecine, au Bouddha Menla, qui est le Bouddha dédié au bien de chacun.
- 12:04SPEAKER_00: Le seul Bouddha, comme disent les bouddhistes en plaisantant, qui est prié par tout le monde.
- 12:10SPEAKER_00: Parce que tout le monde a un grand intérêt à aller mieux à un moment donné.
- 12:14SPEAKER_00: Puis, le parcours que j'ai fait m'a amenée au taoïsme, puisque j'ai fait une formation de Qigong, mais avant la formation de Qigong, de Tai Chi Chuan, de massage Twina, Avant ça, je me suis intéressée à la philosophie chinoise.
- 12:35SPEAKER_00: Donc c'est un parcours qui me permet de parler ce soir en ayant choisi une orientation particulière et vous en serez peut-être étonné, c'est la règle de Saint-Benoît, donc dans la plus belle tradition monastique.
- 12:53SPEAKER_00: La règle de Saint-Benoît est une règle de santé et c'est ce que je me propose de vous expliquer ce soir.
- 13:03SPEAKER_00: En fait, si on parle de santé, on parle d'équilibre.
- 13:08SPEAKER_00: Il y a une très vieille prière archaïque faite à Esclépios qui dit« Dieu de la juste mesure, de l'exacte proportion».
- 13:20SPEAKER_00: C'est très inspirateur.
- 13:23SPEAKER_00: L'exacte mesure, l'exacte proportion, la juste mesure, c'est l'harmonie.
- 13:33SPEAKER_00: Alors, qu'est-ce qui m'amène à parler de tout ça
- 0:00UNKNOWN: ?
- 13:35SPEAKER_00: Il y a des années, une vingtaine d'années, je me promenais dans un monastère.
- 13:41SPEAKER_00: C'est vraiment le hasard.
- 13:44SPEAKER_00: si on peut y croire, en tout cas moi j'y crois, c'est une loi imparable, le hasard, qui fait que dans ce monastère il y avait un déambulatoire et il y avait des livres qui étaient mis là pour, vous savez, une petite bibliothèque d'échange de livres, mais il y en avait un qui était sorti et qui était mis à part pour que les gens le prennent.
- 14:06SPEAKER_00: Et il m'a vraiment attiré le regard puisqu'il s'appelait« La santé, un défi spirituel».
- 14:15SPEAKER_00: Waouh
- 0:00UNKNOWN: !
- 14:15SPEAKER_00: Moi qui étais déjà sensibilisée à cette question, aussi« La santé, un défi spirituel», ça c'est intéressant.
- 14:23SPEAKER_00: Donc je l'ai engloutie, je l'ai lue d'une traite J'y ai trouvé des perles.
- 14:31SPEAKER_00: Et je me suis toujours promis qu'un jour, vous voyez, 20 ans après, je ne suis pas une rapide.
- 14:35SPEAKER_00: Un jour, j'en ferai profiter lors d'une conférence.
- 14:40SPEAKER_00: Le public, il voudra bien le dire.
- 14:42SPEAKER_00: Alors, ce petit livre, il est écrit par Hansel Grün, qui est un bénédictin.
- 14:49SPEAKER_00: Hansel Grün s'est fait connaître de beaucoup, beaucoup, beaucoup d'ouvrages.
- 14:52SPEAKER_00: Il a écrit énormément de choses.
- 14:54SPEAKER_00: Parce que c'est un chrétien, mais tout à fait libre du dogme religieux.
- 15:01SPEAKER_00: Il a une renommée internationale et il a voulu faire le pont entre la psychologie moderne et les manières de vivre dans les monastères.
- 15:13SPEAKER_00: depuis l'époque de l'Antiquité.
- 15:15SPEAKER_00: C'est tout nouveau en passant par le Moyen-Âge.
- 15:20SPEAKER_00: Et donc, en 1987, il décide de faire un colloque de médecins, psychothérapeutes, de Père Bénédictin, sur le sujet de la santé, ce défi spirituel.
- 15:34SPEAKER_00: Et c'est donc ce petit livre qui sont les actes du colloque.
- 15:40SPEAKER_00: Donc tout de suite, on voit cette mise en relation entre la santé, la diététique, la vie spirituelle, le choix de la vie spirituelle et la règle de Saint-Benoît qui va être le fil rouge de tous nos propos.
- 15:57SPEAKER_00: Il écrit« La santé, en tant que style de vie sain, comporte une dimension spirituelle, un juste rapport à soi-même, aux autres, à la création et finalement à Dieu dans l'environnement d'une spiritualité qui est ici chrétienne.
- 16:18SPEAKER_00: Il mentionne que le Christ lui-même est guérisseur par ses miracles.
- 16:24SPEAKER_00: Donc le premier grand médecin du christianisme, c'est le Christ lui-même.
- 16:32SPEAKER_00: Donc dans ce livre, il va commencer par donner la vision d'une santé comme un alignement intérieur.
- 16:43SPEAKER_00: Alors qui dit alignement, dit qu'il y aurait plusieurs éléments en soi, Oui, bien sûr, il ne vous a pas échappé qu'il y a un corps humain, des humeurs, du mental, des inspirations, des rêves, une avidité à manger, à se faire plaisir, etc.
- 17:06SPEAKER_00: Et il y a beaucoup de monde qui habite dans ces corps-là, qui ont l'air tranquilles.
- 17:11SPEAKER_00: Mais dedans, il y a beaucoup de monde et il y a beaucoup de conflits.
- 17:15SPEAKER_00: Et il y a beaucoup de gens intérieurs qui ne s'entendent pas entre eux.
- 17:18SPEAKER_00: Donc l'alignement, c'est majeur, c'est le travail en fait de relier le corps et l'esprit, pour faire court.
- 17:28SPEAKER_00: Mais en fait, comme l'esprit c'est un mot qui va être un peu fourre-tout, on ne sait pas trop ce qu'on y met dedans, je vais plutôt dire le corps, le psychisme et le mental.
- 17:38SPEAKER_00: Donc le corps physique qui a ses besoins, qui réclame.
- 17:44SPEAKER_00: Le psychisme, c'est-à-dire nos émotions jusqu'aux sentiments supérieurs.
- 17:51SPEAKER_00: Notre manière d'aimer, de ne pas aimer, d'être attiré, d'être rejeté, d'attirer et de rejeter.
- 17:58SPEAKER_00: Et le mental, notre façon de nous concentrer sur les choses essentielles ou que l'on peut considérer essentielles.
- 18:08SPEAKER_00: Et aussi dans le mental, cette capacité à être inspiré par plus grand que soi.
- 18:15SPEAKER_00: Parce qu'on sait que quand on travaille à l'intérieur de soi, on peut capter d'autres dimensions supérieures qui nous enseignent.
- 18:23SPEAKER_00: Non pas par une magie quelconque, mais juste.
- 18:27SPEAKER_00: Tout le monde le sait.
- 18:29SPEAKER_00: À partir du moment où on travaille sérieusement sur un sujet, une idée entraîne une autre, entraîne une autre, entraîne une autre et on commence à comprendre.
- 18:38SPEAKER_00: C'est l'art merveilleux de l'apprentissage et donc à déborder par notre propre compréhension le sujet lui-même.
- 18:47SPEAKER_00: Ça, c'est le fruit d'un mental aligné.
- 18:53SPEAKER_00: Donc, en fait… Dans cet alignement, il dit que la maladie n'est pas vue comme une faute, une culpabilité parce qu'on ne se serait pas bien aligné.
- 19:05SPEAKER_00: Parce que quand même, dans beaucoup de religions, la faute, c'est la maladie.
- 19:09SPEAKER_00: Tu es malade, tu es fautif.
- 19:13SPEAKER_00: Donc ça, vous avez compris que ça ne solutionne rien.
- 19:15SPEAKER_00: Même pas celui qui le dit, il ne va pas aller mieux en le disant.
- 19:19SPEAKER_00: Et surtout, celui qui le reçoit, il ne va pas aller mieux non plus.
- 19:22SPEAKER_00: Donc ce n'est pas une faute.
- 19:23SPEAKER_00: Il n'y a pas de culpabilité derrière la maladie.
- 19:26SPEAKER_00: Il y a juste une constatation, dit-il, d'un lieu de tension entre ce que l'être humain est déjà et ce qu'il est appelé à devenir.
- 19:42SPEAKER_00: La maladie, c'est un lieu de tension.
- 19:45SPEAKER_00: Parce qu'on sait que quand on est malade, il y a quand même quelque chose qui tourne par rond.
- 19:49SPEAKER_00: Ça, on l'a tous compris.
- 19:51SPEAKER_00: Les philosophes diront un désalignement, on dira on n'est pas bien.
- 19:56SPEAKER_00: Donc ce« on n'est pas bien», c'est qu'il y a un lieu de tension, il y a quelque chose qui veut se dire mais qui ne se dit pas.
- 20:04SPEAKER_00: Beaucoup ont fait référence à cette fameuse langue des oiseaux, le mal a dit la maladie.
- 20:12SPEAKER_00: C'est un petit raccourci qui a son intérêt.
- 20:16SPEAKER_00: Donc en fait, on est en train de baser la santé sur un équilibre, sur une unité.
- 20:23SPEAKER_00: Faire l'unité en soi, ça voudrait dire incarner ses rêves, rêver son monde, Ça voudrait dire dire ce qu'on fait, faire ce qu'on dit.
- 20:38SPEAKER_00: Ça voudrait dire avoir des idées et des actions derrière qui en témoignent.
- 20:46SPEAKER_00: Et là, je vois que beaucoup de sourires s'affichent, donc je ne vais pas plus loin.
- 20:51SPEAKER_00: Vous avez compris qu'on fait partie d'une peuplade de désalignés.
- 20:56SPEAKER_00: Où tout est permis, parce que comme on comprend vite les choses, on peut rapidement les évincer, mais pour les pratiquer, c'est autre chose.
- 21:08SPEAKER_00: Alors, nous vivons effectivement dans une sorte de fragmentation, de perte de centre et d'excès de tension qui nous amène à beaucoup de dispersion.
- 21:22SPEAKER_00: Donc, il s'agit d'apprendre, selon lui, à réhabiter sa vie.
- 21:32SPEAKER_00: C'est joli
- 0:00UNKNOWN: ?
- 21:32SPEAKER_00: Réhabiter sa vie.
- 21:34SPEAKER_00: Ma vie, je ne l'habite pas.
- 21:36SPEAKER_00: Elle a plein d'intrus.
- 21:37SPEAKER_00: Et je ne fais pas ce que je veux.
- 21:40SPEAKER_00: D'autres décident pour moi, me disent certains.
- 21:43SPEAKER_00: Oui, ben, tu n'as qu'à décider pour toi et tu verras, personne ne décidera pour toi.
- 21:47SPEAKER_00: Donc, il y a une question de...
- 21:49SPEAKER_00: Le poste est vacant.
- 21:51SPEAKER_00: À l'intérieur, il n'y a plus la présence qui permettrait par l'alignement de décider par nous-mêmes.
- 22:00SPEAKER_00: Donc en fait, on assume mal dans cet état notre vulnérabilité et notre faiblesse.
- 22:08SPEAKER_00: Et c'est pour ça que quand la maladie va arriver, qui est le signe d'un déséquilibre, on va la rejeter.
- 22:15SPEAKER_00: Je n'ai jamais vu quelqu'un dire« Ah, super, je suis malade, je vais donc pouvoir faire un travail intérieur et je vais chercher ce que la maladie est en train de me dire.
- 22:27SPEAKER_00: » chétifs, maladifs, qu'on se sent vulnérable, on est encore moins bien, on voudrait que ça aille mieux.
- 22:37SPEAKER_00: Et vous savez ce qui se passe, plus on s'énerve, moins ça va bien.
- 22:42SPEAKER_00: Donc on dit toujours cette vieille sagesse populaire, prendre son mal en patience.
- 22:52SPEAKER_00: Et ça doit vouloir dire quelque chose, ça doit vouloir dire prendre son mal, c'est pas rien, c'est pas rejeter son mal.
- 23:01SPEAKER_00: Mais c'est une pratique interne, on est d'accord
- 0:00UNKNOWN: ?
- 23:04SPEAKER_00: Parce que quand on est malade, tout le monde sait qu'on n'a pas envie de prendre son mal et encore moins en patience.
- 23:12SPEAKER_00: On a envie que vite vite un médecin nous trouve une solution et on s'en réfère à quelqu'un d'extérieur.
- 23:21SPEAKER_00: Donc on peut considérer que la maladie c'est comme une rupture d'un flux vital.
- 23:29SPEAKER_00: Toutes les traditions ont parlé du souffle, du pneuma, du prana.
- 23:36SPEAKER_00: Toujours de cette idée du qi, puisqu'on sera dans les médecines chinoises demain, de ce qui nous traverse.
- 23:45SPEAKER_00: Vous avez déjà imaginé que la respiration, c'est pour ça que tout à l'heure on a respiré, c'est le souffle qui fait bouger les feuilles des plantes, qui fait danser les arbres, c'est le même souffle qui fait avancer la voile du voilier, et c'est le même souffle qui est à l'intérieur de nous et qui nous fait vivre.
- 24:09SPEAKER_00: Alors on sait qu'à un moment donné le vent s'arrête et le voilier n'avance plus, Peut-être va-t-il couler
- 0:00UNKNOWN: ?
- 24:16SPEAKER_00: En tout cas, nous on sait par contre que quand le souffle va s'arrêter, ce sera notre dernier souffle.
- 24:23SPEAKER_00: Donc tout le temps que le souffle est là, si on pouvait en prendre soin, ça pourrait peut-être être intéressant parce que c'est le propre de ce qui est en vie, donc de ce flux vital qui circule.
- 24:39SPEAKER_00: Donc, toujours la maladie dans les traditions les plus antiques a été considérée comme un blocage.
- 24:47SPEAKER_00: Dans la médecine chinoise, c'est flagrant.
- 24:49SPEAKER_00: On considère le Qi comme un fleuve qui coule dans les méridiens.
- 24:54SPEAKER_00: l'acupuncture, dans des canaux, et à un moment donné, il y a des barrages.
- 24:59SPEAKER_00: Dans la nature, c'est assez fréquent, il y a des barrages pour avoir plus d'eau.
- 25:04SPEAKER_00: Mais en nous, quand il y a des barrages, ça ne marche pas du tout.
- 25:07SPEAKER_00: Ça fait une réserve d'eau dont on n'a pas besoin, ça stagne, et ça empêche l'écoulement naturel du flux, et ça nous rend malades.
- 25:18SPEAKER_00: C'est une des expressions, il y en a d'autres, de la maladie, le blocage.
- 25:24SPEAKER_00: de l'énergie et donc la dissonance en soi.
- 25:30SPEAKER_00: Alors, la maladie, on va essayer de la voir comme un symbole.
- 25:34SPEAKER_00: Donc évidemment, on va devoir faire un petit pas de côté, parce que si on rentre tout de suite dans le jugement,« Ah ouais, c'est facile de parler comme ça, mais ce n'est pas si simple.
- 25:42SPEAKER_00: » Ok, on l'aura dit une fois.
- 25:45SPEAKER_00: Et maintenant, on va essayer de faire un pas de côté pour voir qu'est-ce que c'est la maladie
- 0:00UNKNOWN: ?
- 25:52SPEAKER_00: Qu'est-ce qu'elle veut nous dire
- 0:00UNKNOWN: ?
- 25:55SPEAKER_00: Déjà, on l'a toujours considéré dans les médecines antiques comme l'expression de l'âme.
- 26:04SPEAKER_00: l'âme n'a pas d'autre moyen de s'exprimer que par notre corps.
- 26:13SPEAKER_00: Bon, à part ceux qui entendent des voix, mais je pense qu'ici il n'y en a pas, parce que moi ça ne m'est jamais arrivé non plus.
- 26:21SPEAKER_00: Mais sinon, l'âme, le cri de l'âme, l'appel de l'âme passe par notre corps.
- 26:30SPEAKER_00: Donc, La maladie va être un moyen de délivrer un message.
- 26:36SPEAKER_00: Il y a quelque chose qui veut être dit
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- 26:39SPEAKER_00: Et comme tu n'entends pas, j'attaque ton corps.
- 26:43SPEAKER_00: Ça va
- 0:00UNKNOWN: ?
- 26:45SPEAKER_00: Et le corps, une fois malade, il y a deux options.
- 26:48SPEAKER_00: On l'a dit, on le rejette, on va vite chez le médecin, on ne veut pas en entendre parler.
- 26:53SPEAKER_00: Ou on s'interroge.
- 26:55SPEAKER_00: Évidemment, c'est la première chose qui est conseillée.
- 26:58SPEAKER_00: Pourquoi ça m'arrive
- 0:00UNKNOWN: ?
- 27:01SPEAKER_00: Pourquoi je suis malade
- 0:00UNKNOWN: ?
- 27:03SPEAKER_00: Pourquoi chaque fois que, vous n'avez pas entendu souvent ça
- 0:00UNKNOWN: ?
- 27:07SPEAKER_00: Chaque fois que, alors pour certains c'est chaque fois que je pars en vacances, je suis malade.
- 27:12SPEAKER_00: Bien sûr, parce qu'on est stressé, stressé, stressé, tensionné, tensionné, on lâche les vannes et on tombe malade.
- 27:20SPEAKER_00: Dommage, c'était les vacances.
- 27:23SPEAKER_00: Donc la maladie souvent elle revient pour nous montrer un truc.
- 27:28SPEAKER_00: Mais nous, il faut qu'on puisse le voir, l'entendre, il faut que tous nos sens soient ouverts pour pouvoir le décrypter, n'est-ce pas
- 0:00UNKNOWN: ?
- 27:37SPEAKER_00: Donc en fait, la maladie, elle est plutôt dans ce sens vue comme un ami pour vivre en profondeur, plutôt que pour un ennemi.
- 27:48SPEAKER_00: C'est une invitation à arrêter de vivre à la surface des choses, à la surface de nous-mêmes, à la surface des événements où on est plus facilement en rejet.
- 27:58SPEAKER_00: Donc c'est une invitation à aller plus en profondeur.
- 28:05SPEAKER_00: C'est une invitation à voir nos ombres.
- 28:09SPEAKER_00: Donc comme Hansel Grün fait… de la psychologie et notamment de la psychologie jungienne.
- 28:15SPEAKER_00: Il va dire qu'on a beaucoup d'ombres qu'on ne veut pas voir et la maladie, elle nous les fait ressortir.
- 28:22SPEAKER_00: Donc, il y a un dialogue à faire avec ces ombres.
- 28:27SPEAKER_00: Mais il dit, faites attention au dialogue, de ne pas tourner en rond, de ne pas… Intellectualiser de trop.
- 28:35SPEAKER_00: Et aussi passer au ressenti.
- 28:38SPEAKER_00: C'est un peu l'exercice qu'on a fait tout à l'heure.
- 28:40SPEAKER_00: Sentir son corps.
- 28:42SPEAKER_00: Pour s'interroger.
- 28:43SPEAKER_00: C'est où que j'ai mal
- 0:00UNKNOWN: ?
- 28:44SPEAKER_00: C'est quoi que je sens
- 0:00UNKNOWN: ?
- 28:45SPEAKER_00: Tout à l'heure, quand on s'est demandé, est-ce que je vis vraiment bien
- 0:00UNKNOWN: ?
- 28:49SPEAKER_00: Bon, j'ai dû vous dire, mais maintenant...
- 28:51SPEAKER_00: Personne ne me demande jamais ça et moi je ne me le demande pas.
- 28:56SPEAKER_00: Oui, c'est ça l'exercice.
- 28:57SPEAKER_00: C'est ce petit retour à soi pour se poser des questions et en même temps croiser la question qu'on se pose avec le ressenti que l'on a en soi.
- 29:09SPEAKER_00: En clair, on est en train de parler, quand on est face à la maladie, d'une loi du rééquilibrage.
- 29:19SPEAKER_00: Elle est là pour nous rééquilibrer.
- 29:22SPEAKER_00: Sri Ram, qui est un maître théosophe du XXe siècle, disait la chose suivante.
- 29:29SPEAKER_00: « Le principe de balance ou d'équilibre, de compensation, dont le karma, la loi et la manifestation, se retrouve partout dans la nature.
- 29:43UNKNOWN: »
- 29:44SPEAKER_00: Partout dans la nature, non pas que chez nous, on retrouve cette loi de compensation, rééquilibrage.
- 29:53SPEAKER_00: Il y a des oscillations partout car tout est mouvement autour d'un centre d'équilibre.
- 30:01SPEAKER_00: Donc ça c'est une conception santé maladie.
- 30:04SPEAKER_00: Tout est mouvement au centre, il y a l'équilibre.
- 30:07SPEAKER_00: Donc autour de l'équilibre, il y a du mouvement.
- 30:10SPEAKER_00: Quand les mouvements deviennent excessifs, il y a maladie.
- 30:14SPEAKER_00: Quand les mouvements sont bien tempérés, l'oscillation est normale.
- 30:18SPEAKER_00: On ne peut pas dire que je vais bien, mais je ne suis pas malade.
- 30:22SPEAKER_00: Donc, cette oscillation, il faut la contenir, l'internaliser.
- 30:27SPEAKER_00: la comprendre de l'intérieur comme quelque chose de naturel.
- 30:33SPEAKER_00: C'est pour ça qu'on ne peut pas éviter la maladie.
- 30:37SPEAKER_00: Parce que parfois, certains s'étonnent.
- 30:41SPEAKER_00: Moi, je suis prof de Qigong.
- 30:42SPEAKER_00: Alors, je ne sais pas, les gens qui idéalisent le Qigong, quand j'arrive avec un rhume l'hiver, ils me disent« Quoi
- 0:00UNKNOWN: ?
- 30:52SPEAKER_00: Tu es malade
- 0:00UNKNOWN: ?
- 30:53SPEAKER_00: » Ben oui, désolée.
- 30:53SPEAKER_00: Alors, juste, je sais qu'il va moins durer mon rhume que si je ne prête ne fatiguez pas le chicot, mais bon.
- 31:00SPEAKER_00: Et dans tous les cas, on tombe malade, forcément.
- 31:02SPEAKER_00: La maladie est pour tout le monde parce que les rééquilibrages, à partir du moment où on est en vie, c'est pour tout le monde.
- 31:10SPEAKER_00: Donc en fait, il nous faut considérer que la maladie et la santé sont deux paires et sont les deux faces de notre vie.
- 31:22SPEAKER_00: Seulement, Hansel Grün dans son immense« Bonté» écrit les choses suivantes.
- 31:28SPEAKER_00: Beaucoup de gens sont malades depuis leur naissance.
- 31:33SPEAKER_00: Ce sont des grands malades.
- 31:36SPEAKER_00: Leur suggérer que quelque chose ne va pas dans leur psyché serait au plus haut degré malvenu et profondément blessant.
- 31:45SPEAKER_00: Ils n'ont pas choisi leur constitution.
- 31:48SPEAKER_00: Pour eux, la maladie est une tâche spirituelle permanente.
- 31:55SPEAKER_00: elle les oblige à prêter attention à leur corps et à leur âme en permanence.
- 32:03SPEAKER_00: Cette maladie est comme un rappel permanent à soi parce que quand on est très malade, on sait que tout excès va aggraver la maladie.
- 32:13SPEAKER_00: À tout moment, il faut faire attention.
- 32:16SPEAKER_00: On a l'exemple des saints.
- 32:18SPEAKER_00: Il ne vous a pas échappé tous ces saints mystiques qui sont souvent très très malades.
- 32:25SPEAKER_00: et qui même puisent leur inspiration dans la maladie.
- 32:30SPEAKER_00: Pour n'en citer qu'une, je parlerai de Hildegard de Bingen, cette prêtresse du XIIe siècle dont on s'est inspiré pour faire l'affiche.
- 32:40SPEAKER_00: Elle était extrêmement inspirée, elle était...
- 32:45SPEAKER_00: responsable de plusieurs monastères.
- 32:49SPEAKER_00: C'était une femme qui aurait dû aller au bûcher plusieurs fois puisqu'elle est au XIIe siècle.
- 32:54SPEAKER_00: Et dans son inspiration, elle est musicienne, elle est mathématicienne, elle est médecin, elle écrit merveilleusement bien.
- 33:06SPEAKER_00: Et en fait, en elle, poussent des sortes de crises de génie et de captations intenses à travers ses maladies et son état de santé, tout le temps déséquilibré.
- 33:23SPEAKER_00: Donc, on dirait que ces prophétesses du rayonnement spirituel sont en train de sublimer l'état de la maladie, de sublimer la souffrance, non seulement du corps, mais de l'âme pour y trouver quelque chose d'autre.
- 33:39SPEAKER_00: Ce sont des exemples bien évidemment peu fréquents.
- 33:44SPEAKER_00: Il vale quand même de s'y arrêter parce qu'ils sont très inspirateurs.
- 33:50SPEAKER_00: Je ne peux pas m'empêcher de vous lire quelques phrases écrites par Hildegard de Bingen qui lisaient dans la nature comme un livre ouvert, qui étaient férus de botanique et évidemment de diététique.
- 34:05SPEAKER_00: Aujourd'hui, vous cherchez des livres sur Ile-de-Garde de Bingen, vous en aurez beaucoup et vous pourrez ainsi faire votre soupe du dimanche selon les recettes qu'elle donne.
- 34:17SPEAKER_00: Elle ne donne pas des conseils pour l'homme du Moyen-Âge, elle donne des conseils pour l'humain.
- 34:23SPEAKER_00: Donc c'est encore valable et c'est très inspirant.
- 34:26SPEAKER_00: Elle y regarde la nature, ce jardin florissant.
- 34:31SPEAKER_00: Penche-toi vers elle pour en interpréter les signes.
- 34:36SPEAKER_00: Elle dit l'homme et le monde sont reliés dans un accord de musique unique et un répond sans fin.
- 34:49SPEAKER_00: N'oublie pas que la joie dans le partage est l'essentiel de la vie.
- 34:57SPEAKER_00: Et elle dit fais du cosmos ta patrie.
- 35:01SPEAKER_00: Fais du cosmos ta patrie.
- 35:04SPEAKER_00: On sort de ton petit camp à soi.
- 35:08SPEAKER_00: En devenant actif et créatif, tout dans ce rythme vivant sert à ton orientation.
- 35:18SPEAKER_00: Chaque respiration, chaque pulsation est dans le grand souffle des générations.
- 35:26SPEAKER_00: Elle ira en taille, tu peux être petit, mais ta puissance repose.
- 35:31SPEAKER_00: sur la force de ton pouvoir spirituel.
- 35:35SPEAKER_00: En vérité, nul n'est petit.
- 35:38SPEAKER_00: Tout le monde a ce pouvoir interne de capter le spirituel.
- 35:44SPEAKER_00: La tête plantée vers le haut, les pieds solidement ancrés au sol, tu es capable de mettre en mouvement les choses d'en haut comme celles d'en bas.
- 35:57SPEAKER_00: Vous voyez comme c'est simple
- 0:00UNKNOWN: ?
- 36:01SPEAKER_00: et à la fois, comme c'est inaccessible, à vivre tous les jours.
- 36:08SPEAKER_00: Alors donc, une fois qu'on a vu comment l'acceptation de la maladie pouvait transfigurer les états de souffrance, venons-en à la règle de Saint-Benoît, qui va porter tout ce qui est mentionné au tableau.
- 36:22SPEAKER_00: Saint-Benoît propose une vie sobre.
- 36:26SPEAKER_00: La vie sobre de Saint-Benoît, elle réside dans la valeur centrale La vertu centrale de la règle de Saint-Benoît, c'est ce qu'il appelle le discrétio, qui est en fait l'art du discernement.
- 36:41SPEAKER_00: Pourquoi le discernement est au cœur de la règle spirituelle et donc de la règle de santé
- 0:00UNKNOWN: ?
- 36:49SPEAKER_00: Parce qu'elle va dire« ce qui est bon pour moi» ce qui n'est pas bon pour moi.
- 36:55SPEAKER_00: Elle va nous interroger sur ce qu'il faut que j'endure, ce qu'il faut que je résiste, là où il faut que je sois fort.
- 37:03SPEAKER_00: Mais parfois, c'est là où il faut que je lâche prise, là où il ne faut pas que je tienne.
- 37:12SPEAKER_00: Parce qu'il y a des fois, il ne faut pas tenir et il y a des fois, il faut tenir.
- 37:15SPEAKER_00: Vous êtes d'accord
- 0:00UNKNOWN: ?
- 37:16SPEAKER_00: Donc, le lâcher prise en tout, ce n'est pas bon.
- 37:20SPEAKER_00: Il y a des trucs, il ne faut pas les lâcher.
- 37:22SPEAKER_00: Il faut bien les tenir.
- 37:23SPEAKER_00: Il y en a d'autres, on peut les lâcher.
- 37:25SPEAKER_00: Donc, si on n'a pas de discernement, ça ne marche pas.
- 37:31SPEAKER_00: Là où est la limite entre la croyance, la réalité, là où est le déni, là où est la capacité d'assumer
- 0:00UNKNOWN: ?
- 37:41SPEAKER_00: Donc tout ça, c'est le discrétio, la valeur du discernement qui se retrouve dans toutes les médecines globales.
- 37:51SPEAKER_00: Aujourd'hui, on les appelle médecine intégrative, médecine alternative, mais toujours on est en train de remettre dans un tout le salut le holos, pour pouvoir discerner mieux.
- 38:04SPEAKER_00: On ne peut pas discerner si on n'a pas remis dans le tout.
- 38:08SPEAKER_00: Donc il nous faut une vision globale pour discerner, sinon on ne peut pas.
- 38:14SPEAKER_00: Alors, cet art de se conduire avec une vie saine, elle est inspirée par le docteur Galien.
- 38:24SPEAKER_00: Galien, c'est un médecin du IIe siècle après Jésus-Christ, à Pergame.
- 38:31SPEAKER_00: qui a inspiré la règle de Saint-Benoît.
- 38:37SPEAKER_00: À travers ces six principes qui sont énoncés ici au tableau et que nous allons aborder maintenant pour clôturer ce sujet.
- 38:55SPEAKER_00: Dans les principes de Galien, on lit« Nous devons nous définir À partir de ce lieu où Dieu demeure en nous.
- 39:06SPEAKER_00: C'est mystique.
- 39:09SPEAKER_00: Où est la partie en nous où Dieu demeure
- 0:00UNKNOWN: ?
- 39:14SPEAKER_00: Dans toutes les traditions, il est dit le cœur, l'ami secret interne, le Dieu en soi.
- 39:26SPEAKER_00: Jamais d'aucun peuple sur la terre On a dit que le Dieu était dans la tête.
- 39:33SPEAKER_00: Ça, c'est une invention récente.
- 39:36SPEAKER_00: Le Dieu en soi, au mieux, on l'a posé dans le cœur.
- 39:41SPEAKER_00: Parce que le cœur a ses raisons que la raison n'a pas.
- 39:46SPEAKER_00: Et vous savez bien qu'en Égypte, pour s'y faire encore référence, au moment de la mort, on pèse le cœur.
- 39:55SPEAKER_00: Et que pour passer...
- 39:57SPEAKER_00: Dans l'équilibre de la super santé, il faut que notre cœur soit aussi léger que la plume de vérité.
- 40:08SPEAKER_00: Il n'y avait pas beaucoup qui passaient.
- 40:11SPEAKER_00: Il y a beaucoup de cœurs plus lourds que la plume.
- 40:14SPEAKER_00: Déjà, la plume, c'est léger.
- 40:16SPEAKER_00: Alors, imaginez la plume qui dit vrai, la plume de vérité.
- 40:20SPEAKER_00: Dans toutes les traditions, on a cherché Où est la sagesse
- 0:00UNKNOWN: ?
- 40:25SPEAKER_00: Où est Dieu en soi
- 0:00UNKNOWN: ?
- 40:28SPEAKER_00: On l'a tellement décentré que pour une partie de notre monde, c'est dans les désirs, dans les plaisirs, dans les dispersions, dans les loisirs, qu'on est le mieux.
- 40:46SPEAKER_00: Est-ce que ce serait de là qu'il faudrait agir et définir sa vie
- 0:00UNKNOWN: ?
- 40:52SPEAKER_00: et décider de sa vie
- 0:00UNKNOWN: ?
- 40:55SPEAKER_00: Je vous laisse décider.
- 40:57SPEAKER_00: En tous les cas, pour Galien, il faut trouver ce lieu intérieur où demeure Dieu pour pouvoir aller mieux.
- 41:09SPEAKER_00: Et parce que ce lieu nous conduit, dit-il, à de nouvelles dimensions de notre être.
- 41:15SPEAKER_00: Le premier principe, c'est AR, la lumière, l'air.
- 41:20SPEAKER_00: Le deuxième, c'est sibus et potus.
- 41:24SPEAKER_00: Peut-être que c'est un peu plus difficile à trouver, mais c'est nourriture et boisson.
- 41:30SPEAKER_00: Le troisième, c'est motus et kies, c'est-à-dire le mouvement et le repos.
- 41:40SPEAKER_00: La quatrième loi est somnus et vigilia, c'est-à-dire le sommeil et la veille.
- 41:51SPEAKER_00: Le cinquième, c'est secreta et excreta.
- 41:56SPEAKER_00: Ce qu'on sécrète et ce qu'on élimine.
- 41:59SPEAKER_00: Vous savez que toute la médecine antique, elle était basée sur les sécrétions.
- 42:05SPEAKER_00: Et la sixième, c'est affectus animi, c'est-à-dire les passions de l'âme, les sentiments, les émotions.
- 42:14SPEAKER_00: Bon, alors, on attache sa ceinture et on va voir si on fait tout dans...
- 42:20SPEAKER_00: Dans la règle de Saint-Benoît, aïe, on commence.
- 42:25SPEAKER_00: On commence par, je crois, quelque chose qui va fâcher.
- 42:28SPEAKER_00: On commence par l'espace dans lequel on vit, AR, doit être ordonné.
- 42:38SPEAKER_00: Je vous laisse un instant visiter vos voitures, vos garages, vos maisons, le tiroir de la cuisine.
- 42:47SPEAKER_00: Ça doit être ordonné.
- 42:49SPEAKER_00: Pourquoi
- 0:00UNKNOWN: ?
- 42:50SPEAKER_00: Parce que ça doit être le reflet de l'âme qui, elle, est en ordre, naturellement et intrinsèquement.
- 42:58SPEAKER_00: Alors le lieu où on vit, si on veut aller mieux, doit être en harmonie avec notre intériorité.
- 43:08SPEAKER_00: C'est une conception très saine de la construction de sa maison, que d'imaginer des lieux différents mais tous harmonieux.
- 43:19SPEAKER_00: Mais dans la règle de Saint-Benoît, elle allait très loin.
- 43:23SPEAKER_00: Elle allait jusqu'à composer les espaces de vie en rapport avec les besoins de l'âme.
- 43:31SPEAKER_00: Si vous visitez des monastères cisterciens, vous verrez qu'ils sont tous construits pareil.
- 43:38SPEAKER_00: Le plan cistercien est le même pour tous les monastères.
- 43:43SPEAKER_00: Des lieux de prière, cryptés, sombres, en dessous du monastère.
- 43:49SPEAKER_00: Des lieux d'évocation, de chant, des grands lieux lumineux aux voûtes amples et hautes.
- 43:59SPEAKER_00: Des lieux de déambulation, où on marche, où en fait on se délace les jambes à force de la prière.
- 44:07SPEAKER_00: Donc les cloîtres servaient à la déambulation pour se mettre en mouvement et passer ainsi à un autre état intérieur, des lieux de restauration, des lieux d'accueil.
- 44:19SPEAKER_00: On a dans le portail, en général, le mot qui dit« arrête-toi».
- 44:27SPEAKER_00: C'est un peu alto-profane des pythagoriciens, ça a deux sens.
- 44:33SPEAKER_00: C'est-à-dire que tout le monde ne peut pas rentrer, mais c'est aussi que si tu rentres, arrête-toi intérieurement.
- 44:41SPEAKER_00: Ils ont une intelligence des espaces qui rythme le temps.
- 44:47SPEAKER_00: Parce que du coup, il y a des lieux qui sont toujours cryptés à la nuit et des lieux où le soleil passe, comme dans une cathédrale, où les couleurs des vitraux ne sont pas les mêmes en fonction des points cardinaux.
- 45:06SPEAKER_00: Le soleil se lève à l'est, le vitrail n'a pas la même couleur que le vitrail de l'ouest, que le vitrail du nord ou du sud, parce que la lumière n'est pas la même.
- 45:17SPEAKER_00: Dans un monastère cistercien, on reprend ces règles.
- 45:22SPEAKER_00: Sibus et potus, c'est nourriture et boisson.
- 45:26SPEAKER_00: Alors là, il y a un gros, gros, gros, gros chapitre.
- 45:30SPEAKER_00: Parce que Galien et la règle de Saint-Benoît dit« La manière de se nourrir reflète notre rapport au monde».
- 45:42SPEAKER_00: Cette fameuse malbouffe, cette manière de manger en regardant la télévision, en écoutant les nouvelles atroces, voir des guerres, voir des morts et nous on mange notre nourriture.
- 45:55SPEAKER_00: N'avez-vous pas l'impression qu'elle va être la digestion un peu contrariée
- 0:00UNKNOWN: ?
- 46:01SPEAKER_00: Sauf si c'est tellement mécanique qu'on ne s'en rend même pas compte.
- 46:06SPEAKER_00: Mais cette manière, il y a une inculture dans la manière de se nourrir dans notre nouvelle civilisation en plein déclin qui invite...
- 46:20SPEAKER_00: à la réflexion de la règle, parce que dans la règle, il y a la prière avant le repas.
- 46:27SPEAKER_00: La prière, sans être catholique, sans vouloir faire des prières, c'est un moment où on s'arrête pour se rendre compte que je vais ingérer de la nourriture.
- 46:38SPEAKER_00: Ce qui était dehors passe dedans.
- 46:41SPEAKER_00: et va nourrir mon corps.
- 46:43SPEAKER_00: Si je mange n'importe quoi, il va me rendre malade, donc altérer l'équilibre de mon âme et tout le temps que j'aurai passé à m'éveiller, à m'émerveiller, à apprendre des choses, je vais le passer à me tordre de douleur.
- 46:59SPEAKER_00: Peut-être, il y a des fois, il serait bon d'avoir un peu plus d'attention à la qualité et à la manière surtout de manger.
- 47:09SPEAKER_00: Parce qu'il ne suffit pas de choisir sa qualité.
- 47:11SPEAKER_00: S'il suffisait de la qualité, toutes les vaches qui sont végétariennes rentreraient dans le nirvana.
- 47:20SPEAKER_00: Donc il ne suffit pas de manger végétarien pour être dans un degré spirituel élevé.
- 47:27SPEAKER_00: Ça serait trop facile.
- 47:28SPEAKER_00: Sinon, on s'y met tous.
- 47:30SPEAKER_00: Non, non, il y a d'autres choses à faire.
- 47:32SPEAKER_00: C'est pour ça qu'on parle plus de manière de manger que de ce que l'on mange.
- 47:38SPEAKER_00: ou de manière de respirer que ce que l'on respire.
- 47:42SPEAKER_00: Parce que moi, je vis à Paris, alors je peux vous dire que je suis plus défavorisée que vous, parce que je n'ai pas beaucoup d'espace, pas pollué.
- 47:50SPEAKER_00: Surtout quand on vit en plein Paris.
- 47:53SPEAKER_00: Mais la façon de respirer, je l'ai apprise et ça me permet quand même de vivre différemment la manière de vivre dans le vacarme, dans la pollution.
- 48:04SPEAKER_00: Même si ça c'est limite.
- 48:06SPEAKER_00: Donc manière de respirer, manière de manger va nous permettre donc de nous regarder différemment.
- 48:15SPEAKER_00: Comment on est avec les autres
- 0:00UNKNOWN: ?
- 48:17SPEAKER_00: Comment on est avec Dieu
- 0:00UNKNOWN: ?
- 48:19SPEAKER_00: C'est intéressant.
- 48:20SPEAKER_00: Dans la règle de Saint-Benoît, il dit« La manière de manger doit se refléter dans ta manière d'être en rapport avec Dieu.
- 48:27SPEAKER_00: » C'est pour ça qu'il y a toujours le jeûne.
- 48:30SPEAKER_00: Cette capacité de faire le vide pour rentrer en relation avec le vide, c'est avec Dieu.
- 48:36SPEAKER_00: Parce que le jeûne, il ne sert pas pour perdre des kilos ou juste pour faire une expérience intéressante sur soi.
- 48:43SPEAKER_00: Il sert à faire le vide.
- 48:45SPEAKER_00: Sentir le vide en soi, c'est approcher la divinité différemment par cette notion du vide qui la caractérise.
- 48:55SPEAKER_00: Troisièmement, motus et pièce.
- 48:58SPEAKER_00: Mouvement et repos.
- 49:01SPEAKER_00: C'est intéressant ça aussi.
- 49:04SPEAKER_00: Parce que c'est le rythme.
- 49:08SPEAKER_00: Alors, Pourquoi je disais, pour certains, chaque fois qu'ils partent en vacances, ils tombent malades.
- 49:13SPEAKER_00: Vous aurez compris qu'il y a un petit souci sur le rythme.
- 49:18SPEAKER_00: Et c'est pareil pour tout.
- 49:19SPEAKER_00: On mange, on mange, on mange, on mange.
- 49:22SPEAKER_00: Et après, on s'endort au bureau parce qu'on a trop mangé.
- 49:25SPEAKER_00: On travaille, on travaille, on travaille.
- 49:27SPEAKER_00: Après, on tombe malade.
- 49:29SPEAKER_00: Donc, être en repos en même temps qu'on est en mouvement, alors ça, c'est un art excellent.
- 49:35SPEAKER_00: C'est-à-dire pouvoir...
- 49:38SPEAKER_00: Mettre en juste lien, en juste harmonie les temps de travail et les temps de repos.
- 49:45SPEAKER_00: Donc savoir s'arrêter.
- 49:47SPEAKER_00: Parce que tous les paresseux, le saint, ils ont du mal à s'y mettre.
- 49:50SPEAKER_00: Mais une fois qu'ils y sont, on ne les arrête plus.
- 49:53SPEAKER_00: Et quand ils s'arrêtent, ils ne recommencent plus.
- 49:58SPEAKER_00: Ils restent longtemps en arrêt.
- 50:00SPEAKER_00: Donc à un moment donné, oui, ça fait un rythme quand même.
- 50:04SPEAKER_00: Ça finit par créer un rythme complètement dissonant.
- 50:08SPEAKER_00: Et tout le temps, c'est la volonté qui doit nous remettre au boulot.
- 50:12SPEAKER_00: Et c'est la volonté qui doit nous permettre d'arrêter de bosser.
- 50:16SPEAKER_00: Parce que sinon, on ne s'arrête pas.
- 50:18SPEAKER_00: Donc ça, ça ne va pas.
- 50:20SPEAKER_00: C'est la répartition du temps qui est l'art de la règle de Saint-Benoît.
- 50:25SPEAKER_00: Et dans...
- 50:28SPEAKER_00: Les voies spirituelles, et on le pratique dans notre école de philosophie, c'est la mise en place de pauses conscientes.
- 50:36SPEAKER_00: C'est-à-dire toutes les deux heures, toutes les trois heures.
- 50:41SPEAKER_00: Ça se pratique au village des Pruniers avec Tish Nathan.
- 50:46SPEAKER_00: On s'arrête et on passe dix minutes à la contemplation de quelque chose de beau.
- 50:53SPEAKER_00: Toutes les deux heures, on s'arrête.
- 50:55SPEAKER_00: Alors, moi, j'ai vu des candidats à l'exercice qui disaient non, moi, c'est trop dur.
- 51:00SPEAKER_00: Alors, je mets l'alarme comme ça.
- 51:03SPEAKER_00: Toutes les deux heures, mon portable sonne.
- 51:06SPEAKER_00: Et du coup, je pense à m'arrêter.
- 51:09SPEAKER_00: Non, non, ça, ce n'est pas un exercice spirituel.
- 51:12SPEAKER_00: Non, non, ça, c'est une technique mécanique.
- 51:15SPEAKER_00: Non, non, vraiment.
- 51:16SPEAKER_00: Est-ce que toutes les deux heures, je peux penser à m'arrêter
- 0:00UNKNOWN: ?
- 51:20SPEAKER_00: C'est ça l'exercice.
- 51:21SPEAKER_00: Et une fois que j'y pense, vous vous observerez, il y a une petite voix qui dit non, non, pas maintenant, pas maintenant.
- 51:27SPEAKER_00: Si tu t'arrêtes, tu ne reprends pas.
- 51:29SPEAKER_00: Non, non, tu finis ça, tu finis ça, tu finis ça.
- 51:31SPEAKER_00: Et tu finis et à la fin de la journée, tu ne t'es jamais arrêté.
- 51:35SPEAKER_00: Donc un, il faut y penser.
- 51:37SPEAKER_00: Deux, il faut s'obéir.
- 51:40SPEAKER_00: Si ça arrive, si on y pense, allez, je le fais maintenant.
- 51:44SPEAKER_00: Parce que sinon, je vais me déborder.
- 51:47SPEAKER_00: sont des pratiques faciles comme celles d'ouverture et de fermeture de nos journées.
- 51:52SPEAKER_00: Elles encadrent les journées.
- 51:56SPEAKER_00: Tous les peuples du monde ont salué le soleil au lever et tous les peuples archaïques du monde ont salué le soleil au coucher.
- 52:04SPEAKER_00: Nous, on n'y a pas besoin parce qu'on a la lumière, vous me direz.
- 52:07SPEAKER_00: Ok.
- 52:08SPEAKER_00: Du coup, on ne sait pas quand est-ce qu'il se lève, on ne sait pas quand est-ce qu'il se couche, mais on sait quand même quand est-ce que nous, on se lève, et on sait quand est-ce que nous, on se couche.
- 52:20SPEAKER_00: Donc, dans cette même lignée d'exercices philosophiques que l'on retrouve dans toutes les écoles de philosophie antique, décider que j'ouvre ma journée en conscience, Je m'arrête.
- 52:33SPEAKER_00: Arrête-toi.
- 52:35SPEAKER_00: Je m'arrête.
- 52:36SPEAKER_00: J'ouvre en conscience.
- 52:37SPEAKER_00: Non, non, je n'ai pas le temps là.
- 52:38SPEAKER_00: Il faut que je parte au boulot, j'ai le métro, j'ai la voiture, j'ai un tel qui m'attend.
- 52:42SPEAKER_00: Non, non, tu t'arrêtes.
- 52:43SPEAKER_00: Avant de commencer, tu t'arrêtes.
- 52:45SPEAKER_00: Et le soir, tu t'arrêtes aussi avant de te jeter au lit parce que tu n'en peux plus.
- 52:50SPEAKER_00: Donc, ces ouvertures et ces fermetures, vous voyez, elles sont déjà des pauses intégrées parce que le soleil, avant d'apparaître, il n'est pas visible.
- 53:01SPEAKER_00: Donc il est dans un cheminement.
- 53:03SPEAKER_00: Et quand il arrive, c'est le jour.
- 53:06SPEAKER_00: C'est mon moment pour commencer ma journée.
- 53:11SPEAKER_00: Somnus et vigilia, c'est sommeil et veille.
- 53:17SPEAKER_00: On ne se cache pas qu'on a beaucoup de problèmes de sommeil, non
- 0:00UNKNOWN: ?
- 53:23SPEAKER_00: La quantité d'insomnie, de mal dormir.
- 53:27SPEAKER_00: Pas de dormir
- 0:00UNKNOWN: !
- 53:29SPEAKER_00: Trop ou pas assez, ça c'est autre chose.
- 53:31SPEAKER_00: Mais de mal dormir.
- 53:33SPEAKER_00: Parfois, on dort beaucoup, mais on ne se régénère pas.
- 53:37SPEAKER_00: Parfois, on ne peut pas dormir.
- 53:39SPEAKER_00: Parce qu'on est préoccupé, parce que l'anxiété nous prend, parce qu'on pense à plein de choses en même temps.
- 53:44SPEAKER_00: Donc le sommeil, dit la règle, sobre, c'est ni trop, ni pas assez.
- 53:52SPEAKER_00: Se croire invulnérable et se prendre...
- 53:58SPEAKER_00: Au sérieux, par péché d'orgueil, dit la règle, c'est de vouloir pas trop dormir.
- 54:05SPEAKER_00: Donc, trop dormir, je suis fatiguée, je vais dormir.
- 54:09SPEAKER_00: Et vous avez aussi remarqué que plus on dort, plus on est fatigué.
- 54:15SPEAKER_00: Alors, encore une fois, le juste équilibre.
- 54:18SPEAKER_00: Se donner une règle, je dors 7 heures, je dors 6 heures.
- 54:23SPEAKER_00: Et de temps en temps, je dors à non plus pouvoir parce que je suis fatiguée.
- 54:27SPEAKER_00: Secreta et excreta.
- 54:29SPEAKER_00: Alors, il n'y a pas de pudeur chez les pères de l'église pour parler tantôt de la sexualité comme de l'art de l'excrétion, c'est-à-dire l'ennemi numéro un, la constipation.
- 54:44SPEAKER_00: Ils de garde passent des traités entiers sur l'art de la digestion, comment faire Et comment interpréter celui qui est constipé, qui retient excessivement ce qu'il pourrait lâcher
- 0:00UNKNOWN: ?
- 54:59SPEAKER_00: Évidemment, c'est facile à interpréter.
- 55:02SPEAKER_00: l'art de la juste et du juste équilibre de la sexualité.
- 55:08SPEAKER_00: Hildegard de Bingen, femme moniale au XIIe siècle, c'est pour ça que j'ai dit qu'elle a évité plusieurs fois le bûcher.
- 55:16SPEAKER_00: Elle était très aimée parce qu'elle était très généreuse, très bonne et surtout respectée parce qu'elle était foncièrement efficace dans tout ce qu'elle entreprenait.
- 55:29SPEAKER_00: Et donc, elle écrit tout un traité sur la juste sexualité.
- 55:35SPEAKER_00: Et les deux voies pour intégrer, dit-elle, sa sexualité, donc vous allez vous y retrouver, c'est la voie conjugale ou le célibat, mais là assumée.
- 55:47SPEAKER_00: La voie conjugale, dit-elle, parce que c'est le désir de l'unité avec l'autre, dont bien vécu, c'est un grand épanouissement.
- 55:56SPEAKER_00: Freud en a fait toute sa psychologie.
- 56:00SPEAKER_00: Mais pour ce qui est du célibat, cette sublimation érotique est un des grands principes des pères de l'Église.
- 56:08SPEAKER_00: Savoir utiliser cette énergie qui est en nous en la sublimant et pas faussement mais véritablement et en rendant notre spiritualité plus féconde par ce retour à soi de cette sublimation.
- 56:28SPEAKER_00: Alors, Là vient la question d'une très vieille maladie de l'âme qui est l'acédie.
- 56:36SPEAKER_00: Ce n'est pas un mot qu'on rencontre beaucoup.
- 56:39SPEAKER_00: L'acédie, ça vient du grec kédos et akédos, c'est ne pas prendre soin, négliger.
- 56:49SPEAKER_00: Les platoniciens ont dit le temple de l'âme est le corps.
- 56:56SPEAKER_00: Ok, dans notre corps
- 0:00UNKNOWN: ?
- 56:58SPEAKER_00: Il est un temple et à l'intérieur, il y a un habitant silencieux qui est l'âme.
- 57:03SPEAKER_00: Alors si je pouvais peut-être un peu mieux tenir compte de ça et prendre mieux, plus soin de soi et de mon temple.
- 57:14SPEAKER_00: Et donc, prendre soin.
- 57:16SPEAKER_00: Prendre soin de mes affaires.
- 57:18SPEAKER_00: Prendre soin de ma maison.
- 57:19SPEAKER_00: Prendre soin de celui ou celle avec qui je vis.
- 57:23SPEAKER_00: Prendre soin.
- 57:24SPEAKER_00: Le soin comme cure de vie.
- 57:28SPEAKER_00: parce qu'à force de ne pas prendre soin, à force d'avoir négligé, on tombe sur le« à quoi bon».
- 57:37SPEAKER_00: Perte de sens qui est une caractéristique quand même de nos contemporains, non
- 0:00UNKNOWN: ?
- 57:44SPEAKER_00: Bernanos déjà écrivait« le démon de mon cœur s'appelle à quoi bon».
- 57:51SPEAKER_00: Quand on vit ce souci de l'être, on arrive à la joie.
- 57:57SPEAKER_00: Parce que c'est indéniable de s'occuper de l'un, de s'occuper de l'autre.
- 58:02SPEAKER_00: D'avoir ce sentiment de faire le bien autour de soi, ça donne de la joie.
- 58:06SPEAKER_00: Je voudrais conclure sur une petite phrase de Sénèque que j'adore.
- 58:13SPEAKER_00: Sénèque, il fait la chasse au stultus.
- 58:21SPEAKER_00: Qui est le stultus
- 0:00UNKNOWN: ?
- 58:23SPEAKER_00: Le stultus, c'est le disciple qui ne prend pas soin de lui.
- 58:31SPEAKER_00: Et il dit, si tu veux être candidat de l'harmonie et si tu veux trouver la tranquillité de l'âme, il te faut quitter ce défaut de ne pas prendre soin de toi.
- 58:50SPEAKER_00: Et Socrate, lui-même, Ce philosophe vagabond qui se permettait de dire la vérité dans la rue avec une insolence dérangeante disait« Ma seule affaire, c'est en effet d'aller par les rues pour vous persuader de ne vous préoccuper ni de votre corps, ni de votre fortune aussi passionnément, mais de vous préoccuper plus de votre âme.
- 59:20SPEAKER_00: » pour la rendre aussi bonne que possible.