Latest / Les invités de Radio des Ballons / Inauguration du festival des jardins métissés au parc de Wesserling
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- Hervé Keul, quel était ton rôle dans cette exposition ici, de l'année à Vaisserlande ? Alors, moi, je suis enseignant au collège Charles Valls de Tannes et donc j'ai en charge des élèves qui sont en grande difficulté scolaire et qui ont des ateliers professionnels. Donc moi, je leur fais découvrir les métiers du bâtiment et ma collègue, madame Lux, leur fait découvrir les métiers de l'espace rural et de l'environnement. Et donc, on s'est associés pour proposer des réalisations dans le cadre de l'Odyssée d'Ulysse. Donc, il y a quelles réalisations qui ont été faites, là ? Alors, il y a l'œil du cyclope qui a été fait sur la grotte qu'on vient de voir. On a réalisé aussi les branches anthropomorphes qui représentent un peu l'armée face au cheval de Troyes, un peu plus loin. Et on a réalisé aussi des plantations dans la parcelle juste derrière nous qui est l'île de... Je ne me souviens plus. On la retrouvera. Oui. Donc, on a fait des plantations également. Ça a nécessité beaucoup de travail ? Ça a nécessité à peu près 80 heures de travail en atelier et puis une vingtaine d'heures sur le site. Voilà, maintenant, il ne reste plus qu'à attendre les visiteurs de l'été. Exactement. Et puis, pour l'instant, la météo est plutôt clémente. Donc, ça laisse augurer d'une belle saison. Célia, tu nous viens d'où ? De Bruxelles. Ah ben, vive le roi ! Et qu'est-ce que tu as fait ici à Vaisserlin ? D'abord, comment ça se fait qu'il est venu à Vaisserlin ? En fait, on a un cours qui s'appelle Atelier-Projet. Et dans ce cours, on a pu répondre à un cahier des charges. On n'était pas obligé de répondre au cahier des charges d'ici. Mais moi, j'ai décidé de travailler sur ce projet-là parce que le côté ludique et axé pour les enfants m'intéressait beaucoup. Et donc, du coup, j'ai répondu au cahier des charges. Et j'ai été reprise et j'ai pu présenter mon projet et construire mon projet avec tous les camarades de classe de cette année. Alors, c'était quoi ton projet ? Alors, mon projet, ça s'intitule « Itac au bout du parcours ». Et ça reprend toute l'Odyssée d'Ulysse pour arriver jusqu'à Itac, sa destination finale. Et là, tu as fait une belle réalisation. Tu ne l'as pas faite toute seule ? Non, on est venu une semaine fin avril avec des collègues de classe. Donc, on était dix. Et mon professeur référent était là aussi, monsieur Jérôme Goutsils. Et donc, on a pu, pendant une semaine, réaliser le projet et tout le monter. Je pense que c'est quand même un gros projet. Tu occupes quand même une bonne partie du parc de Vaisserlin. Oui, je suis très contente d'être lauréate. Et ça a fait une belle expérience de groupe aussi, de pouvoir monter un projet. Parce qu'on a l'habitude de faire des plans dans nos études. Mais de le voir réalisé et fait, de voir des gens l'utiliser, ça fait vraiment plaisir. Et c'est chouette. Est-ce que Ulysse, ça t'a tiré tout de suite ? J'ai trouvé ça très chouette comme thème. Et je trouvais que ce thème permettait de faire beaucoup de choses. Et faire beaucoup de choses différentes. Nous voici avec François, toujours ici au parc de Vaisserlin, pour l'ouverture de cette saison. François, c'est le lycée de Valdois ? C'est ça, c'est le lycée agricole de Valdois, situé dans le territoire de Belfort, à une cinquantaine de kilomètres d'ici. Et qu'est-ce que tu as réalisé cette année ? Cette année, on a réalisé une parcelle autour d'Eole, qui est un des personnages principaux de l'histoire. L'idée, c'était de travailler notamment sur le mouvement donné par le vent, en créant des massifs circulaires, des mouvements de sol, etc. Et puis surtout, on a fait une représentation du bateau échoué aux abords des vagues. Le bateau, il n'y a pas l'eau, déjà, c'est une garantie. Mais c'est déjà une belle réalisation, c'est quand même assez gros. Oui, c'est assez gros. C'est un gros travail qui a été mené par nos étudiants. Donc, il faut savoir qu'en fait, on ne travaillait qu'une classe de BTS, en aménagement paysager, qui sont venus ici pendant une semaine pour réaliser l'entièreté du jardin. Ça fait combien d'élèves qui ont travaillé sur le sujet ? Alors, on a 15 élèves, cette année, en BTS, qui ont travaillé depuis la phase de conception, qui a démarré autour du mois de novembre. Ensuite, on a rendu nos projets pour fin décembre, début janvier. Et ensuite, il y a eu la réalisation qui a été faite sur une semaine. Alors, le concept, qui l'a fait ? Alors, le concept, ça a été fait par des étudiants. En fait, les 15 étudiants ont été dispatiés en quatre groupes. Chaque groupe a travaillé sur une partie de l'histoire. Et donc, c'est cette partie-là qui a été retenue par le Festival de Jardin. Et du coup, tout Valdois va venir visiter l'exposition cet été ? Voilà, tout à fait. Chaque élève est invité à venir au cours de l'été. En sachant aussi que nous, on va préparer une sortie dès le mois de septembre pour présenter aussi à la fois le travail des deuxièmes années, enfin des futures deuxièmes années, mais aussi pour nos futures premières années. Voilà, qu'ils voient un petit peu le travail qui est fait et qu'est-ce qu'on peut faire. Nous aussi avec Charlotte. Et Charlotte, nous sommes là sur une île. Oui, on est sur l'île d'Ea. Et qu'est-ce que tu as réalisé ici ? Alors moi, je travaille le papier et donc j'ai réalisé un théâtre végétal. En fait, c'est juste une scène du théâtre que j'ai émis parce que c'est un spectacle en soi. Et donc, ça raconte l'histoire de la déesse Circé qui a été bannie par les dieux et qui s'est retrouvée seule sur une île. Et donc, il y a, à travers la solitude et les plantes, trouvé sa vocation de magicienne. Et donc, je raconte tout ça dans un théâtre d'ombre et de papier. Et donc, j'ai reconstitué le théâtre dans une cabane qu'on a construit aussi sur la parcelle. Et voilà, j'espère pouvoir jouer le spectacle pendant la saison. On verra. Tu n'as pas travaillé toute seule sur le sujet ? Non, j'étais avec deux amis, Hugo Carton qui est sculpteur et Nicolas Barbero qui est plasticien. Et donc, on a réalisé aussi d'autres parties de la parcelle, notamment une grande sculpture végétale et en céramique de la déesse. Et tout un palais en torchie avec des bacs, des plantations de plantes médicinales et des fresques qui viennent sur le palais. Il y en a une qui travaille le papier, l'autre le carton, tout va bien se faire. Mais ce n'est pas la première fois que tu fais des réalisations ici ? Non, non, plus ou moins tous les ans depuis que je suis ici. Donc, ça va faire quatre ans. Moi, j'habite dans le parc. Hugo habite dans le parc. Nicolas habite dans le parc. Donc, on est des habitués. On a nos ateliers à côté. On connaît bien l'équipe. Donc, c'est une chance pour nous d'avoir un beau lieu pour pouvoir exprimer nos œuvres. Je suis bénévole et je participe à la recherche et à la réalisation d'un décor qui entre dans le thème du parc chaque année. C'est uniquement au niveau du Jardin Potager ? C'est uniquement au niveau du Jardin Potager. Mais comme je le disais aussi, chaque année, on s'évertue à mettre en honneur des tissus Médine-Vécerlin du 19e siècle. Donc, à partir d'échantillons minuscules trouvés dans les catalogues du musée. Musée, d'ailleurs, que je vous invite à visiter parce qu'il est très, très, très riche. On reconstitue grand format des tissus que l'on expose dans cette allée, dans cette allée qui traverse nos potagers, petits potagers, grands potagers, terrasses désaromatiques. Quand on a fait le chemin, on arrive dans le parc avec les œuvres des jardins réguliers. Nous, on se débrouille un peu en interne pour essayer de donner aussi un potager esthétique, ludique. Les dames sont particulièrement actives pour rechercher des idées de jeux qui peuvent s'adresser aussi bien aux enfants qu'aux parents. Cette année, sur le thème du Lys, ça a été facile ? Très facile parce que c'est tellement riche. On a revu un peu l'histoire et ensuite, chacun s'est trouvé une place pour la réalisation. Combien de personnes qui participent à ce jardin potager ? Activement, il y a l'équipe des salariés en insertion aussi, qui nous aide. Mais pour concevoir ces fameux décors dans le thème, on est, je dirais, une dizaine, une douzaine, avec des grands bricoleurs, des messieurs costauds encore. Et voilà, parce que pour monter ces colonnes-là, on ne dirait pas, mais c'est quand même un sacré travail. Et puis pour monter aussi sur les échelles, moi, je n'ai plus tout à fait l'âge. Donc, heureusement qu'il y a une relève. Merci Jean et bon été au parc de Vaisserla. Merci beaucoup. François, le président ici de toute l'organisation, c'est toi qui chapeautes. Ça y est, c'est parti pour la saison. Effectivement, on a visité il y a un mois ensemble le nouveau circuit écomuséal, 250 ans à travers sept étapes. Château, jardin, ferme, grande chaufferie, labo, salle des turbines. Aujourd'hui, on inaugure les beaux jardins de Vaisserla, puisqu'ils sont plus tardifs. Chez nous, on est en montagne. Ils sont beaux à partir du 1er juin et nous y sommes. Et donc, nous avons le festival des jardins métissés avec ses œuvres sur le voyage du lys qui sont absolument superbes. On peut rentrer dedans, s'amuser, mais en même temps, elles sont belles comme tout. Elles sortent des jardins comme une émanation du monde antique. Et puis, bien sûr, on a aussi les autres jardins, en particulier le potager, qui est un potager social, décoratif, mais superbe au travail des gens en insertion et dirigé par une équipe de bénévoles extrêmement dynamique. Alors, on a aussi, bien sûr, le parc à l'anglaise avec son sentier pieds nus, plein de jeux. On a le jardin rural et puis on a les terrasses à l'italienne avec quelques animations particulières dans la grotte mystérieuse. Pour les amoureux du jardin, ça y est, il faut venir à Bessarlins, c'est génial. Et chaque semaine, ça va devenir encore plus beau puisque les plantes poussent. Elles sont déjà très belles aujourd'hui. Et donc, on peut aimer les plantes, aimer la création florale et artistique et aimer différentes ambiances de jardin, même se détendre, pique-niquer, se coucher dans l'herbe. Tout ça, c'est autorisé chez nous. On peut jouer et apprécier la beauté. Et s'il y a le même enthousiasme qu'à cette inauguration, ce sera un bel été. Voilà, on a beaucoup de monde aujourd'hui, donc on a beaucoup d'amis qui sont venus nous voir et tout le monde trouve ça génial. J'ai cinq personnes qui m'ont dit « je vais amener un groupe ». Alors très bien, venez avec votre groupe. C'est vrai qu'on peut venir tout seul, on peut venir en famille, on s'amuse avec les enfants ici. On peut venir en groupe qui s'intéresse plutôt au patrimoine et à l'histoire des choses puisque même les jardins ont une histoire qu'on raconte, l'histoire des jardins. On a une visite théâtralisée en 1900 dans les jardins avec un acteur qui joue le rôle d'un jardinier de 1900 et qui raconte un peu ses jardins qui sont très proches de ceux d'aujourd'hui d'ailleurs. Et alors on me dit « mais c'est pas possible qu'on ait un festival métissé en 1900 ». Si si, parce que les patrons faisaient dans leurs jardins des folies. C'est quoi une folie ? C'est une œuvre bizarre qu'ils créaient. Par exemple un temple hindou, un faux temple hindou, une fausse usine en ruine ou une grotte, la grotte où on l'a recréée. Ils mettaient ça pour que leur beau jardin soit une touche un peu exotique et artistique. Ben c'est ce qu'on fait aujourd'hui, donc on est tout à fait dans les jardins de 1900.