Latest / Les invités de Radio des Ballons / Conférence sur la sorcellerie dans la vallée de la Haute-Moselle
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- La médiathèque du Thiault va proposer une conférence le 21 mars à 20h sur un thème très particulier avec une personne très particulière, la conférencière Leïla Lambert. Leïla Lambert, que vas-tu proposer ce jour-là ? Bonjour, on va parler des procès en sorcellerie qui ont lieu dans la vallée de la Haute-Moselle, notamment les procès qui ont eu lieu à Bussan et à Ramonchamp. Et c'est à quelle époque ? Alors, il y a eu deux grandes vagues de procès. Il y a eu 1617-1624 pour ce qui concerne la vallée de la Moselle, même s'il y a eu un petit peu avant, un petit peu après aussi d'autres cas. En tout cas, pour ce qui concerne la vallée de la Moselle, mais si on regarde un peu toute l'Europe, ça s'étale quand même de, on va dire, 1500 à 1692-1700. Donc, c'est une vague de procès qui a duré très longtemps. Et tu vas raconter ces procès, mais c'est-à-dire ? Alors, moi, je vais vraiment raconter le côté historique de ces procès, c'est-à-dire qu'est-ce qui s'est passé, qu'est-ce qui a été dit par les personnes. On va se baser sur les documents d'époque, donc pourquoi elles ont été accusées, comment elles se sont défendues, etc. Et l'idée, c'est plutôt de réhabiliter la mémoire de ces femmes, de montrer qu'elles étaient plutôt des pauvres femmes, pas vraiment avec des pouvoirs magiques, mais que c'est une machine judiciaire qui les a condamnées à mort, malheureusement à tort. Et pour nos auditeurs, un petit exemple d'un procès... Pourquoi la condamnation ? Qu'est-ce qu'on leur reprochait, à ces femmes ? Alors, comme on le disait, il y a eu deux vagues de procès, principalement sur la vallée de la Moselle. Et du coup, c'était pas toujours la même chose qui a été reprochée. Donc, par exemple, sur le procès de 1617, qui a eu lieu à Buissant, en fait, quand on regarde les annales du procès, la femme est accusée par exemple que lorsque les veaux du voisin sont venus dans son champ, elle les a poussés et elle a dit « Oh là là, tu t'en repentiras », et quelques temps après, les veaux sont morts. Du coup, on a dit « Ah, c'est une sorcière ». Ça s'est passé aussi à un enfant qu'elle a regardé, et puis elle a dit quelque chose, et puis l'enfant est décédé. Bref, un peu des querelles de voisinage. Donc ça, c'est sur le procès de 1617 à Buissant. Sur le procès de 1624 à Ramonchant, on se rend compte que c'est pas tout à fait la même chose, en fait. Puisque Chrétienne Parmentier qui a été accusée, elle, on parle beaucoup plus de sabbat, de où est-ce qu'elle allait au sabbat, qu'est-ce qu'elle y faisait. Donc, ce rassemblement, en fait, de personnes qui, probablement, étaient plutôt bon enfants, mais qui ont été diabolisées, en fait, par l'Église lors de ces questions. On voulait lui faire dire qu'il y avait des orgies, on voulait lui faire dire qu'il y avait des fausses messes où Dieu aurait été renié, etc. Donc, un positionnement encore un petit peu différent par rapport aux accusations en fonction des procès. Mais tu as dit un prénom qui m'a surpris, là. T'as dit Chrétienne Parmentier ? Alors, elle avait le prénom de Chrétienne et il l'accusait de sorcellerie ? Oui, tout à fait. Et après, c'est des... On va voir, quand on va dérouler un peu les noms de toutes les personnes qui ont été condamnées ou au moins accusées comme sorcellerie, c'est que des vieux prénoms de l'époque. Et souvent, effectivement, le prénom Chrétienne était assez donné, parce que c'était aussi une manière de protéger les bébés à la naissance. Et puis, les gens étaient très, très pieux à l'époque. Donc, voilà, il y a des prénoms comme ça, un peu rigolos, qu'on ne verrait plus de nos jours. Mais, 2025, parler de sorcellerie, et t'intéresser par ça, pourquoi ? Ça te fait à nous ? Alors, moi, je suis passionnée par les sorcières depuis que je suis toute petite. Alors, bien sûr, quand j'y suis rentrée, sur sept, huit ans, c'était plutôt sur la figure un petit peu fantastique, que ce soit les livres de contes ou des choses comme ça. Et quand j'étais, on va dire, jeunes ados ou jeunes adultes, j'ai voulu un peu voir qu'est-ce qu'il y avait vraiment derrière. Et donc, du coup, j'ai commencé à faire des recherches sur les procès de sorcellerie. Et puis, j'ai fait le tour des musées de sorcellerie qui existent un petit peu partout dans le monde. Donc, il y en a dix. J'en ai vu neuf sur les dix. Et donc, du coup, j'ai essayé d'aller creuser un petit peu cette figure de la sorcière, qui étaient les femmes qu'on condamnait comme sorcières un peu partout. Et c'est ça que je vais partager, entre autres, lors de la conférence du 21 mars. Un petit rappel, la conférence du 21 mars, où, à quelle heure, est entrée libre ? C'est à 20h à la médiathèque du Thiau. Et bien sûr, c'est gratuit et sans réservation. Et il n'y a pas de chapeau de sorcière à la fin pour récupérer les sous ? Non, il n'y en a pas besoin. C'est vraiment juste pour le plaisir de se cultiver ensemble et d'échanger sur l'histoire de la vallée.