Latest / Le Café du Sport Business / Alpes 2030 : la gouvernance d'Edgar Grospiron dans la tempête
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- 0:03Le café du sport business. On parle pas des sports du
- 0:05weekend hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:15Bonjour et bienvenue au café du sport business.
- 0:19Bonjour, aujourd'hui, on plonge dans les coulisses de
- 0:22l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2030.
- 0:25Alors d'un côté, on a cette vision magnifique des Alpes
- 0:28françaises présentée au monde entier.
- 0:31Des jeux sobres, durables. Exactement.
- 0:34Et puis, de l'autre, en interne, c'est une crise de gouvernance
- 0:37majeure qui secoue le comité d'organisation.
- 0:40Démissions, accusations, luttes de pouvoir.
- 0:42On a l'impression que c'est une véritable tempête.
- 0:45C'est un peu ça, oui. Pour nous aider à y voir plus
- 0:47clair, à décrypter un peu cette situation complexe.
- 0:50Nous avons notre experte avec nous.
- 0:52Bonjour, alors commençons par l'événement qui a vraiment mis
- 0:55le feu aux poudres, la démission de Bertrand Méheut.
- 0:58Qui est-il et pourquoi son départ a provoqué une telle onde
- 1:01de choc. Bah Bertrand méheut, ce n'est
- 1:03pas n'importe qui, c'est un dirigeant très expérimenté,
- 1:06l'ancien président du groupe Canal Plus du PMU.
- 1:10C'est ce qu'on appelle un poids lourd.
- 1:12D'accord ? Et pour les Alpes ?
- 1:132030, il présidait le comité des rémunérations.
- 1:16C'est un organe de surveillance qui est censé être indépendant.
- 1:19Justement, ce comité, son rôle, ce n'est pas seulement de fixer
- 1:22les salaires, j'imagine ? Non, pas du tout.
- 1:24Il faut vraiment le voir comme un garde-fou.
- 1:26Un conseil des sages, si vous voulez son rôle, c'est de
- 1:28s'assurer que l'organisation, les nominations, les salaires,
- 1:32que tout ça reste dans les clous.
- 1:33C'est un peu la conscience éthique et financière du projet.
- 1:36C'est ça. Alors forcément, quand le
- 1:38président de ce comité claque la porte et pas en silence, mais
- 1:42avec une lettre au vitriol, tout le monde se retourne.
- 1:44Et dans cette lettre, il emploie des mots très forts.
- 1:47Il parle d'une dérive importante.
- 1:49Qu'est ce qu'il visait précisément ?
- 1:51Ah. Il ne mâche pas ses mots, il
- 1:53accuse directement le président du comité d'organisation, le
- 1:56champion olympique Edgar Grosspiron, se comporter.
- 1:59Et je cite. Comme s'il était président
- 2:01directeur général, hors de tout contrôle, sans en avoir la
- 2:04compétence. C'est une attaque frontale.
- 2:06Très frontale. Lui, il alerte sur des risques
- 2:09pour les délais, pour les coûts. Et il parle d'une démotivation
- 2:12profonde des équipes. Surtout, il insiste bien, ce
- 2:15n'est pas un pas isolé. Il rappelle le départ de la
- 2:17directrice des opérations, celui du directeur de la
- 2:20communication. L'image d'un navire qui commence
- 2:22à perdre des membres clé de son équipage.
- 2:24Exactement. Et face à des accusations aussi
- 2:26directes venant d'une figure comme mets eux.
- 2:29Comment est ce qu ? Edgar Grospiron a réagi.
- 2:31La réaction a été double. D'abord la communication
- 2:34officielle, très classique. Le comité d'organisation prend
- 2:38acte avec regret de son départ, tout en rappelant que le comité
- 2:41de Meyeu n'a qu'un rôle consultatif.
- 2:43C'est une façon de minimiser, de dire Circulez, il n'y a rien à
- 2:47voir. C'est tout à fait ça.
- 2:48On réduit l'importance de la source.
- 2:51Et puis il y a la réaction plus personnelle de gros spiron.
- 2:54Il se dit étonné. Étonné, c'est un peu difficile à
- 2:57croire, non ? Une démission comme celle-ci, ça
- 3:00ne s improvise pas. C'est une posture, bien sûr.
- 3:02Il affirme être pleinement dans son rôle et en fait, il retourne
- 3:07l'accusation. Il suggère que c'est le comité
- 3:09des rémunérations qui serait sorti de ses prérogatives.
- 3:12Le monde à l'envers. En quelques sortes.
- 3:15Et pour rassurer, il ajouter que le Comité international
- 3:17olympique, le CIO, n'a aucune inquiétude.
- 3:20En gros, le message c'est tout va bien.
- 3:23D'accord, cette démission à donc levé le voile sur des tensions
- 3:26bien plus profondes. Parlons de l'aspect financier,
- 3:30quels étaient les points d'inquiétude concrets ?
- 3:32Le comité des rémunérations a pointé plusieurs problèmes,
- 3:35d'abord, l'utilisation de 4 cartes bancaires d'entreprise
- 3:38qui débitent directement le compte du comité.
- 3:41Attendez, ça veut dire que ce n'est pas le système classique
- 3:43de notes de frais où on avance l'argent et on.
- 3:46Se fait rembourser ? Non là, la carte pioche
- 3:47directement dans le compte de l'entreprise.
- 3:50Le risque de dérapage, du coup, a été jugé important parce que
- 3:53le contrôle se fait après coup. On imagine ?
- 3:56Bien. Et un chiffre à particulièrement
- 3:57attiré l'attention, 35000€ de notes de frais qui ne
- 4:00passeraient pas par la voie normale, ça représente presque
- 4:031/3 du total. Et il y a le pas d'un
- 4:05collaborateur en particulier. Oui, un collaborateur du cabinet
- 4:09de grossepiron. Avec 24000€ de dépenses qui a
- 4:12été soulevé, le comité à donc demandé l'arrêt immédiat de ce
- 4:16système de carte. Ce qui a été fait depuis.
- 4:19Le comité d'organisation a répondu que les cartes ont été
- 4:21désactivées, oui, et qu aucune anomalie n'a été relevée.
- 4:25Mais le mal était fait au. Delà de l'argent, le véritable
- 4:27nerf de la guerre, ça semblait être le pouvoir et la structure
- 4:30de l'organisation. Un projet de réorganisation à
- 4:33cristallisé les tensions, n'est ce pas ?
- 4:34Absolument. C'est là que tout bascule.
- 4:37Edgard Grospiron a souhaité créer un super pôle livraison
- 4:41dirigé par un nouveau directeur général adjoint 1DG à.
- 4:45Et le problème, c'était quoi ? Le problème, c'est que ce DG à
- 4:48aurait été placé sous son autorité directe, pas sous celle
- 4:52du directeur général Cyril Linette.
- 4:54Ah oui, je vois. C'est un court circuitage en
- 4:56règle de la direction générale. C'est exactement comme ça que le
- 4:59comité des rémunérations l'a vu. Une manœuvre pour effacer le
- 5:03directeur général. Leur avis a été très
- 5:06défavorable. Ils ont utilisé quel terme ?
- 5:08Ils ont qualifié le projet d'échec annoncé de source de
- 5:12tensions et de conflits, et même de contraire au statut.
- 5:15Sans parler du coût supplémentaire évalué à 2000000
- 5:18d'euros. Et ça aboutit à quoi
- 5:20finalement ? Finalement, le bureau exécutif
- 5:22où siègent l'État et les régions a mis un coup d'arrêt à cette
- 5:25initiative. C'était un vrai désaveu.
- 5:28Ces luttes de pouvoir ont forcément des conséquences sur
- 5:31les équipes, sur les recrutements, comment ça se
- 5:33manifeste ? Eh Ben, ça paralyse tout.
- 5:36Le poste de DG à, par exemple, est en suspens.
- 5:38Il faut savoir que grosse piron espérait nommer Xavier Becker,
- 5:41un candidat qui avait été refusé au poste de DG l'année d'avant.
- 5:44On. Essaie de faire revenir par la
- 5:46fenêtre quelqu'un qui est sorti par la porte.
- 5:48C'est un peu l'idée. Il y a même eu à un moment
- 5:50l'idée que le CIO prenne en charge une partie de son
- 5:52salaire, ce qui a soulevé de grosses questions
- 5:54d'indépendance. On l'imagine.
- 5:57Et d'autres nominations sont bloquées, celles des patrons des
- 5:594 clusters de sites, par exemple.
- 6:02C'est un des points de friction qui avait mené au départ de la
- 6:04directrice des opérations. Elle ne pouvait pas choisir son
- 6:07équipe en somme. En partie, le comité s'est aussi
- 6:09opposé à un changement de titre pour ces postes.
- 6:12C'est à dire en fait. On voulait changer le titre pour
- 6:14leur permettre d'accéder à un échelon de salaire supérieur
- 6:17sans que la mission change vraiment.
- 6:19Le comité a vu ça comme une tentative de contourner la grise
- 6:21salariale. Tout semble converger vers le
- 6:23style de management du président et de son entourage direct que
- 6:26sait on du fonctionnement de son cabinet ?
- 6:28Le cabinet était une autre source de friction.
- 6:30Oui, le comité de me s'est étonné de voir des doublons
- 6:34entre les fonctions du cabinet et celles des autres directions.
- 6:37Une structure parallèle en quelque.
- 6:39Sorte, voilà. La taille de ce cabinet à aussi
- 6:41beaucoup fluctué, ce qui a eu un impact sur les budgets, et de
- 6:45vives tensions sont apparues quand le directeur général a
- 6:47tenté de le réorganiser. Bon, si on résume, on a des
- 6:51démissions en cascade, des alertes sur la gestion
- 6:54financière et une guerre de pouvoir au sommet.
- 6:57Le projet des Alpes 2030 est-il en danger ?
- 6:59Le projet lui même n'est pas remis en cause, mais sa
- 7:02gouvernance est en crise profonde.
- 7:04Ça c'est certain. La situation est si sérieuse
- 7:06qu'une mission de médiation a été confiée à Étienne Thobois.
- 7:09L'ancien directeur général de Paris, 2024.
- 7:12Remettre de l'ordre, c'est une course contre la montre pour
- 7:15restaurer la confiance et la sérénité.
- 7:18Une dernière question pour nourrir la réflexion, ces jeux
- 7:21ont été présentés comme un modèle de sobriété, de
- 7:24gouvernance exemplaire, comment on explique un tel décalage
- 7:28entre ces grands principes et ce qu'on vient de décrire ?
- 7:31C'est tout le paradoxe. On voit une vision, un concept,
- 7:34la sobriété. Mais pour l'incarner, on choisit
- 7:37des personnalités fortes, charismatiques, qui sont souvent
- 7:40habituées à fonctionner seul. Le vrai enjeu, ce n'est peut
- 7:43être pas la sobriété financière, mais la sobriété de l'ego.
- 7:47C'est le choc entre la culture de l'exploit individuel et celle
- 7:50de la gestion collective. C'est une très bonne façon de le
- 7:52résumer. Quand le pouvoir d'un président
- 7:55fondateur se heurté aux garde-fous, au contrôle, ça créé
- 7:58forcément des étincelles. C'est ce qu'on observé
- 8:01aujourd'hui. Merci pour cet.
- 8:02Éclairage merci à vous. À très vite pour un nouveau
- 8:05podcast du café du sport business.