Latest / Québécois et Canadien / Droit autochtone au Canada - Karine Millaire
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien, où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Karen Miller, avocate
- 0:06et professeure à l 'Université de Montréal. On
- 0:09a discuté de l 'historique du droit autochtone
- 0:11au Canada et de l 'implication pratique que ça
- 0:13peut avoir aujourd 'hui. Bon épisode. Karen Miller,
- 0:27merci d 'avoir accepté l 'invitation. Merci.
- 0:29En tant que spécialiste de droit autochtone,
- 0:33je pense que ça va être un épisode qui va être
- 0:34particulièrement intéressant à discuter avec
- 0:36le contexte actuel. Mais pour que les gens comprennent
- 0:41un petit peu mieux de c 'est quoi le droit autochtone,
- 0:43je pense que ça vaut quand même la peine qu 'on
- 0:45fasse un petit retour historique parce que...
- 0:47Je pense qu 'il y a des gens qui pensent que
- 0:48le droit autochtone, c 'est comme descendu du
- 0:50ciel, qu 'il y a comme une convention internationale,
- 0:53puis on pourrait en parler, il y en a une, mais
- 0:55je veux dire, le droit canadien autochtone ne
- 0:57découle pas d 'un accord européen quelconque
- 1:01qu 'on a fait sur des principes X ou Y, ça découle
- 1:05vraiment du droit britannique lui -même. J 'aimerais
- 1:08ça qu 'on discute un peu. de comment on en est
- 1:10rendu avec le régime de droit autochtone qu 'on
- 1:12a actuellement. Si on fait un peu le retour historique,
- 1:15bon, il y a le régime français qui est là, arrive
- 1:18la couronne britannique à travers la conquête.
- 1:21Et de ce que je comprends, ça commence vraiment
- 1:22avec la proclamation royale de 1763, là. Oui,
- 1:26bon, il y a beaucoup de choses dans la revue
- 1:28de l 'Historique. Mais oui, tu as raison, c 'est
- 1:30important de revenir sur l 'histoire parce que
- 1:33ça faisait percer aussi des techniques d 'assimilation
- 1:36et de génocide qu 'on n 'en parle pas du tout
- 1:38dans le contexte éducatif, par exemple. Donc,
- 1:41on ne peut pas blâmer les gens d 'en connaître
- 1:43peu et d 'avoir l 'impression qu 'on en parle
- 1:45tout d 'un coup depuis la Commission vérité et
- 1:48réconciliation. On a l 'impression, parfois,
- 1:50on écoute les gens qui sentent que ça s 'impose
- 1:52à eux. Alors que quand on regarde l 'histoire,
- 1:55déjà, depuis les Français, puis les premiers
- 1:57contacts avec les Anglais aussi, il y avait vraiment
- 2:00un rapport de nation à nation, de traités, des
- 2:03traités de paix, des traités d 'alliance, d 'abord
- 2:06pour du commerce, au départ de fourrure, mais
- 2:09aussi des ententes de paix sur relativement pouvoir
- 2:15exercer ces activités sur le territoire. Donc,
- 2:18il y avait cette reconnaissance -là égalitaire
- 2:21des nations telles qu 'elles existent avec leurs
- 2:23droits. avec leurs droits et leur propre système
- 2:26de gouvernance. Et ça, c 'est vraiment clé parce
- 2:28qu 'aujourd 'hui, c 'est ça que les tribunaux
- 2:30viennent reconnaître. Ils nous disent, là, on
- 2:32n 'est pas en train de créer un troisième ordre
- 2:33de gouvernement ou de créer quelque chose, comme
- 2:36tu disais, qui nous vient de l 'international.
- 2:39Cet ordre de gouvernement -là, il a toujours
- 2:41existé. D 'ailleurs, il était reconnu par les
- 2:44Français, après par les Anglais. Bon, va venir
- 2:45la proclamation royale, j 'y viens, mais c 'était
- 2:48reconnu. Et ce que nous disent les tribunaux,
- 2:50c 'est que ça s 'est jamais éteint depuis cette
- 2:53époque -là. Puis il y a une invitation à honorer
- 2:56aussi ces premiers rapports -là, diplomatiques,
- 3:00juridiques, politiques, avec les nations autochtones
- 3:02sur le territoire. Puis bon, on sait quand même,
- 3:06on ne va pas se cacher que ce rapport -là a changé
- 3:09avec le temps au fur et à mesure que les Européens,
- 3:12Anglais ou Français devenaient beaucoup plus
- 3:14importants en nombre par rapport aux Autochtones.
- 3:15Oui, c 'est ça parce que c 'est difficile pour
- 3:18nous autres de visualiser ça aujourd 'hui, mais...
- 3:20Quand les Européens sont arrivés, ils étaient
- 3:23minoritaires. C 'était de faire une entente avec
- 3:27les Autochtones ou de partir en guerre contre
- 3:29eux autres, avec une communauté qui était beaucoup
- 3:30plus nombreuse qu 'eux autres pouvaient l 'être.
- 3:33Ce n 'était pas par gaieté de cœur qu 'ils ont
- 3:34décidé de faire ces ententes -là. Ben c 'est
- 3:36ça, c 'est qu 'il ne faut pas être naïf. Il y
- 3:38avait quand même le fait qu 'il y avait plus
- 3:39ou moins le choix de créer des alliances. Puis
- 3:43des alliances aussi après dans les conflits de
- 3:44guerre qui vont venir entre les Français, entre
- 3:46les Anglais. Ils n 'avaient pas le choix en raison
- 3:48du nombre. Pour la survie, ils connaissaient
- 3:51rien du territoire. Ils n 'avaient pas cher pour
- 3:53savoir où étaient même les ressources parce que
- 3:55le premier but, au départ, même avec la colonie
- 3:57française, n 'était pas de développer une colonie,
- 4:00mais plutôt d 'extraire des ressources. Avec
- 4:03le temps, on a voulu en faire une colonie, mais
- 4:05cette idée de colonisation -là, elle a toujours
- 4:07été là. Donc, il ne faut pas être naïf là -dedans.
- 4:09Il n 'y a pas de photo GBS, là. Donc, il faut
- 4:11savoir c 'est où qu 'étaient les castors. Fait
- 4:13que t 'es trop... Ben, il y a... Absolument,
- 4:16absolument. Donc, c 'était... quand même un peu
- 4:20des alliances forcées. Ce n 'est pas pour minimiser
- 4:22le respect qu 'il y avait quand même, parce que
- 4:25ce respect -là est important d 'un point de vue
- 4:27du droit. Puis on pourrait dire qu 'aujourd 'hui,
- 4:29les choses n 'ont pas tant que changé. La façon
- 4:31dont on peut imposer le respect de ses droits,
- 4:33c 'est beaucoup relié aussi à un contexte politique
- 4:36et aux forces qui sont en présence. C 'est toujours
- 4:38comme ça aujourd 'hui sur la planète. Mais donc,
- 4:41oui, est arrivée la conquête. Ensuite, on a changé
- 4:45de la couronne française à la couronne britannique.
- 4:48est arrivée la proclamation royale 1763 où là
- 4:52on a mis en place, encore une fois on est un
- 4:55peu entre les deux, on veut maintenir une paix
- 4:57avec les Autochtones qui sont très nombreux,
- 5:00mais on veut quand même avancer dans la colonisation
- 5:02pour avoir un régime d 'acquisition de terres.
- 5:04Donc on va réserver des terres, on va dire ah
- 5:06oui ça c 'est des terres pour les Indiens qu
- 5:08'on disait à l 'époque qu 'ils peuvent utiliser.
- 5:10Mais par contre, toute acquisition ne pourra
- 5:12pas se faire par des tiers de ces terres -là.
- 5:14Ça ne pourra se faire que seulement au nom de
- 5:16la couronne, alors on nous voit venir. On va
- 5:19mettre en place des processus d 'acquisition
- 5:21des terres, toujours au nom de la couronne. La
- 5:24proclamation royale, on sait souvent pour les
- 5:28francophones aussi, ça a une connotation négative
- 5:31parce que c 'est là où il y avait vraiment une
- 5:33négation. des droits des Canadiens -Français.
- 5:36Ça va être revu ensuite. Cette dimension -là
- 5:40va être revue et n 'est plus applicable aujourd
- 5:42'hui aux Québécois ou aux Canadiens francophones.
- 5:47Sauf que la portion pour les Autochtones, bien
- 5:49qu 'on est dans un contexte de colonisation,
- 5:51elle reconnaît quand même, même s 'il y a un
- 5:54rapport de force qui est complètement inégal,
- 5:57cette idée de consentement pour l 'acquisition
- 5:59des terres. Donc elle reconnaît l 'existence
- 6:02quand même de nations. Et elle reconnaît aussi
- 6:05une forme d 'engagement de la couronne, très
- 6:08parterre paternaliste, c 'est sûr, mais à protéger
- 6:10les droits des Autochtones. Puis aujourd 'hui,
- 6:13si on sort de ce contexte de paternalisme -là,
- 6:16cette portion -là qui reste en vigueur, ça les
- 6:18gens ne le savent pas toujours, mais c 'est en
- 6:19vigueur aujourd 'hui. c 'est une source de droit
- 6:23qui est très importante, parce que ça va avoir
- 6:25amené les tribunaux à actualiser puis à dire,
- 6:27bien, cet engagement -là de la Couronne à l 'époque
- 6:29d 'agir honorablement, de protéger les droits
- 6:32des Autochtones, bien, ça l 'a donné naissance
- 6:35à ce qu 'on appelle cette obligation -là d 'honneur
- 6:38de la Couronne, qui, par exemple, va fonder l
- 6:40'obligation de consulter des peuples autochtones,
- 6:42si on veut développer, je sais pas, un pipeline,
- 6:44un réseau hydroélectrique sur le territoire.
- 6:47Donc... C 'est un fondement quand même juridique
- 6:51de protection des droits, même si ça s 'est fait
- 6:55quand même aussi dans un contexte colonial d
- 6:58'acquisition des terres. Ce qui est particulier,
- 7:00j 'imagine, c 'est que les Autochtones ont un
- 7:03système de gouvernance qui est totalement différent
- 7:05de celui des Européens, ont une relation à la
- 7:09propriété privée. qui est différente aussi, alors
- 7:12que nous, on a le modèle actuel. C 'est mon terrain,
- 7:16ma maison, tout ça. Eux ont une relation plus
- 7:19territoriale, surtout avec des peuples qui sont
- 7:21parfois nomades. J 'imagine qu 'il y a tout un
- 7:24exercice de... conjugaison, où on essaie de faire
- 7:29fonctionner le modèle de la propriété individuelle
- 7:32britannique, essentiellement qu 'une personne
- 7:35qui est propriétaire d 'une parcelle de terre
- 7:37et qui peut faire ce qu 'il veut avec cette parcelle
- 7:39-là, puis le modèle autochtone qui est souvent
- 7:42plus territorial, qui est comme, tu sais, ça
- 7:44c 'est où on s 'en va chasser, où on s 'en va
- 7:46pêcher, où est -ce qu 'on se promène en fonction
- 7:48des saisons, en fonction des besoins. J 'imagine
- 7:51qu 'il y a quand même un exercice qui doit être...
- 7:53une tentative d 'exercice, d 'essayer de concilier
- 7:55ces deux régimes -là. Oui, puis c 'est une vision
- 7:58du monde qui est différente. Il faut toujours,
- 8:00bon, on parle des visions du monde autochtone.
- 8:02Je veux pas, faut vraiment pas essentialiser
- 8:04parce qu 'on a au -delà de 630 communautés, nations
- 8:07au Canada, puis parfois il y a des proximités,
- 8:11des parentés, mais parfois les cultures peuvent
- 8:12être très, très distinctes. Mais il y a, oui,
- 8:15certains points communs. Déjà, au moment de la
- 8:18colonisation, cette idée de s 'approprier un
- 8:20territoire, de ne pas céder même la nature, ça
- 8:23n 'existe pas. D 'ailleurs, c 'est très dans
- 8:25la vision du... libéralisme de parler de son
- 8:28droit ou de sa liberté sur une chose, sur une
- 8:31chose comme le territoire. Alors que dans l 'approche,
- 8:34les approches autochtones à l 'époque, surtout
- 8:38avant toute influence coloniale, on est vraiment
- 8:40plus dans un rapport de responsabilité par rapport
- 8:44aux autres et au territoire. Quelles sont moi
- 8:45mes responsabilités? quels sont les responsabilités
- 8:50dans la communauté et comment ensemble on a une
- 8:53gouvernance aussi qui est collective de ce territoire
- 8:55-là. Et il ne faut pas penser que c 'était justement
- 8:57désorganisé. Ça, c 'est un peu un mythe de la
- 9:00colonisation. de nous faire croire justement
- 9:03qu 'il n 'y en avait pas de mode de gouvernance
- 9:05distinct et que c 'était un peu du tout complètement
- 9:07désorganisé. Ce qui était faux, c 'était qu 'il
- 9:09y avait vraiment des liens diplomatiques très
- 9:13complexes, des organisations en confédération,
- 9:16par exemple c 'était le cas chez les Wendat,
- 9:19donc même des formes de fédéralisme avancées,
- 9:22disons, et de confédération qui étaient avancées.
- 9:26Mais oui, il n 'y a pas ce même rapport à la
- 9:27propriété. Et donc, Aujourd 'hui, lorsqu 'on
- 9:33reconnaît de plus en plus des droits qui ne sont
- 9:35pas éteints, je nous ramène au départ, on ne
- 9:37crée pas ces droits -là, les tribunaux disent
- 9:39non, ces droits ne sont pas éteints de gouvernance
- 9:41sur un territoire, par exemple, ou d 'exercice
- 9:44d 'activité spécifique, il faut conjuguer ça,
- 9:49oui, avec un autre régime qui s 'est imposé ensuite.
- 9:53Pour résumer tout ça et faire simple, même si
- 9:55ce n 'est pas simple du tout, la Cour suprême
- 9:57nous dit qu 'il existe deux souverainetés. en
- 10:00fait, qui s 'applique en ce moment. On a une
- 10:02souveraineté préexistante des peuples autochtones.
- 10:05Alors, celle -là, elle est reconnue très clairement.
- 10:08On a plusieurs décisions des tribunaux qui l
- 10:10'ont dit. Mais on a aussi une souveraineté imposée
- 10:13par la Couronne, qu 'on ne pourra pas non plus
- 10:15effacer demain matin. Donc, il ne faut pas être
- 10:17dans la peur que la reconnaissance des droits
- 10:20autochtones va effacer tout le droit à l 'octone.
- 10:24Mais la Cour nous dit, on doit maintenant réconcilier
- 10:27les deux. Trouver une façon un peu, puis ça appartient
- 10:32peut -être au grand ensemble des organisations
- 10:35fédérales un peu aussi d 'apprendre à concilier
- 10:38à différents régimes. Sans que ça soit la même
- 10:41chose, on peut dire qu 'au Canada, il y a déjà
- 10:43deux grandes traditions juridiques aussi avec
- 10:45la tradition de droit civil, de common law, il
- 10:48y a une façon d 'aménager les choses. Là, c 'est
- 10:51autre chose, mais il faut trouver une manière
- 10:53d 'accommoder et de réconcilier. ces droits et
- 10:57cette gouvernance -là autochtone avec celle de
- 10:59l 'État. Puis, pour justement réconcilier ça,
- 11:02j 'aimerais ça qu 'on parle un peu du concept
- 11:03de traité. Puis après ça, on pourra faire la
- 11:06distinction peut -être entre territoires cédés
- 11:08et territoires non cédés. L 'expansion de l 'Ouest
- 11:13arrive, on désire de coloniser l 'Ouest canadien,
- 11:18pour différentes raisons historiques, dont notamment
- 11:20la peur que les Américains nous envahissent.
- 11:22Fait que là, on vend ou on met de l 'avant le
- 11:25fait qu 'il y a des super belles terres dans
- 11:27les prairies notamment, puis qu 'il faudrait
- 11:28occuper ces terres -là. Mais on demeure conscient
- 11:33qu 'encore là, à cause de la population autochtone
- 11:35qui est déjà présente, il faut faire des ententes
- 11:37pour faire ça. Fait que, est -ce que c 'est un
- 11:40peu dans ce contexte -là qu 'on va commencer
- 11:42à négocier des traités avec chacune des communautés
- 11:44pour essayer de acheter les terres? Comment ça
- 11:48se passe? Comment est -ce qu 'on se ramasse avec
- 11:50des traites autochtones dans l 'Ouest? Il y a
- 11:52toutes sortes de traités. Il y a les traités
- 11:53qu 'on appelle les traités numérotés justement
- 11:55quand la colonisation va se déplacer vers l 'ouest,
- 11:58fin 1800, début des années 1900. Mais il y a
- 12:00déjà des traités aussi quand même dans l 'Est
- 12:03à l 'époque, des traités qui sont absolument
- 12:06pas formalisés avec l 'idée qu 'on se fait d
- 12:08'un traité écrit sur papier. Il y a plusieurs
- 12:10traités, par exemple pour nous les Wendats, le
- 12:12traité uron -britannique de 1760, d 'ailleurs
- 12:15qui est intervenu trois jours avant la conquête,
- 12:18la capitulation, mais qui a quand même été reconnu
- 12:20comme étant valable. Plusieurs traités qui ont
- 12:23été reconnus par les tribunaux également récemment
- 12:26pour les eaux de nos chenilles, les mohawks de
- 12:28Ganamwage qui étaient demandeurs là -dedans.
- 12:30Donc on va reconnaître qu 'il y a beaucoup de
- 12:31traités qui sont parfois même oraux. Donc des
- 12:34traités de paix, si je parle de ces traités -là,
- 12:36de nos chenilles, la chaîne d 'alliance, traités
- 12:38de paix. Des traités, parfois, nous, le traité
- 12:41huron -britannique, il y avait juste un petit
- 12:43laisser -passer sur un papier du général Murray
- 12:47qui avait permis de pouvoir passer, d 'aller
- 12:52sur un territoire, d 'exercer les activités économiques,
- 12:55traditionnelles, etc. Mais ça, ça a été interprété
- 12:57par la Cour suprême comme étant réellement un
- 12:59traité, même si ce n 'était pas formel en plusieurs...
- 13:03page et donc ça faut pas j 'insiste faut pas
- 13:08l 'oublier parce que de plus en plus présentement
- 13:10les tribunaux même les reconnaissent plus formellement
- 13:12l 'existence de ces traités là historiques mais
- 13:16oui après on s 'est déplacé vers l 'ouest on
- 13:18a fait des traités numérotés et là de manière
- 13:20un peu plus systématique et pas seulement orale
- 13:22mais aussi par écrit on a voulu il y a eu 11
- 13:25traités numérotés qui ont été conclues et là
- 13:27on a voulu vraiment obtenir plus formellement
- 13:29des sessions de terre. en contrepartie de certains
- 13:33droits, d 'exercer des activités de chasse, de
- 13:35pêche, de développement du territoire. Mais ce
- 13:37qu 'on voulait, c 'était des sessions de terre
- 13:39qu 'on allait en chasser dans ces traités numérotés,
- 13:42en contrepartie de certains droits. D 'où l 'idée
- 13:45de dire que ce serait des terres qui sont ici
- 13:49cédées. Encore là, on pourra y revenir, parce
- 13:53que ce n 'est pas parce qu 'il y a eu une certaine
- 13:54session de droit à une époque que... Il n 'y
- 13:56a plus aucun droit non plus qui pourrait être
- 13:59invoqué en contexte contemporain. Ça peut dépendre
- 14:04effectivement du traité, ça peut dépendre du
- 14:06contexte historique, ça peut dépendre... Notions
- 14:11de consentement aussi, j 'imagine. Exactement.
- 14:14Exactement. Parce que de plus en plus, on met
- 14:16en lumière aussi que le consentement n 'était
- 14:19pas toujours parfait. Mais souvent, on va invoquer
- 14:21le traité pour le respect du traité de ce qui
- 14:24était consenti par la Couronne. Et ça, c 'est
- 14:25fondamental, le consentement de la Couronne,
- 14:28qui elle était très certainement pas en posture
- 14:30vulnérable. Mais il faut toujours garder en tête
- 14:33qu 'il peut y avoir des consentements passés
- 14:36qui n 'étaient pas parfaitement libre et éclairés,
- 14:38puis qu 'on peut... peuvent être amenés à mettre
- 14:41à jour. Mais donc, c 'est un peu dans ce contexte
- 14:43-là qu 'on dit que c 'est cédé, non cédé. Puis
- 14:45après, il y a eu toute une époque où des traités,
- 14:47il n 'y en a pas vraiment eu jusqu 'à temps qu
- 14:49'on arrive à l 'époque qu 'on appelle les traités
- 14:51modernes. La commencée de la Bay James? La commencée
- 14:54de la Bay James en 1975. marque le premier, disons,
- 14:58traité de la période moderne, après une période
- 15:00d 'arrêt. Et là, il va en venir d 'autres. Et
- 15:06là, bon, on dit que c 'est… on appelle traité
- 15:09moderne en raison de l 'époque plus contemporaine,
- 15:11du fait aussi que là, les nations ont été amenées
- 15:13à être autrement représentées aussi par avocat.
- 15:17Donc, ça donne un contexte quand même de consentement
- 15:19qui est différent. Mais encore là, puis c 'est
- 15:23important de respecter les droits qui sont enchâssés,
- 15:24mais encore là, on ne peut pas ignorer qu 'il
- 15:27y a quand même des rapports de pouvoir très,
- 15:29très importants et que parfois des traités comme
- 15:32la Convention de la Bay James peuvent avoir été
- 15:34conclus au bénéfice des CRI, mais en ignorant
- 15:38complètement des droits de d 'autres nations
- 15:40comme ceux des Atikamekw, par exemple, ce qui
- 15:43crée des questions qui sont toujours pendantes.
- 15:45Alors c 'est... C 'est pas toujours si simple
- 15:48de savoir est -ce que les droits ont vraiment
- 15:50été éteints. Et quand on parle, parce que c 'est
- 15:53une expression qui est moins à la mode aujourd
- 15:55'hui, mais qui l 'était quand même il y a quelques
- 15:57années, les politiciens systématiquement, surtout
- 15:59plus à la gauche, disaient, je pense au gouvernement
- 16:02fédéral, la mairesse Valérie Plante déclarait
- 16:05avant chaque allocution sur un territoire moncédé
- 16:07de telle ou telle communauté, ça fait référence
- 16:10au fait qu 'il n 'y avait pas de traité. J 'imagine
- 16:14cependant que La première chose à se poser comme
- 16:17question, c 'est est -ce que c 'est un territoire
- 16:19ancestral de telle ou telle communauté, parce
- 16:21que comme tu n 'avais pas une carte en 1650,
- 16:27ça c 'est le territoire ici, à cause de leur
- 16:29notion de propriété privée ou d 'absence de notion
- 16:32de propriété privée. Quand on parle de territoire
- 16:35non cédé, essentiellement, c 'est qu 'on laisse
- 16:36sous -entendre qu 'il pourrait y avoir un droit
- 16:38autochtone sur ce territoire -là. et qui pourrait
- 16:42faire valoir. Il y a -t -il un registre des territoires
- 16:46non cédés et des droits autochtones reconnus
- 16:47ou il faut vraiment qu 'il y ait un recours judiciaire
- 16:49qui soit fait pour... C 'est une bonne question
- 16:52toujours de savoir quelle nation pourrait prétendre
- 16:54à des droits. Mais à l 'essentiel, bon, puis
- 16:57il y a la Convention de la Bay James comme traité
- 16:59moderne. Mais sinon, au Québec, c 'est pas mal
- 17:01juste du territoire non cédé. Là -dessus, ça
- 17:03ressemble beaucoup à la Colombie -Britannique,
- 17:05qui a fait l 'objet de beaucoup plus de revendications
- 17:07judiciaires, par exemple. Donc, après de savoir
- 17:10quel type de droit exactement serait reconnu,
- 17:12est -ce que ce serait un titre ancestral avec,
- 17:15bon, un droit de gouvernance exclusif, est -ce
- 17:17que ce serait parce qu 'il y avait une occupation
- 17:18exclusive, pardon, est -ce que ce serait des
- 17:20droits ancestraux? Tout ça, c 'est un ensemble
- 17:22de choses. Mais... Il y a quand même cette idée
- 17:25générale de reconnaître qu 'il y a une occupation
- 17:27d 'un territoire sur lequel il existe des droits
- 17:30de différentes communautés. Maintenant, à quel
- 17:32niveau, à quel degré, ce serait lesquels? C 'est
- 17:34sûr que c 'est toute la question de l 'arrimage
- 17:36puis de la reconnaissance dans du droit positif
- 17:38étatique de ces droits -là préexistants. Et,
- 17:44bon, cette fameuse question de reconnaissance
- 17:47territoriale. Qu 'est -ce que ça veut dire finalement?
- 17:51Bon, il ne faut pas non plus que ça soit vu comme
- 17:53étant une façon de se dédouaner, en fait, là,
- 17:56des responsabilités juridiques qu 'on a réellement.
- 18:01Mais je pense qu 'on peut le voir. C 'est bien
- 18:06perçu généralement par des communautés et des
- 18:08aînés lorsque ça fait partie d 'une démarche
- 18:13conscientieuse, hein, justement, de s 'informer,
- 18:15comme tu disais, qui sont les gens ici, là, qui
- 18:18sont gardiens du territoire, quelles sont peut
- 18:21-être leurs revendications, les droits qu 'ils
- 18:23peuvent avoir. Donc, dans une idée vraiment d
- 18:26'établir un rapport, pas juste de manière performative,
- 18:30là. Puis, ouais, c 'est ça, parce que, en tout
- 18:33cas, je pense que dans ces questions -là, des
- 18:35fois... de simplement dire des choses pour bien
- 18:38paraître. C 'est peut -être pas la meilleure
- 18:40approche, là. Non. C 'est ça, puis j 'ai écouté
- 18:44un épisode de podcast il y a pas très longtemps,
- 18:47puis elle a dit « Ah, mais là, on sent mal, on
- 18:49n 'est pas obligé de dire ça, mais je ne peux
- 18:50pas te sentir mal. » La communauté autochtone
- 18:52a vécu ce qu 'elle a vécu. Si elle a vécu des
- 18:56choses qu 'elle n 'aurait pas dû vivre, c 'était
- 18:58la société de s 'ajuster ou de compenser ou de
- 19:03se réconcilier avec ça. Je veux dire, après ça,
- 19:06ce que toi comme individu vivant à Montréal ressens
- 19:09par rapport à ça, tu sais, je pense pas que c
- 19:11'est nécessairement là -dessus qu 'on devrait
- 19:12le faire. Si c 'est un territoire qui est non
- 19:14cédé, puis faudrait le reconnaître, ben reconnaissons
- 19:16que c 'est un territoire non cédé. Si c 'est
- 19:17pas un territoire non cédé, c 'est pas un territoire
- 19:19non cédé. Mais quand on se met à mettre du...
- 19:22du Virtue Signaling là -dedans, où on essaie
- 19:25de montrer que nous, on est moralement supérieur
- 19:27parce qu 'on dit une phrase ou une autre, je
- 19:28trouve que ça détourne un peu le débat. Oui,
- 19:32puis je pense qu 'en fait, moi, c 'est ce que
- 19:33je dis toujours aux étudiants, reconnaître l
- 19:35'histoire, les droits potentiels d 'autres groupes,
- 19:37de des nations, pas juste ceux de l 'État. L
- 19:42'idée, c 'est pas de ressentir une culpabilité
- 19:44qui est paralysante. Un, c 'est pour comprendre
- 19:47l 'histoire. C 'est beaucoup plus une invitation.
- 19:52à rebâtir, repenser autrement des relations.
- 19:56Parce que l 'idée en limite d 'une reconnaissance
- 19:58territoriale, ça va toujours exister, même chez
- 20:00les Nations autochtones, mais plus dans une idée
- 20:02de dire, bien, on est reçu, par exemple, comme
- 20:04invité à un endroit. Puis là, on sait c 'est
- 20:08qui qui nous reçoit. Puis on dit, bien, merci
- 20:10de nous recevoir. Ici, c 'est chez vous. C 'est
- 20:12votre territoire. Merci de ça. Puis bon, voilà.
- 20:16Donc, c 'est un peu dans ce contexte -là. C 'est
- 20:18d 'être conscient. C 'est de dire ici, qui vivait
- 20:20ici? Qui vit toujours ici? Comment, moi, je peux
- 20:24être conscient de ça, entrer en relation? Et
- 20:27réaliser aussi que, bien, c 'est ça, il y a d
- 20:30'autres groupes, les populations autochtones
- 20:31qui peuvent avoir des droits aussi. Donc, c 'est
- 20:34plus ça. C 'est plus une invitation à être conscient
- 20:37de ça. Mais oui, il faut éviter que ça soit une
- 20:40manière d 'en faire du marketing un peu pour
- 20:43se dédouaner, parce que c 'est pas ça qui va
- 20:45nous amener vers plus de reconnaissance de droits
- 20:48puis une réconciliation finalement. C 'est un
- 20:51bon point. Et disons qu 'on parle de ces droits
- 20:53-là parce que je comprends que c 'est... une
- 20:56question historique ou de se remémorer, mais
- 20:58ça l 'est les applications juridiques concrètes
- 21:00aujourd 'hui, cette reconnaissance -là, comme
- 21:03on pourra en discuter un peu dans différentes
- 21:04décisions qui ont eu lieu à travers le pays.
- 21:07Est -ce que le fondement d 'un droit ancestral,
- 21:11territorial aujourd 'hui, c 'est l 'article 35,
- 21:14la loi constitutionnelle? Est -ce que tout passe
- 21:16par là, dès 1982? Article 35 de la loi consulienne
- 21:20de 1982 qui reconnaît donc les droits existants.
- 21:24Deux grandes catégories des droits issus de traité.
- 21:27Ça, c 'est à l 'angle -là. Tous les types de
- 21:28traité historiques auront... Si il est reconnu
- 21:32comme un traité, il faut qu 'il soit reconnu
- 21:34comme un traité. Donc pas tout ce qu 'on pense
- 21:36qui est un traité, mais tout ce qui pourrait
- 21:38être reconnu comme un traité, qu 'il soit historique,
- 21:40qu 'il soit moderne. Quelqu 'un qui avait, j
- 21:43'imagine, le pouvoir d 'engager la couronne britannique
- 21:46ou quelque chose. C 'est quoi? qu 'est -ce qui
- 21:49fait qu 'un traité est un traité? Je vais faire
- 21:50une petite parenthèse. Oui, ça c 'est intéressant
- 21:52parce que dans l 'affaire Si oui en 90, justement
- 21:55cette fameuse question de savoir si ce qui semblait
- 21:58être un bout de papier par le général Murray,
- 22:01est -ce que ça constituait bel et bien un traité?
- 22:03C 'est là où la Cour a distingué les règles applicables
- 22:07en matière de traité autochtone, qui sont des
- 22:09règles distinctes, des règles générales en droit
- 22:11international, plus formelles où il faut avoir
- 22:13l 'autorité formelle de pouvoir conclure le traité,
- 22:16dans ce que si, trois jours avant la capitulation
- 22:19de la France, on aurait voulu écrire une histoire
- 22:22palpitante comme celle -là qu 'on n 'aurait pas
- 22:24pu mieux trouver. Trois jours avant, évidemment,
- 22:27le contrôle sur le territoire commence à être
- 22:30grandement celui des Britanniques quand même.
- 22:32Donc, ce qui est perçu pour les Autochtones,
- 22:36c 'est la présence anglaise. Donc, la Cour va
- 22:39dire, dans ce contexte très spécifique aussi
- 22:42de colonisation où on veut reconnaître des droits
- 22:46à une population qui est celle qui est colonisée,
- 22:49le critère ici était de savoir pas tant si la
- 22:53couronne pouvait officiellement conclure le traité
- 22:56trois jours avant, parce qu 'en droit international,
- 22:59elle ne le pouvait pas, ni même le général en
- 23:02question qui n 'avait pas été mandaté officiellement
- 23:05par la Couronne. Mais la question est de savoir,
- 23:07est -ce que du point de vue de la Nation, est
- 23:11-ce que selon elle, selon ce qu 'elle voit comme
- 23:12étant le contrôle effectif sur le territoire,
- 23:16la personne à qui elle s 'adresse, est -ce que
- 23:17ça semble être la personne qui est la plus importante
- 23:20et détenir le pouvoir au nom de la Couronne?
- 23:22Si tout ça s 'est rencontré, bien à ce moment
- 23:25-là, on va dire que du point de vue autochtone,
- 23:29c 'était un traité et ça doit être retenu. Donc
- 23:32ça, déjà ça date des années 90, mais c 'était
- 23:35quand même un peu une petite révolution parce
- 23:36que c 'était de voir... Est -ce que tu n 'as
- 23:38pas un contrat, un traité d 'une certaine manière?
- 23:40C 'est un peu assimilable au tiers de bonne foi.
- 23:44Si tu fais affaire avec une compagnie puis tu
- 23:46fais une entente avec eux autres, le fait que
- 23:48cette personne -là n 'avait pas le mandat de
- 23:50faire un contrat avec toi, si toi, il n 'y a
- 23:52rien qui te laissait croire que cette personne...
- 23:55Si tu pensais sincèrement que cette personne
- 23:57avait le mandat de faire ce contrat -là, puis
- 23:59après ça, de dire que cette personne n 'avait
- 24:01pas l 'autorité de... C 'est un peu sacré de
- 24:04l 'instabilité, j 'aurais dit. C 'est un peu
- 24:06un concept un peu de droit civil normal qui a
- 24:09été... Oui, mais ça va un petit peu plus loin.
- 24:12La Cour va dire que c 'est spécifique aussi autochtone.
- 24:15C 'est comme un peu une exception aux droits
- 24:17internationaux en général. Mais oui, ça reprend
- 24:18l 'idée générale que lorsqu 'il y a comme un
- 24:20déséquilibre comme ça des forces... Tout sur
- 24:23un général, il dit qu 'il travaille pour la Couronne
- 24:25britannique. Tu fais un deal avec lui en pensant
- 24:27qu 'il travaille au nom de la Couronne britannique.
- 24:30Et puis c 'était le cas. C 'était la personne
- 24:31qui avait le plus de pouvoir qui était... sur
- 24:33le terrain. Donc, avec qui d 'autre c 'était
- 24:35possible de transiger? Personne. Il n 'y avait
- 24:38pas le souverain directement sur le terrain.
- 24:42C 'est un peu tout ça. Donc, cette perception
- 24:46-là est importante. Mais donc oui, donc l 'article
- 24:5035 de la loi constitutionnelle 1982 vient reconnaître,
- 24:53donc protéger comme droit constitutionnel tous
- 24:55les traités. Donc toute forme de traité, mais
- 24:57encore faut -il reconnaître comme un traité,
- 24:59là, tout n 'est pas ouvert à devenir un traité.
- 25:02Et ce qu 'on appelle des droits ancestraux. Ça
- 25:06sonne un petit peu vieux, ancestral en français.
- 25:08On dit que c 'est Aboriginal rights dans la version
- 25:11anglaise. Je trouve que c 'est un peu plus générique.
- 25:14On parlait de droits constitutionnels de manière
- 25:16générale. Donc, ce n 'est pas qu 'anciens. C
- 25:19'est toujours des droits actuels. C 'est pour
- 25:21ça que je mentionne ça. Puis là, ça inclut des
- 25:24pratiques. sur le territoire, pratiques qui peuvent
- 25:30être le pré -contact, qui peuvent être actualisées
- 25:33comme une prolongation contemporaine, qui ont
- 25:35un lien direct aussi, qui sont intégralement
- 25:39reliées à la coutume autochtone, des droits de
- 25:44titre, titre sur le territoire. Ça, ce n 'est
- 25:47pas seulement des droits de pratique spécifiques,
- 25:50ça va être des droits de gouvernance sur le territoire.
- 25:53C 'est plus difficile à démontrer. Il faut avoir
- 25:55une occupation exclusive, par contre, et suffisante,
- 25:58du territoire. Mais donc, c 'est ces droits -là
- 26:01que, souvent, on va tenter de faire reconnaître
- 26:03par les tribunaux. OK. Donc, quand on parle de
- 26:05droit ancestral, puis tu me corrige pas si j
- 26:07'ai tard, mais essentiellement, ce qu 'on regarde
- 26:10dans cette analyse -là, c 'est non pas est -ce
- 26:14qu 'aujourd 'hui, ils sont sur le territoire,
- 26:15c 'est au moment où ils sont rentrés en contact
- 26:18avec le colonisateur, avec l 'Européen. Est -ce
- 26:22qu 'il était sur le territoire? Parce qu 'on
- 26:24peut difficilement reprocher une communauté autochtone,
- 26:26par exemple, de s 'être déplacé s 'il y a 50
- 26:30000 personnes qui sont venues s 'établir où il
- 26:32était normalement. Mais vraiment au moment où
- 26:34il y a un contact avec les Européens, est -ce
- 26:38qu 'il occupait un territoire? C 'était quoi
- 26:39l 'occupation qu 'il faisait de ce territoire
- 26:41-là? C 'est à partir de cette preuve -là qu 'ils
- 26:44peuvent revendiquer un droit ancestral, essentiellement.
- 26:46Oui, ça prend une continuité aussi. Donc, on
- 26:49peut parler, par exemple, si on parle d 'un droit
- 26:51de pêche, on va parler, est -ce qu 'il y avait
- 26:53effectivement cette activité de pêche sur tel
- 26:55territoire qui était là pré -contact? Est -ce
- 26:58que ça fait partie intégrante aussi de la culture
- 27:00autochtone? Donc, on ne peut pas revendiquer
- 27:01comme être un droit constitutionnel n 'importe
- 27:03quelle pratique qu 'on avait qui n 'aurait pas
- 27:05de lien avec la culture. Puis, est -ce que la
- 27:07façon dont on le fait aujourd 'hui... Ça constitue
- 27:11raisonnablement une continuité. Donc, on n 'est
- 27:14pas obligé de pêcher de la même manière aujourd
- 27:16'hui. On pêche encore. Par contre, ça, c 'est
- 27:19ce qui est toujours en vigueur depuis la jurisprudence
- 27:22des années 90. Par contre, ça, ça a été beaucoup
- 27:25critiqué. Parce que si je fais le pendant, par
- 27:28exemple, avec les droits et libertés de la personne,
- 27:31pense à ta liberté d 'expression, ta liberté
- 27:33de religion. Aujourd 'hui, il n 'y a pas personne
- 27:36qui est obligé de démontrer qu 'il y avait une
- 27:37pratique religieuse qui existait il y a des centaines
- 27:40d 'années pour que ça soit toujours protégé aujourd
- 27:42'hui. Ça a toujours évolué puis ça a été adapté
- 27:45en fonction de la réalité contemporaine. Cette
- 27:48interprétation -là fiche les droits constitutionnels
- 27:51autochtones dans le passé. Tu peux actualiser
- 27:54comment tu pêches, mais essentiellement, on prend
- 27:56pour acquis que même s 'il n 'y avait pas eu
- 27:57de colonisation, tu n 'aurais pas pu avoir des
- 28:00nouvelles activités économiques, ce qui n 'est
- 28:02pas très... disons, ce qui n 'est pas très vraisemblable.
- 28:07Je le mentionne parce qu 'en ce moment, la jurisprudence
- 28:10pourrait changer. Il y a eu une décision quand
- 28:12même très importante qui est présentement en
- 28:14appel de la Cour supérieure du Québec, l 'affaire
- 28:16Montot, qui revoit, après des années de critiques
- 28:20par plusieurs experts intervenants, qui revoit
- 28:23ce test -là qui est un peu vieillot et qui nous
- 28:26dit, bien là, si on est capable de démontrer,
- 28:28par exemple, qu 'il existait à l 'époque un droit
- 28:31plus général de commercer, sans égard à l 'activité
- 28:35de pêche spécifique ou de chasse. S 'il y avait
- 28:37un droit qui faisait partie intégrante de la
- 28:39culture, bien, aujourd 'hui, on pourrait démontrer
- 28:42qu 'il y a des activités contemporaines nouvelles
- 28:45reliées au commerce, à l 'économie, qui sont
- 28:48liées et qui sont protégées. Donc ça, c 'est
- 28:51en développement, c 'est à suivre. Mais notamment
- 28:54dans cette affaire -là, la Cour reconnaît un
- 28:56droit générique constitutionnel, sous l 'article
- 28:5735, au développement économique des peuples autochtones.
- 29:01C 'est énorme. C 'est énorme. Dans ce cas -ci,
- 29:04ça faisait échec aux paiements de taxes transfrontalières
- 29:09relativement au commerce international de tabac
- 29:12que les Mowag de Galawagui ont depuis longtemps,
- 29:14qui représentent une part énorme de leur économie.
- 29:18Mais ça pourrait fonder donc aussi une immunité
- 29:22relativement différente. D 'autres réglementations,
- 29:24ça pourrait être un levier très important aussi
- 29:27au niveau du partage des revenus de l 'exploitation
- 29:30des ressources du territoire. Je pense que c
- 29:34'est important de le dire que présentement, c
- 29:36'est en train de changer. Puis l 'époque où on
- 29:39voulait cantonner peut -être les droits autochtones
- 29:42juste dans des pratiques très anciennes, on est
- 29:45en train de le revoir. Discutons un peu de ça,
- 29:50des impacts ou des répercussions actuelles là
- 29:53-dessus. Parce qu 'il y a eu une série de décisions,
- 29:57je pense, qui... pour la première fois en tout
- 30:00cas. Moi, depuis que je suis la politique, qu
- 30:02'on parle du droit autochtone comme étant quelque
- 30:05chose de controversé dans certaines situations.
- 30:08D 'habitude, il y avait le classique, les gens
- 30:11se réservent leur paiement ou non de certains
- 30:13types de taxes. Je pense qu 'il y avait une connaissance
- 30:16générale de ça, ou le fait qu 'il y en a certaines
- 30:18qui peuvent voyager sur Villaraye sans payer.
- 30:20La connaissance populaire du droit autochtone
- 30:23est assez limitée, mais là, on a des décisions
- 30:25récentes qui sont arrivées, qui pourraient avoir
- 30:27quand même des impacts majeurs sur la société.
- 30:32Tu parles d 'une décision sur le pouvoir de taxation,
- 30:35par exemple, du grand nombre provincial et fédéral,
- 30:38en matière de commerce international. Mais moi,
- 30:40j 'aimerais ça qu 'on parle un peu de la décision
- 30:42Kowichan et Irving, au niveau Brunswick. Ko -I
- 30:47-Chan, tu me corrigeais avec une décision dans
- 30:49la région de Richemont, je pense, en Colombie
- 30:51-Britannique. Une communauté revendique un droit
- 30:56ancestral sur un territoire, non pas une terre
- 30:58de la couronne, mais probablement qu 'il y ait
- 31:00une partie de terre de la couronne, mais un territoire
- 31:04qui est présentement occupé par des individus.
- 31:08Il y a une partie de leur réclamation ancestrale
- 31:11qui vise. un terrain où il y a des maisons de
- 31:16personnes dessus. Est -ce que tu peux me parler
- 31:18un peu de ce recours -là, puis c 'est quoi les
- 31:20boutons aboutissants de tout ça? Oui, parce que
- 31:24ça reste relativement récent dans l 'histoire
- 31:27qu 'il y a des recours en titre ancestral, puis
- 31:31juste pour bien... pour les gens, c 'était le
- 31:35procès le plus long de l 'histoire au Canada,
- 31:37l 'affaire Kowichan. Mais, je veux dire, le procès
- 31:40lui -même. Donc oui, les procédures ont été très,
- 31:42très longues. C 'est six ans de procès? C 'était
- 31:44plusieurs années, mais les journées de procès
- 31:49ininterrompues, ça équivaut à plus d 'un an de
- 31:53manière continue. C 'est énorme, étant donné
- 31:58la preuve qu 'il y a à faire. Le titre ancestral,
- 32:01je le rappelle, ce n 'est pas juste le droit
- 32:02de pratiquer une activité comme la pêche, par
- 32:04exemple, mais c 'est vraiment le droit au territoire
- 32:09lui -même. Donc, de démontrer qu 'on a un droit
- 32:12de gouvernance. Pour ça, il faut démontrer qu
- 32:15'à l 'époque du contact, la communauté, elle
- 32:18avait une occupation exclusive. Des fois, c 'est
- 32:20pas ça. Des fois, il y a plusieurs nations qui
- 32:23pouvaient être là. Donc, il faut que ça soit
- 32:25exclusif, puis il faut que ça soit une occupation
- 32:27qui est suffisante. Donc, ça n 'a pas besoin
- 32:29d 'être constant tous les jours, mais ça doit
- 32:32être suffisamment important. Donc, on commence
- 32:40à voir ce type de recours -là. Et ici, ce qu
- 32:44'on est venu démontrer dans cette affaire -là,
- 32:47bon oui, effectivement, il y a la ville de Richmond.
- 32:49On est venu démontrer que la communauté, elle
- 32:52avait eu des liens avec des représentants de
- 32:54la couronne. Donc, à l 'époque, elle était sur
- 32:57le territoire. On a démontré qu 'elle était là,
- 32:59sur ce territoire -là, urbain. Aujourd 'hui,
- 33:03elle était là de manière exclusive sur un certain
- 33:06périmètre qui a été démontré. Et à l 'époque,
- 33:09un représentant de la Couronne même, il y avait
- 33:12eu certaines représentations, des promesses à
- 33:14l 'effet que, bien oui, vous allez pouvoir vous
- 33:15développer là, vers votre communauté, le village
- 33:17va pouvoir être ainsi. Ce qui n 'a pas été fait,
- 33:22et finalement la Couronne, comme elle l 'a fait
- 33:23dans bien des cas, a vendu ces terres -là. Je
- 33:26pense qu 'en présentant ce dossier -là, il y
- 33:27avait une question de fonctionnaire un peu croche
- 33:31qui avait vendu ça à des amis spéculateurs, ça
- 33:34respectait même pas les propres règles de la
- 33:35Couronne, mais c 'est ça. C 'est ça. On est dans
- 33:40un contexte quand même un peu effectivement où
- 33:43ce type de situation -là a eu lieu dans différents
- 33:47contextes. Donc on vend quand même les terres,
- 33:49ces terres -là qui sont non cédées, malgré les
- 33:51promesses d 'agir de manière honorable. On va
- 33:55vendre ça, donc ça va être un représentant de
- 33:57la Couronne provinciale. La Cour va nous dire
- 34:00plus tard qu 'en fait, la province n 'avait pas
- 34:03le pouvoir de faire ça. parce qu 'après qu 'elle
- 34:05a joint le Canada, bien, ça devenait une compétence
- 34:08du fédéral de pouvoir faire ça. Donc elle ne
- 34:10l 'a pas fait, donc ces ventes -là se sont faites
- 34:14de manière illégale. Ventes de terre qui finalement
- 34:18vont devenir sous la juridiction d 'une municipalité
- 34:20à Richmond. Et certaines de ces parties -là,
- 34:25donc il y a des éléments de propriété, oui, qui
- 34:27appartiennent aujourd 'hui à de la couronne,
- 34:28un port, etc., mais il y a aussi des terrains
- 34:31privés, avec des personnes privées. C 'est important
- 34:34de dire que la Première Nation, ici les Cohétchens,
- 34:37ne recherchait pas de conclusion contre les propriétaires
- 34:40privés. Ça, c 'est important. C 'est pas contre
- 34:42les individus qui ont des maisons aujourd 'hui
- 34:44qui en ont, mais vraiment beaucoup plus contre
- 34:47cette transaction -là qui était illégale. qui
- 34:50s 'est faite à l 'époque par la couronne. Mais
- 34:52leur recours vise quand même le terrain qui est
- 34:54occupé par ces maisons -là, c 'est sûr. Eh oui,
- 34:56ben c 'est un peu comme si toi, quelqu 'un s
- 34:58'approprie ton bien, pis le vend illégalement,
- 35:02ben la personne qui va se trouver à l 'avoir,
- 35:04elle se trouve dans une situation difficile.
- 35:06Ben c 'est un tiers de bonne foi. Moi, c 'est
- 35:08en droit civil, le parallèle serait moins là
- 35:09parce que... Tu me corrigeras, mais si, exemple,
- 35:12j 'ajoute une maison et je pense que c 'est la
- 35:13mienne, il y a quand même une prescription acquisitive
- 35:15dans la mesure où j 'ai fait le recours comme
- 35:18il faut, puis je pense que je l 'ai achetée,
- 35:20puis j 'ai été de bonne foi. Après un certain
- 35:22temps, puis je me rappelle plus, c 'est combien?
- 35:23C 'est peut -être 10 ans, mais je deviens propriétaire
- 35:26de ce bien -là. On ne peut pas dire, il y a 150
- 35:29ans, le terrain t 'occupe aujourd 'hui. avait
- 35:32été mal transigé, donc tu perds ta maison. Ce
- 35:35qui est différent... En matière constitutionnelle,
- 35:37c 'est ça la différence. Il faut que les gens
- 35:39voient qu 'en matière constitutionnelle, que
- 35:42ce soit en contexte autochtone ou dans un autre
- 35:44contexte, c 'est la même chose avec le partage
- 35:45des compétences. La question d 'avoir été de
- 35:48bonne foi, ça ne compte pas lorsqu 'on parle
- 35:52vraiment de ces droits constitutionnels -là.
- 35:56Et là, la Cour, ce qu 'elle a conclu, c 'est
- 35:58que, bon, cette transaction -là, Elle était inconstitionnelle,
- 36:03elle était illégale. Donc elle a conclu d 'abord
- 36:05à l 'existence aussi du titre autochtone, cette
- 36:07occupation exclusive suffisamment importante,
- 36:11donc d 'où la preuve très très longue et complexe.
- 36:15Elle a conclu à l 'existence de droits ancestraux
- 36:17sur le territoire. Elle a conclu que la transaction
- 36:19de la vente, elle, elle était illégale. Et là,
- 36:22c 'est intéressant parce qu 'elle nous dit, comme
- 36:24je disais tout à l 'heure, il y a une souveraineté
- 36:27préexistante ici autochtone, il y a celle de
- 36:29l 'État. Elle ne nous dit pas qu 'il y en a une
- 36:32qui écarte totalement l 'autre. Ce qu 'elle dit,
- 36:36c 'est qu 'il faut négocier un nouvel arrangement.
- 36:39L 'égal est constitutionnel ici. Et donc, elle
- 36:41oblige, donc obligation constitutionnelle ici,
- 36:44de négocier, en fait, de la couronne afin de
- 36:49trouver une manière dont ces droits -là vont
- 36:51pouvoir être conciliés. Donc, il y a ça qui est
- 36:54quand même intéressant ici et ça nous ramène
- 36:59à la position de départ où il y avait des ententes
- 37:04de nation à nation, puis qu 'on devait trouver
- 37:07une manière de pouvoir coexister sur le territoire.
- 37:12Puis là, la situation pratique de tout ça, parce
- 37:14qu 'on parlera de Irving, qui est à New Brunswick
- 37:16dans un contexte différent, pour que les gens
- 37:18comprennent. C 'est un peu une situation particulière
- 37:21où on conclut que le droit constitutionnel est
- 37:26supérieur au droit de propriété privée, qui est
- 37:28un droit provincial, de droit civil, quand même
- 37:32là, mais je veux dire de droit privé. Les propriétaires
- 37:37de la maison n 'étaient pas partis, il n 'y a
- 37:39pas de conclusion à leur en compte, mais ce qu
- 37:41'on fait essentiellement, c 'est qu 'on dit,
- 37:43exemple, l 'est de l 'île de Montréal. ça appartient
- 37:46à telle communauté, disons que je suis un parallèle
- 37:47d 'ici, l 'Os de Lille de Montréal appartient
- 37:49à telle communauté, donc vous n 'êtes pas vraiment
- 37:52propriétaires de ce terrain -là, c 'est un droit
- 37:55ancestral. La couronne britannique, la couronne
- 37:59canadienne a l 'obligation de négocier une entente
- 38:01pour vous dédommager communauté autochtone, parce
- 38:05que en ce moment, il y a des noms autochtones
- 38:08qui sont sur une terre qui ne leur appartiennent
- 38:09pas. Et c 'est à la couronne canadienne de régler
- 38:13cette situation -là parce que c 'est eux autres
- 38:15qui n 'ont pas respecté leurs obligations envers
- 38:16cette communauté -là. Et la situation actuelle
- 38:19au niveau politique, de ce que je comprends...
- 38:22C 'est que là, il y a eu des situations où il
- 38:26y a des prêteurs hypothécaires qui voulaient
- 38:27plus refinancer les hypothèques là -dessus parce
- 38:29que là, c 'est un titre incertain au niveau de
- 38:31la propriété. Fait que là, le gouvernement a
- 38:33été obligé d 'essentiellement garantir les hypothèques
- 38:36là -dessus. Fait que là, ça fait un peu une panique
- 38:38à ce niveau -là, à tort ou à raison. C 'est juste
- 38:41une question politique à ce niveau -là. Juste
- 38:45pour corriger sur ça, parce que l 'obligation
- 38:47de négocier, elle est aussi de la Couronne de
- 38:49la Cambre -Britannique. Parce qu 'à l 'époque,
- 38:50c 'est la province qui a vendu sans droit, en
- 38:52fait. Qui a vendu sans droit, ces territoires
- 38:56-là. Donc, aujourd 'hui, cette obligation -là
- 38:59de négocier à Lincoln, bien, la province aussi.
- 39:02OK. Fait qu 'au fédéral et à la province. Oui.
- 39:05Oui. De devoir négocier ça. Parce qu 'à l 'époque,
- 39:08c 'est ça qui a permis de conclure que la transaction
- 39:10était légale aussi. représentant de la Couronne
- 39:13britannique, le gouverneur en question, il n
- 39:16'avait pas le pouvoir, il n 'avait pas eu le
- 39:18consentement du fédéral de ça et il n 'avait
- 39:20pas le pouvoir même de faire ça, de céder ces
- 39:23terres -là qui étaient dédiées aux Autochtones
- 39:27parce qu 'à partir du moment où il entrait dans
- 39:30la fédération canadienne, il ne pouvait pas le
- 39:33faire. Et c 'est là où ça nous ramène à la comparaison
- 39:36de dire que ce soit le droit civil ou le droit
- 39:39criminel, le droit ordinaire, en guillemets,
- 39:42est toujours subordonné à la Constitution. Ce
- 39:45qui veut dire que ça serait vrai à l 'inverse
- 39:47aussi. Il ne pourrait pas y avoir le fédéral
- 39:50qui décide de vendre une propriété ou quoi que
- 39:53ce soit, qui est sous une compétence provinciale.
- 39:56S 'il le faisait, ça serait invalide. Invalide
- 40:01à la base. Donc, ça n 'amènerait pas juste une
- 40:04obligation de dédommagement. Ça serait invalide.
- 40:07Donc c 'est vrai dans un sens ou dans l 'autre.
- 40:12Donc si on dit... Donc la question c 'est pas
- 40:15tant de savoir est -ce que par exemple des droits
- 40:16autochtones sont plus importants que du droit
- 40:17de propriété ou la question c 'est de savoir
- 40:19il y a une hiérarchie des normes dans l 'État
- 40:23et les droits constitutionnels des autochtones
- 40:25comme ceux d 'une province, comme ceux d 'une
- 40:27personne d 'ailleurs, ces droits fondamentaux,
- 40:30vont toujours venir avant. du droit qui est ordinaire,
- 40:35incluant du droit de propriété. Parce que pour
- 40:38tout aussi important que ça soit pour les gens,
- 40:40leur propriété, ce n 'est pas un droit constitutionnel
- 40:43de pouvoir avoir sa propriété. C 'est vrai au
- 40:48Québec comme c 'est vrai dans le reste du Canada.
- 40:51Cette transaction -là, elle est inconstitutionnelle.
- 40:55Et là, l 'obligation de négocier, ça peut être
- 40:58une forme de dédommagement, mais pas forcément
- 41:00ça non plus. Lorsqu 'on vient chercher, puis
- 41:04je ne peux pas parler pour la Nation elle -même,
- 41:07pour les Kowechins, mais lorsqu 'on vient démontrer
- 41:10un titre ancestral, qui est un droit de gouvernance
- 41:14sur ce territoire -là, on a le droit à beaucoup
- 41:17plus qu 'un dédommagement. C 'est comme si on
- 41:22disait, par exemple, que le provincial, dans
- 41:25certaines de ses compétences, On pourrait dire,
- 41:28bien, si le fédéral l 'exerce, il pourrait donner
- 41:31un dédommagement à la province, mais peut -être
- 41:32pas. Peut -être que la province comme le Québec
- 41:34dirait, non, moi, je veux juste exercer ma compétence.
- 41:36Je veux juste pas que tu le fasses pour moi.
- 41:38Donc, c 'est un peu un parallèle qui est pas
- 41:40parfait, mais c 'est juste pour dire que cette
- 41:43obligation -là de négocier la gouvernance sur
- 41:46le territoire, c 'est pas juste de dédommager.
- 41:49Ça pourrait être... au niveau de l 'aménagement
- 41:52des règles qu 'on va suivre sur la préservation
- 41:54du territoire, de l 'environnement, la préservation
- 41:57des espèces, l 'aménagement futur du territoire,
- 42:02les différentes vocations qu 'on va donner au
- 42:04territoire, donc ça pourrait inclure tout ça.
- 42:07Ça veut dire essentiellement qu 'on pourrait
- 42:08se retrouver dans une situation où on dit à la
- 42:10ville de Richemont, tu perds des compétences
- 42:14en matière territoriale. puis on transfère ces
- 42:18compétences -là à la communauté. Ça veut dire
- 42:20qu 'exemple, pour faire la parallèle avec Montréal,
- 42:23il pourrait y avoir une portion de l 'île de
- 42:24Montréal où il y a des payeurs de taxes montréalais
- 42:27dont l 'administration du territoire est gérée
- 42:31par des gens qui ne sont pas des résidents nécessairement.
- 42:35En ce moment, je ne pense pas qu 'ils sont physiquement
- 42:36sur le territoire. Ils ont été déplacés, inévitablement,
- 42:39ou c 'est une partie de leur territoire qui leur
- 42:40ait été enlevé. Je pense que c 'est un peu ça
- 42:42le concept. Mais ça arrive dans une situation
- 42:44où essentiellement on prend la gouvernance municipal,
- 42:49normal, puis là, on enlève des droits aux élus
- 42:51pour les refiler à une communauté qui a des droits
- 42:54ancestraux sur ce territoire -là, essentiellement.
- 42:56C 'est ça que ça voudrait dire? Bien, c 'est
- 42:59-à -dire que les municipalités n 'ont aucun droit
- 43:01constitutionnel. Ce n 'est pas un palier de gouvernement
- 43:04dans les faits. Donc, c 'est une gouvernance
- 43:09de proximité, mais... il n 'y a aucun droit réel
- 43:13qui est enlevé aux municipalités. C 'est juste
- 43:15de reconnaître que sur ce territoire -là, des
- 43:18fois sur le même territoire, il va y avoir la
- 43:21compétence provinciale pour gérer les affaires
- 43:24municipales. Il peut y avoir la compétence fédérale
- 43:26qui s 'applique pour différentes choses, je ne
- 43:28sais pas, différentes règles environnementales,
- 43:30etc. À Montréal, on est aussi sujet au droit
- 43:33criminel qui est de compétence fédérale. Alors,
- 43:35il y a différentes compétences qui s 'appliquent
- 43:36sur un même territoire. Mais là, c 'est de dire...
- 43:38Ça nous prend une entente parce que là, il y
- 43:41a aussi la gouvernance autochtone qui est là.
- 43:44Il y a celle des coétchines. Mais on est déjà
- 43:47un peu habitué, dans un contexte de fédération,
- 43:51à être dans un même lieu, mettons à Montréal,
- 43:54puis à avoir à la fois des lois provinciales,
- 43:56des lois fédérales qui s 'appliquent à nous.
- 43:58Mais nous, on vote pour toutes ces élus -là.
- 44:00La grosse différence, c 'est que là... le principe
- 44:02de no taxation without representation ne serait
- 44:05pas respecté. Parce que si, exemple, moi je suis
- 44:07propriétaire d 'une maison à Anjou, puis que
- 44:11mon territoire est partiellement administré par
- 44:14des gens sur lesquels je n 'ai aucun pouvoir
- 44:15politique, parce que je ne peux pas nommer d
- 44:17'élus dans cette communauté. Non, c 'est pour
- 44:19ça qu 'il y a deux souverainetés, c 'est exactement
- 44:21ça. Il n 'y a pas, on n 'a pas, effectivement
- 44:25les gens ne sont pas représentés. par la communauté
- 44:29autochtone. Et c 'est pour ça que la Cour suprême
- 44:31nous dit bien, tout ça, c 'est à l 'intérieur
- 44:33même de la souveraineté coloniale qui s 'est
- 44:35imposée. Mais là, la souveraineté qui est préexistente,
- 44:40qui commence à avoir des impacts concrets de
- 44:42plus en plus, c 'est la souveraineté autochtone.
- 44:46Donc, bien évidemment, il n 'y aura pas... L
- 44:49'idée, c 'est de reconnaître cette souveraineté
- 44:51-là qui était là avant, ces droits qui étaient
- 44:53là, qui n 'ont jamais éteint. Donc non, il n
- 44:58'y a pas une possibilité de pouvoir pour l 'autorité
- 45:06de l 'État qui s 'est imposée de pouvoir contrôler
- 45:08celle -là. Mais de là, l 'idée de devoir arriver
- 45:12à une négociation pour concilier les deux. Ce
- 45:16qui est particulier avec ça, puis on peut en
- 45:18parler un peu de ce qui s 'est dit dans Irving
- 45:20ou New Brunswick où il y a une approche qui est
- 45:21assez différente là -dessus. c 'est que la Charte,
- 45:24c 'est un outil de droit public. C 'est un outil
- 45:27qui donne des obligations à l 'État. Il n 'y
- 45:30a aucune obligation dans la Charte, puis tu me
- 45:31corrigeras, qui vise les individus. La Charte
- 45:34québécoise des droits et libertés vise les individus,
- 45:37mais la Charte canadienne des droits et libertés,
- 45:39la Constitution de 1982, c 'est des obligations
- 45:41de l 'État. Et qu 'est -ce qu 'on se retrouve
- 45:44à faire quand on donne une interprétation comme
- 45:47celle qui a été mise dans... dans... dans Kowichan?
- 45:50Comment tu prenons? Oui, les Kowichan, oui. Kowichan.
- 45:53c 'est que tu te retrouves à impacter des droits
- 45:56individuels de personnes qui ne sont pas parties
- 45:59à la Constitution. C 'est des obligations de
- 46:01droit public entre l 'État et... C 'est des droits
- 46:05qui nous protègent, nous, comme individus, et
- 46:07ce n 'est pas des obligations des individus envers
- 46:10la Couronne. Tu te retrouves à donner des droits
- 46:13qui vont affecter mon droit de propriété, par
- 46:14exemple, dans la Charte canadienne. Il n 'y a
- 46:16pas de droit de propriété dans la Charte canadienne.
- 46:18Non, non, c 'est ce que je veux dire. C 'est
- 46:19que je veux dire, un outil de droit public...
- 46:21qui visent à donner des obligations au gouvernement
- 46:23du Québec et au gouvernement du Canada, affecte
- 46:27le droit de propriété privée d 'un individu,
- 46:29qui lui n 'est pas là -dedans. Dans la décision
- 46:32au Nouveau -Brunswick, puis tu me corrigeras,
- 46:35mais je pense que c 'est un des arguments qui
- 46:37a été mentionné là -dedans sur le droit d 'intervention,
- 46:40c 'est que si une décision entre une nation autochtone
- 46:44et le gouvernement du Canada pourrait m 'enlever
- 46:47mon droit de propriété sur ma maison, je suis
- 46:49un tiers intéressé. Mais normalement, dans un
- 46:52dossier constitutionnel, monsieur, madame, tout
- 46:54le monde ne peut pas intervenir. On ne peut pas
- 46:55dire, tu sais, il faut que tu aies une raison
- 46:57d 'intervenir. Est -ce que pas tous les propriétaires
- 47:00de la ville de Richemont pourraient être dans
- 47:01un dossier constitutionnel entre le gouvernement
- 47:04et la nation autochtone? Fait que la question
- 47:07d 'intervention là -dedans a été... Oui, de la
- 47:10possibilité de pouvoir... De se faire entendre
- 47:13là -dedans. Oui, de se faire entendre. Mais je
- 47:15pense qu 'il faut distinguer les droits de l
- 47:17'article 35 des droits collectifs des droits
- 47:19et libertés individuelles. Parce que c 'est des
- 47:22droits de nature très différentes. Puis il y
- 47:25a une autre catégorie de droits collectifs très
- 47:28importante qui donne des obligations à l 'État
- 47:31puis qui impacte notamment des questions économiques,
- 47:34c 'est les droits linguistiques. Donc les droits
- 47:37notamment des minorités à la fois francophones
- 47:40dans le reste du Canada, anglophones au Québec.
- 47:45Et ces droits -là, qui sont tout à fait différents
- 47:49des droits d 'illiberte individuelle, sont des
- 47:52droits qui sont de nature amener une obligation
- 47:54positive de l 'État pour pouvoir les protéger.
- 47:59Puis l 'impact économique, par exemple, ou le
- 48:01fait que ça nécessite de réorienter son budget,
- 48:04la Cour suprême a déjà dit que ce n 'était pas
- 48:06pertinent pour savoir. Un gouvernement ne peut
- 48:08pas invoquer ça, par exemple, avec une minorité
- 48:11linguistique pour dire, bien, moi, je ne construirai
- 48:13pas d 'école en français, je n 'ai pas le budget
- 48:15pour ça. Ça l 'affecte mon budget, puis ça l
- 48:17'affecte le droit de tout le monde. La Cour suprême
- 48:19a dit, bien non, vous avez une obligation positive
- 48:21ici de droit collectif envers ses enfants, c
- 48:24'était une cause en Colombie -Britannique, où
- 48:26elle a dit, bien non, ça ne peut pas... être
- 48:29invoqué dans ce cas -ci parce que c 'est pas
- 48:31la même chose. C 'est différent des libertés
- 48:33individuelles. Donc, déjà, c 'est une chose ici.
- 48:36Et puis, forcément, reconnaître les droits autochtones
- 48:39sous l 'article 35, ça a toujours un impact économique.
- 48:41On reconnaît des droits des traités, on reconnaît
- 48:44des obligations que l 'État a contractées. Donc,
- 48:46ça va avoir toujours un impact. Mais oui, dans
- 48:49cette affaire, dans cette autre affaire, l 'affaire
- 48:52Irving, Ce que la Cour est venue dire, d 'abord,
- 48:54on est sur une décision interlocutoire. Il n
- 48:57'y a pas de preuve complète qui a été faite.
- 49:00Alors, la Cour nous dit là, commencer à trancher
- 49:03une question comme ça sur un dossier non complet
- 49:06qui peut avoir des impacts sur des tiers, c 'est
- 49:09hasardeux. On ne devrait pas le faire. Puis,
- 49:12on ne devrait pas non plus reconnaître dans ce
- 49:15contexte -là une possibilité, donc, d 'un droit
- 49:19qui affecterait les droits de propriété des tiers
- 49:21sans que eux aient pu s 'exprimer sur la question
- 49:24parce que là, ils n 'étaient pas partis. Alors,
- 49:28essentiellement, c 'est ce que la Cour est venue
- 49:31dire, puis la Cour suprême a refusé d 'entendre
- 49:34l 'affaire. Ce qui est assez significatif, ce
- 49:37qui veut dire que selon elle, ce n 'est pas le
- 49:38bon dossier pour se prononcer sur la question.
- 49:40Oui, c 'est ça, parce que ça ne veut pas dire
- 49:42qu 'elle est d 'accord avec les décisions. Ça
- 49:43veut juste dire qu 'elle ne veut pas prendre
- 49:44les temps de faire ça. Ce n 'est pas le bon dossier
- 49:45parce que, comme tu dis, pour se prononcer sur
- 49:47une question constitutionnelle, déjà complexe
- 49:50comme celle -là, les tribunaux vont toujours
- 49:52préférer avoir une preuve complète, pas une décision
- 49:54qui est en milieu de parcours, là, sur une question
- 49:57intermédiaire, disons, pour les gens. Il faut
- 49:59avoir une preuve complète puis qu 'il ait pu
- 50:00avoir possibilité de tout le monde de pouvoir
- 50:02s 'exprimer. Là, dans cette affaire -là, c 'était
- 50:05pas le cas. Dans l 'affaire Coit -Chaine, ça
- 50:08serait potentiellement différent parce qu 'il
- 50:11y a eu cette preuve, cette preuve complète. Je
- 50:14pense que c 'est des procès qui sont extrêmement
- 50:19longs à faire à cause de la difficulté de faire
- 50:21la preuve. Je pense qu 'il y a eu une reconnaissance
- 50:24que c 'est un droit qui était là. Mais je pense
- 50:26que les implications politiques de reconnaître
- 50:30en vertu de l 'article 35 de la loi constitutionnelle
- 50:33de 1982, un droit ancestral autochtone sur des
- 50:39individus, sur des propriétés privées qui appartiennent
- 50:41à des individus qui eux autres ne sont normalement,
- 50:44parce que tu me parlais des droits linguistiques,
- 50:45les droits linguistiques, ça donne au coup une
- 50:46obligation particulière, ça donne des obligations
- 50:48à l 'État encore. Fait que l 'ensemble de ce
- 50:50qui est dans la charte, dans la constitution
- 50:52canadienne, normalement donne des obligations
- 50:54à l 'État. C 'est des droits qu 'on protège pour
- 50:56protéger les individus. Mais là, pour la première
- 50:57fois, on aurait... des obligations des droits
- 51:01d 'individus, ou leur titre de propriété, ou
- 51:04la vie des individus serait impactée concrètement
- 51:10dans leur droit civil à cause d 'un droit ancestral,
- 51:14autochtone, qui aurait une suprématie par rapport
- 51:16au droit de propriété. Et l 'implication de tout
- 51:19ça, au niveau politique, disons qu 'on oublie
- 51:21le débat juridique qui pourrait avoir lieu, c
- 51:24'est qu 'essentiellement, il n 'y a pas une maison
- 51:27au Canada dont le droit de propriété serait assuré
- 51:32parce qu 'à n 'importe quel moment, une communauté
- 51:35autochtone pourrait venir faire une preuve qu
- 51:37'ils ont un droit ancestral là -dessus et ça
- 51:39remettrait en cause le droit de propriété de
- 51:43cette personne -là ou ce droit de propriété serait
- 51:46sous -jacent ou subordonné à une négociation
- 51:49de l 'État avec avec la communauté autochtone
- 51:54en question. Et ça, ça fait en sorte qu 'on peut
- 51:56se poser la question, est -ce que l 'article
- 51:5835 aurait été négocié en 1982 si ces répercussions
- 52:03-là avaient été évaluées à l 'époque? Puis moi,
- 52:06ce qui me fait peur avec ça, c 'est que... Est
- 52:12-ce que ça ne pourrait pas faire reculer le droit
- 52:14autochtone? Est -ce qu 'il pourrait avoir un
- 52:15soulèvement populaire qui dise, ça n 'a pas d
- 52:17'allure, on a été trop loin là -dedans, il faut
- 52:19revoir, faire des amendements constitutionnels?
- 52:22enlever ou modifier l 'article 35 pour le baliser,
- 52:26à cause que les tribunaux ont poussé ça peut
- 52:28-être un peu trop loin, il n 'y a pas ce risque
- 52:29-là au niveau de la réconciliation avec les droits
- 52:31autochtones? Bien, ça dépend toujours de comment
- 52:33c 'est présenté. Mais, un, la menace aux droits
- 52:36de propriété, à mon sens, elle n 'est pas réelle.
- 52:38Les gens la manifestent, oui, présentement, ils
- 52:41ont peur. Mais je pense qu 'un, c 'est dû à une
- 52:43incompréhension parce que ce n 'est pas une question,
- 52:45je le répète, il n 'y a pas une question de suprématie
- 52:47d 'un droit par -dessus un autre. la souveraineté
- 52:51préexistante des peuples autochtones, les droits
- 52:52constitutionnels des peuples autochtones, doivent
- 52:54être réconciliés avec celles de l 'État. Maintenant,
- 52:57dans la hiérarchie des normes, oui, un droit
- 52:58de propriété, c 'est subordonné à tous les droits
- 53:01constitutionnels, mais ça, même dans une affaire
- 53:03qui n 'est pas une affaire autochtone. Le droit
- 53:05de propriété, là, c 'est subordonné aux droits
- 53:07et libertés des individus, aux droits fondamentaux,
- 53:10c 'est subordonné à tout ça, c 'est subordonné
- 53:12au partage des compétences entre le provincial
- 53:14et le fédéral. Donc, des règles de propriété
- 53:17qui ne respecteraient pas le partage des compétences
- 53:19seraient invalides. Donc, l 'idée, ce n 'est
- 53:23pas de dire qu 'un droit en empêche un autre.
- 53:27C 'est de dire, un existait et a été complètement
- 53:31ignoré, et là, on dit qu 'il doit être respecté.
- 53:35Donc, c 'est un peu l 'inverse. Moi, ça me fait
- 53:37sourire un peu parce que quand les gens disent,
- 53:38ça me crée une certaine instabilité, je leur
- 53:40dis, bien... Vous pensez que ça crée quoi comme
- 53:42instabilité quand du jour au lendemain, sous
- 53:45de fausses représentations, vous enlevez tout
- 53:47droit à des gens? Parce que c 'est ça qui est
- 53:49arrivé à l 'époque, puis c 'est ça qu 'on a mis
- 53:52en lumière. Donc, revenir en arrière, je le vois
- 53:55moins. Parce que, un, pour commencer, on n 'aurait
- 54:00pas besoin, c 'est pas tant la modification de
- 54:02l 'article 35 qui changeraient quoi que ce soit,
- 54:04c 'est notre régime de common law. Ce qui est
- 54:07intéressant aussi, c 'est qu 'on a vu les gens,
- 54:08oui, dire, on pense que ça vient de la déclaration
- 54:11des Nations unies sur les droits des peuples
- 54:13autochtones. On a vu les gens dire ça dans l
- 54:15'Ouest puis dire, faut arrêter de la mettre en
- 54:16œuvre. parce qu 'il est arrivé depuis 2007, et
- 54:20après 2021, la mise en oeuvre au Canada de la
- 54:22Déclaration des Nations unies sur le droit des
- 54:24peuples autochtones, qui elle renforce le droit
- 54:26constitutionnel canadien. intégrer dans les lois
- 54:30de la Colombie -Britannique, mais pas ailleurs
- 54:32dans l 'Ouest, mais c 'est ça. Nous autres l
- 54:34'ont intégré tellement, telle quelle, de ce que
- 54:36je comprends. Oui, puis les tribunaux ont commencé
- 54:40à l 'interpréter, puis ça, ça parle vraiment
- 54:41de cette importance du consentement des Premières
- 54:44Nations, évidemment de restitution des terres.
- 54:48Donc oui, ça a créé ce genre de panique -là,
- 54:50de dire là, il faut arrêter de mettre en œuvre
- 54:52la déclaration des Nations unies. Mais ce qui
- 54:55est intéressant, c 'est que dans cette décision
- 54:56-là de Coetzen, quelques centaines de pages,
- 55:00si on l 'analyse bien, je pense que la Cour,
- 55:02dans toute sa sagesse, ne se fonde mais pas du
- 55:05tout sur du droit nouveau en matière de droit
- 55:08international. Ce n 'est pas pertinent. Et même
- 55:11avant 35, elle se fonde sur l 'incapacité qu
- 55:15'avait la Colombie -Britannique à l 'époque de
- 55:18céder ces terres -là. Elle n 'avait carrément
- 55:20pas la compétence. de céder ces terres -là parce
- 55:24qu 'il aurait fallu que ça soit consenti par
- 55:26le fédéral. Donc on est même avant 1982, on est
- 55:30en train de parler qu 'à l 'époque, en 1846,
- 55:35la Colombie -Britannique a agi à l 'extérieur
- 55:37de son champ de compétences en cédant des terres
- 55:40qui revenait qu 'il était une compétence de ce
- 55:42qu 'on appelait les Indiens et qui depuis 1867...
- 55:46sont une responsabilité fédérale. Donc, en fait,
- 55:48on se fonde sur du droit constitutionnel très,
- 55:51très, très ancien pour arriver à cette conclusion
- 55:54-là. Donc, maintenant, la question de quel peut
- 55:59être l 'impact sur les individus, c 'est une
- 56:03préoccupation réelle. Mais il faut voir que ce
- 56:05que la Cour dit, c 'est « je vous invite à négocier
- 56:08». Ce que je vous demande, c 'est de négocier.
- 56:11Elle n 'a pas dit « du jour au lendemain, vous
- 56:12allez devoir quitter votre maison ». votre acte
- 56:16de propriété à vous individuellement, il est
- 56:18vicié, il devient inconstitutionnel, vous n 'avez
- 56:21plus de droit de propriété. Elle dit, bien là,
- 56:26ces droits -là qui existent, il va falloir qu
- 56:28'on les concilie. Et moi, je pense que... c 'est
- 56:32quand même indicatif de quelque chose que les
- 56:35coalition n 'ont pas voulu s 'en prendre directement
- 56:37au propriétaire, demander un dédommagement, etc.,
- 56:39les individus. Il n 'y aurait pas plus en vertu
- 56:43un recours de la charte parce qu 'ils ne peuvent
- 56:45pas utiliser un recours de la charte pour poursuivre
- 56:47un individu. Non, pas en vertu de la charte.
- 56:51Ils auraient pu rechercher des conclusions déclaratoires
- 56:55au niveau spécifiquement des sites de propriété
- 56:58individuelle. Et eux, ce qu 'ils ont toujours
- 57:00dit, Je pense que c 'est important aussi d 'un
- 57:02point de vue politique. Ils ont dit, en fait,
- 57:04nous, on ne veut pas, on comprend que ça a un
- 57:08effet sur ces personnes, mais nous, ce qu 'on
- 57:10veut réparer, c 'est un peu la vente, la cession
- 57:15illégale de l 'époque par la province qui a été
- 57:18faite. Et en plus, ce sont des représentations
- 57:20mensongères à l 'époque, disant, on va vous garder
- 57:22le territoire, on ne vous le garde pas. Donc
- 57:24l 'idée, c 'est de réparer ça. Et c 'est un peu
- 57:26que la couronne assume ses responsabilités. Puis
- 57:29après, la couronne, comme tu dis, elle doit se
- 57:31retourner vers les individus aussi, puis elle
- 57:33doit s 'expliquer. C 'est pas ça, ça équivaut
- 57:36à de l 'expropriation essentiellement. C 'est
- 57:38parce que si tu as acheté une maison... Non,
- 57:39non, non, il n 'y aura aucun droit d 'expropriation.
- 57:42Il n 'y a aucun droit d 'expropriation. Si la
- 57:43communauté... Parce que de ce que je comprends,
- 57:45puis tu me corrigeras, la communauté pourrait
- 57:48demander de récupérer ces terres -là. Elle n
- 57:50'a pas l 'intention de le faire, mais elle a
- 57:51théoriquement le pouvoir, en vertu de ces droits
- 57:53-là, de revendiquer le territoire. Bien, pas
- 57:56jusque -là, parce que là, ce que nous dit la
- 57:58Cour, c 'est que non, il faut plutôt arriver
- 58:00à le négocier. Donc, il n 'y a pas de conclusion
- 58:04à cet effet -là. Il faut négocier le nouvel arrangement.
- 58:08Un peu de la même manière que sur un même territoire,
- 58:12on est habitué à Montréal, il y a des règles.
- 58:16provinciales, des règles fédérales qui s 'appliquent
- 58:18à nous. Et là, il y aurait une partie de gouvernance
- 58:20du territoire, par exemple, qui pourrait être
- 58:22reliée à l 'environnement, aux berges. Je dis
- 58:24ça comme ça parce qu 'il faudrait vraiment voir
- 58:26ce qu 'ils recherchent en particulier, mais ça
- 58:28pourrait être ça. Puis au lieu d 'être, par exemple,
- 58:31une règle fédérale qui s 'applique sur la préservation
- 58:33de l 'environnement, sur ce territoire -là, ça
- 58:35pourrait être une règle de gouvernance qui vient
- 58:38plus tôt, par exemple, des Coaching. Donc, c
- 58:40'est pas... Ce que je comprends, c 'est que les
- 58:43coalition ont dit qu 'ils n 'avaient aucune intention,
- 58:46ils n 'ont précisé aucune intention de rechercher
- 58:49ça. Ça va être à voir à ce niveau -là parce qu
- 58:52'il y a quand même, vous ne le voulez pas, n
- 58:55'importe quoi qui est autre que de l 'indemnisation
- 58:57de la couronne fédérale. Le fédéral fait un chèque,
- 59:01c 'est une chose. Mais s 'il y a n 'importe quoi
- 59:03d 'autre, on délègue des droits de gouvernance.
- 59:06On reconnaît des droits territoriaux. C 'est
- 59:09sûr que ça a un individu. Je veux dire, on enlève
- 59:13à l 'entité actuelle provinciale, fédérale ou
- 59:15municipale des droits et on les donne à une communauté
- 59:18qui a un droit ancestral sur ce territoire -là.
- 59:22Moi, je pense que les mots sont très importants
- 59:24parce qu 'on n 'enlève pas de droits à personne.
- 59:26La Cour vient dire ce que vous aviez fait, vous
- 59:28n 'aviez juste pas le droit de le faire. Ça,
- 59:30c 'est très différent. Je comprends, mais aujourd
- 59:32'hui, c 'est la ville de Richemont ou c 'est
- 59:33le gouvernement de la… Je comprends… La province
- 59:36qui avait pas… Je comprends le justificatif juridique
- 59:38de la chose. Mais c 'est très, très important
- 59:40parce que sinon, les gens peuvent penser que
- 59:43la province avait un droit, puis que là, on l
- 59:45'enlève, on change, qu 'on fait une modification
- 59:47du droit. On est juste en train de dire, vous
- 59:49avez agi de manière illégale, vous n 'avez pas
- 59:51le droit de faire ça. Fait que là, vous allez
- 59:52devoir réparer ça. C 'est un peu ça, finalement.
- 59:55Oui, je comprends. Je vais refraiser différemment.
- 59:59les élus pour lesquels ces gens -là ont voté,
- 1:00:03à l 'heure actuelle, ont des droits que la Cour
- 1:00:06a déterminés, qui sont en contradiction avec
- 1:00:10un autre droit qu 'elle a reconnu qui était antérieur
- 1:00:13à ce droit -là du régime actuel. Si on transfère
- 1:00:17d 'un ordre de gouvernement à la communauté autochtone
- 1:00:20ces droits -là, parce que c 'est la communauté
- 1:00:22autochtone qui aurait dû les avoir, l 'effet
- 1:00:25pratique de la chose, c 'est que les élus pour
- 1:00:28lesquels les gens de la ville de Richemont ont
- 1:00:30voté vont perdre des droits au bénéfice de cette
- 1:00:34communauté -là, pour lesquels les gens de Richemont
- 1:00:36n 'ont pas voté. Mais je comprends. Je vais faire
- 1:00:39une comparaison. Par exemple, on est dans une
- 1:00:43province, puis pendant une élection, il y a un
- 1:00:47gouvernement, ou on a une élection municipale,
- 1:00:50puis il y a un gouvernement qui vient d 'adopter
- 1:00:53un règlement en matière pénale. ou en matière
- 1:00:56criminelle, mais qui ne relève pas de sa compétence,
- 1:00:58mais il convainc tout le monde que c 'est de
- 1:01:00sa compétence. Puis là, il est très populaire
- 1:01:02là -dessus, puis les gens votent pour lui. Puis
- 1:01:05ils disent, oui, nous, on veut cette loi -là,
- 1:01:08mais qui, dans les faits de nature criminelle,
- 1:01:10pour interdire quelque chose avec lequel on est
- 1:01:12en désaccord dans la province. À partir du moment
- 1:01:14où on va reconnaître que finalement, la province
- 1:01:17n 'avait pas la compétence de faire ça, que c
- 1:01:19'était invalide, bien oui, il va falloir qu 'elle
- 1:01:22se retourne devant les électeurs puis leur expliquer
- 1:01:24pourquoi elle a agi. Mais tu as raison, il va
- 1:01:28falloir qu 'elle leur explique pourquoi elle
- 1:01:30a agi de manière invalide. Elle a agi de manière
- 1:01:33en adoptant une loi invalide et pourquoi elle
- 1:01:35a refait des représentations jusqu 'à présent
- 1:01:37à l 'effet qu 'elle avait le droit de faire ça.
- 1:01:40Puis tu as raison de dire que ça peut être un
- 1:01:41peu trop peur parce que là, les gens ont peut
- 1:01:43-être voté pour ça. Puis c 'est pas ça qu 'ils
- 1:01:45souhaitaient. Là, avec le contexte autochtone,
- 1:01:48c 'est juste que c 'est plus ancien. Mais les
- 1:01:50électeurs ont effectivement le droit de se retourner
- 1:01:52vers la couronne et de dire « Vous, cette situation
- 1:01:56-là, vous la connaissez depuis longtemps. » Ce
- 1:01:59n 'est pas une surprise. Ce n 'est pas parce
- 1:02:00qu 'il y a eu un procès avec les Coaching que
- 1:02:02c 'est devenu connu. Eux, ils le savent depuis
- 1:02:05longtemps qu 'ils ont acquis des terres de manière
- 1:02:07illégale ou que ça pourrait être soulevé par
- 1:02:09les tribunaux. Et ils n 'ont rien fait pour régler
- 1:02:11ça pendant tout ce temps -là. Pourquoi ils n
- 1:02:13'ont rien fait? Puis oui, je pense que les électeurs
- 1:02:16ont le droit d 'avoir une réponse par rapport
- 1:02:18à ça. Pourquoi vous avez attendu qu 'un juge
- 1:02:22doive intervenir puis vous oblige à négocier?
- 1:02:25Pourquoi vous avez continué de vendre ces terrains
- 1:02:28-là puis de nous faire voir que nous, là, on
- 1:02:30avait une propriété puis qu 'il n 'y avait personne,
- 1:02:32que j 'avais le droit ici? On a eu un peu des
- 1:02:34fausses représentations. Donc oui, je pense que
- 1:02:37l 'électorat... Plutôt en fait que de s 'en prendre
- 1:02:41contre les autochtones devrait réaliser que c
- 1:02:43'est la couronne qui les a induits en erreur.
- 1:02:45De la même manière où un gouvernement qui demain
- 1:02:47matin s 'en va en élection en faisant à croire
- 1:02:50qu 'il peut adopter une loi à l 'extérieur de
- 1:02:51son champ de compétence, il est en train un peu
- 1:02:53de berner les gens. Et surtout que dans cette
- 1:02:56affaire -là, il a été démontré que carrément,
- 1:02:59c 'est ça les faits. C 'était pas de bonne foi,
- 1:03:01là. On a menti à la communauté à l 'époque. On
- 1:03:05le disait, on va vous réserver ça, le territoire
- 1:03:06ici, puis le gouverneur servirait de bord. Puis
- 1:03:09il a négocié, justement, comme tu disais, il
- 1:03:11y avait des questions d 'avantages personnels
- 1:03:13en plus. Il a décidé de faire ça pour vendre
- 1:03:16ça à profit à d 'autres. Bien, pourquoi la Couronne
- 1:03:19n 'a pas réglé ça avant? C 'est une très bonne
- 1:03:22question. Moi, je pense que les gens devraient
- 1:03:25demander à l 'État de leur confirmer ça. Oui.
- 1:03:31En tout cas, on va voir ça va donner quoi parce
- 1:03:32que ça va être définitivement du droit, je pense,
- 1:03:35qui va être médiatisé dans les prochaines années.
- 1:03:39Ça va être toute une… Je ne veux pas dire une
- 1:03:42révolution, ce n 'est pas le bon terme, mais
- 1:03:43ça va être… Je pense que ça va avoir des impacts
- 1:03:46significatifs sur le régime du droit autochtone
- 1:03:48au Canada. Merci beaucoup d 'avoir pris le temps,
- 1:03:50c 'est vraiment apprécié. Merci beaucoup. Merci
- 1:03:53d 'avoir été avec nous. Si vous avez aimé l 'épisode,
- 1:03:55abonnez -vous, laissez -nous vos commentaires
- 1:03:56pour qu 'on puisse s 'améliorer. À la semaine
- 1:03:57prochaine.