Latest / À propos / Jean-Paul Philippot : « l’IA, c’est à la fois un risque existentiel et une formidable opportunité » - « À propos », le podcast du Soir
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- 0:00Le soir,
- 0:04repensons notre
- 0:05quotidien. Bonjour,
- 0:10vous écoutez " À propos",
- 0:11le podcast d'actualité du journal Le Soir.
- 0:14Tous les jours,
- 0:15c'est l'expertise de notre rédaction dans vos
- 0:17oreilles. Dans quelques jours,
- 0:25il fermera la porte de son bureau et désactivera son badge.
- 0:28Jean-Paul Philippot a passé 25 ans comme administrateur général de la RTBF.
- 0:33À la fin du mois,
- 0:34il passera le témoin à Christophe Dujardin.
- 0:36Avant de fermer la porte et les lumières,
- 0:38Jean-Paul Philippot a encore quelque chose à dire sur la santé
- 0:41et sur le futur des médias.
- 0:43Je m'appelle Pierre Fagnard.
- 0:45À propos,
- 0:46voici l'actualité comme vous l'entendez.
- 0:52En 25 ans passés à la tête de la RTBF,
- 0:54Jean-Paul Philippot a presque tout connu.
- 0:56De Bye Bye Belgium à Viva for Life,
- 0:58des Coupes du monde aux attentats,
- 1:00l'administrateur général du média public a vu le monde des médias évoluer,
- 1:04se moderniser sous ses yeux.
- 1:06Pour sa grande interview de sortie,
- 1:07Jean-Paul Philippot est passé dans notre studio.
- 1:10Avec lui,
- 1:10on a jeté un coup d'œil dans le rétro,
- 1:12mais on s'est surtout interrogé sur les défis qui animent et qui animeront
- 1:16Le monde des médias.
- 1:17Bonjour Jean-Paul Philippot,
- 1:18Bonjour, merci beaucoup de
- 1:20venir passer un petit peu de temps avec nous.
- 1:22Du temps,
- 1:22vous en avez passé comme
- 1:23administrateur général de la RTBF,
- 1:25presque 25 ans.
- 1:26Alors on n'est pas là pour refaire point par point
- 1:28votre bilan,
- 1:29votre vie,
- 1:29votre œuvre,
- 1:30plutôt pour prendre un peu de hauteur sur l'avenir des médias,
- 1:33les défis qui attendent le secteur.
- 1:34On va quand même un tout petit peu parler de vous,
- 1:36histoire de poser le contexte.
- 1:38Quel a été le moment dont vous avez été
- 1:40le plus fier pendant ce mandat comme administrateur ?
- 1:43C'est une question à laquelle j'ai toujours difficile de répondre.
- 1:47Parce que
- 1:48je peux pas résumer
- 1:52alors la fierté personnelle.
- 1:55Je trouve que c'est un sujet
- 1:56très accessoire,
- 1:58mais je peux pas résumer les réussites à une émission,
- 2:01un moment,
- 2:02une date.
- 2:04Je dirais que
- 2:05quand je désactiverai mon badge
- 2:07à la fin de ce mois,
- 2:09je serai très fier
- 2:11d'avoir participé à.
- 2:14Une évolution d'un média public qui,
- 2:16en 2002,
- 2:17était très largement déficitaire.
- 2:20Il avait un déficit
- 2:21de réputation,
- 2:22de confiance,
- 2:23d'audience. Et aujourd'hui,
- 2:24on a un média public qui est moderne,
- 2:26dont les finances sont saines,
- 2:28dont l'outil est numérisé
- 2:30et dont le niveau de confiance est très élevé.
- 2:31On va revenir évidemment sur cette évolution,
- 2:34sur cette transformation.
- 2:36Avant ça,
- 2:36à l'inverse,
- 2:37c'est quoi le moment que vous ne
- 2:38voudriez pas revivre ?
- 2:40Écoutez, je pense que
- 2:41des moments que je ne voudrais pas revivre,
- 2:43bah ils sont liés à l'actualité.
- 2:46On a vécu,
- 2:47mais comme vous,
- 2:48un traumatisme
- 2:49terrible le 7 janvier 2015,
- 2:51l'attentat de Charlie Hebdo.
- 2:55J'ai vécu,
- 2:56j'ai pris l'avion à Zaventem
- 2:59le 22 mars 2016,
- 3:01tôt le matin
- 3:02pour Genève où je présidais l'u.
- 3:04er. Quand j'ai atterri à Genève,
- 3:07mon téléphone était
- 3:08bouillant. Et on m'annonçait qu'il y avait eu un attentat
- 3:13dans le hall des départs de Zaventem.
- 3:15Et pendant toute la journée,
- 3:18j'ai voilà,
- 3:20j'étais informé
- 3:22d'un de nos
- 3:23journalistes, un de nos collègues,
- 3:25père d'une jeune fille
- 3:28dont il n'avait pas de nouvelles et
- 3:30qui finalement
- 3:31dont il a appris finalement
- 3:33qu'elle avait perdu la vie dans ces attentats là.
- 3:36Donc ce sont des éléments
- 3:37qui. qui sont terribles parce
- 3:39qu'ils nous choquent
- 3:40en tant que média,
- 3:42en tant que
- 3:43source d'information indépendante,
- 3:45mais également dans notre chair
- 3:47tout à fait personnelle.
- 3:49Juste pour terminer,
- 3:50ça a été quoi
- 3:51la décision la plus difficile à prendre ?
- 3:53Il y en a eu de nombreuses.
- 3:55Je pense qu'il
- 3:56y a eu
- 3:56des décisions difficiles
- 3:59en 2003-2004 dans le cadre du plan Magellan.
- 4:01On a réduit très fortement nos
- 4:03effectifs. Il y
- 4:06a Dans mon Dans mon boulot,
- 4:08on prend des décisions difficiles chaque fois qu'on arrête une émission,
- 4:11également qu'on se sépare d'une collaboratrice
- 4:14ou d'un
- 4:15collaborateur. Y a une décision difficile qui a été prise aussi
- 4:19en 2018,
- 4:20lorsqu'on a réorganisé de manière très profonde l'entreprise.
- 4:24Et puis y a d'autres
- 4:24décisions difficiles,
- 4:29confinement bien sûr,
- 4:31qui mettons
- 4:33en. Télétravail,
- 4:35et à qui demandons-nous
- 4:36de continuer à travailler dans les studios comme celui-ci ?
- 4:40C'est ce côté
- 4:41transformation, changement profond du
- 4:45visage presque de la RTBF.
- 4:47J'ai l'impression que ça
- 4:49transpire un peu tout au long de votre mandat.
- 4:50Quand vous avez
- 4:51pris vos fonctions,
- 4:51on était encore dans une ère où la télé,
- 4:54la radio étaient étaient toutes puissantes.
- 4:56Aujourd'hui, le cœur du réacteur,
- 4:58c'est Auvio et les réseaux sociaux.
- 4:59Je pense que le cœur du réacteur,
- 5:00ça reste le contenu.
- 5:03C'est pas le canal de diffusion,
- 5:04c'est le contenu.
- 5:05Je Écoutez,
- 5:06le canal de diffusion est critique
- 5:08et c'est clair qu'on
- 5:10a perdu le confort que nous avions.
- 5:11On ne devait pas se soucier de toucher tous les Belges
- 5:14grâce aux fréquences radio,
- 5:16grâce aux canaux de télévision,
- 5:17on les touchait toutes et tous.
- 5:18De toute façon,
- 5:19ça a disparu.
- 5:22Maintenant, la connexion
- 5:24est devenue une
- 5:25priorité, mais ce n'est pas la première.
- 5:27La première
- 5:28est et restera le contenu,
- 5:30un contenu,
- 5:31une source d'information.
- 5:32Indépendante, pluraliste,
- 5:35professionnelle, des contenus locaux,
- 5:37des contenus qui mettent en
- 5:38évidence les
- 5:39artistes, la création,
- 5:40la richesse,
- 5:41ce qui fait la fierté,
- 5:42ce qui fait
- 5:43la prospérité de notre société
- 5:45belge francophone.
- 5:46Quand on
- 5:47peut élargir,
- 5:48en fait,
- 5:48pendant pendant toute une époque,
- 5:49on peut vous dire que les médias produisaient l'information
- 5:52et contrôlaient aussi le canal par lequel cette information arrivait au public.
- 5:56Cette époque là,
- 5:56elle est terminée,
- 5:57elle est largement terminée.
- 5:58En fait,
- 5:58on est passé d'une époque où le public n'avait pas le choix.
- 6:03Il n'avait pas,
- 6:03il était presque passif par rapport à la réception de l'information.
- 6:06Il pouvait l'être.
- 6:07Je pense que le public a souvent et toujours été actif,
- 6:09mais il pouvait l'être.
- 6:11La question de
- 6:13du service universel,
- 6:15elle était garantie,
- 6:16elle était assurée,
- 6:17à l'instar d'ailleurs
- 6:18de la presse quotidienne.
- 6:20Il y avait
- 6:21un service universel postal
- 6:24qui garantissait à tout le monde aussi l'accès.
- 6:27Ben je pense que
- 6:28dans nos métiers respectifs,
- 6:29aujourd'hui, connecter le public.
- 6:32Engager avec lui,
- 6:34se distinguer dans la dans le l'extraordinaire bruit de
- 6:38fond des contenus et des sollicitations,
- 6:40c'est ça fait partie de notre boulot.
- 6:43Mais je le répète
- 6:44au début de l'histoire,
- 6:45on est des producteurs de contenus,
- 6:47on est des fournisseurs d'informations.
- 6:49C'est quoi
- 6:50d'après vous,
- 6:50le point de bascule ?
- 6:51C'est à quel moment c'est ?
- 6:532007, c'est l'essor des réseaux sociaux et une certaine
- 6:56une explosion d'une nouvelle façon de consommer.
- 6:58C'est 2020,
- 6:59c'est la crise sanitaire et donc
- 7:01qui nous a aussi poussé,
- 7:02là encore,
- 7:02à redéfinir notre façon de consommer l'information.
- 7:05Écoutez, des points de bascule,
- 7:06il y en a de nombreux.
- 7:07Donc moi,
- 7:08je vais égrainer quelques
- 7:09dates parce que
- 7:10en faisant,
- 7:11en regardant dans le rétroviseur,
- 7:13je me suis rendu compte que
- 7:14l'iPhone qui est ici sur cette table,
- 7:18bah il a été présenté au public
- 7:19sa première version
- 7:21en juin 2007.
- 7:23Ça faisait 5 ans que j'étais moi
- 7:25à la RTBF.
- 7:26Et puis,
- 7:26si on
- 7:29met des dates,
- 7:29Youtube c'est 2005,
- 7:31Facebook c'est 2006,
- 7:33Spotify c'est 2008,
- 7:35Netflix c'est 2014,
- 7:37TikTok c'est 2017,
- 7:39Chat GPT c'est 2022.
- 7:40On a conçu comme ça une accélération.
- 7:43Mais si je devais mettre le point de bascule,
- 7:45je le mettrai plus tôt.
- 7:47Point de bascule,
- 7:48pour moi,
- 7:49c'est Jacques Delors.
- 7:50Président de la Commission européenne
- 7:52dans les années nonante,
- 7:53qui annonce cette ce
- 7:55projet européen des autoroutes
- 7:57de l'information.
- 7:58Donc le
- 8:01c'est à dire ce que aujourd'hui moi j'appelle une utopie,
- 8:03c'est à dire grâce à Internet et à des
- 8:05canaux de diffusion,
- 8:06l'information serait accessible à tout le monde sans barrières.
- 8:09Chacune et chacun pourrait la produire.
- 8:11On serait dans une vision idéalisée
- 8:14de la liberté d'expression et du
- 8:16partage de contenu.
- 8:17On a fait les autoroutes,
- 8:18on a oublié le code de la route.
- 8:20C'est à ce moment-là,
- 8:21je pense,
- 8:22que la bascule passe.
- 8:23On perd,
- 8:24on perd
- 8:26le cadre régulatoire,
- 8:27la maîtrise,
- 8:28le service universel.
- 8:29On pensait que ce serait une utopie.
- 8:31Ben 20
- 8:32ans plus tard,
- 8:32on se retrouve avec
- 8:345 ou 6 puissances mondiales,
- 8:36économiques, technologiques,
- 8:38les GAFAM,
- 8:39qui régissent tout
- 8:40et qui captent
- 8:41en Belgique la moitié de la valeur.
- 8:42C'est parce qu'on a,
- 8:44on a laissé la régulation aux GAFAM.
- 8:47Écoutez, ou ils l'ont,
- 8:47ou ils l'ont prise sans nous poser la question.
- 8:49Je pense qu'on a oublié de réguler
- 8:51dans un marché,
- 8:52dans un secteur,
- 8:52celui de l'information,
- 8:53qui a
- 8:54toujours été régulé pour éviter
- 8:56les monopoles,
- 8:57pour éviter les
- 8:58ultra concentrations,
- 8:59pour garantir la transparence des actionnariats,
- 9:02pour garantir
- 9:02l'indépendance des journalistes.
- 9:04On a en fait
- 9:05laissé tout ça au
- 9:07sur des armoires,
- 9:08pensant que,
- 9:10mais en fait,
- 9:10c'était ça allait disparaître avec des médias qu'on considérait à l'époque comme étant démodés.
- 9:16C'est vraiment C'est une question de crédulité.
- 9:18quoi. On a été un peu,
- 9:20On a trop cru dans la bonté potentielle des
- 9:24plateformes. ?
- 9:25Je pense pas,
- 9:25non. Mais je pense par contre qu'on a été ébloui
- 9:29par la puissance de la technologie
- 9:31parce que
- 9:31la technologie pouvait représenter comme avancer dans tous les domaines,
- 9:36y compris de la démocratie,
- 9:37y compris de
- 9:39du coût de production
- 9:41et de diffusion des contenus.
- 9:42On a été ébloui par cela.
- 9:45Sans en prendre,
- 9:46Sans prendre conscience de l'impact social et sociétal,
- 9:49sans prendre aussi conscience
- 9:51en amont
- 9:52des risques d'impact et de
- 9:54disruption économique.
- 9:56Et aujourd'hui,
- 9:56Ben on est dans une tempête parfaite
- 9:58avec une polarisation,
- 10:01Ben un lien
- 10:02établi entre la santé mentale
- 10:05et les réseaux sociaux.
- 10:07et. Une destruction de valeur économique
- 10:10en Europe,
- 10:10est-ce que vous avez le sentiment,
- 10:11parce que là vous avez
- 10:12cité, égrené toute une série de dates,
- 10:14toute une série d'événements qui représentent à chaque fois
- 10:16des transformations et qui s'accélèrent un petit peu.
- 10:18On a commencé en 2007 et puis on a vite été 2017,
- 10:212020, et cetera.
- 10:22Vous avez le sentiment que le secteur médiatique change
- 10:24aujourd'hui plus vite
- 10:26que le temps qui est nécessaire aux médias pour s'adapter?
- 10:28? Oui,
- 10:29alors certainement,
- 10:30c'est un enjeu,
- 10:30c'est un enjeu
- 10:31alors pour
- 10:32la RTBF,
- 10:33média public.
- 10:34Pour nos
- 10:35concurrents, mais également confrères et consœurs,
- 10:38médias privés,
- 10:39pour la presse audiovisuelle,
- 10:41pour la presse écrite,
- 10:42je pense
- 10:43qu'on a un
- 10:44enjeu sectoriel,
- 10:47les modèles,
- 10:49les outils,
- 10:51les la relation du public au contenu audiovisuel ou au contenu d'information.
- 10:56Elle évolue beaucoup plus vite que les organisations peuvent le faire
- 11:00dans les 2 plans,
- 11:00le plan.
- 11:02Patrimonial, les investissements technologiques,
- 11:05ce que ça nécessite comme effort
- 11:07et le
- 11:07temps pour les
- 11:08implémenter. Et surtout le plan humain.
- 11:12Derrière les contenus,
- 11:13il y a des hommes et des femmes qui s'investissent
- 11:15et qui ne peuvent
- 11:16pas évoluer à la vitesse du système.
- 11:19Et donc
- 11:19ça met
- 11:19des pressions.
- 11:20On doit toutes et tous
- 11:21en être conscients,
- 11:23managers responsables,
- 11:24mais également la société,
- 11:26celles et ceux qui aujourd'hui vous informent.
- 11:29Eh bien,
- 11:30ils sont soumis à un rythme d'évolution,
- 11:32à une pression et donc
- 11:33à un univers anxiogène
- 11:36qui n'a jamais été connu dans la profession.
- 11:39Oui, ça n'a jamais été à ce point là quoi.
- 11:41Un des défis du secteur,
- 11:42et ça concerne les médias publics comme les médias privés,
- 11:44les médias audiovisuels comme la presse écrite,
- 11:46c'est le rajeunissement du public et des audiences.
- 11:49C'est possible de
- 11:50toucher les jeunes
- 11:51sans accepter les règles des plateformes
- 11:54si c'est là que les jeunes sont.
- 11:56Comment est ce qu'on fait pour les
- 11:57toucher et pour autant quand même essayer d'un petit peu imposer ces lois,
- 12:01enfin nos lois à nous
- 12:02aux GAFAM?
- 12:03? Écoutez,
- 12:04ça doit être possible.
- 12:06Je pense que là,
- 12:07il y a
- 12:08une notion de
- 12:08déterminisme qui renvoie au modèle de société dans lequel
- 12:12on veut
- 12:13vivre. Nous vivons en
- 12:14Europe. L'Europe,
- 12:15elle est fondée son modèle,
- 12:16il est fondé sur
- 12:18un la démocratie participative,
- 12:20elle est fondée sur
- 12:22le pluralisme des idées.
- 12:24Et le respect des idées de l'autre.
- 12:26Elle est fondée sur la diversité des cultures et des langues.
- 12:29Ce modèle européen,
- 12:30il est unique au monde.
- 12:31Y a des modèles démocratiques dans lequel y a pas la diversité des langues
- 12:34telle que nous la connaissons chez nous,
- 12:35et y a des modèles qui ne sont simplement pas démocratiques.
- 12:38Par ailleurs,
- 12:39si nous croyons
- 12:41en ce modèle
- 12:42et ce modèle,
- 12:43les médias alors publics,
- 12:45privés, audiovisuels ou presse
- 12:48en sont les enfants.
- 12:50Pas d'indépendance des médias sans démocratie.
- 12:53On ne trouvait pas un modèle non démocratique où
- 12:56la presse,
- 12:57elle est libre,
- 12:57où les journalistes,
- 12:58ils peuvent dire ce qu'ils veulent sans censure.
- 13:01Eh bien,
- 13:02si on veut préserver ce modèle,
- 13:04on doit pouvoir s'affranchir des plateformes.
- 13:07Alors, s'affranchir des plateformes,
- 13:08ça ne signifie pas
- 13:09les nier,
- 13:11faire comme si elles n'existaient pas,
- 13:13ne pas
- 13:13avoir des formes de
- 13:14collaboration, de
- 13:15contribution avec elles.
- 13:16Mais on doit garder la maîtrise
- 13:18de deux choses.
- 13:19On doit garder d'abord et avant tout la maîtrise éditoriale.
- 13:23Et la
- 13:24maîtrise éditoriale,
- 13:25elle passe par la maîtrise des
- 13:26algorithmes, donc
- 13:27la maîtrise du contenu en disant maîtrise éditoriale,
- 13:30évidemment. Alors c'est le contenu,
- 13:31c'est le contenu dans son intégrité,
- 13:34c'est le contenu
- 13:36dans son origine.
- 13:38Savoir que
- 13:38bah c'est
- 13:40un journaliste du Soir qui a
- 13:43travaillé dans son cadre déontologique,
- 13:45avec son professionnalisme,
- 13:47à l'article,
- 13:49à l'information que l'on
- 13:50consomme. Et pas un outil d'i.
- 13:52a et pas
- 13:54un une structure qui désinforme,
- 13:56c'est vraiment
- 13:58pouvoir associer à un contenu
- 14:01la responsabilité de
- 14:04celui ou celle qui le
- 14:06qui le produit.
- 14:07Et puis c'est l'environnement dans lequel
- 14:09on se
- 14:11met, ce contenu.
- 14:12Bah y a un contenu qui précède,
- 14:14un contenu qui suit,
- 14:15y a le trajet pour y pour y arriver,
- 14:17et ça,
- 14:18on ne peut pas le laisser,
- 14:19un algorithme dont on ne.
- 14:21connaît ni
- 14:23le je dirais la structure,
- 14:27l'organisation, la
- 14:28logique, ni la finalité.
- 14:30Et il n'y a rien de neutre.
- 14:32La neutralité est un mot qui n'existe pas
- 14:34dans notre domaine comme dans beaucoup d'autres,
- 14:36et donc
- 14:37on doit effectivement avoir
- 14:40un rapport qui
- 14:41est un rapport
- 14:42raisonné, un rapport rationnel,
- 14:44un rapport dont on
- 14:46comprend les
- 14:46termes, mais nous devons maîtriser.
- 14:48aussi la connexion
- 14:50au public.
- 14:51Maintenant est arrivée l'intelligence artificielle.
- 14:54Elle va changer quoi dans la production de l'information
- 14:57et dans la consommation ?
- 14:58Alors écoutez,
- 14:59je pense que l'intelligence artificielle,
- 15:00comme tous les outils de la technologie,
- 15:03depuis la première révolution industrielle,
- 15:07ils peuvent faire le meilleur,
- 15:08mais ils peuvent également être générateurs du pire.
- 15:11L'intelligence artificielle,
- 15:14c'est pour moi
- 15:16un Un risque
- 15:17existentiel et une formidable opportunité.
- 15:21Alors, parlons du risque.
- 15:22Le risque,
- 15:23c'est demain
- 15:24de ne plus
- 15:25accorder une valeur
- 15:27différente à ce qui est vrai
- 15:30et ce qui est construit,
- 15:31ce qui est l'émanation
- 15:33d'une démarche
- 15:34humaine dictée par une déontologie
- 15:38et ancrée dans les réalités culturelles,
- 15:41sociales de sa communauté.
- 15:45D'un outil
- 15:47artificiel, bah qui répond à.
- 15:50Des mécanismes
- 15:51algorithmiques dont on
- 15:53ignore ni l'essence ni la finalité.
- 15:56Ça, c'est vraiment un risque
- 15:58systémique. Face à ce risque-là,
- 16:00je pense que
- 16:01il y a
- 16:022 mobilisations
- 16:05qui sont
- 16:052 mobilisations nouvelles.
- 16:07Je pense.
- 16:08Je ne suis pas journaliste,
- 16:09mais je pense que le métier du journalisme
- 16:12demain va devoir s'enrichir
- 16:15de l'éducation.
- 16:17À l'information,
- 16:17je pense qu'on ne pourra plus uniquement informer sans
- 16:21être partenaire
- 16:23de la citoyenne ou du citoyen auquel on s'adresse,
- 16:25en lui expliquant comment,
- 16:27dans notre démarche,
- 16:27mais au quotidien,
- 16:28cet esprit critique,
- 16:31cette matérialité de la démarche journalistique,
- 16:35elle s'est réalisée.
- 16:36Et le 2e acteur qui doit se mobiliser beaucoup plus,
- 16:39c'est l'acteur de l'enseignement.
- 16:40On doit apprendre dès le plus jeune âge.
- 16:43Bah, les
- 16:45bases, la méthode.
- 16:46Et surtout la
- 16:47valeur de l'esprit critique.
- 16:49Et je pense que
- 16:50si nous réussissons ça,
- 16:51et il faut pas désespérer,
- 16:54nous sommes des êtres intelligents,
- 16:55nous sommes collectivement des êtres curieux.
- 16:57Et je pense que
- 16:58tant que le vrai
- 16:59aura une valeur qu'on n'accorde pas à l'artificiel,
- 17:02alors l'intelligence artificielle elle permettra
- 17:05d'augmenter notre travail de journaliste.
- 17:07Je prends l'exemple,
- 17:07à la RTBF,
- 17:08on a commémoré cet été l'anniversaire de la tragédie du bois du Cazier.
- 17:14Pas d'images.
- 17:15Grâce à l'intelligence artificielle
- 17:17utilisée dans un cadre informationnel et pédagogique,
- 17:21et dans un
- 17:21enfin, ce qui est important dans ce que vous dites là,
- 17:23c'est le mot cadre justement,
- 17:24absolument. Et donc déjà
- 17:26la transparence.
- 17:28Eh bien,
- 17:28on a pu
- 17:30illustrer ce qui se passait et probablement toucher
- 17:33Ben un des ressorts de la médiation qui est aussi
- 17:37l'émotion derrière
- 17:39le caractère sec et un peu dématérialisé,
- 17:41désincarné de l'histoire.
- 17:44J'avais écrit
- 17:45à la base,
- 17:45mais vous y avez déjà un petit peu répondu.
- 17:46J'avais dit et écrit donc
- 17:48désormais les médias devront éduquer en plus d'informer.
- 17:51Je vais tourner la question autrement,
- 17:52ça veut dire que
- 17:54la construction de l'information,
- 17:55pourquoi est ce qu'on décide de donner une information,
- 17:57comment est ce qu'on l'a construit,
- 17:59comment est-ce que les journalistes travaillent?
- 18:00Ça aura à l'avenir et l'avenir il est déjà
- 18:02là autant d'importance que l'information en tant que telle.
- 18:05Savoir pourquoi on a travaillé,
- 18:07c'est aussi important que la finalité de l'article.
- 18:09Ah moi je pense
- 18:10demain que.
- 18:12On n'informera pas complètement
- 18:14si ce travail qui est en fait le travail quotidien du journaliste,
- 18:18parce que
- 18:21je m'en rends compte quand
- 18:23et parce que j'ai ce
- 18:24privilège de pouvoir être
- 18:26derrière le micro ou la caméra et puis
- 18:30comme citoyen devant également.
- 18:32Mais je me rends compte que
- 18:33la construction
- 18:35d'un journal parlé,
- 18:36d'un journal télévisé,
- 18:37de la page d'accueil
- 18:39de RTF Actu.
- 18:41C'est un long processus intellectuel qui commence tôt dans la matinée.
- 18:44De quel sujet,
- 18:45quel sujet allons-nous aborder et quel sujet n'allons-nous pas aborder,
- 18:49quel angle allons-nous choisir,
- 18:50comment est-ce que nous allons vérifier,
- 18:52où sont nos doutes,
- 18:53quel est ce qui
- 18:53est important et qui n'est pas important ?
- 18:55C'est ça le travail du journaliste.
- 18:57Alors hier,
- 18:57c'était acquis
- 18:58et le fait
- 18:59de publier un article,
- 19:01de le signer,
- 19:01alors on le signait 2 fois,
- 19:03on le signait en haut avec le titre
- 19:07de l'éditeur
- 19:08et le titre de l'éditeur.
- 19:10Qui nous donnait une confiance générale.
- 19:12Quand moi,
- 19:13le matin,
- 19:13j'ouvre mes quotidiens et que
- 19:14j'ouvre le soir,
- 19:15je sais que je m'adresse à un
- 19:17parce que le bandeau le soir en haut de la page,
- 19:19le bandeau le
- 19:20soir, voilà qui
- 19:21atteste. Et je
- 19:23sais également que,
- 19:24en lisant la signature au début ou en fin d'article,
- 19:26bah j'ai la signature d'un
- 19:28homme ou d'une femme
- 19:29qui est
- 19:29indépendant et qui respecte un corpus déontologique.
- 19:32Voilà, ces éléments là suffisaient.
- 19:34Aujourd'hui, ils ne sont plus suffisants.
- 19:36parce que nous sommes dans
- 19:37un univers où
- 19:38le faux et le vrai
- 19:40et la masse,
- 19:40l'abondance d'informations.
- 19:42Je pense que sur YouTube,
- 19:43il y a
- 19:4550 à 60 fois plus
- 19:47de contenus d'informations
- 19:50incorrects ou malveillants qu'il
- 19:52n'y a de contenus d'informations
- 19:53correctes et vérifiées.
- 19:56Un mot sur la spécificité du média public.
- 19:58C'est quoi le rôle dans cet écosystème qu'on vient de décrire ?
- 20:01C'est quoi le rôle d'un média public ?
- 20:03Alors, je pense tout d'abord
- 20:06que le
- 20:06média public
- 20:08ne peut pas se concevoir
- 20:10sans le rapport au modèle démocratique dans lequel
- 20:14on est.
- 20:15Et je parlais du pluralisme,
- 20:16un des éléments.
- 20:17Il n'y a pas en 2026 de place pour le
- 20:19média public s'il n'y a pas des médias privés
- 20:22dans nos métiers.
- 20:24Le pluralisme,
- 20:25c'est synonyme de concurrence.
- 20:27Alors c'est pas suffisant et de concurrence et de complémentarité.
- 20:30Après, on va y revenir je pense.
- 20:31La complémentarité,
- 20:32c'est de dire ce que l'un fait,
- 20:34alors l'autre ne doit pas le faire.
- 20:35C'est pas le pluralisme.
- 20:36Le pluralisme,
- 20:37c'est à un moment donné,
- 20:38sur un sujet,
- 20:39avoir 2
- 20:40angles, 2 points de vue.
- 20:43Mais le média public
- 20:45il doit garder alors
- 20:46des éléments de son ADN.
- 20:48Tout d'abord,
- 20:49grâce à l'effort que la collectivité fait
- 20:52pour le financer,
- 20:54eh bien,
- 20:54il doit être
- 20:56fournisseur. D'une information
- 21:00alors qui est
- 21:02indépendante, c'est nécessaire,
- 21:04qui est plurielle,
- 21:06c'est nécessaire également.
- 21:07Mais une information qui atteste
- 21:10ceci s'est passé,
- 21:11mais également une information qui décrypte.
- 21:13On va vous expliquer,
- 21:15mais également une
- 21:16capacité d'investigation,
- 21:18ce que l'on ne vous communique pas
- 21:20mais que vous devez savoir.
- 21:22Et puis aujourd'hui,
- 21:23c'est nouveau.
- 21:25Bah, un outil également qui permet de
- 21:28décoder les éléments de manipulation,
- 21:29ce qu'on appelle le fact checking,
- 21:32ça doit rester au cœur du métier.
- 21:34Mais il y a
- 21:35un autre élément que le média public doit porter.
- 21:37Il n'est pas le seul à le faire,
- 21:39mais lui,
- 21:39il a l'obligation de le faire,
- 21:41c'est d'être
- 21:42ce révélateur de talents,
- 21:43ce passeur de culture,
- 21:46ce transmetteur de patrimoine.
- 21:49Et puis.
- 21:49Et puis le média public,
- 21:51mais je pense comme la communauté des médias.
- 21:54On a aujourd'hui une responsabilité dans la dépolarisation,
- 21:58dans la
- 22:01rupture des bulles dans lesquelles les réseaux sociaux nous enferment.
- 22:04Pour le terme est
- 22:06galvaudé, faire société et faire en sorte que des hommes
- 22:09et des femmes qui ne savaient pas le matin
- 22:11qu'ils partageaient les mêmes
- 22:12envies ou qu'ils allaient se
- 22:13croiser se retrouvent.
- 22:15Ce qui permet à ce moment-là
- 22:17de nous aider,
- 22:18d'aider les médias à faire société,
- 22:20c'est aussi passer par.
- 22:21Des médias locaux,
- 22:23on sait que l'ancrage local peut aussi être une façon
- 22:26de réaccrocher toute une partie de citoyens et de citoyennes à l'information,
- 22:29aussi parce que
- 22:29en les intéressant à ce qui se passe à côté de chez eux avant tout.
- 22:32Alors je pense que
- 22:33y a évidemment y a plusieurs.
- 22:35Enfin un,
- 22:36celui qui a
- 22:37la bonne réponse,
- 22:39s'il a qui se
- 22:40dépêche de la donner,
- 22:41je ne sais pas s'il aura
- 22:43un prix Nobel ou
- 22:44si il y aura,
- 22:45mais dans tous les cas.
- 22:47Il aura quelque chose.
- 22:48C'est quelqu'un qu'on attend.
- 22:49Donc, je
- 22:50crois qu'il faut avoir l'humilité de se
- 22:51dire, face aux défis de la société,
- 22:54mais de notre secteur,
- 22:56on travaille tous
- 22:58par essais et erreurs,
- 23:00avec des petits succès et parfois des grandes déceptions.
- 23:02Ça, c'est la première chose.
- 23:03Je pense que dès lors,
- 23:04on doit aussi beaucoup s'écouter et
- 23:06voir comment les uns et les
- 23:07autres ont réagi,
- 23:08parce qu'une
- 23:09courbe d'apprentissage,
- 23:12elle ne va pas à la vitesse de l'évolution
- 23:15des technologies.
- 23:16À partir de là,
- 23:18et c'est l'a.
- 23:19dn du média public,
- 23:20c'est la proximité,
- 23:22le local.
- 23:23En fait,
- 23:24dans tout le paysage médiatique européen,
- 23:27les seuls médias
- 23:28qui ne vont pas fusionner,
- 23:30qui ne vont pas être délocalisés,
- 23:32qui ne vont pas être absorbés,
- 23:33ce sont les médias publics.
- 23:35Eux, ils voilà leur définition même,
- 23:38elle est
- 23:39géographiquement définie
- 23:43et intangible.
- 23:45Ce qui,
- 23:45je pense,
- 23:45est également une grande
- 23:47faiblesse du média public par rapport
- 23:50à la capacité
- 23:51de groupes
- 23:52privés à
- 23:54bah établir
- 23:56des synergies,
- 23:57des rapprochements,
- 23:58concentration, absorption,
- 24:00ce qui est la dynamique actuelle.
- 24:02Au-delà de cela,
- 24:04il y a effectivement l'information qui est près de chez nous.
- 24:07y a aussi l'information qui nous concerne,
- 24:09nous. On est bombardé de
- 24:11choses qui viennent des 4 coins du monde.
- 24:13Qu'est Ce qui est important pour nous ?
- 24:14Qu'est Ce qui
- 24:15parle de nous aussi ?
- 24:17Et puis,
- 24:17y a
- 24:18derrière le travail du média et le support,
- 24:23y a aussi
- 24:23l'événement en présentiel.
- 24:25Je pense que demain,
- 24:26les médias
- 24:27qui continueront à tisser avec le public belge francophone un
- 24:31haut niveau de confiance
- 24:33aujourd'hui. bah
- 24:36Reuters Institute,
- 24:37Oxford, l'université d'Oxford,
- 24:40plus haut niveau de confiance en Belgique francophone.
- 24:42Qui publie tous les ans un baromètre de confiance dans les médias,
- 24:44comme ça
- 24:45nos auditeurs et auditrices ne sont pas perdus.
- 24:47RTBF et
- 24:50directement après Le Soir.
- 24:52Donc, mais donc ça signifie aussi que
- 24:54voilà, il n'y a pas d'apanage,
- 24:56mais en tout cas,
- 24:57et la confiance dans nos médias,
- 24:59elle est largement,
- 25:00je crois qu'elle est
- 25:012 fois plus élevé que la confiance
- 25:03générale dans les médias,
- 25:04en ce compris les réseaux sociaux,
- 25:06ce qui renvoie à la question tout à l'heure comment toucher les jeunes?
- 25:08? C'est aussi
- 25:10dépasser ce
- 25:11paradoxe. Les jeunes sont très conscients
- 25:15du faible niveau de confiance qu'ils peuvent accorder aux contenus sur les réseaux sociaux
- 25:20et paradoxalement,
- 25:21ils s'y informent de plus en plus.
- 25:23Cherchez l'erreur,
- 25:24éducation. Juste
- 25:26une question peut être un petit peu difficile pour terminer.
- 25:29Si vous entriez en fonction en 2026,
- 25:31ce serait quoi vos
- 25:32vos priorités pour définir un service public?
- 25:34? Ce serait quoi votre plan Magellan aujourd'hui?
- 25:36? Alors écoutez,
- 25:38si je rentrais en fonction aujourd'hui,
- 25:41alors un
- 25:41je n'ai pas envie de répondre,
- 25:43non pas parce que je n'ai pas d'idée,
- 25:44mais parce que ce n'est pas moi qui vais écrire
- 25:47la le prochain chapitre.
- 25:49J'attendais un peu cette réponse,
- 25:52mais je
- 25:52dirais, écoutez,
- 25:54je crois que
- 25:54il y a
- 25:564 domaines dans lequel il faut
- 25:59que. Que vous définissiez vos priorités.
- 26:01Le premier,
- 26:01c'est celui des contenus,
- 26:02j'y reviens,
- 26:03informationnels, culturels,
- 26:05de divertissement.
- 26:07Donc vraiment
- 26:08faire faire société dans toutes les
- 26:11le champ de l'information jusqu'aux émotions.
- 26:14Le 2e domaine,
- 26:15c'est connecter tout le public,
- 26:17tout le public,
- 26:18les jeunes dont
- 26:19on parlait,
- 26:20mais les plus âgés aussi.
- 26:22parce que.
- 26:23Paradoxalement, la société belge,
- 26:24elle vieillit.
- 26:25Oui, c'est ça,
- 26:26et il faut pas opposer les publics non plus.
- 26:27Il faut pas
- 26:28oublier les
- 26:28uns pour
- 26:29toucher les autres,
- 26:30donc tous les publics
- 26:31connectés. Et là,
- 26:33ça signifie
- 26:34de l'investissement technologique,
- 26:35de l'usage
- 26:36transparent, responsable des données
- 26:38et la poursuite de nos canaux historiques.
- 26:41Le 3e élément
- 26:43qui est notre
- 26:44marqueur, pour moi,
- 26:46en fait,
- 26:46il y a
- 26:472 grands marqueurs de la performance d'un média public,
- 26:49c'est est-ce que l'on touche tout le monde ?
- 26:52Et est-ce que le niveau de confiance dans ce que nous,
- 26:53est-ce que les gens nous croient ?
- 26:54Il est
- 26:55élevé ? Et
- 26:56s'il y a un 3e marqueur,
- 26:57on revient au premier,
- 26:59est ce qu'on produit des contenus locaux ?
- 27:01Et puis il y a un 4e point que je dirais pour terminer,
- 27:04il va continuer.
- 27:06Il va falloir continuer à être
- 27:08efficient, c'est à dire
- 27:10réduire nos coûts
- 27:12de production,
- 27:13c'est à dire faire des efforts,
- 27:14épouser l'opportunité des technologies
- 27:16modernes. D'aujourd'hui et de demain
- 27:19pour être plus efficient.
- 27:20Parce que l'effort que la société fait
- 27:23pour financer le média public,
- 27:25il n'est pas sans limite.
- 27:26Et dans une société qui a
- 27:28des tas de priorités
- 27:29et des budgets qui sont des budgets limités,
- 27:32bah il y a des efforts que le média public devra continuer à faire,
- 27:35donc être
- 27:36efficient. 4e recommandation,
- 27:38on va juste terminer sur
- 27:39une petite note positive quand même,
- 27:41après plus de 20 ans à observer toutes ces transformations,
- 27:43il y a quand même
- 27:45des choses qui vous rendent.
- 27:46optimiste pour l'avenir du paysage médiatique belge ?
- 27:50Alors écoutez,
- 27:51bon, plusieurs choses qui me rendent
- 27:53optimiste. Tout d'abord,
- 27:55et je vais le dire moi-même,
- 27:56on ne le dit pas souvent,
- 27:57la santé,
- 27:59l'état du média public,
- 28:03voilà, on
- 28:04ne se
- 28:05le dit pas assez en Belgique,
- 28:06on est rarement fiers de nous-mêmes,
- 28:08mais la RTBF,
- 28:10aujourd'hui, partout en Europe,
- 28:11est considérée
- 28:12non pas comme le modèle,
- 28:13mais comme
- 28:14un modèle.
- 28:16Une situation,
- 28:18un outil technologique
- 28:19ultramoderne, des
- 28:20audiences qui restent très solides et un niveau de confiance élevé.
- 28:24Ça, c'est le premier atout.
- 28:25Le second atout,
- 28:26c'est la manière dont le secteur privé est en train de se réorganiser.
- 28:31Moi, j'ai vu
- 28:33le rapprochement entre Recel et IPM
- 28:36comme un atout pour la dynamique du secteur.
- 28:40Alors, ça ne va pas être simple non plus,
- 28:42Pas plus que ce
- 28:43n'est simple à la RTBF.
- 28:44Mais voilà,
- 28:45il y
- 28:46a une
- 28:46dynamique je
- 28:48pense, et
- 28:49la solidité du groupe
- 28:51est un facteur évidemment
- 28:53très important.
- 28:54Et puis,
- 28:54je crois qu'il y a vraiment
- 28:563e atout.
- 28:58Nos écoles
- 28:59forment des journalistes de très grande qualité
- 29:03et nous avons
- 29:04des rédactions en Belgique,
- 29:06que ce soit à
- 29:07la RTBF.
- 29:08Ou dans le groupe
- 29:09Rosset de l'IPM aujourd'hui,
- 29:12d'hommes et de femmes professionnels
- 29:13qui peuvent travailler de manière indépendante.
- 29:15Ça n'est pas le
- 29:16cas dans tous les territoires et même
- 29:18à proximité de nous parfois.
- 29:20Et puis il
- 29:21y a un dernier
- 29:22atout. On
- 29:25a un enseignement
- 29:26qui alors
- 29:27qui subit quelques vagues.
- 29:28Pour le moment,
- 29:29il a les vagues,
- 29:30mais au cœur de sa mission,
- 29:32l'esprit critique
- 29:34reste une priorité
- 29:35et je pense que ça,
- 29:36c'est un atout.
- 29:38Très important.
- 29:40Et je crois qu'avec ces 4 éléments-là,
- 29:43on doit pouvoir
- 29:45faire continuer à faire ce que nous faisons,
- 29:47c'est à dire
- 29:48donner aux citoyennes et aux citoyens belges francophones
- 29:52les clés pour que lorsqu'ils vont voter,
- 29:54le vote est
- 29:54obligatoire en Belgique,
- 29:56ils votent
- 29:57en conscience et en connaissance
- 30:00des enjeux et des programmes.
- 30:01Ça, c'est notre métier,
- 30:02médias publics,
- 30:03médias privés,
- 30:04mais également
- 30:06que là.
- 30:07masse de talents belges francophones
- 30:09continuent à avoir des partenaires
- 30:12médiatiques pour pouvoir s'exprimer et ensuite
- 30:15rayonner. Moi,
- 30:16ma fierté,
- 30:17c'est quand je vois
- 30:19qu'une série belge comme La Trêve
- 30:21gagne et est plébiscitée à séries mania.
- 30:24Ma fierté,
- 30:25c'est quand un journaliste reçoit un prix
- 30:27à Berlin.
- 30:28Ma fierté,
- 30:29c'est quand
- 30:30je vois que
- 30:31des humoristes belges aujourd'hui sont
- 30:34À côté de notre grand
- 30:36voisin français,
- 30:37la référence de l'humour.
- 30:40Voilà, c'est son.
- 30:41Faire rayonner les talents.
- 30:42C'est quand Flo
- 30:44du cinéma d'animation produit en Belgique,
- 30:47à Bruxelles,
- 30:48par des talents d'ici,
- 30:50se retrouve aux Oscars.
- 30:51Aux Oscars.
- 30:52C'est là la fierté.
- 30:53C'est là qu'on se dit
- 30:55waouh, grâce
- 30:56à collectivement notre travail,
- 30:58nos talents,
- 30:59ils sont d'une part reconnus.
- 31:02Mais d'autre part,
- 31:02ils deviennent des ambassadrices et des
- 31:04ambassadeurs de ce que ce
- 31:05petit pays est capable de faire.
- 31:07Merci beaucoup,
- 31:07Jean-Paul Philippot.
- 31:14À propos,
- 31:15c'est fini pour aujourd'hui,
- 31:16mais on revient demain matin.
- 31:17Merci de votre écoute.
- 31:19Si vous en voulez encore,
- 31:20tous nos podcasts sont disponibles dans l'application du soir.
- 31:23Rendez-vous dans le store de votre smartphone
- 31:26ou de votre tablette pour la télécharger.
- 31:28À demain.