Latest / Le Slow Tour / #9 - Les pins du Porge, avec le gemmeur Jean-Claude Deyres
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- 0:00Juillet 2026.
- 0:02Le Médoc brûle.
- 0:03En moins de trois jours,
- 0:0542 000 hectares de forêt partent en fumée.
- 0:08Le deuxième incendie de cette ampleur en moins de trois ans.
- 0:12Les canadaires tournent en rond au-dessus des villages du Porche,
- 0:14de Somos et de l'Ège Cap-Ferré,
- 0:16et 220 000 personnes sont évacuées dans la zone entière.
- 0:21Mais comment en est-on arrivé là ?
- 0:23Est-ce la faute de cette sécheresse persistante du printemps,
- 0:26où il n'a pas plu depuis le mois de mai en Gironde ?
- 0:29du manque de prise en considération des leçons des incendies de 2022 où déjà
- 0:3320 000 hectares étaient partis en fumée de l'autre côté du bassin au pied de la dune du Pila ou de la nature même de la forêt médocaine constituée à 80%
- 0:41de résineux au potentiel inflammable évident.
- 0:46Je suis bien incapable de répondre à cette question.
- 0:48Et les raisons qui ont mené à cette situation résident évidemment dans une multitude de facteurs à la fois environnementaux,
- 0:54culturels et socio-économiques.
- 0:56Alors loin d'essayer de me faire donneur de leçons,
- 0:58Ce que je laisse volontiers à d'autres experts,
- 1:01je vous propose simplement de revenir sur l'histoire de ce territoire extraordinaire,
- 1:05ou comment la Nouvelle-Aquitaine s'est dotée de la première forêt industrielle d'Europe,
- 1:09qui s'étend sur près de 1,5 million d'hectares répartis entre la Gironde et les Landes.
- 1:17Car oui,
- 1:17les Landes,
- 1:18comme son nom l'indique,
- 1:20ce sont surtout,
- 1:21avant le XVIIIe siècle,
- 1:22de grands espaces ouverts,
- 1:24faiblement peuplés,
- 1:25faits de pâturages,
- 1:26de zones humides,
- 1:27de sable.
- 1:28et de petites forêts de feuillus et de résineux.
- 1:31Elles sont régulièrement balayées par la progression des cordons dunaires,
- 1:34et sans végétation fixante,
- 1:36ces dernières progressent alors à des vitesses vertigineuses.
- 1:40Plusieurs dizaines de mètres par an,
- 1:42avec pour conséquence l'ensevelissement de villages entiers,
- 1:44comme celui de Soulac ou de Mimison à la fin du Moyen-Âge.
- 1:48Quelques espèces endémiques de pins étaient bien présentes,
- 1:51mais formaient des forêts éparses.
- 1:54Les Landes étaient avant tout humides,
- 1:56sablonneuses et pastorales.
- 1:58bien différente d'aujourd'hui.
- 2:02L'usage du pin,
- 2:02lui,
- 2:03a une histoire ancienne,
- 2:04qui remonte à l'Antiquité,
- 2:06pendant laquelle on utilisait sa résine pour fabriquer la pointe navale,
- 2:10celle qui calfeutrait les coques des navires.
- 2:12Puis,
- 2:13au Moyen-Âge,
- 2:14la résine enflammée des torches éclairait souvent les nuits médiévales.
- 2:20C'est à partir du XIXe siècle qu'apparaît la volonté de commencer à transformer ce qu'on nomme alors le Sahara aquitain.
- 2:27Plusieurs expériences y sont menées,
- 2:29dont la plus folle d'entre elles est peut-être la tentative d'acclimatation de dromadaires autour du bassin d'Arcachon entre 1803 et 1865.
- 2:38Bête de somme,
- 2:39puis attraction pour touristes bordelais fortunés,
- 2:42les débouchés sont maigres et les dromadaires sont finalement vaincus par la tuberculose,
- 2:47le froid et l'humidité.
- 2:49L'expérience s'arrête,
- 2:50au bout de 40 années tout de même.
- 2:53En 1867,
- 2:55une loi est votée.
- 2:56pour enteriner la nécessité d'assainir ces terres marécageuses et improductives.
- 3:01Il faut les transformer,
- 3:03les mettre en valeur,
- 3:04les rendre rentables.
- 3:07Et derrière cette loi,
- 3:08il y a un homme,
- 3:10Jules Chambrelan,
- 3:11un ingénieur des ponts et chaussées,
- 3:13qui achète 500 hectares et il plante une première parcelle de pain maritime de façon scientifique.
- 3:19Il teste,
- 3:20il draine,
- 3:20il plante à nouveau.
- 3:22Et ça marche.
- 3:24Trop bien même.
- 3:25En 6 ans,
- 3:2620 000 hectares sont mis en culture.
- 3:28Et puis ça continue.
- 3:30Encore et encore.
- 3:32Jusqu'à atteindre un million d'hectares couvrant toute la région jusqu'à Mont-de-Marsan.
- 3:37Chambrelan a créé la plus grande forêt artificielle d'Europe de l'Ouest.
- 3:41Avec du pain.
- 3:42Rien que du pain.
- 3:44Et pourquoi le pain maritime ?
- 3:46Parce qu'en cette époque de révolution industrielle,
- 3:49il s'agit d'une ressource essentielle.
- 3:52Charpente,
- 3:53traverse de chemin de fer...
- 3:55Étayage des mines de charbon anglais,
- 3:57dont les Bordelais sont restés historiquement proches,
- 4:00l'exploitation est facile et l'espèce plaît dans ces conditions sablonneuses chaudes et humides.
- 4:06Puis,
- 4:06au début du XXe siècle,
- 4:08la chimie,
- 4:09discipline jusque la balbutiante,
- 4:11commence à percevoir les usages de sa sève.
- 4:14Distillée chimiquement,
- 4:15elle procure de l'essence de térébenthine et de la colophane,
- 4:19aussi nommée arcanson,
- 4:20en référence à la ville d'Arcachon.
- 4:23Ces dernières sont utilisées de plus en plus massivement dans l'industrie.
- 4:26Peinture navale,
- 4:27colle,
- 4:28parfum,
- 4:29jusqu'à même être utilisées comme carburant de fusée dans les années 60.
- 4:34La plantation s'accélère donc à la fin du XIXe siècle.
- 4:37Par centaines de milliers d'hectares,
- 4:39le pain maritime remplace tout.
- 4:41Feuillus,
- 4:41landes,
- 4:42zones humides,
- 4:43tout disparaît.
- 4:44À la place,
- 4:45des rangées de pains qui montent droit vers le ciel brûlant d'Aquitaine.
- 4:50Les éleveurs landais,
- 4:51eux,
- 4:52regardent leur...
- 4:52leurs paysages ancestraux disparaître devant l'avancée inexorable de la forêt.
- 4:57Juchés sur leurs échasses,
- 4:59ils surveillent tout autant leurs troupeaux que ces néos industriels lancés dans leurs entreprises d'exploitation effrénées.
- 5:05Leurs terres,
- 5:06souvent gérées de façon collective par les communes,
- 5:09sont accaparées par les grands propriétaires bordelais à coup de manœuvres politiques,
- 5:13et leurs moyens de subsistance finissent par disparaître corps et biens.
- 5:17Des conflits apparaissent,
- 5:19ainsi que les premiers incendies volontaires en 1868 puis en 1869,
- 5:23où 30 000 hectares de jeunes forêts brûlent,
- 5:26lors d'affrontements entre bergers et exploitants.
- 5:30Mais la tendance est lancée,
- 5:32inarrêtable,
- 5:33et l'exploitation du pain finit par phagocyter toutes les autres activités.
- 5:37Au milieu du XXe siècle,
- 5:39la forêt est devenue une machine industrielle.
- 5:42Les pains poussent en ligne et la production de résine coule à flot.
- 5:45Les gémmeurs,
- 5:46ces hommes et ces femmes qui font l'entaille dans l'écorce pour faire couler la résine,
- 5:50ont remplacé les éleveurs.
- 5:52Et ce compte maintenant en dizaines de milliers,
- 5:54jusqu'à 30 000 entre les deux guerres.
- 5:57Des enfants,
- 5:57des femmes,
- 5:58des hommes,
- 5:59toute la famille travaille à la forêt.
- 6:01C'est un métier,
- 6:02une tradition,
- 6:03une économie.
- 6:05Et puis vient le temps des incendies.
- 6:08En 1949,
- 6:10asséché par trois étés de sécheresse consécutif,
- 6:13le massif landais s'enflamme au mois d'août.
- 6:16Alimenté par le mauvais état du massif forestier consécutif à la Seconde Guerre mondiale,
- 6:20les coups de feu sont emboussaillés,
- 6:22les moyens de lutte contre les incendies réduits à néant,
- 6:2550 000 hectares partent en fumée au cours de la guerre.
- 6:26aux portes de Bordeaux,
- 6:28faisant 82 victimes.
- 6:30Il s'agit de l'incendie forestier le plus meurtrier qu'ait connu la France dans son histoire moderne.
- 6:35Puis,
- 6:36en 2022,
- 6:3720 000 hectares partent à nouveau en fumée,
- 6:39mettant en évidence pour la première fois la faillite des stratégies de prévention et de lutte au regard de la nouvelle donne climatique,
- 6:45pourtant annoncée et documentée depuis des décennies dans tous les rapports d'experts,
- 6:50et notamment ceux du GIEC.
- 6:52Nous sommes en juillet 2026,
- 6:54et la forêt brûle à nouveau.
- 6:56La question des limites de ce modèle d'exploitation productiviste se pose nécessairement.
- 7:01Car si,
- 7:02pendant plus d'un siècle,
- 7:03les Landes ont été l'usine à résine du monde,
- 7:05cette industrie a aujourd'hui périclité puis totalement cessé au début des années 90.
- 7:10Vaincue par la concurrence des solvants de synthèse et la mondialisation de la production,
- 7:15la résine de pain ne se produit plus dans les Landes.
- 7:18Alors pour ne pas oublier notre histoire,
- 7:20sous peine d'être condamnée à la revivre chaque été,
- 7:22et pour apporter une contribution à ce débat brûlant qu'est la recherche de solutions.
- 7:26collective,
- 7:27il me semblait important de travailler à la transmission de cette histoire extraordinaire du Médoc,
- 7:31et de l'héritage de ses activités pastorales et industrielles.
- 7:36Et celui qui le fait certainement le mieux,
- 7:38c'est Jean-Claude.
- 7:40Courant mai,
- 7:41donc deux mois avant les incendies,
- 7:43je m'étais rendu au cœur du Médoc,
- 7:44au Porges,
- 7:45et j'y avais rencontré Jean-Claude,
- 7:47un ancien gêmeur,
- 7:48un récoltant de sève,
- 7:50pour déjà discuter de cet héritage patrimonial.
- 7:54Il m'avait présenté son travail,
- 7:55intimement lié à la façon dont les hommes avaient façonné son territoire depuis M.
- 7:59Chambrelan en 1857.
- 8:01Et nous avions exploré ensemble les différentes nuances de cette activité,
- 8:05sans savoir qu'elle reviendrait de façon si spectaculaire et dramatique sur le devant de la scène quelques mois plus tard.
- 8:12Il s'attache aujourd'hui à raconter ce patrimoine dans tous ses aspects,
- 8:16son histoire,
- 8:16ses opportunités,
- 8:18mais aussi ses dangers et ses limites.
- 8:20Car la connaissance reste l'outil premier et indispensable
- 8:25Pour entamer la reconstruction et la réhabilitation de ce territoire extraordinairement riche qu'est celui du Médoc,
- 8:32écoutons donc Jean-Claude et apprenons.
- 8:34Ça commence maintenant.
- 8:48Bonjour,
- 8:49je m'appelle Jean-Claude Daïre,
- 8:51je suis né au Porges,
- 8:52dans la ville de
- 8:54Porges.
- 8:55Alors,
- 8:56dans les années 500 et quelques,
- 8:57il y avait un changement depuis le Sahara.
- 9:02Il y a eu du sable qui est amené par la Garonne,
- 9:07une affluent de sable.
- 9:09Et quand il s'est arrivé à la pointe,
- 9:11il y avait un contre-courant qui a ramené tout le sable.
- 9:16Parce que ces années-là,
- 9:18ce n'était pas comme ça.
- 9:20Tous les cours d'eau,
- 9:20par exemple ici,
- 9:21je ne sais pas,
- 9:21mais par exemple le lac de la Cano.
- 9:24il y avait un chenal qui s'en allait vers l'océan.
- 9:29Et tous les bateaux rentraient depuis l'océan.
- 9:32C'est pour ça que nous,
- 9:34par exemple,
- 9:35le porche qu'on a traversé,
- 9:38il était à environ
- 9:412 km,
- 9:42environ,
- 9:43vue d'oiseau d'ici.
- 9:44Quand la flotte de sable est arrivée,
- 9:46tous les habitants,
- 9:47alors ça remonte dans les années,
- 9:50j'avais trouvé à peu près dans les années 16-15.
- 9:52Alors,
- 9:53les habitants sont partis à 4 km à l'est.
- 9:57Enfin,
- 9:58il y a eu plusieurs noms du porche.
- 10:00J'avais trouvé,
- 10:00il y avait 55 feux.
- 10:03Des feux,
- 10:03c'était une famille.
- 10:05Et ils étaient à côté des étangs,
- 10:10parce qu'ils pêchaient beaucoup,
- 10:13ils chassaient,
- 10:14tout ça.
- 10:15Parce que bon,
- 10:15ils étaient pauvres,
- 10:17ils mangeaient moins que nous.
- 10:19Ils étaient dans la pauvreté,
- 10:212000%.
- 10:23C'est pour ça qu'ils s'en servaient.
- 10:25des poissons,
- 10:27des lacs,
- 10:27etc.
- 10:28Et le peu de gibier.
- 10:30Et après,
- 10:30c'est pour ça que les années 1600,
- 10:32ils se sont déplacés,
- 10:33les habitants,
- 10:34ils ont construit un village à 4 km de l'est des Marais.
- 10:39Donc il y a encore des traces ?
- 10:40Oui,
- 10:40on voit encore des traces.
- 10:42Non,
- 10:42on ne voit pas de traces.
- 10:44Je vois,
- 10:45c'est à peu près,
- 10:45mais bon,
- 10:46après,
- 10:47j'ai des vieilles cartes,
- 10:48des cartes gérigènes,
- 10:50tout ça,
- 10:51qui m'expliquent.
- 10:52Parce que là,
- 10:52on appelle,
- 10:53on lui a dit,
- 10:54les vieilles.
- 10:56le site là,
- 10:57on appelle ça l'église vieille,
- 10:58ça veut dire vieille église.
- 11:00D'accord,
- 11:01donc toujours moi je pensais quand j'étais grand,
- 11:04vous savez quand on ne sait pas,
- 11:06que l'église était là.
- 11:09Effectivement c'est faux.
- 11:10C'était en gros à
- 11:122 km,
- 11:132-3 km,
- 11:15alors on reste de là.
- 11:17Alors pourquoi les échasses en 1171,
- 11:21ils s'enservaient dans le bois patou dans le Saint-Ange ?
- 11:25pour garder les moulons,
- 11:28les moutons.
- 11:29C'est descendu dans les années
- 11:321850, ou je ne me rappelle plus trop,
- 11:35dans les Landes.
- 11:36Donc,
- 11:36les bergers,
- 11:37qui s'appelaient autrefois des pasteurs,
- 11:40ils étaient,
- 11:41bon là,
- 11:41on est dans un endroit,
- 11:42un endroit de terre,
- 11:44on appelait ça le pays,
- 11:45ou la Lande.
- 11:46Maintenant,
- 11:47c'est le pays.
- 11:47Maintenant,
- 11:47c'est une Lande.
- 11:49Donc,
- 11:49c'était des grandes superficies,
- 11:51il n'y avait aucun arbre.
- 11:53Et donc,
- 11:54il y avait toujours des sous-bois.
- 11:55la fougère,
- 11:56la mouline,
- 11:56la ronce,
- 11:57la jante,
- 11:58la bouillère,
- 11:59etc.
- 12:00Et ces passants-là,
- 12:01ils étaient huchés,
- 12:02qu'on appelle ça,
- 12:02sur des chasses,
- 12:04pour garder le mouton et pour se déplacer.
- 12:09Parce qu'à l'époque,
- 12:10il n'y avait pas,
- 12:11comme il pleuvait,
- 12:11l'eau restait superficielle.
- 12:14Oui,
- 12:14il n'y avait pas de drainage de l'eau.
- 12:15Voilà,
- 12:15il n'y avait pas de drainage,
- 12:17donc ils étaient,
- 12:19bon,
- 12:20ils venaient tout le temps.
- 12:21Donc ça servait de moyen de locomotion,
- 12:23et puis évidemment,
- 12:24il n'y avait pas de route.
- 12:25avec des chemins battus par des ravages à bœufs,
- 12:27etc.
- 12:28Donc,
- 12:28ils pouvaient se déplacer dans cette lande-là,
- 12:31plus ou moins humide,
- 12:31certes.
- 12:32Et donc,
- 12:34ils faisaient packager les moutons dans cette lande-là.
- 12:37Alors,
- 12:37pourquoi le pain maritime ?
- 12:39Parce que,
- 12:40bon,
- 12:40c'est un résineux.
- 12:42Il faut savoir,
- 12:43il n'y a pas que le pain maritime.
- 12:45Le pain parasol,
- 12:45le pain franc,
- 12:46etc.,
- 12:46etc.
- 12:48OK ?
- 12:48Alors,
- 12:50ces résineux-là,
- 12:52on les appelle les conifères.
- 12:55Ça vient du mot,
- 12:57du fruit,
- 12:58de l'arbre.
- 13:00On appelle ça un cône.
- 13:04Chez nous,
- 13:04on appelle ça la pigne ou la pomme de paix.
- 13:09Normalement,
- 13:09c'est un cône.
- 13:10C'est là où il y a la graine,
- 13:14la nouvelle semence,
- 13:15la génération.
- 13:17Le souvre printemps,
- 13:19comme maintenant.
- 13:20Avant qu'elle s'ouvre,
- 13:21on récupère des pignes comme ça.
- 13:25et on les fait sécher pour récolter la graine.
- 13:27Donc la résine.
- 13:29Alors,
- 13:29la résine,
- 13:30c'est quoi ?
- 13:32C'est ça.
- 13:36C'est le sang du pain maritime.
- 13:38C'est la vieille résine.
- 13:40Alors,
- 13:41nous,
- 13:41on récolte la résine,
- 13:43et après,
- 13:44on la vend à la distillerie.
- 13:46Qui est la distillerie ?
- 13:49Qui sort de produits ?
- 13:51Le produit liquide,
- 13:52qui est l'essence térébenthine.
- 13:54Et après,
- 13:55vous avez le produit solide,
- 13:58qu'on appelle la colophane.
- 13:59C'est le produit solide.
- 14:01Alors,
- 14:01c'est quoi ?
- 14:02C'est ceci.
- 14:08C'est de la brisure.
- 14:10Voilà,
- 14:11c'est la résine sèche.
- 14:13Par contre,
- 14:15le produit solide,
- 14:17ça ne sort pas comme ça dans la distillerie.
- 14:19Ça passe à une température assez élevée.
- 14:22Ça sort d'un genre de bouillabaisse.
- 14:25Aujourd'hui,
- 14:26on ne récolte plus la résine en France.
- 14:28Dans les Landes,
- 14:30il y a un industriel qui s'appelle DRT,
- 14:36qui emploie cette matière-là,
- 14:39qui va chercher la résine à l'étranger,
- 14:44qui vient la transformer dans les Landes.
- 14:47Donc,
- 14:47il emploie des ouvriers pas trop chers,
- 14:50la résine pas trop chère,
- 14:51etc.
- 14:53Parce qu'il y a eu une période,
- 14:55c'était pareil.
- 14:56à une période,
- 14:58il n'y avait que ça.
- 14:59Chez nous,
- 14:59par exemple,
- 15:00au port,
- 15:00je vais vous prendre le cas d'ici,
- 15:02on ne vivait que de ça,
- 15:06de famille.
- 15:07Bon,
- 15:07il y avait des gros propriétaires,
- 15:08certes,
- 15:09et la commune était riche de superficie.
- 15:16Elle a plus de 4000 hectares d'un seul terrain d'une heure.
- 15:19Et donc,
- 15:20elles employaient beaucoup de résignés.
- 15:22Alors,
- 15:22quand j'ai commencé en...
- 15:26En 1965,
- 15:28avec mon papa,
- 15:30on était 75 familles,
- 15:32parce qu'on travaillait en famille.
- 15:34Donc,
- 15:34il y en avait beaucoup qui avaient arrêté.
- 15:37Déjà,
- 15:39ça fait du monde.
- 15:40Sur une population,
- 15:41combien la population ?
- 15:42À l'époque,
- 15:43il y avait,
- 15:43je ne sais pas,
- 15:44à peine 1000 habitants.
- 15:451000 habitants,
- 15:46oui.
- 15:46À peine 1000 habitants,
- 15:47à peu près.
- 15:51C'est la majorité des habitants du port.
- 15:52Oui,
- 15:52le milieu,
- 15:54ça en est 111.
- 15:57Le pain,
- 15:57on commence à le récolter à partir de
- 16:0330 à 40 ans.
- 16:06On appelle ça la sève résineuse et la résine.
- 16:10Pourquoi j'explique ça ?
- 16:12Parce que ce n'est pas au même endroit.
- 16:13C'est le même produit.
- 16:14Alors,
- 16:14j'explique,
- 16:15ne bouge pas.
- 16:17J'ai une coupe.
- 16:19Donc,
- 16:20voilà,
- 16:20c'est très simple.
- 16:21Donc,
- 16:22visionnellement,
- 16:22vous avez l'écorce.
- 16:24C'est facile.
- 16:25Et évidemment,
- 16:26dessous,
- 16:26vous avez le bois.
- 16:27Petit bois.
- 16:30Dans le bois,
- 16:31il y a un cœur pour faire vivre l'arbre.
- 16:33Et entre ces deux parties,
- 16:35vous avez une petite pellicule de peau,
- 16:38qu'on appelle celle de l'hiver,
- 16:41que,
- 16:41comme printemps,
- 16:43on connaît tous le pollen,
- 16:45la fleur de pin.
- 16:46Oui,
- 16:47tout le monde connaît.
- 16:49En fait,
- 16:49c'est une montée de sève qui monte dans cette petite Ausha.
- 16:54dans le liber là,
- 16:56qui monte jusqu'aux aiguilles de pin,
- 16:59et la résine redescend à l'intérieur du bois.
- 17:02Et en même temps,
- 17:04légèrement,
- 17:05on voit,
- 17:05ça forme des couronnes de branches,
- 17:08et dans le bois,
- 17:09ça forme une veine circulaire.
- 17:11C'est là où la résine est stockée.
- 17:14C'est un circuit fermé.
- 17:16Tous les ans,
- 17:17ça crée une veine circulaire,
- 17:19des branches,
- 17:19etc.
- 17:21Et la résine,
- 17:22elle est stockée dans ces veines-là.
- 17:23Ce sont des petites cavités,
- 17:26comme les abeilles quand elles butinent le miel,
- 17:28on le voit visionner,
- 17:29mais là on ne peut pas le voir.
- 17:30Mais ce sont des petites cavités où la résine est stockée.
- 17:34Aujourd'hui,
- 17:35quand on voit sortir la résine à l'extérieur de l'arbre,
- 17:39quand on tombe sur le parterre,
- 17:41sur la tente,
- 17:41sur la voiture,
- 17:42etc.,
- 17:43c'est le tremplin de la résine.
- 17:45Parce qu'on ne retire plus la résine,
- 17:48c'est le tremplin.
- 17:50C'est comme nous,
- 17:51comme je fais des comparaisons un peu grossiers pour que les gens comprennent,
- 17:55on a une quantité d'estomac pour recevoir les aliments,
- 17:59et ainsi on mange plus et on vomit.
- 18:03C'est logique.
- 18:04En fait,
- 18:05le système des arbres,
- 18:07c'est le même système que le corps humain.
- 18:10C'est le même système.
- 18:12Nous,
- 18:12on parle entre nous.
- 18:14On parle,
- 18:14on bavarde,
- 18:15on dit des bêtises.
- 18:17Les arbres,
- 18:18ils se communiquent entre eux.
- 18:19C'est comme les animaux.
- 18:20Les animaux,
- 18:21le chien,
- 18:22il aboie,
- 18:22il parle de leur manière.
- 18:24On arrive à le comprendre.
- 18:25Le chat,
- 18:26il miaule,
- 18:26etc.
- 18:27Il parle de leur manière.
- 18:30Moi,
- 18:31je parle,
- 18:32j'ai eu parlé,
- 18:34je ne me cache pas,
- 18:35quand je travaillais avec mon père,
- 18:36je parlais avec l'arbre.
- 18:37Il me dit,
- 18:38avec qui tu parles ?
- 18:39Avec l'arbre.
- 18:40Lui,
- 18:41il me comprend.
- 18:42Mais moi,
- 18:43je ne comprends pas le retour.
- 18:48Alors j'ai trouvé des personnes qui arrivent,
- 18:50ils embrassent le...
- 18:51Enfin,
- 18:51ils se mettent à l'entour de l'arbre,
- 18:52ils arrivent à communiquer avec l'arbre.
- 18:54Moi,
- 18:55j'ai essayé,
- 18:55mais bon...
- 18:57C'est pas donné à tout le monde.
- 18:58J'ai pas de fil.
- 19:00Alors,
- 19:01on revient pour le gemage.
- 19:03Le gemage.
- 19:04Donc voilà,
- 19:04alors,
- 19:05on a un petit pot.
- 19:07Je sais pas où je l'ai mis,
- 19:07bon,
- 19:08c'est pas grave.
- 19:09Donc,
- 19:10j'ai un petit pot,
- 19:12que vous pouvez voir qui est plein,
- 19:13celui-là est vide.
- 19:15Mais ce pot...
- 19:16il a un prénom,
- 19:18ou un nom,
- 19:19comme tout le monde.
- 19:20Et il s'appelle le pot Hugues.
- 19:23Pourquoi le pot Hugues ?
- 19:25Parce que c'est M.
- 19:26Hugues Pierre de Bègle qui a posé son brevet de pot de résine pour commercialiser son produit.
- 19:36Et moi,
- 19:37je suis archiviste dans cette commune-là au Porche,
- 19:40et j'ai trouvé écrit,
- 19:41dans les années 1700,
- 19:43Jusqu'à les années 1800,
- 19:46j'ai trouvé les premiers résignés.
- 19:49Et comment ils faisaient ?
- 19:50Ils faisaient un trou,
- 19:53l'endroit où il est blessé l'arbre.
- 19:56Là,
- 19:56dans le sol,
- 19:57quand on voit qu'il ne parlait pas français,
- 20:00il ne parlait pas toi,
- 20:01qu'il s'appelait un crotte.
- 20:03Alors,
- 20:03il faisait un trou,
- 20:03là,
- 20:05dans le sol,
- 20:06et il blessait,
- 20:08et il s'appelait ça un crotte,
- 20:11un petit crotte.
- 20:13Dans un petit crotte,
- 20:14ça veut dire petit trou,
- 20:15ok ?
- 20:17Après,
- 20:17il blessait,
- 20:17bon,
- 20:18je vais vous expliquer après.
- 20:19Et dans la pinède,
- 20:22il faisait un grand trou.
- 20:24qui s'appelait ça un grand croûte.
- 20:26Grand croûte,
- 20:28il y a une plage,
- 20:29je ne sais pas si vous connaissez,
- 20:31à l'âge,
- 20:32qui s'appelle le grand croûte.
- 20:36Et ça vient du mot,
- 20:37le grand croûte,
- 20:38ça vient de là,
- 20:39grand trou.
- 20:40Et bon,
- 20:41évidemment,
- 20:41la résine,
- 20:42c'est liquide,
- 20:43et ça arrive dans le sol.
- 20:44C'est logique.
- 20:46Mais la première résine,
- 20:47il l'a mélangée avec ce qu'il trouvait par terre,
- 20:49il l'a mélangée pour calfotrer le pourtour des croûtes.
- 20:53pour essayer de t'injeter un peu le crotte.
- 20:56C'était plus ou moins bien.
- 20:57Plus ou moins efficace.
- 20:59Les pauvres gars,
- 21:00à l'époque,
- 21:00il fallait qu'ils se débrouillent dans leurs propres moyens.
- 21:06Ça,
- 21:06c'est la première technique avant le pot.
- 21:09Avant le pot-hugue.
- 21:12Le pot-hugue est arrivé.
- 21:13Est arrivé,
- 21:14voilà.
- 21:15Donc,
- 21:16on va le positionner contre l'arbre,
- 21:21qu'on appelle ça un cramponnage.
- 21:24Donc le cramponnage,
- 21:26c'est ces outils-là,
- 21:29bien spécifiques.
- 21:32Voilà,
- 21:33ça c'est une paire de tenailles,
- 21:35c'est commun,
- 21:36mais elle existait.
- 21:38Et des lamelles de zinc.
- 21:41Pour commencer,
- 21:43chaque pain va donner sa quantité de résine.
- 21:47En gros,
- 21:47un pain qui donne bien,
- 21:49donne à peine 10 litres par an.
- 21:51Schématiquement,
- 21:52sur 5.
- 21:53C'est schématique.
- 21:54Sur 5,
- 21:55il y en a 2-3 qui donnent à peine 10 litres.
- 21:57Il y en a qui donnent moyennement.
- 22:00Et il y en a d'autres qui ne donnent pas du tout.
- 22:02C'est comme,
- 22:03je reviens vers la comparaison,
- 22:05c'est comme les autres.
- 22:06Il y a des vaillants,
- 22:07des moyens et des fainéants.
- 22:09Tout le monde rigole,
- 22:10ça fait sourire,
- 22:11c'est logique.
- 22:12Il y en a 3 qui bossent.
- 22:14Un qui bosse vraiment.
- 22:16Après,
- 22:17les arbres,
- 22:17c'est pareil.
- 22:18Les collègues,
- 22:19quand on travaille ensemble,
- 22:20on va savoir pourquoi il y a des fainéants.
- 22:21Mais les arbres,
- 22:22on ne va pas savoir pourquoi.
- 22:24C'est du même terroir,
- 22:25du même âge,
- 22:25etc.
- 22:26Ils sont moins gros,
- 22:27certes,
- 22:28mais la grosseur,
- 22:28c'est rien.
- 22:30L'arbre,
- 22:30il sait pas.
- 22:31Lui,
- 22:31il sait.
- 22:32C'est comme ça.
- 22:34On a un temps de gémage,
- 22:38en gros,
- 22:38entre
- 22:3918 et 20 ans.
- 22:41Jusqu'à ce que l'arbre soit coupé par le propriétaire.
- 22:45Et le propriétaire,
- 22:46c'est une concession qu'il vous fait ?
- 22:47Il y a le propriétaire,
- 22:49le gros silvicuteur,
- 22:51qui a beaucoup d'hectares.
- 22:54qui emploie,
- 22:55bon des fois il a fait la résine,
- 22:58il en a marre,
- 22:59il emploie des résignés.
- 23:01Ça c'est le premier temps.
- 23:02Après ici vous avez la commune.
- 23:07Comme là,
- 23:07comme je vous ai dit,
- 23:09c'est un gros propriétaire,
- 23:10lui il employait toujours pareil des résignés.
- 23:14Après bon il y avait l'état le long de la côte,
- 23:20il y avait une bande,
- 23:21l'état.
- 23:22employé des résignés à l'époque pour récolter la résine,
- 23:25etc.
- 23:27Donc nous,
- 23:27on travaillait spécialement pour la commune.
- 23:30D'accord.
- 23:31Alors nous,
- 23:32on était au litrage,
- 23:33dans le litre.
- 23:36Parce qu'en fait,
- 23:38comment ça fonctionnait au niveau du paiement,
- 23:43il y avait une société,
- 23:47une banque,
- 23:48c'était une société,
- 23:49c'était la SICASO,
- 23:51qui gérait ça.
- 23:52avec la distillerie et le propriétaire,
- 23:56au niveau du prix.
- 23:57Et ça suivait le cours du marché.
- 23:59Ça faisait le yo-yo.
- 24:01Comme le pétrole.
- 24:02Voilà.
- 24:03Et puis nous,
- 24:04le résigné,
- 24:04on avait le reste.
- 24:06Ouais.
- 24:07Comme dame.
- 24:07Ouais.
- 24:09Alors,
- 24:09bon,
- 24:10après,
- 24:10ça dépendait de personne.
- 24:12On avait
- 24:13X pains,
- 24:15suivant la personne,
- 24:17petit voyant ou pas voyant,
- 24:18qui en avait 3 000,
- 24:195 000.
- 24:20Nous,
- 24:20avec le père,
- 24:20on avait 14 000 pains.
- 24:22Pour deux personnes ?
- 24:24Pour deux personnes.
- 24:25Mais la maman,
- 24:26la mère,
- 24:26elle nous a dit de ramasser.
- 24:28Parce qu'en fait,
- 24:29quand le pot,
- 24:30il se remplit,
- 24:33on va le ramasser,
- 24:34les eaux-tubes spécifiques,
- 24:36et après,
- 24:37ça s'en va,
- 24:38on les met dans des barriques,
- 24:40dans des fours,
- 24:41et après,
- 24:41ça s'en va à la distillerie.
- 24:4314 000 pins,
- 24:43ça paraît énorme.
- 24:44Par arbre,
- 24:46du coup,
- 24:46vous passez combien de temps en moyenne ?
- 24:48Juste pour donner un ordre de grandeur,
- 24:49quand on fait tout ce travail-là,
- 24:51on parle de 5 minutes par arbre ?
- 24:54Non,
- 24:55mais c'est vite fait.
- 24:57Dans la journée,
- 24:58on en faisait...
- 25:00Je ne sais pas,
- 25:01moi je ne me rappelle pas,
- 25:011000 arbres.
- 25:03Oui,
- 25:03il y en a qui en faisaient 200,
- 25:05200,
- 25:06on faisait 1000 arbres par jour.
- 25:07Non,
- 25:07mais vous ne passez pas une heure par...
- 25:08Non,
- 25:09non,
- 25:10non,
- 25:10non,
- 25:10non,
- 25:11non.
- 25:11Non,
- 25:11c'est vraiment un claque.
- 25:12Oui,
- 25:12oui,
- 25:12oui,
- 25:12oui,
- 25:12je...
- 25:12On va regarder.
- 25:13Oui,
- 25:13oui,
- 25:13oui,
- 25:14pour faire du bon boulot.
- 25:15Ok ?
- 25:17Les premiers outils,
- 25:19c'était ceux-là.
- 25:21Ça,
- 25:21c'est les années 1700,
- 25:22au début.
- 25:23Oui.
- 25:24Et après,
- 25:24on appelle ça un hacho.
- 25:27C'est un genre de hacho.
- 25:29Et en fait,
- 25:29c'est un taillon courbé qui coupait le reste de l'écorce et le bois.
- 25:37Il faisait des lamelles de bois.
- 25:38On appelle ça le galip.
- 25:40C'est un morceau de bois.
- 25:42Et en fait,
- 25:43voilà,
- 25:43il coupait les veines.
- 25:44D'autant qu'on voit bien les veines en V.
- 25:46En fait,
- 25:47il coupait les veines et la résine,
- 25:49elle coulait.
- 25:50Elle coule quand il fait chaud.
- 25:53C'est comme nous,
- 25:54on se fait une blessure,
- 25:55le sang,
- 25:56il coule.
- 25:57Et s'il fait trop.
- 26:00après les années 50
- 26:0156 on est passé à ce système là ça rien à voir avec ceci ceci avec les lapchottes on appelle ça c'est américain on appelle ça le gemmage activé donc voyez ça change bon il y a une poire et
- 26:20là dedans cette poire là il y avait de l'acide sulfurique ok
- 26:24Et là,
- 26:25le taillard,
- 26:26on appelle ça une rainette.
- 26:28Et là,
- 26:28cette rainette,
- 26:29on ne va plus couper le bois.
- 26:33Donc,
- 26:34on va enlever,
- 26:35toujours pareil,
- 26:36sur une largeur bien respectueuse,
- 26:38parce qu'on avait un règlement intérieur que la commune,
- 26:41il ne fallait pas dépasser la largeur,
- 26:44etc.,
- 26:45parce que c'était surveillé,
- 26:46et il ne fallait pas dépasser.
- 26:48Donc,
- 26:48avec ça,
- 26:49on enlevait le reste de l'écorce et le libère.
- 26:53Et après...
- 26:54On vaporise l'acide,
- 26:58la moitié sur l'école,
- 26:59la moitié sur le bois vert.
- 27:00L'acide va brûler les veines en profondeur,
- 27:04sur le bois vert,
- 27:05et sur le libert en hauteur.
- 27:07Et en fait,
- 27:08elle aspire la résine.
- 27:09Avec,
- 27:10toujours pareil,
- 27:10un aimant de soleil.
- 27:12D'accord.
- 27:14La différence qu'il y a entre ça,
- 27:16c'est dangereux,
- 27:17l'acide,
- 27:18c'est dangereux.
- 27:19Certes.
- 27:20Mais nous,
- 27:20c'est pas ça qu'on regardait.
- 27:23Avec ces outils-là,
- 27:24ils passaient tous les 10 jours,
- 27:28péniblement,
- 27:30pas de souci.
- 27:31Et avec ça,
- 27:31on passait
- 27:3315 jours.
- 27:35Avec le double ou deux fois,
- 27:37trois fois le rendement.
- 27:39Il n'y a pas photo.
- 27:41Donc,
- 27:42évidemment,
- 27:42c'est dangereux.
- 27:43L'acide,
- 27:43c'est dangereux pour le résigné et puis pour la faune sauvage.
- 27:47Parce que quand il pleut dans le pot,
- 27:49il vient boire,
- 27:50puis avec un peu d'acide,
- 27:52il meurt.
- 27:53Surtout les petits Ausha qui roulent,
- 27:55les cigales,
- 27:55etc.
- 27:57Je veux dire honnêtement,
- 27:59moi j'ai des collègues,
- 28:01ils sont morts de ça.
- 28:03Parce que plus ou moins,
- 28:04on inhale plus ou moins l'acide.
- 28:08On est d'accord,
- 28:08mais qu'est-ce que ça...
- 28:09On inhale,
- 28:10ça va aux poumons.
- 28:10Et ça brûle les poumons,
- 28:11etc.
- 28:12Voilà.
- 28:12Et moi j'ai des copains,
- 28:14ils sont morts de ça.
- 28:15Malheureusement,
- 28:17pour le dire,
- 28:17pour le dire.
- 28:18Mais on me dit,
- 28:20mais vous avez pas de gants,
- 28:21des masques,
- 28:22à l'époque...
- 28:23Alors avec cette rainette-là,
- 28:24on fait ça,
- 28:27on enlève le libert et après on vaporise l'acide,
- 28:33donc la moitié sur le bois vert et la moitié sur l'écorce,
- 28:37qui elle va brûler en profondeur sous le libert en tout cas.
- 28:42La réaction chimique de l'acide se fait pendant 15 jours.
- 28:46On ne peut pas passer avant,
- 28:48parce que pourquoi ?
- 28:50La plaie n'est pas guérie.
- 28:52On va repasser,
- 28:53mais ça ne sert à rien du tout.
- 28:55C'est comme nous,
- 28:55on a un pansement,
- 28:56et on enlève le pansement,
- 28:57et ce n'est pas guéri.
- 28:58Bien sûr.
- 29:00Ça va s'infecter,
- 29:01etc.
- 29:01Parce que là,
- 29:02le pain,
- 29:03il va moins donner.
- 29:03Au contraire,
- 29:04il va souffrir.
- 29:05Je reviens au cramponnage.
- 29:07Donc,
- 29:07on commence toujours en bas.
- 29:09Logique.
- 29:11Donc,
- 29:12on laisse à peu près la hauteur du petit pot.
- 29:15Je frappe.
- 29:19J'enlève mon outil.
- 29:21Je viens chercher une lamelle de zinc.
- 29:24Comme sur un métal bout,
- 29:25il se déforme.
- 29:29Je me tapote,
- 29:31je tourne mon outil,
- 29:35je mets mon zinc et il prend la forme de l'outil.
- 29:39Je reviens à la fente initiale.
- 29:47Le zinc,
- 29:48il reste.
- 29:50Comme je monte par an,
- 29:52tous les ans,
- 29:53en gros,
- 29:5481 mètres par an.
- 29:57D'accord.
- 29:57OK ?
- 29:58OK.
- 29:59Suivant le penchant de l'arbre,
- 30:01la résine va s'en aller de chaque côté.
- 30:04Pour éviter,
- 30:05je prends la gauche droite,
- 30:08je viens la placer au devant en biais,
- 30:14pour faire un genre d'entonnoir.
- 30:17Ouais.
- 30:20Alors,
- 30:21c'est pareil,
- 30:22je vais chercher une lamelleuse,
- 30:24je nettoie,
- 30:24c'est le droit.
- 30:25Et comme je n'ai rien,
- 30:26je vais le mettre manuellement.
- 30:27D'accord.
- 30:33L'année après,
- 30:34je prends la paire de tonailles,
- 30:36j'enlève ça et je le monte.
- 30:39On a fini,
- 30:40par exemple.
- 30:41Par exemple,
- 30:42ici,
- 30:43je viens mettre mon zinc ici,
- 30:45etc.
- 30:48Et bon,
- 30:50on fait trois angles.
- 30:51On s'arrête à la hauteur du bras.
- 30:53D'accord.
- 30:53pour mettre le zinc.
- 30:56Parce que les outils,
- 30:57on peut allonger les outils.
- 30:58Parce que le bois,
- 30:59on ne peut pas les allonger.
- 31:00Alors après,
- 31:01on commence logiquement,
- 31:04on commence à...
- 31:05La première chaleur,
- 31:06c'est en juin.
- 31:08Bon,
- 31:08maintenant,
- 31:08c'est plus tôt.
- 31:11Et on commence à partir de juin.
- 31:14Je commence septembre,
- 31:14octobre.
- 31:15Période de chaleur.
- 31:18On fait ça.
- 31:19Et tous les mois,
- 31:20je reviens,
- 31:22tous les mois.
- 31:23On avait une date butoir pour ramasser la résine,
- 31:28pour récolter la résine.
- 31:30Donc pourquoi une date butoir ?
- 31:32Parce que la distillerie,
- 31:36elle,
- 31:38c'est une usine qui vaut beaucoup de produits.
- 31:40Donc elle achète la résine dans les communes environnantes de la distillerie.
- 31:46Pour gérer toutes ces communes-là,
- 31:49ils mettaient une date butoir à chaque commune.
- 31:52D'accord.
- 31:53C'est-à-dire qu'à la fin de la date butoir,
- 31:57par exemple 25,
- 31:57je prends une date,
- 31:58je ne me rappelle plus,
- 32:00il fallait que tous,
- 32:02au 25,
- 32:03tous les résignés du porche,
- 32:05toute la résine soit rentrée à la dessinerie.
- 32:08Parce qu'elles,
- 32:11c'était des barriques en bois,
- 32:12après c'est des barriques en fer,
- 32:14elles avaient un numéro et un numéro de litrage.
- 32:17Et on mettait l'étiquette autocollante et le nom du résigné.
- 32:22D'accord.
- 32:23qu'elle a décideri,
- 32:24quand ils réceptionnaient la barrique,
- 32:26il fallait savoir à qui c'était.
- 32:28Logique.
- 32:30Après,
- 32:30c'était eux qui,
- 32:31pour payer.
- 32:31Ouais,
- 32:33ouais.
- 32:33Après,
- 32:33ils faisaient les totaux de Jean-Pierre Bernard,
- 32:36d'ailleurs Jean-Claude,
- 32:37etc.
- 32:38Ils avaient X litrages.
- 32:40Ouais.
- 32:41Et après,
- 32:41ils regardaient,
- 32:43ils ouvraient la trappe.
- 32:44Ouais,
- 32:45ouais.
- 32:47La barrique,
- 32:47ouais.
- 32:48Ils ouvraient le couvercle,
- 32:50ils cherchaient le gros.
- 32:51Ils regardaient s'il y avait...
- 32:52si la barrique était pleine,
- 32:53et s'il n'y avait pas de l'eau.
- 32:54Oui,
- 32:55bien sûr.
- 32:56Parce qu'il y a toujours des petits malaises sur Terre,
- 33:00et ils mettaient de l'eau.
- 33:02Et ça ne marche pas.
- 33:04Donc cette barrique-là,
- 33:05elle était rebutée.
- 33:07Oui,
- 33:07parce que ça ne se mixe pas entre l'eau et les choses.
- 33:09Non,
- 33:09non,
- 33:10l'eau,
- 33:10on ne fait pas les séances de termandine.
- 33:13Donc cette barrique-là,
- 33:15elle était de côté,
- 33:15elle n'était pas comptée.
- 33:17Et après,
- 33:18il y avait un rapport au patron.
- 33:22Le patron a appelé le résinier.
- 33:23Pourquoi ?
- 33:24Il y avait de l'eau.
- 33:25Mais dans la vie,
- 33:26il y a toujours des petits malaises.
- 33:27Il y a toujours des malaises.
- 33:30C'est pour ça qu'ils mettaient une date de butoir à chaque résinier.
- 33:34Et évidemment,
- 33:35nous on le savait.
- 33:37Il fallait prévoir en amont pour commencer à ramasser la résine.
- 33:42Parce que lui,
- 33:43le charretier,
- 33:43le muletier,
- 33:45ceux qui sortaient les barriques,
- 33:46lui étaient payés.
- 33:47Lui commençait toujours pareil.
- 33:49Parce qu'il y avait 75 familles.
- 33:51On ne fait ça pas dans 5 jours.
- 33:53Donc,
- 33:53ils commençaient à...
- 33:54Parce que si,
- 33:54par exemple,
- 33:56nous,
- 33:56on avait 14 000 lopins,
- 33:57on avait,
- 33:58je ne me rappelle plus,
- 33:59on avait peut-être
- 34:0020 mariques ou 25 mariques ou 30 mariques,
- 34:02je ne me rappelle plus.
- 34:03Et il fallait sortir parce qu'en fait,
- 34:05il y avait toujours une barrique vide et changée.
- 34:07Et une barrique,
- 34:09donc on a dit,
- 34:10un arbre,
- 34:10c'est environ 10 litres quand ça produit normalement.
- 34:12Alors,
- 34:12combien il faut d'arbres pour eux ?
- 34:15Et une barrique,
- 34:16là,
- 34:16comme ça,
- 34:16c'est combien ?
- 34:16C'est 100 litres ?
- 34:17Non,
- 34:18là,
- 34:18il faut 250 litres,
- 34:20cela.
- 34:22250,
- 34:23ok.
- 34:23Ouais.
- 34:24Et les barriques qu'on a eues en fer,
- 34:26elles faisaient 240 litres.
- 34:27Et 240,
- 34:28d'accord,
- 34:28ouais.
- 34:28Après,
- 34:29combien d'arbres,
- 34:30combien de pots on pouvait...
- 34:32On ne peut pas savoir.
- 34:34Impossible de savoir.
- 34:34Voilà,
- 34:35parce que bon,
- 34:36c'est souvent le pays qui donne.
- 34:38Et une barrique comme ça,
- 34:39il vous la payait combien à l'époque ?
- 34:40Alors,
- 34:41à l'époque,
- 34:41c'était 1 franc 20.
- 34:43Dans mes mois,
- 34:431 franc 20.
- 34:46Donc,
- 34:46si on fait vite le calcul...
- 34:50Après c'est pour ça que plus on en faisait,
- 34:51plus on en touchait.
- 34:52Ah bah bien sûr.
- 34:53C'est logique.
- 34:54Celui qui avait par exemple 2.000 ou 2.600 pains,
- 34:57il ne faisait pas beaucoup de mariques.
- 34:58Il n'en faisait pas beaucoup.
- 34:59J'ai connu une personne qui faisait une marique par mois.
- 35:03La résine,
- 35:05comme elle coule très lentement,
- 35:07elle va se cristalliser contre la corps.
- 35:10Ça,
- 35:10ce que j'ai fait,
- 35:12on appelle ça une pique.
- 35:13Et l'ensemble,
- 35:14on appelle ça une corps.
- 35:17Et la résine,
- 35:17elle va se cristalliser sur la corps.
- 35:20Il y a un haut-pot là,
- 35:22et c'est à la fin du jumeau.
- 35:24Et la résine,
- 35:25cette partie blanchâtre,
- 35:26elle est cristallisée.
- 35:29Comme c'est de la résine sèche,
- 35:30elle est commerciable.
- 35:33Donc,
- 35:34à partir de septembre-octobre,
- 35:36suivant le temps,
- 35:38on va ramasser toute la résine molle du pot,
- 35:42peu ou beaucoup,
- 35:43et le pot,
- 35:43on le met à côté du pays.
- 35:45Et après,
- 35:46pour gratter cette résine sèche,
- 35:48on prend ce petit outil,
- 35:52une toile,
- 35:54on appelle ça un barrasquet.
- 35:57On vient,
- 35:58c'est une toile de jute,
- 35:59c'est un sac de jute.
- 36:03On l'ouvre en grand,
- 36:05on va la mettre au pied du pain,
- 36:09si on met un bout de bois,
- 36:12etc.
- 36:12Et après,
- 36:13on va gratter cette résine sèche qui va tomber dans la toile.
- 36:19Comme c'est des plaques de résine sèche,
- 36:21de la poussière,
- 36:22etc.
- 36:23Et ça tombe dans la toile.
- 36:25On appelle ça du barra.
- 36:28Et une fois fini,
- 36:30quand on a sa peigne...
- 36:32On va vider la résine sèche dans la barrique.
- 36:36Une fois qu'on a fait tout,
- 36:37on va vider la résine molle.
- 36:40Et après,
- 36:40avec un bout de bois,
- 36:41on va mélanger les deux tout.
- 36:43Tu comprends ?
- 36:44Oui.
- 36:45Plus grande année,
- 36:46c'est une période après la première guerre.
- 36:50Avant que la seconde guerre n'éclate.
- 36:53Dans les années 20,
- 36:55alors là,
- 36:55il fallait beaucoup de produits.
- 36:57Donc le prix avait augmenté.
- 37:00Et en même temps...
- 37:01Il y avait les parqueurs,
- 37:03moi c'est un arcachon,
- 37:04ils avaient une maladie aux utres.
- 37:07Donc ils ne pouvaient plus récolter des utres.
- 37:10Comme il y avait du bénéfice à faire la résine,
- 37:13ils sont venus faire résiner.
- 37:17Il fallait qu'ils se nourrissent les gars.
- 37:18Pour 100 kilos,
- 37:19on sort à peine 20 kilos d'essence tébantine et 70 kilos de colophane.
- 37:25Pourquoi il y a très peu d'essence tébantine ?
- 37:28Le produit liquide,
- 37:30elle s'évapore.
- 37:31Alors aujourd'hui,
- 37:32il y a un ancien collègue,
- 37:34il est décédé,
- 37:35M.
- 37:35Couraud,
- 37:36et lui,
- 37:37dans son idée,
- 37:39il voulait récolter davantage d'essence interventée,
- 37:44de produits liquides.
- 37:46Et comment ?
- 37:48Bon,
- 37:48pourquoi,
- 37:48on le sait.
- 37:49Mais comment ?
- 37:50Il a attrapé une poche de congélation de sa femme,
- 37:52il a coupé une paroi,
- 37:56et il l'a agrafée sur les trois quarts du haut.
- 37:59Et...
- 38:00Après,
- 38:00une fois qu'il a récolté de la résine comme ça,
- 38:03il a fait des échantillons,
- 38:04des essais chez lui.
- 38:06Il m'a fait voir.
- 38:07Très joli.
- 38:09Avec beaucoup d'essence de terbentine.
- 38:10Voilà.
- 38:11Et la colophane était plus jolie.
- 38:13Ouais.
- 38:14Donc,
- 38:15le filet d'aiguille,
- 38:17un jour,
- 38:17sa femme va chercher un cubit de vin,
- 38:20un carton,
- 38:20parce qu'il y a un robinet,
- 38:22il y a la poche,
- 38:22puis il tire.
- 38:24Il dit,
- 38:24tiens.
- 38:25Si on faisait ça avec la poche du cubit.
- 38:29Ce genre-là.
- 38:30Donc voilà,
- 38:31la poche existante du cubit.
- 38:34Donc il y a un orifice bien déjà prévu.
- 38:39Il a fait faire un adaptateur pour aller à l'arbre,
- 38:42pour maintenir l'arbre.
- 38:44Donc voilà,
- 38:44la comparaison des deux,
- 38:46il n'y a pas photo.
- 38:48Oui,
- 38:49bien sûr,
- 38:49on voit bien la différence.
- 38:50C'est ça,
- 38:51on voit.
- 38:52Et donc voilà la poche,
- 38:54en question,
- 38:54pas suspendue,
- 38:55avec la résine,
- 38:56tout ça.
- 38:57Et le collègue,
- 38:58lui,
- 38:58il faisait des essais à l'époque.
- 39:00Donc voilà la machine,
- 39:01la cycloche,
- 39:02tout ça,
- 39:05ce genre de machine.
- 39:06Et lui,
- 39:07il faisait des essais,
- 39:08il avait mis de la résine dans un pot parfait de poids en verre.
- 39:14Et un jour,
- 39:14il travaillait au laboratoire à Bordeaux,
- 39:16il a dit,
- 39:16t'es-vous monalysé la poche en résine en plastique et mon pot de résine ?
- 39:23Et ils ont trouvé la différence entre la poche et le poids en verre.
- 39:27C'est logique parce que la prochaine fois qu'on la coupe pour enlever la résine,
- 39:32on jette,
- 39:33il y a des parois,
- 39:35les terres matines,
- 39:36ça arrive à s'évaporer.
- 39:38Très peu mais elle arrive.
- 39:39Le pot en verre,
- 39:40c'est pour ça qu'ils se sont mis au pot en verre après.
- 39:45D'accord.
- 39:46Donc voilà.
- 39:47Maintenant c'est pot en verre.
- 39:48Voilà.
- 39:49Parfaitement.
- 39:50Et en plus c'est recyclable,
- 39:52ça revient,
- 39:52etc.
- 39:53Il n'y a pas de perte.
- 39:54Ils arrivent à un taux de 40 à 45 %,
- 39:57mais ça c'est avant.
- 39:58Aujourd'hui.
- 39:59Aujourd'hui.
- 40:00Alors qu'avant,
- 40:02là,
- 40:02on était sur 100.
- 40:03Oui,
- 40:03on était à 17%
- 40:05Alors lui,
- 40:06le collègue,
- 40:07il a trouvé une patte à nœud.
- 40:08Parce qu'il fallait quelque chose pour attirer la résine.
- 40:11Pour attirer.
- 40:12Lui,
- 40:12cette partie blancharde,
- 40:13c'était une patte à nœud qu'il mettait avant de mettre le marché.
- 40:16Avant de mettre ça et qu'il remplace l'acide.
- 40:18Voilà.
- 40:19Il était moins agressif.
- 40:21Voilà,
- 40:22pour récolter davantage.
- 40:25Moi,
- 40:26j'étais un ancien résinier.
- 40:28C'est toujours pareil.
- 40:29J'ai monté l'association en 1991.
- 40:33Pour garder toujours le cœur de ça,
- 40:34comme je racontais ça dans mon histoire.
- 40:37Et j'ai associé le métier de résigné,
- 40:41parce que j'ai eu une assaude sous la loi de 1901,
- 40:43etc.
- 40:44J'ai associé le métier de résigné parce que j'ai toujours l'amour de vendre ça.
- 40:49Enfin,
- 40:49vendre ça,
- 40:50ce n'est pas le vrai mot.
- 40:53C'est l'amour de vendre ça à tout le monde.
- 40:56Moi,
- 40:56c'est l'amour de...
- 40:57Donnez ça,
- 40:58c'est tout.
- 41:00Chaque région a son patrimoine.
- 41:05Chez vous,
- 41:05vous allez dans le Nord,
- 41:06il y a un patrimoine différent que nous.
- 41:10Ça,
- 41:10c'est se transmettre,
- 41:11ça.
- 41:12Après,
- 41:13comme je dis,
- 41:13il faut aimer,
- 41:14puis il faut s'investir.
- 41:16Si on n'aime pas,
- 41:17c'est pas la peine.
- 41:17Il ne faut pas être plus pessimiste que le roi.
- 41:22Mais bon,
- 41:22après,
- 41:22un jour ou l'autre,
- 41:23bam,
- 41:24ils se font étaler,
- 41:24quoi.
- 41:33Merci à Jean-Claude pour son témoignage et son implication dans la transmission de cet héritage médocain auprès des générations futures.
- 41:41Sachez que vous pouvez le contacter directement en passant par l'Office du tourisme du Porche et qu'il organise régulièrement des animations,
- 41:47des chasses ou de gémages.
- 41:49Et enfin,
- 41:49merci à vous d'être toujours plus nombreux à écouter le Slow Tour.
- 41:53N'oubliez pas de noter cet épisode s'il vous a plu.
- 41:56Et moi,
- 41:56je vous dis à très bientôt pour une nouvelle micro-aventure.