Latest / Les invités de Radio des Ballons / Le prince de Salm à Senones à l'occasion du lancement du label "principauté de Salm"
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- Nous sommes à Sonnone, principauté de Salme, avec Monseigneur, le Prince de Salme. Alors, Monseigneur, comment voyez-vous votre rôle aujourd'hui de Prince de Salme après la Grande Époque ? Je pense que nous, en tant que famille, avons un rôle traditionnel pour unir l'Europe. Tout le monde qui a un grand caractère familial, comme nous, qui se trouve en France, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande, en Italie et en Austrie, aujourd'hui, il est très important d'avoir une idée européenne et d'unir, et d'amener l'idée européenne vers la prochaine génération. Nous avons un rôle tout particulier d'unification, d'unificateur des différentes nations d'Europe, que ce soit la France, l'Italie, l'Allemagne, notamment. Alors, beau rôle, mais vous avez l'intention de revenir le plus souvent possible ici, à Sonnone ? J'ai été ici, secrètement, il y a quelques fois. C'est ma première visite officielle, et je peux vous assurer que ma femme et moi-même reviendrons de nombreuses fois. Le Prince de Salme dit qu'il venait ici de façon confidentielle, lui-même, mais que c'est sa grande première visite officielle, et aujourd'hui, il a l'intention de revenir, lui-même et son épouse, à Sonnone. Alors, Monseigneur, dites-moi, vous pourriez, vous trouvez une occupation châteausse, vous pourriez habiter le château de Salme ? Pourquoi pas ? Je ne l'ai pas visité en ce moment. Vous parlez du premier château et du deuxième château. Quel est le premier château ? Le premier château est un peu compliqué en ce moment, car il n'est pas reconstruit. Et le deuxième château, oui, pourquoi pas ? Il a l'air magnifique, je n'y ai pas été encore, mais pourquoi pas ? Pourquoi pas, ne pas habiter ici, au château de Sonnone ? Alors, il y en a deux, le premier qui est en mauvais état, mais le second, qui n'a pas visité, serait une hypothèse. Vous êtes vous-même au château en Allemagne ? Oui, nous vivons au château d'Anholt et à Riede, juste à côté. Et nous avons un magnifique château, qui est ouvert au public. Nous avons plus de 100.000 visiteurs tous les ans. Et nous avons aussi une très bonne relation avec l'Université de Montréal, avec Epinal et Sonnone, sur le côté culturel. Bien sûr, nous avons notre très beau château d'Anholt. J'ai aussi ma propre résidence à côté d'Anholt. Et le château d'Anholt est très riche de son musée, de ses collections d'art, qui sont ouvertes au public. Vous voyez la relation entre ma famille et la République de France. Mon père, qui est parti l'année dernière, a reçu le grand honneur d'être l'officier pour l'ordre des Arts et des Lettres. C'était donné par la République française à mon père pour son travail en relation française-allemand. Mon père est malheureusement décédé il y a peu. Et il a reçu le titre de Chevalier des Arts et des Lettres, qui lui a été décerné par la France. Et donc, je reviens régulièrement. François Morondé, vous connaissez bien l'histoire de la Principauté de Salme. Racontez-nous un peu. Cette Principauté, elle est née historiquement en 1751, à l'issue du Traité de Vienne. Et donc, c'était une sorte de partage entre le Royaume de France, les représentants du roi Louis XV, et le Prince de Salme et ses représentants, visant à ce que les Princes de Salme aient leur propre territoire. Pourquoi réclamait-il leur propre territoire ? Parce que, à l'issue de la guerre de succession de Pologne, il avait été convenu que le duché de Lorraine soit entièrement restitué au Royaume de France, à la mort de Stanislas Lexinsky. Et si tel était le cas, ça voulait dire que le territoire des Princes de Salme allait disparaître, puisque cette Principauté, sur le plan territorial, était incluse au sein du duché de Lorraine. Donc, ils ont eu leur territoire en 1751, enfin, mais ils ignoraient qu'une quarantaine d'années plus tard, leur Principauté allait disparaître avec la Révolution et l'immigration du dernier Prince régnant, qui est Constantin-Alexandre. Jean-Luc Bellerina, maire de Sonnone, coprince de la Principauté de Salme, presque. Et puis, vous vous battez depuis quelques années pour restaurer ce patrimoine et mettre une belle marque Principauté de Salme. Ça coûte cher, vous recevez beaucoup d'argent, donc tout va bien quand même. Et aujourd'hui, vous recevez le Prince de Salme, le vrai. Alors là, c'est un honneur. Oui, c'est véritablement un honneur de recevoir son Altesse, qui nous a gentiment fait la gentillesse de venir assister à cette petite cérémonie pour la labellisation de Principauté de Salme, qu'on a lancée maintenant depuis deux ans. Donc, effectivement, on a la chance, on a la chance d'avoir un patrimoine assez exceptionnel, à la fois cultuel avec l'abbaye et le princier, avec la venue des princes qui ont protégé, entre guillemets, les abbés. Donc, on contribue, on essaye avec nos petits moyens d'entretenir, de restaurer ce beau patrimoine. Alors, justement, on se pose toujours la question, on se dit mais pourquoi c'était plus ou moins abandonné pendant longtemps ? C'est-à-dire qu'à la Révolution, quand les princes ont quitté Sonone, la capitale, donc c'est l'industrie textile qui s'est accaparée de tous les volumes. Les bâtiments de l'abbaye ont été vendus comme biens nationaux. Et donc, l'industrie textile s'est accaparée de tous ces volumes. Et d'ailleurs, le premier métier à tisser dans les Vosges a été installé dans les communs, les nord de l'abbaye, par un écossais, Johnnywood. Alors, bientôt, ce sera quand l'inauguration des châteaux restaurés ? Alors, j'espère, si tout va bien, quelques soucis techniques. Donc, je pense que fin de l'année, on y verra déjà plus clair parce qu'on aura rétabli le couvert, le clou et le couvert. Reconstitution à l'identique sur une photo du 18e siècle, donc une toiture à la Mansart, comme d'autres bâtiments ici à Sonone. Donc, fin de l'année, fin de l'année, peut-être qu'on pourra repasser sous la voûte du premier château des princes de Salles. Alors, rendez-vous à ce moment-là. Moi, j'ai proposé au prince de l'habiter, il est d'accord ? Bien volontiers, on l'accueille bien volontiers. C'est pour ça qu'on l'a hébergé dans l'ancienne maison, tout près du premier château de l'intendant de la principauté de Salles.