Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / Jean-Claude Le Joliff - La Cosmétothèque - Formulation cosmétique : entre mémoire, innovation et avis sur la couleur végétale
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants.
- 0:30pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde.
- 0:39Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute
- 0:45Bonjour à tous,
- 0:46je suis ravie de recevoir sur le podcast Aréco Vert Jean-Claude Le Joliff.
- 0:50Alors Jean-Claude,
- 0:51merci d'avoir accepté de venir sur le podcast Aréco Vert.
- 0:55J'aimerais commencer par...
- 0:58Une question toute simple,
- 0:59c'est votre parcours.
- 1:01Est-ce que vous pouvez nous raconter ce que vous avez fait dans toute votre vie et votre carrière et qui vous a amené à la cosmétothèque
- 1:10Alors, je vais essayer de le faire sans que ça prenne trop de temps parce qu'il y a très longtemps que j'ai commencé dans cette profession.
- 1:20Donc,
- 1:21en fait,
- 1:21je fais cette année ma
- 1:2460e année de cosmétologie.
- 1:28J'ai commencé dans une société qui existe encore qui s'appelle Elena Ausha où j'ai passé quelques années avant de rejoindre le groupe Bourgeois Chanel,
- 1:38qui n'était pas un groupe constitué sans tant que tel,
- 1:42mais dont l'organisation faisait que ces deux marques existaient,
- 1:45d'ailleurs avec une autre marque qui était Barbara Gould à l'époque et qui fait que j'ai intégré la direction technique de la partie cosmétique puisque
- 1:58Dans le bourgeois et dans Chanel,
- 1:59il y avait une part importante de parfumerie.
- 2:04Il y avait une dichotomie qui était organisée entre parfum et cosmétique.
- 2:08J'ai exercé différentes fonctions dans cette organisation pour finir comme directeur de la recherche et du développement du groupe,
- 2:21ce qui a duré...
- 2:24en gros jusqu'à la fin du siècle dernier,
- 2:27parce que c'est comme ça dont on compte maintenant.
- 2:31Et ma dernière fonction était en fait directeur de l'innovation du groupe,
- 2:36où on a essayé de développer des techniques de management de l'innovation qui se développaient à l'époque.
- 2:43Maintenant c'est devenu quelque chose d'assez banal,
- 2:46mais à l'époque c'était quelque chose de très nouveau.
- 2:51Et puis,
- 2:51ben...
- 2:52Ça ne s'est pas très bien passé dans le sens où c'est une époque où les gens revendiquaient beaucoup d'innovation,
- 2:59mais n'en faisaient pas.
- 3:00Et moi,
- 3:01j'ai été piqué par le virus de l'innovation.
- 3:05J'étais retourné aux arts et métiers pour me former à ces logiques-là.
- 3:09Donc assez rapidement,
- 3:09je me suis un petit peu ennuyé dans ces fonctions.
- 3:13Et donc j'ai créé ma propre structure au tout début du siècle,
- 3:19si j'ose dire,
- 3:21qui s'appelle...
- 3:22qui s'appelait plus exactement,
- 3:23puisqu'on l'a fermé cette année,
- 3:24qui s'appelait INN2C pour Innovation et Concept en Cosmétologie.
- 3:28Et donc,
- 3:29l'idée,
- 3:29effectivement,
- 3:30était de faire de l'accompagnement dans les démarches d'innovation de différentes sociétés.
- 3:36Et puis,
- 3:372001 est arrivé assez rapidement.
- 3:392001 a été une année assez noire pour l'industrie cosmétique en particulier,
- 3:46pour le monde en général,
- 3:47mais pour l'industrie cosmétique en particulier.
- 3:50Avec la bulle internet,
- 3:51les outils que j'avais développés utilisaient beaucoup des outils informatiques assez avancés.
- 4:00Et puis il y a eu l'attentat du 11 septembre qui a été un choc considérable.
- 4:06Et à cette époque-là,
- 4:08j'accompagnais différentes sociétés dans ces démarches d'innovation.
- 4:11Et j'avais également commencé à travailler avec des organisations qui étaient un peu naissantes à l'époque.
- 4:21et qui illustrait cette période de l'externalisation.
- 4:24C'est-à-dire qu'à partir des années 2000,
- 4:26les sociétés ont commencé à externaliser assez fortement certaines activités,
- 4:32particulièrement le maquillage.
- 4:35Ce sont les Italiens et les Coréens qui se sont beaucoup engagés dans cette voie-là.
- 4:44Pour avant plusieurs années,
- 4:45j'ai accompagné des sociétés italiennes et coréennes.
- 4:48L'italien,
- 4:49c'était Intercos.
- 4:51Et puis les coréens,
- 4:52c'était dans un premier temps Cosmax,
- 4:54qui était une toute petite société qui est devenue un énorme truc,
- 4:57pas grâce à moi,
- 4:58mais...
- 4:59On y a contribué un peu quand même.
- 5:01Et puis ensuite,
- 5:02j'ai accompagné les gens de Morée Pacifique,
- 5:04puisque les Coréens étaient très friands de la technologie européenne.
- 5:08C'est pour ça que c'est d'ailleurs assez curieux actuellement de voir l'engouement qu'il y a pour le K-beauty,
- 5:13pour la beauté coréenne,
- 5:15parce qu'en fait,
- 5:18il ne serait probablement pas tout à fait juste de dire qu'ils se sont inspirés de ce que l'on faisait,
- 5:25mais quand même beaucoup.
- 5:27C'est pour ça que je ne comprends pas toujours ce qui se passe dans le domaine,
- 5:30mais là,
- 5:30c'est une autre affaire.
- 5:32Et alors,
- 5:33dans tous ces autres faits,
- 5:34le temps a passé,
- 5:35et puis,
- 5:37il y a un moment,
- 5:37j'ai commencé à être concerné par des problèmes d'âge,
- 5:41puisque c'est bien de ça dont il s'agit,
- 5:44et j'ai pensé que ce serait bien d'arrêter mes activités mercantiles,
- 5:48ou de les diminuer considérablement.
- 5:50Et à cette époque-là,
- 5:51j'ai commencé à me réintéresser à un vieux projet que j'avais dans la tête depuis très longtemps.
- 5:57qui était l'histoire d'un conservatoire des sciences et techniques.
- 6:01Alors ça m'avait été entre autres inspiré par une affaire assez ancienne,
- 6:05puisque quand j'ai commencé à travailler chez Léonard Winshank,
- 6:11mon collègue,
- 6:12c'est-à-dire mon voisin de table à la cantine,
- 6:15était en fait Jean Quirléo.
- 6:17Et Jean Quirléo,
- 6:18ça dira peut-être à certains,
- 6:20en tout cas c'est le fondateur de l'Hospatec,
- 6:23qui est le conservatoire...
- 6:25des sciences et techniques de la parfumerie.
- 6:26Et j'avais trouvé que c'était une démarche intéressante.
- 6:30Et je me suis rappelé de ça,
- 6:32et donc je me suis dit que ce serait bien de le faire pour la cosmétique.
- 6:35Alors la cosmétothèque n'est pas la copie de l'osmothèque,
- 6:38mais en tout cas c'est un peu la même démarche.
- 6:39Ça consiste à essayer de consigner du mieux qu'on peut l'état de l'art,
- 6:46ce qu'on appelle l'état de l'art dans le monde de l'innovation.
- 6:50C'est-à-dire comment les choses sont faites,
- 6:52avec quoi,
- 6:53pourquoi.
- 6:54comment,
- 6:54avec quoi,
- 6:55enfin,
- 6:55c'est donc de raconter des histoires de produits,
- 6:58de marques,
- 6:59de technologies,
- 7:00de personnes,
- 7:02de gens qui ont illustré cette période,
- 7:04tout simplement,
- 7:05parce qu'il y a des choses tout à fait remarquables qui ont été faites.
- 7:09Alors on a démarré cette aventure,
- 7:12en gros,
- 7:13il y a maintenant une douzaine d'années,
- 7:16alors sous différentes formes,
- 7:19les démarrages ont été un peu compliqués,
- 7:21tout simplement parce que d'abord c'était...
- 7:23pour moi quelque chose de tout à fait nouveau,
- 7:25il fallait que j'aurais appris un tas de choses,
- 7:27que je m'imprègne un tas de choses.
- 7:30Et puis la deuxième raison,
- 7:31c'est qu'il fallait bien trouver un positionnement de cette Ausha.
- 7:37Et le recours au passé est quelque chose qui n'est pas forcément toujours très bien vu et très bien vécu dans cette industrie.
- 7:47qui a l'impression de réinventer le monde tous les jours et de faire des innovations radicales et coperniciennes tous les matins,
- 7:53ce qui n'est absolument pas le cas.
- 7:55Et quand on leur dit et quand on leur montre,
- 7:57ils n'aiment pas.
- 7:58Donc ça a pris un certain temps pour essayer d'arriver à s'installer un peu dans cette logique-là.
- 8:05Puis ensuite,
- 8:06il y a eu des problèmes d'organisation.
- 8:10Où,
- 8:10quoi,
- 8:10comment Alors tout de suite,
- 8:12on m'a dit,
- 8:12mais c'est quoi C'est un musée Non,
- 8:13bien,
- 8:14ce n'est pas un musée.
- 8:15L'osmothèque n'est pas un musée non plus.
- 8:17Mais bref,
- 8:18il y a eu un tas de considérations de cet ordre-là,
- 8:20qui,
- 8:21dans un premier temps,
- 8:22a essayé de se rapprocher de l'osmothèque.
- 8:23Parce que moi,
- 8:26j'enseignais pas mal à l'ISIPCA à l'époque.
- 8:28L'osmothèque était basé à l'ISIPCA,
- 8:30enfin est toujours basé à l'ISIPCA.
- 8:31Elle va déménager prochainement,
- 8:33si j'ai bien compris.
- 8:35Et donc,
- 8:35moi,
- 8:35il me paraissait d'une logique à toute épreuve que de mettre deux conservatoires,
- 8:42de la parfumerie et de la cosmétique,
- 8:43côte à côte,
- 8:43au même endroit,
- 8:44ça pourrait développer des synergies.
- 8:47et tout un tas de choses à cet endroit-là,
- 8:50j'étais assez probablement très optimiste,
- 8:52beaucoup trop optimiste,
- 8:53parce qu'évidemment,
- 8:54rien de tout ça ne s'est fait,
- 8:56ne a pu se faire,
- 8:58pour tout un tas de raisons,
- 8:59et on continue,
- 9:00malgré que l'on entretienne de bonnes relations avec l'osmothèque,
- 9:04à vivre chacun de son côté.
- 9:06Bon,
- 9:06ça,
- 9:06c'est un autre débat,
- 9:08ce n'est pas l'objet.
- 9:10Donc comme il y avait beaucoup de difficultés pour trouver un lieu,
- 9:13pour trouver des questions comme ça,
- 9:15on a décidé que le lieu,
- 9:16ce serait tout simplement la toile,
- 9:19c'est-à-dire le réseau.
- 9:21Et donc on a commencé avec d'ailleurs la contribution de l'Observatoire des cosmétiques,
- 9:26qui se lançait à l'époque aussi dans sa vie future.
- 9:32Ils avaient besoin de contenu,
- 9:33moi j'avais besoin d'un support,
- 9:35et donc pendant quelques années,
- 9:37on a mis du contenu.
- 9:40sur le site de l'Observatoire des Cosmétiques,
- 9:43contenu autour des thèmes que j'évoquais tout à l'heure,
- 9:45c'est-à-dire produits,
- 9:47marques,
- 9:47technologies,
- 9:49ingrédients,
- 9:49enfin tout un tas de choses qui permettent de dire et de montrer comment les choses ont été faites avant.
- 9:56Il y a eu un moment où l'Observatoire des Cosmétiques a eu des difficultés.
- 10:01Donc on a pris un petit peu de distance,
- 10:04et là j'ai été accueilli par la BIU,
- 10:09la Bibliothèque Interuniversitaire de Paris-Descartes,
- 10:12qui avait une logique à l'époque d'accueil,
- 10:15ils appelaient ça des sociétés partenaires.
- 10:20Donc on a mis la cosmétique,
- 10:22avec la bénédiction d'ailleurs du directeur de la BIU qui trouvait que c'était très bien,
- 10:26on a mis la cosmétothèque à côté de la dermatologie.
- 10:30des arracheurs de dents,
- 10:31entre guillemets,
- 10:32c'est-à-dire des soins dentaires,
- 10:34parce que les gens considéraient que ça pouvait être quelque chose,
- 10:37non pas de la médecine,
- 10:38mais proche de la médecine,
- 10:40et qu'ils pouvaient alimenter les choses.
- 10:42Et puis les choses ne se sont pas très bien passées,
- 10:44parce qu'il y a eu des changements importants dans la direction,
- 10:46dans la gouvernance de la BIU,
- 10:50et donc du coup il a bien fallu trouver une autre solution,
- 10:52et là on a décidé de voler de nos propres ailes,
- 10:56si j'ose dire.
- 10:57Donc on a créé un site.
- 11:00enfin,
- 11:01c'est un site,
- 11:02un blog,
- 11:03mais en tout cas c'est une adresse internet qui est très simple,
- 11:06c'est www.cosmetatech.com,
- 11:08sur laquelle maintenant on diffuse régulièrement des contenus,
- 11:12toujours sur le même thème,
- 11:13toujours dans la même logique,
- 11:15mais de façon autonome.
- 11:18Parallèlement à cela,
- 11:21je participe à quelques formations,
- 11:25mais sur l'histoire de la cosmétique dans les différentes universités,
- 11:28dans les différents centres de formation à la cosmétique,
- 11:32en expliquant aux gens qu'en particulier la formulation est un métier,
- 11:36et qu'il n'y a pas de métier sans histoire,
- 11:38et que c'est toujours important de connaître l'histoire de son métier,
- 11:42ce qui n'est pas toujours pratiqué comme ça.
- 11:45Et puis,
- 11:46dans le même temps,
- 11:48j'ai constitué,
- 11:50entre guillemets,
- 11:50un fonds documentaire en récupérant un tas de...
- 11:55choses qui m'ont été données,
- 11:57que j'ai achetées,
- 11:58que j'avais.
- 12:01Un des exemples,
- 12:02par exemple,
- 12:02il n'y a pas très longtemps,
- 12:05le professeur en charge de la chaire de la cosmétique à la faille de pharmacie de Montpellier m'a dit écoute,
- 12:11ils ferment les bibliothèques,
- 12:13est-ce que je fais des bouquins,
- 12:14je les mets à la benne ou je te les donne J'ai dit mais tu m'aides
- 12:17Donc je suis à la tête,
- 12:18comme ça,
- 12:18de quelques bonnes quantités de bouquins.
- 12:22Et comme c'est devenu absolument inutilisable à la main,
- 12:26on a décidé de faire un pilote d'une bibliothèque numérique.
- 12:30Alors cette bibliothèque numérique est exactement sur le format de Gallica.
- 12:34D'ailleurs,
- 12:35dans un premier temps,
- 12:35on a essayé de développer ça avec la BNF,
- 12:38mais ça n'a pas pu se faire.
- 12:39Maintenant,
- 12:39on l'a fait,
- 12:39c'est une société privée,
- 12:40mais ça marche exactement de la même façon.
- 12:43Et on a numérisé,
- 12:45comme ça,
- 12:45une trentaine de milliers de pages.
- 12:49de vieux bouquins,
- 12:50de vieilles revues.
- 12:51Alors on continue,
- 12:52on est mis dedans aussi.
- 12:53Alors cette bibliothèque,
- 12:55on l'a montée autour de différentes thématiques.
- 12:57Alors une thématique autour des livres,
- 12:59une thématique autour des revues,
- 13:01mais aussi l'idée de récupérer des informations sur les produits et sur les ingrédients qui constituent les produits.
- 13:09En sollicitant les marques et en sollicitant les fabricants d'ingrédients pour qu'ils nous confient de l'information sur leur spécialité,
- 13:16mais sous une forme très simple.
- 13:18qui sont simplement les dossiers de presse que les marques et que les fabricants éditent régulièrement chaque fois qu'ils font un nouveau produit et chaque fois qu'ils l'utilisent.
- 13:26Donc c'est l'idée d'avoir une traçabilité de ce point de vue.
- 13:29Donc voilà,
- 13:30cette bibliothèque numérique existe,
- 13:32on est en train de l'enrichir,
- 13:33elle n'est encore pas ouverte au public ou au grand public simplement parce qu'il faut savoir que ce genre de choses,
- 13:40il y a des problématiques assez majeures autour de la gestion des droits d'auteur.
- 13:46de tous ces bouquins,
- 13:47de tous ces détenteurs-là,
- 13:48et que c'est un véritable casse-tête chinois d'arriver à faire fonctionner ça.
- 13:53En tout cas,
- 13:55elle nous est bien utile,
- 13:56puisque c'est actuellement avec ça qu'on réalise un grand nombre de contributions.
- 14:03Alors,
- 14:03on,
- 14:04c'est qui
- 14:05C'est un petit groupe de personnes qui tournent autour de moi,
- 14:07si j'ose dire,
- 14:09et en particulier qui s'appuient actuellement sur la bibliothèque,
- 14:13enfin,
- 14:14sur la chaire d'histoire.
- 14:16contemporaine de l'université de Grenoble,
- 14:18c'est l'UGA,
- 14:20où on va essayer de rendre tout ça un petit peu structuré.
- 14:27Pourquoi Parce que moi,
- 14:28je suis un vieux bonhomme,
- 14:29le temps passe,
- 14:30il passe très vite,
- 14:31et je me suis dit à un moment que si cette démarche a une légitimité,
- 14:37elle devrait devenir pérenne.
- 14:41Parce que moi,
- 14:42je veux dire...
- 14:43je ne vais pas pouvoir continuer de m'en occuper activement pendant encore très longtemps.
- 14:47Donc je suis dans une démarche active de trouver qui ou quoi va pouvoir assurer la pérennité de cette association et de cette démarche.
- 14:58C'est compliqué,
- 14:59encore une fois,
- 14:59on retombe sur ce que j'évoquais tout à l'heure.
- 15:02à la fois une espèce de déni ou de dédain de la profession pour tout ce qui concerne ce qui s'est passé,
- 15:11comme si c'était une sorte de chose désagréable de dire qu'on a bien fait les choses,
- 15:18mais bon,
- 15:20c'est comme ça.
- 15:21Alors qu'il y a tout un tas de choses qui relèvent véritablement de l'histoire des choses,
- 15:27alors pas que dans le domaine de la réglementation,
- 15:29dans pratiquement tous les domaines.
- 15:31Il y a toute une série,
- 15:32on voit bien quand on parle avec les gens,
- 15:34que ce soit les jeunes étudiants,
- 15:37que ce soit maintenant des gens aux affaires,
- 15:40que ce soit dans les domaines de la formulation,
- 15:44dans le domaine technique ou dans le domaine marketing,
- 15:46les gens ont oublié trois quarts des choses,
- 15:47il y a plein de produits qui ont été oubliés.
- 15:50Vous savez Cerbelot qui est celui qui a édité à la fin du
- 15:5519e, au début du 20e siècle,
- 15:56une espèce de code.
- 15:59qui s'appelle le formulaire Cerbolo.
- 16:02Il va classer la cosmétique,
- 16:06en gros il dit c'est le bazar,
- 16:07on ne s'y retrouve pas,
- 16:09et donc il va classer toutes ces technologies de formulation en 18 familles.
- 16:14Et bien ces 18 familles,
- 16:16je veux dire,
- 16:16si vous faites le petit exercice aujourd'hui,
- 16:19de classer les nouveaux produits,
- 16:21les nouvelles choses,
- 16:22elles vont toutes dans une de ces 18 familles.
- 16:25Dit autrement,
- 16:26je ne suis pas certain qu'on en ait inventé vraiment de nouvelles.
- 16:29Sauf par exemple des choses comme la cosmétique instrumentale,
- 16:36qui a maintenant une petite vingtaine d'années.
- 16:38Et pareil,
- 16:39quand on a commencé à voir,
- 16:41quand je faisais de l'innovation,
- 16:42pointer sur cette idée que la cosmétique,
- 16:46ce ne serait plus nécessairement des pots de crème,
- 16:48et que les gens vous regardaient comme des zombies,
- 16:52et c'est tout juste,
- 16:53ils disaient,
- 16:54mais c'est quoi ça
- 16:55Comme du coup,
- 16:56on aurait trouvé une cuillère,
- 16:58on ne sait pas quoi en faire.
- 16:59cosmétique instrumental c'est la chirurgie esthétique ou non c'est quoi la cause des instruments c'est les beauty toys ce qu'on appelle les beauty toys à les trucs pour masser le visage ou les lumières c'est les ultra saoui c'est
- 17:16tout ce qui n'est pas produit et qui va générer l'effet d'hormésie ce par exemple un stress et les vêtements la peau pour la
- 17:24pour provoquer une réaction positive,
- 17:26enfin bref,
- 17:27etc.
- 17:27On voit ça sur les réseaux sociaux,
- 17:29les masques des nanas qui se mettent ça sur la tête la nuit,
- 17:32les rayons,
- 17:33les lumières rouges.
- 17:33La grande moite,
- 17:34c'est les lèvres.
- 17:36Quand on a commencé à parler de ça,
- 17:37les gens vous regardaient avec une question,
- 17:39ils disaient,
- 17:40moi j'ai commencé à travailler par exemple sur un truc qui était assez amusant,
- 17:43qui était des patches électriques qu'on appliquait sur la peau parce qu'on travaillait avec une société israélienne qui avait développé une technologie assez remarquable.
- 17:53qui consistait à intégrer dans des feuilles de papier des circuits électriques.
- 17:58Tu vois,
- 17:58je veux dire,
- 17:59avec une petite pile,
- 18:01donc quand on appliquait ça sur la peau,
- 18:02avec l'humidité naturelle de la peau,
- 18:05ça fermait le circuit,
- 18:05ça délivrait des micro-courants au niveau de...
- 18:08Donc ça fait de l'électrostimulation,
- 18:09ça fait de l'ion tophorese,
- 18:11ça fait tout un tas de choses positives,
- 18:12etc.
- 18:13Les gens vont regarder en disant c'est de la cosmétique ça
- 18:16Enfin bref,
- 18:19c'est un petit peu...
- 18:19Alors,
- 18:21à part ces familles de...
- 18:23technique qui était...
- 18:25Alors encore que je suis allé,
- 18:26il n'y a pas très longtemps,
- 18:27au Collège de France,
- 18:28où il y avait une très belle exposition sur l'homme en mouvement,
- 18:31qui montrait par exemple qu'à la fin du XIXe siècle,
- 18:35les gens avaient développé des systèmes lumineux de cette nature.
- 18:39Tu vois,
- 18:39je veux dire,
- 18:39on les avait juste simplement totalement oubliés.
- 18:44Quand on allait dans la bibliothèque de l'ABU de Paris-Descartes,
- 18:48l'école de médecine,
- 18:49on trouve assez régulièrement des...
- 18:51des catalogues d'appareils de beauté qui datent des années 1905-1910.
- 18:58Et plus simplement,
- 18:58il ne faut jamais oublier que ces gens étaient d'une incroyable créativité,
- 19:03au moins aussi grande que la nôtre,
- 19:05voire plus,
- 19:07parce qu'entre autres,
- 19:08ils n'avaient pas tout un tas de frontières psychologiques,
- 19:12comme la réglementation.
- 19:15Donc,
- 19:15alors,
- 19:15ils ont fait des conneries,
- 19:17incontestablement,
- 19:18des choses qui n'étaient pas à faire.
- 19:20Des crèmes radioactives,
- 19:21ce n'est peut-être pas la meilleure idée du monde.
- 19:24Mais c'était aussi quelque part la démonstration de ce qu'on fait tous les jours,
- 19:28c'est-à-dire d'intégrer le meilleur état de l'art dans les produits du moment.
- 19:32C'est ça.
- 19:33Ça n'a pas changé de ce point de vue.
- 19:34Alors la seule chose qu'il y a,
- 19:35c'est que la connaissance sur les éléments qui permettent de faire ce genre de choses a considérablement progressé.
- 19:43Mais il n'y a pas de cosmétique moderne.
- 19:45C'est comme le pont d'œuf,
- 19:46c'est une...
- 19:48Je veux dire,
- 19:48le pont Neuf,
- 19:49c'est le plus ancien pont de Paris,
- 19:50on l'appelle le pont Neuf.
- 19:52Pour la cosmétique moderne,
- 19:53c'est pareil,
- 19:53ça n'existe pas.
- 19:54On fait la cosmétique de son temps.
- 19:56C'est un éternel recommandant.
- 19:58Voilà,
- 19:59on y intègre ce qu'on fait de mieux,
- 20:00ce qu'on sait faire de mieux.
- 20:02Donc voilà un petit peu,
- 20:03si vous voulez,
- 20:03ce parcours.
- 20:05qui est un peu long.
- 20:06Je suis désolé de vous avoir...
- 20:09Non,
- 20:09parce que j'y vois plein de...
- 20:12Non,
- 20:12j'y vois plein de points communs avec le sujet d'arrêt couvert,
- 20:17de la couleur végétale,
- 20:19la démarche de la cosmétothèque.
- 20:21Alors,
- 20:21pas à votre niveau,
- 20:22mais c'est un peu aussi ça.
- 20:25L'idée,
- 20:25c'est de transmettre des savoir-faire qui avaient avant,
- 20:30des techniques qu'on avait avant.
- 20:31Nous,
- 20:31il y a eu sur la partie couleur une grosse...
- 20:34Un gros avant-après les colorants de synthèse Oui,
- 20:40c'est une des grandes étapes de modernisation,
- 20:46d'une certaine façon d'actualisation à la fin du XIXe siècle.
- 20:52Sauf que nous,
- 20:52du coup,
- 20:53avec ça,
- 20:55la couleur végétale,
- 20:56dans tous les domaines d'application,
- 20:57a vraiment été reléguée et sous le tapis,
- 21:02entre guillemets.
- 21:04Oui,
- 21:04mais il y avait sûrement de bonnes raisons à cela.
- 21:07Voilà,
- 21:07et c'est donc que ça…
- 21:08À cette époque-là,
- 21:08ce n'étaient pas des raisons qui sont les raisons du moment.
- 21:11Ce n'est pas que la réglementation ne permettait pas.
- 21:14C'est simplement qu'au moment où les gens faisaient ça,
- 21:20je veux dire,
- 21:21les gens faisaient toujours de ce qu'il y avait de mieux qui performait le plus.
- 21:23C'est ça.
- 21:25Tu vois
- 21:26Donc, la céruse,
- 21:28par exemple,
- 21:28qui va être utilisée dans les produits de maquillage pendant très longtemps,
- 21:31est un produit qui est incroyablement toxique.
- 21:34c'est du carbonate de plomb,
- 21:35et qui fait incroyablement bien son boulot.
- 21:38C'est-à-dire que ça faisait exactement ce que l'on cherchait à faire,
- 21:41c'est-à-dire un effet blanc,
- 21:45pas trop transparent,
- 21:46pas trop pop-up,
- 21:46et tout ce qui s'est passé.
- 21:48Donc ça a toujours été un peu comme ça,
- 21:50si vous voulez.
- 21:50Je veux dire,
- 21:51il y a d'autres ingrédients sur lesquels on peut tenir le même discours.
- 21:56Et avant qu'on fasse des colorants de synthèse,
- 22:00les gens utilisaient déjà très largement.
- 22:03de la coloration,
- 22:03alors moi je dirais plus naturel que végétal parce que le végétal n'est qu'une partie du naturel et quand ils ont eu entre les mains ces pigments de synthèse,
- 22:15très vite ils se sont rendus compte que ça performait mieux donc ils les ont utilisés tout naturellement il n'y a pas d'autre finalité que ça et on va retrouver cette logique de l'intégration du progrès d'une série d'autres partout tout le temps c'est ça
- 22:32Donc,
- 22:33ce n'est pas que la coloration végétale a été mise sur le tapis,
- 22:35c'est qu'on l'a remplacée par quelque chose qui faisait mieux.
- 22:38Alors après,
- 22:39on s'est peut-être rendu compte qu'il y avait des choses qui étaient moins bien,
- 22:43ou d'autres aspects,
- 22:44mais ça,
- 22:44c'est un autre débat,
- 22:46si j'ose dire.
- 22:49Pour finir sur mon parcours,
- 22:50j'ai fait pendant très longtemps,
- 22:53pendant à peu près une quarantaine d'années,
- 22:56de la formulation.
- 22:57C'était mon boulot et je l'aimais beaucoup.
- 23:00Justement,
- 23:01ça,
- 23:01il faut qu'on en parle.
- 23:02Voilà,
- 23:03et à la fois dans le monde du soin,
- 23:08du maquillage,
- 23:09beaucoup,
- 23:09on m'a collé une casquette,
- 23:10alors je suis biologiste de formation,
- 23:12on m'a collé une casquette de spécialiste du maquillage,
- 23:14mais que j'aime bien parce que le maquillage est le domaine,
- 23:19moi je le dis très souvent aux jeunes,
- 23:21c'est le domaine dans lequel si on aime la formulation,
- 23:24on s'exprime,
- 23:26on s'explose entre guillemets le mieux.
- 23:29C'est assez facile de faire un bon shampoing,
- 23:32c'est assez facile de faire une crème de soin qui fait pouet-pouet,
- 23:36coin-coin,
- 23:36avec des fusettes et de chercheuses.
- 23:40C'est très compliqué de faire du maquillage.
- 23:43Les produits de maquillage relèvent d'une forme de complexité,
- 23:49donc pas de complication mais de complexité.
- 23:51Vous voyez la différence qu'il y a entre les deux.
- 23:55Par exemple,
- 23:55un rouge à lèvres,
- 23:56vous avez un cahier des charges qualitatif.
- 23:59cosmétiques,
- 24:00esthétiques multiples et qui rend les choses compliquées.
- 24:05En formation,
- 24:06je veux dire,
- 24:07on estime qu'il faut à peu près trois ou quatre fois plus de temps pour former un bon développeur en maquillage qu'en cosmétique blanche,
- 24:15entre guillemets.
- 24:16D'accord.
- 24:18Et par ailleurs,
- 24:20c'est un domaine dans lequel il y a peu de publications,
- 24:23il y a très peu de choses.
- 24:26On commence à en voir quelques-unes maintenant.
- 24:28Parce que les gens se sont rendus compte,
- 24:31et encore,
- 24:32c'est pas très développé,
- 24:33parce que le maquillage,
- 24:34petit à petit,
- 24:36s'est logé plus particulièrement chez des façonniers.
- 24:39Il y a très peu de marques qui continuent de faire du maquillage.
- 24:42Donc faire,
- 24:43c'est dans le sens formuler
- 24:45Formuler, fabriquer.
- 24:46Formuler,
- 24:47fabriquer.
- 24:48Oui,
- 24:48parce que je veux dire,
- 24:48un produit,
- 24:49c'est un produit sur un étagère dans un magasin,
- 24:51c'est pas un produit sur un étagère de laboratoire.
- 24:55Formuler,
- 24:56développer,
- 24:56fabriquer.
- 24:58C'est plutôt l'apanage maintenant des façonnés.
- 25:02Et la structure économique et la structure...
- 25:06L'organisation de ces façonniers n'est pas tournée vers une contribution très forte aux produits techniques.
- 25:14Ils utilisent ce qui existe.
- 25:16Donc,
- 25:20les avancées spectaculaires dans le monde du maquillage ne sont pas très fréquentes.
- 25:26Donc,
- 25:26voilà.
- 25:27Bon,
- 25:27super.
- 25:28Alors,
- 25:28Jean-Claude,
- 25:28j'aimerais bien…
- 25:29Donc,
- 25:30moi,
- 25:30je ne suis pas issue du monde cosmétique.
- 25:31Je suis ingénieure agro et j'ai fait de la grande distri dans…
- 25:35l'alimentaire et le non alimentaire,
- 25:37mais pas sur la cosmétique.
- 25:38Donc,
- 25:39j'aimerais bien juste plusieurs points.
- 25:42Quand vous parliez de cosmétique blanche,
- 25:43est-ce que vous pouvez nous faire un peu un éventail des différents types de cosmétiques pour qu'on soit tous clairs sur le vocabulaire qu'on va employer jusqu'à la fin de notre épisode Ça,
- 25:52c'est ma première question.
- 25:53Et ensuite,
- 25:54j'aimerais que vous m'expliquiez le métier de formulateur,
- 25:57la formulation,
- 25:59parce qu'apparemment,
- 26:01dans moi,
- 26:02mon écosystème sur la couleur végétale,
- 26:04Ce qui nous manque là-dessus,
- 26:05c'est des gens qui s'intéressent à ça,
- 26:06donc j'aimerais que vous l'expliquiez,
- 26:08si ça ne vous dérange pas.
- 26:09Alors,
- 26:10la cosmétique,
- 26:11il n'y en a qu'une au sens réglementaire du terme.
- 26:14C'est celle qui est définie par l'article 1 du règlement de la directive européenne.
- 26:21Et toutes les autres cosmétiques,
- 26:22qu'on essaye de nous faire croire qu'elles sont différentes,
- 26:24ce n'est pas vrai.
- 26:26Il n'y a qu'une seule cosmétique.
- 26:27À l'intérieur de ça,
- 26:29il y a différentes finalités.
- 26:32ce n'est pas tout à fait la même chose de faire du soin de la peau que de faire du maquillage,
- 26:38que de faire des produits d'hygiène,
- 26:41que de faire des produits capillaires,
- 26:43ou que de faire des produits solaires.
- 26:46Vous voyez,
- 26:47là vous avez cinq approches qui sont sensiblement différentes,
- 26:50qui sont toutes couvertes par la même définition réglementaire,
- 26:54mais qui procèdent de logiques qui sont sensiblement différentes.
- 26:59Par exemple,
- 27:00des produits de soins,
- 27:00on peut très bien concevoir des produits de soins qui sont très élitistes,
- 27:05on fabriquera relativement peu d'unités,
- 27:08un travail très...
- 27:10un travail d'orfèvre,
- 27:11un petit peu,
- 27:12d'une certaine façon.
- 27:13Et à l'opposé,
- 27:14quand on fait du savon,
- 27:15du shampoing ou des bains moussants,
- 27:17c'est pas tout à fait la même chose,
- 27:19tout à fait.
- 27:19Alors c'est pas des métiers fondamentalement différents,
- 27:22mais c'est des natures de produits qui sont différentes,
- 27:25avec des ingrédients qui sont différents,
- 27:27avec des technologies de mise en œuvre qui sont différentes.
- 27:30Enfin,
- 27:31pour finir,
- 27:31qui sont généralement dans des environnements socio-économiques qui sont très différents.
- 27:37On voit bien que,
- 27:38moi j'ai dit ça souvent aux jeunes,
- 27:42alors que normalement on n'aurait pas besoin de parler de ça dans les formations techniques,
- 27:45mais un produit est en grande partie dépendant de ce qu'il doit être,
- 27:50de ce qu'il doit faire,
- 27:52mais aussi grandement dépendant de l'endroit et de comment il va être vendu.
- 27:58Donc tout ça,
- 27:58c'est des logiques subtilement différentes.
- 28:00Et puis,
- 28:03dans le temps,
- 28:03les gens faisaient un petit peu tout.
- 28:06Moi,
- 28:06dans le groupe qui m'a employé,
- 28:08on avait des produits à la fois positionnés haut de gamme,
- 28:12des produits de grande distribution,
- 28:14des produits de maquillage,
- 28:15des produits de...
- 28:16Donc on touchait un peu à tout.
- 28:18Et alors du coup,
- 28:19c'était extrêmement formateur pour les gens qui étaient dans ces logiques-là.
- 28:23Et puis c'était des choses où on pouvait pratiquer,
- 28:25d'ailleurs sans le savoir,
- 28:26on pratiquait déjà bien.
- 28:27cross-fertilisation,
- 28:29c'est-à-dire que ce qui était bien pour l'un était bien pour l'autre.
- 28:32On disait souvent,
- 28:33on est bourgeois et Chanel,
- 28:34c'est la même chose.
- 28:35Non,
- 28:36mais logiquement,
- 28:38les produits bourgeois bénéficiaient de l'approche qualitative de Chanel,
- 28:43et les produits Chanel bénéficiaient de l'approche quantitative de Bourgeois.
- 28:47Il y avait donc une forme de cross-fertilisation ici qui est très forte.
- 28:51Il y en a beaucoup moins maintenant,
- 28:52parce que les marques sont souvent très fortement spécialisées.
- 28:56où les fabricants se sont très fortement spécialisés,
- 28:59et généralement dans des effets tunnels.
- 29:02On fait du rouge à lèvres du matin au soir,
- 29:04pendant 365 jours de l'année,
- 29:06pendant 70 ans de sa carrière.
- 29:09Donc ça,
- 29:10c'est un peu un problème,
- 29:11si vous voulez.
- 29:13C'est comme ça que ça se passe.
- 29:15Donc il y a effectivement plusieurs types de cosmétiques,
- 29:19même si,
- 29:20du point de vue de la définition,
- 29:23il n'y en a qu'une.
- 29:25Alors après,
- 29:25à l'intérieur de ça,
- 29:26la formulation.
- 29:27La formulation,
- 29:28c'est un métier particulier,
- 29:30puisque c'est celui qui consiste à concevoir les produits.
- 29:35Alors c'est un métier qui est vraiment plurifonctionnel.
- 29:41Alors quand on regarde les gens qui faisaient de la formulation,
- 29:44au travers de l'histoire,
- 29:45il y a eu différentes périodes.
- 29:49Au début,
- 29:51c'était des gens qui savaient.
- 29:53Et d'ailleurs...
- 29:54bien avant la création de la société.
- 29:59à l'Académie royale de médecine,
- 30:04les cosmétiques étaient considérés comme des remèdes secrets.
- 30:09Ils étaient dans cette catégorie-là.
- 30:10On les appelait les remèdes secrets.
- 30:12Alors bon,
- 30:12ça veut bien dire ce que ça veut dire.
- 30:13Ça veut dire que c'était l'apanage de gens qui avaient des secrets.
- 30:18Alors il a fallu attendre longtemps avant que les choses se généralisent.
- 30:23Alors pendant très longtemps,
- 30:24il a continué d'y avoir des formulateurs expérimentés.
- 30:29Il y avait d'ailleurs de façon assez curieuse des formulateurs itinérants à la fin du
- 30:3519e ou au début du 20e siècle,
- 30:38ce qu'on appellerait aujourd'hui des consultants,
- 30:41mais qui se promenaient d'une organisation à l'autre.
- 30:44Moi j'ai acheté il n'y a pas très longtemps,
- 30:45j'ai trouvé par le plus grand des hasards,
- 30:48des livres de formulation des années 20-30.
- 30:52Je veux dire,
- 30:52le formulateur qu'on signait,
- 30:55ce qu'on appellerait aujourd'hui,
- 30:56parce qu'on n'appelle plus puisqu'on ne le fait plus.
- 30:58qu'on appelait des cahiers de laboratoire,
- 31:01ou une main courante de laboratoire.
- 31:03C'est des choses qui ont pratiquement disparu dans les labos.
- 31:06Mais où les gens expliquaient quasiment au jour le jour ce qu'ils faisaient.
- 31:10Alors il y avait tout un tas de sens.
- 31:13Et on voit bien que dans ces cahiers de formulation,
- 31:16les gens intervenaient pour plusieurs marques.
- 31:19Ah,
- 31:19d'accord.
- 31:20Plusieurs marques,
- 31:21ils étaient lundi chez l'un,
- 31:23mardi chez l'autre.
- 31:25quand ils n'avaient pas un laboratoire indépendant et qu'ils vendaient des formules aux gens.
- 31:30Et c'est une époque,
- 31:31toute cette période qui va aller jusqu'à l'après-guerre,
- 31:35pratiquement après la Seconde Guerre mondiale,
- 31:39il y avait des laboratoires un peu partout,
- 31:40mais c'était essentiellement des laboratoires de contrôle qualité.
- 31:45Parce que les gens portaient une attention très importante à la qualité des ingrédients,
- 31:51ne serait-ce que parce que souvent ces ingrédients coûtaient cher.
- 31:55On trouve quand on les cherche un peu des manuels de falsification des années 20-30 où les gens développaient des trésors d'imagination pour couper des matières premières assez banales.
- 32:07On ne parle pas que des matières premières qui coupent de l'or,
- 32:10mais même des matières premières,
- 32:11la cire d'abeille.
- 32:13Les gens mélangeaient la cire d'abeille avec des cires minérales pour faire croire que c'était de la cire blanche.
- 32:19Donc les laboratoires faisaient essentiellement du contrôle qualité.
- 32:23Il n'y avait pas d'histoire d'accord de confidentialité,
- 32:25du coup,
- 32:25pour ces formulateurs Non,
- 32:27à l'époque,
- 32:28la confidentialité,
- 32:30c'est le secret.
- 32:32C'est aussi pour ça qu'on trouve très peu de bouquins de formulation.
- 32:38Et ces fameux cahiers de laboratoire que les gens tenaient religieusement permettaient aussi de protéger,
- 32:47faisaient l'objet très souvent,
- 32:49de démarches de protection intellectuelle.
- 32:52Parce que moi,
- 32:54au tout début,
- 32:54je commençais à bosser,
- 32:55si vous voulez,
- 32:56on allait faire tamponner le cahier de laboratoire une fois par semaine au commissariat.
- 33:02Parce que ça permettait de dater.
- 33:04Oui,
- 33:04de valider ses priorités ou non.
- 33:06L'antériorisation,
- 33:08tu vois.
- 33:10Donc,
- 33:12la confidentialité,
- 33:13c'était le secret.
- 33:14Les gens ne passaient pas d'une boîte à l'autre.
- 33:17Oui,
- 33:17c'est vrai.
- 33:17Dans le processus de recrutement,
- 33:18on ne passait pas son temps à côté des gens,
- 33:20parce qu'ils travaillaient chez le concurrent.
- 33:22Les gens ne le faisaient pas.
- 33:24Quand j'ai commencé chez Bourgeois,
- 33:25il y avait des gens qui étaient là depuis 30,
- 33:2740,
- 33:2750 ans,
- 33:31qui ne prenaient même pas leur traite.
- 33:33Enfin bref.
- 33:35Pour revenir à la formulation,
- 33:37les logiques de formation sont apparues dans l'entre-deux-guerres,
- 33:43mais plus particulièrement après les années 50,
- 33:46où petit à petit,
- 33:47c'est les Américains qui vont plutôt donner cette impulsion-là.
- 33:52on va commencer à essayer de faire des produits autrement que les autres.
- 33:57Et on voit bien qu'encore une fois,
- 33:58à l'époque,
- 33:58c'était drôle,
- 33:59parce que d'abord les gammes étaient considérablement moins diversifiées qu'elles ne le sont évidemment maintenant.
- 34:08Il y avait des typologies de formules que les gens devaient maîtriser et répéter.
- 34:14Les vanishing,
- 34:15les cold cream,
- 34:16tout ce genre de choses.
- 34:17Et la différence d'une marque à l'autre...
- 34:19était bien souvent une différence de couleur,
- 34:21d'odeur et puis de packaging.
- 34:24Donc on va commencer à diversifier vraiment la formulation et les produits plutôt à partir de,
- 34:29encore une fois,
- 34:30des années 50.
- 34:33Et là,
- 34:33on va commencer à ouvrir des laboratoires de formes de recherche,
- 34:37entre guillemets,
- 34:38mais bon,
- 34:41on pourrait discuter de ça pour savoir si on fait de la recherche en cosmétique,
- 34:45mais en tout cas,
- 34:45c'est un autre débat.
- 34:47Et donc là,
- 34:48les choses vont commencer petit à petit à se spécialiser,
- 34:54et les formulateurs vont rentrer,
- 34:56c'est-à-dire les marques vont commencer à avoir leurs propres formulateurs.
- 35:00qui est assez souvent le directeur du laboratoire.
- 35:04Alors ça va être assez souvent,
- 35:06dans ces époques-là,
- 35:0750-60,
- 35:07ça va souvent être des ingénieurs chimistes.
- 35:12C'est la première génération.
- 35:15Et puis petit à petit,
- 35:16on va avoir d'autres corps de métier,
- 35:18on va arriver en cosmétique,
- 35:20dans les années 70,
- 35:21on va avoir les pharmaciens qui vont débarquer,
- 35:24parce que 70,
- 35:25c'est la réglementation,
- 35:26la réglementation c'est le ministère de la Santé,
- 35:28le ministère de la Santé.
- 35:30c'est les pharmaciens.
- 35:31Et donc quand il va y avoir le scandale du talcum orange,
- 35:34on va demander au ministère de la Santé d'élaborer un texte réglementaire,
- 35:38c'est des pharmaciens qui vont le faire.
- 35:40Et donc on va voir rentrer les pharmaciens en quantité plus ou moins importante.
- 35:44Il y en avait un peu avant,
- 35:45mais il y en avait beaucoup moins.
- 35:47Et puis après on va voir rentrer les biologistes,
- 35:51parce qu'on va s'apercevoir que la peau est un organe d'une biologie extrêmement complexe.
- 35:55Et puis après on va voir rentrer les médecins.
- 35:59dans les années 90,
- 36:00quand on va commencer à dire la cosmétique,
- 36:02on faisait ça,
- 36:03c'est du bien-être,
- 36:04c'est de l'agrément,
- 36:05c'est une part quelque part de la santé publique,
- 36:08on va avoir débarqué les médecins,
- 36:10etc.
- 36:12À l'intérieur de ça,
- 36:12il y a une confrédération un peu particulière qui sont les formulateurs.
- 36:17Pendant très longtemps,
- 36:18il n'y avait pas de formation.
- 36:21La formation se faisait sur le tas
- 36:26Donc on rentrait dans une maison et puis on exerçait.
- 36:30Les premières formations techniques à la formulation,
- 36:35enfin en tout cas,
- 36:36on va dire la formulation,
- 36:38apparaissent à la fin des années 70.
- 36:41Ah oui,
- 36:41d'accord.
- 36:42Petit à petit,
- 36:43on va voir apparaître,
- 36:44alors d'abord dans des universités,
- 36:47dans des facultés de pharmacie,
- 36:50il va y avoir des certificats de spécialité qui vont se former.
- 36:55Et puis petit à petit,
- 36:56les choses vont se développer,
- 36:58on va voir apparaître des instituts de formation plus spécifiquement dédiés à ces métiers de la formulation.
- 37:07L'ISIP-K,
- 37:08qui va être dans un premier temps,
- 37:09qui s'appelle ISIP,
- 37:11ISIP pour Institut Supérieur International de la Parfumerie,
- 37:15et puis un jour ils vont mettre K derrière,
- 37:17c'est-à-dire CA pour cosmétiques et arômes alimentaires.
- 37:21Ah
- 37:22Et puis des masters,
- 37:23là il va y avoir la grande réforme LMD qui va créer des masters,
- 37:27certains masters vont se spécialiser en formulation,
- 37:30des écoles plus spécialisées comme l'école supérieure du parfum maintenant,
- 37:33des choses comme ça.
- 37:37Donc la formation est très tardive,
- 37:39la formation se faisait sur le tas,
- 37:42et il y avait une démarche type un peu cuisinier,
- 37:46c'est-à-dire que la formulation est un métier.
- 37:49Je le dis moi assez souvent,
- 37:50c'est un métier qui s'exerce par l'erreur.
- 37:53On progresse en faisant des erreurs.
- 37:56Et alors,
- 37:56plus on en fait,
- 37:57mieux ça vaut,
- 37:57à la condition qu'on trouve les solutions pratiquement à chaque fois.
- 38:02Et donc,
- 38:02il y a une part qui repose pour une part non négligeable sur des concepts de physique ou chimie,
- 38:09très clairement.
- 38:10Donc,
- 38:11c'est pour ça qu'on va voir débarquer régulièrement des chimistes,
- 38:16des gens qui maîtrisent l'art du mélange.
- 38:20Parce qu'en fait,
- 38:20la formulation,
- 38:21c'est l'art du mélange.
- 38:23Savoir ce qui se passe quand on mélange truc-muche avec machin-chose,
- 38:27etc.
- 38:28Alors,
- 38:28ces choses sont décrites dans des brévières de chimie,
- 38:33mais c'est bien rare parce qu'on ne fait pas de chimie en formulation.
- 38:36Il y a quelques très rares exemples où on fait réagir quelque chose avec quelque chose pour former un autre corps qui va plus ou moins...
- 38:44C'est très rare.
- 38:46Un peu la savonnerie,
- 38:47enfin les savons même.
- 38:48les émulsions anioniques où on fait un savon,
- 38:50etc.
- 38:51Mais sinon,
- 38:51dans la très grande majorité des cas,
- 38:53c'est de la physico-chimie,
- 38:56dont les principes sont quelquefois assez obscurs pour le commun des mortels.
- 39:02Donc comme on ne sait pas trop faire,
- 39:03on y va par itération dans les labos,
- 39:05donc les gens patouillent un peu.
- 39:08Et donc ça ne va faire qu'à un moment ou à un autre,
- 39:10les bons formulateurs,
- 39:11c'est des gens qui ont quelque part ces dispositions intellectuelles et morales.
- 39:16d'avoir la curiosité de s'intéresser aux choses,
- 39:19d'avoir l'intérêt,
- 39:22et puis des choses qui relèvent de l'art de la matière.
- 39:27Quand on fait une émulsion,
- 39:28qu'on mélange une phase grasse avec une phase aqueuse,
- 39:32ça devient blanc,
- 39:33ça fait un produit génial,
- 39:34c'est autre chose que de faire des vis et des boulons.
- 39:40Donc les métiers de la formulation,
- 39:42c'est ça.
- 39:44Moi,
- 39:44j'ai dit toujours,
- 39:44même encore à l'heure actuelle,
- 39:46Ça a beaucoup changé parce que la formulation va être intégrée dans les laboratoires et puis il va y avoir une partie de la formulation qui va être chez les fabricants d'ingrédients,
- 39:57dans des laboratoires d'application.
- 40:00Ces laboratoires d'application vont fermer.
- 40:02dans les années 70-80,
- 40:05au profit des laboratoires de marque.
- 40:08Et à partir des années 90,
- 40:10le pronostic va s'inverser et on va voir réapparaître les laboratoires d'application chez les fabricants d'ingrédients.
- 40:17Alors ces laboratoires d'application étant destinés à valoriser les matières,
- 40:23mais ces gens-là passent du temps à faire des structures de formulation dont les formulateurs de marque vont pouvoir s'inspirer après.
- 40:29D'accord.
- 40:30pour arriver à faire des produits.
- 40:31Ce qui fait qu'actuellement,
- 40:32le métier de formulateur,
- 40:33c'est plutôt un métier de copieur.
- 40:34C'est-à-dire,
- 40:36on va chercher chez les fabricants d'ingrédients ce qu'ils appellent des formules de départ.
- 40:42D'accord.
- 40:44Sauf que ces formules de départ n'ont généralement pas été confrontées à la problématique réelle de développement de produits.
- 40:52Parce que les gens,
- 40:54dans les laboratoires d'implication,
- 40:56ils font des produits,
- 40:57ils font des maquettes de produits.
- 41:01Ces maquettes de produits n'ont pas subi par exemple l'industrialisation.
- 41:05Ils n'ont pas subi tout un tas de processus qui vont faire qu'à un moment ou à un autre,
- 41:08le produit va devenir un vrai produit commercial qu'on va mettre sur une étagère.
- 41:12Donc il reste un peu tout à faire.
- 41:15Donc les métiers de la formulation ont sensiblement changé pour maintenant faire des métiers de développeurs.
- 41:22C'est-à-dire que les gens ont une formule,
- 41:23ils ont une checklist de tests et de choses à faire et ils l'appliquent.
- 41:27Et ils ne savent pas toujours pourquoi la formule a été montée comme ça.
- 41:31D'accord,
- 41:31ils reproduisent une recette sans forcément…
- 41:34Voilà,
- 41:34il y a un peu de ça dans les jeunes générations.
- 41:37Alors,
- 41:37ils n'aiment pas tellement qu'on leur dise quand on leur dit,
- 41:39mais bon,
- 41:39c'est quand même ça la réalité.
- 41:41Et par exemple,
- 41:42il y a un problème assez compliqué qui est de refaire les best-sellers.
- 41:47Parce que les best-sellers,
- 41:48à un moment ou à un autre,
- 41:49vont intégrer des ingrédients qui n'existent plus ou qui sont interdits ou qui sont réglementés ou je ne sais pas quoi.
- 41:57Et tout le problème…
- 41:59des grands problèmes,
- 42:00c'est de retrouver la logique qui a servi au formulateur initial de développer ce produit.
- 42:05Parce que ce n'est pas une œuvre artistique,
- 42:09une formule.
- 42:10Mais quand même,
- 42:11il y a des choix volontaires pour faire des choses plutôt que d'autres.
- 42:16C'est important d'essayer de comprendre pourquoi les choses ont été faites comment et avec quoi.
- 42:21C'est un peu ce qu'on essaye de faire à la cosmétothèque.
- 42:24Par exemple,
- 42:24on a essayé de développer un programme
- 42:27avec des laboratoires universitaires spécialisés en formation en cosmétique,
- 42:31on disait on va refaire des vieux produits pour essayer de comprendre comment ils étaient faits.
- 42:37On n'a pas réussi.
- 42:39On n'a pas réussi parce que les gens sont attirés,
- 42:42donc ils font venir le fabricant de poète-poète,
- 42:45il va leur donner 10 formules,
- 42:46et puis bon,
- 42:46en plus de ça,
- 42:48dans ces formations spécialisées,
- 42:51il faut de nombreuses années pour former un formulateur comme un parfumeur.
- 42:56Il n'y a pas énormément de différence entre le métier de parfumeur,
- 43:00le métier de formulateur ou le métier d'aromaticien.
- 43:04Donc ça prend du temps.
- 43:06Dans les formations master,
- 43:10c'est deux ans.
- 43:12Deux ans après la licence.
- 43:14Dans la licence,
- 43:15généralement,
- 43:15on ne fait pas tellement ce genre de choses.
- 43:18Donc on va faire pendant deux ans quelques travaux pratiques de formulation et puis après on va dire aux gens que c'est l'experiment.
- 43:24C'est pas vrai.
- 43:25Après les marques vont récupérer.
- 43:26Il y en a quelques-unes qui le font encore.
- 43:28Il y a eu pendant une certaine époque où les marques avaient bien compris ça et ils prenaient des jeunes formulateurs et puis ils les immergeaient dans des activités pendant 2-3 ans pour arriver à les former.
- 43:41C'est bon,
- 43:42ça se fait en parfumerie maintenant.
- 43:44Et en cosmétique,
- 43:45il n'y en a plus ça Il n'y a quasiment plus.
- 43:48Il n'y a pas le temps.
- 43:51Oui,
- 43:51c'est souvent ça.
- 43:52Si vous regardez les rythmes de lancement,
- 43:56les délais de création de produits,
- 43:59c'est devenu une espèce de folie intégrale.
- 44:01Les marques qui font…
- 44:02Je crois que c'était 18 mois en moyenne.
- 44:06Actuellement,
- 44:07sur certaines marques,
- 44:08qui sont principalement les marques de e-commerce,
- 44:10je veux dire,
- 44:11on est sur des délais de 3-4 mois.
- 44:14Entre le moment où les gens ont l'idée du produit,
- 44:15le moment où ils veulent le produit,
- 44:16c'est 4,
- 44:175,
- 44:186 mois.
- 44:20Donc,
- 44:20qu'est-ce qu'on fait pour arriver à faire des produits dans ce délai-là,
- 44:23parce qu'il y a tout un tas de choses à faire,
- 44:24incompressibles,
- 44:25etc.
- 44:27Eh bien,
- 44:27on va repartir de formules qui ont déjà été faites.
- 44:32Et du coup,
- 44:33la diversité devient assez pauvre.
- 44:36Et dans les 18 familles de Cerbolo,
- 44:37il y en a quelques-unes qui ont disparu de la circulation.
- 44:40Pour ça,
- 44:41parce qu'elles étaient compliquées à faire.
- 44:43Un glycérolé d'amidon,
- 44:44c'est compliqué à faire.
- 44:46Alors c'est un point à glycérol.
- 44:48À glycérol et d'amidon,
- 44:48c'est une technique qui permet de faire un gel d'amidon dans de la glycérine.
- 44:55Donc ça va viscoser les produits,
- 44:57ça va les texturer,
- 44:58ça va faire tout un tas de choses comme ça,
- 44:59etc.
- 45:00Depuis,
- 45:01on a des carbomères synthétiques qui sont arrivés,
- 45:04que l'on peut mettre directement dans la formule,
- 45:06ça gélifie instantanément le produit,
- 45:07alors que le glystérol et l'amidon,
- 45:09il faut prendre du temps pour le faire,
- 45:11etc.
- 45:12Sauf que le polymère acrylique qu'on utilise n'a pas tout à fait les mêmes propriétés.
- 45:19C'est un peu dommage que ces techniques de formulation aient été oubliées.
- 45:22Bien souvent,
- 45:23elles ont été remplacées par des choses plus modernes,
- 45:25certes,
- 45:26mais bien souvent,
- 45:27elles faisaient aussi des choses qu'on ne sait plus faire maintenant.
- 45:30D'accord.
- 45:30Donc,
- 45:30sous prétexte de connaissances du passé,
- 45:34de temps,
- 45:35de délai de sortir des produits toujours plus vite,
- 45:37etc.
- 45:38Les normes,
- 45:38parce que ça,
- 45:39c'est quand même les normes,
- 45:40les accords de confidentialité,
- 45:41tout ça qui viennent quand même bien…
- 45:44Tout vient compliquer les choses.
- 45:45Oui,
- 45:45c'est ça,
- 45:46tout vient compliquer les choses.
- 45:48C'est pire que compétence,
- 45:49encore une fois,
- 45:49si vous voulez,
- 45:50parce que…
- 45:50Parce que ça prend du temps.
- 45:51Ça prend du temps.
- 45:52Et regardez,
- 45:54souvent,
- 45:54les organisations ont des durées de vie qui sont extrêmement courtes.
- 46:00Et donc,
- 46:00si on résume,
- 46:02un formulateur,
- 46:02c'est quelqu'un qui…
- 46:05C'est l'artiste du mélange,
- 46:06mais alors,
- 46:07les bases de la cosmétique…
- 46:08Parce que moi,
- 46:09ce qui m'a un peu surpris,
- 46:11c'est de voir qu'en fait,
- 46:13il y a quand même des ingrédients de base.
- 46:17Si on faisait les grandes familles de ce qu'il y a dans un produit cosmétique,
- 46:23on a quoi
- 46:25C'est pour utiliser des langages un peu triviales,
- 46:28on a des commodités.
- 46:30La commodité,
- 46:31c'est ce qui va faire l'excipient pour dire les choses comme ça.
- 46:35Après,
- 46:36vous avez une série d'ingrédients fonctionnels qui vont donner la fonction du produit.
- 46:42Donc anti-UV,
- 46:44minceur,
- 46:45tout ça,
- 46:45anti-ride.
- 46:46Des colis,
- 46:46puisque vous voudrez que c'est ça.
- 46:47D'accord,
- 46:48ok.
- 46:49Et puis la troisième catégorie,
- 46:50ce serait la catégorie des additifs.
- 46:52D'accord.
- 46:53C'est-à-dire les choses qu'on rajoute volontairement à la formule pour faire quelque chose,
- 46:58de contrôler.
- 46:59Par exemple,
- 47:00la stabilité oxydative,
- 47:04c'est la couleur,
- 47:04bien entendu,
- 47:05complètement dans ce domaine-là.
- 47:06Oui,
- 47:06c'est ce que j'allais dire.
- 47:09Voilà,
- 47:09donc,
- 47:10alors,
- 47:12le souci,
- 47:13si vous voulez,
- 47:13c'est que pendant longtemps,
- 47:15on a rangé les choses sous ces trois points.
- 47:20Là,
- 47:20actuellement,
- 47:21ce qui pose problème,
- 47:22c'est que plus on avance,
- 47:23plus on se rend compte que tout contribue au résultat final.
- 47:28et qu'un produit c'est vraiment un tout et ce n'est pas quelque chose.
- 47:31Parce que du coup,
- 47:32on a pendant très longtemps considéré que les commodités,
- 47:35c'est des commodités,
- 47:36du propylacrycole,
- 47:37du propylacrycole,
- 47:39de l'huile de vaseline,
- 47:39c'est de l'huile de vaseline,
- 47:41enfin,
- 47:42bref.
- 47:42Mais là,
- 47:42maintenant,
- 47:43les choses sont en train de changer.
- 47:44Mais il reste encore beaucoup,
- 47:45si vous voulez,
- 47:46de gens qui approchent les choses avec cette dichotomie-là.
- 47:51Il y a encore beaucoup de gens qui disent que les principatifs,
- 47:54moi,
- 47:54par exemple,
- 47:55je discute la notion de principatif.
- 47:58Alors bon,
- 47:58c'est des débats d'experts à côté de ça.
- 48:01Mais pourquoi je la discute Parce qu'en fait,
- 48:03tout est actif dans une formule.
- 48:05D'accord.
- 48:06Par votre conséquence,
- 48:07il est difficile de dissocier fortement les choses.
- 48:10Oui,
- 48:10c'est un cocktail en fait.
- 48:11C'est un mélange et des interactions entre les produits qu'il y a dedans.
- 48:14Voilà,
- 48:14et que c'est bien de les connaître.
- 48:17Et que la science de la formulation devrait essayer de progresser dans ce domaine-là.
- 48:21D'accord.
- 48:22Donc,
- 48:22de ne pas faire de cloison entre ces trois ingrédients.
- 48:27peut-être que l'intelligence artificielle va nous aider vous voyez par exemple il y a une logique comment vous expliquer ça assez souvent quand vous voyez un formulateur ou même des gens du marketing quand
- 48:41ils voient un nouveau produit qu'est-ce qu'ils font en premier avant de mettre le doigt dedans ils regardent la liste des ingrédients et ils disent ah c'est pas nouveau
- 48:52Sauf que peut-être que le produit est nouveau dans la mesure où,
- 48:55si la liste d'ingrédients n'est pas différente,
- 48:57les proportions relatives entre les différents ingrédients sont assez probablement spécifiques.
- 49:02Et qu'il y a peut-être là quelque chose à voir.
- 49:05Nous,
- 49:05on avait,
- 49:05dans ma vie antérieure,
- 49:07travaillé longuement à une époque.
- 49:10Il y a des techniques qui permettent de faire ça qu'on appelle les critères de préférence.
- 49:15C'est-à-dire,
- 49:16en fait,
- 49:16qu'est-ce qui fait qu'un produit est préféré à un autre
- 49:20C'est les gens de l'agroalimentaire qui ont beaucoup travaillé.
- 49:22C'est ce que j'allais dire,
- 49:23ça me rappelle des choses.
- 49:25Ça vient de là,
- 49:26ça vient de là.
- 49:27C'est ces fameuses techniques de préférence mapping,
- 49:30où on essaye d'aller voir quelles sont les...
- 49:32Donc on a essayé d'appliquer ces logiques-là à la cosmétique,
- 49:35mais on y a bien réussi,
- 49:37on s'est rendu compte que les critères de préférence ne sont pas du tout ce qu'on en attendait,
- 49:42enfin au moins ce que l'on attendait que d'autres choses qui sont assez banales.
- 49:47Et c'est assez souvent des dimensions physiques.
- 49:49C'est ça,
- 49:50c'est la couleur,
- 49:51la texture.
- 49:52Parfum de couleur.
- 49:53Alors,
- 49:54il y a tout un discours sur l'efficacité,
- 49:57sur les trucs et les machins,
- 49:57mais en fait,
- 49:58en réalité,
- 49:58quand on met le doigt dans un pot de crème,
- 50:00la première chose qu'on juge...
- 50:01C'est la sensorialité.
- 50:03C'est la sensorialité,
- 50:03je veux dire.
- 50:04Mais ces techniques de préférence mapping,
- 50:06elles ne sont pas pratiquées en cosmétique,
- 50:08mais très peu,
- 50:08ou à des endroits où on a le temps,
- 50:12parce que c'est des techniques qui sont lourdes,
- 50:14longues et compliquées.
- 50:16Quand on voit l'usage qui est fait d'un élite sensorielle en cosmétique,
- 50:20c'est un peu à hurler.
- 50:22Parce qu'en fait,
- 50:23on fait du test consommateur,
- 50:25avec un encadrement un petit peu technique et scientifique de tests,
- 50:29de comparaisons,
- 50:30de choses comme ça.
- 50:31pas du tout de l'analyse sensorielle.
- 50:33C'est une société conçue.
- 50:35Donc là,
- 50:35c'est purement des tests comme on fait en alimentaire où on est dans des boxes toutes cachées,
- 50:41on teste et on recueille un avis client.
- 50:43Du coup,
- 50:43si vous voulez,
- 50:45pour finir avec cette idée-là,
- 50:46c'est qu'on s'est rendu compte,
- 50:47nous,
- 50:48dans le travail qu'on avait fait à l'époque,
- 50:51c'était qu'en fait,
- 50:52il y a une approche qui est problématique,
- 50:55qui est ce qu'on appelle la formulation multiparamétrique.
- 50:59C'est-à-dire...
- 51:01Quand on a identifié les dimensions qui vont déterminer des critères de préférence,
- 51:06il faudrait pouvoir optimiser les choses en faisant bouger tout en même temps.
- 51:11C'est compliqué.
- 51:13Parce que la culture dans les labos de formulation n'est pas toujours bien développée à cet égard-là.
- 51:20Ce ne sont bien souvent pas des experts statisticiens.
- 51:26C'est compliqué,
- 51:27c'est long.
- 51:28Parce que faire varier...
- 51:31deux ou trois paramètres de formulation simultanément.
- 51:33Donc,
- 51:34généralement,
- 51:34si vous voulez,
- 51:35on voit bien que la formulation,
- 51:39dès que ça marche,
- 51:40on s'arrête.
- 51:42Dès qu'on a le résultat qu'on attend,
- 51:43on va s'arrêter.
- 51:44Les phases d'optimisation sont rares.
- 51:46Il n'y a que quelques grands laboratoires qui font des choses comme ça,
- 51:52qui ont le temps.
- 51:54Donc,
- 51:54cette idée de formulation multiparamétrique n'a jamais vraiment été mise en œuvre.
- 51:58Et c'est là où vous parliez de l'IA.
- 52:00L'intelligence artificielle pourrait aider.
- 52:02Je suis de ceux qui pensent que l'IA pourra peut-être permettre de réactualiser les concepts de cette nature-là.
- 52:09Ce n'est pas l'idée qui manque,
- 52:11c'était les moyens.
- 52:13Donc,
- 52:14de voir quels paramètres jouent des facteurs.
- 52:16Est-ce que vous avez comment teinture les facteurs pH,
- 52:18les facteurs température,
- 52:19les facteurs classiques Oui.
- 52:21Physique,
- 52:21chimique Mais là,
- 52:23moi,
- 52:24on avait fait une étude qui a duré longtemps,
- 52:25si vous voulez.
- 52:27Mais on avait vu que c'était des dimensions physiques précédentes.
- 52:30La viscosité par exemple,
- 52:32la viscosité d'un produit interfère directement sur son niveau d'acceptabilité.
- 52:39Parce que maintenant il y a beaucoup de choses qui ont été faites dans le domaine des neurosciences et en tout ce qu'on appelle l'effet placebo.
- 52:47Oui,
- 52:48qui est reconnu.
- 52:49Voilà,
- 52:50on voit bien que les gens apprécient les produits par rapport à l'idée qu'ils s'en font.
- 52:55Et non pas par rapport à l'idée...
- 52:57Au résultat effectif.
- 52:58Voilà,
- 52:58tu vois,
- 52:59je veux dire.
- 53:00Et donc,
- 53:00du coup,
- 53:01ça complexifie les choses,
- 53:02parce que la formulation,
- 53:03c'est ça.
- 53:04C'est de développer des produits qui plaisent.
- 53:06Ah,
- 53:06c'est dingue.
- 53:08Si on doit le dire.
- 53:09Alors,
- 53:09après,
- 53:09dans la formulation,
- 53:10vous avez tout un tas d'autres aspects qui sont des aspects très professionnels.
- 53:16L'ajout de certains additifs pour stabiliser...
- 53:20Pourquoi on met des gélifiants dans des rouges à lèvres qui sont durs
- 53:24Parce que les phases de fabrication sont toutes en partie liquide.
- 53:28Et donc,
- 53:28dans la phase de fabrication des produits,
- 53:30il y a un risque de séparation.
- 53:32Donc,
- 53:32on gélifie le produit par ça.
- 53:35Donc,
- 53:36ça,
- 53:36c'est des additifs que j'appelle des additifs technologiques.
- 53:39C'est pendant le processus,
- 53:40en fait.
- 53:41Voilà,
- 53:41pendant le processus.
- 53:42Vous avez une autre problématique quand vous faites des rouges à lèvres,
- 53:45qui est la dispersion pigmentaire,
- 53:48la façon dont les pigments sont dispersés dans la masse.
- 53:51Oui,
- 53:51d'accord.
- 53:51C'est extrêmement important.
- 53:53va déterminer pour une part non négligeable le résultat final.
- 53:57Ça doit être quelque chose qui doit être maîtrisé correctement.
- 54:01Et puis,
- 54:02on va mettre des produits dans la formulation qui vont améliorer ces phases-là,
- 54:07et qui ne sont pas des produits qui sont destinés à améliorer ce qu'on appelle la cosméticité.
- 54:11C'est-à-dire un produit qui va permettre de stabiliser les choses,
- 54:16d'avoir un rendu colorimétrique,
- 54:17par exemple,
- 54:18sur un pigment qu'on veut utiliser à des concentrations qui sont fortes.
- 54:22Ou par exemple...
- 54:23dans la formulation de certains produits comme les fonds de teint,
- 54:28où on doit,
- 54:28à un moment ou à un autre,
- 54:30maîtriser du mieux possible la répartition pigmentaire.
- 54:35C'est-à-dire que quand on fait une émulsion avec de l'eau et avec de l'huile,
- 54:40l'art du formulateur,
- 54:41ce n'est pas de mettre des pigments là-dedans.
- 54:43L'art du formulateur,
- 54:44c'est de mettre des pigments pour qu'ils soient au moment où il le faut,
- 54:47au bon endroit.
- 54:50La même formulation,
- 54:51je prends souvent cet exemple,
- 54:52la même formulation,
- 54:53tout pareil,
- 54:54la même quantité,
- 54:55la même nature d'huile,
- 54:57la même quantité d'huile,
- 54:58la même quantité d'eau,
- 54:59la même nature et la même quantité de pigments.
- 55:02en fonction de la façon dont on va faire les choses,
- 55:05le pigment peut se retrouver dans la phase rafle ou dans la phase aqueuse.
- 55:09Et à partir de là,
- 55:11la teinte finale du produit ne sera pas la même.
- 55:14Tu vois Bon,
- 55:15accessoirement,
- 55:16c'est comme ça qu'on fait ce qu'on appelle les CC Cream,
- 55:18c'est-à-dire ces crèmes qui changent de couleur à l'application.
- 55:21Et on s'arrange à mettre le pigment dans la phase dispersée,
- 55:25c'est-à-dire à l'intérieur,
- 55:26et pas dans la phase dispersante,
- 55:28ce qui fait qu'on ne voit pas le pigment en masse.
- 55:30dès qu'on l'applique,
- 55:31on tape la mention à la couleur apparaît on dit oh putain c'est magique et après ils vous racontent des histoires de péage qui n'ont absolument rien à voir avec tout ça donc c'est tout ça l'art de la formulation donc top voilà alors Jean-Claude,
- 55:45on rentre dans le sujet mais on va continuer à creuser tout au long parce qu'on a eu un échange préalable qui m'a mis du vraiment j'ai pris du temps pour digérer tout ce qu'on avait abordé tous les deux ça m'a fait beaucoup réfléchir
- 55:59Du coup,
- 55:59ma première question,
- 56:00maintenant qu'on a posé un petit peu les bases et que c'est plus clair pour les auditeurs qui ne sont pas forcément dans la cosmétique,
- 56:06mais qui veulent comprendre,
- 56:07c'est,
- 56:08avec votre expérience,
- 56:10mon sujet de la couleur végétale,
- 56:14vous le verriez dans quel domaine,
- 56:16dans quelle sous-famille de la cosmétique,
- 56:20à première vue
- 56:22Et après,
- 56:23j'aimerais qu'on rentre dans cette fameuse...
- 56:25Liste positive,
- 56:27liste négative qui existe en cosmétique
- 56:31Le concept de coloration végétale s'applique à tous les domaines de la cosmétique.
- 56:35Il n'y a pas de domaine qui soit exempt de l'intérêt de la chaude.
- 56:39Alors après,
- 56:42faut-il qu'il y ait encore les ingrédients dont on a besoin
- 56:46Si vous n'avez que du vert et qu'il faut que vous fassiez du rouge,
- 56:49ça ne va pas être pratique.
- 56:51Et puis,
- 56:52il faut aussi que la nature,
- 56:53les ingrédients dont on dispose,
- 56:55permettent de le faire.
- 56:56Voilà.
- 56:57Mais ça s'applique à tout.
- 56:59D'accord.
- 56:59Donc déjà,
- 57:00il n'y a pas de frein à l'entrée pour l'instant.
- 57:01Par contre,
- 57:02il y a un point qu'il faudrait qu'on rappelle,
- 57:03et vous l'avez dit en intro,
- 57:04c'est attention,
- 57:05naturel ne veut pas forcément dire végétal.
- 57:08On a d'autres sources de colorants naturels,
- 57:10les colorants minéraux,
- 57:11les colorants animaux.
- 57:12Oui,
- 57:13je sais.
- 57:14Carmes.
- 57:14Les colorants animaux,
- 57:15il y en a plein.
- 57:16Oui,
- 57:16maintenant,
- 57:16c'est terminé.
- 57:17Ben non,
- 57:18parce que c'est le non.
- 57:21La cochenille est autorisée.
- 57:23Oui,
- 57:23mais je veux dire,
- 57:23les marques maintenant chargent...
- 57:26C'est autre chose.
- 57:29On a tendance à finir par croire que les blacklists,
- 57:32c'est la réglementation.
- 57:33Oui,
- 57:34c'est vrai.
- 57:35Donc,
- 57:35il ne faut pas faire...
- 57:39Ça s'applique à tout,
- 57:40si vous voulez.
- 57:40Ça s'applique pratiquement à tout.
- 57:42Alors après,
- 57:42il y a la notion de fonctionnalité.
- 57:44Ce n'est pas la même chose de colorer un produit dans la masse
- 57:50pour lui donner un côté attrayant,
- 57:52une notion bleue,
- 57:53une crème rose,
- 57:54je ne sais pas quoi,
- 57:55que de conférer à ce produit un pouvoir colorant.
- 58:00Qu'il soit couvrant,
- 58:02colorant uniquement,
- 58:03ou couvrant et colorant en même temps,
- 58:04etc.
- 58:05Ce n'est pas tout à fait la même chose.
- 58:07Ce n'est pas la même chose en termes de quantité.
- 58:09Bon voilà.
- 58:13Donc il n'y a pas de restriction et il n'y a pas de frein à l'usage.
- 58:18Le frein,
- 58:19c'est la réglementation,
- 58:21encore une fois.
- 58:23On tombe tout de suite sur cette problématique-là,
- 58:25et c'est celle actuellement sur laquelle les gens pataugent et se discutent et se déchirent d'une certaine façon.
- 58:33En deux mots,
- 58:34c'est quoi cette histoire de réglementation
- 58:37Jusque dans les années 70,
- 58:39en Europe,
- 58:39il n'y a pas de réglementation sur les produits cosmétiques.
- 58:42On peut utiliser ce qu'on veut pratiquement,
- 58:45sauf à ce que ce soit notoirement dangereux.
- 58:48ou notoirement pharmacologiques,
- 58:50ou des choses comme ça.
- 58:50On ne va pas mettre des antibiotiques dans les produits de boitier.
- 58:53Oui,
- 58:54d'accord.
- 58:55Et puis,
- 58:55il y a ce regrettable incident du talc-morange,
- 58:59mais qui fait suite à un autre incident qui s'appelle la poudre Baumol,
- 59:05B-A-U-M-O-L,
- 59:06qui va de la même façon.
- 59:07Alors,
- 59:08il y en a un qui concerne de l'hexachlorophène,
- 59:10l'autre qui concerne des dérivés d'arsenic.
- 59:13Alors,
- 59:14c'est toujours,
- 59:15presque toujours...
- 59:17Dans les cas qui nous intéressent,
- 59:19ça va être des erreurs dans le cycle de production et de fabrication des produits,
- 59:23mais qui va conduire à ce que les produits dangereux soient mis sur le marché et génèrent des morts.
- 59:29La faille de tac-morange,
- 59:30c'est un peu plus de 30 morts,
- 59:31c'est un vrai problème.
- 59:33Donc,
- 59:34la réglementation à l'époque est embryonnaire.
- 59:38Et du coup,
- 59:40les gens vont se dire,
- 59:40oh là là,
- 59:41c'est urgent,
- 59:41c'est urgent de faire une réglementation,
- 59:43de se précipiter à faire une réglementation.
- 59:45En fait,
- 59:45se précipiter,
- 59:45ce n'est pas au sens péjoratif du terme d'ailleurs.
- 59:48Les Américains avaient déjà une réglementation depuis les années 30-40.
- 59:52Ah ouais,
- 59:52d'accord,
- 59:52donc ils ont de l'avance là-dessus.
- 59:54Alors ils avaient de l'avance,
- 59:55mais ils ont fini par avoir du retard,
- 59:57parce que leur définition du cosmétique et la réglementation du cosmétique aux États-Unis a été établie à un moment où les choses étaient très différentes de ce qu'elles sont maintenant.
- 1:00:08Et du coup,
- 1:00:09ça fait que la réglementation aujourd'hui est assez obsolète.
- 1:00:12Donc il est fortement question qu'ils la refassent.
- 1:00:15Mais en Europe,
- 1:00:16on avait un peu négligé tout ça.
- 1:00:18Puis il y avait les réglementations asiatiques,
- 1:00:21ça ne nous intéressait pas,
- 1:00:21puisqu'on ne s'intéressait pas au marché asiatique.
- 1:00:24Mais on les a découvert à postériorisme.
- 1:00:28Et donc,
- 1:00:28ils vont pondre cette réglementation.
- 1:00:30Alors,
- 1:00:30l'augmentation,
- 1:00:30elle repose,
- 1:00:32en fait,
- 1:00:33en gros,
- 1:00:34sur deux idées.
- 1:00:35La première idée,
- 1:00:35c'est la responsabilité du fabricant.
- 1:00:38On va dire que le fabricant est responsable de ce qu'il fait.
- 1:00:40Alors,
- 1:00:40vous allez dire que jusqu'à maintenant,
- 1:00:41ce n'était pas comme ça.
- 1:00:43Mais bon,
- 1:00:44là,
- 1:00:44ça va être formel.
- 1:00:47Et puis la deuxième,
- 1:00:48c'est plutôt que de travailler sur la notion d'une réglementation basée sur une liste positive,
- 1:00:56on va travailler sur une réglementation basée sur une liste négative.
- 1:01:01Alors,
- 1:01:01liste négative,
- 1:01:01ça veut dire que tout ce qui n'est pas interdit est autorisé.
- 1:01:05C'est ça que ça veut dire.
- 1:01:08Donc,
- 1:01:08c'est une interprétation.
- 1:01:10Non,
- 1:01:10non,
- 1:01:10non,
- 1:01:10non,
- 1:01:11parce que le législateur va dire que tout est autorisé sauf ce qui est interdit.
- 1:01:16Et voilà la liste des interdictions.
- 1:01:17D'accord.
- 1:01:19Et donc,
- 1:01:19ils vont donner,
- 1:01:21comme ça,
- 1:01:21toute une série de choses.
- 1:01:23Alors,
- 1:01:23ça va se traduire par ce qu'on appelle les annexes dans la réglementation européenne.
- 1:01:30Annexe 2,
- 1:01:303,
- 1:01:314,
- 1:01:315,
- 1:01:316,
- 1:01:32et là,
- 1:01:32moi,
- 1:01:32je ne me rappelle plus exactement ce qu'il y a.
- 1:01:34Parce que,
- 1:01:34bon...
- 1:01:35Mais en tout cas,
- 1:01:35qui dit,
- 1:01:36voilà,
- 1:01:36certaines catégories de produits.
- 1:01:37Alors,
- 1:01:38évidemment,
- 1:01:38tout ce qui est médicaments pharmaceutiques,
- 1:01:40toxiques,
- 1:01:41et tout ça,
- 1:01:41c'est la fameuse annexe 2,
- 1:01:42je crois,
- 1:01:42ou 3.
- 1:01:44qui interdit plus de 500 ingrédients et qui ne se lave pas à les utiliser,
- 1:01:48qui est d'ailleurs régulièrement amendé,
- 1:01:50mis à jour,
- 1:01:51et toujours dans le même sens.
- 1:01:53C'est-à-dire qu'on ne va pas réautoriser des produits interdits,
- 1:01:56mais on va interdire des produits qui sont interdits.
- 1:01:58Oui,
- 1:01:58il y a la notion de produits à surveiller,
- 1:02:00produits controversés,
- 1:02:01et en attente de preuves scientifiques,
- 1:02:04il les enlève.
- 1:02:06C'est des choses qui sont venues assez tardivement.
- 1:02:09Et puis le législateur va dire…
- 1:02:12Dans cet arsenal-là,
- 1:02:13il y a trois familles d'ingrédients sur lesquels vous ne pourrez utiliser que ce qui est autorisé.
- 1:02:21Ces fameuses listes positives.
- 1:02:23Alors,
- 1:02:23il y a les filtres,
- 1:02:24les conservateurs antimicrobiens,
- 1:02:26les filtres UV,
- 1:02:26conservateurs antimicrobiens et les matières colorantes.
- 1:02:29D'accord.
- 1:02:31Et on va nous donner des listes de produits que l'on peut utiliser.
- 1:02:34En dehors de ces listes,
- 1:02:35on ne peut pas utiliser ces ingrédients-là.
- 1:02:38Après,
- 1:02:38il y a d'autres considérations,
- 1:02:40les usages différents,
- 1:02:41mais globalement,
- 1:02:42voilà.
- 1:02:43Et donc,
- 1:02:45les gens vont commencer à travailler autour de ce concept-là.
- 1:02:49Bon,
- 1:02:49comment sont faites toutes ces listes Eh bien,
- 1:02:52souvent,
- 1:02:52ces listes sont faites par rapport à l'usage.
- 1:02:55C'est-à-dire que dans les années,
- 1:02:58c'est la même chose pour le fameux
- 1:03:01INKIM, qui s'appelait le CTFA,
- 1:03:04je veux dire.
- 1:03:06Comment est-ce que les organisations vont faire pour établir ces listes d'usages
- 1:03:11Elles vont faire des inventaires d'usages.
- 1:03:14Inventaires d'usages,
- 1:03:15ça veut dire quoi Ça veut dire qu'on essaye par les moyens à la disposition de faire la liste des produits utilisés.
- 1:03:23Et puis on élimine ensuite progressivement les produits qui ne sont pas suffisamment bien documentés.
- 1:03:32C'est le propre des comités d'experts.
- 1:03:35Et où les produits pour lesquels il y a des données nouvelles qui mettraient en cause ces petits bois.
- 1:03:40Donc tout ce qui n'était pas utilisé au moment de cette législation a été écarté.
- 1:03:46A été écarté ou en tout cas a été ignoré.
- 1:03:49Oui,
- 1:03:50c'est ça.
- 1:03:51Et à cette époque-là,
- 1:03:52pratiquement personne n'utilise des matières colorantes d'origine végétale.
- 1:03:56C'est bien dommage.
- 1:03:57Oui,
- 1:03:57c'est bien dommage,
- 1:03:58mais c'est comme ça.
- 1:03:59Oui,
- 1:04:00d'accord.
- 1:04:01Parce qu'encore une fois,
- 1:04:02je veux dire,
- 1:04:02parce qu'encore une fois,
- 1:04:03les usages...
- 1:04:05Et ce pourquoi on veut,
- 1:04:06c'est quand même incroyablement plus simple d'utiliser la source synthétique que la source naturelle,
- 1:04:16pour tout un tas de raisons qu'on peut comprendre.
- 1:04:19Prix,
- 1:04:19disponibilité,
- 1:04:21stabilité,
- 1:04:22etc.
- 1:04:23Donc les gens utilisaient principalement des matières colorantes d'origine synthétique,
- 1:04:28y compris les ocres que l'on place maintenant dans les produits naturels,
- 1:04:31c'est des produits synthétiques.
- 1:04:33Ah,
- 1:04:33c'est des ocres synthétiques À votre avis,
- 1:04:35comment ils sont fabriqués ces ocres-là Vous croyez que c'est encore les carrières de Roussillon
- 1:04:40On a eu une carrière,
- 1:04:41justement,
- 1:04:42sur le podcast Les ocres de France Bien sûr.
- 1:04:45Mais moi,
- 1:04:45naïvement,
- 1:04:45je croyais que c'était encore ça.
- 1:04:46Mais vous croyez que les tuiles,
- 1:04:49les briques,
- 1:04:50ces trucs-là sont faits avec ça Non,
- 1:04:51non,
- 1:04:51ça non.
- 1:04:52Alors
- 1:04:53D'accord.
- 1:04:54Donc il y a des termes qui appellent au naturel qui ne le sont pas en fait.
- 1:04:58En tout cas,
- 1:04:58il faut faire attention parce qu'il y a une espèce de…
- 1:05:01On fait des amalgames de tout.
- 1:05:02Oui,
- 1:05:03c'est vrai.
- 1:05:03Et à l'intérieur de ça,
- 1:05:04il y a des…
- 1:05:04Bref,
- 1:05:04etc.
- 1:05:05Donc voilà un gros un petit peu ce qui s'est passé,
- 1:05:07si vous voulez.
- 1:05:07Donc il n'y a pas eu…
- 1:05:08Du coup,
- 1:05:09il n'y a pas eu d'incitation à utiliser ce genre de choses.
- 1:05:12Sauf qu'aujourd'hui,
- 1:05:14il y a un petit peu de cartes rebattues.
- 1:05:18Ah oui
- 1:05:18pour dire avec un retour au naturel,
- 1:05:22la volonté des consommateurs d'avoir des produits plus naturels,
- 1:05:26la traçabilité des ingrédients,
- 1:05:28la loi qui se durcit encore.
- 1:05:31Et donc là,
- 1:05:31dans ce contexte-là,
- 1:05:33moi ce que je voudrais savoir,
- 1:05:34c'est dans cette liste positive de matières…
- 1:05:39Colorantes,
- 1:05:40matières colorantes.
- 1:05:40Colorantes,
- 1:05:41filtres UV et conservateurs microbiens.
- 1:05:43Non,
- 1:05:43ce ne sont pas ces trois listes différentes.
- 1:05:45Oui,
- 1:05:46trois listes différentes,
- 1:05:47mais qui sont sous le thème liste positive,
- 1:05:49contrairement aux autres où c'est des listes négatives.
- 1:05:51Et donc,
- 1:05:52dans cette liste de matières colorantes…
- 1:05:54Par exemple,
- 1:05:54on a dit pendant très longtemps,
- 1:05:56toute la réglementation sera sur la logique des listes négatives.
- 1:06:00C'est-à-dire,
- 1:06:00par exemple,
- 1:06:01au Japon,
- 1:06:01en Chine,
- 1:06:02jusqu'à un passé très récent,
- 1:06:03seuls étaient utilisables les produits autorisés.
- 1:06:08Donc,
- 1:06:08vous avez des listes de cheveux pour tout.
- 1:06:11Alors qu'en Europe,
- 1:06:11si vous voulez,
- 1:06:12comme aux États-Unis,
- 1:06:13la liste est ouverte,
- 1:06:14sauf…
- 1:06:15interdiction.
- 1:06:17Donc,
- 1:06:17liste ouverte avec des listes positives qui disent,
- 1:06:20voilà,
- 1:06:21pour ces usages-là,
- 1:06:23vous avez des choses qui doivent être parfaitement respectées.
- 1:06:27La nature des ingrédients et les dosages.
- 1:06:30Ouais.
- 1:06:32Alors,
- 1:06:32du coup,
- 1:06:32ma question,
- 1:06:33c'est nature des ingrédients et dosages,
- 1:06:36c'est-à-dire que là,
- 1:06:38moi,
- 1:06:38ce que je voudrais comprendre,
- 1:06:39c'est pourquoi...
- 1:06:41Du coup,
- 1:06:41je comprends pourquoi il n'y a pas plus de...
- 1:06:43colorants,
- 1:06:44enfin pourquoi il n'y a pas plus de matière colorante d'origine naturelle,
- 1:06:48dont végétale,
- 1:06:48dans les cosmétiques
- 1:06:50Parce que c'était un truc qui m'a un peu surpris,
- 1:06:52sur le podcast Arrécouvert,
- 1:06:53on prend toutes les applications de la couleur végétale et en fait,
- 1:06:56la cosmétique est arrivée tardivement et est arrivée par un biais particulier,
- 1:07:00je vous l'expliquais,
- 1:07:01c'était la coloration capillaire végétale,
- 1:07:05qui est arrivée et qui était donc pareil,
- 1:07:08à faire le tri à l'intérieur de tout ça,
- 1:07:10entre ce qui est fabriqué,
- 1:07:12préfait,
- 1:07:12dans des pays lointains,
- 1:07:14ce qui est fait sur place,
- 1:07:15qui utilise tel type de plantes en termes de poudre,
- 1:07:17etc.,
- 1:07:18de formulation.
- 1:07:19Mais c'est par là que j'ai commencé à comprendre qu'il y avait un sujet sur la cosmétique.
- 1:07:24Et l'autre sujet,
- 1:07:25c'était le maquillage.
- 1:07:28Donc du coup,
- 1:07:29ma question,
- 1:07:29c'est,
- 1:07:29est-ce qu'avec ces listes positives autorisées sur les matières colorantes,
- 1:07:34en gros,
- 1:07:35on n'aura que colocapillaires et maquillage et qu'on ne pourra pas avoir
- 1:07:40de crème,
- 1:07:41de soins,
- 1:07:42etc.
- 1:07:43Parce que cette liste ne le permet pas
- 1:07:45Ou est-ce qu'en fait,
- 1:07:46les gens sont en train de chercher
- 1:07:49Ou est-ce qu'en fait,
- 1:07:49il faudrait faire bouger cette liste
- 1:07:51Idéalement, il faudrait faire bouger la liste.
- 1:07:55Ce serait plus logique.
- 1:07:56Et comment on fait bouger cette liste
- 1:07:58Il faut passer dans des comités d'experts.
- 1:08:02C'est très long,
- 1:08:03c'est très compliqué,
- 1:08:04et ça coûte beaucoup d'argent.
- 1:08:05Et c'est l'argument principal qui fait que les gens ne le font pas.
- 1:08:11Et ça servirait les concurrents aussi
- 1:08:13Ça servirait les concurrents,
- 1:08:15oui.
- 1:08:15Mais il y a un moment où tout le monde a intérêt à faire progresser les choses dans le bon sens.
- 1:08:18Sauf que je vois quand même que c'est un domaine où la...
- 1:08:21Le problème est le sphétique,
- 1:08:24l'exclusivité.
- 1:08:25C'est ça,
- 1:08:26être le premier,
- 1:08:28et donc du coup,
- 1:08:30ça ne bouge pas dans ce sens-là à cause de...
- 1:08:34Du coup,
- 1:08:35les gens...
- 1:08:36Du coup,
- 1:08:36il y a une partie de l'industrie qui dit Ah bah tiens,
- 1:08:40ça serait bien
- 1:08:42Parce qu'effectivement,
- 1:08:43ce grand mouvement du retour au naturel,
- 1:08:48alors on peut discuter de l'intérêt de ce mouvement du retour au naturel,
- 1:08:52mais c'est peut-être pas l'objet de notre discussion d'aujourd'hui.
- 1:08:56On peut,
- 1:08:56on peut.
- 1:08:56C'est-à-dire qu'à partir du moment où on affirme des choses,
- 1:08:59il faudrait pouvoir les montrer.
- 1:09:00C'est ça.
- 1:09:02Quel est l'avantage d'utiliser des produits d'origine naturelle Moi,
- 1:09:05je n'en ai toujours pas vu.
- 1:09:07Je n'ai pas vu d'études.
- 1:09:10Alors,
- 1:09:11sur l'idée de...
- 1:09:13de la non-toxicité,
- 1:09:14etc.
- 1:09:15Mais l'avantage de quoi
- 1:09:18On est encore aujourd'hui à se poser la question de savoir si l'agriculture bio génère des bénéfices majeurs.
- 1:09:27Donc,
- 1:09:28cette idée que le naturel serait systématiquement mieux que le synthétique,
- 1:09:33c'est une idée dans ma culture des années 70.
- 1:09:38de technophile je ne sais trop quoi,
- 1:09:40je dis non,
- 1:09:41montrez-moi que c'est mieux.
- 1:09:43En fait,
- 1:09:44c'est vraiment le problème qu'on a aujourd'hui.
- 1:09:46C'est qu'il y a des fois des amalgames entre c'est naturel,
- 1:09:50donc c'est sans problématique pour santé,
- 1:09:54sans toxique,
- 1:09:54etc.
- 1:09:55Alors que ce n'est pas vrai.
- 1:09:55C'est moins qu'une peau.
- 1:09:57Mais oui,
- 1:09:57voilà.
- 1:09:57Mais non,
- 1:09:58mais ça,
- 1:09:58il faut le remettre.
- 1:09:59Il y a 50 exemples qui instantanément prouvent le contraire.
- 1:10:03Voilà.
- 1:10:03Donc ça,
- 1:10:05moi,
- 1:10:05je ne prône pas le
- 1:10:06100% naturel pour le 100%
- 1:10:07naturel.
- 1:10:09Parce qu'il faut...
- 1:10:09Et le 100%
- 1:10:10végétal,
- 1:10:11parce que dans le végétal,
- 1:10:11il y a des choses...
- 1:10:12toxiques,
- 1:10:13etc.
- 1:10:14Donc ça,
- 1:10:14c'est le premier point.
- 1:10:16Deuxième point,
- 1:10:16sur les études scientifiques,
- 1:10:17je suis complètement d'accord avec vous.
- 1:10:19Moi,
- 1:10:19depuis deux ans,
- 1:10:20ce que je me dis et ce que je cherche avec insistance,
- 1:10:24c'est des études qui nous montrent,
- 1:10:26par exemple,
- 1:10:28il y en a,
- 1:10:29mais elles ne sont pas beaucoup relayées,
- 1:10:32mais qui nous montrent les bienfaits,
- 1:10:34les avantages de la couleur végétale.
- 1:10:37Et en fait,
- 1:10:38ce que je me rends compte,
- 1:10:39c'est que...
- 1:10:40Quand on dit couleur végétale,
- 1:10:41on est toujours opposé,
- 1:10:43malgré nous,
- 1:10:44à couleur de synthèse.
- 1:10:45Pourquoi couleur de synthèse On l'a dit,
- 1:10:48moins cher,
- 1:10:48ça va plus vite,
- 1:10:49c'est plus efficace,
- 1:10:50ça tient plus dans le temps,
- 1:10:52etc.
- 1:10:53Et puis ça a globalement tout balayé.
- 1:10:56Il n'y a plus beaucoup de gens qui défendent la couleur végétale aujourd'hui,
- 1:10:59il n'y a plus beaucoup de budget et il n'y a pas de budget de science,
- 1:11:02de recherche,
- 1:11:03de gens qui pourraient mettre de l'argent là-dedans,
- 1:11:05puisque beaucoup d'argent est injecté dans...
- 1:11:08comment rendre moins nocifs les colorants de synthèse,
- 1:11:10parce qu'en fait,
- 1:11:10ils font le job,
- 1:11:11mais il faut juste les rendre moins nocifs,
- 1:11:13entre guillemets.
- 1:11:14J'ai un peu cette impression-là.
- 1:11:15Et je me dis,
- 1:11:17du coup,
- 1:11:19en fait,
- 1:11:19beaucoup de gens voient l'intérêt du végétal avec les freins.
- 1:11:22On en parlera après,
- 1:11:24parce qu'il y en a.
- 1:11:25Mais on n'a pas le budget.
- 1:11:26On n'a pas le budget pour mettre en place des tests labos.
- 1:11:30Il y a quelques petits exemples.
- 1:11:32Mais je veux dire,
- 1:11:33pour rivaliser avec tout ce qui sort comme étude,
- 1:11:36sur les colorants de synthèse,
- 1:11:38j'ai l'impression que c'est un combat difficile.
- 1:11:42C'est un peu le pot de terre contre le pot de fer.
- 1:11:45C'est ça.
- 1:11:46Il n'y a pas de doute là.
- 1:11:47Encore une fois,
- 1:11:48je pense que ça relève du fait que la performance globalement des produits de synthèse reste supérieure à la performance des produits naturels.
- 1:11:58Et que pour le moment,
- 1:11:59encore une fois,
- 1:11:59je pense que le bon exemple,
- 1:12:00c'est le bio.
- 1:12:01Je veux dire,
- 1:12:02le bio est en régression pratiquement partout.
- 1:12:06globalement,
- 1:12:08parce qu'on a du mal à montrer les bénéfices du bio,
- 1:12:12alors qu'on les vend plus cher,
- 1:12:13etc.
- 1:12:15Donc là,
- 1:12:15vous avez le même mécanisme qui se reproduit.
- 1:12:18Et puis,
- 1:12:18l'autre mécanisme qui est derrière ça,
- 1:12:20c'est que les gens qui vont sur ces logiques-là sont généralement des opérateurs.
- 1:12:28Ce ne sont pas des utilisateurs,
- 1:12:29ce qu'on appelle leader,
- 1:12:31si vous voulez.
- 1:12:31C'est-à-dire que c'est tous des...
- 1:12:33tous des utilisateurs périphériques,
- 1:12:35généralement.
- 1:12:37Les gens qui font du maquillage avec des produits d'origine naturelle à l'heure actuelle,
- 1:12:42c'est entre guillemets des petites boîtes,
- 1:12:45généralement qui ne sont pas dotées de moyens et qui ne supportent pas leur positionnement.
- 1:12:51Il y en a plusieurs qui vous disent Moi,
- 1:12:53je fais du maquillage naturel parce que c'est mieux.
- 1:12:55C'est mieux pourquoi
- 1:12:57Oui, et c'est là où il manque quelque chose.
- 1:12:59On n'apporte pas de preuves.
- 1:13:02En fait,
- 1:13:03C'est un document de bon sens.
- 1:13:05Ce ne sont pas des choses qui sont documentées réellement.
- 1:13:08Alors,
- 1:13:09pour finir avec ça,
- 1:13:10les gens contournent la difficulté en disant c'est vrai sur les filtres UV,
- 1:13:16moins sur les filtres UV,
- 1:13:17mais c'est vrai sur les conservateurs.
- 1:13:20Très clairement,
- 1:13:20sur les conservateurs antimicrobiens,
- 1:13:22ça commence à être vrai sur les matières colorantes.
- 1:13:24On dit on va chercher les propriétés annexes de ces spécialités.
- 1:13:29Exemple,
- 1:13:30je fais regarder si mon colorant...
- 1:13:32Ma matière colorante,
- 1:13:33parce qu'on ne va pas rentrer dans ce...
- 1:13:35Mais matière colorante,
- 1:13:36c'est mieux que colorant.
- 1:13:38On va regarder si ma matière colorante n'a pas des propriétés un peu inattendues.
- 1:13:44Il y en a Il y en a plein Il y en a une en particulier qui devient un truc absolument banal,
- 1:13:50c'est les propriétés antiradicalaires.
- 1:13:52Il y a un extrait végétal qui n'est pas antiradicalaire.
- 1:13:55Donc antioxydante.
- 1:13:56Oui,
- 1:13:57antiradicalaire ou antioxydante,
- 1:14:00c'est la même chose.
- 1:14:01Donc on dit,
- 1:14:01voilà,
- 1:14:02regardez,
- 1:14:02ce n'est pas de ma faute si j'utilise un produit qui est rouge pour ses propriétés antiradicalaires.
- 1:14:12Bon,
- 1:14:12moi,
- 1:14:13je trouve que c'est très léonin,
- 1:14:16c'est très discutable,
- 1:14:17parce que c'est chercher des moyens pour détourner la règle.
- 1:14:22C'est pour ça que je disais tout à l'heure,
- 1:14:23je pense qu'il vaudrait mieux...
- 1:14:24Si vraiment les matières premières d'origine naturelle sont très performantes et sont intéressantes et tout ça,
- 1:14:29il vaudrait mieux élargir les listes que de contourner la règle.
- 1:14:35Parce que contourner la règle,
- 1:14:36c'est un moment ou un autre ouvrir la boîte de Pandore.
- 1:14:39Oui,
- 1:14:39oui,
- 1:14:39carrément.
- 1:14:40C'est vrai la boîte de Pandore.
- 1:14:42Et après,
- 1:14:43on peut en plus de ça fortement discuter,
- 1:14:45parce que c'est pour le coup qu'on voit bien que dans le monde du végétal,
- 1:14:48il y a un peu tout et son contraire,
- 1:14:51en termes de sursignes,
- 1:14:52d'origine.
- 1:14:53Oui,
- 1:14:53c'est ce que j'allais dire.
- 1:14:54Je vais ressortir des vieux exemples,
- 1:14:58ce fameux extrait de Mimosa,
- 1:14:59qui était des propriétés anti-inflammatoires extraordinaires,
- 1:15:02ça faisait une espèce de raz-de-marine pas possible,
- 1:15:04jusqu'au jour où on était les regarder,
- 1:15:06il y avait de l'hidrocaïne qui était volontairement rajoutée à l'extrait.
- 1:15:10Donc c'était les propriétés d'Aliza Kane,
- 1:15:12on n'avait pas d'extrait.
- 1:15:13D'accord.
- 1:15:14Donc tu vois,
- 1:15:14il y a des trucs comme...
- 1:15:16Par exemple,
- 1:15:17autre exemple,
- 1:15:18si vous voulez,
- 1:15:18il y a un produit d'origine naturelle qui est quand même incroyable,
- 1:15:22qui fait l'objet à l'heure actuelle du plus gros scandale sanitaire et financier du moment,
- 1:15:28en ce moment,
- 1:15:29c'est le talc.
- 1:15:33Non,
- 1:15:33vous ne voyez pas.
- 1:15:35Je vois ce que c'est que le talc,
- 1:15:37mais je ne vois pas ce qu'il pose.
- 1:15:38Aux Etats-Unis,
- 1:15:39vous avez une class action qui a été développée contre Johnson & Johnson,
- 1:15:45consécutive à l'utilisation de cette fameuse baby powder de Johnson & Johnson,
- 1:15:50qui a actuellement été provisionnée à 9 ou 10 milliards d'euros,
- 1:15:55parce que ce produit aurait été reconnu ou qualifié comme potentiellement susceptible de pouvoir donner des cancers.
- 1:16:05des types de cancers particuliers,
- 1:16:06des cancers ovariennes,
- 1:16:08liés à l'utilisation intensive de talc sur les fesses des enfants,
- 1:16:13des trucs comme ça.
- 1:16:13Or,
- 1:16:13il n'y a pas plus naturel que le talc.
- 1:16:17Donc,
- 1:16:17on revient à notre point qui est,
- 1:16:19attention,
- 1:16:20naturel,
- 1:16:21végétal,
- 1:16:22etc.,
- 1:16:23ne veut pas dire inocuité absolue.
- 1:16:26On est d'accord là-dessus Moi,
- 1:16:28je n'ai aucun doute là-dessus,
- 1:16:29si vous voulez.
- 1:16:30Ça,
- 1:16:30on est d'accord,
- 1:16:31mais moi,
- 1:16:31ce que j'ai envie de dire,
- 1:16:32c'est que dans le végétal,
- 1:16:34c'est là où j'ai une question un peu particulière.
- 1:16:36Pour moi,
- 1:16:36dans le végétal,
- 1:16:37il y a quand même des points d'intérêt.
- 1:16:41Alors,
- 1:16:42quand je suis allée en formation avec Michel Garcia,
- 1:16:45il nous parle de la couleur végétale pour la teinture,
- 1:16:47mais il nous parle aussi des principes actifs.
- 1:16:49Alors,
- 1:16:49je n'ai peut-être pas les bons mots,
- 1:16:50mais j'essaye de relayer ses propos.
- 1:16:52Mais en gros,
- 1:16:54de plus en plus de personnes que j'ai sur le podcast,
- 1:16:57des chercheurs,
- 1:16:58des scientifiques,
- 1:16:59des extracteurs.
- 1:17:00Elle m'explique qu'en plus de la couleur,
- 1:17:04la couleur qu'on obtient,
- 1:17:06la plante la fait,
- 1:17:07entre guillemets,
- 1:17:08pas pour nous faire plaisir,
- 1:17:09pour obtenir de la couleur,
- 1:17:10pour se défendre des UV,
- 1:17:11pour se défendre des attaques d'insectes,
- 1:17:13etc.,
- 1:17:15des UV du soleil,
- 1:17:17pour séduire et attirer,
- 1:17:19exactement.
- 1:17:19Et en fait,
- 1:17:21on se rend compte de plus en plus qu'il y a des propriétés à coller à cette couleur,
- 1:17:27donc antimicrobien,
- 1:17:28antioxydants,
- 1:17:29etc.
- 1:17:30Et en fait,
- 1:17:31je me dis,
- 1:17:33on revient à la question d'avant,
- 1:17:35pourquoi on ne se focalise pas justement sur ces plantes et ces principes actifs qui donneraient et de la couleur et un point positif en étant OK sur le fait que tout ne peut pas être,
- 1:17:49enfin,
- 1:17:49tout ce qui est végétal n'est pas non toxique.
- 1:17:52Et donc,
- 1:17:52ma question,
- 1:17:53c'est est-ce que ça ne revient pas encore à mon histoire de on n'a pas le budget
- 1:17:57On n'a pas de budget pour faire des études scientifiques.
- 1:17:59Du coup,
- 1:18:00on ne peut pas prouver.
- 1:18:01Ou on a quelques brides partout,
- 1:18:03mais il faudrait tout rassembler.
- 1:18:05Et du coup,
- 1:18:05on n'avance pas,
- 1:18:06en fait.
- 1:18:06Moi,
- 1:18:07j'ai un peu ce sentiment-là.
- 1:18:08Non,
- 1:18:08mais je pense que c'est un sentiment qui est fondé,
- 1:18:12quelque part,
- 1:18:12s'il vous plaît.
- 1:18:13Je pense que la seule chose qu'il y a aussi,
- 1:18:15c'est de se dire que les activités auxquelles on fait référence à l'heure actuelle sont quand même assez ubiquitaires.
- 1:18:21C'est-à-dire C'est-à-dire qu'il y en a partout,
- 1:18:24tu vois.
- 1:18:24C'est-à-dire qu'il y en a partout.
- 1:18:26C'est-à-dire que...
- 1:18:28des propriétés hydratantes sur certains extraits végétaux,
- 1:18:31ben oui,
- 1:18:31mais c'est banal,
- 1:18:32etc.
- 1:18:34Donc,
- 1:18:35la question par exemple qui se pose,
- 1:18:36on le voit actuellement,
- 1:18:37si vous voulez,
- 1:18:38bien dans le domaine de l'apport des biotech.
- 1:18:43Vous avez un exemple,
- 1:18:44si vous voulez.
- 1:18:46Actuellement,
- 1:18:46vous avez peut-être suivi cette actualité-là,
- 1:18:48vous avez une boîte américaine qui vient de synthétiser,
- 1:18:50enfin,
- 1:18:50qui vient de biosynthétiser du carmin.
- 1:18:54Oui.
- 1:18:56Alors la première question qui se pose,
- 1:18:58quand on regarde justement le carmin de Kochnik,
- 1:19:01est composé partiellement d'acide carminique.
- 1:19:05Il y a plein d'autres choses à côté.
- 1:19:07Mais ce qui a été testé,
- 1:19:08ce qui a été évalué,
- 1:19:10c'est ça.
- 1:19:11Le taux d'acide carminique
- 1:19:13Non, le pigment d'origine naturelle qui contient des daubres.
- 1:19:18Là on arrive avec un produit qui est très fortement concentré en acide carminique.
- 1:19:22La question est,
- 1:19:22est-ce que c'est le même que celui qui a été homologué
- 1:19:26On dit que c'est le même et la même couleur.
- 1:19:29Mais est-ce que c'est le même
- 1:19:31Ben oui,
- 1:19:32il est interactif.
- 1:19:32Non,
- 1:19:32mais il y a...
- 1:19:35Donc c'est un petit peu ça le truc.
- 1:19:36Et ce que je voulais dire sur les produits biosourcés,
- 1:19:38c'est qu'on s'aperçoit maintenant,
- 1:19:39si vous voulez...
- 1:19:42Est-ce qu'on cherche à progresser
- 1:19:44Oui, on cherche simplement à faire la même chose autrement.
- 1:19:48Sur les produits biosourcés,
- 1:19:49c'est exactement ce qui se passe.
- 1:19:50Vous avez des gens qui se sont amusés à biosynthétiser de l'isododecane,
- 1:19:55qui est un dérivé d'origine pétrolière,
- 1:20:00qui permettait de faire des produits de maquillage,
- 1:20:03des choses comme ça.
- 1:20:04C'est un hydrocarbure semi-volatil.
- 1:20:08Un produit assez banal,
- 1:20:09tout compte fait,
- 1:20:10entre du gaz et de l'huile de vaseline.
- 1:20:13Donc,
- 1:20:14ce produit était d'origine pétrolifère.
- 1:20:15On dit que tous les produits d'origine pétrolifère sont problématiques.
- 1:20:19Pourquoi Parce que c'est du pétrole,
- 1:20:20avec tout ce mot.
- 1:20:22Là,
- 1:20:22ils ont fait des trucs à partir de la métrave.
- 1:20:25Bon,
- 1:20:25ils ont fait un produit,
- 1:20:26ils ont fait des œufs de canne.
- 1:20:27Alors,
- 1:20:28avec des étapes assez compliquées,
- 1:20:30qui,
- 1:20:30en plus de ça,
- 1:20:31utilisent pour une part non négligeable de la chimie lourde.
- 1:20:35Mais ça,
- 1:20:35on met la tête dans le gré.
- 1:20:40Au bout du compte,
- 1:20:40on a l'isododecane.
- 1:20:43C'est de l'isododecane.
- 1:20:45Qu'est-ce qui fait de mieux
- 1:20:48C'est son origine.
- 1:20:51La boîte a fermé,
- 1:20:52entre-temps.
- 1:20:54Donc,
- 1:20:55ce que j'entends,
- 1:20:58c'est que...
- 1:20:59Je termine.
- 1:20:59Et puis,
- 1:21:01une fois qu'on a eu...
- 1:21:02Regardez le truc dans tous les sens.
- 1:21:05On s'aperçoit que le produit d'origine biotechnologique est considérablement plus environnementalement problématique que le produit d'origine naturelle.
- 1:21:16Par son process,
- 1:21:19par la complexité du process.
- 1:21:20Quand vous mettez un incubateur de 50 000 litres au milieu de la forêt amazonienne pour pouvoir chauffer,
- 1:21:30que vos bactéries,
- 1:21:31vos moisissures fabriquent des trucs et des machins qu'il faudra transformer après.
- 1:21:35Vous voyez le truc
- 1:21:38Alors, est-ce que ça veut dire qu'il ne faut pas le faire Non,
- 1:21:41ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas le faire.
- 1:21:42Ça veut dire que ce sont des voies,
- 1:21:43à mon avis.
- 1:21:44Et celle que vous évoquez est une voie intéressante,
- 1:21:47mais elle ne peut pas être généralisée.
- 1:21:49Oui,
- 1:21:49on s'en est d'accord.
- 1:21:50Elle ne peut pas être généralisée,
- 1:21:51parce qu'en plus de ça,
- 1:21:54on l'avait rencontré sur d'autres familles de produits,
- 1:21:56les grands fabricants de pigments,
- 1:21:57aujourd'hui,
- 1:21:57ont un intérêt tout à fait mineur à aller détruire ce qui fait le cœur de leur business.
- 1:22:03Donc,
- 1:22:03ils ne vont pas aller s'amuser à faire des études comparatives pour montrer que ce qu'ils ne fabriquent pas est meilleur que ce qu'ils fabriquent eux.
- 1:22:11On est dans un truc qui est indémerdable,
- 1:22:14là.
- 1:22:15C'est ça.
- 1:22:16Merci.
- 1:22:18Alors,
- 1:22:18du coup,
- 1:22:19l'histoire des biosourcés,
- 1:22:20c'est vraiment un truc qui revient quand même beaucoup sur le tapis.
- 1:22:26J'en ai une bonne avec mon tapis,
- 1:22:27mais de retrouver des produits sourcés localement,
- 1:22:32spossifs français,
- 1:22:33etc.
- 1:22:34Ça,
- 1:22:34il y a toute la filière dont je vous parlais,
- 1:22:36avec les agriculteurs qui se remettent à cultiver des plantes teintes orales en France.
- 1:22:40Tout ça,
- 1:22:40je vous l'avais dit.
- 1:22:42Il y a une autre partie qui est intéressante pour moi,
- 1:22:44c'est la bioéconomie,
- 1:22:45c'est-à-dire comment venir chercher les déchets des entreprises agroalimentaires ou autres,
- 1:22:50ou des problématiques,
- 1:22:51des plantes envahissantes,
- 1:22:52des plantes invasives,
- 1:22:53des plantes...
- 1:22:54qu'on ne veut plus,
- 1:22:55enfin voilà,
- 1:22:56tous ces déchets qui nous ennuient,
- 1:22:57entre guillemets,
- 1:22:58et d'en faire des boucles,
- 1:23:00j'appelle ça des boucles de couleurs,
- 1:23:01avant de les mettre,
- 1:23:01par exemple,
- 1:23:02à la méthanisation ou autre chose.
- 1:23:04Et ça,
- 1:23:05on a pas mal d'exemples,
- 1:23:06notamment dans le domaine de la vigne,
- 1:23:08les pelures d'oignons,
- 1:23:09le mar de raisin,
- 1:23:11et en fait,
- 1:23:11j'ai l'impression que ça,
- 1:23:12on en voit plein.
- 1:23:14C'est vraiment quelque chose qui…
- 1:23:15C'est la grande tendance du moment de l'upcycling,
- 1:23:17on upcycling tout.
- 1:23:19C'est ça.
- 1:23:20Et donc,
- 1:23:21on fait des parfums avec des extraits d'ordures.
- 1:23:27Je ne savais pas ça.
- 1:23:29Du coup,
- 1:23:29dans cette tendance d'upcycling,
- 1:23:31c'est quand même bien dans le sens où,
- 1:23:34là par exemple,
- 1:23:34on a un exemple concret de ce qui se passe dans les Hauts-de-France.
- 1:23:38C'est cette histoire de plures d'oignons qui avant,
- 1:23:40ils ne savaient pas quoi en faire.
- 1:23:42Ils les mettaient dans les champs comme paillage,
- 1:23:44mais en un coup de vent,
- 1:23:45vous vous doutez bien.
- 1:23:47Là,
- 1:23:47on en cherche une molécule qui a des principes actifs.
- 1:23:50Comme vous dites,
- 1:23:51forcément,
- 1:23:52c'est partout,
- 1:23:53mais donc antioxydante.
- 1:23:55Et du coup,
- 1:23:56cette histoire d'aller chercher des déchets pour en extraire de la couleur ou des principes actifs avant de les béner les méthaniser ou autre,
- 1:24:08profite à la couleur végétale dans un sens.
- 1:24:11Mais ce qui nous manque,
- 1:24:12c'est toujours la même chose,
- 1:24:13c'est prouver que c'est bien scientifiquement,
- 1:24:16que ça fait mieux le job ou non.
- 1:24:19Et en fait,
- 1:24:19pour moi,
- 1:24:20le seul,
- 1:24:20enfin c'est pas le seul,
- 1:24:22mais presque,
- 1:24:23argument...
- 1:24:24en faveur de la couleur végétale,
- 1:24:27c'est cette histoire qu'aujourd'hui,
- 1:24:28vous l'avez dit,
- 1:24:29tous les produits issus ou dérivés du pétrole,
- 1:24:32d'emblée posent problème par rapport au réchauffement climatique,
- 1:24:36à réduire son bilan carbone,
- 1:24:39toutes les règles qui sont en train de tomber dans les entreprises.
- 1:24:41Et du coup...
- 1:24:43la couleur végétale,
- 1:24:44pour ce coup-là,
- 1:24:46serait une solution
- 1:24:49À la condition qu'au bout du compte,
- 1:24:51au bout du process,
- 1:24:52le produit remplisse vraiment les fonctions qu'on attend de lui.
- 1:24:55C'est-à-dire,
- 1:24:56et des performances qui soient raisonnables,
- 1:25:00qui fassent qu'on ne soit pas obligé d'utiliser des quantités astronomiques pour arriver au résultat,
- 1:25:05et que,
- 1:25:06tout compte fait,
- 1:25:06la séquence des opérations ne fasse pas que ce soit pire qu'avant.
- 1:25:09Voilà,
- 1:25:10donc le process,
- 1:25:10que le process ne soit pas plus énergivore que...
- 1:25:14Et vous,
- 1:25:15avec votre recul,
- 1:25:16votre expérience,
- 1:25:18si là,
- 1:25:19demain,
- 1:25:19on vous avait confié la mission d'intégrer de la couleur végétale dans vos cosmétiques,
- 1:25:24tout cosmétique confondu,
- 1:25:25on reparle des 18 familles,
- 1:25:26on est hyper open,
- 1:25:28quels sont les premiers biais que vous auriez direct identifiés
- 1:25:32C'est-à-dire, si on vous livrait la matière en quantité suffisante d'un sourcing français approprié,
- 1:25:38tout ce qu'on veut,
- 1:25:39Quels sont,
- 1:25:39vous,
- 1:25:39les premiers biais que vous auriez vus
- 1:25:42Si vous voulez,
- 1:25:43dans le monde du maquillage,
- 1:25:46l'une des clés,
- 1:25:46c'est la diversité.
- 1:25:49Et on va retrouver ça dans pas mal de domaines de la cosmétique.
- 1:25:52Donc,
- 1:25:52je me serais posé la question déjà de savoir si je peux tout faire.
- 1:25:55Ça a été,
- 1:25:56par exemple,
- 1:25:56c'est une situation qu'on connaît plus ou moins avec la réglementation américaine.
- 1:26:01Si vous voulez,
- 1:26:01la réglementation américaine déliste toute une série de matières colorantes qu'on peut utiliser en Europe.
- 1:26:09Donc quand on voulait aller aux États-Unis,
- 1:26:11il fallait faire des teintes pour les États-Unis.
- 1:26:15Ce qui est un problème économique sérieux,
- 1:26:18je veux dire.
- 1:26:20On le faisait.
- 1:26:21Alors la question qui se posait,
- 1:26:22c'était,
- 1:26:23dans le fond,
- 1:26:23est-ce qu'on ne peut pas vendre en Europe le produit qu'on vend aux États-Unis
- 1:26:26Sauf que généralement,
- 1:26:27le produit qu'on fabriquait pour les États-Unis était moins performant que le produit qu'on vendait pour l'Europe.
- 1:26:33Pourquoi Parce que les couleurs étaient beaucoup moins flashy,
- 1:26:36parce que les couleurs étaient beaucoup moins intenses,
- 1:26:38etc.
- 1:26:40Ça voulait dire qu'à un moment ou à un autre,
- 1:26:41vous acceptiez délibérément,
- 1:26:43pour cette question-là,
- 1:26:43de vous mettre en situation concurrentielle déficitaire.
- 1:26:48C'est un problème.
- 1:26:49Donc là,
- 1:26:50pour répondre à votre question,
- 1:26:52ça dépend de quel type de produit.
- 1:26:54Si on me demande de faire des fonds de teint,
- 1:26:56des produits pour le teint,
- 1:26:56je n'ai pas trop de soucis.
- 1:26:58D'autant qu'il n'y a pas de colorant d'origine végétale là-dedans.
- 1:27:02Ou très peu.
- 1:27:03Mais même pas.
- 1:27:0499%
- 1:27:07des couleurs.
- 1:27:09qui permettent de faire des fonds de teint,
- 1:27:11des produits de cette nature-là,
- 1:27:12ce sont des produits d'origine minérale,
- 1:27:15donc pas de souci.
- 1:27:18Je me poserais la question de savoir si je couvre toutes les palettes de couleurs que je veux bien couvrir,
- 1:27:22et si je reste concurrent par rapport à mes concurrents immédiats.
- 1:27:28Si mon concurrent immédiat fait 80 teintes dans son nuancier de rouge à lèvres et que moi je suis à côté avec 25 seulement parce que je ne peux pas en faire plus,
- 1:27:38je ne suis pas sûr d'être dans un environnement concurrentiel favorable.
- 1:27:43Après,
- 1:27:43je me serais assuré de la disponibilité du sourcing presque illimité des matières.
- 1:27:51Ah,
- 1:27:51d'accord.
- 1:27:51Presque illimité des matières.
- 1:27:53Parce qu'on voit bien,
- 1:27:54si vous voulez,
- 1:27:54que quand on travaille sur ces notions-là,
- 1:27:57il y a un moment où on espère que le produit ne va pas se vendre de trop.
- 1:28:02Oui.
- 1:28:03Il ne faut pas être freiné par l'approvisionnement.
- 1:28:06Voilà.
- 1:28:07Nous,
- 1:28:07on avait travaillé comme ça sur la valorisation des atystenctoria avec de l'huile.
- 1:28:13C'était toute une histoire.
- 1:28:14Il y a un moment,
- 1:28:16on se disait,
- 1:28:17parce que la récolte,
- 1:28:19pour différentes raisons,
- 1:28:21tel que le projet a été développé,
- 1:28:23la récolte était tous les deux ans.
- 1:28:26Parce que vous serviez des graines
- 1:28:27Oui, on servait des graines.
- 1:28:28Donc,
- 1:28:29comme c'est une bise annuelle,
- 1:28:30logique.
- 1:28:30C'était compliqué,
- 1:28:31etc.
- 1:28:31On disait,
- 1:28:31merde,
- 1:28:32bon.
- 1:28:32Alors du coup,
- 1:28:33on avait planté beaucoup plus qu'il ne fallait,
- 1:28:36et donc on avait des stocks de graines conséquents.
- 1:28:40Mais bon,
- 1:28:41comme c'est une grosse boîte,
- 1:28:43on avait les moyens de se permettre ce genre de choses.
- 1:28:46Mais les petites boîtes,
- 1:28:47on a des difficultés.
- 1:28:48Les uns,
- 1:28:49ils ont du mal à acheter de l'huile,
- 1:28:51si on peut essayer,
- 1:28:51il faut qu'ils stockent.
- 1:28:52Bref,
- 1:28:53donc il faut s'assurer de la disponibilité des ingrédients.
- 1:28:56Après,
- 1:28:57on peut se poser la question de savoir s'il y a une continuité.
- 1:29:02satisfaisante.
- 1:29:04Alors dans les processus généralement,
- 1:29:06pas partout,
- 1:29:07loin de là même,
- 1:29:08mais dans pas mal d'endroits,
- 1:29:10par exemple quand on veut faire homologuer des nouveaux ingrédients en Asie ou des choses comme ça,
- 1:29:14on vous demande de fournir des éléments sur trois lots différents.
- 1:29:20Donc ça,
- 1:29:20dans les processus d'homologation des ingrédients,
- 1:29:23c'est quelque chose qu'on va retrouver assez régulièrement dans les grands groupes.
- 1:29:26Et on va regarder plusieurs lots de fabrication issus de plusieurs
- 1:29:30récoltes différentes,
- 1:29:31éventuellement à des moments différents,
- 1:29:33pour s'assurer qu'il y a bien une forme de continuité satisfaisante.
- 1:29:37Pourquoi Parce qu'il y a déjà plein de causes de non-continuité dans la fabrication des produits de maquillage,
- 1:29:44si vous rajoutez celle-là,
- 1:29:46Vous allez passer un temps infini à courir après votre queue,
- 1:29:50à corriger les couleurs,
- 1:29:52etc.
- 1:29:54Ce qu'on a beaucoup moins sur les produits de synthèse,
- 1:29:58très clairement.
- 1:30:00Donc,
- 1:30:02des questions de faisabilité.
- 1:30:04Après,
- 1:30:04quelles sont les matières dont je dispose
- 1:30:07Est-ce que c'est des colorants Est-ce que c'est des pigments
- 1:30:10Tout, de la plante,
- 1:30:12des égouts.
- 1:30:13Pour nous,
- 1:30:13c'est totalement différent.
- 1:30:15On utilise ou l'un ou l'autre,
- 1:30:17ou les deux ensemble,
- 1:30:19mais on fait la distinction très clairement entre les deux.
- 1:30:23Les matières colorantes,
- 1:30:25qu'on appelle les colorants,
- 1:30:27la caractéristique d'un colorant,
- 1:30:28c'est d'être soluble.
- 1:30:29Dans l'eau Dans l'eau ou dans le milieu d'usage.
- 1:30:32Oui,
- 1:30:32c'est vrai.
- 1:30:33Dans le milieu d'usage.
- 1:30:34La conséquence de ça,
- 1:30:36dans un grand nombre de cas,
- 1:30:37c'est quand on va les utiliser en quantité importante,
- 1:30:40ils vont faire trace.
- 1:30:42C'est-à-dire que ça colore durablement la peau,
- 1:30:44les lèvres,
- 1:30:45tout ce que vous voudrez.
- 1:30:47Maquillez-vous avec du mercurochrome.
- 1:30:49Vous allez voir combien de temps il vous faut pour vous démaquiller.
- 1:30:53Donc,
- 1:30:54suivant les usages,
- 1:30:55je vais utiliser ou des colorants ou des pigments,
- 1:30:58mais pas au hasard l'un ou l'autre.
- 1:31:00D'accord.
- 1:31:02Et dans les pigments,
- 1:31:03il y a un processus un peu compliqué qui est la transformation.
- 1:31:06Parce que,
- 1:31:07assez généralement,
- 1:31:08ça dépend de sous quelle forme est la matière colorante dans la nature.
- 1:31:12Est-ce qu'elle suppose une transformation radicale
- 1:31:16Dans le classique arminique,
- 1:31:18les cochoniques n'ont pas les ailes rouges.
- 1:31:23Le laquage,
- 1:31:24les choses comme ça,
- 1:31:26le laquage du rouge de betterave,
- 1:31:28etc.
- 1:31:28Tout ça,
- 1:31:29ce sont des processus qui rajoutent du coup,
- 1:31:31qui rajoutent des...
- 1:31:33Donc,
- 1:31:35si on me demandait de faire ça,
- 1:31:36j'essaierais de discuter avec mon donneur d'ordre.
- 1:31:40en lui disant Vous êtes sûr que c'est ça que vous avez envie de faire
- 1:31:45Parce que moi,
- 1:31:46en tant que technicien,
- 1:31:48j'espère un peu expérimenter dans la chose et compétent un peu dans la chose.
- 1:31:55Je lui dis Attention,
- 1:31:56on rentre dans une démarche qui est problématique.
- 1:32:00De beaucoup de recherches et beaucoup d'itérations,
- 1:32:03beaucoup de calés.
- 1:32:04Même s'il ne veut pas faire de recherche,
- 1:32:06ça veut dire que dans la vie courante du produit,
- 1:32:08je risque d'avoir pas mal d'embrouilles qui,
- 1:32:10à un moment ou à un autre,
- 1:32:11vont coûter de l'argent à l'un ou à l'autre ou à deux.
- 1:32:15Si j'arrive à le convaincre que ce n'est pas la bonne solution,
- 1:32:18j'ai gagné.
- 1:32:18Si je n'arrive pas à le convaincre que c'est la bonne solution,
- 1:32:22je regarde mon savoir-faire.
- 1:32:25Et puis si c'est trop chiant,
- 1:32:25je lui dis écoutez,
- 1:32:26allez voir un autre.
- 1:32:29Si mon savoir-faire est très bon,
- 1:32:31il y en a quelques-uns qui ont commencé à développer des choses comme ça,
- 1:32:33et je peux peut-être prendre le risque.
- 1:32:37Mais pour le moment,
- 1:32:38c'est un risque.
- 1:32:41Pour le moment,
- 1:32:41c'est un risque,
- 1:32:42parce qu'encore une fois,
- 1:32:43le maquillage,
- 1:32:43ce sont des opérations longues.
- 1:32:45Vous savez,
- 1:32:46le coût d'obtention d'un produit de maquillage est significativement beaucoup plus élevé que celui d'une toilettrise courante ou d'une crème de soins courante.
- 1:32:55Oui.
- 1:32:58Donc
- 1:32:59Donc nous,
- 1:32:59en fait,
- 1:33:00on revient aux mêmes problématiques que sur les autres domaines d'application de la couleur végétale.
- 1:33:06Encore plus poussé là,
- 1:33:07parce qu'il y a une notion de formulation,
- 1:33:11de loi qui est quand même...
- 1:33:12Enfin,
- 1:33:13il y a la toxicité,
- 1:33:14il y a la loi.
- 1:33:15J'aurais aimé d'ailleurs qu'on parle des différents labels aussi qui sont...
- 1:33:21Enfin,
- 1:33:22alors,
- 1:33:22Eco,
- 1:33:23Cert,
- 1:33:23Peach,
- 1:33:23etc.,
- 1:33:25qui ne favorisent pas forcément non plus la couleur végétale à fond.
- 1:33:29Ben non.
- 1:33:30Parce que...
- 1:33:32Ben non.
- 1:33:33Pour plusieurs raisons.
- 1:33:34Parce que d'ailleurs,
- 1:33:34ce n'est pas non plus les acteurs de la couleur végétale qui les font vivre non plus,
- 1:33:38il ne faut pas se mentir,
- 1:33:39et que ce n'est pas beaucoup utilisé non plus.
- 1:33:42De moins en moins d'utilisés,
- 1:33:43parce qu'en plus de ça,
- 1:33:43ces labels sont tous plus ou moins un peu illégaux.
- 1:33:49Dans quel sens alors du coup Dans le sens que la labellisation faite par des organismes privés,
- 1:33:55normalement,
- 1:33:56est anticonstitutionnelle et anticonstitutionnelle.
- 1:33:58Ah oui,
- 1:33:58dans ce sens-là.
- 1:33:58Ce n'est pas tout à fait d'accord.
- 1:34:02En ce moment,
- 1:34:03j'ai suivi avec intérêt.
- 1:34:04Il y a un consortium qui vient de se créer pour essayer de créer un label de traçabilité.
- 1:34:12À Chartres,
- 1:34:13au congrès sur la réglementation,
- 1:34:15on leur a gentiment fait comprendre que de toute façon,
- 1:34:18ce ne sera jamais un truc autorisé au niveau de l'État.
- 1:34:24Dans quel sens
- 1:34:26Dans le sens,
- 1:34:26l'éco-cert,
- 1:34:27c'est un truc privé,
- 1:34:28c'est un processus de labellisation qui est indépendant,
- 1:34:31privé,
- 1:34:32qui peut faire tout ce qu'il veut,
- 1:34:33et qui d'ailleurs fait tout ce qu'il veut.
- 1:34:36Pour la petite histoire,
- 1:34:36quand on regarde bien dans la liste éco-cert,
- 1:34:39il y a des produits en ce moment qui foutent.
- 1:34:42C'est un peu comme dans l'alimentaire,
- 1:34:43où en gros,
- 1:34:45celui qui veut labelliser,
- 1:34:47il est aussi dans des intentions...
- 1:34:51mercantile,
- 1:34:52d'imposer son label.
- 1:34:53J'aurais pu le dire comme ça.
- 1:34:55Maintenant,
- 1:34:55c'est un peu moins vrai parce que pendant très longtemps,
- 1:34:57les gens créaient leur propre label.
- 1:34:59Oui,
- 1:35:00maintenant,
- 1:35:00il n'y a plus d'allégations.
- 1:35:01C'est plus ou moins...
- 1:35:03C'est pour ça que c'est plus ou moins toléré.
- 1:35:06Mais on voit bien qu'à côté de ça,
- 1:35:09dans les années 2005-2010,
- 1:35:12tout le monde faisait...
- 1:35:14Tout le monde était éco-cert,
- 1:35:15natrou,
- 1:35:16les petits lapins,
- 1:35:17les trucs et les machins.
- 1:35:20Pour le moment,
- 1:35:21ça ne semble pas être des critères de compétitivité ou de supériorité concurrentielle.
- 1:35:30Non,
- 1:35:30alors compétitivité et performances supplémentaires,
- 1:35:34ça je suis d'accord.
- 1:35:34Par contre,
- 1:35:35c'est des choses qui rassurent les consommateurs,
- 1:35:39à tort ou à raison,
- 1:35:40mais c'est des choses qui les rassurent.
- 1:35:42Ah oui,
- 1:35:44mais bon,
- 1:35:45c'est des choses qui rassurent les gens.
- 1:35:50Donc,
- 1:35:50si ce n'est pas des organismes certificateurs,
- 1:35:54si ce n'est pas la labellisation,
- 1:35:56qu'est-ce qui pourrait nous aider sur notre sujet de la couleur végétale
- 1:35:59La réglementation.
- 1:36:02Mais alors,
- 1:36:02pour que ce soit réglementé,
- 1:36:03on en revient à notre point de départ.
- 1:36:05Il faut des études scientifiques qui prouvent que ça a un avantage.
- 1:36:09Il faudrait peut-être commencer,
- 1:36:10je ne sais pas si ça a été fait,
- 1:36:12mais il faudrait peut-être commencer par rencontrer les...
- 1:36:15les représentants de ces organisations pour savoir ce qu'ils exigeraient.
- 1:36:22Parce que peut-être qu'il y a des cas de figure où il y aurait des choses simplifiées.
- 1:36:27Il y a tout un tas de domaines dans lesquels vous avez des procédures simplifiées.
- 1:36:31D'accord.
- 1:36:32Donc ça c'est le colibat,
- 1:36:34c'est l'organisation européenne qui gère tous ces fameux
- 1:36:37SCC, tous ces comités,
- 1:36:40je veux dire qui sont...
- 1:36:42le
- 1:36:43SCC, c'est scientifique,
- 1:36:45cométique,
- 1:36:45cosmétique,
- 1:36:46je ne sais plus trop quoi.
- 1:36:48C'est eux qui statuent sur le caractère de dangerosité de certains types d'ingrédients,
- 1:36:54des choses comme ça.
- 1:36:56Est-ce qu'on leur a adressé un jour le dossier de savoir qu'est-ce qu'il faudrait faire pour faire rentrer
- 1:37:04Parce qu'actuellement,
- 1:37:05encore une fois,
- 1:37:05moi je dis l'argument,
- 1:37:06c'est qu'on oblige les gens à contourner la loi.
- 1:37:11Les gens sont assez malins pour le faire,
- 1:37:13tant mieux,
- 1:37:13etc.
- 1:37:14Et ça va à tout le monde.
- 1:37:15Sauf qu'au passage aussi,
- 1:37:17ce dont on ne parle quasiment pas,
- 1:37:19c'est quand on met des matières colorantes d'origine végétale dans des produits,
- 1:37:23on les met à des concentrations qui sont quelquefois assez déraisonnables.
- 1:37:28En tout cas qui n'ont rien à voir avec des concentrations auxquelles,
- 1:37:31par exemple,
- 1:37:31vous parliez des propriétés antiradicalaires.
- 1:37:33Les antiradicalaires sont généralement utilisés
- 1:37:36à des concentrations largement inférieures à 1%
- 1:37:39dans les préparations.
- 1:37:41Quand on fait un rouge à lèvres avec des matières colorantes,
- 1:37:44je veux dire,
- 1:37:45l'ensemble des matières colorantes peut représenter 20%
- 1:37:48de la formule.
- 1:37:50Ah oui,
- 1:37:50d'accord.
- 1:37:51Donc,
- 1:37:51il faut faire attention,
- 1:37:52des amalgames,
- 1:37:53des trucs et des machins.
- 1:37:54Mais peut-être qu'il pourrait y avoir des procédures simplifiées face à la réalité,
- 1:37:58parce que la réalité aussi,
- 1:37:59c'est de se dire,
- 1:38:00dans le fond,
- 1:38:01ça fait un moment que ça dure,
- 1:38:02il n'y a pas eu de drame.
- 1:38:04Il n'y a pas eu de drame,
- 1:38:05on n'a tué personne.
- 1:38:08Est-ce que c'est légitime de continuer à obliger les gens de traverser à côté des clous Non,
- 1:38:14essayons de voir si...
- 1:38:15Peut-être que c'est faisable ce genre de truc.
- 1:38:18Si vous avez une association qui s'occupe des matières colorantes d'origine végétale,
- 1:38:24vous avez la cosmète qui peut peut-être avoir un avis sur ces questions-là,
- 1:38:28à moins que ce n'ait été déjà...
- 1:38:30qui n'aient déjà été...
- 1:38:31Non,
- 1:38:32moi je ne les ai pas encore contactés.
- 1:38:33Et je pense qu'il y a quand même...
- 1:38:34La Fébéa pourrait être également un partenaire,
- 1:38:37peut-être la Cosmetic Valley pourrait être un partenaire,
- 1:38:40mais en l'abordant comme ça,
- 1:38:41c'est-à-dire non pas en l'abordant actuellement,
- 1:38:43on l'abordant systématiquement sous l'angle de la supériorité,
- 1:38:48alors que peut-être qu'en l'abordant différemment...
- 1:38:51Oui,
- 1:38:51c'est une bonne idée ça.
- 1:38:52...qui peut être faisable,
- 1:38:54arrêter de nous obliger à ne pas respecter la réglementation,
- 1:38:57d'autant qu'il y a des évidences.
- 1:38:59qui montre que c'est possible.
- 1:39:00Comment fait-on
- 1:39:01Moi, je me suis renseigné,
- 1:39:02justement,
- 1:39:03un petit peu avant notre discussion,
- 1:39:05auprès de deux ou trois copains qui sont spécialistes dans le réglementaire,
- 1:39:07en leur disant,
- 1:39:08est-ce qu'il y a eu des textes officiels,
- 1:39:10justement,
- 1:39:11permettant,
- 1:39:11enfin,
- 1:39:11disant clairement qu'on peut utiliser un produit qui n'est pas autorisé,
- 1:39:15dès lors qu'il a d'autres propriétés que celles pour lesquelles on veut l'utiliser Moi,
- 1:39:18je dis,
- 1:39:18ben non,
- 1:39:18pas vraiment.
- 1:39:20Tu vois,
- 1:39:20je dis,
- 1:39:21donc on est dans un espèce de truc comme ça.
- 1:39:23De snou.
- 1:39:23Alors,
- 1:39:24il ne faut pas oublier que l'administration...
- 1:39:27Vous avez vu les quantités de produits qui débarquent sur le marché chaque année.
- 1:39:30C'est colossal.
- 1:39:31Parce que les gens n'ont pas le temps de contrôler,
- 1:39:34qui ne sont pas contrôlés.
- 1:39:36C'est comme si on mettait la limitation de vitesse et qu'on enlève tous les radars.
- 1:39:43Est-ce que tout le monde respecterait les modes Je n'en sais rien.
- 1:39:45Mais il y a peut-être des procédures qui permettraient d'aborder les choses un peu différemment et qui permettraient de faire lever ce...
- 1:39:53Et qui font qu'à un moment ou un autre,
- 1:39:56on pourrait peut-être combiner les deux.
- 1:39:58Le problème,
- 1:39:59c'est qu'il y en a qui font ça.
- 1:40:00Ils vous disent tout végétal.
- 1:40:02Vous allez regarder la liste des ingrédients.
- 1:40:04Vous trouvez par hasard des trucs synthétiques là-dedans.
- 1:40:07Ah,
- 1:40:07c'est bizarre.
- 1:40:11C'est beaucoup le sujet du moment dans les épisodes de podcast,
- 1:40:15que ce soit pour le make-up,
- 1:40:16je vois bien de qui vous parlez,
- 1:40:17que ce soit le textile.
- 1:40:20c'est les solutions hybrides,
- 1:40:22c'est-à-dire du synthétique et du végétal.
- 1:40:26Et en gros,
- 1:40:27l'idée,
- 1:40:27c'est de commencer comme ça pour progresser sur le végétal.
- 1:40:31Oui,
- 1:40:31mais sur la progression,
- 1:40:33c'est comme les coiffeurs.
- 1:40:34Vous connaissez cette histoire.
- 1:40:35Les coiffeurs,
- 1:40:37vous mettez sur la vitrine Demain,
- 1:40:38on rase gratis
- 1:40:39Il suffit que vous n'enleviez pas la fiche,
- 1:40:41c'est toujours demain.
- 1:40:44Oui.
- 1:40:47Ça,
- 1:40:47c'est une super bonne idée,
- 1:40:48l'histoire de la procédure simplifiée en prenant cet axe-là.
- 1:40:52Mais du coup,
- 1:40:53ça voudrait dire qu'il va falloir recenser tous les gens qui ont utilisé dans leur cosmétique,
- 1:40:59au sens large,
- 1:41:01la couleur des tournées.
- 1:41:03Il faudrait dresser une liste pour montrer.
- 1:41:05Parce que si j'arrive avec deux pauvres exemples,
- 1:41:07clairement,
- 1:41:08on ne va pas être entendu.
- 1:41:10Sauf que vous avez peut-être des moyens de faire ces inventaires-là assez rapidement.
- 1:41:15Vous avez deux grosses bases de données qui sont consultables.
- 1:41:18Il y en a une,
- 1:41:18c'est Mintel.
- 1:41:21Mintel,
- 1:41:22c'est une organisation anglaise qui fait du monitoring concurrentiel.
- 1:41:26Ils achètent tous les jours que Dieu fait des produits sur le marché.
- 1:41:29Ils les rendent dans leur base de données avec toute une série d'informations,
- 1:41:33dont en particulier la liste des invalides.
- 1:41:38Alors Mintel,
- 1:41:38c'est des Anglais,
- 1:41:39ils ne sont pas très faciles à manipuler,
- 1:41:42c'est le moins qu'on puisse dire,
- 1:41:44et c'est très cher.
- 1:41:45Donc peut-être que ça sera compliqué pour vous.
- 1:41:48Et puis vous en avez une autre qui s'appelle Cosmetic Watch.
- 1:41:51Cosmetic Watch,
- 1:41:52le cosmétique est avec un K.
- 1:41:55Watch comme montre.
- 1:41:57Alors qui est une organisation française,
- 1:42:00d'un petit groupe de gens malins qui travaillent dans la Drôme,
- 1:42:06et qui essayent de faire ça alors qu'il y a une couverture,
- 1:42:08alors qu'ils couvrent spécifiquement le marché français,
- 1:42:10donc elle n'a pas une couverture internationale comme une telle.
- 1:42:15et qui ne couvre pas la totalité,
- 1:42:18mais qui doit couvrir 75 ou 80%
- 1:42:20du marché.
- 1:42:22C'est pas mal.
- 1:42:22Il est français,
- 1:42:23malin et peut-être plus accessible.
- 1:42:26Carrément,
- 1:42:27c'est une super bonne idée.
- 1:42:29Donc le patron de cette affaire s'appelle Yann Guilbeault.
- 1:42:33Sa femme a travaillé longtemps dans la cosmétique.
- 1:42:37Peut-être qu'ils peuvent vous aider dans ce domaine-là.
- 1:42:39Je ne sais pas vraiment.
- 1:42:42En tout cas,
- 1:42:42eux,
- 1:42:42ils font ça.
- 1:42:43Ils publient régulièrement la composition des produits.
- 1:42:47Donc,
- 1:42:47avec un inventaire à peu près conséquent de traverser à travers les clous et de prendre cet angle-là.
- 1:42:57Après,
- 1:42:57il faut se céder aussi des acteurs en France parce que je suppose que...
- 1:43:03nos gros acteurs,
- 1:43:03la français,
- 1:43:04ont déjà dû parler à ces organismes certificateurs,
- 1:43:09etc.,
- 1:43:10des colorants végétaux.
- 1:43:11On en a pour preuve,
- 1:43:12on a eu Greening qui a raconté les démarches par rapport à
- 1:43:17Reach, etc.
- 1:43:17Donc,
- 1:43:18je suppose que ça a déjà été fait,
- 1:43:19mais le consolider avec cette liste et cette approche,
- 1:43:23ça pourrait être une très bonne idée.
- 1:43:24Peut-être.
- 1:43:25En tout cas,
- 1:43:26ça permettrait de voir un petit peu quel est le taux de pénétration de la chose.
- 1:43:30C'est ça,
- 1:43:30oui.
- 1:43:30Si c'est
- 1:43:311 ben…
- 1:43:33Si c'est 20%,
- 1:43:36c'est déjà plus la même chose.
- 1:43:39Franchement,
- 1:43:40super idée.
- 1:43:41Je reprends mon fil.
- 1:43:42Je ne sais pas si vous avez une contrainte de taille.
- 1:43:44Non,
- 1:43:44aujourd'hui,
- 1:43:45non.
- 1:43:46Moi non plus,
- 1:43:46j'ai pris large.
- 1:43:48Déjà,
- 1:43:48c'était tellement passionnant notre premier échange.
- 1:43:51Je comprends mieux,
- 1:43:52je comprends bien.
- 1:43:55Je pense qu'en plus de ce listing des acteurs qui détournent,
- 1:44:00je pense qu'il faudrait aussi faire un genre de...
- 1:44:03de l'état de l'art,
- 1:44:04mais plutôt,
- 1:44:04non,
- 1:44:05de rassembler toutes les études scientifiques qui ont été sorties sur les colorants végétaux,
- 1:44:10parce qu'il y en a,
- 1:44:11et en fait,
- 1:44:12il faudrait les agréger,
- 1:44:14consolider tout ça,
- 1:44:14parce que on n'aura clairement pas les moyens de faire autant d'investissements dans la recherche scientifique que le synthétique,
- 1:44:23et mon objectif,
- 1:44:24ce n'est pas de dire plus de synthétique que du végétal,
- 1:44:26parce que je sais que ce n'est pas viable,
- 1:44:27mais c'est comment essayer de trouver une place quand même pour le végétal.
- 1:44:30L'utilisation artificielle peut vous aider.
- 1:44:34Parce qu'avant,
- 1:44:35on compilait toutes les études,
- 1:44:37bonjour,
- 1:44:37mais peut-être qu'avec le moyen moderne…
- 1:44:39Avec une petite automatisation de veille,
- 1:44:41il y a ça en plus.
- 1:44:44Oui,
- 1:44:46vous avez peut-être des structures universitaires qui sont intéressées par la chose.
- 1:44:51il doit en connaître des gens comme ça Patrick Branach
- 1:44:56Patrick Benac Ouais je vais lui demander il doit en connaître des gens comme ça et sinon je sais pas il y a toujours parce qu'il y avait un centre à Rochefort oui le critorticole et couleur de couleur de plante Anne de Lassaillette qu'on a reçu sur le podcast ouais
- 1:45:17Ils existent toujours,
- 1:45:18ces gens-là Alors,
- 1:45:19ils existent toujours.
- 1:45:20Je sais même que dans leurs produits,
- 1:45:21et on en parlait tout à l'heure,
- 1:45:23ils ne proposent pas que soit des colorants,
- 1:45:24soit des pigments.
- 1:45:25Ils proposent aussi des huiles pigmentaires.
- 1:45:27Donc,
- 1:45:27à mon avis,
- 1:45:27c'est à destination aussi de la cosmétique.
- 1:45:31Je sais qu'il y a...
- 1:45:32Enfin,
- 1:45:32donc,
- 1:45:32eux existent toujours.
- 1:45:34Peut-être qu'ils peuvent être intéressés,
- 1:45:36ces gens-là.
- 1:45:37En plus,
- 1:45:37peut-être qu'ils ont des ouvertures avec des structures universitaires qui,
- 1:45:40elles,
- 1:45:41ont...
- 1:45:42Parce que le problème,
- 1:45:43c'est que les universitaires,
- 1:45:44ils n'avancent pas.
- 1:45:46Mais ils sont indépendants des considérations.
- 1:45:50C'est un sujet de naturalité,
- 1:45:52c'est un sujet de naturalité,
- 1:45:53incontestablement.
- 1:45:55Oui,
- 1:45:55ok.
- 1:45:56Ça,
- 1:45:56c'est un deuxième biais à aller regarder.
- 1:45:58Donc,
- 1:45:59top.
- 1:45:59Donc,
- 1:45:59ça,
- 1:45:59on l'a vu.
- 1:46:00Donc,
- 1:46:00moi,
- 1:46:01je voulais rappeler,
- 1:46:02ce n'est pas la couleur végétale à tout prix.
- 1:46:05Il faut bien voir les propriétés et l'intérêt aussi du synthétique.
- 1:46:09On a parlé de tout ça.
- 1:46:10Je regarde en même temps.
- 1:46:13Alors,
- 1:46:13Vous m'aviez parlé de quelque chose,
- 1:46:15j'aimerais bien qu'on revienne dessus.
- 1:46:17Alors,
- 1:46:18les colorants d'origine naturelle modifiés pour leurs problèmes de dispersion,
- 1:46:21de stabilité,
- 1:46:22on avait parlé de la laque alimentaire.
- 1:46:24Oui.
- 1:46:25Et vous m'avez parlé des tonnerres,
- 1:46:28des ténères,
- 1:46:30des ténères colorants précipités.
- 1:46:32Oui,
- 1:46:33dans les pigments synthétiques,
- 1:46:34vous avez deux familles.
- 1:46:36Oui.
- 1:46:36Vous avez une famille qui sont les laques,
- 1:46:39qui consiste en fait à…
- 1:46:42insolubiliser une laque à un colorant,
- 1:46:45et puis il y a une autre technologie qui consiste à précipiter les dix colorants pour faire ce qu'on appelle des tonneurs,
- 1:46:53les américains appellent ça des tonneurs,
- 1:46:54c'est-à-dire des pigments précipités qui sont beaucoup plus performants,
- 1:46:58enfin qui sont beaucoup plus puissants,
- 1:46:59beaucoup plus stables,
- 1:47:00beaucoup plus utilisables dans certains usages que les laques.
- 1:47:05D'accord.
- 1:47:07Ok,
- 1:47:08je crois que c'est la même chose.
- 1:47:09Ça va contenir 20%
- 1:47:10de matière colorante.
- 1:47:13Tonnerre,
- 1:47:1350,
- 1:47:1360,
- 1:47:1480%
- 1:47:15de matière colorante.
- 1:47:17À dose égale.
- 1:47:18Oui,
- 1:47:18d'accord.
- 1:47:19Donc ça va vous permettre,
- 1:47:20alors c'est des exemples,
- 1:47:22vous avez le D-Ceret 6,
- 1:47:23D-Ceret 7,
- 1:47:25les fameuses appellations américaines qu'on va trouver un peu partout.
- 1:47:29Tous les pigments classiques et barétiques,
- 1:47:31parce que c'est généralement fait comme ça,
- 1:47:34ça va donner des matières qui sont...
- 1:47:37plus concentré,
- 1:47:38donc plus facile à utiliser,
- 1:47:40plus facile à mettre en œuvre,
- 1:47:41etc.
- 1:47:42que les lacs,
- 1:47:44d'autant que les lacs sont presque toujours,
- 1:47:46y compris les lacs alimentaires,
- 1:47:48sont presque toujours sur un support d'hydrate d'alumine,
- 1:47:53c'est-à-dire d'hydroxyde d'aluminium,
- 1:47:56lequel a une propriété d'absorption d'huile qui est assez forte.
- 1:48:00Dès qu'on va mettre ça dans des milieux huileux,
- 1:48:02ça va absorber de l'huile,
- 1:48:03ça va poser des problèmes de formulation.
- 1:48:06Ok,
- 1:48:06donc c'était cette notion-là que je m'étais notée.
- 1:48:08Cette notion-là,
- 1:48:08oui.
- 1:48:08Ensuite,
- 1:48:09on a votre...
- 1:48:09Moi,
- 1:48:12j'utilise,
- 1:48:13si vous voulez,
- 1:48:15généralement,
- 1:48:16le terme de matière colorante qui décrit à la fois les colorants solubles et les colorants insolubles,
- 1:48:24et l'intérieur des colorants insolubles,
- 1:48:26qui distingue les lacs et les teneurs.
- 1:48:28D'accord,
- 1:48:28ok,
- 1:48:28ça c'est hyper clair.
- 1:48:31Je crois qu'en français,
- 1:48:32on utilise plutôt le terme de pigment précipité.
- 1:48:36Je vais regarder.
- 1:48:36Est-ce que c'est vrai que j'ai cherché Je n'ai pas trouvé.
- 1:48:40OK.
- 1:48:40Donc ça,
- 1:48:40c'était une clarification par rapport à notre premier échange.
- 1:48:42J'avais une autre notion que vous aviez abordée dans notre premier échange,
- 1:48:48l'USP.
- 1:48:49Vous m'avez dit,
- 1:48:49les Américains réfléchissent en USP,
- 1:48:52Unique Sales Proposition,
- 1:48:54comme ça.
- 1:48:56Oui.
- 1:48:56Et j'aurais voulu faire l'exercice,
- 1:48:58comme on l'a dit,
- 1:48:59sur le rouge à lèvres.
- 1:49:00Oui.
- 1:49:01Donc,
- 1:49:01est-ce que vous pouvez expliquer ce que c'est que cette notion et comment ça nous aiderait,
- 1:49:04nous,
- 1:49:04à réfléchir
- 1:49:05C'est une notion qui renvoie à l'idée que quand vous voulez vendre un produit,
- 1:49:09vous avez une propriété à mettre en avant plus que d'autres.
- 1:49:13Si vous avez un espèce de patchwork,
- 1:49:15c'est un truc qui fait tout,
- 1:49:16les gens ne savent pas à quoi ça sert.
- 1:49:18Donc un USP,
- 1:49:20Unique Sale Proposition,
- 1:49:21c'est à quoi ça sert.
- 1:49:23C'est la fameuse question,
- 1:49:25qu'est-ce que c'est,
- 1:49:26ça fait quoi
- 1:49:28Et on a longtemps considéré que d'avoir une seule proposition,
- 1:49:33c'était mieux que d'en avoir plusieurs.
- 1:49:36dans le cas du rouge à lèvres si vous mettez des matières colorantes végétales là-dedans c'est quoi la USP c'est forcément la couleur vous n'allez pas dire autre chose que la couleur sauf que vous êtes capable de faire la couleur qu'on a avec
- 1:49:51le végétal en synthétique
- 1:49:53Oui d'abord,
- 1:49:53mais c'est surtout que vous n'allez pas dire c'est hydratant ou anti-radicalaire.
- 1:49:58C'est la première proposition de votre rouge à lèvres.
- 1:50:00La consommatrice qui achète un rouge à lèvres,
- 1:50:02elle ne va pas l'acheter parce qu'il est anti-radicalaire.
- 1:50:04Elle va l'acheter parce qu'il fait de la couleur.
- 1:50:05Si accessoirement il fait autre chose,
- 1:50:06tant mieux.
- 1:50:09C'est cette idée-là qui est...
- 1:50:10Et donc si vous dites sur les matières colorantes,
- 1:50:13la USP c'est la couleur,
- 1:50:15ça renvoie à l'idée qu'on a évoquée tout à l'heure,
- 1:50:17à savoir que le législateur a dit que les matières colorantes doivent être listées.
- 1:50:21Si votre matière colorante n'est pas listée,
- 1:50:23vous n'êtes pas dans la règle.
- 1:50:26C'est tout.
- 1:50:29Je sais qu'il y a des points de vue qui sont très différents.
- 1:50:31J'ai rencontré,
- 1:50:32encore il n'y a pas très longtemps,
- 1:50:35des jeunes motivés,
- 1:50:37vendeurs de matières colorantes,
- 1:50:39etc.
- 1:50:39Ils me disaient mais non,
- 1:50:40vous n'avez rien compris,
- 1:50:42c'est anti-radicalaire,
- 1:50:43hydratant,
- 1:50:44anti-ride.
- 1:50:45En cherchant bien,
- 1:50:45vous allez trouver toutes les propriétés que vous voulez,
- 1:50:47d'autant qu'en plus de ça.
- 1:50:50dans les processus de démonstration des propriétés,
- 1:50:52il n'y aurait rien à boire et rien à manger.
- 1:50:55Pourquoi est-ce que tout le monde fait de l'antiradicalaire,
- 1:50:57à votre avis
- 1:50:58Parce qu'il y en a partout.
- 1:51:00Si c'est pour les plantes,
- 1:51:01il y en a partout.
- 1:51:02Mais non,
- 1:51:02pourquoi,
- 1:51:03je ne sais pas.
- 1:51:03C'est simplement parce que c'est un des tests les plus simples à mettre en œuvre.
- 1:51:06Ah,
- 1:51:07d'accord.
- 1:51:08Il y a ça aussi.
- 1:51:11Si vous êtes obligé de rentrer dans une étude...
- 1:51:14qui va durer deux ans de mutagénicité en utilisant des souris que vous ne pouvez pas utiliser.
- 1:51:19Oui,
- 1:51:21d'accord.
- 1:51:22Donc,
- 1:51:22il y a des tests simples.
- 1:51:26Moi,
- 1:51:27je suis bêtement…
- 1:51:28Si c'est une matière colorante,
- 1:51:30le USP,
- 1:51:30c'est la couleur.
- 1:51:32La couleur,
- 1:51:32pour le moment,
- 1:51:34elle est contingentée.
- 1:51:36Donc,
- 1:51:36je pense qu'il serait plus utile…
- 1:51:40de changer la réglementation que de contourner l'obstacle.
- 1:51:46Ok.
- 1:51:46Mon passage chez les Italiens m'a fait comprendre que contourner l'obstacle est toujours une solution plus simple et plus rapide.
- 1:51:55Alors,
- 1:51:56comme la cosmé...
- 1:51:57J'ai toujours du mal à le dire.
- 1:51:58Cosmétek.
- 1:52:01Cosmétotek.
- 1:52:02On ne va jamais y arriver.
- 1:52:03Cosmétotek.
- 1:52:06C'est se servir de ce qui s'est fait dans le passé pour...
- 1:52:09avancer et être conscient dans le présent.
- 1:52:11J'ai un peu ce sentiment-là.
- 1:52:13Est-ce que vous avez des précédents historiques sur l'utilisation de la couleur végétale dans des cosmétiques,
- 1:52:19dans tout ce que vous avez vu passer Je sais que vous traitez aussi le packaging.
- 1:52:22J'avais vu un super article sur le packaging.
- 1:52:24J'ai quelqu'un qui m'a aidé,
- 1:52:25mais qui a disparu de circulation.
- 1:52:29On n'est plus tellement dans la région sur le packaging.
- 1:52:32Alors,
- 1:52:32est-ce que vous avez vu des exemples Vous me parliez,
- 1:52:35je crois,
- 1:52:35d'un rouge à lèvres japonais.
- 1:52:37Oui,
- 1:52:37alors vous avez les exemples que vous avez évoqués tout à l'heure,
- 1:52:40c'est-à-dire que vous avez toutes ces applications capillaires,
- 1:52:42pour le coup,
- 1:52:43qui sont très anciennes,
- 1:52:45qui ne sont pas illimitées,
- 1:52:47mais qui sont assez anciennes,
- 1:52:48parce que c'est une des techniques de coloration du cheveu,
- 1:52:51depuis toujours.
- 1:52:53C'est ce qu'on appelle la coloration fugace,
- 1:52:56c'est-à-dire qui se fait avec des colorants solubles,
- 1:52:58alors ça suit des logiques à peu près comparables à ce qui se passait avec la laine,
- 1:53:03les tissus,
- 1:53:04des choses comme ça,
- 1:53:04etc.
- 1:53:05Alors là-dedans,
- 1:53:06il y en a quelques-uns qui ont joué un rôle beaucoup plus important que d'autres,
- 1:53:10à commencer par le henné,
- 1:53:12qui est pour le coup un produit qui existe depuis fort longtemps.
- 1:53:19Mais vous avez des produits comme la chicorée,
- 1:53:20vous avez des produits…
- 1:53:22Oui,
- 1:53:22la chicorée,
- 1:53:23c'est un produit qui peut être utilisé,
- 1:53:25en particulier,
- 1:53:25ça a été utilisé par certaines marques pour faire des produits qui miment le monsage.
- 1:53:31Moi,
- 1:53:31j'ai une anecdote sur la guerre.
- 1:53:34Moi,
- 1:53:34je suis à côté de la Chicorée et mon nom de famille,
- 1:53:36c'est Leroux.
- 1:53:37Donc,
- 1:53:37voilà.
- 1:53:39Donc,
- 1:53:39j'ai dû m'intéresser à tout ça.
- 1:53:40Je suis juste à côté d'Orchy,
- 1:53:42donc la Chicorée-Leroux.
- 1:53:43Ça sent.
- 1:53:44Ça sent.
- 1:53:45Ça sent très bon.
- 1:53:45Et j'en bois.
- 1:53:46Je me suis mise à consommer local parce que le café,
- 1:53:48c'est bien,
- 1:53:49mais il faut se calmer.
- 1:53:51Mais moi,
- 1:53:51j'ai une anecdote historique sur la Chicorée.
- 1:53:53Ils s'en servaient.
- 1:53:54Les femmes trempaient leurs pieds dans la Chicorée pour faire un effet comme si elles avaient encore les moyens de se payer des bars,
- 1:54:00alors que non.
- 1:54:01Et alors là,
- 1:54:02quand vous m'avez dit la chicorée,
- 1:54:03je me suis dit,
- 1:54:03bah oui,
- 1:54:04en fait,
- 1:54:04si ça avait ce pouvoir de colorer,
- 1:54:05il y a pas mal de choses derrière.
- 1:54:08Je suis en train de me dire,
- 1:54:10génial.
- 1:54:10Alors vous avez une marque,
- 1:54:11c'est une marque assez récente,
- 1:54:12assez active,
- 1:54:17qui doit être Nuxe.
- 1:54:19Oui.
- 1:54:20Qui avait fait un produit de coloration des jambes,
- 1:54:22comme ça,
- 1:54:23il me semble,
- 1:54:24il y a 5-6 ans.
- 1:54:26Vous avez le roue de noix qui est dans ces usages-là depuis très longtemps.
- 1:54:31Mais vous avez un autre exemple,
- 1:54:33si vous voulez,
- 1:54:33qui est peut-être encore plus fameux,
- 1:54:35mais qui n'est plus vraiment d'actualité,
- 1:54:37mais c'est le raisin.
- 1:54:38Oui.
- 1:54:39Dans les laboratoires,
- 1:54:40généralement,
- 1:54:41quand on fait des rouges à lèvres,
- 1:54:42le produit est qualifié de raisin.
- 1:54:44On fait des raisins,
- 1:54:45on coule des raisins,
- 1:54:46on fabrique des raisins,
- 1:54:47des trucs,
- 1:54:47etc.
- 1:54:47Tout simplement parce que le raisin a été pendant très longtemps un produit de maquillage de lèvres.
- 1:54:54Alors,
- 1:54:54il y en a des produits comme ça,
- 1:54:56l'Orcanet,
- 1:54:58qui est la garance.
- 1:55:01Tous ces trucs,
- 1:55:02il y a eu des usages comme ça.
- 1:55:06Le rouge à lèvres dont je vous parlais l'autre fois,
- 1:55:07c'est un produit qui a été fait par une marque japonaise qui s'appelle Kanibo,
- 1:55:12qui avait fait une gamme de rouge à lèvres à base de chiconine.
- 1:55:17Alors,
- 1:55:17chiconine,
- 1:55:17ça doit s'écrire C-H-I-K-O-N-I-N.
- 1:55:23et qui se fait,
- 1:55:24pour autant je me rappelle,
- 1:55:25c'est une racine.
- 1:55:29Le problème,
- 1:55:29c'est qu'il n'avait pas mis pour ça du tout,
- 1:55:31en fait.
- 1:55:32Il avait mis pour des vertus qui sont des vertus soins,
- 1:55:35justement.
- 1:55:37Pour autant,
- 1:55:37je me rappelle,
- 1:55:38la chiconine était plus ou moins des trucs qui étaient reconnus avoir des propriétés anti-inflammatoires,
- 1:55:44ou contre les vergitures,
- 1:55:45ou je ne sais pas trop quoi,
- 1:55:45etc.
- 1:55:47Donc,
- 1:55:47normalement,
- 1:55:48il y avait toute une idée que les deux bouts du tuyau étaient les mêmes.
- 1:55:52Et donc ce qui pouvait servir aux vergétures pourrait servir aux lèvres.
- 1:55:55Ils avaient mis une gamme de rouge à lèvres à base de chiconine.
- 1:55:59Donc il y a des exemples d'utilisation.
- 1:56:02La gaillazulène aussi a été pas mal utilisée.
- 1:56:06La gaillazulène,
- 1:56:07c'est un des constituants de base de l'huile essentielle de camomille,
- 1:56:16qui fait bleu.
- 1:56:20Donc,
- 1:56:21il y a effectivement pas mal de...
- 1:56:25Par contre,
- 1:56:26on trouve peu de familles entières de produits qui ont été faits sur des choses comme ça,
- 1:56:29sur des marques entières.
- 1:56:32Qui n'utilisent que de la couleur végétale.
- 1:56:33Non.
- 1:56:36Par exemple,
- 1:56:38au
- 1:56:38XVIIIe siècle,
- 1:56:40il a rapporté,
- 1:56:41c'est Catherine Lannoy qui rapporte ça dans son livre,
- 1:56:44qui s'appelle
- 1:56:45La poudre et le phare
- 1:56:48Il montre bien que justement la création de la Société royale de médecine va réglementer une partie de l'utilisation de certaines substances,
- 1:57:02et en particulier sur le phare rouge,
- 1:57:03parce qu'à cette époque-là,
- 1:57:05il y a deux couleurs qui sont absolument incontournables,
- 1:57:10qui sont le blanc et le rouge,
- 1:57:12la peau blanche et les joues rouges,
- 1:57:15ou les lèvres d'ailleurs au demeurant.
- 1:57:17Et il y a tout un débat,
- 1:57:19elle rapporte tout un débat sur les phares minéraux.
- 1:57:22Parce que ces phares utilisaient souvent des matières colorantes issues du mercure,
- 1:57:29issues du plomb,
- 1:57:31de métaux lourds,
- 1:57:32de cette nature-là.
- 1:57:32Et elle dit,
- 1:57:33à partir du moment où les gens sont obligés de déclarer leur formule,
- 1:57:37on va assister à un retour au naturel.
- 1:57:40Et donc,
- 1:57:42dans le phare minéral,
- 1:57:44on va utiliser du coquelicot,
- 1:57:46on va utiliser...
- 1:57:48de leurs canettes,
- 1:57:49des bois de couleur,
- 1:57:50des choses comme ça,
- 1:57:50etc.
- 1:57:51Donc il y a pas mal de traces,
- 1:57:53il y a pas mal de choses qui traitent de toutes ces questions-là.
- 1:57:57Bon,
- 1:57:58top.
- 1:57:59Mais ça va disparaître,
- 1:58:00en gros,
- 1:58:01quand même,
- 1:58:01si vous voulez,
- 1:58:03il y a le retournement majeur de la fin du XIXe siècle avec l'apparition de la chimie tectoriale,
- 1:58:11qui va faire un peu table rase dans les usages industriels.
- 1:58:16dans les usages industriels,
- 1:58:18et il n'est pas rare qu'on s'aperçoive que des industries comme la cosmétique vont utiliser des produits d'origine synthétique en sélectionnant à l'intérieur des lots des produits qui ont des critères qui correspondent bien à leurs usages.
- 1:58:37Bon,
- 1:58:37donc ça,
- 1:58:38c'est à lister.
- 1:58:39Il faut faire un vrai boulot de synthèse de tout ça.
- 1:58:42Donc d'ailleurs,
- 1:58:43si les gens nous écoutent,
- 1:58:44qui ont des marques,
- 1:58:45qui utilisent,
- 1:58:46ne serait-ce que...
- 1:58:48Je ne sais pas si elles oseront se dénoncer.
- 1:58:51Non,
- 1:58:51je rigole.
- 1:58:52Mais se manifester,
- 1:58:53ce serait intéressant.
- 1:58:53Ou si vous avez des idées de produits historiquement utilisés avec la couleur végétale,
- 1:58:58on prend.
- 1:59:00Moi,
- 1:59:00il y avait une anecdote que vous aviez racontée,
- 1:59:03alors que sûrement beaucoup de gens de la cosmétique connaissent,
- 1:59:05mais...
- 1:59:06Quand vous m'avez dit que les savons,
- 1:59:08c'est uniquement la valorisation de graisse animale dont on ne savait pas quoi faire.
- 1:59:13Et vous m'aviez dit qu'en gros,
- 1:59:15il y avait eu beaucoup de produits en cosmétique qui étaient des détournements de recherche d'autres domaines.
- 1:59:22Oui,
- 1:59:22oui.
- 1:59:23Et donc,
- 1:59:24ma question là-dessus,
- 1:59:25c'est quand vous parlez d'upcycling,
- 1:59:27etc.,
- 1:59:27je vous avais même dit dans mon précédent échange,
- 1:59:31moi,
- 1:59:31je vois même les ressources qui sont inutilisées aujourd'hui.
- 1:59:34Je vous avais parlé.
- 1:59:35en ayant peur que vous vous moquiez de moi,
- 1:59:37des bords d'autoroutes.
- 1:59:38Entre guillemets,
- 1:59:39il y a plein de plantes sur les bords d'autoroutes.
- 1:59:42Il y a plein de plantes invasives qui gênent la canne de Provence,
- 1:59:46etc.
- 1:59:47Et ma question,
- 1:59:47c'était,
- 1:59:48est-ce que toute cette recherche d'upcycling,
- 1:59:51de choses biosourcées,
- 1:59:52etc.,
- 1:59:54va aider notre quête de couleurs végétales
- 1:59:59Peut-être.
- 2:00:00Parce que toutes les plantes dont vous parlez ne sont pas nécessairement des plantes territoriales.
- 2:00:05Pas nécessairement.
- 2:00:06Il y en a.
- 2:00:07Pas nécessairement.
- 2:00:07Pas nécessairement.
- 2:00:08Exactement.
- 2:00:09Donc,
- 2:00:10c'est possible.
- 2:00:11Mais pourquoi pas
- 2:00:14En fait,
- 2:00:15il faudrait qu'au-delà de l'apport dans l'usage du produit,
- 2:00:20déjà qu'il coche toutes ces cases pour le produit,
- 2:00:23il faudrait qu'en plus,
- 2:00:23il y ait cette notion de recréer des filières,
- 2:00:26recréer de l'emploi,
- 2:00:27recréer des choses comme ça,
- 2:00:28qui ferait que ça aiderait davantage la démarche.
- 2:00:31J'ai un peu l'impression.
- 2:00:31Oui,
- 2:00:32oui.
- 2:00:33Mais bon.
- 2:00:34Moi,
- 2:00:35si vous voulez,
- 2:00:36j'ai participé un peu comme ça à des créations de filiers.
- 2:00:39C'est très compliqué,
- 2:00:41ça dépasse.
- 2:00:42Le problème,
- 2:00:42c'est que je pense que l'industrie cosmétique est une industrie assez satellite par rapport à tout ça et que ça va être difficile à elle toute seule de faire bouger les lignes.
- 2:00:52Il faut vraiment trouver,
- 2:00:53à un moment ou à un autre,
- 2:00:56des choses qui fassent vraiment les fameuses histoires dont je vous parlais tout à l'heure,
- 2:01:00si vous voulez,
- 2:01:01qu'on appelle la théorie des utilisateurs leaders.
- 2:01:06Sur toutes les familles de produits,
- 2:01:08vous avez des groupes d'utilisateurs leaders.
- 2:01:11La question,
- 2:01:12c'est est-ce que les utilisateurs satellites ont assez de force pour pouvoir faire bouger les utilisateurs leaders
- 2:01:19Ce n'est pas sûr.
- 2:01:20Il y a plein de domaines dans lesquels on ne s'est jamais bien réussi.
- 2:01:25C'est compliqué.
- 2:01:28Oui.
- 2:01:29Bon.
- 2:01:29Vous comprenez que l'industrie cosmétique,
- 2:01:31c'est une grosse activité en termes de ressources.
- 2:01:34C'est une petite activité sur le plan économique.
- 2:01:38Alors ça,
- 2:01:38franchement,
- 2:01:39quand vous m'aviez dit ça la fois dernière,
- 2:01:40déjà,
- 2:01:40j'ai été choquée.
- 2:01:41Et là,
- 2:01:41je le suis encore parce que je me dis,
- 2:01:43c'est quand même,
- 2:01:44je crois que c'est la deuxième industrie exportatrice de France ou je ne sais pas quoi.
- 2:01:47Oui,
- 2:01:47mais il y a la plus moyenne dedans.
- 2:01:49Ah,
- 2:01:49d'accord.
- 2:01:50Donc,
- 2:01:51il faut bien faire le tri.
- 2:01:53D'accord.
- 2:01:54Ce n'est pas la deuxième,
- 2:01:55c'est la troisième.
- 2:01:55Donc,
- 2:01:55effectivement,
- 2:01:56des activités,
- 2:01:57des industries sont bien placées.
- 2:01:58Mais à l'intérieur de ça,
- 2:01:59tout le monde ne contribue pas de la même façon.
- 2:02:03Et puis avec l'autre,
- 2:02:04tu es en train de mettre 25 à 30%.
- 2:02:06Oui.
- 2:02:07Ça ne va pas arranger les choses.
- 2:02:08Ça ne va pas arranger les choses.
- 2:02:10Et d'ailleurs,
- 2:02:11pour clarifier,
- 2:02:12la parfumerie est dans la cosmétique.
- 2:02:15C'est plutôt la cosmétique qui est dans la parfumerie.
- 2:02:16Enfin,
- 2:02:17c'est assez souvent mélangé.
- 2:02:19D'accord,
- 2:02:19les deux sont…
- 2:02:20Ok.
- 2:02:21Bon,
- 2:02:21donc…
- 2:02:22Dans ces fameuses statistiques,
- 2:02:24on ne sait plus très bien d'ailleurs si c'est ça ou si ce n'est pas le luxe.
- 2:02:28Oui,
- 2:02:28oui.
- 2:02:28Alors,
- 2:02:29tout est dans le luxe.
- 2:02:30Moi,
- 2:02:30je n'ai pas travaillé dans du même temps luxe.
- 2:02:33Il y a eu une époque où le luxe,
- 2:02:34c'était que le parfum et la cosmétique.
- 2:02:36Et puis maintenant,
- 2:02:37c'est principalement la couture et la joaillerie.
- 2:02:41Ah oui Oui,
- 2:02:41c'est vrai.
- 2:02:43Donc,
- 2:02:44je pense qu'il faut faire attention parce que c'est des mégadonnées qui sont quelquefois un petit peu difficiles à utiliser.
- 2:02:53Jean-Claude,
- 2:02:54on arrive à la fin de cette super...
- 2:02:56Je vous remercie,
- 2:02:57j'ai appris plein de trucs.
- 2:02:58Est-ce que vous avez...
- 2:03:00Déjà,
- 2:03:00on invite les auditeurs à aller regarder la Cosmetothèque.
- 2:03:03Et puis vous êtes hyper actif sur LinkedIn.
- 2:03:05Moi,
- 2:03:06je vois à chaque fois des posts de vous quasiment tous les jours.
- 2:03:09J'essaie de commenter le monde qui m'entoure.
- 2:03:12Bon,
- 2:03:13donc le compte LinkedIn,
- 2:03:14la cosmétothèque.
- 2:03:16J'ai une question.
- 2:03:17Est-ce que vous avez un livre ou une ressource à aller consulter qui vous a inspiré sur l'histoire des cosmétiques Et qui,
- 2:03:25en gros,
- 2:03:27comment on va dire
- 2:03:29Un peu remettrait l'église au milieu du village,
- 2:03:30comme vous dites,
- 2:03:31de ne pas vouloir toujours réinventer l'eau chaude,
- 2:03:33mais de s'inspirer de ce qui était fait avant,
- 2:03:36quand c'était...
- 2:03:38Non,
- 2:03:38pas vraiment,
- 2:03:39si vous voulez.
- 2:03:41Il y a deux bouquins que je consulte assez régulièrement,
- 2:03:44c'est le Cervelot.
- 2:03:46Les quatre tomes du Cervelot,
- 2:03:49ça c'est des trucs qui ont été écrits dans les années 50.
- 2:03:52Et c'est ces fameuses 18 familles dont vous parliez au début Voilà,
- 2:03:55voilà.
- 2:03:55D'accord.
- 2:03:56Ça s'écrit C-E-R-B-E-L-O-U-D.
- 2:03:59Il y a un autre bouquin que je trouve assez référent,
- 2:04:03qui est cette fois-ci en anglais,
- 2:04:05qui s'appelle Cosmetic Science and Technology.
- 2:04:08Pareil,
- 2:04:091200 pages,
- 2:04:11ça couvre beaucoup de familles.
- 2:04:14Et puis,
- 2:04:15plus près de nous,
- 2:04:18vous avez des ouvrages qui sont assez faciles.
- 2:04:20Il y a l'ouvrage dont je vous ai parlé tout à l'heure de Catherine Lannoy,
- 2:04:25qui s'appelle La poudre et le phare.
- 2:04:30Ça couvre la période qui va de la Renaissance au XVIIIe siècle à peu près,
- 2:04:34mais c'est la naissance de la cosmétique moderne.
- 2:04:37C'est assez intéressant.
- 2:04:38Vous avez un autre bouquin qui est un peu différent,
- 2:04:42mais qui s'appelle Le siècle des parfumeurs,
- 2:04:46qui est pas mal aussi,
- 2:04:47si vous voulez.
- 2:04:48Et puis,
- 2:04:49pour ceux qui peuvent,
- 2:04:51vous avez maintenant toute la série de livres qui ont été publiés par la Cosmetic Valley.
- 2:04:59Ils ont fait maintenant quelques années qu'ils publient.
- 2:05:05Il doit y avoir maintenant...
- 2:05:06une quinzaine d'ouvrages sur leurs différents domaines.
- 2:05:10La formulation,
- 2:05:12la toxicologie,
- 2:05:13enfin,
- 2:05:14il y a tout un tas de trucs.
- 2:05:15Génial.
- 2:05:17Ça en fait des sourdes.
- 2:05:19Oui,
- 2:05:20ça fait un peu de sourds,
- 2:05:21si vous voulez.
- 2:05:21Oui,
- 2:05:22mais bon.
- 2:05:23Mais comme vous dites,
- 2:05:24le problème,
- 2:05:24c'est qu'il n'y en a pas une qui résume tout.
- 2:05:27Il faut y aller,
- 2:05:28Jean-Claude.
- 2:05:28Oui,
- 2:05:30mais je ne pense pas que j'aurai le temps de le faire.
- 2:05:35Vous m'avez lancé les intelligences artificielles tout à l'heure comme solution.
- 2:05:41Pourquoi pas se servir de…
- 2:05:42C'est ce que je fais.
- 2:05:44Ça fait maintenant deux ans,
- 2:05:45un peu plus de deux ans,
- 2:05:46puisque nous sommes au mois d'avril,
- 2:05:48que je cherche des espériments,
- 2:05:50des âmes charitables pour poursuivre l'action.
- 2:05:52On n'en trouve pas.
- 2:05:55Alors,
- 2:05:55j'ai peut-être des adresses pour vous là-dessus.
- 2:05:59On peut.
- 2:05:59On prend toutes les bonnes volontés.
- 2:06:01Si vous voulez…
- 2:06:03L'affaire est à accueillir,
- 2:06:04d'une certaine façon,
- 2:06:05s'il y a des gens qui sont intéressés.
- 2:06:07Moi,
- 2:06:07j'utilise beaucoup,
- 2:06:08si vous voulez,
- 2:06:09cette citation de Marguerite Ursonard,
- 2:06:13qui dit Un regard sur le passé rend toujours compte du présent et permet de préparer l'avenir
- 2:06:20Je ne comprends pas bien que les gens,
- 2:06:23surtout dans nos métiers,
- 2:06:25mais dans nos métiers,
- 2:06:26il y a une espèce de tabou.
- 2:06:30et qui voudraient qu'une espèce de scientisme bizarre,
- 2:06:35où on réinvente le monde tous les jours,
- 2:06:37on fait toujours mieux qu'avant.
- 2:06:40Mais par exemple,
- 2:06:40faire mieux qu'avant,
- 2:06:42l'affaire des matières colorantes,
- 2:06:44à mon avis,
- 2:06:44est tout à fait symbolique de ce genre de choses.
- 2:06:47Avant de dire,
- 2:06:48ou plutôt que de dire que c'est mieux,
- 2:06:50montrez-le,
- 2:06:52c'est tout.
- 2:06:53Et si vous suivez les posts sur LinkedIn,
- 2:06:56là j'ai vu passer un truc récemment,
- 2:06:58quelqu'un qui explique qu'il y avait des sanglots émus dans la voie,
- 2:07:02qu'ils ont fait un truc extraordinaire,
- 2:07:04etc.
- 2:07:04Mais c'est un truc qui existait jusqu'à maintenant.
- 2:07:09Donc dites-nous s'il est mieux.
- 2:07:11Alors si c'est faire de la biotech,
- 2:07:13ça suffit pour que ce soit mieux,
- 2:07:14tant mieux.
- 2:07:15Mais je n'ai pas l'impression que ce soit la notion du progrès tel qu'elle a été vécue par...
- 2:07:22par nos penseurs de l'époque.
- 2:07:25Le progrès,
- 2:07:25ce n'est pas de tourner en rond,
- 2:07:28c'est d'avancer.
- 2:07:32C'est des super mots de clôture.
- 2:07:35Jean-Claude,
- 2:07:35du coup,
- 2:07:36je mets tous les liens de la Cosmetothèque,
- 2:07:39votre lien aussi LinkedIn,
- 2:07:41parce que franchement,
- 2:07:42quand j'ai le temps de cliquer sur les articles,
- 2:07:45franchement,
- 2:07:45j'apprends toujours plein de trucs.
- 2:07:46Donc,
- 2:07:47je mets tous ces liens.
- 2:07:48Je vous remercie.
- 2:07:49Merci.
- 2:07:50Je vous invite à me rejoindre sur ma page
- 2:07:52Instagram ArtEcoVert
- 2:07:54A-R-T-E-C-O-V-E-R-T pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 2:08:00Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 2:08:08C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 2:08:13Merci à tous Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques