Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / Dahlia Milon - L’agriculture tinctoriale et la teinture végétale au Canada
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants.
- 0:30pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde.
- 0:40Alors,
- 0:40c'est parti !
- 0:41Bonne écoute !
- 0:41Je suis ravie d'accueillir sur le podcast ArtEcoVert Dahlia Milon.
- 0:49Bonjour Dahlia !
- 0:50Bonjour !
- 0:51Alors,
- 0:52on part au Canada aujourd'hui.
- 0:54On va ouvrir un peu les chakras des Français et voir un peu ce qui se passe ailleurs.
- 0:59Dalia,
- 0:59ça fait longtemps qu'on m'a parlé de toi dans les épisodes.
- 1:02Je te suis sur les réseaux sociaux.
- 1:04Je t'ai vue à une des conférences de Vanessa.
- 1:07Je ne retiens jamais son nom de famille,
- 1:09mais on en parlera.
- 1:10Et je me suis dit,
- 1:10bon,
- 1:11allez,
- 1:11il n'y a plus d'excuses.
- 1:12Il faut absolument que je contacte Dalia.
- 1:14Donc,
- 1:14je suis ravie de t'avoir.
- 1:16Est-ce que tu pourrais,
- 1:17pour les auditeurs,
- 1:18te présenter et raconter ton parcours qui t'a amenée à la couleur végétale,
- 1:23ta formation,
- 1:24etc.,
- 1:24etc.
- 1:26Oui,
- 1:26bonjour.
- 1:28Mon nom,
- 1:29c'est Dalia Milon.
- 1:30Je viens du Québec,
- 1:32au Canada.
- 1:32Et puis,
- 1:33ma formation,
- 1:34j'ai eu une formation en métier d'art.
- 1:39Ici,
- 1:39au Québec,
- 1:40on a des écoles qui sont au niveau...
- 1:42Notre système scolaire est différent de le vôtre,
- 1:44mais je vais parler dans mon langage de système scolaire.
- 1:47C'est au niveau collégial,
- 1:49donc c'est avant l'université.
- 1:51C'est des techniques de trois ans où c'est là qu'on apprend,
- 1:55entre autres,
- 1:56c'est comme des écoles pratiques.
- 1:57où on apprend par les bénisteries,
- 2:00la joaillerie.
- 2:01Et il y a deux écoles en lien au textile.
- 2:03Elles sont malheureusement séparées,
- 2:06mais il y a une école en impression textile où on va voir la sérigraphie et la teinture.
- 2:11Puis une école qu'on dit ici en construction textile où on apprend les structures des tissus.
- 2:17Donc,
- 2:17c'est le tissage et le tricot.
- 2:19Donc,
- 2:19moi,
- 2:19je viens de l'école de construction textile.
- 2:22Et donc,
- 2:23j'ai fini en 2007 cette école-là.
- 2:26Et puis,
- 2:27je me suis spécialisée en tricot.
- 2:29Puis le tricot,
- 2:30c'est le tricot machine.
- 2:31Donc,
- 2:31on va utiliser même le système informatique.
- 2:34Ça reste des petites...
- 2:35C'est pas des grosses tricoteuses industrielles.
- 2:39Ça reste assez domestique.
- 2:41Donc là,
- 2:43je designais avec l'informatique ou pas,
- 2:46selon mes designs.
- 2:47Puis sinon,
- 2:48je le tricotais.
- 2:49Donc,
- 2:50j'ai eu ma petite entreprise d'accessoires mode en tricot.
- 2:54Puis assez vite,
- 2:54j'ai commencé à enseigner le tricot à l'école de construction textile.
- 2:58J'ai enseigné six ans à Montréal,
- 3:00puis il y a une autre école métier d'art à Québec,
- 3:03puis j'ai enseigné trois ans à l'école de Québec,
- 3:06plus un cours d'œuvres textiles.
- 3:10Donc,
- 3:10dans ma formation,
- 3:11j'avais une partie très artisanale dans laquelle j'avais une collection d'accessoires mode,
- 3:18mais il y avait aussi un volet plus d'œuvres d'expression.
- 3:22Une fois par année,
- 3:23je faisais à peu près une exposition où ces moments-là d'œuvres d'expression me permettaient premièrement d'évoluer au niveau technique parce que j'avais moins de contraintes de rentabilité et de production.
- 3:36Donc,
- 3:37j'étais plus dans ma recherche et développement un peu.
- 3:41Puis après ça,
- 3:42je prenais souvent des textures en tricot que j'avais développées pendant ces œuvres-là,
- 3:46puis je les rendais plus commercialisables pour faire des accessoires mode.
- 3:52Puis j'ai aussi fait beaucoup de travail en tant que technicienne aussi.
- 3:57À l'école,
- 3:58il y avait un gros métier,
- 4:01j'accorde.
- 4:02Donc,
- 4:02j'ai tissé beaucoup d'œuvres d'artistes à travers le monde en tissage j'accorde.
- 4:08Fait que j'étais vraiment celle qui tissait.
- 4:11Fait que tous ces emplois-là m'ont donné comme un peu une méthodologie de travail,
- 4:17dans le fond,
- 4:18pour comment approfondir une technique.
- 4:20Et puis...
- 4:24Est-ce que tu as une question ou je continue ?
- 4:25Je m'excuse.
- 4:26Alors,
- 4:27attends,
- 4:27j'ai deux questions parce qu'en fait,
- 4:28moi,
- 4:28ce n'est pas mon domaine,
- 4:29le textile,
- 4:30forcément.
- 4:31Et du coup,
- 4:31je suis très intriguée par...
- 4:35C'est par rapport aux tricots-machines.
- 4:37À la machine de tricot,
- 4:38plutôt.
- 4:39Je suis étonnée.
- 4:41J'aimerais bien que tu en parles un peu plus.
- 4:43Est-ce que,
- 4:43par exemple,
- 4:44les gros industriels qui proposent,
- 4:45par exemple,
- 4:46des pulls dans les chaînes de distribution...
- 4:48C'est des énormes machines de tricot et ensuite c'est assemblé.
- 4:51Est-ce que tu peux nous faire un peu une échelle,
- 4:54le rythme entre tricoter à la main et tricoter en machine ?
- 4:58Parce que tu vois,
- 4:58moi ça,
- 4:58ça m'intrigue un peu.
- 5:01J'avoue que je ne connais pas et j'aimerais bien m'expliquer.
- 5:05Je pourrais dire,
- 5:06dans le domaine du tricot,
- 5:07on a ce qui est plus connu,
- 5:09le tricot main,
- 5:10donc avec les broches à tricoter.
- 5:13Après ça,
- 5:14on se rend vite compte qu'on ne peut pas vraiment vendre ce qu'on fait avec le tricot à l'aiguille parce que c'est vraiment long.
- 5:21Donc,
- 5:22un état plus productif,
- 5:24ça serait d'utiliser ces machines que je parlais,
- 5:27tricot machine.
- 5:27C'est grand comme un clavier.
- 5:30à peu près pour faire du piano.
- 5:33On pourrait dire ça,
- 5:34un clavier.
- 5:35Puis c'est plein de petites aiguilles qui peuvent...
- 5:38Et avec un chariot,
- 5:39je viens passer un chariot qui fait avancer et reculer les aiguilles.
- 5:43Puis il y a un distributeur de fil qui vient donner le fil avec le chariot.
- 5:48Ce qui fait qu'un rang,
- 5:49au lieu de le faire à la main,
- 5:51je fais juste...
- 5:51C'est un passage de chariot.
- 5:53Donc ça,
- 5:53on comprend un rang,
- 5:55deux rangs,
- 5:56trois rangs.
- 5:56Là,
- 5:56la vitesse,
- 5:58ça nous permet...
- 5:58de comprendre à quel point je peux être déjà plus rentable dans mon tricotage,
- 6:04dans le fond.
- 6:06Mais ça reste une machine qui est,
- 6:08on fait une pièce à la fois qui est très,
- 6:10elle reste très domestique.
- 6:12C'est pas une grosse machine industrielle.
- 6:14Quand on achète des tricots dans le commerce,
- 6:18c'est pas fait nécessairement avec ces machines-là.
- 6:21C'est vraiment des machines encore plus industrielles qui peuvent même faire du tricot forme sans couture.
- 6:27qui est déjà beaucoup plus complexe au niveau de l'informatique.
- 6:32Par contre,
- 6:32ces machines-là que je parlais du début,
- 6:35que j'ai utilisées,
- 6:36ils ont un support informatique.
- 6:38Donc,
- 6:38je peux venir tricoter mes motifs de tricot ou mes structures du tricot.
- 6:45Mais,
- 6:45exemple,
- 6:46si je fais une forme d'un chandail,
- 6:48donc la forme du tricot,
- 6:50je dois la faire manuellement.
- 6:52Donc,
- 6:52c'est moi qui viens avec des petits outils.
- 6:54tasser les mailles,
- 6:55augmenter des mailles ou fermer des mailles.
- 6:58Donc,
- 6:58ça reste qu'il y a une...
- 7:00C'est comme un piano,
- 7:01vraiment.
- 7:02Ça n'enlève pas le côté virtuose de la personne.
- 7:05Ce n'est pas déjà programmé.
- 7:07L'artisan reste participatif dans cette façon de faire le tricot,
- 7:12mais ça me permet d'être juste assez plus vite pour pouvoir vendre mes tricots.
- 7:17Puis c'est une machine,
- 7:18pour moi,
- 7:18ce que j'aimais beaucoup.
- 7:19Vas-y,
- 7:20un décalage.
- 7:22Vas-y,
- 7:22vas-y.
- 7:22Oui !
- 7:24Pour un créateur,
- 7:25c'est très agréable de travailler avec cette machine-là parce que quand,
- 7:29ou en tout cas pour moi,
- 7:30vu que je suis spontanée comme personne,
- 7:32quand j'ai une idée,
- 7:34je peux tout de suite tester mon idée.
- 7:36Si elle est à corriger,
- 7:37je peux faire la correction tout de suite.
- 7:38Donc,
- 7:38il y a un dialogue qui est très constructif,
- 7:41très valorisant et agréable.
- 7:44À comparer au métier à tisser,
- 7:46il faut prévoir une chaîne d'avance,
- 7:48qu'on est vraiment pris dans des calculs.
- 7:52pour prévoir ce que je n'ai pas vraiment avec la machine à tricoter.
- 7:56D'accord.
- 7:57Et donc,
- 7:57du coup,
- 7:58est-ce qu'avec ta machine à tricoter,
- 7:59tu peux,
- 7:59par exemple,
- 8:00faire un pull ?
- 8:02Comment tu dois fonctionner ?
- 8:03C'est une bande complète que tu fais et tu viens assembler.
- 8:06Comment ça fonctionne pour faire,
- 8:09par exemple,
- 8:09une pièce,
- 8:10en fait ?
- 8:11Tout va dépendre du patron et de ta créativité.
- 8:16Un pull pourrait être fait dans une pièce,
- 8:18quand même.
- 8:19Mais mettons un classique.
- 8:21Ça serait qu'on va tricoter les panneaux du tronc,
- 8:25dans le fond.
- 8:26Donc,
- 8:26selon mon motif,
- 8:27ça pourrait être du jacquard,
- 8:30des mailles ramassées,
- 8:31mailles glissées.
- 8:32Je peux dessiner ou designer un motif.
- 8:36Puis,
- 8:36je vais avoir à calculer pour tant de centimètres sur mon corps,
- 8:41c'est combien de mailles.
- 8:42Donc,
- 8:43j'ai un échantillon calibré à faire avec le motif.
- 8:45Quand ces calculs-là ont été faits,
- 8:47là,
- 8:48je sais,
- 8:48exemple,
- 8:48que j'ai...
- 8:49180 mailles de montée sur ma machine.
- 8:52Donc là,
- 8:53je vais commencer à tricoter ma partie.
- 8:56Puis quand j'ai à faire les amanchures,
- 8:58je vais diminuer.
- 8:59J'ai tous mes ratios pour diminuer de 6 cm.
- 9:01Je dois fermer 4 mailles,
- 9:04exemple,
- 9:04ou peu importe.
- 9:05Donc je vais faire avec ces petits outils-là,
- 9:07ces formes-là.
- 9:08Donc je vais faire le panneau du devant,
- 9:10du derrière,
- 9:12et les manches aussi.
- 9:13Si j'ai un capuchon,
- 9:14je vais tricoter par la suite toutes ces parties-là séparées.
- 9:18Puis,
- 9:18je vais venir les assembler par des coutures,
- 9:21soit à la main,
- 9:22ou on a une machine ici,
- 9:23je ne sais pas le nom en français,
- 9:25mais c'est un linker.
- 9:27Donc,
- 9:27c'est comme une machine circulaire que je viens installer mon tricot,
- 9:30puis elle a une aiguille qui fait le point de fermeture,
- 9:34dans le fond,
- 9:35pas de fermeture,
- 9:36mais de couture des deux pièces de tricot ensemble.
- 9:40Ça va un petit peu plus vite que si je le faisais à la main,
- 9:44au locuto,
- 9:45sur la machine.
- 9:46Oui,
- 9:46j'imagine.
- 9:47Ok,
- 9:47est-ce que tu permets aussi ?
- 9:48Parce que je ne le connaissais pas.
- 9:50Ça permet de faire un tricot,
- 9:52peut-être un chandail dans une journée,
- 9:54ce qui fait que ça reste long,
- 9:55mais beaucoup plus vite qu'à la main.
- 9:57Mais en faire une industrie,
- 9:59mon tricot,
- 9:59il vaut quand même de...
- 10:00un certain prix à cause de cette lenteur-là,
- 10:04mais c'est parfait quand on aime,
- 10:06à l'échelle artisanale,
- 10:07de rester artisan,
- 10:09pas industriel.
- 10:10C'est une machine.
- 10:11Je ne l'en fais plus maintenant.
- 10:13Je suis maintenant dans une phase de ma vie où je suis sur les couleurs végétales,
- 10:17mais ce n'est pas parce que je ne l'aime pas,
- 10:19c'est que j'ai l'impression qu'un jour,
- 10:20je vais y revenir,
- 10:21c'est certain.
- 10:21D'accord.
- 10:23Parce que je te pose cette question,
- 10:24ce n'est pas anodin,
- 10:25c'est que,
- 10:25tu vois,
- 10:26en France,
- 10:26cet hiver,
- 10:27on s'est dit...
- 10:28Mais c'est fou,
- 10:29si on cherche un pull tricoté avec de la laine végétale,
- 10:33où est-ce qu'on va ?
- 10:34Et en fait,
- 10:34tu as plein d'artisanes qui ont dit,
- 10:36moi,
- 10:36j'essaye de tricoter au plus vite,
- 10:38mais en fait,
- 10:38je n'arrive pas à vendre quelque chose d'accessible.
- 10:42Et donc,
- 10:42ta machine semi-industrielle serait pour moi une bonne alternative pour rester en artisanat,
- 10:49appliquer la couleur végétale,
- 10:51mais aussi avoir quand même un rendement assez important pour fournir les personnes…
- 10:57qui souhaitent avoir un pull,
- 10:59pas attendre une année ou attendre un mois,
- 11:01tu vois.
- 11:01Donc,
- 11:02voilà,
- 11:02c'est une parenthèse dans une parenthèse,
- 11:04mais du coup,
- 11:05c'était pour mieux comprendre cette tricot machine.
- 11:07Et du coup,
- 11:07vas-y,
- 11:07continue sur ton parcours.
- 11:09Je me suis permise de t'interrompre pour comprendre.
- 11:12Non,
- 11:12c'est pas de souci.
- 11:13Non,
- 11:13c'est très bien.
- 11:14Mais je vais revenir parce que,
- 11:16oui,
- 11:17c'est plus rentable,
- 11:18mais ça le fait partie.
- 11:20Au début,
- 11:20j'ai commencé les couleurs végétales en pensant teindre mes tricots.
- 11:24Puis maintenant que je...
- 11:26Mais...
- 11:27Moi,
- 11:27je m'exigeais en fait de produire les plantes,
- 11:31puis les motifs.
- 11:31Je dois dire que dans ma création avec la machine à tricoter,
- 11:36je n'utilisais pas vraiment la partie informatique pour créer les motifs.
- 11:39Je m'étais spécialisée en intervention manuelle qui me permettait une plus grande créativité où je pouvais développer des textures plus intéressantes,
- 11:49ce qui faisait que ça pouvait être un petit peu plus long que si j'avais juste la machine à tricoter.
- 11:54Mais dans mes calculs...
- 11:56ça faisait en sorte que mon tricot valait encore toujours plus cher.
- 12:00Donc,
- 12:01tu restes dans une production de luxe.
- 12:05Mais peut-être que j'aurais pu sacrifier un peu de créativité pour rendre ça un jersey simple.
- 12:12Finalement,
- 12:12en texture,
- 12:13de minimiser le coût,
- 12:16de diminuer un peu les coûts en gardant un tricot plus simple et de penser en termes pour mieux valoriser peut-être juste la
- 12:24couleur.
- 12:24J'avais peut-être encore un travail à faire,
- 12:27mais ça reste que ça fait des productions de luxe,
- 12:32haut de gamme quand même.
- 12:35Pendant ces années-là,
- 12:36ça a duré peut-être
- 12:3710 ans,
- 12:38de 2007 à
- 12:402015 en fait.
- 12:41Pas tout à fait 10 ans.
- 12:428 ans,
- 12:44c'est ce que je faisais.
- 12:46Donc,
- 12:46j'enseignais le tricot au cégep.
- 12:50Je tissais des tissus pour les autres,
- 12:52d'autres arts.
- 12:53Puis à côté,
- 12:54j'avais ma production d'accessoires mode que je vendais pas tant en boutique,
- 12:59mais plutôt dans des foires métiers d'art,
- 13:01dans le fond,
- 13:02à Montréal et à Toronto.
- 13:04Et du bouche à oreille,
- 13:05évidemment,
- 13:06par la suite.
- 13:07Puis ce moment-là est quand même important dans ma vie parce que j'ai appris à enseigner,
- 13:13premièrement,
- 13:14les métiers d'art comme une technique manuelle.
- 13:17Aussi à...
- 13:18à démocratiser ma connaissance.
- 13:20Ce que j'apprenais de partager,
- 13:22pas démocratiser,
- 13:23je vais reprendre ma phrase,
- 13:24j'ai appris à partager mes connaissances.
- 13:26Ça veut dire de pas garder pour soi les trouvailles qu'on fait.
- 13:30Puis pour moi,
- 13:31ça a été,
- 13:32c'était pas organique dans le milieu métier d'art à l'époque.
- 13:36On sentait qu'il y avait un mouvement où les gens voulaient partager plus.
- 13:39Il y avait encore la culture de garder nos secrets,
- 13:43parce que c'est aussi ce qui nous définit,
- 13:45nous différencie,
- 13:47mais...
- 13:47Pour moi,
- 13:48quand j'ai commencé le travail de professeur en tricot,
- 13:53ils sont venus me chercher parce que j'avais une approche créative du tricot,
- 13:57avec tout le tricot partiel,
- 13:58ce que je disais,
- 13:59mais ça a été un choix de dire,
- 14:02regarde-le pas pour toi,
- 14:03partage,
- 14:04puis fais confiance que les étudiants,
- 14:06ils vont te poser des questions,
- 14:08tu vas juste devenir meilleur parce que tu vas devoir aider,
- 14:11trouver des solutions,
- 14:12puis il va y avoir un dialogue après ça entre l'étudiant et l'artiste.
- 14:17artisan,
- 14:17dans le fond,
- 14:18ou le professeur,
- 14:18puis c'est comme ça qu'on fait évoluer un milieu,
- 14:22dans le fond,
- 14:24où on fait évoluer un milieu,
- 14:25puis une connaissance technique,
- 14:27puis ça,
- 14:27c'est pour moi la base de ce que je fais en ce moment,
- 14:31vraiment,
- 14:32ça revient avec les couleurs,
- 14:35au lieu de dire,
- 14:36bien,
- 14:36je vais me différencier de tout le monde comme artisan,
- 14:41puis de vendre juste mes choses,
- 14:42où j'ai décidé de,
- 14:43pour l'instant,
- 14:44je crée moins,
- 14:45mais je...
- 14:45partage cette connaissance-là dans le but de créer une communauté autour de la couleur végétale parce que sinon,
- 14:53c'est plate.
- 14:54C'est pas aussi satisfaisant comme humain.
- 15:01Oui,
- 15:01on est plus différent des autres.
- 15:03On a une spécialité qui nous est propre,
- 15:05mais on est tout seul.
- 15:07Donc,
- 15:07pour moi,
- 15:08il y a moins d'intérêt.
- 15:09OK,
- 15:09d'accord.
- 15:10Donc,
- 15:10après ces études,
- 15:12après cette période de transmission,
- 15:15comment t'en es arrivée à ce que tu fais aujourd'hui ?
- 15:17Oui,
- 15:17j'ai voulu changer de milieu.
- 15:21Dans le fond,
- 15:23c'est aussi le hasard qui m'a permis de changer,
- 15:26de modifier ma pratique.
- 15:29Je dois dire que les techniques,
- 15:30que j'utilisais dans mes tricots était très demandant.
- 15:33C'était vraiment de la méditation active.
- 15:35C'était des rythmes,
- 15:37plusieurs rythmes à la fois à conserver.
- 15:39Quand je tricotais,
- 15:40je comptais,
- 15:42mon cerveau était tout le temps sollicité.
- 15:46Ce qui faisait qu'après plusieurs années,
- 15:48on devient fatigué de cette demande-là à soi-même.
- 15:53Puis j'avais envie de quelque chose peut-être de plus spontané où je pouvais rêvasser un peu plus pendant que je criais.
- 16:00D'être dans le silence,
- 16:02finalement,
- 16:02de ne pas toujours être dans les calculs.
- 16:06Ça,
- 16:06c'était un besoin que j'avais.
- 16:08Puis la vie a fait en sorte que je suis venue faire une exposition dans le Bas-Saint-Laurent,
- 16:13à Kamouraska,
- 16:14au centre d'or.
- 16:16Kamouraska est un magnifique petit village sur le bord du fleuve Saint-Laurent.
- 16:21Très bucolique,
- 16:22mais vraiment superbe.
- 16:24Puis déjà,
- 16:25donc,
- 16:25j'étais charmée par le lieu.
- 16:27Puis ça...
- 16:29Le hasard a fait que j'ai rencontré quelqu'un par hasard,
- 16:32là,
- 16:33et je suis tombée amoureuse de cette personne.
- 16:35Et donc,
- 16:36la suite a fait que,
- 16:39bon,
- 16:40j'ai passé un été,
- 16:41puis un an,
- 16:42et je me suis installée au Bas-Saint-Laurent,
- 16:45à Kamouraska,
- 16:46chez mon amoureux,
- 16:48dans le fond.
- 16:49Puis,
- 16:50on a vite fondé famille.
- 16:53Dans le fond,
- 16:53c'était un projet,
- 16:54je pense qu'on s'est rencontrés entre autres.
- 16:56Ce qui nous a liés,
- 16:57c'est notre rapport à la terre.
- 16:59On était deux personnes.
- 17:01Ce que je n'ai pas dit tout à l'heure,
- 17:03c'est que les métiers d'arbres permettent de vivre,
- 17:06mais pour moi,
- 17:08à Montréal,
- 17:08ce n'était pas suffisant,
- 17:10mon salaire.
- 17:11Donc,
- 17:11depuis que j'ai 18 ans,
- 17:13je ramassais mon argent en plantant des herbes l'été à travers le Canada.
- 17:18Donc,
- 17:19c'est un travail encore là très demandant physiquement où je dormais dehors.
- 17:26J'ai vu le territoire,
- 17:27les types de sols,
- 17:29c'est magnifique le Canada.
- 17:32Lui aussi,
- 17:32il faisait ce travail-là,
- 17:34mais au Québec.
- 17:35Donc,
- 17:35ça a été un lien tout de suite lié à la terre,
- 17:38au travail manuel agricole ou lié aux vivants,
- 17:43dans le fond.
- 17:44Mais donc,
- 17:45on a eu un enfant assez jeune dans notre rencontre,
- 17:48puis c'était aussi toute une réflexion.
- 17:51Le tricot machine avec un bébé,
- 17:53un atelier,
- 17:54puis le bruit que fait la machine à tricoter,
- 17:57le fait d'être en dedans,
- 17:59c'est un métier.
- 17:59On est très seul dans notre atelier.
- 18:02Personne ne comprend vraiment ce que tu fais.
- 18:04Donc,
- 18:04il n'y a pas de communauté autour,
- 18:06à part quand j'enseignais.
- 18:09Donc ça,
- 18:09je trouvais que ça ne convenait plus à ma vie de mère.
- 18:13Puis moi,
- 18:14je viens d'un milieu quand même assez alternatif.
- 18:17À Montréal,
- 18:18je suis allée dans des écoles alternatives.
- 18:21Ici,
- 18:21au Bas-Saint-Laurent,
- 18:22il n'y en a pas d'école alternative.
- 18:24C'est très classique comme école.
- 18:28J'ai eu toute une réflexion sur un projet de vie de famille.
- 18:32Qu'est-ce que je peux faire ?
- 18:34J'ai la chance d'être mon propre patron,
- 18:38de créer ma réalité.
- 18:40Est-ce que je peux être plus créative encore ?
- 18:42Et d'embrasser toute la beauté du paysage,
- 18:46mais aussi la beauté de notre cellule familiale.
- 18:49Mon conjoint,
- 18:50dans le fond,
- 18:50il a grandi sur la terre où j'ai le jardin,
- 18:55en autosuffisance.
- 18:56Son père a été élevé par son père.
- 18:58C'était vraiment quelqu'un qui valorisait beaucoup la culture paysanne.
- 19:05J'ai Renimo,
- 19:06c'est le nom de mon copain.
- 19:08Il a une belle connaissance de l'agriculture paysanne.
- 19:13Il a un amour pour sa terre.
- 19:18que je voulais que mon enfant ait,
- 19:20que le côté d'école alternative,
- 19:22j'en avais pas besoin.
- 19:23Je pouvais moi-même créer un environnement.
- 19:26Si je trouve que c'est important que mon enfant connaisse la valeur de la nature,
- 19:31c'était à moi de l'enseigner par le concret,
- 19:34par un projet agricole à petite échelle,
- 19:38biologique,
- 19:39diversifié aussi.
- 19:41Le fait que c'est chez ma belle-mère,
- 19:42il y a tout le projet familial,
- 19:44dans le fond,
- 19:44de support familial qui est pour moi important.
- 19:47Donc,
- 19:48je suis venue et on a créé ce projet-là tranquillement,
- 19:51pas vite.
- 19:51C'est vraiment un projet qui se fait de manière organique.
- 19:58En 2019,
- 20:00à peu près,
- 20:01j'ai eu une...
- 20:02Bon,
- 20:02je suis tombée enceinte.
- 20:03En 2018,
- 20:05j'ai eu...
- 20:06Pendant mon...
- 20:07Ici,
- 20:07au Québec,
- 20:08on a un salaire qui est pour les jeunes mères.
- 20:12C'est pas le bon terme.
- 20:14On est aidées par le gouvernement pendant un certain temps.
- 20:18Donc,
- 20:18j'ai commencé à planter mes premières plantes tinctoriales au jardin,
- 20:22chez moi,
- 20:22qui n'est pas à la même place où il y a le jardin tinctorial.
- 20:26On est à 10 minutes de voiture.
- 20:28puis là j'ai trouvé ça agréable de travailler le pastel les premières plantes c'était le pastel il y avait les cosmos puis beaucoup de récoltes sauvages un peu de comprendre mon territoire où est la ressource qui
- 20:44m'entoure,
- 20:44ça m'a permis aussi de connaître les rangs près de chez nous,
- 20:48les gens il y avait des fois je voyais un champ rempli de verges d'or ça m'a fait plaisir d'aller voir les gens puis leur demander si je...
- 20:57Je pouvais les récolter un peu,
- 20:59d'expliquer mes intentions.
- 21:00Ça suscitait des conversations avec les locaux qui étaient intéressantes pour moi parce que je ne les connaissais pas.
- 21:07Je venais d'arriver.
- 21:08La teinture végétale m'a permis quand même de créer un lien au territoire et aux gens de ce territoire-là qui a été important au début.
- 21:19Maintenant,
- 21:19je fais moins de récolte sauvage.
- 21:21J'ai décidé de cultiver parce qu'on en reparlera peut-être plus tard.
- 21:26Pour moi,
- 21:26c'était important,
- 21:27la partie culture.
- 21:29Puis,
- 21:31donc,
- 21:312018,
- 21:33ça a été ça.
- 21:34Puis en 2019,
- 21:35j'ai eu une petite subvention du gouvernement d'un an de salaire pour partir,
- 21:40mettons,
- 21:40faire mon plan d'affaires,
- 21:42partir faire des tests.
- 21:46Donc là,
- 21:46j'ai été payée.
- 21:48C'était là,
- 21:48j'étais chanceuse.
- 21:49J'ai été payée pour commencer à apprendre toute seule la teinture végétale.
- 21:56C'est sûr,
- 21:56comme je disais tout à l'heure,
- 21:57mon idée première était de teindre mes tricots.
- 22:00J'avais développé des techniques où je tricotais laine et lin ensemble.
- 22:07Puis le fait que je m'endorsais juste pour la laine,
- 22:11pour la fibre animale,
- 22:12je veux dire.
- 22:13Donc,
- 22:14il y avait des jeux de contraste ton sur ton entre la laine qui avait beaucoup de couleurs et le lin qui n'avait pas beaucoup de couleurs.
- 22:21Ça,
- 22:21c'était un peu le début de ma recherche.
- 22:24Puis là,
- 22:25c'est là que j'ai compris que,
- 22:26disons,
- 22:26ça reste quand même très cher.
- 22:29Puis,
- 22:29vu que je suis une personne très créative,
- 22:33puis aussi,
- 22:34j'ai été dans une école qui encourageait beaucoup la créativité.
- 22:38C'est comme si faire un jersey simple,
- 22:40un chandail simple,
- 22:42juste en jersey,
- 22:43pour moi,
- 22:43il n'y avait plus de valeur.
- 22:44Tu sais,
- 22:44je ne comprenais pas pourquoi faire ça,
- 22:46parce que c'est pareil que l'industrie.
- 22:47Tu sais,
- 22:48j'ai été un peu prise,
- 22:49d'une certaine façon,
- 22:51par le volet créatif des métiers d'art.
- 22:54Même le fait d'acheter un tissu,
- 22:56parce que vite,
- 22:57je réalisais que ça restait haut de gamme,
- 22:58puis je pense que j'étais tannée de ça.
- 23:00Je pensais que le grand désir en dedans de moi,
- 23:03c'était de démocratiser mon art,
- 23:06d'avoir un meilleur,
- 23:08d'aller vers les gens un peu plus,
- 23:10que tout le monde puisse acheter mes choses,
- 23:15puis que tout le monde puisse avoir de la beauté autour de soi.
- 23:18Pour moi,
- 23:19il y avait ce désir-là.
- 23:20Donc,
- 23:21ça m'a quand même pris,
- 23:22je pense,
- 23:22à peu près un an avant de réaliser que je pouvais acheter des tissus déjà faits.
- 23:27J'étais prise avec ma formation.
- 23:30J'étais là,
- 23:30non,
- 23:30je ne peux pas faire ça.
- 23:31Moi,
- 23:31je fais les tissus.
- 23:33Ah non,
- 23:33tu sais que tu peux acheter un tissu déjà fait et focusser sur la couleur pendant un bout de temps.
- 23:40Ça,
- 23:40pour moi,
- 23:40a été très drôle de réaliser que j'avais ce blocage-là aussi.
- 23:45Il a fallu que je déconstruise un petit peu ma formation.
- 23:52Mais ce moment-là où j'ai été subventionnée,
- 23:56ça m'a permis d'installer le jardin comme il faut,
- 24:00de réaliser tout ce que je viens de te dire.
- 24:02Ça prend un certain temps dans le temps de réaliser tout ça,
- 24:05donc je n'avais pas de stress vu que le salaire rentrait.
- 24:09Donc pour moi,
- 24:11ça m'a aidé beaucoup.
- 24:12Tranquillement,
- 24:13pas vite,
- 24:13j'ai construit le jardin.
- 24:15Puis à chaque année,
- 24:16le jardin a grossi et il grossit.
- 24:19Je ne pensais pas au début de faire un jardin de production,
- 24:22mais j'ai été émue premièrement par le pouvoir d'attraction que le jardin avait.
- 24:29Il ne faut pas oublier que moi,
- 24:30je venais d'un atelier de tricot machine où j'étais toute seule.
- 24:33Personne ne comprenait ce que je faisais.
- 24:36Donc là,
- 24:37c'était réconfortant,
- 24:39c'était agréable de voir les gens.
- 24:43C'était aussi un peu le moment du début de la COVID.
- 24:46Il y a eu beaucoup de monde qui ont voulu sortir de la ville pour aller en campagne.
- 24:51J'ai eu beaucoup d'aide.
- 24:52Il y a eu toute une synergie autour du jardin qui a été...
- 24:57agréable,
- 24:58puis tranquillement,
- 24:59pas vite,
- 25:00j'ai voulu faire grandir cette partie-là.
- 25:05C'est ça qu'au début,
- 25:06j'avais vraiment dans ma tête.
- 25:08Tu sais,
- 25:09je pensais produit Tu sais,
- 25:11pour moi,
- 25:13il y a plein d'histoires quand je peux partir du temps des métiers d'art.
- 25:17Tu sais,
- 25:17il y a plein de réflexions dans le fond,
- 25:19mais quand j'ai fini mon école en métier d'art,
- 25:22tu sais,
- 25:23j'avais déjà la conscience écologique.
- 25:25Puis en deux,
- 25:25je cherchais de la fibre bio,
- 25:27fibre locale.
- 25:28C'était absolument pas accessible.
- 25:30Déjà,
- 25:30même avoir accès aux fournisseurs à l'époque,
- 25:32il n'y avait pas Internet,
- 25:33vraiment.
- 25:34Fait que les catalogues de fils n'étaient pas sur Internet.
- 25:37Donc,
- 25:37tout était encore très caché.
- 25:38C'était très difficile à avoir toutes ces informations-là.
- 25:42Puis moi,
- 25:43au Québec,
- 25:44il y avait eu un organisme,
- 25:45un écuteur qui s'appelait,
- 25:47qui a fait,
- 25:48au même moment où j'ai fini l'école,
- 25:50le premier circuit pour avoir du coton biologique.
- 25:54qui partaient de l'Inde,
- 25:55équitables et écologiques,
- 25:57qui partaient de l'Inde jusqu'au Québec.
- 26:00Puis quand j'avais ça,
- 26:01j'avais appelé un des compagnies qui ont financé cette recherche-là de fournisseurs,
- 26:09en pensant,
- 26:10genre,
- 26:10moi,
- 26:10je vais tricoter des choses artistiques avec vos fils pour le mettre en valeur,
- 26:15puis vous allez faire des produits plus achetables.
- 26:18Les autres,
- 26:18ils m'ont comme un petit peu envoyé chier.
- 26:21Ils n'ont pas,
- 26:21excusez du mauvais mot,
- 26:23mais ils ont eu crainte,
- 26:27ils ont eu une peur de je suis qui,
- 26:29moi ?
- 26:30Ils ont tellement investi d'argent.
- 26:32À l'époque,
- 26:32j'étais assez jeune.
- 26:33Au lieu de passer par-dessus ce petit stack-là,
- 26:36ça m'avait arrêtée.
- 26:39Puis,
- 26:39c'est là que je m'étais dit OK,
- 26:41dans ce cas-là,
- 26:42je vais être bonne comme artisan.
- 26:45Je veux savoir…
- 26:47apprendre un métier manuel,
- 26:49pratiquer le métier d'être artisan textile,
- 26:54ce qui n'est pas négatif parce que quand je suis arrivée en teinture végétale,
- 26:58je savais comment apprendre un métier manuel,
- 27:02donc comment décortiquer les gestes,
- 27:04comment l'analyser.
- 27:05Je savais comment moi j'apprenais,
- 27:07parce que chaque personne est différente,
- 27:10donc ça m'a beaucoup aidée par la suite.
- 27:14Mais quand je suis arrivée vers
- 27:17Là,
- 27:17je trouvais que le temps était plus favorable à développer un projet qui était plus enligné avec mes valeurs.
- 27:24Donc,
- 27:25c'était une motivation de plus pour moi d'aller dans le jardin de teinture végétale.
- 27:30Au début,
- 27:32je pensais produire.
- 27:34Je voulais faire un projet qui était dans l'action,
- 27:37tout de suite.
- 27:38Arrêter de rêver assez qu'il faut donc avoir une meilleure consommation,
- 27:42d'être dans le…
- 27:44Après,
- 27:45charge écologique,
- 27:47pour moi,
- 27:47c'est pas ma façon d'être.
- 27:48Je vais être dans l'action,
- 27:49je vais proposer quelque chose,
- 27:51puis je vais essayer de faire grandir cette chose-là pour que le monde aille le consommer,
- 27:56dans le fond,
- 27:56ou l'utiliser.
- 27:57Il n'y a pas besoin de l'argent,
- 27:58mais de l'utiliser.
- 28:01Le fait que je n'habite pas où il y a le jardin,
- 28:06je ne pouvais pas avoir des moutons.
- 28:08Dans ma tête,
- 28:09je suis quand même une nomade.
- 28:10J'ai voyagé beaucoup.
- 28:13L'idée d'avoir des moutons...
- 28:15C'est beaucoup plus prenant comme agriculteur,
- 28:17en tout cas,
- 28:18ce que j'en pense.
- 28:20Donc,
- 28:20ce n'était pas la partie animale que je voulais aller.
- 28:24Pour moi,
- 28:24j'avais...
- 28:25Puis j'aime le côté végétal,
- 28:26les fleurs,
- 28:27tout ça me convenait mieux,
- 28:28dans le fond.
- 28:30Donc,
- 28:30j'ai commencé à faire ça,
- 28:31puis je pensais pouvoir donner...
- 28:34cultiver assez de matières premières pour que certains designeurs de Montréal,
- 28:39exemple,
- 28:40qui ont des envies écologiques,
- 28:43puissent utiliser mes...
- 28:44plantes.
- 28:45Mais j'ai vite compris que,
- 28:47mais eux,
- 28:48ils ne savaient pas teindre.
- 28:50Donc,
- 28:50ils me demandaient de faire la teinture car là,
- 28:53je ne pouvais plus faire et la culture et la teinture.
- 28:56Je n'ai pas le temps dans l'année pour créer un atelier de teinture.
- 29:00Ce que j'ai fait,
- 29:01c'est que j'ai commencé à leur montrer un peu comment teindre.
- 29:05Alors,
- 29:05à dire,
- 29:06si vous savez comment teindre,
- 29:09Vous pouvez vous faire chez vous une petite collection de,
- 29:13mettons,
- 29:13si vous faites des chemises,
- 29:14vous pouvez en teindre 20 de vos chemises.
- 29:16Puis après ça,
- 29:17tranquille,
- 29:18doucement introduire la teinture dans vos collections.
- 29:21Puis un jour,
- 29:21si le besoin est qu'on crée ensemble un grand atelier de teinture,
- 29:27ça va être industriel,
- 29:28mais un peu plus fonctionnel que moi chez moi,
- 29:30dans mon atelier,
- 29:32il y aurait peut-être des financements.
- 29:34On a de quoi à montrer pour structurer un projet plus global.
- 29:40Fait que déjà là,
- 29:41moi,
- 29:42ce que j'ai d'accessible,
- 29:45c'est des terres,
- 29:46grâce à ma belle-mère prêtée,
- 29:48mais c'est ce que je peux faire cultiver puis apprendre le métier de cultivateur.
- 29:53Fait que là,
- 29:54ce que je peux dire en ce moment,
- 29:56l'enseignement de la teinture végétale a été introduit tranquillement,
- 30:00pas vite,
- 30:02de cette manière-là.
- 30:03Puis après ça,
- 30:04j'ai vite compris que la partie de désigneur était peut-être encore trop raide.
- 30:11pas encore concrète,
- 30:12pas encore réaliste.
- 30:14Fait que j'ai commencé à enseigner la teinture au grand public,
- 30:17puis j'aime beaucoup cette partie de démocratisation avec la population,
- 30:23tant locale,
- 30:24ici au Bas-Saint-Laurent,
- 30:25au Kamouraska,
- 30:27à Montréal,
- 30:28ou que redonner ce pouvoir-là de création simple du quotidien à la population,
- 30:35pour moi,
- 30:36est un...
- 30:37une grande motivation.
- 30:38Il fait beaucoup,
- 30:39beaucoup plus de sens que de...
- 30:41Ouais,
- 30:42voilà.
- 30:43Donc,
- 30:43du coup,
- 30:43aujourd'hui,
- 30:46tu t'es concentrée sur la production et la formation de teinture végétale.
- 30:50Et ton jardin,
- 30:52donc,
- 30:53sur les terres de ta belle-mère,
- 30:55il fait à peu près combien de surface et qu'est-ce que tu y cultives ?
- 31:00J'ai à peu près...
- 31:01Je ne suis pas si bonne que ça en dimension.
- 31:04On va parler...
- 31:04Puis ici,
- 31:05en...
- 31:05En plus,
- 31:06je viens de réaliser,
- 31:07nous,
- 31:07on fonctionne en pied.
- 31:10Dis en pied,
- 31:11moi,
- 31:11je vais tirer.
- 31:14Donc,
- 31:15dans mon champ,
- 31:16à peu près,
- 31:17c'est environ,
- 31:18c'est un 200 pieds par
- 31:20200 pieds environ.
- 31:22D'accord.
- 31:25Et je cultive à peu près...
- 31:26Et alors,
- 31:26qu'est-ce que tu as comme plantes ?
- 31:27Oui,
- 31:28j'ai à peu près...
- 31:30Ça dépend des années.
- 31:31Je ne cultive pas toutes les plantes à chaque année.
- 31:34Je fais attention,
- 31:36ça ne sert à rien d'avoir un inventaire trop grand si la demande n'est pas là pour garder la fraîcheur le plus possible.
- 31:45Je peux arriver entre 10 et 12 plantes selon les années.
- 31:51Ma plante principale quand même,
- 31:54c'est l'indigo,
- 31:54la persicaria tanctoria,
- 31:58l'indigo japonais.
- 32:00Mais ça reste,
- 32:01tu sais,
- 32:02ici...
- 32:03Au Québec,
- 32:04il n'y a personne qui cultive les teintures végétales.
- 32:09Ça reste très petit à comparer à d'autres projets que vous avez en France,
- 32:14par exemple,
- 32:16ce que j'ai.
- 32:17Puis,
- 32:18donc là,
- 32:19j'ai à peu près 1000 plants d'indigo.
- 32:22Cette année,
- 32:22je vais avoir 2000.
- 32:23Ça fait que j'apprends tranquillement,
- 32:24pas vite,
- 32:25à extraire les pigments.
- 32:28Bon,
- 32:28j'ai commencé en plus petit volume.
- 32:30Donc,
- 32:30moi,
- 32:30je n'ai personne ici.
- 32:32Je ne peux poser des questions à personne.
- 32:34Il n'y a personne pour m'aider,
- 32:36surtout pour l'extraction d'indigo.
- 32:37Sur les teintures,
- 32:38il y a peut-être un peu plus de gens.
- 32:41Mais dans l'extraction,
- 32:45ça n'existait pas au Québec et peut-être au Canada.
- 32:48Je trouve ça plus difficile à le dire,
- 32:51mais je n'en connais pas encore des gens qui en font,
- 32:55mais peut-être que ça existe.
- 32:59toute la partie d'extraction.
- 33:02Comment un artisan peut apprendre à extraire l'indigo toute seule ?
- 33:07J'ai un parcours là-dedans.
- 33:10J'ai commencé en plus petit volume.
- 33:11Là,
- 33:12je suis rendue dans les 1000 litres.
- 33:13L'année passée,
- 33:15j'ai extrait.
- 33:17Ça a bien été.
- 33:18Cette année,
- 33:19c'est pour ça que je veux un 2000 plats.
- 33:21Nous,
- 33:21on a la nordicité aussi.
- 33:23Comment cultiver dans la nordicité ?
- 33:26Mes techniques de culture ont évolué avec le temps.
- 33:30Donc,
- 33:31il y a ça,
- 33:31cette partie-là.
- 33:32Sinon,
- 33:32il y a le cosmos sulfureux.
- 33:34C'est quand même des classiques.
- 33:35Le cosmos sulfureux,
- 33:37la scabilleuse,
- 33:38la rose trémière noire.
- 33:41J'ai les deux tagettes,
- 33:42patula et recta.
- 33:45J'ai la gaude,
- 33:48la garante.
- 33:49J'ai eu une première grosse récolte de garante,
- 33:51il y a deux ans.
- 33:52Bien grosse,
- 33:52à mon échelle.
- 33:54Ça reste petit quand même.
- 33:58donc la garance cette année je vais avoir une récolte de garance puis de murasaki c'est une plante que j'ai moi-même à explorer plus mon but c'était de voir si elle allait bien dans mon climat puis elle va à merveille cette plante-là ici cette
- 34:18année,
- 34:19cet automne je vais récolter les racines puis durant l'hiver explorer plus dans le mode d'extraction...
- 34:25stabilité de la couleur,
- 34:27pour pouvoir,
- 34:28si c'est assez satisfaisant,
- 34:30en parler.
- 34:31Si ce n'est pas complètement stable,
- 34:33de le dire,
- 34:33de le mentionner,
- 34:34parce qu'on n'a pas de mauve ici,
- 34:36de possible.
- 34:39D'aller de façon organique,
- 34:40mais de dire les résultats de la plante,
- 34:43si elle est pertinente ou intéressante ou pas.
- 34:47C'est sûr que oui,
- 34:48mais dans quel point elle est murazaki.
- 34:53C'est quoi comme type de plante ?
- 34:56Oui,
- 34:56c'est ça.
- 34:57J'ai pas été chercher cette donnée-là.
- 35:00Faudrait que je pourrais t'en revenir.
- 35:04Comme le nom commun.
- 35:06Ah,
- 35:08c'est des astères.
- 35:09Astères.
- 35:10En France,
- 35:10on dit astères.
- 35:11D'accord.
- 35:11Non,
- 35:12c'est pas astères.
- 35:13Ah,
- 35:13il me met astères.
- 35:18Parce que l'astère,
- 35:18elle peut être mauve.
- 35:19Murasaki veut dire mauve ou violet en japonais,
- 35:22là,
- 35:22je pense.
- 35:23Donc,
- 35:23là,
- 35:23ça,
- 35:24tu partages pas ça.
- 35:25cette partie-là.
- 35:28La patate douce.
- 35:29Non plus.
- 35:30La patate douce.
- 35:31OK,
- 35:31attends une minute.
- 35:33Il met,
- 35:33le murazaki est une plante vivace qui porte des fleurs blanches de juin à octobre.
- 35:37Ah oui,
- 35:37oui,
- 35:37oui.
- 35:38Attends.
- 35:39Oui,
- 35:39je vois.
- 35:39Et ça donne une couleur violette ?
- 35:41Oui,
- 35:42c'est la racine.
- 35:43Puis c'est la couleur...
- 35:45Oui,
- 35:45c'est la racine.
- 35:46La couleur garance vend des semences,
- 35:49d'ailleurs,
- 35:49de cette plante-là.
- 35:50En grand.
- 35:51Oui,
- 35:51puis...
- 35:51Oui,
- 35:52parce que c'est là-dessus que j'ai trouvé.
- 35:53C'est là-dessus que j'ai trouvé.
- 35:54Bon,
- 35:54là,
- 35:54excuse-moi,
- 35:55je suis partie là.
- 35:56C'est super intéressant.
- 35:58Non,
- 35:58non,
- 35:58t'inquiète,
- 35:58c'est super intéressant.
- 35:59Je ne le connaissais pas du tout.
- 36:01Ce qui m'a touchée dans cette plante-là,
- 36:03c'est la partie où,
- 36:05au Japon,
- 36:05elle a eu un moment,
- 36:07je ne sais pas maintenant,
- 36:08où est-ce que c'est,
- 36:08mais dans ce que j'avais lu,
- 36:10c'était presque en voie de disparition,
- 36:12la plante,
- 36:12parce qu'elle a été très demandée,
- 36:15dans le fond,
- 36:16parce que les mots,
- 36:18les violets,
- 36:18étaient faits avec cette plante-là et c'était la noblesse japonaise qui l'utilisait.
- 36:25donc la fragilité de la plante dans son territoire c'était ça qui m'a interpellée et le fait qu'on n'avait pas de violet puis elle a aussi plusieurs propriétés médicinales de désinfectant j'avais une amie à l'époque ça reste mon amie mais elle
- 36:41faisait des savons à l'époque puis on cherchait des plantes tectoriales qui avaient aussi des propriétés médicinales pour voir s'il y avait un débouché par rapport à ça...
- 36:53Donc,
- 36:53ça,
- 36:54ça m'intéressait.
- 36:55Puis,
- 36:55la plante en elle-même,
- 36:56maintenant,
- 36:57dans mon territoire,
- 36:58elle va vraiment bien.
- 37:00Elle se sème d'elle-même.
- 37:02Elle est foisonnante.
- 37:03Elle donne beaucoup de semences.
- 37:06Là,
- 37:06il reste à voir la qualité des racines que je vais avoir cet automne.
- 37:11Mais,
- 37:11donc,
- 37:12si ça devient concluant,
- 37:15je trouve qu'on a une belle ressource de possible.
- 37:19le Murasaki est une des plantes que je pourrais dire que j'étudie.
- 37:23Puis c'était aussi dans un souci de jardin botanique tinctorial à l'époque que j'avais fait.
- 37:28Je me disais,
- 37:29ah,
- 37:29ça serait quand même l'apprivoiser.
- 37:33Parce que ça me tentait d'apprivoiser cette plante-là.
- 37:37Puis je pense que j'ai quand même pas mal dit,
- 37:40si je ne sais plus...
- 37:41Rutbeckia,
- 37:41oui,
- 37:42j'ai les Rutbeckia hirta ici,
- 37:44que je cultive.
- 37:45Camomille des teinturiers aussi.
- 37:49Au niveau des récoltes sauvages,
- 37:52j'avoue que par l'historique que j'ai dit tout à l'heure sur certaines plantes qui m'ont permis de découvrir mon territoire,
- 38:01j'ai un amour pour l'armoise vulgaire qu'on a beaucoup ici.
- 38:07Donc celle-là,
- 38:08j'ai décidé de ne pas bien tondre mon jardin autour du jardin.
- 38:15le gazon,
- 38:16de ne pas bien tondre le gazon,
- 38:18l'herbe autour du jardin,
- 38:19pour la cultiver de façon sauvage,
- 38:22favoriser.
- 38:23J'ai graines,
- 38:25c'est graines,
- 38:26dans le fond,
- 38:26à l'automne.
- 38:27J'essaie de favoriser son implantation dans les parties plus sauvages autour du jardin pour pouvoir confiner à peu près ma récolte.
- 38:37Ça,
- 38:37c'est comme une nouvelle recherche que je fais,
- 38:42comment cultiver de manière sauvage.
- 38:44D'accord,
- 38:45ok.
- 38:46Et alors du coup,
- 38:46Dalia,
- 38:48tu as ta surface où tu fais de la culture,
- 38:51donc tu as un vrai éventail qui change d'année en année,
- 38:54etc.
- 38:56C'est quoi les débouchés de tes cultures ?
- 38:59Est-ce que c'est pour tes ateliers propres de teinture végétale quand tu enseignes ?
- 39:05Est-ce que tu vends souvent de plantes séchées,
- 39:08de graines,
- 39:09de fraîches ?
- 39:10Comment ça fonctionne ensuite,
- 39:11après la culture ?
- 39:13Bien,
- 39:14oui,
- 39:16je vends la matière première,
- 39:17dans le fond.
- 39:18Mon idéal,
- 39:19c'est de vendre des grosses quantités de cosmos de toutes mes fleurs et plantes.
- 39:26Mais la réalité,
- 39:27c'est qu'il n'y a pas beaucoup.
- 39:28Pour ça,
- 39:28il faut quand même que la personne qui me l'achète aille à une production.
- 39:31Donc,
- 39:32ici,
- 39:32ça reste qu'il n'y a pas beaucoup d'artisans qui font de la teinture végétale.
- 39:38Donc,
- 39:39pour essayer de...
- 39:41Dans le fond,
- 39:42je suis en quête de déboucher.
- 39:45Tout ce que je fais pour voir,
- 39:46de chercher,
- 39:47c'est quoi le débouché de cette production-là.
- 39:51Donc,
- 39:52oui,
- 39:52j'en utilise beaucoup dans mes ateliers.
- 39:54C'est sûr,
- 39:54c'est juste ça que j'utilise dans mes ateliers,
- 39:56mes plantes.
- 39:57Mais tu sais,
- 39:57il y a une bonne partie qui passe là.
- 39:59Mais j'ai développé aussi des kits do-it-yourself que,
- 40:02cette année,
- 40:03j'ai commencé à placer dans plusieurs boutiques.
- 40:05Ça fait que ça,
- 40:05c'est le début de cette mise en marché-là.
- 40:13J'aime beaucoup.
- 40:14cette mise en marché-là parce que c'est encore le lien direct avec les clients qui ne sont plus juste liés à Mont-Jardin,
- 40:22mais un peu plus loin,
- 40:22à Montréal.
- 40:24Ça permet des moments créatifs en famille.
- 40:28Pour moi,
- 40:28ça donne tout le sens de ce que je fais encore.
- 40:33J'écoute.
- 40:35Le plaisir que j'ai avec ça,
- 40:37risque de diriger beaucoup mon projet.
- 40:41À comparer à vendre à des designers,
- 40:43oui,
- 40:43c'est le fun,
- 40:44mais il me manque la partie démocratique qui me fait vraiment vibrer.
- 40:49Donc,
- 40:49quand même pour les ateliers,
- 40:54je donne des ateliers au jardin,
- 40:56mais le fait que je suis à à peu près 5 heures de route de Montréal ou des grands centres,
- 41:03ça fait quand même un peu loin.
- 41:04Il y a beaucoup de monde l'été qui viennent,
- 41:07qui profitent des vacances,
- 41:08mais c'est...
- 41:09C'est quand même un aspect limitant.
- 41:13Donc,
- 41:14ça m'arrive beaucoup de me déplacer aussi pour aller faire des formations.
- 41:18Donc là,
- 41:19je suis allée à trois places depuis février pour faire des formations.
- 41:26Voilà,
- 41:26puis dans le fond,
- 41:27je développe.
- 41:29J'essaie de faire venir le plus possible les gens au jardin.
- 41:32Donc,
- 41:32cette année,
- 41:33j'essaie des formules.
- 41:35d'ateliers plus démocratiques encore,
- 41:38vraiment moins techniques,
- 41:39de martelage de fleurs,
- 41:42d'extraction au sel,
- 41:44pour que ça ne coûte pas cher et pour que,
- 41:47ici,
- 41:47dans ma région,
- 41:48c'est quand même touristique.
- 41:49Fait que pour qu'il y ait une petite activité d'après-midi créative,
- 41:55plaisante,
- 41:55mettons.
- 41:57Puis,
- 41:58à la fin,
- 41:59je commence à faire un festival des teintures végétales aussi.
- 42:03Fait que c'est...
- 42:04trouver ce genre de démarche-là qui peut faire une communauté autour du jardin.
- 42:12Donc,
- 42:12à la partie...
- 42:13D'accord.
- 42:14Non,
- 42:14non,
- 42:14j'allais te dire ce qui m'a étonnée.
- 42:18Vas-y,
- 42:18vas-y.
- 42:18C'est à toi.
- 42:19Vas-y,
- 42:19vas-y.
- 42:20Non,
- 42:20non,
- 42:20mais...
- 42:21C'est à moi.
- 42:23On va y arriver.
- 42:24Vas-y,
- 42:24Dalia,
- 42:25c'est à toi.
- 42:25Tu me fais un pouce concernant moi.
- 42:28J'y vais.
- 42:28Il y avait la partie kit,
- 42:31mais il y a eu au début la partie semences,
- 42:34parce qu'ici,
- 42:35dans ma région,
- 42:35il n'y avait pas beaucoup de semences.
- 42:37C'est pas du tout,
- 42:38mais là,
- 42:38je ne suis pas semencière dans la vie.
- 42:44Je ne vais pas aller vers là.
- 42:45Là,
- 42:46je sens qu'il y a certains semenciers qui commencent à avoir l'indigo.
- 42:48C'était surtout les semences d'indigo qui manquaient à la persicaria tanctoria.
- 42:52Là,
- 42:52il y a certains bons semenciers qui commencent à les faire.
- 42:56Pour moi,
- 42:57cette partie-là,
- 43:00je peux la laisser.
- 43:01Maintenant que je sens que la relève est là,
- 43:05mon gagne-pain n'est pas là.
- 43:07Mais ce qui me motive beaucoup...
- 43:11Dans la persicar,
- 43:12je pense qu'une des choses qui me démarque,
- 43:17c'est que je favorise la mise en vente ou la connaissance de l'utilisation de la persicaria tectoria à partir de feuilles sèches.
- 43:25Puis,
- 43:26pour moi,
- 43:26c'est une inspiration que j'ai eue des Américains.
- 43:30Tu sais,
- 43:31dans l'idée d'autonomie de création,
- 43:34c'est plus juste textile,
- 43:36mais d'autonomie de création.
- 43:38Je pense qu'utiliser les feuilles sèches de la persicaria tinctoria,
- 43:43ça permet à tout le monde de voir cette magie-là d'extraction.
- 43:49Puis l'utiliser quand c'est sèche,
- 43:50c'est beaucoup plus facile que d'apprendre à faire les extraits.
- 43:54Mais donc,
- 43:55c'est une belle porte d'entrée.
- 43:57Puis par la suite,
- 43:58on peut aller vers l'extraction à petit volume,
- 44:00tout ça.
- 44:00Puis ça,
- 44:01je trouve que les Américains ont...
- 44:04Ils ont une vision de ça.
- 44:05Ça devient très rassembleur aussi.
- 44:08Puis ça a beaucoup d'histoire aux États-Unis,
- 44:10quand même,
- 44:11la culture de l'indigo,
- 44:12le politique.
- 44:13Donc,
- 44:14je trouve que c'est quelque chose qui me nourrit beaucoup.
- 44:17Puis je trouve ça important,
- 44:19cette autonomie-là.
- 44:20Parce que quand j'étudiais en métier d'art,
- 44:22ceux qui faisaient de l'indigo,
- 44:24moi,
- 44:24ça ne m'interpellait pas.
- 44:26L'indigo,
- 44:27entre autres,
- 44:27parce que c'était donc compliqué.
- 44:30Puis si tu...
- 44:31on devenait bon en indigo,
- 44:32il y avait quelque chose de presque sectaire,
- 44:34quelque chose que,
- 44:35moi,
- 44:35je maîtrise cette cuve-là puis que c'était pas accessible.
- 44:40Puis pour moi,
- 44:41la culture de la persicaria puis l'utilisation avec le sel,
- 44:44l'utilisation...
- 44:45Tout ça,
- 44:45ça démocratise,
- 44:47ça sort des élites artistiques,
- 44:51puis tout le monde peut le faire.
- 44:53Puis même dans l'histoire,
- 44:56à cause du commerce,
- 44:57il fallait extraire le pigment pour l'utiliser,
- 44:59mais ça nous a enlevé ce rapport-là à la plante.
- 45:04Je pense que pour moi,
- 45:07c'est comme fondamental.
- 45:08Il y a quelque chose d'important dans ça.
- 45:13se réapproprier ce pouvoir-là.
- 45:15Je comprends.
- 45:16Et ce que je voulais te dire,
- 45:17c'est que quand tu disais tout à l'heure que pour extraire l'indigo,
- 45:20il n'y avait personne pour vous aider,
- 45:22pour vous former,
- 45:23etc.,
- 45:24nous,
- 45:24en France,
- 45:25je pense que tu le connais,
- 45:26c'est Michel Garcia qui a aidé pas mal d'agriculteurs et d'agricultrices dans l'extraction de cet indigo,
- 45:36que ce soit pour le pastel,
- 45:37pour la persiquaire,
- 45:38ou pour même des indigotiers un peu tropicaux,
- 45:41nous,
- 45:42dans les dom-toms,
- 45:42tu sais.
- 45:43mais ce qui me frappe c'est que entre nous et vous on est un peu dans les mêmes quêtes c'est-à-dire que toi tu cherches aussi des débouchés à tes plantes tu cherches aussi à fédérer à en parler à démocratiser et en fait il y a beaucoup de personnes en France qui ont des jardins tanctoriaux qui le font soit d'un côté pédagogique pour les enfants pour les adultes pour former etc.
- 46:10mais c'est vrai que les
- 46:11grosses entreprises ne se saisissent pas de cette connaissance de parfois ces agriculteurs qui font des plus grosses quantités.
- 46:20En tout cas,
- 46:21c'est très naissant,
- 46:22ça débute,
- 46:22c'est vraiment lent.
- 46:24Et donc,
- 46:24je suis étonnée de voir que pour toi aussi,
- 46:27c'est un peu ce qui ressort.
- 46:28Et ce que je voulais te demander comme question hyper naïve,
- 46:32c'est la couleur végétale au Canada,
- 46:34au sens large,
- 46:36vous en êtes où ?
- 46:38C'est avancé,
- 46:39pas avancé ?
- 46:40Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ?
- 46:43Bien,
- 46:44c'est comme,
- 46:45je pense,
- 46:45moins avancé que chez vous,
- 46:47parce qu'il n'y a pas tous ces gens qui connaissent ça industriel.
- 46:51Il n'y a personne industriel au Canada dans les teintures végétales,
- 46:55tu sais,
- 46:56qui cultive,
- 46:57qui fait la matière première.
- 46:59Puis au Canada,
- 47:00tu sais,
- 47:00c'est grand le Canada.
- 47:02Moi,
- 47:03je parle en français,
- 47:04je suis francophone,
- 47:05puis il y a toute la partie anglophone,
- 47:06ce qui fait qu'il n'y a,
- 47:07veut,
- 47:07veut pas,
- 47:08une division.
- 47:09Ce que moi,
- 47:10je te dis,
- 47:10c'est une francophone dans mon milieu francophone qui regarde un peu le reste du Canada,
- 47:16mais je ne fais pas partie de cette gang-là,
- 47:19à cause de la différence de langue.
- 47:23C'est sûr qu'il y a certains liens entre des projets ou tout ça,
- 47:26mais je pense qu'il y a vraiment une division.
- 47:28Donc,
- 47:29je ne sais pas.
- 47:30Pour être honnête,
- 47:30je ne pourrais pas parler de ce qui se passe vraiment,
- 47:34tous les projets dans le reste du Canada,
- 47:35puis entre l'Ouest canadien de la Colombie-Britannique.
- 47:39le plus central,
- 47:41l'Ontario qui est très dynamique aussi puis les maritimes.
- 47:44Déjà là,
- 47:45les maritimes,
- 47:45c'est plus près.
- 47:47De chez moi,
- 47:48du Kamouraska,
- 47:50ça reste immense et très divisé.
- 47:54Donc,
- 47:54tu sais,
- 47:55au Québec,
- 47:56moi,
- 47:56il n'y a pas...
- 47:58Il n'y a pas...
- 47:59Si je suis la plus grande productrice,
- 48:01ça veut dire qu'il n'y en a pas.
- 48:03C'est pas pour me dénigrer,
- 48:04mais c'est pour mettre en réalité.
- 48:06Mais le plan d'indigo,
- 48:07c'est moi qui en a le plus.
- 48:09Ça montre qu'est-ce qui se passe au Québec.
- 48:12On est là.
- 48:12Il n'y a personne qui sait comment l'extraire.
- 48:15Il n'y a personne qui sait comment l'utiliser.
- 48:16Ça,
- 48:17c'est la réalité ici.
- 48:20Peut-être que dans l'Ouest canadien,
- 48:22on a la chance quand même d'avoir Maïwa dans le partage des connaissances.
- 48:29Mais Maïwa,
- 48:31elle n'est pas avec la ruralité canadienne.
- 48:34Elle a plein de...
- 48:36Je pense qu'au niveau des formations,
- 48:37c'est vraiment...
- 48:38pertinent.
- 48:40Son lien avec l'Inde,
- 48:41c'est vraiment pertinent,
- 48:43mais son projet,
- 48:43il ne peut pas répondre nécessairement à tous les besoins.
- 48:46Donc,
- 48:46la partie locale,
- 48:48tu sais,
- 48:49ça serait fantastique que je puisse vendre mes plantes à Maïwa pour qu'elle ait un volet local.
- 48:54Tu sais,
- 48:54Botanical Color aux États-Unis,
- 48:56ils ont ça,
- 48:57de la garance locale un peu.
- 48:58Tu sais,
- 49:00je pense qu'on a encore ces liens-là à la femme puis je crois que c'est ralenti par le fait qu'on parle...
- 49:05pas la même langue,
- 49:05puis parce qu'on est allé aux extrémités du pays.
- 49:09Puis moi aussi,
- 49:09il faut que j'apprenne à grossir,
- 49:12tu sais,
- 49:12à mon métier,
- 49:14là,
- 49:14de cultivatrice.
- 49:15On comprend que je viens des métiers d'art,
- 49:17donc je viens pas d'une famille d'agriculteurs,
- 49:20là.
- 49:21Donc,
- 49:22cette réalité-là.
- 49:23Puis,
- 49:23j'en vois pas d'autres qui fait,
- 49:27même du Canada anglais,
- 49:28mettons,
- 49:28qui fait ces liens-là avec Maywa.
- 49:30Mais ça veut pas dire qu'elle est pas ouverte,
- 49:32c'est juste qu'il faut,
- 49:32à un moment donné...
- 49:34peut-être frappé à sa porte pour le demander ou quelque chose comme ça.
- 49:38D'accord,
- 49:40OK.
- 49:41Puis sinon,
- 49:43ici,
- 49:43c'est sûr que le fait qu'on est en Amérique,
- 49:45il y a une inspiration du mouvement Fibershed qui vient des États-Unis,
- 49:50donc dans l'autonomie textile dans un territoire donné.
- 49:53C'est sûr que notre réalité,
- 49:55le fait qu'on est dispersé dans un très grand territoire,
- 49:58tu sais,
- 49:58les 200 kilomètres autour,
- 50:01c'est pas réaliste pour chez nous.
- 50:03Donc,
- 50:03on pense peut-être plus en province.
- 50:05Il y a cette réalité-là de l'espace.
- 50:11Je sais qu'il y a peut-être trois,
- 50:14quatre cellules Fibershame qui ont été faites.
- 50:17Il y en a une au Manitoba,
- 50:19qui est une province au Canada assez centrale,
- 50:22dans le centre du Canada,
- 50:23je veux dire.
- 50:24Elle,
- 50:24je la vois beaucoup,
- 50:25très dynamique,
- 50:26où les couleurs végétales sont mises en valeur.
- 50:30Celle au Québec,
- 50:31elle est naissante.
- 50:32Donc,
- 50:34on commence les activités,
- 50:35on s'est rencontrés,
- 50:37je pense qu'on a fait le travail de savoir.
- 50:40quelles sont les fibres qu'on veut valoriser en lien à notre territoire,
- 50:44qu'est-ce qui est réaliste.
- 50:47Tu sais,
- 50:47les couleurs végétales,
- 50:49la réflexion sur les couleurs végétales n'était même pas là au début de cette cellule-là,
- 50:54mais le fait que,
- 50:54tu sais,
- 50:56moi et d'autres,
- 50:57on a participé aux premières rencontres,
- 50:59puis qu'on a juste dit,
- 51:00ben,
- 51:00nous autres,
- 51:01on ne veut pas travailler sur les laines,
- 51:03ni sur le lin,
- 51:03nous,
- 51:04c'est le champ,
- 51:05on veut travailler sur les couleurs.
- 51:08Le monde,
- 51:08au début,
- 51:08n'avait pas réalisé qu'il y avait ce volet-là aussi.
- 51:11Là,
- 51:11il est inclus maintenant.
- 51:12On va voir ce qui va se passer,
- 51:14mais c'est encore trop au début pour dire qu'il y a un impact.
- 51:19Mais il y a des initiatives individuelles quand même au Québec de certains chercheurs ou professeurs universitaires qui commencent,
- 51:32qui créent des petits réseaux,
- 51:33qui ne sont pas FibreShed,
- 51:34mais qui travaillent sur les mêmes sujets.
- 51:37Et tu as notamment,
- 51:38là où on s'était vu en février,
- 51:41Vanessa,
- 51:42dont j'oublie tout le monde dans la famille.
- 51:44C'est ma prochaine.
- 51:48Voilà,
- 51:48merci.
- 51:49Est-ce que tu peux raconter un petit peu,
- 51:51toi,
- 51:52ce que tu viens faire dans ce projet ?
- 51:54Et puis plus largement,
- 51:55quelles sont tes collaborations,
- 51:57tes partenariats ?
- 51:58Comment tu fais pour faire démarrer la couleur végétale au Québec avec tes moyens ?
- 52:05de nous raconter ça.
- 52:07Mais premièrement,
- 52:08avec Vanessa,
- 52:09pour moi,
- 52:09cette rencontre-là,
- 52:10Vanessa,
- 52:11elle est ce que j'en comprends.
- 52:13Je peux avoir fait des erreurs dans ma compréhension de l'histoire,
- 52:16mais ce que j'ai compris,
- 52:18c'est qu'elle est doctorante.
- 52:20Elle finit son doctorat en...
- 52:23Le sujet,
- 52:23c'est sûr,
- 52:24la toxicité des couleurs,
- 52:25ou lié à ça.
- 52:26Puis elle a eu une bourse pour...
- 52:30pour démocratiser sa recherche,
- 52:33communiquer mieux sa recherche.
- 52:35Donc,
- 52:35elle a une série d'articles qu'elle a écrits pour,
- 52:40dans le fond,
- 52:40ouvrir son sujet de recherche à la population du Québec,
- 52:43ce qui est très bien pour nous.
- 52:45Puis,
- 52:45dans ce cadre-là,
- 52:47elle a fait comme un symposium ou une rencontre avec certains acteurs,
- 52:54canadiens,
- 52:54ce qui était vraiment québécois,
- 52:56canadiens,
- 52:57mais aussi à travers le monde.
- 52:59On a eu le bonheur et la chance d'avoir Dominique Cardon avec nous,
- 53:04ce qui était un honneur pour moi.
- 53:06Et plein d'autres personnes aussi que je ne vais pas toutes les nommer parce que je ne veux pas en oublier.
- 53:10Pour moi,
- 53:14c'était la première fois qu'il y avait une rencontre au Canada sur la teinture,
- 53:21les projets en lien à la teinture végétale.
- 53:24Il y avait beaucoup de personnes qui étaient des universitaires,
- 53:29puis d'autres personnes,
- 53:30deux,
- 53:30trois autres personnes qui étaient plus dans la pratique.
- 53:33Donc,
- 53:33là,
- 53:33il y avait mon projet de culture,
- 53:36mais aussi une autre personne qui fait de
- 53:38Nadia, qui est des projets de jardin communautaire à Montréal.
- 53:43Donc,
- 53:43il y avait,
- 53:44c'était la première fois,
- 53:45mais Nadia,
- 53:45je ne la connaissais pas.
- 53:46Là,
- 53:46on s'est reparlé par la suite parce que ça allait créer ces premiers liens-là,
- 53:50donc Rachel avait connu.
- 53:52à Toronto aussi.
- 53:54On ne savait pas.
- 53:55Ces premiers liens,
- 53:57pour moi,
- 53:57ça a été vraiment un privilège et un plaisir d'être là.
- 54:01D'autant plus que
- 54:03Vanessa m'avait bien fait mon petit jardin et j'ai acheté un cercle.
- 54:08Alors,
- 54:08du coup,
- 54:10je vais t'en poser une entre deux.
- 54:12Du coup,
- 54:12il faudra que tu me donnes
- 54:13Nadia, Rachel,
- 54:14où elle se situe.
- 54:16au Canada,
- 54:17vu que c'est grand et je vais m'intéresser à la géographie,
- 54:20parce que tu as raison,
- 54:21vous n'avez pas les mêmes liens de proximité,
- 54:25tout ça,
- 54:25c'est différent.
- 54:26Je voulais te poser une question,
- 54:27avant de parler des partenaires avec qui tu travailles et comment tu fais grandir la couleur végétale,
- 54:33avec ton jardin,
- 54:35moi,
- 54:35ce que je voudrais savoir,
- 54:36c'est où est-ce que tu trouves aujourd'hui
- 54:38tes infos,
- 54:39si tu n'as pas d'infos sur l'extraction de l'indigo si tu sais pas comment d'autres font des jardins,
- 54:45est-ce que par exemple est-ce que par exemple toi tu écoutes les épisodes du podcast,
- 54:49est-ce que toi ça t'apprend des choses,
- 54:51le podcast à récouvrir,
- 54:52ou est-ce que tu lis,
- 54:53est-ce que t'as des autres sources,
- 54:55moi ça m'intéresse vachement que tu me dises ça Dalia parce que je me dis tu vois là j'ai pensé,
- 54:59je me suis dit ah faudrait que je regarde les écoutes que j'ai au Canada pour ceux comme tu dis,
- 55:03la partie qui parle français est-ce que c'est des choses qu'ils cherchent ou pas,
- 55:07j'aimerais bien
- 55:08avoir ton retour là-dessus.
- 55:09D'accord,
- 55:09donc cette source-là.
- 55:11Non,
- 55:11mais c'est intéressant de connaître vos sources,
- 55:14ce que vous regardez,
- 55:15comment vous essayez de trouver l'info et tout.
- 55:17Moi,
- 55:17je trouve ça hyper intéressant.
- 55:18Est-ce que du coup,
- 55:19maintenant,
- 55:19on peut revenir à tes partenaires ?
- 55:21Donc,
- 55:22avec qui tu collabores au Canada,
- 55:24au Québec,
- 55:25pour faire grandir la couleur végétale ?
- 55:29Donc,
- 55:29on a parlé de Vanessa,
- 55:30qui est chercheuse.
- 55:32Vous êtes encore en train de regarder comment vous allez faire exposer cette théorie.
- 55:37Oui.
- 55:41d'accord ok est-ce qu'on peut passer aux questions un peu tu sais en mode ping pong questions plus courtes plus rapides sur les les personnes qui toi t'inspirent aujourd'hui dans ta pratique sur la couleur végétale est-ce que tu pourrais citer deux trois noms collectifs
- 55:58il faudra que tu me retrouves il faudra que tu me retrouves son contact je trouve pas amisation
- 56:06C'est ce qu'ils font en France.
- 56:11C'est vraiment ce qu'on est en train de faire en France.
- 56:12Tu vois,
- 56:12tu as une teinturière qui est à la base sur le costume,
- 56:17tu sais,
- 56:18de théâtre,
- 56:18etc.,
- 56:19qui teint en végétal,
- 56:20qui a finalement créé une formation au Greta sur la teinture végétale pour faire vraiment une formation où tu as tous les meilleurs de France.
- 56:31t'as Michel Garcia,
- 56:32Dominique Cardon,
- 56:34Clément Bautier,
- 56:35etc.
- 56:35Et c'est une formation sur,
- 56:36je pense,
- 56:37un mois complet non-stop pour que quand tu sors de là,
- 56:40tu sois...
- 56:40Bon,
- 56:41après,
- 56:41il faut pratiquer.
- 56:42Mais t'as toute la théorie,
- 56:43toutes les astuces pour tout réussir.
- 56:46Après,
- 56:46tu vois,
- 56:46il y a aussi,
- 56:47nous,
- 56:47notre regroupement.
- 56:48Donc,
- 56:48à Recover,
- 56:49c'est le podcast,
- 56:50mais t'as aussi toutes les tables rondes qu'on fait à côté.
- 56:53Et donc,
- 56:53on a une table ronde sur les teinturières.
- 56:56Et c'est exactement ce que tu viens de dire,
- 56:58c'est qu'il y a plein de teinturières qui m'ont dit...
- 56:59Pauline,
- 57:00il faut absolument qu'on trouve comment professionnaliser notre pratique de la teinture pour répondre aux codes des plus grosses marques ou un peu coller à l'industrie,
- 57:08dans le sens,
- 57:10tu sais,
- 57:10répondre aux tests qualité,
- 57:12aux tests lumière,
- 57:13etc.
- 57:13Donc,
- 57:13on est en train de voir comment faire passer des tests de qualité,
- 57:18mais en collectif pour qu'il y ait des réductions de prix.
- 57:21Que,
- 57:21tu vois,
- 57:22les 50 à 80 teinturières en végétal en France qui se regroupent,
- 57:26eh bien,
- 57:26on est des tarifs préférentiels.
- 57:28Donc,
- 57:28on est en train de faire ça,
- 57:29tu vois,
- 57:30sous forme de partage.
- 57:32C'est des tables rondes où tout le monde vient,
- 57:33on ramène,
- 57:34entre guillemets,
- 57:35nos problématiques et on essaye collectivement de trouver une solution d'une date à une autre.
- 57:40Tu vois,
- 57:40la prochaine,
- 57:41c'est fin mai.
- 57:42L'idée,
- 57:42c'est que d'ici fin mai,
- 57:43on ait répondu à tout ça.
- 57:45Donc,
- 57:45j'aime beaucoup ce que tu pointes du doigt,
- 57:48de répondre en collégial,
- 57:50répondre en collectif,
- 57:52essayer de rassembler,
- 57:54tu vois,
- 57:54parce que c'est vraiment ce que j'essaye de faire.
- 57:56au-delà des épisodes de podcast où je viens,
- 57:59entre guillemets,
- 58:00vous passez votre savoir à vous,
- 58:02votre témoignage,
- 58:03ce que vous avez envie de dire.
- 58:04Et aussi,
- 58:05derrière,
- 58:05c'est toutes ces tables rondes où on met les gens en commun.
- 58:07Et je suis très contente que tu pointes ça du doigt,
- 58:09parce que finalement,
- 58:10c'est vrai qu'en écoutant ce que tu dis,
- 58:12je me dis,
- 58:12tu vois,
- 58:14autant moi,
- 58:14je ne suis pas une technicienne,
- 58:15c'est-à-dire que j'ai été faire les formations de Michel Garcia,
- 58:18il m'en reste une à faire,
- 58:19mais je comprends la théorie.
- 58:22Mais moi,
- 58:23mon sens à moi,
- 58:24c'est le collectif,
- 58:24c'est comment...
- 58:25venir parler de la couleur végétale en France.
- 58:28Et j'essaye de m'ouvrir,
- 58:29alors d'abord aux pays francophones.
- 58:31On a eu Marie Lébain au Canada,
- 58:33on a eu toi,
- 58:33j'espère qu'on en aura d'autres.
- 58:35Et après,
- 58:36passer sur l'anglais,
- 58:37mais bon,
- 58:37pareil,
- 58:38comme tu dis,
- 58:38il y a une barrière,
- 58:39la langue,
- 58:40il faut savoir bien s'exprimer dans la langue pour comprendre toutes les nuances du végétal.
- 58:45Mais voilà,
- 58:45je suis très contente que tu pointes ça du doigt parce que ça me touche,
- 58:48clairement ça me touche.
- 58:49C'est vrai que c'est ce qu'on disait,
- 58:52mais tu m'as...
- 58:52Exactement,
- 58:54exactement.
- 58:59Est-ce que tu as des livres ou des comptes Instagram à nous recommander,
- 59:03si tu devais en citer quelques-uns,
- 59:05à qui tu penses comme source d'inspiration ?
- 59:09La question que je te pose,
- 59:10c'est à qui toi tu aimerais passer ton micro ?
- 59:13C'est-à-dire,
- 59:14dans le podcast,
- 59:16chaque invité dit à qui il aimerait passer le micro pour continuer à découvrir des choses sur le podcast
- 59:23Haricot Vert.
- 59:23À qui tu penses,
- 59:24toi ?
- 59:25qui t'aimerait que je rencontre ?
- 59:27Je pense maman à Fille.
- 59:29Je dois être loyale.
- 59:31Je me note Myriam.
- 59:33Mais sinon,
- 59:36Régine,
- 59:36comment elle implique ses étudiants.
- 59:38D'accord,
- 59:38ok.
- 59:39Donc,
- 59:39Myriam et
- 59:40Régine que je vais contacter,
- 59:43est-ce que,
- 59:44Dalia,
- 59:44il y a des choses dont on n'a pas parlé que tu aurais aimé parler avant qu'on ne se quitte ?
- 59:49Vive le bon sens de l'us avec les plantes.
- 59:53C'est une super belle phrase de conclusion.
- 59:55Écoute,
- 59:56je voudrais te remercier franchement d'avoir pris le temps.
- 59:59On a vraiment parcouru plein de choses sur ton parcours.
- 1:00:02parcours,
- 1:00:02sur le jardin,
- 1:00:03les débouchés et voir que les questions sont globalement les mêmes qu'en France,
- 1:00:06qu'on a vraiment cette envie de rendre ça collégial et que les gens y aillent et que ça se démocratise.
- 1:00:12Donc merci beaucoup à toi Dalia et puis écoute,
- 1:00:15je contacte Myriam et Régine pour la suite de l'aventure au Canada.
- 1:00:19Je m'excuse,
- 1:00:22oui.
- 1:00:22Mais tu vois,
- 1:00:23alors je rebondis sur ton souhait,
- 1:00:25c'est que moi ma vocation,
- 1:00:27je te l'ai dit,
- 1:00:28c'est d'ouvrir aux autres
- 1:00:30déjà francophone et après passer à l'anglais pour encore plus ouvrir.
- 1:00:34Mais oui,
- 1:00:35effectivement,
- 1:00:36tu vois,
- 1:00:36je me dis que finalement,
- 1:00:37le podcast et tous les à-côtés d'Arrêco Vert proposent quand même déjà pas mal de choses,
- 1:00:42tu vois.
- 1:00:43J'ai dix épisodes sur la culture des plantes tectoriales,
- 1:00:47les jardins.
- 1:00:48J'ai une dizaine d'épisodes sur la formation,
- 1:00:51la professionnalisation,
- 1:00:53tu vois.
- 1:00:53Et en fait,
- 1:00:54je me dis,
- 1:00:54tu vois,
- 1:00:55ça me fait du bien cet épisode,
- 1:00:56comme je te dis,
- 1:00:56c'est la reprise pour moi aujourd'hui dans les enregistrements.
- 1:00:59ça me fait du bien parce que tu as touché plusieurs choses du doigt.
- 1:01:02La première,
- 1:01:03c'est le collaboratif.
- 1:01:05Et c'est vraiment quelque chose qui m'anime.
- 1:01:06Donc,
- 1:01:07ça m'a perturbée dans notre échange.
- 1:01:09Et là,
- 1:01:09ce que tu dis,
- 1:01:10ça me touche parce que oui,
- 1:01:11c'est aussi une volonté.
- 1:01:12Tu vois,
- 1:01:13c'est de…
- 1:01:14Si la France est en avant là-dessus,
- 1:01:16mais est en retard dans d'autres choses,
- 1:01:17autant qu'on arrive à chacun s'aider.
- 1:01:20Tu vois,
- 1:01:20et donc je trouve ça super cool de finir cet épisode là-dessus,
- 1:01:24de vraiment mailler.
- 1:01:26Et n'hésite pas en tout cas si tu…
- 1:01:28Si tu as des gens au Canada,
- 1:01:29au Québec,
- 1:01:30à qui tu penses,
- 1:01:31en plus de Régine et Myriam,
- 1:01:33à voir comment on peut faire quelque chose.
- 1:01:35Je vais essayer de contacter Vanessa aussi pour voir comment on peut monter quelque chose.
- 1:01:39J'aimerais vraiment qu'elle puisse parler de tout ce qu'elle fait.
- 1:01:43Ce serait chouette.
- 1:01:44Je pense que c'est une bonne idée.
- 1:01:45Oui,
- 1:01:45absolument.
- 1:01:47Bon,
- 1:01:48top.
- 1:01:48Écoute,
- 1:01:49Dalia,
- 1:01:49je te dis encore un grand merci.
- 1:01:52Et puis,
- 1:01:54on se garde en lien avec le Canada et le Québec pour continuer tout ça.
- 1:01:57Je suis sûre que ça va continuer à prendre.
- 1:02:00Merci beaucoup,
- 1:02:00Dalia.
- 1:03:13Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram Artecovert,
- 1:03:18A-R-T-E-C-O-V-E-R-T,
- 1:03:21pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:03:24Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 1:03:32C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:03:37Merci à tous ! Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale nuances indigo