Latest / Vies et Voix | Les Interviews de Lila / Valérie : changer de métier à deux !
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- « Valérie : changer de métier à deux ! » Introduction sur fond musical : Lila : Se plaire dans son activité professionnelle, à la fois y trouver du plaisir et aussi se sentir valorisé par ce que l'on fait ! Une quête pour la plupart d’entre nous qui occasionne bien souvent des changements. Bienvenue dans ce podcast « Vies et Voix, les interviews de Lila » pour parler de ses choix pros. Je suis Lila. Pour chaque épisode, j’inviterai un témoin proche de vous, de moi pour nous raconter son parcours. Nos témoins ont un point commun. Ils se sont fait confiance pour se donner des chances. Ils ont choisi de penser que rien n’était joué ! Pour cet épisode, notre invitée, Valérie Priour obtient un diplôme en qualité en 1998 suite à une maîtrise de psycho. Au sein de la direction parisienne d’un grand groupe énergétique, elle participe au lancement de la démarche Qualité et de l’application de la norme environnementale. Puis elle évolue vers un métier qui se crée. Elle devient responsable de développement durable et enfin responsable RSE. 22 ans plus tard, elle quitte son employeur pour revenir en Région et se lance dans une aventure en couple autour d’un projet multifacette alliant la restauration à un volet culturel et associatif. Comment a-t-elle réussi ce changement de cap ? Comment a-t-elle fait ses choix ? Sur qui, sur quoi s’est-elle appuyée ? Nous nous rencontrons sur l’Ile d’Oléron. Elle s’est installée dans la commune de mon enfance et m’accueille dans une des salles de son restaurant. Lila : Bonjour Valérie. Valérie : Bonjour Lila. Lila : Merci d'avoir accepté de nous livrer votre témoignage. Je vous propose de commencer par nous dire qui vous êtes enfant et ce qui vous intéresse. Valérie : J'ai grandi une grande partie de mon enfance et adolescence aux Antilles. C'était des années douces au bord de l'eau, à la chaleur, en famille. Et après, je suis revenue à l'âge de 14 ans à Toulouse. À l'époque, il n’y avait pas les réseaux sociaux donc on revient, on connaît plus la musique, la mode. Voilà, c'était donc une année compliquée. Et puis, après on s'adapte. Je reste à Toulouse, je passe mon bac et je fais des études de psychologie à la fac de Toulouse où j'obtiens ma maîtrise. J'avais pris une spécialisation en interculturel mais c'est un secteur assez bouché. Donc je me posais des questions. Je tente le concours de professeur des écoles mais sans grande conviction. Et en fait, j'ai découvert une école, c'est l'Institut Européen de la Qualité Totale, volet qualité et environnement. J'avais un profil un peu atypique. Alors, j'ai fait option services. En 97, 98, très peu d'entreprises étaient encore sur la qualité, excepté peut-être l'automobile et un peu l'agroalimentaire, mais en tout cas tout ce qui est service, il n'y était pas du tout. Pour finir mon diplôme, j'ai dû chercher un stage de fin d'études et j'ai trouvé un stage dans le groupe EDF GDF services à Paris. J'ai pu valider mon diplôme à l'issue de ce stage. Intermède musical Lila : Et après cette formation, quel est votre parcours ? Valérie : Donc à l'issue du stage, ils ont souhaité me garder en intérim pendant 1 an. Donc là, j'ai fait plus du marketing parce que la qualité, ça arrivait doucement. Et en janvier 2000, j'ai été embauchée en tant qu’ingénieur qualité pour EDF-GDF services à Paris. Donc je mets en place tout le système qualité avec les normes ISO sur le volet électrique et gaz. On voulait se faire certifier ISO 9001, certification que l'on a eue. Alors ça je l'ai fait de 2000 à 2005 à peu près. Sachant qu'entretemps est venue se greffer la démarche environnementale, 14001. Progressivement, on a dû inclure dans nos process, le volet environnemental. On a aussi été certifié 14001. Après, j'ai mon deuxième enfant, une fille. Je reprends très peu mon poste et j'ai mon 3è enfant, une deuxième fille. Comme mes filles ont 14 mois d’écart et que j'avais aussi mon garçon que j'ai eu en 2002, j'ai souhaité prendre un congé parental pour les élever en fait et j'ai repris en 2009. À mon retour, il y a eu l’ouverture des marchés avec X fournisseurs d'énergie. Moi, je fais le souhait de rester sur la partie de la distribution ERDF qui aujourd'hui s'appelle Enedis. Je connaissais déjà, il y avait une équipe qui s'occupait un peu de solidarité avec la ville de Paris. J'ai vu avec mon directeur, il y avait un peu tout à construire. Il m'a fait confiance et donc j'ai pu prendre le poste de responsable développement durable. Dans le développement durable, on entend le volet social, sociétal et environnemental, en fait. Au tout début, c'était quand même plus des actions sur le volet social et sociétal avec des acteurs locaux comme des régies de quartier, monter des chantiers d'insertion avec des structures d'insertion, des structures adaptées et protégées. Voilà. Et donc moi, je devais avec les équipes, les techniciens, les chefs d'agence, se dire : Quelle est la plus-value si on met des actions avec des acteurs externes ? Par exemple, une action qui a été dupliquée sur l'ensemble de la France sur laquelle on a eu un trophée développement durable, c'est tout ce qui était lié au contrôle qualité des chantiers. Enedis c'est un acteur local. On fait des travaux pour améliorer le réseau et ça crée beaucoup de désagréments pour les riverains. J'ai travaillé avec une structure d'insertion. Donc il y avait une équipe un peu spécialisée que j'avais formée pour aller au plus près de ces travaux, aller discuter avec les Riverains, expliquer ce que l'on fait. Ce contrôle qualité, en fait, de chantier, il y avait une grille. Il fallait quand même qu'Enedis respecte un certain nombre de paramètres. Eux, ils veillaient un peu au bon maintien du chantier. Par exemple, il y a un chantier et des arbres, on doit protéger les arbres. Donc eux, ils avaient une grille et dès qu’il y avait des soucis, ils nous faisaient remonter et nous, on pouvait agir en conséquence pour redéployer des agents sur le terrain pour que ça soit conforme. Et moi, mon poste, il a évolué donc, de développement durable à la RSE, donc responsabilité sociétale entreprise. J'avais vraiment un poste à tiroirs, c'est à dire que je faisais du social, sociétal et environnemental, beaucoup de com. J'ai travaillé vraiment, en collaboration aussi avec la RH parce que notamment sur cette partie-là d'activité que nous, on ne faisait pas, en fait qu'on sous-traitait, j'ai réussi avec l'aide de chefs d'agence qui ont cru en nos actions, une direction qui a cru aussi aux actions, j'étais pas toute seule mais en tout cas moi je me suis énormément battue pour embaucher un certain nombre de personnes. Toutes ces embauches, quelque part, ça donnait sens à ce volet social et sociétal que je devais mener. Moi, j'ai vraiment pris ce travail en me disant, derrière, il faut qu’il y ait des actions qui soient pérennes. Donc à la fois où les partenariats duraient dans le temps et aussi s'il y a des profils intéressants, les embaucher. C'est comme ça qu'on est aussi, et reconnu comme un acteur du territoire, solidaire. Lila : En fait, vous avez eu des projets environnementaux aussi dès le début. Valérie : J'ai mené des actions en lien avec la biodiversité parce qu'en fait Paris est un acteur très engagé. Il y a eu des projets sur Parisculteurs et au tout début avec une association, j'ai mené un projet de jardin urbain en fait sur un toit d'un des sites d'Enedis et donc on a été un peu précurseur là-dessus et au final j'ai fait trois potagers urbains et une pépinière urbaine dans Paris intramuros. L'association avec laquelle j'ai travaillé a gagné beaucoup de prix ; ça a été énormément porteur. Lila : Votre responsabilité sur la RSE c'était des projets de quelle nature, finalement à l'arrivée enfin au fil du temps, c'était quoi ? Valérie : Au fil du temps ça a été 50/50 à peu près autant sur le volet social et sociétal. Donc je menais de front, je pense, on va dire une quinzaine de partenariats que je suivais et en parallèle tous les projets sur le plan climat et sur la biodiversité en fait. Intermède musical Lila : Donc Valérie, qu'est-ce qui vous amène à changer d'activité ? Valérie : Dans les gros groupes, Il faut souvent changer. Moi, j'étais restée déjà assez longtemps sur mon poste. Donc voilà, je m'interrogeais mais je ne trouvais pas vraiment quelque chose qui pouvait encore me plaire. Et puis il y a eu le Covid et donc on faisait, post Covid, 3 jours de télétravail. Mon travail c'était quand même beaucoup de lien social, aussi bien avec les partenaires qu'avec les élus et avec mes collègues. Et je me suis retrouvée quand même très isolée, ce qui me convenait pas du tout. Et en parallèle, c'est vrai que pendant le Covid, mon mari, c'était un peu un rêve d'acheter une colo et on avait acheté une maison. On avait une maison sur l'île d’Oléron depuis plusieurs années où on venait très régulièrement, même les weekends, on aimait beaucoup. Et puis ça faisait déjà quelques années qu’on s'interrogeait. Voilà, ça faisait presque 25 ans qu'on habitait Paris. Il a trouvé une colonie de vacances à vendre aux enchères. Il m'en a parlé. J'ai dit bon oui, pourquoi pas ? C'est son rêve, on a tous droit à des rêves. Donc laissons-le rêver. Voilà, j'étais d'accord pour écrire le projet. Donc le projet, c'était vraiment un lieu de vie qui nous ressemblait sur le papier, monter un restaurant, bar mais pas que ; parce qu'on n'est pas restaurateur mais c'était monter un lieu vivant, un lieu culturel animé et faire du logement à l'année et du logement pour les travailleurs saisonniers. On se lance dans la vente aux enchères sur internet. Donc c'est quand même très irréel acheter un bien aussi grand sur internet. Après plusieurs jours d'enchères, au final on a la colo, chose que j'y crois pas du tout. On appuie sur le bouton et elle est à nous. Donc là, je ne réalise pas vraiment. J'étais encore dans mon travail, mon mari avait encore son travail. Donc ça paraît un peu irréel sauf qu’après il faut réaliser parce qu’il y a un crédit qui s'annonce. Donc là, on se dit qu'est-ce qu'on fait ? Il va falloir quand même qu'on passe à l'action. Bon, on en avait quand même déjà un peu discuté avec nos filles. Ma plus grande était en seconde et ma dernière était en 4e et mon fils avait terminé ses études et nos filles, contre toute attente, ont été très partantes de venir à Oléron. Mais ma deuxième souhaitait faire au moins 2 ans dans un lycée pour se faire des amis. Donc j'ai eu très peu de temps pour me retourner et je leur ai dit «il faut me laisser deux, trois mois pour réfléchir ». Donc, j'ai réfléchi, je suis passée par tous les états, des états d'excitation, de peur parce que c'est un peu se jeter vers l'inconnu total. J'ai eu l'impression de quand même sauter du haut d'une falaise. Du coup, je suis partie de mon entreprise pour me lancer dans cette grande aventure d'une colonie de vacances sur l'île de l'Oléron. Intermède musical Lila : D'ailleurs, vous avez appelé votre activité la Colo and Co. Comment se passe votre installation ? Valérie : La première année, donc mon mari, il avait une entreprise, donc il fait des allers-retours. La semaine, il va à Paris travailler parce qu’il faut quand même qu'il y en ait un des deux qui gagne un peu d'argent. Moi, je suis ici avec mes filles et on attaque les travaux. On fait cinq petits logements à l'année et puis on rénove aussi les anciennes chambres de la colo. Donc la 2e année, faut qu'on fasse le poumon économique de l'activité, donc la partie bar resto. Là, c'est des travaux très lourds. On a une équipe bien évidemment, mais nous on y est aussi tous les jours. On fait ce qu'on peut à notre échelle. On s'est dit il faut qu'on ouvre le resto en avril 2023. De février à avril, tous les weekends, on était très entouré. On avait plein d'amis qui venaient nous aider pour peindre, pour faire des joints. Cet élan de solidarité, ça nous a quand même beaucoup porté dans notre projet. Et puis voilà, le 21 avril, on ouvre un restaurant sur lequel moi je m'étais dit je ne viendrai pas travailler. Dans tous les cas, ça sera mon mari mais pas moi. Parce qu'on n’avait pas envie de travailler ensemble. On avait peur surtout parce que on n’avait jamais travaillé ensemble. Plus le volet restauration qu'on ne connaissait pas. Puis bon in fine, petit à petit je suis venue, au bout de 2 mois, parce que les choses ont évolué et dans ma tête je pense que les choses ont évolué aussi. Puis, bon, une fois dans l'action en fait j'ai réussi à trouver là où je pouvais être, lui aussi et on est complémentaire, en fait. Lila : Depuis ce démarrage du restaurant, vous avez ouvert d'autres activités ? Valérie : Depuis l'an dernier, on est labellisé tiers-lieu. C'est le volet associatif de la Colo and Co. Donc ce label nous a permis d'avoir une subvention pour notamment équiper une partie de salles de coworking. Le tiers-lieu, c'est aussi sur le volet culturel. Donc l'an dernier, on a fait le premier festival BD sur l'île d'Oléron et on fait la 2è saison là, cette année, les 14 et 15 juin. Le tiers-lieu, c'est aussi, vu que c'est associatif, il y a tout un tas de bénévoles intergénérationnels. Il y a beaucoup de jeunes quand même sur l'ile d’Oléron qui ont envie de faire des choses et des belles choses. Il y a une toute une programmation, il y a le collectif NOPE. C'est aussi avec des jeunes femmes sur tout ce qui est lié aux violences faites aux femmes, aux actions très féminines. Il y a un festival clown aussi qui va se monter. Quand je dis tiers-lieu, on n'est pas nous uniquement à la manœuvre. Il y a d'autres personnes qui vont prendre le lead pour créer des actions culturelles. C'est des manifestations qui vont se passer ici. L'idée c'est d'offrir ces espaces à l'initiative de bénévoles au sein du Tiers-lieu. Lila : Est-ce que l'activité est viable pour vous aujourd'hui ? Valérie : Alors la partie restauration, oui, c'est viable. Oui, parce qu'on continue. Là, ça va être notre 4e saison. Maintenant, c'est compliqué parce que sur Oléron, on vit au rythme des saisons. Donc, on a une forte affluence effectivement l'été. C'est une activité qui ne peut pas être pérenne sur 12 mois de l'année. Donc, on ferme l'hiver parce qu'il y a trop peu de monde et puis bon, nous on est à Dolus. Donc, Dolus c'est quand même très, très calme. Et l'avant et l'après-saison, c'est chaque année en fait. On va dire qu'on dépend aussi beaucoup du beau temps. Ce n'est pas simple. Ce n'est pas simple parce qu'on a beaucoup de charges en fait. Donc oui, pour l'instant on s'en sort mais voilà, on fait attention. Lila : Est-ce que vous reviendriez en arrière ? Valérie : Alors non, franchement, je ne reviendrai pas en arrière. La première année, enfin les premiers mois de l'ouverture, je me suis dit "Mais qu'est-ce que … dans quoi je me suis embarquée ? Pourquoi j'ai fait ça ? Mais non, je ne reviendrai pas en arrière. Non, le fait quand même d'être à son compte, on a quand même une liberté d'action. Là, on est en train de développer les séminaires d'entreprise pour justement, être un peu plus confortable économiquement quoi. Lila : Vos enfants continuent d'adhérer à ce projet ? Valérie : Notre fils est pâtissier et donc c'est lui qui fait toutes les pâtisseries, beaucoup de trompe-l’œil. Il fait aussi des ateliers de pâtisserie. C'est vraiment un acteur clé aussi pour nous. Et puis nos filles, elles sont étudiantes, elles font du service l'été. Lila : Comment est-ce que vous vous faites connaître et comment est-ce qu'on peut vous contacter sur l'une ou l'autre des activités ? Valérie : On a un compte Instagram, Facebook aussi, on relaye les informations, les concerts. On met aussi sur l'application OLEI, une application locale ; on a un site internet, c'est lacolo.io. Et puis, on a un téléphone. Le coworking, il y a des informations dédiées pour ceux qui veulent réserver par exemple un créneau pour venir travailler. Intermède musical Lila : Que retenez-vous de votre parcours Valérie ? Valérie : On peut apprendre à tout âge et prendre du plaisir. Et surtout, je me suis surprise à dépasser mes peurs en me disant je suis capable, je suis capable de le faire. C'est vrai que quand on reste longtemps dans une entreprise, dans un gros groupe, même si on évolue, on reste quand même dans une zone de confort. Et là, je me suis mise vraiment en danger, à tous points de vue, parce que ça aurait pu aussi chambouler notre couple, notre vie de famille. Rien n'était gagné au départ quoi ! Lila : Vous avez changé radicalement d'avis d'ailleurs sur ce projet et sur votre place dans ce projet. Valérie : Oui, bien sûr. Oui, oui. Bah, tous les deux et aujourd'hui on se dit qu’on est plus fort à deux. En fait, c'était pour se protéger parce qu’il y avait plein de paramètres qu'on ne maîtrisait pas, on ne savait pas trop et puis au fil du temps quand le projet a démarré, que les choses ont commencé à se caler un peu, qu'on avait un peu plus de vision, on a trouvé l'un et l'autre notre place, dans le projet et on ne se marche pas dessus, on est complémentaire et à la fois on prend les décisions à deux et on est plus fort à deux parce qu’on se soutient. Avec le recul, je me dis que, heureusement que je travaille aussi au sein de cette activité parce que sinon, on ne se verrait plus, quoi. Lila : Ce saut dans le vide, vous n'avez pas eu besoin à un moment donné d'accuser le coup parce qu’effectivement, ça a été quand même sans transition votre passage d'un métier à un autre. Valérie : Oui. Oui. J'ai accusé le coup la première année là c'était un peu la marche forcée. Puis je n'y étais pas trop mais je pense que j'étais en train de réaliser en fait tout ce vers quoi on allait, tous les sacrifices qu'on allait faire. Il y avait tout à découvrir. Moi, j'avais tout à apprendre en fait. Heureusement qu'on a toujours eu une super équipe qui revient chaque année. Il y a de la confiance aussi qui s'installe. J'ai appris à leur contact. Voilà ! Contact de jeunes et puis travailler avec la jeunesse, ça dynamise. Si je fais un peu le bilan, c'est vrai que je me sens nettement plus en forme. Physiquement, je fais plus attention et je me mets une règle d'hygiène de vie pendant toute la saison. Ouais, ça m'a rendu vivante et puis je vis aujourd'hui, un peu plus au jour le jour, en fait. Voilà, j'arrive plus à me dire « si ça ne marche pas, on fera différemment ». J'ai réussi à lâcher prise en fait, beaucoup plus à lâcher prise, quoi. Lila : Et qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne ? Valérie : On peut changer d'activité professionnelle du tout au tout parce qu'alors là pour le coup, moi, c'était du tout au tout, que ce soit professionnellement, de ville, enfin de tout. C'est des renoncements à certaines choses quand même. Il faut accepter de se dire que peut-être qu'on va changer, on va gagner en qualité de vie mais on gagnera moins là aujourd'hui c'est ça clairement, mais que dans la vie, il n’y a pas que le fait de gagner très bien sa vie pour être bien et en phase avec ce que l'on est. Ça, je l'accepte. Ça vaut le coup parce que c'est un peu une deuxième tranche de vie, je trouve voilà que peut-être si j'étais restée dans mon ancien emploi, dans la grande ville, je me serais peut-être un peu plus éteinte quoi. Là, je sens que ça m'a donné un deuxième souffle en fait et puis je pense que notre projet a été fait vraiment de belles rencontres et c'est ce qui nous aide, ce qui nous porte aussi et ce pourquoi on a envie de continuer de se battre. Voilà ! Lila : Si vous aviez à refaire quelque chose, est-ce que vous referiez de façon différente ou identique ? Valérie : Je n'aurais pas changé forcément les choses. Non, si je devais refaire les choses à l'envers, non, je ne crois pas. Je ne crois pas parce qu'en fait c'est des étapes un peu inhérentes à un projet, la peur, l'angoisse, puis après un peu le dépassement de soi. Enfin non, je pense que j'aurais… Non, je ne changerai pas les choses. Non. Lila : Merci Valérie pour votre confiance. Vous portez aujourd’hui un projet multifacette avec votre mari. Vous nous montrez comment individuel et collectif se nourrissent réciproquement dans cette aventure à deux. Chacun sa part : l’objectif de l’un, l’adhésion par nécessité d’abord, de l’autre puis une mécanique où chacun trouve sa place pour partager les nouvelles idées de l’évolution. Aujourd’hui, le temps vous aide à digérer vos peurs ; vous éprouvez du plaisir et redécouvrez votre énergie. Vous savez également que vous pouvez compter sur le soutien de votre entourage et de vos amis. Ce sont vos clés ! Elles pourront peut-être ouvrir d'autres chemins, qui sait ! Le sort vous a réservé une belle surprise car vos enfants participent chacun à leur façon à ce projet finalement familial. Je souhaite Valérie que la Colo d’Oléron accueille encore de nombreuses années la clientèle variée que vous recherchez ! Valérie : Merci Lila. Fin sur fond musical Lila : vous venez d'écouter un nouvel épisode de « Vie et Voix, les Interviews de Lila ». Merci de vos commentaires et de votre soutien. Si vous souhaitez proposer votre témoignage ou un témoignage, retrouvez-moi sur LinkedIn « Vies et voix, les interviews de Lila ». A très bientôt !