Latest / Carrément / E03 Ottilie B - Performeuse vocale qui casse les codes
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- 0:00Bonjour à toutes et à tous,
- 0:01moi c'est Eva,
- 0:02bienvenue dans Carrément.
- 0:03Dans mon podcast,
- 0:04j'accueille des artistes de tous les horizons,
- 0:06que ce soit de la pop,
- 0:06du rock,
- 0:07de la chanson,
- 0:08du rap.
- 0:09On discute de la musique,
- 0:10de la vie d'artiste et parfois des actualités.
- 0:13Aujourd'hui,
- 0:13je suis très contente d'accueillir
- 0:15Otidi Ben,
- 0:16une autrice,
- 0:17compositrice,
- 0:18performeuse vocale et même directrice artistique.
- 0:21Bienvenue Otidi dans Carrément.
- 0:23Coucou Eva.
- 0:24Tu as une actualité brûlante parce que tu sors un nouvel album qui arrive...
- 0:28en décembre,
- 0:29donc c'est juste là.
- 0:30On va en parler.
- 0:31On va parler aussi de toutes les techniques vocales que tu emploies parce que tu es allée chercher aux quatre coins du monde.
- 0:37On va parler aussi de ta casquette de la directrice artistique et de la sobriété numérique et de plein,
- 0:42plein,
- 0:42plein d'autres choses.
- 0:43C'est parti !
- 0:49Otili,
- 0:50tu as une façon de chanter très,
- 0:53très particulière.
- 0:54On va dire un peu chamanique,
- 0:55un peu magique.
- 0:56que tu mélanges avec de la musique électronique.
- 0:59Ça donne vraiment un côté très,
- 1:01très singulaire.
- 1:02Moi,
- 1:02mes questions que je me pose,
- 1:05c'est d'où vient cette fascination des chants traditionnels ?
- 1:08Parce que ce n'est pas juste des chants traditionnels françaises.
- 1:11Tu es allée les chercher un peu de partout.
- 1:13Il y a des chants diphoniques.
- 1:15Jusqu'hier,
- 1:15je ne savais même pas ce que c'était les chants diphoniques.
- 1:18Il y a des chants qui viennent de la Mongolie,
- 1:20un peu de partout.
- 1:21D'où vient cette fascination de vouloir apprendre ça et inclure dans ton spectacle ?
- 1:27Au départ,
- 1:28je viens de Lod.
- 1:29Ce n'est pas la Mongolie !
- 1:32Ce n'est pas la Mongolie,
- 1:33mais il y a eu un essor des langues régionales.
- 1:38J'ai pratiqué l'occitan de mon patois,
- 1:42de chez moi.
- 1:43Je trouve que chaque langue ou chaque façon de faire sonner la voix apporte une vision du monde.
- 1:51Et il me semble qu'aller explorer les possibilités vocales permet aussi d'enrichir l'intériorité et l'imaginaire.
- 2:03En tant qu'autrice et compositrice,
- 2:05on me demande,
- 2:06enfin,
- 2:06ou je me demande de créer.
- 2:08Et j'ai l'impression que ces sonorités,
- 2:10ces façons de placer la voix m'ont vraiment permis de développer une créativité singulière,
- 2:16comme tu le dis.
- 2:18Il y a aussi une légende familiale qui raconte qu'on a des ancêtres mongols.
- 2:24Il y avait cette fascination pour la mongolie.
- 2:26Une légende familiale ?
- 2:27Oui,
- 2:28vous ne savez pas ?
- 2:29Il y a quelqu'un qui l'a dit ?
- 2:30C'est ça,
- 2:31le grand-oncle qui a dit que c'est une histoire qui part de l'Italie.
- 2:34Ce n'est pas forcément vérifié.
- 2:36D'un côté,
- 2:37il y a la Mongolie,
- 2:38effectivement.
- 2:39Et de l'autre côté,
- 2:39du côté de mon père,
- 2:40il y a une histoire autour de la Kabylie.
- 2:44et...
- 2:45effectivement,
- 2:46moi,
- 2:46je n'ai pas l'impression de me sentir de quelque part en particulier,
- 2:51mais d'avoir des racines un peu multiples et une curiosité et un goût pour,
- 2:57oui,
- 2:57ces textures vocales,
- 2:58mais je pense que ça part aussi de l'oralité,
- 3:01de cette façon qu'on avait de transmettre les savoirs et comment un savoir qui se transmet par la voix et la parole,
- 3:12moi,
- 3:12me touche plus que...
- 3:15qu'autre chose en fait.
- 3:16Et effectivement,
- 3:18du coup j'ai voyagé,
- 3:19je suis allée à plusieurs endroits dans le monde et notamment en Mongolie pour essayer de perfectionner cette technique bien que j'ai commencé à Toulouse en vrai à faire du chant du phonique.
- 3:29Alors comment,
- 3:30déjà est-ce que tu peux nous expliquer pour les chants du phonique,
- 3:32c'est quoi les chants du phonique ?
- 3:34Donc déjà,
- 3:35moi je t'ai dit ce que j'ai compris.
- 3:36En fait tu arrives à chanter des notes en même temps.
- 3:38C'est ça.
- 3:39Donc moi si je fais A,
- 3:40c'est une seule note,
- 3:43non ?
- 3:44Alors en fait,
- 3:45pas tout à fait.
- 3:48Pour faire un son,
- 3:49il y a une multitude d'harmoniques qui le composent en fait.
- 3:53On peut diviser un son,
- 3:54c'est comme une équation mathématique.
- 3:57Ça se fait sur n'importe quel son ou instrument.
- 4:00On peut le comprendre facilement sur une guitare où on joue la corde à vide et puis on fait les harmoniques,
- 4:05ces petits sons.
- 4:06Oui,
- 4:06c'est ça le dégu.
- 4:07Sur les guitares,
- 4:07on a des doigts,
- 4:08on a plusieurs cordes.
- 4:10Mais tu divises le signal sur la corde ?
- 4:12Ok.
- 4:13Tu la réduis dans sa longueur.
- 4:15Et c'est la même chose qui se passe dans la technique de chant que je pratique,
- 4:19qui n'est pas un vrai...
- 4:20Homi mongol,
- 4:21le homi c'est ce chant harmonique.
- 4:23Moi j'utilise plutôt une technique de chant que j'ai adaptée,
- 4:26qui est à deux cavités.
- 4:27Enfin,
- 4:27qu'on dit à deux cavités.
- 4:29Et en fait,
- 4:29je récupère le son,
- 4:31la vibration dans ma bouche,
- 4:33et je sépare le signal entre ma langue et mon palais.
- 4:36Du coup,
- 4:37sur un A comme tu le faisais.
- 4:44Donc là,
- 4:44il y a un octave possible,
- 4:46parce que je sépare le signal comme sur la corde de la guitare.
- 4:51Et du coup,
- 4:52après,
- 4:52c'est juste une division mathématique du son.
- 4:54Donc,
- 4:55avec un même bourdon,
- 4:56on a une certaine forme de gamme.
- 4:58Et le bourdon,
- 4:58c'est la note fondamentale.
- 5:17mais je peux changer de note aussi.
- 5:18Pour tous ceux qui nous écoutent en audio,
- 5:20j'ai juste envie de vous dire qu'Otili vient de chanter ce que vous avez entendu.
- 5:23Là,
- 5:23il n'y a pas une guitare ou plein d'instruments.
- 5:25C'était vraiment les chants.
- 5:27Oui.
- 5:29Alors,
- 5:29je l'intègre dans mes chansons depuis longtemps.
- 5:32Et c'est aussi pour ça que,
- 5:34dès mon premier album,
- 5:36c'était compliqué de mettre ma musique dans une case.
- 5:39Et en même temps,
- 5:39j'avais certains scrupules,
- 5:40parce qu'il y a toutes ces questions et qui sont légitimes pour moi de réappropriation culturelle ou pas.
- 5:45et en fait
- 5:46Comment en fait le métissage,
- 5:50toutes ces diasporas de populations et les métissages permettent qu'on s'enrichisse les uns les uns les autres.
- 5:55Et en même temps,
- 5:57j'avais un problème de légitimité en me disant,
- 5:59c'est parce que j'ai une légende qui dit qu'on est mongols,
- 6:02que je peux utiliser cette technique de sang.
- 6:04Puis en fait je suis allée en Mongolie,
- 6:05je me suis aperçue que ce n'était pas du tout.
- 6:07Ils n'ont pas aimé,
- 6:08ils t'ont dit non c'est pas du tout ça.
- 6:10Oui tu disais que c'était un bébé sans dysphorie.
- 6:13et puis bon il y avait beaucoup de misogynie je parle il y a une vingtaine d'années il y avait plein de choses encore assez rudes dans le rapport homme-femme que moi j'ai perçu en tout cas et la technique que j'utilise c'est pas vraiment le homie,
- 6:27c'est juste du chant harmonique,
- 6:29c'est pour ça que j'aime bien aussi dire chant harmonique parce que j'ai aussi bidouillé quelque chose au fil du temps par rapport à ma morphologie en donnant aussi des masterclass,
- 6:38en cherchant comment tout le monde peut faire du chant harmonique en fait donc
- 6:42Il faut qu'elle aille prendre un cours avec toi.
- 6:44Je me disais,
- 6:45moi,
- 6:45chanter,
- 6:45c'est quelque chose.
- 6:46Chant harmonique,
- 6:48ce sera encore plus compliqué.
- 6:49C'est un jeu.
- 6:50Après,
- 6:51quand tu fais de la guimbarde ou du didgeridoo,
- 6:52tu apprends à adapter la coulisse de la bouche,
- 6:55à placer ta vibration,
- 6:57ton chant,
- 6:57à lui donner du corps.
- 6:59C'est passionnant,
- 7:00en fait,
- 7:00parce que la voix,
- 7:02c'est ce qui nous...
- 7:04C'est une interface avec le monde,
- 7:07avec les autres.
- 7:09Il y a une malléabilité,
- 7:11il y a des possibles tellement multiples avec une voix.
- 7:15La plupart du temps,
- 7:15on va se figer dans un carcan,
- 7:18dans une apparence qui est aussi socioculturelle.
- 7:22C'est-à-dire,
- 7:23les femmes,
- 7:23elles vont avoir tendance à parler plus aiguë.
- 7:27Et on sait bien que si on veut se faire entendre,
- 7:30l'idée,
- 7:30c'est de placer sa voix plus grave.
- 7:33On le sent,
- 7:33en fait,
- 7:33que ça parle à différents endroits.
- 7:35Moi,
- 7:36je me réjouis aussi de ce que tu as dit.
- 7:37utilisée d'un
- 7:38qu'il y a quelque chose qui change,
- 7:39quelque chose d'autre qu'on découvre à travers des différentes façons de chanter.
- 7:43Moi,
- 7:44je suis franco-polonaise,
- 7:46maintenant,
- 7:47mais polonaise,
- 7:47je me dis en Pologne,
- 7:48et je sens qu'il y a des choses qui changent au niveau de ma personnalité,
- 7:53si je parle polonais et français.
- 7:55Déjà,
- 7:56ma voix est un petit peu différente.
- 7:57Je t'aime beaucoup,
- 8:05Si tu utilises les chants,
- 8:07par exemple,
- 8:07diphoniques dans ta façon d'être,
- 8:10qu'est-ce que tu ressens ?
- 8:11En fait,
- 8:14je vois ça comme un espèce de système d'engrenage qui se met en route.
- 8:17C'est un geste.
- 8:18chanter,
- 8:19c'est un geste.
- 8:20Donc on engage des choses comme si j'allais chanter.
- 8:24J'engage mon souche,
- 8:25j'engage mon corps,
- 8:26le périnée,
- 8:26plein de choses.
- 8:28Et l'endroit où la langue,
- 8:30où le type de son va résonner,
- 8:33modifie nos perceptions,
- 8:35nos sensations.
- 8:36Donc quand je fais du chant harmonique,
- 8:38je place ma langue différemment,
- 8:40j'ai cette vibration aiguë qui vibre dans mon front,
- 8:43je suis obligée d'envoyer de la puissance,
- 8:45de faire un son,
- 8:46tu vois,
- 8:47dense.
- 8:48plus il peut se diviser en harmonique parce qu'il y a plus de possibilités donc sachant juste l'endroit et comment ça résonne il y a forcément du plaisir dans le chant après tu vois hier j'étais en voiture et j'écoutais le concert de tout à l'heure pour
- 9:05rédiger un petit peu et je me disais j'ai encore des frustrations de placement de voix
- 9:13Il y a des moments où ça reste poussif et où je m'embarque dans ma propre émotion et je maîtrise moins bien.
- 9:20Alors oui,
- 9:20il y a toutes proportions gardées avec des non-chanteurs habituels,
- 9:24mais pour moi,
- 9:27c'est infini les possibilités de m'améliorer dans le chant.
- 9:31T'es perfectionniste ?
- 9:32Oui,
- 9:33mais de continuer,
- 9:35c'est des micro-mouvements.
- 9:36On parle de cartilage,
- 9:37il y en a 11 qui s'empilent,
- 9:38il y a les cordes vocales.
- 9:40Il y a tous les petits tendons,
- 9:41les résonateurs,
- 9:42les placements,
- 9:42en fait,
- 9:44c'est de l'orfèvrerie,
- 9:45en fait,
- 9:45c'est de la dentelle.
- 9:46J'adore comment tu parles des chants de tête.
- 9:48J'ai l'impression que c'est vraiment un exercice presque sportif.
- 9:51C'est un geste.
- 9:52J'ai jamais voyé ça comme ça.
- 9:53C'est un geste et je pense que ce geste-là,
- 9:57quand on joue mal du golf ou du tennis ou quand on nage pas bien,
- 10:02ça ne veut pas dire qu'on apprécie,
- 10:04quand ce n'est pas nager le papillon ou le crole.
- 10:06On peut tout à fait apprécier la sensation de l'eau sur le corps et tout ça.
- 10:09Et je pense qu'il faut chanter.
- 10:11C'est important pour tous et toutes d'être dans ce geste-là,
- 10:16cet engagement de la voix,
- 10:17parce qu'il nous met dans un état de corps unique,
- 10:20en fait,
- 10:21et multiple,
- 10:22surtout.
- 10:23Je vois que toi,
- 10:27tu voulais être chanteuse pratiquement depuis plus de jeunes.
- 10:29J'ai trouvé une citation de toi en préparant cette interview.
- 10:32Tu disais,
- 10:33en évent,
- 10:34je rêvais déjà d'être chanteuse.
- 10:36accessoirement célèbre et assez riche pour avoir ma statue au musée Grévin.
- 10:41Donc,
- 10:41je ne te demande pas si c'est toujours ton rêve,
- 10:44mais qu'est-ce qui te fait rêver aujourd'hui dans ce métier de chanteuse ?
- 10:48Ça s'est modifié pour les raisons qu'on peut vite connaître de déterminisme aussi social,
- 10:55de réseau.
- 10:57Après,
- 10:59je vis le chant et la transmission du chant,
- 11:01c'est vraiment un métier que j'aime à perfectionner.
- 11:05Ce qui me fait rêver aujourd'hui,
- 11:06c'est plutôt,
- 11:08je crois,
- 11:11d'inspirer la liberté d'explorer aux autres.
- 11:15J'aime aussi ce qui frotte.
- 11:18J'ai du mal à être touchée par les voix qui sont lisses et qui sont...
- 11:22où il y a trop de...
- 11:24ça manque de souffrance,
- 11:25je ne sais pas comment le dire.
- 11:26En fait,
- 11:27j'ai besoin de sentir le vécu dans la voix.
- 11:31et c'est toute une difficulté de faire quelque chose de...
- 11:35de propre et en même temps de garder son vécu dans la voix.
- 11:38Et cette subtilité-là,
- 11:41c'est passionnant.
- 11:42Et je crois qu'un de mes rêves,
- 11:44c'est de réussir à être de plus en plus juste,
- 11:45dans le sens pas juste dans un code harmonique,
- 11:48parce que,
- 11:49comme je le disais tout à l'heure,
- 11:51c'est parfois ce qui peut empêcher les gens de chanter,
- 11:52et c'est dommage,
- 11:54mais juste avec un instant,
- 11:56un espace,
- 11:58et puis une mélodie,
- 11:59ou quelque chose qu'on a à dire.
- 12:04Ce qui me passionne,
- 12:05c'est de vibrer avec d'autres voix aussi.
- 12:07J'ai l'impression d'apprendre énormément dans le non-verbal.
- 12:11Quand je vais chanter avec un chanteur mongol,
- 12:12j'avais fait tout un projet en 2015-2017 où je rencontrais des chanteurs et des chanteuses.
- 12:17C'est des passages ?
- 12:18Oui,
- 12:18passages à travers le monde.
- 12:20Et donc,
- 12:20je suis allée à La Réunion,
- 12:21en Mongolie,
- 12:22à différents endroits,
- 12:24à Mayotte.
- 12:26Et en fait,
- 12:27à chaque fois que...
- 12:29C'est comme notre rencontre aujourd'hui,
- 12:31même si on se connaissait déjà un peu avant.
- 12:33Et à chaque fois,
- 12:33ça nous modifie,
- 12:34ça nous agit,
- 12:35la rencontre avec l'autre.
- 12:37Et le chant et la vibration,
- 12:38encore plus,
- 12:39selon moi.
- 12:40Donc,
- 12:42si j'avais un rêve...
- 12:45Je suis quand même une femme de 42 ans aujourd'hui.
- 12:47Donc,
- 12:48mon rêve,
- 12:48c'est d'être au plus juste avec ce besoin et cette envie d'exister par le chant.
- 12:55Et en même temps,
- 12:56de trouver une façon d'être,
- 12:59peut-être de ralentir.
- 13:02J'ai l'impression de m'être beaucoup agitée pour ce succès,
- 13:05mais je pense aujourd'hui plus à un succès respectueux,
- 13:08respectueux de mon temps,
- 13:14de mon...
- 13:16de mon énergie,
- 13:17j'aime pas ce mot-là,
- 13:18mais de ma temporalité,
- 13:20et en même temps des autres.
- 13:22Travailler en équipe.
- 13:22C'est bon d'être ensemble,
- 13:24une rencontre avec les gens qui t'animent aujourd'hui.
- 13:29Avec les gens,
- 13:30mais avec aussi un espace.
- 13:31Par exemple,
- 13:32être en montagne,
- 13:33être à la mer.
- 13:34J'ai vu qu'ils faisaient des installations,
- 13:35des différents projets.
- 13:37Ou être en prison.
- 13:38Effectivement.
- 13:39Au musée Grévin peut-être.
- 13:41Alors du musée Grévin,
- 13:42ça vient parce que j'ai fait mon premier voyage à Paris avec mes grands-parents.
- 13:47Et d'ailleurs,
- 13:48la pochette du disque,
- 13:49c'est moi petite sur le carousel qu'il y a en bas du Sacré-Cœur.
- 13:54La pochette du disque qui arrive ?
- 13:55Oui.
- 13:57Et le disque s'appelle En Boucle.
- 13:59Et j'aime bien ce regard de la femme que je suis aujourd'hui sur la petite fille.
- 14:04Il faut dire aussi qu'on est pas mal biberonnés aux self-made women.
- 14:11Tu vas y arriver,
- 14:11tu vas réussir.
- 14:13C'est l'époque où commençaient les graines de stars,
- 14:16ce genre de trucs où vraiment on se disait « Waouh,
- 14:19je vais être une star et tout. »
- 14:20Moi,
- 14:20j'avais juste l'impression qu'il fallait que je gagne beaucoup d'argent pour pouvoir donner à ma famille.
- 14:25Il y a ma tante qui voulait une limousine rose,
- 14:27l'autre qui voulait...
- 14:28C'était ce genre de rêves qui sont...
- 14:33entretenu par un système capitaliste duquel aujourd'hui,
- 14:36moi,
- 14:37je ne me sens pas forcément proche.
- 14:39J'ai l'impression qu'il y a autre chose qu'on peut partager et qu'il y a aussi très peu d'élus parce que,
- 14:45pour Dieu le disait,
- 14:46c'est des déterminismes sociaux.
- 14:48Moi,
- 14:48je viens d'un milieu populaire et là où j'en suis aujourd'hui,
- 14:54dans cette forme de réussite...
- 14:57avec de la reconnaissance institutionnelle,
- 14:58une compagnie qui est conventionnée par le ministère de la Culture,
- 15:01des bourses d'écriture de la DGCA,
- 15:04des voyages.
- 15:05Je suis allée au Tadjikistan avec l'Alliance française.
- 15:08Tu vois,
- 15:08j'ai fait des trucs qui sont merveilleux.
- 15:10Il y a déjà un beau succès en vrai.
- 15:13J'adore parce qu'il y a des gens qui viennent me voir à la fin des concerts et me dire
- 15:17« Vous allez réussir ! »
- 15:20Et tu t'es dit « Ok,
- 15:21ça fait plus de 25 ans que je fais ce métier. »
- 15:26Mes premiers boulots d'été,
- 15:27c'était de jouer dans les bars ou dans la rue.
- 15:29Il y a des conseils de temps en temps,
- 15:32genre peut-être qu'il faut le mettre sur YouTube.
- 15:34Voilà,
- 15:36pourquoi on ne vous voit pas à la télé ?
- 15:38Il faut que je leur explique,
- 15:39en fait,
- 15:39c'est beaucoup d'argent et de la chance.
- 15:43Et je me sens chanceuse,
- 15:45même si je ne suis pas beaucoup passée à la télé.
- 15:46Voilà,
- 15:47je tiens à le dire.
- 15:48Maintenant,
- 15:48tu es passée sur YouTube et YouTube te revendique la première télé depuis déjà deux ans.
- 15:53Ça y est,
- 15:54tu as réussi.
- 15:55Je suis hyper contente que tu m'aies invitée,
- 15:58que je me suis invitée quand j'ai vu ce carrément.
- 16:02Et puis,
- 16:03j'aime trop l'expression.
- 16:03Trop bien.
- 16:05Carrément.
- 16:07J'ai envie qu'on parle un peu de ton album qui arrive.
- 16:10Parce qu'on a parlé du chant que tu mélangeais jusqu'à maintenant avec la musique très électronique.
- 16:16Et là,
- 16:16il y a tout un changement qui arrive pour ton album,
- 16:19sur le 12 décembre,
- 16:20en boucle.
- 16:21Ça ne va pas être la musique tout à fait électronique,
- 16:23parce que là,
- 16:24tu vas un peu contre courant.
- 16:26Donc,
- 16:27ce que j'ai envie de dire,
- 16:29aujourd'hui,
- 16:29c'est très rare de voir un projet musical,
- 16:32un groupe qui n'a pas d'ordinateur sur scène.
- 16:34Et toi,
- 16:35tu te dis,
- 16:35bon,
- 16:35ça,
- 16:35j'ai déjà fait.
- 16:36Maintenant,
- 16:36j'ai envie d'avoir des artistes avec moi.
- 16:38Donc,
- 16:38tu as quatre artistes qui vont t'accompagner.
- 16:41Et c'est un projet tout en acoustique.
- 16:43Pourquoi ?
- 16:44Pourquoi ?
- 16:46Effectivement,
- 16:47ça fait 20 ans que je geek.
- 16:49Je suis dans la recherche d'utiliser les possibles de l'informatique musicale,
- 16:56de la musique assistée par ordinateur.
- 16:58Il y a une partie de mes projets que je continue dans la geekerie.
- 17:04L'idée,
- 17:04c'était de reprendre mon répertoire qui avait été composé avec des machines et de le faire vibrer avec des musiciens.
- 17:13Après,
- 17:14j'ai quand même toujours joué avec des musiciens.
- 17:16Même si effectivement j'ai intégré l'ordinateur depuis de nombreuses années.
- 17:19Mais t'es une femme orchestre,
- 17:20même toi tu disais ça,
- 17:22tu avais ton ordi,
- 17:23tes pédales,
- 17:24tu as fabriqué toi-même tes pédales ?
- 17:25Ah oui,
- 17:26ça dépend,
- 17:26il y a eu différentes bidouilles.
- 17:28Il y avait vraiment des bricolages que tu pouvais vraiment jouer sur scène.
- 17:32Donc je sais que sur les disques précédents il y avait des musiciens,
- 17:35mais sur scène c'était Bristal,
- 17:38Camarilla.
- 17:39Et beaucoup de loupes,
- 17:40beaucoup d'utilisations d'empilements vocaux ou instrumentaux.
- 17:47ça rajoute des possibles en fait.
- 17:49J'ai l'impression que dans cette idée que je t'ai exprimée tout à l'heure de ralentir,
- 17:53d'être plus proche de ma propre temporalité,
- 17:57de plus sentir d'être dans l'intuitif,
- 18:00le fait de ne pas utiliser de machine,
- 18:04puis en même temps,
- 18:04la contrainte,
- 18:06c'est une grande liberté.
- 18:07Se donner une règle du jeu,
- 18:09allez,
- 18:09celui-là,
- 18:10je le fais sans machine,
- 18:13c'est l'éclate en fait.
- 18:14C'est super.
- 18:15Et là,
- 18:15le vie...
- 18:16Je vis ce concert un peu comme une rockstar en fait.
- 18:18J'ai l'impression que c'est la première fois que je suis libérée.
- 18:22Tu sais,
- 18:22j'étais tellement réflexion avec ces pédales,
- 18:24je jouais plein d'instruments.
- 18:25Les Ouïes aussi,
- 18:26j'ai pas mal utilisé les manettes de jeu pour me sampler.
- 18:29Les manettes de jeu ?
- 18:30Oui,
- 18:31pour pouvoir être libérée de la proximité de l'ordinateur.
- 18:36Pour pouvoir bouger sur scène.
- 18:37Exactement,
- 18:37donc tu prends des manettes de jeu,
- 18:39tu peux te sampler,
- 18:40lancer des programmes.
- 18:43Qu'est-ce que tu fais avec tes mains maintenant ?
- 18:46Je m'éclate,
- 18:47je vais partout,
- 18:48je vais dans le public.
- 18:50Je te dis,
- 18:50j'ai l'impression d'être une rockstar,
- 18:51d'avoir libéré quelque chose,
- 18:52une espèce de fauve intérieure.
- 18:54Et à l'autre côté rockstar,
- 18:55en plus,
- 18:56c'est que c'est un disque un peu best-of.
- 18:58Oui,
- 18:58c'est ça.
- 18:59Et comment tu as choisi des chansons ?
- 19:00C'est ton sixième album d'ailleurs,
- 19:04donc tu as...
- 19:05Eh bien oui,
- 19:06en vrai,
- 19:06pour moi,
- 19:07c'est pas vraiment...
- 19:09Pour moi,
- 19:09j'en ai fait trois.
- 19:10Il y avait des lives et il y a eu des BO de spectacle.
- 19:15Je vais faire mon quatrième bientôt.
- 19:17Mais en vrai,
- 19:17t'as raison,
- 19:18il y en a eu plus.
- 19:19Enfin,
- 19:19si on les compte.
- 19:23Pourquoi je suis partie sur ce best-of ?
- 19:26Comment t'as choisi des choses ?
- 19:29Dans la douleur.
- 19:30Non,
- 19:30j'ai mal choisi.
- 19:31Qui on abandonne,
- 19:32qui on garde.
- 19:34Horrible.
- 19:35J'ai quelques regrets.
- 19:36Il faudrait en faire un autre.
- 19:38Trois albums.
- 19:41J'avais plein de titres sur le premier album.
- 19:43il y a
- 19:44très peu qui ont cette édition,
- 19:45effectivement.
- 19:46J'avais tout trippé,
- 19:48parce que je fais aussi de la photo et tout.
- 19:49C'était une pochette,
- 19:52pas une pochette,
- 19:53du coup,
- 19:53une boîte avec un hublot,
- 19:55comme les bobines de films à l'ancienne.
- 19:58Et j'avais fait plein de photos,
- 20:00j'avais trippé sur les cartes du tarot et tout ça.
- 20:03Donc,
- 20:03il y avait plein d'images en mode ying et yang,
- 20:06mais séparées par une ligne.
- 20:07J'avais tout un concept.
- 20:09Et tu pouvais sélectionner les photos que tu voulais et les mettre
- 20:12pour changer ton photo,
- 20:14ton ambiance.
- 20:15Tu vois,
- 20:15tu mettais ça là et tu changeais ta photo.
- 20:17Donc voilà.
- 20:2022 titres déjà.
- 20:21Celui d'après,
- 20:22il y en a 12 ou 13.
- 20:23Puis il y a Coeur encore avec le même...
- 20:25Ben ouais,
- 20:26ça fait beaucoup de titres à laisser de côté.
- 20:29Donc comment t'as fait pour choisir ?
- 20:31Je le gère avec ma frustration encore aujourd'hui.
- 20:33Est-ce qu'il y avait une clé ?
- 20:34Est-ce qu'il y avait une thématique ?
- 20:36Bon,
- 20:36il y en a un qu'on m'a demandé depuis longtemps,
- 20:38qui s'appelle Crayon,
- 20:39qui est un peu le morceau populaire...
- 20:42dont le label avec lequel je travaillais avait honte à l'époque parce que c'était vraiment le truc très chanson.
- 20:51Mais j'ai encore plaisir à le chanter aujourd'hui même si je ne l'écrirai pas aujourd'hui ce morceau là.
- 20:55Pourquoi tu ne l'écrirais pas aujourd'hui ?
- 20:58Pour moi il y a une forme de facilité,
- 21:02les textes ne sont pas tout à fait ciselés comme j'aimerais.
- 21:07Il y a quelque chose de direct.
- 21:08J'en sais rien.
- 21:08Qu'est-ce qu'il parle exactement ?
- 21:09Mais je l'aime quand même.
- 21:10Pour ceux qui ne connaissent pas.
- 21:12Il parle...
- 21:14Alors,
- 21:14comme souvent dans mes textes,
- 21:16il y a une première lecture possible.
- 21:20Et puis moi,
- 21:20j'ai mes petits secrets.
- 21:22J'ai beaucoup de petits secrets dans les textes.
- 21:24Donc,
- 21:24des infos secrètes que je dissimule dans de la poésie.
- 21:30Mais je sais ce que je veux dire.
- 21:32Et ce morceau-là,
- 21:33il parle...
- 21:35Moi,
- 21:35j'ai une grande fille là aujourd'hui.
- 21:36Je suis maman d'une fille qui a 22 ans et qui est atteinte d'une maladie qui s'appelle la mycoviscidose.
- 21:41Et le médicament qu'elle prenait s'appelle du crayon.
- 21:44Et moi,
- 21:45je faisais une espèce de vrai-faux jeu de mots avec ce crayon.
- 21:48Et qui était,
- 21:49comment on va écrire avec la colère et l'injustice quand on accueille un enfant à la vie et qu'il a une maladie qui est très grave et qu'on te dit...
- 22:01Et avec quelque chose comme ça,
- 22:02moi...
- 22:03qui m'amenait dans une forme de de combativité c'est un morceau pour dire en même temps je suis en colère mais cette colère je vais essayer d'en faire quelque chose,
- 22:12je vais essayer de pas me détruire avec et le morceau il dit blanc sur rouge rien ne bouge,
- 22:17rouge sur blanc,
- 22:17tout fout le camp il y a aussi cette idée de est-ce que je vais tout envoyer péter,
- 22:23est-ce que je vais finir dans des addictions en fait pour moi ça racontait tout cet endroit de je suis en train de vivre un truc qui est
- 22:32tellement disturbant,
- 22:35j'allais dire,
- 22:36tu vois le mot en anglais,
- 22:37le déroutant qui impacte et tout.
- 22:41Et comment je peux faire ?
- 22:43Et moi,
- 22:43ma façon,
- 22:43ça a souvent été d'aller chercher la rage,
- 22:45en fait,
- 22:47la combativité pour rester dans la vie,
- 22:49en fait,
- 22:50avec une espèce de hargne.
- 22:53On va tout péter.
- 22:54Et t'as réussi.
- 22:56Ça t'a aidé.
- 22:58Ça tient.
- 22:58En tout cas,
- 22:59je suis contente que tu me parles,
- 23:01que tu expliques comment tu écris tes chansons.
- 23:03Parce que j'ai tout réécouté pour me préparer pour cette interview.
- 23:07Je suis même retombée sur une vidéo qui est sur ta chaîne YouTube qui présente ton spectacle.
- 23:14Ouais.
- 23:16Et donc...
- 23:18Oui,
- 23:18en boucle.
- 23:18Donc,
- 23:18il y a quelqu'un de ton équipe.
- 23:20On ne voit pas ses kips,
- 23:21parce qu'il y a tout le musicien qui dit un mot.
- 23:23Et à un moment,
- 23:24on ne voit pas ses kips,
- 23:25mais il dit.
- 23:25Je n'ai pas toujours saisi les sons des textes et des chansons de Tilly B.
- 23:30Et là,
- 23:30ça m'a fait du bien parce que je me suis dit,
- 23:32je ne suis pas toute seule,
- 23:33ça va.
- 23:37Donc,
- 23:37je suis contente que tu nous réexpliques.
- 23:39Pour toi,
- 23:39il y a ce côté que tu gardes tes petits secrets et tu essaies de les rendre les plus universels possibles.
- 23:44et avec une interprétation que chacun peut...
- 23:47trouver.
- 23:48Effectivement,
- 23:50il y a ces degrés de lecture.
- 23:51Nicolas Jules,
- 23:51il dit ça aussi.
- 23:52Il dit,
- 23:52on ne comprend rien à ce qu'elle dit,
- 23:53mais c'est bien.
- 23:57Moi,
- 23:57je sais ce que j'ai à dire et j'aime donner des images comme un tableau impressionniste,
- 24:03par exemple,
- 24:03où tout l'art abstrait,
- 24:07en fait,
- 24:08on ne peut pas savoir de quoi ça parle précisément,
- 24:10mais est-ce que cette image-là a un impact sur toi ?
- 24:13Est-ce qu'elle te traverse ?
- 24:15Est-ce qu'elle t'amène des...
- 24:16des sensations,
- 24:17des odeurs,
- 24:18des images,
- 24:18ça,
- 24:18ça me plaît.
- 24:19Et effectivement,
- 24:21il n'y a pas une chanson où je n'ai pas quelque chose à dire,
- 24:24où je ne raconte pas quelque chose.
- 24:25Je m'en doute qu'il y a des choses à dire.
- 24:28Mais voilà,
- 24:28mais tu n'as pas ce côté-là.
- 24:29Moi,
- 24:30j'ai parlé de ça,
- 24:31mon interprétation,
- 24:31c'est ça.
- 24:32Tu te dis,
- 24:32ok,
- 24:33de donner ces chansons aux gens,
- 24:34et qu'il ne reste pas ce qu'ils ont envie de recevoir.
- 24:37Et ce qui est chouette,
- 24:38c'est qu'il y a des gens qui interprètent mes chansons d'une façon qui leur est propre,
- 24:44et ça me plaît beaucoup.
- 24:46Après,
- 24:46des fois,
- 24:47les messages sont quand même plus évidents que d'autres.
- 24:49Il y a aussi un goût du mot pour le mot.
- 24:55C'est comme si le mot devient un être à part entière,
- 25:01comme dans un décor.
- 25:02Ce sont des corps,
- 25:03tu vois.
- 25:03Il y a une place.
- 25:04Là,
- 25:05les mots,
- 25:06ils ont un pouvoir dans ton texte.
- 25:09J'ai des espèces de mots qui viennent me hanter.
- 25:11C'est quoi ton mot qui t'hante ?
- 25:13Actuellement...
- 25:17Qu'est-ce qui revient ?
- 25:18Il y a beaucoup d'histoires avec les cheveux.
- 25:20Si tu fais des analyses de textes,
- 25:22tu vois qu'il y a des mots,
- 25:23ils veulent rentrer en permanence dans tes textes.
- 25:26Ils ont besoin d'une place.
- 25:28J'aimais beaucoup le mot piscine.
- 25:29Il y a des choses...
- 25:31Après,
- 25:32j'ai fait beaucoup de natation quand j'étais gamine.
- 25:35Mais...
- 25:39C'est presque un peu mystique,
- 25:40peut-être,
- 25:40mais il y a un pouvoir propre au mot.
- 25:43C'est comme si...
- 25:45Ils avaient leur vibe et ils ont envie d'être là.
- 25:48J'imagine que toi,
- 25:48tu as des mots que tu préfères aussi.
- 25:50Oui,
- 25:50bien sûr.
- 25:52Puis ça change,
- 25:53ça transmute au final.
- 25:53Bien sûr.
- 25:54J'ai l'impression qu'aujourd'hui,
- 25:56je suis plus dans une forme de douceur aussi,
- 26:01par rapport à la combativité d'il y a vingt et quelques.
- 26:06Justement par rapport à aujourd'hui.
- 26:07Donc,
- 26:07il y a ton album en boucle qui arrive le 12 décembre.
- 26:10Il va être disponible sur toutes les plateformes.
- 26:12Comment tu te sens ?
- 26:14Tu as hâte ?
- 26:14Tu es stressée ?
- 26:16Comment tu te sens ?
- 26:19Comme souvent,
- 26:19je suis heureuse de voir que les choses projetées se réalisent.
- 26:25Cette forme de co-réalisation,
- 26:27j'ai prévu ça.
- 26:29Ça apporte de la sécurité que ça s'inscrive dans le marbre.
- 26:34Avant,
- 26:34c'était sur un vrai disque et tout.
- 26:37Tu as aussi des vrais disques ?
- 26:38La virtualité,
- 26:39elle amène quelque chose de plus ou moins...
- 26:42diffusent,
- 26:42ça diffuse les infos,
- 26:44ça les dissout.
- 26:46Et puis aujourd'hui,
- 26:47il y a tellement de propositions musicales valables,
- 26:50on a les hommes studios,
- 26:51on a des façons différentes de faire.
- 26:54Cet album-là,
- 26:55il a quand même été réalisé dans des conditions live.
- 26:57Cyril Pellegrin,
- 26:58qui a fait le mixage,
- 27:01et Mathieu Bameul,
- 27:02le mastering.
- 27:04Effectivement,
- 27:05c'est un peu un album à contre-courant.
- 27:08Moi,
- 27:08je vois une vibe un peu 70,
- 27:10tu vois,
- 27:11là-dessus,
- 27:13côté rappeur un peu brut,
- 27:15qui est moins lisse que ce qu'on peut entendre de voix ultra compressées,
- 27:22où on n'entend pas les paroles.
- 27:23Tu sais,
- 27:24il y a vraiment des modes dans les trucs qu'on entend.
- 27:28Et moi,
- 27:28ça m'ennuie rapidement.
- 27:30Donc,
- 27:30j'ai envie de proposer à Coq.
- 27:31T'as envie de mettre un défi ou vraiment d'aller contre...
- 27:34Voilà,
- 27:34de faire de nouvelles choses.
- 27:35Que ça puisse nettoyer un peu les oreilles de temps en temps,
- 27:38qu'on n'entende pas.
- 27:40T'as raison,
- 27:40ça surprend comme ça.
- 27:41Tu vois,
- 27:42il y a 15 ans,
- 27:42je faisais de la chanson World Electro.
- 27:44Aujourd'hui,
- 27:45il y a plein de gens qui utilisent effectivement les ordi sur Internet,
- 27:48sur scène.
- 27:49Ah ben,
- 27:49il y a trop peu qui n'utilisent pas.
- 27:51J'ai l'impression que les musiciens autour de moi,
- 27:52ils font tous les formations et démarrent aussi.
- 27:54S'ils n'ont pas encore intégré l'ordinateur sur scène.
- 27:57Après,
- 27:57entre nous,
- 27:58c'est aussi une histoire de moyens qui diminue.
- 28:01Ah ben,
- 28:01complètement.
- 28:02On a moins d'argent.
- 28:04Vous avez la question comme ça,
- 28:05mais c'est aussi l'effet que programmer un artiste qui est tout seul sur scène ou qui s'en doit avec l'ordi,
- 28:10c'est beaucoup moins cher que programmer quatre personnes.
- 28:13En vrai,
- 28:13ça a été aussi mon moyen de perdurer au début.
- 28:18de réussir à me faire une place,
- 28:19parce que je ne coûtais pas cher,
- 28:22j'étais embarquable,
- 28:23je jouais plus de...
- 28:23C'est horrible d'aller dire comme ça !
- 28:25C'est ça le monde de la musique !
- 28:27J'ai tenu bon,
- 28:28et après,
- 28:28petit à petit,
- 28:29dès que j'ai pu intégrer des musiciens,
- 28:31c'est tellement plus chouette de bosser avec des musiciens !
- 28:35Après,
- 28:35sur l'ordi,
- 28:36il y a toute la partie aussi temps réel,
- 28:38qui est hyper intéressante,
- 28:39de pousser des potards,
- 28:42j'ai essayé plein de choses aussi à l'époque,
- 28:44les kinects,
- 28:44donc les mouvements qui interviennent sur le son et tout ça.
- 28:47Du moment où ça engage le corps,
- 28:49c'est hyper intéressant,
- 28:50même sur du numérique en fait,
- 28:53parce qu'il y a du temps réel,
- 28:56ce qu'on appelle le temps réel,
- 28:57la modification de son,
- 28:59tous les contrôleurs,
- 29:00il y a un vrai truc trippant avec ça.
- 29:02C'est vrai,
- 29:02on ne m'appuie pas juste sur un bouton play et ça fait de la musique.
- 29:05Moi je n'ai jamais fait ça,
- 29:06je n'ai jamais quantifié mes instruments,
- 29:09je les jouais vraiment en temps réel,
- 29:11ce qui fout un peu le bordel entre nous par moments.
- 29:14Il y avait ce goût du risque,
- 29:15en fait,
- 29:16depuis toujours.
- 29:17J'aime que ce soit risqué.
- 29:21Et des fois,
- 29:21je me suis royalement vautrée en public.
- 29:25C'est quoi la plus grosse galère qu'elle t'a eue sur scène ?
- 29:28Une espèce de concours.
- 29:29Ce n'était pas un concours,
- 29:30mais c'était à Montauban.
- 29:30Il y a une époque où il y avait un festival à Montauban.
- 29:32Et c'était atroce parce que je ne m'entendais pas me sampler.
- 29:35Il y a eu un énorme orage.
- 29:37Et il y a eu des blancs.
- 29:39En fait,
- 29:39je n'entendais plus rien.
- 29:40Les balances,
- 29:41le problème avec les ordi et tout ça,
- 29:43c'est que t'as pas ton instrument qui fait du bruit vraiment,
- 29:45donc c'est pas comme si tu jouais la guitare sur toi et tu peux toujours te récupérer,
- 29:49tu vois.
- 29:50Donc là,
- 29:52je nageais dans l'orage et j'entendais plus ce que je faisais.
- 29:57C'est des grands moments de solitude quand même,
- 29:58où il faut garder le cap.
- 30:00Aujourd'hui,
- 30:00je le fais très bien.
- 30:01Est-ce que tu sais si les gens t'entendaient ?
- 30:04Ouais,
- 30:05eux,
- 30:05ils m'entendaient,
- 30:06mais c'était le bordel.
- 30:08J'ai vécu un moment...
- 30:09T'as pas gagné ce concours.
- 30:10Ça aurait été drôle.
- 30:11Non,
- 30:11mais c'était un truc de pro,
- 30:12tu sais.
- 30:14Ou ils sont là pour choisir ou pas de te programmer,
- 30:17donc bon,
- 30:17c'était terrible.
- 30:18Il y a toujours un enjeu,
- 30:19oui,
- 30:19donc il y a peut-être ce stress-là aussi,
- 30:21qu'ils sont là plus pour te juger quelque part,
- 30:23entre guillemets,
- 30:24que de vivre le spectacle.
- 30:25Je vis moins d'enjeux aujourd'hui,
- 30:26parce que j'ai l'impression que je me suis prouvée avec tous ces risques-là,
- 30:31toutes ces traversées sur fil de fer,
- 30:33que je suis capable de transformer les couacs en moments de musique.
- 30:41Et c'est ça aussi la musique,
- 30:42c'est...
- 30:43C'est des silences,
- 30:44c'est des vertiges,
- 30:45c'est des erreurs.
- 30:47Et c'est ce qui me plaît aussi à jouer avec les autres,
- 30:49c'est comment on joue ensemble,
- 30:50comment on crée des instants uniques et précieux en fait.
- 30:54Parce que franchement aujourd'hui,
- 30:55inventer quelque chose en musique...
- 30:58C'est possible ou pas ?
- 30:58Bah après
- 30:59Sébastien Bach et franchement
- 31:02Beethoven, enfin Jean-Sébastien pardon pour les intimes.
- 31:06C'est déjà depuis longtemps que c'est difficile.
- 31:09t'écoutes les...
- 31:13L'Icto,
- 31:15tu sais les cailloux qui jouaient dans les grottes ?
- 31:18C'est trop beau,
- 31:19des espèces de vieux xylophones en caillasse.
- 31:23Déjà rien que là,
- 31:24on était loin dans la musique,
- 31:26et la polyrythmie,
- 31:27et la polyphonie.
- 31:29Aujourd'hui,
- 31:30il n'y a plus rien à inventer à part des moments précieux ensemble.
- 31:34Et pour moi,
- 31:34un concert,
- 31:34c'est un rendez-vous.
- 31:36Il y a des gens qui viennent au rendez-vous,
- 31:37moi je viens,
- 31:38puis on se fait beau du mieux qu'on peut.
- 31:41Avec nos mochetés,
- 31:43puis on se retrouve là.
- 31:44Et on partage un moment ensemble.
- 31:46Ça,
- 31:46on ne pourra pas,
- 31:48même si tout le monde a son home studio,
- 31:49on ne pourra pas enlever ces moments magiques où on est ensemble et le temps s'épaissit,
- 31:57on ne sait plus,
- 31:58tu vois ?
- 32:00On est dans l'ailleurs.
- 32:01Donc toi,
- 32:01tu es plus...
- 32:02C'est Alexandre Delper ou Dua qui dit ça,
- 32:04la présence dans l'ailleurs.
- 32:05C'est un peu ça qu'on cherche aussi,
- 32:06des moments suspendus.
- 32:08qui nous sortent de nos quotidiens.
- 32:10Donc toi t'es plus scène que studio ?
- 32:12Non,
- 32:13tu parles.
- 32:14J'ai mis des années à apprécier d'être sur scène.
- 32:16C'est vrai ?
- 32:16En début tu stressais,
- 32:17t'aimais ?
- 32:17C'était horrible.
- 32:19Je me disais mais pourquoi j'ai choisi ce métier ?
- 32:22Ce qui est drôle,
- 32:23il y en a beaucoup comme on va dans le coulisse et tu les vois tout blanc avant de monter sur scène.
- 32:28Ton apparence physique,
- 32:30se montrer,
- 32:31c'est tellement bizarre de faire ça.
- 32:33Donc non,
- 32:33j'aimais bien le studio.
- 32:34J'aime bien aussi être au service d'autres projets.
- 32:37Je compose pour de la danse contemporaine.
- 32:41Là,
- 32:41je me lance de plus en plus dans le pluridisciplinaire avec un prochain projet avec Nastasia Martin,
- 32:46l'autrice de Croix-Rouffov,
- 32:48sur littérature,
- 32:49anthropologie et musique.
- 32:50Et avec Romain Berthet,
- 32:52on fait un mélange de danse et de performance musicale.
- 32:57Ça s'appelle Impressionné.
- 32:58C'est une créa qui sort en janvier à la scène nationale de Gap.
- 33:03Et ça,
- 33:04comme je te disais,
- 33:04les nouveaux défis.
- 33:05C'est bon,
- 33:05je réussis à être rockstar avec un bouc,
- 33:07j'adore.
- 33:08C'est des concerts,
- 33:09ça tourne,
- 33:09je suis là,
- 33:10je tourne les cheveux,
- 33:12je me jette par terre.
- 33:13C'est génial.
- 33:14C'est vrai,
- 33:14tu te jettes par terre ?
- 33:15Ouais.
- 33:15Tu slams aussi ?
- 33:17J'ai jamais fait ça.
- 33:19Ça,
- 33:19il faut que tu fasses.
- 33:20Pour slammer,
- 33:21il faudrait un gros public.
- 33:23Peut-être qu'il faudrait que j'atteigne 1 500 personnes.
- 33:27J'ai bien qu'on revienne à ton album en boucle,
- 33:30parce qu'il y a déjà des premiers extraits qui sont disponibles sur YouTube d'ailleurs.
- 33:33Donc il y a des premiers clips qu'on peut voir pour la chanson Définitif et au revoir.
- 33:40Et là,
- 33:41c'est assez original parce que tu as choisi,
- 33:44pas de te mettre en scène,
- 33:45mais on voit des vraies personnes.
- 33:47Donc on voit Julie Segalas et Pique-Mal et Salomé
- 33:50Chollet. Donc dans Définitif,
- 33:53on voit
- 33:54Julie qui fait un accouchement à la maison,
- 33:58tout simplement.
- 33:59Et tous les travails qui se font avant d'accoucher.
- 34:02Déjà moi c'était la première fois que je voyais ce genre d'images.
- 34:04Moi j'ai pas d'enfant.
- 34:05Et le deuxième clip,
- 34:07donc...
- 34:08Au revoir.
- 34:09Au revoir.
- 34:09C'est un saut en parachute.
- 34:11C'est le premier saut de Salomé,
- 34:12qui est une sportive mondiale de highline.
- 34:16Qui fait normalement de la highline.
- 34:17Mais maintenant ma question c'est encore...
- 34:19Pourquoi tu avais envie de montrer ces gens-là ?
- 34:21Pourquoi tu voulais faire ça ?
- 34:22Parce que j'imagine qu'il y a d'autres choses que peut-être tu ne voulais pas shooter en parachute.
- 34:26Ah,
- 34:26j'ai déjà fait.
- 34:27Tu as déjà fait ?
- 34:27Oui,
- 34:27j'ai déjà fait de la saut en chute libre.
- 34:29J'adore,
- 34:29j'ai adoré.
- 34:31Ok,
- 34:31donc ce n'est même pas ça.
- 34:32Qu'est-ce qui a fait que tu voulais mettre ces gens en scène ?
- 34:35Cette idée d'en boucle,
- 34:37c'est cette reprise de répertoire,
- 34:38mais dans le vrai,
- 34:39Il y a quelque chose comme ça autour de...
- 34:44On n'a pas assez l'air de la télé-réalité et tout ça.
- 34:48Et la télé-réalité est devenue une forme de mise en scène.
- 34:51Là,
- 34:51ce sont des femmes qui m'ont offert ces images.
- 34:57Elles ont aussi visiblement choisi de se filmer,
- 35:00donc de se montrer,
- 35:01de garder une trace de ces moments.
- 35:03Donc déjà,
- 35:04moi,
- 35:04ça me parle de ma propre démarche,
- 35:06pourquoi je me montre.
- 35:07Ça reste des questionnements,
- 35:08je ne sais pas,
- 35:08je n'ai pas la réponse,
- 35:09tu vois.
- 35:10Elles offrent donc ces images,
- 35:12elles sont montées par Marie Lachaud,
- 35:13d'Equinox Productions.
- 35:14Ce ne sont pas des images ultra léchées,
- 35:17hyper produites et tout,
- 35:18mais par contre elles racontent quelque chose de l'instant très fort.
- 35:22Et c'est des moments où tu ne veux pas forcément tricher,
- 35:25tu vois.
- 35:27Et j'aimais bien cette idée autour des clips,
- 35:29on en a prévu quatre avec Marie,
- 35:31et on s'est dit on va travailler sur le vivant,
- 35:34donc du vivant dans nos cordes c'est ma compagnie,
- 35:36et du vivant c'est le label avec un point d'exclamation,
- 35:38du vivant.
- 35:39Point d'exclamation.
- 35:40Il y a cette idée de comment advient la vie,
- 35:46comment cette petite fille sur le carousel,
- 35:48elle se retrouve aujourd'hui chanteuse et elle revient sur son histoire et comment les cycles depuis des milliers et des milliers de générations se continuent.
- 35:58Il y a cette espèce de temps qui est courbe et qui se répète,
- 36:01cette boucle.
- 36:02Et ça me passionnait de me dire,
- 36:05aller je vais réutiliser un mythe les mythes de
- 36:10des quatre éléments qui sont usités,
- 36:13usés,
- 36:13poncés.
- 36:14Et comment on peut les mettre à aujourd'hui ?
- 36:17Donc,
- 36:17ce qui crée les éléments fondateurs de la vie,
- 36:21c'est l'eau,
- 36:22le feu,
- 36:23la terre et l'air.
- 36:25Et on s'est dit,
- 36:25allez,
- 36:26comment on pourrait le représenter aujourd'hui,
- 36:28en 2025 ?
- 36:30Et donc l'air,
- 36:30ben...
- 36:32Sans parachute !
- 36:33On n'en est plus au moulin à vent,
- 36:36aujourd'hui.
- 36:37Donc,
- 36:37on fait des trucs incroyables.
- 36:40La terre,
- 36:40il y avait vraiment cette idée de la maman,
- 36:42de la terre-mère,
- 36:43on dit beaucoup.
- 36:44Ces archétypes,
- 36:45en fait,
- 36:45moi,
- 36:45ça m'intéresse toujours de relier aussi la musique et nos spiritualités,
- 36:51parce que la musique,
- 36:53elle nous fait vibrer à des endroits.
- 36:55Elle peut être un soin,
- 36:56elle peut être moi,
- 36:56quand je suis déprimée,
- 36:57j'écoute des musiques mélancoliques.
- 36:59Quand je sens que j'ai besoin d'un petit coup de boost,
- 37:01je vais mettre de la techno.
- 37:03Tu vois,
- 37:03on est vraiment aussi,
- 37:04on va chercher ça pour nous...
- 37:07Pour nous mettre en mouvement,
- 37:08pour nous bouger.
- 37:10Et voilà.
- 37:11Ça me plaisait de faire ce parallèle.
- 37:12Et puis la suite,
- 37:13c'est des surprises.
- 37:14Les deux prochains,
- 37:15ce sera des surprises.
- 37:16Donc il y aura 4 clips au total.
- 37:17Il y aura forcément l'eau et le feu.
- 37:19Mais comment ?
- 37:21L'eau,
- 37:21piscine.
- 37:22Moi,
- 37:22je l'ai mis sur la piscine.
- 37:24Je ne peux pas te dire si tu as raison.
- 37:28Quand est-ce qu'il sort,
- 37:29le troisième clip ?
- 37:29Je pense que ce sera début du printemps.
- 37:33En fait,
- 37:34on fait une sortie.
- 37:35Il ne faut pas attendre.
- 37:35Oui.
- 37:36Il faut faire vivre la communication,
- 37:39comme on dit,
- 37:40n'est-ce pas ?
- 37:41Bien sûr,
- 37:41elle est tournée aussi l'équipe.
- 37:42Voilà,
- 37:42elle est tournée.
- 37:43On a une release parisienne le 17 février 2026,
- 37:48donc je pense que ce sera en lien avec cette sortie.
- 37:50C'est au studio de l'Hermitage.
- 37:51Ah super,
- 37:52c'est un très beau lieu.
- 37:53C'est des cabiles,
- 37:54ils sont adorables.
- 37:56On est toujours bien reçus,
- 37:58c'est un chouette endroit.
- 37:59J'aime bien la salle,
- 38:00donc je vous attends là-bas aussi.
- 38:01Si vous êtes à Paris,
- 38:0217 février,
- 38:03allez voir Otili.
- 38:04Il y aura Dimoné avec moi.
- 38:06Ah bah super !
- 38:08Il y a une autre question par rapport à ton clip définitif.
- 38:11Je te disais,
- 38:11moi c'est la première fois que je voyais une femme faire un travail avant accouchement,
- 38:14en plus à la maison.
- 38:16C'est un clip en plus qui était tourné en GoPro.
- 38:18D'ailleurs vous pouvez aller voir sous les réseaux d'Otili,
- 38:20il y a même des vidéos où
- 38:22Julie prend la parole,
- 38:24elle explique un petit peu sa démarche.
- 38:26Mais toi aussi tu as accouché à la maison en fait,
- 38:28donc il y avait quelque chose en lien avec ça,
- 38:31avec ton accouchement.
- 38:34Pourquoi tu voulais montrer un accouchement ?
- 38:35Oui,
- 38:35c'est la vie,
- 38:36mais c'est très intime.
- 38:37Oui.
- 38:39Et en plus,
- 38:39je l'ai sorti le jour de l'anniversaire de ma fille.
- 38:41C'est 22 ans.
- 38:42Je suis tellement heureuse d'être maman.
- 38:44C'est une jeune femme incroyable.
- 38:47Et ce moment-là,
- 38:48où on l'a accueillie avec son père,
- 38:50effectivement,
- 38:51à la maison,
- 38:53il y a eu une grande puissance,
- 38:55force.
- 38:56Et d'autant après,
- 38:57avec la suite qui a été surmédicalisée.
- 39:00À cause de la maladie qu'elle avait,
- 39:02des problèmes déjà très très graves qu'elle a pu avoir,
- 39:07ce moment-là,
- 39:08il reste un moment inspirant et quand je me relie à ce moment-là,
- 39:18j'ai l'impression d'être puissante,
- 39:21j'ai l'impression de pouvoir m'abandonner aux forces élémentaires.
- 39:29Je ne sais pas comment dire,
- 39:30c'est quelque chose qui est un peu mystique en fait,
- 39:31c'est une initiation d'accoucher et ce n'est pas une maladie.
- 39:36Et aujourd'hui,
- 39:37on a vraiment la chance de pouvoir avoir ce type de choix parce qu'il y a beaucoup d'hôpitaux qui font un travail formidable dans les moments d'urgence,
- 39:47dans les moments...
- 39:48C'est merveilleux,
- 39:48en fait,
- 39:49d'avoir ces moyens-là.
- 39:50Et en même temps,
- 39:51on peut aussi accoucher quand on a fait tout.
- 39:54Selon moi,
- 39:54après,
- 39:55c'est tellement intime,
- 39:56effectivement,
- 39:57de choisir comment on a envie de donner la vie,
- 40:00d'accueillir nos enfants ou pas.
- 40:02Enfin,
- 40:03c'est...
- 40:05Je sais pas,
- 40:06moi j'aimais bien de voir cette femme dans sa démarche,
- 40:08qui a fait en plus une PMA avec un donneur,
- 40:12d'aller au bout d'une démarche et je la trouve hyper inspirante et j'ai pas à juger si c'est mieux ce qu'elle fait que quelqu'un qui veut une péridurale à l'hôpital.
- 40:19Il y a tous ces moyens là possibles et ça peut être une inspiration,
- 40:22c'est comme la voix,
- 40:22tu vois.
- 40:23Je peux décider de chanter,
- 40:24comme ça à Pincey,
- 40:25ou je peux décider de chanter.
- 40:27Et bah là c'est la même chose,
- 40:28c'est un choix que tu fais,
- 40:29tu donnes la vie à l'hôpital,
- 40:31à la maison et...
- 40:34Moi je milite pour le droit à choisir en fait,
- 40:37la liberté de choisir.
- 40:39Mais le droit aussi parce que du coup tu vois,
- 40:41il y a énormément de difficultés aujourd'hui pour les sages-femmes de proposer l'accouchement à domicile alors qu'il est moins coûteux.
- 40:49Il y a des assurances très très chères pour pouvoir pratiquer ce geste-là alors qu'il est séculaire en fait.
- 40:55Ça fait des milliers d'années qu'on accouche.
- 40:58Oui,
- 40:58depuis toujours,
- 40:59on peut dire.
- 40:59Ça fait un moment,
- 41:00je ne m'en rappelle même pas.
- 41:04Mais voilà,
- 41:04je trouve ça important de le montrer,
- 41:05de dire que c'est possible.
- 41:07Et je suis bien placée pour le savoir.
- 41:09Et ma louve
- 41:11Louane aussi,
- 41:13des fois,
- 41:13à l'hôpital,
- 41:13on en a besoin.
- 41:14Des fois,
- 41:14on en a moins besoin.
- 41:16Et c'est chouette de ne pas aussi sur-médicaliser nos moments précieux,
- 41:22nos moments mystiques.
- 41:24C'est quand même des moments de mystère.
- 41:25Tu te dis,
- 41:26mais comment c'est possible,
- 41:28ce truc ?
- 41:29Tu vois,
- 41:29c'est incroyable,
- 41:30ça nous relie à notre animalité aussi.
- 41:34Ah ouais,
- 41:35c'est fou.
- 41:35Moi,
- 41:35je me rappelle,
- 41:36le soleil se levait.
- 41:38Voilà,
- 41:38oui,
- 41:38j'ai accouché à quatre pattes chez moi.
- 41:40Puis mon bébé,
- 41:40qui avait les yeux grands ouverts,
- 41:43qui n'a pas pleuré.
- 41:44Cette lumière,
- 41:45c'était magique.
- 41:48Et Julie,
- 41:49tu l'avais rencontrée comment ?
- 41:50C'est quelqu'un que tu...
- 41:51Je n'ai jamais rencontré Julie.
- 41:53Par contre,
- 41:53la sèche-femme qui s'est levée entre nous,
- 41:55on s'est téléphoné,
- 41:56bien sûr,
- 41:56et tout.
- 41:57Mais c'est une amie.
- 41:59très chère de cœur qui s'appelle Antonia Beaumont qui fait le lien entre nous deux qui est une femme très inspirante qui s'est formée en Belgique dans la maison de naissance qui a proposé par moments l'accouchement à domicile et qui lutte aussi pour ce choix de comment on veut naître
- 42:16Donc tu es allée voir dans ton ami,
- 42:17tu lui as dit est-ce que tu connais pas quelqu'un qui va accoucher ?
- 42:23Et qui est aussi une artiste Julie,
- 42:26c'est une bijoutière
- 42:28C'est une femme incroyable.
- 42:30Après,
- 42:30elle en parlerait mieux que moi de son accouchement.
- 42:32Mais bien sûr !
- 42:33Et effectivement,
- 42:34comme tu dis,
- 42:34on ne voit pas tout.
- 42:36Oui,
- 42:36allez voir ce qu'ils ont possible.
- 42:38Ça me plaisait que les gens attendent de voir...
- 42:41Ah oui,
- 42:41parce que j'avoue,
- 42:43j'en regarde et je me dis jusqu'à où elle va montrer en fait ?
- 42:46Qu'est-ce que je vais voir ?
- 42:47Dis rien,
- 42:47dis rien.
- 42:47Qu'est-ce que je vais voir ?
- 42:48Donc allez voir.
- 42:50Mais voilà,
- 42:51ça va.
- 42:51Ça va.
- 42:55C'est intense.
- 42:56Et la vie,
- 42:57elle est faite de ces moments intenses aussi.
- 42:59Voilà,
- 42:59c'est bien de les montrer.
- 43:01En tout cas,
- 43:01moi,
- 43:01ça m'a touchée,
- 43:02ça m'a interpellée.
- 43:03Donc,
- 43:04merci.
- 43:05J'ai des femmes qui m'ont dit,
- 43:06j'ai plus d'utérus,
- 43:07mais tu vois,
- 43:07ça m'a parlé,
- 43:08j'ai eu l'impression de ressentir des choses.
- 43:11Et c'est ça aussi,
- 43:12en fait,
- 43:13l'art.
- 43:14C'est les endroits où on va...
- 43:15Peut-être ce ne sera pas j'aime ou je n'aime pas.
- 43:17Ce sera,
- 43:18ça m'a fait quelque chose.
- 43:19Ça a eu un impact sur moi,
- 43:21ça m'a traversée,
- 43:22ça m'a émue,
- 43:23ça m'a dérangée
- 43:25C'est à ça que sert l'art,
- 43:26c'est à nous questionner sur nos vies actuelles.
- 43:30De nous sécouer aussi.
- 43:33Pourquoi je vis ça ?
- 43:34De quoi j'ai envie aujourd'hui ?
- 43:38Moi j'aime l'art comme ça en tout cas.
- 43:40Et donc parlant justement d'interpeller les gens,
- 43:42il y a quelque chose qui revient aussi chez toi,
- 43:44c'est la sobriété numérique,
- 43:46j'ai l'impression.
- 43:48Donc vraiment tu...
- 43:49Dit-elle avec deux portables,
- 43:51quatre ordures...
- 43:53Non,
- 43:54mais c'est intéressant parce que tu t'interroges sur la technologie que tu utilises,
- 43:58mais aussi sur ce que tu dis,
- 44:00comment on les remettre au service de l'humain.
- 44:05Donc déjà,
- 44:05il y a une thèse que ce n'est pas au service de l'humain aujourd'hui.
- 44:10Une hypothèse,
- 44:11tu veux dire ?
- 44:11Oui,
- 44:11une hypothèse.
- 44:13Et comment tu te sens aujourd'hui par rapport à toutes les technologies ?
- 44:18Est-ce que tu utilises ChatGPT ?
- 44:20Est-ce que tu es sur...
- 44:21Voilà,
- 44:21et t'es quand même sur les réseaux pour faire ta promo,
- 44:24pour parler de toi.
- 44:25Donc,
- 44:25tu t'es exposée sur les réseaux.
- 44:27Politiquement,
- 44:28je trouve ça hyper compliqué parce que,
- 44:32comme j'ai tenté,
- 44:33j'ai commencé à l'évoquer autour des mécanismes du capitalisme,
- 44:39en fait,
- 44:39et de faire croire qu'on va être le meilleur et,
- 44:43tu vois,
- 44:43cette espèce de compétitivité.
- 44:45Idem avec ChatGPT.
- 44:46Je pense que...
- 44:47Le truc ?
- 44:49J'ai des peurs par rapport à ça.
- 44:51Je me suis renseignée parce que mon spectacle précédent,
- 44:53qui s'appelle Nébuleuse,
- 44:54et effectivement,
- 44:54il y a un EP qui a été enregistré et mixé par Gwenaëlle Coffey,
- 44:58qui est sur toutes les plateformes.
- 45:02Il y a Xavier Machaud en invité.
- 45:04On réfléchissait à ça,
- 45:04en fait.
- 45:06J'ai fait plein de collectages de paroles autour du portable,
- 45:09notre rapport à l'instantanéité,
- 45:12au fait que ça prend énormément de place dans nos vies.
- 45:14Il y a même une femme qui a appelé ça la prothèse.
- 45:17et effectivement tu vois on est
- 45:18On est là,
- 45:19on mange avec,
- 45:20on le pose sur la table.
- 45:21Ma mère,
- 45:21elle dit toujours,
- 45:22c'est une laisse pour moi.
- 45:24Oui,
- 45:25il y a quelque chose,
- 45:26c'est pas parce qu'on l'utilise et qu'il nous apporte une forme de facilité qu'on n'a pas l'effet secondaire.
- 45:34C'est comme les médicaments.
- 45:35Tu vois ce que je veux dire ?
- 45:36Tu vas prendre un antidouleur,
- 45:37après tu vas avoir mal au foie.
- 45:39Et bien là,
- 45:40on va plus vite pour obtenir une carte ou pour envoyer un message à quelqu'un.
- 45:45On a l'impression qu'il faut répondre tout de suite.
- 45:46Et encore,
- 45:47est-ce qu'on va vraiment plus vite de temps en temps ?
- 45:49Ça dépend des GPS.
- 45:50Et sur notre téléphone,
- 45:52ça nous prend beaucoup plus de temps que d'aller prendre.
- 45:56J'ai l'impression que c'est pas endogène pour nous,
- 45:58notre génération en tout cas.
- 46:00Et qu'on va voir comment ces outils peuvent être maîtrisés par nos jeunes générations.
- 46:06Des générations qui sont nées avec.
- 46:09Parce que nous,
- 46:09on est plutôt hébétés par l'objet.
- 46:13Même les personnes plus âgées.
- 46:15Il y a un sketch de Laura Felpin comme ça,
- 46:18où il y a la mamie qui envoie et qui fait sande,
- 46:20tu sais,
- 46:20qui envoie le texto.
- 46:22On n'a pas les mêmes imaginaires que peuvent avoir les jeunes.
- 46:26Puis on a connu la vie sans...
- 46:27Moi,
- 46:28déjà,
- 46:28j'ai mon portable et puis j'ai 12 ans.
- 46:30Mais tu vois,
- 46:31déjà,
- 46:31je me souviens comment c'était quand on avait 12 ans.
- 46:34Ça nous servit plus à jouer en serpent,
- 46:36tu vois.
- 46:37Et t'es quand même envoyé des textos et tout,
- 46:38on avait des cartes qui étaient limitées et tout,
- 46:40c'était quelque chose...
- 46:41Moi,
- 46:41j'ai connu la cabine téléphonique,
- 46:43Eva.
- 46:43Oui,
- 46:43moi aussi.
- 46:44Moi aussi,
- 46:45je me souviens quand je suis partie à mon premier voyage à l'étranger,
- 46:48c'était d'ailleurs pour aller à Paris,
- 46:51et à l'école,
- 46:52donc ils nous expliquaient les codes qu'on pouvait taper pour appeler les parents.
- 46:55Donc déjà,
- 46:56j'imagine les parents,
- 46:57comment on appelait avec la cabine.
- 46:59Il y a un appel depuis la France,
- 47:00c'est votre fille qui appelle,
- 47:01est-ce que vous voulez répondre ?
- 47:02Payez !
- 47:02Parce qu'à l'époque,
- 47:03si on appelait,
- 47:04on...
- 47:06PCV.
- 47:07Ouais,
- 47:08ouais.
- 47:10Donc oui,
- 47:10j'ai connu ça aussi.
- 47:12Effectivement,
- 47:13aujourd'hui,
- 47:13je vais par l'étranger.
- 47:14Dans mon abonnement,
- 47:15je peux avoir un GPS.
- 47:17On attend au Canada,
- 47:18on attend au Vietnam,
- 47:18on attend où tu veux.
- 47:20Donc ça change tout.
- 47:22On ne peut pas couper en vrai.
- 47:23On peut,
- 47:24mais il faut le vouloir.
- 47:25Oui,
- 47:26il faut le vouloir.
- 47:27Et souvent,
- 47:27ça permet de recentrer notre attention aussi sur plein de choses.
- 47:31Moi,
- 47:31j'ai l'impression de me laisser vraiment déborder par les outils plutôt que de les utiliser.
- 47:36C'est un des rares outils,
- 47:37le téléphone.
- 47:38qu'on n'est pas capable de créer nous-mêmes en fait.
- 47:41Voilà,
- 47:41tu vois,
- 47:42le silex,
- 47:43je vais très très loin dans l'histoire,
- 47:44mais on était capable de créer nos propres outils,
- 47:47de les forger,
- 47:48de les tailler.
- 47:49Et là,
- 47:50c'est un truc qui est un faisceau de technologies tellement important et qui nous est présenté aussi comme quelque chose de très simple,
- 47:58avec le doigt,
- 47:58pim pam poum,
- 47:59alors que c'est une technologie faramineuse qui réunit un nombre de...
- 48:07d'anti-humanité avec tous les métaux,
- 48:10les façons de créer les cartes.
- 48:13C'est des aberrations humaines et écologiques,
- 48:16en vrai.
- 48:17Donc j'ai l'impression aujourd'hui qu'on doit accepter cette contradiction parce que sinon,
- 48:22t'es en dehors.
- 48:23Tu vois comment on fait pour être dans cette société ?
- 48:27En lien,
- 48:28garder le lien parce que c'est aussi un outil de lien.
- 48:30Et en même temps,
- 48:32prendre conscience que c'est dans les pires impacts euh
- 48:37Sur le climat,
- 48:39on envoie des textos,
- 48:41on en envoie quatre à la suite,
- 48:43ou des e-messages,
- 48:44et en fait ça retourne aux Etats-Unis,
- 48:46ça revient ici,
- 48:46ça passe par le satellite,
- 48:48et des fois on est juste à côté,
- 48:50et on apprend ça comme un jeu.
- 48:54Je trouve que l'inquiétant avec le numérique,
- 48:56c'est qu'on ne voit pas le trou se creuser.
- 49:00Il y a quelque chose comme ça de très proche,
- 49:03parce qu'on peut dormir avec,
- 49:04c'est notre réveil,
- 49:05et de très loin,
- 49:06parce que...
- 49:07On ne peut pas conscientiser la rapidité avec laquelle l'enchaînement d'actions se mobilise.
- 49:15C'est incroyable !
- 49:16Toi,
- 49:17tu t'interroges sur ta présence numérique,
- 49:18sur les réseaux,
- 49:20pour sortir tes sons sur les plateformes ?
- 49:24Pareil,
- 49:24mais même pour le disque par exemple.
- 49:25Ça fait dix ans que je voulais arrêter de faire des disques physiques parce qu'on n'écoute plus de disques.
- 49:31Personnellement,
- 49:31je n'ai pas de lecteur chez moi.
- 49:32Tu as un lecteur chez toi ?
- 49:33Dans la voiture.
- 49:34Oui,
- 49:34dans la voiture.
- 49:35Mais en fait,
- 49:36pour avoir certaines subventions,
- 49:38donc je suis aussi directrice de compagnie et de ce label et tout ça,
- 49:41eh bien,
- 49:42il faut un disque physique.
- 49:44Il y a encore des choses qu'on cherche à mettre à jour.
- 49:48Et des fois,
- 49:50on est loin derrière par rapport à comment il faudrait agir aujourd'hui.
- 49:53Et on le sait qu'on va dans le mur.
- 49:56Personne n'arrive à tirer le frein.
- 50:01Et moi la première,
- 50:02parce que je suis avalée par cette instantanéité et ce besoin de rapidité qu'on a d'interagir.
- 50:09Quand je laisse mes portables et mon ordi,
- 50:12au bout d'une semaine ou deux,
- 50:14je les oublie très facilement.
- 50:16C'est vraiment quelque chose de...
- 50:17Je pense qu'on en a nombreux aussi à connaître ça.
- 50:19On s'est dit,
- 50:19on est parti en vacances,
- 50:20on n'a pas regardé notre ordinateur,
- 50:22notre téléphone.
- 50:23Qu'est-ce que c'était bien !
- 50:24Tu sais que ce sont des...
- 50:26Des objets qui sont aussi faits pour provoquer de l'addiction.
- 50:30C'est dit,
- 50:31c'est clair.
- 50:31Il y a un magnifique bouquin qui s'appelle La fabrique du crétin digital de
- 50:37Michel Desmurgers.
- 50:40Je conseille à chacun et chacune de le lire parce qu'il y a des études qui sont faites sur le numérique depuis des années.
- 50:49Ou à
- 50:50Alessandro Barrico qui écrit The Game et qui parle de...
- 50:54Parce que forcément,
- 50:55on a envie qu'il y ait une issue positive à ça.
- 50:57Peut-être que,
- 50:57tu vois,
- 50:58comme toutes les inventions,
- 50:59j'ai pas envie d'être la vieille réac qui dirait « t'es nulle » .
- 51:02Mais quand même,
- 51:02on voit bien qu'il y a un impact écologique.
- 51:04Toute l'eau qu'il faut pour refroidir les centrales,
- 51:07les serveurs,
- 51:08c'est des trucs qu'on a...
- 51:09Tu vois,
- 51:10on se représente une espèce de hangar rempli de machins qui clignotent.
- 51:15Mais ça,
- 51:16ça a un coût énergétique de folie,
- 51:18en fait.
- 51:19Tout ça pour dire
- 51:22« bisous, je t'aime,
- 51:23bonne nuit » ,
- 51:23tu vois.
- 51:25Oui,
- 51:25c'est vrai.
- 51:26Et puis aujourd'hui,
- 51:26en tant qu'artiste,
- 51:28te dire,
- 51:29moi,
- 51:29je n'y vais pas sur les plateformes,
- 51:30sur Spotify,
- 51:31Deezer,
- 51:31sur ce que vous voulez,
- 51:34c'est impossible.
- 51:34C'est possible,
- 51:35mais...
- 51:35C'est possible,
- 51:37mais c'est hors courant total.
- 51:40Oui,
- 51:40et puis les gens,
- 51:41quand même,
- 51:42on découvre aujourd'hui majoritairement la musique comme ça.
- 51:45On écoute comme ça.
- 51:46Après,
- 51:46les réseaux qu'on dit sociaux,
- 51:48c'est des choses,
- 51:49c'est des curseurs qui sont regardés par les programmateurs.
- 51:53Voilà,
- 51:54j'ai réfléchi à quoi dire dessus.
- 51:56Je trouve que les contenus se ressemblent,
- 51:57ils sont fades.
- 51:59J'ai fait mes premiers...
- 52:01Tes premières faces caméra ?
- 52:02Voilà.
- 52:03Et comment tu les vis ?
- 52:05Je préfère qu'on soit là à discuter toutes les deux,
- 52:07tu vois.
- 52:08Il y a quelque chose...
- 52:10Il y a une mise en abîme.
- 52:12Dès qu'on est deux à vibrer autour d'une conversation,
- 52:15il y a une mise en abîme qui est différente.
- 52:17Après,
- 52:17je le vois sur ce spectacle nébuleuse là,
- 52:19qui était vraiment un solo,
- 52:22mais avec un public.
- 52:23Intégrer le public dans une forme de solo,
- 52:25du coup c'était une rencontre de solitude.
- 52:29De réfléchir à ça,
- 52:30je commençais le spectacle avec la chaîne YouTube,
- 52:34donc c'était tout le monde sur ma chaîne YouTube,
- 52:36et en fait je parlais aux gens sur ma chaîne YouTube qui regardaient leur portable au milieu d'eux.
- 52:40Et il y avait une espèce de latence,
- 52:42déjà ça pétait le mythe de l'instantanéité,
- 52:44parce que quand tu fais du live ou du direct,
- 52:46c'est pas vraiment au moment...
- 52:48Il y a tous ces systèmes que je te disais,
- 52:51ça revient là,
- 52:51ça repasse par derrière.
- 52:53Et je trouvais ça chouette de juste te dire c'est quoi le vrai moment ?
- 52:57Ça faisait aussi prendre conscience de c'est quoi le live ou pas ?
- 53:00Et est-ce que moi j'arrivais à parler ?
- 53:02Tu vois,
- 53:02avec un micro,
- 53:03quand on fait un disque aussi depuis des années,
- 53:05on sait qu'on va adresser notre chant à plus grand,
- 53:09à plus loin.
- 53:11Il y a ça aussi.
- 53:12Et avec le numérique,
- 53:13c'est ça que ça nous donne,
- 53:14sauf qu'il y a l'image en plus.
- 53:15Donc on représente quelque chose qui va être vu plus tard dans le temps,
- 53:21plus loin,
- 53:22plus déformé.
- 53:23Ça peut être réutilisé ?
- 53:24Oui,
- 53:24et puis ça va beaucoup plus vite quand même que les disques,
- 53:26parce que faire une face cam,
- 53:27là tu prends ton téléphone,
- 53:28tu t'enregistres et on y va.
- 53:31Et ton disque,
- 53:31tu le rétravailles.
- 53:33Nos vidéos aussi,
- 53:34on les rétravaille.
- 53:35On peut,
- 53:35puis même les filtrer tout seul.
- 53:36Voilà,
- 53:37mais il faut que ça...
- 53:38Tu ne travailles pas pendant des jours et des jours.
- 53:41Tu fais un petit retouche et puis on y va.
- 53:43Mais tu as conscience que tu pars là plus grand que toi.
- 53:47Et finalement,
- 53:48je me dis,
- 53:48tu vois,
- 53:50les mains négatives...
- 53:51Il y a Marguerite Duras qui a écrit un très beau texte là-dessus,
- 53:54il y a un court-métrage qui parle des mains négatives.
- 53:57Et c'est les hommes et femmes des cavernes qui commençaient avec la bouillasse à exister sur les parois rocheuses.
- 54:09J'ai l'impression que ça n'a pas énormément changé.
- 54:12Ce face caméra et les mains négatives,
- 54:14on est dans un acte d'existence,
- 54:18on cherche encore le sens de la vie en fait.
- 54:20On cherche à être relié à plus grand que nous et aux autres et à laisser une trace.
- 54:24Et tu vois,
- 54:25finalement,
- 54:26on n'a pas beaucoup évolué sur ce plan-là.
- 54:29Moi,
- 54:29j'ai envie que...
- 54:31Qu'on puisse imaginer un futur vraiment désirable,
- 54:34inclusif,
- 54:36où tous et toutes on a conscience des choses.
- 54:39Mais effectivement,
- 54:39ça fait peur.
- 54:41La sobriété numérique,
- 54:42ça devrait être légiféré en fait.
- 54:45Parce que ces politiques,
- 54:46c'est pas uniquement à chacun en tant qu'individu qui est maintenant addict à ces pratiques,
- 54:52à ces outils.
- 54:54En fait,
- 54:55c'est des injonctions contradictoires permanentes.
- 54:57On te dit,
- 54:57bon,
- 54:57tu vois,
- 54:58ça craint,
- 54:58c'est pas super.
- 54:59Mais par contre,
- 55:00si tu ne fais pas deux postes par semaine,
- 55:01tu n'auras pas ta popote à la fin du mois.
- 55:04Moi,
- 55:05je fais de l'accompagnement comme.
- 55:07Je ne dis pas ça comme ça,
- 55:08mais trois postes,
- 55:10des postes par semaine.
- 55:12C'est une injonction contradictoire parce qu'on voit bien qu'il n'y a pas besoin de ça pour être un être humain,
- 55:19pour vivre,
- 55:19pour partager des bons moments de concert,
- 55:21de musique et tout ça.
- 55:23Et on sait que ça a un impact écologique.
- 55:25Et en même temps,
- 55:26il y a cette course à...
- 55:28Voilà.
- 55:29les mains sur la paroi parce que moi je ne veux pas disparaître et parlons des moments de partage parce qu'au delà du numérique tu as toute une vie quand même et d'ailleurs pour me préparer tu m'avais envoyé un petit dossier de 36 pages de toutes tes activités j'ai failli faire une crise cardiaque je me dis comment je peux parler
- 55:49de tout ça donc tu as des spectacles qui arrivent tu as tout un planning pour 2026,
- 55:542027,
- 55:552028 des spectacles que tu vas faire ...
- 55:59Tu as des ateliers que tu animes,
- 56:00donc on peut apprendre à chanter avec toi par exemple.
- 56:03À écrire aussi,
- 56:04des outils d'écriture,
- 56:05enfin apprendre à écrire.
- 56:06On peut vivre des moments ensemble pour écrire.
- 56:09Donc c'est des cours de danse ?
- 56:13Non,
- 56:13je ne donne pas des cours de danse,
- 56:14mais je travaille avec
- 56:16Lola Carrodin ou Romain Berthet.
- 56:18Donc toutes ces activités,
- 56:19ça fait partie de l'activité de ta compagnie,
- 56:22du Vivant dans nos Cordes,
- 56:24dont tu es directrice artistique et la fondatrice,
- 56:27si j'ai bien compris.
- 56:28ça.
- 56:29Donc,
- 56:30tu as monté ta structure,
- 56:32vraiment pour encadrer tes activités,
- 56:35et justement pour proposer tout ça.
- 56:37Si tu peux nous dire rapidement,
- 56:39pourquoi ces actions culturelles ?
- 56:42Qu'est-ce que tu aimes dans tout ça ?
- 56:44Ça fait sens à ce qu'on venait de dire juste avant,
- 56:46c'est-à-dire,
- 56:47exister pour exister,
- 56:49mais exister dans le regard de l'autre,
- 56:51et vice-versa,
- 56:52c'est vraiment des moments qui sont nourriciers,
- 56:54qui remplissent,
- 56:55qui enrichissent,
- 56:57qui bougent,
- 56:57qui permettent de...
- 56:59de se sentir vivant,
- 57:00complet,
- 57:01dans l'échange,
- 57:02et pas juste montrer quelque chose en fait.
- 57:08Et l'atelier,
- 57:09la démarche sociale,
- 57:10elle est hyper importante pour moi,
- 57:12et sur les deux dernières créations,
- 57:15je suis partie de collecte de vécu ou de récits autour du numérique,
- 57:20et là autour du corps,
- 57:21récemment avec Impressionné,
- 57:23et j'ai l'impression que ça me...
- 57:26Sans me donner des réponses,
- 57:27ça continue à alimenter ce besoin que j'ai de questionner nos modes de vie,
- 57:33nos façons d'être ensemble.
- 57:34C'est quoi un corps collectif ?
- 57:37Comment on peut...
- 57:38C'est quoi un corps collectif ?
- 57:41Tu vois,
- 57:41le corps c'est la chose qui nous rassemble et c'est politique un corps dans la société aujourd'hui.
- 57:47Un homme,
- 57:48une femme,
- 57:49une personne non binaire,
- 57:50trans...
- 57:52Quelqu'un de gros,
- 57:53de petit ?
- 57:54Comment on fait la place à toutes et tous de façon égale,
- 58:02équitable,
- 58:04valable ?
- 58:05Comment on valorise nos existences,
- 58:07quelles qu'elles soient,
- 58:08les personnes qui sont malades ?
- 58:09J'ai aussi un lien avec le handicap tellement fort depuis longtemps que je me dis,
- 58:16c'est pareil,
- 58:17les personnes qui sont incarcérées,
- 58:18pourquoi on choisit de les couper de la société ?
- 58:22C'est quoi faire société ?
- 58:24Ça va jusque là.
- 58:25Comment on peut faire société de façon au moins acceptable ?
- 58:30Parce que là,
- 58:31tu vois,
- 58:31aujourd'hui,
- 58:33on est vraiment dans des systèmes de domination tellement encore importants qu'il faut les questionner,
- 58:38il faut les questionner.
- 58:39Il faut continuer à questionner le patriarcat,
- 58:40il faut continuer à questionner la domination des riches sur les pauvres,
- 58:46le partage des richesses.
- 58:47Il faut continuer à questionner ça.
- 58:48Et l'art peut être un bon moyen.
- 58:50Et l'art peut être aussi un bon moyen de le faire dans le lien à l'autre et pas dans la confrontation.
- 58:57Donc quelque chose de voilà ce que je vibre,
- 59:00voilà ce que je t'offre.
- 59:01Ah ouais,
- 59:01moi ça me fait ça,
- 59:02tiens,
- 59:03je réponds ça.
- 59:03Et de pouvoir se toucher les uns les unes les autres.
- 59:07Du coup,
- 59:08l'endroit de l'empathie,
- 59:09il fait qu'on peut bouger,
- 59:10je pense.
- 59:11Et l'art provoque ça.
- 59:12La transmission dans les ateliers provoque ça.
- 59:15Quand on fait un atelier en EHPAD avec des maternelles.
- 59:18et qui a ses rencontres entre les anciens et la relève.
- 59:22Mais c'est hyper beau,
- 59:24ça donne du sens à ma pratique de chanteuse sur scène.
- 59:28Ça me nourrit,
- 59:28ça me donne de l'espoir,
- 59:30ça me donne de la perspective.
- 59:34Et puis la poésie,
- 59:35elle est partout.
- 59:38Voilà,
- 59:39je n'ai pas quelque chose de plus important à dire que Josette en Ehpad,
- 59:45qui est décédée maintenant,
- 59:45mais que j'adorais,
- 59:46tu vois.
- 59:48Chaque vie,
- 59:48elle a son importance,
- 59:50sa place.
- 59:50Donc restons en lien,
- 59:52restons connectés,
- 59:53on dit.
- 59:54Tu sais,
- 59:54ça est réutilisé ce truc,
- 59:55on va rester connectés.
- 59:56Mais en fait,
- 59:57ça veut dire quoi être connecté ?
- 59:58Est-ce que c'est ça ?
- 59:59Ou est-ce que c'est envoyer des textes ?
- 1:00:01Bien sûr.
- 1:00:03Merci beaucoup de rester connecté avec moi et avec nous tous pendant une heure.
- 1:00:07J'ai pris beaucoup de plaisir sur cet échange et sur cette rencontre.
- 1:00:11Allez voir et écoutez Otidi sur tous ses réseaux,
- 1:00:14parce qu'elle y est quand même,
- 1:00:15sur Instagram,
- 1:00:16sur Facebook,
- 1:00:16sur Youtube.
- 1:00:18J'ai un site aussi.
- 1:00:19Et son site internet,
- 1:00:20où il y aura toutes ces dates qui arrivent.
- 1:00:23Et nouvel album,
- 1:00:24le 12 décembre.
- 1:00:26Merci beaucoup Otidi.
- 1:00:27Merci Eva,
- 1:00:28merci à tous et toutes.
- 1:00:29Moi c'est Eva,
- 1:00:29vous avez écouté Carrément.
- 1:00:31Si ce podcast vous a plu,
- 1:00:33vous pouvez vous abonner sur ma chaîne YouTube et sur toutes les autres plateformes également.
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- 1:00:42liker vos ennemis,
- 1:00:45mais vos amis,
- 1:00:45et mettre des petits commentaires,
- 1:00:47m'envoyer des messages,
- 1:00:48dire ce que vous en pensez.
- 1:00:49Je suis aussi sur Instagram et sur TikTok.
- 1:00:51Je vous dis à tout bientôt !