Latest / Les invités de Radio des Ballons / Point presse sur les enjeux du département en préfecture des Vosges
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- Monsieur le Préfet, concernant l'épiphase dans le département des Vosges, la situation a évolué, deux communes ont été particulièrement touchées, mais aujourd'hui la situation évolue favorablement ? Oui, alors sur les deux communes de Tendon et des Arantes de Corsieux, dans les eaux desquelles l'épiphase avait été trouvée, un dispositif de traitement par charbon actif a été mis en place. Son effectivité a été testée, ce qui a permis de lever les restrictions aux usages de l'eau. Pour autant, des réflexions, des analyses sont en cours. Vous nous disiez que le problème n'est pas derrière nous, bien au contraire. Oui, alors toute une campagne d'analyse est mise en place sous le pilotage du ministère de la Transition écologique pour aller chercher un peu plus loin que ce qu'on a fait jusqu'ici. On a testé jusqu'ici les bouts de stations d'épuration industrielles, on s'apprête à tester les bouts de stations d'épuration urbaines, au-delà de 10 000 équivalents habitants, c'est-à-dire les plus importantes d'entre elles. Et puis en parallèle, on continue des analyses très régulières et approfondies de toutes les eaux distribuées, de tous les réseaux publics, pour d'une part mieux connaître le phénomène et être capable de réagir immédiatement si d'aventure on devait déceler la présence de péphase dans des concentrations trop importantes dans ce type de produit. Les entreprises sont particulièrement ciblées, elles ont modifié leur process, disiez-vous ? Alors, s'agissant en particulier des entreprises du secteur textile, qui utilisaient historiquement depuis des années et des années des péphases dans leur process industriel, pour l'ennoblissement du tissu en particulier, elles ont fait un gros effort de réadaptation, de revue de leur process industriel pour en sortir les péphases. Donc aujourd'hui, elles produisent la même chose comme le produisait hier, mais avec des procédés différents qui permettent de ne pas utiliser de péphase et donc, par conséquence, il n'y a plus de péphase dans leur rejet. Les services de l'État auront beaucoup à faire, vous allez multiplier les contrôles, des contrôles renforcés ? Oui, alors c'est effectivement un gros chantier qui est devant nous, mais qui est indispensable et donc toutes les mesures sont prises pour pouvoir y faire face dans les années à venir. Concernant les péphases, vous avez parlé d'un circulaire qui a été délivré en avril, il apporte de nouveaux points finalement ? Oui, alors le premier point, peut-être le plus important, c'est que les péphases sont des substances qui sont connues de manière relativement récente finalement, qui ne sont pas toutes connues, il y en a des milliers. Aujourd'hui, on est capable d'avoir des données un peu précises sur une vingtaine, une trentaine d'entre elles seulement. Et pour ces péphases-là, pour la première fois, on a maintenant des normes, des seuils de concentration admissibles dans les différents produits dans lesquels on peut en trouver. Donc, on a des repères qu'on n'avait pas hier. Grâce à cette circulaire, c'est déjà un progrès important. Et puis le deuxième volet de cette circulaire, c'est l'extension des produits dans lesquels on va mesurer la concentration de péphases pour avoir une meilleure connaissance du phénomène. Et le seuil lié d'eux ? Il est variable d'un produit à l'autre. Je ne peux pas vous donner les chiffres, je ne les connais pas par cœur. On peut consigner à boire l'eau du robinet dans les vosges ? On peut. Alors ça, pour le coup, c'est très ancien. Historiquement, les services, en l'occurrence de l'Agence régionale de santé, et les exploitants des réseaux d'eau, testent très régulièrement les eaux qui sont distribuées au robinet à la population. Et donc, on peut, les yeux fermés, je dirais, boire l'eau du robinet sans difficulté. Changeons de sujet avec la situation de l'emploi, qui est à peu près stable dans les vosges, mais avec des inquiétudes. Oui, des inquiétudes, parce que la conjoncture n'est pas bonne dans les vosges comme ailleurs. Et donc, l'État est vraiment mobilisé aux côtés des entreprises qui se trouvent en difficulté, pour, grâce à plusieurs dispositifs, l'activité partielle, les soutiens diverses que les services de l'État au sens large peuvent leur apporter, pour éviter des sinistres économiques qui seraient préjudiciables, évidemment, à l'emploi et à tous. Alors, traditionnellement, on dit qu'il pleut beaucoup dans les vosges, mais finalement, les ressources en eau diminuent. Dans les vosges, je dirais comme ailleurs. D'abord, on se trouve, avec le changement climatique, dans une situation où, même s'il n'y a pas de risque aujourd'hui, à l'heure où on parle, où on a des nappes qui ne sont pas particulièrement remplies, où on a des débits de rivières qui sont inférieurs à ce qu'on a pu connaître il y a quelques années, du coup, ça nécessite une vigilance de tous les utilisateurs de l'eau, du particulier à l'industriel, enfin, de tous les utilisateurs, pour essayer d'en faire une utilisation un peu plus raisonnée, et qui évite que l'on se retrouve dans des situations de pénurie, si la météo devait être défavorable dans les mois qui viennent. Une petite question concernant Damblin, Monsieur le Préfet. Votre téléphone a beaucoup sonné ces derniers jours. Le président de la région a envoyé un courrier. Les élus locaux s'opposent à l'organisation de ce rassemblement évangélique sur l'ancienne base aérienne de Damblin. Vous comprenez ces inquiétudes et que leur répondez-vous ? Alors, d'abord, ces inquiétudes sont parfaitement légitimes. Ensuite, à ce stade, à l'heure où nous parlons, aucune décision n'est prise dans un sens ou dans un autre. Donc, je ne suis pas capable de vous dire si, effectivement, il y aura un événement particulier à Damblin au cours de l'été, en fin d'été. Ces inquiétudes sont légitimes. Pour autant, c'est un exercice qui est maintenant bien connu. Les services de l'État dans d'autres départements ont contribué à l'organisation de cet événement ces dernières années, et même il y a assez longtemps. Maintenant, c'est un dispositif, je dirais, qui est rodé, ce qui est le fruit d'un véritable partenariat avec l'association organisatrice et qui permet de limiter considérablement les nuisances pour la population locale, pour les riverains. Ça a eu lieu en 2025 à Grottanquin, en Moselle, dans des conditions tout à fait sécurisées, avec des moyens importants pour encadrer tout ça, mais également une responsabilisation des organisateurs qui fait qu'aujourd'hui, ça devient un événement beaucoup plus, je dirais, facile que ça l'a pu l'être il y a quelques années. Ces élus vosgiens vous disent que le site n'est pas adapté pour accueillir autant de monde. Alors, c'est effectivement un site qui est en cours de reconversion et l'État contribue d'ailleurs à faciliter, à accompagner la reconversion de ce site. Certaines entreprises sont déjà installées sur place, d'autres ont le projet de s'y installer à court terme. Donc, évidemment, il n'est pas question de remettre en cause cette industrie-idéation de l'ancienne base de Damblin, au contraire. Bien au contraire, cependant, il reste aujourd'hui une partie de cette base qui n'est pas utilisée, qui est encore en friche aujourd'hui. Donc, le développement, l'accompagnement des installations économiques n'est pas incompatible avec l'utilisation très temporaire pour quelques jours et de manière ponctuelle. Il n'est pas question de pérenniser quoi que ce soit dans ce domaine-là. Donc, la compatibilité paraît possible. En tout cas, il faut vite leur apporter une réponse. C'est ce qui est le plus important et nous y travaillons. C'est de pouvoir statuer dans un sens ou dans un autre à une échéance suffisamment rapprochée pour que chacun puisse contribuer à apaiser la situation. Moi, je voulais juste revenir sur la démographie dans les Vosges. On le sait, ça baisse dans les Vosges, il n'y a pas de surprise. Justement, vous avez des idées qui sont dans les tuyaux pour aider à éviter que ça continue à descendre la population. Ce qui me paraît important, c'est que chacun ait bien conscience de cette trajectoire démographique défavorable dans le département portée par un solde naturel déficitaire qui va avoir des conséquences sur nous tous, sur la vie locale, sur l'organisation des services publics, de l'État comme des autres services publics. Et donc, le souhait, c'est qu'on puisse collectivement y réfléchir ensemble pour anticiper, éviter de se retrouver dans des situations qui conduiraient à dépeupler des territoires du département ou à les mettre en grande difficulté. Cette réflexion globale doit émerger. Je n'ai aucune idée des conclusions qui pourront en être tirées, mais en tout cas, on a tous intérêt à anticiper ce phénomène pour être capables demain d'offrir aux communes rurales, d'offrir aux populations installées dans ces communes, d'offrir partout dans le département une qualité de service suffisante, acceptable et qui permette de contribuer à restaurer l'attractivité du département. Et cela passe par des rapprochements de communes ? Ça peut être une solution, mais ce n'est pas forcément la bonne solution partout. C'est vraiment du cas par cas. Et puis surtout, ça doit émerger des territoires. Il n'est pas question pour l'État d'aller imposer quoi que ce soit. Il est question d'accompagner les gens pour que tout le monde se pose les bonnes questions et en tire les conclusions que chacun voudra bien en tirer. Il n'y a absolument aucun plan, aucune volonté autoritaire dans ce domaine-là.