Latest / Les Bonnes Ondes | Le Maroc en sons et en récits / Peut-on réparer une trahison d'enfance ? | Les Cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini
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- 0:02En Roue Livres, saison 2, épisode 12.
- 0:06Les Cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini,
- 0:08publié aux éditions Belfond en 2007,
- 0:11après une traduction de Valérie Bourgeois,
- 0:13également disponible en version poche chez 10/18.
- 0:25Décembre 2001.
- 0:27Je suis devenu ce que je suis aujourd'hui à l'âge de 12 ans.
- 0:32Par un jour glacial et nuageux de l'hiver 1975.
- 0:37Je revois cet instant précis où,
- 0:39tapi derrière le mur de terre à demi éboulé,
- 0:42j'ai jeté un regard furtif dans l'impasse
- 0:44située près du ruisseau gelé.
- 0:47La scène date d'il y a longtemps, mais je le sais maintenant.
- 0:51C'est une erreur d'affirmer que l'on peut enterrer le passé.
- 0:56Il s'accroche tant et si bien qu'il remonte toujours à la surface.
- 1:01Quand je regarde en arrière, je me rends compte
- 1:03que je n'ai cessé de fixer cette ruelle déserte depuis 26 ans.
- 1:07L'été dernier, mon ami Rahim Khan m'a téléphoné du Pakistan
- 1:11pour me demander de venir le voir.
- 1:13Le combiné collé à l'oreille dans la cuisine,
- 1:16j'ai compris que je n'avais pas affaire seulement à lui.
- 1:20Mes fautes inexpiées se rappelaient à moi elles aussi.
- 1:25Après avoir raccroché, je suis allé marcher au bord du lac Spreckels,
- 1:29à la limite nord du Golden Gate Park.
- 1:33Levant la tête, j'ai aperçu deux cerfs-volants rouges
- 1:35dotés d'une longue queue bleue qui volaient en haut dans le ciel.
- 1:41Soudain, la voix de Hassan a résonné en moi.
- 1:44« Pour vous, un millier de fois » me chuchotait-elle,
- 1:48Hassan, l'enfant aux cerfs-volants affligé d'un bec-de-lièvre.
- 1:56Les premiers mots du premier roman de Khaled Hosseini.
- 2:00Il est clair que l'histoire qu'il compte nous raconter s'étend sur 26 ans, voire plus.
- 2:05Il est évident qu'il sera question du poids d'une honte
- 2:08que le narrateur a tenté de fuir, en vain.
- 2:11Ce que je ne pouvais soupçonner, c'est que j'allais m'arrêter,
- 2:14souvent, en pleine lecture, des fois prise à la gorge,
- 2:17et d'autres, pleurant en silence.
- 2:19J'ai beaucoup pleuré en lisant ce livre.
- 2:21Ce n'est peut-être pas le meilleur argument de lecture pour vous,
- 2:24mais c'en est un pour moi.
- 2:26Une très bonne raison même de vous recommander ce roman
- 2:29qui nous entraîne dans un pays que l'on connaît si peu,
- 2:32malgré son omniprésence dans l'actualité, l'Afghanistan.
- 2:38Khaled Hosseini est né en 1965.
- 2:42Quinze ans plus tard, sa famille obtient le droit d'asile aux États-Unis.
- 2:46Et en 2003, ce médecin de formation publie
- 2:48« Les Cerfs-volants de Kaboul » chez Riverhead Books,
- 2:51sous le titre « The Kite Runner ».
- 2:53Et nous devons être nombreux et nombreuses à avoir versé quelques larmes,
- 2:56puisque le livre a bénéficié d'une sorte de bouche-à-oreille assez remarquable.
- 3:01Acclamé par la critique, il est traduit dans plus d'une cinquantaine de langues
- 3:04et a à son actif plusieurs prix littéraires,
- 3:06comme celui de RFI Témoins du Monde en 2006.
- 3:10« Les Cerfs-volants de Kaboul », c'est le tableau d'un Afghanistan complexe.
- 3:15C'est la description d'une tragédie familiale.
- 3:18C'est le récit d'une amitié trahie.
- 3:21« Les Cerfs-volants de Kaboul », c'est avant tout Hassan et le narrateur.
- 3:33Hassan et moi avions bu le même lait.
- 3:36Nous avions effectué nos premiers pas sur la même pelouse,
- 3:40dans le même jardin.
- 3:43Et sous le même toit, nous avions prononcé nos premiers mots.
- 3:48Le mien avait été « Baba »,
- 3:50le sien « Amir », mon prénom.
- 3:54Avec le recul, je crois que ces deux mots portaient déjà en germe
- 3:57les événements de l'hiver 1975,
- 4:00et tout ce qui s'ensuivit.
- 4:05Hassan est issu de la minorité ethnique des Hazaras,
- 4:08souvent méprisés et maltraités dans le pays.
- 4:12C'est le fils d'Ali, serviteur du père d'Amir,
- 4:15grand bourgeois et membre de l'élite pachtoune.
- 4:18Au final, je restais un Pachtoune et lui un Hazara.
- 4:22J'étais sunnite et lui chiite.
- 4:25Personne n'y pouvait rien changer.
- 4:28Personne.
- 4:29Nous n'en étions pas moins des garçons qui avaient appris à marcher ensemble.
- 4:33Et cela, l'histoire, les ethnies, la société et la religion
- 4:37n'y changeraient rien non plus.
- 4:46Les deux garçons ont appris à marcher ensemble, à grandir ensemble,
- 4:50tout en gardant leur rôle respectif.
- 4:53Il y a le maître et il y a le domestique.
- 4:57Nés tous les deux en 1964 et élevés exclusivement par leur père,
- 5:01ils se construisent l'un avec l'autre.
- 5:03Amitié forte, confiance totale,
- 5:06loyauté sans faille.
- 5:10En dehors de cette relation presque fusionnelle,
- 5:13Amir n'aspire qu'à une seule chose :
- 5:15voir de la fierté dans le regard de son père.
- 5:18Mais Baba aurait préféré avoir un garçon fort, courageux,
- 5:21qui sait se battre.
- 5:22Un garçon comme Hassan, qui manie le lance-pierre avec dextérité.
- 5:27Hassan qui a l'air de ne pas entendre les insultes
- 5:29qu'inspire son bec-de-lièvre aux autres.
- 5:32Mais Amir ne lui ressemble pas.
- 5:33Lui, c'est un poète.
- 5:35Il est plus attiré par les mots et par la contemplation que par la bagarre.
- 5:39À 12 ans, il est capable de réciter des douzaines de vers
- 5:42de Khayyam ou de Rûmi.
- 5:44Il préfère se réfugier dans la littérature
- 5:45et invente même quelques petites histoires.
- 5:49Peut-être pour échapper à la froideur de son père
- 5:50ou à la culpabilité d'avoir tué sa mère,
- 5:54adorée, morte en couches.
- 6:03En dehors d'une exception notable, moi,
- 6:06Baba modelait le monde autour de lui à sa convenance.
- 6:11Le problème, bien sûr, était qu'il voyait tout en noir et blanc.
- 6:16Et il décidait lui-même de ce qui relevait
- 6:18de l'une ou l'autre de ses catégories.
- 6:22On ne peut aimer une telle personne sans éprouver
- 6:24en même temps une certaine crainte à son égard.
- 6:27Ni peut-être un peu de haine.
- 6:32Avec le temps,
- 6:34Amir comprendra la personnalité de son père,
- 6:37beaucoup moins manichéenne qu'il ne le pensait.
- 6:40Beaucoup plus sage qu'il ne s'en serait douté.
- 6:51Un jour, en revenant de l'école,
- 6:54il demandera à son père qui se préparait un whisky
- 6:56s'il était un pécheur car,
- 6:58selon les enseignements du mollah,
- 7:00il était en train de commettre un péché.
- 7:03Son père le regarda très sérieusement
- 7:05et consentit à l'éclairer.
- 7:07« Je vais te parler d'homme à homme, mon fils.
- 7:10Tu penses être à la hauteur ? »
- 7:12Le fils acquiesça.
- 7:14Peu importe ce que prétendent le mollah et tous ses barbus,
- 7:18il n'existe qu'un seul et unique péché.
- 7:21Le vol.
- 7:22Tous les autres en sont une variation.
- 7:26Lorsque l'on tue un homme, on vole une vie.
- 7:29On vole le droit de sa femme à un mari.
- 7:31On prive ses enfants de leur père.
- 7:35Lorsqu'on raconte un mensonge,
- 7:36on dépossède quelqu'un de son droit à la vérité.
- 7:40Lorsqu'on triche, on vole le droit d'un autre à l'équité.
- 7:44Un homme qui s'empare de ce qui ne lui appartient pas,
- 7:47termina le père,
- 7:48que ce soit une vie ou du pain,
- 7:51n'est pas un homme intègre.
- 7:52Et si Dieu existe,
- 7:54alors j'espère qu'il a mieux à faire
- 7:55que de s'occuper de savoir si je mange du porc
- 7:57ou si je bois de l'alcool. »
- 8:00Ce qu'Amir comprit,
- 8:01c'est que le vol était impardonnable.
- 8:11La seule passion commune à Amir et à Baba,
- 8:14ce sont les cerfs-volants.
- 8:16Et l'hiver est la période du concours des cerfs-volants.
- 8:20Mais l'hiver 1975
- 8:22devient le point de rupture du roman de Khaled Hosseini.
- 8:26Non, je ne vous dirai pas quel est cet événement capital.
- 8:29Car l'auteur se donne tellement de mal
- 8:31pour faire monter la tension
- 8:32que ce serait dommage de passer à côté de l'émotion
- 8:35de ce point culminant.
- 8:37Hosseini dessine la relation
- 8:39qui se tisse entre les deux amis,
- 8:41entre fraternité et quasi-abnégation.
- 8:44Il décrit le caractère généreux
- 8:46et confiant de Hassan,
- 8:47celui un peu plus torturé d'Amir.
- 8:50La jalousie qui s'installe malgré lui.
- 8:53Il nous fait voir la responsabilité des pères,
- 8:55leur propre amitié-fraternité
- 8:57et leur loyauté.
- 9:00Leur confiance mutuelle aussi.
- 9:02L'histoire est-elle un éternel recommencement ?
- 9:07Puis, l'écrivain nous amène
- 9:08à ce jour de 75.
- 9:10Ce jour qui écrase de tout son poids
- 9:12cette amitié, ces amitiés.
- 9:15Jusqu'à ne laisser de la place
- 9:16qu'à une immense culpabilité
- 9:18qui parvient à tout transformer,
- 9:20même les personnalités.
- 9:22Alors oui, par respect pour ce livre,
- 9:24je ne divulguerai pas ce drame,
- 9:25mais je vous dirai que c'était, évidemment,
- 9:27lors d'un combat de cerfs-volants.
- 9:30Un combat pour lequel Amir et Hassan
- 9:31concouraient ensemble.
- 9:33Ils s'étaient beaucoup entraînés
- 9:34pour en être les vainqueurs.
- 9:36Le premier, pour que son père
- 9:37soit enfin fier de lui.
- 9:39Le second, pour faire plaisir à son ami.
- 9:43Uniquement pour faire plaisir à son ami.
- 9:56Tout change pour Amir et Hassan
- 9:58après cet hiver 75,
- 9:59même leur pays.
- 10:02Deux ans auparavant,
- 10:04le roi Mohammed Zaher Chah
- 10:05est renversé par son cousin
- 10:06et ancien premier ministre,
- 10:08Daoud Khan.
- 10:10Ce dernier abolit la monarchie
- 10:12et instaure la république sous la tutelle
- 10:14de Moscou, avant d'être à son tour
- 10:16renversé et assassiné en 78.
- 10:20Vient ensuite la première révolte islamique
- 10:22et la guerre entre les moudjahidines,
- 10:24soutenus par les États-Unis,
- 10:25et les communistes aidés par l'URSS.
- 10:29Un an plus tard,
- 10:30c'est l'invasion soviétique
- 10:31et le début d'une guerre
- 10:32qui durera une décennie.
- 10:35Amir et son père finissent
- 10:36par s'enfuir, laissant derrière eux
- 10:38tout ce qui leur est cher.
- 10:39Ils passent par le Pakistan, direction
- 10:42les États-Unis.
- 10:48Bien avant que l'armée russe
- 10:50envahisse l'Afghanistan, bien avant que les villages
- 10:52soient brûlés, les écoles détruites,
- 10:54les mines semées comme des graines mortelles
- 10:56et les enfants enterrés sous des tas de pierres,
- 10:58Kaboul était devenue pour moi
- 11:00une ville peuplée de fantômes.
- 11:02Des fantômes affublés de becs-de-lièvre.
- 11:04Les États-Unis étaient différents.
- 11:06Ils s'apparentaient à mes yeux à un fleuve
- 11:08tumultueux qui avançait,
- 11:10insoucieux de son passé.
- 11:12Je pouvais m'y plonger,
- 11:14laisser mes péchés couler au fond,
- 11:16et le courant m'entraîner au loin,
- 11:18vers un lieu que ne hantait nul fantôme,
- 11:21nul souvenir,
- 11:23nul péché.
- 11:24À défaut d'une autre, c'est pour cette raison
- 11:26que je fis mien ce pays.
- 11:33D'autres relations perfides se tissent
- 11:35dans ce pays, si chéri par le second,
- 11:37mais tellement subi par le premier.
- 11:40La personnalité de Baba se révèle,
- 11:42protectrice de sa progéniture,
- 11:44et si nostalgique de son
- 11:45Afghanistan volé.
- 11:47Amir arrive enfin à le comprendre,
- 11:49à l'admirer au lieu de le craindre.
- 11:51Les années passent,
- 11:53jusqu'à ce jour de 2001,
- 11:57jusqu'à cet appel téléphonique.
- 12:00Il existe un moyen
- 12:01de te racheter, Amir.
- 12:05Les vannes de la culpabilité d'Amir
- 12:08jamais totalement refermées s'ouvrent.
- 12:10Existe-t-il réellement un moyen
- 12:11de se racheter ?
- 12:15La culpabilité est si bien décrite par Khaled Hosseini
- 12:18qu'elle pourrait être un personnage à part entière
- 12:19de ce roman.
- 12:22Elle qui était là, tapie dans ses pensées,
- 12:24dans ses souvenirs, se déploie
- 12:25et le pousse à affronter
- 12:27ce qu'il refusait jusqu'alors de revoir.
- 12:30Il revient dans un Afghanistan
- 12:32totalement différent de celui
- 12:33qu'il a laissé. Les marchés colorés
- 12:36de ses souvenirs sont remplacés par une suite
- 12:37de ruines. Amir n'a jamais
- 12:40idéalisé son pays, mais
- 12:41celui qu'il retrouve est complètement
- 12:43ravagé. Ravagé par
- 12:46dix ans de combats, mais aussi
- 12:48par la prise de pouvoir des talibans.
- 12:50Ceux qui ont été d'abord
- 12:52accueillis comme des sauveurs par les
- 12:53Afghans et les Afghanes, interdisent
- 12:56tout, absolument tout,
- 12:58même les cerfs-volants.
- 13:00Je me rappelais cette remarque
- 13:01formulée par Baba des années plus tôt.
- 13:04Je pisse à la barbe
- 13:05de ces singes imbus de leur dévotion.
- 13:08Ils ne font qu'égrener
- 13:09leurs chapelets et réciter un livre écrit
- 13:11dans une langue qu'ils ne comprennent même pas.
- 13:13Que Dieu nous aide si l'Afghanistan tombe
- 13:15un jour entre leurs mains.
- 13:26Si Les Cerfs-volants de Kaboul s'inscrivent
- 13:28dans des événements politiques mouvementés,
- 13:31il n'est ni un manifeste ni un plaidoyer.
- 13:33C'est un roman qui montre la complexité
- 13:35du monde et l'ambivalence des relations
- 13:36humaines, tout comme il nous renvoie
- 13:38à la figure : comment le déterminisme
- 13:40social peut être fatal.
- 13:43C'est un livre profondément
- 13:44émouvant, tour à tour triste et drôle.
- 13:47Oui, j'ai beaucoup ri entre les larmes.
- 13:49C'est un livre plein d'enseignements,
- 13:51sans être moralisateur,
- 13:52empreint de douceur et de brutalité,
- 13:55de courage et de lâcheté.
- 13:57La plume de Hosseini ne recule
- 13:59devant rien. Elle affronte
- 14:00les atrocités des actes, la fragilité
- 14:02des cœurs, la délicatesse des cerfs-volants
- 14:04et les affres de l'exil.
- 14:06Elle ne recule pas non plus devant les méandres
- 14:08des âmes tourmentées.
- 14:14« Je constate que l'Amérique t'a insufflé l'optimisme
- 14:16qui lui a permis de devenir une grande puissance.
- 14:19Nous autres, Afghans, sommes
- 14:20trop mélancoliques.
- 14:22Nous avons trop tendance à sombrer
- 14:24dans le ghamkhori,
- 14:26à nous apitoyer sur nous-mêmes.
- 14:29Pour nous,
- 14:30non seulement le deuil et la souffrance
- 14:32vont de soi, mais ils sont
- 14:34même nécessaires.
- 14:36« Zendagi migzara »
- 14:38affirme le proverbe.
- 14:40La vie continue. »
- 14:46En lisant ce livre, vous aurez certainement beaucoup d'images en tête,
- 14:49tant le récit fait la part belle aux
- 14:50descriptions. Fabio Celoni
- 14:52et Mirka Andolfo en proposent quelques-unes
- 14:54dans l'adaptation en roman graphique
- 14:56publié en 2011, toujours aux éditions
- 14:58Belfond. Leurs images
- 15:00ou les vôtres vaudront peut-être celles
- 15:02de la transposition cinématographique
- 15:04réalisée en 2007 par le Germano-
- 15:06suisse Marc Forster.
- 15:09Forster, dont la filmographie compte des
- 15:10succès comme Neverland ou
- 15:12Quantum of Solace. Le scénario a été
- 15:14signé par l'américain David Benioff,
- 15:16à qui on doit des longs-métrages comme
- 15:18Troie ou X-Men Origins,
- 15:20entre autres, mais aussi la très populaire
- 15:22série Game of Thrones.
- 15:25Le film, tourné en Chine,
- 15:26a été interprété en persan afghan (dari),
- 15:29puis sous-titré en anglais.
- 15:31Au casting, des acteurs et des
- 15:32actrices d'origine afghane, bien sûr,
- 15:34mais aussi égyptiennes, iraniennes
- 15:36ou marocaines. Très fidèle
- 15:41au roman, cette adaptation a le mérite de rendre
- 15:42compte de l'histoire principale et d'en respecter
- 15:45la trame narrative. Toutefois,
- 15:47même en un peu plus de deux heures, il paraît
- 15:48difficile de transmettre toutes les nuances
- 15:50des personnages et leur agitation
- 15:52interne. Les avis sont donc parfois
- 15:55extrêmement tranchés. Sur
- 15:57le journal Le Monde...
- 16:13Certains cinéphiles déplorent également
- 16:14une production américaine pleine de bons sentiments.
- 16:20Mais d'autres ont été
- 16:21particulièrement séduits.
- 16:33Dans Télérama, on insiste sur la vérité saisissante
- 16:35du film quand le magazine Première
- 16:37loue le choix musical du réalisateur.
- 16:43C'est ironique, comme si cette esthétique hollywoodienne
- 16:45avait conscience d'être too much.
- 16:47Il y a donc de tout chez les spectateurs
- 16:49et spectatrices des Cerfs-volants de Kaboul,
- 16:51le meilleur comme le pire.
- 16:53Hasard ou cohérence avec ce livre et ce film
- 16:55qui illustreraient bien la définition
- 16:57de l'humanisme du philosophe André Comte-Sponville.
- 16:59Pour lui,
- 17:01être humaniste, c'est nous pardonner.
- 17:03Nous pardonner nos petitesses
- 17:05et nos insuffisances, ce qu'il appelle
- 17:07un humanisme de miséricorde,
- 17:09puisque ce n'est que lorsque l'on
- 17:11accepte le peu que nous sommes
- 17:13que l'on peut envisager de progresser.
- 17:15[Musique de fin]