Latest / 7H40 Martin Buxant / Ridouane Chahid (PS), député fédéral
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- 0:00Speaker 2: Il est bientôt 7h40, l'affaire iPolice prend une nouvelle tournure.
- 0:09Speaker 2: Le porte-parole de la ministre de la Justice, Annelies Verlinden,
- 0:12Speaker 2: est inculpée. On vous en a parlé dans l'actualité. C'est
- 0:15Speaker 2: une affaire qui embarrasse le gouvernement, déjà empêtrée dans les
- 0:18Speaker 2: négociations budgétaires. Pour en parler, le député socialiste Ridouane Chahid
- 0:23Speaker 2: est avec nous. Bonjour. Bonjour. Vous êtes face à Jim
- 0:25Speaker 2: Neijman ce matin.
- 0:26Speaker 4: Bonjour Edouard Chahide. La porte-parole, donc néerlandophone, de la ministre
- 0:30Speaker 4: de la Justice, Anis Verlinden, vient d'être inculpée dans l'affaire E-Police.
- 0:33Speaker 4: Tout d'abord, votre réaction.
- 0:34Speaker 3: Vous savez, monsieur Neijman, ce dossier traduit en fait ce
- 0:38Speaker 3: qu'est ce gouvernement. C'est-à-dire un gouvernement de l'échec. L'échec financier, budgétaire,
- 0:44Speaker 3: de la gouvernance, et pire, un échec au niveau de
- 0:47Speaker 3: la confiance qu'il y a lieu de restaurer avec le citoyen.
- 0:50Speaker 3: C'est un peu chaotique. Aujourd'hui, on a une ministre de
- 0:54Speaker 3: la Justice... qui est fragilisé, qui n'a plus aucune crédibilité
- 0:58Speaker 3: et qui n'a plus de légitimité. C'est pour ça d'ailleurs
- 1:01Speaker 3: qu'on a demandé dès la prise
- 1:04Speaker 2: de
- 1:04Speaker 3: connaissance de l'information hier que le Parlement puisse se réunir
- 1:08Speaker 3: le plus rapidement possible aujourd'hui ou demain pour qu'on puisse
- 1:11Speaker 3: avoir des réponses par rapport aux questions, par rapport à
- 1:14Speaker 3: ces informations qui sont révélées par la presse.
- 1:17Speaker 4: Est-ce qu'aujourd'hui, vous demandez la démission de la ministre de
- 1:19Speaker 4: la Justice
- 1:20Speaker 3: J'ai envie de vous dire que la démission, c'est un
- 1:22Speaker 3: peu la fuite en avant. C'est-à-dire
- 1:23Speaker 4: quoi? C'est la facilité
- 1:24Speaker 3: C'est un peu une décision, une solution de lâcheté. Pour moi,
- 1:29Speaker 3: ce qui m'intéresse, c'est d'avoir la ministre qui vient au Parlement,
- 1:32Speaker 3: qui rend des comptes, qui répond aux questions et qui
- 1:35Speaker 3: nous dit un peu qu'est-ce qui se passe dans ce
- 1:37Speaker 3: dossier qui est un peu ce Titanic, c'est un peu
- 1:40Speaker 3: ce gouvernement qui avance en nos troubles. On ne sait
- 1:44Speaker 3: pas très bien. Un jour, on apprend qu'elle a été
- 1:47Speaker 3: avocate pour la société à qui on a attribué le marché.
- 1:50Speaker 3: Un autre jour, on apprend
- 1:51Speaker 2: que son
- 1:52Speaker 3: compagnon travaille pour un cabinet d'avocats qui lui-même est directement
- 1:57Speaker 3: concerné par la même société. Aujourd'hui, on apprend que son
- 2:01Speaker 3: porte-parole est inculpé. Il y a quand même un certain
- 2:05Speaker 3: nombre de questions qui restent en suspens et on n'a
- 2:07Speaker 3: pas de réponse. C'est un vrai problème. pour notre démocratie.
- 2:11Speaker 4: Vous demandez donc des explications à la ministre qui viendra
- 2:13Speaker 4: donc s'expliquer à un moment, on l'imagine, devant la Chambre.
- 2:16Speaker 4: Elle parle, elle a communiqué hier sur ses réseaux sociaux,
- 2:19Speaker 4: elle parle de fuites visiblement orchestrées. Comment vous l'entendez ça
- 2:22Speaker 4: vous
- 2:23Speaker 3: Vous savez qu'il y ait des fuites qui soient organisées
- 2:25Speaker 3: notamment par... C'est un complot, c'est ce qu'elle dit? Ça
- 2:27Speaker 3: je ne sais pas, il va falloir qu'elle le démontre
- 2:29Speaker 3: et si ça vient, ça ne peut venir que de
- 2:31Speaker 3: sa propre majorité. Je ne vois pas d'où ça peut venir.
- 2:34Speaker 4: Mais vous lui reprochez quoi aujourd'hui? d'avoir été au courant
- 2:36Speaker 4: des agissements présumés de son porte-parole, ou au contraire, de
- 2:39Speaker 4: ne pas avoir su ce qui se passait en son
- 2:40Speaker 4: premier
- 2:40Speaker 3: cabinet. Vous savez, monsieur Neyjman, quand on est ministre, on
- 2:42Speaker 3: est responsable des actes des personnes qui travaillent dans votre cabinet.
- 2:45Speaker 3: Ce n'est pas indissociable. Votre cabinet et vous, vous ne
- 2:48Speaker 3: faites que un. Et donc, si à un moment donné,
- 2:49Speaker 3: un membre de votre cabinet a commis un acte qui
- 2:53Speaker 3: n'est pas un acte, je dirais, qui devrait être commis
- 2:56Speaker 3: comme celui-là, il faut que chacun prenne ses responsabilités. Mais aujourd'hui, nous,
- 3:00Speaker 3: ce qu'on veut, c'est surtout des réponses. des réponses aux questions.
- 3:04Speaker 3: On veut savoir où sont partis les 75 millions d'euros.
- 3:07Speaker 3: On veut savoir ce qu'il en est.
- 3:08Speaker 4: La base de l'affaire.
- 3:09Speaker 3: Mais évidemment, la base de l'affaire. Aujourd'hui, il y a
- 3:11Speaker 3: une instruction judiciaire. Il y a des partis qui demandent
- 3:14Speaker 3: 244 millions de dommages et intérêts. Et on apprend que
- 3:18Speaker 3: le porte-parole de la ministre de la Justice essaye d'en
- 3:20Speaker 3: savoir plus sur le secret de l'instruction. C'est quand même grave.
- 3:22Speaker 4: Est-ce qu'on connaît l'état des relations entre justement le porte-parole
- 3:25Speaker 4: de la ministre et le porte-parole du parquet
- 3:27Speaker 3: En tout cas, moi, je ne les connais pas. Mais
- 3:29Speaker 3: je pense que quand la ministre de la Justice... est
- 3:32Speaker 3: comme ça impliquée dans un dossier et que le parquet
- 3:36Speaker 3: s'en est chargé
- 3:36Speaker 4: Il faut faire un pas en arrière
- 3:37Speaker 3: Elle devrait faire un pas en arrière et demander à
- 3:39Speaker 3: un autre membre du gouvernement de gérer le dossier en question. Ici,
- 3:44Speaker 3: il y a plus qu'un problème d'éthique, il y a
- 3:47Speaker 3: vraiment un problème de confiance entre un des pouvoirs les
- 3:50Speaker 3: plus importants de notre pays, à savoir le pouvoir judiciaire
- 3:53Speaker 3: et sa ministre.
- 3:54Speaker 4: Si elle n'était au courant de rien? Est-ce qu'elle devrait
- 3:57Speaker 4: démissionner après les explications?
- 3:58Speaker 3: Elle est responsable des actes politiques que son cabinet prend,
- 4:01Speaker 3: ni plus ni moins
- 4:02Speaker 4: L'EMR, qui est pourtant dans la majorité, demande lui aussi
- 4:04Speaker 4: des explications. Est-ce que vous attendez désormais de Bardo Ever
- 4:07Speaker 4: qu'il intervienne personnellement et peut-être qu'il tire aussi les conséquences
- 4:11Speaker 4: politiques de cette affaire
- 4:12Speaker 3: Moi j'attends que tous les partis de ce Parlement prennent
- 4:15Speaker 3: à un moment donné leurs responsabilités et qu'ils acquiescent à
- 4:18Speaker 3: notre demande, c'est-à-dire que le Parlement... se réunissent au plus
- 4:21Speaker 3: vite pour pouvoir entendre la ministre et pour pouvoir avoir
- 4:24Speaker 3: des réponses claires et que cette fois-ci, elle nous dise
- 4:27Speaker 3: la vérité et qu'elle ne revienne pas au Parlement nous
- 4:29Speaker 3: raconter des histoires comme elle le fait. Pourquoi? Elle est
- 4:31Speaker 3: habituée à
- 4:31Speaker 4: raconter des histoires, comme vous
- 4:32Speaker 3: dites? Écoutez, la dernière fois qu'elle est venue nous expliquer
- 4:36Speaker 3: ce qu'il en est de ce dossier, elle nous a
- 4:37Speaker 3: donné une version. qui n'était pas la même que celle
- 4:40Speaker 3: que le ministre de l'Intérieur nous a donnée
- 4:42Speaker 4: C'est une affaire aussi qui s'ajoute à plein d'autres affaires
- 4:44Speaker 4: gérées aujourd'hui par le gouvernement arizona. On parlera des négociations
- 4:47Speaker 4: budgétaires dans quelques instants. Mais vous demandez quoi aujourd'hui? De
- 4:49Speaker 4: la transparence et aussi de la sévérité vis-à-vis de ces
- 4:53Speaker 4: affaires-là qui parfois abîment la confiance des citoyens vis-à-vis
- 4:56Speaker 3: des politiques? Aujourd'hui, il n'y a plus de confiance. Et
- 4:59Speaker 3: le fait qu'il n'y ait plus de confiance, elle est
- 5:00Speaker 3: de la responsabilité de ce gouvernement. qui trahit chaque jour
- 5:04Speaker 3: la population, qui à chaque fois fait des promesses qu'il
- 5:07Speaker 3: ne tient pas et qui aujourd'hui instaure un climat de
- 5:11Speaker 3: méfiance vis-à-vis de nos citoyens et qui fait que notre
- 5:16Speaker 3: démocratie est érodée.
- 5:18Speaker 4: Retour aussi sur les négociations budgétaires fédérales, avec évidemment une
- 5:21Speaker 4: situation qui patine, Rydon Schaïd. Cette fois, ce sont les
- 5:24Speaker 4: socialistes flamands de Vorreuth qui, d'une certaine manière, freinent l'accord.
- 5:28Speaker 4: Est-ce que vous leur donnez raison aujourd'hui? Écoutez
- 5:30Speaker 3: c'est comme ce que je vous ai dit sur le
- 5:32Speaker 3: dossier e-police. Aujourd'hui, les négociations budgétaires, c'est un échec. C'est
- 5:35Speaker 3: un échec financier, c'est un échec social, c'est un échec environnemental, climatique.
- 5:40Speaker 3: Il n'y a plus aucun capitaine dans ce gouvernement. On
- 5:43Speaker 3: ne sait pas où ils vont. On sait une chose,
- 5:46Speaker 3: c'est que ce sont les travailleurs et les pensionnés qui
- 5:48Speaker 3: vont trinquer
- 5:49Speaker 4: Avec peut-être la sécurité sociale aussi qui sera impactée. Frank
- 5:52Speaker 4: Wandenbrouck refuse notamment des économies trop importantes dans les soins
- 5:56Speaker 4: de santé. Est-ce qu'il devrait aller jusqu'à quitter le gouvernement
- 5:59Speaker 4: de De Wever
- 6:00Speaker 3: Est-ce que vous êtes conscient qu'aujourd'hui, on parle d'économies jusqu'à
- 6:03Speaker 3: hauteur de 4 milliards d'euros? pour des hôpitaux, pour les
- 6:06Speaker 3: soins de santé. C'est un vrai scandale. L'argent, ce n'est
- 6:09Speaker 3: pas là qu'il faut aller le chercher. L'argent, il faut
- 6:11Speaker 3: aller le chercher chez ceux qui font du
- 6:13Speaker 4: lucre. Il
- 6:14Speaker 3: faut
- 6:14Speaker 4: quand même faire des économies sur le premier budget de l'État, non?
- 6:17Speaker 4: Des économies,
- 6:18Speaker 3: ça fait deux années de suite qu'on nous présente un
- 6:20Speaker 3: budget qui assassine, qui donne des mesures antisociales et qui
- 6:25Speaker 3: fait en sorte que les citoyens sont massacrés de jour
- 6:28Speaker 3: en jour et qu'on va leur vider les poches. Ce
- 6:31Speaker 3: n'est pas ce qu'il faut. Il faut aller chercher l'argent
- 6:33Speaker 3: là où il est, auprès du secteur bancaire, auprès du
- 6:35Speaker 3: secteur énergétique, auprès des ultra-riches qui, chaque jour, s'enrichissent de
- 6:39Speaker 3: plus en plus
- 6:39Speaker 4: À l'opposé de ce que vous venez de dire, il
- 6:41Speaker 4: y a un projet aujourd'hui de réduire ou d'annuler les
- 6:43Speaker 4: allocations pour les personnes qui souffrent de burn-out après deux ans.
- 6:47Speaker 4: Votre regard là-dessus
- 6:48Speaker 3: C'est une honte. C'est une honte absolue. au lieu d'être
- 6:51Speaker 3: dans une logique d'accompagner ces personnes qui souffrent, de les
- 6:54Speaker 3: remettre au travail. Ça
- 6:55Speaker 4: existe cette logique d'accompagnement, mais quand on se retrouve face
- 6:58Speaker 4: à un mur, qu'est-ce qu'on fait? On
- 7:00Speaker 3: ne les exclut pas. Est-ce que la logique c'est de
- 7:03Speaker 3: les exclure, de faire en sorte de les rendre encore plus...
- 7:07Speaker 3: précaires et de faire en sorte qu'ils soient plus fragiles
- 7:10Speaker 3: et de les renvoyer vers ce qu'ils appellent le système d'exclusion.
- 7:14Speaker 3: Est-ce que c'est cette société-là que l'on veut? Je ne
- 7:17Speaker 3: crois
- 7:17Speaker 4: pas. Paul Magnan, tu as dit que le PS était
- 7:19Speaker 4: prêt en cas d'élection anticipée. Si Bardewever n'arrive pas à
- 7:23Speaker 4: conclure cet accord budgétaire, est-ce que vous souhaitez que les
- 7:26Speaker 4: Belges retournent voter
- 7:27Speaker 3: Non, ce que nous on souhaite c'est que chacun prenne
- 7:28Speaker 3: ses responsabilités et que Bardewever présente un budget... qui va
- 7:32Speaker 3: faire en sorte que les travailleurs, que les pensionnés, que
- 7:35Speaker 3: les citoyens ne soient plus des vaches à lait
- 7:38Speaker 4: Barthes de Weber, justement, on vous l'avait dit, cherche environ
- 7:40Speaker 4: 10 milliards d'euros d'ici à 2029. Vous critiquez les économies
- 7:43Speaker 4: qu'il propose, les pistes aussi de propositions qu'ils avancent. Mais
- 7:46Speaker 4: si le PS était au gouvernement aujourd'hui, où iriez-vous chercher
- 7:50Speaker 4: ces 10 milliards d'euros
- 7:50Speaker 3: C'est très simple. Si déjà on taxait les grosses fortunes,
- 7:53Speaker 3: on pourrait aller jusqu'à 6 milliards. Certains chiffres disent que
- 7:56Speaker 3: ça peut être contre-productif avec des fuites de capitaux. Si
- 7:58Speaker 3: on s'attaquait à la fraude fiscale qui représente aujourd'hui 30
- 8:01Speaker 3: milliards d'euros, ça serait déjà une bonne étape. Si on
- 8:06Speaker 3: réduisait les dépenses militaires, pourquoi est-ce qu'on met aujourd'hui 34
- 8:09Speaker 3: milliards d'euros dans les dépenses militaires? Si on pourrait réduire
- 8:12Speaker 3: et prendre quelques milliards pour faire en sorte que les citoyens...
- 8:16Speaker 3: puisse souffler, ce serait une bonne chose. Si on allait
- 8:19Speaker 3: chercher au minimum 2 milliards auprès des banques et auprès
- 8:22Speaker 3: du secteur énergétique, ce serait quelque chose. La presse flamande
- 8:26Speaker 3: a dit la semaine passée qu'il y a aujourd'hui plus
- 8:28Speaker 3: de 623 milliards de patrimoine qui sont gérés par les
- 8:32Speaker 3: banques privées aujourd'hui en Belgique. Est-ce qu'on ne pourrait pas
- 8:34Speaker 3: aller chercher de l'argent? vers ce secteur
- 8:37Speaker 4: C'est une question qui va évidemment rester en suspens. Merci beaucoup,
- 8:40Speaker 4: Ridouane
- 8:40Speaker 2: Chahid,
- 8:40Speaker 4: d'avoir répondu à toutes nos questions ce matin.
- 8:42Speaker 2: Et on retient qu'il n'y a pas de démission demandée
- 8:45Speaker 2: par le Parti Socialiste, mais il faut... Ce serait trop facile,
- 8:47Speaker 2: nous dit Ridouane Chahid. Effectivement, il faut quand même qu'Annelies
- 8:51Speaker 2: Verlinden s'explique en commission. On veut des réponses, a dit
- 8:54Speaker 2: votre invité, Jim, notamment sur les 75 millions disparus. Annelies
- 8:57Speaker 2: Verlinden est responsable des actes de son cabinet. Point. Merci,
- 9:01Speaker 2: Ridouane Chahid. Bonne journée.